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	<title>Contrepoints &#187; Afrique</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>L&#039;Afrique francophone et la France : un mariage de désagrément</title>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 04:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[Franc CFA]]></category>
		<category><![CDATA[Françafrique]]></category>

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		<description><![CDATA[La relation continue entre la France et l’Afrique n'est-elle pas suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La relation continue entre la France et l’Afrique n'est-elle pas suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent ?<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Chofor Che</strong><span id="more-123628"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnLw==">Libre Afrique</a>.</em></p>
<div id="attachment_123682" class="wp-caption alignleft" style="width: 370px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzY4Mg==" rel=\"attachment wp-att-123682\"><img class=" wp-image-123682" title="billets de francs CFA" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/billets-de-francs-CFA.jpg?16fe88" alt="" width="360" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Billets de francs CFA.</p></div>
<p>La France a colonisé une grande partie de l’Afrique jusqu’aux indépendances dans les années 1960. Certains analystes, comme Placide Moussounda de Nouvelle Afrique, soutiennent que l’Afrique francophone a très peu bénéficié de la France depuis l’indépendance.</p>
<p>Je suis de ceux qui ont toujours considéré la relation continue entre la France et l’Afrique comme suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent. Ma position s’est renforcée par une déclaration faite en 2006 par l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne présidentielle, lorsqu’il a pu déclarer « La France n’a pas besoin de l’Afrique ». Il se trouve que pendant la durée du mandat du président Sarkozy, les Africains francophones ont été rapatriés de France en nombre. Or, malgré une telle humiliation et l’expulsion des Africains francophones de la France, la présence française en Afrique reste importante.</p>
<p>Un autre domaine dans lequel l’Afrique francophone continue de souffrir du mariage avec la France est l’imposition du franc CFA, monnaie utilisée par les anciennes colonies françaises d’Afrique centrale. CFA signifiait originellement (franc des) Colonies Françaises d'Afrique et désormais Communauté Financière Africaine. Le franc CFA représente aujourd’hui deux monnaies utilisées en Afrique et qui sont garanties par le Trésor français, dans la zone franc d'Afrique centrale (CEMAC) et la zone franc d'Afrique de l'Ouest (UEMOA). Bien que théoriquement séparées, les deux monnaies de la zone CFA sont effectivement interchangeables.</p>
<p>Selon l’ancien ministre français des Finances, René Pleven, le franc CFA a été créé le 26 décembre 1945 dans les colonies françaises afin de leur épargner une forte dévaluation, ce qui a facilité les exportations vers la France. Aujourd’hui, le bilan de la création du CFA est qu’il a nettement appauvri l’Afrique francophone. Cette monnaie est régie par trois banques centrales de l’Afrique francophone, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) située à Yaoundé, au Cameroun, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) située à Dakar, le Sénégal et la Banque des Comores.</p>
<p>Les citoyens français qui constituent une partie du conseil d’administration des banques susmentionnées ont un droit de veto sur les décisions de ces banques, ce qui signifie que les décisions concernant le CFA sont influencées dans une très large mesure par les Français. La structuration et la composition des banques centrales rendent possibles un flot financier colossal de l’Afrique vers le Trésor Public français. Cela signifie que les pays très pauvres d’Afrique financent la France. Il y aurait plus de 8 000 milliards de CFA d’Afrique stockés en France. Cela signifie que des millions d’Africains sont privés de leurs revenus. Cela peut être perçu comme de l’esclavage monétaire, résultat du « mariage de désagrément » entre la France et l’Afrique francophone.</p>
<p>Le temps d’une nouvelle Afrique est venu. Cette nouvelle Afrique a besoin de se débarrasser du carcan du (néo)colonialisme qui continue de plonger le continent dans les égouts de la pauvreté. Sans doute est-il temps pour l’Afrique francophone d’avoir sa ou ses propre(s) monnaie(s), comme d’autres devises telles que le rand sud-africain. Permettre que les pays africains pauvres financent continuellement le Trésor français n’est pas la voie à suivre. Les Africains doivent en outre nourrir l’esprit des marchés libres et cesser de compter sur l’aide, notamment celle de la France.</p>
<p>Enfin, l’Afrique francophone doit lever les nombreuses barrières commerciales empêchant le commerce entre ses différents pays. L’Afrique francophone peut aussi mettre en place des mesures pour faciliter le commerce avec l’Afrique anglophone et bénéficier d’une relation fructueuse qui profiterait au continent dans son ensemble, plutôt que de s’appuyer sur un « mariage de désagrément » qui n’a rien fait, si ce n’est maintenir l’Afrique francophone et l’ensemble du continent dans la pauvreté.</p>
<p>Chofor Che est analyste sur AfricanLiberty.org.<br />
Article originellement paru en anglais sur AfricanLiberty.org, traduction : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0NoZV9BZnJpcXVlX2ZyYW5jb3Bob25lXzAyMDUxMw==">LibreAfrique.org</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tunisie : la révolution à refaire</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/01/123158-tunisie-la-revolution-a-refaire</link>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 05:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Martin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Brahim Slimani]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme de copinage]]></category>
		<category><![CDATA[liberté économique]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohammed Bouazizi]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>

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		<description><![CDATA[La plupart des observateurs ont omis une cause majeure du printemps arabe : le manque de liberté économique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La plupart des observateurs ont omis une cause majeure du printemps arabe : le manque de liberté économique.</strong></p>
<p><strong>Par Emmanuel Martin.</strong><span id="more-123158"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL01hcnRpbl9CcmFoaW1fVHVuaXNpZV8yOTA0MTM=">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzE2MA==" rel=\"attachment wp-att-123160\"><img class="alignleft  wp-image-123160" title="Bouazizi_1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Bouazizi_1.jpg?16fe88" alt="" width="249" height="286" /></a>Brahim Slimani, un jeune homme de 23 ans « excédé par le chômage et la misère » s’est immolé le 28 avril 2013 à Sidi Bouzid, la ville même où Mohammed Bouazizi avait commis le même geste en décembre 2010. Plus de deux ans après sa « révolution », celle-ci reste à refaire en Tunisie. Pour la bonne et simple raison qu’observateurs et politiques sont passés à côté du problème principal.</p>
<p>Médias et observateurs pointaient en effet l'autoritarisme politique des pays comme la Tunisie et l’Égypte comme cause de leurs révoltes populaires. Il est certain que l'absence de réel choix démocratique, en particulier avec une parodie régulière d'élections, constituait un élément principal d’explication de ces soulèvements populaires. Mais la plupart des observateurs ont omis l'autre cause du printemps arabe : le manque de liberté économique (même s’ils ont pu mentionner la «corruption»). Car, en réalité, ces pays connaissaient depuis des années non seulement une parodie de démocratie, mais aussi de capitalisme.<strong></strong></p>
<p><strong>Une révolution du laissez-faire</strong></p>
<p>Dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29ubGluZS53c2ouY29tL2FydGljbGUvU0IxMDAwMTQyNDA1Mjc0ODcwNDM1ODcwNDU3NjExODY4MzkxMzAzMjg4Mi5odG1s" target=\"_blank\">article de février 2011</a>, l'économiste péruvien Hernando de Soto utilisait le terme « apartheid économique » pour décrire la situation en Égypte pendant l'ère Moubarak. Habib Sayah, militant tunisien, qui a depuis lancé l'Institut <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLmluc3RpdHV0LWtoZWlyZWRkaW5lLm9yZy8=" target=\"_blank\">Kheireddine</a>, expliquait dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bm1vbmRlbGlicmUub3JnL1NheWFoX1R1bmlzaWVfbGliZXJ0ZV8wMTA0MTE=" target=\"_blank\">article lumineux</a> comment la révolte tunisienne avait commencé comme une révolution pour le libre-échange, une révolution pour le laissez-faire, une révolution pour la liberté économique : quand Mohammed Bouazizi s’immole, c’est le cri de désespoir d'un petit entrepreneur, empêché par les autorités de son pays de faire des affaires, le petit commerce informel de la vente de fruits et légumes, afin de gagner assez d'argent pour nourrir sa famille. Bouazizi n'était pas un militant politique, il ne se préoccupait pas de politique : il n'avait pas le temps pour cela, trop occupé à essayer de surmonter tous les obstacles, à la fois formels et en termes de corruption, que les pouvoirs publics mettaient sur le chemin de petits entrepreneurs. Le 17 décembre 2010, au prétexte qu'il n'avait pas payé une amende, les autorités ont pris tous ses fruits et sa balance électronique. À ce moment précis, non seulement a-t-il perdu tout ce qu'il avait pour subvenir aux besoins de sa famille, mais désormais, il ne pouvait plus rembourser ses dettes…</p>
<p>Les décideurs publics pointent souvent du doigt le secteur informel comme un problème. Mais n’est-ce pas plutôt eux le problème ? Car, pourquoi Bouazizi était-il dans le secteur informel ? Pourquoi ne menait-il pas une petite entreprise formelle ? Il était un homme qui travaillait dur : comment expliquer ce paradoxe ? La réponse réside dans le manque de liberté économique en Tunisie. <a class=\"wpGallery mceItem\" title=\"gallery7597fb1c0c\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbGQub3JnLnBlL2luZGV4LnBocD9vcHRpb249Y29tX2NvbnRlbnQmYW1wO3ZpZXc9YXJ0aWNsZSZhbXA7aWQ9MzU1JmFtcDtJdGVtaWQ9NDk2JmFtcDtsYW5nPWVuIyUyMXByZXR0eVBob3RvJmx0O2ltZyBzcmM9">L'équipe de De Soto</a> a calculé que, pour créer une entreprise formelle, il aurait fallu 55 démarches administratives qui prennent jusqu'à 142 jours et coûtent l'équivalent de 3233 $ (environ un an des revenus de Bouazizi). Et même si Bouazizi avait eu de telles ressources, il aurait été pratiquement impossible pour lui de les mettre en commun avec de nouveaux partenaires, de profiter d’une responsabilité limitée pour protéger son patrimoine et celui de sa famille, ou même attirer de nouveaux investisseurs en émettant des actions. Le rapport de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mcmVldGhld29ybGQuY29tL2luZGV4Lmh0bWw=" target=\"_blank\">la liberté économique dans le  monde</a> en 2009 classait l’Égypte  93<sup>ème</sup> et la Tunisie 94<sup>ème</sup> (sur 141 pays).</p>
<p>Pourquoi une explication si évidente du printemps arabe – en termes de manque de liberté économique – a-t-elle été omise ?</p>
<p><strong>« Pro-business » n’est pas « pro-marché » : l’illusion du capitalisme de copinage</strong></p>
<p>La première réponse réside probablement dans le fait qu'il semble que ces pays avaient justement troqué une véritable démocratie contre un modèle de croissance économique favorable aux entreprises et en conformité avec le credo des institutions de Bretton Woods. Une sorte de modèle de développement du type « capitalisme en échange de la démocratie ». Il y avait probablement une attitude « pro-business » au niveau des preneurs de décision, en particulier pour les entreprises proches du pouvoir politique, mais pas une attitude « pro-marché ». La différence est importante.</p>
<p>La détermination d'une élite à écarter la concurrence afin de monopoliser les rentes du pays nécessitait d'éviter le financement d'une opposition sérieuse : maintenir la pauvreté était presque un impératif. Mais pauvreté signifiait aussi montée des mouvements radicaux, justifiant davantage d’autoritarisme : le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5nb29nbGUuY29tL3VybD9xPWh0dHA6Ly93d3cudW5tb25kZWxpYnJlLm9yZy9BYmRhbGxhaF9FZ3lwdGVfMzIxMSZhbXA7c2E9VSZhbXA7ZWk9cXdDWlQ3YVBCTUtqNGdTRm5ZWEZCZyZhbXA7dmVkPTBDQXNRRmpBRCZhbXA7Y2xpZW50PWludGVybmFsLXVkcy1jc2UmYW1wO3VzZz1BRlFqQ05HSXpNYTNuelI2NkU0YjB4M3BTMEd0OE9xQzhn" target=\"_blank\">cercle vicieux entre oppression économique et politique</a> se fermait.</p>
<p>Cette apparence de « pro-business » de la part de ces régimes (en fait des régimes de « capitalisme de copinage ») et la confusion de celle-ci avec la liberté économique « pro-marché », est probablement une explication de pourquoi les observateurs ne se rendent pas compte que l'absence de liberté économique était en fait le problème.</p>
<p><strong>Indignés ?</strong></p>
<p>La deuxième réponse à pourquoi les commentateurs n'ont pas vu le printemps arabe comme une révolution pour le « laissez-faire » réside sans doute dans les « révoltes » parallèles qui ont eu lieu aux États-Unis et en Europe : <em>Occupy Wall Street</em> ou les <em>Indignés</em>. Il a pu sembler « évident » à beaucoup que les deux « Printemps » avait une cause similaire. Même si la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bm1vbmRlbGlicmUub3JnL01pY2hhc19HcmVjZV8yMzAyMTA=" target=\"_blank\">crise de l'Occident</a> était en réalité celle d’un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bm1vbmRlbGlicmUub3JnL01hcnRpbl9kZW1vY3JhdGllX0R5c2ZvbmN0aW9ubmVsbGVfMDgxMTEx" target=\"_blank\">modèle démocratique dysfonctionnel</a>, l'interprétation dominante (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5nb29nbGUuY29tL3VybD9xPWh0dHA6Ly93d3cudW5tb25kZWxpYnJlLm9yZy9NYXJ0aW5fY3Jpc2VfcmV0b3VyXzE5MDgwOSZhbXA7c2E9VSZhbXA7ZWk9ZmdHWlQtUGlFdTdhNFFUdjJMREZCZyZhbXA7dmVkPTBDQVVRRmpBQSZhbXA7Y2xpZW50PWludGVybmFsLXVkcy1jc2UmYW1wO3VzZz1BRlFqQ05HMkowa1pWU3kzbXhYVnVBYk1ZX21xWnpublN3" target=\"_blank\">erronée</a>) était celle d’une crise de l’ultralibéralisme, de la déréglementation et, en fin de compte, de la liberté économique : il aurait été alors, sur cette base, difficile que ces observateurs ordinaires détectent la cause réelle du printemps arabe, vu comme « parallèle », dans l'absence de liberté économique.</p>
<p>Si le printemps arabe avait été largement interprété comme une révolution pour le « laissez-faire », cela aurait certainement suscité plus de réflexions sur le rôle central de l'entrepreneur dans le développement économique, et du rôle fondamental de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bm1vbmRlbGlicmUub3JnL25vZGUvNDY4" target=\"_blank\">liberté économique</a> pour laisser s’épanouir cet entrepreneuriat générateur de prospérité. Or, l'avenir du printemps arabe réside précisément dans la capacité des nouveaux gouvernements démocratiquement élus à mettre en œuvre des mesures empêchant le capitalisme de copinage, rétablissant l’état de droit et favorisant la liberté économique, dans le but d'assurer la prospérité générale. Malheureusement, ils ne prennent pas cette voie. Il risque d'y avoir encore beaucoup de Mohammed Bouazizi et de Brahim Slimani.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL01hcnRpbl9CcmFoaW1fVHVuaXNpZV8yOTA0MTM=">Sur le web</a>. - Cet article est une version remaniée d'un article précédent.</p>
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		<title>Nigeria : Terrorisme et échec de la force</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/26/122749-nigeria-terrorisme-et-echec-de-la-force</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Apr 2013 05:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Baga]]></category>
		<category><![CDATA[Goodluck Jonathan]]></category>
		<category><![CDATA[islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[massacre]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Des affrontements entre armée et islamistes, des membres présumés de Boko Haram, ont causé la mort de 191 personnes le 19 avril à Baga, un village reculé du nord du Nigeria.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Des affrontements entre armée et islamistes, des membres présumés de Boko Haram, ont causé la mort de 191 personnes le 19 avril à Baga, un village reculé du nord du Nigeria.</strong></p>
<p><strong>Par Japheth Omojuwa.</strong><span id="more-122749"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnLw==">Libre Afrique</a>.</em></p>
<div id="attachment_122750" class="wp-caption aligncenter" style="width: 506px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMjc1MA==" rel=\"attachment wp-att-122750\"><img class=" wp-image-122750 " title="Nigeria_Baga" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Nigeria_Baga.jpg?16fe88" alt="" width="496" height="310" /></a><p class="wp-caption-text">Une jeune fille parmi les ruines brûlées d'une partie de la ville de Baga, au Nigeria (photo prise à l'aide d'un portable).</p></div>
<p>Le gouvernement nigérian a été la dernière institution à prendre position sur le massacre de Baga. Ce dernier constitue une débâcle et une honte pour toute société digne de ce nom, et n'aurait jamais dû arriver. Ce qui est arrivé à Baga est un crime contre l'humanité. Certains citoyens ont justifié les massacres de Baga en expliquant que les victimes cachaient en réalité des terroristes et devaient donc tomber avec eux. Ceux qui tiennent ce genre de discours n'ont aucune idée de ce que c'est que de vivre dans ces villes terrorisées. Les habitants de ces villes ont à choisir entre la peste et le choléra. Un citoyen assez <em>intelligent </em>pour se rendre à la police pour signaler des suspects de terrorisme sera susceptible de voir sa famille disparaître le lendemain.</p>
<p>La stratégie secrète des forces de sécurité nigérianes a été, au mieux, stupide. Pourquoi pense-t-on que des évasions de prison, même dans les prisons les plus apparemment inexpugnables, se produisent à intervalles réguliers ? La réponse est assez simple : le système de sécurité a été infesté par les insurgés. Il y a des chances que lorsque l’on fait une déposition sur des suspects de terrorisme dans sa ville, l’on s’adresse en réalité à l’un de leurs informateurs. Un autre facteur qui rend extrêmement difficile la collecte de renseignements, c'est que les gens trouvent maintenant qu’il est difficile de savoir qui sont en définitive « leurs » terroristes : ils sont terrorisés par la <em>Joint Task Force</em> (JTF) autant qu'ils le sont par Boko Haram. Cela leur laisse avec une option limitée : partir ou mourir ? Mais partir pour aller où ? Ainsi ils se font tuer par des terroristes de différentes obédiences ou attendent la mort. Cette description est encore très loin de la réalité de la peur et de la terreur vécue dans le Borno et dans d’autres États du nord-est sous le joug du terrorisme, mais elle offre au moins une certaine perspective.</p>
<p>Il est profondément blessant de blâmer les habitants innocents de ces villes pour le mal qui s'est abattu sur eux. Des discussions avec des jeunes qui ont été témoins de premier plan de la terreur dans le nord permettent d’éclairer les choses : nous n'avons aucune idée de ce que c'est que d'être ennuyé par la JTF le jour et Boko Haram la nuit. Il ne s’agit pas ici de faire de la critique facile de la JTF mais juste de noter que quelles que soient les bonnes intentions de sa présence là-bas, elle a accompli leur tâche d'une manière qui a créé un fossé entre eux et les gens mêmes qui doivent leur faire confiance. « Vous ne pouvez pas me tuer pour me sauver ». Les dommages collatéraux dans la lutte contre le terrorisme sont devenus le principal dommage. La stratégie de la JTF a depuis échoué et le gouvernement nigérian doit accepter ce fait. Les anciens de Borno ont conseillé le Président sur d'autres options pour faire face à la question du terrorisme, mais celui-là, dans sa grande sagesse, a fait la sourde oreille.</p>
