Jean-Vincent Placé : des mégots, un magôt, un démago

Culte environnement ecofascisme

Les cigarettes sont taxées parce qu’elles nuisent à la santé. Elles pourraient désormais l’être parce qu’elles nuisent à l’environnement.

Comme le travail, les cigarettes sont déjà fortement taxées parce qu’elles nuisent à la santé. Elles pourraient désormais l’être parce qu’elles nuisent à l’environnement.

Par Baptiste Créteur.

Les écologistes partagent avec les socialistes les fauteuils du gouvernement et une indéniable créativité, notamment en matière fiscale. C’est ainsi qu’a germé dans un cerveau vert plein de bonnes intentions pour la planète et d’images de phoques et manchots en péril l’idée lumineuse d’une taxe sur les mégots de cigarette.

Le raisonnement écologiste voudrait pourtant que, l’homme étant nocif pour l’environnement, tout ce qui est nocif pour l’homme est bon pour l’environnement. Mais il faut garder à l’esprit que les fumeurs ne font pas que nuire à eux-mêmes mais jettent également leurs mégots un peu partout, et surtout dans cette nature immaculée si désirable. Il suffirait sans doute de quelques cendriers et un peu de sensibilisation constructiviste comme on sait si bien le faire en France pour que le problème soit résolu, mais c’est sans compter sur le pouvoir de destruction des mégots :

Jean-Vincent Placé estime que les mégots « sont très nocifs pour l’environnement ». « La fumée de cigarette contient quelque 4000 substances chimiques, qu’on retrouve pour une part importante dans les mégots, qui mettent près de douze ans pour se dégrader totalement », souligne-t-il. « Un seul mégot peut polluer, à lui seul, plus de 500 litres d’eau, ou 1m3 de neige » assure-t-il, soulignant « qu’il y a potentiellement 70 milliards de mégots jetés chaque année dans la nature en France ».

Une rapide estimation du nombre de mégots fondée sur le nombre de cigarettes fumées permet d’affirmer que les fumeurs français polluent chaque année 35 000 milliards de litres d’eau, soit 39 lacs Titicaca, au bas mot.

Cette pollution « a également un coût, assumé, jusqu’à présent, uniquement par la collectivité, qui prend en charge le coût du ramassage et de l’élimination des mégots », explique-t-il. « Nous devons lutter contre ce fléau, il est important que les fumeurs soient sensibilisés, mais surtout que les fabricants assument leurs responsabilités. »

Il est évidemment inenvisageable que les fumeurs prennent leurs responsabilités et éliminent eux-mêmes leurs mégots. En revanche, il est, en France, envisagé très sérieusement par les élites que des coûts supplémentaires pour les entreprises ne soient pas répercutés sur les consommateurs.

« Elle ne coûtera rien ni aux consommateurs, ni aux buralistes, mais rapportera 26,5 millions aux caisses de l’État, prélevés sur les bénéfices des fabricants de tabac » et « cette taxe serait maintenue chaque année, tant que la pollution générée par les mégots subsiste », ajoute-t-il.

Voilà une taxe parfaite : elle ne coûte qu’aux méchants fabricants de tabac et rapporte un peu d’argent à l’État. Une taxe ciblée, bien pensée et bien-pensante, seul un environnementaliste pouvait y parvenir. Seul un environnementaliste peut parvenir à culpabiliser tous les citoyens comme pratiquant une activité humaine par essence polluante. La première source de chaleur découverte par l’homme, le feu, est également la première source de pollution ; les environnementalistes cherchent à interdire les feux de cheminée.

Toutes les inventions humaines depuis, en dehors des éoliennes coûteuses et de quelques autres technologies pas encore matures, sont nocives ; émettre des doutes sur le réchauffement climatique anthropique serait une preuve flagrante d’aveuglement, au moins aussi grave qu’émettre des gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont les seuls à s’en être rendus compte que les environnementalistes doivent décider pour les autres, de la même façon que les socialistes sont les seuls à s’être rendus compte que la liberté offerte par le capitalisme était illusoire et qu’il valait mieux, pour rendre leur liberté aux citoyens, les contraindre à redistribuer les fruits de leur travail.

La presse a rapporté à plusieurs reprises que la pollution était la prochaine grande croisade des activistes de la Nouvelle Gauche, après la fin de la guerre du Vietnam. Et de la même façon que la paix n’était pas leur but ni leur motif dans cette croisade, l’air pur n’est pas leur but ni leur motif dans celle-ci. (Ayn Rand, « The Anti-Industrial Revolution« )

Le but des environnementalistes est le même que celui des socialistes : le pouvoir. La liberté n’est pas acceptable ; elle ne permet de contraindre les individus à faire ce qu’on aimerait qu’ils fassent et à penser ce qu’on aimerait qu’ils pensent, et il est plus simple de recourir à la force qu’à la rationalité. Personne n’aime la pollution, ni les mégots de cigarette ; la meilleure réponse aux problèmes environnementaux, c’est la propriété privée, pas l’État – de même qu’elle est le meilleur vecteur de justice sociale, si tant est qu’il y en ait d’autres. Et surtout, elle ne laisse pas assez de place au pouvoir pour que les hommes politiques prennent la peine de la défendre, environnementalistes ou pas.

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