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	<title>Contrepoints &#187; Contrepoint</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>Les banques centrales, hautement néfastes pour tous</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jul 2012 06:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Merzeau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[banques centrales]]></category>
		<category><![CDATA[réserves fractionnaires]]></category>

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		<description><![CDATA[La banque centrale n’est rien plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés en contrôlant les taux d’intérêt. Les français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Les français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour eux?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La banque centrale n’est rien de plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés en contrôlant les taux d’intérêt. Les Français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Les Français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour eux?</strong></p>
<p><strong>Par Nicolas Merzeau.</strong><span id="more-89995"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9wPTkwMDc4" target=\"_blank\"><em>Article en contrepoint de celui de George Selgin.</em></a></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMTMvODk5OTUtY29tbWVudC1sZXMtYmFucXVlcy1jZW50cmFsZXMtZGV0cnVpc2VudC1sZS1tb25kZS9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50czQ0MC1jYXJ0ZWwtYmFuY2FpcmU=" rel=\"attachment wp-att-90173\"><img class="alignleft  wp-image-90173" title="imgscan contrepoints440 cartel bancaire" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/imgscan-contrepoints440-cartel-bancaire.jpg?c2fb0e" alt="" width="320" height="281" /></a>Depuis le début de la crise en 2008, chaque Français se rend compte au sein de sa propre vie que ses options se réduisent, que son train de vie se dégrade, que les choses sont de plus en plus difficiles et précaires. Pourtant, certains échappent au marasme ambiant. Les entrepreneurs, petit salariés, chômeurs, classes moyennes peuvent souffrir, les banquiers, riches industriels et politiques semblent au contraire ne pas connaître la crise. Enfants de France, devenez tous banquiers ?</p>
<p>Cette dichotomie n’est que le symptôme apparent d’un mal bien plus profond qui ronge notre société et qui au final ne peut conduire qu’à l’effondrement : la perversion absolue des banques centrales et toutes les activités néfastes qu’elles soutiennent.</p>
<p>La grande majorité des Français ignorent ce qu’est une banque centrale, quelle est sa fonction, tout comme ils ignorent la réalité du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9yZXNlcnZlcy1mcmFjdGlvbm5haXJlcw==" target=\"_blank\">système de réserve fractionnaire bancaire</a>. Il est vrai que la description peut paraître technique, voire rébarbative. Cependant, il  ne s’agit là que d’un écran de fumée, bien pratique pour ceux qui souhaiteraient que l’information reste cachée.</p>
<p>En effet, la banque centrale n’est rien plus que la tête d’un cartel bancaire, destinée à manipuler les marchés (en contrôlant les taux d’intérêt) et à assurer la survie de ses membres au détriment du grand public. Les Français se souviennent-ils des nombreuses opérations faites par la banque centrale pour aider les banques au cours de ces dernières années ? Peuvent-ils citer celles destinées au Français moyen ? Les Français se demandent-ils pourquoi tant de largesse pour certains et rien pour d’autres ?</p>
<p>Une banque centrale n’est rien d’autre que le vecteur d’une taxe cachée, l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9pbmZsYXRpb24=" target=\"_blank\">inflation</a>, qui pénalise en majorité les pauvres et classes moyennes, enrichissant au contraire les riches et ceux qui ont accès à la manne providentielle (banques, gouvernements, grands groupes).</p>
<p>Pour bien comprendre cela, il faut s’arrêter sur le fait que la monnaie ne tire sa valeur que du fait qu’elle est limitée en quantité. En créer sans retenue ne mène qu’au désastre économique comme l’Argentine, le Zimbabwe, l’Allemagne de Weimar l’ont montré. Une banque centrale est la seule habilitée a créer de la monnaie et comme chacun peut bien se l’imaginer, avoir le pouvoir de créer l’argent, sans aucune contrainte (du fait qu’il n’y a plus d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5dGFsb24tb3I=" target=\"_blank\">étalon-or</a>) est un pouvoir immense qui permet de faire pratiquement ce que l’on veut ! Même si il existe des opposants, avoir assez d’argent permet d’acheter leur opposition, de les faire battre, ou de les décrédibiliser.</p>
<p>Le baron Rotschild disait d’ailleurs qu’il ne se préoccupe pas de savoir qui fait les lois d’un pays du moment qu’il contrôle sa monnaie… Il s’agit là d’une citation essentielle que les Français doivent méditer : le contrôle de la monnaie amène naturellement le contrôle politique.</p>
<p>Cependant, pour exister, la banque centrale dépend du monopole légal que lui confère l’État. Il est donc essentiel pour elle de contrôler le politique, sinon de manière directe, du moins de manière indirecte. La relation n’est néanmoins pas unidirectionnelle : une véritable symbiose se met en place.</p>
<p>Et c’est bien là que tout se joue : le pacte faustien est que la banque centrale peut imprimer à tout va pour « sauver » ses amies les banques mais à la condition (pour garantir leur passivité sur ce qui n’est rien d’autre que de la contrefaçon institutionnalisée) qu’elle doit faire de même avec les États.</p>
<p>Les États sont en effet toujours en recherche de fonds. Quel politique n’aime pas dépenser l’argent public pour acheter des voix ? (ce que les électeurs lui rendent d’ailleurs bien - ce qui est un autre débat). Le problème est que pour dépenser de l’argent, ce politique doit taxer la population. Or il est bien connu que passé un certain seuil les gens se révoltent, refusent de payer, ou virent le politique en place. L’alternative est donc pour l’État d’emprunter (ce qui a quand même ses limites) ou d’utiliser la planche à billet de la banque centrale. C’est une solution d’extrême facilité qui permet à l’État de se financer et d’obtenir de l’argent supplémentaire, gratuitement, sans effet visible par la population (dans l’immédiat) quand il ne peut en récolter d’autre via la taxation ou l’emprunt (peut être les cris d’orfraie de certains pays de l’UE à l’heure actuelle ont-ils plus de sens sous cette lumière…). En résumé, la planche à billet n’est rien d’autre qu’une taxe cachée, utilisée par des politiques incapables d’assumer leur décisions. Cependant, cette taxe n’affecte pas tous de la même manière et en cela est profondément injuste. Il faut bien comprendre que créer de la monnaie n’est pas la même chose que créer de la richesse, sinon le Zimbabwe serait le pays le plus riche du monde. En créant de la monnaie basée sur rien, l’État conduit simplement à une hausse générale des prix (mais pas uniforme-certains prix montant plus que d’autres). Ceci avantage ceux qui ont emprunté beaucoup pour acheter des actifs (immobilier, actions, etc.) . Or la grande majorité des Français possède très peu de ces choses-là, alors que les riches en ont des quantités beaucoup plus importantes.</p>
<p>Il advient donc que les riches deviennent de plus en plus riches. Quant au reste de la population, non seulement elle ne devient pas plus riche, mais elle s’appauvrit. Le coût général de la vie augmente en effet, alors que leurs salaires eux, n’augmentent pas et que leurs maigres placements en livret A et autres instruments d’épargne ne leur rapportent que misère. Il n’est donc pas étonnant que tant de Français se plaignent de la faiblesse de leur pouvoir d’achat lorsque l’on sait la politique totalement irresponsable qui a été menée par les banques centrales au cours des dernières années. Le fameux « monsieur pouvoir d’achat Sarkozy » fut donc un flop total, et ce de manière totalement prévisible car il n’a jamais compris (ou voulu comprendre) cette notion essentielle.</p>
<p>Cette politique conduit à un creusement des inégalités avec des riches dont le patrimoine croit (ou se maintient alors qu’il aurait du être fortement impacté…), des pauvres de plus en plus pauvres et une classe moyenne qui disparaît. C’est la recette du désastre social, qui fait le lit de tous les extrémismes, le retour à des temps que nous souhaitons tous révolus. Tragiquement, les « solutions » des gouvernements sont d’amplifier tout ce qui n’a pas marché (plus de dette, plus de création monétaire, plus de taxes etc…), ce qui conduit à couler un peu plus chaque jour celles et ceux qui n’aspirent qu’à avoir un travail et un revenu décent pour vivre.</p>
<p>Les banques centrales sont donc des Robin des Bois à l’envers. Voler aux pauvres pour donner aux riches et au gouvernement : tout un programme.</p>
<p>Nous ne pouvons conclure cet article sans nous arrêter un instant sur deux perversités (parmi d’autres) majeures du système : la destruction du système capitaliste et l’encouragement à la guerre.</p>
<p>Le système capitaliste repose sur les décisions d’entrepreneurs qui anticipent le futur ainsi que les préférences de leur concitoyens et qui en conséquence investissent leur capital pour créer de la production destinée à satisfaire une demande future. En manipulant les taux d’intérêt (et donc de fait tous les marchés), les banques centrales peignent une image déformée, distordue, grotesque de la situation économique, ce qui conduit à des erreurs en cascade, une mauvaise allocation de capital et au final à une régression économique (« crise »). A cela nous devons ajouter la naissance d’un système de capitalisme de copinage et corruption, lié au fait qu’il est plus important d’avoir accès à la largesse du gouvernement ou de la banque centrale que de satisfaire le consommateur (en effet la banque centrale peut simplement créer plus de monnaie pour la donner aux intérêts les mieux connectés : plus de cash, plus de profits !)</p>
<p>Finalement, terminons par un point essentiel : le financement de la guerre à crédit.  Si historiquement, une guerre était très coûteuse, elle ne pouvait durer trop longtemps. Or avec le système de banque centrale, l’État peut constamment drainer toutes les ressources de l’économie (via la taxe d’inflation) de manière beaucoup plus prolongée et massive que si il devait se financer via les taxes : au bout d’un moment, la population en aurait assez et refuserait de payer, ce qui conduirait à modérer les ardeurs belliqueuses voire à rechercher la paix. C’est ce qui conduisit à des guerres totales et le XXème siècle fut le siècle où pour la première fois de l’histoire nous eûmes des conflits mondiaux. Que la grande majorité des États eurent recours à des banques centrales n’est sûrement pas une coïncidence.</p>
<p>Concluons par encourager les Français à se pencher plus avant sur un sujet essentiel qui les concerne tous chaque jour et est au cœur de leurs vies. Il est temps de lever le voile en ce XXIème sur des pratiques d’un autre temps, sur une morale publique dévoyée, sur des institutions en déliquescence et remettre à leur juste place les citoyens et leurs aspirations de liberté, si justement couchées pour la postérité dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Retrouvons notre liberté, retrouvons notre indépendance, finissons en avec cette compromission permanente que les banques centrales représentent : un cartel qui opère contre les intérêts du public, une taxe cachée, un encouragement à la guerre, une déstabilisation de l’économie, un instrument du totalitarisme.</p>
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		<title>Ignorance, surdité et droit d&#039;auteur</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jul 2012 07:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Desgranges</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets de société]]></category>
		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[droit d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[industrie du disque]]></category>
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		<description><![CDATA[Oui, les majors du disque sont aujourd'hui peuplées d'incompétents gougnafiers, oui, les mesures prises par les politiciens contre la "piraterie" sont liberticides. Mais cela ne justifie la suppression du droit d'auteur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En contrepoint de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMDcvODk1MDUtcGxhaWRveWVyLWRlY29ub21pc3Rlcy1wb3VyLWxhLXN1cHByZXNzaW9uLWR1LWRyb2l0LWRhdXRldXI=">Plaidoyer d’économistes pour la suppression du droit d'auteur</a> de Volker Grossmann et Guy Kirsch.</strong></p>
<p><strong>Oui, les majors du disque sont aujourd'hui peuplées d'incompétents gougnafiers, oui, les mesures prises par les politiciens contre la "piraterie" sont liberticides. Mais cela ne justifie la suppression du droit d'auteur.</strong><br />
<span id="more-89666"></span><br />
<strong>Par Michel Desgranges.</strong></p>
<p>L'affirmation du droit de propriété étant le fondement de la philosophie libérale, je suis toujours assez surpris de rencontrer des libéraux niant ce droit de propriété, notamment dans le domaine de la propriété intellectuelle ou des brevets.</p>
<p>Surprise qui s'est muée en ahurissement en lisant le texte des professeurs Grossmann et Kirsch publié ici même et qui montre que ces deux universitaires, bien sûr éminents, ignorent absolument tout de ce dont ils nous entretiennent.</p>
<p>Je ne m'attarderai pas sur le principe du droit d'auteur : celui-ci est la forme juridique de la propriété qu'a un individu sur un bien qu'il a produit (le fruit de son travail). On a le droit de le nier – à condition de se proclamer communiste.</p>
<p>Je ne dirai rien non plus sur la propriété littéraire, ni sur l'origine de la contestation de cette propriété et de ses dérivés par certains auteurs libertariens – une autre fois, peut-être -- me contentant de mettre en évidence les extravagances de MM. Grossmann et Kirsch.</p>
<p>Le droit d'auteur, du moins en droit français, se divise en deux droits ; le droit moral (incessible) et le droit patrimonial (cessible).</p>
<p>Le droit moral permet à un auteur de s'opposer à ce qu'un tiers cochonne son œuvre par des ajouts, suppressions, manipulations et tripatouillages divers ou en détourne le but à l'encontre de ses intentions – supprimons le droit d'auteur, <em>ergo</em> s'effondre le droit moral, et ce n'est pas seulement la valeur marchande de l'œuvre qui disparaît, mais la protection de son intégrité.</p>
<p>Pour ce qui est du droit patrimonial, nos universitaires réclament son abolition essentiellement, semble-t-il à les lire, parce qu'ils n'aiment pas les stratégies marketing des majors du disque.</p>
<p>Sans doute n'ont-ils pas entendu que la musique ne se limite pas à la pop télévisuelle et éphémère ; il existe aussi ce que l'on nomme classique, jazz ou rock, et simplement parcourir les pages de critiques de disques des revues consacrées au classique etc. nous montre que les majors sont fortement minoritaires en ces domaines : la majorité des disques qui existent sont édités par de petites maisons indépendantes dont la survie serait aléatoire si disparaissait le droit d'auteur que leur ont concédé (moyennant royautés) les artistes.</p>
<p>Mais MM.Grossmann et Kirsch ne se soucient pas du disque : ils ne s'intéressent qu'à la musique dématérialisée qui circule dans les tuyaux de l'idole moderne : le net ! (<em>netz</em> en teuton ).</p>
<p>Surprise surprise : contrairement à ce que laissent supposer nos auteurs , cette musique a un coût. Celui-ci est variable : quasi-nul pour un folkeux qui chantonne en s'accompagnant d'une guitare sèche trouvée dans un vide-grenier à quelques centaines de milliers d'euros pour l'enregistrement d'un opéra.</p>
<div id="attachment_89669" class="wp-caption alignright" style="width: 360px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTg5NjY5" rel=\"attachment wp-att-89669\"><img class=" wp-image-89669" title="Iggy-Pop-002" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/Iggy-Pop-002-1024x768.jpg?c2fb0e" alt="" width="350" height="263" /></a><p class="wp-caption-text">Iggy Pop</p></div>
<p>Prenons une moyenne : l'enregistrement d'un album de rock aux sonorités sortant de l'amateurisme descend difficilement en-dessous de 30.000 euros (coût avoué par Iggy Pop pour son dernier album minimaliste et auto-produit). Il faut en effet, si l'on veut obtenir une qualité technique seulement honorable, louer un studio avec le matériel d'enregistrement, de mixage etc., payer un ingénieur du son, un producteur, quelques musiciens invités qui, professionnels, ne travaillent pas gratuitement, etc. Eh oui , lorsque que l'on produit un disque, il y a des frais.</p>
<p>Plus de droit d'auteur ? Plus de recettes, plus de production, plus de musique.</p>
<p>Mais l'affaire se complique car, ce qu'ignorent MM. Grossmann et Kirsch, dans le domaine de la pop qui excite leur verve nous n'avons pas un droit d'auteur mais trois : le droit de l'auteur (qui a écrit les paroles, lyrics en anglais), du compositeur (qui a écrit la musique) et de l'interprète (qui chante, comme Johnny). Certains musiciens, rares sont "ACI" (auteur-compositeur-interprète comme Gérard Manset), mais la plupart ne sont que A ou C ou I. Suivons MM. Grossmann et Kirsch qui ont la générosité de concéder qu'il y aura encore des concerts payants où, chantant sur scène, Tartempion gagnera plein d'euros en interprétant les œuvres de X et Y qui eux, privés du droit d'auteur, ne percevront rien. Je crains que X et Y ne cessent d'écrire et composer – plus de nouvelle musique.</p>
<p>"Les musiciens, écrivent MM. Grossmann et Kirsch, qui profiteraient du nouveau système (le communisme musical, ma traduction) seraient ceux qui vont sur scène". Ne vivant pas dans le monde réel, nos auteurs ignorent que tous les artistes (avec une seule exception à ma connaissance) veulent aller sur scène, et si certains ne le font pas, c'est qu'ils ne trouvent personne pour financer leurs concerts, car les concerts, eux aussi, comme l'enregistrement d'un disque, ont un coût, facilement élevé et qui se traduit dans bien des cas (j'ai moi-même payé pour l'apprendre) par un déficit. Ce financement a longtemps été assuré par les maisons de disques, et il l'est encore parfois, afin de promouvoir tel ou tel artiste – plus de droits d'auteur, plus de maisons de disques, plus de concerts, du moins pour les artistes débutants.</p>
<p>Si des musiciens veulent diffuser gratuitement leur musique, libre à eux. Peuvent le faire quelques stars fort riches, et quelques nouveaux venus qui souhaitent avant tout faire connaître leur œuvre ; pour ces derniers, le sacrifice n'est pas grand puisqu'il ne s'est encore rencontré personne qui soit disposé à acheter leur musique – mais vienne le succès, et l'attitude change, et finie la gratuité (je pourrais citer des noms...).</p>
<p>Concluons : oui, les majors du disque sont aujourd'hui peuplées d'incompétents gougnafiers, oui, les mesures prises par les politiciens contre la mal nommée piraterie sont liberticides. Le premier point est un reflet de toutes choses humaines (cela commence bien puis cela se dégrade), le second de la nocivité de l'État, et aucun d'eux ne justifie la suppression du droit d'auteur.</p>
<p>----<br />
PS. (parce que cela m'a beaucoup énervé) : Comment peut-on écrire en 2012 : "des musiciens différents avec des popularités différentes apparaîtront à des lieux différents" ? Et manquer à ce point de curiosité intellectuelle, et afficher autant d'ignorance de ce qui existe ? Si, par exemple, MM. Grossmann et Kirsch parcouraient <em>Elegy, Diapason, Obscüre , Metallian</em>..., ou étaient allés en juin dernier au festival Hellfest, à Clisson, en France (130.000 entrées), ils en auraient connu et entendu des musiciens différents ! (et qui ne passent ni à la radio ni à la télévision).</p>