<p>La plupart des dirigeants du Nord croient que l’amnistie est le dernier recours, mais c'est une mesure qui est plus susceptible de faire continuer notre domino national de la violence. Il est compréhensible de vouloir toute solution qui mette un terme à ces meurtres (à Baga, 191 morts aux dernières nouvelles) mais il faut être prudent pour trouver des solutions qui durent. Le programme d'amnistie du Delta du Niger ressemblait à une solution ingénieuse mais nous savons maintenant que c’est faux. On n’aurait jamais dû faire cela. On a accordé l'amnistie aux terroristes mais maintenu la majorité de la population dans la pauvreté. Les visages des criminels ont changé, mais les crimes demeurent les mêmes. Tout programme d'amnistie qui n'inclut pas l’amélioration des conditions de vie des gens dans le nord-est ne sera pas seulement un échec, mais viendra nous hanter tous pour longtemps. La pauvreté et le chômage dans le nord-est restent les plus élevés du pays. Il nous faut penser à toute la société et pas seulement ceux qui ont les armes. Si nous pacifions ceux qui ont les armes aujourd'hui, les mêmes graines qui les ont amenés à maturité viendront à faire la loi à nouveau. Quoi que nous fassions, le temps n'est pas de notre côté. Ces morts doivent cesser. Que les âmes innocentes perdues à Baga reposent en paix.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL09tb2p1d2FfQmFnYV8yNTA0MTM=">Sur le web</a>.</p>
<p>Japheth Omojuwa est analyste sur AfricanLiberty.org.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Protection de l’environnement : quel potentiel pour l’approche propriétariste en Afrique ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/23/122395-protection-de-lenvironnement-quel-potentiel-pour-lapproche-proprietariste-en-afrique</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 04:49:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Martin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<description><![CDATA[L’approche propriétariste vise à ré-insuffler de la responsabilité dans les questions d’environnement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’approche propriétariste vise à ré-insuffler de la responsabilité dans les questions d’environnement.</strong></p>
<p><strong>Par Emmanuel Martin.</strong><span id="more-122395"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjMvMTIyMzk1LXByb3RlY3Rpb24tZGUtbGVudmlyb25uZW1lbnQtcXVlbC1wb3RlbnRpZWwtcG91ci1sYXBwcm9jaGUtcHJvcHJpZXRhcmlzdGUtZW4tYWZyaXF1ZS9rb25pY2EtbWlub2x0YS1kaWdpdGFsLWNhbWVyYS0z" rel=\"attachment wp-att-122396\"><img class="alignleft  wp-image-122396" title="KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Rhino.jpg?16fe88" alt="" width="336" height="252" /></a>Les enjeux environnementaux en Afrique sont énormes, du souillage du Delta du Niger au traitement des déchets et des effluents, en passant par la surexploitation des ressources halieutiques des côtes. En matière de protection de l’environnement, l’approche par les droits de propriété a été développée depuis les années 80, en réaction à la fois à l’approche réglementaire et à la nouvelle tradition juridique «<em> Law &amp; Economics</em> » fondée sur le critère de l’efficience. Elle propose un retour à la règle de responsabilité civile et se révèle être une alternative promouvant à la fois le respect des droits, la croissance et l’environnement. Mais qu’en serait-il en Afrique ?</p>
<p>L’approche réglementaire remonte aux travaux de l’économiste Arthur Pigou sur les « externalités négatives » de l’activité économique : pollution de cheminées d’usine, effluents toxiques déversés dans des rivières, pesticides agricoles dans les nappes phréatiques etc. Autant de « déservices » produits par le pollueur de manière annexe à sa production « économique » et pour lesquels il n’y a pas de compensation pour dédommager les pollués. Pigou considérait qu’il y avait là un échec du marché à internaliser le coût dit « social » de la pollution et que le rôle de l’État consistait à rétablir « la vérité des prix » en internalisant ce coût social, en faisant payer le pollueur un montant équivalent aux dommages, par le biais d’une taxe. C’est le principe du pollueur payeur.</p>
<p>Une des critiques adressées à Pigou, notamment par le Prix Nobel d’économie <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX0NvYXNl">Ronald Coase</a>, est que c’est bien souvent l’intervention de l’État par la réglementation autorisant des activités polluantes, et ce, contre la règle de la responsabilité, qui a très souvent encouragé des pollutions, au nom de la croissance, du bien public, de l’emploi etc. La corruption et un certain « capitalisme de connivence » peuvent aussi expliquer cet état de fait – surtout en Afrique.</p>
<p>Ensuite, pourquoi parler <em>d’échec du marché</em> alors que ce dont on parle sont très souvent des « biens libres », non appropriés ? C’est en fait ici la référence, bien connue, à la tragédie des vaines pâtures de Garret Hardin. Lorsqu’une pâture n’est pas appropriée et qu’elle est <em>en libre accès</em>, chacun, même s’il est motivé initialement par un élan vertueux de gestion de la ressource, a intérêt à l’utiliser au maximum avant que les autres ne fassent de même et n’épuisent la ressource. Dans tous les cas, l’accès libre génère pour les acteurs, qui « se servent » en ressource ou la polluent allégrement, une incitation court-termiste. L’air ou l’eau d’une rivière sont des biens libres, certains animaux sauvages en liberté sont aussi des biens libres. L’approche propriétariste consiste à développer des droits de propriété là où il n’y en a pas et à les faire respecter – contre les pollueurs et « exploiteurs » – là où il y en a.</p>
<p>L’approche propriétariste se développe aussi en réaction contre la ligne de pensée « <em>Law &amp; Economics </em>», qui pose la « réciprocité » dans la pollution et insiste sur l’analyse coût/bénéfice totale, ouvrant la voie à la sacralisation de la maximisation du bien-être social, qui vient à faire l’équation entre justice et efficience. Autant d’idées très problématiques pour un véritable propriétariste, puisque toute la dimension de <em>principe</em> de la propriété est assez rapidement évacuée, au profit d’un calcul d’ingénierie sociale.</p>
<p>Tout le propos de l’approche propriétariste est de ré-insuffler de la responsabilité dans les questions d’environnement, notamment par l’outil de la propriété – et de la responsabilité qui lui est consubstantielle. Un propriétaire a un intérêt à la fois à ne pas polluer sa propriété et à empêcher les autres propriétaires de la polluer, comme ces derniers ont un intérêt à l’empêcher de polluer la leur. Une règle de la responsabilité civile relativement stricte fournit des incitations pour les pollueurs potentiels à être beaucoup plus précautionneux et s’ingénier à trouver des solutions non polluantes.</p>
<p>L’approche propriétariste fait cependant face à certaines limites, notamment en Afrique.</p>
<p>La question de l’appropriation est centrale. <em>Sur un plan technique</em>, il faut rappeler que <em>l’évolution technologique permet l’évolution juridique</em>, non seulement en termes de barrières physique pour « propriétariser » une ressource en restreignant son accès (par exemple pour les éléphants), mais aussi en termes de traçabilité des pollutions pour traquer les responsables. Mais les choses ne sont pas toujours simples et le coût de ces « enclosures » et de leur surveillance n’est pas négligeable : qui va pouvoir payer dans des pays pauvres ?</p>
<p><em>Sur un plan institutionnel</em>, les choses sont aussi problématiques. Les propriétaristes doivent s’inspirer des travaux d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRWxpbm9yX09zdHJvbQ==">Elinor Ostrom</a> : les cas de « privatisation par le haut » comme de « réglementation par le haut » peuvent mener à des catastrophes. L’absence d’une justice indépendante faisant respecter la règle de la responsabilité est évidemment ici au cœur du problème. Si l’appropriation permet l’émergence d’un capitalisme de connivence entre politiques et propriétaires-pollueurs, elle perd totalement son intérêt.</p>
<p>Ensuite, l’importation de modes de propriété allogènes dans un ordre institutionnel local peut conduire à un « clash institutionnel » entre règles locales et importées, semant la confusion juridique et empêchant en définitive toute clarté et donc toute <em>responsabilisation.</em> La grande leçon africaine, c’est qu’il n’y a pas « un » mode de propriété – celui de la propriété individuelle – comme solution propriétariste. La propriété en commun peut fonctionner si on <em>maximise la responsabilisation</em> des acteurs et qu’on s’adapte au mieux aux conditions institutionnelles et techniques locales. L’approche est résolument décentralisée, «<em> bottom up </em>». Elle insiste sur le rôle des barrières permettant l’exclusion de la ressource, sur l’existence de règles internes à la communauté pour gérer la ressource, sur le caractère local de ces règles et de la capacité à gérer les resquilleurs.</p>
<p>En dépit de ses limites, l’approche propriétariste offre un potentiel non négligeable en Afrique.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL01hcnRpbl9lbnZpcm9ubmVtZW50X3Byb3ByaWV0ZV9hZnJpcXVlXzIyMDQxMw==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Africapitalisme et futur de l&#039;Afrique</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Apr 2013 04:39:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[entrepreneuriat]]></category>

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		<description><![CDATA[La "génération guépard", qui voit l’entrepreneuriat et l’innovation comme des moyens de réussite, souhaite raconter une autre version de l’histoire africaine : leur histoire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La "génération guépard", qui voit l’entrepreneuriat et l’innovation comme des moyens de réussite, souhaite raconter une autre version de l’histoire africaine : leur histoire.</strong><br />
<span id="more-121221"></span><br />
<strong>Par Olumayowa Okediran [*]</strong>.<br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnLw==">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMTIyMg==" rel=\"attachment wp-att-121222\"><img class="aligncenter  wp-image-121222" title="Afrique développement" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Afrique-développement.jpg?16fe88" alt="" width="456" height="263" /></a></p>
<p>L’Afrique a fait la charité pendant trop longtemps. L’histoire traditionnelle à son propos a été celle d’un continent si pauvre qu’il ne peut pas par lui-même se libérer du carcan de la pauvreté, celle d’un continent frappé par la peste de la corruption et de situations économiques dramatiques. La solution habituelle à ce bourbier, colportée par nos gouvernements à la communauté internationale a été celle de l’aide étrangère. Dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bi5vcmcvYWZyaWNhL29zYWEvcmVwb3J0cy8yMDEwX0FpZGJyaWVmLnBkZg==" target=\"_blank\"><em>Policy brief</em> </a>du Bureau du Conseiller Spécial pour l’Afrique aux Nations Unies (OSAA) et de l’Initiative NEPAD-OCDE sur l’investissement en Afrique pour les décideurs africains et leurs partenaires de développement on peut lire : « L’Afrique reçoit environ 36% de l’aide mondiale totale, plus que toute autre partie du monde ». Au cours des quatre dernières décennies, l’aide à l’Afrique a quadruplé, passant de près de 11 milliards à 44 milliards de dollars, avec une augmentation nette de près de 10 milliards de dollars au cours de la période 2005-2008 seulement. Nos gouvernements ont tendu la sébile de l’Afrique, passant d’un pays développé à l’autre comme un pauvre demandant l’aumône. En tant qu’Africain qui aime son continent, je trouve cela ignoble et déshumanisant.</p>
<p>Malheureusement, ce récit-là n’a relaté qu’un côté de l’histoire. Dans une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50ZWQuY29tL3RhbGtzL2NoaW1hbWFuZGFfYWRpY2hpZV90aGVfZGFuZ2VyX29mX2Ffc2luZ2xlX3N0b3J5Lmh0bWw=" target=\"_blank\">conférence TED</a> en 2009 l’écrivain nigérian Chimamanda Adichie expliquait la catastrophe d’une « histoire unique », une histoire d’autant plus catastrophique lorsque les gouvernements africains sont les conteurs. Je considère que notre histoire, notre identité en tant qu’africains, n’est pas en sécurité entre les mains de bureaucrates globe-trotters et préfère me tourner vers la nouvelle génération d’intellectuels africains que l’économiste ghanéen George Ayittey appelle « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50ZWQuY29tL3RhbGtzL2dlb3JnZV9heWl0dGV5X29uX2NoZWV0YWhzX3ZzX2hpcHBvcy5odG1s" target=\"_blank\">la génération guépard</a> ». Beaucoup de ces « guépards » sont de jeunes Africains qui ne sont pas satisfaits du statu quo et sont prêts à raconter une autre version de l’histoire : leur histoire. Ces gens-là voient l’entrepreneuriat et l’innovation comme des moyens de réussite pour l’Afrique, soit un changement radical par rapport au paradigme de la centralisation et du contrôle étatique, qui a été la norme depuis trop longtemps. Ils racontent leur histoire de l’Afrique, celle d’une réussite économique, soulignant l’importance de l’entreprise privée et du capitalisme dans la réalisation de la croissance économique. Ces Africains créent des entreprises et lancent des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS5vcmcvYWZyaWNh" target=\"_blank\">groupes d’étudiants</a> défendant une vision dans laquelle le capitalisme est une alternative viable au contrôle de l’État, insistant sur la capacité du marché à tirer des millions de gens de la pauvreté. Voilà à qui je peux faire confiance pour raconter notre histoire.</p>
<p>Depuis 2010, l’entrepreneur nigérian Tony Elumelu a raconté son histoire : celle d’une Afrique ayant le potentiel pour répondre à ses défis économiques et sociaux récurrents par l’entreprise privée et l’entrepreneuriat plutôt que par l’aide ou la charité inter-étatique. Il fait la promotion de ce qu’il appelle l’Africapitalisme. Selon lui, « alors que l’entreprise privée et l’esprit d’entreprise prennent racine en Afrique, ils démontrent leur capacité à résoudre les problèmes sociaux. C’est un départ radical par rapport à l’ancien modèle d’États centralisés gérant des industries primaires, avec, en complément, l’aide étrangère et la charité ». Dans son manifeste, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50b255ZWx1bWVsdWZvdW5kYXRpb24ub3JnL3NpdGVzL3RvbnllbHVtZWx1Zm91bmRhdGlvbi5vcmcvZmlsZXMvQWZyaWNhcGl0YWxpc20lMjBXaGl0ZSUyMFBhcGVyJTIwRklOQUwucGRm" target=\"_blank\"><em>Africapitalism: The Path to Economic Prosperity and Social Wealth </em></a>(Africapitalism : La voie de la prospérité économique et de la richesse sociale), il défend sans équivoque l’entreprise privée et le capitalisme, encourageant « les investissements de long terme qui créent de la richesse qui aident à bâtir des ‘communautés’ et créent des opportunités pour sortir de l’extrême pauvreté ». Il plaide pour des solutions de marché pour résoudre les problèmes sociaux de l’Afrique et promeut le capitalisme en tant qu’approche pour « reconstruire l’Afrique et en faire une ‘marque’, comme terre d’investissement, d’innovation et d’esprit d’entreprise ». <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2FmcmljYW5saWJlcnR5Lm9yZy9jb250ZW50L29waW5pb25ob3ctbm90LXJlYnJhbmQtbmlnZXJpYQ==" target=\"_blank\">Je suis d’accord</a> avec lui sur ce point et pense que cette approche de stratégie de marque pour l’ Afrique est plus utile que n’importe quelle campagne étatique. À côté du travail de Tony Elumelu, des organisations comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hZnJpY2FubGliZXJ0eS5vcmcv" target=\"_blank\">AfricanLiberty.org</a> ainsi que d’autres innombrables organisations et individus prêtent leurs voix à la promotion du capitalisme en Afrique. Je suis optimiste quant à l’avenir du continent.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL09rZWRpcmFuX0FmcmljYXBpdGFsaXNtZV8xMDA0MTM=">Sur le web</a>.</p>
<p>[*] Olumayowa Okediran est membre du conseil exécutif de Students For Liberty International. Une tribune publiée originellement en anglais sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2FmcmljYW5saWJlcnR5Lm9yZy9jb250ZW50L2RhbmdlcnMtc2luZ2xlLXN0b3J5LWFmcmljYXBpdGFsaXNtLWFuZC1mdXR1cmUtYWZyaWNhLW9sdW1heW93YS1va2VkaXJhbg==" target=\"_blank\">AfricanLiberty.org</a>.</p>
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		<title>Sassou Nguesso, Hollande et la République irréprochable</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 04:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuel Martin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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		<description><![CDATA[Mauvais timing pour François Hollande qui reçoit ces jours-ci le dictateur congolais au moment même où il tente difficilement de se dépêtrer des "affaires".]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mauvais timing pour François Hollande qui reçoit ces jours-ci le dictateur congolais au moment même où il tente difficilement de se dépêtrer des "affaires".</strong></p>
<p><strong>Par Emmanuel Martin.</strong><span id="more-120890"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMDg5Mw==" rel=\"attachment wp-att-120893\"><img class="aligncenter  wp-image-120893" title="Hollande_3" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Hollande_3.jpg?16fe88" alt="" width="546" height="142" /></a></p>
<p>Alors que le président français se voit empêtré dans des affaires qui se rapprochent toujours plus de lui (affaire Cahuzac, affaire Augier et maintenant peut-être Fabius), nul doute que l’accueil d’un brave dictateur africain pourra redorer efficacement son blason et sauver la face de la « République irréprochable » ! Le timing n’aurait pu être pire pour la visite du camarade Sassou Nguesso, trainant lui-même les casseroles de l’affaire des « biens mal acquis » – en réalité pas grand chose à côté de la responsabilité du « Président » dans la guerre civile au Congo et son cortège d’horreurs (avec d’ailleurs le soutien amical d’un autre président français venant de Corrèze, et récemment « anosognosique »).</p>
<p><strong>Irréprochables</strong></p>
<p>Rappelons que Sassou Nguesso, c’est un système népotique verrouillé et une nation avec 54% de la population vivant sous le seuil de pauvreté – à côté d’un luxe écœurant pour ceux, l’entourage du président, qui profitent grassement et de manière opaque de la manne pétrolière (grâce à Total qui exploite la majeure partie des gisements). La démocratie selon Sassou, ce sont 29 ans au pouvoir (avec une petite pause « démocratique » qui n’aura pas duré et qui sera refermée par la guerre civile). M. Sassou est d’ailleurs tellement aimé de son peuple qu’il faut que des rabatteurs proposent 200 euros pour que des gentils congolais aillent applaudir leur cher président à son arrivée à l’aéroport à Paris.</p>
<p>À propos de la « Françafrique », François Hollande avait déclaré vouloir en terminer « <em>avec ces rapports de domination, d'influence et d'affairisme</em> ». On se rappelle que « <em>le temps de la Françafrique [était] révolu </em>» et que <em>« les émissaires, les intermédiaires et les officines trouvent désormais porte close à la présidence de la République française, comme dans les ministères ».</em> Effectivement pas d’intermédiaire ici : le Président Sassou se présente en personne pour être reçu à l’Élysée et dans les Ministères, notamment celui de la Défense et des Affaires étrangères. Le changement c’est… ?</p>
