Les Français se rebellent. L’espoir renaît.

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Les contestations se multiplient, particuliers et entreprises tentant de se libérer de l’emprise syndicale et étatique. Un espoir pour la France.

Les contestations se multiplient, particuliers et entreprises tentant de se libérer de l’emprise syndicale et étatique. Un espoir pour la France.

Par Baptiste Créteur

La social-démocratie repose sur un compromis, dans lequel chacun accepte de renoncer à une partie de sa liberté en l’échange de l’assurance que ses intérêts seront collectivement pris en compte. Ils seraient mieux pris en compte si chacun conservait sa liberté et s’assurait lui-même de la prise en compte de ses intérêts, mais le système social-démocrate ne laisse pas le choix.

Il permet aux hommes de pouvoir – politiciens de carrière, patrons adeptes du capitalisme de copinage, syndicalistes mafieux, journalistes mi-incompétents mi-malhonnêtes – de décider pour les autres et de s’assurer de confortables rentes aux frais du contribuable. Qui ses indemnités non imposables, qui les projets publics et dérogations individuelles qui assureront de juteux profits sans risques, qui son financement déconnecté de toute représentativité et son impunité, qui ses subventions et niches fiscales ; chacun y trouve son compte.

Le citoyen-contribuable, lui, est docile. On lui apprend à l’école que la démocratie est la panacée, que ses intérêts sont pris en compte, que la planète est en feu et qu’il faut agir ; on lui explique que la redistribution est juste et bonne et qu’il ne faut pas trop stigmatiser ou poser de questions. On lui inculque tout un tas de valeurs républicaines bisou-compatibles et fluffy comme il faut (à tout seigneur tout honneur, ©hseize) qui lui donneront le doux sentiment de penser comme il faut et l’illusion qu’il est toujours un peu coupable, envers les pauvres, les anciens colonisés et leurs descendants, et surtout envers Gaïa.

Et toute sa vie, il versera à l’État une partie significative de ses revenus, sans trop poser de questions ; à peine râlera-t-il parfois lorsque la réélection du maire de son village sera avant tout due à l’embauche de nouveaux employés municipaux redondants, lorsque de nouveaux ronds-points seront fleuris alors qu’il n’a plus le temps de jardiner ou lorsque l’entreprise qui l’employait aura dû réduire la voilure sous le poids de trop de taxes. Il pourrait aussi râler quand l’ordre des médecins tente de rendre la médecine moins abordable et moins accessible, mais c’est un autre sujet ; l’essentiel est de comprendre que le citoyen-contribuable râle contre un cas particulier, une manifestation des principes de la social-démocratie. Pas contre les principes eux-mêmes.

Par exemple, l’idée que les horaires possibles de travail soient limités (hors professions requérant une disponibilité permanente pour les cas d’urgence) et gravés dans le marbre de la loi ne les choque pas ; mais les citoyens se rendent compte que, en laissant l’État choisir sous la pression des syndicats, leurs intérêts ne sont pas toujours aussi bien servis qu’ils l’aimeraient.

Et comme souvent, la première victime est le consommateur, par exemple le bricoleur du dimanche ; la deuxième, le salarié ; en clair, le citoyen est perdant. Et le gagnant, c’est le pouvoir en place, i.e. gouvernement, administration et syndicats. En faisant de l’interdiction le statut par défaut, on fait de l’autorisation une faveur qu’on accorde à qui on veut et selon les conditions qu’on souhaite : « embauche pour améliorer les chiffres de mon canton », « embauche mon fils », « finance ma réélection », « embauche mes copains du syndicat ». Comme le remarque h16, le corporatisme organise la pénurie.

La lutte est inégale ; le citoyen qui veut se lever contre le pouvoir est seul contre beaucoup, petit face à un rouleau compresseur administratif et une armée de mafieux prêts à le séquestrer dans la joie et la bonne humeur de leurs traditionnels barbecues au prétexte de piquet de grève. Mais les règles du jeu changent.

Grâce à Internet, la communication est plus simple ; la révolte est d’autant plus évidente que le passage sous silence de certains faits par l’appareil médiatique ne les rend plus invisibles, et d’autant plus facile qu’on peut organiser un évènement et rassembler autour de lui à peu de frais. Là où les manifestations requéraient de bons copains et des tracts imprimés à la mairie et à la S.N.C.F, il suffit aujourd’hui d’une cause qui rassemble et d’un compte facebook. Et il est plus simple de cliquer quand on sait qu’on n’est pas le seul, il est plus simple de se lever quand on voit que d’autres le font ou sont prêts à le faire.

Et les citoyens n’hésitent plus à manifester leur désaccord. Les employés de Séphora luttent pour l’ouverture nocturne et tentent de le faire savoir ; les magasins de bricolage ouvrent le dimanche malgré l’interdiction ; les partisans de la concurrence en matière d’assurance maladie quittent la Sécurité sociale ; les entreprises font grève des prélèvements. Et ce n’est qu’un début.

Que personne ne réagisse à une agression, et personne ne réagira ; qu’une personne se lève, et le wagon met en déroute les voyous. Les révoltes suivent le même schéma.

Révoltés, mécontents, outrés, indignés, vous n’êtes pas seuls. Unissez-vous dans un combat pour la liberté. Contrepoints a offert à plusieurs mouvements de grande ampleur un lieu d’expression, une plate-forme pour rassembler et leur a récemment permis de se rencontrer ; n’hésitez pas à nous rejoindre.

Nous ne voulons pas prendre le pouvoir à ceux qui l’ont ; nous voulons le reprendre à ceux qui l’ont pris et rendre leur liberté à ceux qui en sont privés. Ensemble, nous parviendrons à affranchir l’individu. Seuls, nous serons écrasés par le collectif.