Les banques centrales, hautement néfastes pour tous

La banque centrale n’est rien plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés en contrôlant les taux d’intérêt. Les français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Les français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour eux?

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Les banques centrales, hautement néfastes pour tous

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 juillet 2012
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La banque centrale n’est rien de plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés en contrôlant les taux d’intérêt. Les Français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Les Français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour eux?

Par Nicolas Merzeau.

Article en contrepoint de celui de George Selgin.

Depuis le début de la crise en 2008, chaque Français se rend compte au sein de sa propre vie que ses options se réduisent, que son train de vie se dégrade, que les choses sont de plus en plus difficiles et précaires. Pourtant, certains échappent au marasme ambiant. Les entrepreneurs, petit salariés, chômeurs, classes moyennes peuvent souffrir, les banquiers, riches industriels et politiques semblent au contraire ne pas connaître la crise. Enfants de France, devenez tous banquiers ?

Cette dichotomie n’est que le symptôme apparent d’un mal bien plus profond qui ronge notre société et qui au final ne peut conduire qu’à l’effondrement : la perversion absolue des banques centrales et toutes les activités néfastes qu’elles soutiennent.

La grande majorité des Français ignorent ce qu’est une banque centrale, quelle est sa fonction, tout comme ils ignorent la réalité du système de réserve fractionnaire bancaire. Il est vrai que la description peut paraître technique, voire rébarbative. Cependant, il  ne s’agit là que d’un écran de fumée, bien pratique pour ceux qui souhaiteraient que l’information reste cachée.

En effet, la banque centrale n’est rien plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés (en contrôlant les taux d’intérêt) et à assurer la survie de ses membres au détriment du grand public. Les Français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Peuvent-ils citer celles destinées au Français moyen ? Les Français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour d’autres ?

Une banque centrale n’est rien d’autre que le vecteur d’une taxe cachée, l’inflation, qui pénalise en majorité les pauvres et classes moyennes, enrichissant au contraire les riches et ceux qui ont accès à la manne providentielle (banques, gouvernements, grands groupes).

Pour bien comprendre cela, il faut s’arrêter sur le fait que la monnaie ne tire sa valeur que du fait qu’elle est limitée en quantité. En créer sans retenue ne mène qu’au désastre économique comme l’Argentine, le Zimbabwe, l’Allemagne de Weimar l’ont montré. Une banque centrale est la seule habilitée a créer de la monnaie et comme chacun peut bien se l’imaginer, avoir le pouvoir de créer l’argent, sans aucune contrainte (du fait qu’il n’y a plus d’étalon-or) est un pouvoir immense qui permet de faire pratiquement ce que l’on veut ! Même si il existe des opposants, avoir assez d’argent permet d’acheter leur opposition, de les faire battre, ou de les décrédibiliser.

Le baron Rotschild disait d’ailleurs qu’il ne se préoccupe pas de savoir qui fait les lois d’un pays du moment qu’il contrôle sa monnaie… Il s’agit là d’une citation essentielle que les Français doivent méditer : le contrôle de la monnaie amène naturellement le contrôle politique.

Cependant, pour exister, la banque centrale dépend du monopole légal que lui confère l’État. Il est donc essentiel pour elle de contrôler le politique, sinon de manière directe, du moins de manière indirecte. La relation n’est néanmoins pas unidirectionnelle : une véritable symbiose se met en place.

Et c’est bien là que tout se joue : le pacte faustien est que la banque centrale peut imprimer à tout va pour « sauver » ses amies les banques mais à la condition (pour garantir leur passivité sur ce qui n’est rien d’autre que de la contrefaçon institutionnalisée) qu’elle doit faire de même avec les États.

