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	<title>Contrepoints &#187; Religion</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>L&#039;inspiration religieuse de Margaret Thatcher</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 05:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel Furfari</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[protestantisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher était libérale mais aussi habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, qui l'a inspirée.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Margaret Thatcher était libérale mais aussi habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, qui l'a inspirée.</strong></p>
<p><strong>Par Samuel Furfari, depuis la Belgique.</strong><span id="more-122843"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9GdXJmYXJpLVRoYXRjaGVyJmFtcDt1dG1fc291cmNlPWZlZWRseQ==" target=\"_blank\">Institut Turgot</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L1RoYXRjaGVyXzE2NzA4MDdjLmpwZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-121017" title="Margaret Thatcher" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher_1670807c-300x187.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="187" /></a>Les nombreuses évocations de la carrière de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==" target=\"_blank\">Margaret Thatcher</a> mettent l’accent sur l’aspect économique, la guerre des Falklands, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjUvMTIyNjM0LXRoYXRjaGVyLWV0LWxhLWdyZXZlLWRlcy1taW5ldXJzLXJlbWV0dHJlLWxoaXN0b2lyZS1hdS1jZW50cmU=">la grève des mineurs</a> et son opposition à une certaine forme d’Europe, voire son féminisme.</p>
<p>Elle était connue pour être intensément libérale mais on ignore trop qu’elle était habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, sans doute la source d’inspiration d’un grand nombre de ses actions politiques.</p>
<div>
<p>À l’instar de presque tous les Premiers ministres britanniques, elle a affirmé sa croyance en Dieu ; tout au long de sa carrière, elle a constamment fait référence à l’importance du christianisme, tant dans un contexte social que personnel.</p>
<p>Cette foi lui vient de son père. À force de l’entendre répéter, nous savons tous qu’il était épicier et un éminent politicien local, mais qui sait que c’était un prédicateur méthodiste laïc populaire (ce qu’ici on appellerait un pasteur évangélique) ? Lors de son entrée en fonction comme Premier ministre, tandis qu’elle se tenait sur les marches du 10 Downing Street, elle s’est tournée vers les caméras et a déclaré : "<em>Je dois presque tout à mon père</em>." Chrétien engagé, celui-ci, loin de s’enfermer dans sa sphère religieuse, s’est montré un homme "<em>dans le monde</em>" avec même un certain libéralisme doctrinal.</p>
<p>En droite ligne du protestantisme, <ins>le père et la fille avaient la conviction profonde que le but de la vie n’était pas le plaisir, mais le travail pour le bien commun.</ins> Enfant, Margaret Thatcher faisait partie des scouts méthodistes et fréquentait "<em>l’école du dimanche</em>" où les enfants apprennent les histoires bibliques pendant que les parents assistent au culte. Pendant ses études à Oxford, elle a participé aux études bibliques des étudiants, ce qui lui fait dire plus tard que "l<em>a religion était importante dans ma vie à Oxford</em>". Ceci explique aussi pourquoi sa carrière politique est jonchée de discours, d’interviews et de déclarations qui font référence à l’enseignement de Jésus et de l’Ancien Testament.</p>
<p>Cela ne signifie pas pour autant qu’elle mélangeait politique et religion. Son principe était précisément l’enseignement du Christ qui a dit : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." <ins>Elle a d’ailleurs reproché aux Églises leur immixtion dans la politique, arguant qu’elles devaient plutôt se préoccuper de la rédemption spirituelle plutôt que de réformes sociales</ins>. Le rôle de l’Église est de prêcher l’Évangile du Christ et d’apporter réconfort et conseil aux hommes et femmes dans les diverses épreuves de la vie.</p>
<p>En véritable laïque et chrétienne, elle a su appliquer le principe fondamental du christianisme, hélas historiquement si peu suivi par les Églises. Dans son discours à l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse en 1988, elle déclare :</p>
<blockquote><p>Je repense aux discussions de mon enfance lorsque nous étions tous d’accord que si on tente de prendre les fruits du christianisme sans ses racines, ceux-ci se flétriront.</p></blockquote>
<p><ins>Elle croyait que la force d’une personnalité provient de l’intérieur et qu’une religion doit toujours être enracinée dans l’intériorité spirituelle.</ins></p>
<p><ins>Son action politique se base sur la "parabole des talents", qui enseigne que la volonté de Dieu pour l’humanité est d’être économiquement efficace</ins>, le Christ s’attendant à plus de la part du plus compétent, mais aussi à la mobilisation de celui qui peut moins, le devoir de l’individu étant de tirer le meilleur parti de ce que Dieu lui donne.</p>
<p>Margaret Thatcher a aussi fait sien l’avertissement de St-Paul aux Thessaloniciens (3:10) que<em> "si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus</em>".</p>
<p><ins>Elle était convaincue que la création de la richesse n’était pas mauvaise en soi, tandis que l’amour de l’argent était mauvais</ins>. Un article intitulé "<em>César reparle</em>" paru dans "<em>The Economist</em>" la fustige en spécifiant que, pendant 20 siècles, les dirigeants mondiaux ont utilisé la Bible pour justifier la guerre, la torture, la chasse aux sorcières, le marxisme, les impôts et l’abstinence pour passer maintenant en faveur du gain d’argent. Thatcher a évoqué le bon Samaritain en disant que "<em>personne ne se souviendrait de lui s’il avait eu de bonnes intentions, mais la bourse vide</em>".</p>
<p>En complément à cette responsabilité personnelle dans l’économie de la société, <ins>Thatcher croyait dur comme fer que la création de richesses allait de pair avec le service envers les autres et envers Dieu à travers la philanthropie</ins> – l’amour du prochain – car, ajoute-t-elle, "<em>nous sommes tous membres les uns des autres</em>", reprenant ainsi la doctrine chrétienne de l’Eglise en tant que Corps du Christ. <ins>Dans la lutte contre la pauvreté, ce service à autrui est le devoir de l’individu et non de l’État dont l’intervention devrait rester minimale.</ins> Donner à l’instar du Christ, car pour Thatcher la crucifixion était "<em>l’acte suprême d’un choix</em>" puisque "<em>personne n’a ôté la vie de Jésus, il a choisi de la donner</em>".</p>
<p>On a beaucoup critiqué son manque de solidarité mais ce n’est pas lui rendre justice. <ins>Thatcher croyait en la justice sociale mais celle induite par la responsabilité personnelle et non déléguée à l’État</ins>. Citant de nouveau l’Évangile, elle rappelle que lorsque Jésus dit à ses disciples "<em>Vous avez toujours les pauvres avec vous</em>", elle précise qu’il s’agit d’un extrait de l’Ancien Testament (Deutéronome 15:11) : "<em>C’est pourquoi je te donne ce commandement : Tu ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et à l’indigent dans ton pays."</em></p>
<p><ins>Non, la dame de fer n’avait pas un cœur de fer</ins>. Puisqu’elle croyait que pour redonner du cœur à nos villes, nous devons redonner espoir à la population, que notre société a grandement besoin d’altruisme, elle était convaincue que l’enseignement chrétien avait sa place dans les programmes scolaires car <em>:</em></p>
<blockquote><p>Nous sommes une nation dont les idéaux sont fondés sur la Bible et il est tout à fait impossible de comprendre notre histoire ou la littérature sans saisir ce fait, et très concrètement il faut veiller à ce que les enfants en classe reçoivent une formation adéquate de la tradition judéo-chrétienne qui a forgé nos lois, nos mœurs et nos institutions. Comment pouvons-nous donner un sens à Shakespeare, sans une telle connaissance fondamentale ?</p></blockquote>
<p>Au moment où l’enseignement de la religion chrétienne est remis en cause en Belgique, il est bon de se rappeler que si les idées de Thatcher défendant l’engagement personnel, la liberté et l’altruisme – idées qui ont reformé le Royaume-Uni et l’Europe – sont si populaires dans le monde, c’est parce qu’elle a été instruite selon la tradition judéo-chrétienne.</p>
<p>La dame de fer était très ferme dans ses convictions sur Dieu et la morale. C’est pourquoi elle était intransigeante en suivant le principe du Christ "<em>que votre oui soit oui et que votre non soit non</em>". Pour elle, l’enseignement de la foi était la pierre angulaire et immuable dans la fondation d’un état libre. Nos politiciens seraient bien inspirés de suivre l’exemple de cette grande dame.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9GdXJmYXJpLVRoYXRjaGVyJmFtcDt1dG1fc291cmNlPWZlZWRseQ==" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
<p>Samuel Furfari est Maître de conférences à l’ULB, Président de l’Association des églises protestantes évangéliques de Belgique. L’auteur s’exprime à titre privé.</p>
</div>
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		<title>Totalitarisme et religion</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Apr 2013 05:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[athéisme]]></category>
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		<category><![CDATA[totalitarisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Les régimes totalitaires du XXe siècle sont nés dans des pays chrétiens. Les relations complexes et délicates qu'ils entretenaient avec l’Église sont au cœur de l'ouvrage d'Emilio Gentile.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les régimes totalitaires du XXe siècle sont nés dans des pays chrétiens. Les relations complexes et délicates qu'ils entretenaient avec l’Église sont au cœur de l'ouvrage d'Emilio Gentile.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-120417"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMDQxOA==" rel=\"attachment wp-att-120418\"><img class="alignleft  wp-image-120418" title="Gentile" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Gentile.gif?16fe88" alt="" width="198" height="314" /></a>Les relations entre les régimes totalitaires et le christianisme demeurent une des grandes questions du XXe siècle. Ces régimes sont nés dans des pays chrétiens, et fortement christianisés. Ils reprennent des éléments du discours ou de la forme chrétienne, et ils ont cherché à enrôler l’Église dans leur mouvement. Pour autant, ils sont fondamentalement antichrétiens et l’Église les a combattus, avec une force variable selon la période. Ce sont ces relations complexes et délicates qu’Emilio Gentile aborde dans son dernier ouvrage, <em>Pour ou contre César ? Les religions chrétiennes face aux totalitarismes</em>, publié en France aux éditions Aubier.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2pibm9lLmZyL1F1LWVzdC1jZS1xdWUtbGUtZmFzY2lzbWU=" rel=\"external\">J’ai déjà évoqué précédemment</a> le travail d’Emilio Gentile, spécialiste du fascisme et du mouvement des idées au début du XXe siècle. Son esprit et ses analyses sont toujours fortement percutants. Son livre est un vrai livre d’histoire, avec des références nombreuses et bien choisies, une structure de raisonnement qui analyse le sujet jusqu’au bout. Le thème abordé est essentiel pour comprendre la vie politique et sociale du dernier siècle. Il pose un certain nombre de problématiques cruciales. Comment s’accommoder d’un régime ouvertement liberticide, en essayant de sauvegarder ses acquis, sans provoquer de répression trop brutale, mais tout en le combattant. Comment combattre un régime qui a l’assentiment du peuple et l’usage exclusif de la violence et de la force. Est-il possible de trouver un point d’entente, une conciliation.</p>
<p>C’est cette question de la conciliation, avec le communisme, le fascisme ou le nazisme qui est la grande question. Ceux qui l’ont prônée se sont trompés, et les régimes totalitaires les ont ensuite violemment combattus. Mais étaient-ils vraiment possible de faire autrement ?</p>
<p>La relation entre les totalitarismes et le christianisme varie en fonction du régime et du pays. En URSS, les églises orthodoxes, après s’être opposées au communisme, l’ont soutenu. C’était pour elles la seule façon de survie ; les communistes ayant déjà largement déporté les prêtres et détruit les églises. En Allemagne ou en Italie, Hitler comme Mussolini ont dû mener un combat insidieux, en faisant croire à une possible conciliation, tout en programmant la destruction du christianisme. On trouvera dans ce livre des témoignages de personnes lucides, ou au contraire totalement trompées par ces régimes.</p>
<p>Ce livre apporte à mon sens deux idées essentielles, qui ne sont pas évidentes pour tous les historiens et qui sont même combattues par certains.</p>
<p>1/ Les trois régimes totalitaires ont une structure commune. Emilio Gentile les associe dans son livre, reprenant en cela l’analyse menée par Ernst Nolte dans <em>La Guerre civile européenne</em>. Lorsque l’historien allemand fit paraître ce maître ouvrage en 1989, cela lui valut une trombe de critiques, car il avait osé associer nazisme et communisme. Le parallèle était rejeté, même après la chute du mur de Berlin. Emilio Gentile reprend à son compte ce parallèle, qui est par ailleurs désormais évident, mais pour des raisons différentes de Nolte. Il étudie les totalitarismes ensemble, en marquant leur spécificité, mais en montrant aussi ce qu’ils ont de commun.</p>
<p>2/ Cette partie commune, c’est la religion. Les totalitarismes ne sont pas des régimes athées, ce sont des idéologies profondément religieuses. Ou plus exactement, leur athéisme est religieux, car l’athéisme lui-même est une religion. On connaît la célèbre formule de Léon XIII : « L’athéisme, c’est le culte de l’État ». Formulée dans les années 1880, elle illustre parfaitement la logique totalitaire.</p>
<p>Les totalitarismes empruntent fortement au christianisme. Leurs rites, leurs symboles, leur vision du monde, leur volonté de transformer l’homme, s’inscrivant en cela dans un messianisme apocalyptique, sont une forme dévoyée et détournée du christianisme.</p>
<p>Cet aspect éminemment religieux des régimes totalitaires me semble indispensable à comprendre si l’on veut avoir une intelligence un peu fine de ces idéologies. Je ne suis pas certain que la race ou la classe soit l’élément moteur du nazisme et du communisme. J’ai tendance à penser que ce ne sont que des prétextes secondaires à une religion de l’État qui, elle, est première. Le Führer ou le petit père des peuples passent avant la lutte contre l’ennemi désigné.</p>
<p>Dernier élément de l’ouvrage, sa lecture nous fait entrer dans un monde étouffant et angoissant. Nous sommes comme dans une pièce murée et sans porte. L’étude de ces régimes et de leur système de fonctionnement montre à quel point ils ont paralysé toute vie et empêché tout élément de liberté. Que l’Europe ait connu une telle période est proprement angoissant. Que nous en soyons sortis est miraculeux. Cela aide aussi à nous rendre compte que nous vivons aujourd’hui à une époque heureuse. Finalement, pourquoi ces régimes ont failli ? Parce que dans leur lutte religieuse engagée contre la religion chrétienne, c’est eux qui ont perdu. Le christianisme qu’ils ont voulu détruire est ce qui les a fait trébucher et mourir.</p>
<p><strong>• Emilio Gentile, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yNzAwNzA0MjU4P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Pour ou contre César ?</em></a>, Éditions Aubier, 2013, 481 pages.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9Ub3RhbGl0YXJpc21lLWV0LXJlbGlnaW9u">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Faire disparaître Pâques des vacances en Belgique ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/30/119983-faire-disparaitre-paques-des-vacances-en-belgique</link>
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		<pubDate>Sat, 30 Mar 2013 07:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Drieu Godefridi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets de société]]></category>
		<category><![CDATA[Pâques]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[vacances scolaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Marie Dominique Simonet, ministre de l'enseignement de la Fédération Wallonie Bruxelles voudrait supprimer toute référence à Pâques dans les vacances scolaires.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie Dominique Simonet, ministre de l'enseignement de la Fédération Wallonie Bruxelles voudrait supprimer toute référence à Pâques dans les vacances scolaires.</strong></p>
<p><strong>Par Drieu Godefridi, depuis la Belgique.</strong><span id="more-119983"></span></p>
<div id="attachment_119984" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAzL1Jlc3VycmVjdGlvbi1kZS1SYWZmYWVsaW5vX2RlbF9HYXJib18xNTEwLmpwZw=="><img class="size-medium wp-image-119984" title="Pâques : La Résurrection du Christ peinte par Raffaelino del Garbo en 1510" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Resurrection-de-Raffaelino_del_Garbo_1510-300x279.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="279" /></a><p class="wp-caption-text">La Résurrection du Christ peinte par Raffaelino del Garbo en 1510</p></div>
<p>C’est peu de dire que la volonté de la ministre Simonet de rebaptiser, sans débat, les vacances scolaires, ne fait pas l’unanimité. Certes, les appellations "Vacances de printemps" etc. avaient été suggérées dans un arrêté antérieur, mais ces vocables n’acquièrent aujourd’hui force de loi que par la volonté, et le décret, de la ministre Simonet. À l’heure où je rédige ces lignes, le mercredi 27 mars à 7 heures du matin, il y avait déjà 5 526 personnes qui recommandaient l’article "Noël et Pâques éjectés du calendrier scolaire" sur lalibre.be. L’article était assorti de près de 600 réactions, ce qui est exceptionnel pour un article de notre "<em>Libre</em>".</p>
<p>Ces 600 réactions, je les ai lues. Je n’ignore pas la réputation peu élogieuse que l’on fait régulièrement aux internautes, volontiers taxés de populistes, d’ignorants, voire de racistes et sectaires, mais nous vivons en démocratie et si des citoyens prennent la peine d’exprimer leur opinion, pourquoi ne pas les entendre ? Leur tonalité générale, de rejet, est sans ambiguïté.</p>
<p>Disons-le sans ambages, je partage leur sentiment d’incompréhension face à ce décret lexical. Toutefois, j’ai le sentiment qu’en accusant l’islam, comme le font de nombreux internautes, on se trompe d’adversaire. Cette réforme procède, me semble-t-il, des sources idéologiques suivantes : d’abord, l’hostilité séculaire de certains milieux laïques et maçonniques – on peut tout dire sur l’Église, mais on hésite à mentionner la loge – à l’égard du fait chrétien. De ce point de vue, qui était celui des révolutionnaires de 1789, il est insupportable de conserver la moindre référence à la tradition chrétienne et légitime de disqualifier les fêtes religieuses, les mois et les années, de reprogrammer le calendrier, etc. Cette ivresse idéologique de "la table rase", les révolutionnaires eux-mêmes finirent par y renoncer, car ils s’aperçurent qu’en se coupant du passé, ils se retranchaient de la communauté des peuples.</p>
<p>Il y a aussi la volonté de certains dirigeants de partis d’accommoder l’électorat musulman, que l’on présume humilié par ces références chrétiennes. Toutefois rien n’est moins sûr. Je connais de nombreux musulmans (et Juifs) d’Europe qui fêtent Noël et qui témoignent aux traditions chrétiennes une forme d’indifférence, voire une franche sympathie, qui tranche radicalement avec la haine bouillonnante des milieux laïques visés au point précédent. Quand des chrétiens manifestent, en France, contre le mariage homosexuel, ils le font aux côtés de musulmans. En telle sorte que les seuls musulmans que ces lois d’effacement "accommodent", en fin de compte, sont les extrémistes. Nouvelle manifestation de l’alliance objective, dans nos contrées, des phalanges gauchistes et islamistes.</p>
