Patrimoine des ministres : peut-on être de gauche et riche sans en être malade ?

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Contorsions sur les déclarations de patrimoine et la richesse. Les ministres de gauche souffrent d’un trouble de la personnalité.

Contorsions sur les déclarations de patrimoine et la richesse. Les ministres de gauche mais plus généralement nos gouvernants souffrent d’un trouble de la personnalité. Humanistes, les libéraux sont prêts à les aider à se soigner.

Une lettre ouverte (et une ordonnance médicale) par Monsieur Z.

 

Très chers ministres de gauche,

 

En ce mois d’avril pendant lequel il est fort imprudent de se découvrir, vous ressentez un profond malaise. Ce malaise est commun aux personnes riches qu’on jette en pâture à l’opinion publique française, une opinion souvent prompte à juger malhonnête toute fortune et estimer qu’elle n’a pu se bâtir qu’en appauvrissant les autres. Exception faite de certaines fortunes colossales qu’elle admire, fortunes sportives du ballon rond sur des prés carrés, luxueux train de vie de starlettes de la chansonnette et du cinéma ou fortunes providentielles issues de la contribution volontaire à l’impôt sur la connerie aux jeux de la Française du même nom.

Vous ressentez également une profonde angoisse à l’idée d’avoir dû abandonner le doux principe du « vivons heureux, vivons cachés« , conscients que le discernement et la bonne compréhension de la valeur ne sont pas les qualités premières du peuple qui vous élit, du moins de la petite minorité qui le fait, certainement parce que depuis bien longtemps vous vous êtes ingéniés à lui laver une grande part de cerveau disponible à grand renfort de démagogie, d’idéologie nocive et de négation des principes économiques les plus élémentaires, sacrifiant ainsi le bon sens et l’intelligence sur l’autel de vos rites électoraux, de vos visions à pas-plus-loin-que-le-mandat et de vos obscènes érections législacives.

Pris de panique, stressés par le comportement obsessionnel de votre président Hollande, en état de choc de transparence, vous avez maladroitement déclaré ce qui vous semblait le plus acceptable, le moins critiquable de votre patrimoine, commettant au passage maintes boulettes grossières que l’internaute moyen s’est empressé de relever et de multi-diffuser partout sur les réseaux sociaux. Autant de réseaux de communication que vous essayez vainement de contrôler et de museler depuis que vous avez compris qu’ils changeraient radicalement la donne et feraient craquer et exploser en mille morceaux l’écorce de vos langages boisés et de vos petits arrangements de longue date avec de nombreux journalistes dont la toux et le courroux sont facilement apaisés par un épais sirop de subventions.

Très chers ministres – et je ne vous qualifie pas ainsi uniquement à cause des importants salaires et avantages dont vous bénéficiez grâce à nos impôts – vous avez besoin d’aide, car vous êtes malades. Vous souffrez d’un grave trouble de la personnalité. Homme ou femme de gauche, vous méprisez un jour la richesse et l’accablez de tous les maux pour vous abaisser aux plus viles réactions du peuple, vous profitez pleinement un autre jour de la richesse et du confort en évitant soigneusement d’élever le peuple à votre niveau.

Chacun aujourd’hui doit s’interroger librement sur ce qu’il coûte à l’État : salaire, retraite, frais annexes… Et le mettre en parallèle de ce qu’il fait/a fait/fera. Mais qui est capable de cette ascèse ? Et même seulement d’aborder la question ?

— Michèle Delaunay.

Et bien sachez que les libéraux et les humanistes que nous sommes sont là pour vous aider, pour prêter une oreille attentive à vos angoisses existentielles et soigner votre crise de schizophrénie patrimoniale.

Sachez que les libéraux sont attachés au respect de votre vie privée et ne cautionnent pas les mesures liberticides que constituent ces grands déballages, sources de défoulements haineux, alimentés par le mépris de la propriété, attisés par la jalousie de ce que l’autre possède.

Sachez que nous sommes plus attachés à l’honnêteté de nos gouvernants qu’au détail de leur patrimoine.

Sachez toutefois que nous avons le droit de noter que votre enrichissement provient plus souvent d’une carrière politique menée toute votre vie que de l’exercice d’une profession civile rémunératrice et qu’il en découle des interrogations légitimes sur le déséquilibre flagrant qui existe entre s’investir en politique pour le bien commun et investir uniquement pour son bien-être personnel.

Je pense que la personne qui a de la richesse peut aussi avoir un regard de gauche sur les conditions dans lesquelles sa richesse est accumulée.

— Jean-Luc Mélenchon

Pour soigner ce mal qui s’est emparé de vous, nul besoin de coûteux médicaments régulièrement dé-remboursés par le système de sécurité sociale profondément injuste que vous imposez à tous et que de nombreux citoyens songent à quitter au plus vite.

Je vous encourage à suivre une simple et unique cure d’honnêteté et de sincérité :
– reconnaître vos plus risibles contradictions entre vos discours idéologiques sur la richesse, votre incapacité à les appliquer à vous-mêmes et la grande nocivité de les imposer aux autres.
– énoncer des vérités et des faits douloureux qu’une grande majorité de vos concitoyens pourra parfaitement comprendre, comme elle pourra comprendre les mesures de bon sens qu’il est grand temps de mettre en œuvre en France.

Une cure riche de pratiques courageuses et de principes que vous avez depuis longtemps oubliés tandis que chaque jour les faits économiques vous rappellent douloureusement que nous allons irrémédiablement vers une issue catastrophique, identique à celle de quelque lointain pays européen et ilien de la Méditerranée. Et alors que vous palpez avec horreur cette implacable vérité, vous découvrez avec effroi que l’échéance du désastre est désormais impossible à reculer au gré des calendriers électoraux et des jeux routiniers d’alternance avec vos confrères de la rive droite, ceux qui présentent exactement les mêmes symptômes que vous, mais avec un moindre complexe du caviar à la louche et de l’éblouissement au bling-bling.

Très très chers ministres de gauche ou de droite, malgré votre état de santé et la mauvaise santé de l’État, les libéraux sont encore nombreux, du moins pour les plus conservateurs et minarchistes d’entre eux, qui se refusent à imaginer de vous État-nasier sous le prétexte fallacieux de vous laisser mourir dans une dignité que vous avez maintes fois perdue.

Ils sont encore nombreux à penser que vous avez encore une utilité qu’il convient d’exploiter, aussi faible qu’elle soit et dans le but franchement avoué de conduire un vrai changement qui rendra vos concitoyens bien plus libres et de moins en moins dépendants de vos actions et de vos décisions pour traiter leurs préoccupations quotidiennes, de l’emploi à l’éducation en passant par la santé.

Accepterez-vous la cure de votre plein gré ?

Bien(s) à vous et patrimonialement vôtre.

Monsieur Z.


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