Peugeot sans Peugeot

Malgré l’opposition de Thierry Peugeot, la famille ne contrôlera plus PSA. L’accord qui fera entrer le constructeur chinois Dongfeng Motor ainsi que l’État français au capital du groupe sera signé le 26 mars.

Un article de l’aleps.

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Thierry Peugeot, président de PSA, la marque au lion, s’est battu comme un lion, jusqu’en ce mardi 18 février. Le reste de la famille, entraîné par son cousin Robert, ne l’a pas suivi. Peugeot sera désormais entre les mains de deux partenaires publics : l’État français d’une part, le constructeur chinois Dongfeng, entreprise publique. Il ne restera plus à la famille, après l’accord qui sera signé le 26 mars, que 14% du capital, alors qu’elle possédait 25% du capital et 38% des droits de vote, une confortable minorité de blocage. La famille ne pèsera pas lourd face aux deux nouveaux partenaires. Ceux-ci, apportent 750 millions d’euros (Dongfeng) et 800 millions (l’État français) et ils ne seront plus « gênés » par la famille.

Certes, PSA a accumulé les pertes et avait besoin d’une augmentation de capital pour repartir du bon pied sous la conduite de Carlos Tavarès. Deux solutions se présentaient : s’adresser au marché financier ou trouver de nouveaux partenaires entrant dans le capital. Moins attaché à l’indépendance de la famille, Robert Peugeot a préféré être expéditif et aller au plus « simple ». Mais il n’a obtenu aucune garantie (comme la possibilité de rachat prioritaire des actions PSA) et il a admis l’entrée au capital de Dongfeng alors que suffisait un simple partenariat technique et commercial sur lequel tout le monde, y compris Thierry Peugeot, était d’accord. Bien évidemment, le gouvernement socialiste a été heureux de réaliser en 2014 la nationalisation qui n’avait pu se faire en 1981, la famille ayant alors adroitement paré le coup en rachetant Chevrolet.

Ainsi, l’un des plus beaux fleurons de l’industrie française et du capitalisme familial va-t-il tomber sous le pouvoir et de l’État et de l’étranger. Le groupe PSA pouvait-il s’en sortir autrement ? En deux siècles, Peugeot n’a cessé de s’adapter, passant de la meunerie à la métallurgie, puis aux cycles, à l’outillage et à l’automobile. D’autre part, on ne peut ignorer que Peugeot a été victime des maladies qui déciment l’industrie française : fiscalité, droit du travail, et syndicats hostiles à tout changement. En réalité, on verse, une fois de plus, dans ce capitalisme d’État, ce capitalisme de connivence où les finances publiques et le dirigisme se mêlent sans transparence à l’économie de marché – ou ce qui en reste.


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