<p>Et c'est très volontiers que je les invite à venir chez moi écouter quelques nouveautés de genres fort divers – et protégées par un juste copyright.</p>
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		<title>L’abstention, seul choix honorable</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 11:05:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pasm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[abstention]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[vote]]></category>

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		<description><![CDATA[L’élection n’est pas le moment d’un choix. C’est le moment d’un rapport de force]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l’article de Nicolas Rannou : <a title=\"Pourquoi il faut voter dimanche, ou pourquoi le vote-sanction est une sottis\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDUvMDQvODE4MDctcG91cnF1b2ktaWwtZmF1dC12b3Rlci1kaW1hbmNoZS1vdS1wb3VycXVvaS1sZS12b3RlLXNhbmN0aW9uLWVzdC11bmUtc290dGlzZQ==" target=\"_blank\">Pourquoi il faut voter dimanche, ou pourquoi le vote-sanction est une sottise</a>.</em></p>
<p><strong>Contrairement à ce qu’explique la vulgate social-démocrate, l’élection n’est pas le moment d’un choix. C’est le moment d’un rapport de force. Il n’y a pas d’un côté des citoyens qui délibèrent de façon libre, consciente et éclairée et de l’autre des hommes politiques démunis qui attendent la bénédiction populaire pour se mettre à l’action conformément aux vœux du plus grand nombre.</strong></p>
<p><span id="more-81843"></span></p>
<p><strong>Par Pasm, depuis la Belgique.</strong></p>
<p>Non, vous n’avez pas le droit de vote ! Personne n’a le droit de vote. Personne n’a le droit de rentrer chez son voisin, d’ouvrir ses armoires, d’inspecter son frigo, de compter ses tableaux, de tâter ses faïences, de fouiller ses comptes bancaires, de renifler ses draps et de refaire les plans de sa maison. Personne n’a le droit de dire à autrui quand il doit travailler, quand il doit se reposer, quand il doit sortir faire la fête, quand il doit partir mourir à la guerre. Personne n’a le droit de voler son prochain, de lui taxer ses cigarettes, de lui confisquer son patrimoine, de lui imposer ses revenus, de lui téhipéper son essence. Personne n’a le droit de ficher, marquer, identifier, contrôler, enrôler, vérifier, mutualiser, solidariser, parquer, déplacer, déporter, endoctriner, estampiller, certifier ou représenter qui que ce soit sans son consentement exprès. De là, il découle que personne ne peut confier la moindre de ces tâches à un quelconque député ou président.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTgxODQ0" rel=\"attachment wp-att-81844\"><img class="alignleft size-full wp-image-81844" title="Urne cerceuil" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/05/Urne-cerceuil.jpg?c2fb0e" alt="" width="261" height="300" /></a>Et n’essayez pas d’invoquer l’argument pathétique du moindre mal. Il est indéfendable ! Qu’importe que vous ayez l’impression que votre situation personnelle soit moins mauvaise avec untel et untel ! D’une part, la réalité empirique nous prouve qu’il est totalement impossible de prédire la politique qui sera menée à partir des programmes de campagne. Les promesses électorales seront reniés, les circonstances imposeront des choix imprévus et l’essentiel de la gestion continuera d’être assumée par une administration et des syndicats dont les intérêts et les stratégies sont hors d’atteinte des électeurs. D’autre part – quand bien même on pourrait prévoir une quelconque mesure politique – les stratégies d’évitement individuel, depuis la fraude fiscale jusqu’à l’expatriation, sont suffisamment nombreuses pour que la clause de force majeure ne puisse être appliquée. Si vous votez, vous donnez votre consentement pour qu’on aille taxer les uns ou matraquer les autres. Dans tous les cas, vous serez complice, voire commanditaire, des crimes qui seront commis en votre nom.</p>
<p>Contrairement à ce qu’explique la vulgate social-démocrate, l’élection n’est pas le moment d’un choix. C’est le moment d’un rapport de force. Il n’y a pas d’un côté des citoyens qui délibèrent de façon libre, consciente et éclairée et de l’autre des hommes politiques démunis qui attendent la bénédiction populaire pour se mettre à l’action conformément aux vœux du plus grand nombre. La réalité du système, c’est l’existence pérenne d’appareils politiques professionnels qui consacrent l’ensemble de leur énergie à complaire le peuple, à travailler l’opinion, à lancer des mouvements, à orienter les médias, à s’acheter des alliés par des subsides, à entraver les concurrents par des législations ad-hoc, bref, à tisser des réseaux de pouvoir dans l’ensemble de la société. Puis, à intervalle régulier, lors des élections, ils mesurent leur capacité respective d’intégration. Ce qui se joue le jour de l’élection, ce n’est pas tant le choix entre deux programmes que la capacité de chaque candidat à faire se déplacer la grande masse. Si vous voyez dans un programme quelque proposition qui vous plaît, rappelez-vous toujours qu’elle est là exactement pour ça. Pour vous faire vous déplacer et voter pour le candidat en question. Ce n’est pas vous qui êtes en train d’effectuer un choix, c’est lui qui prouve qu’il est capable de vous hameçonner, puis de vous faire rentrer dans le système et, enfin, de gagner votre loyauté. Voilà ce qui préoccupe l’ensemble de la classe politico-administrative et qui justifie que l’un des concurrents laisse pacifiquement la place à l’autre : la certitude que le gagnant est capable d’intégrer le plus grand nombre dans le système et donc de préserver la prospérité à long terme des appareils politiques professionnels.</p>
<p>Si l’on veut changer le système, les élections ne servent à rien car elles font partie intégrante du système. Il faut attaquer les appareils politiques sur leur capacité de mobilisation. Rien ne fait plus de mal au pouvoir que la faiblesse du soutien populaire. La pire chose qui puisse arriver pour le gagnant d’une élection, c’est un taux d’abstention record parce qu’alors sa légitimité est directement remise en cause. Notre seule arme face au gouvernement, c’est l’insubordination. Il faut réaffirmer à chaque instant notre extériorité par rapport au système politique et ne jamais tomber dans le piège de l’appel à la citoyenneté. Il est temps de réapprendre la désobéissance, l’impertinence, l’effronterie, l’irresponsabilité et l’incivisme.</p>
<p>Vive l’abstention et merde au gouvernement.</p>
<p>—-<br />
<a title=\"L’abstention, seul choix honorable\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3RlZGxkLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMi8wNS8wMy9sYWJzdGVudGlvbi1zZXVsLWNob2l4LWhvbm9yYWJsZS8=" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=81843" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Réponse à Charles Gave sur la place des USA dans le monde</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/03/02/71407-reponse-a-charles-gave-sur-la-place-des-usa-dans-le-monde</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Mar 2012 09:10:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc Abadie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[balance des paiements]]></category>
		<category><![CDATA[dettes]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[investissements]]></category>

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		<description><![CDATA[Les États-Unis sont devenus aujourd'hui une économie fondée sur une fuite en avant dans la dette, dans laquelle il devient très dangereux d'investir à long terme]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En contrepoint de l'article de Charles Gave, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDIvMTIvNjg3NjktcXVlbHF1ZXMtY29udHJlLXZlcml0ZXMtc3VyLWxlcy1ldGF0cy11bmlz">"Quelques contre-vérités sur les États-Unis"</a>.</strong></p>
<p><strong>Contrairement à ce que prétend Charles Gave, les États-Unis sont devenus aujourd'hui une économie fondée sur une fuite en avant dans la dette, dans laquelle il devient très dangereux d'investir à long terme.</strong><br />
<span id="more-71407"></span><br />
<strong>Par Loïc Abadie</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTcxNDEw" rel=\"attachment wp-att-71410\"><img class="alignleft size-full wp-image-71410" title="economie-americaine" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/economie-americaine.jpg?c2fb0e" alt="" width="290" height="283" /></a>Je souhaite revenir ici sur un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDIvMTIvNjg3NjktcXVlbHF1ZXMtY29udHJlLXZlcml0ZXMtc3VyLWxlcy1ldGF0cy11bmlz">article de Charles Gave</a>, paru le 12 février sur <em>Contrepoints</em>, et qui a fait le tour de la blogosphère économique.</p>
<p>La thèse défendue y est la suivante : les États-Unis n'ont pas de problèmes majeurs de surendettement (en dehors de l’État), n'ont aucun déséquilibre dans leurs échanges de biens et de capitaux avec l'étranger, et restent une nation industrielle à la pointe de la compétitivité.</p>
<p>Et la conclusion qui suit : "restez investis aux USA en valeurs Schumpetériennes et si vous n’en avez pas, achetez-en."</p>
<p>Cet article contient à mon avis malheureusement beaucoup de contre-vérités, et la réalité est beaucoup moins rose que ce que décrit Charles Gave.</p>
<p>Reprenons les arguments de Charles Gave.</p>
<p><strong>1. Le solde positif (dividendes reçus - dividendes payés) à l'étranger</strong></p>
<p>Les chiffres de Charles Gave sont ici globalement exacts : le dernier <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5iZWEuZ292L25ld3NyZWxlYXNlcy9pbnRlcm5hdGlvbmFsL3RyYW5zYWN0aW9ucy90cmFuc25ld3NyZWxlYXNlLmh0bQ=="> rapport du BEA</a> mentionne un excédent de 58 milliards pour le T3 2011, ce qui correspond globalement aux 270 milliards annuels annoncés.</p>
<p>La conclusion "les USA ont un cash-flow positif vis-à-vis de l'étranger" ne l'est par contre pas du tout : la balance des paiements courants américaine était <strong>déficitaire de plus de 470 milliards de $ en 2010, et on anticipe un déficit proche de 600 milliards en 2011.</strong> Par ailleurs, l'énorme déficit public actuel (1560 milliards de $) est lui aussi en grande partie financé par des achats de dette de la part des pays étrangers.</p>
<p>Face à ces chiffres, <strong>les 270 milliards d'excédents de dividende pèsent bien peu</strong> (environ la moitié du déficit de la balance des paiements courants, et à peine plus d'un sixième du déficit public) : les USA ne pourront en aucun cas compter sur cet excédent pour régler le problème de leurs déficits jumeaux.</p>
<p>La conséquence : la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzAzL2ludGludjEwX3QyLnhscw==" target=\"_blank\">position nette des USA </a>(actifs détenus par les USA à l'étranger - actifs détenus aux USA par l'étranger) ne cesse de se dégrader (à l'exception d'un rebond en 2009 provoqué uniquement par la chute de la valeur des actifs américains).</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTcxNDA4" rel=\"attachment wp-att-71408\"><img class="aligncenter size-full wp-image-71408" title="position_nette_US-2" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/position_nette_US-2.jpg?c2fb0e" alt="" width="550" height="338" /></a></p>
<p>Par quel miracle un "cash-flow positif" pourrait-il conduire à une telle dégradation ?</p>
<p>La vérité est que les USA vivent aujourd'hui d'une pure fuite en avant dans la dette, et qu'ils dépendent pour cela du bon vouloir de leurs partenaires économiques situés à l'étranger.</p>
<p><strong>2. "Il faut comparer un flux à un flux ou un stock à un stock."</strong></p>
<p>C'est l'argument que Charles Gave utilise pour affirmer que les USA ne sont pas spécialement endettés, et que le ratio dette / PIB n'est pas pertinent. En faisant cela, Charles Gave fait un contresens grave, en confondant physique et économie !</p>
<p>Passons rapidement sur les chiffres "étonnants" avancés dans l'article ("la valeur des actifs est à 6000 milliards d’euro, la dette brute étant environ au quart de ce montant."), on rappellera quand même que la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mZWRlcmFscmVzZXJ2ZS5nb3YvcmVsZWFzZXMvejEvY3VycmVudC96MXItNC5wZGY=" target=\"_blank\">"dette brute"</a> des USA est de plus de 53 000 milliards de $, et la seule dette des ménages de 13 200 milliards de $, et venons-en à l'essentiel :</p>
<p>Le ratio stock/flux est le seul valable en matière de calcul de l'endettement, puisque la dette sera remboursée par un flux (recettes futures de l'emprunteur). Ce n'est pas pour rien que les banques exigent souvent pour un particulier que ses mensualités ne dépassent pas 30 ou 35% de ses revenus, ou bien que pour une entreprise il faille prouver la rentabilité (dans un délai suffisamment court) d'un projet d'investissement pour obtenir un emprunt !</p>
<p>Dans une situation de bulle financière, la valeur des actifs (immobilier, actions et autres) croît en général au même rythme que la bulle de crédit, si bien que le ratio dette totale/patrimoine total reste toujours raisonnable en apparence. Seul problème : quand la bulle éclate, les actifs surévalués qui formaient le "stock de patrimoine" s’effondrent, et le "stock de dette", lui, reste à rembourser !<br />
Donc le ratio dette publique/PIB est bien le seul ratio valable pour juger de l'état d'endettement d'un pays, et en aucun cas le ratio dette/patrimoine.</p>
<p>Et aujourd'hui, ce ratio nous indique clairement qu'il y a un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hY3RpbmctbWFuLmNvbS9ibG9nL21lZGlhLzIwMTEvMDgvVG90YWwtQ3JlZGl0LU1hcmtldC1kZWJ0LXRvLUdEUC1yYXRpby5wbmc="> gros problème</a> (graphique extrait du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hY3RpbmctbWFuLmNvbS8/cD05MjYw">site d'acting man</a>). En fait le plus gros problème des cent dernières années.</p>
<p><strong>3. La conclusion de Charles Gave : "N’importe quel banquier étranger ou pas prêtera sans difficultés a quelqu’un qui a un cash-flow positif et en croissance (le revenu disponible est en hausse aux USA),qui a seulement 25 % de dette à son bilan et qui est créditeur vis-à-vis de l’étranger."</strong></p>
<p>- Les USA ont un cash-flow largement négatif (déficits jumeaux de la balance commerciale et des comptes publics).</p>
<p>- Ils ont un niveau d'endettement par rapport à leurs recettes (PIB) à un niveau sans précédent historique connu sur plus de 100 ans.</p>
<p>- Ils ne sont plus créditeurs vis-à-vis de l'étranger (cf. graphique en début d'article), et leur position à ce niveau ne cesse de se dégrader.</p>
<p>Ma conclusion : les États-Unis sont devenus aujourd'hui une économie basée sur un schéma de Ponzi (fuite en avant dans la dette), dans laquelle il devient très dangereux d'investir à long terme (même si, comme en ce moment, le schéma de Ponzi peut rémunérer correctement les premiers participants au système). N'y voyez aucun anti-américanisme de ma part, j'ai un immense respect pour ce que les USA ont réalisé au cours du 20ème siècle, et l'Europe n'est globalement pas en meilleure posture, même si certains pays comme l'Allemagne le sont.</p>
<p>Enfin, il m'arrive assez souvent d'être en accord avec ce que Charles Gave écrit (sur les dégâts de l'interventionnisme étatique en particulier). Simplement, je ne partage pas du tout sa vision des USA d'aujourd'hui.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vYmplY3RpZmVjby5jb20vZWNvbm9taWUvYW50aWNpcGF0aW9ucy10ZW5kYW5jZXMvYXJ0aWNsZS9sb2ljLWFiYWRpZS1zdXItY2hhcmxlcy1nYXZlLWV0LWxhLXBsYWNlLWRlcy11c2EtZGFucy1sZS1tb25kZQ==" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=71407" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>V pour Vendetta, un film fasciste ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/01/31/67017-v-pour-vendetta-un-film-fasciste</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/01/31/67017-v-pour-vendetta-un-film-fasciste#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:56:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Rannou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[V pour Vendetta]]></category>

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		<description><![CDATA[Bref, V pour Vendetta, c'est un film fasciste sur le fascisme]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>V pour Vendetta est une référence récurrente, en particulier du mouvement Anonymous. Une référence vue comme positive par les intéressés, mais pas par tout le monde.</strong></p>
<p><strong>Par Nicolas Rannou</strong><span id="more-67017"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTY3MDE4" rel=\"attachment wp-att-67018\"><img class="alignleft size-full wp-image-67018" title="300px-V_vendetta_006" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/01/300px-V_vendetta_006.jpg?c2fb0e" alt="" width="300" height="210" /></a><br />
Rappelez-vous du film. Dans une dictature vaguement futuriste, un homme mène la résistance. Il a subi des expériences scientifiques, perdu son visage, est devenu un surhomme et cherche sa vengeance. Il vit dans un lupanar, entouré d’œuvres somptueuses et se retrouve avec une belle minette sur les bras après l'avoir sauvée. En guise de dystopie on a en fait un fantasme d'ado.</p>
<p>Le méchant est un dictateur qui ressemble à Hitler pour que le spectateur soit bien sur d'être du bon côté. Ce qui n'est pas le cas, car contrairement aux apparences, dans V pour Vendetta ce sont bien les fascistes qui gagnent et il serait bon que le symbole du masque dont se sert le héros ne devienne  pas un symbole de contestation démocratique.</p>
<p><strong>Dystopie ou utopie ?</strong></p>
<p>Parler du film V pour Vendetta est fréquemment l'occasion d'employer le mot savant de dystopie, qui serait le pendant sombre d'une utopie. Ainsi V aurait-il lieu dans un monde dystopique, c'est-à-dire un lieu où les choses sont organisées pour rendre les gens malheureux.</p>
<p>Or V n'est pas une dystopie mais l'inverse : une utopie individuelle. Et oui.</p>
<p>Certainement pas parce que le régime et la société décrits par le film, une sorte de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRmFzY2lzbWU=" target=\"_blank\">fascisme</a>, seraient bons et souhaitables.</p>
<p>Non, V est une utopie en ce qu'elle dépeint les groupes politiques et sociaux ennemis réels comme des fascistes, le rêve ! Les bons connaissent un destin de martyr ou d'accession à des vérités supérieures, joie ! Le combat de résistance va aboutir, autrement dit la dynamique est favorable... C'est donc... l'extase et non le cauchemar.</p>
<p>Quel groupe politique réel est visé par le film et dépeint en fasciste ? Simple, c'est George W. Bush et les conservateurs et néoconservateurs américains.</p>
<p>Il est notable que la BD originale de V opposait les anarchistes aux fascistes mais le scénario a été modifié par les frères Wachowski (obstinés à exploiter les filons de la gnose moderne et du nanar) pour présenter un tout autre combat. Un des auteurs, Alan Moore, qui a pris ses distances, l'a d'ailleurs compris : le film met en présence le « système américain néo-conservateur contre le système américain libéral », libéral signifiant en langue américaine : de gauche. Au combat anarchiste/fasciste présent dans la BD originale, on a donc superposé le combat gauche/droite sous l'ère de Bush fils.</p>
