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	<title>Contrepoints &#187; Monnaie et finance</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>Déposer de l&#039;argent sur un compte c&#039;est prêter aux banques</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 04:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valentin Petkantchin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[banques]]></category>
		<category><![CDATA[compte en banque]]></category>
		<category><![CDATA[prêts aux banques]]></category>

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		<description><![CDATA[À chaque fois que quelqu’un dépose de l’argent sur son compte courant ou son Livret A, on le prête en fait à sa banque, qui en fait ce qu'elle veut.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À chaque fois que quelqu’un dépose de l’argent sur son compte courant ou son Livret A, on le prête en fait à sa banque, qui en fait ce qu'elle veut.</strong></p>
<p><strong>Un article de Valentin Petkantchin pour l'Institut Économique Molinari</strong></p>
<p><span id="more-124190"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDEvMzAvNDE3Ni1mYWl0ZXMtdW4tZG9uL2V1cm8tcGllY2VzLWJpbGxldHM=" rel=\"attachment wp-att-4188\"><img class="alignleft  wp-image-4188" title="euro-pieces-billets" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/10/euro-pieces-billets.jpg?16fe88" alt="" width="278" height="277" /></a>Le fait de « taxer »les comptes bancaires constitue indiscutablement une nouvelle étape dans la crise actuelle. Pourtant la véritable leçon à tirer de la crise chypriote est ailleurs. Car ces événements sont la preuve que les « dépôts » — en dépit de l’usage courant du mot — sont en réalité des prêts aux banques.</p>
<p>Certes, le fait d’avoir voulu taxer l’ensemble des comptes bancaires fut une surprise. Il est facile d’imaginer l’inquiétude de la population chypriote qui croyait ses économies en sécurité. Si la taxe de 6,75% sur les comptes de moins de 100 000 euros fut finalement abandonnée (pour l’instant), la perte définitive pour les « dépôts non assurés » de plus de 100 000 euros pourrait aller jusqu’à 60%, voire plus, le montant exact restant encore à être précisé (contre 9,9% initialement). Ceci étant, cela ne devrait surprendre personne : si les gouvernements sont en mesure de taxer le gras (<em>fat tax</em>) ou les sodas, pourquoi pas les comptes bancaires ?</p>
<p>À force de parler de « dépôts » et de « déposants » — et de leur mise à contribution juste ou injuste — il y a un aspect qui reste pourtant mal compris et que la crise chypriote illustre parfaitement. De quoi s’agit-il ?</p>
<p>Selon un sondage britannique, près de quatre personnes sur cinq considèrent qu’ils demeurent les propriétaires légitimes de l’argent qu’ils déposent à leur banque. Une personne sur trois serait même opposée à ce que la banque en prête ne serait-ce qu’une partie.</p>
<p>Or, en réalité, à chaque fois que quelqu’un dépose de l’argent sur son compte courant ou son Livret A, il le prête en fait à sa banque. Elle en fait d’ailleurs ce qu’elle veut et octroie donc des crédits sur cette base.</p>
<p>La crise chypriote apporte en effet la preuve, si besoin était, qu’il n’y a guère de dépôts dans les banques, obligées de fermer quand les épargnants se mettent à les réclamer. Les « dépôts » sont en réalité utilisés pour acheter des dettes. Dans le cas de Chypre, ils ont servi à acheter de la dette grecque. Au lieu d’être en lieu sûr, ils ont ainsi été prêtés et « consommés » par l’État grec en faillite.</p>
<p>La situation est cependant similaire ailleurs dans nos systèmes bancaires, dits à réserves fractionnaires (i.e. une fraction seulement des dépôts est gardée en réserve). La majeure partie de l’argent déposé est soit prêtée à des tiers, soit utilisée par les banques pour spéculer pour leur compte propre.</p>
<p>Les économistes de l’école autrichienne n’ont eu d’ailleurs de cesse de pointer du doigt ce système de réserves fractionnaires comme la source principale des crises, ainsi que de la fragilité inhérente des banques. L’un d’entre eux, Jésus Huerta de Soto, souligne en particulier la confusion qu’il engendre aussi chez les épargnants, ces derniers pensant faire des dépôts et non pas des prêts à leur banque. Or, quelle différence y a-t-il entre les deux ?</p>
<p>Un véritable dépôt — du latin <em>depositum</em> (i.e. consignation) — « est ce qu’on a donné à quelqu’un <em>pour qu’il le garde</em> », comme l’avait déjà très bien compris Ulpien, un juriste romain du IIIème siècle. Cette obligation de garde — dont la transgression fut jadis sanctionnée comme un vol — s’avère ainsi constamment violée de nos jours par les banques. Les contrats de prêts, en revanche, laissent justement le récipiendaire utiliser à sa guise le montant ou l’objet prêté. À l’évidence, les sommes que nous confions à notre banque n’ont de dépôt que le nom et doivent être considérées comme des prêts.</p>
<p>La différence ?</p>
<p>C’est la même que celle qui consiste à déposer une voiture à laquelle on tient dans un garage privé local (équipé de portail, d’agents et de caméras de sécurité) ou, au contraire, à la prêter à quelqu’un qu’on ne connaît pas. Les deux situations n’offrent évidemment pas le même niveau de fiabilité.</p>
<p>La différence vaut-elle cependant pour les dépôts de moins de 100 000 euros, officiellement sous « garantie » ? La réponse est oui car les fonds de garantie des dépôts sont insignifiants en comparaison des montants « assurés ». En cas de crise grave, il ne sera tout simplement pas possible d’exercer cette garantie.</p>
<p>L’argent sur un compte bancaire n’est donc pas un dépôt à proprement parler, mais un prêt fait à la banque. Il va donc devenir de plus en plus important pour les déposants de s’intéresser de près à la réputation de leur banque et à la façon plus ou moins avisée qu’elles ont d’octroyer des crédits.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy9leGNsdXNpdml0ZS1kZXBvc2VyLWRlLWwtYXJnZW50LDE1MjYuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Peut-on se passer de la Fed ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/13/124183-peut-on-se-passer-de-la-fed</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/13/124183-peut-on-se-passer-de-la-fed#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 May 2013 05:35:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[bulle]]></category>
		<category><![CDATA[crises]]></category>
		<category><![CDATA[Fed]]></category>
		<category><![CDATA[Federal Reserve]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est une objection fréquente : avant que la Réserve fédérale -ou Fed- n’existe, l’économie américaine était sujette à des crises financières récurrentes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est une objection fréquente : avant que la Réserve fédérale n’existe, l’économie américaine était sujette à des crises financières récurrentes.</strong></p>
<p><strong>Par </strong><strong>Thomas E. Woods, Jr. (*)</strong><span id="more-124183"></span></p>
<p><em>Traduit par Geoffroy Helgé, Institut Coppet</em></p>
<div id="attachment_38725" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDExLzA4L2ZlZGVyYWwtcmVzZXJ2ZS1iYW5rLmpwZw=="><img class="size-medium wp-image-38725" title="Federal Reserve" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/08/federal-reserve-bank-300x203.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="203" /></a><p class="wp-caption-text">Façade de la Federal Reserve Bank</p></div>
<p>C’est une objection fréquente : avant que la Réserve fédérale -ou Fed- n’existe, l’économie américaine était sujette à des crises financières récurrentes. Proposer d’abolir la Fed est absurde, impensable, car sans la sage protection de nos banquiers centraux, nous serions à nouveau confrontés à de terribles drames financiers. Nous devrions plutôt être reconnaissants envers la Fed, et nous estimer heureux qu’elle nous ait délivrés de tels désastres.</p>
<p>L’argument peut, certes, sembler plausible, mais il est en tout point fallacieux. La presse l’a ressassé depuis l’annonce de la nomination de Ron Paul (un célèbre adversaire de la Fed) à la tête du <em>House Financial Services Subcommittee on Domestic Monetary Policy</em>. Les thuriféraires de la Fed enrageaient : comment était-il possible qu’un homme qui rejette les images d’Épinal de l’histoire de la Fed soit nommé à un tel poste ?</p>
<p>La thèse de la pensée économique dominante s’énonce de la façon suivante : avant la naissance de la Banque centrale, ou de son proche parent la Banque nationale, l’économie américaine souffrait d’épisodes récurrents d’expansion économique puis de récession ; mais, depuis la création de la Réserve fédérale, l’économie est bien plus stable. Les partisans de la liberté monétaire, qui s’opposent à ces cartels bancaires, ne peuvent être qu’ignorants de l’histoire, ou aveuglés par l’idéologie, au point de n’avoir pas compris et absorbé le récit traditionnel de l’histoire monétaire américaine des XIX<sup>e </sup>et XX<sup>e</sup>siècles.</p>
<p>L’historiographie contemporaine a montré que cette thèse était infondée. Les économistes orthodoxes commencent à reconnaître que la prétendue instabilité de la période qui a précédé la naissance de la Fed en 1913 a été exagérée, tout comme l’a été la stabilité depuis 1913. Christina Romer, qui a présidé le <em>Council of Economic Advisers</em> sous la présidence de Barack Obama, trouve que les chiffres et la chronologie utilisés par le <em>National Bureau of Economic Research</em> (le <em>NBER</em>, qui est aux États-Unis la plus importante fondation de recherche en économie, créée en 1920) exagèrent à la fois la fréquence et la durée des récessions qui précèdent la création de la Fed. Autrement dit, le <em>NBER</em> surestime la contribution de la Fed à la stabilité économique. Les récessions n’étaient en réalité pas plus nombreuses avant la naissance de la Fed qu’après.</p>
<p>Comparons la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale à la période qui a précédé la naissance de la Fed, de façon à exclure la Grande Dépression du bilan de la Banque centrale. La comparaison indique que les récessions étaient légèrement plus fréquentes avant 1913, mais que, comme l’explique l’économiste George Selgin, <em>« elles étaient moins violentes, et plus courtes de trois mois en moyenne »</em>. Les reprises économiques étaient donc plus rapides avant 1913 : les récessions duraient en moyenne 7,7 mois, alors que les récessions de la période qui suit la naissance de la Fed durent en moyenne 10,6 mois. L’économiste Joseph David étend la période pré-Fed en y incluant la période allant de 1796 à 1915, et trouve ainsi qu’il n’existe aucune différence substantielle entre les deux périodes, que ce soit en termes de fréquence ou de durée des récessions.</p>
<p>La Fed a-t-elle contribué à rendre plus stable le PIB réel (la quantité totale de biens et de services qu’une économie produit sur une période donnée de temps, ajustée pour gommer les effets de l’inflation), et à réduire la volatilité économique ? La réponse est négative. Plusieurs études récentes trouvent que la volatilité est approximativement identique pour les deux périodes, avant et après 1913, et d’autres trouvent que l’activité est plus volatile depuis 1913, une fois que les bases de  données sont corrigées des valeurs aberrantes. Ce n’est pas l’absence de Banque centrale qui explique les fluctuations de l’activité économique avant 1913. La volatilité de l’activité qui précède la naissance de la Fed s’explique en grande partie par des chocs d’offre, qui affectaient les récoltes (la société américaine était alors essentiellement agricole). En revanche, la volatilité économique depuis 1913 est dans une plus large mesure attribuable au système monétaire (pour des explications à ce sujet, et au sujet des arguments développés aux paragraphes précédents, voyez l’article de George Selgin, William D. Lastrapes et Lawrence H. White, « Has the Fed Been a Failure ? », disponible en ligne.)</p>
<p>Les cycles économiques du XIX<sup>e</sup> siècle, dont on dit qu’ils discréditent l’idée qu’un système de liberté bancaire et monétaire serait viable, s’expliquent en réalité systématiquement par l’expansion artificielle du crédit, une pratique rendue possible par les privilèges que l’État accordait au secteur bancaire. Selon Richard Timberlake, un  économiste de renom, spécialiste de l’histoire monétaire et bancaire américaine, <em>« l’histoire monétaire le confirme, [...] la plupart des turbulences monétaires (les crises financières et les suspensions de paiement qui se produisirent au XIX<sup>e</sup> siècle), s’expliquent par la mise en circulation excessive de papier-monnaie à cours légal, alors que l’étalon-or performant de l’époque contribuait à en atténuer la gravité. »</em> C’est un procédé fréquemment utilisé : accuser l’économie de marché d’être à l’origine des maux provoqués par l’interventionnisme.</p>
<p>Les contemporains de la crise de 1819 en attribuaient en général les causes à la politique monétaire, d’abord inflationniste, puis soudainement déflationniste, de la Seconde Banque des États-Unis. Comme c’est souvent le cas lorsqu’une grande quantité de monnaie est créée <em>ex nihilo</em>, des activités spéculatives en tout genre apparurent et s’intensifièrent, comme les témoins de l’époque le soulignèrent abondamment.</p>
<p>De 1811 (date où la charte de la première banque des États-Unis expira) à 1817, période pendant laquelle les États-Unis n’eurent pas de Banque centrale, l’État accorda aux banques privées le privilège de distribuer des crédits tout en refusant de rembourser les déposants réclamant leur argent. Autrement dit, lorsque les déposants venaient réclamer leur épargne aux banques, celles-ci avait le droit de répondre qu’elles ne disposaient pas de l’argent en question, et que les déposants devaient tout simplement attendre quelques années ; et, dans le même temps, les banques avaient la possibilité de poursuivre leurs activités de prêts. Au début de l’année 1817, le gouvernement de Madison exigea finalement des banques qu’elles satisfassent les demandes des déposants. Mais au même moment, ce gouvernement accorda un privilège légal à la Seconde Banque des États-Unis, qui se révèlera également être inflationniste. La Banque participa par la suite à une expansion inflationniste, qui s’acheva en crise financière en 1819.</p>
<p>La leçon de ce triste épisode – à savoir, que l’économie souffre lorsque les autorités accroissent arbitrairement la masse monétaire, puis la réduisent soudainement – était si évidente que même la classe politique réussit à la comprendre. Pour de nombreux hommes politiques américains, la crise confirmait la validité des thèses que défendaient les partisans d’une monnaie-or. Thomas Jefferson demanda à un ami membre de l’Assemblée de Virginie de présenter son « Plan pour une réduction de quantité de monnaie en circulation », que la crise avait inspiré au Sage de Monticello. Le plan, s’étalant sur une période de cinq ans, visait à faire retirer de la circulation toute la monnaie-papier excédentaire, dont la quantité dépassait le volume des réserves métalliques, puis à exiger le remboursement des billets restants, de sorte qu’à partir de là, seules les pièces d’or circulent. Jefferson et John Adams appréciaient tout particulièrement le <em>Traité de la Volonté</em> (1815) de Destutt de Tracy (un partisan de la monnaie-or). Selon Adams, cet ouvrage était le meilleur jamais écrit en économie (le chapitre sur la monnaie énonce selon lui <em>« les idées que j’ai nourries toute ma vie »</em>), et Jefferson écrivit la préface de l’édition anglaise.</p>
<p>Si la Crise de 1819 confirmait la supériorité de la monnaie-or aux yeux de certains hommes politiques, elle convainquit d’autres de la validité de cette thèse. Condy Raguet était un chaud partisan de l’inflation jusqu’en 1819. Après qu’il eut observé les distorsions et l’instabilité provoquées par l’accroissement de la quantité de monnaie papier en circulation, il embrassa promptement la cause de la monnaie métallique, et se mit à écrire son <em>Treatise on Currency and Banking</em> (1839), l’un des plus grands traités monétaires et bancaires du XIX<sup>e</sup> siècle. Davy Crockett, le futur président William Henry Harrison, et John Quincy Adams (du moins à ce moment-là), s’opposèrent également aux banques inflationnistes. Adams avait l’habitude de comparer la Seconde Banque des États-Unis à la Banque d’Amsterdam (dont la politique reposait sur le respect  intégral des dépôts des clients), et d’ériger  la seconde en modèle à imiter. Daniel Raymond, l’un des disciples d’Alexander Hamilton, et l’auteur du premier traité d’économie publié aux États-Unis, (<em>Thoughts on Political Economy</em>, 1820), rompit avec Hamilton pour se faire l’avocat d’un système monétaire reposant sur l’or, à couverture complète des dépôts.</p>
<p>Aujourd’hui, les références populaires à la Crise de 1837 nous exhortent à reprocher au Président Andrew Jackson d’avoir dissous la Seconde Banque des États-Unis. L’argument le plus fréquemment avancé est le suivant : sans une Banque nationale pour discipliner les Banques régionales (qui reçurent les dépôts fédéraux après la fermeture de la Seconde Banque), celles-ci s’engagèrent dans une course effrénée à l’inflation, qui conduisit directement à la Crise de 1837 puis  à une autre récession en 1839. Étonnamment, cette explication répandue est en partie « autrichienne », dans la mesure où elle attribue à l’expansion artificielle du crédit le boom insoutenable et la crise qui en résulta. Mais les observateurs contemporains prétendent que la solution à ce problème est d’instaurer une Banque centrale solide, exerçant un pouvoir de régulation implicite sur les institutions de plus petite taille.</p>
<p>William Wells, Sénateur fédéraliste du Delaware et adversaire de la monnaie-papier, était sceptique dès le départ au sujet de la politique visant à établir une banque géante aux pratiques malsaines  pour encourager les pratiques saines auprès des banques plus petites. « Ce projet de loi », dit-il en 1816 :</p>
<blockquote><p>fut officiellement conçu par le gouvernement afin de limiter la création excessive de monnaie bancaire : il nous infligea pourtant les maux qu’il était précisément censé éviter, n’étant en vérité rien de plus qu’une simple machine à produire du papier ; et représentant, à cet égard, une politique publique aussi sage et précautionneuse que le stratagème de l’un des héros de Rabelais, qui se cacha sous l’eau de peur d’affronter la pluie. Les états souffrent d’une fièvre bancaire, dit-on : et elle doit être combattue en leur administrant  la fièvre bancaire des États-Unis.</p></blockquote>
<p>Samuel Tilden, sénateur de New York, un autre partisan de la monnaie-or, exprimait les mêmes doutes en ces termes :</p>
<blockquote><p>Comment une grande banque, fondée sur les mêmes principes, pourrait-elle réussir à réguler des banques de moindre envergure ? A-t-on déjà prouvé que la disposition aux abus variait en proportion inverse de la concentration du pouvoir ? A-t-on déjà prouvé que la concentration des pouvoirs était moins génératrice d’abus que les pouvoirs atomisés ?</p></blockquote>
<p>Les adversaires du papier-monnaie de l’époque recommandèrent une solution bien meilleure, connue désormais sous le nom de  « Independent Treasury ». Le plan était le suivant : les dépôts fédéraux, au lieu d’être distribués aux banques régionales privilégiées et de contribuer ainsi davantage à l’expansion du crédit, auraient été conservés par le Ministère des finances et mis à l’écart du système bancaire. Les partisans d’une monnaie métallique estimaient que le gouvernement fédéral apportait son soutien (et qu’il prêtait une légitimité artificielle) à un système malsain de banques régionales à réserves fractionnaires (1) en leur distribuant les dépôts fédéraux, (2) en acceptant leur monnaie papier pour le paiement des impôts et (3) en s’en servant pour régler ses fournisseurs. Selon William Gouge :</p>
<blockquote><p>Si les activités de l’État pouvaient être intégralement séparées des activités bancaires, les maux inhérents au système en seraient réduits de moitié. Si l’État ne déposait pas les deniers publics aux Banques, ne leur empruntait pas d’argent et n’utilisait pas leurs billets, alors les Banques deviendraient de simples établissements commerciaux. Leur crédit et leur pouvoir seraient abaissés au niveau des autres entreprises du secteur privé.</p></blockquote>
<p>L’on prétend parfois que les adversaires de la Banque étaient des populistes, des adversaires de l’économie de marché et de la propriété. <em>« La dernière fois que nous avons eu une Banque centrale,</em>écrivait un critique de Ron Paul en 2010, <em>ses défenseurs étaient des conservateurs, des hommes d’affaires, et ses opposants étaient des emprunteurs à risque et des prêteurs, qui convainquirent le Président Jackson que la banque était un frein pour la nation. »</em> Rien n’est plus faux, comme nous le verrons dans un instant. Mais nos critiques partent de cette prémisse erronée pour parvenir à la conclusion que les défenseurs de l’économie de marché, d’hier et d’aujourd’hui, devraient être favorables à l’existence d’une Banque centrale.</p>
<p>Certes, plusieurs courants hétérogènes existaient au sein des adversaires de la Seconde Banque des États-Unis, et encore aujourd’hui, la Banque centrale est critiquée à la fois par ceux qui condamnent sa politique de création monétaire excessive et par ceux qui pensent qu’elle est insuffisamment inflationniste. Mais dans l’ensemble, le combat contre la Seconde Banque des États-Unis, productrice de monnaie-papier, à laquelle l’État avait accordé un privilège, était mené par des partisans de l’économie de marché et d’une monnaie-or. <em>« L’attaque contre la Banque, </em>conclue le Professeur Jeff Hummel dans sa revue de la littérature,<em> constituait une étape, rationnelle et hautement éclairée, visant à établir un système monétaire métallique, reposant sur les principes du laissez-faire. »</em></p>
<p>En réalité, William Gouge, le théoricien de l’économie monétaire le plus influent de cette période, était un partisan de la monnaie-or, et un adversaire de la Banque ; il considérait ces deux positions comme logiquement complémentaires, et même inséparables. <em>« Pourquoi s’ingénier à découvrir de nouveaux procédés pour produire du papier bancaire ? »</em> se demandait-il. Et Gouge de continuer : <em>« Préférer la monnaie fictive à la véritable monnaie, revient, au mieux, à préférer un bateau qui prend l’eau à un bateau en bon état »</em>. Il assurait aux Américains que <em>« si la Banque des États-Unis n’avait jamais vu le jour, le soleil n’en brillerait que davantage, les ruisseaux s’écouleraient, et la terre produirait ses bienfaits. »</em> Au décès de Gouge, la revue conservatrice <em>Bankers’ Magazine</em> déclara que son livre <em>A Short History of Paper Money and Banking, </em>où Gouge s’opposait à la monnaie papier, était <em>« une exposition claire et précise des principes bancaires, et des erreurs que commirent nos institutions bancaires américaines. »</em></p>
<p>Les adversaires de la Banque nationale comptaient également dans leurs rangs l’influent Jacksonien William Leggett, éditorialiste à New-York, qui appela à grand bruit à la « séparation de la banque et de l’État. » Selon l’économiste Larry White, qui a édité ses travaux les plus importants, Leggett était <em>« le leader intellectuel de l’aile laissez-fairiste de la démocratie Jacksonienne ».</em> Leggett reprochait à la Banque d’être à l’origine des fluctuations du crédit, et de l’instabilité économique que ces manipulations produisaient.</p>
<p>Dans les années 1830, Leggett déclarait que la Crise de 1819 avait également été causée par la Banque. <em>« La Banque des États-Unis, au lieu de contraindre la croissance du crédit, créa, au cours des deux ou trois années qui précédèrent le désastre de 1819, de la monnaie en si grande quantité que la spéculation et le commerce furent artificiellement stimulés. »</em>. Et Leggett de continuer:</p>
<blockquote><p>Mais, pour ne pas s’attarder sur des événements que la mémoire collective a déjà oubliés, analysons la politique monétaire que la Banque des États-Unis conduisit en 1830. Sur une courte période de douze mois, la quantité de monnaie en circulation passa de 40 millions à 70 millions de dollars. Cet accroissement considérable, en aucun cas requis par les circonstances économiques auxquelles faisaient face les entreprises de ce pays, fut suivi des conséquences, en vérité inévitables, de l’inflation monétaire. Le prix des biens et des titres augmenta, la spéculation fut attisée, de nombreux projets ambitieux furent engagés, du creusement de canaux à la construction de chemins de fer, et toute l’activité économique du pays fut artificiellement stimulée.</p></blockquote>