Les États sont en effet toujours en recherche de fonds. Quel politique n’aime pas dépenser l’argent public pour acheter des voix ? (ce que les électeurs lui rendent d’ailleurs bien – ce qui est un autre débat). Le problème est que pour dépenser de l’argent, ce politique doit taxer la population. Or il est bien connu que passé un certain seuil les gens se révoltent, refusent de payer, ou virent le politique en place. L’alternative est donc pour l’État d’emprunter (ce qui a quand même ses limites) ou d’utiliser la planche à billet de la banque centrale. C’est une solution d’extrême facilité qui permet à l’État de se financer et d’obtenir de l’argent supplémentaire, gratuitement, sans effet visible par la population (dans l’immédiat) quand il ne peut en récolter d’autre via la taxation ou l’emprunt (peut être les cris d’orfraie de certains pays de l’UE à l’heure actuelle ont-ils plus de sens sous cette lumière…). En résumé, la planche à billet n’est rien d’autre qu’une taxe cachée, utilisée par des politiques incapables d’assumer leur décisions. Cependant, cette taxe n’affecte pas tous de la même manière et en cela est profondément injuste. Il faut bien comprendre que créer de la monnaie n’est pas la même chose que créer de la richesse, sinon le Zimbabwe serait le pays le plus riche du monde. En créant de la monnaie basée sur rien, l’État conduit simplement à une hausse générale des prix (mais pas uniforme-certains prix montant plus que d’autres). Ceci avantage ceux qui ont emprunté beaucoup pour acheter des actifs (immobilier, actions, etc.) . Or la grande majorité des Français possède très peu de ces choses-là, alors que les riches en ont des quantités beaucoup plus importantes.

Il advient donc que les riches deviennent de plus en plus riches. Quant au reste de la population, non seulement elle ne devient pas plus riche, mais elle s’appauvrit. Le coût général de la vie augmente en effet, alors que leurs salaires eux, n’augmentent pas et que leurs maigres placements en livret A et autres instruments d’épargne ne leur rapportent que misère. Il n’est donc pas étonnant que tant de Français se plaignent de la faiblesse de leur pouvoir d’achat lorsque l’on sait la politique totalement irresponsable qui a été menée par les banques centrales au cours des dernières années. Le fameux « monsieur pouvoir d’achat Sarkozy » fut donc un flop total, et ce de manière totalement prévisible car il n’a jamais compris (ou voulu comprendre) cette notion essentielle.

Cette politique conduit à un creusement des inégalités avec des riches dont le patrimoine croit (ou se maintient alors qu’il aurait du être fortement impacté…), des pauvres de plus en plus pauvres et une classe moyenne qui disparaît. C’est la recette du désastre social, qui fait le lit de tous les extrémismes, le retour à des temps que nous souhaitons tous révolus. Tragiquement, les « solutions » des gouvernements sont d’amplifier tout ce qui n’a pas marché (plus de dette, plus de création monétaire, plus de taxes etc…), ce qui conduit à couler un peu plus chaque jour celles et ceux qui n’aspirent qu’à avoir un travail et un revenu décent pour vivre.

Les banques centrales sont donc des Robin des Bois à l’envers. Voler aux pauvres pour donner aux riches et au gouvernement : tout un programme.

Nous ne pouvons conclure cet article sans nous arrêter un instant sur deux perversités (parmi d’autres) majeures du système : la destruction du système capitaliste et l’encouragement à la guerre.

Le système capitaliste repose sur les décisions d’entrepreneurs qui anticipent le futur ainsi que les préférences de leur concitoyens et qui en conséquence investissent leur capital pour créer de la production destinée à satisfaire une demande future. En manipulant les taux d’intérêt (et donc de fait tous les marchés), les banques centrales peignent une image déformée, distordue, grotesque de la situation économique, ce qui conduit à des erreurs en cascade, une mauvaise allocation de capital et au final à une régression économique (« crise »). A cela nous devons ajouter la naissance d’un système de capitalisme de copinage et corruption, lié au fait qu’il est plus important d’avoir accès à la largesse du gouvernement ou de la banque centrale que de satisfaire le consommateur (en effet la banque centrale peut simplement créer plus de monnaie pour la donner aux intérêts les mieux connectés : plus de cash, plus de profits !)