<p>Bien sûr, il faut reconnaître à M. Hollande d’avoir attendu près d’un an avant d’avoir reçu M. Sassou Nguesso. En outre, lors du sommet de la francophonie à Kinshasa en octobre dernier, où il avait d’ailleurs évité au maximum son hôte de la RDC, il n’avait réservé qu’un quart d’heure d’entretien à M. Sassou. Et lorsque ce dernier s’était plaint de l’affaire des biens mal acquis, le président français avait pu rétorquer qu’il laisserait faire la justice. M. Hollande n’est clairement pas M. Chirac.</p>
<p>Pour autant, Sassou a tenté de redresser la barre. Il a un rôle en Afrique centrale et peut se poser en médiateur utile. S’il n’a pas été au centre de la gestion de la crise centrafricaine ou malienne (le Tchad prenant les devants), il aurait cependant, selon le magazine <em>Afrik</em>, financé en partie l’envoie des contingents tchadiens sur le sol malien. Il est sans doute difficile pour un président français de l’ignorer. D’autant qu’il paraît évident que quelques grandes entreprises « amies » font pression.</p>
<p><strong>Medef : le beau capitalisme de copinage</strong></p>
<p>Car le dictateur congolais sera par ailleurs reçu au Medef, le syndicat patronal français. Voilà qui en dit long sur la conception de l’entreprise dans les hautes sphères du pouvoir économique français. Sans surprise, le patronat français est en effet très loin du libéralisme, lui préférant le capitalisme de connivence qui joue de l’entremise de l’État pour obtenir des grands contrats. Pourquoi en effet s’embêter avec l’état de droit, la concurrence, le respect des droits de l’homme et de la démocratie, la reddition des comptes et autres sornettes ? L’affairisme d’État est tellement plus simple (c’est le groupe Bolloré qui gère le prêt de 2009 de 29 millions d’euros de l’AFD au Congo…). Les vieilles habitudes ont la vie dure visiblement. D’autant qu’aujourd’hui, après tout, « si on n’y va pas, les chinois y iront, donc autant y aller et fermer les yeux sur les choses qui dérangent »… Et tant pis pour la plèbe congolaise, la « France » doit rester le premier partenaire économique (590 millions d’exportations françaises en 2012).</p>
<p>Ce que ces grands patrons français ne saisissent pas, c’est qu’en soutenant un tel régime, ils sont au centre de deux mouvements destructeurs complémentaires. Tout d’abord par le système de capitalisme de connivence qu’ils maintiennent ils empêchent un véritable état de droit – et donc un vrai capitalisme – d’émerger. Ces grands patrons tuent indirectement les conditions de la concurrence et de l’entrepreneuriat africain (à l’exception de quelques prestataires locaux), pourtant source ultime de développement : « le capitalisme pour moi, mais pas pour les autres » en somme. De manière tout aussi importante, ils dégoutent les populations des multinationales et du capitalisme lui-même – alors que ce dernier, dans le cadre d’un état de droit, serait la seule planche de salut de ces populations. Ces dégâts « idéologiques » sont catastrophiques sur le long terme – en particulier si, par hasard, une démocratisation avait lieu par exemple.</p>
<p>Espérons donc que quelque entrepreneur du Medef ait le bon goût de rappeler à ses petits camarades et à M. Sassou Nguesso qu’il serait plus intéressant que les affaires soient faites de manière ouverte et accessible à tout le monde au Congo, dont le classement au <em>Doing Business</em> sur la qualité du climat des affaires n’est, sans surprise, pas exactement glorieux (183<sup>ème</sup> sur 185 pays). Et espérons, que les politiques français, quitte à faire dans le paternalisme, exercent une réelle pression en faveur de l’état de droit au Congo.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL01hcnRpbl9TYXNzb3VfSG9sbGFuZGVfMDgwNDEz">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Gouvernance en Afrique : vers une privatisation informelle de l’État ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/02/120295-gouvernance-en-afrique-ou-en-est-on</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/02/120295-gouvernance-en-afrique-ou-en-est-on#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2013 05:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Soufiane Kherrazi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[analyse sociologique]]></category>
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		<category><![CDATA[gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Crozier]]></category>

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		<description><![CDATA[L'état de la gouvernance publique en Afrique est un plaidoyer pour plus de transparence.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'état de la gouvernance publique en Afrique est un plaidoyer pour plus de transparence.</strong></p>
<p><strong>Par Soufiane Kherrazi, depuis le Maroc.</strong><span id="more-120295"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzA2L2NvcnJ1cHRpb24tY2hpbmUuZ2lm"><img class="alignleft size-medium wp-image-88115" title="Corruption" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/corruption-chine-300x213.gif?16fe88" alt="" width="300" height="213" /></a>Depuis la décolonisation, le choix de mauvaises formes de gouvernance figure souvent parmi les facteurs qui entravent le développement économique en Afrique et ailleurs. Dans la plupart des pays africains, du nord comme de l’ouest, la forme bureaucratique des institutions publiques, au-delà des organigrammes officiels, reste toujours la plus dominante et présente mais, paradoxalement, la plus improductive et incompétente comme en témoignent certains mécanismes autocratiques relatifs aux violations de la Constitution, infractions à la loi commune, inégalités sociales, atteintes aux droits de l’homme, et d’autres actes arbitraires. Tous traduisent le mépris du pouvoir pour les valeurs humaines, fondamentales et universelles.</p>
<p><strong>De la bureaucratie…</strong></p>
<p>Le pouvoir bureaucratique tel qu’étudié dans la sociologie classique de Max Weber désigne au sens politique une forme d’État « moderne » où règne l’appareil administratif constitué essentiellement de fonctionnaires nommés, hiérarchisés et dont le fonctionnement dépend d’une autorité souveraine. En d’autres termes, c’est la concentration d'un maximum de pouvoir [<sup class='footnote'><a href='#fn-120295-1' id='fnref-120295-1' onclick='return fdfootnote_show(120295)'>1</a></sup>] entre les mains d’un minimum d’institutions. Cela explique, entre autres, pourquoi dans les milieux arabes et/ou africains la bureaucratie en tant que régime a été largement adoptée par les chefs d’État après l’indépendance. Car, seule l’autorité bureaucratique est en mesure de disposer d’un pouvoir absolu, s’y maintenir de manière autoritaire et l’exercer de façon arbitraire par l’entremise des fonctionnaires. Grâce aux fonctionnaires, les décisions abstraites du gouvernement deviennent des réalités bien concrètes. Le fonctionnaire est le trait par lequel l’abstrait peut enfin se concrétiser [<sup class='footnote'><a href='#fn-120295-2' id='fnref-120295-2' onclick='return fdfootnote_show(120295)'>2</a></sup>]. En ce sens, ils ne supportent jamais les conséquences éventuellement négatives de leurs choix, et ils ne font que faire fonctionner la machine étatique tout en se préoccupant un peu plus de leurs intérêts personnels.</p>
<p>La réglementation bureaucratique, comme n’importe quelle autre forme de réglementation, ne peut pas tout prévoir et, de ce fait, ne peut non plus tout réglementer. De là, se développent une multitude de sources informelles de pouvoir dites zones d’incertitudes que les différents acteurs du système – les bureaucrates en l’occurrence qui se conduisent, eux aussi, rationnellement pour maximiser leur propre utilité – cherchent à maîtriser afin d’accroître leur marge de pouvoir. Enfin, ceux qui en bénéficient, en particulier les experts dont les activités peuvent être difficilement contrôlées dans le détail, obtiennent plus de pouvoir, ce qui suscite de la part des autres acteurs une réclamation accrue de réglementation pour mettre fin à leurs privilèges. Toutefois, l’ajout de nouvelles règles crée à son tour de nouvelles zones d’incertitude d’où la formation des cercles vicieux bureaucratiques [<sup class='footnote'><a href='#fn-120295-3' id='fnref-120295-3' onclick='return fdfootnote_show(120295)'>3</a></sup>] : la centralisation et l’impersonnalité des règles rendent inefficace le système ; cette inefficacité suscite un renforcement de la réglementation et de la centralisation qui accroissent encore son inefficacité [<sup class='footnote'><a href='#fn-120295-4' id='fnref-120295-4' onclick='return fdfootnote_show(120295)'>4</a></sup>]. Donc, « le système bureaucratique est un système incapable de corriger ses erreurs et dont les dysfonctions sont des éléments intrinsèques ».</p>
<p>Ainsi, dans toute la volumineuse littérature sur l’administration bureaucratique, la qualité du service public, censé être rendu par un agent public, n’a jamais été prise en compte comme l’un des facteurs significatifs dans l’évaluation de l’idéal-type bureaucratique. En effet, sont rares les statistiques, basées sur des méthodes qualitatives, qui ont focalisé leur étude sur l’efficacité des administrations et services publics, à l’exception de quelques enquêtes fondées sur des données classiques d’observation ou d’investigation. Or de telles études relèvent en fait de la compétence de la socio-anthropologie qui, au delà des rapports ou statistiques, peut aller jusqu’à comprendre le fonctionnement quotidien des bureaucrates. Mais généralement, il existe deux grands traits, observés de nos jours, qui marquent l’action administrative dans son ensemble et caractérisent le rendement des agents publics en particulier : il y a l’absence de neutralité d’une part, et le manque de transparence d’autre part.</p>
<p>• <em>Le principe de neutralité professionnelle</em> stipule que les acteurs du système bureaucratique doivent oublier leurs propres intérêts personnels au profit de l’intérêt public. Mais, la réalité aujourd’hui est d’une tout autre nature. En effet, seuls les intérêts des bureaucrates orientent l’action administrative en surévaluant le coût réel de celle-ci pour s’assurer divers avantages ; matériels et symboliques. Par exemple : les fonctionnaires partout dans les institutions publiques, avec quelques exceptions, ne cessent d’affirmer que les moyens mis à leur disposition ne sont pas suffisants pour réaliser les programmes prévus et, par conséquent, ils réclament de l’État de nouveaux programmes avec des budgets colossaux dont ils tireront personnellement profit. Plus encore, quand avec toutes ces nouvelles ressources mises à leur disposition, ils ne supportent pas les conséquences éventuellement négatives de leurs choix, en justifiant ceci par le fait qu’ils ne font que ce qu’on leur demande de faire sans pouvoir s’en écarter. De ce point de vue, un poste dans la fonction publique est évalué, aux yeux des agents publics, selon les privilèges qu’il offre, et la rigidité des salaires pousse généralement les bureaucrates à chercher d’étendre au maximum possible ces privilèges en raison du prestige qu’ils procurent à leur titulaire ou du fait des avantages qu’ils leur fournissent. La pratique en est bien la preuve. On le voit ; des privilèges qui vont aujourd’hui de l’accès aux services réservés à l’usage privatif du téléphone, à la voiture de service par fonctionnaire, et puis encore, avec l’obtention de la voiture, de l’utilisation des bons d’essence octroyés par l’administration à l’appropriation de  la voiture elle-même… etc. Donc les employés de l’administration publique sont attachés au confort de leur emploi au moment où ils accomplissent leurs "devoirs" et cela montre à quel point ils sont éloignés d’avoir l’esprit de l’intérêt collectif. De cette fâcheuse tendance se nourrissent encore d’autres effets pervers comme la complexité, la lourdeur ou encore la lenteur dans le processus administrative. Un dossier, censé être traité urgemment en quelques minutes, peut prendre, s’il ne s’est pas perdu, des heures de traitement à moins que ces heures d’attente ne se transforment, elles aussi, en journées. Enfin les dossiers traînent et les fonctionnaires en profitent pour exiger de la contrepartie.</p>
<p>• <em>Le manque de transparence</em> fait un trait, parmi d’autres, marquant ainsi les rapports qui régissent les affaires administratives publiques. Le clientélisme par exemple en fait la première dimension. En effet, la transparence et l’égalité des traitements s’arrêtent là où les réseaux de recommandations s’activent. Dans les établissements publics, on donne toujours la priorité aux personnes recommandées qui se voient rapidement servies. Le résultat étant que, face à un problème à régler, « on ne cherche plus à prendre connaissance de la procédure à suivre, mais à savoir qui donc on peut aller voir pour être pistonné ». Le citoyen anonyme, non pistonné, se voit mal traité sans pouvoir tenir les institutions de l’État ou leurs représentants, les fonctionnaires, comptables de leurs actions. Au contraire, ces derniers le considèrent comme un gêneur qui vient déranger leur confort. Pire encore, quand sa méconnaissance des procédures « invite non à l’aider, mais bien à le rabrouer ». Enfin, il se voit dans l’obligation de recourir à la corruption, si bien sûr il en a les moyens financiers nécessaires [<sup class='footnote'><a href='#fn-120295-5' id='fnref-120295-5' onclick='return fdfootnote_show(120295)'>5</a></sup>]. Alors que le monde extérieur appelle aux valeurs de neutralité professionnelle, de transparence, d’égalité de traitement et de respect, le monde bureaucratique semble, au contraire, se fonder sur l’irresponsabilité, les privilèges et le clientélisme. Tout cela se traduit finalement dans un système d’administration bureaucratique non seulement par la démotivation et/ou l’improductivité de ses acteurs mais aussi et surtout par la corruption qui s’ensuit.</p>
<p><strong>… vers une nouvelle forme de privatisation informelle de l’État </strong></p>
<p>« Une nouvelle forme de privatisation informelle de l’État », voilà ce à quoi aboutit une administration fondée sur le modèle bureaucratique, et chacun des traits évoqués ci-dessus y joue sa part. Cela est désormais systémique, courant et  très visible, et le service public, censé être rendu gratuitement, est devenu bien marchand. Au Maroc par exemple, il y a de quoi être inquiet. L’évolution du phénomène dans le pays est tout à fait préoccupante (idem pour le reste du contient). C’est ce que confirme le rapport de Transparency Maroc réalisé en collaboration avec Transparency International : « La corruption existe à grande échelle et ne cesse de prendre de l’ampleur dans presque tous les secteurs avec bien évidemment des proportions différentes ». Selon le rapport, la corruption figure parmi les premiers obstacles au développement des entreprises, et la bureaucratie, les lois, les règlements et leurs procédures d’application sont les principales sources d’où s’alimente le phénomène dans son ensemble. Ainsi, l’analyse sectorielle de l’étude, montre que la corruption est généralisée et aucun des secteurs n’y échappent. Cependant, elle reste plus présente dans certains secteurs que dans d’autres avec au premier chef le secteur public (formel), notamment au sein des administrations centrales publiques (locale, municipale, fiscale…) qui sont en permanence en contact avec les citoyens, mais qui ne rendent pas service à ces derniers.</p>
<p>Quant aux raisons fournies par les agents publics qui pratiquent la corruption au quotidien, elles sont multiples et diverses, mais au-delà de telle ou telle cause, il convient de souligner que la corruption est en grande partie la résultante de la réglementation bureaucratique quasi-militaire, ce qui reflète à la fois le caractère dysfonctionnel et corrompu des institutions publiques qui, compte tenu des dysfonctionnements cités plus haut, coûtent cher aussi bien sur le plan économique que social. Selon le gouvernement actuel, son porte-parole, la corruption coûte au Maroc 16 Milliards par an. Une autre étude, faite par un cabinet allemand sur 33 pays dont le Maroc, affirme que la corruption coûterait en moyenne 200 000 dirhams durant la vie de chaque citoyen marocain, et cela sans compter bien sûr le coût lié aux mesures mises en place pour lutter contre la corruption, ou en termes de perte de confiance et de transparence dont l’effet impacte mal les niveaux d’investissement et de croissance du pays, ce que confirment d’ailleurs la majorité des entrepreneurs marocains qui considèrent, selon le même rapport, que la corruption dans le secteur public est à 94% un obstacle très important au développement des entreprises après les coûts d’imposition (96%).</p>
<p>C’est donc la bonne gouvernance qui fait défaut en Afrique. Or une bonne gouvernance constitue un préalable au développement et au progrès, et s’obtient par plus de déréglementation et de transparence pour mener à bien la gestion des affaires publiques, allouer les ressources disponibles vers les emplois les plus rentables et productifs, et enfin  assurer un climat qui favorise le développement de l’entrepreneuriat et du secteur privé, et, par conséquent, réduit le coût de l’approche bureaucratique qui, quant à elle, favorise la pratique de corruption et la recherche de rente.</p>
<p>---</p>
<p><strong>Sources :</strong></p>
<ul>
<li>La corruption au Maroc : synthèse des résultats des enquêtes d’intégrité : Transparency Maroc.</li>
<li>Rapport économique sur l’Afrique 2012.</li>
</ul>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-120295'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-120295-1'>« Même si parfois la concentration de pouvoir est nécessaire aux États pendant les périodes de crise quand l’objectif est de résoudre justement ces crises, comme ce fut le cas a plusieurs reprises aux États-Unis ou en France pendant la crise de 58, mais elle devient néfaste lorsqu'elle est frappée de permanence comme c’est le cas des pays arabes et/ou africains ». <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-120295-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-120295-2'><em>Élites et Bureaucratie</em>, de Giovanni Busino 1988 – N° 80, page 27. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-120295-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-120295-3'>Analyse stratégique des organisations de Crozier dans <em>Le Phénomène Bureaucratique</em>, Paris, 1964. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-120295-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-120295-4'>H. Mendras et J. Étienne, <em>Les grands auteurs de la sociologie</em>, Hatier, 1996. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-120295-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-120295-5'>L’étude du phénomène de la corruption, auprès des ménages et des entreprises, a porté aussi bien sur la grande que sur la petite corruption. La grande corruption est celle qui concerne les versements importants à de hauts fonctionnaires de l’État ou à des hommes politiques. La petite corruption correspond à de petits versements à des petits fonctionnaires de l’État ou à des représentants politiques locaux. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-120295-5'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<item>
		<title>Égypte : sortir du cauchemar des subventions à l&#039;essence</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Apr 2013 05:15:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[essence]]></category>
		<category><![CDATA[subventions]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec de l'essence à 35 eurocents le litre, le trafic automobile au Caire, capitale de l'Egypte, est, sans surprise, un cauchemar.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec de l’essence massivement subventionnée, le trafic automobile au Caire, capitale de l'Egypte, est, sans surprise, un cauchemar. Laisser le système de prix fonctionner librement aiderait beaucoup.</strong></p>
<p><strong>Par Dalibor Rohac.</strong><span id="more-120093"></span><br />
<em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL1JvaGFjX0VneXB0ZV9zdWJ2ZW50aW9uc18yNTAzMTM=" target=\"_blank\">Un article du Cato Institute, traduit par Libre Afrique</a>.</em></p>