<p>Le scénario ne fait pas dans la dentelle, et recouvre tous les fantasmes d'un camp contre l'autre. Ainsi le pouvoir fasciste en place dans le film, avec son chef hitlérien, ses camps de concentration, ses expériences sur les humains, assoit-il son pouvoir en jouant la sécurité contre la liberté. Or ce thème constitue une critique récurrente contre Bush. Ce thème est juste mais ne justifie pas pour autant un point Godwin.</p>
<p>Dans le film le gouvernement despotique est arrivé au pouvoir en profitant d'attentats dont il est en réalité l'instigateur – petit clin d’œil pas subtil du tout au conspirationnisme onzeseptembrien.</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Le présentateur démagogique de la télévision aux ordres est militariste et... évangéliste, soit l'équivalent d'un célèbre pundit conservateur américain. Notons encore que dans le monde de V on est exécuté pour avoir un Coran, on disparaît parce qu'on est lesbienne. Or Bush et son camp sont réputés par la plupart de leurs adversaires être défavorables aux musulmans et aux homosexuels.</p>
<p>Un tour sur la wikipédia anglaise abonde en notre sens :</p>
<blockquote><p>Many film critics, political commentators and other members of the media have also noted the numerous references in the film to events surrounding the then-current George W. Bush administration in the United States. These include the "black bags" worn by the prisoners in Larkhill that have been seen as a reference to the black bags worn by prisoners at Abu Ghraib in Iraq and in U.S.-administered Guantánamo Bay in Cuba, though the pre-Matrix draft of the screenplay also contains this reference to black bags. Also London is under a yellow-coded curfew alert, similar to the US Government's color-coded Homeland Security Advisory System. One of the forbidden items in Gordon's secret basement is a protest poster with a mixed U.S.–UK flag with a swastika and the title "Coalition of the Willing, To Power" which combines the "Coalition of the Willing" with Friedrich Nietzsche's concept of Will to Power. As well, there is use of the term "rendition" in the film, in reference to the way the regime removes undesirables from society. There is even a brief scene (during the Valerie flashback) that contains real-life footage of an anti-Iraq war demonstration, with mention of President George W. Bush. Finally, the film contains references to "America's war" and "the war America started" as well as real footage from the Iraq War.</p></blockquote>
<p>Qu'est-ce donc que le monde de V pour Vendetta ? Ce sont les USA de Bush tel que rêvé par ses opposants les plus hystériques c'est-à-dire mélangé avec Hitler.</p>
<p>Et c'est pourquoi il est injuste de se borner à dire que V pour Vendetta est un mauvais film quand c'est d'abord une utopie au message extrêmement simple : Bush est méchant, nous sommes des victimes et ceux qui ne sont pas comme nous sont des fascistes.</p>
<p><strong>Où est le fascisme ?</strong></p>
<p>Le fascisme est bien présent dans le film mais pas là où on le croit. Tout est fait pour dépeindre le pouvoir dictatorial contre lequel le héros lutte comme fasciste. Son chef ressemble à Hitler, le pouvoir a ses camps, il torture, il expérimente sur les êtres humains, il dés-humanise etc.</p>
<p>Mais comme dans tout bon film d'action qui se respecte, le mal prêté au méchant est en réalité le désinhibiteur de la violence dont on veut faire jouir le spectateur. Le méchant est violent ? On va le frapper avec bonne conscience. Il tue ? On peut le tuer. Il est sadique ? On va être sadique avec lui. Avec bonne conscience.</p>
<p>Le méchant est fasciste ? Le héros – et le spectateur qui se projette dans ce héros -, pourra être fasciste.</p>
<p>Que le spectateur fasse abstraction du méchant, ce prétexte au mal, et observe bien ce qui se passe dans le film et ce qu'il pourrait approuver à défaut de réfléchir. Concrètement, que fait V ? Il tue, il séquestre, il terrorise et fait sauter le Parlement.</p>
<p>Que se passe-t-il à la fin ? L'armée se refuse à tirer et laisse approcher le Parlement, qui explose, par une foule de personnes anonymisées par un masque : autrement dit les institutions subverties par la masse atomisée, en un mot le fascisme.</p>
<p>Bref, ce film :</p>
<ul>
<li>c'est une satire intolérante de la droite américaine, consistant à l'assimiler à un fascisme,</li>
<li>c'est un nanar,</li>
<li>c'est un film fasciste sur le fascisme.</li>
</ul>
<p>Bonne séance !</p>
<p>----<a href="hyperboree-apollon.blogspot.com/2012/01/v-pour-vendetta-un-film-fasciste.html" target=\"_blank\"><br />
Sur le web</a></p>
<p><a href="www.wikiberal.org/wiki/V_pour_Vendetta" target=\"_blank\">Lire aussi la fiche Wikibéral du film</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=67017" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Allocation universelle, redistribution classique</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/11/21/6319-allocation-universelle-redistribution-classique</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2011/11/21/6319-allocation-universelle-redistribution-classique#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 07:45:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucilio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Idées reçues]]></category>
		<category><![CDATA[Allocation universelle]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Van Parijs]]></category>
		<category><![CDATA[Yannick Vanderborght]]></category>

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		<description><![CDATA[La liberté, c’est simplement « Do not tread on me »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>En contrepoint à l'article d'Alain Cohen-Dumouchel, « <a title=\"L’allocation universelle libérale\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMjAvNTY2MzgtbGFsbG9jYXRpb24tdW5pdmVyc2VsbGUtbGliZXJhbGU=" target=\"_blank\">L’allocation universelle libérale</a> ».</em></strong></p>
<p><strong>La première étape, pour le liberticide, est de corrompre le langage. La gauche est experte en ce domaine. Hier, elle appelait le socialisme soviétique « démocratie réelle » ; aujourd’hui, elle appelle l’interventionnisme étouffant « liberté réelle ».</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMjEvNjMxOS1hbGxvY2F0aW9uLXVuaXZlcnNlbGxlLXJlZGlzdHJpYnV0aW9uLWNsYXNzaXF1ZS9hbGxvY2F0aW9uLXVuaXZlcnNlbGxl" rel=\"attachment wp-att-6320\"><img class="alignleft size-medium wp-image-6320" title="Allocation universelle" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/11/Allocation-universelle-180x300.jpg?c2fb0e" alt="" width="180" height="300" /></a>Régulièrement, lorsqu’on évoque l’avenir de nos systèmes de « protection sociale », il est fait mention de l’allocation universelle, dont le principe est de verser, sans condition, à tous les citoyens, un revenu de base cumulable avec tout autre type de revenu. Défendue sous des appellations et pour des motifs divers par des universitaires et des militants, des hommes d’affaires et des syndicalistes, des formations politiques de droite et de gauche, des mouvements sociaux et des organisations non gouvernementales, l’allocation universelle se base sur une dangereuse argumentation qui a son meilleur défenseur en la personne de Philippe Van Parijs, co-auteur de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvTGFsbG9jYXRpb24tdW5pdmVyc2VsbGUtWWFubmljay1WYW5kZXJib3JnaHQvZHAvMjcwNzE0NTI2Mi9zcj0xLTMvcWlkPTExNjE5Mjk4OTcvcmVmPXNyXzFfMy8xNzEtNDk1NTc2NC0wMTM0NjI3P2llPVVURjgmYW1wO3M9Ym9va3M=" target=\"_blank\"><em>L’allocation universelle</em></a>. Pour Van Parijs, la liberté réelle exigerait que soit réparti de manière égale tout ce qui nous est donné, y compris les biens que nous obtenons, tout au long de notre existence.</p>
<p>La thèse sur laquelle repose l’allocation universelle est que la liberté ne se comprend pas de manière négative, comme absence de coaction, mais comme possibilité d’action. Cela conduit les défenseurs de cette proposition à confondre liberté et opportunité. Une personne qui, pour quelque raison que se soit, ne dispose pas de l’argent nécessaire pour se payer une entrée au cinéma serait-elle moins libre ? Par contre, un détenu qui est logé et nourri gratuitement, serait-il plus libre ? Tout ceci est, évidemment, absurde.</p>
<p>La première étape, pour le liberticide, est de corrompre le langage. La gauche est experte en ce domaine. Hier, elle appelait le socialisme soviétique « démocratie réelle » ; aujourd’hui, elle appelle l’interventionnisme étouffant « liberté réelle ». Avec la même absence de vergogne, les fondateurs de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51Y2xvdXZhaW4uYmUvODcyOS5odG1s" target=\"_blank\"><em>Basic Income Earth Network</em></a> déclarent que beaucoup de défenseurs du socialisme placent la supériorité de cette mesure dans l’« abolition de l’exploitation capitaliste ». Mais, l’idée est d’augmenter la coaction étatique. Malgré tous les discours ronflants sur l’allocation universelle qui assure que celle-ci serait accordée indépendamment du niveau de revenus, cette mesure augmentera la pression sur les classes les plus productives, ce qui implique bien la destruction de la liberté.</p>
<p>Si l’on se penche sur le coût que supposerait la mise en pratique d’une telle mesure – pour abandonner l’enfer de la nécessité et entrer directement dans le royaume de la liberté –, il apparaît que certains de ses partisans l’estiment à 40% du PIB, concrètement l’ensemble des dépenses sociales de la plupart des États occidentaux. Malgré tout, il faut reconnaître que si cette mesure éliminait toutes les dépenses sociales, il faudrait l’applaudir car elle mettrait un frein au paternalisme étatique. Chaque citoyen disposerait d’un seul subside, et il faudrait privatiser les hôpitaux, les écoles et renvoyer la plupart des fonctionnaires. Pour la majorité de la population, ce serait vraiment un monde meilleur.</p>
<p>Malheureusement, même si certains passages du pamphlet de Yannick Vanderborght et de Philippe Van Parijs laissent entrevoir cette possibilité au lecteur sensé, rapidement apparaissent les défense de l’État nourrice qui assurent que l’allocation universelle devrait être complétée par des formes conditionnelles d’assistance et de système de sécurité sociale. Disparue l’illusion, nous nous trouvons donc devant une proposition de création d’un nouvel impôt et d’augmentation de ceux existants, comme la TVA et d’autres qu’ils n’osent mentionner : celui des sociétés ou sur le revenu, c’est-à-dire la réduction nette des salaires.</p>
<p>D’un autre côté, les partisans de l’allocation universelle ignorent la décapitalisation qui suivrait l’introduction d’un « salaire à vie », déclenchant une crise en cascade. D’abord, viendrait la hausse des taux d’intérêts, des hypothèques, dans un tourbillon d’inflation des prix qui provoquerait fermetures d’entreprises et licenciements massifs. Le rêve de ces excentriques ne s’achèverait pas, comme le suggère Vanderborght et Van Parijs, en une « évidence pour tous », mais bien en un terrible délire, fruit d’une des maladies les plus dangereuses du monde, la stupidité. Derrière le masque de ce plan contre la pauvreté, le « marxisme analytique » de Vanderborght et de Van Parijs cache, sous une prose affreusement ennuyeuse et confuse, un programme létal. Sa justification est encore plus terrible que les effets que provoquerait un tel plan maximaliste, parce que la liberté n’a nul besoin d’adjectif, comme Vanderborght et de Van Parijs en usent pour la liquider. La liberté, c’est simplement ce « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9HYWRzZGVuX2ZsYWc=" target=\"_blank\"><em>Do not tread on me</em></a> » qu’arborèrent les Américains dans leur lutte contre les Britanniques.</p>
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		<title>Des indignés sans dignité</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Oct 2011 07:05:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Indignés]]></category>
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		<category><![CDATA[plan d'austérité]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Hessel]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est étonnant. Les bébés de Stéphane Hessel trouvent caution chez certains économistes]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint de l'article d'Emmanuel Martin</em> : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTUvNTA1NzMtaW5kaWduZXMtcG91ci1sYS1maW4tZHUtY2FwaXRhbGlzbWUtZGUtY29waW5hZ2UtZXQtdW4tcmV0b3VyLWEtbGEtZGVtb2NyYXRpZS1yZXNwb25zYWJsZQ==">Indignés : pour la fin du capitalisme de copinage et un retour à la démocratie responsable.</a></p>
<p><strong>Chapeau, un commentaire cri du cœur d'un de nos lecteurs les plus avides, Kuing Yamang (*), nous a paru valoir la peine d'être reproduit en article au sujet des indignés.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTYvNTA3MzItZGVzLWluZGlnbmVzLXNhbnMtZGlnbml0ZS9pbmRpZ25lcw==" rel=\"attachment wp-att-50734\"><img class="size-full wp-image-50734 aligncenter" title="Indignés" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/10/Indign%C3%A9s.jpg?c2fb0e" alt="" width="400" height="336" /></a></p>
<p>C’est étonnant. Les bébés de Stéphane Hessel trouvent caution chez certains économistes. J’apprends que le capitalisme ne peut faire ménage avec la démocratie, puisque les indignés en ont décidé ainsi.</p>
<p>La notion de justice implique-t-elle que ceux qui gagnent de l’argent en prenant des risques ou grâce à leurs talents, leurs compétences ou leur esprit d’entreprise, doivent forcément être sanctionnés et punis pour que ceux qui ont le temps de s’indigner, en ne faisant en fait rien, puissent être récompensés de leur oisiveté vulgaire et insolente ?</p>
<p>Certes, ce sont les technocrates keynésiens - et donc les politiques sociaux-démocrates qui les ont mis au pouvoir - qui sont les premiers responsables de la situation de misère existentielle de ces indignés. Mais si ces indignés doivent s’en prendre à quelqu’un, qu’ils manifestent, insultent et cassent les commerces de leurs propres parents, qu’ils brûlent les voitures et saccagent les maisons de ceux qui les ont (non) éduqués et (non) formés, ces parents qui ont vécu sur leur dos en endettant leurs propres gosses, qui maintenant s’indignent à la façon de Hessel. Qu’ils manifestent contre ceux qui n’ont pas su leur transmettre suffisamment de bagage ou de qualités de vie pour qu’ils atteignent le même niveau que la génération d’avant.</p>
<p>L’austérité des plans actuels ou à venir est la conséquence directe de l’opulence de leurs parents qui ont vécu au dessus de leurs moyens et qui ont choisi de mettre au pouvoir ceux qui ont permis ceci et ainsi miné leurs gosses.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTUvNTA1NzMtaW5kaWduZXMtcG91ci1sYS1maW4tZHUtY2FwaXRhbGlzbWUtZGUtY29waW5hZ2UtZXQtdW4tcmV0b3VyLWEtbGEtZGVtb2NyYXRpZS1yZXNwb25zYWJsZQ==">Je cite l’auteur</a>, Emmanuel Martin : « Le mouvement fustige le capitalisme et prône un retour à la démocratie. » Mais le capitalisme n’est pas la cause. Le capitalisme n’est ni cause, ni conséquence. En revanche, il est la bouée de sauvetage. Pas d’indignés dans les pays pauvres, ils n’ont là-bas qu’une envie, et avec raison, c’est d’avoir la possibilité de pouvoir manger ou sinon de venir éventuellement s’indigner avec ceux qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche (les indignés dont l’auteur de l’article parle) et qui crachent maintenant dans la soupe.</p>
<p>Les indignés ne sont pas dignes.</p>
<p>Je propose que nos indignés aillent vivre dans des pays vraiment pauvres et qu’ils échangent leur place avec des gens de ces pays qui ne demandent qu’à venir pour faire leurs preuves.</p>
<p>----<br />
(*) <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy55b3V0dWJlLmNvbS91c2VyL1Byb2Zlc3NldXJLdWluZ1lhbWFu" target=\"_self\">Le professeur Kuing Yamang</a>, alias <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy55b3V0dWJlLmNvbS93YXRjaD92PVNRckxZZXNfOWIw" target=\"_self\">"le cauchemar d'Olivier Mazerolle"</a>, alias <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy55b3V0dWJlLmNvbS93YXRjaD92PVltSGJZRzdUR3A0JmFtcDtmZWF0dXJlPWNoYW5uZWxfdmlkZW9fdGl0bGU=" target=\"_self\">"nous leur enverrons des sacs de riz"</a>, est bien connu sur la toile des amateurs de détournements vidéos.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Merci Arnaud !</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Oct 2011 05:40:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Montebourg]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie libérale]]></category>
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		<description><![CDATA[Les primaires du PS font entrer ce parti dans la démocratie libérale et ringardise définitivement l'extrême-gauche ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint de l'article <a title=\"Socialisme primitif\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTEvNTAwMjgtc29jaWFsaXNtZS1wcmltaXRpZg==" target=\"_blank\">"Socialisme primitif"</a>.</em></p>
<p><strong>Grâce au soutien inespéré du plus à gauche des candidats au primaire, l'organisation de primaires au PS fait entrer ce parti dans la démocratie libérale, ringardise définitivement l'extrême-gauche et renvoie la droite à ses propres interrogations. Décryptage.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTIvNTAxMTQtbWVyY2ktYXJuYXVkL3ByaW1haXJlcy1zb2NpYWxpc3Rlcy1jaXRveWVubmVz" rel=\"attachment wp-att-50119\"><img class="aligncenter size-full wp-image-50119" title="Primaires socialistes citoyennes" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/10/Primaires-socialistes-citoyennes.png?c2fb0e" alt="" width="500" height="400" /></a></p>
<p>Par l'organisation de primaires, le PS fait passer l'électeur du statut de consommateur d'une offre politique - voire, de celui d'usager, pour les tenants du service public - à celui d'actionnaire. Voici que l'on ne choisit plus un candidat et son programme finalisé comme on choisit sa boîte de conserve mais que l'on participe au choix de la personnalité et du programme que devra porter le parti. Le PS s'éloigne ici des vieux arrangements entre barons locaux et apparatchiks qui déterminaient entre eux le nom du premier secrétaire pour se ranger sur le standard des plus grandes démocraties libérales en adhérant à l'idée qu'il revient au sympathisant d'élire son candidat.</p>
<h3>Quelles conséquences ?</h3>
<p>La primaire est avant tout un mécanisme bipartisan en permettant une opposition eux/nous autour du clivage gauche-droite. Ainsi, l'ensemble des sympathisants de gauche étaient appelés à participer au primaire du PS, et les candidats portaient l'ensemble des couleurs de la gauche, des plus centristes (Baylet) au plus extrême (Montebourg). La démonstration, auprès des électeurs de gauche, que toutes les orientations et tous les candidats peuvent être entendus porte un coup fort à l'extrême-gauche : que ce processus se répète et les électeurs les plus à gauche choisiront d'aller voter aux primaires socialistes puisqu'ils y trouveront une offre politique à leur goût dont ils savent qu'elle sera plus entendue que les éternelles revendications des arrière-boutiques marxistes. Le PS fait ainsi une croix sur l'héritage révolutionnaire du socialisme et entre dans le réformisme... en s'ouvrant largement aux plus à gauche !</p>
<p>À droite, il devient absolument nécessaire d'envisager de pratiquer le même exercice afin, d'une part, de ramener auprès de l'UMP les électeurs les plus souverainistes et, d'autre part, de rallier les centristes de droite en leur offrant un mode d'expression. L'UDR/UNR/RPR/UMP connaît le césarisme depuis ses origines et n'a jamais vu de chef émerger que par les coups d'éclat et les putschs à la tête du parti. L'entrée du plus important parti de droite dans l'ère de la démocratie libérale serait un souffle nouveau pour l'électorat de droite qui semble aujourd'hui en manque de repères. Si les primaires n'était pas une nécessité absolue pour 2012, Sarkozy demeurant un candidat naturel, leur organisation aurait au moins permis de mettre en avant un "ticket", un futur premier ministre, en discernant une majorité parmi les souverainistes, gaullistes, libéraux et centristes. Aux mêmes causes les mêmes conséquences, ces primaires fédéreraient utilement autour du seul parti de droite susceptible de l'emporter au niveau national (système bipartisan oblige) en renvoyant le FN à son populisme et en rassemblant les électeurs jusqu'au centre.</p>