<p>Comme il le fit pour les crises qui suivirent, l’État autorisa les banques à ne pas honorer leurs engagements (une façon polie de dire que la loi autorisa les banques à refuser de rembourser les déposants lorsque ceux-ci venaient exiger leurs avoirs), tout en leur permettant de maintenir leur activité. Le fait que les banques sussent que l’État était prêt à les sauver à tout moment créa un problème persistant d’aléa moral, qui affecta le comportement des banques.</p>
<p>Leggett accusait la création artificielle de crédit d’être à l’origine de la Crise  de 1837 :</p>
<blockquote><p>Quelles furent les conséquences d’une inflation monétaire si soudaine et si démesurée ? Le commerce et la production de biens d’équipement furent exagérément stimulés, et les spéculations en tout genre furent encouragées, à des prix qui ne reflétaient plus les valeurs fondamentales. Tout cela déboucha finalement sur une vaste crise, au cours de laquelle tout l’édifice économique de la nation s’écroula, sous le poids excessif des crédits, et qui enterra sous ses ruines les milliers d’hommes, qui, la veille encore, exultaient empreints de la sécurité, toute relative, de leur ascension pécuniaire. Car les hommes, de nos jours, se couchent le soir en se croyant riches, et se lèvent le matin démunis de tous leurs titres, y compris de leurs avoirs effectifs. Ils comptent, pauvres créatures ! sur la libéralité des banques, dont l’insistance persuasive les pousse à la spéculation. Mais ils doivent désormais comprendre que les banques seraient incapables de les aider même si elles le voulaient, et ne voudraient pas les aider même si elles le pouvaient. Les banquiers, qui étaient disposés à prêter lorsque les entreprises n’avaient pas besoin de liquidité, sont désormais réticents à prêter, alors même que des capitaux sont nécessaires pour mener à bien les projets qui n’auraient pas été mis en œuvre sans la perspective d’un concours bancaire.</p></blockquote>
<p>A la fin de l’année 1837, il ajouta :</p>
<blockquote><p>Les observateurs avisés des événements qui se sont produits au cours des trois dernières années avaient prévu la situation actuelle. Les banques tentèrent, par tous les moyens, en s’imitant les unes les autres, d’accroître la quantité de monnaie en circulation, et d’en inonder le pays. Elles utilisèrent tous les moyens à leur disposition pour inciter les Américains à accepter leur offre. Les banques suscitèrent ainsi une soif de spéculation délirante, et nombreux furent ceux qui, dans une frénésie épidémique, se lancèrent dans des aventures désespérées. Des canaux furent creusés bien qu’aucune entreprise n’en demandât, des routes furent construites qu’aucun voyageur ne désirait emprunter, et des villes que personne ne souhaitait habiter.</p></blockquote>
<p>La Crise de 1857 fut la conséquence d’un boom du crédit qui dura cinq années. Les industries les plus intensives en capital de cette décennie (les chemins de fer et les industries extractives) furent celles qui crûrent le plus rapidement au cours de la phase d’expansion. Les États s’étaient même porté garants sur les obligations des sociétés de chemin de fer, en promettant de rembourser les créanciers au cas où ces entreprises feraient faillite.</p>
<p>Le Président James Buchanan mit efficacement en place des politiques visant à relancer l’économie. Lors de son premier discours annuel, il déclara : <em>« Il est évident que notre système de crédit et de papier-monnaie, extravagant et vicieux, est la cause de nos malheurs. »</em> L’activité économique redémarra au bout de six mois, bien que la masse monétaire décrût, que les taux d’intérêt augmentassent, que les dépenses de l’État stagnassent, que les banques et les entreprises en difficulté ne fussent pas sauvées par l’État, Mais Buchanan avertit les Américains que <em>« les crises périodiques que nous avons connues par le passé risquent de se reproduire à intervalles réguliers si notre système monétaire laxiste n’est pas réformé. »</em></p>
<p>Buchanan envisagea une loi fédérale de faillite bancaire qui, au lieu de sanctionner légalement les banques qui suspendaient le paiement en espèce (c’est-à-dire les banques qui refusaient de rembourser les déposants), les fermerait si elles échouaient à honorer leurs engagements. <em>« L’instinct de survie pousserait les banques à mettre des bornes à leurs opérations de crédit si elles savaient à l’avance qu’une suspension de paiement en espèce déclencherait inévitablement leur mort civile. »</em></p>
<p>Jusqu’à une période récente, les historiens utilisaient l’expression de « Longue Dépression Américaine » pour désigner la décennie 1870. Aujourd’hui, ils s’accordent pour affirmer que la « Longue Dépression » n’a jamais existé. Même le New-York Times a récemment souligné que :</p>
<blockquote><p>Les séries statistiques sur le XIX<sup>e</sup> siècle, récemment reconstituées par les historiens de l’économie, révèlent qu’il n’y a pas eu de dépression en 1870. Hormis une courte récession en 1873, la croissance de la décennie fut la plus rapide de l’histoire américaine. L’emploi crût fortement, plus rapidement que le taux d’immigration ; la consommation de nourriture et d’autres biens progressa pour toutes les catégories de la population. Le PIB réel par habitant, quelle que soit la façon dont on le mesure, s’accrût. À la fin de la décennie, les Américains étaient mieux habillés et mieux logés, tant en ville qu’à la campagne. Des grands magasins apparurent mêmes dans les villes de taille moyenne. L’Amérique devenait la première société de consommation de masse.</p></blockquote>
<p>Par ailleurs, les agriculteurs, qui craignaient la chute des prix des biens agricoles, ne comprirent tout d’abord pas que les prix des autres biens chutaient plus vite encore. Les termes de l’échange des agriculteurs américains s’améliorèrent considérablement au cours de la décennie 1870.</p>
<p>Il semblerait que les historiens aient été induits en erreur par les données sur les prix à la consommation, qui chutèrent en moyenne de 3,8 % par an. Puisque la pensée économiquement correcte a toujours tenu pour acquis que la baisse des prix et dépression sont associées (ce qui n’est en réalité pas le cas), les historiens conclurent que la décennie 1870 avait dû être une décennie de dépression catastrophique. Grâce en partie au rétablissement de l’étalon-or en 1879 (qui avait été abandonné pendant la Guerre de Sécession), les Américains connurent une période de prospérité au cours de la décennie 1880, avec des salaires réels qui augmentèrent en moyenne de 20%.</p>
<p>Les réglementations, qui, dans de nombreux États, interdisaient la création d’agences bancaires, furent en grande partie à l’origine des crises qui suivirent la Guerre de Sécession. Sans agences régionales, les banques demeuraient fragiles et peu diversifiées. Le Canada n’a connu aucune crise pendant cette période, bien que ce pays n’eût, jusqu’en 1934, pas de banque centrale, la panacée proposée par l’économiquement correct, jusqu’à 1934. Comme Milton Friedman aimait à le faire remarquer, alors que neuf mille banques firent faillite aux États-Unis durant la Grande dépression, aucune banque ne fit faillite au Canada, où le système bancaire n’était pas perturbé par de telles réglementations.</p>
<p>Par ailleurs, comme l’a souligné Charles Calomiris, les crises que connut l’économie américaine au cours de la période pré-Fed étaient caractérisées par la faiblesse du taux de faillite bancaire et des pertes sur les dépôts. Les pertes des déposants s’élevèrent à seulement 0,1 % du PIB durant la Crise de 1893, qui fut pourtant la crise la plus violente en termes de faillites bancaires et de pertes sur les dépôts. Par contraste, depuis 1980, le monde a connu vingt crises bancaires, qui ont conduit à des pertes pour les déposants s’élevant à 10% du PIB. La moitié de ces crises ont coûté aux déposants l’équivalent de 20% du PIB.</p>
<p>D’un point de vue factuel, par conséquent, l’argumentaire des partisans de la Fed est spécieux. Et malgré tout, comme en bien d’autres domaines, l’on accuse les critiques du <em>statu quo</em> d’être des charlatans, et l’on rejette d’emblée les alternatives, que l’on considère comme inenvisageables. Mais si ces alternatives sont considérées comme telles, c’est uniquement en raison de la prégnance des idées reçues, qui nous empêche de penser au-delà de l’étatisme. Le mouvement qui prône l’abolition de la Fed est un premier pas vers l’émancipation intellectuelle.</p>
<p>* Partie I.  Article initialement publié en anglais sur LewRockwell.com</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wNS8xMC9wZXV0LW9uLXNlLXBhc3Nlci1kZS1sYS1mZWQtcGFyLXRob21hcy1lLXdvb2RzLw==">L'article original sur le site de l'Institut Coppet.</a></p>
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		<item>
		<title>Les importations d&#039;or chinoises atteignent un record</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/09/123939-les-importations-dor-chinoises-atteignent-un-record</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/09/123939-les-importations-dor-chinoises-atteignent-un-record#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 May 2013 05:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabrice Drouin Ristori</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[or]]></category>

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		<description><![CDATA[La Chine continue à accumuler massivement de l'or, à des niveaux record.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Chine continue à accumuler massivement de l'or, à des niveaux record.</strong></p>
<p><strong>Par Fabrice Drouin Ristori.</strong><span id="more-123939"></span></p>
<p>Alors que l’or a poursuivi son déclin en mars, et bien avant l’attaque ciblée d’avril, la Chine a continué d’accumuler massivement du métal jaune. Et bien plus : comme le démontrent les chiffres révélés hier soir par le <a title=\"Census and Statistics Department\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jZW5zdGF0ZC5nb3YuaGsv" target=\"_blank\">Hong Kong Census and Statistics Department</a>, <strong>les importations chinoises d’or ont explosé en mars pour atteindre un record de 223,5 tonnes</strong>. Elles étaient de 97,1 tonnes en février et, pour le premier trimestre de 2013, elles totalisent 372 tonnes, soit la même quantité que pour la première moitié de 2012. Cela signifie aussi que, depuis janvier 2012, la Chine a importé une quantité absolument ahurissante de 1,206 tonnes d’or. Il s’agit de 20% de plus que la quantité totale reportée par les autorités officielles de 1,054 tonnes, et cela représente à peu près la moitié des 2,500 tonnes d’or extraites chaque année (un nombre qui devrait décliner, vu que les minières ne peuvent survivre avec les prix courants et sont forcées de fermer).</p>
<p>Comparaison des importations d’or par la Chine, 2012 vs 2013 :</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2ltcG9ydGF0aW9ucy1vci1jaGluZS0yMDEyLTIwMTNfMC5qcGc="><img class="aligncenter size-full wp-image-123940" title="importations-or-chine 2012-2013_0" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/importations-or-chine-2012-2013_0.jpg?16fe88" alt="" width="600" height="344" /></a></p>
<p>Ci-dessous les importations d’or chinoises depuis janvier 2012, quand la fièvre de l’or en Chine a vraiment débuté :</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2ltcG9ydGF0aW9ucy1vci1kZXB1aXMtamFudmllci0yMDEyLmpwZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-123941" title="importations-or-depuis-janvier-2012" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/importations-or-depuis-janvier-2012.jpg?16fe88" alt="" width="600" height="329" /></a></p>
<p>Et voici les dernières réserves officielles de la Chine :</p>
<div> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L3Jlc2VydmVzLW9yLW9mZmljaWVsbGVzLWNoaW5lLmpwZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-123942" title="reserves-or-officielles-chine" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/reserves-or-officielles-chine.jpg?16fe88" alt="" width="462" height="362" /></a></div>
<div>
<p>Et, si mars a constitué un record pour la Chine, on peut d’ores et déjà s'attendre à encore mieux en Avril, avec les prix qui ont plongé et les acheteurs physiques qui, au contraire des spéculateurs sur l’or-papier, achètent plus quand les prix baissent. Il est clair pour eux que l’attaque récente sur les cours représente une opportunité d’achat (à condition qu'ils trouvent de l’or physique, évidemment).</p>
<p>Selon Reuters, les importations chinoises d’or devraient continuer encore à augmenter après avoir plus que doublé pour atteindre un record de tous les temps en mars, lorsque les consommateurs au détail se sont rués sur l’or quand les cours ont plongé à un plus bas de deux ans, le mois dernier.</p>
<p><em>« La demande physique a sensiblement augmenté ces deux dernières semaines. Les consommateurs et les industries ont tendance à voir les baisses de prix comme des opportunités d’achat, »</em> a révélé à Reuters Zhang Bingnan, secrétaire-général de la China Gold Association.</p>
<p><em>« Les demandes d’investissement devraient rester fortes pour le reste de l’année à cause du manque d’investissements alternatifs, »</em> a dit Zhang, en ajoutant que les ventes d’or et les volumes traités ont explosé en avril.</p>
<p><strong><em>« Les importations d’avril seront plus fortes qu’en mars, » </em></strong>a déclaré Ronald Leung, négociant en chef chez Lee Cheong Gold Dealers, à Hong Kong. «<em> Tout le monde achetait de l’or, et la Chine a fait la même chose. »</em></p>
<p>Et c’est ici que le bât blesse : parce que, si la Chine ne parvient pas à cacher la flambée des entrées de capitaux spéculatifs, qui représentent plus de $180 milliards au premier trimestre, attendez vous à voir la demande physique des Chinois exploser.</p>
<p>On connaît la suite de l’histoire, mais voici la version de Reuters :</p>
<p><em>En mars, les futures sur l’or à Shanghai ont affiché des primes de plus de 30 $ par rapport aux prix mondiaux, ce qui rendait l’achat du métal moins onéreux outre-mer.</em></p>
<p><em>On pourrait voir les importations augmenter encore en avril car la baisse des cours internationaux a déclenché une ruée d’achat en Asie, qui a mené à une pénurie de lingots et de pièces d’or à Singapour et à Hong Kong, les principales sources d’importation d’or pour la Chine.</em></p>
<p><em>Cette baisse a provoqué une ruée vers l’or en Chine, avec les Chinois qui achètent frénétiquement des bijoux et des lingots.</em></p>
<p><em>Un porte-parole pour la chaîne de joaillerie Chow Tai Fook, de Hong Kong, le plus grand détaillant de bijoux au monde en valeur de marché, a déclaré à Reuters que la fréquentation de ses magasins chinois a grimpé de 50% durant le congé du 1er mai.</em></p>
<p><em>L’augmentation des voyageurs Chinois durant ce congé de trois jours a aussi contribué à l’augmentation des ventes d’or à Hong Kong de près de 50%, avec des ventes entre le 29 avril et le 2 mai atteignant les 40 tonnes, selon Haywood Cheung, président du Hong Kong Gold and Silver Exchange, cité par un journal local.</em></p>
<p><em>Selon des traders, la hausse de la demande physique en Chine a aussi amené des banques à importer plus d’or en provenance des coffres de Londres et de Suisse.</em></p>
<p>Mais qu’en est-il des coffres situés à New York? Et, spécifiquement, le plus grand au monde, située 25 mètres sous le 1, Chase Manhattan Plaza? Ou bien, peut-être, peut-il y avoir une corrélation entre le retrait de l'enregistrement dans les exploitations commerciales de JPM et la fièvre de l’or en Chine? Nous espérons le découvrir bientôt.</p>
<p>En ce qui concerne le prix spot des produits dérivés de l’or-papier, de plus en plus insignifiant, nous ne pouvons qu’espérer que des « experts » comme Paulson et les autres puissent continuer à liquider leurs « avoirs » en ETF pour aussi longtemps que possible car, après tout, on peut acheter bien plus d’or quand le prix est bas que lorsqu’il est haut.</p>
<p><em>Source : <a title=\"Chinese Gold Imports Soar To Monthly Record On Insatiable Demand\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy56ZXJvaGVkZ2UuY29tL25ld3MvMjAxMy0wNS0wOC9jaGluZXNlLWdvbGQtaW1wb3J0cy1zb2FyLW1vbnRobHktcmVjb3JkLWluc2F0aWFibGUtZGVtYW5k">ZeroHedge</a></em></p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci5nb2xkYnJva2VyLmNvbS9uZXdzL2ltcG9ydGF0aW9ucy1vci1jaGlub2lzZXMtYXR0ZWlnbmVudC1yZWNvcmQtbWVuc3VlbC1kZW1hbmRlLWluc2F0aWFibGUtMjQ4Lmh0bWw/dXRtX3NvdXJjZT1mZWVkbHk=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
</div>
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		<item>
		<title>L&#039;Afrique francophone et la France : un mariage de désagrément</title>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 04:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[Franc CFA]]></category>
		<category><![CDATA[Françafrique]]></category>

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		<description><![CDATA[La relation continue entre la France et l’Afrique n'est-elle pas suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La relation continue entre la France et l’Afrique n'est-elle pas suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent ?<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Chofor Che</strong><span id="more-123628"></span><br />
<em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnLw==">Libre Afrique</a>.</em></p>
<div id="attachment_123682" class="wp-caption alignleft" style="width: 370px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzY4Mg==" rel=\"attachment wp-att-123682\"><img class=" wp-image-123682" title="billets de francs CFA" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/billets-de-francs-CFA.jpg?16fe88" alt="" width="360" height="240" /></a><p class="wp-caption-text">Billets de francs CFA.</p></div>
<p>La France a colonisé une grande partie de l’Afrique jusqu’aux indépendances dans les années 1960. Certains analystes, comme Placide Moussounda de Nouvelle Afrique, soutiennent que l’Afrique francophone a très peu bénéficié de la France depuis l’indépendance.</p>
<p>Je suis de ceux qui ont toujours considéré la relation continue entre la France et l’Afrique comme suspecte et préjudiciable à la croissance et au développement du continent. Ma position s’est renforcée par une déclaration faite en 2006 par l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne présidentielle, lorsqu’il a pu déclarer « La France n’a pas besoin de l’Afrique ». Il se trouve que pendant la durée du mandat du président Sarkozy, les Africains francophones ont été rapatriés de France en nombre. Or, malgré une telle humiliation et l’expulsion des Africains francophones de la France, la présence française en Afrique reste importante.</p>
<p>Un autre domaine dans lequel l’Afrique francophone continue de souffrir du mariage avec la France est l’imposition du franc CFA, monnaie utilisée par les anciennes colonies françaises d’Afrique centrale. CFA signifiait originellement (franc des) Colonies Françaises d'Afrique et désormais Communauté Financière Africaine. Le franc CFA représente aujourd’hui deux monnaies utilisées en Afrique et qui sont garanties par le Trésor français, dans la zone franc d'Afrique centrale (CEMAC) et la zone franc d'Afrique de l'Ouest (UEMOA). Bien que théoriquement séparées, les deux monnaies de la zone CFA sont effectivement interchangeables.</p>
<p>Selon l’ancien ministre français des Finances, René Pleven, le franc CFA a été créé le 26 décembre 1945 dans les colonies françaises afin de leur épargner une forte dévaluation, ce qui a facilité les exportations vers la France. Aujourd’hui, le bilan de la création du CFA est qu’il a nettement appauvri l’Afrique francophone. Cette monnaie est régie par trois banques centrales de l’Afrique francophone, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) située à Yaoundé, au Cameroun, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) située à Dakar, le Sénégal et la Banque des Comores.</p>
<p>Les citoyens français qui constituent une partie du conseil d’administration des banques susmentionnées ont un droit de veto sur les décisions de ces banques, ce qui signifie que les décisions concernant le CFA sont influencées dans une très large mesure par les Français. La structuration et la composition des banques centrales rendent possibles un flot financier colossal de l’Afrique vers le Trésor Public français. Cela signifie que les pays très pauvres d’Afrique financent la France. Il y aurait plus de 8 000 milliards de CFA d’Afrique stockés en France. Cela signifie que des millions d’Africains sont privés de leurs revenus. Cela peut être perçu comme de l’esclavage monétaire, résultat du « mariage de désagrément » entre la France et l’Afrique francophone.</p>
<p>Le temps d’une nouvelle Afrique est venu. Cette nouvelle Afrique a besoin de se débarrasser du carcan du (néo)colonialisme qui continue de plonger le continent dans les égouts de la pauvreté. Sans doute est-il temps pour l’Afrique francophone d’avoir sa ou ses propre(s) monnaie(s), comme d’autres devises telles que le rand sud-africain. Permettre que les pays africains pauvres financent continuellement le Trésor français n’est pas la voie à suivre. Les Africains doivent en outre nourrir l’esprit des marchés libres et cesser de compter sur l’aide, notamment celle de la France.</p>
<p>Enfin, l’Afrique francophone doit lever les nombreuses barrières commerciales empêchant le commerce entre ses différents pays. L’Afrique francophone peut aussi mettre en place des mesures pour faciliter le commerce avec l’Afrique anglophone et bénéficier d’une relation fructueuse qui profiterait au continent dans son ensemble, plutôt que de s’appuyer sur un « mariage de désagrément » qui n’a rien fait, si ce n’est maintenir l’Afrique francophone et l’ensemble du continent dans la pauvreté.</p>
<p>Chofor Che est analyste sur AfricanLiberty.org.<br />
Article originellement paru en anglais sur AfricanLiberty.org, traduction : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZWFmcmlxdWUub3JnL0NoZV9BZnJpcXVlX2ZyYW5jb3Bob25lXzAyMDUxMw==">LibreAfrique.org</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le risque et la rémunération de l&#039;investisseur</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/06/123611-le-risque-et-la-remuneration-de-l-investisseur</link>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 06:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Nicoulaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[investisseur]]></category>
		<category><![CDATA[profit]]></category>
		<category><![CDATA[risque]]></category>
		<category><![CDATA[spéculation]]></category>

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		<description><![CDATA[En réponse aux tenants de l’économie casino, des marchés financiers déconnectés de la réalité et de la spéculation qui ruine l’économie réelle, voyons ce qu'est un investisseur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En réponse aux tenants de l’économie casino, des marchés financiers déconnectés de la réalité et de la spéculation qui ruine l’économie réelle, voyons ce qu'est un investisseur.</strong></p>
<p><strong>Par Guillaume Nicoulaud.</strong></p>
<p><span id="more-123611"></span></p>
<p>Par <em>investissement</em>, nous entendrons l’acquisition d’un actif dans le but d’en tirer des revenus futurs. C’est-à-dire que c’est une part de notre pouvoir d’achat dont nous abandonnons la jouissance immédiate en espérant accroître notre pouvoir d’achat futur. Partant, il découle de cette définition qu’un « investissement » dont l’objet n’est pas de générer des revenus futurs (i.e. pour « sauver l’emploi » par exemple) n’est pas un investissement mais une consommation et que la profitabilité d’un investissement se mesure nette d’impôts et d’inflation. Afin d’alléger la lecture, ce dernier point sera implicite dans ce qui suit.</p>
<p>Tout investissement peut se décrire par le montant <em>P</em> que nous acceptons de mobiliser sur cette opération[<sup class='footnote'><a href='#fn-123611-1' id='fnref-123611-1' onclick='return fdfootnote_show(123611)'>1</a></sup>], la durée <em>T</em> (ici en années) du projet d’investissement, les profits intermédiaires <em>Ct</em> que nous allons toucher chaque année <em>t</em> (de l’année 1 à <em>T</em>) et la valeur résiduelle <em>N</em> de notre investissement en <em>T</em>. De ces différents éléments, on peut déduire <em>k</em>, le <em>taux de rendement interne</em> (TRI) du projet d’investissement en résolvant une équation de la forme :</p>
