Jean-Vincent Placé : des mégots, un magôt, un démago

Les cigarettes sont taxées parce qu'elles nuisent à la santé. Elles pourraient désormais l'être parce qu'elles nuisent à l'environnement.
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Jean-Vincent Placé : des mégots, un magôt, un démago

Publié le 15 février 2013
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Comme le travail, les cigarettes sont déjà fortement taxées parce qu’elles nuisent à la santé. Elles pourraient désormais l’être parce qu’elles nuisent à l’environnement.

Par Baptiste Créteur.

Les écologistes partagent avec les socialistes les fauteuils du gouvernement et une indéniable créativité, notamment en matière fiscale. C’est ainsi qu’a germé dans un cerveau vert plein de bonnes intentions pour la planète et d’images de phoques et manchots en péril l’idée lumineuse d’une taxe sur les mégots de cigarette.

Le raisonnement écologiste voudrait pourtant que, l’homme étant nocif pour l’environnement, tout ce qui est nocif pour l’homme est bon pour l’environnement. Mais il faut garder à l’esprit que les fumeurs ne font pas que nuire à eux-mêmes mais jettent également leurs mégots un peu partout, et surtout dans cette nature immaculée si désirable. Il suffirait sans doute de quelques cendriers et un peu de sensibilisation constructiviste comme on sait si bien le faire en France pour que le problème soit résolu, mais c’est sans compter sur le pouvoir de destruction des mégots :

Jean-Vincent Placé estime que les mégots « sont très nocifs pour l’environnement ». « La fumée de cigarette contient quelque 4000 substances chimiques, qu’on retrouve pour une part importante dans les mégots, qui mettent près de douze ans pour se dégrader totalement », souligne-t-il. « Un seul mégot peut polluer, à lui seul, plus de 500 litres d’eau, ou 1m3 de neige » assure-t-il, soulignant « qu’il y a potentiellement 70 milliards de mégots jetés chaque année dans la nature en France ».

Une rapide estimation du nombre de mégots fondée sur le nombre de cigarettes fumées permet d’affirmer que les fumeurs français polluent chaque année 35 000 milliards de litres d’eau, soit 39 lacs Titicaca, au bas mot.

Cette pollution « a également un coût, assumé, jusqu’à présent, uniquement par la collectivité, qui prend en charge le coût du ramassage et de l’élimination des mégots », explique-t-il. « Nous devons lutter contre ce fléau, il est important que les fumeurs soient sensibilisés, mais surtout que les fabricants assument leurs responsabilités. »

Il est évidemment inenvisageable que les fumeurs prennent leurs responsabilités et éliminent eux-mêmes leurs mégots. En revanche, il est, en France, envisagé très sérieusement par les élites que des coûts supplémentaires pour les entreprises ne soient pas répercutés sur les consommateurs.

« Elle ne coûtera rien ni aux consommateurs, ni aux buralistes, mais rapportera 26,5 millions aux caisses de l’État, prélevés sur les bénéfices des fabricants de tabac » et « cette taxe serait maintenue chaque année, tant que la pollution générée par les mégots subsiste », ajoute-t-il.

Voilà une taxe parfaite : elle ne coûte qu’aux méchants fabricants de tabac et rapporte un peu d’argent à l’État. Une taxe ciblée, bien pensée et bien-pensante, seul un environnementaliste pouvait y parvenir. Seul un environnementaliste peut parvenir à culpabiliser tous les citoyens comme pratiquant une activité humaine par essence polluante. La première source de chaleur découverte par l’homme, le feu, est également la première source de pollution ; les environnementalistes cherchent à interdire les feux de cheminée.

Toutes les inventions humaines depuis, en dehors des éoliennes coûteuses et de quelques autres technologies pas encore matures, sont nocives ; émettre des doutes sur le réchauffement climatique anthropique serait une preuve flagrante d’aveuglement, au moins aussi grave qu’émettre des gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont les seuls à s’en être rendus compte que les environnementalistes doivent décider pour les autres, de la même façon que les socialistes sont les seuls à s’être rendus compte que la liberté offerte par le capitalisme était illusoire et qu’il valait mieux, pour rendre leur liberté aux citoyens, les contraindre à redistribuer les fruits de leur travail.