<p>N'en doutons pas, l'organisation de primaires est révélateur d'une crise (au sens où l'entendait Gramsci: « quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître ») du socialisme. Celui-ci n'est plus capable de proposer une idéologie cohérente, de maintenir ensemble ses courants les plus opposés et de sortir de l'opposition systématique pour entrer dans la proposition. Paradoxalement, c'est une bonne chose pour la gauche qui se recomposera progressivement autour du mécanisme des primaires et de la vision réformiste en repoussant ses vieux démons révolutionnaires. Souhaitons la même crise pour la droite, incapable aujourd'hui de concilier ses courants!</p>
<h3>Quelle victoire ?</h3>
<p>D'abord, la victoire de la conception libérale de la démocratie. Renvoyant au passé l'idée d'un César, empereur républicain, et celle du premier secrétaire, suivant les ordres du Parti, la primaire donne le choix aux électeurs sur leur vision en les laissant s'organiser d'eux-mêmes pour élire un candidat. L'arrivée des primaires en France, 101 ans après la première primaire américaine (État de l'Oregon), l'intérêt qu'elles ont suscité auprès des électeurs et le nombre de votants qui y ont participé (pensons un instant à l'abstention record des dernières années aux élections locales, aux référendums et aux élections professionnelles alors que ces mécanismes sont anciens et bien ancrés) est susceptible de renouveler tout à la fois le goût des français pour la démocratie et de renouveler la classe politique. Grâce à Montebourg, nous savons désormais qu'un candidat inconnu peut se tailler la part du lion et dépasser les vieux routards de la politique (Royal, Baylet) dès lors qu'il porte une offre politique bien démarquée.</p>
<p>Enfin, la victoire de la vision libérale du clivage gauche-droite. Les primaires socialistes ont été le lieu de débats intéressants opposant les souverainistes, partisans de la démondialisation, étatistes et favorables au nationalisme économique aux sociaux-démocrates plus orientés vers l'Europe, incluant la résorption de la dette dans leur réflexion et voulant mieux placer la France dans la compétition entre nations. Le fait que Montebourg ait reçu, entre autres, les soutiens du Bloc Identitaire, du Front National et de Dupont-Aignan est le signe d'un début de recomposition du clivage gauche-droite autour de l'axe spontanéiste-constructiviste ou, dit plus classiquement, libéraux-étatistes. Une fois le système des primaires bien ancré, les majorités se stabiliseront autour de ces curseurs et les électeurs du FN n'hésiteront plus à aller voter aux primaires PS pour faire émerger un candidat étatiste... et y auront peut-être leur propre candidat!</p>
<h3>Quel risque ?</h3>
<p>Comme d'habitude, il ne nous est pas possible de sourire béatement en pensant au Grand Soir, à l'Aube Nouvelle ou aux Lendemains qui Chantent. Si les primaires - structurellement - permettent d'évincer le socialisme révolutionnaire et anti-démocratique en le canalisant au sein d'un parti de gouvernement, elles ne permettent toutefois pas d'achever cette hydre d'un coup de pelle bien placé. Au contraire, les primaires permettent de révéler l'état des forces en présence et focalisent l'attention des candidats sur l'électeur médian. En l'occurrence, le constat n'est pas excellent. Les appels à la lutte contre le capitalisme cosmopolite et apatride fédèrent largement, au profit d'un dirigisme aussi inquiétant qu'il est assorti d'un fort collectivisme. L'électeur médian, à gauche, est nationaliste économiquement et globalement conservateur si l'on regarde les propositions qui ont le plus interpellé (goût pour l'autorité et l'ordre, rejet du nucléaire - un retour à l'état de nature ?, opposition à la légalisation du cannabis et capitalisme coopératif, nouvel avatar du corporatisme cher à Pétain).</p>
<p>Cependant, face à ce bloc désordonné et finalement assez inquiétant d'idées éparses, nous sommes convaincus que l'UMP, si ce parti saisit à temps l'idée d'organiser des primaires, verra germer des candidatures fortes et se former des courants parmi lesquelles la tendance libérale - en réaction au dirigisme du PS - ne devrait pas démériter. À défaut, la dislocation menace un édifice verrouillé et opaque qui ne parvient plus à convaincre la majorité des électeurs qui a porté le candidat Sarkozy. Ironie du sort : à l'époque, le PS semblait sur le point d'exploser...</p>
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		<title>Peine de mort, une vision libertarienne</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/09/26/47915-liberalisme-et-peine-de-mort</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Sep 2011 06:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[amende]]></category>
		<category><![CDATA[droit pénal]]></category>
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		<category><![CDATA[peine de mort]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[propriété]]></category>

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		<description><![CDATA[La mise à mort d'un malfrat, terroriste ou dictateur, n'est pas du ressort de la justice]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En contrepoint à l'article de Stéphane Montabert « <a title=\"Troy Davis devait mourir\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMjQvNDc2ODUtdHJveS1kYXZpcy1kZXZhaXQtbW91cmly" target=\"_blank\">Troy Davis devait mourir</a> »</strong></p>
<blockquote><p>Dans le droit libéral, l'absence de peine, et a fortiori de peine capitale, ne signifie pas que les malfaiteurs aient un "droit à la vie" ni même un droit de vivre. Simplement, la mise à mort d'un malfrat, terroriste ou dictateur, n'est pas du ressort de la justice.</p></blockquote>
<p><strong>par François-René Rideau (*)</strong></p>
<p>La question de la peine de mort divise les libéraux. Voici ma réponse à un lecteur du <em>Quebécois Libre</em> qui s'enquiert de la position libérale sur le sujet, au titre de mes réflexions approfondies sur le droit libéral.</p>
<h3>La justice réparatrice</h3>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMjYvNDc5MTUtbGliZXJhbGlzbWUtZXQtcGVpbmUtZGUtbW9ydC9wZWluZS1kZS1tb3J0" rel=\"attachment wp-att-47918\"><img class="alignleft size-medium wp-image-47918" title="Peine de mort" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/09/Peine-de-mort-233x300.jpg?c2fb0e" alt="" width="233" height="300" /></a>La seule véritable justice pour un libéral est la justice réparatrice, par laquelle le causeur de tort fait amende honorable en réparant les torts causés aux amende ou leurs ayant droits. Les torts créent des dettes, qui sont des relations interpersonnelles entre le coupable et la victime – je recommande vivement les <a title=\"Christian Michel\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5xdWViZWNvaXNsaWJyZS5vcmcvYXBtaWNoZWwuaHRt" target=\"_blank\">textes de Christian Michel sur ce sujet</a>.</p>
<p>Toute notion de justice pénale est ainsi caduque de ce point de vue : infliger une peine ne répare rien, cependant que le coût d'une réparation (dommages, intérêts, etc.) est amplement suffisant pour punir et décourager les personnes susceptible de l'être. Le concept de peine (capitale ou non) n'est pas de l'ordre de la relation interindividuelle, mais d'une douteuse relation du coupable à une collectivité désincarnée, en pratique usurpée par les tenants du pouvoir.</p>
<p>Dans le droit libéral, l'absence de peine, et <em>a fortiori</em> de peine capitale, ne signifie pas que les malfaiteurs aient un « droit à la vie » ni même un droit de vivre. Simplement, la mise à mort d'un malfrat, terroriste ou dictateur, n'est pas du ressort de la justice. Elle est du ressort de la police, et/ou de la guerre – notions malheureusement négligées par C. Michel.</p>
<p>Chaque cour de justice est une négociation de paix entre parties conscientes de leur intérêt à vivre en bonne société. Cependant, cet intérêt n'est parfois pas partagé. Un tueur ou violeur en série, un dictateur, un racketteur, un braqueur, etc., ne cherchent pas à vivre en paix avec autrui. Tant qu'ils ne se sont pas rendus, tant qu'ils ne sont pas soumis de force, tant qu'ils restent des « hors la loi », tant qu'ils nient les droits d'autrui, ils renoncent réciproquement à leurs propres droits. Ils sont alors « fair game » : gibier de potence ou de balle dans la tête ; la chasse à ces ennemis publics est ouverte en permanence.</p>
<h3>Dédommager les victimes</h3>
<p>Dans une société policée, de tels malfaiteurs sont heureusement des cas rares et isolés, qui ne peuvent survivre qu'en se cachant. Aussitôt identifiés, ils sont vite maîtrisés. Peut-on alors les mettre à mort ? Question qui n'a pas à recevoir de réponse <em>a priori</em>, centralisée, collective. À partir du moment où une personne est reconnue comme un criminel forcené, comme un ennemi de la société, ladite personne perd ses droits, et n'est qu'un animal sauvage, à traiter comme tel.</p>
<p>Quelle est la solution libérale au traitement des animaux sauvages ? Qu'en l'absence d'autre revendication, ils appartiennent à ceux qui les attrapent. Mais aussi qu'ils appartiennent généralement à ceux qui, ayant un droit antérieur sur eux, revendiquent leur propriété et en assument la responsabilité par le dédommagement des victimes passées et la garantie offerte aux éventuelles victimes futures.</p>
<p>Les propriétaires d'un animal sauvage, tuteurs anciens ou vainqueurs récents, ont tout droit sur lui, y compris de vie ou de mort. Mais gare qu'en revendiquant et en exerçant ce droit, ils portent la responsabilité de leur choix. Tuent-ils un innocent par erreur ? Les voilà homicides, causeurs d'un tort immense qui aura un prix conséquent. Tuent-ils un innocent en connaissance de cause ? Les voilà criminels et proscrits à leur tour. Laissent-ils au contraire vivre un forcené ? Les voilà responsables de tout dégât futur causé par le forcené s'il s'évade ou est relâché.</p>
<p>Ce qui importe énormément est le fait que les propriétaires ne pourront pas se cacher derrière un titre, un grade, une fonction officielle, ou un mandat « public » pour échapper aux conséquences de leurs décisions. Tout au plus, un groupe d'individus pourra-t-il d'un commun accord mutualiser les coûts et profits de décisions consensuelles, sans pouvoir aucunement engager de tiers. Ou encore, ils pourront transmettre leur propriété à un acquéreur plus à même de traiter le cas. Ainsi, le droit de propriété, en établissant la responsabilité de chaque acteur vis-à-vis de ses choix libres, et en laissant chacun ajuster son activité à ce qu'il fait de mieux, permet à un tel système de s'équilibrer dynamiquement.</p>
<p>Les associations de bien-pensants libérant trop vite des criminels dangereux seront vite mises à l'amende et dissoutes faute de pouvoir réparer les torts causés. À l'opposé, les véritables associations de bienfaisance qui arriveraient à réhabiliter certains condamnés pourraient faire des profits et avoir ainsi une action durable, en facturant leurs services à ceux qui en profitent : les assureurs, les condamnés et leurs familles, les usagers de la police, etc., tous ceux qui porteraient sinon les coûts de la prison. Ces profits seraient justement grevés des torts causés par des relapses retombant dans une vie de crime. Et leur responsabilité civile mènerait ainsi les garants à exercer une surveillance appropriée.</p>
<h3>Police libérale vs. justice pénale</h3>
<p>Alors que dans un système de justice pénale, les juges sont des fonctionnaires irresponsables, dans un système de police libérale, chaque acteur est responsable de ses actes. Le juge fonctionnaire peut envoyer au bagne ou à l'échafaud un innocent, ou relâcher un coupable, il ne risque rien à commettre une erreur, pas même sa retraite. À l'opposé, le justicier dans un régime libéral est responsable de chacun de ses choix, de ses succès comme de ses erreurs. Les fournisseurs de sécurité exigeront nécessairement de leurs usagers des honoraires qui reflèteront le coût de leurs erreurs. Et les usagers seront naturellement portés à diriger leur choix vers les organisations qui seront capables d'accomplir leur tâche au moindre coût, c'est-à-dire en faisant le moins d'erreurs, en étant les plus justes.</p>
<p>Tant qu'il y a volonté de vivre ensemble, il y a justice, c'est-à-dire négociation de termes mutuellement acceptables et acceptés pour restaurer la paix entre les parties et leurs alliés. Et cette justice ne fonctionne bien que si elle est basée sur la réparation des torts causés par les coupables à leurs victimes. Quand cette volonté fait défaut à l'une ou l'autre partie, alors la paix est rompue.</p>
<p>Si l'une des parties convainc une majorité écrasante de son bon droit, à l'issue d'un procès public, alors le coupable unanimement reconnu se voit forcé d'accepter les sanctions imposées par ses juges, ou d'encourir une guerre perdue d'avance face à des forces écrasantes. Si aucun consensus n'apparaît, alors le statu quo demeure, chaque partie campant sur ses positions jusqu'à ce qu'un élément nouveau – ou la perte d'intérêt – fasse changer cette situation. Parfois, c'est à ses propres frais qu'une alliance devra protéger l'accusé des représailles de ses victimes proclamées – prison, escorte, etc.</p>
<p>Pour résumer, c'est toujours la propriété qui, en combinant conjointement liberté et responsabilité, est la seule solution possible pour créer une dynamique de progrès, en matière de justice comme ailleurs – là où les infralibéraux cherchent vainement le salut dans une entité extrahumaine supérieure confiscatoire des libertés et échappant à toute responsabilité, l'État.</p>
<p>PS: les initiés noteront que l'approche libérale concilie un droit objectif universel (dit « naturel ») et un processus juridique (inter)subjectif décentralisé. Les principes de Constant et l'équilibre des forces de Faguet.</p>
<p><em>Article paru dans </em>Le <a title=\"LIBÉRALISME VS PEINE DE MORT\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5xdWViZWNvaXNsaWJyZS5vcmcvMDYvMDYxMDI5LTIuaHRt" target=\"_blank\">Québécois Libre</a><em><a title=\"LIBÉRALISME VS PEINE DE MORT\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5xdWViZWNvaXNsaWJyZS5vcmcvMDYvMDYxMDI5LTIuaHRt" target=\"_blank\"> n° 199 du 29 octobre 2006</a>, reproduit avec l'aimable autorisation du </em>Québécois Libre<em>.</em></p>
<p>(*) <strong>François-René Rideau</strong> est un informaticien français. Parmi les sites qu'il anime, <a title=\"Frédéric Bastiat (1801-1850)\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jhc3RpYXQub3JnLw==" target=\"_blank\">Bastiat.org</a> est consacré à l'oeuvre de l'économiste libéral Frédéric Bastiat, <a title=\"Le Libéralisme, le vrai\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZhcmUudHVuZXMub3JnL2xpYmVyYWxpc21lLw==" target=\"_blank\">Le Libéralisme, le vrai</a> contient ses essais, et <a title=\"Cybernethics / Cybernéthique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZhcmUubGl2ZWpvdXJuYWwuY29tLw==" target=\"_blank\">Cybernéthique</a> est son blog apériodique.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong><br />
- <a title=\"La Liberté et le droit\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTIvMDYvODQ4My1sYS1saWJlcnRlLWV0LWxlLWRyb2l0" target=\"_blank\">La Liberté et le droit<br />
</a>- <a title=\"Le mythe du Far West sauvage\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDEvMDcvMTA0MDQtbGUtbXl0aGUtZHUtZmFyLXdlc3Qtc2F1dmFnZQ==" target=\"_blank\">Le mythe du Far West sauvage</a></p>
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		<title>Mais enfin, qui est John Galt ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/09/07/44527-mais-enfin-qui-est-john-galt</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Sep 2011 08:36:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Atlas Shrugged]]></category>
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		<category><![CDATA[John Galt]]></category>
		<category><![CDATA[La Grève]]></category>
		<category><![CDATA[objectivisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Contrepoints lance son premier jeu-concours ! Le 22 septembre prochain est une date particulière. Si vous nous suivez déjà régulièrement, vous savez sans doute déjà de quoi il s'agit. Afin de s'associer à l’évènement, dont on peut supposer qu'il sera peu traité par la presse traditionnelle, nous vous proposons de faire avec nous le buzz nécessaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Contrepoints</em> lance son premier jeu-concours !</strong></p>
<p><strong>Le 22 septembre prochain est une date particulière. Si vous nous suivez déjà régulièrement, vous savez sans doute déjà de quoi il s'agit. Afin de s'associer à l’évènement, dont on peut supposer qu'il sera peu traité par la presse traditionnelle, nous vous proposons de faire avec nous le buzz nécessaire autour d'un personnage mystérieux, John Galt.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMDcvNDQ1MjctbWFpcy1lbmZpbi1xdWktZXN0LWpvaG4tZ2FsdC8zNDA3MTYyNjI4Xzk1N2RiM2Q2MWJfeg==" rel=\"attachment wp-att-44532\"><img class="alignleft size-medium wp-image-44532" title="3407162628_957db3d61b_z" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/09/3407162628_957db3d61b_z-300x225.jpg?c2fb0e" alt="" width="300" height="225" /></a>Le principe de ce jeu-concours est simple. Photographiez n'importe quel objet, n'importe quelle scène, dans laquelle est présente la question suivante : "Mais qui est John Galt ?" (ou sa version anglaise, si vous voulez). Vous pouvez même vous photographier avec ce slogan. Après le 22 septembre, un sondage aura lieu pour choisir la photo préférée des lecteurs de Contrepoints. Le vainqueur recevra un cadeau surprise.</p>
<p>A toutes fins utiles, vous pouvez trouver des objets à l'effigie de John Galt <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5wcm91ZHByb2R1Y2Vycy5jb20v">ici</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Nob3AuY2FmZXByZXNzLmNvbS93aG8taXMtam9obi1nYWx0">ici </a>ou <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qb2huZ2FsdGdlYXIuY29tLw==">ici</a>. En même en français <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYWZlcHJlc3MuY29tL3NrL2t1aW5neWFtYW5n">ici</a>.</p>
<p>Bonne chance à toutes et à tous !</p>
<p>Vous pouvez poster les liens de vos photos en commentaires de cet article, ou les envoyer par mail à l'adresse suivante : copeau [at] gmail [point] com</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMDcvNDQ1MjctbWFpcy1lbmZpbi1xdWktZXN0LWpvaG4tZ2FsdC9qb2huZ2FsdDE=" rel=\"attachment wp-att-44533\"><img class="alignleft size-full wp-image-44533" title="johngalt1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/09/johngalt1.jpg?c2fb0e" alt="" width="263" height="263" /></a></p>
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		<title>Du mauvais usage des étiquettes</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/07/27/36797-du-mauvais-usage-des-etiquettes</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2011/07/27/36797-du-mauvais-usage-des-etiquettes#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 06:49:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guy Sorman</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Behring Breivik]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[franc-maçon]]></category>
