Doit-on vraiment rembourser la dette publique ?

Comment sortir de la crise de la dette ? Par la dévaluation monétaire, la mutualisation des dettes entre États-membres de l’UE ou la suppression pure et simple de la dette ?

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Doit-on vraiment rembourser la dette publique ?

Publié le 31 juillet 2013
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Comment sortir de la crise de la dette ? Par la dévaluation monétaire, la mutualisation des dettes entre États-membres de l’UE ou la suppression pure et simple de la dette ?

Par Natasa Jevtovic.

La crise économique qui étouffe la croissance européenne a un nom : c’est une crise de la dette souveraine. Afin de stimuler ou relancer l’économie, les États européens ont mis en œuvre les politiques keynésiennes et dépensé de l’argent public pour aider les secteurs économiques en difficulté. N’ayant pas retenu la leçon tirée de la faillite des économies socialistes à l’Est, les États ont oublié que leur rôle n’était pas d’intervenir dans l’économie mais d’assurer le cadre légal et institutionnel pour faciliter les échanges économiques entre les acteurs privés.

Depuis quelque temps, un certain nombre d’ouvrages consacrés à la dette publique a été publié par nos intellectuels et nous avons jugé nécessaire de clarifier certains points pour exposer quelques idées reçues. Prenons l’exemple de l’ouvrage Dette indigne ! de Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné [1], qui propose des solutions fantaisistes pour régler le problème.

Pour commencer, les auteurs estiment que la dette publique est essentiellement le résultat de la spéculation financière. Mais quelle est la définition de la spéculation ? C’est tout simplement la prévision de l’évolution des marchés afin d’effectuer les transactions en fonction de ces prévisions. Elle n’est pas différente des prévisions des actuaires sur la durée de vie moyenne des assurés, ou des prévisions météorologiques pour sécuriser le transport aérien, ou encore des prévisions de croissance utilisées par nos politiques pour justifier les dépenses de notre argent.

Cette « spéculation financière » a des origines très anciennes. Aristote raconte, dans sa Politique I, que le philosophe Thalès de Milet aimait observer les astres et qu’il a pu prévoir les conditions météorologiques favorables à une abondante récolte des olives. Ainsi, il est allé visiter les presseurs d’olives de sa région pour acheter à moindres frais une garantie d’utilisation prioritaire de leurs pressoirs. À l’automne, lorsque la récolte s’est effectivement avérée abondante, il a revendu ses droits d’utilisation à des prix beaucoup plus élevés, juste pour montrer à ses détracteurs que même les philosophes pouvaient devenir riches [2]. Thalès a simplement utilisé ses savoirs pour négocier un contrat librement consenti par les commerçants des pressoirs ; aujourd’hui, tout le monde peut bénéficier de ces savoirs puisque toutes les fiches techniques des produits financiers complexes sont disponibles sur les sites internet des autorités des marchés financiers de chaque pays.

Lorsque les responsables politiques dépensent davantage que le montant des recettes fiscales et empruntent sur les marchés financiers pour faire fonctionner l’État, en prévoyant qu’une croissance future permettra le remboursement de cette dette, c’est de la spéculation – il n’existe aucun autre terme pour qualifier le phénomène.

La première solution qui est proposée par les auteurs de la Dette indigne ! est la dévaluation monétaire. Rappelons que l’argent a été inventé comme moyen d’échange permettant d’éviter le troc des biens et des services. Sa valeur est déterminée par la confiance que ses utilisateurs lui accordent ; si un État fait de l’émission monétaire, cette confiance sera écornée. Si un magasin installé dans un petit village propose un trop grand nombre de produits, il sera obligé de baisser les prix si ses produits ne trouvent pas preneur ; de même, une trop grande quantité d’argent en circulation crée de l’inflation, un phénomène purement monétaire. Certains économistes préfèrent la démagogie et disent que l’inflation est en réalité l’augmentation générale des prix, mais cette augmentation n’est que le résultat de la dévaluation monétaire, comme l’a si bien démontré le prix Nobel de l’économie et l’auteur de la théorie monétariste, Milton Friedman.

Lorsqu’un gouvernement décide de faire de l’émission monétaire, ce qui entraîne nécessairement l’inflation, les perdants seront toujours les couches sociales modestes. L’augmentation de la masse monétaire de 20% entraîne une inflation d’un même montant et signifie que votre salaire de 1000€ ne vaudra plus que 800€. Les contribuables aisés, qui possèdent des biens immobiliers, des comptes titres, des bijoux précieux, des objets d’art ou des chevaux de course, seront à l’abri car ils peuvent revendre ces actifs à leur prix du marché, pendant que les contribuables modestes qui ne possèdent rien d’autre à part leur salaire ou quelques maigres économies, seront durement pénalisés par cette dévaluation monétaire. La dévaluation monétaire, c’est la taxe sur les pauvres.

Pour le professeur d’économie Augustino Ballvé, la dévaluation monétaire est un impôt déguisé. « L’ensemble du processus est très semblable à la dilution du vin avec de l’eau. Le gouvernement verse de l’eau dans le vin de ses citoyens et s’approprie alors une part du vin dilué. Avec cela, il paie ses dépenses : les salaires des fonctionnaires plus ou moins inutiles, le coût des machines et du matériel pour les travaux publics plus ou moins inutiles, et souvent le coût des guerres qu’il n’a pas réussi à éviter. Tous ces paiements sont effectués en réalité avec la part du bon vin que le gouvernement a pris de son citoyen par le processus de dilution, en laissant à chaque citoyen la même quantité de ‘vin’, mais de moindre consistance, tout en gardant l’excédent pour lui-même ». [3]

Récemment, lorsque l’Islande s’est retrouvée dans une situation de quasi faillite, ses banques ont été nationalisées et sa monnaie nationale, la couronne, dévaluée. Le résultat a été le retour de la croissance, mais tous les prix ont augmenté et le niveau de vie des Islandais a baissé de manière effroyable. Désormais, ses citoyens réclament une adhésion à l’UE et à la zone euro pour se protéger de la crise.