<p align="center"><img src="http://24.media.tumblr.com/523af6f100660f88128e8f76263e84af/tumblr_mkl5nrCZoT1ryre02o1_500.jpg" alt="" width="400" /></p>
<p>De cette équation, nous déduisons que la valeur actuelle d’un investissement (<em>P</em>) est égale à la somme des revenus futurs que nous en attendons (les <em>Ct</em> et <em>N</em>) actualisés à un taux <em>k</em> qui n’est rien d’autre que le taux de rendement espéré de ce projet. C’est mathématique et c’est vrai pour n’importe quel investissement : remplacez les <em>Ct</em> par les coupons versés par une obligation et <em>N</em> par sa valeur nominale [<sup class='footnote'><a href='#fn-123611-2' id='fnref-123611-2' onclick='return fdfootnote_show(123611)'>2</a></sup>] et vous obtenez la formule de valorisation de cette obligation ; prenez des loyers et la valeur de revente d’un appartement et vous décrivez un projet d’investissement locatif ; considérez les profits annuels que peut vous faire réaliser une usine supplémentaire et sa valeur résiduelle au bout de vingt ans et vous obtenez un projet industriel.</p>
<p><strong>Le coût du capital</strong></p>
<p>« Un tiens, vaut mieux que deux tu l’auras » dit le proverbe. Si l’investissement n’était pas rémunéré – c’est-à-dire si notre espérance de rendement <em>k</em> était nulle ou négative – personne n’investirait. En tant qu’êtres humains, nous avons une préférence pour la jouissance immédiate de notre pouvoir d’achat et donc, nous n’y renoncerions pas si nous n’avions pas de bonnes raisons de le faire. C’est la <em>valeur-temps de l’argent</em> [<sup class='footnote'><a href='#fn-123611-3' id='fnref-123611-3' onclick='return fdfootnote_show(123611)'>3</a></sup>], la première composante de<em>k</em> ; un principe connu depuis – au moins – le XVIe siècle et les scolastiques de l’École de Salamanque [<sup class='footnote'><a href='#fn-123611-4' id='fnref-123611-4' onclick='return fdfootnote_show(123611)'>4</a></sup>] qui explique pourquoi un euro dans votre poche a plus de valeur qu’un euro dont vous ne disposerez que dans un an.</p>
<p>Mais ce n’est pas tout : les <em>Ct</em> et le <em>N</em> que nous utilisons dans notre équation ne sont rien d’autre que des estimations, une tentative plus ou moins éclairée de deviner ce que l’avenir nous réserve. De la même manière que vous ne savez pas si le prochain gouvernement honorera ses dettes, vous ne savez pas ce que deviendra le quartier dans lequel vous avez acheté un appartement et vous ne savez pas si les produits de votre usine se vendront encore dans dix ans. Nous essayons d’anticiper et passons un temps considérable à analyser chaque investissement mais, fondamentalement, le fait est que nous ne voyons pas le futur. Nous investissons dans un avenir incertain.</p>
<p>Or, il existe des projets d’investissements plus risqués – c’est-à-dire plus incertains [<sup class='footnote'><a href='#fn-123611-5' id='fnref-123611-5' onclick='return fdfootnote_show(123611)'>5</a></sup>] – que d’autres et c’est là qu’entre en jeu une autre de nos caractéristiques : nous sommes averses au risque. Entre deux projets d’investissement qui – pour autant que nous puissions le savoir – affichent le même profil de rendement (les <em>Ct</em> et <em>N</em>), nous choisirons toujours le moins risqué des deux, celui qui comporte le moins d’aléas. En conséquence de quoi, le seul moyen de faire en sorte que nous financions des projets risqués consiste à baisser le prix <em>P</em>, c’est-à-dire à augmenter le taux de rendement <em>k</em>. C’est ce que l’on appelle une prime de risque.</p>
<p>La rémunération d’un investisseur est donc composée de ces deux taux : la valeur-temps de l’argent qui compense le simple fait de renoncer provisoirement à une partie de notre pouvoir d’achat et une prime de risque qui rémunère, comme son nom l’indique, le fait que nous avons accepté de détenir des actifs risqués. Partant, si vous investissez dans une entreprise non-cotée, votre rémunération totale<em> k</em> dépendra de la durée d’immobilisation de vos capitaux comme de l’incertitude qui pèse sur les profits futurs de ladite société ; en revanche, si vous achetez une action cotée – et donc liquide – votre rémunération sera presque exclusivement expliquée par la prime de risque.</p>
<p><strong>Rendement = risque</strong></p>
<p>Il suit de ce qui précède que, dans un monde où les banques centrales ont fait baisser la valeur-temps de l’argent d’actifs pratiquement à zéro et dès lors qu’il est question d’actifs financiers liquides, l’espérance de rendement d’un investisseur dépend presque exclusivement des risques qu’il accepte de prendre, c’est-à-dire de sa capacité à détenir des actifs qui – précisément parce qu’ils sont risqués – offrent des primes de risque élevées. En d’autres termes, si le marché est efficient, un investisseur qui sélectionnerait systématiquement les titres qui offrent les primes de risque les plus élevées devrait générer des rendements substantiellement supérieurs à la moyenne.</p>
<p>Naturellement, les tenants de l’économie casino, des marchés financiers déconnectés de la réalité et de la spéculation qui ruine l’économie réelle m’objecteront que cet exposé théorique n’est rien d’autre – justement – qu’un exposé théorique. Alors, plutôt que de rentrer dans un débat sans fin, je vous propose un test en grandeur réelle sur le marché des actions des États-Unis (l’univers du S&amp;P 500) : j’appliquerais très précisément cette stratégie et vous me démontrerez – par les moyens qui vous semblent appropriés – que votre jugement de la valeur d’une entreprise est plus pertinent que celui du marché. Mon fonds existe depuis bientôt un an ; il s’appelle <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3VzZXF1aXR5cHJlbWl1bS5ibG9nc3BvdC5mci8=" target=\"blank_\">US Equity Premium</a> : essayez donc de faire mieux.</p>
<p>----</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29yZHJlc3BvbnRhbmUuYmxvZ3Nwb3QuYmUvMjAxMy8wNS9sZS1yaXNxdWUtZXQtbGEtcmVtdW5lcmF0aW9uLWRlLmh0bWw=">Sur le web</a></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-123611'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-123611-1'>Auquel peuvent éventuellement s’ajouter des réinvestissements. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-123611-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-123611-2'>Le montant que votre débiteur s’est engagé à vous rembourser en <em>T</em> (i.e. « date de maturité »). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-123611-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-123611-3'>Que l’on désigne souvent comme le <em>taux sans risque</em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-123611-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-123611-4'>Théorisé, notamment, par Martín d’Azpilcueta dit <em>Doctor Navarrus</em> (1492-1586). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-123611-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-123611-5'><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3BoaWxpcHBlc2lsYmVyemFobi5jb20vMjAxMS8wNC8xMS9lbnRyZXByZW5ldXJpYXQtcmlzcXVlLWluY2VydGl0dWRlLWVjb25vbWlzdGUtZnJhbmsta25pZ2h0Lw==" target=\"blank_\">Philippe Silberzahn</a>, dans la ligne de Frank Knight (<em>Risk, Uncertainty, and Profit</em>, 1921), distingue risque et incertitude – je ne suis pas de cet avis mais ce sera pour une autre fois. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-123611-5'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Deutsche Bank, banque la plus exposée aux produits dérivés au monde</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 06:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Deutsche Bank]]></category>
		<category><![CDATA[produits dérivés]]></category>

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		<description><![CDATA[La Deutsche Bank est la banque la plus exposée aux produits dérivés au monde, pour plus de vingt fois le PIB allemand.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Deutsche Bank est la banque la plus exposée aux produits dérivés au monde, pour plus de vingt fois le PIB allemand.</strong></p>
<p><strong>Par Philippe Herlin.</strong><span id="more-123562"></span></p>
<div id="attachment_123563" class="wp-caption alignleft" style="width: 234px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L0xlLXNpw6hnZS1kZS1sYS1EZXV0c2NoZS1CYW5rLmpwZw=="><img class="size-medium wp-image-123563" title="Le siège de la Deutsche Bank à Francfort (Crédits : Jürgen Matern, Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Le-siège-de-la-Deutsche-Bank-224x300.jpg?16fe88" alt="" width="224" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Le siège de la Deutsche Bank à Francfort</p></div>
<p>C’est la petite info de la semaine, qui est passée sous les radars, mais sur laquelle il faut revenir : la banque qui possède la plus forte exposition aux produits dérivés dans le monde n’est pas la JP Morgan, comme on le pensait, mais la <a title=\"At $72.8 Trillion, Presenting The Bank With The Biggest Derivative Exposure In The World (Hint: Not JPMorgan)\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy56ZXJvaGVkZ2UuY29tL25ld3MvMjAxMy0wNC0yOS83MjgtdHJpbGxpb24tcHJlc2VudGluZy1iYW5rLWJpZ2dlc3QtZGVyaXZhdGl2ZS1leHBvc3VyZS13b3JsZC1oaW50LW5vdC1qcG1vcmdhbg==" target=\"_blank\">Deutsche Bank</a>. Comme l’indique son rapport annuel 2012, la banque est exposée à hauteur de, attention retour à la ligne :</p>
<p>55 605 039 000 000 euros, autrement dit 55.605 milliards d’euros, 55 mille milliards d’euros, ou 55,6 trillions d’euros, ouf.</p>
<p>Par comparaison, le PIB de l’Allemagne s’élevait à 2012 à 2.644 milliards d’euros, ce qui signifie que les engagements de la première banque du pays dans les produits dérivés sont vingt fois plus élevés que toute la richesse créée en un an dans la première puissance économique européenne. Converti en dollars, cela représente 72,8 trillions de dollars, soit un peu plus que la JP Morgan. L’Europe détient le record, la première banque au cœur du pays le plus solide, bravo !</p>
<p>Mais il ne faudrait pas s’inquiéter selon les comptables de la banque allemande, car tous ces engagements sont compensés et, au final, l’exposition nette ressort à 20,3 milliards d’euros seulement. C’est ce qu’expliquent les dirigeants des grandes banques lorsqu’on met ce sujet sur la table : les positions s’équilibrent. Quand un engagement est pris sur un produit dérivé, la banque achète une protection (la position inverse) pour se prémunir.</p>
<p>Mais au fait, à qui achète-t-elle cette protection ? À une autre banque… En réalité toutes les grandes banques se vendent des produits dérivés, ce qui signifie que si l’une d’entre elles fait faillite, toutes les autres plongent ! Les protections vendues par la banque en faillite s’évanouissent, et les autres banques voient leur exposition nette exploser et tombent également. C’est ce qui a failli se produire avec la faillite d’AIG en septembre 2008 qui était la contrepartie de nombreux établissements financiers, et qui a été sauvée en catastrophe par l’État américain. Le calcul de l’exposition nette est ainsi purement théorique. Les dépôts de la Deutsche Bank représentent un centième de ces 55,6 trillions d’euros de produits dérivés, Chypre à côté c’est de la rigolade.</p>
<p>Toutes les grandes banques se tiennent ainsi en équilibre sur une montagne de produits dérivés qui devient très friable en période de crise. Il y a tout de même un point positif dans cette affaire : le siège de la Deutsche Bank se trouve à Francfort, comme celui de la BCE, ainsi Mario Draghi n’aura que quelques rues à traverser en cas de problème.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci5nb2xkYnJva2VyLmNvbS9uZXdzL2RldXRzY2hlLWJhbmstYmFucXVlLXBsdXMtZXhwb3NlZS1wcm9kdWl0cy1kZXJpdmVzLW1vbmRlLTI0Ni5odG1sP3V0bV9zb3VyY2U9ZmVlZGx5" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=123562" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Baisse des taux de la BCE : un impact marginal ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/05/123550-baisse-des-taux-de-la-bce-un-impact-marginal</link>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 05:15:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Open Europe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[baisse des taux]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Il ne faut pas attendre un grand impact de la baisse des taux de la BCE.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il ne faut pas attendre un grand impact de la baisse des taux de la BCE.</strong></p>
<p><strong>Un article d'Open Europe.</strong><span id="more-123550"></span></p>
<p>Comme attendu, la BCE <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lY2IuaW50L3ByZXNzL3ByL2RhdGUvMjAxMy9odG1sL3ByMTMwNTAyLmZyLmh0bWw=" rel=\"nofollow external\">a annoncé</a> une réduction de son taux directeur de 0,25% pour arriver à 0,5%. Comme nous l'indiquions en détail, ceci aura probablement peu d'impact sur l'économie réelle. La vraie question reste de savoir si elle annoncera des mesures supplémentaires non conventionnelles afin de booster l'emprunt dans l'économie, voir <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29wZW5ldXJvcGVibG9nLmJsb2dzcG90LmNvLnVrLzIwMTMvMDUvZWNiLWluY3JlYXNpbmdseS1saWtlbHktdG8tY3V0LXJhdGVzLmh0bWw=" rel=\"nofollow external\">ici (en)</a> pour notre discussion des nombreuses contraintes pesant sur une telle action.</p>
<p>De manière un peu plus intéressante, la BCE a baissé son taux d'emprunt marginal de 0,5% pour arriver à 1% (ce sont des facilités de crédit au jour le jour que la BCE fournit, mais souvent utilisées en tant que dernier ressort étant donné qu'emprunter sur les marchés devrait être moins cher sauf en cas d'urgence). C'était peut être une mesure purement technique afin de garder le corridor entre le taux directeur et ce taux à une valeur normale.</p>
<p>Le graphique <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Nkdy5lY2IuZXVyb3BhLmV1L3F1aWNrdmlldy5kbz9TRVJJRVNfS0VZPTEyMy5JTE0uVy5VMi5DLkEwNTUuVTIuRVVS" rel=\"nofollow external\">ci-dessous</a> (en m€) souligne que l'emprunt sous les facilités de crédits marginales est proche du record le plus bas :</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2VjYm1sZi5wbmc="><img class="aligncenter size-full wp-image-123551" title="emprunt sous les facilitées de crédits marginales (ECB)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/ecbmlf.png?16fe88" alt="" width="466" height="307" /></a></p>
<p>Cela peut vouloir dire deux choses :</p>
<ul>
<li>soit personne n'a vraiment besoin de ces facilitées marginales étant donné les liquidités illimités fournies par les opérations normales de la BCE et le sentiment bien plus calme des marchés observé en ce moment.</li>
<li>soit ce taux peut avoir été trop dissuasif pour rendre son utilisation avantageuse à ce moment, même si les banques se démènent pour trouver des liquidités.</li>
</ul>
<p>Si il s'agit du premier point (comme nous le suspectons), alors il est peu probable que cela fasse une grande différence car personne n'utilise ces facilitées de toute manière (de manière similaire au taux de refinancement directeur et de l'impact limité de sa diminution). Lorcan Roche Kelly (Chef analyste pour l'Europe à Trend Macrolytics) note également que le taux d'emprunt marginal peut aussi fournir une référence à l'aide d'urgence en liquidités (Emergency Liquidity Assistance ou ELA) qui est toujours fortement utilisée dans certains pays, notamment Chypre et la Grèce. La réduction de ce taux peut leur procurer quelque soulagement.</p>
<p>Dans tous les cas, tout ceci n'aura probablement aucun impact, le ton de la<a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lY2IuaW50L2hvbWUvaHRtbC9pbmRleC5lbi5odG1s" rel=\"nofollow external\"> conférence de presse de la BCE (en)</a> et tout détail supplémentaire annoncé seront bien plus importants.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29wZW5ldXJvcGVibG9nLmJsb2dzcG90LmJlLzIwMTMvMDUvYS1tYXJnaW5hbC1pbXBhY3Qtb2YtZWNiLXJhdGUtY3V0Lmh0bWw=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=123550" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Chypre prêt à puiser dans ses réserves d&#039;or ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/29/122995-chypre-pret-a-puiser-dans-ses-reserves-dor</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 05:45:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Sannat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Chypre]]></category>
		<category><![CDATA[Réserves d'or]]></category>

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		<description><![CDATA[Chypre serait prêt à vendre une partie de ses réserves d'or pour financer sa part du plan de sauvetage du système bancaire du pays.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Chypre serait prêt à vendre une partie de ses réserves d'or pour financer sa part du plan de sauvetage du système bancaire du pays.</strong></p>
<p><strong>Par Charles Sannat.</strong><span id="more-122995"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAxL0xpbmdvdHMtZG9yLmpwZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-110753" title="Lingots d'or (Crédits : Agnico-Eagle Mines Limited/Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/Lingots-dor-300x191.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="191" /></a>Selon le <em>Financial Times</em>, Chypre considérerait vendre pour 400 millions d’euros de valeur une partie de ses réserves d’or afin de contribuer au plan de sauvetage international. Les investisseurs redoutent que les marchés de métaux précieux soient perturbés par une telle action. Cela pourrait contraindre d’autres nations de la zone euro déjà confrontées aux mêmes difficultés à puiser dans leurs propres réserves d'or.</p>
<p>Une décision aussi importante que vendre une grande partie de ses réserves d’or nous rappelle la crise de la Corée du Sud en 1997-1998 quand le pays demanda à ses citoyens de donner tous leurs bijoux à la banque centrale pour le bien de la nation.</p>
<p>Jonathan Spall, Directeur de Métaux Précieux chez Barclays Capital pense que cela pourrait être un tournant décisif. Les stocks d’or des banques centrales jusqu’alors écartés des processus de sauvetage pourraient rentrer dans la danse maintenant. Un projet du plan de sauvetage, vu par le <em>Financial Times</em>, stipulait : "Les autorités de Chypre se sont engagées à vendre l’excédent des réserves d’or détenues par la République."</p>
<p>Depuis que la crise a commencé au sein de la zone euro, soit voilà trois ans, Chypre est le premier pays membre à vendre ses réserves d'or. Afin d’arriver aux 400 millions d’euros, il leur faudra vendre plus de 10 tonnes de métal jaune alors que la banque centrale n’en détient que 13,9 tonnes. Les avoirs de la banque centrale représentent environ 62% du total des réserves officielles, selon le World Gold Council. La banque centrale italienne détient 2451 tonnes soit 70% du total des réserves alors que le Portugal en détient 383 tonnes soit 90% du total des réserves. La décision de Chypre sème la tourmente sur les marchés. Ce serait une première pour Chypre et certainement la dernière. Certains analystes déclarent qu’il est presque improbable de voir des grandes nations se mettre à vendre leur or pour réduire leurs dettes. L’approbation d’une telle action demeure dans les mains du Parlement allemand où doit se réunir un Comité de finances du Bundestag et qui donnera lieu à une session pléniaire avant la fin d’avril. L’économie de Chypre se montre bien morose : une récession plus grave serait attendue.</p>
<p>Les banques centrales européennes avaient convenu en 1999 de limiter leurs ventes d’or afin de conforter les prix après que le métal jaune eut connu son prix le plus bas en 20 ans, soit à 250 dollars l’once troy. Depuis, les banques centrales, auparavant vendeuses, sont devenues acheteuses, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMjIvMTA1MzAyLWZvcnRlLWNyb2lzc2FuY2UtZHUtbWFyY2hlLWRlLWxvci1jaGlub2lzLW5vdXZlYXUtbGVhZGVyLW1vbmRpYWw=" target=\"_blank\">poussées par les achats massifs en Asie</a>. L’année dernière, les banques centrales n’avaient jamais acheté autant d’or en ces 48 dernières années.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sb3JldGxhcmdlbnQuaW5mby9jcmlzZS9jaHlwcmUtcHJldC1hLXB1aXNlci1kYW5zLXNlcy1yZXNlcnZlcy1kJUUyJTgwJTk5b3IvOTY3NS8/dXRtX3NvdXJjZT1mZWVkbHk=" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122995" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Pressions sur la BCE pour baisser encore plus les taux d&#039;intérêt</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 05:20:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Open Europe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[Politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Conflit (de taux) d’intérêts : l'Allemagne reste méfiante face aux cris pour une baisse des taux d’intérêts de la BCE.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Conflit (de taux) d'intérêt : l'Allemagne reste méfiante face aux cris pour une baisse des taux d'intérêt de la BCE.</strong></p>
<p><strong>Un article d'Open Europe depuis Bruxelles, Belgique.</strong><span id="more-122978"></span></p>
<div id="attachment_111513" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAxL2J1bGxlLmpwZw=="><img class="size-medium wp-image-111513" title="bulle" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/bulle-300x300.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La France réussira-t-elle à créer une nouvelle bulle spéculative ?</p></div>
<p>Ces derniers jours ont vu naître un déplacement du consensus dans le débat sur les taux directeurs de la BCE. Les récentes données économiques de la zone euro ont été particulièrement mauvaises, avec un secteur privé décélérant plus vite que prévu. Ce ralentissement a aussi été observé en Allemagne et dans les pays les plus solides du nord de l'Europe. En réponse, la plupart des banque et des analystes ont revu leurs attentes et prévoient désormais un abaissement des taux directeurs de la BCE en mai ou juin.</p>
<p>Le raisonnement tenu est qu'un ralentissement des économies des pays du nord de la zone va diminuer l'inflation et va donner à la BCE plus de marge pour baisser ses taux sans craindre de conséquences disproportionnées sur les économies les plus solides. Après tout, la BCE doit trouver un équilibre qui convienne à tous les membres de la zone euro (bien que ce ne soit jamais le cas, d'où l'erreur de mener une politique monétaire qui soit la même pour tous).</p>
<p>Comme toujours, en ce qui concerne la banque centrale européenne, l'Allemagne reste l'acteur principal. La chancelière allemande Angela Merkel s'est montrée favorable à l'action de la BCE. S'exprimant au congrès de caisses d'épargne ce jeudi, elle a déclaré :</p>
<blockquote><p>La BCE est dans une situation difficile. Dans le fond, elle devrait probablement relever un peu ses taux pour l'Allemagne, mais pour les autres pays, elle aurait en fait besoin d'agir un peu plus pour s'assurer que les entreprises ont accès au financement. Si nous voulons revenir à des taux d'intérêt supportables, nous devons surmonter la division qui règne au sein de la zone euro.</p></blockquote>
<p>Dans un pays où l'indépendance de la banque centrale est sacrée, les politiciens se tiennent à l'écart de tout commentaire sur la politique monétaire. Les propos de Merkel sortent donc largement de l'ordinaire. Ils ont peut-être été incités par l'insistance du gouvernement français qui réclame que la BCE mène une politique plus volontariste alors même que les deux pays s'étaient engagés à ne pas discuter de sa politique monétaire.</p>
<p>Un membre du directoire de la BCE, Joerg Asmussen, a pris place au débat en déclarant :</p>
<blockquote><p>La politique monétaire n'est pas l'arme absolue pour toute maladie économique. La répercussion de baisses des taux à la périphérie de la zone euro serait limitée, or c'est là qu'elle serait le plus nécessaire. [La périphérie désigne ici les pays du Sud de l'Europe.] Dans le même temps, des baisses de taux assoupliraient encore plus des conditions de financement déjà extrêmement lâches dans d'autres pays de la zone euro, et des taux d'intérêt bas pendant trop longtemps peuvent conduire à des distorsions. En particulier :</p>
<p>- à une mauvaise allocation des ressources, ce qui conduit à des perspectives de croissance plus faibles,</p>
<p>- à des rentrées de capitaux excessifs dans quelques économies émergentes, qui déforment les taux de change et accentuent les risques des crédits,</p>
<p>- à réduire l'incitation des gouvernements, banques et entreprises à assainir leur situation économique.</p></blockquote>