		<category><![CDATA[massacre]]></category>
		<category><![CDATA[Norvège]]></category>

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		<description><![CDATA[L’étiquetage de Behring Breivik paraît circonstanciel et destiné à introduire de la rationalité rassurante là où il n’en y a pas ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint de l'article <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3dwLm1lL3AxNEVybS05dlk=">"Quelles sont les idées du tueur d'Oslo ?"</a></em></p>
<p><a rel=\"attachment wp-att-36798\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMjcvMzY3OTctZHUtbWF1dmFpcy11c2FnZS1kZXMtZXRpcXVldHRlcy9iZWhyaW5nLWJyZWl2aWs="><img class="size-full wp-image-36798 alignleft" title="Behring Breivik" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/07/Behring-Breivik.jpg?c2fb0e" alt="" width="287" height="234" /></a>Les étiquettes rassurent sur la provenance des fromages et l’origine  des idées folles : dès que le massacre perpétré  en Norvège par Behring  Breivik sur une centaine de ses concitoyens fut connu, les médias  l’étiquetèrent d’extrême droite. Fixer un fou dangereux dans une  catégorie répertoriée, c’est plus rassurant sans doute que d’avouer  qu’il existe des fous en circulation, qui nous ressemblent et en tout  cas, évoluent sans peine dans notre société.</p>
<p>Mais pourquoi d’extrême droite ? Breivik est islamophobe, certes,  mais est-on certain que tous les adversaires de l’immigration musulmane  soient de droite ou même d’extrême droite ? Breivik est aussi  franc-maçon, un ordre qui se situe plutôt à gauche et en Norvège, proche  du Parti travailliste au pouvoir.</p>
<p>Le manifeste publié par Breivik, pour « expliquer » son geste relève  classiquement du délire propre aux fous intelligents. Ce texte se  réclame des Croisades (les Croisades seraient d’extrême droite ?) mais  il est pour l’essentiel un plagiat des manifestes d’un autre fou  intelligent, américain, Ted Kaczynski, surnommé Unabomber (Un comme  Université car il y enseignait les mathématiques). Or Unambomber, qui  déposa 16 bombes dans des lieux publics avant d’être intercepté en 1995,  était perçu comme d’extrême gauche, ennemi déclaré du progrès technique  et du capitalisme, soutenu pendant son procès par le penseur anarchiste  et écologiste, John Zerzan.</p>
<p>L’étiquetage de Breivik paraîtra donc circonstanciel, destiné à  introduire de la rationalité rassurante là où il n’en y a pas et à  mettre en difficulté par assimilation implicite les mouvements d’extrême  droite, xénophobes, un peu partout en Europe. Je ne suis guère  favorable à ces mouvements-là mais je ne suis pas certain que les  impliquer dans le massacre en Norvège en fasse reculer l’influence. De  même qu’attribuer le massacre au goût immodéré de Breivik pour les jeux  vidéo ne renseigne ni sur le meurtrier fou ni sur l’influence (sans  doute nulle) des jeux vidéo sur la violence en société.</p>
<p>Étiqueter Breivik ou étiqueter Unambomber en fait des êtres sociaux  doués de raison, bonne ou mauvaise : en vrai, ils sont a-sociaux et les  étiquettes sont donc mensongères. Admettons plutôt que l’Homme n’est pas  forcément ni naturellement bon.</p>
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		<title>Pour une société de liberté : une immigration contrôlée</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/07/20/35446-pour-une-societe-de-liberte-une-immigration-controlee</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 11:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de circulation]]></category>
		<category><![CDATA[nation]]></category>

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		<description><![CDATA[Les migrations, conséquence d’un accident, sont elles-mêmes la cause d’un autre accident : elles déstabilisent le pays d’accueil des masses immigrées]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L'article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMTMvMzQ3NTktcG91ci11bmUtaW1taWdyYXRpb24tbGlicmUtZGFucy11bmUtc29jaWV0ZS1kZS1saWJlcnRlcw==" target=\"_blank\">Vincent Bénard sur la liberté de l'immigration</a> a déclenché de nombreuses réactions dans nos commentaires. Dans la lignée des contrepoints que nous publions sur certains sujets, nous vous proposons un article de Jean-Baptiste Noé, qui ne mettra surement pas tout le monde d'accord sur Contrepoints.</em></p>
<p><a rel=\"attachment wp-att-35447\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMjAvMzU0NDYtcG91ci11bmUtc29jaWV0ZS1kZS1saWJlcnRlLXVuZS1pbW1pZ3JhdGlvbi1jb250cm9sZWUvaW1taWdyYXRpb24tb2NkZQ=="><img class="size-full wp-image-35447 alignnone" title="Immigration OCDE" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/07/Immigration-OCDE.jpg?c2fb0e" alt="" width="498" height="389" /></a></p>
<p>L’article de Vincent Bénard sur la libéralisation de l’émigration aborde de nombreuses questions fort intéressantes. Comme nous sommes à <em>Contrepoints</em> et que nous essayons de comprendre des phénomènes compliqués nous nous permettons la publication de cet article, afin d’apporter des éclairages complémentaires sur cette question épineuse.</p>
<p><strong>Pourquoi des migrations ?</strong></p>
<p>Dans une société idéale les hommes pourraient changer de lieu et d’espace selon leur bon vouloir. Mais nous ne sommes pas dans cette société. Les migrations – hormis pour quelques personnes isolées - sont, la plupart du temps, la conséquence d’une catastrophe : guerre, famine, destruction de population, crise économique. Si des personnes émigrent ce n’est pas forcément parce qu’elles le veulent, c’est parce qu’elles y sont obligées. Ce peut-être les populations serbes chassées du Kosovo par une épuration ethnique, les populations maliennes, quittant leur pays pour cause de disette et de chômage, les Ivoiriens fuyant la guerre. Quand un pays connaît une émigration massive, c’est qu’il y a un problème dans ce pays. On ne peut donc pas se réjouir de ce phénomène et souhaiter qu’il soit libéralisé. Les personnes qui partent le font souvent à contre-cœur, par nécessité de survie.</p>
<p>Favoriser les migrations ne permettra en rien d’atténuer ou d’arrêter les causes qui les ont provoquées. Ces migrations, conséquence d’un accident, sont elles-mêmes la cause d’un autre accident : elles déstabilisent le pays d’accueil des masses immigrées. Nous le voyons actuellement avec la Tunisie qui ne sait que trop faire des réfugiés Libyens, de la Côte d’Ivoire dont la population est composée au tiers de Burkinabés ayant traversés la frontière suite à une guerre, et étant eux-mêmes une des causes de la guerre en Côte d’Ivoire en 2010-2011.</p>
<p>Déstabilisation démographique majeure, les flux migratoires sont la cause de troubles politiques pour les pays qui ne savent pas comment gérer un tel afflux de population. Il n’est donc pas certain que l’ouverture encore accentuée puisse résoudre le problème.</p>
<p><strong>L’homme n’est pas une machine</strong></p>
<p>L’autre point concerne la nature de l’homme. On dit souvent que si l’on autorise l’ouverture des frontières économiques et la libre circulation des biens et des capitaux, alors il faut aussi permettre la libre circulation des personnes. Tenir ce raisonnement c’est commettre une lourde erreur anthropologique, c’est confondre la nature de l’homme et la nature d’un bien. Un homme n’est pas une machine, une table ou une valeur financière. L’exportation d’une marchandise n’est pas équivalente à l’exportation d’un être humain. Or c’est bien cette confusion qu’entretiennent les partisans de la libre circulation des hommes. Un pays pauvre devrait vendre sa population jeune et dynamique aux pays riches pour diminuer sa pression démographique et récolter le fruit du retour des capitaux envoyés par les migrants, afin de construire des écoles, des routes, des hôpitaux, pour développer le pays d’origine. C’est le même argument tenu par les partisans de l’esclavage. Et celui-ci pourrait tout à fait se justifier moralement : après tout les conditions de vie des esclaves dans les plantations américaines étaient meilleures que celles des hommes libres restés en Afrique, leur espérance de vie était supérieure, leur condition matérielle aussi. Sauf que s’il est moralement licite de vendre des écrans plats, il ne l’est pas de vendre des êtres humains. On ne peut donc pas placer la libre circulation des biens au même niveau que la libre circulation des hommes.</p>
<p><strong>La culture oubliée</strong></p>
<p>Les libéraux devraient veiller à ne pas se caricaturer eux-mêmes en réduisant l’homme à sa part uniquement matérielle, au risque de trouver peu de défenseurs de leurs doctrines.</p>
<p>Avant d’être un agent économique, l’être humain est d’abord un être de culture. Le choix rationnel n’est pas forcément celui pour lequel il optera. La fable de La Fontaine <em>Le loup et le chien</em>, où un loup préfère refuser le traitement d’un chien de garde et continuer à vivre libre dans les bois pour ne pas être attaché, illustre tout à fait la position des êtres humains. Ils préfèrent vivre moins bien, mais chez eux, que mieux mais ailleurs. L’être humain n’est pas un objet interchangeable que l’on peut mettre ici, là ou ailleurs ; lui faire traverser une frontière, un continent, un océan. Chaque peuple, chaque nation a sa culture, ses traditions, son charisme propre. Chaque peuple a son pays, et les paysages dans lesquels s’inscrit son pays. Il est très instructif de constater comment les enfants d’immigrés conservent la nostalgie de leur pays d’origine, même s’ils n’y sont pas nés, même s’ils n’y ont jamais été. C’est pour eux un rêve, un imaginaire, un lointain vers lequel ils veulent revenir. On ne peut pas réduire l’homme à une unité productive strictement utilitaire, comme si la langue servait seulement à communiquer, comme si la littérature n’existait pas, comme si la musique ne servait qu’à se détendre.</p>
<p>A cet égard, il y a beaucoup à apprendre des peuples qui ont été privés de leur terre, comme les Polonais ou la diaspora juive, et de voir comment ils ont réussi à conserver et à transmettre l’amour de leur pays, de leur culture, de leurs traditions, jusqu’au jour où leur pays a de nouveau existé. Pour un Polonais il importe peu que la Pologne soit industrialisée ou qu’elle soit prospère, ce qu’il veut avant tout c’est qu’elle soit libre, c'est-à-dire indépendante du joug russe, autrichien, allemand ou soviétique.</p>
<p>Le phénomène culturel est trop souvent oublié par les économistes, c’est un tort car il est premier, il est la condition même du développement économique. Comme le fait d’ailleurs remarquer l’article, si la Nouvelle Zélande, la Suisse ou le Japon se sont développés sur le plan économique, ce n’est pas parce qu’ils disposaient de ressources naturelles, mais parce que leur peuple était – et est - constitué d’un fort potentiel culturel qui a permis l’essor économique. Il est vrai que la culture étant une donnée immatérielle, il est très difficile de la quantifier, et c’est probablement pour cela qu’elle rebute les économistes.</p>
<p><strong>Les leçons de la décolonisation</strong></p>
<p>Tout concourt à penser que les Européens n’ont pas compris pourquoi les peuples colonisés se sont révoltés contre eux. Là aussi, sur le plan économique, la décolonisation est une erreur. Sous l’effet des investissements, des transferts de capitaux et des constructions les peuples colonisés ont connu un accroissement économique sans précédent. Les investissements de la France dans ses colonies entre 1885 et 1940 sont ainsi estimés à 15.3 milliards d’euros de 2010 (1). S’il n’y avait pas eu la colonisation jamais ces peuples n’auraient connu un tel développement ; et de cela ils étaient parfaitement conscients. Or ils ont voulu chasser l’occupant et assurer eux-mêmes leur autodétermination. Pourquoi ? Parce que les peuples aiment être dirigés par eux-mêmes. Comme le faisaient remarquer le pape Jean XXIII dans son encyclique <em>La paix sur la terre </em>: « Aucun peuple ne souhaite être gouverné par un autre peuple. »</p>
<p>Face à ce fait, et à cette lourde permanence de l’histoire, que va-t-il arriver à nos peuples migrants qui vont d’un pays à l’autre ? Que va-t-il arriver aux pays récepteurs qui, tout comme les peuples anciennement colonisés, ne souhaitent pas être dirigés par d’autres qu’eux-mêmes ? Ce n’est pas dans l’évolution du PIB et du taux de chômage que ces questions trouveront des réponses.</p>
<p><strong>Les méfaits économiques de l’esclavage</strong></p>
<p>Que les migrations soient un bienfait pour l’économie, cela rester à prouver. Ce n’est pas ce que constate l’économiste et grand connaisseur de l’Afrique Jean-Paul Gourévitch qui, dans une étude publiée par <em>Contribuables associés, </em>évalue le coût –recettes moins dépenses- de l’émigration à 30,4 milliards d’euros par an, soit 1.5% du PIB de la France. Quand on dénombre donc ce que l’émigration rapporte et ce qu’elle coûte à la France, notre pays se trouve avec un déficit de plus de 30 milliards d’euros. Les bienfaits économiques de l’émigration ne semblent donc pas au rendez-vous (2).</p>
<p>L’argument de la main d’œuvre malléable et bon marché ne tient pas non plus. L’histoire nous apprend beaucoup sur ce sujet. La France a effectivement fait venir des travailleurs d’Afrique du Nord pour pallier le besoin de main d’œuvre dans ses usines au cours des années 1950-1960. Sauf que les patrons ont vite déchanté face à cette main d’œuvre moins productive et de moins bonne qualité. Ainsi, en 1957, il y avait 300 000 travailleurs algériens en France, dont 100 000 étaient au chômage (3). Etait-il bien nécessaire de les faire venir en métropole pour ne pas pouvoir leur donner de travail ? La main d’œuvre immigrée n’est pas moins chère, au contraire : étant moins productive elle coûte davantage. A la verrerie de La Senia, en Algérie, à la fin des années 1950, il faut 182 employés pour produire ce que 147 personnes font en France, soit un quart de plus. Les verreries algériennes coûtaient 37% plus chères que les françaises à Saint-Gobain. Où est alors le bienfait économique ?</p>
<p>Et dans quelle mesure cette main d’œuvre abondante et moins payée est-elle responsable de l’incapacité à surmonter la crise des années 1975 ? Cette présence salariale n’a pas incité les industries automobiles, textiles et sidérurgiques à augmenter leur productivité et à investir dans de nouvelles machines plus performantes. A quoi bon puisqu’il y avait la main d’œuvre immigrée bon marchée ? Nous en voyons le résultat : les entreprises françaises ont dû fermer, n’étant pas en mesure de soutenir la concurrence internationale. La main d’œuvre immigrée n’est pas la seule cause, c’est un des facteurs de ces fermetures.</p>
<p>A cet égard il est éclairant de relire le chapitre de <em>La démocratie en Amérique </em>de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWxleGlzX2RlX1RvY3F1ZXZpbGxl" target=\"_blank\">Tocqueville</a> où celui-ci, traversant l’Ohio, constate les méfaits économiques de l’esclavage.</p>
<blockquote><p>« À mesure qu'on avançait, on commençait donc à entrevoir que la servitude, si cruelle à l'esclave, était funeste au maître. Mais cette vérité reçut sa dernière démonstration lorsqu'on fut parvenu sur les bords de l'Ohio.</p>
<p>Le fleuve que les Indiens avaient nommé par excellence l'Ohio, ou la Belle-Rivière, arrose de ses eaux l'une des plus magnifiques vallées dont l'homme ait jamais fait son séjour. Sur les deux rives de l'Ohio s'étendent des terrains ondulés, où le sol offre chaque jour au laboureur d'inépuisables trésors: sur les deux rives, l'air est également sain et le climat tempéré; chacune d'elles forme l'extrême frontière d'un vaste État : celui qui suit à gauche les mille sinuosités que décrit l'Ohio dans son cours se nomme le Kentucky ; l'autre a emprunté son nom au fleuve lui-même. Les deux États ne diffèrent que dans un seul point: le K entucky a admis des esclaves, l'État de l'Ohio les a tous rejetés de son sein.</p>
<p>Le voyageur qui, placé au milieu de l'Ohio, se laisse entraîner par le courant jusqu'à l'embouchure du fleuve dans le Mississipi, navigue donc pour ainsi dire entre la liberté et la servitude ; et il n'a qu'à jeter autour de lui ses regards pour juger en un instant laquelle est la plus favorable à l'humanité.</p>
<p>Sur la rive gauche du fleuve, la population est clairsemée; de temps en temps on aperçoit une troupe d'esclaves parcourant d'un air insouciant des champs à moitié déserts; la forêt primitive reparaît sans cesse; on dirait que la société est endormie; l'homme semble oisif, la nature offre l'image de l'activité et de la vie.</p>
<p>De la rive droite s'élève au contraire une rumeur confuse qui proclame au loin la présence de l'industrie; de riches moissons couvrent les champs; d'élégantes demeures annoncent le goût et les soins du laboureur; de toutes parts l'aisance se révèle; l'homme paraît riche et content : il travaille. (. . .)</p>
<p>Il est vrai que dans le Kentucky les maîtres font travailler les esclaves sans être obligés de les payer, mais ils tirent peu de fruits de leurs efforts, tandis que l'argent qu'ils donneraient aux ouvriers libres se retrouverait avec usure dans le prix de leurs travaux. » (4)</p></blockquote>
<p>Ce que décrit Alexis de Tocqueville est tout simplement la base même du capitalisme : la liberté salariale et l’ardeur au travail sont plus récompensées que l’obligation et la servitude.</p>
<p><strong>Les migrations et la propriété privée</strong></p>
<p>Enfin, il est une autre question soulevée par les migrations, c’est celle de leur atteinte à la propriété privée. Les pays fonctionnent comme des maisons, ils sont la propriété privée du peuple qui les occupe. Imagine-t-on un commissaire politique venir dans la ferme d’un humble paysan pour lui saisir ses terres et sa grange ? C’est une violation indiscutable de la propriété privée, contraire à l’essence même du libéralisme. De même, des étrangers qui viennent s’installer dans un autre pays, sans le consentement des autochtones, violent le principe de la propriété privée, dans le sens où ils s’approprient un bien – ici un territoire - qui n’est pas le leur. Nous savons que l’atteinte à la propriété privée – lorsque celle-ci touche des terres, des entreprises, des capitaux - engendre de graves maux économiques. Pourquoi n’en serait-il pas de même lorsque l’atteinte est portée à des pays et à des nations libres ?</p>
<p><strong>L’extrême difficulté de la régulation </strong></p>
<p>Maintenant, convenons-en, il est particulièrement difficile de réguler et de contrôler les flux migratoires, ceux-ci passent comme de l’eau entre les mains. Mais ce n’est pas impossible. D’autant que la plupart sont le fait des mafias, qui exploitent la misère des populations, au mépris des personnes qu’elles font passer. La responsabilité des gouvernants est de mettre un terme à ce trafic d’humains.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, il est indubitable que la question migratoire est la grande question de ce début de siècle, d’autant plus grande qu’elle touche à l’homme et au respect dû à chaque personne. Cette question ayant déjà engendrée, en Afrique, en Asie et même en Europe, des guerres et des morts, il est d’autant plus nécessaire de la traiter avec sens de la mesure, rigueur et sérieux.</p>
<p>----<br />
<strong>Notes</strong></p>
<p>(1) Bernard Lugan, <em>Pour en finir avec la colonisation</em>, Editions du Rocher, 2006.</p>
<p>(2) Jean-Paul Gourévitch, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZS1jb3V0LWRlLWxhLXBvbGl0aXF1ZS1taWdyYXRvaXJlLmZyL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEwLzAyL21vbm9ncmFwaGllXzIzX0xlX2NvdXRfZGVfbGFfcG9saXRpcXVlX21pZ3JhdG9pcmVfZGVfbGFfRnJhbmNlMS5wZGY=" target=\"_blank\">Le coût de la politique migratoire de la France</a></em>, Contribuables associés, n°23, mars 2010.</p>
