À Bergé, Barjot, Mélenchon et consorts : et si vous laissiez Clément Méric reposer en paix ?

Clément Méric

La mort de Clément Méric imposait de laisser sa famille faire le deuil mais c’était sans compter sur l’indécence et l’outrance des politiques récupérateurs.

L’agression mortelle de Clément Méric a bouleversé sa famille et ses proches. Cela imposait de les laisser faire un deuil douloureux et de souhaiter que ce jeune homme repose en paix. Mais c’était sans compter sur l’indécence et l’outrance des propos politiques récupérateurs relayés massivement par les médias.

Par Monsieur Z.

L’agression de Clément Méric et l’annonce de sa mort ont bouleversé sa famille et choqué ses amis. Cela imposait de les laisser faire dans le calme un deuil douloureux, de les laisser se recueillir et recevoir les simples condoléances de chacun, et de souhaiter que ce jeune homme repose en paix, autant de pensées auxquelles je m’associe sincèrement en préambule de ce billet. De faire juste ceci, pendant une petite journée, au grand minimum.

Indécence et outrance politique

Mais c’était sans compter sur le vacarme de la machine médiatique dont le moteur s’est immédiatement emballé, surgonflé qu’il est par les mécanos des réseaux sociaux. Aux commandes du monstre, ceux qui sont les plus enclins à l’outrance, l’indécence, l’indigence et la vulgarité, je parle bien sûr des tartuffes politiques et peopolitiques, bien avant de penser aux troupes populaires de fans bruyants qu’ils attirent dans leur sillage par un tapinage électoral permanent et qu’ils surpassent de loin dans la bêtise militante.

De tout bord politique, ils ont réussi en quelques dizaines d’années d’incompétence gouvernementale à opposer radicalement les Français au gré d’obsessions idéologiques et de projets de loi absurdes tout en entretenant savamment un climat délétère. Et délétère à la Une, la fusée politique atteint toujours son but et son média, chacun étant ravi de racoler le lecteur et l’électeur volatile et infidèle.

Désormais, la dictature de la pensée binaire est tellement omniprésente que tout fait-divers placé sous la loupe médiatique peut potentiellement être élevé au rang d’événement, d’affaire d’État ou encore de combat politique. Sa récupération éhontée et son instrumentalisation honteuse sont ainsi facilitées et mises au profit de la thèse défendue par l’un ou l’autre, dans une manœuvre sidérante de torsion de la réalité et des faits à l’idéologie.

Il existe en France des groupes d’extrémistes de droite et de gauche rivalisant d’imbécillité dans la contestation réactionnaire et violente du camp d’en face. Ces groupes, plutôt minoritaires s’opposent régulièrement par tracts et écrans interposés mais aussi physiquement. L’implacable loi des statistiques aidant, plus ces oppositions et ces confrontations physiques sont fréquentes, plus les risques sont grands de voir dégénérer une bagarre en lynchage et en drame comme c’est le cas d’autres bandes qui s’opposent, quel que soit leur motif.

Comme c’est le cas pour le jeune Clément Méric, militant actif d’un groupuscule d’extrême gauche « antifa » face à un groupuscule d’extrême droite visiblement proche des JNR, Jeunes Nazillons Rageux menés par Serge Ayoub.

Ce qui est arrivé à Clément Méric aurait pu se produire à n’importe quel moment de l’année. Ce n’est pas la « Manif pour tous » et les contre-manifs LGBT qui ont attiré l’un et l’autre des deux groupes ce jour-là à Paris mais une simple vente de vêtements de marques prisés par tous. Participation à une vente privée illustrant au passage le joyeux paradoxe de militants farouchement antimondialistes qui cèdent à des élans consuméristes. La haine de l’autre et les fantasmes de baston pour en découdre entretenus par chacun des mouvements ont fait le reste lors de cette rencontre.

La violence vient d’abord de la loi Taubira, ça a levé un combat idéologique. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des répercussions mortifères. Frigide Barjot.


Mélenchon faux-jeton, Bergé barjot, Hidalgo et NKM cueillies dans le recueillement

Il faut donc être profondément égaré comme Pierre Bergé, bien plus que des moutons et tordu pour faire un rapprochement entre le mouvement initié par la « Manif pour tous » et sa supposée influence sur des groupes de jeunes habitués à se rentrer dedans violemment à la moindre occasion.

Il faut être aussi Barjot que Frigide pour rétorquer à Bergé que c’est la loi de Christiane Taubira qui a engendré la violence d’une agression entre jeunes prêts à se battre au moindre prétexte.

Il faut être proche de la sénilité au point que soit lancée une réforme urgente des retraites et des retweets de Bernard Debré qui relie la violence des skinheads et des antifas aux jeux vidéos, rejoignant ainsi Laure Manaudou et Jacques Cheminade sur le podium des idiots qui analysent un drame au comptoir.


Il faut être aussi faux-jeton que Jean-Luc Mélenchon pour détourner le sujet vers ses préoccupations politiques du moment et se dédouaner d’une comparaison très gênante mais pertinente sur la convergence de ses idées avec celles de l’extrême droite version Marxine le Pen et la catastrophe économique que ces idées nous promettent à coup sûr.

Il faut être aussi méprisable qu’un politocard lancé dans la course électorale de cabots pour le trône parisien et se précipiter comme Nathalie Kosciusko-Morizet dans un rassemblement politique de « recueillement » avec l’UDI ou annuler son séjour lyonnais et venir jouer les Hidalgo comme sœur Anne qui n’a rien vu venir du ras-le-bol des gens présents et qui a dû rentrer chez elle sous protection des services de sécurité.

Politichiens de droite et de gauche, la bête immonde, c’est vous, elle ne sommeille nulle part. Vous la faites apparaître à votre guise, au fil de vos interventions médiatiques envahissantes jusqu’à l’écœurement. Les heures les plus sombres de notre histoire c’est vous qui les construisez pernicieusement et les faites vivre à vos cons d’citoyens en les menant par le bout du nez à leur perte, dans le sillage merdeux de vos ambitions égoïstes, de votre soif de fric et de privilèges et dans la réalisation de vos ruineux projets mégalomaniaques.

Des citoyens assez cons pour se plaindre de vous sans pour autant s’abstenir dans les urnes, tels des pervers masochistes de la démocratie moderne.

Je ne parle qu’en mon nom mais j’espère bien que la famille et les proches de Clément Méric vous demanderont eux-mêmes de ne jamais les approcher et d’observer à son sujet un silence total et aussi éternel que son repos. Soyons fous. Extrêmement.


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