<p>Pour de nombreuses raisons, il semble donc que la baisse des taux directeurs ne soit pas à l'ordre du jour. Asmussen a raison de dire que les répercutions seraient limitées pour les économies du sud de la zone euro – celles censées profiter de la mesure – étant donné la faiblesse des mécanismes de transmission monétaire en Europe et la fragmentation des marchés.</p>
<p>Mais plus important encore, il existe toujours en Allemagne la certitude que des taux plus bas pourraient avoir un effet néfaste pour l'économie de la zone euro, particulièrement par la création de bulles d'actifs ou d'immobilier – similaires à celles rencontrées lors de l'introduction des taux directeurs très bas de la BCE dans le sud de l'Europe lors de la création de l'euro. Cela dit, la vague des voix réclamant une action de la BCE s'amplifie, surtout dans le contexte du débat sur l'austérité. Il sera donc très délicat d'équilibrer cette attente avec celle des pays du nord de la zone euro.</p>
<p>Une fois de plus, la BCE va donc se retrouver au centre d'un débat chaque jour plus politique.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29wZW5ldXJvcGVibG9nLmJsb2dzcG90LmJlLzIwMTMvMDQvY29uZmxpY3Qtb2YtaW50ZXJlc3QtcmF0ZXMtY2xhbW91ci1mb3IuaHRtbA==" target=\"_blank\">Article original (anglais)</a> - Traduction Eriul/<em>Contrepoints</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Déblocage de l’épargne salariale : contresens et courte vue</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/26/122753-deblocage-de-lepargne-salariale-contresens-et-courte-vue</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Apr 2013 05:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Doidy de Kerguelen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Économie générale]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[consommation des ménages]]></category>
		<category><![CDATA[épargne salariale]]></category>
		<category><![CDATA[récession]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans sa « boîte à outils », Monsieur Bricolage nous sort une nouvelle truelle de replâtrage, le « dépense tout de suite ce que tu as mis de côté pour demain ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans sa « boîte à outils », Monsieur Bricolage nous sort une nouvelle truelle de replâtrage, le « <em>dépense tout de suite ce que tu as mis de côté pour demain</em> ».</strong></p>
<p><strong>Par Thibault Doidy de Kerguelen.</strong><br />
<span id="more-122753"></span><br />
<strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMjc1NA==" rel=\"attachment wp-att-122754\"><img class="aligncenter  wp-image-122754" title="tirelire-cassee-2" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/tirelire-cassee-2.jpg?16fe88" alt="" width="420" height="312" /></a></strong></p>
<p><strong>20 000€ disponibles sur vos avoirs pour vous inciter à consommer</strong></p>
<p>Toutes les mesures déjà adoptées par le gouvernement (BPI, crédit d’impôt compétitivité et emploi, réforme du marché du travail, etc.) tardent à produire les effets escomptés (doux euphémisme…). En bon socialiste, puisque les mesurettes allant dans le sens de la politique de l’offre ne sont pas efficaces à court terme, que le mécontentement grandit, l’exécutif se rabat sur la politique de la demande. Après les <em>jeux</em> avec le mariage homosexuel, il est temps de donner au « bon peuple » du <em>pain</em> pour assurer la paix sociale. Si en plus, on peut faire en sorte qu’il paye lui même ce pain, c’est tout bénéfice pour l’empereur. O tempora, o mores!</p>
<p>Dans l’esprit de ceux qui raisonnent à court terme, le nez sur le guidon, ceci peut sembler, a priori, une bonne idée, puisque la consommation des ménages est le moteur traditionnel de la croissance en France et que celui-ci est en baisse depuis le début de l’année (-0,9% en janvier,<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vMjAxMy9sYS1jb25zb21tYXRpb24tdG91am91cnMtZW4tYmFpc3NlLw==" target=\"_blank\"> -0,2% en février</a>). D’autant que les perspectives ne sont pas à l’optimisme. Selon la<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnNlZS5mci9mci9pbmRpY2F0ZXVycy9hbmFseXNfY29uai9hcmNoaXZlcy9tYXJzMjAxM19mMi5wZGY=" target=\"_blank\"> note de conjoncture trimestrielle</a> de l’Insee, la consommation devrait rester stable (0%) au premier semestre, ce que contredit un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy42MG1pbGxpb25zLW1hZy5jb20vYWN0dWFsaXRlcy9hcnRpY2xlcy9wb3V2b2lyX2RfYWNoYXRfbmJzcF9kZXNfYXJiaXRyYWdlc19kZV9wbHVzX2VuX3BsdXNfZG91bG91cmV1eA==" target=\"_blank\">récent sondage <em>60 millions de consommateurs</em>/Mediaprism</a>, pour qui 58% des Français vont réduire leurs dépenses de consommation cette année.</p>
<p>Bref, pour assurer le <em>pain </em>et maintenir un semblant de paix sociale déjà bien entamée avec l’affaire du mariage homosexuel, le gouvernement se sent obligé de soutenir la consommation. D’autant que deux trimestres d’affilé avec une consommation négative déclencheraient un concert médiatique sur le thème de la « récession », mot devenu aussi tabou que celui de « rigueur ». Sauf que l’État n’a plus les moyens de financer un plan de relance, d’où l’idée subtile de permettre, voire d’inciter les Français à dépenser leur épargne.</p>
<p>Le mécanisme est simple, un montant maximal de 20 000 euros par bénéficiaire sera débloqué de façon anticipée, exonéré de cotisations sociales et d’impôt, pendant 6 mois. Les fonds pourront être retirés en une seule fois, sans justification pour un achat spécifique. Cela concerne l’épargne salariale d’environ 7,2 millions de salariés, hors <a title=\"Perco\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vMjAxMS9wZXJjby8=">Perco</a> et fonds solidaires. Pour ne pas mettre en difficulté les entreprises, le déblocage des sommes placées dans des fonds communs de placement d’entreprises (FCPE) est soumis à un accord collectif ou à l’accord du chef d’entreprise. Cette proposition a été adoptée en début de semaine, mardi 23 avril, en commission des Affaires sociales de l’Assemblée, et passera en séance plénière le 13 mai.</p>
<p><strong>Un montant qui risque de décevoir nos grands esprits de Bercy</strong></p>
<p>Ce sont, en théorie, 10% de l’encours total de l’épargne salariale, soit environ 9 milliards d’euros, qui seront potentiellement déblocables à compter de cet été. En théorie seulement, car l’encours moyen se situe entre 7 500 et 8 000€ (bien loin du plafond des 20 000€ autorisés), et que bien des salariés, du moins espérons le, ne tomberont pas dans le piège de la consommation et conserveront leur épargne salariale défiscalisée.</p>
<p>Notons qu’en plus, cette épargne serait-elle débloquée, que n’étant pas, comme dans le cas de 1994, conditionnée par un achat précis, elle a toutes les chances de se retrouver sur les livrets A ou les contrats d’assurance vie. Donc de ne pas alimenter la sacro-sainte consommation. Quant à la part de moutons-cigales qui s’empresseraient de dépenser cette manne sortie de leur poche, ils achèteront, comme dans les exemples précédents (primes à la casse ou autres) des produits importés, aggravant de ce fait la balance commerciale de la France.</p>
<p><strong>Une mesure peu pertinente</strong></p>
<p>C’est vraiment faire peu de cas de l’intérêt des Français que de les inciter à consommer aujourd’hui leur épargne longue. D’ailleurs, c’est complètement fou de voir que le discours officiel est de prôner l’épargne longue, d’envisager l’allongement de la durée de détention d’un contrat d’assurance vie et que le gouvernement, après avoir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vMjAxMi9sZXBhcmduZS1zYWxhcmlhbGUtc2UtcG9ydGFpdC1iaWVuLw==" target=\"_blank\">flingué fiscalement</a> l’épargne salariale cherche aujourd’hui à la vider. Il semble aberrant, au moment où les régimes de retraites sont au bord de l’explosion, d’inciter les Français à se dégarnir. Pour quoi faire ? Pour les rendre encore un petit peu plus dépendants de la « solidarité » étatique demain ? L’épargne salariale est un moyen efficace pour les salariés de prévenir le prochain séisme des régimes de retraites.</p>
<p><strong>Hormis les questions de fonds que nous venons d’évoquer, quels conseils donner à nos lecteurs ?</strong></p>
<ul>
<li>Si votre avenir immédiat n’est pas en danger (n’oubliez pas que les PEE sont de toute manière déblocables lors de la perte de votre emploi et que les PERCO le sont si vous vous trouvez en fin de droits, il n’y a donc pas urgence à casser votre épargne salariale), ne touchez à rien. En effet, même si « quelqu’un » (un gentil conseiller qui aimerait tant récupérer votre épargne, par exemple) vous propose de placer cette somme sur un autre type de support, n’oubliez pas que vos intérêts produits seront fiscalisés (pas ceux de votre épargne salariale) et que vous paierez le double de cotisations sociales. Patrimonialement parlant, votre intérêt n’est pas de bouger votre épargne salariale.</li>
</ul>
<ul>
<li>Si vous avez actuellement des crédits en cours dont les taux sont importants (genre revolving ou crédits à la consommation) et que le retrait autorisé de votre épargne salariale vous permet de les effacer, n’hésitez pas, faites le. Mais ne vous contentez pas d’éponger vos dettes. Continuez, comme si vous aviez toujours en cours les crédits que vous venez d’effacer, à verser le même montant sur votre livret A jusqu’à trop plein, puis sur votre contrat d’assurance-vie. Vous vous constituerez ainsi un petit capital dont vous pourrez disposer en cas de besoin. N’oubliez pas que de cette manière, c’est la totalité de votre épargne que vous retrouverez en cas de besoin ou en cas d’investissement. Lorsque vous remboursez un crédit, regardez la part de capital que vous remboursez sur le montant de votre mensualité…. peanuts !</li>
</ul>
<ul>
<li>Si pour l’instant vous n’avez pas de besoin particulier mais que vous savez que vous aurez à faire face à une dépense particulière dans les mois ou l’année à venir, alors dans ce cas, la sortie de votre épargne salariale et son placement en épargne classique se justifie.</li>
</ul>
<ul>
<li>Si vous avez envie de maintenir un niveau de vie qui vous convient mais que vous sentez s’essouffler, raisonnez-vous. Ce que vous allez brûler aujourd’hui alors que la situation n’est pas encore catastrophique risque de sérieusement vous manquez demain si le système, à bout de souffle, explose. La gestion patrimoniale, c’est justement ne pas tomber dans ce genre de pièges.</li>
</ul>
<ul>
<li>Et l’investissement, allez-vous me dire ? Mon leitmotiv n’est-il pas d’investir dans du tangible, du solide, du « qui existera toujours », même si le système monétaire et financier explose ? Si fait, bien sûr. Si les sommes disponibles sur votre contrat d’épargne salariale débloqué (attention, ils ne le sont pas tous…) sont suffisantes pour investir dans du tangible, du matériel, et que vous disposez déjà d’une épargne liquide ou aisément liquidable, alors oui, bien sûr, cette solution demeure excellente.</li>
</ul>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vMjAxMy9kZWJsb2NhZ2UtZGUtbGVwYXJnbmUtc2FsYXJpYWxlLWNvbnRyZXNlbnMtZXQtY291cnRlLXZ1ZS8=">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122753" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le bitcoin pour les nuls</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122559-le-bitcoin-pour-les-nuls</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122559-le-bitcoin-pour-les-nuls#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 05:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Benbassat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[bitcoin]]></category>
		<category><![CDATA[bulle financière]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[monnaies privées]]></category>

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		<description><![CDATA[La presse en parle de plus en plus souvent. Mais qu’est-ce donc que le bitcoin ? Sera-t-elle la monnaie du futur ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La presse en parle de plus en plus souvent. Mais qu’est-ce donc que le bitcoin ? Sera-t-elle la monnaie du futur ?</strong></p>
<p><strong>Par Daniel Benbassat.</strong><br />
<span id="more-122559"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMDgvMzM5ODItYml0Y29pbi11bmUtbW9ubmFpZS9iaXRjb2lu" rel=\"attachment wp-att-33983\"><img class="alignleft  wp-image-33983" title="BitCoin" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/07/bitcoin.png?16fe88" alt="" width="216" height="216" /></a>Depuis quelques mois, les médias économiques de tous les pays parlent beaucoup du bitcoin. Vous pouvez trouver des articles sur le bitcoin dans : <em>Le Monde</em>, <em>Les Échos</em>, <em>La Tribune</em>, <em>L’Express</em>, <em>Le Nouvel Obs</em>, <em>Le Point</em>, etc., souvent datés du début avril 2013. Mais ils en parlent quasiment tous pour évoquer une bulle gigantesque. Alors, qu’est-ce donc que ce Bitcoin ?</p>
<p><strong>Le bitcoin, une crypto-devise</strong></p>
<p>En fait, c’est une monnaie électronique basée sur des algorithmes mathématiques du domaine de la cryptographie (l’art de coder et de décoder des messages secrets), née en 2009 et conçue par un génie inconnu et qui depuis a complètement disparu ! Elle n’a aucun support physique, sauf les disques durs des ordinateurs, et elle est donc constituée de 0 et de 1, comme tous les fichiers informatiques.</p>
<p>Malgré tout, pour qu’elle puisse être considérée comme une monnaie, il faut qu’elle ait plusieurs propriétés en commun avec les pièces et les billets en euros que vous connaissez bien :</p>
<ul>
<li>Elle doit avoir un possesseur (les euros qui sont dans mon porte-monnaie sont à moi, et pas à mon voisin).</li>
<li>Elle doit pouvoir être échangée avec quelqu’un d’autre pour un besoin de paiement (par exemple le boulanger à qui j’achète mon pain).</li>
<li>Elle doit comporter des décimales si elle a une valeur suffisante. Mon pain ne vaut pas 1 ou 2 euros, mais 1,14 euros. Il faut donc qu’il existe aussi des centimes.</li>
<li>Et évidemment, il ne faut pas qu’elle puisse être fabriquée facilement, ni dupliquée. Si j’essaie de faire un faux billet de 10 euros en utilisant une photocopieuse, il sera refusé car le papier n’aura pas la bonne qualité, il n’y aura pas de filigrane, etc. Un fichier informatique, par contre est particulièrement facile à dupliquer, car en principe avec un copier/coller, j’obtiens un deuxième fichier identique au premier.</li>
</ul>
<p>Le bitcoin a bien toutes ces propriétés :</p>
<ul>
<li>Je peux avoir un ou plusieurs porte-monnaie qui m’indiquent combien de bitcoins je possède, et qui peuvent être sur mon ordinateur, sur une clé USB ou sur un serveur informatique quelque part dans le monde, pourvu que je me souvienne du mot de passe pour y accéder.</li>
<li>Comme il voyage par internet, il peut être échangé entre 2 personnes d’un bout à l’autre de la planète en quelques minutes.</li>
<li>Un bitcoin peut être divisé, non seulement en centimes, mais en fraction jusqu’au 100 millionième. C’est nécessaire, car sa valeur peut devenir très élevée comme on le verra plus tard.</li>
<li>Et il ne peut être contrefait ni dupliqué. En effet, par un processus informatique assez complexe, mais très fiable, l’historique complet de tous les échanges d’un bitcoin est enregistré dans un bloc de données informatique et transmis sur tout le réseau internet, à tous les ordinateurs gérant des bitcoins, d’une manière telle qu’il ne puisse être modifiée sans qu’une erreur n’apparaisse.</li>
<li>Quand un certain nombre de bitcoins ou une partie de bitcoin est transmis à quelqu’un d’autre, ce bloc est complété du nouvel échange, se propage sur le réseau, et au bout de quelques minutes devient irréversible. Il est alors impossible d’annuler ce transfert. Je ne peux plus récupérer mes bitcoins envoyés, sauf à demander à mon partenaire de refaire un transfert dans l’autre sens.</li>
</ul>
<p>Il a encore d’autres propriétés intéressantes :</p>
<ul>
<li>Contrairement aux paiements par paypal, western union ou par carte visa, mastercard, il est sans frais, aucun intermédiaire ne prélève quelques pour cent au passage.</li>
<li>Les transactions de paiement sont anonymes. À chaque nouvel échange, on peut donner à son correspondant une nouvelle adresse fabriquée par le système, et automatiquement le paiement viendra atterrir dans le porte-monnaie que l’on aura choisi.</li>
</ul>
<p><strong>Quelle est la valeur d’un bitcoin ?</strong></p>
<p>C’est la grande question que se posent tous les journaux que j’ai cités.</p>
<p>Quelle est la valeur d’une monnaie en général ? Cela dépend bien sûr de ce que je peux acheter grâce à elle. Avec un euro, je peux acheter par exemple une baguette, un café au bar du coin, 4 cigarettes, un peu moins d’un litre de diesel, 100 grammes de steack, etc. Avec une autre monnaie, livre sterling, franc suisse, dollar, cela va être un peu différent, ce qui va permettre d’établir une comparaison entre monnaies. Mais tout ceci varie dans le temps, généralement une unité d’une monnaie permet d’acheter de moins en moins de choses dans le temps, c’est ce que l’on appelle l’inflation. Les monnaies entre elles ont aussi des rapports changeants, c’est ce que l’on appelle le cours. Par exemple, le cours entre le dollar et l’euro change toutes les secondes, et même toutes les millisecondes sur des places de marché électroniques, où se confrontent des acheteurs et des vendeurs et le cours est le résultat d’un équilibre qui évolue sans arrêt.</p>
<p>Qu’en est-il du bitcoin ? C’est le même principe, mais avec moins de places de marché et des volumes beaucoup plus petits. Il y a essentiellement des places de marché qui échangent le bitcoin contre le dollar, et quelques-unes qui échangent le bitcoin contre l’euro. Il y en a une en France, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9iaXRjb2luLWNlbnRyYWwubmV0Lw==">https://bitcoin-central.net</a>. Vous pouvez y ouvrir un compte en euros, que vous alimenterez par un transfert SEPA à partir de votre banque habituelle. Vous pourrez alors acheter des bitcoins à un cours que vous choisirez ou au mieux, c’est-à-dire en prenant le cours de l’offre la plus intéressante.</p>
<p>Actuellement (vers le 20 avril 2013), le bitcoin vaut un peu moins d’une centaine d’euros, mais les fluctuations de cours sont très fortes depuis le début de l’année 2013. En effet, en début d’année, le bitcoin valait une dizaine d’euros, puis il a augmenté sans interruption, et vers mi-avril il valait quasiment 200 euros. Alors tout à coup, la place de marché la plus importante en dollar a été bloquée plus d’une journée par des problèmes informatiques (trop de nouveaux comptes et trop de transactions d’achat/vente, aggravés d’une tentative d’attaque de hackers). Ceci a déclenché une panique avec des milliers d’ordre de vente, qui ont fait redescendre le cours à une cinquantaine d’euros en quelques jours.</p>
<p>C’est pourquoi les médias ont parlé de bulle et d’éclatement de la bulle. Mais il faut bien voir que malgré tout, on est toujours à un cours 10 fois plus élevé qu’en début d’année, mais beaucoup plus stable pour l’instant.</p>
<p><strong>Que peut-on faire avec des bitcoins ?</strong></p>
<p>Pour l’instant, on ne peut pas encore acheter son pain avec, mais beaucoup de services internet, et même des e-commerces peuvent être payés en bitcoin. Il est vrai que peu de sites francophones jouent encore le jeu. Vous pouvez trouver cette liste de sites en français ici : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5iaXRjb2luLmZyL3Bvc3QvMjAxMC8xMi8zMC9RdWUtZmFpcmUtYXZlYy1tZXMtYml0Y29pbnM=">http://www.bitcoin.fr/post/2010/12/30/Que-faire-avec-mes-bitcoins</a></p>
<p>Une nouvelle étape est prévue, qui consiste à installer des DAB (distributeurs de billets) en bitcoins. On pourra retirer des billets en euros à partir d’un porte-monnaie en bitcoins, et à l’inverse, créditer son porte-monnaie bitcoin en insérant dans la machine des billets en euros. En 2013, une centaine de distributeurs sont prévus dans 30 pays.</p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjUvMTIyNTU5LWxlLWJpdGNvaW4tcG91ci1sZXMtbnVscy9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy0yMDEzNzU2LWJpdGNvaW4=" rel=\"attachment wp-att-122676\"><img class="alignright  wp-image-122676" title="imgscan contrepoints 2013756 bitcoin" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/imgscan-contrepoints-2013756-bitcoin-843x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="364" /></a>Comment sont fabriqués les bitcoins ?</strong></p>
<p>C’est un peu comme pour l’or, pour en extraire, il faut aller le chercher dans les mines.</p>
<p>Les bitcoins sont fabriqués par des mineurs d’un type spécial. Encore une fois, c’est une affaire de mathématiques. Il faut résoudre une équation de plus en plus compliquée au fil du temps pour pouvoir créer un bitcoin. Il s’en crée de moins en moins. En effet, les quatre premières années, on pouvait créer 50 bitcoins toutes les 10 minutes. Depuis fin 2012, c’est seulement 25 bitcoins toutes les 10 minutes, et tous les 4 ans ce nombre sera divisé par 2.</p>
<p>Ce qui fait qu’actuellement, il existe un peu plus de 11 millions de bitcoins, mais il y a une limite absolue de 21 millions qui ne sera atteint que dans plusieurs dizaines d’années.</p>
<p>Bien sûr, pour les mineurs, plus leurs PC sont puissants, plus ils peuvent espérer créer de nouveaux bitcoins, les programmes pour le faire étant en libre accès sur internet ; c’est essentiellement les cartes graphiques qui font le travail. Mais de nouveaux matériels sont en train de voir le jour, dont l’unique objet sera de créer des bitcoins, et qui seront donc au moins 10 fois plus rapides pour cette tâche, que les meilleurs PC actuels.</p>
<p><strong>Quel avenir pour cette monnaie ?</strong></p>
<p>Dans notre environnement de crise financière et monétaire toujours très vive, le bitcoin peut devenir une devise importante, car elle est indépendante de toute banque centrale, et même de tout organisme.</p>
<p>Ses caractéristiques d’échange gratuit et anonyme peuvent en faire un moyen de paiement adapté aux ventes illégales (drogue, prostitution, blanchiment d’argent sale), mais il peut aussi être utilisé par ceux qui veulent éviter le contrôle de certains États (liberté d’expression, mouvement anti-dictature, droits de l’homme, etc.), et par ceux qui ont peur que la politique monétaire de plus en plus laxiste n’échappe au contrôle des banques centrales.</p>
<p>Il a été dit que lors de la crise bancaire à Chypre de ce début de printemps, beaucoup de Chypriotes avaient transféré leurs avoirs en bitcoins, pour éviter de s’en faire prélever une partie par les banques. On a aussi noté que beaucoup d’Espagnols ouvraient des comptes en bitcoin.</p>
<p>Par ailleurs, le fait que le nombre total de bitcoin est limité empêche toute inflation, et donc toute réduction régulière de sa valeur. Au contraire, au fur et à mesure qu’il est de plus en plus utilisé, sa valeur devrait aller en augmentant.</p>
<p>La valeur totale des bitcoins en circulation à ce jour, est d’environ 1 milliard d’euros, ce qui laisse une marge de progression importante, si par exemple on compare avec les importations ou les exportations d’un seul mois de 2013, qui se montent à environ 40 milliards d’euros, uniquement pour la France.</p>
<p>Certains États ou organismes pourraient éventuellement être gênés par cette  nouvelle devise, quand elle sera beaucoup plus utilisée – la BCE et la Fed. s’y intéressent de près, mais seulement pour dire qu’ils continueront à la surveiller).</p>
<p>Iront-ils jusqu’à l’interdire, et dans l’affirmative, pourront-ils réellement le faire ?</p>
<p>C’est l’enjeu du futur. En tout cas, on peut dire que c’est la première monnaie libre de l’ère internet, et on lui souhaite de révolutionner la banque, comme internet a révolutionné la liberté d’expression.</p>
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		<title>Les banques centrales fabriquent la fausse monnaie</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122582-les-banques-centrales-fabriquent-la-fausse-monnaie</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 05:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Yves Naudet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[assouplissement monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Banque du Japon]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[BoJ]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[quantitative easing]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l’imagination est au pouvoir chez les Banques Centrales, elle consiste avant tout à revenir aux erreurs du passé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Si l’imagination est au pouvoir chez les Banques Centrales, elle consiste avant tout à revenir aux erreurs du passé.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Yves Naudet.</strong><span id="more-122582"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMjU4NA==" rel=\"attachment wp-att-122584\"><img class="aligncenter  wp-image-122584" title="monnaies" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/monnaies.png?16fe88" alt="" width="496" height="288" /></a></p>