<div id="attachment_120205" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAzL0Nyw6lkaXRzLVdpbGx5dHJvbmljcy5qcGc="><img class="size-medium wp-image-120205" title="Embouteillages au Caire (Crédits : Willytronics, Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Crédits-Willytronics-300x225.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Embouteillages au Caire (Crédits : Willytronics, Creative Commons)</p></div>
<p>Avec de l'essence à 35 eurocents le litre, le trafic automobile au Caire est, sans surprise, un cauchemar. Et avec du pain à moins d’un <em>cent</em>, il n’est pas surprenant que les trottoirs de la ville soient pavés de pitas jetées. Avec les subventions, l’Égypte et les États du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord font en sorte que chacun, y compris les plus pauvres, ait accès aux biens de consommation de base à un prix abordable. Mais les subventions à l’énergie et aux biens de première nécessité sont de plus en plus coûteuses pour les ressources publiques, et, en même temps, n’apportent seulement que de très modestes avantages à ceux qui en ont besoin.</p>
<p>En Égypte, les classes moyennes, les nantis et les grandes entreprises sont les premiers bénéficiaires du système de subventions. Un Égyptien nantis typique reçoit à peu près deux fois le montant de subventions d’un vrai pauvre. Dans le même temps, les subventions aux carburants et aux aliments comptent pour près d’un tiers du budget total de l’État, soit plus de 10 pour cent du PIB du pays. La question des subventions est donc clé pour résoudre les problèmes des finances publiques du pays.</p>
<p>Pourtant, la réforme est une tâche ardue. Pour les Égyptiens, les produits subventionnés sont un élément essentiel du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ29udHJhdF9zb2NpYWw=" target=\"_blank\">contrat social</a> perçu entre les citoyens et l’État. Les Égyptiens ont toujours eu peu à dire dans les affaires publiques et ne devaient jamais attendre beaucoup de leur État (en dehors des impôts, de la bureaucratie pléthorique et d’un harcèlement constant). Quand le président Sadate tenta de couper les subventions du pain en 1977, le pays connut de violentes émeutes. La même chose se produisit trente ans plus tard, suite à une hausse des prix alimentaires en 2008.</p>
<p>Jusqu’à présent, les tentatives pour résoudre le problème des subventions ont été quelque peu chaotiques. En octobre 2012, le Premier ministre Hicham Kandil annonça que le gouvernement envisageait une réforme progressive des subventions à l’énergie. Il s’agissait de mettre un plafond à la quantité de carburant et de gaz de cuisine bon marché que chaque ménage peut acheter, chaque foyer égyptien n’ayant désormais accès qu’à seulement deux bouteilles de butane entièrement subventionnées (pour la cuisson), la consommation supplémentaire n’étant plus que partiellement subventionnée pour décourager les fuites vers le marché noir.</p>
<p>La réforme proposée permet de répondre à l’un des problèmes : les produits subventionnés sont accessibles à tous, indépendamment de leur revenu ou de leur richesse. Les riches Égyptiens achètent plus de gaz de cuisine, d'essence ou d’électricité que les plus pauvres. Ainsi, la majeure partie des dépenses en subventions finit par favoriser les plus riches.</p>
<p>Dans le même temps, un plafond sur les achats ne résoudra pas le problème de fond des subventions. Comme toute personne ayant reçu un cadeau de Noël coûteux mais non désiré de la part d’un oncle éloigné peut en témoigner, les transferts de marchandises sont une façon maladroite de rendre les gens plus « riches ». « Si seulement cela me donnait de l’argent ! » tend à être une réaction commune, surtout quand le cadeau est donné sans ticket de remboursement.</p>
<p>De même, recevant des marchandises bon marché au lieu de l’argent, les Égyptiens se retrouvent souvent avec une abondance de biens dont ils n’ont pas besoin ou qu’ils ne valorisent pas beaucoup, entraînant gaspillage et marché noir. Imposer un plafond ou essayer de diriger les subventions vers des familles pauvres ne change pas le fait qu’il est beaucoup moins coûteux d’aider les gens en leur donnant de l’argent plutôt que des marchandises.</p>
<p>Les décideurs égyptiens doivent étudier d’autres pays qui ont essayé de traiter le problème des subventions par le passé. Dans les années 1990, plusieurs pays arabes, dont la Jordanie, le Yémen et la Tunisie, ont réformé leurs programmes de subventions alimentaires. La Jordanie commença d’abord par limiter les tickets de rationnement aux groupes à faible revenu, puis les remplaça progressivement par des transferts en espèces. En 1999, les subventions alimentaires furent remplacés par des versements du Fonds national d’aide.</p>
<p>Les décideurs politiques au Yémen suivirent une voie similaire et firent tomber le budget de subventions alimentaires de 7% du PIB en 1996 à zéro en trois ans. Cependant, le ciblage en espèces des personnes dans le besoin s’est avéré beaucoup plus difficile qu’en Jordanie, ce qui peut expliquer le retour du problème des subventions dans les années 2000.</p>
<p>Enfin, les Tunisiens essayèrent quelque chose d’autre. Au lieu de remplacer les subventions par des transferts en espèces, ils éliminèrent les subventions sur les produits de qualité supérieure consommés principalement par les classes moyennes et les riches, tout en maintenant les subventions sur les produits de qualité inférieure achetés principalement par les pauvres.</p>
<p>La meilleure option est de simplement transformer le système de subventions en un flux temporaire de transferts inconditionnels en espèces à chaque Égyptien, éliminant ainsi les distorsions de redistribution en nature, tels que le réseau pléthorique de divers intermédiaires, les boulangers agréés, les distributeurs de gaz et les revendeurs de farine. Cela a le potentiel de démontrer les avantages de la redistribution en cash et de créer un électorat important pour les futures réformes.</p>
<p>L’Égypte est dans une mauvaise passe. Les militaires ont une emprise sur le pouvoir. Les islamistes radicaux contestent la domination des Frères musulmans dans l’arène politique. Le pays est dans un état de guerre civile latente. Il n’est pas étonnant que peu de politiciens égyptiens soient prêts à envisager une réforme radicale. Pourtant, c’est exactement ce qui est nécessaire pour remettre l’économie égyptienne sur la bonne voie.</p>
<p>Pour rendre la réforme des subventions populaire, il faudra compenser les perdants, pas seulement les plus pauvres. Après tout, les plus pauvres ne sont pas nécessairement ceux qui sont les plus susceptibles de se présenter sur la place Tahrir. Bien qu’une compensation large limiterait les gains financiers immédiats de la réforme, elle pourrait être mise en place rapidement, sans d’abord instituer un système complexe de contrôle des ressources.</p>
<p>Très souvent, les économistes qui conseillent les gouvernements recommandent des réformes soigneusement chronométrées et progressives, car elles ne génèrent que peu de douloureux bouleversements dans l’économie. Mais une telle approche ne tient pas compte de la réalité politique du pays. Un plan du gouvernement égyptien qui s’étend sur plusieurs années ne sera pas considéré comme crédible si le gouvernement ne dispose que d’un mandat politique fragile et fait face à de profondes divisions internes.</p>
<p>Cela ne signifie pas que le gouvernement ne peut rien faire. En mettant en place une réforme qui est rapide et globale et améliore la situation de presque tout le monde, les élites politiques égyptiennes ne rendraient pas seulement un service au peuple égyptien, elles renforceraient également leur propre position de négociation dans la compétition pour le pouvoir politique.</p>
<p>---<br />
<em>Cet article a été publié originellement en <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9wdWJsaWNhdGlvbnMvY29tbWVudGFyeS9maXhpbmctZWd5cHRzLXN1YnNpZHktbmlnaHRtYXJl" target=\"_blank\">anglais sur le site du Cato</a>.</em></p>
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		<title>Les banquiers au Maroc sont-ils des rentiers ?</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 06:16:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hicham El Moussaoui</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[secteur bancaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Si le secteur bancaire marocain a vu ses profits exploser, en dépit du marasme actuel, c’est parce que c’est un secteur rentier.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Si le secteur bancaire marocain a vu ses profits exploser, en dépit du marasme actuel, c’est parce que c’est un secteur rentier.</strong></p>
<p><strong>Par Hicham El Moussaoui, depuis Beni Mellal, Maroc.</strong><span id="more-118985"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExODk4Ng==" rel=\"attachment wp-att-118986\"><img class="aligncenter  wp-image-118986" title="PIECES_1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/PIECES_1.jpg?16fe88" alt="" width="657" height="169" /></a></p>
<p>Selon le dernier rapport du conseil de la concurrence traitant du secteur bancaire, entre 2005 et 2011, ce dernier est dominé par deux banques, Attijariwafa Bank (AWB) et la Banque Populaire (BP) tant sur le plan des dépôts (respectivement 66% des dépôts à vue et 63% des comptes-épargne) que sur le plan des crédits pour lesquels leur part de marché dépasse les 50% (53% des crédits-consommation, 51% des crédits-équipement et 51% des crédits immobiliers). Dans l’étude on apprend aussi que le produit net bancaire (mesurant la rentabilité du secteur) a progressé de 30% entre 2005 et 2011, en dépit du contexte de crise. Le secteur bancaire marocain serait-il si résilient que ça ?</p>
<p>Une résilience en trompe l’œil semble-t-il, puisqu’il faut rappeler que le secteur bancaire marocain est peu intégré à la finance internationale, la part des titres étrangers dans les bilans des banques marocaines étant non significative. Si le secteur bancaire a vu ses profits exploser, en dépit du marasme actuel, c’est parce que c’est un secteur rentier.</p>
<p>En effet, le secteur profite d’une rente de situation liée à sa structure oligopolistique (peu d’offreurs face à un grand nombre de demandeurs). Il n’y a qu’à voir les deux banques dominantes : la première, AWB, est la filiale du holding royal et l’autre, BP, est contrôlée par l’État.</p>
<p>Cette structure est le résultat de plusieurs barrières à l’entrée.</p>
<p>D’abord, réglementaires sous la tutelle de la Banque centrale (BAM) qui réglemente l’accès au secteur. Le gouverneur de BAM a réussi à convaincre tout le monde que la capacité du marché marocain ne supporte pas l’entrée de nouveaux challengers. Ensuite, des barrières structurelles, liées au coût d’investissement mais aussi au problème d’accès à l’information sur le marché et l’appréciation du risque. Enfin, des barrières stratégiques liées aux banques existantes qui par leurs offres tentent de capter la clientèle, et non pas de la fidéliser, notamment à travers le regroupement des offres en package (crédits et assurances par exemple), ce qui rend le coût de résiliation très élevé pour le client.</p>
<p>Grâce à toutes ces barrières les banquiers marocains ont pu préserver leurs marges  dans un contexte difficile. Rappelons ici qu’en 2012 AWB et la BP ont réalisé, à tous deux seuls, un bénéfice de 7,7 milliards DH, un joli pactole en ce temps de disette. Une rentabilité qui s’explique en partie par la gratuité de la moitié des dépôts collectés auprès des clients, puisqu’il s’agit des dépôts à vue non rémunérés, contrairement à ce qui se fait en Tunisie ou en Égypte par exemple. Ajoutez à cela les facilités de BAM pour renforcer la liquidité des banques (baisse du taux directeur à 3% et des réserves obligatoires à 4%), et vous comprendrez mieux pourquoi les banques continuent à faire des bénéfices. Surtout qu’elles ne prennent pas beaucoup de risques en ce temps de crise en prêtant plus aux entreprises publiques ou encore mieux, en plaçant leurs ressources dans les bons de trésor.</p>
<p>Ce comportement de rentier est d’autant problématique qu’il se fait au détriment du consommateur. Certes, les taux ont baissé passant de 7,5% en 2005 à 5% en 2011, il n’empêche que la baisse aurait pu être plus conséquente. Pis, après 20 ans de libéralisation, dont l’objectif était de faire émerger un secteur bancaire privé compétitif, force est de constater que l’État reste le principal acteur dans le secteur avec une participation dans une banque sur trois et le contrôle de sept parmi elles.</p>
<p>Par ailleurs, cette libéralisation n’a pas abouti à une véritable concurrence entre les différentes banques. En effet, si la concurrence sur les taux d’intérêt reste le cheval de bataille, la concurrence-qualité n’est pas encore au rendez-vous. Et pour cause, il existe une sorte d’entente tacite entre les banques de la place à se partager les différents segments et régions du marché. À titre d’illustration, AWB, la BP et Crédit Agricole (CA) se partagent le segment des revenus moyens, les filiales de banques étrangères tel que la BMCE, la BMCI et la SG opèrent sur le segment des hauts revenus.</p>
<p>De même, géographiquement, AWB a pour fief le nord, alors que la BCP est bien implantée dans le sud. Cette compartimentalisation du marché a permis à chaque banque d’avoir sa part du gâteau et de s’épargner les affres de la rivalité. Ainsi, on note l’absence d’une concurrence généralisée entre les différentes banques sur tous les segments et toutes les zones géographiques.</p>
<p>Cette rente de situation se traduit aussi par une relation déséquilibrée entre la banque et ses clients puisque pendant que 75% des ressources des banques proviennent de ses clients (particuliers), ces derniers ne profitent que de 28% des crédits. Un rapport de forces qui ne peut être rééquilibré que par la consolidation d’une véritable concurrence.</p>
<p>Pour y arriver il est impératif de remettre en cause cette situation rentière dans le secteur bancaire : d’abord en en assouplissant les conditions d’entrée à la profession pour une offre plus large et plus diversifiée. A ce titre les banques islamiques seraient un vecteur de diversification et de <em>concurrentiablité</em> sur le secteur. Ensuite, qu’il faut faciliter la mobilité du consommateur en assouplissant les procédures de résiliation et en en réduisant le cout. Après, il est indispensable de renforcer la transparence et l’accès à l’information pour permettre aux consommateurs de comparer et faire jouer la concurrence. Enfin, il faut libérer complètement les taux d’intérêt, pour faire jouer la loi de l’offre et la demande et permettre ainsi une meilleure allocation des ressources vers les projets à meilleure valeur.</p>
<p>La véritable concurrence est celle qui permet de contester les positions des uns et des autres. Or les réglementations bancaires en vigueur au Maroc ne favorisent pas cette <em>contestabilité</em>. C’est donc vers cette direction qu’il faudrait orienter la prochaine réforme du secteur bancaire.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0hFTV9iYW5xdWVfTWFyb2NfMTUwMzEy">Sur le web</a>.</p>
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		<title>La Côte d&#039;Ivoire et Louis Dreyfus signent pour des terres mais quid des paysans ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/12/117953-la-cote-divoire-et-louis-dreyfus-signent-pour-des-terres-mais-quid-des-paysans</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Mar 2013 05:48:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audace Institut Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe Louis Dreyfus]]></category>
		<category><![CDATA[terres cultivables]]></category>

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		<description><![CDATA[La Côte d'Ivoire met à disposition du Groupe Louis Dreyfus plusieurs milliers d'hectares agricoles. Quelle est la légitimité d'un tel contrat ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Côte d'Ivoire met à disposition du Groupe Louis Dreyfus plusieurs milliers d'hectares agricoles. Quelle est la légitimité d'un tel contrat ?</strong></p>
<p><strong>Par Mohamed Sylla.</strong><span id="more-117953"></span><br />
<em>Un article d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQ=">Audace Institut Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNzk3NA==" rel=\"attachment wp-att-117974\"><img class="alignleft size-full wp-image-117974" title="femmes CI_0" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/femmes-CI_0.jpg?16fe88" alt="" width="287" height="185" /></a>À l’occasion de son séjour en Côte d’Ivoire, la présidente et principale actionnaire du groupe de négoce de matières premières Louis Dreyfus a signé le 31 janvier dernier un accord stratégique avec le ministre ivoirien de l’agriculture pour la mise à disposition de plusieurs milliers d’hectares de terres cultivables dans le nord du pays pour la production du riz. On ne peut cependant s’empêcher de s’interroger sur la légitimité d’un tel contrat tant les zones d’ombres sont nombreuses.</p>
<p>De prime abord on pourrait penser que ce projet est une bonne nouvelle ; d’autant plus que ce projet est prévu pour être réalisé dans les régions du Poro, de la Bagoué et du Tchologo qui comptent parmi les plus pauvres de la Côte d’Ivoire. Il permettra aux dires du Ministre de l’agriculture «de consolider les acquis des petits planteurs». Pourtant, on peut se demander de quels acquis il s’agit quand on sait que tous ces paysans n’ont aucune sécurisation juridique de leurs droits de propriété. Il est, de ce point de vue, curieux de constater que cet accord soit justement passé entre l’État de Côte d’Ivoire et le Groupe Louis-Dreyfus. A aucun niveau les paysans, qui sont sensés être les principaux bénéficiaires de ce projet, n’ont été associés à la négociation et la signature de cet accord. La déclaration de Margarita Louis-Dreyfus selon laquelle ces terres appartiennent et resteront la propriété des paysans dénote que soit elle méconnait la situation foncière en Côte d’Ivoire soit que cet accord cadre n’est rien d’autre qu’un accaparement des terres du Nord ivoirien.</p>
<p>En effet et contrairement à ce qu’elle affirme, les terres des régions du Poro, de la Bagoué et du Tchologo n’appartiennent pas légalement aux paysans mais bien à l’État qui les en a tout bonnement spoliés dès après les indépendances en déclarant que la terre lui appartenait, se substituant ainsi aux colons. Ces paysans qui exploitent pourtant ces terres depuis plusieurs générations n’ont aucun titre de propriété sur ces terres. L’État qui distribue donc des droits d’exploitation à de grandes sociétés étrangères en laissant les véritables propriétaires subir.</p>
<p>Personne ne sait au final ce que contient véritablement cet accord cadre à part la promesse d’un investissement de 30 milliards de F CFA. Mais dans un pays désillusionné des promesses de pluies de milliards de simples slogans ne suffisent plus. Il faut plus de transparence. Quels sont les termes de cette transaction? Que gagnent les paysans? Que deviennent leurs droits coutumiers sur ces terres? Dans un pays comme la Côte d’Ivoire où il n’y a pas de marché du foncier rural, parce qu’il n’y a pas de propriété et donc pas d’évaluation « subjective » de la valeur de la terre par des propriétaires comment établir le prix d’un hectare de terre ? Ce sont autant de questions qui restent en suspens et suscitent des inquiétudes.</p>
<p>Les contreparties en termes d’investissements, de création d’emplois, de développement d’infrastructures et de formations des paysans ne suffisent certainement pas à assurer aux paysans de tirer le meilleur profit de ce projet. Les transactions foncières présentent toujours quasiment autant d’opportunités (investissements, emplois, développement économique, etc.) que de risques (les populations locales peuvent perdre l’accès à leur terre de laquelle dépend leur propre sécurité alimentaire).</p>