Que la création de la monnaie ex nihilo soit faite par les gouvernements des États membres ou par la Banque centrale européenne, les résultats seront les mêmes. Pour toutes ces raisons, l’introduction de la monnaie unique n’a jamais fait baisser le pouvoir d’achat des Européens. Au contraire, en empêchant les États membres de dévaluer la monnaie, la BCE a réussi à maîtriser l’inflation et maintenir les taux d’intérêt à un niveau très bas, permettant aux classes modestes d’emprunter pour acheter leur logement.

La deuxième solution proposée par les auteurs de la Dette indigne ! est la mutualisation de la dette entre les États européens, pour que tous puissent bénéficier des taux accordés aux Allemands. Mais un taux d’intérêt est déterminé en fonction de la capacité de remboursement de l’emprunteur. Quelqu’un qui épargne chaque mois, qui n’a jamais été à découvert et qui a déjà un appartement comme garantie de remboursement obtiendra un meilleur taux d’emprunt que celui qui est trop dépensier et qui a déjà été en situation d’interdit bancaire. Si je prête à l’Allemagne, c’est parce que je lui fais confiance en termes de sa capacité de remboursement, ce qui n’est pas le cas de la Grèce.

Si les dettes des pays européens sont mutualisées, les pays qui épargnent pour investir paieront les dettes générées par ceux qui n’épargnent pas et préfèrent consommer, ou les dettes des aveugles grecs de l’île de Zakynthos qui ne sont pas réellement aveugles mais pratiquent la fraude aux allocations [4].

Dans la zone euro, seulement quatre pays sont notés AAA par les agences de notation, ce qui leur permet d’emprunter sur les marchés financiers à un taux très avantageux : l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande et le Luxembourg. Mais le Fonds européen de stabilité financière (FESF) – créé pour secourir les pays en difficulté – a été dégradé par l’agence Standard & Poor’s en janvier 2012, suite à la dégradation de la note de la France et de l’Autriche [5]. La création des eurobonds n’apportera pas nécessairement les taux d’intérêt allemands car les marchés financiers fonctionnent selon la vérité biblique la plus évidente : « ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi ».

La suppression pure et simple de la dette a été proposée comme troisième solution.  Les auteurs de la Dette indigne ! écrivent cette phrase invraisemblable : « Il ne faut pas croire le vieux dicton : ‘Qui paie ses dettes s’enrichit.’ En réalité, qui honore ses dettes enrichit surtout le rentier qui lui a prêté. Il faut avant de rembourser analyser la légitimité de la dette » (p. 159).

Pourquoi la France cherche-t-elle à emprunter sur les marchés financiers ? Personne ne lui force la main ; elle peut aussi vivre sans ces moyens. Mais après avoir emprunté de l’argent appartenant à autrui, il convient de rembourser son créancier. Les marchés financiers, c’est nous – les simples citoyens – qui épargnons de l’argent par le biais de notre assurance-vie ou de notre livret A. Les marchés financiers, ce sont les retraités du monde entier qui ne bénéficient pas de la retraite par répartition mais investissent une partie de leur salaire dans des fonds de pension. Ce sont les autres États ou leurs fonds souverains, les collectivités locales, les universités, les institutions, les particuliers fortunés ou modestes. Lorsqu’une partie la dette grecque a été restructurée début 2012, la Société Générale a été contrainte de supprimer 880 emplois. En termes de dette, il y a toujours quelqu’un qui paie l’addition.

Mais il y a un autre principe qu’il faut retenir, cette fois-ci consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme (art. 17) : « Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété. » On ne peut donc pas refuser de rembourser la dette à un créancier et le spolier de son droit ; si nous ne respectons pas les contrats, nous ne vivrons plus dans un État de droit. Refuser de rembourser la dette – on pourra le faire une seule fois, avant d’être mis au ban du monde développé.

À la fin du premier trimestre 2013, la dette publique française a atteint 1.870,3 milliards d’euros [6]

Un gouvernement a trois moyens de se financer : par les recettes fiscales, par les emprunts sur les marchés financiers et par la dévaluation de sa monnaie. La France cherche à utiliser ces trois options, toutes calamiteuses : elle veut augmenter les impôts, déjà confiscatoires et nuisibles pour la croissance ; elle veut continuer à vivre à crédit encore un peu de temps, jusqu’à ce que les marchés se rendent compte de son insolvabilité ; elle réclame la création des eurobonds pour pouvoir dévaluer la monnaie unique, puisqu’elle ne peut pas sortir de la zone euro pour revenir au franc qu’elle pourra dévaluer. Le projet des partis de gauche en France fait penser aux versets d’Ecclesiaste : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » (Esaïe 22:13) Toutes ces options ne sont qu’une tentative désespérée à éloigner l’inévitable : la réduction des dépenses publiques, au plus vite, avant la faillite annoncée et la mise à mort de l’État providence.

La croissance ne s’achète pas à crédit et elle ne se décrète pas ; elle est le résultat d’une activité entrepreneuriale intense facilitée par le laissez-faire. Puissent nos dirigeants en avoir la conscience.

Lire aussi


Notes :

  1. Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, Dette indigne ! Qui sont les coupables ? Quelles sont les solutions ?, éditions Jean-Claude Gawsewitch, Paris, 2011.
  2. Bertrand Jacquillat, Les 100 mots de la finance, collections « Que sais-je ? », Presses universitaires de France, Paris, 2006, p. 84-85.
  3. Faustino Ballvé, Essentials of Economics, Ayn Rand Institute, 1996.
  4. Euronews : “L‘île aux aveugles”, illustration de la fraude en Grèce, http://fr.euronews.com/2012/05/09/l-ile-aux-aveugles-illustration-de-la-fraude-en-grece/
  5. European Financial Stability Facility (EFSF).
  6. INSEE, Dette trimestrielle de Maastricht des administrations publiques – 1er trimestre 2013.
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  • Un article très partial, rempli de mensonges, réels ou d’omission.
    Ce que vous n’expliquez pas c’est que de nos jours la monnaie est crée par le crédit, la dette. Vous dites que lorsqu’on emprunte à autrui il faut rembourser, ce qui est légitime si l’argent en question est le fruit d’une activité (productions de biens ou de services non-usuriers) et est donc attaché a de la « valeur ». L’argent-dette d’aujourd’hui n’est pas de ce type, car les banques et autres organismes financiers prêtent l’argent qu’ils n’ont pas, et le crée donc a chaque nouveau credit accordé, qu’il soit public ou privé..avec interet! Cela revient a encaisser de l’argent bien réel (les interets, car le pricipal et detruit au fur et a mesure de son remboursement) en échange de …RIEN!!

