Les déserts verdissent grâce à la hausse du CO2

Des niveaux élevés de CO2 ont contribué à stimuler le feuillage vert dans les régions arides de la planète au cours des 30 dernières années.

Des niveaux élevés de CO2 ont contribué à stimuler le feuillage vert dans les régions arides de la planète au cours des 30 dernières années.

Par Anthony Watts.

Du CSIRO et sa division « l’augmentation du CO2 a des avantages » :

Des niveaux élevés de dioxyde de carbone (CO2) ont contribué à stimuler le feuillage vert dans les régions arides de la planète au cours des 30 dernières années grâce à un processus appelé fertilisation au CO2, selon une étude du CSIRO.

Dans les conclusions fondées sur des observations par satellite, le CSIRO, en collaboration avec l’Université nationale australienne, a constaté que cette fertilisation au CO2 était corrélée à une augmentation de 11% de la couverture du feuillage entre 1982 et 2010 dans les parties des zones arides étudiées en Australie, Amérique du Nord, Moyen-Orient et Afrique, selon le chercheur du CSIRO, le Dr Randall Donohue.

« En Australie, notre végétation indigène est superbement adaptée pour survivre dans des environnements arides et par conséquent, elle utilise l’eau de manière très efficace », a déclaré le Dr Donohue. « La végétation australienne semble très sensible à la fertilisation au CO2. Ceci, en plus des vastes étendues de paysages arides, signifie que l’Australie figurait en bonne place dans nos résultats ».

« Bien que l’effet du CO2 sur la réaction foliaire a longtemps été soupçonné, jusqu’à présent, il a été difficile à démontrer », selon le Dr Donohue.

« Nos travaux ont été en mesure de déterminer l’effet fertilisant du CO2 en utilisant la modélisation mathématique couplée aux données satellitaires ajustés pour extraire les effets observés d’autres influences telles que les précipitations, la température de l’air, la quantité de lumière, et les changements d’utilisation des terres. »

L’effet fertilisant se produit lorsqu’un niveau élevé de CO2 permet à une feuille lors de la photosynthèse, le processus par lequel les plantes vertes transforment la lumière du soleil en sucre, d’extraire plus de carbone de l’air ou de perdre moins d’eau par évaporation, ou les deux.

Si un niveau élevé de CO2 provoque une baisse de l’utilisation de l’eau des feuilles individuellement, les plantes dans des environnements arides vont réagir en augmentant leur nombre total de feuilles. Ces changements dans la couverture foliaire peuvent être détectés par satellite, en particulier dans les déserts et les savanes où la couverture est moins complète que dans les endroits humides, selon le Dr Donohue.

« À première vue, un niveau de CO2 élevé stimulant le feuillage dans un pays sec est une bonne nouvelle et pourrait aider la sylviculture et l’agriculture dans ces régions, mais il y aura des effets secondaires susceptibles d’influer sur la disponibilité de l’eau, le cycle du carbone, l’occurrence des incendies et la biodiversité par exemple » a déclaré le Dr Donohue.

« La poursuite des recherches en cours est nécessaire si nous voulons comprendre pleinement l’ampleur potentielle et la gravité de ces effets secondaires. »

Cette étude a été publiée dans le journal Américain Geophysical Research Letters et a été financée par le projet phare Agriculture Durable du CSIRO, le projet phare de l’Eau pour un Pays Sain, le Conseil australien de la Recherche et Land & Water Australia.


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Traduit de l’anglais par Laure Lancelle Sanvito pour Contrepoints

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