<p>Des réformes foncières doivent donc être impérativement menées dans le sens de (1) la reconnaissance de la légitimité des droits fonciers des populations et (2) leur sécurisation par des mécanismes juridiques appropriés et (3) la facilitation de l’accès à la propriété privée de la terre, en simplifiant les procédures et en réduisant les coûts de délivrance des titres de propriété. Il faut dans ce sens reformer la loi n° 98-750 du 23 décembre 1998 qui contient en elle-même tous les germes de son échec. En effet plus de 16 ans après son adoption 98% des terres du domaine foncier rural restent soumis au droit coutumier et seulement 2% au droit positif. Pourquoi ? Parce que la réforme visait non pas à protéger les institutions de propriété coutumières mais plutôt à leur substituer des règles de propriété modernes. La conséquence est que l’on s’est vite retrouvé dans une situation ou cohabitent deux institutions parallèles, les populations rurales dans bien des cas préférant se référer au droit coutumier qu’au droit moderne.</p>
<p>La réforme de 1998 fut une reforme de façade, une enveloppe vide. Pis, elle est anti-propriétariste vu qu’elle donnait dix ans (soit jusqu’en 2008 - Notons que cette période a ensuite été renouvelée) aux propriétaires coutumiers pour prouver leur propriété sur « leurs » terres. Ce qui fait qu’en 2012 seuls 200 titres de propriété avait pu être délivrés. La réforme que nous appelons de nos vœux devra alors associer les populations rurales dans l’optique de trouver les bons mécanismes de protection de leur droits. Il est illusoire de penser pouvoir changer les conditions économiques et sociales des populations rurales si les réformes ne sont pas conformes à leurs coutumes et institutions locales. En attendant il serait souhaitable que l’État ivoirien et le groupe Louis Dreyfus clarifient les termes de cet accord portant sur 200.000 hectares et le rendent public. Jamais aucun développement n’a pu se faire sans reconnaissance des droits de propriété.</p>
<p>La Côte d’Ivoire qui rêve d’émergence a là un défi majeur à relever. La réforme du foncier en Côte d’Ivoire nécessite non seulement la reconnaissance des droits de propriété des populations mais aussi la reconnaissance de leurs institutions foncières.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQvaW5kZXgucGhwP29wdGlvbj1jb21fY29udGVudCZhbXA7dmlldz1hcnRpY2xlJmFtcDtpZD00MzglM0FyZXRvdXItYXV4LWNvbmNlc3Npb25zLWNvbG9uaWFsZXMtZW4tY290ZS1kaXZvaXJlJmFtcDtjYXRpZD00MiUzQWxpcmUtYXVzc2kmYW1wO0l0ZW1pZD0xOCZhbXA7bGFuZz1mcg==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Le complexe militaro-industriel s&#039;exporte en Égypte</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/06/117218-le-complexe-militaro-industriel-sexporte-en-egypte</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Mar 2013 06:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Malou Innocent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Barack Obama]]></category>
		<category><![CDATA[dépenses militaires]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Morsi]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l’on exclut l’aide économique et l’aide au développement, depuis 1987, Washington a donné au Caire 1,3 milliards de dollars par an en aide militaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Si l’on exclut l’aide économique et l’aide au développement, depuis 1987, Washington a donné au Caire 1,3 milliard de dollars par an en aide militaire.</strong></p>
<p><strong>Par Malou Innocent, depuis les États-Unis.</strong><span id="more-117218"></span><br />
<em>Un article du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy8=">Cato Institute</a>, traduit par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMTEvNzI3MDItZnJhcHBlci1saXJhbi11bi1wb2ludC1kZS12dWUtYW1lcmljYWluL21pc3NpbGVfMA==" rel=\"attachment wp-att-72704\"><img class="aligncenter  wp-image-72704" title="missile_0" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/missile_0.jpg?16fe88" alt="" width="602" height="147" /></a></p>
<p>Il est presque impossible d’échapper à l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ibG9nL3NlcXVlc3RyYXRpb24td2lsbC1ub3QtbWFrZS11bml0ZWQtc3RhdGVzLWxlc3Mtc2FmZQ==">hystérie de l’<em>establishment</em> de Washington à l’égard du « séquestre »</a> - 85 milliards de dollars de coupes budgétaires indistinctes, soit une réduction inférieure à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9wdWJsaWNhdGlvbnMvY29tbWVudGFyeS9mYWlyeS10YWxlLXNwZW5kaW5nLWN1dHM=">2,3% du budget fédéral de 3 640 milliards de dollars</a>. Malgré toute la rhétorique exaltée quant aux conséquences du séquestre sur les dépenses militaires, décrites comme « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9OZXdzL05ld3NBcnRpY2xlLmFzcHg/SUQ9Njc3OTE=">dévastatrices</a> », « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5leGFtaW5lci5jb20vYXJ0aWNsZS9zZWMtZGVmLXBhbmV0dGEtcmVmdXNlcy10by1oYXZlLXBlbnRhZ29uLXBsYW4tZm9yLXNlcXVlc3Rlci1mb3JjZWQtYnVkZ2V0LWN1dHM=">scénario catastrophe</a> », et même « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlbmV3cy5jb20vYXJ0aWNsZS8yMDExMDgxNi9ERUZTRUNUMDUvMTA4MTYwMzA1L1BhbmV0dGEtUmFpc2VzLVNwZWN0ZXItSG9sbG93LUZvcmNl">vidage de la force</a> », peu de gens aux USA savent où leurs dollars durement gagnés vont et si oui ou non ces dépenses sont absolument nécessaires. Et parmi les nombreux programmes fédéraux dispendieux, on trouve la subvention pluri-décennale des contribuables américains aux militaires d’Égypte.</p>
<p>Si l’on exclut l’aide économique et l’aide au développement, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mYXMub3JnL3NncC9jcnMvbWlkZWFzdC9STDMzMDAzLnBkZg==">depuis 1987</a>, Washington a donné au Caire 1,3 milliard de dollars par an en aide militaire, en grande partie sous forme de dons et de prêts par le biais du <em>Foreign Military Financing</em> (financement militaire étranger). Dans ce cadre, les fabricants d’armes américains contractent avec le Département de la Défense pour fournir à l’Égypte des systèmes et services d’armement militaires, des mises à niveau et du suivi de maintenance. Selon le service de recherche du Congrès américain, même si les chiffres sont difficiles à vérifier, on estime que l’aide militaire américaine couvre jusqu’à 80 pour cent des coûts d’approvisionnement en armes du Ministère de la Défense égyptien.</p>
<p>Cette aide généreuse a permis à l’Égypte de devenir le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50aW1lLmNvbS90aW1lL3dvcmxkL2FydGljbGUvMCw4NTk5LDIwNDY5NjMsMDAuaHRtbA==">quatrième utilisateur mondial de F-16 et d’acquérir environ 4000 chars de combat</a>. En fait, les contribuables américains facilitent la coproduction de chars de bataille Abrams M1A1, et désormais du nouveau M1A2, dont certaines pièces sont fabriquées en Égypte, et d’autres aux USA pour être ensuite expédiés en Égypte pour assemblage final. Selon les termes de ce programme, le contracteur principal est <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQ3NjU="><em>General Dynamics</em></a>, localisé à Sterling Heights dans le Michigan aux USA.</p>
<p>Une semaine avant la démission du président Hosni Moubarak, Sue Sturgis, de l’<em>Institute for Southern Studies</em>, a compilé <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnLzIwMTEvMDIvdXMtZGVmZW5zZS1jb250cmFjdG9ycy13aXRoLXRoZS1tb3N0LWF0LXN0YWtlLWluLWVneXB0Lmh0bWw=">une liste exhaustive</a> des entreprises de défense et des cabinets de conseil ayant des contrats avec l’Égypte. On trouvait :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQyMjg="><em>Lockheed Martin </em>au Texas</a> et en <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQyNTk=">Floride</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQwNTA="><em>US Motor Works</em></a> en Californie et au Texas</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQ0MzY="><em>DRS C3</em> et <em>Aviation</em> </a>(filiale de la société italienne <em>Finmeccanica</em>) en <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQ0NDI=">Pennsylvanie</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQzNTQ="><em>L-3 Communication Ocean Systems</em> en Californie</a> et au <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQwMTA=">Texas</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQyNzY="><em>Boeing </em>en Arizona</a> et dans <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQyMjc=">le Missouri</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQzOTg="><em>Raytheon</em> en Arizona</a> et dans <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQ0Mzg=">le Massachusetts</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQzODQ="><em>Goodrich Corporation</em></a> dans le Massachusetts</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9jb250cmFjdHMvY29udHJhY3QuYXNweD9jb250cmFjdGlkPTQwNTA="><em>Columbia Group</em></a> à Washington, DC</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>Michelin Aircraft Tire</em></a> en Caroline du Sud</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>Wyle Laboratories</em></a>,<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="> <em>Camber Corporation</em></a>, et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>Summa Technology</em> </a>en Alabama</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>WRSystems Ltd</em></a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>TASC</em></a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZWZlbnNlLmdvdi9Db250cmFjdHMvQ29udHJhY3QuYXNweD9Db250cmFjdElEPTQxNzI="><em>Deloitte Consulting</em></a>, et <em>AgustaWestland </em>en Virginie<em></em></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zb3V0aGVybnN0dWRpZXMub3JnL2ltYWdlcy9zaXRlcGllY2VzL3VzX2NvbnRyYWN0b3JzX2VneXB0Lnhscw=="><em>Clayton International</em></a> en Géorgie</li>
</ul>
<p>Au cours des quatre dernières années, les dirigeants de Washington ont distribué des centaines de millions de dollars pour du matériel militaire dans les États susmentionnés seulement, allant de missiles Stinger et pièces détachées pour véhicules aux systèmes de reconnaissance des F-16, en passant par les capteurs pour hélicoptères Apache.</p>
<p>À ce point les dirigeants américains rétorqueraient que cette aide soutient leur influence auprès de leurs homologues au Caire. Peut-être, mais ce que les autorités américaines ne parviennent pas à expliquer de façon convaincante c’est dans quelle mesure les intérêts américains peuvent toujours être promus sans l’abondante générosité américaine. Par exemple, ce sont les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2FydGljbGVzLmJhbHRpbW9yZXN1bi5jb20vMTk5OC0xMC0wNi9uZXdzLzE5OTgyNzkwNzFfMV9lZ3lwdGlhbi1vY3RvYmVyLXdhci1pc3JhZWw=">défaites</a> dévastatrices contre Israël qui constituent un élément majeur dissuadant l’armée égyptienne de lancer une autre guerre inutile, pas l’aide. Par ailleurs, et assez curieusement, l’armée égyptienne n’est même pas capable d’utiliser pleinement une grande partie de l’équipement de pointe américain qu’elle reçoit, car elle dispose de trop peu de soldats formés à leur utilisation.</p>
<p>Malheureusement, de nombreux membres du Congrès sont réticents à froisser les électeurs des districts qui dépendent de ce lien « public-privé » du <em>complexe militaro-industriel</em>. Les quelques dirigeants assez courageux pour bouleverser le statu quo devraient défier l’administration Obama, en particulier sur la question des crédits en faveur des opérations étrangères.</p>
<p>Parmi ses autres dispositions, l’article 7041 du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ncG8uZ292L2Zkc3lzL3BrZy9QTEFXLTExMnB1Ymw3NC9wZGYvUExBVy0xMTJwdWJsNzQucGRm"><em>Consolidated Appropriations Act</em> de 2012</a> (PL 112-74) précise qu’aucun financement militaire ne peut être fourni à l’Égypte tant que l’administration ne certifie pas que le Caire soutient la transition vers un gouvernement civil, ce qui inclut la tenue d’élections libres et équitables, la mise en œuvre de politiques protégeant la liberté d’expression, la liberté d’association et de religion, et l’application de la loi par des procès en bonne et due forme. Face aux agissements arbitraires et antidémocratiques de M. Morsi, l’administration Obama a pourtant renoncé à ces conditions.</p>
<p>Le bilan atroce de M. Moubarak en matière de droits de l’homme aurait dû empêcher les subventions des contribuables américains d’arriver en Égypte il y a déjà des décennies de cela. Aujourd’hui, à un moment de contraintes budgétaires nationales, et alors que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xhdGltZXNibG9ncy5sYXRpbWVzLmNvbS93b3JsZF9ub3cvMjAxMi8xMC9tb3JlLWFtZXJpY2Fucy13YW50LXRvLWN1dC1iYWNrLWFpZC10by1lZ3lwdC1hZnRlci1lbWJhc3N5LWF0dGFjay5odG1s">de nombreux Américains sont en faveur du fait de stopper l’aide étrangère</a>, mettre fin à une telle « générosité » semble relever du bon sens.</p>
<p>---<br />
Article a été publié originellement en anglais <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9wdWJsaWNhdGlvbnMvY29tbWVudGFyeS9taWxpdGFyeS1pbmR1c3RyaWFsLWNvbXBsZXgtYmVpbmctZXhwb3J0ZWQtZWd5cHQ=" target=\"_blank\">sur le site du <em>Cato institute</em></a>. Traduction : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0lubm9jZW50X2NvbXBsZXhlX21pbGl0YXJvLWluZHVzdHJpZWxfRWd5cHRlXzAxMDMxMw=="><em>Libre Afrique</em></a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Assises de la solidarité internationale : comment aider efficacement au développement ?</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Mar 2013 06:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Vuillemey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Aide publique au développement]]></category>
		<category><![CDATA[assises de la solidarité internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Dambisa Moyo]]></category>
		<category><![CDATA[L'aide fatale]]></category>

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		<description><![CDATA[Par les assises de la solidarité internationale, le gouvernement entend insuffler un renouveau de la politique française au développement. Pas de la bonne manière malheureusement comme l'a montré Dambisa Moyo dans L'aide fatale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par les assises de la solidarité internationale, le gouvernement entend insuffler un renouveau de la politique française au développement. Pas de la bonne manière malheureusement comme l'a montré Dambisa Moyo dans <em>L'aide fatale.</em></strong></p>
<p><strong>Par Guillaume Vuillemey.</strong><span id="more-116874"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTIvMjIvOTUyNC1sJWUyJTgwJTk5YWlkZS1mYXRhbGUvYWlkZS1mYXRhbGU=" rel=\"attachment wp-att-9525\"><img class="alignleft" title="Aide fatale" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/12/Aide-fatale-187x300.jpg?16fe88" alt="" width="187" height="300" /></a>Peu de sujets sont aussi tabous que celui de l’<a title=\"Aide publique au développement\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWlkZV9wdWJsaXF1ZV9hdV9kw6l2ZWxvcHBlbWVudA==" target=\"_blank\">aide au développement</a>. Mettre en cause le bien-fondé des milliards d’euros déversés chaque année en Afrique est sacrilège pour la grande majorité des dirigeants politiques occidentaux. Pourtant, une économiste zambienne – <a title=\"Dambisa Moyo\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGFtYmlzYV9Nb3lv" target=\"_blank\">Dambisa Moyo</a> – vient de publier un ouvrage à charge, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZ3AvcHJvZHVjdC8yNzA5NjMzNjA0P2llPVVURjgmYW1wO3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMSZhbXA7bGlua0NvZGU9YXMyJmFtcDtjYW1wPTE2NDImYW1wO2NyZWF0aXZlPTE5NDU4JmFtcDtjcmVhdGl2ZUFTSU49MjcwOTYzMzYwNA==" target=\"_blank\">désormais disponible en français aux éditions JC Lattès</a>, dénonçant non seulement l’inefficacité de l’aide mais aussi ses conséquences néfastes. Elle appelle de ses vœux un modèle de développement fondé sur le commerce et le marché.</p>
<p>Au cours des cinquante dernières années, le montant total de l’aide au développement transférée des pays riches vers l’Afrique s’élève à plus d’un trillion de dollars (mille milliards). Ceci inclut des dons directs ainsi que des prêts à taux réduits. À l’heure actuelle, l’aide représente environ 15% du PIB de l’Afrique. Ceci a-t-il permis de faire reculer la pauvreté ? Non, répond l’auteur.</p>
<p>Au contraire, l’aide au développement encourage la corruption et permet à des régimes de se maintenir artificiellement. En raison des montants importants qu’elle engage, elle attise des convoitises et peut aviver des tensions ethniques, pouvant parfois conduire à la guerre civile. Sur le plan économique, l’aide nuit à la compétitivité des secteurs productifs, réduisant leur capacité à exporter. Elle contribue aussi au maintien de secteurs publics pléthoriques qu’il conviendrait de réformer en profondeur.</p>
<p>Ce n’est donc pas un hasard si, selon l’auteur, entre 1970 et 1998, c’est-à-dire durant la période au cours de laquelle l’aide au développement était au plus haut, la pauvreté a augmenté de 11% à 66%. Au fond, l’aide souffre d’un défaut essentiel : elle détruit les incitations à évoluer, à se réformer et à se développer. Pour autant, leur suppression n’aggraverait-elle pas la situation ? Au contraire, il s’agit d’une condition essentielle pour que l’Afrique trouve le chemin d’une croissance durable.</p>
<p>À la base de cette idée se trouve un constat simple : tous les pays qui ont connu un développement important, que ce soit en Europe, en Amérique ou en Asie, doivent leurs performances non pas à l’aide extérieure mais à leur capacité à créer des richesses. « Il y a trente ans, rappelle Dambisa Moyo, le Malawi, le Burundi et le Burkina Faso disposaient d’un revenu par habitant supérieur à celui de la Chine ». Depuis des années, la Chine connaît une croissance soutenue, parce qu’elle a réussi à gagner en compétitivité et à attirer à elle des investissements étrangers. Ce n’est pas encore le cas de nombreux pays africains.</p>
<p>La moitié de l’ouvrage offre des solutions possibles pour l’Afrique. Première piste de l’auteur : s’ouvrir au commerce extérieur et aux investissements directs étrangers. À l’heure actuelle, l’Afrique ne représente que 1% des échanges mondiaux alors qu’elle est proche d’un marché de taille, le marché européen. Une réelle insertion dans le commerce international suppose un contexte politique et juridique stable, ainsi que des droits de propriété garantis.</p>
<p>Autre piste : supprimer les subventions massives que les gouvernements américains et européens accordent à leurs agriculteurs. . Les paysans africains pourraient ainsi accéder aux marchés mondiaux et vivre de leur production ce qui serait beaucoup plus efficace que de leur octroyer des aides au développement.</p>
<p>Enfin, plutôt que de se financer par des prêts à taux réduits, l’économiste suggère que les États africains se financent par émissions d’obligations sur les marchés de capitaux. Ceci les pousserait à respecter une discipline plus stricte : ils devraient convaincre les investisseurs de leur solidité financière.</p>
<p>Derrière l’ensemble des propositions avancées par Dambisa Moyo transparait une priorité unique : le respect des droits de propriété. Selon elle, cette recette fonctionne, ainsi que l’illustre le cas du Botswana, qui fait figure d’exception en Afrique. Entre 1968 et 2001, la croissance moyenne y a été de 6,8% en raison des politiques favorisant la liberté économique : ouverture des marchés à la concurrence internationale, politique monétaire non inflationniste, pression fiscale modérée. Il n’y a donc pas de fatalité concernant l’Afrique. Avec précision et clarté, Dambisa Moyo montre la voie à suivre pour permettre un réel développement.</p>
<p>Dambisa Moyo, <em><a title=\"L'aide fatale : Les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique \" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZ3AvcHJvZHVjdC8yNzA5NjMzNjA0P2llPVVURjgmYW1wO3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMSZhbXA7bGlua0NvZGU9YXMyJmFtcDtjYW1wPTE2NDImYW1wO2NyZWF0aXZlPTE5NDU4JmFtcDtjcmVhdGl2ZUFTSU49MjcwOTYzMzYwNA==" target=\"_blank\">L’aide fatale : Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique</a></em>, JCLattès, 2009.</p>