Finalement, terminons par un point essentiel : le financement de la guerre à crédit.  Si historiquement, une guerre était très coûteuse, elle ne pouvait durer trop longtemps. Or avec le système de banque centrale, l’État peut constamment drainer toutes les ressources de l’économie (via la taxe d’inflation) de manière beaucoup plus prolongée et massive que si il devait se financer via les taxes : au bout d’un moment, la population en aurait assez et refuserait de payer, ce qui conduirait à modérer les ardeurs belliqueuses voire à rechercher la paix. C’est ce qui conduisit à des guerres totales et le XXème siècle fut le siècle où pour la première fois de l’histoire nous eûmes des conflits mondiaux. Que la grande majorité des États eurent recours à des banques centrales n’est sûrement pas une coïncidence.

Concluons par encourager les Français à se pencher plus avant sur un sujet essentiel qui les concerne tous chaque jour et est au cœur de leurs vies. Il est temps de lever le voile en ce XXIème sur des pratiques d’un autre temps, sur une morale publique dévoyée, sur des institutions en déliquescence et remettre à leur juste place les citoyens et leurs aspirations de liberté, si justement couchées pour la postérité dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Retrouvons notre liberté, retrouvons notre indépendance, finissons en avec cette compromission permanente que les banques centrales représentent : un cartel qui opère contre les intérêts du public, une taxe cachée, un encouragement à la guerre, une déstabilisation de l’économie, un instrument du totalitarisme.

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  • Quoique d’accord sur le fond, quelques bémols dans le désordre. Pour la république de Weimar et sa célébrissime hyperinflation, il est faux d’affirmer que l’État allemand a imprimé de la monnaie de papier à-tout-va, de même qu’il est faux de dire que cela a plongé le pays dans la misère. C’est la vitesse de circulation de la monnaie qui est en cause, et l’Allemagne a surtout été victime de la dette de guerre et de la crise de 29 (et non celle de 23).
    L’inflation qui pénalise les pauvres, pareil. Je sais que ce mythe circule beaucoup à gauche mais il n’est fondé que si les salaires ne suivent pas l’augmentation des prix (ce qui n’était pas le cas, heureusement pour les Allemands, à Weimar). La seule chose (outre le prix des importations) que touche l’inflation, c’est l’épargne de ceux qui ont plus que ce dont ils ont immédiatement besoin – or on ne peut qualifier ceux-là de « pauvres ».

  • Indexer les salaires sur l’inflation: voila un moyen de détruire une économie à coup sur! Imaginez l’exemple suivant: 5% d’inflation engendre une hausse des salaires de 5%, qui elle même engendre une inflation supplémentaire de 4%, donc augmentation de salaire de 4%,…si l’on considère que les alaires représentent 80% de l’économie dans un pays donné, 5% d’inflation se traduiront par une inflation finale des prix et des salaires de 24%. Très bien me direz vous, tant que les salaires suivent les prix: mais en économie ouverte, cela se traduit par une augmentation du coup de la main d’oeuvre qui ne peut s’ajuster que par une baisse des exportations suivi d’une baisse de valeur de la monnaie qui raménera l’économie à l’équilibre. La monnaie étant entre autre le prix relatif auquels s’échangent les services entre différents pays, il est donc probable que l’indexation des salaires sur les prix ne protége absolument pas le pouvoir d’achat relatif de ce pays, et dérègle au passage le mécanisme des prix. Cela bien sur en faveur des personnes endettées et au détriment de l’épargne, ce qui conduit inévitablement au surrendettement du pays. Même si l’indexation des salaires sur l’inflation n’est pas toujours automatique, elle reste une pratique courante qui multiplie les effets néfastes de l’inflation sur l’économie.

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