    Aujourd’hui la charge de la dette est de l’ordre de 50 milliards/an
    d’euros pour l’état Francais et represente aujourd’hui le deuxieme poste de dépenses après l’education. Comment peut-on cautionner le simple fait de payer une telle rente a des institutions parasitaires?

    Le problème, contrairement a ce que vous dites, ce ne sont pas les depenses de l’Etat, qui ont été stables/PIB ces dernieres années, ce sont 1/ la création monétaire par le crédit aupres du privé et 2/ la diminution des recettes fiscales (niches des plus riches, tranches injustes et inadaptées, evasion, fraudes). Il est evident que lorsque les lois sur la creation monetaire par le credit ont été adoptés (en cachette dans les années 70 par un groupe de traitres corrompus), leur objectifs a moyen/ long terme etaient exactement ce que vous proposez, utilisez la dette insoutenable (comment rembourser si les taux de 2-6% sont superieurs a la croissance?) comme instrument de chantage pour demanteler le role de l’Etat dans les pays alors souverains, la main donnant etant toujours en position de force sur la main recevant. Le but ouvertement proclamé et la destruction pur et simple de la protection sociale, au profit du capital, au detriment des travailleurs dont les droits s’amenuiseront de plus en plus, « un laissez-faire » assimilable a l’anarchie de l’interet privé contre l’interet commun, que les peuples n’accepteront pas sans avoir livrer bataille.

    • Tiens donc, un gros troll baveux vient nous expliquer que le laissez-faire est « assimilable a l’anarchie de l’interet privé contre l’interet commun, que les peuples n’accepteront pas sans avoir livrer bataille ». C’est beau comme un coucher de soleil sur une décharge publique… Cela fait belle lurette que la dette publique ne sert pas l’intérêt public ; si elle le faisait, la part du budget annuel de l’Etat allouée aux investissements avoisinerait au moins les 30 % (comme tout bon ménage qui se respecte mais cela n’est pas le cas). Non la dette publique sert à acheter le vote, à acheter les amis, et à corrompre le peuple en l’infantilisant.

      « Aujourd’hui la charge de la dette est de l’ordre de 50 milliards/an d’euros pour l’état Francais et représente aujourd’hui le deuxième poste de dépenses après l’education. Comment peut-on cautionner le simple fait de payer une telle rente a des institutions parasitaires? »

      Ah la bonne vieille dialectique foireuse que l’on obtient en sectionnant l’ensemble des postes de dépenses en micro-postes de dépenses, cela permet de ne pas voir ce qui est important ; typiquement socialiste et pitoyablement grossier. Mais merci d’avoir souligné le coût prohibitif de l’inutile éducation nationale…

      En fait non, la dépense publique en budget annuel c’est ça (source, rapport annuel de la dépense publique et de son évolution) :

      Premier poste de dépenses : prestations sociales (46 % du budget annuel)
      Second poste de dépenses : Fonctionnement (34%) , dans lequel on retrouve l’Ednat, entre autres…
      Troisième poste de dépenses : Autres (10%)
      Quatrième poste de dépenses : investissement (6 %) et accessoirement sensé être le poste vendu par les gros ploucs de votre espèce comme étant indispensable pour l’avenir radieux de notre belle nation…6 %
      Cinquième poste de dépenses : charge d’intérêt (5%)

      Et la véritable question est de savoir comment un État peut il continuer à cramer ce qu’il ne gagne pas en faisant croire à ses attardés de citoyens qu’il s’endette pour l’avenir… ?

      « Le problème, contrairement a ce que vous dites, ce ne sont pas les depenses de l’Etat, qui ont été stables/PIB ces dernieres années… » Et bah non, encore une grosse connerie….
      Citation du rapport annuel de 2013 :

      «En 2011, les charges d’intérêt de la dette de l’ensemble des administrations publiques ont atteint 52,6 Md€. Elles ont augmenté sur longue période conséquence directe de l’accroissement de la dette publique. » Merci d’avoir participé…

      « …utilisez la dette insoutenable (comment rembourser si les taux de 2-6% sont superieurs a la croissance?) comme instrument de chantage pour demanteler le role de l’Etat dans les pays alors souverains, la main donnant etant toujours en position de force sur la main recevant. »
      Ma foi, personne n’a mis un flingue sur la tempe de l’Etat pour qu’il crame une fois et demi ce qu’il gagne chaque année et soit contraint de supplier les banques de lui payer de quoi continuer la cavalerie…(qui je le rappelle envoi en prison toute personne privée ou morale s’y adonnant….)

      « Le but ouvertement proclamé et la destruction pur et simple de la protection sociale, au profit du capital, au détriment des travailleurs dont les droits s’amenuiseront de plus en plus, »

      D’accord avec vous sur la première partie de la phrase, s’agissant du premier poste de dépense, il convient d’achever la Sécu ; quant à la deuxième, il s’agit encore de dialectique socialiste victimisante, allons, vous parcourez Contrepoints, vous valez mieux que ça….