<p>Dernier facteur explicatif de ce geste autoritaire : l’atavisme de nombreux politiques wallons, surtout à gauche, qui se figurent qu’en copiant la France, ils s’inscrivent dans le sens du progrès. Les appellations du décret Simonet ne reprennent-elles pas, à l’identique, des appellations officielles de l’État français ? Avec une pointe d’originalité pittoresque pour le Carnaval, qui deviendrait en Communauté française "Congé de détente", ce qui en français s’appelle un pléonasme.</p>
<p>En singeant, on fait le singe. Personne ne réclamait cette réforme et tout indique que l’écrasante majorité de la population lui est hostile. Pourquoi ne pas en faire l’un des enjeux, certes mineur, des prochains débats démocratiques, plutôt que de tenter un passage en force à quelques mois des élections ? Madame la ministre, ne vous enfermez pas dans une logique autoritaire : retirez ce décret, qui ne répond à aucun besoin réel, sinon de satisfaire les pulsions idéologiques de groupes minoritaires, férocement hostiles aux racines de votre propre parti – qui sont celles de notre civilisation.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sYWxpYnJlLmJlL2RlYmF0cy9vcGluaW9ucy9hcnRpY2xlLzgwNjMwNy92YWNhbmNlcy1zY29sYWlyZXMtb3VibGlvbnMtY2UtZGVjcmV0Lmh0bWw=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
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		<item>
		<title>L&#039;Église catholique : de droite ou de gauche ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/23/119187-leglise-catholique-de-droite-ou-de-gauche</link>
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		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 06:40:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A. Barton Hinkle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[catholicisme]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>

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		<description><![CDATA[Une organisation religieuse qui cherche à influencer les politiques publiques peut-elle être vue comme opposant courageusement la vérité aux pouvoirs politiques ou imposant ses valeurs sur le reste d'entre nous ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une organisation religieuse comme l'Église catholique qui cherche à influencer les politiques publiques peut-elle être vue comme opposant courageusement la vérité aux pouvoirs politiques ou imposant ses valeurs sur le reste d'entre nous ?</strong></p>
<p><strong>Par A. Barton Hinkle, depuis les États-Unis.</strong><span id="more-119187"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3JlYXNvbi5jb20vYXJjaGl2ZXMvMjAxMi8wOC8yNy9jYXRob2xpYy1jaHVyY2gtcmlnaHQtd2luZy1wYXduLW9yLWxlZnQ=" target=\"_blank\">Reason</a>.</em></p>
<div id="attachment_119189" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAzL1NhaW50LVBpZXJyZS1kZS1Sb21tZS1Xb2xmZ2FuZ1N0dWNrLmpwZw=="><img class="size-medium wp-image-119189" title="Saint Pierre de Rome (Crédit : WolfgangStuck, Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Saint-Pierre-de-Romme-WolfgangStuck-300x225.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Saint Pierre de Rome</p></div>
<p>La question du jour : une organisation religieuse qui cherche à influencer les politiques publiques peut-elle être vue comme (a) opposant courageusement la vérité aux pouvoirs politiques ou (b) imposant ses valeurs sur le reste d'entre nous ?</p>
<p>Pour la plupart des gens, la réponse à cette question est : ça dépend. Imaginons que l'organisation religieuse en question est l'Église Catholique et Apostolique Romaine et que la politique publique compte forcer les institutions catholiques à payer pour les moyens de contraception de ses salariés ? Dans ce cas alors une Église qui s'oppose serait ou bien félicitée par les conservateurs (en général) pour son opposition de principe au nom de la liberté religieuse, ou bien dénoncée par les progressistes (en général) pour son comportement théocratique.</p>
<p>C'était la situation en 2012, quand le gouvernement Obama a dévoilé les premiers détails du projet de loi sur la contraception, et tout au long du débat qui s'en est suivi, et encore quelques mois plus tard quand l'administration a accepté un compromis.</p>
<p>Celui-ci (selon lequel les compagnies d'assurance devront en théorie payer elles-mêmes pour les mesures de contraception, et ainsi laisser les institutions chrétiennes en dehors de ça) ont davantage tenu du coup de pub que de la concession sincère, dans la mesure où la plupart des institutions de l'Église s'assurent elles-mêmes. Aussi plus de 40 diocèses, écoles et autres organes catholiques ont intenté un procès – conduisant beaucoup à répéter la plainte de Margaret Talbot, du <em>New York Times</em>. Ce procès, se lamentait-elle, "va intégrer l’Église dans le jeu de la politique partisane". Mon Dieu.</p>
<p>Bizarrement, peu ont semblé avoir de telles peurs quand le groupe des sœurs catholiques <em>the Nuns on the Bus </em>[littéralement "les Nonnes en Bus"] se sont lancées le printemps dernier dans un tour de 9 États américains pour dénoncer les propositions pour le budget émanant de Républicains, et notamment celles de Paul Ryan, décrétées mesquines et cruelles. Et personne ne s'est lamenté non plus quand elles ont proposé à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9taXR0LVJvbW5leQ==" target=\"_blank\">Mitt Romney</a> de passer un jour avec elles, afin qu'elles puissent lui montrer ses erreurs ; ou même quand un groupe d'évêques catholiques s'est proposé de critiquer Ryan pour les « failles morales » de son plan budgétaire.</p>
<p>En fait, quelques-uns des critiques de l’Église ont soudainement souhaité être ses meilleurs amis pour toujours. Prenons <em>ThinkProgress</em>, le site internet du <em>Center for American Progress</em> et de la gauche conventionnelle. Pendant le débat sur la contraception, <em>ThinkProgress</em> a brodé encore et encore sur l'idée que l’Église tentait "d'imposer ses valeurs sur ses concitoyens", comme le dit un billet du 13 avril. Et pourtant, en août, le même <em>ThinkProgress</em> avait découvert les vertus de la participation des religions en politiques : "Des nonnes envoient des lettres à Romney sur son "malheureux manque de connaissance" à propos des pauvres", pouvait-on y lire.</p>
<p>Cela est d'autant plus étrange quand vous observez de plus près ce que les groupes catholiques voulaient dans chaque cas. Les institutions catholiques qui ne voulaient pas payer pour la contraception de leurs salariés n'ont pas interdit à ceux-ci son utilisation. Et ils ne voulaient clairement pas empêcher leurs non-salariés de le faire tout autant. Ils ne comptaient pas changer ce projet de loi pour quiconque d'autre – et enfin, ils n'étaient certainement pas dans l'optique d'interdire à la pharmacie du coin la vente de mesures de contraception.</p>
<p>Par contraste, les <em>Nuns on the Bus</em> et les évêques qui se sont opposés aux plans budgétaires de Ryan désiraient que la force coercitive du gouvernement permette la réalisation de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSnVzdGljZV9kaXN0cmlidXRpdmU=" target=\"_blank\">justice sociale</a> qu'ils recommandent. Ils voulaient que les non-catholiques tout autant payent pour ce qui est leur interprétation de l’Évangile  En termes d'imposition des valeurs aux autres, ils vont donc beaucoup plus loin que dans le premier cas, où l’Église voulait juste qu'on la laisse tranquille.</p>
<p>William McGurn l'a vu certainement ainsi. Il y a quelques mois, l'éditorialiste conservateur pour le <em>Wall Street Journal</em> a déclaré que selon lui l’Église Catholique "représente probablement la seule institution dans le monde qui parle toujours le langage de la Déclaration Américaine des Droits et Devoirs de l'Homme". C'était durant le débat sur la contraception. Alors que des catholiques commençaient à attaquer Paul Ryan, McGurn chantait un autre refrain: "Aujourd'hui, se lamentait-il, "la poussée progressiste dans la vie du catholicisme américain a substitué une orthodoxie politique à celle religieuse."</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjMvMTE5MTg3LWxlZ2xpc2UtY2F0aG9saXF1ZS1kZS1kcm9pdGUtb3UtZGUtZ2F1Y2hlL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM2NjAtZWdsaXNl" rel=\"attachment wp-att-119218\"><img class="alignright  wp-image-119218" title="imgscan contrepoints 2013660 Eglise" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/imgscan-contrepoints-2013660-Eglise-965x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="318" /></a>Un tel double-langage est en fait du réchauffé. Dans les années 80, on trouvait partout des évêques catholiques pour dénoncer la politique économique de Reagan, pour appeler à un gel de l'armement nucléaire ou pour soutenir les pauvres et incompris communistes du Nicaragua, etc. En 1985, ces évêques condamnaient le taux de chômage de 7,1% comme "moralement inacceptable" et réclamaient publiquement que le Congrès rejette les fonds pour le développement des missiles nucléaires MX. Tout cela laissait nombre d'individus à droite dans une certaine rage. C'était un lieu commun dans les cercles conservateurs de considérer l'Église catholique comme un groupe d'idiots utiles exploités par le Kremlin. La gauche de son côté considérait l’Église comme un fier et clair modèle de compassion dans un monde devenu fou. C'était la même chose, il y a un encore an, quand l'Église catholique défendait les droits des immigrants illégaux (par là gagnant l'opprobre de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvV2lsbGlhbV9GLl9CdWNrbGV5" target=\"_blank\">William F. Buckley</a>) et exprimait des réserves sur les pactes de libre-échange.</p>
<p>La position catholique sur la peine de mort irrite la Droite. La position catholique sur l'avortement irrite la Gauche. Ceux engagés en politique sont tour à tout enragés ou ravis par l’Église. Et pourtant l’Église, qui raisonne de ses principes à des conclusions politiques et non pas dans le sens inverse, ne semble jamais tenir compte des prédispositions partisanes de ses positions.</p>
<p>---<br />
Article original titré <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3JlYXNvbi5jb20vYXJjaGl2ZXMvMjAxMi8wOC8yNy9jYXRob2xpYy1jaHVyY2gtcmlnaHQtd2luZy1wYXduLW9yLWxlZnQ=">"Catholic Church: Right-Wing Pawn or Left-Wing Front Group?"</a> publié le 27.08.2012 par reason.com - Traduction : YB pour  <em>Contrepoints</em>.</p>
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		<title>Baby Loup lève le voile sur un droit de propriété restreint</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Mar 2013 06:20:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Créteur</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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		<description><![CDATA[Le licenciement d'une salariée d'une crèche privée pour port d'un signe religieux ostentatoire a été annulé par la Cour de cassation de Paris. Une décision qui révèle certains travers du droit français auxquels le libéralisme apporte une réponse claire et légitime. Par Baptiste Créteur. En 2008, Fatima Afif a été licenciée d'une crèche privée parisienne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le licenciement d'une salariée d'une crèche privée pour port d'un signe religieux ostentatoire a été annulé par la Cour de cassation de Paris. Une décision qui révèle certains travers du droit français auxquels le libéralisme apporte une réponse claire et légitime.</strong></p>
<p><strong>Par Baptiste Créteur.</strong><span id="more-118811"></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjAvMTE4ODExLWJhYnktbG91cC1sZXZlLWxlLXZvaWxlLXN1ci11bi1kcm9pdC1kZS1wcm9wcmlldGUtcmVzdHJlaW50L2JhYnktbG91cA==" rel=\"attachment wp-att-118891\"><img class="aligncenter  wp-image-118891" title="baby-loup" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/baby-loup.jpg?16fe88" alt="" width="434" height="245" /></a></p>
<p>En 2008, Fatima Afif a été licenciée d'une crèche privée parisienne parce qu'elle portait le voile dans un établissement dont le règlement interdit le port de signes religieux ostentatoires. La cour d'appel de Versailles avait confirmé son licenciement, mais <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9mbGFzaC1lY28vMjAxMy8wMy8xOS85NzAwMi0yMDEzMDMxOUZJTFdXVzAwNDYwLWJhYnktbG91cC1sYS1qdXN0aWNlLXNvdXRpZW4tbGEtc2FsYXJpZWUucGhw">son jugement a été annulé par la cour de cassation</a>.</p>
<blockquote><p>Dans son arrêt, la cour d'appel avait estimé que le principe de laïcité, en vigueur dans le service public scolaire, pouvait s'appliquer à la crèche Baby Loup, dont le règlement intérieur impose la neutralité religieuse, et confirmé son licenciement, en 2008, pour faute grave. La Cour de cassation a au contraire estimé que le principe de laïcité n'était pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public, et a condamné l'association Baby Loup à payer 2.500 euros à Fatima Afif.</p></blockquote>
<p>Tout d'abord, cette décision révèle que le privé ne peut être considéré comme un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvU2VydmljZV9wdWJsaWM=">service public</a>. En clair, même s'il remplit la même mission que le public, le privé n'aura jamais le même statut ; ce n'est donc pas la fonction qui détermine le statut, mais la nature de l'organe. Outre ce frein majeur à la désirable privatisation des services publics, la décision révèle une tendance plus grave du droit français.</p>
<blockquote><p>"Les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnées au but recherché", écrit la chambre sociale de la Cour de cassation dans un communiqué. "Tel n'est pas le cas de la clause générale de laïcité et de neutralité figurant dans le règlement intérieur de l'association Baby Loup applicable à tous les emplois de l'entreprise. Une telle clause étant invalide, le licenciement de la salariée pour faute grave aux motifs qu'elle contrevenait aux dispositions de cette clause du règlement intérieur constitue une discrimination en raison des convictions religieuses et doit être déclaré nul", ajoute-t-elle.</p></blockquote>
<p>Il est donc impossible, pour une entreprise privée, de décider que ses salariés sont tenus de n'arborer aucun signe religieux visible. La liberté religieuse est, à cet égard, considérée comme prioritaire sur un droit pourtant fondamental : la propriété privée.</p>
<p>Comprenons-nous bien ; les libéraux ont toujours défendu et défendront toujours la liberté de culte, d'opinion et d'expression, mais cela ne signifie pas qu'ils souhaitent que soit assurée à chacun la possibilité de les exercer – et surtout pas aux dépens des autres ou au mépris d'autres droits individuels. Que chacun jouisse de sa <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTGliZXJ0JUMzJUE5X2QlMjdleHByZXNzaW9u">liberté d'expression</a> ne signifie qu'il peut en jouir partout ou qu'il faille contraindre d'autres individus à diffuser ses propos – par exemple, qu'il faille contraindre un journal à publier l'ensemble du courrier que lui adressent ses lecteurs. L'interdiction du port d'un symbole religieux n'est pas une restriction à la liberté religieuse, mais une restriction à son exercice.</p>
<p>En l'occurrence, l'association Baby Loup, si elle le souhaite, devrait pouvoir inclure, dans les contrats qu'elle passe avec ses salariés et auxquels ils consentent librement, l'interdiction d'arborer un symbole <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUmVsaWdpb24=">d'une religion</a> quelconque, comme elle devrait pouvoir interdire à ses salariés de venir déguisés en grenouille ou de fumer dans les locaux, sans avoir à se justifier. Chacun aura son avis sur la moralité des interdictions qu'elle impose ; mais ce qui est immoral ne doit pas pour autant être interdit.</p>
<p>Si une entreprise décidait d'intégrer à son règlement intérieur des clauses nuisibles à son activité, elle en paierait les frais – de la même façon que si elle n'interdisait pas des pratiques nuisibles. De la même façon que des parents pourront s'insurger contre ce qu'ils perçoivent être une atteinte à la liberté religieuse et décider de confier leurs enfants à un autre établissement, ils pourraient les confier à un autre établissement si la crèche n'interdit pas de fumer dans les locaux accueillant les enfants.</p>
<p>La volonté de la justice française de légiférer sur ce qu'on peut et ne peut pas faire de sa propriété et dans les contrats qu'on passe avec autrui pose également un problème dans la relation, dans le cas présent, entre la crèche et ses clients. Dans le cas d'une crèche destinée exclusivement à des enfants d'une confession donnée, dont les parents souhaiteraient que l'ensemble du personnel soit de la même confession pour s'assurer que leurs enfants évoluent dans un environnement cohérent avec leurs rites, la liberté religieuse pourrait interférer avec la volonté des parents – qui supposerait, de la part de la crèche, <a href="www.contrepoints.org/2013/02/20/115428-la-lutte-pour-la-discrimination-ou-la-liberte-oubliee">une forme de "discrimination"</a>.</p>
<p>Au motif de lutter contre les discriminations, c'est en réalité contre la pleine jouissance de la propriété privée que s'exprime la cour de cassation, entretenant et renforçant la confusion de plus en plus répandue en France entre "droit de" et "droit à".</p>
<p>----</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDgvMjQvOTQ3MzMtNy1yYWlzb25zLXBvdXItbGVzLW11c3VsbWFucy1kZS12b3Rlci1saWJlcnRhcmllbg==">7 raisons pour les musulmans de voter libertarien</a></p>
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		<title>Les défis du pontificat du pape François</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 06:40:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
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		<description><![CDATA[À bien des égards, le nouveau pape aborde une situation sereine et calme. Mais de nombreux défis se présentent à lui.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À bien des égards, le nouveau pape aborde une situation sereine et calme. Mais de nombreux défis se présentent à lui.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-118726"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExODcyNw==" rel=\"attachment wp-att-118727\"><img class="aligncenter  wp-image-118727" title="pape_francois_vatican" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/pape_francois_vatican.jpg?16fe88" alt="" width="480" height="378" /></a></p>
<p>Élu et intronisé, le pape François aura plusieurs défis à relever qui seront les axes structurants de son pontificat, sauf si des événements imprévus majeurs viennent bouleverser l’ordre du monde. En jetant un regard rétrospectif sur les deux derniers siècles, on constate que la situation de l’Église n’a jamais été aussi calme. Ce conclave s’est tenu dans une atmosphère de paix relative et de forte stabilité. Le fait que le pape ait été élu rapidement, en cinq tours de scrutin, témoigne d’une cohésion forte du collège cardinalice.</p>
<p>En 1978, pour les deux papes, il fallait régler la question houleuse des suites du concile. En 1958 et 1963, l’Église était aux prises avec le communisme et les grands enjeux mondiaux issus de la Deuxième Guerre mondiale. En 1914 et 1939, c’est la paix qui était menacée, et qui de fait fut détruite. En 1922, c’était le temps de la montée des totalitarismes, communisme et fascisme, avant le nazisme, onze ans plus tard. En 1903 et 1878, le Vatican n’existait plus, et les États européens, République française et empire bismarckien en tête, s’étaient décidés à éradiquer et la foi et l’Église. Au début du XIXe siècle, le pape était confronté à la Révolution française puis à l’empire, à la déportation et à l’emprisonnement, ou à l’exil face aux nombreux mouvements révolutionnaires qui secouaient la péninsule italienne. En 2013, le Vatican est un État indépendant et reconnu sur la scène mondiale. L’Italie n’est plus en ébullition anticléricale, ni même la France ou l’Allemagne. L’Europe n’est plus coupée en deux par un rideau de fer, et l’idéologie communiste ne menace plus la paix du monde. Quant aux tourments post conciliaires, ils semblent désormais lointains, même les commentateurs les plus schématiques n’osent plus parler de cardinaux progressistes et conservateurs.</p>