<p>(3) Bernard Lugan, <em>Pour en finir avec la colonisation</em>, Editions du Rocher, 2006.</p>
<p>(4) Alexis de Tocqueville, <em>De la démocratie en Amérique,</em> tome 1, 2<sup>e</sup> partie, chapitre X.</p>
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		<title>La théorie libérale utilitariste</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 06:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pourquoi l’éthique favoriserait-elle ce que veut le plus grand nombre à l’encontre du plus petit nombre]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l'article de Fabrice Descamps, « <a title=\"Libéralisme et droit naturel\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMDcvMzM4ODYtbGliZXJhbGlzbWUtZXQtZHJvaXQtbmF0dXJlbA==" target=\"_blank\">Libéralisme et droit nature</a>l ».</em></p>
<p><strong>Murray Rothbard, <em><a title=\"L'éthique de la liberté\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21lbWJyZXMubXVsdGltYW5pYS5mci9tZ3J1bmVydC9ldGhpcXVlLmh0bQ==" target=\"_blank\">L'éthique de la liberté</a></em>, chap. 26.</strong></p>
<div id="attachment_34165" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a rel=\"attachment wp-att-34165\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMDgvMzQxNjQtbGEtdGhlb3JpZS1saWJlcmFsZS11dGlsaXRhcmlzdGUvZm9udGFpbmU="><img class="size-full wp-image-34165" title="Fontaine Duchamp" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/07/Fontaine-e1310058289963.jpg?c2fb0e" alt="" width="500" height="594" /></a><p class="wp-caption-text">Quand Marcel Duchamp revisitait l&#39;utilitarisme.</p></div>
<p>En tant que discipline distincte et reconnue, la science économique est apparue au 19e siècle, ce qui coïncida hélas ! avec la domination de l’utilitarisme en philosophie morale. Par conséquent, la philosophie sociale des économistes, partisans du laissez-faire au 19e siècle ou de l’étatisme au 20e, s’est presque toujours fondée sur l’utilitarisme. Même de nos jours, l’économie politique regorge de débats assis sur la comparaison entre des “coûts sociaux” et des “avantages sociaux” dans l’évaluation des politiques publiques.</p>
<p>Nous ne pouvons nous embarquer ici dans une critique exhaustive de l’utilitarisme en tant que théorie normative [1]. Nous concernent ici certaines tentatives pour faire de l’éthique utilitariste le fondement de l’idéologie libertarienne ou laissez-fairiste. Notre critique se limitera donc à l’utilitarisme qui a servi d’assise à des philosophies politiques libertariennes ou quasi-libertariennes [2].</p>
<p>Pour résumer, la philosophie sociale utilitariste considère comme “bonne” toute politique qui produit “le plus grand bien pour le plus grand nombre”, chaque personne comptant également dans cette somme, et le “bien” étant défini comme la plus grande satisfaction possible des désirs purement subjectifs des individus composant la société. À l’instar de l’économiste (nous y reviendrons plus loin), l’utilitariste se présente comme “scientifique” et “non engagé”, il soutient que sa doctrine est essentiellement neutre par rapport aux valeurs ; il prétend ne pas imposer les siennes propres valeurs puisque ce qu’il propose n’est que la plus grande satisfaction possible des désirs et besoins de la population.</p>
<p>Or, cette doctrine n’est guère scientifique et d’aucune manière exempte de jugements de valeur. En premier lieu, pourquoi “le plus grand nombre” ? Pourquoi l’éthique favoriserait-elle ce que veut le plus grand nombre à l’encontre du plus petit nombre ? Qu’y a-t-il de si admirable dans le “plus grand nombre” [3] ? Imaginons une société où la vaste majorité des gens abhorrent les rouquins et rêvent de les tuer ; il se trouve en plus que les rouquins y sont peu nombreux. Devons-nous alors admettre qu’il est “bon” que la (vaste) majorité massacre les rouquins ? Sinon, pourquoi ? Le moins que l’on puisse dire est que l’utilitarisme ne suffit guère à construire une argumentation en faveur de la liberté et du laissez-faire. Felix Adler ironise sur les utilitaristes, qui<br />
“voient le plus grand bonheur pour le plus grand nombre comme raison d’être de la société mais qui n’expliquent pas pourquoi le bonheur du plus grand nombre devrait rallier le consentement de ceux qui se trouvent faire partie de la minorité” [4].</p>
<p>Deuxièmement, qu’est-ce qui justifie que chaque personne compte également ? Pourquoi pas un système de pondération ? Voilà qui ressemble à un autre article de foi accepté sans examen par l’utilitarisme, et donc fort peu scientifique.</p>
<p>Troisièmement, pourquoi “le bien” consiste-t-il exclusivement à satisfaire les désirs émotionnels et subjectifs de chaque personne ? Pourquoi ces désirs ne seraient-ils pas soumis à un examen supra-subjectif ? On voit que l’utilitarisme dissimule l’hypothèse implicite que les désirs subjectifs constituent des données ultimes que l’ingénieur social devrait, pour une raison ou pour une autre, s’employer à satisfaire. Pourtant, l’expérience de chaque homme démontre que les désirs individuels ne sont pas du tout absolus ni invariables. Il ne sont pas imperméables à la persuasion, que ce soit celle de la raison ou d’autres formes d’influence : l’expérience et les arguments d’autrui peuvent persuader les gens de modifier leurs jugements de valeur, et c’est ce qui se passe souvent. Mais comment cela se pourrait-il si tous les désirs individuels étaient des réalités élémentaires et, donc, hors de portée d’une persuasion par autrui ? Si ces désirs ne sont pas des données ultimes et que les arguments moraux puissent les influencer, il semblerait en découler que des principes moraux inter-subjectifs existent bel et bien, qui peuvent être discutés et influencer les gens.</p>
<p>Il est assez étrange que l’utilitarisme, tout en posant l’hypothèse que la morale et le Bien sont purement subjectifs relativement à chaque individu, postule la capacité d’additionner, de soustraire et de mesurer, au niveau de la société, les désirs subjectifs des diverses personnes. On postule que les utilités et les coûts subjectifs, une fois additionnés, soustraits et mesurés, donneraient une “utilité sociale nette” ou un “coût social”, ce qui permettra à l’utilitariste de donner un avis favorable ou défavorable sur chaque politique sociale particulière [5]. La théorie économique moderne dite ”du bien-être” est particulièrement habile à trouver des estimations (et même des estimations quantitatives d’allure précise) des “coûts sociaux” et des “utilités sociales”. Or, ce que l’économie nous enseigne en réalité, ce n’est pas du tout que les principes moraux seraient subjectifs, mais qu’en revanche les utilités et les coûts le sont, eux, bel et bien ; que les utilités individuelles sont purement subjectives et ordinales et qu’il est par conséquent absolument illégitime de les additionner ou de les pondérer dans quelque calcul d’utilité ou de coût “social” que ce soit.</p>
<p>[...]</p>
<p>----<strong><br />
Notes :</strong></p>
<p>[1] Pour l’ébauche d’une critique de l’utilitarisme du point de vue d’une éthique concurrente de la loi naturelle, cf. John Wild, Plato’s Modern Enemies and the Theory of Natural Law, Chicago : University of Chicago Press, 1953 ; Henry B. Veatch, For an Ontology of Morals : A Critique of Contemporary Ethical Theory, Evanston, Ill. : Northwestern University Press, 1971. Sur l’insuffisance de l’utilitarisme comme philosophie politique de la liberté, cf. Herbert Spencer, Social Statics, New York : Robert Schalkenbach Foundation, 1970, pp. 3-16.<br />
[2] Pour des critiques antérieures des approches utilitaristes dans ce livre, cf. pp. 11-13 ci-dessus.<br />
[3] Et que se passe-t-il si, même en termes utilitaristes, on peut obtenir davantage de bonheur en se rangeant aux voeux de la minorité ? Pour une discussion de ce problème, cf. Peter Geach, The Virtues, pp. 91 et suiv.<br />
[4] Félix Adler, “The Relation of Ethics to Social Science,” in H.J. Rogers, ed., Congress of Arts and Science, Boston : Houghton Mifflin, 1906, VII, 673.<br />
[5] De plus, certaines préférences, telles que le désir de voir souffrir une personne innocente, semblent être immorales pour des raisons objectives. L’utilitariste n’en doit pas moins affirmer qu’il faut les inclure dans le calcul quantitatif, non moins que les préférences les plus innocentes ou les plus altruistes. Je dois cette remarque au Pr David Gordon.</p>
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		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 06:00:13 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 06:10:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aurélien Véron</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l'article </em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3dwLm1lL3AxNEVybS02VFM=">Une pose pour Ophelia</a><em>, publié le 26/05/2011</em></p>
<p><em></em><br />
<a rel=\"attachment wp-att-27561\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDYvMDEvMjc1MzAtcXV1bmUtc2ltcGxlLWZlbW1lLWRlLW1lbmFnZS1wdWlzc2UtZGF0dGFxdWVyLWEtZHNrL2xvZ28tdmlvbA=="><img class="alignleft size-full wp-image-27561" title="Logo Viol" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/06/logo-viol.png?c2fb0e" alt="" width="196" height="198" /></a>L’opération « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F1cmVsaWVuLXZlcm9uLmZyLzIwMTEvMDUvMjEvYWdlbmRhLXBvbGl0aXF1ZS92aWUtcG9saXRpcXVlL2FmZmFpcmUtZHNrLW9mZnJlei11bmUtcm9zZS1hLW9waGVsaWEv" target=\"_blank\">Une rose pour Ophélia</a> » a fait un tabac, suscitant l’intérêt de l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yZXV0ZXJzLmNvbS9hcnRpY2xlLzIwMTEvMDUvMjMvdXMtc3RyYXVzc2thaG4tb3BoZWxpYS1pZFVTVFJFNzRNNFBCMjAxMTA1MjM=" target=\"_blank\">agence Reuters</a>, du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZXBhcmlzaWVuLmZyL2luZGlzY3JldHMvcG9saXRpcXVlL2Rlcy1yb3Nlcy1wb3VyLW9waGVsaWEtMjYtMDUtMjAxMS0xNDY3NDIzLnBocA==" target=\"_blank\">Parisien</a>,  du JDD et d’autres médias. Coup démago ou vraie question de société ?  Une fois de plus, une personnalité politique semble avoir agi au dessus  des lois. Jusque là, rien de nouveau. Ce qui l’est moins, c’est que le  traitement quasi hollywoodien de ce scandale a permis l’ouverture d’un  grave débat dans nos médias, chose que la loi française leur aurait  interdit si l’affaire avait eu lieu sur notre sol. Le principe de  « présomption d’innocence », essentiel pour protéger les droits de la  défense dans une procédure accusatoire, a été dévoyé pour <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5tYWl0cmUtZW9sYXMuZnIvcG9zdC8yMDExLzA1LzIyL0NvbW1lbnRhaXJlLWQtdW4tanVyaXN0ZS1zdXItbGEtY291dmVydHVyZS1tJUMzJUE5ZGlhdGlxdWUtZGUtbC1hZmZhaXJlLURTSw==" target=\"_blank\">museler nos médias afin qu’ils ne s’étendent pas trop sur les scandales</a> à répétition dont nos hommes politiques sont les auteurs. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F1cmVsaWVuLXZlcm9uLmZyLzIwMTEvMDUvMjkvbGliZXJ0ZXMtaW5kaXZpZHVlbGxlcy9xdWFuZC1qZS12b2lzLXF1dW5lLXBldGl0ZS1mZW1tZS1kZS1tZW5hZ2UtZXN0LWNhcGFibGUtZGUtc2F0dGFxdWVyLWEtZHNrL0pBTUFJUyUyMGxhJTIwcHIlQzMlQTlzb21wdGlvbiUyMGQlMjdpbm5vY2VuY2UsJTIwcXVpJTIwZXN0JTIwdW5lJTIwcHIlQzMlQTlzb21wdGlvbiUyMFNJTVBMRSwlMjBjJTI3ZXN0JTIwJUMzJUEwJTIwZGlyZSUyMHF1ZSUyMGxhJTIwcHJldXZlJTIwY29udHJhaXJlJTIwcGV1dCUyMCVDMyVBQXRyZSUyMHJhcHBvcnQlQzMlQTllLCUyMG4lMjdhJTIwaW50ZXJkaXQlMjBkZSUyMGRpcmUlMjBvdSUyMGRlJTIwbGFpc3NlciUyMGVudGVuZHJlJTIwcXVlJTIwdGVsbGUlMjBwZXJzb25uZSUyMCVDMyVBOXRhaXQlMjBjb3VwYWJsZS4lMjBDJTI3ZXN0JTIwbSVDMyVBQW1lJTIwbCUyN29iamV0JTIwZGUlMjBsYSUyMHBsYWludGUlMjBkZSUyMGxhJTIwdmljdGltZS4=" target=\"_blank\">Maître Eolas le rappelle pourtant clairement</a> : « <em>JAMAIS  la présomption d’innocence, qui est une présomption SIMPLE, c’est  à  dire que la preuve contraire peut être rapportée, n’a interdit de  dire  ou de laisser entendre que telle personne était coupable. C’est  même  l’objet de la plainte de la victime.</em> » La presse n’est hélas pas autorisée à faite état de ce genre d’affaire tant qu’elle n’est pas tranchée.</p>
<p>En crevant un vieil abcès, fruit  habituel d’une restriction absurde de la liberté d’expression, ce  scandale nous fait découvrir les ravages de l’omerta française. Le cas  DSK, aux dérapages multiples et anciens, a longtemps été couvert par un  parti socialiste complice (et notamment une<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3RlbXBzcmVlbC5ub3V2ZWxvYnMuY29tL2FjdHVhbGl0ZS9sLWFmZmFpcmUtZHNrLzIwMTEwNTI3Lk9CUzQwMjkvYWZmYWlyZS1kc2stbGEtZmVtbWUtcXVpLWVtYmFycmFzc2UtbGUtcHMuaHRtbA==" target=\"_blank\"> élue coupable</a> d’avoir fait taire sa fille : en ne disant rien sur l’agression pour  protéger leur propre carrière, elle a mis en danger d’autres femmes, les  suivantes) et par des journalistes qui n’osaient pas s’aventurer sur un  terrain miné. Connivence ou peur de mettre sa carrière en danger ? En  tout cas, cette affaire très préoccupante doit ouvrir les yeux des  acteurs du monde politique, femmes politiques, assistantes  parlementaires, journalistes, fonctionnaires et autres personnels qui  gravitent autour des cercles du pouvoir. Des témoignages directs ou  indirects font souvent état de pratiques offensantes, parfois  agressives, qu’elles aient lieu sur le ton de la séduction et/ou de la  menace. Cet environnement de harcèlement sexuel généralisé n’a jamais  été révélé par quiconque. L’affaire en cours aboutira peut-être à la  mise en place d’un code drastique d’encadrement des relations  professionnelles dans le monde politique. Peut-être l’excès américain  constitue-t-il la meilleure protection contre les graves excès commis  sans aucun scrupule jusqu’ici.</p>
<p>En tout cas, de nombreuses femmes n’ont plus peur de parler des outrages subis. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWpkZC5mci9Qb2xpdGlxdWUvQWN0dWFsaXRlL0FmZmFpcmUtVHJvbi1VbmUtY29tbWlzc2FpcmUtZGUtRHJhdmVpbC1hdmFpdC1kZW1hbmRlLXNhLW11dGF0aW9uLTMyMTg4MS8/ZnJvbT1mZWF0dXJlcw==" target=\"_blank\">Première cible : Georges Tron,</a> abattu en plein vol. Il y aura d’autres figures touchées. Le plus  important, c’est que ces quelques cas, s’ils sont traités de manière  exemplaire, inciteront les rustres et les prédateurs à contrôler leurs  pulsions, ou tout au moins leurs pratiques indignes. A défaut, leurs  victimes auront davantage tendance à les poursuivre devant la justice.  C’est tant mieux.</p>
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		<title>Islam et libéralisme</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Apr 2011 08:40:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[charia]]></category>
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		<category><![CDATA[Etat de droit]]></category>
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		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Minaret of Freedom Institute]]></category>
		<category><![CDATA[musulman]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, le monde musulman est soumis au despotisme. Ce n’est pas à cause de l’Islam]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l’article de Daniel Vignola, « <a title=\"Ludwig von Mises et l’islam\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDQvMjMvMjI1MDQtbHVkd2lnLXZvbi1taXNlcy1ldC1sJUUyJTgwJTk5aXNsYW0=" target=\"_blank\">Ludwig von Mises et l’islam</a> ».</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Ceux qui de leur plein gré et sans subir de contrainte agissent d’après le Livre (le Coran) et les Nouvelles (Hadith) portent le turban de la liberté.</em> (Khwaja-i-Jahan Mahmud Gawan)</p>
<p><strong>Par Pierre Lison (*)</strong></p>
<p>L’Islam est-il compatible avec une société de liberté ? Existe-t-il une place pour les valeurs libérales (liberté individuelle, propriété privée, État de droit) dans la civilisation islamique ? Les pays dits « islamistes » dans le monde actuel sont essentiellement collectivistes. Mais ce collectivisme provient-il de l’Islam ? Une analyse poussée des fondements philosophiques de l’Islam donne une autre conclusion : la tradition islamique est profondément libérale. Rien dans l’Islam n’est incompatible avec une société de liberté et l’État de droit, bien au contraire. Il convient donc, pour les musulmans, de revenir aux sources de l’Islam, et donc de revenir à cette tradition de tolérance, de respect de l’individu. Bref, au libéralisme.</p>
<p>Par souci d’honnêteté intellectuelle, je voudrais indiquer que les idées présentées ici puisent leur inspiration et de nombreuses citations dans un colloque de l’institut libéral français Euro92 de 1995, et dans les textes de Dean Ahmad, le président du<em> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5taW5hcmV0Lm9yZy8=" target=\"_blank\">Minaret of Freedom Institute</a></em>, un institut américain cherchant à diffuser les idées libérales ou libertariennes dans les milieux musulmans. J’ai repris ici quelques idées qui me semblaient intéressantes.</p>
<p>« La perspective islamique de l’économie politique, » explique Dean Ahmad, « est finalement semblable à la vision libérale classique occidentale, car elles trouvent toutes deux leurs racines dans ce qu’on appelle habituellement l’héritage arabe. »</p>
<p><a rel=\"attachment wp-att-22597\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDQvMjUvMjI1OTEtaXNsYW0tZXQtbGliZXJhbGlzbWUvbW9zcXVlZQ=="><img class="aligncenter size-full wp-image-22597" title="Mosquee" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/04/Mosquee-e1303719425580.jpg?c2fb0e" alt="" width="500" height="749" /></a></p>
<p style="text-align: center;">(<a title=\"Islam Punk\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mbGlja3IuY29tL3Bob3Rvcy9mYWJpb3Zlbm5pLzI1ODQwMzI4MS8=" target=\"_blank\">Illustration sous licence Creative Commons</a>)</p>
<h3>Défendre l’État de droit</h3>
<p>Pour commencer, il est important de comprendre que le régime juridique islamique – la charia – est une nomocratie. Politiquement, l’Islam correspond donc au concept d’État de droit. Ce n’est ni une théocratie (législation cléricale) ni une démocratie (au sens de processus de décision majoritaire). Tout être humain est directement responsable devant le Tout-Puissant. Puisque les musulmans pensent que la loi divine est objective (comme le Droit naturel occidental), l’homme doit obéissance à la charia, et non aux autres hommes.</p>
<p>Au gouvernement par les hommes, l’Islam oppose donc le concept d’État de droit.</p>
<p>Au niveau de la liberté d’opinion et de religion, le Coran interdit toute imposition forcée de l’Islam à des non musulmans. Le Coran croit au libre-arbitre, conçu comme la liberté reconnue à chacun de choisir de croire ou de ne pas croire. En ce qui concerne la tolérance religieuse, le Coran est formel : "Nulle contrainte en religion !" (2:256). "Quiconque le veut, qu’il croit, et quiconque le veut qu’il mécroie." (18:29). Plus loin : "Ô gens ! Certes la vérité vous est venue de votre Seigneur. Donc, quiconque est dans le bon chemin ne l’est que pour lui-même ; et quiconque s’égare, ne s’égare qu’à son propre détriment." (10:108) Lorsque certains musulmans, ou des régimes qui se disent islamistes, violent ces injonctions favorables à la tolérance et au pluralisme religieux, ils ne font rien moins que transgresser les dogmes les plus fondamentaux de l’Islam lui-même.</p>
<p>L’Islam est par essence pluraliste. Par exemple, si le Coran interdit la consommation d’alcool, il permet cependant aux chrétiens de boire du vin lors de l’eucharistie, et d’autres boissons alcoolisées.</p>
<p>En ce qui concerne la propriété, le Coran défend clairement le principe et le caractère sacré de la propriété privée. Le Prophète dit ceci dans son pèlerinage d’adieu : « Rien ne sera légitime pour un musulman de ce qui appartient à un autre musulman, à moins d’avoir été cédé librement et de plein gré. »</p>