    • En déclarant que les dépenses ont stables vous pratiquez un humour plus que noir chaque année la France présente un budget de dépense supérieur a 3% du PIB soit plus ou moins 78 MILLIARDS de plus qu’elle ne touche par ses prélèvement plus que confiscatoires et ce depuis plus de 30 ans Je crois que les preteurs sont bien bons de continuer a prêter pour ma part si j’avais les moyens je fuirais comme la peste ce débiteur incapable de gérer correctement son budget

    • Olorin a vu ke reportage « l’argent dette » et croit avoir tout compris. Il sait maintenant pourquoi nous somme dirigés par un consorsium de banques qui manipulent la monnaie etc…
      Sauf que ce n’est qu’a moitié vrai.

      Le monopole (oligopole, il y a plusieurs banques) de création monétaire est un privilège des banques commerciales. C’est vrai que ce monopole est dégueulasse. Mais d’où vient il ce rivilège? Qui le garantit? Ne sert t’il que les banques?

      Ce privilège est garantit par l’Etat qui garantit le monopole monétaire de cette monnaie fiduciaire. Sans les lois qui interdisent de créer demonnaies alternatives, ce monopole ne tiendrait pas. On cite souvent une phrase attribuée a Rotschiels: « donnez moi le pouvoir de creer la monnaie d’un pays et je me fiche de qui edicte les lois » ou quelque chose comme ca. Sauf que ca ne tient que par la loi, qui elle meme vient de l’Etat.
      Pourquoi l’Etat n’a t’il pas gardé tout ce pouvoir pour lui même? Plusieurs raisons:
      1.Se décharger de sa responsabilité quand il fait de la daube avec la monnaie: « C’est pas le gentil Etat qui se plante, c’est le méchant marché et les méchantes banques qui font du mal… « .
      2.Emprnter plus que l’argent du peuple: Lorsque l’Etat créait de la monnaie a n’en plus finir par des prets de la banque centrale qu’il ne remboursait pas, le problème était une inflation immédiate. En effet, la monnaie ne valant pas plus que ce qu’il y a acheter avec, la création monétaire ne faisait que diluer visiblement la valeur du pognon et les gens se plaignaient de l’inflation aupres de l’Etat. En empruntant aux banques, l’Etat fait comme si il etait un emprunteur comme un autre (il n’en est rien puisqu’il est celui qui garantit le privilège aux banques). Par ailleurs, cela permet d’emprunter sur un plus gros marché d’épargne que juste toute la France. En effet ces grosses banques ont acces à l’epargne mondiale. Il est ainsi possible d’emprunter plein de pognon aux Chinois, aux allemands etc… Sans creer trop d’inflation monétaire, et sans en faire supporter le cout immédiat aux gars qui vont devoir voter pour vous bientot parce que vous leur avez donné des subventions grace à ces prets, et que en fait vous avez enflé mais qui ne le savent pas encore. En effet, comparé a ce que vous leur avez donné, ils (ou leurs enfants) devront rembourser vachement plus sous forme d’impot pour payer les intérêts et le principal.

      La protection sociale financée par la dette sous forme d’inflation ne dure jamais très longtemps. En effet, quand on arrive a des taux d’inflation dignes de Weimar, ca se voit et il n’y a plus de protection sociale,

      Ce discours gauchiste qui essaye de faire croire que l’Etat devrait reprendre en main la monnaie pour le bien de tous est completement stupide puisque l’Etat a la monnaie en main plus que jamais. La loi de 1973 n’a pas donné la monnaie aux banques, Ca a donné les banques a l’Etat.

      La destruction de la protection sociale j’en reve. La protection sociale est un moyen d’asservir les citoyen en les rendant dépendants d’un système. En suisse il n’a a pas ou peu de protection sociale. Y vit t’on mal?

    • « Ce que vous n’expliquez pas c’est que de nos jours la monnaie est crée par le crédit, la dette. »

      Parce que c’est une évidence. Un peu comme on n’explique pas que la valeur du métal de la pièce de 1 euro n’est techniquement que d’à peine 1 centime.

      « L’argent-dette d’aujourd’hui n’est pas de ce type, car les banques et autres organismes financiers prêtent l’argent qu’ils n’ont pas, et le crée donc a chaque nouveau credit accordé, qu’il soit public ou privé..avec interet! »

      Ils possèdent des dépôts (y compris physiques) mais il est vrai que passé une certaine somme ça devient systémique et s’observe lors des bank run. Ca reste une situation hors norme.

      Sur les intérêts, vous prêteriez-vous à 0% ? Et donc si le risque du prêt est élevé (cas d’un pays dépensier où l’impôt est fraudé comme la Grèce) il est normal de demander plus pour s’assurer du cas où on doit tout payer de sa poche. Enfin soyez logiques avec vous-mêmes car si les banques n’opéraient pas cette prudence alors le risque systémique ne serait que plus grand !

      Enfin maintenir une dette (quitte à l’échantillonner) c’est aussi responsabiliser les emprunteurs. Ensuite il y a des cas où de toute évidence la dette ne peut pas être remboursée (surtout dans l’immédiat) et là sachez que c’est toujours d’autres qui payeront. Par exemple nous tous européens dans le cas de la Grèce et dans une bien moindre mesure Chypre. De l’argent qu’on ne reverra jamais. Du prêt négatif au final.

      « Le problème, contrairement a ce que vous dites, ce ne sont pas les depenses de l’Etat, qui ont été stables/PIB ces dernieres années »

      Le gouvernement lui-même reconnait avoir fait des hausses d’impôts qui combleront tout juste les dépenses… Rajoutez qu’il n’y a pas de croissance ou très peu depuis 2008 et très logiquement les dépenses de l’Etat explosent (et la dette pour les financer).

      « 1/ la création monétaire par le crédit aupres du privé  »

      Quand l’état se paye lui-même, cela donne l’hyperinflation.
      A moins d’être les USA avec une monnaie de référence mondiale… Ce qui couplé d’une politique du bas crédit donne des bulles financières.

      « la diminution des recettes fiscales (niches des plus riches, tranches injustes et inadaptées, evasion, fraudes). »

      Là encore, même en rajoutant ces « pertes » ça ne suffirait pas à combler les dépenses croissante de l’Etat.