<p>À bien des égards, le nouveau pape aborde une situation sereine et calme. Voilà même que pour lui faciliter la tâche une jeunesse européenne connaît un renouveau spirituel sans ampleur dans le passé, comme en ont témoigné les JMJ de 2011 et les manifestations françaises de début 2013. La situation est peut-être trop calme, trop tranquille. Heureusement pour le pape François de nombreux défis se présentent à lui. Heureusement, car l’Église a toujours connu des temps troubles et agités, des tempêtes plus ou moins fortes. Même à l’époque du blanc manteau d’églises, chantée par le moine Raoul Glaber au XIe siècle, l’époque était loin d’être profondément chrétienne, le paganisme antique subsistait largement dans les campagnes. Quant au nom du nouveau pape, François, il rappelle les temps troublés d’hérésies et de corruptions qui virent l’appel lancé à François d’Assise pour reconstruire l’Église, où celui entendu par François Xavier pour œuvrer dans la réforme catholique et contrer le protestantisme.</p>
<p><strong>Réfuter le prisme déformant du passé</strong></p>
<p>En matière historique, et surtout dans l’histoire du christianisme, on a souvent tendance à considérer que les temps passés étaient beaucoup plus verts, selon la belle formule de Jean Fourastié, il est vrai appliquée à l’économie. Le prisme déformant du passé fait apercevoir les temps anciens comme étant christianisés, parce que l’on se limite à quelques représentations artistiques, ou à quelques présences architecturales. C’est, pour reprendre un concept forgé par François Thual dans le domaine de la géopolitique, ce que l’on appelle une uchronie, c’est-à-dire un temps qui n’existe pas, comme il existe des utopies, c’est-à-dire des lieux non réels. C’est oublier aussi que le Moyen Âge fut ponctué d’hérésies, notamment l’arianisme, à l’époque de Clovis, ou le manichéisme, à celle de Saint Louis, qui furent très virulentes et ont failli plusieurs fois emporter la barque de l’Église. Le Grand schisme d’Occident, qui a coupé l’Église en deux et en trois au XIVe-XVe siècle, les réformes protestantes, les crises modernistes et positivistes des XVIIIe et XIXe siècles, sont des événements beaucoup plus violents et dangereux que les défis actuels de l’Église. Mais la fonction mémorielle a tendance à effacer les points douloureux du passé, à exagérer les difficultés du présent, mises en regard de temps anciens que l’on pare de nombreuses vertus, développant ainsi un mythe de l’âge d’or qui n’a jamais existé. C’est justement cela que l’on nomme uchronie.</p>
<p><strong>Le superstitieux et le religieux</strong></p>
<p>Mais on ne peut pas non plus nier que l’Occident actuel est marqué par un retrait profond de la question spirituelle. Comme l’a fait remarquer Mgr Ravasi, nous sommes passés, en un siècle, d’une époque d’opposition à Dieu à une époque d’indifférence. Au moins les anticléricaux du XIXe connaissaient-ils la Bible et le catéchisme, surtout quand ils avaient été séminaristes, comme Fouché ou Émile Combe. Aujourd’hui la question de Dieu n’intéresse plus. L’homme européen ne se pose pas la question de la vérité ou du salut, ce qui avait hanté la vie de Martin Luther. L’indifférence face aux questions spirituelles dans un Occident qui a été si riche de traditions mystiques est le premier, et sûrement principal défi que doit relever François. Jean-Paul II déjà, puis Benoît XVI, se sont confrontés à la dictature du relativisme, cette indifférence face à ce qui est vrai et juste, cet individualisme forcené et cette réclusion dans le bien-être, apanage des sociétés démocratiques qu’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWxleGlzX2RlX1RvY3F1ZXZpbGxl">Alexis de Tocqueville</a> a brillamment analysées dans son maître ouvrage. Mettre plus de foi en Europe. Faire renouer le continent avec sa tradition historique et culturelle, lui faire quitter ses vêtements de deuil qui le font plus ressembler aux Érinyes mortifères qu’aux Euménides apaisées.</p>
<p>Le mouvement séculaire des idées est mu par le concept du conformisme de masse. Seules de faibles minorités vont à l’encontre de ce conformisme, comme les bolchéviques en 1917, dont les quelques milliers ont transformé la Russie, ou bien les chrétiens, appelés à être, selon les mots de Benoît XVI, reprenant en cela l’idée d’Arnold Toynbee, des minorités créatrices. Ce sont les minorités qui sont le véritable moteur d’une société, même dans une société démocratique qui vénère la majorité. Ce qui a changé en deux siècles, ce n’est pas que le christianisme ait reflué, mais que le conformisme se soit transformé. Jusqu’au XIXe siècle, le conformisme de masse consistait à être chrétien. Par conformisme social ou par conviction, on participait aux rites religieux, aux célébrations, à la vie sacramentelle, notamment le mariage à l’Église et la messe le dimanche. Ces hommes étaient-ils vraiment chrétiens ? Cela est difficile à juger, car nul historien ne peut entrer dans les consciences, mais force est de constater que ce christianisme avait quelque chose de davantage superstitieux que religieux. Quand <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHV0aGVy">Luther</a> attaque le culte des reliques, toutes ses critiques ne sont pas infondées, tant la passion pour des restes humains avait quelque chose d’idolâtre. Quand <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVm9sdGFpcmU=">Voltaire</a> se moque de la superstition du peuple, il n’est pas non plus complètement dans le faux, tant les comportements sont parfois irrationnels. La dévotion aux statues de saints relève souvent de la pensée magique. Les prières de base, comme le credo et le Notre Père, sont très mal connues, la violence est épisodique et récurrente, engendrant pogroms et cas avérés et répétés d’anthropophagie, jusqu’au milieu du XIXe siècle. À cet égard, l’enquête menée en Auvergne par Valentin Esprit Fléchier (1632-1710), évêque de Nîmes et prédicateur adoré de la Cour, est éloquente quant à la pratique superstitieuse des populations. Même en plein Grand Siècle on se rend compte que les campagnes, et pas seulement elles, sont fortement marquées par la superstition et l’idolâtrie. Quant à la ville, si Pascal a cru bon de rédiger un discours réfutant l’athéisme, ses fameuses <em>Pensées</em>, c’est qu’il devait bien y avoir quelques athées nécessaires à réfuter.</p>
<p>Cette superstition a disparu au cours du XIXe siècle, sous l’effet conjugué du positivisme et du scientisme, ainsi que de la purification de la foi menée par l’Église. Privés de toute dimension spirituelle, ces hommes sont passés, en quelques générations, de pratiques religieuses superstitieuses à des pratiques religieuses matérialistes. Ce que l’on nomme déchristianisation est en réalité un reflux de la superstition. Le conformisme de masse s’est transformé : la norme n’étant plus d’aller à l’église, mais de ne pas y aller, la majorité de la population a fini par ne plus s’y rendre ; mais le degré de culture religieuse de cette majorité n’est guère différent aujourd’hui de ce qu’elle était hier. C’est sur ce conformisme de masse qu’il faut agir si les chrétiens veulent pouvoir évangéliser et christianiser l’Europe.</p>
<p><strong>Ici plus de foi, là plus de raison</strong></p>
<p>En dehors de l’Occident, les défis du pape sont exactement l’inverse : il faut mettre de la raison dans une foi qui en semble coupée. Cette nécessaire corrélation entre la foi et la raison était le cœur du message de Benoît XVI lors de ses voyages en Afrique. L’Amérique latine est à cet égard touchée par un accroissement de l’évangélisme qui retire bon nombre de personnes des paroisses catholiques. Mais derrière ce mouvement évangéliste se cache en fait un syncrétisme religieux qui permet aux fidèles d’associer plusieurs cultes, voire plusieurs dieux. À Salvador de Bahia, au Brésil, certaines églises catholiques sont aujourd’hui le lieu de cultes mêlant les divinités vaudou au Christ. Il y a visiblement dans ces pays un problème avec l’acculturation : les cultures locales et ancestrales percent sous le vernis chrétien. Ce n’est pas nouveau, c’est un défi constant de ces pays non européens où la foi est arrivée récemment chez des peuples déjà culturellement constitués.</p>
<p><strong>Les relations avec l’islam</strong></p>
<p>Depuis la révolution islamiste de 1979, l’islam semble être redevenu la question majeure de l’Europe. Dans bien des commentaires, la question musulmane est abordée comme si elle était nouvelle. C’est oublier que l’Europe chrétienne est en contact avec le monde musulman depuis le VIIIe siècle, et que l’islam s’est installé, pendant de longs siècles, en Espagne et dans les Balkans. C’est le contact et les frictions avec l’islam qui ont d’ailleurs créé l’Europe. En envahissant l’Afrique et l’Asie, c’est-à-dire le Maghreb et le Proche-Orient actuels, les musulmans ont rompu l’unité méditerranéenne qui était de mise depuis l’invasion de l’Orient et de la Grèce par les Romains. C’est sous leur coup de boutoir que la Chrétienté s’est réduite à l’Europe, et qu’elle s’est étendue vers l’Est et le Nord, en des terres, où l’opposant était moins vigoureux que le guerrier musulman. Chaque culture et chaque civilisation se forment aussi par opposition à une autre, et pour l’Europe cet autre c’est l’islam. Ce sont dans les batailles de Poitiers, de Las Navas de Tolosa, du Champ des Merles, de Lépante et de Vienne que la conscience européenne s’est construite. Le phénomène musulman n’est donc pas nouveau, de même que la question de la possible conversion des musulmans au christianisme. Mais force est de reconnaître qu’au cours du dernier millénaire cette conversion ne s’est jamais faite.</p>
<p>Tantôt perçu comme une menace, tantôt comme un vaste continent à évangéliser, le monde musulman pose un problème à l’Église qui ne sait pas trop ni comment lui parler ni comment le situer. Le discours de Ratisbonne avait avancé quelques pistes, Benoît XVI insistant là aussi sur le rôle majeur de la raison et de la paix dans la pratique religieuse. La pluralité majeure de l’islam, sa grande diversité, son aspect exotique et hors cadre occidental déroute, si bien qu’il est difficile à la fois de savoir comment parler aux musulmans et quelle attitude adopter.</p>
<p><strong>L’Orient, toujours</strong></p>
<p>Enfin, dernier défi, majeur lui aussi, est celui posé par les chrétiens d’Orient. Ces chrétiens sont la preuve que l’Église ne se résume pas à des chiffres statistiques de fidèles, à des parts de marché prises ici et là, mais qu’elle est d’abord spirituelle. Dans sa vision géopolitique, le Vatican ne peut abandonner l’Orient, qui va de l’Égypte à Constantinople, car c’est le lieu de la naissance du Christ et de la formation doctrinale et théologique du christianisme. Des villes comme Antioche, Damas, Jérusalem, Nicée, résonneront toujours dans le cœur des chrétiens. Si l’idée de croisade, c’est-à-dire de pèlerinage en arme, est passée de mode, l’idée du pèlerinage spirituel est plus que jamais d’actualité. L’Église ne peut pas abandonner l’Orient, car c’est là son berceau et son lieu mythique, ce qui va bien au-delà d’une utopie. Parmi les quatre cardinaux-évêques électeurs du conclave de 2013, deux venaient d’Orient. Les cartes du monde qui présentent le poids démographique des catholiques à travers les continents et leur évolution sur un siècle se trompent d’analyse. La géopolitique du Vatican ne se fonde ni sur les chiffres ni sur les nombres, mais sur les lieux spirituels, les collines inspirées pourraient-on dire, et sur les lieux physiques. Un territoire où a marché le Christ, Paul ou Pierre, voudra toujours davantage qu’un pays de nouvelle évangélisation, même si les chrétiens sont une poignée dans le premier et des milliers dans le deuxième. C’est pour cela que le rêve d’unité avec Byzance, qui est désormais à Moscou, sera toujours plus fort que les rêves d’évangélisation des sources du Nil ou du Gange, et cela quelle que soit la nationalité du pape. La géopolitique du Vatican repose sur des ressorts différents de celle des autres États, parce que son objectif n’est pas la conquête de territoires ou la possession de parts de marché pour ses entreprises, mais la conversion spirituelle de ses hommes et l’unité de son troupeau. Cette dimension spirituelle échappant bien sûr à toutes considérations simplement politique.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZXMtZGVmaXMtZHUtcG9udGlmaWNhdC1kdS1wYXBl">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Considérations sur le nouveau Pape</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 13:02:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Frédéric Mas</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>
		<category><![CDATA[Pape François]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le communiquant Jean-Paul II et l’intellectuel Benoît XVI, voilà avec François l’humilité de la piété.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après le communiquant Jean-Paul II et l’intellectuel Benoît XVI, voilà avec François l’humilité de la piété.</strong><br />
<span id="more-118286"></span><br />
<strong>Par Frédéric Mas.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTQvMTE4Mjg2LWNvbnNpZGVyYXRpb25zLXN1ci1sZS1ub3V2ZWF1LXBhcGUvcGFwZS1mcmFuY29pcw==" rel=\"attachment wp-att-118287\"><img class="aligncenter size-full wp-image-118287" title="Pape François" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Pape-François.jpg?16fe88" alt="" width="480" height="270" /></a></p>
<p>Les cardinaux ont élu hier le nouvel évêque de Rome et désigné le chef visible de l’Église catholique romaine en la personne de Jorge Mario Bergoglio, un argentin d’origine italienne. La nouvelle a étonné plus d’un commentateur, car si certains espéraient secrètement l’élection d’un pape sud-américain au regard du poids des fidèles sur le sous-continent, tout semblait se jouer entre européens et nord-américains.</p>
<p>Une nouvelle fois, l’emballement médiatique, plutôt que d’offrir une pédagogie sur le fonctionnement de l’Église, a globalement obscurci les problèmes et masqué les enjeux. Avec prudence, il est possible de formuler plusieurs remarques sur cet évènement dont les incidences sociales et politiques dépassent largement la vie spirituelle des chrétiens qui reconnaissent le Pape comme le successeur de Pierre.</p>
<p><strong>Piété et modestie</strong></p>
<p>Premièrement, la personnalité du nouveau pape diffère assez sensiblement de ses deux prédécesseurs. Là où Jean-Paul II privilégiait la rencontre directe avec les fidèles, l’enthousiasme spontané et incarnait la résistance spirituelle contre le matérialisme athée du régime soviétique, Benoît XVI a préféré l’étude, la réforme prudente du Vatican et les questions liturgiques. Après le communiquant, après l’intellectuel, voilà avec François l’humilité de la piété.</p>
<p>En effet, les journalistes ont largement commenté la modestie et la simplicité de ses mœurs, et son élection n’a pas été suivie de longs discours, mais seulement de courtes prières. Le choix du nom « François » pour succéder à Benoît peut lui-même être interprété comme une indication de son état d’esprit, qui l’a longtemps tenu éloigné de la curie romaine. Saint François d’Assise, qui a créé l’ordre franciscain au XIIIe siècle, met au centre de la vie du chrétien la prière et l’esprit de pauvreté, les vertus morales et théologales plus que celles proprement intellectuelles.</p>
<p><strong>Face à la crise de l’Église</strong></p>
<p>Deuxièmement, l’une des raisons invoquées par Benoît XVI pour abandonner sa charge porte sur sa faiblesse face aux diverses crises qui traversent l’Église en ce début de XXIe siècle. Les cardinaux ont peut être jugé que le profil de ce nouveau pape correspondait plus aux enjeux contemporains, que ce soit pour répondre aux scandales financiers, aux problèmes d’organisation hiérarchique ou du dialogue inter-religieux.</p>
<p>L’ampleur de la tâche nécessite une énergie et une volonté que semble détenir ce jésuite de 76 ans. L’un de ses hauts faits d’armes au cours des années 1970 fut de tenir tête à ceux qui voulaient transformer la Compagnie de Jésus en annexe moscoutaire. Face aux idéologues marxistes qui cherchaient à transformer l'institution au nom de la théologie de la libération, l'archevêque de Buenos Aires se fit ennemi de la politisation forcée. La remarquable intelligence du prélat qui s’est révélée au sein de l’Église au début des années 2000 au moment de sa nomination en tant que cardinal, a pu séduire ses pairs au moment du conclave autant que sa volonté.</p>
<p><strong>Un pape anti-capitaliste ?</strong></p>
<p>Troisièmement, François n’a pas encore donné sa première messe qu’il est déjà critiqué, à tort ou à raison, pour ses engagements politiques et syndicaux passés. Certains l’ont trouvé trop complaisant avec la dictature et pas assez avec la théologie de la libération, d’autres observent que sa préférence pour les pauvres n’est pas exempte de teinture socialiste et d’hostilité à un capitalisme débridé plus ou moins imaginaire. S’il s’est déjà expliqué à plusieurs reprises sur sa relation en tant que jésuite avec la dictature argentine, ses propos sur l’économie tendent à confirmer que l’Église en tant qu’institution humaine ne semble pas faire d’effort particulier pour corriger sa relative inculture économique.</p>
<p>L’Église aux yeux des catholiques n’est pas qu’une institution humaine, et sa finalité dépasse la justice des hommes, ce qui la rend parfois un peu légère quand elle s’occupe de leur organisation économique. Là où Benoît XVI a critiqué les errances morales du capitalisme, François en tant qu’archevêque s’est élevé à plusieurs reprises en faveur de la « justice sociale » et contre le « néolibéralisme ».</p>
<p>La prudence demeure de mise, car si l’adresse est de facture morale, et demande avant tout aux chrétiens de s’amender dans un esprit de pauvreté, elle ne débouche pas nécessairement sur un appel aux réformes politiques et institutionnelles en faveur de plus de socialisme. Il nous faut remarquer par exemple qu’une partie des critiques formulées par le Pape s’adresse au capitalisme de connivence, qu’il ne distingue pas réellement du « néolibéralisme » ou du « capitalisme ».</p>
<p>En d’autres termes, les libéraux catholiques auront la charge de conseiller et d’expliquer à leur pasteur qu’il ne faut sans doute pas beaucoup attendre de la justice des hommes contradistinguée de leur politique. La première se contente de régler leur conduite sur le pivot de la propriété, la seconde lui préfère la force et l’expropriation au nom des idoles du moment. Le lecteur critique pourra estimer que cette dernière défense raisonnée du nouveau pape relève de la casuistique. Nous répondrons que l’auteur de ces lignes a sans doute déjà cédé aux charmes de son jésuitisme, qui fait de lui le premier « pape noir » tant attendu de nos faiseurs d’opinion nationaux.</p>
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		<title>« Musulman modéré » n’est pas un oxymore</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Mar 2013 06:27:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Steve Chapman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Nation et immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Les islamophobes croient qu’un pays libre avec une population musulmane est une contradiction dans les termes. Ils se trompent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les islamophobes croient qu’un pays libre avec une population musulmane est une contradiction dans les termes. Ils se trompent.</strong><br />
<span id="more-118180"></span><br />
<strong>Par Steve Chapman, depuis les États-Unis.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTQvMTE4MTgwLW11c3VsbWFuLW1vZGVyZS1uZXN0LXBhcy11bi1veHltb3JlL2EtbWFuLXByYXlzLXF1aXhvdGljNTQtcGhvdG8tbw==" rel=\"attachment wp-att-118183\"><img class="alignleft size-full wp-image-118183" title="a-man-prays-quixotic54-photo-o" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/a-man-prays-quixotic54-photo-o.jpg?16fe88" alt="" width="295" height="192" /></a>Lars Hedegaard est un journaliste danois qui s’est fait connaitre en dénonçant l’Islam, qu’il qualifie de « système de pensée totalitaire » dont les adhérents « violent leurs propres enfants ». Le mois dernier, devant sa porte, quelqu’un lui a tiré dessus au pistolet et l’a raté.</p>
