Jean-François Revel
Jean-François Revel est un écrivain et journaliste français.
Il est résistant pendant la seconde guerre mondiale à Paris sous la direction d’Auguste Anglès.
Étudiant de l’École Normale Supérieure et agrégé de philosophie, il enseigne à l’étranger (en Algérie, au Mexique puis en Italie) puis en France à Lille, jusqu’en 1963. Ensuite, il se consacre à sa carrière de journaliste et d’écrivain. Philosophe, pamphlétaire, essayiste, il collabore à France-Observateur, puis à L’Express, puis au Point. Adversaire résolu de l’autoritarisme gaulliste, il publie un pamphlet décapant Le Style du Général en 1959, puis des chroniques politiques comme En France (1965) ou Lettre ouverte à la droite (1968). Sa contestation des institutions de la Ve République se poursuivra sans faiblir jusqu’à la fin de sa vie, comme en témoigne la parution en 1992 de L’Absolutisme inefficace.
En 1970, il publie son premier essai politique à grand succès, Ni Marx ni Jésus, reportage sur les évolutions politiques, sociales et culturelles aux Etats-Unis à la fin des années 60. Socialiste déclaré jusqu’au début des 70, il continuera de se réclamer de la gauche, estimant qu’elle n’est pas condamnée aux recettes marxistes et dirigistes. C’est pourquoi il dénonce avec fermeté le pacte de programme commun unissant les socialistes et les communistes et se sépare de François Mitterrand (dont il fut proche au temps de la FGDS - Fédération de la Gauche démocrate et socialiste). Il a brièvement collaboré au Canard Enchainé dans les années 70 sous le pseudonyme de Théophraste Muret. En 1976 il sort La Tentation totalitaire ; puis, un an après, La Nouvelle Censure qui analyse avec acuité et humour la réception du précédent essai.
Revel invente en 1979 la formule "le droit d’ingérence" (reconnaissance du droit qu’ont une ou plusieurs nations de violer la souveraineté nationale d’un autre État), "droit" qui ne fait pas l’unanimité parmi les libéraux, et qui a depuis été transformé en "devoir d’ingérence".
Depuis les années 1980, Revel oscille entre le libéralisme conservateur, partisan d’un Etat fort, mais limité à ses fonctions régaliennes, et le néoconservatisme (dont témoignent, par exemple, Comment les Démocraties finissent en 1983 et, plus récemment, L’Obsession anti-américaine en 2002). Selon Pierre Boncenne, ce serait Revel qui aurait soufflé en privé à Mitterrand sa célèbre phrase : "Je constate que les pacifistes sont à l’Ouest et que les missiles sont à l’Est."
Il a été élu le 19 juin 1997 à l’Académie française au 24e fauteuil. Un de ses fils est Matthieu Ricard, d’obédience bouddhiste, écrivain, proche du Dalaï Lama.
Bibliographie sélective : Le Voleur dans la maison vide, Mémoires (1997) ; Fin du siècle des ombres (1999) ; La grande Parade. Essai sur la survie de l’utopie socialiste (2000) ; L’Obsession anti-américaine (2002).