      Le problème ce n’est pas les taux des prêts ou l’émission monétaire des banques mais bel et bien le fait que depuis des années nous vivons au dessus de nos moyens. Et pour maintenant cette illusion il fallait des politiques du crédit complètement folles. Aujourd’hui on arrive tout doucement au point où ce n’est plus possible et il est effectivement temps que les peuples arrêtent se faire mener en bateau par leurs gouvernants. Ceux qui dénoncent à foison les banques, les marchés ou encore l’UE se déchargent de toute responsabilité en espérant passer entre les gouttes de l’exaspération populaire.

    • Vous avez au moins compris endogénéité de la monnaie, contrairement à l’auteur de ce torchon, mais vous vous plantez quand même.

      La « création monétaire par le crédit » est un phénomène très ancien, qui est apparu spontanément sur des marchés libres dès le 16ème siècle, car il présente des avantages considérables: rémunération des dépôts, flexibilité du money supply, et abondance de capital là où il est requis (ce qui ne limite donc pas artificiellement la croissance comme une masse monétaire arbitrairement fixée). Ne tentez donc pas de jeter cette innovation bienvenue sur le dos de soit-disant « traitres corrompus », c’est au contraire un exemple de collaboration privée qui sert à tout le monde pour peu que le marché soit suffisamment libre et les actionnaires responsables.

      La protection sociale se finance très bien lorsqu’elle n’est pas confiée à des incompétents clientélistes, la fin de la solidarité d’Etat ne veut pas dire la fin de la solidarité tout court, bien au contraire, ça veut sa renaissance, cette fois ci de manière libre et subsidiaire, par et pour le peuple, spécifiquement ce que l’Etat socialiste n’a pas été capable de faire.

      Retenez bien que l’Etat, sous sa forme actuelle, ne représente pas le peuple, il ne se représente que lui-même, et les oligarques dont les rentes en dépendent. Si vous tenez réellement au confort des masses, votre place est chez les libéraux, je pense que vous êtes en mesure de le comprendre.

    • Olorin,
      vous perdez votre temps, personne n’avale vos salades ici. Certains sont assez courtois pour vous répondre avec force détails, personnellement j’aspire à ce que vous partiez en vacances et oubliez le site, cela nous ferait du bien !

    • « Cela revient a encaisser de l’argent bien réel (les interets, car le pricipal et detruit au fur et a mesure de son remboursement) en échange de …RIEN!!  »

      Non: En échange de garanties.
      Le rôle des banques est de créer de la monnaie contre des garanties, de valoriser le risque et la durée.

      Le vrai problèeme est que le pouvoir associé à la création monétaire attire irrésistiblement les politiciens mégalomanes (pléonasme). Il faudrait que des hommes raisonnables et intègres s’investissent dans la politique, il faudrait des Raymond Barre et des Ron Paul; mais l’État et la possibilité de contraindre attire logiquement les étatistes utopistes mégalomanes bien plus que les libéraux, d’où le désastre récurrent.

  • La méthode phare pour solutionner les dettes irrécouvrables a été trouvée depuis longtemps, par les états comme par les particuliers :

    Défaut + élimination physique des créanciers ou des débiteurs, et saisie de tout ce qui peut être pris.
    Les peuples, les marchés, les états… ne sont pas des entités abstraites : ce sont des hommes, faits de chair et d’os. Regardez l’histoire : combien d’histoires de dettes, combien d’affaires louches…. ont été résolus par quelques centimètres d’acier bien placés, ou par une « intoxication au plomb » ?

    Parfois, ce sont les débiteurs qui agissent. Nos rois de France étaient très forts là dedans (élimination des templiers, pogroms anti juifs, etc).
    Parfois, ce sont les créanciers. Par exemple, les débiteurs privés pouvaient être tués ou réduits en esclavage, leurs commerces saisis, etc… (historiquement, le prêt est un sale milieu).
    Même aujourd’hui, tout scandale financier s’accompagne de morts étranges et de carrières brisées avec ostracisme…

    A mon avis, vous faites une erreur en faisant le distinguo entre état et grands banques privés : ce sont aujourd’hui les mêmes. Il n’y a qu’à voir où ils se forment, et les sauts privé public (particulièrement aux USA, cf département du trésor/goldamn sachs) pour le voir. On a aussi l’ENArchie française, qui squatte les postes de cadres dirigeants des banques et la haute fonction publique.
    Bref, une oligarchie privé-public, à la fois créancière et débitrice.
    Comme ses membres veulent s’enrichir, ils se déclarent créanciers et placent leurs dettes à charge des états.
    « Intérêts privés » contre « intérêts communs » semble plus pertinent.

    Reste plus qu’à trouver qui traire : le commun, le gueux.

    La richesse réelle d’un état est sa population (notamment le patrimoine de celle ci) : il lui suffit donc de traire sa population pour « rembourser » : augmenter les impôts, réduire des gens à l’esclavage pour dettes, les faire bosser pour rien, etc… c’est vieux comme Hérode.
    – le défaut devient extrêmement difficile, car par définition le commun ne dirige pas, et les dirigeants ne le veulent pas.
    – la dévaluation n’est qu’un impôt déguisé.
    – il suffit d’avoir une classe sociale épargnée pour assurer le socle électoral nécessaire en « démocratie » pour reconduire ces politiques.
    – la plupart des gens ne sont pas des révoltés, et la plupart ne peuvent pas fuir.

    Quant à votre référence sur le droit, c’est une farce. Toute l’histoire humaine peut être résumée en trois mots : « malheur aux faibles ».

    • Bien vu… En l’occurrence, la solution la plus juste étant le défaut intégral, c’est donc celle qui ne sera pas adoptée. Non, ce sera comme la Grèce, l’objectif étant de maintenir les gens dans la misère le plus longtemps possible, et d’en faire des esclaves sans qu’ils ne s’en rendent compte.