<p>Un comportement typique de ces fanatiques, n’est-ce-pas ? Pourtant, les réactions des musulmans danois à ces év<strong>é</strong>nements se sont révélées remarquablement peu fanatiques. Loin d’applaudir, ils ont réprouvé l’assaillant sans lui chercher d’excuses et ont réaffirmé le droit absolu pour Hedegaard de prêcher publiquement ses délires.</p>
<p>Certains d’entre eux se sont regroupés à Copenhague pour dénoncer la violence. Un danois originaire d’Afghanistan a déclaré au <em>New York Times</em> : « Nous ne défendons pas les opinions de Hedeegard, mais son droit à les exprimer ».</p>
<p>Voyons aussi ce qui s’est passé l’an dernier quand un groupe d’extrême droite a défilé devant la mosquée de Berlin en brandissant des caricatures de Mahomet, un interdit de l’Islam. Il y a eu un attentat à la bombe qu’on a mis sur le dos des musulmans… au Soudan. En Allemagne, par contre, les imams ont demandé aux fidèles d’ignorer les provocations, ce qu’ils ont fait.</p>
<p>Ces exemples illustrent que les musulmans européens (et américains) pourraient être moins enragés que leurs critiques les plus bruyants se plaisent à les imaginer. Souvenez-vous du tumulte en 2006 quand un journal danois a publié des images représentant Mahomet. Il y a eu des émeutes au Moyen Orient et en Afrique, pas en Europe. Lorsque ces images ont été republiées en Allemagne, les musulmans locaux ont répondu avec une modération frappante.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’exceptions mais de la règle. Le terrorisme islamiste, censé exploser après le 11 septembre, est juste un poil plus rare sur le vieux continent que les kangourous. En 2010 ont été rapportés 249 attaques ou plans d’attaques terroristes en Europe, dont seulement 3 impliquaient des musulmans. En 2011, il y en avait 174 dont aucun en rapport avec l’Islam.</p>
<p>Même histoire de l’autre côté de l’Atlantique. Selon un rapport récent du Triangle Center on Terrorism and Homeland Security réunissant la Duke University, l’University of North Carolina-Chapel Hill et RTI International : « Pour la seconde année consécutive, aucun décès et aucune blessure n’ont été causés par le terrorisme musulman américain. » On note en tout 33 victimes des terroristes musulmans aux États-Unis depuis le 11 septembre, contre plus de 200 pour les militants d’extrême-droite.</p>
<p>Bien sûr, un groupe peut être très intolérant sans pour autant pratiquer ouvertement des massacres. Daniel Pipes, directeur du <em>Middle East Forum</em>, affirme : « Un grand nombre de musulmans, ceux qui vivent en Europe et en Amérique comme les autres, ont une hostilité intense envers l’Occident ». On peut arriver à une telle conclusion à condition de ne prêter aucune attention à ce que disent les musulmans ordinaires. La plupart ressemblent autant au portrait brossé par Pipe qu’à Dolly Parton [<a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Eb2xseV9QYXJ0b24=" rel=\"nofollow external\">chanteuse de country américaine</a>, NdT].</p>
<p>Les immigrés musulmans en France disent qu’ils ont plus en commun avec les Français qu’avec leurs coreligionnaires dans leur pays d’origine. Les musulmans américains sont plus susceptibles que leurs voisins d’être satisfaits par l’état du pays et leur vie personnelle. « Les musulmans sont visiblement les moins désabusés et les plus heureux des occidentaux », conclue le journaliste Doug Saunders dans son livre de 2012 <em>The myth of the Muslim Tide</em>.</p>
<p>Une « hostilité intense » entraînerait logiquement un soutien au terrorisme. Mais, de même que l’hostilité, cette sympathie est difficile à dénicher. Seul 1% des musulmans allemands pensent que « les attaques sur les civils sont moralement justifiées ». En France, c’est pareil. Environ 8% des musulmans américains approuvent ce genre d’attaques dans certains cas, ce qui semble beaucoup jusqu’à ce qu’on se rappelle que 24% des américains dans leur ensemble affirment qu’elles sont « souvent ou parfois justifiées ».</p>
<p>Parmi ceux qui, dans ce pays, défendent la résistance armée contre le gouvernement fédéral ou les autorités, il y a plus de sécessionnistes texans que d’islamistes fanatiques. Dans les nations occidentales, d’après Saunders, « le support à la violence et au terrorisme n’est pas plus élevé, et est parfois moindre, chez les musulmans que dans le reste de la population. »</p>
<p>Le présupposé des islamophobes est que les musulmans seront toujours intrinsèquement un corps étranger et incompatible dans les pays libres. En réalité, ils ne présentent aucune différence visible avec d’autres groupes qui sont arrivés avec leur propre état d’esprit et se sont transformés en citoyens tolérants, loyaux et respectueux des lois, appréciant la démocratie et la liberté.</p>
<p>Cette transformation est un effet secondaire des sociétés libres.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3JlYXNvbi5jb20vYXJjaGl2ZXMvMjAxMy8wMy8wNy9tb2RlcmF0ZS1tdXNsaW0taXMtbm90LWFuLW94eW1vcm9u">Article original en anglais</a> publié le 07.03.2013 par <em>Reason</em>.<br />
Traduction : Lancelot/<em>Contrepoints</em>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDgvMjQvOTQ3MzMtNy1yYWlzb25zLXBvdXItbGVzLW11c3VsbWFucy1kZS12b3Rlci1saWJlcnRhcmllbg==">7 raisons pour un musulman de voter libertarien</a></p>
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		<item>
		<title>François Ier, le nouveau pape</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/13/118217-francois-ier-le-nouveau-prelat</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Mar 2013 21:24:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Crapez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[François Ier]]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>

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		<description><![CDATA[L'Argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu ce soir à la surprise générale pour succéder à Benoît XVI. François Ier est âgé de 76 ans : un Pape par intérim ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'Argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu ce soir à la surprise générale pour succéder à Benoît XVI. François Ier est âgé de 76 ans : un Pape par intérim ?</strong><br />
<span id="more-118217"></span><br />
<strong>Par Marc Crapez.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTMvMTE4MjE3LWZyYW5jb2lzLWllci1sZS1ub3V2ZWF1LXByZWxhdC9wYXBlLWZyYW5jb2lzLWllcg==" rel=\"attachment wp-att-118218\"><img class="aligncenter size-full wp-image-118218" title="pape françois Ier" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/pape-françois-Ier.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="307" /></a></p>
<p>Entre le règne de Léonid Brejnev et l’arrivée de Mickaïl Gorbatchev, au début des années 80, le Politburo avait successivement désigné deux candidats déjà vieux, donc de transition : Andropov puis Tchernenko.</p>
<p>L’église romaine semble, elle-aussi, vouloir temporiser. À 76 ans, avec le physique de Paul VI âgé, le Pape François 1<sup>er</sup> a certainement beaucoup de qualités. Mais il évoque plus le côté « pépère » de François Hollande que le côté sportif du quinquagénaire Carol Wojtyla quand il devint Jean-Paul II.</p>
<p>Ce pape latino-américain fera peut-être preuve d’opiniâtreté. Il sera peut-être proche des préoccupations des fidèles. Et c’est ce qui importera, même s’il n’a pas le physique de l’emploi. Mais ce n’est sans doute pas l’homme à poigne qui chassera les marchands du temple. L’Église paraît fortement déstabilisée par les scandales récents et la démission de Benoît XVI.</p>
<p>---<br />
<em>Suivre les articles de l’auteur sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mYWNlYm9vay5jb20vcGFnZXMvTWFyYy1DcmFwZXovMTg4NTc1NzQ3ODUyNzk0" target=\"_blank\">Facebook</a></em>.</p>
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		<title>La démission surprise de Benoît XVI</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/12/114565-la-demission-surprise-de-benoit-xvi</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Feb 2013 06:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît XVI]]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>

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		<description><![CDATA[La démission du Pape, annoncée deux jours avant le Mercredi des Cendres et le début du Carême, reste une surprise, alors qu'il célébrait samedi dernier encore les 900 ans de l'Ordre de Malte.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La démission du Pape, annoncée deux jours avant le Mercredi des Cendres et le début du Carême, reste une surprise, alors qu'il célébrait samedi dernier encore les 900 ans de l'Ordre de Malte.</strong><br />
<span id="more-114565"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMjQvNzQ0MzUtYmVub2l0LXh2aS1lbi12aXNpdGUtZW4tYW1lcmlxdWUtbGF0aW5lL2IxNg==" rel=\"attachment wp-att-74436\"><img class=" wp-image-74436  aligncenter" title="Le Pape Benoit XVI" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/B16.jpg?16fe88" alt="" width="512" height="224" /></a><strong></strong></p>
<p><strong>Le point de vue du Parisien libéral.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9mbGFzaC1hY3R1LzIwMTMvMDIvMTEvOTcwMDEtMjAxMzAyMTFGSUxXV1cwMDM4OS1sZS1wYXBlLWJlbm9pdC14dmktdmEtZGVtaXNzaW9ubmVyLXNlbG9uLWRlcy1tZWRpYXMtaXRhbGllbnMucGhw">Le pape Benoît XVI va démissionner </a>! dixit <em>Le Figaro</em> ou le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpdmUucmV1dGVycy5jb20vRXZlbnQvUG9wZV9yZXNpZ25z">live feed de Reuters</a>. Invoquant son état physique, le pape <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly90d2l0dGVyLmNvbS9Qb250aWZleA==">Benoît XVI a annoncé</a> sa démission. Il quittera ses fonctions le 28 février. La démission du pape est envisagée par le Code de droit canonique.</p>
<p>«S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée, mais non pas qu’elle soit acceptée par qui que ce soit», est-il écrit. La dernière démission d’un pape remonte à Grégoire XII, en 1415.</p>
<p><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5uZGYuZnIvbm91dmVsbGVzLWRldXJvcGUvMTEtMDItMjAxMy9sZS1wYXBlLWJlbm9pdC14dmktdmEtcmVub25jZXItYS1zYS1jaGFyZ2U=">Nouvelles de France</a></em> retranscrit le texte de l’intervention du Pape, traduite par<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yYWRpb3ZhdGljYW5hLm9yZy9mcjEvZGlyZXR0YS5hc3A="> Radio Vatican,</a> lors de la canonisation des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9CaWVuaGV1cmV1eF9tYXJ0eXJzX2QlMjdPdHJhbnRl">martyrs d’Otrante</a>. Le site <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2V4dHJlbWVjZW50cmUub3JnLzIwMTMvMDIvMTEvZnV0dXItcGFwZS8=">Extrême Centre</a> émet une hypothèse, peut-être un peu prématurée : et si la fille ainée de l’Église obtenait un pape sorti de son sein, en la personne du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5wYXJpcy5jYXRob2xpcXVlLmZyL0hvbWVsaWUtZHUtY2FyZGluYWwtQW5kcmUtVmluZ3QsMjY0MjUuaHRtbA==">cardinal André Vingt-Trois</a>, archevêque de Paris ?</p>
<p>La démission du Pape, annoncée deux jours avant le Mercredi des Cendres et le début du Carême, reste une surprise, alors qu'il célébrait samedi dernier encore les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sYS1jcm9peC5jb20vUmVsaWdpb24vQWN0dWFsaXRlL0Jlbm9pdC1YVkktYS1jZWxlYnJlLWxlcy05MDAtYW5zLWRlLWwtT3JkcmUtZGUtTWFsdGUtX05QXy0yMDEzLTAyLTA5LTkwOTM4NA==">900 ans de l'Ordre de Malte</a>. En tout cas, Benoit XVI aura eu la très lourde tâche d’œuvrer après le très médiatique et apprécié Jean-Paul II. Il s'en sera bien acquitté, réussissant à rétablir le dialogue avec la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mc3NweC5vcmcvZnIv">Fraternité Sacerdotale de Saint Pie X</a> et entamant le renouveau de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy52YXRpY2FuLnZhL2hvbHlfZmF0aGVyL2JlbmVkaWN0X3h2aS9lbmN5Y2xpY2Fscy9kb2N1bWVudHMvaGZfYmVuLXh2aV9lbmNfMjAwOTA2MjlfY2FyaXRhcy1pbi12ZXJpdGF0ZV9mci5odG1s">pensée catholique sur l'économie</a>.</p>
<p>Enfin, Benoit XVI donne un bon exemple aux vieux manifestement rendus incapables par l'âge ou par la maladie, et qui s'accrochent à des postes...</p>
<p>---</p>
<p><strong>Le point de vue de Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p>La renonciation de Benoît XVI au siège de Pierre, annoncée hier vers midi, est évidemment une grande surprise. Le dernier pape a avoir renoncé à sa charge est Grégoire XII, en 1415, et ce afin de mettre un terme au Grand Schisme d’Occident.</p>
<p>7 ans de pontificat, et une Église qui a bien changé, une Europe qui s’est redressée. Il est encore mal aisé de faire des bilans approfondis, et des analyses fines de ce pontificat, mais c’est désormais aux historiens d’analyser et de comprendre.</p>
<p>Ne réduisons pas non plus Benoît XVI à son pontificat. En tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, il a eu un rôle considérable au sein de l’Église durant ces 30 dernières années. Avec Jean-Paul II, il a contribué à changer le monde.</p>
<p>Sa renonciation initie peut-être une nouvelle forme de gouvernement. Il est plus difficile de diriger l’Église aujourd’hui qu’au siècle dernier. Si Léon XIII a pu être un pape vaillant jusqu’à l’âge de 93 ans, la pression médiatique et politique est désormais si forte qu’il est nécessaire d’avoir de solides appuis physiques pour résister. Peut-être sera-ce le lot des prochains papes que de renoncer au trône de Pierre quand ils verront leurs forces trop fortement décliner.</p>
<p>L’œuvre de Benoît XVI est considérable, tout d’abord dans le domaine liturgique ; et c’est le domaine le plus important. Il y a ensuite son travail théologique, et son œuvre incessante pour l’unité des chrétiens, notamment avec les orthodoxes et la Fraternité Saint-Pie X, dont il ne verra pas les résultats en tant que pape. Vient ensuite le sursaut spirituel de l’Europe, symbolisée par ces merveilleuses JMJ de Madrid, qui furent donc ses dernières.</p>
<p>Un style aussi, un pape littéraire et mélomane, pour montrer à un monde empli de techniques que l’esprit et les lettres peuvent encore le guider. Il a peu d’encycliques à son actif, mais des catéchèses admirables, des homélies léchées, et sa vie de Jésus, qui a remis la foi au cœur de l’histoire.</p>
<p>On ne pourra pas crier santo subito, du moins pas encore, mais on peut le penser fortement, et le penser encore plus ce 28 février à 20h.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9NZXJjaQ==">Sur le web</a>.</p>
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		<item>
		<title>L&#039;Ordre laïc contre l&#039;Église catholique</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/07/114000-lordre-laic-contre-leglise-catholique</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/02/07/114000-lordre-laic-contre-leglise-catholique#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 07 Feb 2013 06:31:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guy Sorman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets de société]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage gay]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage pour tous]]></category>

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		<description><![CDATA[On le voit à l'occasion du mariage pour tous, l’État laïc n'incarne pas la neutralité mais un ordre supérieur alternatif à celui de l’Église catholique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On le voit à l'occasion du mariage pour tous, l’État laïc n'incarne pas la neutralité mais un ordre supérieur alternatif à celui de l’Église catholique.</strong><br />
<span id="more-114000"></span><br />
<strong>Par Guy Sorman.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDEvMjQvNjYxMjEtbWFyaWFnZS1ob21vc2V4dWVsLWxhLWdhdWNoZS1hdmV1Z2xlZS1wYXItbGV0YXQvbWFyaWFnZS15eGVsbGVfX19ydGJydXRf" rel=\"attachment wp-att-66122\"><img class="aligncenter size-full wp-image-66122" title="mariage-yXeLLe___rtBrut_" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/01/mariage-yXeLLe___rtBrut_.jpg?16fe88" alt="" width="472" height="254" /></a></p>
<p>Autour du "mariage pour tous" – belle trouvaille pour définir le mariage homosexuel – s'affrontent les deux France : pas la droite contre la gauche mais plutôt la France catholique contre la France laïque. C'est une vieille querelle qui remonte à la Révolution française. À l'autorité du Roi et de l’Église s'opposait alors une religion de substitution, le culte de la Raison qui devint ensuite celui de la laïcité. La laïcité n'est pas la neutralité, on le voit avec le foulard islamique, mais un ordre supérieur alternatif à celui de l’Église catholique.</p>
<p>Entre ces deux cultes, la violence a toujours été la norme, pas le débat. Quand l’État se sépare de l'Église en 1905, la Gendarmerie vide les églises sous le prétexte d'en dresser l'inventaire : des échauffourées avec les fidèles firent des centaines de victimes. Bien des catholiques prirent leur revanche sous le régime de Vichy. Celui qui a le mieux incarné et décrit cette France-la fut Charles Maurras : il se disait <em>catholique mais pas chrétien,</em> plus attaché à l'ordre qu'à la messe. Du coté des Républicains, c'est à un autre ordre que l'on s'attache, tout aussi autoritaire.</p>
<p>Le mariage est un otage de cette querelle. Car, au fond, en quoi l’État devrait-il se mêler du mariage ? Ne pourrait-on concevoir que le mariage soit un contrat civil entre adultes consentants ou un acte religieux ? Sa nature n'exige pas une sanctification par l’État – à moins que l’État soit sacré, ce qu'il prétend être en France. Le mariage sans l’État, j'en viens : mes grands-parents appartenaient à un monde, l'Empire austro-hongrois, où il était loisible de se marier devant une autorité religieuse, rien de plus. Le seul inconvénient, mineur, est que ma grand-mère portait le nom de sa mère, pas de son père. Sauf à l'office, où l'on lui restituait le nom de son père : ils eurent six enfants dont ma mère.</p>
<p>Bref, un gouvernement vraiment attaché à la liberté du mariage devrait annoncer sa suppression en tant qu'acte administratif pour le restituer à la sphère privée ; ce à quoi l'on assiste est clairement le contraire, une bataille pour le pouvoir de l’État sur les individus.</p>
<p>Mon propos apparaîtra pour ce qu'il est : ultra-libéral. Mais comme le disait Michel Foucault dans sa dernière leçon au Collège de France, la pensée libérale est une utopie mais elle est la seule qui propose une libération de l'individu contre les normes autoritaires que cherchent sans cesse à imposer les socialistes à gauche et les conservateurs à droite. On devrait relire Foucault, en ce moment précis.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2dzb3JtYW4udHlwZXBhZC5jb20vZ3V5X3Nvcm1hbi8yMDEzLzAyL2R1LW1hcmlhZ2UtcG91ci10b3VzLWF1LW1hcmlhZ2UtcG91ci1wZXJzb25uZS1zYW5zLWwtZXRhdC5odG1s">Sur le web</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Religion : La Cour européenne au secours des gourous</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/02/113465-la-cour-europeenne-au-secours-des-gourous</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2013 07:50:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roseline Letteron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Cour européenne des droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de religion]]></category>
		<category><![CDATA[liberté religieuse]]></category>
		<category><![CDATA[Mandarom]]></category>
		<category><![CDATA[sectes]]></category>
		<category><![CDATA[Témoins de Jéhovah]]></category>

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		<description><![CDATA[La Cour européenne des droits de l'homme sanctionne le droit français qui refuse aux mouvements sectaires un privilège fiscal accordé aux religions.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Cour européenne des droits de l'homme sanctionne le droit français qui refuse aux mouvements sectaires un privilège fiscal accordé aux religions.</strong><br />