<p>Il flotte comme un parfum de mai 68 dans les bureaux des banques centrales. L’imagination y a pris le pouvoir. Comme en 68, les « propositions innovantes » consistent à revenir aux vieilles lunes, et aux initiatives les plus délirantes. La meilleure innovation est à coup sûr celle de la bonne vieille planche à billets.</p>
<p>Aujourd’hui, la Réserve Fédérale mène une politique de « <em>quantitative easing </em>» (aisance quantitative) : émettre du billet vert en quantité illimitée, sans souci de dépréciation du dollar. À son tour la Banque du Japon veut doubler la masse monétaire en deux ans. Quant à la Banque Centrale Européenne, elle « cherche des idées » pour stimuler la croissance.</p>
<p>Au mieux, on nous prépare de jolies bulles spéculatives, au pire, une inflation généralisée.<strong></strong></p>
<p><strong>La révolution monétaire japonaise</strong></p>
<p>Il y a deux semaines, c’est la Banque du Japon qui a sonné la charge. Elle que l’on disait plutôt orthodoxe (« timorée » dit <em>Le Monde</em>, le laxisme étant sans doute un signe de courage), la voici qui se convertit à la relance monétaire la plus radicale. Déjà, le Japon manipule la valeur externe de la monnaie (la « dévaluation compétitive ») dans l’espoir de relancer son commerce extérieur. Mais la dévaluation compétitive cesse d’être efficace quand il y a compétition entre dévaluateurs : si tout le monde baisse en même temps, les valeurs relatives des devises ne changent pas.</p>
<p>Voici que le nouveau gouverneur de la « BoJ », Haruhiko Kuroda, s’est déclaré prêt à faire « tout ce qui peut l’être » pour sortir le Japon de la récession (toute relative, puisque la croissance y est supérieure à celle de la zone euro et le chômage y est très inférieur). Il propose ce que <em>Le Monde</em> appelle une « révolution monétaire ». Laquelle ? Le doublement en deux ans de la base monétaire, soit 1 400 milliards de dollars à injecter.</p>
<p><strong>Monétarisation de la dette</strong></p>
<p>C’est en effet une révolution, au sens où cela consiste à revenir au point de départ, c’est-à-dire au laxisme monétaire qui avait conduit le Japon, comme d’autres pays, à l’inflation galopante.</p>
<p>Comment réaliser ce tour de magie ? La BoJ procèdera à des achats massifs d’obligations d’État, dans toutes les maturités, donc y compris des obligations à 40 ans. C’est la monétarisation de la dette publique dans toute sa splendeur. Cela ne suffit pas. La BoJ va aussi acheter des actifs réputés plus risqués, des titres de fonds immobiliers ou des fonds cotés en Bourse. Il est loin le temps où Jacques Rueff pourfendait l’achat de « fausses créances », qui conduit à émettre de la fausse monnaie !</p>
<p>Les dirigeants de la BoJ soulignent que cela fait vingt ans que le Japon s’enferme dans une spirale déflationniste qui expliquerait la crise économique. Étrange déflation que celle qui consiste en une moindre hausse des prix ! On n’est pas en 1929 avec des prix qui chutent de 50%. Mais puisque, paraît-il, déflation il y aurait, la solution est simple : il faut faire de l’inflation. CQFD.</p>
<p>Le schéma est d’une simplicité toute keynésienne : on injecte des quantités phénoménales d’argent, donc on favorise le crédit à bon marché aux ménages et aux entreprises ; l’économie, ainsi stimulée par la demande, va redémarrer. En clair ? Donner de l’argent gratuit à tous ceux qui en demandent. Ce qui a échoué partout depuis des décennies. Mais ici la mystification est énorme : qui peut croire qu’en doublant la quantité de monnaie, les prix monteraient seulement… de 2%, comme l’annonce la BoJ ? À court terme, les marchés financiers seront ravis de cette manne : ils pourront spéculer impunément sur n’importe quelle valeur, et les dettes souveraines étrangères elles-mêmes vont trouver acquéreurs. À coup sûr, la bulle financière ainsi prévisible se crèvera aussi vite qu’elle se formera.</p>
<p><strong>La BCE veut remettre du carburant dans la machine</strong></p>
<p>La Banque Centrale Européenne parait plus sage, l’Allemagne veillant au grain. Il y a pourtant de quoi être inquiet. « La BCE réfléchit tous azimuts pour soutenir l’activité en Europe » titre <em>Les Échos</em> ; « La BCE en quête d’idées pour stimuler l’activité » enchaîne <em>Le Figaro</em> ; « La BCE cherche comment soutenir l’activité » conclue <em>Le Monde</em>. Là aussi l’imagination est au pouvoir. Mais le principe reste le même : la politique monétaire doit soutenir l’activité, elle prend ainsi le relais de la politique budgétaire dont les « bienfaits » sont maintenant épuisés à cause de la crise des dettes souveraines.</p>
<p>Mario Draghi envisage « de nouveaux instruments » pour stimuler l’économie. Il a précisé « nous devons réfléchir intensément pour trouver quelque chose qui soit à la fois utile et compatible avec notre mandat ». « Nous réfléchissons à 360 degrés ». Il a ajouté qu’il pourrait s’inspirer de ce qui se passe dans les autres pays (États-Unis et Japon). Voilà de quoi rassurer. Il est question de baisser encore les taux de la BCE, ce qui est très novateur et a produit jusqu’ici des effets miraculeux sur la croissance ! L’idée principale, elle aussi novatrice, est de remettre « du carburant dans la machine ». Traduisons : le keynésianisme budgétaire étant sorti de piste, on revient au keynésianisme monétaire. Mais on pense aussi à des « mesures non standards » comme un programme pour soutenir le financement des PME. Un pas de plus dans l’étatisation de la vie économique : nous seulement on accentue le laxisme monétaire, mais encore on réintroduit la planification économique.</p>
<p><strong>L’extraordinaire aveuglement des banques centrales</strong></p>
<p>Dans notre tour d’horizon, nous n’avons pas relevé la prétention à l’originalité de la Banque d’Angleterre. Libérée des « disciplines » de l’euro, elle a déjà procédé à une dévaluation de 25% environ de la livre sterling. Mais elle y ajoute désormais la sélection du crédit : les banques pourront se refinancer auprès de la Banque d’Angleterre à des conditions plus avantageuses si elles acceptent d’accorder des crédits à des projets qui concernent des secteurs économiques privés de financement. Ici peu importe la rentabilité ou la solvabilité des emprunteurs, on les sélectionne simplement sur le fait qu’ils appartiennent à un secteur en souffrance, considéré comme prioritaire par la Banque d’Angleterre (crédit immobilier par exemple). Innovation géniale ? Non : le fait de prêter par priorité à des gens insolvables a été à l’origine de la création des <em>subprimes</em> aux États-Unis ! Mais l’idée est tellement bonne (et les résultats tellement probants aux USA) que Mario Draghi veut reprendre le même modèle, mais « mieux adapté ». Le Directeur de la BCE a également insisté sur le fait que le taux d’inflation étant en dessous de l’objectif des 2%, on avait de la marge. Personne n’a osé lui faire remarquer que les statuts de la BCE lui faisaient obligation de lutter contre l’inflation.</p>
<p>Si l’imagination est au pouvoir chez les Banques Centrales, elle consiste avant tout à revenir aux erreurs du passé ; on a mis des décennies à se débarrasser de l’inflation, en maîtrisant la masse monétaire. C’est le grand bond en arrière, qui provoquera bulles sur bulles avant de se traduire en inflation. Les États en sont fort aise : l’inflation réduit le poids de la dette. Peu leur importe que les épargnants soient volés et l’économie ruinée. L’important est qu’ils montrent au peuple, tels les médecins de Molière, qu’ils prennent soin de lui.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbmpvbmN0dXJlLzMwMDktbGVzLWJhbnF1ZXMtY2VudHJhbGVzLWZhYnJpcXVlbnQtbGEtZmF1c3NlLW1vbm5haWUuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Secret bancaire : un assouplissement des banquiers suisses ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/23/122406-secret-bancaire-un-assouplissement-des-banquiers-suisses</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 05:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stephane Montabert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[banques]]></category>
		<category><![CDATA[secret bancaire]]></category>

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		<description><![CDATA[L'association suisse des banquiers semble prête à échanger des informations en matière d'évasion fiscale. Une preuve d'habileté ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le président de l'Association suisse des banquiers (ASB) a déclaré qu'ils pourraient s'adapter à l'échange automatique d'informations en matière d'évasion fiscale. Une preuve d'habileté ?</strong></p>
<p><strong>Par Stéphane Montabert, depuis Renens, Suisse.</strong><br />
<span id="more-122406"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjMvMTIyNDA2LXNlY3JldC1iYW5jYWlyZS11bi1hc3NvdXBsaXNzZW1lbnQtZGVzLWJhbnF1aWVycy1zdWlzc2VzL3NlY3JldC1iYW5jYWlyZQ==" rel=\"attachment wp-att-122407\"><img class="alignleft  wp-image-122407" title="secret bancaire" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/secret-bancaire.jpg?16fe88" alt="" width="306" height="191" /></a>Petite révolution ce week-end : la toute-puissante Association suisse des banquiers (ASB) fait savoir par la voix de son président Patrick Odier qu'elle n'est plus opposée à l'échange automatique d'informations.</p>
<p>La nouvelle tombe à point nommé pour le Conseil Fédéral, aligné sur la même position lors du G20. Si Ueli Maurer et Eveline Widmer-Schlumpf s'étaient opposés au même principe, ils étaient loin d'avoir fermé toutes les portes.</p>
<p>On pourrait croire à un revirement soudain et étonnant de la part de banques autrefois arc-boutées en faveur du secret bancaire... Mais ce n'est pas du tout le cas.</p>
<p>La Suisse se fait bien voir mais, dans les faits, elle ne lâche rien.</p>
<p>Elle demande simplement à ce que les règles de transparence que les gouvernements étrangers – financièrement aux abois et persuadés que les coffres des banques helvétiques débordent d'argent de leurs ressortissants malhonnêtement soustrait à la voracité de leur fisc – s'appliquent également à tous.</p>
<p>Du secret bancaire autrichien ou luxembourgeois aux montages à base de <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9UcnVzdF8lMjhkcm9pdF9hbmdsYWlzJTI5">Trusts</a></em> des îles anglo-normandes ou de Singapour, cela fait pas mal de monde.</p>
<p>Qui pourrait refuser cette remarque frappée au coin du bon sens, gage d'équité, d'égalité de traitement et de transparence ?</p>
<p>Régulièrement pointée du doigt (on se souvient des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3BvbGl0YmxvZy50YWdlc2FuemVpZ2VyLmNoL2Jsb2cvaW5kZXgucGhwLzY5MjQvZnJhbi1haXMtbGEtc3Vpc3NlLWJvdWMtbWlzc2FpcmUtZGUtbmljb2xhcy1zYXJrb3p5Lz9sYW5nPWZy">harangues impérialistes</a> de M. Sarkozy) la Suisse vient de jouer finement. Au lieu de laisser le pays en première ligne, bien mal défendu par un Conseil Fédéral pétri de veulerie et de soumission aux Européens, Patrick Odier vient de mettre un terme à l'échappée. La Suisse se laisse volontairement rattraper par le peloton.</p>
<p>On pourrait dénoncer une manœuvre hypocrite, mais la posture de M. Odier telle qu'elle apparaît dans son interview à la "NZZ am Sonntag" est avant tout empreinte de pragmatisme : si la Suisse accepte l'échange automatique d'informations en matière d'évasion fiscale, eh bien soit, la Suisse s'adaptera. "Seulement si les choses changent vraiment globalement, au moins dans l'OCDE", ajoute M. Odier. Transparence oui, concurrence déloyale non. Les banquiers suisses acceptent de suivre les règles quand elles changent ; ils n'ont pas vocation à devenir des martyrs pour autant.</p>
<p>Serait-il plausible que seule la Suisse soit astreinte à la transparence ? Oui, mais cela n'aurait aucun sens. Non seulement le procédé serait injuste, mais il aurait tôt fait de déplacer les fonds sous des latitudes plus accommodantes. Une telle situation plairait beaucoup à ceux qui font profession de haïr le pays (comme la gauche locale) mais pour les chasseurs traquant les fraudeurs du fisc, le gain serait faible.</p>
<p>La bataille se jouera donc à l'échelle de l'OCDE, au minimum, et sera une sacrée paire de manches pour les pourfendeurs du secret des affaires sous toutes ses formes.</p>
<p>Prochaine étape : l'Autriche, membre de l'Union Européenne, avec elle aussi un secret bancaire proche de la tradition helvétique. Les partis politiques locaux ne sont pas chauds pour l'abolir, mais même malgré l'amicale pression qui sera immanquablement distillée par l'Union Européenne, il reste un obstacle de taille : le secret bancaire autrichien est inscrit dans la Constitution ! Modifier celle-ci impliquera davantage que des menaces contre des parlementaires influençables. Il faudra convaincre l'opinion publique.</p>
<p>Si d'aventure l'obstacle autrichien était franchi, un autre col autrement plus rude attendrait nos vaillants inspecteurs des impôts : la City de Londres et ses <em>Trusts</em>. Gageons que l'affrontement sera homérique.</p>
<p>Il sera alors temps, éventuellement, de porter la bataille à l'échelle de la planète. Après tout, il n'y a pas de raisons que seule l'Europe subisse un échange automatique d'informations alors que les places financières d'Amérique et d'Asie refusent ce modèle. Là encore, comme M. Cahuzac l'a si bien fait remarqué dans une conversation enregistrée désormais célèbre, d'autres places comme Singapour offrent un havre tout à fait accueillant pour les fraudeurs du fisc. Ces gens-là profitent fort bien de la mondialisation.</p>
<p>L'Europe aura-t-elle le bras assez long pour aller jusque-là ?</p>
<p>Renoncer au secret bancaire et au secret des <em>Trust</em> simplement à l'échelle de l'OCDE sera une gageure, mais pourrait ne pas suffire. La traque contre la fraude fiscale ne saurait être que planétaire ou ne sera pas ; vaste programme !</p>
<p>En attendant, la Suisse a sagement rappelé à l'Europe de commencer à faire le ménage devant sa porte, renvoyant l'OCDE et surtout l'Europe à ses propres contradictions. Voyons comment celle-ci jouera la balle, elle est dans son camp.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0ZXBoYW5lbW9udGFiZXJ0LmJsb2cuMjRoZXVyZXMuY2gvYXJjaGl2ZS8yMDEzLzA0LzIyL3F1YW5kLWxhLXN1aXNzZS1mYWl0LXRhcmRpdmVtZW50LXByZXV2ZS1kLWhhYmlsZXRlLmh0bWw=">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Chypre : vers l&#039;agonie du système de banque à réserves fractionnaires ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/22/122307-chypre-vers-lagonie-du-systeme-de-banque-a-reserves-fractionnaires</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 05:10:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Turgot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Chypre]]></category>
		<category><![CDATA[réserves fractionnaires]]></category>

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		<description><![CDATA[Rétrospectivement, il se pourrait que la crise de Chypre apparaisse un jour comme l'un des tournants décisifs de l'histoire monétaire contemporaine.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Rétrospectivement, il se pourrait que la crise de Chypre apparaisse un jour comme l'un des tournants décisifs de l'histoire monétaire contemporaine.</strong></p>
<p><strong>Par Joseph T. Salerno(*), traduction Henri Lepage.</strong><span id="more-122307"></span></p>
<p><em>Un article du Mises Institute, via l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9TYWxlcm5vLUNoeXByZTImYW1wO3V0bV9zb3VyY2U9ZmVlZGx5" target=\"_blank\">Institut Turgot</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAzL0RyYXBlYXUtQ2h5cHJlLnBuZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-118490" title="Drapeau Chypre" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Drapeau-Chypre-300x199.png?16fe88" alt="" width="300" height="199" /></a>Les trente dernières années ont été marquées par la récurrence de crises financières et monétaires dans le déroulement desquelles le mécanisme des réserves fractionnaires a joué un rôle essentiel : Russie, Mexique, crise Asiatique, Argentine... L'effilochage du système est devenu de plus en plus apparent avec le krach financier de 2008 et le déclenchement d'un mouvement de paniques bancaires qui a touché quelques unes des plus grandes et des plus vénérables institutions financières mondiales. L'effondrement final n'a été évité que grâce au gigantesque sauvetage de l'industrie bancaire organisé à coups de multi-milliards de dollars par la Fed et les autres grandes banques centrales mondiales.</p>
<p>Ceci dit, plus encore que l'extraordinaire ampleur de la crise de 2008, il se pourrait bien que les récents événements de Chypre apparaissent dans l'histoire comme l'un des tous derniers épisodes lui ayant porté le coup final. <ins>Un système à réserves fractionnaires ne peut en effet exister et fonctionner que pour autant que les déposants ont une confiance totale dans la capacité des banques qui reçoivent leurs dépôts à les rembourser</ins> à tout moment en espèces monétaires au pair, et cela quelles que soient les difficultés financières qui les assaillent.</p>
<p>Depuis la seconde guerre mondiale, l'assurance publique des dépôts appuyée sur le pouvoir de création monétaire de la banque centrale donnait le sentiment que cette confiance était fondée sur du roc. De fait, le système bancaire à réserves fractionnaires était perçu par les gens comme étant équivalent à un régime de réserves à 100% offrant une garantie totale de remboursement des dépôts. <ins>Tous les déposants se comportaient comme s'ils étaient assurés qu'à tout moment leur argent « était à la banque »,</ins> et cela grâce à la capacité des banques centrales d'émettre à tout moment, et à partir de rien, autant de monnaie que nécessaire pour assurer la liquidité du système.</p>
<p><ins>Paradoxalement cette croyance des déposants n'a cessé de se renforcer au fil des crises qui ont marqué l'histoire financière depuis la fin des années 1980</ins> parce que, à chaque fois que des banques et des institutions financières étaient en difficulté, on a toujours volé avec empressement à leur secours – surtout lorsqu'il s'agissait des banques les plus importantes et financièrement les moins solides.<ins> C'est ainsi qu'est née la doctrine du « Too Big To Fail »</ins> (trop gros pour faire faillite). Selon ce principe, il paraissait normal que, dans le cas des plus grandes banques, les gros déposants non-assurés et les créanciers privés soient protégés de toute perte dans la mesure où il était entendu que la confiance dans le système bancaire était par définition une chose fragile et évanescente que la faillite d'un seul gros établissement pouvait à tout moment briser et dissiper.</p>
<p>Il est clair que, d'un point de vue libéral, l'accord de Chypre est loin d'être un arrangement idéal. Dans un véritable système d'économie de marché, on ne saurait envisager une solution qui limite autoritairement les retraits de comptes bancaires, qui impose tant aux résidents nationaux qu'aux investisseurs étrangers des contrôles de capitaux de type fascisant, et contraigne les contribuables de l'ensemble de la zone euro à participer au sauvetage pour un montant d'au moins 10 milliards d'euros.</p>
<p>Il n'en reste pas moins que<ins> cet accord, aussi imparfait soit-il, adresse un message salutaire à l'ensemble de la communauté mondiale des déposants et des créanciers des banques.</ins> Il le fait en contraignant les déposants non assurés et les porteurs de dette senior des banques chypriotes qui étaient jusque là intouchables à supporter par eux-mêmes une grande partie du coût de l'opération de sauvetage.</p>
<p>L'heureux résultat sera que les déposants, aussi bien ceux couverts par l'assurance que ceux qui ne le sont pas, tant en Europe que dans le reste du monde,<ins> deviendront beaucoup plus prudents, et même beaucoup plus méfiants lorsqu'ils s'adresseront à des banques pratiquant le mécanisme de la couverture partielle.</ins> Au moindre signe ou à la moindre rumeur de difficulté ils seront désormais tout prêts à sauter sur leur argent et à le retirer de la banque. <ins>Ce qui incitera celles-ci à changer radicalement les sources de financement auxquelles elles s'adressent</ins> pour financer leurs prêts et leurs investissements. Elles abandonneront la quête des dépôts et feront davantage appel à l'apport de fonds propres ainsi qu'à l'endettement. Ainsi qu'une dépêche de <strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ibG9vbWJlcmcuY29tL25ld3MvMjAxMy0wMy0yNS9zYXZpbmctY3lwcnVzLW1lYW5zLW5vYm9keS1zYWZlLWFzLWV1cm9wZS1icmVha3MtbW9yZS10YWJvb3MuaHRtbA==">Bloomberg</a></strong> l'expliquait récemment, c'est déjà ce qu'anticipent de nombreux analystes :</p>
<blockquote><p>L'une des retombées potentielles de l'accord du 26 mars concerne l'effet induit que celui-ci aura sur le mode de financement des banques, y lit-on. Traditionnellement les banques se financent en combinant le recueil de nouveaux dépôts, la levée de nouveaux fonds propres ainsi que l'émission d'effets de premier rang, de billets subordonnés ou d'obligations sécurisées adossés à un portefeuille d'actifs de très haute qualité qui restent dans le bilan du prêteur. La conséquence pourrait ainsi être que, lorsqu'elles auront besoin d'augmenter leurs ressources, et que leur capacité d'émettre de simples obligations sécurisées atteindra les limites réglementaires autorisées, les banques s'orienteront vers une émission croissante de Cocos (<em>contingent convertible bonds</em>) dont la spécificité est d'être ensuite automatiquement convertis en actions en cas de nécessité (lorsque la banque atteint par exemple un certain niveau de capitaux propres ou que le régulateur l'estime nécessaire).</p></blockquote>
<blockquote><p>« <em>Nous nous attendons à une fuite des dépôts et à ce que les sources de financement évoluent vers une combinaison d'obligations sécurisées, de fonds propres et de quasi fonds propres </em>», explique ainsi Chris Bowie d'Ignis Asset Management Ltd. à London, qui supervise la gestion d'un portefeuille de plus de 110 millliards de dollars.</p></blockquote>
<p>Si cela se concrétise, cela représentera <ins>un formidable pas en avant vers un système financier de type réellement libéral où le désastreux déséquilibre des échéances entre actif et passif se trouvera éliminé une fois pour toutes</ins>. Quelques crises bancaires de plus en Europe – surtout si on fait participer à leur résolution les déposants, même les petits -, et il est vraisemblable que la foi dans le système d'assurance public des dépôts s'évanouira complètement, entraînant simultanément la ruine de la confiance dont bénéficiait jusque là le système de banque à réserves fractionnaires.</p>
<p>Pourrait alors émerger naturellement un système où capitaux propres, obligations et véritables dépôts à terme qui ne peuvent pas être remboursés avant le terme de leur échéance deviendraient la seule source de financement exclusive pour les activités de crédit bancaire et d'investissement.<ins> Les dépôts à vue, adossés ou non à un compte chèque, seraient regroupés au sein d'établissements spécialisés, véritables banques de dépôts astreintes à 100 % de réserves</ins> et assurant toute la gamme des services de caisse (services de guichet et retraits sur cartes).</p>
<p>Même si cette perspective peut encore paraître comme outrageusement optimiste, il n'en reste pas moins qu'<ins>on est aujourd'hui infiniment plus proche d'un tel résultat que ce n'était assurément le cas avant que n'intervienne</ins> « l'accord de Chypre ». Bien sûr, nous en serions encore bien plus proches s'il n'y avait plus de « <em>bail ou</em>t » et si le coût des faillites cessait d'être partiellement pris en charge par le contribuable, et était intégralement supporté par l'ensemble des créanciers et des déposants . La véritable nature du système de réserves fractionnaires apparaîtrait alors au grand jour et ne ferait plus aucun mystère pour personne.</p>
<p>(*)Joseph T. Salerno est un économiste américain de l'<a title=\"École autrichienne\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9hdXRyaWNoaWVubmU=">école autrichienne</a> d'économie, actuellement professeur d'économie de l'université Pace et est également chercheur au <a title=\"Ludwig von Mises Institute\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVkd2lnX3Zvbl9NaXNlc19JbnN0aXR1dGU=">Ludwig von Mises Institute</a>.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9kYWlseS82Mzk0L0N5cHJ1cy1hbmQtdGhlLVVucmF2ZWxpbmctb2YtRnJhY3Rpb25hbFJlc2VydmUtQmFua2luZw==" target=\"_blank\">Article original en anglais</a> - <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9TYWxlcm5vLUNoeXByZTImYW1wO3V0bV9zb3VyY2U9ZmVlZGx5" target=\"_blank\">Article sur le site de l'Institut Turgot</a></p>
