Angela Merkel et François Hollande miment l’entente

Alex Korbel (Contrepoints.org), commente pour Russia Today la rencontre du 30 mai 2013 entre la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande.

L’accord de façade sur la création d’un président de l’Eurogroupe « à temps plein » et aux « moyens renforcés » masque mal le fait que lorsque Paris et Berlin évoquent la coordination des politiques économiques de la zone, les deux gouvernements parlent en réalité de deux choses différentes.

Par Alex Korbel.


(Diffusé en direct sur Russia Today le 30 mai 2013 vers 22h20. Environ 4 minutes.)

L’accord de façade sur la création d’un président de l’Eurogroupe « à temps plein » et aux « moyens renforcés » masque mal le fait que lorsque Paris et Berlin évoquent la coordination des politiques économiques de la zone, les deux gouvernements parlent en réalité de deux choses différentes.

Le gouvernement français souhaite en effet une coordination intergouvernementale qui donnerait le dernier mot aux États-membres et la mutualisation des dettes publiques afin d’éviter ou de délayer les politiques d’austérité. Le gouvernement allemand, au contraire, plaide pour une Commission européenne ayant un droit de veto sur les budgets nationaux afin d’implémenter les changements nécessaires à la survie de la monnaie unique.

Les déclarations acides venant de Paris et de Berlin pendant les quelque jours précédant la rencontre sont sans doute principalement motivées par un agacement mutuel et plus prosaïquement par le fait que les deux parties soignent leur image vis-à-vis de leur électorat respectif. François Hollande pense à donner des gages à ceux tentés de voter pour le Front de Gauche lors des municipales et européennes de 2014 ; Angela Merkel parle le langage ferme que son électorat plébiscite et qui sera bien utile lors des élections fédérales de septembre 2013.

Après avoir mis en œuvre la faustérité (c’est-à-dire l’austérité pour les citoyens, pas pour l’État et l’absence de réformes structurelles permettant de libérer la croissance), le gouvernement français sera contraint d’infléchir sa politique économique et de mettre en place des réformes structurelles dès que les taux d’intérêts des bons du Trésor commenceront à augmenter, rendant plus difficile à l’État français de financer ses dépenses par la création de dette publique.

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