<span id="more-113465"></span><br />
<strong>Par Roseline Letteron.</strong></p>
<div id="attachment_113466" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMDIvMTEzNDY1LWxhLWNvdXItZXVyb3BlZW5uZS1hdS1zZWNvdXJzLWRlcy1nb3Vyb3VzL2luc2lkZS12aWV3LW9mLXRoZS1tYW5kYXJvbS1jdWx0LWFyZWEtbmVhci1jYXN0ZWxsYW5lLWluLXNvdXRoZXJuLWZyYW5jZS1qdW5lLTIyLTIwMDEtdGhlLWN1bHQtaGFz" rel=\"attachment wp-att-113466\"><img class="size-full wp-image-113466" title="Inside view of the Mandarom cult area near Castellane in southern France June 22, 2001. The cult has.." src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/Mandarom.jpg?16fe88" alt="" width="500" height="349" /></a><p class="wp-caption-text">Le site du Mandarom à Castellane.</p></div>
<p>La Cour européenne des droits de l'homme a rendu, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9mcmEtcHJlc3MvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHg/aT0wMDMtNDI0MjE4MS01MDQ3MDc3IyU3QiUyMml0ZW1pZCUyMjpbJTIyMDAzLTQyNDIxODEtNTA0NzA3NyUyMl0lN0Q=">le 31 janvier 2013,</a> trois décisions qui sanctionnent le système juridique français pour manquement à la liberté de religion, garantie par l'article 9 de la Convention européenne. Il est reproché au droit français de refuser aux mouvements sectaires un privilège fiscal accordé aux religions. Celles-ci, dès lors qu'elles ont une association cultuelle, bénéficient en effet d'une exonération pour les dons manuels effectués par les fidèles.</p>
<p>Deux des requérants, l'<em>association du temple pyramide</em> et les <em>Chevaliers du Lotus d'Or</em> sont les éléments d'un ensemble plus connu sous le nom de secte du <em>Mandarom</em>. Jusqu'à leur dissolution en l'été 1995 pour renaître sous la forme d'une <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F1bWlzbWUub3JnLz9wYWdlX2lkPTIzMA==">Religion universelle de l'unité des visages de Dieu</a></em>, ils s'étaient donné pour mission ici-bas de construire à Castellane des temples destinés à devenir le lieu de culte d'une nouvelle religion, l'"<em>Aumisme</em>". Le troisième requérant est l’<em>Église évangélique missionnaire</em>, elle-même issue de l'<em>Église évangélique de Pentecôte de Besançon</em>. Ces trois mouvements ont été qualifiés de mouvements sectaires par le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hc3NlbWJsZWUtbmF0aW9uYWxlLmZyL3JhcC1lbnEvcjI0NjguYXNw">rapport parlementaire Gest Guyard</a> de décembre 1995.</p>
<p>Dans les trois cas, la Cour européenne sanctionne la pratique française de taxation d'office de ces dons manuels faits aux mouvements sectaires et contraint les autorités à rembourser plus de quatre millions d'euros à ces mouvements. L'énormité de la somme devrait d'ailleurs susciter la réflexion, si on la compare au faible nombre des adeptes de chacun de ces mouvements, <em>environ 2000</em> pour le Mandarom et "<em>entre 500 et 2000</em>" pour l’Église évangélique (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hc3NlbWJsZWUtbmF0aW9uYWxlLmZyL3JhcC1lbnEvcjI0NjguYXNw">rapport Gest-Guyard)</a>.</p>
<p><strong>Le précédent des Témoins de Jéhovah</strong></p>
<p>La décision se présente comme la mise en œuvre d'une jurisprudence inaugurée avec l'arrêt <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDExLzA3L3NlY3RlLWN1bHRlLWV0LXJlbGlnaW9uLWxlcy10ZW1vaW5zLWRlLmh0bWw=">Association les Témoins de Jéhovah du 30 juin 2011</a>. À l'époque, la Cour avait estimé que le redressement fiscal infligé aux Témoins de Jéhovah pour taxer les dons des fidèles constituait effectivement une ingérence dans la liberté de religion. Pour exercer son contrôle de proportionnalité, elle a tenu compte du montant considérable du redressement, plus de quatre millions d'euros, et du fait que la disposition du code des impôts fondant ce dernier (art. 757 cgi) ne mentionnait pas formellement les associations parmi les personnes morales contraintes de déclarer ces libéralités. La Cour en a donc déduit que la créance de l’État était "<em>imprévisible</em>" et donc disproportionnée dans la mesure où elle a eu pour effet "<em>de couper les ressources vitales de l'association, laquelle n'était plus en mesure d'assurer concrètement à ses fidèles le libre exercice de leur culte</em>".</p>
<p>Les trois décisions du 31 janvier 2013 appliquent cette jurisprudence, de manière encore plus rigoureuse. Elles ne font plus allusion au montant du redressement, important ou non, mais se bornent à affirmer que l'article 757 cgi, tel qu'il était rédigé à l'époque des faits, contenait une menace "imprévisible" de redressement fiscal.</p>
<p>Par cette jurisprudence, la Cour écarte, sans d'ailleurs en examiner le bien-fondé, la pratique française qui vise à dissocier la secte de la religion, et qui permet ainsi une lutte globale contre les dérives sectaires.</p>
<p>Tintin en lutte contre les dérives sectaires<br />
Hergé. L'étoile mystérieuse</p>
<p><strong>Religion et mouvement sectaire</strong></p>
<p>La Cour est manifestement inspirée par une conception anglo-saxonne de la liberté de religion, qui considère comme religion tout groupement qui se proclame comme telle. De fait, la notion de "dérive sectaire" ou de "mouvement sectaire" est tout simplement écartée par la Cour, comme si la religion était tout simplement une secte "qui a réussi".</p>
<p>Le droit français raisonne très différemment. La<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoVGV4dGUuZG8/Y2lkVGV4dGU9Sk9SRlRFWFQwMDAwMDA1ODk5MjQmYW1wO2RhdGVUZXh0ZT0mYW1wO2NhdGVnb3JpZUxpZW49aWQ="> loi About-Picard du 12 juin 2001</a> ne fait aucune référence à la dimension religieuse des groupements ou aux croyances qu'ils professent. Peu importe que les adeptes croient en un Dieu, un gourou, voire au <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F1bWlzbWUub3JnLz9wYWdlX2lkPTIzMA==">Vajra Triomphant</a> comme le Mandarom. Ce n'est pas la qualification de secte qui entraîne les condamnations pénales, ce sont les condamnations pénales qui entraînent la qualification de mouvement sectaire.</p>
<p>Les infractions pénales qui s'analysent comme des dérives sectaires peuvent être celles du droit commun, comme l'escroquerie ou l'abus de faiblesse. Mais la loi de 2001 créée aussi un délit spécifique de "manipulation mentale" qui se définit comme le fait de "<em>créer, maintenir ou exploiter la sujétion psychologique d'autrui</em>". Cet arsenal juridique a notamment permis la condamnation de l’Église de Scientologie pour escroquerie en bande organisée, car ce groupement vendait, fort cher, à ses adeptes, une mystérieuse machine baptisée "électromètre" censée leur permettre d'accéder à la sérénité en se libérant des éléments mentaux négatifs (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1vbmRlLmZyL3NvY2lldGUvYXJ0aWNsZS8yMDEyLzAyLzAyL2RlY2lzaW9uLWpldWRpLWVuLWFwcGVsLWRlLWxhLWNvbmRhbW5hdGlvbi1kZS1sYS1zY2llbnRvbG9naWUtcG91ci1lc2Nyb3F1ZXJpZV8xNjM3NTgzXzMyMjQuaHRtbA==">CA Paris, 2 février 2012</a>).</p>
<p>Quant au statut fiscal, il est conditionné, en droit français, par la création d'associations cultuelles, qui ont exclusivement pour objet l'exercice d'un culte. Aux termes de la loi de 1905, les groupements qui constituent des associations cultuelles doivent avoir une activité qui ne porte pas atteinte à l'ordre public. À ce titre, leur création est soumise à autorisation préfectorale, et l'autorité publique vérifie que le groupement ne se livre à aucune activité illégale, notamment les infractions destinées à lutter contre les mouvements sectaires. C'est seulement une fois que l'association cultuelle est constituée que le groupement peut bénéficier de dons manuels exonérés d'impôt.</p>
<p><strong>Que va devenir la lutte contre les dérives sectaires ?</strong></p>
<p>De toute évidence, la Cour ne considère pas que la lutte contre les dérives sectaires soit un objectif d'intérêt général de nature à justifier une ingérence dans la liberté de religion. On est évidemment surpris d'une telle décision qui fait bien peu de cas de l'autonomie des États en matière religieuse. Souvenons nous en effet, qu'il y a quelques jours, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEzLzAxL2xpYmVydGUtcmVsaWdpZXVzZS11bi1hdmVydGlzc2VtZW50LWRlLmh0bWw=">le 15 janvier 2013</a>, elle a rappelé que la question du port de signes religieux ostensibles relève de la compétence de l’État.</p>
<p>Cette jurisprudence risque d'avoir des conséquences considérables dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires. Les autorités françaises ont en effet adopté un système de lutte globale, qui permet de poursuivre ce type de mouvement, aussi bien à travers les infractions de droit commun qu'il commet qu'à travers le contrôle de sa situation financière. Ce principe n'a d'ailleurs rien d'original. Les policiers américains ne sont-ils parvenus à faire condamner Al Capone pour blanchiment ? Plus près de nous, le droit interne, mais aussi différentes conventions internationales, appliquent le principe selon lequel la lutte contre le terrorisme ne peut être efficace que si elle s'accompagne d'une lutte contre son financement.</p>
<p>Désormais, il convient de lutter contre les dérives sectaires, sans s'intéresser à leur financement, sans s'interroger sur le fait que des groupements de quelques centaines d'adeptes parviennent à leur extorquer des millions d'euros. Pour les encourager dans cette louable activité, il convient même de leur accorder un privilège fiscal. Nul doute que les gourous, les grands mamamouchis et autres escrocs vont pouvoir réciter quelques prières pour remercier la Cour européenne, et en profiter pour soutirer quelques euros supplémentaires à leurs adeptes.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEzLzAyL2xhLWNvdXItZXVyb3BlZW5uZS1hdS1zZWNvdXJzLWRlcy5odG1s">Sur le web</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Liberté religieuse : un avertissement de la Cour européenne ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/21/112045-liberte-religieuse-un-avertissement-de-la-cour-europeenne</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2013 06:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roseline Letteron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Cour européenne des droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[discriminations]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[liberté religieuse]]></category>
		<category><![CDATA[signes religieux]]></category>

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		<description><![CDATA[Les convictions religieuses doivent-elles sortir de l'espace de la vie privée pour pénétrer la vie publique et guider le législateur ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les convictions religieuses doivent-elles sortir de l'espace de la vie privée pour pénétrer la vie publique et guider le législateur ?</strong><br />
<span id="more-112045"></span><br />
<strong>Par Roseline Letteron.</strong></p>
<div id="attachment_112047" class="wp-caption aligncenter" style="width: 512px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExMjA0Nw==" rel=\"attachment wp-att-112047\"><img class="size-full wp-image-112047" title="Madonna" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/Madonna.png?16fe88" alt="" width="502" height="345" /></a><p class="wp-caption-text">Madonna et le port de signes religieux.</p></div>
<p>L'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9mcmEvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHg/aT0wMDEtMTE2MDk3IyU3QiUyMml0ZW1pZCUyMjpbJTIyMDAxLTExNTg4MSUyMl0lN0Q=">arrêt Eweida et a. c. Royaume Uni</a>, rendu par la Cour européenne le 15 janvier 2013 suscite bon nombre de commentaires, surtout en France. Il est en effet relatif à la liberté de religion, actuellement mise en avant par ceux qui estiment que les convictions religieuses doivent sortir de l'espace de la vie privée pour pénétrer la vie publique et guider le législateur.</p>
<p>En l'espèce, et il convient de ne pas l'oublier, les requérants sont quatre citoyens britanniques qui se présentent comme "<em>Chrétiens pratiquants</em>". Deux femmes, Mesdames Eweida et Chaplin, l'une est employée par British Airways et l'autre infirmière gériatrique, se plaignent de ne pas avoir l'autorisation de porter de manière visible et pendant leur travail une croix autour de leur cou. Les deux autres, Mme Ladele et M. Mc Farlane, estiment que leurs convictions religieuses leur interdisent toute action qui aboutirait à reconnaître l'homosexualité. Or, Mme Ladele est officier d'état civil, et doit célébrer des cérémonies de "<em>partenariat civil</em>" entre des couples homosexuels. Quant à M. Mac Farlane, il exerce les fonctions de conseiller dans un organisme britannique, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yZWxhdGUub3JnLnVrL2hvbWUvaW5kZXguaHRtbA==">Relate</a>, qui offre des services de conseil conjugal et de sexothérapie.</p>
<p>Les quatre requérants contestent les diverses poursuites disciplinaires dont ils ont fait l'objet, mais il faut reconnaître que les situations sont très différentes. Dans les deux premiers cas, les requérantes revendiquent le port ostensible de signes religieux pendant l'exercice de leurs fonctions. Dans les deux autres, des agents publics invoquent leurs convictions pour refuser d'assumer une partie de leur service. Tous en tout cas s'appuient sur les dispositions combinées des articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme qui consacrent la liberté religieuse et le principe de non-discrimination.</p>
<p><strong>Liberté religieuse, et ingérence de l’État</strong></p>
<p>La Cour commence par rappeler que "<em>la liberté de pensée, de conscience et de religion est l'un des fondements d'une société démocratique</em>". Elle est aussi indispensable aux croyants qui peuvent affirmer leur identité, qu'aux athées et agnostiques, puisqu'elle constitue un élément du pluralisme de la société. Reprenant les deux alinéas de l'article 9, la Cour fait observer que la liberté religieuse a une double dimension, à la fois liberté de la conscience la plus intime de l'individu, mais aussi liberté de manifester sa religion collectivement, par l'exercice du culte ou l'accomplissement des rites. Comme pratiquement toutes les libertés consacrées par la Convention européenne, la liberté de religion peut cependant donner lieu à des restrictions, lorsque l'ingérence étatique constitue une "<em>mesure nécessaire dans une société démocratique à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publique, ou à la protection des droits et libertés d'autrui</em>".</p>
<p>De cette formulation, certains auteurs déduisent le caractère "relatif" de la liberté religieuse. À dire vrai, elle n'est ni plus ni moins relative que les autres libertés. Le droit européen, exactement comme le droit français, considère en effet que les libertés s'exercent dans un cadre juridique défini par la loi de l’État. Celle-ci peut donc "s'ingérer" dans l'exercice d'une liberté, dans un but d'ordre public ou pour garantir le respect des droits des tiers.</p>
<p>La Cour européenne constate, dans les deux hypothèses, que les autorités britanniques sont effectivement à l'origine d'une "ingérence" dans la liberté religieuse, ce qui n'implique aucune appréciation sur le bien-fondé de cette ingérence. C'est seulement après avoir constaté l'existence de cette ingérence que la Cour s'intéresse à sa proportionnalité par rapport aux objectifs poursuivis par la législation. Sur ce point, la décision de la Cour n'a rien de novateur. Elle ne consacre pas une quelconque "relativité" de la liberté religieuse, notion qui n'existe d'ailleurs pas en droit européen, et pas davantage en droit interne. Elle se borne à mettre en œuvre la célèbre <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9mcmEvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHg/aT0wMDEtNjIxNDAjJTdCJTIyaXRlbWlkJTIyOlslMjIwMDEtNjIxNDAlMjJdJTdE">jurisprudence <em>Sunday Times</em> c. Royaume Uni </a>adoptée le 26 novembre 1991, il y a vingt et un ans, et qui consacre ce contrôle de proportionnalité.</p>
<p>Dans l'affaire Eweida, la Cour effectue exerce ainsi son contrôle de proportionnalité sur chacune des quatre requêtes. Elle rend  donc un arrêt très nuancé, puisqu'elle traite différemment des situations différentes.</p>
<p><strong>Le port des signes religieux</strong></p>
<p>Dans le cas de deux requérantes qui estiment impossible de travailler sans porter une symbole religieux, la Cour rend une décision conforme à sa jurisprudence antérieure. Elle estime en effet que les États disposent d'une large "<em>marge d'appréciation</em>" pour réglementer le port des signes religieux. À propos d'une législation turque qui interdisait le port du foulard islamique dans les universités, la Cour observe ainsi que les autorités turques font effectivement ingérence dans la liberté religieuse. Mais cette ingérence a une base légale et peut être considérée comme "<em>nécessaire dans une société démocratique</em>" (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9lbmctcHJlc3MvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHgjJTdCJTIyZGlzcGxheSUyMjpbJTIyMSUyMl0sJTIyZG1kb2NudW1iZXIlMjI6WyUyMjgwMDc0OCUyMl0lN0Q=">CEDH, GC, 10 novembre 2005, Leyla Sahin c. Turquie</a>). Rien n'interdit donc aux États de légiférer dans ce domaine, et d'interdire aussi bien le port du voile islamique que celui d'une croix.</p>
<p>En revanche, lorsqu'il n'existe aucune législation, la Cour se montre évidemment plus souple dans son contrôle de proportionnalité. Dans l'arrêt <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9lbmcvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHgjJTdCJTIyZG1kb2NudW1iZXIlMjI6WyUyMjg4MzE3MCUyMl0sJTIyaXRlbWlkJTIyOlslMjIwMDEtMTA0MDQyJTIyXSU3RA==">Lautsi du 18 mars 2011</a>, elle considère que la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes ne porte pas une atteinte excessive à la liberté de conscience des élèves, dès lors que la loi italienne ne l'interdit pas. Le Royaume Uni est dans une  situation comparable, et n'a pas adopté de législation interdisant le port de signes religieux sur les lieux de travail. La Cour observe dès lors que la contrainte imposée à Mesdames Eweida et Chaplin n'a pas de fondement légal, mais repose uniquement sur une décision du chef de service. La Cour se livre donc au contrôle de proportionnalité, et, de nouveau, rend une décision différente dans chaque cas.</p>
<p>Dans le cas de Madame Eweida, la Cour considère que les tribunaux britanniques n'ont pas fait une juste appréciation des intérêts en présence. S'il est légitime pour l'entreprise de vouloir véhiculer une certaine image de marque laïque, notamment en imposant le port d'un uniforme, le refus total de tout signe religieux apparaît excessif, d'autant que, après les faits et confrontée à d'autres recours, l'entreprise a finalement changé son code vestimentaire pour autoriser le port de signes religieux discrets. Dans le cas de Mme Chaplin, en revanche, la Cour observe que l'interdiction repose sur un motif d'intérêt général, dès lors qu'un patient peut s'accrocher à ce bijou et provoquer des blessures. En l'espèce, la Cour considère que l'employeur a pris une décision proportionnée aux intérêts en cause, et que les juges britanniques ont confirmé à juste titre cette appréciation.</p>
<p><strong>Homosexualité et non-discrimination</strong></p>
<p>Dans le cas de Mme Ladele et de M. Mc Farlane, la Cour se montre plus rigoureuse. Elle rappelle que toute différence de traitement en raison de l'orientation sexuelle ne peut se justifier que par des motifs particulièrement solides (par exemple :<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9mcmEvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHg/aT0wMDEtOTk2NDMjJTdCJTIyaXRlbWlkJTIyOlslMjIwMDEtOTk2NDMlMjJdJTdE"> CEDH, Schalk et Kopf C. Autriche, 2004</a>). Les sanctions prises contre les deux requérants apparaissent alors à la Cour tout à fait proportionnées par rapport à l'objectif de non discrimination poursuivi par les autorités publiques et dont le respect s'impose à tous les agents publics. La requête est donc fermement rejetée.</p>