      • Comment peut-on être esclave sans s’en rendre compte? C’est nouveau, ça vient de sortir ?
        Si je suis contraint, je peux être esclave.
        Si je ne suis pas contraint, ou si je ne me sens pas contraint, eh bien je suis libre.
        Au fait, pourquoi maintenir les gens dans la pauvreté, par sadisme ? Ca sert à quoi? A montrer que l’on a le plus grand zizi? Il faut avoir l’esprit tordu pour croire que le maintient de la pauvreté des autres peu apporte la moindre richesse, la moindre satisfaction, la moindre évolution.
        Par contre la haine, la haine contre certaines catégories comme les riches, la haine que montre ce gouvernement pour ceux qui réussissent ne peut mener qu’à l’expression d’un sadisme dont l’histoire est pleine d’exemples (et mène aussi, a fortiori, à l’appauvrissement de tous).

      • Nous sommes esclaves.
        De l’État, qui contrôle 57% du PIB.

        « Mais je suis profondément convaincu que tout système régulier, permanent, administratif, dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misères qu’il n’en peut guérir, dépravera la population qu’il veut secourir et consoler, réduira avec le temps les riches à n’être que les fermiers des pauvres, tarira les sources de l’épargne, arrêtera l’accumulation des capitaux, comprimera l’essor du commerce, engourdira l’activité et l’industrie humaines et finira par amener une révolution violente dans l’État, lorsque le nombre de ceux qui reçoivent l’aumône sera devenu presque aussi grand que le nombre de ceux qui la donnent, et que l’indigent ne pouvant plus tirer des riches appauvris de quoi pourvoir à ses besoins trouvera plus facile de les dépouiller tout à coup de leurs biens que de demander leurs secours.  »

        Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme (1835)
        http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/memoire_pauperisme_1/memoire_pauperisme_1.html

        Nous y sommes.

  • Cessons de discuter du sexe des anges ad nauseam …

    La dette peut rester telle quelle, mais si les taux augmentent, ce sera la catastrophe.

    La « mutualiser », c’est demander aux pays vertueux de payer pour les cigales. Non merci. La démagogie avec laquelle cette dette a enflé comportait son propre déterminisme, et si les peuples en ont profité, qu’ils paient la facture.
    Annuler la dette, c’est faire un bras d’honneur aux créanciers. Ces gens, des organismes, des fonds qui ont cru dans un pays au point d’y placer de l’argent. Il faut être ordurier pour ne pas rembourser ses dettes.

    Bien entendu, certains pays sont si mal gérés (la France e.a.), qu’il serait très très simple de remettre son budget en positif avec un minimum de bonne volonté, et de rembourser par exemple 5 % de la dette chaque année. Même pas besoin de taxer pour cela, juste de mettre un peu d’ordre. Bien entendu, la dette diminuant, les 5 % seraient de moins en moins lourds et beaucoup de mesures auraient un effet chaque année sns devoir en inventer d’autres..

    Cessez de feindre que c’est impossible, et d’espérer que l’oncle d’Amérique va effacer votre ardoise. Vous faites gerber.

    • « Il faut être ordurier pour ne pas rembourser ses dettes. »

      Simplement suicidaire car plus personne ne vous prêtera par la suite.

      • @Tom et mps.

        Vous vous méprenez.
        Les états, après avoir fait un défaut, n’ont aucun mal à trouver de nouveaux créanciers : ceux ci n’ont pas le choix.
        1 : les états sont les placements les plus surs car plus pérennes que les entreprises.
        2 : ça permet de s’acheter du réseau et donc de ramasser au passage et de placer des coquins.
        3 : l’état a pour lui certains moyens de pression. Il suffit qu’il vous propose un marché que vous ne pouvez pas refuser.

    • « Bien entendu, certains pays sont si mal gérés (la France e.a.), qu’il serait très très simple de remettre son budget en positif avec un minimum de bonne volonté, et de rembourser par exemple 5 % de la dette chaque année. Même pas besoin de taxer pour cela, juste de mettre un peu d’ordre. »

      Vous êtes dans le vrai. La situation de la France, préoccupante, a le mérite d’avoir des marges de manœuvres pour restaurer un comportement vertueux.

      Par contre, j’avoue avoir un peu peur de la transition d’un point de vue sociétal (par exemple, si le nombre de fonctionnaires diminue, que vont faire ces gens en attendant de retrouver du travail? le chômage est un fléau déjà assez présent, les indemnités ou les salaires proviennent bien du contribuable dans les 2 cas ).
      Les bouleversements nécessaires ne risquent ils pas de créer des troubles majeurs dans une société qui est déjà bien fragilisée?

      • @ yann
        De quoi voulez-vous parler ?
        De fonctionnaires licenciés qui iraient s’inscrire à Pôle Emploi ?
        Si c’est cela, je pense que vous êtes en pleine rêverie.

  • ‘la BCE a réussi à maîtriser l’inflation’
    En voila une notion bien Keynésienne, ou monétariste.
    La BCE est la raison pour laquelle les gens ne peuvent pas bénéficier de baisses de prix dans la zone euro. L’inflation des prix étant principalement créée par les banques centrales, BCE incluse, il est ridicule de parler d’une banque centrale en disant d’elle qu’elle a maitrisé l’inflation.

    • Reformulons : La BCE aurait pu choisir l’inflation et elle ne l’a pas fait (ou si peu). Et si il n’y a pas d’inflation alors la hausse des prix ne vient pas de là.

  • Le défaut est au contraire la seule solution qui a du sens.

    Le créancier prête son argent, certes, mais il évalue et assume également un risque. C’est même là-dessus qu’il se rémunère.

    Alors c’est que ce risque peut se matérialiser.

    Que l’État fasse défaut mettra dans la mouise beaucoup de monde, c’est certain. Mais ce sont des gens qui ont pris des risques et qui doivent l’assumer.

    Désolé pour les épargnants qui ont cru aux « garanties » des banques ou de leurs fonds de pension.