<p>Par ailleurs, Le Coran favorise explicitement la productivité et le libre commerce. Le Prophète a lui-même gagné sa vie comme commerçant. La civilisation islamique est une civilisation marchande.</p>
<p>Le Coran discute d’un grand nombre de questions économiques spécifiques. La propriété privée bénéficie d’une protection (2 :188). Il exige que l’individu respecte ses engagements (2:177 ; 5:1) et fournit des détails pour le droit contractuels (2 :282-283).</p>
<p>Le Coran maintient qu’il existe une harmonie entre les intérêts spirituels et matériels de l’homme et se présente comme un guide pour lui permettre de réussir « dans cette vie et dans l’au-delà ». Ses impératifs ne visent pas à soumettre l’homme à un calvaire terrestre avant le salut céleste, mais sont offerts comme un fortifiant l’aidant à traverser les épreuves, avec certaines récompenses ici-bas et des compensations éternelles. Ce n’est donc en rien une religion ascétique.</p>
<h3>Une histoire libérale</h3>
<p>L’Histoire confirme d’ailleurs cet attachement de l’Islam au respect de la propriété privée : sous le règne du prophète et des premiers califes, la propriété était protégée, les rares impôts qui existaient étaient fixes et à caractère non confiscatoire. L’État n’intervenait pas dans l’économie, excepté pour punir la fraude, le vol ou pour rectifier des injustices.</p>
<p>Après la chute du monde musulman aux mains des mongols, certains développements négatifs ont eu lieu qui ont miné les sources du droit islamique. Les racines libérales de l’Islam ont progressivement été ignorées et l’étatisme s’est développé, ce qui a amorcé le déclin du monde musulman et amorcé sa chute en Occident. Ce dernier, pendant la même période, avait récupéré et intégré les concepts d’État de droit et de marché des pays musulmans.</p>
<p>Bon nombre des principes fondateurs de la civilisation occidentale, telle que la liberté de l’individu par rapport à l’État et la propriété privée, doivent en partie leur renaissance à l’héritage arabe ramené en Europe, et largement diffusé au 16e siècle, notamment par l’École de Salamanque.</p>
<p>L’Islam n’est pas opposé à l’Occident, il fait partie de l’Occident. Les Occidentaux ignorent souvent qu’en fait l’Islam partage avec le judaïsme et le christianisme une longue histoire commune ainsi que de nombreuses croyances et orientations religieuses et culturelles. Selon les termes de l’iman Muhammad Abd al-raouf, les musulmans croient "à l’Évangile chrétien, au Prophète chrétien (Jésus-Christ), à ses douze apôtres, à la virginité de sa mère, et à sa miraculeuse naissance… Par dessus tout, nous partageons la même croyance en notre Dieu commun".</p>
<p>Les trois religions de la Révélation se sont façonnées mutuellement et il faut toutes les considérer comme héritières de la civilisation grecque. L’Islam a d’ailleurs eu une importance capitale au niveau de la transmission de la pensée grecque.</p>
<h3>Comprendre les textes</h3>
<p>Il n’y a rien dans le Coran qui conduise inéluctablement aux régimes politiques théocratiques, si l’enseignement du Prophète est bien compris.</p>
<p>Bien au contraire puisque le Coran proclame que la foi, et l’obéissance à la foi, relèvent avant tout de l’intériorité personnelle. L’intégrisme théocratique des mouvements fondamentalistes relèverait ainsi d’une autre logique que religieuse : une logique de récupération du religieux mis au service d’ambitions et de finalités politiques.</p>
<p>La traduction du terme « jihad » en « guerre sainte » constitue à cet égard une erreur typique. Il serait plus correct de le traduire par « lutte sainte ». La racine arabe du mot jihad peut désigner toute une série d’action possibles : "essayer", "tenter", "faire tout son possible", "s’efforcer de", etc.</p>
<p>La "grande" jihad se réfère à l’éternel combat qui oppose l’âme chaque être humain aux tentations et aux ruses de Satan.</p>
<p>Certes, il existe aussi une « petite jihad » qui se rapporte à la conduite d’une guerre défensive entreprise pour protéger la communauté islamique, mais celle-ci n’a jamais joué qu’un rôle mineur dans l’Histoire. Elle ne peut en tout cas jamais être justifiée pour des actions terroristes ou des actes de barbarie tels que nous les avons connus ces derniers temps.</p>
<p>Actuellement, une petite minorité d’extrémistes défigurent ce qui est la troisième et sans doute la plus tolérante des grandes religions monothéistes en invoquant la religion pour justifier des actes qui relèvent de la criminalité la plus commune. Les actions terroristes d’individus qui se disent musulmans constituent d’abord et avant tout une attaque contre l’esprit de tolérance, de compassion et de clémence qui, historiquement, caractérise l’Islam à la fois en tant que doctrine et pratique religieuse.</p>
<h3>Revenir aux sources</h3>
<p>Aujourd’hui, le monde musulman est soumis au despotisme. Ce n’est pas à cause de l’Islam. La plupart des régimes d’oppression sont des régimes socialistes séculiers, inspirés par les pouvoirs des colonies européennes qui les ont occupés avant leurs indépendances.</p>
<p>Le retour aux sources de la pensée islamique, et donc au libéralisme permettrait de régler de nombreux problèmes qui traversent notre planète.</p>
<p>Par exemple le problème israélo-palestinien, comme l’explique Dean Ahmad : « il existe actuellement une opportunité formidable de créer une zone de libre-échange en Palestine. Un développement privé de l’infrastructure fournirait deux avantages majeurs aux Palestiniens. D’abord, cela assurerait leur indépendance par rapport à Israël ; ensuite, elle pourrait se développer en l’absence d’intervention d’une administration publique pleinement achevée et intégrée. L’absence d’interférence d’une structure administrative pourrait même être un atout non négligeable."</p>
<p><em>(*) Pierre Lison, diplômé de l'Université catholique de Louvain, est ingénieur civil en informatique. Étudiant les interactions entre l'informatique, la linguistique et la science cognitive, il est aujourd'hui chercheur à l'université d'Oslo.</em></p>
<p><strong>Références :</strong></p>
<p>- Tony Sullivan, « <a title=\"L'ISLAM ET L'OCCIDENT :  CHASSONS LES MALENTENDUS\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ldXJvOTIuY29tL2VkaS9yZXZwcmVzcy9hcmNoaXZlcy9zdWxsaXZhbjA3MDAuaHRt" target=\"_blank\">L’Islam et l’Occident, chassons les malentendus</a> », 30 juin 2000.<br />
- Colloque « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ldXJvOTIuY29tL2Fjcm9iL2lzbGFtJTIwY29sbG9xdWUucGRm" target=\"_blank\">Islam et Libéralisme</a> » à l’Institut Euro92, avril 1995 avec Dean Ahmad, (président du <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5taW5hcmV0Lm9yZy8=" target=\"_blank\">Minaret of Freedom Institute</a></em>), Luc Barbulesco (professeur de sociologie religieuse), Yves Montenay (président de l’Institut Culture, Économie et Gestion), Felipe Tudela (président du Centre de Recherche financière) et Serghini Farissi (professeur d’économie à l’Université de Fès)<br />
- Dean Hahmad, « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ldXJvOTIuY29tL2Fjcm9iL2lzbGFtJTIwY2xhc3NpcXVlLnBkZg==" target=\"_blank\">L’économie politique de la société islamique classique</a> », avril 1995.<br />
- Maher M. Hathout, « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5iZWxpZWZuZXQuY29tL0ZhaXRocy8yMDAwLzA1L0Nhbi1Jc2xhbS1BbmQtRGVtb2NyYWN5LUNvZXhpc3QtSW4tQS1Db3VudHJ5LmFzcHg=" target=\"_blank\">Can Islam and Democracy Coexist in a Country?</a> ».</p>
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		<item>
		<title>Pourquoi intervenir en Libye</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/03/26/18677-pourquoi-intervenir-en-libye</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2011/03/26/18677-pourquoi-intervenir-en-libye#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 26 Mar 2011 11:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[intervention militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Libye]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-ce que le niveau de violence a atteint un tel seuil que l'utilisation d'une force opposée est justifiable]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l’article de Léopold Saroyan, « <a title=\"7 raisons pour ne pas intervenir en Libye\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMjMvMTgxMjMtNy1yYWlzb25zLXBvdXItcGFzLWludGVydmVuaXItZW4tbGlieWU=" target=\"_blank\">7 raisons pour ne pas intervenir en Libye</a> ».</em></p>
<p><strong>Par Conor Foley (*)</strong></p>
<p>Il y a de nombreux bons arguments contre l'intervention militaire actuelle en Libye et Michael Walzer présente certains d'entre eux <a title=\"The Wrong Intervention\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Rpc3NlbnRtYWdhemluZS5vcmcvb25saW5lLnBocD9pZD00NjI=" target=\"_blank\">dans le magazine <em>Dissent</em></a>.</p>
<p><a rel=\"attachment wp-att-18089\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMjIvMTgwODgtcG9pbnQtc3VyLWxhLWxpYnllLWV0LWxlcy1yZXZvbHRlcy1hcmFiZXMvZnJhcHBlcy1saWJ5ZQ=="><img class="alignleft size-medium wp-image-18089" title="Frappes Libye" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/03/Frappes-Libye-300x219.jpg?c2fb0e" alt="" width="300" height="219" /></a>Les arguments contre « l'intervention humanitaire » peuvent généralement être regroupés en trois catégories : le pragmatique — quel est notre but final ; le pacifique — des gens vont être tués ; et les objections idéologiques — qui viennent aussi bien de la droite que de la gauche. Les deux derniers ont leurs mérites, cependant ils ne peuvent bien évidemment pas être vrais ensembles. Ils peuvent être grossièrement résumés à « Pourquoi devrait-on demander aux troupes occidentales de mourir pour une cause qui n'a pas d'incidence sur nos « intérêts nationaux », et peut-on croire les gouvernements occidentaux lorsqu'ils disent agir en fait pour des motifs altruistes ? »</p>
<p>Je trouve le dernier des trois arguments le moins intéressant car ils mènent inévitablement vers une quête pour les « vraies raisons » cachées des interventions militaires. Bien qu'il y ait une place pour une telle discussion, je pense que les deux premiers sont plus immédiatement convaincants et suggèrent que les arguments en faveur ou défaveur d'une « intervention humanitaire » repose sur la réponse à deux questions générales : est-ce que le niveau de violence a atteint un tel seuil que l'utilisation d'une force opposée est moralement justifiable, et s'agit-il d'une option pratique, stratégique, qui va effectivement rendre les choses meilleures pour les personnes concernées ?</p>
<p>Au début des années 1990, j'ai rendu visite au « refuge » Kurde au nord de l'Irak, peu de temps après qu'il a été établi à la fin de la première guerre du Golfe. C'était le prototype des « interventions humanitaires » ultérieures qui ont eu lieu ces dernières décennies ; il n'y a aucun doute dans mon esprit qu'elles ont sauvé des dizaines de milliers de vies. Les arguments contre sa mise en place étaient tout aussi convaincants que ceux que j'ai entendus à l'encontre des actions actuelles en Libye, mais l'alternative était un probable génocide. Un journaliste avec lequel je voyageais à l'époque a dit qu'il avait vu des corps se balançant aux lampadaires de chaque ville que les Gardes Républicains avaient repris aux Kurdes.</p>
<p>Pendant le conflit au Kosovo en 1999, on m'a demandé d'effectuer des sessions de formation aux droits de l'homme et au droit international humanitaire, tout d'abord dans les camps de réfugiés en Albanie et en Macédoine, et ensuite au Kosovo lui-même alors que la guerre prenait fin. Les histoires que j'ai entendues étaient atroces, mais, peut-être parce que j'ai passé plus de temps à y travailler (j'ai par la suite été détaché auprès du H.C.R. (1) pour une année), j'en suis parti avec une vision plus nuancée du conflit, et je pense que, tout compte fait, la campagne de bombardements de l'OTAN a fait plus de mal que de bien. Ce qui pourrait également se révéler être le cas en Libye.</p>
<p>Il y a deux ans, je travaillais au Sri Lanka quand l'armée a finalement pris d’assaut le dernier bastion du L.T.T.E. (2). Des centaines de milliers de civils ont été bloqués dans une zone de la taille de Central Park, où au moins 20 000 d'entre eux ont été tués sur une période de trois mois. Cette zone a été bombardée sans cesse et les hôpitaux et points de distribution de vivres semblaient avoir été pris pour cible délibérément. Beaucoup d’autres sont morts de faim et de maladies parce que le gouvernement avait empêché l'accès à l'aide humanitaire. D'autres encore ont été sommairement exécutés durant l'assaut final. Quand un membre du personnel de l'agence pour laquelle je travaillais a été tué, le Ministère de la Défense a publié un faux communiqué affirmant qu'il était un terroriste.</p>
<p>Il n'y a même jamais eu la moindre chance d'une « intervention humanitaire » au Sri Lanka, et je ne l'inclus dans la discussion que pour montrer que l'option de ne rien faire a aussi ses conséquences morales. Dans l'ensemble, je suis favorable à l'intervention actuelle en Libye. Comme je l'ai dit dans mon billet précédent, je pense que la résolution de l'ONU l'autorisant met la protection des civils au centre du mandat et envoie un signal clair aux gouvernements du monde, ils ne peuvent pas massacrer leur propre peuple en toute impunité.</p>
<p>Je ne sais pas quel est le but final. J'admets que cette campagne se traduira par des morts suite aux frappes aériennes alliées et je suppose que les gouvernements qui interviennent ont des motivations aussi bien égoïstes qu'altruistes pour ces actions. Néanmoins, je pense que la situation en Libye a passé le seuil que j'ai indiqué ci-dessus. Je pense que l'O.N.U. remplit ses responsabilités de protéger la vie des civils dans ce cas.</p>
<p><em>Traduit de Conor Foley avec l'aimable autorisation de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Nyb29rZWR0aW1iZXIub3JnLzIwMTEvMDMvMjIvbGlieWEtdGhlLWNhc2UtZm9yLWludGVydmVudGlvbi8=" target=\"_blank\">Crooked Timber</a>.</em></p>
<p><em>(*) Conor Foley est un travailleur humanitaire bénévole britannique qui est intervenu dans une douzaine de conflits au sein d'Amnesty International ou pour le Haut-commissariat pour les Réfugiés. Il est l'auteur de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvVGhpbi1CbHVlLUxpbmUtSHVtYW5pdGFyaWFuaXNtLVdlbnQvZHAvMTg0NDY3NjI4NQ==" target=\"_blank\">The Thin Blue Line : How Humanitarianism Went to War</a> (« La fine ligne bleue : comment l'humanitarisme est allé en guerre ») où il relate son expérience dans les conflits au Kosovo, en Afghanistan et en Indonésie, et les dilemmes éthiques et intrications politiques auxquels il devait faire face.</em></p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p>(1) Le Haut-Commissariat des Nations-Unis pour les Réfugiés.<br />
(2) Liberation Tigers of Tamil Eelam, le mouvement des Tigres de libération de l'Îlam Tamoul ou Tigres tamoul, une organisation indépendantiste tamoule fondée au Sri Lanka en 1976 afin de défendre les Tamouls du Sri Lanka. Le mouvement était considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, l'Union Européenne, l'Inde et le Royaume-Uni ; elle a cessé ses activités à la fin de la guerre civile en mai 2009, après que ses partisans ait été encerclés par l'armée Sri Lankaise. Le conflit a duré vingt-sept ans et fait entre 50 000 et 100 000 morts. Source : Wikipedia francophone.</p>
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		<title>Kadhafi, Libye et états dʼâme libéraux</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/03/23/18135-khaddafi-la-lybie-et-les-etats-d%ca%bcame-des-liberaux</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 07:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Andrei Ludosan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[Aurelien Véron]]></category>
		<category><![CDATA[Café Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[intervention]]></category>
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		<category><![CDATA[Vaclav Klaus]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Café Liberté invite à un débat sur ce sujet brûlant qui déclenche des controverses]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint au <a title=\"Vaclav Klaus en direct du sommet de l’UE sur la Libye\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY4MDEtdmFjbGF2LWtsYXVzLWVuLWRpcmVjdC1kdS1zb21tZXQtZGUtbHVlLXN1ci1sYS1saWJ5ZQ==" target=\"_blank\">discours de Vaclav Klaus</a>, à l'article d'Aurelien Véron, « <a title=\"Pourquoi la France ne doit pas intervenir en Libye\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY3MzktcG91cnF1b2ktbGEtZnJhbmNlLW5lLWRvaXQtcGFzLWludGVydmVuaXItZW4tbGlieWU=" target=\"_blank\">Pourquoi la France ne doit pas intervenir en Libye</a> » et à celui de Daniel Hannan, « <a title=\"Six raisons de ne pas intervenir en Libye\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMDQvMTU4Mjctc2l4LXJhaXNvbnMtZGUtbmUtcGFzLWludGVydmVuaXItZW4tbGlieWU=" target=\"_blank\">Six raisons de ne pas intervenir en Libye</a> »</em>.</p>
<p>Le 21 Mars 2011, le Café Liberté a invité à un débat sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2FmZmluaXRpei5uZXQvc3BhY2UvY2FmZWxpYmVydGUvY29udGVudC9jbC0yMS1tYXJzLTIwMTEtLS1sZXMtbGltaXRlcy1jaXZpbGlzYXRyaWNlcy1saWJlcmFsZXMtYS1sLWluZ2VyZW5jZS1taWxpdGFpcmVfN0ZDMTI2NjktQkVBOS00REI4LUFBMUEtODY2MzBEMjA1ODEw" target=\"_blank\">les limites civilisatrices libérales à l'ingérence militaire</a>, sujet brûlant qui déclenche des controverses avec ce préambule :</p>
<p style="padding-left: 30px;" lang="fr-BE"><em>La lecture éthique des événements libyens fait donc appel à des notions fondamentales aux yeux des libéraux : le droit à l'insurrection face à l'oppression, à l'ingérence contre le crime, à la sécession en absence de communauté de destin. Cette série de droits s'inscrit dans le corpus fondamental élaboré au fil des siècles qui nous ont précédé par la pensée libérale qui établit le fondement de leur légitimité et dessine leurs limites.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;" lang="fr-BE"><em>La notion de guerre juste est ancienne, et remonterait au moins au consul romain Cicéron. Elle est également abordée par Saint Augustin et Saint Thomas d'Aquin. Elle fait l'objet d'importants développement avec l'École de Salamanque des 15e (Francisco de Vitoria) et 16e siècles (Francisco Suárez) avec laquelle le libéralisme économique et politique est déjà fondé. Pour ces scolastiques la guerre est un mal en soi-même et pour être juste il lui faut empêcher un mal plus grand et ne pas engendrer de maux inutiles ou disproportionnés.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;" lang="fr-BE"><em>Pourtant le débat n'est pas clôt au sein de la communauté libérale quant au bien-fondé de l'ingérence internationale en Libye. Ainsi certaines voix libérales parmi les plus respectées ont émis un refus ou d'importantes réserves contre cette intervention, parmi lesquels Ron Paul, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY4MDEtdmFjbGF2LWtsYXVzLWVuLWRpcmVjdC1kdS1zb21tZXQtZGUtbHVlLXN1ci1sYS1saWJ5ZQ==" target=\"_blank\">Vaclav Klauss</a> ou <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY3MzktcG91cnF1b2ktbGEtZnJhbmNlLW5lLWRvaXQtcGFzLWludGVydmVuaXItZW4tbGlieWU=" target=\"_blank\">Aurélien Véron</a>.</em></p>
<p lang="fr-BE">À la liste des argumentaires anti-intervention on peut rajouter les « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMDQvMTU4Mjctc2l4LXJhaXNvbnMtZGUtbmUtcGFzLWludGVydmVuaXItZW4tbGlieWU=" target=\"_blank\">six raisons de ne pas intervenir en Libye</a> » de Daniel Hannan, même si ces dernières sont, pour certaines, spécifiquement britanniques. Lʼespace dʼun « article » est trop petit pour réfuter, un par un et dans le détail, ces arguments.</p>