<p>Il est tout de même intéressant de noter une petite phrase, glissée par la Cour dans la rédaction de l'arrêt. Conformément à sa jurisprudence antérieure, elle affirme que les États jouissent d'une grande liberté d'appréciation pour organiser dans leur ordre interne la situation des couples homosexuelles. Mais elle ajoute immédiatement que "l<em>es couples homosexuels sont globalement dans une situation identique à celle des couples hétérosexuels au regard de leur reconnaissance juridique et de la protection de leur relation</em>". Cette formule n'a sans doute pas été introduite par hasard dans la décision et elle sonne un peu comme un avertissement pour les États membres, et pour la France en particulier. La liberté religieuse ne saurait être invoquée pour justifier une législation qui maintiendrait des discriminations entre les couples, en fonction de leur orientation sexuelle.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEzLzAxL2xpYmVydGUtcmVsaWdpZXVzZS11bi1hdmVydGlzc2VtZW50LWRlLmh0bWw=">Sur le web</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Arbitraire et religion</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/07/110537-arbitraire-et-religion</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jan 2013 05:55:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabrice Descamps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[arbitraire]]></category>
		<category><![CDATA[celui de produire une morale universelle.]]></category>
		<category><![CDATA[Friedrich Hayek]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[les religions ont le même but]]></category>
		<category><![CDATA[Malgré des formes différentes d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[rationalité]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Malgré des formes différentes d'expression, les religions ont le même but, celui de produire une morale universelle.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Malgré des formes différentes d'expression, les religions ont le même but, celui de produire une morale universelle.</strong><br />
<span id="more-110537"></span><br />
<strong>Par Fabrice Descamps.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDIvMjAvNjk4NDktcXVlc3QtY2UtcXV1bmUtcmVsaWdpb24tbGliZXJhbGUvZm9p" rel=\"attachment wp-att-69853\"><img class="wp-image-69853 alignleft" title="foi" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/02/foi.jpg?16fe88" alt="" width="227" height="253" /></a>La première chose qu'on vous apprend, quand vous découvrez la linguistique à l'Université, est que le langage est arbitraire. Quoi de commun en effet entre les deux phrases suivantes : "Ich stelle einen Tisch um" et "Mahai bat mugitzen dut" ? Rien, si ce n'est qu'elles signifient toutes les deux que je bouge une table. Les mots "table", "Tisch" et "mahai" désignent tous une table, mais il aurait pu en aller de même du mot "trucmuche". Or ce n'est pas le cas ; pourquoi ? Pas de réponse : le langage est arbitraire ; c'est une convention passée entre les gens pour se comprendre et, comme toute convention, elle est en grande partie arbitraire.</p>
<p>Mais, comme pour le contrat social – dont elle est une composante puisque nous avons mutuellement avantage à vivre ensemble, donc à nous comprendre –, ni vous ni moi n'avons vraiment signé ce pacte qui nous fait parler la même langue. C'est une convention tacite : nous sommes tacitement convenus de parler comme ceci et non comme cela pour nous comprendre. D'ailleurs si l'un d'entre nous ne respecte pas cette convention, il est corrigé par les autres ou reste incompris ; on ne change pas une telle convention sur un coup de tête individuel, il faut que ce changement soit le bienvenu et fasse consensus. Ce fait ravissait <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnJpZWRyaWNoX0hheWVr">Friedrich von Hayek</a> qui y voyait une preuve supplémentaire que la société, pas plus que le marché, n'a besoin de planification pour fonctionner. Notez d'ailleurs que, comme toute convention, le langage change par petites touches sans que nous sachions vraiment qui d'entre nous est l'auteur de ces changements successifs. Aucun roi, si puissant soit-il, n'a jamais pu modifier par décrets la façon dont parlaient ses sujets. Le langage change comme change la mode.</p>
<p>Le langage est donc arbitraire dans ses modalités, mais pas du tout dans ces buts. Il permet d'abord de vivre et travailler ensemble, une fonction fort rationnelle puisque le partage du travail est le secret de l'essor des sociétés humaines. Il permet en outre de décrire le monde de façon satisfaisante. Le fait que nous exprimions notre science en de nombreux langages ne nous empêche nullement de comprendre le monde et de pratiquer une science commune.</p>
<p>Il en va de même pour les religions. Comme le langage, elles sont une convention entre coreligionnaires pour accepter les mêmes doctrines et commandements. Or elles sont aussi fort arbitraires, comme on peut le noter à l'exemple des interdits alimentaires du judaïsme ou des principes théologiques bizarres du christianisme – un dieu "manifesté" (on se demande bien comment et en quel sens) en trois personnes dont deux sont invisibles ! Mais, comme les langages, leur but est éminemment rationnel : faire de nous des hommes bons.</p>
<p>Mon pasteur enrage quand on lui dit que toutes les religions se valent car elles auraient finalement les mêmes normes éthiques. Lui voudrait au contraire qu'on reconnût les spécificités, voire la supériorité du christianisme parce qu'il redoute que de tels propos favorisent le relativisme moral. Or il n'en est rien : la plupart du temps, les gens de toute religion comme ceux qui n'en ont pas sont d'accord dans leurs évaluations morales. Je dis "la plupart du temps" car cela s'avère parfois faux, comme le démontre le débat actuel sur le mariage homosexuel en France. Mais là non plus, ce fait ne mène en aucun cas au relativisme moral puisque je sais que, des partisans ou des adversaires du mariage homosexuel, seul un des deux camps a raison et je pense sur la foi de tel et tel argument que celui ayant tort est en l'occurrence celui des adversaires de ce mariage.</p>
<p>Résumons-nous : de la même façon que les mots "mahai" et "Tisch" désignent une seule et même chose, à savoir une table, les religions ont, malgré des formes différentes d'expression, le même but, celui de produire une morale universelle. Les religions sont les langues naturelles de la morale : elles varient considérablement d'un endroit à l'autre de la planète, mais elles savent désigner les mêmes réalités sous divers noms.</p>
<p>Vouloir gommer l'aspect arbitraire des religions relève de la même tentative désespérée que de désirer remplacer les langues vivantes par l'Espéranto. Nous sommes attachés à nos langues locales comme nous sommes attachés à nos religions locales. Cet attachement est compréhensible et même nécessaire puisque nous savons qu'il n'est pas moralement rationnel d'être moralement rationnel : l'adhésion à la morale est affaire de désir, non de conviction rationnelle. Car nous ne pouvons être moralement rationnels antérieurement à notre désir de le devenir.</p>
<p>Si nous voulons être moraux, il faut que nous aimions la morale. Cet amour ne peut passer que par un attachement à une expression particulière, localement et historiquement située, de cette morale. Nous aimons la morale parce que nous aimons le Christ, Bouddha, Muhammad ou... nos parents qui sont chrétiens, bouddhistes, musulmans ou ce que vous voudrez.</p>
<p>Une fois cette adhésion accomplie, notre travail n'est pas terminé. Il nous faut en effet critiquer cette religion de l'intérieur pour la faire participer à la production d'une morale universelle. Si je m'en tiens à mon identité de protestant sans tendre à l'universel, je retombe dans le particulier, l'arbitraire et le relativisme moral. Je trahis ce faisant la fonction ultime de toute religion.</p>
<p>Contrairement à ce qu'on pourrait donc penser au premier abord, les partisans des versions conservatrices, orthodoxes, fondamentalistes ou rigoristes des religions ne sont pas des serviteurs de Dieu, mais au contraire des complices du relativisme moral et des traîtres à leur propre cause puisqu'ils trahissent le sens même de toute religion. Une religion qui n'est pas libérale est une religion moralement faillie.</p>
<p>La religion sera libérale ou elle ne sera pas [<sup class='footnote'><a href='#fn-110537-1' id='fnref-110537-1' onclick='return fdfootnote_show(110537)'>1</a></sup>].</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3V0aWxpdGFyaXNtZS5vdmVyLWJsb2cuY29tL2FydGljbGUtYXJiaXRyYWlyZS1yYXRpb25hbGl0ZS1ldC1yZWxpZ2lvbi0xMTQxMjI4NjQuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
<p>Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-110537'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-110537-1'>La conséquence de tout cela est que je suis un partisan convaincu, mais non fanatique, de la laïcité ; convaincu puisque je dois traduire les convictions morales que m'aide à formuler ma religion en un langage compréhensible de ceux de mes concitoyens qui ne sont pas mes coreligionnaires ; non fanatique parce que je pense que l'irréligion défendue par certains "laïcards" en France affaiblit le désir des individus de devenir moralement meilleurs. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-110537-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Noël : fête inconnue au bataillon pour l&#039;Élysée&#160;?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/26/109283-noel-fete-inconnue-au-bataillon-pour-lelysee</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/26/109283-noel-fete-inconnue-au-bataillon-pour-lelysee#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Dec 2012 05:55:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise catholique]]></category>
		<category><![CDATA[Fêtes religieuses]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[François Hollande souhaite bien aux musulmans de bonnes fêtes mais "oublie" les chrétiens. Pourquoi une telle stratégie ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>François Hollande souhaite bien aux musulmans de bonnes fêtes mais "oublie" les chrétiens. Pourquoi une telle stratégie ?</strong></p>
<p><strong>Par le Parisien libéral.</strong><span id="more-109283"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMjYvMTA5MjgzLW5vZWwtZmV0ZS1pbmNvbm51ZS1hdS1iYXRhaWxsb24tcG91ci1sZWx5c2VlL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIyNzEtZHVmbG90LWVnbGlzZQ==" rel=\"attachment wp-att-109307\"><img class="alignleft  wp-image-109307" title="imgscan contrepoints 2271 Duflot Eglise" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/imgscan-contrepoints-2271-Duflot-Eglise-753x1024.jpg?16fe88" alt="" width="240" height="326" /></a>Il parait que François Hollande a été élu pour réconcilier et apaiser le pays. On peut s'interroger sur cette assertion.</p>
<p>Alors que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lbHlzZWUuZnIvY29tbXVuaXF1ZXMtZGUtcHJlc3NlL2FydGljbGUvbWVzc2FnZS1kdS1wcmVzaWRlbnQtZGUtbGEtcmVwdWJsaXF1ZS1hLWxhLWNvbW11bmF1dGUtbXVzdWxtYW5lLWEtbC1vY2Nhc2lvbi1kZS1sYS1mZXRlLWRlLWwtYWlkLWVsLWZpdHIv">l’Élysée envoie des communiqués de presse pour souhaiter une bonne fête de l'Aïd</a> à nos compatriotes de confession musulmane, apparemment<strong> </strong>le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lbHlzZWUuZnIvY29tbXVuaXF1ZXMtZGUtcHJlc3NlLw==">service presse de l’Élysée</a> ne juge pas bon de communiquer sur Noël, une fête païenne que l’Église Catholique s'est largement appropriée, du fait de l'anniversaire de la naissance du Christ. Noël, avec Pâques, est le principal rendez-vous des communautés chrétiennes de France et du monde entier. Et au-delà, Noël est une fête dont la signification a largement dépassé les frontières de telle ou telle religion, pour devenir la fête de tous les enfants.</p>
<p>Les signaux de mépris que le pouvoir socialiste actuel envoie à la communauté catholique de France sont inquiétants.</p>
<ul>
<li>Il y a eu cette lamentable attaque de Cécile Duflot contre une Église qui fait bien plus de social que EELV n'en fera jamais [<sup class='footnote'><a href='#fn-109283-1' id='fnref-109283-1' onclick='return fdfootnote_show(109283)'>1</a></sup>].</li>
</ul>
<ul>
<li>Il y a ce silence du premier ministre ou du ministre de l'intérieur vis-à-vis des actes christianophobes<strong> </strong>comme la dégradation de la<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jaHJpc3RpYW5vcGhvYmllLmZyL2JyZXZlcy9sYS1jaGFwZWxsZS1taWxpdGFpcmUtZGUtdG91bG9uLXByb2ZhbmVl"> chapelle militaire de Toulon</a> ce mois-ci ou celle du cimetière de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yaXBvc3RlLWNhdGhvbGlxdWUuZnIvb2JzLWRlLWxhLWNocmlzdGlhbm9waG9iaWUvcmV0b3VyLXN1ci1sZS1jaW1ldGllcmUtcHJvZmFuZS1kZS1nb3Vzc2FpbnZpbGxlIy5VTm9yUi1RbVpJRQ==">Goussainville</a> en septembre dernier [<sup class='footnote'><a href='#fn-109283-2' id='fnref-109283-2' onclick='return fdfootnote_show(109283)'>2</a></sup>].</li>
</ul>
<ul>
<li>Nous avons aussi le fait de<strong> </strong>s'attaquer à la seule position de l’Église Catholique sur le <em>mariage pour </em>[presque]<em> tous</em><em> </em>(c), alors qu'il s'agit d'un point de vue partagé par les juifs, les musulmans, certains protestants et des politiciens socialistes [<sup class='footnote'><a href='#fn-109283-3' id='fnref-109283-3' onclick='return fdfootnote_show(109283)'>3</a></sup>].</li>
</ul>
<p>Quel est le motif de cet acharnement ? Quelle est la stratégie de François Hollande, président de la République et disciple de Mitterrand ? Faire progresser le Front National pour mobiliser les gauches pour 2014 autour d'une problématique de type 21 avril ? Restaurer la querelle francs-maçons/Églises ? Un motif plus obscur encore ?</p>
<p>La meilleure réaction vient probablement d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F6aXpzZW5uaS5mci9MYW5jZW1lbnQtZGUtTFVESS5hc3A=">Aziz Senni</a><strong>,</strong>entrepreneur, membre fondateur de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI, le parti centriste de Borloo) et apparemment musulman pratiquant également (si on en croit <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ibGFkaS5uZXQvbGl0dGVyYXR1cmUtYmV1cmUtbC1hc2NlbnNldXItc29jaWFsLWVzdC1lbi1wYW5uZS1qYWktcHJpcy1sLmh0bWw=">Bladi.net</a>) :</p>
<blockquote><p>J'aurai aimé que le Président Hollande puisse adresser ses vœux de Joyeux Noël à la communauté Chrétienne comme il l'a fait à juste titre pour la fête de l'Aïd auprès de la communauté musulmane. Ce genre "d'oubli" crée de la division entre les Français par le développement d'un sentiment de traitement inéquitable. À titre personnel, dans l'intérêt du vivre ensemble, pour les principales grandes fêtes religieuses, je souhaite que le Président puisse avoir la délicatesse d'adresser des vœux à chacune des communautés concernées.</p></blockquote>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xlcGFyaXNpZW5saWJlcmFsLmJsb2dzcG90LmZyLzIwMTIvMTIvbm9lbC1mZXRlLWluY29ubnVlLWF1LWJhdGFpbGxvbi1wb3VyLmh0bWw=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-109283'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-109283-1'>Lire : Cécile Duflot paravent des problèmes du gouvernement sur <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hZ29yYXZveC5mci90cmlidW5lLWxpYnJlL2FydGljbGUvZWdsaXNlLWNhdGhvbGlxdWUtY2VjaWxlLWR1ZmxvdC0xMjY5NTI=">Agoravox</a></em>, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb25maWRlbnRpZWxsZXMuY29tL3JlY2hlcmNoZS1ibG9ncy9hcnRpY2xlLTcyOTIxLWVnbGlzZS1jYXRob2xpcXVlLWNlY2lsZS1kdWZsb3QtcGFyYXZlbnQtZGVzLXByb2JsZW1lcy1kdS1nb3V2ZXJuZW1lbnQuaHRtbA==">Confidentielles</a></em> ou <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xlcGFyaXNpZW5saWJlcmFsLmJsb2dzcG90LmZyLzIwMTIvMTIvZWdsaXNlLWNhdGhvbGlxdWUtY2VjaWxlLWR1ZmxvdC5odG1s">Le Parisien Libéral</a></em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-109283-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-109283-2'>Lire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xlcGFyaXNpZW5saWJlcmFsLmJsb2dzcG90LmZyLzIwMTIvMDkvYWJzZW5jZS1kZS1yZWFjdGlvbi1nb3V2ZXJuZW1lbnRhbGUtdW4uaHRtbA==">Absence de réaction gouvernementale à un acte christianophobe</a>, un billet du 17 septembre 2012. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-109283-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-109283-3'>Lire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xlcGFyaXNpZW5saWJlcmFsLmJsb2dzcG90LmZyLzIwMTIvMTEvbWFyaWFnZS1nYXktbGVnbGlzZS1wYXMtZGFucy1zb24tcm9sZS5odG1s">Mariage gay : l'Église "pas dans son rôle" ?</a>, un billet du 4 novembre 2012 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-109283-3'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=109283" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Trève de Noël</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/24/109108-treve-de-noel</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/24/109108-treve-de-noel#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Dec 2012 07:57:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Garello</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets de société]]></category>
		<category><![CDATA[Noël]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous sommes libres de notre Noël. La façon dont nous le vivons est un choix personnel, un choix familial et traditionnel, et même un choix de civilisation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nous sommes libres de notre Noël. La façon dont nous le vivons est un choix personnel, un choix familial et traditionnel, et même un choix de civilisation.</strong><br />
<span id="more-109108"></span><br />
<strong>Par Jacques Garello.</strong><br />
<em>Publié en collaboration avec l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmcv">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwOTExMA==" rel=\"attachment wp-att-109110\"><img class="alignleft size-full wp-image-109110" title="121512_noel" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/121512_noel.jpg?16fe88" alt="" width="266" height="381" /></a>Chez vous, autour de vous, on s’apprête à fêter Noël. « Joyeux Noël » : je vous le souhaite bien sincèrement et amicalement.</p>
<p>Le souhait, la formule, me gênent pourtant. Que Noël apporte la joie, c’est assez banal, et c’est autour de la fête, des cadeaux, des vacances que la plupart des Français vont se retrouver pour un instant unis. Tant mieux. Mais que Noël soit réellement Noël est une toute autre affaire, et ce que nous faisons de Noël, la façon dont nous le vivons est un choix personnel, un choix familial et traditionnel, et même un choix de civilisation – la preuve en est que de très nombreux pays et des milliards d’êtres humains ont des cultures qui ignorent Noël.</p>
<p>Nous voici donc libres de notre Noël. Que voulons-nous en faire ? La fête de la famille et des amis ? La fête des enfants ? La fête religieuse ? La fête de la Nativité ? Peut-être tout cela à la fois, mais le choix qui nous est laissé en toute liberté est à mes yeux déterminant.</p>
<p>Noël, ce peut-être la comtesse du Barry et la Veuve Cliquot, les huîtres et le foie gras. Les gens les plus modestes essayent de s’offrir ce luxe d’une soirée ou d’une nuit. Les nantis (s’il en reste sur le territoire) ne regardent pas à la dépense, et placent la gastronomie de Noël en couronnement d’un séjour au ski ou sous les tropiques. C’est le Noël-parenthèse, celui qui permet de rompre avec un quotidien souvent déprimant, ou de s’éclater en toute inconscience – mais c’est si bon, au moins sur le moment.</p>
<p>Noël, ce peut être le père Noël, les jouets et les cadeaux. Fête de la famille, de l’amitié, de la tendresse. Ce Noël n’a pas très bonne presse, car il évoque la société de consommation, les dépenses inconsidérées, un endettement de plus et pour des cadeaux éphémères, pour des jouets que négligent les enfants pour leur préférer le carton qui les emballe. Il y a bien pourtant cette magie du père Noël, de la cheminée, des souliers, et « croire au père Noël » fait toute la différence entre l’innocence de l’enfant et le souci des parents. Que ces soucis s’évanouissent pour faire place à la joie de la famille est certainement une bonne chose. Que la famille reprenne un instant son sens, qu’elle se recompose après s’être décomposée, qu’elle soit une redécouverte de la joie et de l’amour partagés, voilà qui est certainement souhaitable, et le miracle de Noël opère souvent.</p>