La presse a rapporté à plusieurs reprises que la pollution était la prochaine grande croisade des activistes de la Nouvelle Gauche, après la fin de la guerre du Vietnam. Et de la même façon que la paix n’était pas leur but ni leur motif dans cette croisade, l’air pur n’est pas leur but ni leur motif dans celle-ci. (Ayn Rand, « The Anti-Industrial Revolution« )

Le but des environnementalistes est le même que celui des socialistes : le pouvoir. La liberté n’est pas acceptable ; elle ne permet de contraindre les individus à faire ce qu’on aimerait qu’ils fassent et à penser ce qu’on aimerait qu’ils pensent, et il est plus simple de recourir à la force qu’à la rationalité. Personne n’aime la pollution, ni les mégots de cigarette ; la meilleure réponse aux problèmes environnementaux, c’est la propriété privée, pas l’État – de même qu’elle est le meilleur vecteur de justice sociale, si tant est qu’il y en ait d’autres. Et surtout, elle ne laisse pas assez de place au pouvoir pour que les hommes politiques prennent la peine de la défendre, environnementalistes ou pas.

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  • “ »Elle ne coûtera rien ni aux consommateurs, ni aux buralistes, mais rapportera 26,5 millions aux caisses de l’État, prélevés sur les bénéfices des fabricants de tabac… »
    Saint-Anne, c’est pas dans le XIVème ???????????????
    Inquiétant, de plus en plus inquiétant ces débiles !

  • Jusqu’où ira la mauvaise foi de ces crétins ? 90 % au moins des mégots finissent dans des cendriers, et non dans la nature.Un mégot plongé dans un verre d’eau se dissous totalement en 24 heures ; un rien plus s’il est jeté à la pluie, et sa composition en fait un produit parfait pour le compost.
    Ce n’est pas parce que quelques malpropres vident le cendrier de leur voiture dans le caniveau (dont le contenu est enlevé à la première pluie) que la moindre taxe ne se justifie.
    Dommage que ces talibans verts ne se dissolvent pas aussi vite 🙂

    • « Un mégot plongé dans un verre d’eau se dissous totalement en 24 heures ; un rien plus s’il est jeté à la pluie, et sa composition en fait un produit parfait pour le compost. »

      J’aimerais vous croire mais je ne trouve absolument pas d’infos corroborant vos propos, si vous pouviez me donner une source, ça serait appréciable.
      Tous les sites, certes écologisant, renvoient à une dégradation du mégot en 1 à 10-12 ans à l’air libre et de 1 à 2 ans dans l’eau. Sans compter la nocivité du filtre utilisé chargé des produits de la cigarette.
      Qu’en est-il alors ?
      Merci

      • Je doute de la dissolution en 24 heures. Cela dit, il serait facile de faire l’expérience, plutôt que de chercher des références.
        Je doute tout autant de la nocivité pour la végétation. Les mégots, certes, c’est moche, mais je n’ai jamais vu que ça empêchait les plantes de pousser. Même lorsqu’il y en a beaucoup.

  • Les éoliennes polluent largement plus qu’un feu de bois et c’est pas naturelle. J’ai déjà vu « gaia » mettre le feu à une foret jamais faire pousser des éoliennes en acier en pleine mer …

    L’énergie qui pollue le moins c’est le bio-méthane à base de restes d’écolo français.

    • Motif de guerre! On est pas écolo mais descendants de la planete! et on veille sur notre héritage! pas écolo pour un sous, mais chaud de faire la guerre, prendre les armes, contres les profanateurs qui ébauchent tant de conneries! Prends garde ébu à ne pas alimenter cette haine qui grandit pour les négligents!

  • Après ça il y aura les fêtes, foires, marchés et rassemblement de plus de trois personnes.

  • J’aime toujours autant vous lire. Mais je vois que vous avez changé votre photo ; j’en déduis donc que la phot du jeune « chevelu » qui figurait dans vos précédents articles était bien la vôtre, très jeune. Celle d’aujourd’hui est encore mieux mais plus « mûre »…… Je suis contente de voir que tout ce bon sens, cette application à la réflexion, vient bien d’un jeune homme ; je vous félicite et vous remercie pour votre pertinence et l’acuité de vos idées. J’y adhère complètement.

  • Ce serait pourtant si simple, et tellement plus jouissif, de consigner les mégots de cigarettes 🙂

  • Il y a encore du gras en matière de taxe, je suggère à Placé de taxer aussi les fabricants de chewing-gum, c’est fou le nombre de vieux chewing-gum écrasés sur les trottoirs.
    Ceci dit, si les fumeurs pouvaient éviter de balancer leurs mégots n’importe où ce serait pas un mal, la responsabilité c’est aussi ça non?.

  • Ils ne savent plus quoi inventer pour élever des taxes…

  • Les commentaires sont fermés.

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