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		<title>La dégringolade du prix de l’or, pourquoi ?</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Apr 2013 05:05:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Minarchiste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Cours de l'or]]></category>

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		<description><![CDATA[Le cours de l'or est en chute libre depuis quelques jours; baissant d’environ 15% depuis le début d’avril. Pourquoi ? Que faire ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le cours de l'or est en chute libre depuis quelques jours; baissant d’environ 15% depuis le début d’avril. Pourquoi ? Que faire ?</strong></p>
<p><strong>Par Le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.</strong><span id="more-122318"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM3NDMxLmpwZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-122347" title="imgscan contrepoints 2013743" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/imgscan-contrepoints-20137431-300x297.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="297" /></a>Le cours de l'or est en chute libre depuis quelques jours; baissant d’environ 15% depuis le début d’avril et de presque 8% seulement durant la journée de lundi (graphique 1).</p>
<p>La forte augmentation du prix de l’or suite à la crise financière, d’environ $800 en 2008 à $1,800 en 2011, est attribuable au désir des investisseurs de se prémunir d’un débasement massif de la monnaie. Au cours de ces années, les banques centrales du monde ont démontré leur dévotion immuable à imprimer de la monnaie à profusion pour soutenir leurs grandes banques, monétiser les déficits de leurs gouvernements, garder les taux d’intérêts à des niveaux très bas et dévaluer leur monnaie pour stimuler les exportations. Lorsque la quantité de monnaie en circulation augmente, les prix montent, ce qui fait en sorte que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue. L’achat d’or a permis aux investisseurs de se protéger de ces dévaluations. Cependant, des choses inattendues se sont produites.</p>
<p>Premièrement, malgré la croissance fulgurante de la masse monétaire (graphique 2), l’inflation des prix à la consommation est demeurée timide, autour de 2% pour les États-Unis (graphique 3). Pourquoi? Parce que la nouvelle monnaie n’a pas été injectée dans l’économie; elle demeure sous forme de réserves excédentaires auprès de la banque centrale (graphique 4). La croissance du crédit est médiocre et la vélocité de la monnaie s’est grandement affaiblie (graphique 5), <strong>ce qui démontre que l’économie américaine (entre autres) est en période de désendettement.</strong> Cet environnement n’est pas propice à une accélération de l’inflation, surtout quand le taux de chômage demeure à un niveau élevé.</p>
<p>Deuxièmement, l’autre grande théorie des « gold bugs » était que le dollar américain allait s’affaiblir (graphique 6). Cela ne s’est jamais produit puisque presque tous les pays industrialisés ont maintenu des politiques similaires (création de monnaie, déficits, etc). Un taux de change est une chose relative; une comparaison entre deux monnaies. Si les deux côtés de la comparaison se détériorent, alors le taux de change….ne change pas!</p>
<p>Troisièmement, en 2011, le prix de l’or a commencé à ressembler à une bulle spéculative. À cet égard, il faut savoir qu’il est facile pour les grandes banques d’investissement d’emprunter pour acheter l’or sur les marchés des futures avec un levier de dix pour un, voire cent pour un. Le marché des futures sur l’or est 100 fois plus gros que le stock d’or physique sur la planète. Les banques peuvent aussi prêter de l’or sans que celui-ci ne sorte de leur voûte. <strong>L’or est ainsi devenu une valeur synthétique, gonflée par le crédit facile. L’or est en quelque sorte devenu la victime de son propre succès!</strong></p>
<p>Quatrièmement, si l’inflation ne s’est pas manifestée dans les prix à la consommation, pour les raisons ci-haut mentionnées, elle s’est manifestée dans les prix des actifs; c’est-à-dire les actions boursières et l’immobilier (entre autres). Jusqu’en 2011, tout allait bien car l’or montait encore plus que la bourse, mais à partir de 2012, quand le dollar US s’est mis à s’apprécier, que l’immobilier résidentiel a entamé une reprise et que le prix de l’or s’est mis à stagner, le dégonflement de la bulle était imminent (graphique 7). Il n’y avait plus suffisamment d’acheteurs pour soutenir le prix à ce niveau, les investisseurs préférant acheter des actions à dividendes ou des obligations corporatives (car un lingot d’or ne génère pas de revenu).</p>
<p>Beaucoup de gens avaient investi dans l’or à travers des fonds négociés en bourse (ETFs), lesquels avaient accumulé d’importants stocks d’or. Comme la demande physique d’or est plutôt limitée (l’or est utilisé comme bijou et dans les circuits électroniques), la liquidation de ces fonds ne se fait pas sans heurt et fait chuter le prix drastiquement. Les achats des banques centrales des pays du BRIC ne suffisent pas à absorber ce métal.</p>
<p>Pour plusieurs, cette vente de feu est le résultat d’une manoeuvre d’étouffement du prix de l’or par le gouvernement, les banques centrales du G7 et/ou les grandes banques commerciales. Ce n’est pas impossible, mais je ne suis pas friand des théories du complot. Il est plus probable que ce soit des fonds de couverture qui ont vu l’opportunité de dégonfler la bulle en profitant du fait que le marché aurifère a été gonflé par des positions financées par marge de crédit et que le marché physique est peu liquide. L’un des catalyseurs a probablement été la rumeur voulant que la banque de Chypre allait vendre ses réserves d’or (14 tonnes) pour financer le sauvetage de ses banques.</p>
<p>Par ailleurs, les titres de compagnies aurifères baissent encore plus que l’or lui-même. Je n’ai jamais été friand de ces titres. Quand le prix de l’or monte, comme ce fut le cas de 2008 à 2011, les entreprises minières parent à la quête de nouveaux projets…toutes en même temps. Cela met énormément de pression à la hausse sur les coûts (salaires, machinerie, terrains, etc) car elles se concurrencent toutes pour les mêmes ressources. Ces projets mettent des années à être complétés. Pendant ce temps, la demande physique se rationne et le recyclage s’intensifie, ce qui fait baisser le prix. Les taux d’intérêt augmentent ce qui fait grimper les coûts de financement. Une fois les projets en opération, l’offre augmente, ce qui fait aussi baisser le prix. Les minières se retrouvent donc avec des marges compressées car les coûts ont gonflé et le prix a baissé. C’est pourquoi seulement 35% des mines sont rentables! Cette année, les entreprises aurifère canadiennes ont observé une compression significative de leurs marges de profit, et la baisse récent du cours de l’or accentuera cette tendance.</p>
<p><em>Conclusion</em></p>
<p>Certains, comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2tydWdtYW4uYmxvZ3Mubnl0aW1lcy5jb20vMjAxMy8wNC8xNS9nb2xkLWRvZXMtbm90LWdsaXR0ZXIv">Paul Krugman</a>, profitent de cette débâcle pour discréditer l’or comme alternative monétaire. Pourtant, cette baisse de prix ne change rien aux attributs de l’or comme monnaie. Les gouvernements du monde vont continuer de créer de la monnaie ex nihilo et de dévaluer le pouvoir d’achat de leur monnaie. Et le système étalon-or a démontré qu’il était plus stable et qu’il permet d’éviter les graves crises financières (voir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMi8xMS8yMS9zZWxvbi1sYS1iYW5rLW9mLWVuZ2xhbmQtbGV0YWxvbi1vci1lc3QtdW4tc3lzdGVtZS1tb25ldGFpcmUtcGx1cy1zdGFibGUv">ceci</a>). <strong>Il faut différencier l’or comme investissement spéculatif dans un système de monnaie fiat de l’or comme assise d’un système monétaire à réserves entières.</strong></p>
<p>En fait, le comportement du prix de l’or ces derniers jours et ces dernières années n’est qu’un symptôme des problèmes reliés au système monétaire actuel. Les bulles spéculatives et les récessions qui les suivent sont causées par la création excessive de monnaie. L’objet de la bulle ne dépend que de la « saveur du moment ». En 2000 c’était les actions reliées à l’internet. Puis ce fut l’immobilier résidentiel. Et suite à la crise financière de 2008, ce fut l’or<strong>. Le fait que l’or soit une alternative monétaire préférable au système actuel de monnaies fiduciaires centralisées ne le protège aucunement de faire l’objet de spéculation….avec de l’argent fiduciaire créé à partir de rien et prêté à un taux d’intérêt réel négatif!</strong></p>
<p>Personnellement, je ne suis pas très friand de l’or en tant qu’investissement parce que je ne crois pas que nous assistions à un retour de l’étalon-or dans un futur rapproché et qu’entre temps, son prix est fort volatil en raison de la spéculation à crédit. Ceux qui ont acheté de l’or à $1,600, ou même $1,800, s’en mordent possiblement les doigts présentement. Ceci dit, il se peut bien qu’ils puissent réaliser un profit sur cet or dans 10 ou 15 ans. D’ailleurs, malgré cette forte baisse, le prix de l’or demeure 75% plus élevé qu’à son niveau de 2008 et n’est en fait revenu qu’à son niveau de début 2011. À noter que les ventes de pièces d’or du US Mint ont explosé mercredi, donc certaines personnes en profitent pour acheter de l’or physique (graphique 9). En passant, j’avais écris sur le sujet en 2010 (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMC8xMC8yMC91bmUtYnVsbGUtZGFucy1sb3Iv">ici</a>).</p>
<p>1 : Ce graphique montre le prix de l’or depuis 6 ans:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L1ByaXgtZGUtbG9yLnBuZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-122319" title="Prix de l'or" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Prix-de-lor.png?16fe88" alt="" width="500" height="224" /></a></p>
<p>2 : Ce graphique montre la masse monétaire des États-Unis:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L01hc3NlLW1vbsOpdGFpcmUtYW3DqXJpY2FpbmUucG5n"><img class="aligncenter size-full wp-image-122320" title="Masse monétaire américaine" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Masse-monétaire-américaine.png?16fe88" alt="" width="500" height="222" /></a></p>
<p>3 : Ce graphique montre le taux d’inflation aux États-Unis:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGQyX3VzY3BpLnBuZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-122321" title="gold2_uscpi" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold2_uscpi.png?16fe88" alt="" width="500" height="223" /></a></p>
<p>4 : Ce graphique montre les réserves excédentaires des banques américaines qui dorment à la Fed:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGQ1X3VzZXhjZXNzcmVzZXJ2ZXMucG5n"><img class="aligncenter size-full wp-image-122322" title="gold5_usexcessreserves" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold5_usexcessreserves.png?16fe88" alt="" width="500" height="231" /></a></p>
<p>5 : Ce graphique montre la vélocité de la monnaie:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGQ0X3VzdmVsb2NpdHkucG5n"><img class="aligncenter size-full wp-image-122323" title="gold4_usvelocity" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold4_usvelocity.png?16fe88" alt="" width="500" height="224" /></a></p>
<p>6 : Ce graphique montre le taux de change du dollar US versus un panier de devises:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGQ3X2R4eS5wbmc="><img class="aligncenter size-full wp-image-122324" title="gold7_dxy" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold7_dxy.png?16fe88" alt="" width="500" height="260" /></a></p>
<p>7 : Ce graphique compare le prixde l’or à la bourse américaine (indice S&amp;P/500):</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGQ2X3hhdXNweC5wbmc="><img class="aligncenter size-full wp-image-122325" title="gold6_xauspx" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold6_xauspx.png?16fe88" alt="" width="500" height="231" /></a></p>
<p>8 : Ce graphique montre l’inventaire d’or du Comex, qui montre de grosses ventes au niveau des futures:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L3dhcmVob3VzZS1kZWxpdmVyaWVzLmpwZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-122326" title="warehouse-deliveries" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/warehouse-deliveries.jpg?16fe88" alt="" width="500" height="381" /></a></p>
<p>9 : Les ventes de pièces d’or ont explosé mardi et mercredi:</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2dvbGRfY29pbnN1c21pbnQuanBn"><img class="aligncenter size-full wp-image-122327" title="gold_coinsusmint" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/gold_coinsusmint.jpg?16fe88" alt="" width="500" height="352" /></a></p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNC8xOS9sYS1kZWdyaW5nb2xhZGUtZHUtcHJpeC1kZS1sb3IvP3V0bV9zb3VyY2U9ZmVlZGx5" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122318" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>La BCE donne à la France une licence pour imprimer de la monnaie</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Apr 2013 05:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[Long Term Refinancing Operations]]></category>
		<category><![CDATA[Short Term European Papers]]></category>

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		<description><![CDATA[La France a obtenu de la BCE la permission d’imprimer de la monnaie sur un programme d’obligations pratiquement illimité. Une bulle qui se mesure en milliards.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La France a obtenu de la BCE la permission d’imprimer de la monnaie sur un programme d’obligations pratiquement illimité. Une bulle qui se mesure en milliards.</strong></p>
<p><em>Un article de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2RldXRzY2hlLXdpcnRzY2hhZnRzLW5hY2hyaWNodGVuLmRlLzIwMTMvMDQvMTQvZ2VoZWltLW9wZXJhdGlvbi1kcmFnaGktZXJ0ZWlsdC1mcmFua3JlaWNoLWxpemVuei16dW0tZ2VsZGRydWNrZW4v" target=\"_blank\">Deutsche Wirtschafts Nachrichten</a> (Allemagne).</em><span id="more-122264"></span></p>
<div id="attachment_87215" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzA2L01hcmlvLURyYWdoaS1CQ0UuanBn"><img class="size-medium wp-image-87215" title="Mario-Draghi-BCE" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/Mario-Draghi-BCE-300x220.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="220" /></a><p class="wp-caption-text">Mario Draghi, gouverneur de la BCE</p></div>
<p>A <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9jaHlwcmU=" target=\"_blank\">Chypre</a> règne une vive émotion parce que le BCE a privé la banque nationale de tout son pouvoir. En revanche, en France, sans que le public ne le remarque, c’est exactement le contraire qui s'est produit : la BCE a accordé à la France une licence illimitée pour imprimer des euros.</p>
<p>Cette action vise à empêcher l'écroulement d'une banque française qui, semble-t-il, ne pourrait être empêché sans une intervention de dernière minute.</p>
<p>A la fin de l'année 2011 a eu lieu une action concertée des plus puissantes banques centrales du monde, entre autres, la FED, la Banque d’Angleterre et la BCE. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTIvMjQvNjE3NzUtYmNlLW1hcmlvLWRyYWdoaS1yZWludmVudGUtbGUtYnJhcXVhZ2UtYS1saXRhbGllbm5l" target=\"_blank\">La BCE a par la suite démarré des opérations de refinancement à long terme (LTRO ou Long Term Refinancing Operations) d'un volume sans précédent et a injecté environ 500 milliards d’euros dans le système bancaire de la zone euro</a>. Quelques mois plus tard, à peu près la même somme a été mise à la disposition des banques dans le cadre d'une recapitalisation par la BCE.</p>
<p>En coulisses régnait l’inquiétude que les banques de la zone euro - qui détiennent la grande majorité des obligations d’États - ne tombent en faillite si un Etat faisait défaut et que l’union monétaire soit alors anéantie. Il était alors question d’une banque française qui était proche de l'effondrement. Il n’a cependant jamais été dévoilé de quelle banque il était question.</p>
<p>Depuis longtemps, les grandes banques françaises telles que la Société Générale, le Crédit Agricole ou BNP Paribas sont dans le viseur des marchés obligataires. D'après le groupe financier Bloomberg, le Crédit Agricole a dû vendre l’année dernière pour 3,5 milliards d'euros d'actifs. On a également appris qu’à côté de ce torrent de liquidités du LTRO, presque ininterrompu pendant trois ans, une deuxième source de liquidités presque inépuisable est à la disposition des banques françaises, le marché STEP (Short Term European Papers).</p>
<p>Il s'agit là d'un marché non régulé sur lequel des obligations de banques et d’entreprises à court terme sont placées. Des titres de dettes d'un volume d'environ 440 milliards d'euros y sont négociés. Pour faire simple : le secteur bancaire français a trouvé là un nouveau moyen de faire de l'argent de manière très créative et s’offre avec le marché STEP un programme de création de crédit totalement innovant et à court terme une licence pour faire fonctionner ses planches à billets.</p>
<ol>
<li>Le marché STEP est en dehors de la Bourse. Il n’y a donc aucune transparence.</li>
<li>Le marché STEP est presque exclusivement orienté sur le secteur bancaire français.</li>
<li>Les banques françaises remettent ces obligations STEP en garantie à la Banque de France.</li>
<li>Une banque nommée Euroclear (chambre de compensation entre la Banque de France et les banques françaises) dépose également des titres STEP comme garantie à la BCE.</li>
<li>La Banque de France présente également les risques de ces obligations STEP déposées comme garantie à la BCE.</li>
</ol>
<p>Évidemment, le papier n'y est pas toujours de grande valeur. Tant que la Banque de France protégera de tels agissements, ceux-ci garderont un rôle subalterne. Des titres avec la note BBB y sont ainsi acceptés et déposés à la BCE.</p>
<p><strong>Une maison de fous</strong></p>
<p>La BCE, qui est en train de prendre contrôle de l’ensemble des banques de la zone euro, ne peut en aucun cas prélever elle-même des données sur le marché STEP. Elle les reçoit indirectement de la Banque de France, elle-même fournie par de tiers acteurs sur le marché. On fonctionne donc dans le sens inverse : il y a création de monnaie pour les banques françaises, sous l’autorité protectrice de la Banque de France, sans contrôle de la BCE. Une vraie maison de fous.</p>
<p>Avec environ 445 milliards d’euros, les banques françaises contrôlent une partie considérable du marché STEP pour le financement des banques centrales. A court terme, les collectes de fond ne sont cependant pas exclusivement limitées aux banques françaises. Les banques de la zone euro négocient ces titres STEP entre elles et peuvent les déposer à la BCE pour y puiser des liquidités. A côté d’un marché réglementé, c’est une des possibilités d'accéder à des crédits bon marché de la BCE. Ce qui est intéressant dans cette situation : les achats très controversés d’obligations d’états par la BCE pour un montant, il y a 2 ans, d’environ 200 milliards d’euros — grâce auxquels la BCE a obtenu le titre de “bad bank” — ne pèsent pas lourd face aux dettes de crédit des banques européennes détenues par la BCE qui s'élèvent à environ 1300 milliards d’euros. Bien entendu, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9tYXJpby1kcmFnaGk=" target=\"_blank\">Mario Draghi</a> est conscient que cette procédure n’est pas tout à fait casher. Il s’est déjà exprimé dans le passé en faveur de “plus de transparence” et a estimé que “l’on devrait prendre cette affaire (STEP) très au sérieux”. Mais il n’a rien fait.</p>
<p>Et pour une très bonne raison.</p>
<p>La BCE a donné à la France avec le marché STEP la possibilité de stabiliser ses propres banques, sans que l’Allemagne puisse entreprendre quoi que ce soit pour s’y opposer.</p>
<p>Ce programme doit, semble-t-il, servir à acheter du temps pour les Français, jusqu’à ce que l’on arrive à l’union bancaire. Celle-ci était prévue pour 2018, mais l’Union Européenne veut désormais rapprocher sa mise en place à 2015. Ensuite, le sauvetage des banques en Europe pourra être fait aux dépens des actionnaires et des épargnants. Avant cette date, il se développera discrètement en France une gigantesque bulle financière. L’Allemagne doit, impuissante, assister à ce qui se produit. Le chef de la Bundesbank, Jens Weidmann, peut tenir des discours et s'en offusquer. Rien de plus.</p>
<p>Si cela était encore à démontrer, il apparaît désormais clairement que les pays du Sud de la zone Euro ont, par l'intermédiaire de la BCE, pris le contrôle de la construction européenne.</p>
<p>---</p>
<p><a href="Long Term Refinancing Operations" target=\"_blank\">Article original</a> - Traduction Eriul/Contrepoints</p>
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		<title>Baisse du cours de l&#039;or : les marchands d&#039;or sceptiques</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Apr 2013 05:25:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Sannat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[Cours de l'or]]></category>
		<category><![CDATA[or]]></category>

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		<description><![CDATA[Le cours de l'or a décroché ces dernières semaines. L'effet d'une manipulation des cours selon les marchands d'or. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le cours de l'or a décroché ces dernières semaines. L'effet d'une manipulation des cours selon les marchands d'or. </strong></p>
<p><strong>Par Charles Sannat, directeur des études économiques d'Aucoffre.com</strong><span id="more-122143"></span></p>
<div id="attachment_122147" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L0NvdXJzLWRlLWxvci0yMDA4LTIwMTMucG5n"><img class="size-medium wp-image-122147" title="Cours de l'or 2008 2013 (Crédits : copie d'écran Boursorama.com)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Cours-de-lor-2008-2013-300x147.png?16fe88" alt="" width="300" height="147" /></a><p class="wp-caption-text">Cours de l'or 2008 2013</p></div>
<p><strong>La manipulation du marché du l'or</strong></p>
<p>Tous les amateurs d'or physique savent que le Comex ou le marché de Londres par exemple sont des marchés très peu transparents. Pour le moment et de manière incompréhensible, il faut savoir qu'il s'échange chaque jour beaucoup plus d'or « papier » qu'il n'existe d'or physique, tout en sachant que l'ensemble des intervenants prend comme étalon... la valeur de l'or papier.</p>
<p><strong>En cas de chute violente des cours...</strong></p>
<p>Il serait cohérent de penser que l'or papier n'a de valeur que tant que les détenteurs pensent qu'ils pourront être livrés de la quantité d'or achetée virtuellement via ces contrats papier. Si quelqu'un détenait des milliards de dollars d'or « papier » mais que l'on refuse de lui livrer la contrepartie physique ou que cela s'avérait très compliqué, que ferait-il ? Il vendrait ce papier tant qu'il a encore un peu de valeur.</p>
<p>Il serait donc logique, à un moment ou un autre de la crise, d'observer un très forte décorrélation entre les cours de l'or coté sur les marchés, et ceux du « vrai » or, physique. Dans ce cas de figure, on observerait un très fort mouvement de baisse sur l'once d'or cotée puisqu'il y aurait de très forts dégagements, notamment de ceux qui ont placé massivement dans des ETF pour se reporter sur du physique pur.</p>
<p>Un tel moment va sans doute arriver bientôt, mais ce n'est pas encore le cas.</p>
<p><strong>Comment expliquer le cours actuel ?</strong></p>
<p>Première raison. La BCE a demandé à la Banque centrale chypriote de revendre au moins 10 tonnes d'or sur les 14,7 tonnes que ce pays a en réserve. Cela fait donc un afflux d'or physique. Pourtant, la demande mondiale d'or est d'environ 4 800 tonnes par an ! Les ventes d'or chypriote ne changent donc rien au marché mondial. Ces quantités ne sont pas significatives mais, et c'est important, cela pourrait vouloir dire que d'autres banques centrales européennes seront peut-être contraintes à leur tour de brader leur or sur ordre de la BCE. Et c'est cela qu'anticipent les marchés. Après Chypre, se profilent les cas du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, et pourquoi pas même de la France (2 500 tonnes à la Banque de France) ?</p>