<p>Noël, ce peut être la messe de minuit. Une fête de la religion, où les chrétiens se retrouvent ; certains vont peut-être fréquenter une église qu’ils ne visitent que rarement, et personne n’y sera indifférent. Noël peut donc nous rappeler que la religion tient une place dans notre vie, et que nous partageons la même foi avec des millions d’êtres humains. Des millions qui connaissent dans certains pays l’exclusion, la persécution, voire même le martyre. Nous pensons en particulier aux Chrétiens d’Orient soumis aux violences fanatiques. Noël cesse alors d’être porteur de joie pour devenir acte de foi, affirmation d’une culture. C’est hélas quelque chose que les beaux esprits ignorent, caricaturent ou méprisent. Comme ceux qui refusent de reconnaître les racines judéo-chrétiennes de la civilisation. Qu’est-ce qu’un peuple profane, qui a chassé la religion de ses valeurs de référence, peut opposer au fanatisme le plus aveugle, le plus criminel ? Et peut-on nier à l’être humain sa dimension religieuse, sa quête de Vérité ? L’Occident se trouve bien désarmé quand il évacue de la société la moindre valeur morale et spirituelle pour s’adonner au « post-modernisme » qui prêche le nihilisme, le relativisme, pour nier ou défigurer la liberté et la dignité de la personne humaine.</p>
<p>Noël, ce peut être encore la crèche de l’enfant Jésus, la fête de la Nativité. Elle donne un message, elle porte un espoir. Le message c’est celui de l’amour des autres, que l’on nomme encore charité – au sens plein du terme. C’est la reconnaissance de l’unité et de l’universalité de la famille humaine, qui mêle le pauvre et le riche, les bergers et les rois mages, le voisin et l’étranger. L’espoir, c’est celui de l’étoile, qui nous amène à regarder plus haut, à chercher la voie de la vérité, de la perfection, mais aussi du pardon pour les erreurs d’une humanité imparfaite. L’étoile est le symbole de l’espoir. Elle nous rappelle que la Nativité prend tout son sens dans la Résurrection. Elle nous détourne de la violence, du fanatisme, pour nous engager dans la paix et la compréhension, entre nous, entre les peuples.</p>
<p>Le Noël de la joie est une parenthèse, le Noël de la foi est un chemin. L’un est un divertissement, l’autre un engagement. Les lampions de la fête s’éteignent progressivement, et le lendemain tout serait ténèbres si n’existait pas l’étoile de l’espoir. Libre à vous d’en rester à la joie, qui pour être éphémère n’en est pas moins respectable et même indispensable, mais libre à vous d’ajouter la foi à la joie, et de croire dans l’avènement d’une civilisation de l’amour. Avec la foi et la charité nous pourrons retrouver l’espérance. Du moins pouvons-nous y travailler. Joyeux Noël.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmcvY29tcG9uZW50L2NvbnRlbnQvYXJ0aWNsZS8zOS1lZGl0b3JpYWwvMjgzNy1ub2VsLWRlLWxhLWpvaWUtbm9lbC1kZS1sYS1mb2kuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=109108" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le chauffage du couvent et la séparation de l&#039;Église et de l&#039;État</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/15/108031-le-chauffage-du-couvent-et-la-separation-de-leglise-et-de-letat</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/15/108031-le-chauffage-du-couvent-et-la-separation-de-leglise-et-de-letat#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 15 Dec 2012 06:33:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roseline Letteron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Séparation de l'Eglise et de l'Etat]]></category>

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		<description><![CDATA[La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, dépassée car incarnant une laïcité de combat ? Pas vraiment...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La loi de séparation de l’Église et de l'État, dépassée car incarnant une laïcité de combat ? Pas vraiment...</strong></p>
<p><strong>Par Roseline Letteron.</strong><span id="more-108031"></span></p>
<div id="attachment_108032" class="wp-caption alignleft" style="width: 237px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzEyL0NoYXJ0cmV1c2UtdmVydGUucG5n"><img class="size-medium wp-image-108032" title="Chartreuse verte" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Chartreuse-verte-227x300.png?16fe88" alt="" width="227" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Instrument de chauffage écologique des moines Chartreux ?</p></div>
<p>Certains considèrent aujourd'hui que la loi de séparation de l’Église et de l'État est dépassée, car trop dogmatique, trop autoritaire, incarnant une laïcité de combat qui n'aurait plus cours aujourd'hui. Le combat pour la laïcité n'a pourtant pas disparu, comme en témoignent les débats qui ont précédé la loi sur la dissimulation du visage dans l'espace public, ou ceux qui se développent aujourd'hui sur le mariage pour tous.</p>
<p>Or la loi de 1905 demeure un instrument juridique indispensable pour distinguer clairement l'espace de la vie privée de celui de la vie publique. Dans le premier, les libertés de religion et de culte peuvent s'épanouir librement, dans le second en revanche, les convictions religieuses ne peuvent s'exprimer. Cette longévité de la loi de 1905 s'explique précisément par l'absence de ce dogmatisme que certains croient pourtant déceler dans ses dispositions.</p>
<p>Un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2FyaWFuZWludGVybmV0LmNvbnNlaWwtZXRhdC5mci9hcmlhbmVpbnRlcm5ldC9nZXRkb2MuYXNwP2lkPTE5NTg5MCZhbXA7Zm9uZHM9RENFJmFtcDtpdGVtPTE=" target=\"_blank\">arrêt du Conseil d’État rendu le 26 novembre 2012 </a>illustre parfaitement ce pouvoir d'adaptation. Comme chacun sait, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dzIuYWRlbWUuZnIvc2VydmxldC9LQmFzZVNob3c/c29ydD0tMSZhbXA7Y2lkPTk2JmFtcDttPTMmYW1wO2NhdGlkPTEzMDg5" target=\"_blank\">ADEME</a>) est un établissement public industriel et commercial, dont l'objet est de participer à la mise en œuvre des politiques publiques en matière d'économie d'énergie (art. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoQ29kZUFydGljbGUuZG8/aWRBcnRpY2xlPUxFR0lBUlRJMDAwMDA2ODMyOTQ1JmFtcDtjaWRUZXh0ZT1MRUdJVEVYVDAwMDAwNjA3NDIyMCZhbXA7ZGF0ZVRleHRlPTIwMTAwODEwJmFtcDtvbGRBY3Rpb249cmVjaENvZGVBcnRpY2xl" target=\"_blank\">L 131-3 c. environnement</a>). À ce titre, elle offre des aides directes à la réalisation de certains projets, notamment en matière d'économie d'énergie. La congrégation religieuse de la<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jaGFydHJldXgub3JnL2ZyL21haXNvbnMvcG9ydGVzL2luZGV4LnBocA==" target=\"_blank\"> Chartreuse de Portes</a>, installée dans l'Ain, sollicite justement l'une de ces subventions, afin de l'aider à installer une chaudière à bois qui permettrait de chauffer les moines en utilisant les ressources d'une région largement boisée.</p>
<p>Rien de très choquant dans l'objet des travaux qui entrent parfaitement dans les missions dévolues à l'ADEME, celle-ci développant à l'époque des faits un "plan bois énergie" qui préconise l'installation de ce type de chaudière. La subvention demandée est pourtant refusée aux Chartreux, au motif que cette communauté a des activités liées au culte, et que l'article 2 de la loi de 1905 énonce que "<em>La République (...) ne subventionne aucun culte</em>". Ce refus est successivement annulé par la Cour administrative d'appel, puis par le Conseil d’État, qui s'appuient sur une jurisprudence libérale dans ce domaine.<strong></strong></p>
<p><strong>L'interdiction de subvention, un champ d'application étroit</strong></p>
<p>L'article 2 conduit à considérer comme illégale toute subvention versée directement aux associations cultuelles, groupements créés sur le fondement de la loi de 1905 et dont l'objet exclusif est l'exercice public du culte. Cette interdiction ne concerne cependant que l'activité cultuelle, au sens le plus étroit du terme. Le droit positif se montre donc beaucoup plus libéral, lorsque la subvention ne vise pas directement l'exercice du culte.</p>
<p>D'une part, la loi de 1905 elle-même prévoit ses propres dérogations, avec par exemple la possibilité, pour la collectivité publique, de subventionner des aumôneries dans les services publics, l'armée ou l'enseignement. D'autre part, aucune loi n'interdit de rémunérer des prestations spécifiques. Dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUFkbWluLmRvP2lkVGV4dGU9Q0VUQVRFWFQwMDAwMDgwNTA1OTYmYW1wO2Zhc3RSZXFJZD00NzY5OTk1MCZhbXA7ZmFzdFBvcz0yJmFtcDtvbGRBY3Rpb249cmVjaEp1cmlBZG1pbg==" target=\"_blank\">arrêt du 27 juillet 2001</a>, le Conseil d’État estime ainsi que la rémunération versée par l'administration pénitentiaire à une congrégation pour le soutien et la prise en charge de détenus n'est pas contraire à la loi de 1905.</p>
<p>Enfin, et c'est précisément la dérogation invoquée dans l'affaire de la chaudière à bois de nos Chartreux, rien n'interdit le financement public d'activités non religieuses assurées par des organismes à caractère confessionnel. Il est vrai que, la plupart du temps, cette faculté est facilitée par la constitution d'une association de la loi de 1901, indépendante de la communauté religieuse, et qui pourra recevoir la subvention pour développer une activité, par exemple de soin ou d'enseignement. Même en l'absence de ce type de structure, le Conseil d’État considère, dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEyLzA1L2xhaWNpdGUtbmV1dHJhbGl0ZS1ldC1zdWJ2ZW50aW9ucy5odG1s" target=\"_blank\">arrêt du 4 mai 2012</a>, que la ville de Lyon peut financer un colloque organisé par une congrégation, dès lors que cette manifestation est ouverte à tous et reçoit des participants de confessions différentes.<strong></strong></p>
<p><strong>L'intérêt général</strong></p>
<p>In fine, c'est la notion d'intérêt général qui guide le juge. La subvention est, en effet, licite si elle répond à un besoin d'intérêt général entièrement dépendant des aspects religieux de l'activité du demandeur. C'est sur ce fondement que, dans une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDExLzA3L2N1bHRlcy1sZXRlcm5lbGxlLWpldW5lc3NlLWRlLWxhLWxvaS1kZS5odG1s" target=\"_blank\">décision du 19 juillet 2011</a>, le Conseil d’État a considéré que la mise à disposition des musulmans d'un lieu d'abattage des ovins par une communauté urbaine n'a pas pour objet de financer un culte, mais répond à une préoccupation d'intérêt général, en l'espèce la protection de l'hygiène publique. Dès lors, il est parfaitement logique de considérer que la chaudière à bois des Chartreux est d'abord considéré comme l'instrument d'une politique d'économie d'énergie qui touche l'ensemble de la population, cloitrée ou non.</p>
<p>Cette jurisprudence témoigne de la grande souplesse de la loi de 1905. Car nul n'ignore que le culte va bénéficier, en quelque sorte par ricochet, de ces aides publiques. Lorsqu'une commune restaure l'orgue de l'église, elle permet l'organisation de concerts, mais aussi d'une grand-messe du dimanche un peu plus attractive. Lorsque l'ADEME donne une subvention pour le chauffage des Chartreux, elle leur permet d'avoir moins froid, y compris pendant les offices. Mais la lutte contre le rhume est aussi une politique d'hygiène publique.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5jb20vMjAxMi8xMS9sZS1jaGF1ZmZhZ2UtZHUtY291dmVudC1ldC1sYS1sb2ktZGUuaHRtbA==" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=108031" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Café Liberté - Jean-Louis Harouel : Le vrai génie du christianisme</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/04/106495-cafe-liberte-jean-louis-harouel-le-vrai-genie-du-christianisme</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/04/106495-cafe-liberte-jean-louis-harouel-le-vrai-genie-du-christianisme#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 04 Dec 2012 06:30:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Driancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Harouel]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

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		<description><![CDATA[La modération de la religiosité, voire son abandon, sont-ils au cœur du développement occidental ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La modération de la religiosité, voire son abandon, sont-ils au cœur du développement occidental ? Le Café Liberté reçoit Jean-Louis Harouel pour traiter de cette question, et de bien d'autres.</strong><br />
<span id="more-106495"></span><br />
<strong>Par Xavier Driancourt.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwNjUxNA==" rel=\"attachment wp-att-106514\"><img class="alignleft  wp-image-106514" title="le-vrai-genie-du-christianisme-laicite-liberte-developpement" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/le-vrai-genie-du-christianisme-laicite-liberte-developpement.jpg?16fe88" alt="" width="215" height="342" /></a>Cette séance organisée par le Café Liberté en collaboration avec l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2luc3RpdHV0ZGVzbGliZXJ0ZXMub3Jn">Institut des Libertés</a> (*) et l'association Coucou Watcher se tiendra le lundi à 20h00 à l'Espace Coucou Watcher, 20 rue Danielle Casanova, 75002 Paris (M° Opéra, Tuilerie, Madeline ou Pyramide). Si vous souhaitez participer au verre de l'amitié qui suivra, vous êtes invités à apporter une boisson ou des amuses gueules ou une contribution de 5 Euros.</p>
<p>La séance aura pour thème : le rôle historique du christianisme et de sa laïcité dans le développement occidental.</p>
<p>Nous aurons l'honneur de recevoir Jean-Louis Harouel à l'occasion de la publication de son ouvrage <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yODY1NTMyMzgwP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Le vrai génie du christianisme</em></a>. Professeur d'histoire du droit, spécialiste de sociologie des cultures, diplômé de Sciences-Po, disciple de l'économiste Jean Fourastié, Jean-Louis Harouel est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages d'une écriture limpide, souvent remarqués par la critique, tels <em>Culture et contre cultures</em> publié en 1992 pour lequel il reçoit un prix de l'Académie des sciences morales.</p>
<p>Le développement économique et technologique est apparu en Occident chrétien, avant de se diffuser à d'autres civilisations qui se teintent alors de valeurs chrétiennes et occidentales. Quelles sont les relations entre ce bouleversement historique et le christianisme ? Jean-Louis Harouel a cherché a répondre à cette question fondamentale. Passant en revue les différentes caractéristiques spécifiques à l'Occident et au christianisme, les comparant à celles des autres grandes civilisations telles la Grèce antique, l'Islam, l'Inde ou la Chine, Jean-Louis Harouel attribue l'origine de ce miracle à la laïcité chrétienne, effectuant le distinguo entre temporel et spirituel, permettant à la société productive de se libérer des conservatismes et de la pensée magique qui freinent puissamment l'innovation dans la plupart des civilisations. Le christianisme lui apparait ainsi, selon l'expression de Marcel Gauchet, comme "la religion de sortie des religions", posant alors la perspective de l'éventuelle désintégration de sa propre matrice philosophico-antropologique qui s'est avérée extraordinairement propice au développement.</p>
<p>Pourquoi le développement économique et technologique est-il apparu en Occident chrétien ? Quelles sont les composantes de la philosophie ou des institutions chrétiennes qui ont contribué à cette rupture historique ? La laïcité chrétienne en est-elle le principal facteur ? Les autres grandes civilisations en sont-elles originellement privées ? La modération de la religiosité, voire son abandon, sont-ils au cœur du développement occidental ? Sont-ils pérennes ou portent-ils le germe d'un abâtardissement de leur société hôte menaçant finalement le développement ? C'est autour de ces questions que nous vous proposons de débattre le lundi 10 décembre à 20h00 à l'Espace Coucou Watcher, 20 rue Danielle Casanova, 75002 Paris !</p>
<p>----<br />
(*) L'Institut des Libertés est présidé par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL2F1dGhvci9jaGFybGVzLWdhdmUv">Charles Gave</a>, économiste, financier et essayiste, auteur notamment d'<em>Un libéral Nommé Jésus</em>.</p>
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		<title>Jésus-le-libéral !</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Nov 2012 09:23:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Bouchat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[jésus]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[ultra-libéralisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Liés par leur recherche commune de la Liberté des hommes, christianisme et libéralisme peuvent travailler de concert, sans nuire à la laïcité de notre société.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Liés par leur recherche commune de la Liberté des hommes, christianisme et libéralisme peuvent travailler de concert, sans nuire à la laïcité de notre société.</strong><br />
<span id="more-105639"></span><br />
<strong>Par Philippe Bouchat, depuis la Belgique.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMjUvMTA1NjM5LWplc3VzLWxlLWxpYmVyYWwvamVzdXMtMzAweDMwMA==" rel=\"attachment wp-att-105656\"><img class="alignleft  wp-image-105656" title="Jesus-300x300" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/11/Jesus-300x300.jpg?16fe88" alt="" width="270" height="270" /></a>Je vis en Belgique, dans une société complètement déchristianisée avec de forts accents antireligieux. L’Église catholique romaine – celle qui m’a baptisé – a un gros problème de communication (doux euphémisme). Elle est souvent raillée, moquée, méprisée. Cela est même devenu tendance que de cracher son venin sur l’Église. C’est dans ce contexte hostile que l’Eglise de Belgique a dû affronter le scandale des prêtres pédophiles, ajoutant le discrédit total et la langue rageuse contre le clergé. Être chrétien, catholique de surcroît, est donc nager assurément à contre-courant dans les eaux troubles du rejet, de la moquerie et de l’incompréhension.</p>
<p>Professer sa foi dans le libéralisme n’est guère plus facile. L’écrasante majorité des médias, de la gauche, des syndicats et de ses adversaires entretiennent à escient la confusion entre le libéralisme authentique – la foi en la liberté – et l’ultralibéralisme des requins de la finance débridée et folle qui fait crever les gens en les asservissant !</p>
<p>Aujourd’hui plus que jamais être libéral implique de lutter de toutes ses forces contre cette malhonnêteté intellectuelle répandue. <strong>Le libéral est toujours du côté de celui qui émancipe et non de celui qui opprime.</strong> Les mots ont pourtant un sens : un ultralibéral n’est pas un libéral ; il est « ultra », au-delà ou plutôt au-dessus du libéral pour mieux l’écraser, l’opprimer, l’asservir. Mais la confusion est savamment entretenue de telle sorte que le libéralisme est devenu un mot grossier et que de s’afficher libéral est considéré comme de la provocation.</p>
<p>Et pourtant ! Oui, je suis libéral ! Oui je suis chrétien ! Que m’importe le prix à payer (cela m’a déjà bien coûté). La liberté, ma liberté est de croire profondément, sincèrement et résolument que le bonheur (le salut) passe par l’émancipation de chaque individu, de moi mais aussi de mes semblables.</p>