<p>À lire aussi :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWlkZV9wdWJsaXF1ZV9hdV9kJUMzJUE5dmVsb3BwZW1lbnQ=">L'aide au développement sur wikiberal</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMjEvOTExMTAtYWZyaXF1ZS1sZS12aWNlLWRlLWxhLXBvbGl0aXF1ZS1kYWlkZS1hdS1kZXZlbG9wcGVtZW50" target=\"_blank\">Afrique : le vice de la politique d'aide au développement</a>, Kyayima Muteba Franklin</li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDgvMjUvNDIwMzEtY29udHJlLWxhaWRlLXB1YmxpcXVlLWF1LWRldmVsb3BwZW1lbnQtdW5lLXJlcG9uc2UtYS1hdGQtcXVhcnQtbW9uZGU=" target=\"_blank\">Contre l'aide publique au développement</a>, Emmanuel Martin</li>
</ul>
<p><iframe style="width: 120px; height: 240px;" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=000000&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=liberauxorg-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as4&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;ref=ss_til&amp;asins=2709633604" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" width="320" height="240"></iframe></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Infrastructures : une plaie africaine</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/28/116493-infrastructures-une-plaie-africaine</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Feb 2013 06:30:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Oasis Kodila Tedika</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique subsaharienne]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[infrastructures]]></category>

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		<description><![CDATA[L'Afrique souffre de nombreux problèmes structurels, notamment d'un manque d'infrastructures qui entrave son essor économique et son développement. Par Oasis Kodila Tedika, depuis Kinshasa, République Démocratique du Congo. Un article de Libre Afrique. Entre 2004 et 2012, les économies africaines ont crû en moyenne de 5 % par an. En termes de croissance, c'est la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'Afrique souffre de nombreux problèmes structurels, notamment d'un manque d'infrastructures qui entrave son essor économique et son développement.</strong></p>
<p><strong>Par Oasis Kodila Tedika, depuis Kinshasa, République Démocratique du Congo.</strong><span id="more-116493"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique.</a></em></p>
<p>Entre 2004 et 2012, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMjIvMTEyMjA2LWVzc29yLWRlLWxhZnJpcXVlLW15dGhlLW91LXJlYWxpdGU=">les économies africaines ont crû en moyenne de 5 % par an</a>. En termes de croissance<em>, </em><em>c'est la deuxième région au monde la plus rapide après l'Asie en développement depuis quelques années.</em> Au cours des dix premières années du millénaire, six des dix économies à la plus forte croissance du monde (Angola, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTYvMTA4MTc2LW5pZ2VyaWEtbGUtdGlncmUtYWZyaWNhaW4=">Nigeria</a>, Ethiopie, Tchad, Mozambique et Rwanda) appartenaient à la région. Et sur huit des dix dernières années, l’Afrique  a connu une croissance supérieure à celle de l’Asie.</p>
<p>Cette croissance devrait impliquer un changement structurel. Or, l’on constate un changement structurel  à des rythmes lents et irréguliers. Par changement structurel, il faut entendre un transfert de la main-d’œuvre et secteurs où la productivité moyenne du travail est faible vers ceux où elle est élevée, en augmentant ainsi la productivité moyenne du travail de toute l’économie. Cette transformation rime aussi avec la diversification et la sophistication des exportations et de la production, l’urbanisation et la transition démographique.</p>
<p>La question est : pourquoi cette lenteur ? À la base, il existe plusieurs obstacles, dont l’enclavement de certains pays, le manque de profondeur des marchés financiers, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMjAvMTExOTc2LWtpbnNoYXNhLWxhLXZpbGxlLWF1eC1lbWJvdXRlaWxsYWdlcw==">l’insuffisance d’infrastructures</a>, les défaillances institutionnelles (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMDQvMTAzMTc0LWNvcnJ1cHRpb24tYXUtbWFyb2MtdW5lLXJhaXNvbi1jdWx0dXJlbGxl">corruption</a>, réglementation du marché de travail, climat des affaires, problèmes fonciers, etc.).</p>
<p>Concentrons-nous sur le problème des infrastructures. Ce facteur est toujours cité comme l’un des principaux obstacles par le secteur privé, dans toutes les études. Le tableau suivant compare la situation de l’Afrique subsaharienne (ASS) à celle des autres économies à faibles revenus comme elle.</p>
<p><div id="attachment_116495" class="wp-caption aligncenter" style="width: 513px"><img class="size-full wp-image-116495 " title="infrastructures Afrique" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/infrastructure-Afrique.jpg?16fe88" alt="" width="503" height="226" /><p class="wp-caption-text">Déficit infrastructurel de l’Afrique [<sup class='footnote'><a href='#fn-116493-1' id='fnref-116493-1' onclick='return fdfootnote_show(116493)'>1</a></sup>] (Source : Yepes, Pierce et Foster, 2008).</p></div>&nbsp;</p>
<p>Ce déficit notoire au niveau du parc infrastructurel est de nature à poser des sérieux problèmes tant à la production qu’à l’exportation et ne manque pas de freiner l’industrie manufacturière. Selon les données de la Banque mondiale, le coût de l’exportation des biens à partir des pays de l’ASS s’élève à 1974 dollars par conteneur, contre une estimation médiane de 732 dollars pour les pays asiatiques.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-107376" title="Prix electricite" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Prix-electricite.jpg?16fe88" alt="" width="250" height="250" />La production en subit aussi les conséquences. Prenons le cas de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9lbGVjdHJpY2l0ZS8=">l’électricité</a>. L’Afrique ne consomme, selon les données de l’étude de Eberhard et al. (2008), qu’à peine 10% de l’électricité de ce que l’on trouve ailleurs dans les autres pays en développement similaire, soit juste assez pour alimenter une ampoule de 100 watts par personne pendant 3 heures par jour. Voilà qui est inquiétant pour 48 pays, constitués de 800 millions d’hab., générant, à eux tous, plus au moins la même quantité d’électricité que l’Espagne, un pays de 45 millions d’habitants. Conséquence : plus de 30 pays africains connaissent des pénuries d’énergie et des coupures régulières de courant. D’après l’étude de Foster et Bricerno-Garmendia (2010), pour le compte de la Banque mondiale et l’Agence française de développement, « les entreprises africaines font état d’une perte de 5% de leurs ventes, due à la fréquence des coupures de courant – un pourcentage passant à 20% dans le cas des entreprises du secteur informel, qui ne peuvent se permettre un générateur de secours. Dans l’ensemble, le coût des coupures de courant pour l’économie peut facilement atteindre 1 à 2% du PIB. Une réaction fréquente à cette situation consiste à passer des contrats à court terme de fourniture d’électricité de secours. Ces fournitures atteignent au moins 750 megawatts en ASS,… Avec un coût allant de 0,20 à 0,30 USD le kilowattheure, cette électricité de secours est onéreuse et, pour certains pays, la note peut grimper jusqu’à 4% du PIB. » La conclusion de l’étude de Escribano, Guasch et Pena (2010) est encore saisissante : « les infrastructures constituent une contrainte majeure pour les affaires et font baisser la productivité des entreprises d’environ 40%. »</p>
<p>Ces chiffres sont  déjà effarants, bien que faibles car ils ne prennent guère en compte toutes les conséquences de cet obstacle sur la transformation structurelle et <em>in</em> <em>fine</em> le développement de l’Afrique. Il sied donc d’agir et d’agir vite pour essayer de trouver des solutions :  allocation efficiente des ressources liées aux actifs infrastructurels, réduction de la bureaucratie inutile et non efficace, tarification optimale des services, permanence d’entretien des infrastructures, meilleure réglementation, en insistant sur l’apport du secteur privé , intégration régionale, etc.</p>
<p><strong>Références :</strong></p>
<p>Vivien Foster et Cecilia Briceno-Garmendia  (2010),  « Africa's Infrastructure - A time for Transformation », publié par la Banque internationale pour la reconstruction et le  développement, (institution du Groupe de la Banque Mondiale), en partenariat avec: Agence française de développement, 2010.</p>
<p>Anton Eberhard, Vivien Foster, Cecilia Briceño-Garmendia, Fatimata Ouedraogo, Daniel Camos, and Maria Shkaratan  (2008): « Underpowered: The State of the Power Sector in Sub-Saharan Africa », publié en tant que section 6 de : <em>Africa Infrastructure Country Diagnostic</em>, publié par la Banque mondiale.</p>
<p>Escribano, Alvaro &amp; Guasch, J. Luis &amp; Pena, Jorge, 2010. « Assessing the impact of infrastructure quality on firm productivity in Africa : cross-country comparisons based on investment climate surveys from 1999 to 2005 »,  Policy Research Working Paper Series5191, The World Bank.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0tvZGlsYV9pbmZyYXN0cnVjdHVyZXNfMjYwMjEz">Sur le web</a>.</p>
<p>Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-116493'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-116493-1'>La densité des routes est mesurée en km pour 100 km² de terres arables ; la densité des lignes téléphoniques par millier d’hab. ; la capacité de production d’électricité en mégawatts par million d’hab. et les autres unités d’après celle de la densité, l’accès à Internet sont en % de la population. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-116493-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Tanzanie : des élections libres et concurrentielles font-elles une démocratie ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/26/116226-tanzanie-des-elections-libres-et-concurrentielles-font-elles-une-democratie</link>
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		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 05:50:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[autocratie]]></category>
		<category><![CDATA[clientélisme]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Tanzanie]]></category>

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		<description><![CDATA[Même si elle semble posséder les attributs d'une démocratie, la Tanzanie est sur une pente glissante vers l'autocratie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Même si elle semble posséder les attributs d'une démocratie, la Tanzanie est sur une pente glissante vers l'autocratie.</strong><br />
<span id="more-116226"></span><br />
<strong>Par Lauren Bishop (*).</strong><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNjIyNw==" rel=\"attachment wp-att-116227\"><img class="alignleft  wp-image-116227" title="vote2" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/vote2.jpg?16fe88" alt="" width="302" height="194" /></a>La Tanzanie ressemble beaucoup à une démocratie. Cette nation d'Afrique tient des élections multipartites depuis 1995 et les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL255dWRyaS5maWxlcy53b3JkcHJlc3MuY29tLzIwMTMvMDEvcG9saXR5cmVwb3J0MjAxMC5wZGY=" target=\"_blank\">observateurs internationaux</a> les ont jugées libres et concurrentielles. En Tanzanie, le décompte des votes est correct, les partis d'opposition se font activement concurrence, et le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), qui contrôle le gouvernement depuis l'indépendance, semble jouer selon les règles.</p>
<p>Mais selon Bruce Bueno de Mesquita, professeur de science politique à l’Université de New York et membre du <em>Development Research Institute</em>, la Tanzanie est en réalité sur une pente glissante vers l'autocratie, même si elle conserve les attributs d'une démocratie « en transition ». Un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL255dWRyaS5maWxlcy53b3JkcHJlc3MuY29tLzIwMTEvMTAvZHJpd3A0MC5wZGY=" target=\"_blank\">document de travail </a>co-écrit avec Alastair Smith décrit comment le code électoral de Tanzanie, tout à fait légal et institutionnalisé, place le pouvoir entre les mains d'une petite élite de plus en plus enracinée.</p>
<p>Durant la transition vers la démocratie en Tanzanie, le parti au pouvoir a écrit une constitution qui lui a donné un avantage significatif. La Tanzanie a adopté le scrutin uninominal majoritaire à un tour, ce qui tend à résulter en deux principaux partis politiques, comme aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais en Tanzanie, le gouvernement encourage la survie de nombreux partis, en <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL255dWRyaS5maWxlcy53b3JkcHJlc3MuY29tLzIwMTMvMDEvaG9mZm1hbmFuZHJvYmluc29uLnBkZg==" target=\"_blank\">offrant des subventions</a> aux candidats à la présidentielle et aux législatives. Voilà un premier indice laissant supposer que quelque chose ne va pas.</p>
<p>Cette prolifération artificielle de partis politiques, avec un système compliqué de suffrage direct et indirect, se traduit par un Parlement où le CCM a besoin de seulement un tiers des sièges pour former une majorité. Les sièges gagnés au suffrage indirect doivent être occupés par des femmes, ce qui fait apparaître la Tanzanie comme un pays « progressiste ». Mais parce que la plupart des femmes doivent leur emploi au CCM, elles agissent en réalité comme des fidèles du parti. Autre indice donc.</p>
<p>Puisque la structure électorale permet au CCM de gagner une bonne partie de son soutien par le biais de suffrages <em>indirects</em> et de sièges « nommés », Bueno de Mesquita et Smith trouvent que le nombre de suffrages <em>directs </em>nécessaires pour gagner un canton est un puissant facteur prédictif négatif pour savoir si le parti au pouvoir accordera des biens tels que des routes et des subventions à ce canton. Même les programmes spécifiquement destinés à lutter contre la pauvreté sont soumis à cette logique : doubler le nombre de votes directs nécessaires pour gagner un canton se traduirait par une <em>diminution</em> de 69% de la probabilité de recevoir des bons pour le maïs subventionné. Ce qui est pire encore, c'est que les cantons pauvres les plus peuplés ont tendance à nécessiter moins de votes directs que les cantons plus riches, moins peuplés : ainsi les zones pauvres obtiennent moins de subventions, et les zones riches obtiennent davantage de routes.</p>
<p>La Tanzanie reçoit près de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2RhdGEud29ybGRiYW5rLm9yZy9jb3VudHJ5L3Rhbnphbmlh" target=\"_blank\">3 milliards de dollars d'aide</a> chaque année. Combien de ces dollars d'aide ont permis de construire des routes là où elles ne sont pas nécessaires et permis d’acheter bon marché du maïs pour les riches ? Les bailleurs de fonds devraient se méfier : ils financent peut-être le renforcement de la position du parti au pouvoir.</p>
<p>---<br />
Cet article a été publié <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL255dWRyaS5vcmcvMjAxMy8wMi8yMS9kby1mcmVlLWFuZC1jb21wZXRpdGl2ZS1lbGVjdGlvbnMtbWFrZS1hLWRlbW9jcmFjeS1tYXliZS1ub3Qv" target=\"_blank\">originellement en anglais </a>sur le site du <em>Development Research Institute</em>. Traduction : <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0Jpc2hvcF9UYW56YW5pZV9kZW1vY3JhdGllXzIxMDIxMw==">Libre Afrique</a></em>.</p>
<p>(*) Lauren Bishop est Assistante de Projets Online au <em>Development Research Institute</em> de l’Université de New York, adjointe aux programmes d'économie à l'<em>Africa House </em>de l’Université de New York et étudiante en relations internationales.</p>
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		</item>
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		<title>Maroc : pas d&#039;économies pour les agences de l&#039;État</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/24/115956-maroc-pas-deconomies-pour-les-agences-de-letat</link>
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		<pubDate>Sun, 24 Feb 2013 05:57:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hicham El Moussaoui</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>

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		<description><![CDATA[L'organisation des agences de l'Etat au Maroc est source de gaspillages massifs pour le contribuable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'organisation des agences de l'État au Maroc est source de gaspillages massifs pour le contribuable.</strong></p>
<p><strong>Par Hicham El Moussaoui, depuis le Maroc.</strong><span id="more-115956"></span></p>
<p><em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0hFTV9NYXJvY19hZ2VuY2VzXzE5MDIxMw==" target=\"_blank\">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDExLzAyLzgwMHB4LUZsYWdfb2ZfTW9yb2Njb19zdmcxLnBuZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-14512" title="Maroc Flag" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/02/800px-Flag_of_Morocco_svg1-300x199.png?16fe88" alt="" width="300" height="199" /></a>Au moment où, en ces temps de disette, la réduction du train de vie de l’État est un leitmotiv, étonnamment la problématique de l’inflation des agences de l’État continue d’être occultée du débat public. Qu’il s’agisse des agences de développement régional, de régulation et de contrôle ou encore des agences sectorielles, le bilan est très décevant au regard des budgets mobilisés. Il n’y a qu’à regarder l’aggravation du déficit commercial, la persistance du chômage des jeunes, les pratiques anti-concurrentielles, les déficits sociaux, etc. Quelles sont donc les raisons d’un tel échec ?</p>
<p>Trois raisons permettent de comprendre ce fiasco : d’abord, le flou juridique entourant la définition et la délimitation de leurs attributions, ce qui est à l’origine de la difficulté de leur pilotage. On est donc face à des « satellites » de l’État difficile à évaluer et à contrôler, et donc à responsabiliser.  En outre, cela crée des chevauchements avec les autres entités publiques et donc des conflits, à l’image de ce qui s’est passé entre le ministère de l’habitat et Al Omrane. La coordination devient ainsi difficile face à la multiplicité des intervenants, chacun s’estimant le plus habilité à prendre la décision, ce qui pousse chacun à entreprendre des actions désordonnées de manière non coordonnée avec l’ensemble des dispositifs. Résultat des courses : des redondances, des actions contradictoires et donc un gaspillage de l’argent du contribuable. Ce qui se passe dans les domaines du commerce extérieur, de la promotion des PME, et des investissements est très éloquent. Plus grave encore, cela génère le blocage de plusieurs dossiers et immobilise la décision publique causant des manques à gagner pour les entrepreneurs et l’État.</p>
<p>La création d’agences de manière ad hoc explique pour une part leur prolifération parfois irrationnelle. Le déficit de mécanismes de bonne gouvernance régissant le fonctionnement de ces agences est un facteur structurant de leur incapacité à atteindre leurs objectifs. L’absence d’appels d’offre, de tableau de bord pour un suivi réel des réalisations, de planification prévisionnelle, le lancement de certains projets en l’absence d’études de faisabilité et d’impact, et le recrutement sur la base du copinage et de calculs politiques, tout cela est en complète contradiction avec les principes de gestion privée dont l’État prétend vouloir s’inspirer à travers ces agences. Il n’est pas étonnant alors que dans chaque rapport de la Cour des comptes, une ou plusieurs de ces agences soit épinglée pour la médiocrité de sa performance.</p>