<p>En termes de réserves officielles d'or, les pays européens sont les plus gros détenteurs, devant les États-Unis. Les Américains, qui ont actuellement recours à leur planche à billets, auront tout intérêt à échanger de mauvais dollars qui ne coûtent rien à fabriquer contre du bon or européen acheté bon marché grâce à une politique d'austérité. On peut même imaginer, sans trop se tromper, que l'or chypriote finisse à Berlin puisque les Allemands ont demandé aux Américains de leur rendre l'or en dépôt aux États-Unis. L'or est indissociable des relations géopolitiques.</p>
<p>Deuxième raison : les interrogations sur la poursuite de la politique monétaire expansionniste aux USA. C'est le principal risque qui pèse sur l'évolution de l'or. D'ailleurs ce mouvement de baisse a été amorcé lorsqu'il y a quelques mois la FED avait indiqué que les QE (quantitativ easing) prendraient fin sans doute à partir du second semestre 2013, c'est-à-dire très bientôt. Ces minutes ont apporté un nouveau signe des désaccords croissants au sein de la Fed sur le moment approprié pour mettre fin à ces rachats d'actifs.</p>
<p>Troisième raison : des cours de bourse qui montent. Comme les banques centrales soutiennent les marchés par injections de liquidités (et c'est flagrant avec la Banque centrale japonaise, la Bank Of Japan, qui rachète directement des actions à la bourse), ils ne peuvent pas baisser, donc ils ne peuvent que monter. Suivant cette logique, il vaut mieux sortir de l'or pour aller sur la bourse que de rester sur un actif (l'or) qui risque de perdre de la valeur et qui ne donne pas de rendement. C'est cette stratégie qui explique essentiellement les énormes dégagements auxquels nous assistons sur les ETF et qui pèsent énormément sur les cours en cette première partie d'année 2013.</p>
<p>Pour illustrer ce mouvement il faut savoir que SPDR Gold Trust, le plus gros fonds d'or coté dans le monde, a vu le volume de son or reculer de 25 tonnes cette semaine, et de 140 tonnes en deux mois ! Or ce mouvement de décollecte au profit des marchés boursiers, notamment américains, qui battent record sur record concerne l'ensemble des fonds détenant de l'or.</p>
<p>Quatrième raison : la récession en Europe est déflationniste, dans la mesure où les taux d'inflation restent officiellement très bas.</p>
<p>Cette hypothèse est largement accréditée notamment par le fait que l'or n'est pas seul à baisser ! Le pétrole également, et de 2,94%, ce qui fait une baisse sensiblement identique à celle de l'or, signe très rassurant pour la suite.</p>
<p>Les marchés ne prennent pas en compte le risque de défaut des États européens mais la demande intérieure et la consommation qui baissent. Or le problème n'est pas de se prémunir d'une baisse de la demande mais bien de se protéger de l'insolvabilité des États.</p>
<p>N'oublions pas les raisons techniques. Dans tout marché, il y a trois profils : ceux qui ont acheté au plus haut et qui coupent leur position pour s'éviter des pertes supplémentaires, ceux qui prennent leurs bénéfices pour sécuriser la plus-value théorique et qui veulent la concrétiser, et enfin ceux qui considèrent que le marché va baisser et le vendent à découvert. L'ensemble engendre des volumes très significatifs de ventes et le marché baisse fortement. C'est aussi ce qui se passe sur le marché de l'or « papier ». Mais tous ces vendeurs à découvert, qui ne possèdent pas d'or, devront à un moment ou à un autre « racheter » leurs positions et lorsque de nombreux vendeurs rachètent en même temps cela provoque un mouvement haussier aussi important que l'a été le mouvement de baisse précédent. C'est ce phénomène qui, lors du grand krach de 2008 et 2009 sur les actions ,a expliqué la volatilité des cours qui pouvaient baisser de 10% le lundi pour reprendre 8% le lendemain sans que rien de fondamental ne change.</p>
<p>Il existe aussi sans doute des investisseurs avertis qui sortent des ETF car, maintenant, ils préfèrent l'or physique. Il s'agit d'un arbitrage. Les mêmes qui s'étaient placés dès 2004 sur l'or papier préfèrent maintenant détenir du physique. Il ne faut pas oublier qu'il y a 5% seulement d'or physique derrière l'or papier...</p>
<p>Enfin, la rumeur court qu'il y aurait un petit jeu en cours entre les bullion banks et certains hedge funds pour faire baisser le métal jaune. Cela est certainement fondé mais il n'existe pas d'éléments de preuve suffisants pour le moment pour qualifier cette rumeur d'information vérifiée. Pour comprendre les mouvements sur l'or, il faut souvent, tout simplement, du temps...</p>
<p><strong>Un peu d'histoire...</strong></p>
<p>Dans les années 70-80, les cours de l'or sont passés d'environ 35$ l'once (à l'époque où le dollar était encore convertible en or) à 850$ l'once lors de son plus haut en 1980. S'en est suivie une période de plus de 20 ans avec un métal jaune délaissé. Il faudra attendre les attentats du 11 septembre pour voir l'or recommencer à briller.</p>
<p>Nous vivons en direct une situation qui ressemble à s'y méprendre à celle du milieu des années 70. L'or va passer de 35$ en 1971 à 195$ en 1974. Son cours va alors se stabiliser peu ou prou légèrement en dessous de ses plus hauts avant de connaître une chute vertigineuse dès septembre 1975... pour redescendre jusqu'à 104$ fin août 1976. Sur cette période l'once d'or va perdre presque 45% de sa valeur. Mais on ne peut parler alors d'explosion de la bulle de l'or, puisqu'en janvier 1980 l'once d'or atteindra le record historique de 850$ l'once, la valeur de celle-ci étant multipliée par 8 par rapport à ses plus bas de 1976.</p>
<p>Cette fois-ci en 2013, les choses ne seront sans doute pas très différentes de ce qu'elles ont été en 1976.</p>
<p>Pour comprendre les marchés, il faut toujours se référer à la règle du TFF : Tendance, Flux, et Fondamentaux. Pour le métal jaune, la tendance est baissière, les flux sont vendeurs, mais les fondamentaux restent excellents. Cependant, des fondamentaux excellents ne suffisent jamais à faire la hausse d'une valeur. Comme en 1976, l'or voit son cours massacré et pourtant les fondamentaux restent bons. Cela veut tout simplement dire qu'une fois encore nous sommes dans un moment de correction, même forte, mais pas dans l'explosion d'une bulle. Le rebond sera donc très important et ce mouvement de baisse va permettre à certains d'acquérir de grosses quantités de métal jaune à bas prix.</p>
<p><strong>Que retenir de tout ça ?</strong></p>
<p>Quel que soit son cours, l'or est un actif tangible, qui a fait ses preuves en cas de crise. Il permet de protéger son patrimoine, et ne doit représenter qu'une partie du portefeuille patrimonial des épargnants.</p>
<p>Si les cours de l'or baissent, il faut le voir comme une opportunité de protéger son patrimoine à moindre coût. L'or ne vaudra jamais plus rien, il le prouve depuis 6 000 ans.</p>
<p><strong>Pour aller plus loin...</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYXVjb2ZmcmUuY29tLz9wYXJyYWluPWNvbnRyZXBvaW50cyZhbXA7dXRtX3NvdXJjZT1jb250cmVwb2ludHMmYW1wO3V0bV9tZWRpdW09YmFubmVyX3RvcCZhbXA7dXRtX2NhbXBhaWduPUF1Q09GRlJF" target=\"_blank\">AuCoffre.com</a> a décidé d'afficher d'ici quelques semaines sur son site la valeur de l'once d'or physique qui sera la stricte représentation de ses transactions de produits liés à l'or 100% tangible et réel. Il sera alors intéressant de noter la différence entre le cours de l'or papier (500 tonnes négociés quotidiennement) et le cours l'or physique réellement acheté et vendu au sein d'une communauté de 10 000 acheteurs. Même si ce cours restera symbolique, il aura valeur de sondage par rapport à une réalité qui a du mal à trouver une audience.</p>
<p>En 2010, AuCoffre.com avait fait un choix similaire en abandonnant la cotation CPOR, jugeant qu'elle n'était plus représentative de son marché.</p>
<p>Du même auteur :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMjMvMTE1ODI3LWxvci1iYWlzc2UtZXQtYWxvcnM=" target=\"_blank\">l'or baisse, et alors ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9jb3Vycy1kZS1sb3I=" target=\"_blank\">notre dossier sur le cours de l'or</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2luc3RpdHV0ZGVzbGliZXJ0ZXMub3JnL3RpbWJlci1wYXItY2hhcmxlcy1nYXZlLw==" target=\"_blank\">L'analyse de Charles Gave, plus sceptique sur le cours de l'or </a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>La Fed contre la BCE</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/19/122045-la-fed-contre-la-bce</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 04:59:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vladimir Vodarevski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[BCE]]></category>
		<category><![CDATA[croissance économique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Fed]]></category>
		<category><![CDATA[Politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est peu pertinent d'expliquer l'écart de croissance entre les États-Unis et l'Europe par les différences entre les politiques de la Fed et de la BCE.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Il est peu pertinent d'expliquer l'écart de croissance entre les États-Unis et l'Europe par les différences entre les politiques de la Fed et de la BCE.</strong></p>
<p><strong>Par Vladimir Vodarevski.</strong><br />
<span id="more-122045"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTEvMDQvNjMyNi1sYS1mZWQtcG91cnN1aXQtbGEtbW9uZXRpc2F0aW9uLWRlLWxhLWRldHRlLXVzL2ZlZC0y" rel=\"attachment wp-att-6327\"><img class="wp-image-6327 alignleft" title="Fed" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2010/11/Fed.jpg?16fe88" alt="" width="368" height="244" /></a>Le quotidien <em>Les Échos</em> présentait dans son édition du 17 avril 2013 une comparaison des actions de la Fed et de la BCE. La Fed est présentée comme étant plus efficace, car la croissance est repartie aux États-Unis, tandis que la zone euro stagne. Pour faire bonne mesure, ce dossier dénonçait également les risques de ces politiques basées sur la création de monnaie, tant par la Fed que par la BCE. La création monétaire a provoqué une ruée sur différents actifs financiers, comme les obligations, les matières premières, les devises (le real brésilien par exemple). Ce qui fait craindre la formation de bulles financières, qui causeront des crises en se dégonflant.</p>
<p>Cependant, ce dossier n'explique pas en quoi la politique de la Fed serait plus efficace que celle de la BCE, et serait la responsable de la croissance aux États-Unis. La principale différence entre les banques centrales réside dans le fait que la Fed intervient plus directement sur les marchés financiers. Elle rachète directement des titres d’État, des titres hypothécaires. La politique de la BCE consiste plus à prêter des liquidités aux banques. Notons que les banques apportent en échange des titres, comme des titres d’État par exemple. Ce qui réduit un peu la différence.</p>
<p>L'explication des différences entre les deux politiques tient aux différences entre les modes de financement des entreprises de part et d'autre de l'Atlantique. L'économie des États-Unis se finance plus sur les marchés financiers. La stratégie de la Fed est donc de faire baisser les taux sur ces marchés. En achetant des obligations d’État, elle fait baisser les taux des obligations, entraînant les taux des obligations privées. En rachetant des titres hypothécaires, elle fait baisser les taux de ces titres, encourageant les prêts hypothécaires (et les restructurations de crédits hypothécaires).</p>
<p>En Europe, l'économie est plus financée par les banques. Logiquement, la BCE fournit à ces dernières des liquidités pour toujours éviter que les taux de crédits n'augmentent, et pour éviter un crédit crunch, c'est-à-dire une pénurie de crédit.</p>
<p>Les politiques des deux banques centrales semblent avoir les mêmes effets. Des deux côtés de l'Atlantique, les taux d'intérêt de crédit ou de financement obligataire sont très bas. En Europe, le financement par les marchés financiers est en croissance, profitant de taux bas. Par exemple, le groupe Auchan, qui ne passe pas pour aimer s'endetter, a effectué un emprunt obligataire pour se financer. Des deux côtés de l'Atlantique, les entreprises sont attentives à leur trésorerie, et quand elles en ont, en gardent une bonne partie plutôt que d'investir.</p>
<p>Il est donc difficile d'expliquer la croissance économique des États-Unis par les différences entre les politiques de la Fed et de la BCE. Les objectifs des deux banques sont largement les mêmes, les moyens diffèrent car les économies sont différentes.</p>
<p>Il faut donc regarder les autres différences entre la zone euro et les USA pour expliquer la croissance. Serait-ce la plus forte flexibilité de l'économie ? Les entreprises peuvent se restructurer plus rapidement, les salaires baisser, tandis que dans le même temps la productivité par tête augmente. Serait-ce le marché financier, plus développé, qui finance plus facilement de nouvelles entreprises ? Serait-ce les impôts sur les plus values, plus faibles qu'en France, même s'ils ont été augmentés début 2013, qui expliquent l'investissement dans de nouvelles entreprises ? Serait-ce le gaz de schiste, qui crée des emplois pour son exploitation, et permet un développement industriel grâce à la baisse des coûts de l'énergie qu'il induit ?</p>
<p>Mais ce sont là des sujets autrement plus polémiques que de disserter sur les politiques des banques centrales !</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Vjb25vbWllLWFuYWx5c2VzLWFjdHVhbGl0ZXMtb3BpbmlvbnMub3Zlci1ibG9nLmNvbS9hcnRpY2xlLWxhLWZlZC1jb250cmUtbGEtYmNlLTExNzE5ODE2My5odG1s">Sur le web</a>.</p>
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		<item>
		<title>Or et argent : Analyse post-crash</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/18/121925-or-et-argent-analyse-post-crash</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 05:29:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabrice Drouin Ristori</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse et investissements]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[dollar]]></category>
		<category><![CDATA[Fed]]></category>
		<category><![CDATA[or]]></category>
		<category><![CDATA[taux d'intérêts]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien de ce qui se passe en ce moment sur l’or et l’argent n’est relié aux fondamentaux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Rien de ce qui se passe en ce moment sur l’or et l’argent n’est relié aux fondamentaux.</strong></p>
<p><strong>Par Fabrice Drouin Ristori.</strong><br />
<span id="more-121925"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMTMvODY3NzItdmFsZXVyLWRlLXJhcmV0ZS12YWxldXItZGVmZmljYWNpdGUtcmVmbGV4aW9ucy1zdXItbG9yLWV0LWxhcmdlbnQvb3ItYXJnZW50" rel=\"attachment wp-att-86783\"><img class="alignleft  wp-image-86783" title="or argent" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/or-argent.jpg?16fe88" alt="" width="189" height="189" /></a>Strictement rien de ce qui se passe en ce moment sur l’or et l’argent n’est relié aux fondamentaux. Ce crash, comme tous les précédents, est orchestré et ne reflète pas la situation extrêmement tendue sur les marchés de l’or et de l’argent physique.</p>
<p>Voici un état des lieux des éléments significatifs à prendre en compte. Je les ai classés dans trois catégories différentes :</p>
<p>1) Le contexte global<br />
2) La situation sur le marché de l’or « papier »<br />
3) La situation sur le marché réel de l’or physique</p>
<p><strong>1) Le contexte global : rien n’a changé</strong></p>
<p>– Objectif de protection du dollar :</p>
<p>Les opérations de manipulation des cours visent un objectif : celui de protéger la valeur du dollar, permettant à la Fed de garder un contrôle sur les taux d’intérêts, donc sur la valeur des bons du Trésor US et des dérivés de crédit largement détenus par les grandes banques.</p>
<p>Si la Fed perd le contrôle du dollar, ce qui arrivera inévitablement, étant donné qu’elle imprime des milliards de dollars tous les mois, les taux d’intérêts vont augmenter radicalement, la valeur des bons US s’effondrer, la bulle des dérivés de crédit exploser, et le système bancaire avec elle.</p>
<p>Manipuler le cours de l’or permet de détruire, auprès des masses, le signe annonciateur d’un effondrement du dollar et, par contagion, de tout le système financier.</p>
<p><a title=\"La Fed manipule le marché des métaux précieux pour protéger la valeur d’échange du dollar US\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci5nb2xkYnJva2VyLmNvbS9uZXdzL2ZlZC1tYW5pcHVsZS1tYXJjaGUtbWV0YXV4LXByZWNpZXV4LXByb3RlZ2VyLXZhbGV1ci1lY2hhbmdlLWRvbGxhci0yMzcuaHRtbA==" target=\"_blank\">Lire l’excellente explication de Paul Craig Roberts</a> qui explique en détail comment la manipulation de ces derniers jours a été opérée, et quels intérêts elle sert.</p>
<p>– La Fed continue à imprimer 85 milliards de dollars tous les mois. Le Japon a annoncé le plus important plan d’assouplissement monétaire de son histoire avec l’injection de 1,4 mille milliards de dollars en deux ans. Aucun signe de limitation quant aux politiques monétaires inflationnistes de type QE.</p>
<p>– Le <a title=\"Et si le plan chypriote servait de modèle pour d'autres pays ?\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jaGFsbGVuZ2VzLmZyL2Vjb25vbWllLzIwMTMwMzI1LkNIQTc1OTkvZXQtc2ktbGUtcGxhbi1jaHlwcmlvdGUtc2VydmFpdC1kZS1tb2RlbGUtcG91ci1kLWF1dHJlcy1wYXlzLmh0bWw=" target=\"_blank\">Premier ministre hollandais</a> a confirmé, tout comme le <a title=\"Lire le rapport (en anglais)\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mZGljLmdvdi9hYm91dC9zcmFjLzIwMTIvZ3NpZmkucGRm" target=\"_blank\">rapport de la BIS</a>, que la confiscation des dépôts en Europe serait appliquée dans les futurs plans d’aide, comme à Chypre. La confiance dans le système bancaire européen est au plus bas.</p>
<p>– Depuis 2007, l’indice S&amp;P a progressé d’à peine 1%, sur la même période et, même après la correction de ces derniers jours, l’or offre une performance de +100%.</p>
<p>– Le cours de l’or cette année a moins baissé que le cours de l’action Apple, qui a baissé de 39% depuis son plus haut de l’an dernier.</p>
<p><strong>2) La situation sur le marché de l’or « papier »</strong></p>
<p>– Entre vendredi 12 avril et lundi 15 avril, 1 million de contrats short (position vendeuses) ont été vendus sur le COMEX, soit 12% de plus que la production mondiale annuelle d’or.</p>
<p>– 150 tonnes d’or-papier ont été vendues en une heure vendredi dernier.<strong><br />
</strong></p>
<p>Vente réalisée sur le COMEX (marché de l’or US) par une seule entité, amorçant une cascade de ventes forcées par des investisseurs représentant au total 500 tonnes d’or. On peut logiquement se poser la question suivante : Qui a la puissance financière pour réaliser une telle opération ? Aucun trader ne vend une telle position en un seul bloc.</p>
<p>Paul Craig Roberts commente :</p>
<blockquote><p>Qui a la capacité de vendre l’équivalent de 500 tonnes d’or sur les marchés pour un montant représentant 24,8 milliards de dollars (soit 16 millions d’onces d’or ou environ 15% de la production mondiale annuelle d’or) ? Qui possèderait un tel stock d’or, si des demandes de livraison sur ces ventes à découvert venaient à se manifester ?</p>
<p>Par ailleurs, personne ne vend un tel montant d’or en une seule fois ; une telle vente se réalise progressivement pour ne pas faire s’effondrer les cours et, donc, limiter les pertes.</p>
<p>En l’occurrence, cette vente massive a occasionné la perte de plus de 1,168 milliards de dollars lors de l’opération. <strong>Qui peut perdre un tel montant, sauf à être capable d’imprimer la monnaie ?</strong><em><br />
</em></p></blockquote>
<p>Réponse de Paul Craig Roberts, seule la Fed peut financer une telle opération et tolérer une telle perte, puisqu’elle imprime la monnaie.</p>
<p>Parenthèse : le CFTC, l’organisme censé réguler les produits dérivés, notamment ceux sur l’or et l’argent, autorise des prises de positions vendeuses énormes et concentrées (donc prises par une seule ou plusieurs entités) qui viennent perturber le mécanisme de détermination libre des prix. La manipulation de l’or et de l’argent ne pourrait avoir lieu si la CFTC régulait correctement les produits dérivés.</p>
<p>– Le COMEX et le LBMA seraient proches d’un défaut.<strong><br />
</strong></p>
<p>Le COMEX fonctionne sur une base fractionnaire ; il n’y a pas suffisamment d’or et d’argent physique disponible dans les inventaires du COMEX pour garantir la convertibilité de tous les contrats.</p>
<p>Rappelons que Kyle Bass, un des plus important gérants de hedge funds aux USA, qui avait correctement anticipé l’effondrement des <em>subprimes</em>, confirme dans cette <a title=\"Voir la vidéo de Kyle Bass(en anglais)\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h0bWxwYXN0ZS5jb20vNWE1NmUzODAwMDY2YjM1MzQ0MjdjZDVkNThhMTE3YWQyYTBmMmFjZA==" target=\"_blank\">vidéo</a> que le COMEX fonctionne sur une base fractionnaire. Il a décidé, il y a maintenant quelques années, de demander la livraison physique de l’or qu’il détient via son fond, n’ayant pas confiance dans la capacité du COMEX à répondre à toutes les futures demandes de livraison. Si ne serait-ce que 5% des détenteurs de contrats sur le COMEX demandaient la livraison physique, le COMEX ferait défaut.</p>
<p>– Les stocks d’or physique disponible sur le COMEX et le LBMA sont en train de s’effondrer.<strong><br />
</strong></p>
<p>Et ce, au rythme le plus élevé depuis le début du marché haussier, en 2001. Les demandes de livraison sur les 90 derniers jours sur le COMEX ont représenté 2 millions d’onces d’or, soit 3 milliards de dollars, comme en témoignent ces <a title=\"Voir les graphiques\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2J1bGxtYXJrZXR0aGlua2luZy5jb20vY29tZXgtZ29sZC1pbnZlbnRvcmllcy1jb2xsYXBzZS1ieS1sYXJnZXN0LWFtb3VudC1vbi1yZWNvcmQv">graphiques</a>.</p>
<p>La confiance dans les marchés d’échange d’or de type « papier » s’effondre. Les investisseurs ne veulent plus être soumis au risque de défaut de contrepartie. Le COMEX ou le LBMA feront très certainement défaut dans les mois à venir. La situation est intenable, au rythme où les investisseurs demandent la convertibilité de leurs contrats en or ou argent physique.</p>
<p>Ce qui fait dire à Andrew Maguire, trader spécialisé sur le marché de l’or de Londres, que le crash de ces derniers jours avait aussi pour objectif de faire baisser les cours avant une annonce de défaut par le COMEX ou le LBMA. <a title=\"LBMA Default Triggered Gold &amp; Silver Takedown\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2tpbmd3b3JsZG5ld3MuY29tL2tpbmd3b3JsZG5ld3MvS1dOX0RhaWx5V2ViL0VudHJpZXMvMjAxMy80LzE1X01hZ3VpcmVfLV9MQk1BX0RlZmF1bHRfVHJpZ2dlcmVkX0dvbGRfJTI2X1NpbHZlcl9UYWtlZG93bi5odG1s" target=\"_blank\">Lire l’interview d’Andrew Maguire.</a></p>
<p>Défaut qui déclenchera une hausse rapide des cours et ce que Egon von Greyerz anticipe comme le plus important <em>short squeeze</em> (rachat des colossales positions vendeuses) de l’histoire. <a title=\"Tragédie, panique et le plus gros short squeeze de l'Histoire\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci5nb2xkYnJva2VyLmNvbS9uZXdzL3RyYWdlZGllLXBhbmlxdWUtc2hvcnQtc3F1ZWV6ZS0yMzguaHRtbA==" target=\"_blank\">Lire l'article de Egon von Greyerz</a>.</p>
<p>– Le cours de l’or « papier » en Yen a atteint son cours le plus élevé en 33 ans<strong><br />
</strong></p>
<p>Rien d’étonnant, alors que le <a title=\"La Banque du Japon (BoJ) poursuit sa politique d'assouplissement monétaire\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sYXRyaWJ1bmUuZnIvYWN0dWFsaXRlcy9lY29ub21pZS9pbnRlcm5hdGlvbmFsLzIwMTMwNDA0dHJpYjAwMDc1NzUzNS9sYS1iYW5xdWUtZHUtamFwb24tYm9qLXBvdXJzdWl0LXNhLXBvbGl0aXF1ZS1kLWFzc291cGxpc3NlbWVudC1tb25ldGFpcmUuaHRtbA==" target=\"_blank\">Japon vient d’annoncer le plan d’assouplissement monétaire</a> le plus important de son histoire. En moins de deux ans, le Japon s’apprête à injecter l’équivalent en Yen de 1,4 mille milliards de dollars, un montant sans précédent dans l’histoire du Japon.</p>
<p>Devant cette menace inflationniste, les fonds d’investissement institutionnels Japonais, et les Japonais eux-mêmes, commencent à migrer vers l’or physique au moment où les positions vendeuses des spéculateurs (COT Report) sur l’or et l’argent sont à un niveau record.</p>
<p>La migration globale vers l’or et l’argent physique menace tous les jours un peu plus l’explosion des marchés du COMEX et du LBMA. Un défaut de livraison sur ces marchés, et l’or explose à la hausse. La situation est intenable à long terme sur ces marchés. L’or physique permettant de répondre aux demandes de livraison des détenteurs de contrats-or n’existe tout simplement pas.</p>
<p><strong>3) La situation sur le marché réel de l’or et de l’argent physique</strong></p>
<p>– La Chine a profité du crash de vendredi dernier pour faire l’acquisition de 50 tonnes d’or physique.</p>