<p>Faut-il rappeler que notre civilisation occidentale s’est construite sur la Raison grecque, le Droit romain et la Foi chrétienne. Depuis l’avènement du socialisme dans la seconde partie du XIXème siècle, notre société est frappée par la déconstruction de ce qui l’a fondée : la recherche de la Liberté, qui a engendré le libéralisme, est remplacée par la licence (« je fais ce que je veux ») et l’hédonisme sans limite (« seul ce qui me plaît a de la valeur ») ; le christianisme se réduit quant à lui comme peau de chagrin suite aux coups de butoir incessants de la sécularisation et de l’athéisme matérialiste. Partout, le constructivisme – cet enfermement de la vie – prend le pas sur le désir de Liberté. Pire : les libéraux et les chrétiens sont pointés comme les causes des crises économiques et sociales actuelles : les premiers sont confondus avec les requins sans scrupule que sont les ultra-libéraux qui sont pourtant l’antithèse du libéralisme authentique ; les seconds sont accusés d’obscurantisme et d’en vouloir à la vie des Modernes…</p>
<p>Nonobstant cette fronde moderne, j’ose pourtant, contre vents et marées, faire le pari de l’actualité du libéralisme authentique et du christianisme. Mieux : j’affirme clairement que ces deux courants de pensée sont dignes d’éloges et sont à ce point liés par leur recherche commune de la Liberté des hommes, qu’ils peuvent travailler de concert, sans nuire à la nécessaire laïcité de notre société.</p>
<p>Peut-on être libéral sans être chrétien ? Assurément oui. Peut-on être chrétien sans être libéral ? Oui. Libéral ou chrétien : le « ou » peut clairement être disjonctif (soit l’un, soit l’autre). Mais, libéral et chrétien ? Est-ce antinomique ? Au contraire : n’y a-t-il pas une plus-value à être à la fois libéral et chrétien ?</p>
<p>Cette question est importante : elle se situe bien au-delà de la remarque linguistique. Elle concerne la possibilité (ou non) de vivre la liberté de manière unifiée, sans être écartelé entre le pôle rationnel du libéralisme et le pôle religieux de la foi. Cette question se situe non seulement sur le plan des idées, mais aussi du concret de nos existences. Qu’elle appelle une réponse négative et c’est en effet la voie ouverte à l’intolérance, le planisme de gauche et de droite, la lutte renouvelée des classes, l’abandon de la laïcité bien comprise, le règne sauvage du laisser-aller ; bref, dissocier libéralisme et foi, c’est entrer dans l’univers de la licence et du dogmatisme mortifère. Voilà pourquoi je préférerai toujours Jésus-le-libéral à Karl Marx !</p>
<p>Lire aussi :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI4NDk0MTAyMDkvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTI4NDk0MTAyMDkmYW1wO2FkaWQ9ME0yUzJEQlY5UlZXOVJSMVhDN0UmYW1wOw==" target=\"_blank\">Un libéral nommé Jésus</a></li>
</ul>
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		<item>
		<title>L’islam et les musulmans : entre l’implication et l’innocence</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/11/01/102732-lislam-et-les-musulmans-entre-limplication-et-linnocence</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/11/01/102732-lislam-et-les-musulmans-entre-limplication-et-linnocence#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Nov 2012 08:20:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Soufiane Kherrazi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nation et immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[communauté]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[législation islamique]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>

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		<description><![CDATA[La responsabilité de combattre la diffusion des discours négatifs qui accusent en permanence l’islam et les musulmans incombe, en grande partie, à la société civile arabe et musulmane. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La responsabilité de combattre la diffusion des discours négatifs qui accusent en permanence l’islam et les musulmans incombe, en grande partie, à la société civile arabe et musulmane.</strong></p>
<p><strong>Par Soufiane Kherrazi, depuis le Maroc.</strong><br />
<span id="more-102732"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMDEvMTAyNzMyLWxpc2xhbS1ldC1sZXMtbXVzdWxtYW5zLWVudHJlLWxpbXBsaWNhdGlvbi1ldC1saW5ub2NlbmNlL3N0b3AtaXNsYW1vcGhvYmll" rel=\"attachment wp-att-102735\"><img class="alignleft  wp-image-102735" title="stop islamophobie" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/stop-islamophobie.jpg?16fe88" alt="" width="320" height="196" /></a>Aujourd’hui comme avant et sans doute plus qu’avant, les sociétés contemporaines surtout occidentales font de l’islam une question qui, de plus en plus, tend à s’affranchir de sa dimension religieuse. Elles jouent la carte de l’islamophobie, de la peur ou encore de la terreur non seulement pour justifier l’échec du multiculturalisme ou pluralisme socioculturel, mais aussi et en faisant sortir l’islam de sa sphère religieuse, pour parvenir à des fins politiques et électoralistes.</p>
<p>Mais la particularité occidentale de cette instrumentalisation est désormais une donnée du passé, car aujourd’hui et de façon très inquiétante, ces mêmes propos, en suivant une logique de généralisation, sont aussi bien présents au sein des sociétés majoritairement musulmanes. En d’autres termes, cette normalisation binaire, importée de manière inaperçue, a su comment se trouver une place même dans les sociétés arabes. Cela se voit clairement au niveau des termes utilisés dans les débats et discours politiques ou identitaires où sont distinguées - comme en occident - deux entités : « Nous, les Musulmans » et « Eux, les Islamistes », alors qu’en principe [<sup class='footnote'><a href='#fn-102732-1' id='fnref-102732-1' onclick='return fdfootnote_show(102732)'>1</a></sup>], islam et islamisme, et donc musulman et islamiste, sont deux termes qui désignent la même chose.</p>
<p>Certes, cette binarité Islamiste contre Musulman trouve sa source dans les actes et les attentats terroristes qui ont été commis au nom de l’islam à travers le monde par certains extrémistes et dont profitent les courants politiques anti-islamistes afin de stigmatiser l’image des musulmans dans le monde du seul fait de leur appartenance religieuse. Face à ces critiques, parfois légitimes mais souvent irrationnelles et incompréhensibles, il ne faut plus, en tant que musulmans et musulmanes, adopter l’attitude victimaire en s’isolant, en se déconnectant ou en se retirant du débat public. Sinon, il se peut que cette position défensive provoque l’islamisation de nouvelles questions (immigration, intégration, violence...) qui n’ont rien à voir avec l’islam et qui exigent des solutions politiques et non religieuses. Pour s’en défendre, il est urgent de se faire publiquement entendre à travers l’élaboration d’une approche islamique logique et raisonnable, transparente et saine, loin des lectures monolithiques et des interprétations radicales qui ne représentent pas les valeurs de l’islam.</p>
<p>Sur le plan individuel, cela signifie d’abord qu’au sein de ces communautés arabes majoritairement musulmanes, il doit y avoir une réconciliation des individus avec les convictions et les valeurs  islamiques qui sont, en principe, les leurs. Sans cela, c'est-à-dire sans être fiers de leur appartenance religieuse (1), sans avoir confiance en leurs convictions (2) et sans être porteurs d’un discours clairement net découlant d’une meilleure connaissance (3), les musulmans ne pourront pas, pour ne pas dire à jamais, faire bouger, dynamiser et changer les choses, pour la simple raison que c’est sur ces trois attitudes (1,2 et 3), que les musulmans doivent aussi manifester à l’égard de leur communauté, que se joue l’avenir de la société arabo-berbéro musulmane dans son ensemble.</p>
<p>Ensuite et une fois que la réconciliation est faite, la conformité vient et s’impose. En effet, l’islamité de l’individu ne se mesure pas uniquement par ses paroles, mais aussi et surtout par ses actes. Dire sans faire est plus dangereux qu’inutile. En ce sens, chaque musulman puisqu’il agit normalement au nom de l’islam, traduit et représente les valeurs de celui-ci, est appelé à se comporter de façon conforme aux enseignements islamiques autant que possible, sans excès ni laxisme. Cette conformité, bien évidemment, n’a jamais été aussi difficile, car elle doit viser les finalités du message plutôt que de se limiter littéralement ou se conformer textuellement à la lettre. Ainsi, cette difficulté vient à la fois de la spécificité du discours islamique et de son universalité ; l’islam est unique mais son message est universel, en d’autres termes, le texte coranique est un mais ses lectures sont plurielles, il est extrêmement simple mais profondément très complexe. Raison pour laquelle, en islam, il faut toujours chercher à adapter le texte divin au contexte humain en faisant appel aux méthodes inductives et déductives de l’enseignement traditionnel musulman. Tout cela pour dire que, avant de juger ou d’appliquer les prescriptions islamiques, il faut absolument avoir une lecture globale au niveau de laquelle la maturation sociale, l’évolution en permanence de la communauté et toutes les autres dimensions auxquelles le message s’adresse sont prises en compte.</p>
<p>Sur le plan collectif, national et international, la responsabilité de combattre la diffusion des discours négatifs qui accusent en permanence l’islam et les musulmans incombe, en grande partie, à la société civile arabe et musulmane. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’au sujet de l’arrivée avec puissance des islamistes modérés à la tête de leur État (vainqueurs, entre autres, de « la mise en scène du changement dans le monde arabe » en passant rapidement de la conquête du pouvoir à l‘exercice de celui-ci), notamment autour de leurs modalités de prise de pouvoir, apparaissent une multitude d’interrogations, voire d’incertitudes auxquelles cette société civile doit, dans le respect de la diversité, apporter des réponses, de même qu'elle doit s’engager à dialoguer, à expliquer et à dire ce qui est de l’islam et ce qui n’en est pas, même si elle connaît d’avance le degré de neutralité, d’objectivité et de légitimité de ces questions à géométrie variable « que l’on ne posait pas aux dictateurs quand ils étaient alliés, et que l’on aborde actuellement quand il s’agit des islamistes au pouvoir ». Il est impératif donc d’avoir conscience de ces enjeux politiques et idéologiques, régionaux et géostratégiques avant de s’engager, collectivement, dans la reformulation de ces controverses intra-communautaires.</p>
<p>La législation islamique fait aussi source de tentions et objet d’un lot de questionnements : le besoin d'analyse s’avère urgent. Il appartient aux musulmans, savants et intellectuels, de bien saisir en premier lieu les objectifs de la charia pour observer la finalité que vise le législateur dans les différents domaines de la vie : la protection de la société, de la liberté des individus pour veiller à leurs affaires, les inciter à s’attacher aux valeurs du travail, de l’investissement, de l’exploitation des ressources de la terre et de la production… Il leur revient en second lieu de mener une étude de fond à ce niveau pour contextualiser, et par conséquent élargir, le cadre de la législation islamique en y intégrant toutes les interprétations et lectures possibles, et finalement d’établir des solutions islamiques qui peuvent s’ajuster à leur situation tout en reconnaissant la diversité des tendances qui s’expriment au sein de la société.</p>
<p>Cette nouvelle formulation du droit musulman, à laquelle nous appelons les sociétés musulmanes de faire preuve, s’illustre mieux avec la façon dont Omar Ibn Al Khattab [<sup class='footnote'><a href='#fn-102732-2' id='fnref-102732-2' onclick='return fdfootnote_show(102732)'>2</a></sup>] a changé certaines lois de la législation islamique qui paraissaient - aux yeux des musulmans - avoir eu un caractère immuable. En effet, « il a décidé de suspendre au nom des finalités de la charia l’application de la peine sanctionnant les voleurs et ce, pendant une année marquée par la famine ; crise alimentaire et de pauvreté généralisée ». Son intelligence en la matière lui a permis donc de rendre justice à l’égard des pauvres qu’ils étaient dans la nécessité, voire dans l’obligation de voler pour survivre.<em> </em></p>
<p>De ce point de vue donc et en terme général, qu’il s’agisse d’un État religieux, civil ou laïc, ce n’est point la nature ou la qualification du pouvoir qui compte en entrant dans un débat vide sur le meilleur des États possible. Ce qui compte, en fait, c’est de concevoir une communauté où tous les individus, femmes et hommes, pauvres ou riches, savants ou illettrés, d’Orient ou d’Occident, musulmans ou non, jouissent de la sécurité, de la liberté, de l’égalité des chances, et du respect de leur dignité. En ce sens, l’islam doit être perçu, dans son rapport avec la société musulmane, comme étant le référentiel national qui va de pair avec l’attachement aux valeurs d’ouverture, de paix, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle et la coexistence entre toutes les communautés, les religions, les cultures et les civilisations du monde. Certes, il reste strict quant aux piliers, aux constantes ainsi qu’à certains principes fondamentaux, mais, en fait, il promeut et suit la voie de la modération et de la flexibilité dans la pratique en proposant des adaptations selon le contexte, l’environnement et l’époque.</p>
<p>Récemment, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9hc3NldHMvcGRmL3NvbmRhZ2UtaXBzb3MtaXNsYW0tZnJhbmNlLnBkZg==">un sondage exclusif de l’Ifop</a> pour <em>Le Figaro</em> lors d’une étude sur l’image de l’islam en France publiée en Octobre 2012 [<sup class='footnote'><a href='#fn-102732-3' id='fnref-102732-3' onclick='return fdfootnote_show(102732)'>3</a></sup>], montre qu’au sein de la société française le rejet, la méfiance et la tension s’installent davantage vis-à-vis de l’islam et des musulmans.</p>
<div id="attachment_102736" class="wp-caption aligncenter" style="width: 503px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMDEvMTAyNzMyLWxpc2xhbS1ldC1sZXMtbXVzdWxtYW5zLWVudHJlLWxpbXBsaWNhdGlvbi1ldC1saW5ub2NlbmNlL3NvbmRhZ2UtaWZvcC1maWdhcm8=" rel=\"attachment wp-att-102736\"><img class="size-full wp-image-102736" title="sondage ifop figaro" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/sondage-ifop-figaro.jpg?16fe88" alt="" width="493" height="1071" /></a><p class="wp-caption-text">Source : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9hY3R1YWxpdGUtZnJhbmNlLzIwMTIvMTAvMjQvMDEwMTYtMjAxMjEwMjRBUlRGSUcwMDcwMC1sLWltYWdlLWRlLWwtaXNsYW0tc2UtZGVncmFkZS1mb3J0ZW1lbnQtZW4tZnJhbmNlLnBocA=="><em>Le Figaro</em></a>.</p></div>
<p>« Notre sondage démontre une évolution qui va dans le sens d'un durcissement supplémentaire des Français vis-à-vis de cette religion et d'une perception négative renforcée de l'islam… », explique Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP. En effet, quand on demande aux sondés les facteurs justificatifs de leur position, « les traits d'image associés globalement à l'islam » arrivent en tête de leurs réponses. Cela confirme bien ce que nous avons avancé, notamment sur la façon dont la question de l’islam est perçue. En lisant l’intégralité des résultats [<sup class='footnote'><a href='#fn-102732-4' id='fnref-102732-4' onclick='return fdfootnote_show(102732)'>4</a></sup>] de cette étude, que l’on peut qualifier d’<strong>inquiétants</strong> pour la France elle-même, nous nous rendons compte que la confusion est générale, que les controverses sociopolitiques, locales et régionales au travers desquelles la question de l’islam est soulevée sont en principe des problèmes sociaux liés essentiellement à l’intégration sociale, à l’homogénéité culturelle et surtout à l’immigration, et que finalement nous devrions, à présent, faire face à cette nouvelle tendance - qui se normalise au sein de toutes les communautés contemporaines - de dépolitisation, voire d’islamisation de tels dysfonctionnements.</p>
<p>Enfin, sont nombreux les amalgames qui ont attisé les peurs dans nos sociétés, mais au bout du compte « Islamistes ou laïcs, socialistes ou libéraux, barbus ou glabres, voilées ou dévoilées, musulmans ou non, nous sommes condamnés à vivre ensemble ». Si tel est le cas, il est donc préférable pour toutes les musulmanes et tous les musulmans de faire preuve individuellement de modération, collectivement de modernisation, et intellectuellement d’intelligence, tout en préservant les valeurs intrinsèques qui sont les leurs. En France ou ailleurs, ils sont tenus de « se conformer aux lois des pays où ils vivent, tout comme ils peuvent revendiquer leurs droits en s’acquittant de leurs devoirs conformément aux lois en vigueur et sans conflit avec les préceptes islamiques ». Face aux actes inhumains qui sont commis en leur nom et les accusations logiques qui en découlent, ils doivent s’exprimer, se montrer et s’opposer aux tentatives d’instrumentalisation de leur religion surtout face à la « montée impressionnante de l’extrême droite, non anti-juive cette fois-ci, mais radicalement islamophobe ». Avec des telles attitudes, arriverons-nous un jour à sortir l’islam et les musulmans de ces ténèbres de l’implication vers la lumière de l’innocence ? « La question est capitale pourtant et de la clarté de son explication dépend l’orientation de notre engagement ».</p>
<p>----<br />
<strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-102732'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-102732-1'>L'un met l'accent sur les individus alors que l’autre sur la communauté (ensemble d’individus) et donc par conséquent, le premier est un credo personnel, le second une idéologie pas nécessairement politique, économique ou sociale. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-102732-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-102732-2'>Le deuxième Calife et le premier à être appelé Commandeurs des croyants. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-102732-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-102732-3'>Le document présentant les résultats de cette étude effectuée par l’IFOP : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9hc3NldHMvcGRmL3NvbmRhZ2UtaXBzb3MtaXNsYW0tZnJhbmNlLnBkZg==">http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/sondage-ipsos-islam-france.pdf</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-102732-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-102732-4'>En voici le résumé :
<p>Le sondage Ifop pour Le Figaro révèle la dégradation de l’image de l’islam en France. Aux yeux de 69% des Français, la société est suffisamment ouverte et accueillante vis-à-vis des musulmans. Pourtant, 60% des interviewés considèrent que l’influence et la visibilité de l’islam en France sont aujourd’hui trop importantes, contre 55% il y a deux ans. 43% des Français jugent par ailleurs aujourd’hui que la présence d’une communauté musulmane en France est une menace pour l’identité de notre pays, 17% considérant à l’inverse qu’elle est un facteur d’enrichissement. Un tiers des Français (33%) estime néanmoins que les musulmans sont bien intégrés dans la société française. Cette perception évolue peu, puisque 32% partageaient cet avis en 2010. Les Français associent ces problèmes d’intégration à un refus des personnes concernées de s’intégrer (68%, +7 points en deux ans) ainsi qu’aux différences culturelles (52%, +12). Ils regrettent également que les musulmans soient regroupées dans certains quartiers (47%, +10) et que les difficultés économiques et le manque de travail (25%) entravent cette intégration. On note ensuite que 18% des Français se disent favorables à l’édification de mosquées en France lorsque les croyants le demandent (contre 33% en 1989 et 20% en 2010), 43% y étant opposés (39% en 2010) et 34% indifférents. Parmi les autres enseignements de l’enquête, on note que 68% des Français sont hostiles à l’existence de partis politiques ou de syndicats se référant à l’islam (ce score s’établissant au même niveau qu’en 1989). Enfin, signe que les mentalités évoluent, 45% des interviewés sont défavorables à l’élection d’un maire musulman dans la commune où ils habitent, contre 63% en 1989.</p>
<p>Jérôme Fourquet sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZm9wLmNvbS8=">http://www.ifop.com</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-102732-4'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
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