<p>Enfin, le problème de fond de ces agences est lié aux incitations des bureaucrates qui, comme n’importe qui, défendent en priorité leur intérêt personnel, mais ici, en mettant en avant l’intérêt général. Ils cherchent avant tout à maximiser la taille du budget de leur agence de façon à augmenter leur rémunération et leur influence au sens large. Par conséquent, soit les objectifs ne sont pas atteints, afin de légitimer davantage de crédits budgétaires « insuffisants », soit quand ils le sont, le coût est plus élevé que ce qui est nécessaire. D’où leseffets pervers sur le plan budgétaire, notamment quand il arrive très souvent que des agences aient tendance à perdurer dans le temps, y compris lorsqu’elles avaient vocation à n’être que temporaires (Agence Hay Ryad à Rabat par exemple). Et même quand leurs résultats sont médiocres, elles continuent à être financées, comme l’ANAPEC, l’ADS, l’ADPN, et bien d’autres.</p>
<p>Si l’État a délégué certaines de ses missions à ces agences, pour moderniser le management public, cela reste insuffisant car une gestion moderne suppose d’autres ingrédients qui étaient négligés, notamment une définition rigoureuse de contrats avec des objectifs et des missions précises, claires et mesurables ;  la définition de mécanismes de coordination et de coopération avec les autres entités concernées, la responsabilisation à travers des mécanismes rigoureux et effectifs de suivi et d’évaluation assortis de sanctions comme la non reconduction ou du moins la réduction des budgets en cas de mauvaises performances ; la mise en concurrence avec d’autres acteurs pour une meilleure responsabilisation (À titre d’exemple, il sera intéressant de remettre en cause le monopole de l’ANAPEC sur le marché de l’intermédiation et ouvrir ce dernier à des entreprises privées.), et enfin un management des ressources humaines fondé sur le mérite et les résultats. Ces agences doivent se conformer à la nouvelle constitution en ce sens qu’elles doivent faire preuve de davantage de transparence, se soumettre au contrôle parlementaire et rompre avec la culture de bureaucrates rentiers. Faute de quoi elles continueront à être des alibis pour échapper aux contrôles budgétaires et à la reddition des comptes.</p>
<p>Bref, au lieu d’une action publique plus performante le peuple marocain a droit à des conflits et des situations de blocage avec de piètres réalisations. A la place d’économies réalisées, on a assisté àl’explosion des coûts. Et à la place de la discipline, irresponsabilité et laxisme. Tout à fait contraire aux objectifs de départ. Comme quoi, les bonnes intentions ne suffisent pas : même l’enfer est pavé de bonne intentions. Il faut donc s’assurer que les incitations des acteurs concernés aillent dans le sens de l’intérêt public.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0hFTV9NYXJvY19hZ2VuY2VzXzE5MDIxMw==" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
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		<title>Maroc : comment l’État exclut la classe moyenne du logement</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2013 05:52:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hicham El Moussaoui</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelilah Benkirane]]></category>
		<category><![CDATA[classe moyenne]]></category>
		<category><![CDATA[Logement & immobilier]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[prix du foncier]]></category>

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		<description><![CDATA[La cherté du foncier est due à une rareté artificielle et une spéculation provoquées par une politique foncière inadaptée, une bureaucratie étouffante et des réglementations mal pensées.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La cherté du foncier est due à une rareté artificielle et une spéculation provoquées par une politique foncière inadaptée, une bureaucratie étouffante et des réglementations mal pensées.</strong></p>
<p><strong>Par Hicham El Moussaoui, depuis Béni Mellal, Maroc.</strong><span id="more-115490"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3Jn">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNTQ5NQ==" rel=\"attachment wp-att-115495\"><img class="alignleft size-full wp-image-115495" title="crise logement maroc" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/crise-logement-maroc.jpg?16fe88" alt="" width="260" height="173" /></a>La classe moyenne, représentant 53% de la population marocaine, souffre d’une sérieuse injustice en matière de logement, car c’est bien sur ce segment que la demande est la plus forte mais également la moins satisfaite. Cette couche sociale se trouve un peu désemparée car elle est trop riche pour le logement social, mais pas assez pour le haut standing. Une situation aberrante qui est mise sur le compte du manque de rentabilité de ce segment en raison de la cherté du foncier. Pour compenser cette cherté, les promoteurs demandent des exonérations fiscales et le relèvement du prix de vente. Si dans la loi de finances 2013, le ministre de l’habitat a relevé le prix du m2 à 6000DH/HT, il n’a pas accordé les cadeaux fiscaux, demandés par les promoteurs. Au-delà du débat sur la légitimité des positions des uns et des autres, encore une fois le gouvernement et les promoteurs immobiliers sont passés à coté de la problématique de fond, à savoir les causes de la cherté du foncier qui pénalise la rentabilité du moyen standing.</p>
<p>Une cherté du foncier qui s’explique bien sûr par sa rareté. Mais qui en est responsable ? Certes, la croissance démographique et l’activité économique y sont pour quelque chose, néanmoins une partie de cette rareté est <em>artificielle</em>, car due à la politique foncière de l’État et sa bureaucratie. Effectivement, la politique menée par l’État dans le domaine foncier, au cours des années 80-95, a montré rapidement ses limites en raison  du coup de frein donné à l'extension de toutes les grandes villes, particulièrement les métropoles régionales. Aussi, le retard dans la réalisation des plans d’aménagement urbains, en raison d’une procédure fortement centralisée et impliquant de nombreux acteurs mal coordonnées, a conduit à la rétention des terrains par les propriétaires craignant qu’en vendant tout de suite, ils pourraient subir un manque à gagner si la valeur de leurs biens augmentait dans un futur proche. Ceci contribue largement à la flambée des prix des terrains.</p>
<p>De la même manière, certaines normes et réglementations d'urbanisme, notamment en matière de coefficient d'occupation des sols, de hauteur ou d'agencement, ont contribué à cette rareté artificielle en limitant la disponibilité des terrains et les possibilités de construction. À titre d’exemple, le manque de verticalité (limitation des étages en général à 4 pour le social et l’économique, et à 5 ou 7 pour le moyen et le haut standing) conduit à une extension horizontale très consommatrice du terrain, ce qui exerce une forte pression sur le stock de terrains constructibles. Dans le même ordre d’idées, et en dépit de certains progrès, les procédures concernant la mobilisation des domaines de l’État restent complexes et limitent l’offre de terrains. D’ailleurs, seulement 32% du domaine privé de l’État (patrimoine foncier et immobilier appartenant à l’État et que ce dernier peut vendre ou transférer à d'autres propriétaires) ont été mobilisés.</p>
<p>En plus de cette rareté artificielle, la spéculation n’arrange pas les choses. Mais, contrairement à l’idée dominante, la spéculation n’est pas une simple question de cupidité du secteur privé. Elle est générée aussi par la multiplication et la complexité des statuts fonciers responsables de la lenteur dans la régularisation et l’apurement juridique des terres. Une spéculation qui est amplifiée aussi par le manque de transparence et du suivi concernant l’octroi des terres de l’État, et qui n’est pas l’apanage uniquement du privé, mais aussi d’opérateurs publics à l’image de groupes tels Al Omrane ou la CDG, dégageant des bénéfices énormes en obtenant de l’État des terres à bas prix pour les revendre avec des plus values substantielles, faisant flamber ainsi les prix. Enfin, la lenteur administrative est aussi responsable, particulièrement les délais d’instruction des dossiers qui traînent en moyenne huit mois dans plusieurs bureaux et nécessitent pas moins de  143 signatures. Cela constitue pour les promoteurs un manque à gagner énorme, récupéré parfois par la hausse des prix.</p>
<p>Ajoutez à cela la concurrence biaisée sur le marché de logement puisque des entreprises publiques détiennent des parts importantes sur le marché alors qu’elles bénéficient du soutien de l’État. Dès lors, la cherté du foncier responsable de la non compétitivité du moyen standing n’est pas une fatalité, mais elle est due essentiellement à une rareté artificielle et une spéculation provoquées par une politique foncière inadaptée, une bureaucratie étouffante et des réglementations mal pensées.</p>
<p>En conséquence, si le gouvernement Benkirane veut sérieusement la réparation de l’injustice faite à la classe moyenne, il doit cesser de se faire passer pour le bienfaiteur en contrôlant les prix (cause d’inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché !) ou en accordant des exonérations fiscales – que de toutes façons, il récupérera d’une autre manière. Il est regrettable que la Loi de Finances 2013 fasse l’impasse sur la réforme du foncier et de l’aménagement urbain. Car c’est bien en agissant sur ces deux leviers que le gouvernement pourrait limiter la cherté du foncier, représentant 30 à 50% du coût du logement, et espérer ainsi inciter les promoteurs à satisfaire la demande émanant de la classe moyenne longtemps marginalisée.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0hFTV9sb2dlbWVudF8xNTAyMTM=">Sur le web</a>.</p>
<p><em><br />
</em></p>
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		<title>La guerre au Mali, entre intérêts géostratégiques et justification militaire</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/14/114779-la-guerre-au-mali-entre-interets-geostrategiques-et-justification-militaire</link>
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		<pubDate>Thu, 14 Feb 2013 06:20:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Soufiane Kherrazi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[AQMI]]></category>
		<category><![CDATA[Charlie Hebdo]]></category>
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		<description><![CDATA[Au-delà des justifications sécuritaires ou humanitaires se cachent derrière l’intervention française au Mali de grands enjeux géopolitiques avant même d’être économiques ou énergétiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au-delà des justifications sécuritaires ou humanitaires se cachent derrière l’intervention française au Mali de grands enjeux géopolitiques avant même d’être économiques ou énergétiques.</strong></p>
<p><strong>Par Soufiane Kherrazi.</strong><br />
<span id="more-114779"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMTQvMTE0Nzc5LWxhLWd1ZXJyZS1hdS1tYWxpLWVudHJlLWludGVyZXRzLWdlb3N0cmF0ZWdpcXVlcy1ldC1qdXN0aWZpY2F0aW9uLW1pbGl0YWlyZS9hcW1pLW1hZ2hhcmViaWE=" rel=\"attachment wp-att-114796\"><img class="aligncenter  wp-image-114796" title="aqmi-magharebia" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/aqmi-magharebia.jpg?16fe88" alt="" width="493" height="328" /></a></p>
<p>Selon l’hebdomadaire français <em>Charlie Hebdo</em>, le président François Hollande aurait demandé au groupe français des télécommunications Vivendi de maintenir ses 53% qu’il détient dans le capital de Maroc Télécom. En effet, l’opérateur qatari, Qatar Télécom, a déjà à plusieurs reprises exprimé sa volonté de s’implanter en Afrique du nord. Ses ambitions nord-africaines ont été concrétisées en grande partie grâce à l’acquisition en août dernier de 42,7% dans une entreprise koweïtienne, Watanya Télécom, implantée en Tunisie et en Algérie. Pour renforcer davantage sa position naissante dans le marché maghrébin, la compagnie publique du Qatar, Qtel, n’a pas craint de manifester son intérêt pour le secteur marocain des télécoms, notamment le rachat des 53% détenus par Vivendi dans le capital de Maroc Télécom. De son côté, le groupe français Vivendi a exprimé son intérêt à conclure l’accord et, par conséquent, la vente de ses parts dans le premier opérateur du Maroc vers la fin du premier trimestre de l’année en cours.</p>
<p>Cette transaction viendrait ainsi comme résultat de la saturation du marché marocain des télécommunications, et répondrait à une logique commerciale de contrôle. En effet, avant que la saturation du marché ne se traduise par un déclin de celui-ci, et tant que les plus-values restent confortables (le cours actuel est de 104,85 Dh/Action de Maroc Télécom selon la bourse de Casablanca, le 11 février), il serait bien mieux pour l’opérateur français de refourguer ses parts à cet investisseur qatari si intéressé.</p>
<p>Cependant, d'après ce que <em>Charlie Hebdo</em> vient de nous révéler, le président français aurait demandé à ce que cette transaction, qui se chiffre à pas moins de 5,5 milliards d'euros, ne voit pas le jour immédiatement. Cette crainte s’explique par le rôle géostratégique que joue dans la zone le réseau marocain, Maroc Télécom, qui détient le contrôle majoritaire des principaux opérateurs de la région du Sahel, notamment en Mauritanie, au Burkina Faso, au Niger mais aussi et surtout au Mali. Avec cette cession, la France pourrait perdre un avantage dont elle dispose et a besoin. En matière de stratégie militaire, les réseaux de télécoms revêtent aujourd’hui une importance capitale. De ce point de vue, Maroc Telecom serait d’une très grande utilité dans la région du Sahel pour les services de renseignement français, qui, grâce à cet avantage, peuvent contrôler plusieurs communications dont celles des Jihadistes d’AQMI ou du Mujao.</p>
<p>À cette raison géostratégique s’ajoute également une raison militaire, qui serait d’ailleurs à l’origine du retard souhaité par l’Élysée dans la vente des actions du groupe français. En effet, les services de renseignements français ont des doutes sur de probables liaisons qu’entretient le Qatar avec les bandes armées du Mali. Dans la mesure où le Qatar souhaite ardemment obtenir cette offre de rachat via Qtel, une telle cession pourrait être néfaste pour la suite de l’opération Serval que mènent les forces françaises au nord du Mali. En d’autres termes, si, durant cette période de guerre, la France venait à céder ses parts, celles-ci, une fois détenues par le Qatar, lui permettraient de contrôler le réseau subsaharien et pourraient se transformer en une véritable arme dont bénéficieraient les djihadistes de la région. Les services de renseignements français pourraient perdre les avantages qu’offre un tel réseau en tant qu’outil efficace d’espionnage, notamment la possibilité de maintenir les groupes terroristes sous contrôle, d’identifier leurs zones, leurs numéros ou de mettre leurs communications sous écoute.</p>
<p>Toutes ces questions stratégiques et géostratégiques pourraient enfin servir des considérations économiques, géopolitiques et énergétiques majeures. En effet, derrière l’engagement militaire français aux cotés des forces maliennes d'une part, et le soutien logistique qatari aux groupes djihadistes d'autre part, personne ne peut nier l’existence des parfums d’intérêts énergétiques et économiques contradictoires qui animent les deux parties.</p>
<p>Pour comprendre la place du Qatar dans l’équation nord-malienne, il faut se référer à son jeu d’équilibriste qu’il essaie toujours de mener en soutenant à la fois les uns et les autres. La politique étrangère qatari est complexe et multidimensionnelle. Son positionnement est à géométrie variable : s’il a appuyé les mouvements populaires du réveil arabe en Tunisie, en Égypte, puis en Libye avec l’OTAN, il a soutenu en revanche le régime du Bahreïn. On l’a vu ainsi sur la question du détroit d’Ormuz où il a joué sur plusieurs fronts : tantôt du côté de Téhéran, tantôt du côté de Washington et Riyadh. Dans cette guerre du Nord Mali, le rôle du Qatar est majeur et ne doit pas être négligé. Il se positionne à la fois comme ami et ennemi de l’occident en général, et de la France en particulier. Ami et allié de la France quant aux investissements en matière de ressources minières dans la région sahélienne et ennemi "parce qu’il soutiendrait logistiquement et financièrement des groupes tels que Anser Dine, les insurgés du MNLA, le mouvement Aqmi- Mujao" et d’autres coalitions terroristes présentes en Afrique de l’Ouest. Une présence qui se justifie par des intérêts économiques, selon le géographe Mehdi Lazar : "Le Mali dispose d'un potentiel gazier et a besoin d'infrastructures pour le développer. Or le Qatar maîtrise ces techniques. Il pourrait ainsi, en cas de bons rapports avec les dirigeants d'un État islamique au nord du Mali, exploiter le sous-sol qui est riche en or et en uranium et le potentiel gazier et pétrolier", précise-t-il.</p>
<p>De même, l’intervention de la France au Nord du Mali soulève de nombreuses interrogations. Aujourd’hui, cela fait un mois que "la France est en guerre" et on compte déjà 70 millions d’euros dépensés, uniquement liés à la première phase de déploiement de l’opération Serval, la plus coûteuse. Au total, la France débourse un montant de 2,6 millions d’euros en moyenne par jour, selon les chiffres de la défense, soit environ le double comparé à celui de l’intervention en Libye (1,246 million d’euros/jour). Ces chiffres, et bien d’autres, nous amènent à nous demander si la France supportera toutes ces dépenses colossales sans exiger de contrepartie pour le seul et unique bien du peuple malien, si son engagement militaire dans le pays sera suivi d’un plan de reconstitution, ou si, bien au contraire, son intervention ne sera qu’un instrument, parmi d’autres, de sa politique françafricaine dont le gouvernement socialiste fera usage en vue d'exploiter d’immenses découvertes gazières et pétrolifères de l’Eldorado africain, et plus particulièrement, le potentiel du sous-sol du nord malien !</p>
<p>Au-delà des justifications sécuritaires ou humanitaires se cachent derrière l’intervention française au Mali de grands enjeux géopolitiques avant même d’être économiques ou énergétiques. Géopolitiques parce qu’en réalité la France ne cesse d'être en perte de vitesse en Afrique depuis quelques décennies, et que, si cette mauvaise tendance devait se confirmer sans anticipation ni intervention militaire, la France forte ne ferait que "subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies".</p>
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		<title>Les révolutions arabes, c’est fragile Manuel !</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2013 06:50:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Crapez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manuel Valls]]></category>
		<category><![CDATA[printemps arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le ministre de l’Intérieur, d’ordinaire mieux inspiré, dénonce un fascisme islamiste, au risque de le renforcer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le ministre de l’Intérieur, d’ordinaire mieux inspiré, dénonce un fascisme islamiste, au risque de le renforcer.</strong><br />
<span id="more-114644"></span><br />
<strong>Par Marc Crapez.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMTMvMTE0NjQ0LWxlcy1yZXZvbHV0aW9ucy1hcmFiZXMtY2VzdC1mcmFnaWxlLW1hbnVlbC9tYW51ZWwtdmFsbHMtMg==" rel=\"attachment wp-att-114645\"><img class="aligncenter size-full wp-image-114645" title="manuel-valls" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/manuel-valls.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="306" /></a></p>
<p>Manuel Valls y est allé de son couplet sur la montée du fascisme vert. C’est une erreur historique doublée d’une faute politique. Cette formule toute faite dérive du slogan mondain « le fascisme ne passera pas » et du « <em>no pasaran ! </em>» des manifs d’extrême-gauche.</p>