<p>Andrew Maguire, trader sur le marché de l’or physique à Londres, a confirmé, dans une récente interview, que la Chine avait fait l’acquisition de 50 tonnes d’or vendredi dernier, soit en plein crash du cours « papier » de l’or.</p>
<p>Visiblement la Chine, comme de nombreux autres pays, profite de chaque correction des cours pour faire l’acquisition d’or physique.</p>
<p>– Les deux plus importants négociants d’or et d’argent physique aux USA (Amark et CNT) sont en <a title=\"ALL US WHOLESALERS SOLD OUT OF ALL PHYSICAL SILVER!!!\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3NpbHZlcmRvY3RvcnMuY29tL2NudC1zb2xkLW91dC1vZi1hbGwtcGh5c2ljYWwtc2lsdmVyLz91dG1fc291cmNlPWZlZWRidXJuZXImYW1wO3V0bV9tZWRpdW09ZmVlZCZhbXA7dXRtX2NhbXBhaWduPUZlZWQlM0ErU2lsdmVyZG9jdG9ycyslMjhTaWx2ZXJEb2N0b3JzJTI5JmFtcDt1dG1fY29udGVudD1Hb29nbGUrSW50ZXJuYXRpb25hbA==" target=\"_blank\">rupture de stock d’argent</a>.<strong><br />
</strong></p>
<p>Suite au crash des cours de ces derniers jours, une demande massive s’est manifestée aux USA, et mondialement, pour l’acquisition d’argent physique. Le fait que cela n’ait aucune incidence sur le cours spot « papier » prouve que le marché de l’argent « papier (tout comme celui de l’or) n’est plus réel.</p>
<p>– Augmentation importante des primes sur les pièces d’argent.<strong><br />
</strong></p>
<p>Les négociants d’argent paient jusqu’à 3 dollars de commission pour se fournir (quand ils le peuvent) en pièces d’argent, dont les Eagles. Cette commission grossiste se situe avant celle facturée au client. Commission finale qui peut atteindre entre 10 et 12% au dessus du cours spot « papier » pour les pièces. Cela signifie que les producteurs ou détenteurs de pièces d’argent ne sont pas prêts à vendre sur la base du cours spot « papier » et que les deux marchés sont déconnectés.</p>
<p>– Un glissement de terrain sur une des mines exploitées par Rio Tinto dans l’Utah (seconde plus importante mine d’argent aux USA) entraîne la disparition de l’équivalent de 16% de la production mondiale annuelle d’argent.</p>
<p>Cet événement a eu lieu mercredi dernier, soit avant le crash. La mine sera probablement fermée pour plusieurs années. <a title=\"Kennecott Utah Copper's Bingham Canyon Mine pit wall slide\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yaW90aW50by5jb20vbWVkaWEvMTg0MzVfbWVkaWFfcmVsZWFzZXNfMjI2NjUuYXNw" target=\"_blank\">Lire le communiqué de presse</a>.</p>
<p>Posons-nous la question suivante : comment est-ce qu’une réduction de la production mondiale d’argent d’un tel montant puisse n’avoir aucune incidence sur les cours ?</p>
<p>Je maintiens mes analyses de long terme et continue à recommander la détention d’or et d’argent physique comme protection contre les événements à venir : faillites bancaires, inflation et confiscation des dépôts. Il n’y a aucune chance pour que notre système monétaire actuel de monnaies non convertibles perdure encore très longtemps.</p>
<p>Ces corrections sont difficiles à supporter, mais multiplier son capital dans un tel contexte de désinformation, de guerre monétaire et de manipulation ne se fait pas sans volatilité. Les investisseurs doivent comprendre globalement les événements qui se produisent et ne faire confiance qu’à leur interprétation de la situation.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci5nb2xkYnJva2VyLmNvbS9uZXdzL21hcmNoZS1vci1hcmdlbnQtYW5hbHlzZS1wb3N0LWNyYXNoLTIzOS5odG1s">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Savez-vous ce qu&#039;est le bitcoin ?</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Apr 2013 06:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Monnaie et finance]]></category>
		<category><![CDATA[bitcoin]]></category>

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		<description><![CDATA[Bitcoin, une monnaie électronique, se répand de plus en plus. Comment fonctionne-t-elle ? Est-elle surévaluée ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bitcoin, une monnaie électronique, se répand de plus en plus. Comment fonctionne-t-elle ? Est-elle surévaluée ?</strong></p>
<p><strong>Par Robert David Graham.</strong><span id="more-121461"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDExLzA1L2JpdGNvaW4uanBn"><img class="alignleft size-medium wp-image-77909" title="bitcoin.jpg" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/05/bitcoin-300x297.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="297" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9iaXRjb2lu" target=\"_blank\">Bitcoin</a> est une monnaie électronique de plus en plus populaire, utilisée autant pour les transactions légales qu'illégales. Les économistes ne se sont pas encore sérieusement penchés sur Bitcoin, et j'ai donc décidé d'y jeter un oeil. En particulier, je vais essayer de trouver la "valeur intrinsèque" du Bitcoin, pour répondre à la question de savoir si une brusque montée de son prix (240$ au moment où j'écris ces lignes) est vraiment justifiée.</p>
<p>(Pour un résumé en une ligne : les Bitcoins ont une valeur réelle (ils ne sont pas un fantasme) et leur valeur peut s'étaler de 0,01$ à 15.000$)</p>
<p><strong>Bitcoin comme monnaie</strong></p>
<p>Il y a eu pas mal d'études peu sérieuses du Bitcoin. On pourrait prendre comme exemple <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2tydWdtYW4uYmxvZ3Mubnl0aW1lcy5jb20vMjAxMS8wOS8wNy9nb2xkZW4tY3liZXJmZXR0ZXJzLw==" rel=\"nofollow external\">ce billet paru en 2011</a> de l'économiste prix Nobel Paul Krugman, où il compare le Bitcoin à l'étalon-or. Il a complètement faux.</p>
<p>L'erreur que font les économistes est de partir du principe que les bitcoins fonctionnent comme une monnaie traditionnelle. Ce n'est pas le cas. Bien que bitcoin soit construit comme un "moyen d'échange", il ne fournit par les autres <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9GdW5jdGlvbnNfb2ZfbW9uZXkjRnVuY3Rpb25z" rel=\"nofollow external\">fonctions traditionnelles de la monnaie</a>, comme "réserve de valeur", "unité de compte", et "mesure de valeur".</p>
<p>Depuis quelques mois, le prix des bitcoins a explosé. En économie classique, ceci signifie que l'économie bitcoin a subi une "déflation" massive. De la même sorte, lorsque la bulle bitcoin explosera et que les prix dégringoleront, l'économie bitcoin subira une "hyperinflation”.</p>
<p>Mais cette inflation/déflation n'a aucun effet. Les prix ne sont pas exprimés en Bitcoin, mais bien dans une monnaie réelle (dollar ou euro). Les acheteurs échangent leurs dollars contre des bitcoins, donnent ces derniers au vendeur, qui, de son côté, les échangera immédiatement contre des euros par exemple. Toute la procédure prend environ 30 minutes. La seule contrainte est que le taux de change par bitcoin ne fluctue pas trop pendant cette période d'une demi-heure. Les bitcoins sont électroniques et peuvent être facilement subdivisés, et "un milliardième de bitcoin" est une valeur acceptable. Lorsqu'on analyse Bitcoin, on doit laisser tomber cette idée qu'il est une "mesure de valeur" et les idées relatives de déflation et d'inflation.</p>
<p>Les bitcoins ne sont pas une monnaie légale : c'est une monnaie "rebelle" construite pour échapper aux contrôles gouvernementaux. Mais ceci signifie qu'il n'y a pas de protection gouvernementale non plus. Ceci signifie que vous ne pouvez "emprunter en bitcoins", car le gouvernement ne pourra vous forcer à rembourser votre prêt. Et bien que vous puissiez déposer vos bitcoins dans une "banque", au lieu que cette dernière vous rémunère votre dépôt, elle pourrait plutôt vous facturer la garde. Il n'y a donc pas de système financier basé sur bitcoin. Notre système économique n'est pas basé sur la monnaie elle-même mais sur les dérivés de la monnaie, ce qui disparaît dans le cas des bitcoins.</p>
<p>Les bitcoins ne sont pas des "réserves de valeur". Bien sûr, des spéculateurs stockent des bitcoins, mais c'est autre chose : vous ne pouvez pas stocker des bitcoins sur votre ordinateur, parce qu'ils seront perdus si votre disque crashe ou si vous attrapez un virus. Pour les raisons exposées plus tôt, vous ne pouvez compter sur quelqu'un pour les garder pour vous puisqu'il n'y a aucune loi les forçant à vous les rendre. Et comme le montrent les pénétrations frauduleuses de sites marchands en bitcoin, il est peu probable qu'un site en ligne soit suffisamment sécurisé. Seuls des experts ont les compétences requises pour stocker leurs bitcoins en sécurité sur une longue période de temps.</p>
<p>Et tout ceci constitue l'erreur des économistes : ils ont construit un ensemble d'hypothèses  sur comment la "monnaie" fonctionne, mais les bitcoins ne sont pas réellement de la monnaie, et ces hypothèses tombent. Nous devons revenir aux principes de base.</p>
<p><strong>Mesurer la quantité de monnaie "bitcoin"</strong></p>
<p>Au moment d'écrire ces lignes, le Bitcoin s'évalue au dessus de 200$ / pièce. Ce prix est-il justifié ? Est-ce du aux spéculateurs ? Quelle est la valeur 'réelle" d'un bitcoin ? Pour répondre à ces questions, nous devons d'abord trouver la valeur "réelle" de n'importe quelle monnaie, comme le dollar ou l'euro. Pourquoi 1$ vaut-il 1$ ? Ou, plus exactement, pourquoi 1$ vaut-il un quart de <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9CaWdfTWFjX0luZGV4" rel=\"nofollow external\">Big Mac</a> ? La réponse est : les économistes ne le savent pas vraiment. Ils ont des théories, quelques preuves, mais ils ne sont pas certains.</p>
<p>Le principe de base de la théorie de la monnaie est "<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTG9pX2RlX2w="offre_et_de_la_demande\" target=\"_blank\">Offre et demande</a>". Les gens demandent de la monnaie aussi bien comme moyen d'échange que comme réserve de valeur. Les gens demandent une monnaie car le troc est inefficace. Si vous désirez faire réparer votre voiture, vous pouvez tenter d'offrir des poulets, une chèvre ou un an de coiffeur au garagiste. Mais si c'est un hippie aux cheveux longs, il ne voudra pas ces biens et services. Ce qu'il veut est quelque chose qu'il pourra échanger facilement ailleurs. En d'autres mots, il veut de la monnaie.</p>
<p>Il en va de même avec l'épargne : l'épargne de long terme, ce sont des choses comme une maison, mais en cas d'urgence, c'est difficile à vendre. En conséquence, les gens veulent une partie de leur épargne sous forme plus liquide, c'est à dire ... de la monnaie. C'est de là que vient la valeur d'un dollar : offre et demande. Les gens demandent un bien qui soit facile à échanger et qui demande de créer de la valeur. Cette valeur est aussi réelle que la valeur de n'importe quoi d'autre.</p>
<p>C'est la théorie, et on a des preuves pour la soutenir. Ainsi, par exemple, lorsque le gouvernement imprime plus d'argent, l'offre grimpe, et comme on peut le prédire, la valeur de la monnaie décroît. Ceci signifie qu'il faut alors plus de monnaie pour obtenir le même bien.  En d'autres mots, les prix montent, et l'inflation arrive. C'est ce qui est arrivé <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9IeXBlcmluZmxhdGlvbg==" rel=\"nofollow external\">en Allemagne avant-guerre et au Zimbabwe</a> plus récemment : leurs gouvernements ont imprimé de plus en plus de monnaie, entraînant hyperinflation et des prix qui doublent quotidiennement.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L1ppbWJhYndlLTEwMC10cmlsbGlvbi5qcGc="><img class="alignleft size-medium wp-image-121463" title="Zimbabwe-100-trillion" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Zimbabwe-100-trillion-300x150.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="150" /></a>Il y a d'autres théories sur la provenance de la valeur de la monnaie. Certains pensent qu'elle vient du gouvernement qui l'imprime. Les preuves derrière cette théorie ne sont pas solides : <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9JcmFxaV9kaW5hcg==" rel=\"nofollow external\">l'Irak de Saddam</a> est un bon exemple. En 1991, la Guerre du Golfe coupa l'Irak du reste du monde. Au lieu d'utiliser des presses “suisses” de bonne qualité, le gouvernement irakien imprima une nouvelle monnaie sur des presses de moins bonne qualité. Il en imprima plus, causant une dévaluation et une inflation. L'<a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Blb3BsZS5pc2Nob29sLmJlcmtlbGV5LmVkdS9+aGFsL3Blb3BsZS9oYWwvTllUaW1lcy8yMDA0LTAxLTE1Lmh0bWw=" rel=\"nofollow external\">ancienne monnaie</a> continua cependant à être utilisée dans la région semi-autonome du Kurdistan, bien qu'elle ne fut plus reconnue officiellement par le gouvernement. Mieux : lorsque le régime de Saddam tomba, les deux monnaies irakiennes continuèrent à être utilisées, bien qu'aucun gouvernement n'existait alors pour en fixer la valeur. Même une mauvaise monnaie est mieux que de troquer trois poulets et une chèvre -- la valeur provient de la demande, pas du gouvernement.</p>
<p>Une autre théorie voudrait que la valeur de la monnaie provienne d'une "foi" irrationnelle, ou d'une "perception" de la valeur. Les économistes ne sont pas d'accords. Un des axiomes économiques fondamentaux est que les gens sont rationnels. Lorsqu'ils valorisent de l'or, des dollars, ou des bitcoins, l'hypothèse des économistes est que ces gens ont une raison rationnelle de le faire. Les bulles pourraient sembler irrationnelles, mais proviennent de gens qui font des paris qui sont, eux, rationnels. Certains gagneront, certains perdront. C'est comme parier sur qui gagnera le Superbowl : le fait d'avoir perdu ne signifie pas simplement que les perdants ont choisi irrationnellement l'équipe de leur pari. Toutes les preuves suggèrent que valoriser la monnaie est ce qu'il y a de plus "rationnel" à faire, et mettre en place un système de troc est moins rationnel.</p>
<p><strong>Et donc, si la valeur d'un bitcoin est définie par l'offre et la demande, quelle est "l'offre" et "la demande" pour bitcoin ?</strong></p>
<p>Le fondement même de bitcoin est qu'il peut être utilisé par l'économie souterraine. Ceci inclut les activité illégales, comme l'achat de drogue, mais aussi les activités légales mais discrètes comme l'achat de porno, ou le transfert d'argent à votre cousin à l'étranger. Le fisc américain estime que l'économie souterraine s'évalue à  <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hY2FkZW1pYS5lZHUvMzM5NzU4L05ld19Fc3RpbWF0ZXNfb2ZfT3ZlcnNlYXNfVS5TLl9DdXJyZW5jeV9Ib2xkaW5nc190aGVfVW5kZXJncm91bmRfRWNvbm9teV9hbmRfdGhlX1RheF9HYXBf" rel=\"nofollow external\">2000 milliards</a> de dollars annuels (pour un PIB total de 14.000 milliards de dollars). Utilisons donc ce nombre dans la partie "demande" de notre équation.</p>
<p>Quelle est "l'offre" de bitcoin? C'est déterminé par les mathématiques de l'algorithmique bitcoin : il y a environ 10 millions de bitcoin actuellement, et il y en aura environ 20 millions au total dans la prochaine décennie. Ceci veut dire que ces 20 millions de bitcoins devront couvrir les 2000 milliards de dollars de transactions.</p>
<p>Comparons ceci avec l'économie officielle, avec <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Jlc2VhcmNoLnN0bG91aXNmZWQub3JnL2ZyZWQyL3Nlcmllcy9NMT9jaWQ9MjU=" rel=\"nofollow external\">2400 milliards $</a> en monnaie (M1) pour <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Jlc2VhcmNoLnN0bG91aXNmZWQub3JnL2ZyZWQyL3Nlcmllcy9HRFBDMS8=" rel=\"nofollow external\">14.000 milliards $</a> de transactions, soit un ratio de 6.553. En divisant simplement les 2000 milliards $  par 6.553 et par 20 millions de bitcoin, pouf, on obtient la valeur d'un bitcoin : <strong>15.260 $ par pièce </strong> (oui, quinze mille dollars).</p>
<p>Ceci semble beaucoup, bien plus que le plus haut récent (250$ environ) mais c'est basé sur un énorme nombre d'hypothèses probablement fausses. Changer ces hypothèses change l'évaluation. Par exemple, si on estime que seul 10% de l'économie souterraine utilisera bitcoin, au lieu de 100%, la valeur du bitcoin est alors 10% de sa précédente valeur, soit 1.526$.</p>
<p>Dit autrement, lorsque Bitcoin approche les 300$, cela signifie que les parieurs font l'hypothèse que les bitcoins vont prendre 2% de l'économie souterraine. Si vous pensez qu'ils vont en prendre plus, vous devriez acheter des bitcoins. Et inversement, si vous pensez que les bitcoins en prendront moins, vous devriez plutôt en vendre.</p>
<p>Notez que j'utilise M1 comme mesure de l'offre de monnaie dans ce calcul. Parlons un peu de l'offre de monnaie. Il y a trois bonnes mesures de l'offre de monnaie : M0, M1, et M2.</p>
<ul>
<li>M0 c'est la quantité de monnaie physique en circulation, soit <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Jlc2VhcmNoLnN0bG91aXNmZWQub3JnL2ZyZWQyL3Nlcmllcy9CQVNFP2NpZD0xMjQ=" rel=\"nofollow external\">800 milliards de $</a> en billets (essentiellement de 100$ et $20). Pour bitcoin, ce sont les 20 millions de bitcoins possibles. .</li>
<li>M1 inclut M0, et les comptes chèque (dépôts). Lorsque vous déposez de l'argent en banque, elle en prête la plupart. L'emprunteur dépense cet argent, qui sera à son tour déposé en banque, qui à son tour le prêtera à peu près totalement. Cette “réserve fractionnaire" bancaire multiplie la quantité effective de monnaie en circulation jusqu'à 2400 milliards de $.</li>
<li>M2 inclut M1 et M0, et l'épargne liquide comme les fonds des marchés monétaires. C'est l'argent que les foyers peuvent dépenser assez facilement mais qu'ils choisissent plutôt de même de côté. Il y en a à peu près <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Jlc2VhcmNoLnN0bG91aXNmZWQub3JnL2ZyZWQyL3Nlcmllcy9NMz9jaWQ9Mjg=" rel=\"nofollow external\">10.000 milliards de $</a>.</li>
</ul>
<p>Si vous pensez que Bitcoin sera utilisé principalement pour des transactions et non pour l'épargne, alors M1 est la quantité la plus appropriée. Si vous pensez qu'il y aura plus d'épargne, alors M2 est probablement meilleure, ce qui accroît la valeur de vos bitcoins par un facteur quatre.</p>
<p>Comme il n'y a pas de système bancaire en bitcoin, cela veut dire que M0 et M1 sont équivalents. Si vous pensez que des services de "réserve fractionnaire" peuvent apparaître, réduisez votre estimation de la valeur des bitcoins par un facteur trois.</p>
<p><strong>La valeur du protocole </strong></p>
<p>La discussion ci-dessus est une analyse du haut vers le bas depuis une perspective “économique”, comparant le bitcoin à une monnaie. Faisons à présent une analyse du bas vers le haut en s'attardant au "protocole réseau" du bitcoin, comme moyen d'échange monétaire,  -- <em>mais pas comme monnaie lui-même</em>. Ce dernier point est important : nous voyons bitcoin comme une monnaie, mais techniquement, c'est juste un protocole pour échanger des dollars en d'autres dollars.</p>
<p>Un élément essentiel de bitcoin est qu'une transaction prend 10 minutes. Ce nombre est compris dans le protocole : votre transaction est en effet ajoutée à une chaîne de blocs, et cette chaîne est recalculée et ré-émise à tout le réseau. Il y a une nouvelle chaîne émise toutes les 10 minutes. Une transaction typique prendra donc à peu près 30 minutes: 10 minutes pour l'acheter afin de convertir ses dollars en bitcoins, 10 minutes pour effectuer l'échange de bitcoins, et 10 autres minutes pour que le vendeur change ses bitcoins en dollar (ou autre).</p>
<p>Imaginons une économie de 2000 milliards de $ où les bitcoins sont convertis aussi rapidement que possible en monnaie traditionnelle, et où personne ne stocke ses pièces plus longtemps que nécessaire. En prenant ces chiffres (2000 milliards de $ divisé par  (365*24*60*2) divisé par 20 million) revient à 10 cents par bitcoin. Si l'on fait l'hypothèse d'une économie plus petite, dans laquelle bitcoin représente 2% de l'économie souterraine, on se retrouve avec 0.2 cents par bitcoin. Comme il y a un peu de mou dans le système, disons 1 cent et n'en parlons plus.</p>
<p>Cette hypothèse que les gens se débarrasseront de leur bitcoin aussi vite que possible ne sera pas vraie, bien sûr. Imaginons un site de paris en ligne, uniquement en bitcoins. Il prendra des paris sur la saison de baseball sur quelle équipe gagnera le Superbowl, et ne payera les gagnants qu'à la fin de la saison. Cette valeur de 10 minutes est, on le voit, le minimum. La moyenne sera plus grande.</p>
<p>Et votre estimation sur combien de temps un bitcoin sera conservé (en moyenne) va en conséquence changer l'équation : si la moyenne de conservation est d'un jour au lieu de 30 minutes, sa valeur grimpe de 50 fois. Inversement, le temps mis pour une confirmation de chaîne de bloc peut diminuer (elle est actuellement de 7 minutes au lieu de 10), réduisant la valeur des bitcoins. La valeur récente de 240$ / bitcoin implique dans cette équation qu'une personne conserve un bitcoin 7 ans (toujours sur l'hypothèse que les bitcoins manipuleront 2% de l'économie souterraine).</p>
<p><strong>La valeur politique</strong></p>
<p>Le gouvernement peut-il interdire bitcoin, réduisant sa valeur à zéro ?</p>
<p>De ce point de vue, le gouvernement a un historique excellent. Il a mis en faillite d'autres monnaies électroniques comme "e-gold”. Les Américains ne peuvent plus obtenir de comptes en Suisse, ces derniers étant fatigué du harcèlement perpétuel du gouvernement américain à leur encontre. Ceci signifie qu'il y a un risque que le gouvernement puisse arrêter bitcoin complètement, ou lui imposer de rester totalement souterrain, minant son utilité et sa valeur.</p>
<p>Mais il y a une chose particulière à propos de bitcoin : il est basé sur les mathématiques, et aucune organisation ne le contrôle. Même si le gouvernement met des sites publics comme MtGox en faillite, et jettent son propriétaire en prison, les transactions en bitcoin transactions continueront. Et vous pouvez même avoir l'effet inverse : plus le gouvernement s'acharne à détruire les monnaies concurrentes, plus un bitcoin deviendra cher, puisque seule monnaie que le gouvernement ne peut pas stopper. Il y aura toujours une très forte demande pour une monnaie souterraine, non gouvernementale qu'aucun gouvernement ne peut écrabouiller avec succès.</p>
<p><strong>Conclusion : est-ce un bulle ? </strong></p>
<p>J'ai exposé quelques arguments sur pourquoi un bitcoin peut valoir de 1 cent à 15.000 dollars. En conséquence : devez-vous acheter ou vendre des bitcoins, la valeur ayant monté autour de 200$ ?</p>
<p>Imaginons que vous ayez acheté Amazon.com au plus haut de la bulle des télécoms. Combien auriez-vous perdu ? En haut de la bulle, le prix de l'action était de 100$. il est à présent de 300$. Vous n'auriez pas perdu d'argent, vous auriez plutôt multiplié par trois votre investissement. Bien sûr, 99% des autres startup ont ou bien fait faillite, ou bien perdu la plus grosse partie de leur valeur. Amazon est une des quelques unes qui ont gardé leur valeur.</p>
<p>Ce que je veux dire est que simplement parce qu'il y a une bulle actuellement, cela ne veut pas dire que c'est un mauvais moment pour investir : selon certaines hypothèses, j'ai donné quelques bonnes raisons comment un bitcoin peut atteindre des milliers de dollars et donc bien plus que ce plus haut récent de 240$. Si vous êtes d'accord avec ces hypothèses, vous devriez acheter des bitcoins.</p>
<p>Et cela veut aussi dire ceci : Internet a décollé, dépassant largement les rêves les plus fous des visionnaires les plus optimistes. Mais cela ne veut pas dire que les premiers investisseurs dans les startups internet ont fait de l'argent. Beaucoup ont perdu leur chemise dans le crack de la bulle télécom. Bitcoin pourrait devenir extrêmement fructueux, représentant 1000 milliards de dollars en transactions annuelles, et avec 1c par bitcoin comme valorisation. Ce qui veut dire que vous pourriez parfaitement perdre de l'argent même en ayant eu "raison".</p>
<p>Transparence totale : je possède 4 bitcoins (que <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VycmF0YXNlYy5ibG9nc3BvdC5jb20vMjAxMS8wNS9pLWdvdC1iaXRjb2luLmh0bWw=" rel=\"nofollow external\">j'ai obtenu en minant</a>), et je n'ai pas l'intention de les vendre. Et je n'ai pas l'intention d'en acheter non plus.</p>
<p><strong>Mise à jour : </strong>entre le début et la fin de la rédaction de cet article, la bulle bitcoin semble avoir éclaté :</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L2JpdGNvaW4tYnViYmxlLWJ1cnN0LnBuZw=="><img class="aligncenter size-full wp-image-121462" title="bitcoin-bubble-burst" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/bitcoin-bubble-burst.png?16fe88" alt="" width="500" height="300" /></a></p>
<p>A lire aussi :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9iaXRjb2lu" target=\"_blank\">notre dossier Bitcoin</a></li>
</ul>
<p>---</p>
<p>Traduction Contrepoints - <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VycmF0YXNlYy5ibG9nc3BvdC5iZS8yMDEzLzA0L2Etd29ua2lzaC1sb29rLWF0LWJpdGNvaW4tZWNvbm9taWNzLmh0bWw=" target=\"_blank\">Article original</a></p>
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