    • on pourrait même paradoxalement se demander si faire défaut sur la dette n’aurait pas comme effet bénéfique d’obliger la france à jeter aux orties le socialisme : les créanciers s’étant fait spolier, ils s’arrêteraient de prêter à la france. et si l’on en croit ce que disait tina (le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres)…

      • Il y a quelques jours dans le journal de TF1, on a assisté à de la propagande honteuse digne de l’ex URSS.
        France Trésor a exceptionnellement ouvert ses portes aux journalistes de la chaine, pour rassurer le « bon peuple » et lui montrer comment en quelques clics de souris , France Trésor peut emprunter des centaines de millions d’Euros quasi instantanément auprès de prêteurs.qui se bousculent.
        Quelle honte de la part de Moscovici d’avoir fait diffuser ça ! ! !
        Cette bande de haut-fonctionnaires réjouis annonçant que préter à la France est recherché était à vomir.
        Il faut que tout ça explose, un jour.

        • Riton,
          J’ai réagi de la même manière que vous, mais que voulez-vous Bouygues cire les pompes du pouvoir s’il veut que ses affaires marchent… Par contre et plus grave, ce ne sont pas des millions mais 169 MILLIARDS que l’AFT va emprunter en 2013 pour couvrir les déficits de l’année bien sûr mais aussi pour rouler la dette arrivant à maturité ! Et tout va bien que le Monsieur du reportage vous disait, y a rien à voir messieurs dames, circulez !

  • Merci beaucoup pour cet article qui vulgarise l’économie.
    Très utile pour les néophytes tels que moi pour les conforter dans leur compréhension.
    Cette fumeuse vidéo « money as debt » est à l’origine de beaucoup de confusions comme l’illustre le commentaire d’Olorin.
    Ces montagnes d’arguments épouvantails pour expliquer la faillite de Detroit ou la future faillite de la France autrement que par la gestion catastrophique des élus …

  • Cet article énonce quelques bons points, mais à côté aligne des contresens, c’est assez triste. Notamment:

    « Certains économistes préfèrent la démagogie et disent que l’inflation est en réalité l’augmentation générale des prix, » >> Ce n’est pas de la démagogie, c’est la définition officielle, populaire, et partagée par l’immense majorité des gens et notamment des économistes. L’inflation, C’EST la hausse générale des prix, et rien d’autres (et d’ailleurs, ceci indépendamment de la quantité de monnaie en circulation, les liens entre les deux ne sont pas établis au delà du doute).

    La suite ne fait pas mieux: « Lorsqu’un gouvernement décide de faire de l’émission monétaire, ce qui entraîne nécessairement l’inflation, » >> Factuellement faux. La monnaie étant endogène, si on injecte des liquidité dans l’économie pendant un épisode déflationniste, on n’observera aucune augmentation de la masse monétaire en circulation et aucune hausse des prix. De plus, c’est vraiment ne rien comprendre au système monétaire, l’Etat n’émet que des bons, et la banques centrale ne peut qu’injecter des liquidité dans les réserves des banques, réserves qui ne circulent jamais dans l’économie réelle par construction. Tout au plus, l’Etat via sa banque centrale peut assurer des réserves suffisantes aux banques pour qu’elles consentent à prêter aux entreprises, mais elle ne peut pas les forcer, et surtout elle ne peut pas créer une demande solvable pour du crédit dans le secteur privé. C’est d’ailleurs précisément la cause des critiques de l’action inefficace de la FED aux USA.

    « L’augmentation de la masse monétaire de 20% entraîne une inflation d’un même montant » >> Non, c’est faux. Comme l’expliquait l’économiste autrichien Mises, une augmentation de la masse monétaire associé d’une augmentation équivalents de la production de richesse réelle ne verra aucune hausse des prix. L’auteur s’appuie sur la théorie quantitative de la monnaie qui, si elle est séduisante dans certains cas, a quand même des failles théoriques qui ont été mises en évidence tant par les autrichiens que les post-keynésiens, et n’est de toute façon par vérifié empiriquement en dehors de cas extrêmes d’hyperinflation (De Grauwe and Polan 2005) (hyperinflation, je rappelle au passage, qui est plus la conséquence d’une destruction du secteur privé par l’Etat que de la planche à billet).

    « et signifie que votre salaire de 1000€ ne vaudra plus que 800€. » >> là encore, c’est purement spéculatif: votre salaire est le prix de quelqu’un d’autre, si les prix augmentent de manière générale, votre salaire monte aussi de 20% comme tous les autres prix de l’économie et votre pouvoir d’achat reste inchangé. Et de plus, tout dépend de l’effet Cantillon et de qui reçoit la « nouvelle monnaie » en premier.

    Rebelote plus bas sur l’Islande « le niveau de vie des Islandais a baissé de manière effroyable » >> Complètement faux, en 2012 leur PIB en parité de pouvoir d’achat est le plus élevée de toute l’histoire du pays à $12.95 Bn.
    « Désormais, ses citoyens réclament une adhésion à l’UE et à la zone euro pour se protéger de la crise. » >> Oui, tellement qu’ils ont majoritairement refusé l’adhésion par référendum il y a 3 mois, ils ne sont pas fous, l’UE est une construction parfaitement étatique, anti-subsidiaire, et donc parfaitement constructiviste et anti-libérale.
    « Pour toutes ces raisons, l’introduction de la monnaie unique n’a jamais fait baisser le pouvoir d’achat des Européens. » >> Non, c’est vrai, les PIGS c’est en Afrique, et les grecs ont un super pouvoir d’achat en ce moment.

    Bref, c’est dommage parce que ça décrédibilise l’ensemble alors que la conclusion est valide. C’est un non-sequitur à l’envers en fait.

    • John John,
      Je vous rejoins dans votre critique sur beaucoup de points, mais rendons hommage à Natasa Jevtovic qui progressera en se nourrissant de vos remarques. C’est un auteur qui défend de justes thèses avec parfois certaines approximations voire inexactitudes dans son argumentaire. A n’en pas douter ces erreurs de jeunesse se corrigerons pour en faire une rédactrice appréciée et reconnue.