<p>Primo, cela n’aide pas à qualifier ou à cerner l’islamisme, qui n’est pas plus proche du fascisme que du communisme, non plus que d’un phénomène inédit. Secundo, cela repose sur une lecture historique fausse du 20<sup>ème</sup> siècle. Le totalitarisme n’y a pas prospéré à cause du « silence des intellectuels » mais bien plutôt, à tout prendre, à cause des inepties des intellectuels, qui ont excité les extrêmes en envenimant les problèmes. Le « silence des intellectuels » est un mythe. En réalité, les intellectuels se caractérisent par leurs propos intempestifs. Enivrés d’idéologie, ils se trompent les ¾ du temps.</p>
<p>Les intellectuels ont été passés au banc d’essai. Quand ils disent qu’un danger est imminent, il n’y a rien à craindre. Ils aiment se faire des « imaginations d’inquiétudes », soulignait Péguy. Orwell observait que, parmi les intellectuels qui s’affichent antifascistes, « une bonne proportion sombre dans le défaitisme lorsque la situation devient difficile ». On peut donc dire que le discours actuel dénonçant un risque de fascisme a la berlue.</p>
<p><strong>À qui s’adresse-t-on ?</strong></p>
<p>En ce qui concerne la menace islamiste, ce qui est susceptible de l’alimenter est déconseillé. La dernière chose à faire est donc que des mirages français survolent l’espace aérien algérien. La dernière chose à dire pour un ministre de l’Intérieur français est de dénoncer le fascisme vert. Cela conforte un des principaux ressorts de l’islamisme, l’idée qu’il serait une solution à l’humiliation. Accuser la Tunisie de fascisme vert, quand on est un ministre français, c’est aviver le reproche d’ingérence et d’arrogance.</p>
<p>À qui s’adresse-t-on ? Pas aux élites occidentalisées, ni aux barbus fanatisés, mais au Peuple. À ceux dont l’opinion n’est pas nécessairement arrêtée. S’il n’y a pas beaucoup de militants islamistes modérés, il y en a tout de même (comme en Tunisie certains membres d’Ennahda) et il y a des sympathisants islamistes modérés, une opinion publique arabo-musulmane susceptible de faire pencher le plateau de la balance du côté de la démocratie ou, au contraire, de l’islamisme.</p>
<p>Le choc des civilisations a déjà commencé. Le djihadisme a déclaré la guerre à l’Occident. Il ne vaut que par l’écho qu’il rencontre et les bévues occidentales dont il se nourrit. Il nous faut tenir ferme sur nos valeurs laïques et notre liberté d’expression. Mais il ne faut pas exiger du monde musulman modernisation et occidentalisation à marche forcée. Le réformisme s’opère par persuasion progressive.</p>
<p>Les révolutions arabes offrent une perspective nouvelle. L’Occident n’a aucune prise sur ce qui se déroule au-delà de la méditerranée. Le but n’est pas que ces pays répudient séance tenante les contraintes de l’islamisme pour adopter 100% de nos lois et de nos mœurs, sans quoi on les bombarde ou on les traite de fascistes. Le but est qu’ils trouvent à leur façon, cahin-caha, au fil des ans, le chemin du compromis démocratique.</p>
<p>Les probabilités sont fortes que les islamistes au pouvoir en Tunisie ou en Égypte ne finissent par user la résistance du corps social (des manifestants) pour faire triompher l’islam politique. Mais rien n’est joué. L’usure du pouvoir, le carcan des contraintes étatiques et les sortilèges de la démocratie peuvent continuer de déjouer les pronostics d’hiver islamiste martelés depuis déjà deux ans.</p>
<p>----<br />
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		<title>La Chine et le pétrole africain</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/09/114343-la-chine-et-le-petrole-africain</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Feb 2013 06:15:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Noel Kodia</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[pétrole]]></category>
		<category><![CDATA[ressources naturelles]]></category>

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		<description><![CDATA[L'implication toujours plus grande de la Chine dans les hydrocarbures en Afrique augure-t-elle quelque chose de bon ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'implication toujours plus grande de la Chine dans les hydrocarbures en Afrique augure-t-elle quelque chose de bon ?</strong></p>
<p><strong>Par Noël Kodia.</strong><span id="more-114343"></span></p>
<p><em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0tvZGlhX1JldnVlX0NoaW5lX1BldHJvbGVfQWZyaXF1ZV8wODAyMTM=" target=\"_blank\">Libre Afrique</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAyL0NoaW5lLUFmcmlxdWUuanBn"><img class="alignleft size-full wp-image-114364" title="Chine Afrique (Crédits : John Gosier, Créative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/Chine-Afrique.jpg?16fe88" alt="" width="150" height="150" /></a>L’ouvrage <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyOTYxMjM3MjQvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyOTYxMjM3MjQmYW1wO2FkaWQ9MUJFQ0hZM0pYQUNXMEpYOTJXNEQmYW1wOw==" target=\"_blank\"><em>Investissements pétroliers chinois en Afrique</em></a> de Robert d’Aboville et Qian Sun, L’Harmattan, 2010 traite de la présence chinoise en Afrique en relation avec l’exploitation du pétrole africain. Source d’informations sur les investissements pétroliers chinois sur le continent, il révèle des statistiques qui expliquent le « rapport de forces » entre les pays occidentaux (la France et les Etats-Unis) et la Chine dans le domaine de l’exploitation du pétrole africain. On y découvre que de 2007 à 2009, la Chine a multiplié ses investissements par plus de dix en Afrique : 520 millions de dollars en 2006 et 5,49 milliards en 2009. De la destination du pétrole africain, on découvre la répartition suivante : UE : 37,10% ; Etats-Unis : 30,20% ; Chine : 13,20% ; Inde : 5,30% ; autres : 8,90%. Trois points pertinents se dégagent dans ce livre.</p>
<p><strong>Le pétrole africain convoité par la Chine</strong></p>
<p>Face aux besoins colossaux en ressources énergétiques pour son développement, la Chine, désormais deuxième puissance économique mondiale, est obligée de diversifier ses importations pour stabiliser ses approvisionnements pour ne pas dépendre d’un moyen Orient instable. D’où un nouveau partenariat stratégique avec moult pays africains producteurs de pétrole. En quelques décennies, elle est devenue le deuxième consommateur de pétrole dans le monde après les Etats-Unis. Mais il faut rappeler qu’elle est arrivée « en retard » en Afrique où les zones vierges sont rares, les anciens colonisateurs y ayant déjà leurs compagnies pétrolières. Malgré cette situation, elle s’est imposée dans presque tous les pays pétroliers africains avec son « gagnant-gagnant », en faisant fi des droits de l’Homme bafoués dans certains pays tel le Soudan. La Chine s’est remarquée surtout sur le continent entre 1995 et 2000, mais le vrai tournant des relations sino-africaines dateraient du 3 au 5 novembre 2006 avec le troisième sommet Chine-Afrique. Les Chinois sont en Algérie où leur grand besoin en pétrole a provoqué la hausse du prix du baril qui a favorisé la réduction de la dette extérieure de ce pays.  Ils sont les plus gros investisseurs au Soudan dans le développement des champs pétroliers. Mais dans cette région soudano-tchadienne, ils se livrent une guerre sans merci avec les Américains dans l’exploitation du pétrole. Au Cameroun, au Nigéria, au Gabon, au Congo et en Angola la présence chinoise dans l’exploitation du pétrole est manifeste. C’est surtout en Angola qu’elle réalise plus d’opportunité que dans les autres pays où les réserves étaient déjà exploitées par les compagnies occidentales. Et cette opportunité est due à la guerre qui avait secoué ce pays de 1975 à 2002 et qui aurait perturbé l’exploitation du pétrole commencée avant l’indépendance. Mais l’intérêt qu’a la Chine pour le pétrole africain inquiète les autres puissances.</p>
<p><strong>Réactions occidentales</strong></p>
<p>Presque tous les pays occidentaux déjà implantés en Afrique s’inquiètent de la concurrence chinoise dans le domaine du pétrole et le continent devient un théâtre de rivalités entre grandes puissances qui veulent sécuriser et garantir leur approvisionnement en pétrole. La présence chinoise en Afrique provoque des conflits d’intérêts sur fond d’approvisionnement énergétique. Si les Occidentaux désirent un changement structuré sur le plan politique et économique de la part des Africains pour le respect de la démocratie sur le continent, les Chinois se montrent plus pragmatiques en octroyant des prêts irresponsables pour les Occidentaux, et se faisant « rembourser » en pétrole et en bois. Ce modèle chinois de coopération avec les Africains sans conditions dérange les Occidentaux et réduit leur influence sur les pays du continent qui font fi des principes démocratiques, car l’aide occidentale serait traditionnellement conditionnée par la bonne gouvernance que ne respecte pas la Chine.</p>
<p>Pékin octroie des prêts mais aussi des armes et soutient politiquement les pays africains qui peuvent lui garantir l’approvisionnement énergétique. Robert d’Aboville et sa collègue illustrent cette situation par les exemples du Soudan et du Zimbabwe. Les Etats-Unis constatant leurs intérêts menacés par la présence chinoise en Afrique, maintiennent leur influence au Tchad, en Guinée équatoriale où ils seraient aujourd’hui le deuxième client après la Chine et devant l’Espagne. Cette guerre politico-économique que se livrent l’Occident et la Chine sur le pétrole ne laisse pas indifférents les Africains.</p>
<p><strong>Impact de cette guerre pétrolière sur le continent</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyOTYxMjM3MjQvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyOTYxMjM3MjQmYW1wO2FkaWQ9MUJFQ0hZM0pYQUNXMEpYOTJXNEQmYW1wOw==" target=\"_blank\">Le livre</a> nous révèle certains problèmes qui se posent aux Africains avec l’entrée de la Chine sur le continent qui cause des « dégâts collatéraux », ou au moins perçus comme tels, dans certains pays : en Algérie, plus de 40.000 chinois travaillent « à la place » des autochtones non qualifiés. Au Cameroun, malgré les cours du pétrole élevés en 2008, les bénéfices pour le pays n’ont été que de 443 milliards de F CFA contre 549 en 2006, une crise pour le budget camerounais de l’époque. Au Nigeria, les Chinois subissent, avec les Occidentaux, la loi des rebelles « kidnappeurs » du delta du Niger dans l’exploitation du pétrole.</p>
<p>Publié il y a deux ans, ce livre apparait encore comme un important instrument didactique pour comprendre la géopolitique chinoise sur fond de stratégie énergétique en Afrique.</p>
<p>(*)Noël Kodia est un essayiste et critique littéraire congolais.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0tvZGlhX1JldnVlX0NoaW5lX1BldHJvbGVfQWZyaXF1ZV8wODAyMTM=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
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		<title>Les conservateurs occidentaux doivent parler aux islamistes démocrates</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 07:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Hannan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
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		<description><![CDATA[Tous les régimes renversés par le printemps arabe -principalement au profit d'islamistes très variés- avaient modelé leurs constitutions sur celle de la Ve république française.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tous les régimes renversés par le printemps arabe – principalement au profit d'islamistes très variés – avaient modelé leurs constitutions sur celle de la Ve république française.</strong><br />
<span id="more-114182"></span><br />
<strong>Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.</strong></p>
<div id="attachment_114229" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNDIyOQ==" rel=\"attachment wp-att-114229\"><img class="size-full wp-image-114229" title="BASBAKAN RECEP TAYYIP ERDOGAN" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/Ak-Parti.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="313" /></a><p class="wp-caption-text">Démocrate, musulman, pro-marché et populaire : le parti AK de Turquie.</p></div>
<p>Voici un fait fascinant : tous les régimes renversés par le printemps arabe avaient modelé leurs constitution sur celle de la Vème république française. Les caïds de la région définissaient leurs États comme centralisés, laïcs et présidentiels. Ils justifiaient leurs dictatures en disant à leurs citoyens qu'ils étaient la seule option face au fondamentalisme islamique. Ils ont aussi largement utilisé le même argument en s'adressant à l'occident. Leur message était : ne nous poussez pas trop sur les droits de l'homme, car nous sommes la seule chose qui s'élève entre vous et le terrorisme. Sans même parler de la migration de masse.</p>
<p>Ces affirmations sont, d'une certaine façon, auto-réalisatrices. Se voyant dire de façon répétée que l'islamisme était la seule option face aux autocrates, certains Nord-Africains ont dérivé vers cette idéologie par dégoût envers leurs gouvernements. Dans les premiers jours qui ont suivi les révolutions, des partis islamistes de différentes sortes ont bénéficié d'avoir été la seule opposition à la tyrannie.</p>
<p>On peut faire un parallèle avec les révolutions anticommunistes de 1989. En Europe centrale et de l'Est, la chute de la Nomenklatura a été suivie par une renaissance de virtuellement tous les crédos qu'ils avaient bannis. Il y a eu des résurgences monarchistes qui ont fait long feu de la Baltique aux Balkans. Il y eut une mode soudaine pour les pratiques religieuses. Il y a même eu, en Allemagne de l'Est, un spasme de néo-nazisme, auquel les médias allemands et étrangers ont accordé une attention intense, mais qui est désormais presqu'entièrement oublié. L'attrait de toutes ces idéologies était assez évident : si les apparatchiks étaient contre les rois, les patriarches et les fascistes, pensaient certains, c'est que ceux-ci ne pouvaient pas être entièrement mauvais. Des parties du monde arabes sont désormais les témoins de surcompensations équivalentes.</p>
<p>Il y a un autre parallèle avec les révolutions de 1989. Même si les caïds arabes avaient créé un club régional, comme l'avaient fait avant eux les chefs du Comecon, leurs opposants n'en avaient pas fait de même. Chaque pays a suivi son propre chemin, sans que leurs dissidents ne s'unissent. Dans les deux cas, les révolutions se sont produites en parallèle, avec des groupes sans liens les uns avec les autres, qui ont répondu de façons similaires aux mêmes évènements de l'actualité : des illustrations exemplaires de la théorie du basculement.</p>
<p>Aujourd'hui même, ces nouveaux régimes s'intéressent remarquablement peu les uns aux autres. De nombreux gouvernements d'Afrique du Nord incluent ce qu'on pourrait appeler, en termes vagues, des groupes islamistes : le PJD au Maroc, Ennahdha en Tunisie, les frères musulmans en Égypte, etc. Cependant, l'idée, parfois promulguée par des auteurs occidentaux, que ces partis sont des branches d'un mouvement islamiste unique, est assez trompeuse. Bien qu'ils aient à faire à de nombreux défis similaires, et qu'ils partagent un langage commun, ils sont presqu'entièrement concentrés sur leurs propres affaires intérieures, et ont peu à faire les uns avec les autres. Ils varient énormément dans leurs approches de la politique. En fait, plus on en découvre sur leurs comptes, plus on réalise qu'islamiste est une étiquette complètement inadaptée. Postuler un continuum entre les islamistes radicaux, qui veulent une théocratie fondée sur la charia, et des partis musulmans pluralistes qui se perçoivent eux-mêmes comme les équivalents locaux des partis chrétiens-démocrates européens, est absurde.</p>
<p>Sous les dictateurs, rien qui ressemble de loin à un parti musulman démocrate – c'est-à-dire, un parti inspiré par des valeurs religieuses, mais engagé en faveur du pluralisme, un parti pour lequel pourrait voter une personne pieuse tout en étant pour un État laïc – n'était autorisé à exister. Les gens n'avaient le choix qu'entre deux groupes de radicaux : ceux de gauches (socialistes, nationalistes arabes, baasistes, et ainsi de suite) et ceux qui mettaient en cause le fondement démocratique de l’État. Le large terrain de ce qu'on pourrait désigner comme le conservatisme modéré, faute d'une meilleure appellation, était clôturé.</p>
<p>Il ne me vient à l'esprit que deux partis qui, tout en ayant une fondation islamique, soutiennent sans complication une démocratie libérale et laïque. Ils sont aux deux extrémités opposées de la zone, l'un au Maroc et l'autre en Turquie. Tous deux s'appellent justice et développement (PJD au Maroc, AK en Turquie) et tous deux sont à la tête de gouvernements couronnés de succès.</p>
<p>Dans les deux cas, leur attrait va bien au-delà de leurs valeurs morales. Ils ont fait la promotion du marché libre et ont ouvert à la concurrence des parties oligarchiques de leurs économies. Une grande partie du soutien qu'ils reçoivent vient de la communauté des affaires, en particulier des petites entreprises. Tous deux sont largement favorables à l'occident (dans le cas de la Turquie, pro-OTAN) en politique étrangère. En fait, bizarrement, la théorie du complot la plus commune qu'on entend de la part des gauchistes dans le monde arabe, est que les islamistes sont des marionnettes des Américains.</p>
<p>Koert Debeuf, un employé des euro-libéraux basés au Caire, fait le rapprochement entre les frères musulmans et les républicains américains. Le parallèle est sot, ce qui a en partie pour intention, je pense, d'insulter ledit parti républicain. Néanmoins, il y a pire ambition que de vouloir encourager les frères musulmans à ressembler au parti républicain, c'est-à-dire un parti dont les électeurs sont en général religieux, mais sans vouloir un État clérical.</p>
<p>Je n'ai aucune idée de ce que seront les effets à long terme du printemps arabe. On ne peut pas insister trop sur le fait que chaque pays est différent. Les perspectives pour la Tunisie me semblent plus brillantes que pour l’Égypte, et celles pour l’Égypte plus que celles pour la Libye. Une chose, cependant, est incontestable : tous ces pays gagneraient au développement de partis musulmans grand public, sur le modèle marocain ou turc.</p>
<p>Il n'y a pas grand chose que des acteurs extérieurs puissent faire pour aider à ce développement. Mais une contribution que les conservateurs en particulier peuvent apporter est de travailler avec les partis de droite de la région. Il n'y a pas grand monde qui réagisse bien quand un étranger lui dit ce qu'il faut faire. Mais nous apprenons souvent d'exemples au-delà de nos frontières, et les conservateurs occidentaux sont bien placés pour démontrer la différence entre une politique fondée sur des valeurs et un gouvernement ecclésiastique.</p>
<p>Vous pouvez être certains que le fil de commentaires qui va suivre va être rempli d'invectives furieuses comme quoi il n'existe rien de tel qu'un islam démocratique, et comme quoi je veux ramener les Janissaires aux portes de Vienne. Un nombre surprenant de personnes passent leurs journées à rechercher sur le web des articles contenant le mot "musulman", pour pouvoir commencer à troller.</p>
<p>Paradoxalement, ceux qui font leur la ligne selon laquelle l'islam est incompatible avec la démocratie pluraliste renforcent l'argument des allumés jihadistes. Rien n'a plus de chance de pousser les musulmans vers l’extrémisme que de s'entendre répéter qu'ils veulent renverser la société. Ces affirmations, comme je l'ai dit, ont une tendance à être auto-réalisatrices.</p>
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<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2RhbmllbGhhbm5hbi8xMDAyMDE4OTEvd2VzdGVybi1jb25zZXJ2YXRpdmVzLW5lZWQtdG8tZW5nYWdlLXdpdGgtZGVtb2NyYXRpYy1pc2xhbS8=">Sur le web</a></p>
<p><strong>Lire aussi :</strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDgvMjQvOTQ3MzMtNy1yYWlzb25zLXBvdXItbGVzLW11c3VsbWFucy1kZS12b3Rlci1saWJlcnRhcmllbg==">7 raisons pour les musulmans de voter libertarien.</a></p>
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