<p lang="fr-BE">Très sommairement :</p>
<p lang="fr-BE">- Le texte de Ron Paul est introuvable (<em>page requested not found</em>). Dommage.<br />
- Le texte de Vaclav Klauss est un fouillis d'affirmations incohérentes entre elles, parfois totalement vides de sens : de la langue de bois diplomatique dans toute sa splendeur.<br />
- Le texte dʼAurelien Véron – très clair et cohérent – recourt à deux arguments : 1° il ne faut pas apporter la « liberté » au peuple libyen, la seule liberté solide est celle que le peuple libyen saura gagner par lui-même ; 2° une intervention « occidentale » risque de remettre en selle une Al Qaida (actuellement en perte de vitesse), avec de nouveaux risques d'attentats dans nos paisibles contrées.</p>
<p lang="fr-BE">Le premier argument est soutenu par une belle citation de Stuart Mill. Hélas, ce genre de raisonnement pouvait éventuellement être tenu au milieu du 19e siècle. Je considère, pour ma part, que, de nos jours, aucune tyrannie ne peut tomber sous lʼeffet seul de la révolte interne. Jʼai beau scruter lʼhistoire du 20e siècle, je ne trouve aucun exemple de tyran renversé sans intervention majeure de pouvoirs externes. On peut débattre longuement du pourquoi de la chose (ce nʼest pas la place dʼun tel débat ici, malgré lʼimportance cruciale dʼun tel débat sur la validité de mon propos).</p>
<p lang="fr-BE">Secondairement, il me semble que cette vision instaure une sorte de relation « proportionnelle » entre le degré de liberté civique et la bravoure du peuple. Or, que je sache, la liberté, dans la vision des libéraux, est un droit fondamental humain et non pas une récompense exceptionnelle, réservée aux plus méritants.</p>
<p lang="fr-BE">Tertio, même si lʼon admettait cette vision de liberté au prorata du mérite, je ne crois pas quʼun libéral devrait confondre les mérites individuels avec ceux dʼun “peuple”. Les vertus ou vices peuvent éventuellement être jugés chez des individus particuliers. Mais cʼest quoi une “nation” brave ? Les français de nos jours jouissent – quoi quʼon en dise – dʼune grande liberté (comparés aux Libyens, par exemple). À qui le mérite? À M. Véron ? Il nʼa probablement jamais connu la moindre menace à sa vie (et tant mieux pour lui, et pourvu que ça dure). Pourtant il jouit dʼune liberté personnelle enviable, que nʼont jamais connu des milliers de Libyens de Benghazi qui, eux, de nos jours, risquent leur vie. Curieusement, de par leur geste, ces Libyens montrent quʼils méritent certainement cette liberté si convoitée : pourtant, ils ne lʼont pas. De son coté, M. Véron... nous ne savons encore rien sur ses mérites éventuels en situations de risque extrême. Ce simple exemple montre à quel point cette approche « au mérite » – de surcroît appliquée à des abstractions telles que « peuple » ou « nation » – est imbécile : elle ne justifie rien et nʼexplique rien. Fonder une action sur de telles considérations est donc absurde.</p>
<p lang="fr-BE">Lʼargument du risque attentats en « Occident », par une Al Qaida éventuellement revigorée, me parait peu crédible. Kadhafi est loin dʼêtre un héros de la cause islamique, loin sʼen faut. Mêmes les plus fanatiques pro-arabes le savent. Ce nʼest pas le « martyre » éventuel de Kadhafi qui va ressourcer Al Qaida, même si les « tortionnaires » seront des mécréants « occidentaux ». Par ailleurs, si nous, Occidentaux, pissons dans notre froc devant la perspective dʼimprobables attentats, que reste-t-il de notre grande bravoure comme justificatif de notre grande liberté ?</p>
<p lang="fr-BE">Autres arguments :</p>
<p lang="fr-BE">- Il ne faut pas intervenir sans savoir vers quoi les choses vont évoluer. Argument de technocrate constructiviste ! (Pourtant, il émane de chez Vaclav Klauss). Et alors ? Même si une grosse pagaille devra sʼensuivre, nʼest-elle pas le passage presque obligé vers la démocratie ? Au pire, je dirais : de cette pagaille pourront émerger le meilleur comme le pire. OK. Mais avec Kadhafi en place, on est sûr... seulement du pire. Le « meilleur » nʼa même pas la chance que lui offre la pagaille. Sauf si on continue à croire que la présence de Kadhafi nʼest pas le « pire » (voir l'<a title=\"L’Europe face à la révolte en Libye\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTQvMTY4NDctbGV1cm9wZS1mYWNlLWEtbGEtcmV2b2x0ZS1lbi1saWJ5ZQ==" target=\"_blank\">article de Giuliano Luongo</a>) et surtout que cette situation « tiède » pourrait perdurer sans en payer le prix au quintuple dans le futur.<br />
- On nʼa aucun intérêt à intervenir. Certes, aucun intérêt matériel et immédiat. À très long terme... les conduites dictées par lʼintérêt matériel à court terme (et non pas par des convictions morales) se payent cher. Très cher !<br />
- On nʼa pas les moyens de le faire. À lʼévidence faux.</p>
<p lang="fr-BE"><em>La liste des arguments nʼest pas exhaustive. OK, il nʼy a donc pas dʼimpératif à ne pas intervenir. Mais pour autant il nʼest pas encore dit quʼon devrait le faire.</em></p>
<p lang="fr-BE">Il existe, en faveur de lʼintervention, au moins un argument – un seul mais fondamental : sans intervention, des innocents meurent. Ceci est une évidence et se passe réellement, concrètement. Et cela se passe non pas dans un futur improbable mais aujourdʼhui. Or, le monde occidental a les moyens de stopper cela. Dans ces conditions, ne pas intervenir pour protéger ces gens serait une faute quʼaucun autre argument ne saurait gommer. Une faute aux conséquences lourdes dans lʼavenir. Le plus précieux bien, à moyen et long terme, nʼest pas le prix du baril de brut mais surtout la crédibilité et le respect que nous inspirons. Or ceci passe dʼabord et avant tout par un minimum de cohérence entre paroles et actes. Demandez à nʼimporte quel musulman : le respect, dans les actes, de ses paroles est, à leurs yeux aussi, une vertu suprême. Or, nous prêchons depuis des décennies le respect de la vie humaine comme valeur fondamentale. Ne pas accompagner nos propos par des actes – lorsque nous pouvons techniquement le faire – est le moyen le plus sûr de se suicider, en tant que civilisation.</p>
<div id="attachment_18175" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a rel=\"attachment wp-att-18175\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMjMvMTgxMzUta2hhZGRhZmktbGEtbHliaWUtZXQtbGVzLWV0YXRzLWQlY2ElYmNhbWUtZGVzLWxpYmVyYXV4L2NvbnRyZXBvaW50cy02NTU="><img class="size-full wp-image-18175" title="Contrepoints 655" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/03/Contrepoints-655-e1300865907556.jpg?c2fb0e" alt="" width="500" height="509" /></a><p class="wp-caption-text">(Illustration René Le Honzec)</p></div>
<p lang="fr-BE">&nbsp;</p>
<p lang="fr-BE">Certes, ça aurait été mieux dʼavoir un plan pour après. Certes, une opposition interne plus structurée nous aurait aidé, pour lʼaprès. Certes, on aurait aimé que les Libyens eux-mêmes puissent résoudre le problème. Etc. etc. Hélas, toutes ces exigences – accessoires – sont absentes. Même cumulés, ces « défauts » nʼarrivent cependant pas à contre-balancer lʼargument – unique mais majeur – que je viens dʼévoquer et qui plaide pour lʼintervention. Bien sûr, une intervention visant clairement à protéger les civils (ce qui implique, probablement, éliminer Kadhafi et sa clique). Pour lʼaprès on verra... en spectateurs ! Surtout pas comme acteurs.</p>
<p lang="fr-BE">Je suis surpris que des libéraux puissent se perdre dans des argumentaires accessoires au point dʼoublier les fondamentaux. À moins quʼon mʼexplique que le prix potentiel du baril de pétrole dans les années qui viennent est un argument du même poids que le respect de la vie humaine et de la liberté individuelle.</p>
<p lang="fr-BE"><em>PS : Depuis la rédaction de ces lignes, les « Occidentaux » ont décidé dʼagir. Dans un sens qui nʼest pas éloigné de ce que je considère comme juste. À force de critiquer les « technocrates » qui nous dirigent – et Dieu sait quʼon a de nombreuses raisons de le faire! – serions-nous, libéraux, tombés dans le travers consistant à être systématiquement contre ?</em></p>
<p lang="fr-BE">&nbsp;</p>
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		<title>Sortir du « tout nucléaire » par le haut</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2011/03/18/17304-sortir-du-%c2%ab-tout-nucleaire-%c2%bb-par-le-haut</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Mar 2011 07:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[EDF]]></category>
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		<description><![CDATA[Une politique de diversification encouragerait l’innovation et le progrès technologique]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l'article d'Alex Korbel, « <a title=\"Futur de l’énergie nucléaire après Fukushima\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTcvMTczNDMtbGUtZnV0dXItZGVsZW5lcmdpZS1udWNsZWFpcmUtYXByZXMtZnVrdXNoaW1h" target=\"_blank\">Futur de l’énergie nucléaire après Fukushima</a> ».</em></p>
<p><strong>Par Éric Cunat</strong></p>
<p>Pour la seconde fois en 25 ans, une catastrophe touchant une centrale nucléaire nous rappelle que cette technologie n’est pas sans risque. En attendant la mise au point de centrales fonctionnant sur le principe de la fusion nucléaire, les centrales actuelles ont au moins deux défauts : elles produisent des déchets toxiques et en cas de problème, elles sont plus dangereuses que des bombes atomiques. Le risque que des fous tentent un jour de se servir d’une centrale comme arme terroriste n’est potentiellement pas exclu. Les risques naturels existent aussi en France, si un tsunami est peu probable, des inondations, le gel ou éventuellement la sécheresse sur les cours d’eau servant au refroidissement ne sont pas à exclure. Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima nous rappellent que le risque zéro n’existe pas et que dans le domaine du nucléaire les catastrophes sont d’une ampleur considérable. Mais avant d’en arriver à de telles extrémités, le bon sens nous indique que le pluralisme est de rigueur. Au pays des monopoles publics, l’électricité n’échappe pas à la règle. Pourtant comme en Allemagne ou aux États-Unis, la diversification aurait bien des avantages.</p>
<p>Une politique ayant pour objectif qu’un tiers de l’électricité française soit fournie par des centrales au gaz ou au charbon et un autre tiers par des sources d’énergie renouvelables est envisageable. Le CEA a été mis en place pour doter la France de l’arme atomique, il draine d’énormes quantités d’argent, de manière opaque, dans cet objectif aujourd’hui caduc. La diversification et la privatisation, en rendant à la puissance publique son rôle de contrôle, ne peut être que positive. Ce domaine, autant que les autres, doit faire l’objet d’un débat public, démocratique et responsable.</p>
<p>D’une part, plusieurs entreprises privées concurrentes productrices d’électricité apporteraient de meilleurs tarifs et des solutions originales répondant au plus près aux besoins. Ces différentes solutions feraient que le jour où il y a un souci sur l’un ou sur l’autre des systèmes, les autres pourraient prendre le relais. Aujourd’hui 80% de l’électricité en France est nucléaire et un seul type de réacteur est utilisé. Les filières gaz et charbon propre, utilisées avec succès dans les autres pays industrialisés, sont quasiment absentes en France, même si quelques centrales à cycle combiné fonctionnant au gaz sont exploitées par <em>Poweo</em>. Dans l’hypothèse où une loi imposant la diversification des sources de production énergétique serait votée en France, des entreprises privées construiraient des centrales pouvant rapidement fournir au moins un tiers de la consommation française.</p>
<div id="attachment_17305" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px"><a rel=\"attachment wp-att-17305\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTgvMTczMDQtc29ydGlyLWR1LSVjMiVhYi10b3V0LW51Y2xlYWlyZS0lYzIlYmItcGFyLWxlLWhhdXQvbGUtcG9zdC02MzU="><img class="size-full wp-image-17305" title="Le Post 635" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/03/Le-Post-635-e1300349153521.jpg?c2fb0e" alt="" width="500" height="343" /></a><p class="wp-caption-text">(Illustration René Le Honzec)</p></div>
<p>Pour ce qui concerne les énergies renouvelables. Actuellement environ 15% de l’énergie consommée en France est issue de sources renouvelables (hydroélectriques, éoliennes, photovoltaïques, géothermiques). D’une part ces sources peuvent être développées, j’en ai l’exemple concret à quelques kilomètres de chez moi avec la station de ski de La Bresse (5.000 habitants), qui est entièrement indépendante grâce à des barrages construits sur les hauteurs. Ici dans les Vosges il est de tradition d’avoir des turbines chez soi produisant tout ou partie de l’électricité du foyer. La commune de La Bresse, en accord avec les habitants, souhaitait installer des éoliennes, le préfet les a interdites pour des raisons écologiques (mais on peut se poser la question du rôle du lobby EDF-nucléaire). Bien sûr les énergies renouvelables ne doivent pas être centralisées, il est peu probable qu’on produise autant d’électricité qu’une centrale nucléaire avec des panneaux solaires groupés au même endroit. Mais la décentralisation, l’individualisation de la production, chacun pouvant adopter les technologies qui lui conviennent, me semble en accord avec la philosophie libérale que nous défendons.</p>
<p>On peut ajouter quelques avantages, la fin du monopole d’EDF signifierait aussi la fin d’une source de financement des structures communistes qui continuent de faire tant de mal en France. Beaucoup des fondateurs de la filière nucléaire française et du CEA étaient d’ailleurs communistes. Si comme Charles Gave nous l’a expliqué, la page de la “troisième voie” est tournée, alors les monopoles doivent disparaître en France et c’est une bonne occasion. Le gain sera aussi de promouvoir l’innovation dans l’industrie électrique en général et l’industrie nucléaire en particulier. Une loi de diversification permettrait de mettre à la retraite les plus vielles centrales et celles qui sont potentiellement dangereuses, comme Fessenheim, construite sur une faille sismique, et la concurrence inciterait une surenchère sécuritaire et des prix serrés pour le plus grand bonheur des citoyens-consommateurs.</p>
<p>Pour conclure, la mise en place d’une politique de diversification encouragerait l’innovation et le progrès technologique, les technologies renouvelables peuvent beaucoup progresser, la Californie nous montre déjà le chemin. La construction de nouvelles centrales, de gazoducs et de toutes les nouvelles structures serait une source d’emplois et de richesses financé par les entreprises privées et permettant une réforme d’un secteur qui est l’illustration des thèses de Charles Gave ou Agnès Verdier-Molinié.</p>
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		</item>
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		<title>Choc exogène majeur sur l’économie mondiale</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2011 05:53:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Crapez</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Procéder à une cure draconienne de désendettement pour sortir de l’œil du cyclone]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>En contrepoint à l'article de Guy Sorman, "<a title=\"Le Japon nous donne une leçon de résilience\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY3NDItbGUtamFwb24tbm91cy1kb25uZS11bmUtbGVjb24tZGUtcmVzaWxpZW5jZQ==" target=\"_blank\">Le Japon nous donne une leçon de résilience</a>".</em></p>
<p><a rel=\"attachment wp-att-16761\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTMvMTY3NDItbGUtamFwb24tbm91cy1kb25uZS11bmUtbGVjb24tZGUtcmVzaWxpZW5jZS9qYXBvbi10c3VuYW1p"><img class="alignleft size-medium wp-image-16761" title="Japon tsunami" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/03/Japon-tsunami-300x168.jpg?c2fb0e" alt="" width="300" height="168" /></a>Le monde retient son souffle. Tremblement de terre, tsunami et Tokyo sous la menace de centrales nucléaires endommagées. C’est un nouveau Tchernobyl. L’impact sur les consciences est considérable. Le monde passe à deux doigts d’un nouvel Hiroshima. On redoute qu’une nouvelle catégorie de réfugiés s’ajoute à celles des réfugiés politiques, économiques, voire climatiques.</p>
<p>C’est une onde de choc sur l’économie mondiale. Les Japonais vont-ils renoncer au productivisme ? D’autres vont-ils renoncer au nucléaire civil ? S’il fallait renoncer au tout-nucléaire, au tout-pétrole et, par parenthèse, au gaz de schiste, quelles seraient les sources d’énergie du futur ? Comment insérer les déchets nucléaires dans la notion de développement durable ? Va-t-on renforcer les normes de sécurité et par conséquent les coûts des centrales nucléaires ?</p>
<p>Ce choc intervient dans un contexte économique incertain. Le conflit libyen a ravivé la flambée des prix du pétrole. En juillet 2008, les prix du pétrole s’étaient emballés, contribuant au passage à l’éclosion du krach économique d’octobre. En mai 2010, la marée noire sur les côtes américaines remettait en cause les normes de sécurité des plates-formes de forage. Mais ce n’est pas tout. Aux incertitudes pétrolières, s’ajoute la crise des dettes souveraines qui couve depuis l’épisode grec de décembre 2009. Le 10 mars dernier, la veille du séisme japonais, une agence de notation dégradait la note de la dette espagnole. Nouvel avertissement. L’économie mondiale est sur la corde raide. Un nouveau choc exogène la ferait imploser. Il suffirait par exemple, pour affoler les investisseurs, que des islamistes mettent la main sur des armes nucléaires au Pakistan.</p>
<p>Il faut donc procéder à une cure draconienne de désendettement des nations. Pour sortir de l’œil du cyclone. Parce que la cote d’alerte en matière de chocs exogènes est atteinte. Le cataclysme japonais fait sentir la nécessité que des puissances publiques puissent contrebalancer les intérêts privés en leur tenant la bride très serrée. Mais les vieilles recettes sociale-démocrates ne portent plus leurs fruits.</p>
<p>Aux Etats-Unis comme en Europe, les politiques de relance adoptées pour contrecarrer la crise économique ont eu un rendement assez faible. Pour la bonne et simple raison qu’un peu partout la relance avait déjà eu lieu avant la crise de 2008. Plusieurs pays avaient déjà adopté des plans de relance pour sortir de la stagnation dans les années 2000. Or, il faut choisir l’avant ou l’après. On ne peut pas jouer sur les deux tableaux. Relancer à qui mieux mieux en permanence, et pouvoir se permettre de relancer un bon coup au moment opportun. Chacun sait que la cigale se trouva dépourvue quand la bise fut venue.</p>
<p>La relance a pu fonctionner dans les années 30 comme impulsion nouvelle succédant à une phase de parcimonie. Et la seconde guerre mondiale épongea ses effets pervers. Depuis 2008, la relance est un remède automatique, un réflexe pavlovien sans imagination,  qui aggrave un déficit abyssal. La question de la dette n’est pas un épouvantail. Assurément, il existe une certaine « rapacité » des spéculateurs. Mais la Grèce, par exemple, n’est pas innocente comme l’agneau. C’est parce que ce pays avait pris l’habitude de tricher qu’il a perdu la confiance des marchés. Pas parce que l’agence de notation Fitch a dégradé sa note le 8 décembre 2009. Les investisseurs se vengent parce qu’ils ont été lésés. Depuis dix ans, ils prêtaient à la Grèce à des taux inférieurs à ce qu’ils auraient du être. Quant à l’Espagne, elle s’était focalisée sur le bâtiment jusqu’à 18% de son PIB, créant ainsi des décors Potemkine.</p>
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