    • Merci pour ces remarques, parfois les posts sont aussi intéressants que les articles 😀

    • L’inflation, C’EST la hausse générale des prix, et rien d’autres.
      >> Définition populaire, mais contestée par certains économistes, notamment autrichiens. Natasa n’a pas tort.

      Ensuite vous nous expliquez que la création monétaire ne crée pas d’inflation.
      >> Votre propos est en contradiction avec l’équation monétaire de Fischer. C’est Natasa qui a raison.
      Ensuite vous nous faites un bon chipotage pour nous dire qyue ce n’est pas le gouvernement qui fait l’émission monétaire mais la banque centrale. Comme si vous n’aviez jamais lu nulle part que le terme « gouvernement » pouvait avoir un sens générique (un peu comme « État »)…

      « L’augmentation de la masse monétaire de 20% entraîne une inflation d’un même montant » Non, c’est faux. Comme l’expliquait l’économiste autrichien Mises, une augmentation de la masse monétaire associé d’une augmentation équivalents de la production de richesse réelle ne verra aucune hausse des prix.
      >> Quand on ne précise pas, en général, c’est qu’on raisonne « toutes choses égales par ailleurs ». Et quand on lit bien le propos de Natasa, on devine que c’était bien son présupposé. Vous, pour défendre vos idées, vous introduisez une nouvelle variable, la hausse de production. Bon et puis c’est bien gentil, mais vous croyez sincèrement que vous pouvez balayer les théories monétaristes d’un simple revers de main ? C’est Natasa qui a raison.

      « et signifie que votre salaire de 1000€ ne vaudra plus que 800€. » là encore, c’est purement spéculatif: votre salaire est le prix de quelqu’un d’autre, si les prix augmentent de manière générale, votre salaire monte aussi de 20% comme tous les autres prix de l’économie et votre pouvoir d’achat reste inchangé.
      >> Non c’est vous qui faites de la spéculation. Vos effets ne se verront qu’à moyen terme. A court terme, c’est Natasa qui a raison.

      Pour le dernier commentaire, vous n’avez pas tort.

      Bref, avec un ton péremptoire, vous venez faire la leçon, alors que vos commentaire expriment un point de vue discutable.

      • « Définition populaire, mais contestée par certains économistes, notamment autrichiens. Natasa n’a pas tort. » >> contesté par une infime minorité d’économistes, dont les théories ne s’appliquent que dans un régime de changes fixes qui n’existent plus, on est très loin d’une situation ou seuls des « démagogues » utilisent cette approche. Quand on mesure l’inflation, on ne mesure pas la masse monétaire mais le niveau des prix. Qu’une poignée de gens veulent discuter n’y change rien, l’inflation c’est la hausse des prix. À ce sujet d’ailleurs, meme les autrichiens ont une position plus complexe: http://socialdemocracy21stcentury.blogspot.fr/2010/04/austrian-theory-of-inflation-myths-and.html

        L’équation monétaire de Fisher ne s’applique que dans certains cas et sous certaines conditions, jai donne mes sources sur ce point, en ce qui nous concerne une augmentation de la masse monétaire de x% ne se traduit pas nécessairement par une hausse des prix de x%, mon point tient. Quant à la banque centrale, elle est supposée être indépendante, ça fait une sacre différence d’avec « le gouvernement ».

        Ensuite, « ceteris paribus » c’est une vue de l’esprit, on ne procède pas a des politiques monétaires discrétionnaires sans raison, mais justement quand on est face à une masse monétaire qui menace de décroître, situation dans laquelle on peut imprimer beaucoup sans faire augmenter les prix. Je ne balaye pas le monétarisme, juste la conception erronée de ce dernier que vous semblez avoir. Dire que faire de la création monétaire augmente forcément le niveau des prix, c’est raisonner dans un monde théorique qui n’existe pas, donc soit c’est faux soit ça ne sert à rien, dans tous les cas ce n’est pas pertinent avec le sujet de la dette française.

        Non c’est vous qui faites de la spéculation. Vos effets ne se verront qu’à moyen terme. A court terme, c’est Natasa qui a raison » >> en supposant une masse monétaire fixe et exogène oui, mais ce n’est pas notre cas. La encore c’est du raisonnement dans un monde qui n’existe pas. Dans le système monétaire actuel, la monnaie est endogène, et je ne suis vraiment pas sur que vous compreniez à quel point ça change tout.

        Bref, vous faites bien de rester poli.

      • En ce qui concerne l’équation de Fisher, rappelons ses hypothèses:

        plein emploi des facteurs de production, donc T fixé ;
        habitudes de paiement stables, donc V fixé ;
        T indépendant de M.
        On peut donc écrire : P = (V/T)M. Or (V/T) constant donc P et M sont proportionnels et > 0. Donc : ΔP = (V/T)ΔM (Δ représente la variation), ΔP et ΔM sont proportionnels.

        Autant dire qu’on en est très loin.

      • « L’inflation est un processus de hausse générale des prix ». le mot « processus est important car un processus de hausse peut co-exister avec un processus de baisse des prix. On compte souvent cinq causes classiques de l’inflation. Mais il existe aussi un processus de baisse général des prix, c’est l’augmentation continue de la productivité des entreprises.
        On estime à 2% par an cette baisse des prix causée par ce processus continue d’amélioration de la productivité dans chaque entreprise. Les économistes Fourastié et Basil avait entrepris une étude sur plusieurs siècles sur le thème « pourquoi les prix baissent-ils ».
        Ainsi un processus de hausse des prix peut co-exister avec un processus de baisse des prix. C’est la raison pour laquelle le mot « processus » me semble important dans la définition du mot « inflation ».

  • L’auteur écrit « Pourquoi la France cherche-t-elle à emprunter sur les marchés financiers ». Il ne s’agit pas ici de la France, mais de l’Etat français. Cette confusion entre la France et l’Etat français entretient l’illusion que l’Etat français représenterait les français, incarnerait la nation. Or il est contestable que l’Etat français représenterait les habitants. L’Etat français est devenu, amha, le principal ennemi des français.

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