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	<title>Contrepoints &#187; Agriculture</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
	<lastBuildDate>Sat, 25 May 2013 05:45:58 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Faut-il supprimer la Politique Agricole Commune (PAC) ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/25/125555-faut-il-supprimer-la-politique-agricole-commune-pac</link>
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		<pubDate>Sat, 25 May 2013 05:30:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Chambolle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[PAC]]></category>
		<category><![CDATA[politique agricole commune]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si on supprimait la Politique Agricole Commune (PAC), quels résultats en sortiraient ? Réflexions à partir d'un exemple étranger.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Et si on supprimait la Politique Agricole Commune (PAC), quels résultats en sortiraient ? Réflexions à partir d'un exemple étranger.</strong></p>
<p><strong>Par Xavier Chambolle.</strong><span id="more-125555"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L0N1bHR1cmUtZGUtcG9tbWVzLWRlLXRlcnJlLUNyw6lkaXRzLU5pZ2h0VGhyZWUtQ3JlYXRpdmUtQ29tbW9ucy5qcGc="><img class="aligncenter size-medium wp-image-125557" title="Culture de pommes de terre (Crédits NightThree, Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Culture-de-pommes-de-terre-Crédits-NightThree-Creative-Commons-300x225.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="225" /></a><strong></strong></p>
<p><strong>Qu’est-ce que la Politique Agricole Commune (PAC) ?</strong></p>
<p>La PAC est une politique mise en place à l’échelle de l’Union européenne. Elle a pour mission :</p>
<ul>
<li><em></em>d’accroître la productivité dans le secteur (donc de produire plus et mieux avec moins),</li>
<li><em></em>d’assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs,</li>
<li><em></em>de stabiliser les marchés,</li>
<li><em></em>de garantir la sécurité des approvisionnements,</li>
<li><em></em>d’assurer des prix raisonnables aux consommateurs,</li>
<li><em></em>de faire respecter l’environnement et le développement rural.</li>
</ul>
<p>Ses quatre principaux outils sont le contrôle des prix, les subventions, le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUHJvdGVjdGlvbm5pc21l" target=\"_blank\">protectionnisme</a> (tarifs douaniers sur les produits importés) et le contrôle de la production (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9RdW90YV9sYWl0aWVyX2VuX0V1cm9wZQ==" target=\"_blank\">quotas</a>, arrachages subventionnés). Il s’agit donc d’une <strong>politique économique interventionniste qui vise à remplacer les mécanismes d’un marché libre</strong>.</p>
<h3>Comment fonctionne-t-elle et à quoi sert-elle ?</h3>
<p>Comment faire cependant pour assurer des prix raisonnables aux consommateurs, tout rémunérant suffisamment les producteurs et en leur permettant d’améliorer la productivité ?</p>
<p>La solution est simple : l’UE subventionne les agriculteurs ! Ainsi, tout le monde est content.</p>
<p>Or l’argent de ces subventions ne vient pas de nulle part, il vient de la poche du contribuable. Or le contribuable est également un consommateur de produits alimentaires…</p>
<blockquote><p>On défend le consommateur en évitant d’augmenter la rémunération du salarié; on défend le salarié en chargeant d’impôts le capitaliste; on défend le capitaliste en vendant le plus cher possible au consommateur; et la justice se trouve ainsi d’autant mieux satisfaite que le salarié, le capitaliste et le consommateur, c’est presque toujours le même type.</p>
<p>Auguste Detœuf, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI3MDgxMDc3MDQvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTI3MDgxMDc3MDQmYW1wO2FkaWQ9MVNLMEtWREoyQlA4RVlNQ1pHWEImYW1wOw==" target=\"_blank\"><em>Propos de O.L. Barenton, confiseur</em></a> en 1938</p></blockquote>
<p>Nous serions donc tenté de répondre que la PAC ne sert à rien. Au pire est-elle simplement une politique de redistribution, s’ajoutant ainsi à tous les autres mécanismes de ce type.</p>
<p>La question de son utilité pour les Européens est d’autant plus pertinente qu’elle engendre de nombreux problèmes, parmi lesquels :</p>
<ul>
<li><em></em>L’affaiblissement de l’agriculture des pays pauvres, car les produits agricoles européens exportés sont moins chers que les produits locaux à cause des subventions. L’aspect ironique de la situation est que le contribuable européen finance cette concurrence déloyale, celle-ci nuit au secteur agricole de ces pays, contribuant ainsi au chômage, que l’Europe tente de combattre là aussi avec des aides financières, chômage qui contribue à l’immigration en Europe, qui elle aussi a un coût (assistance des personnes, surveillance à la frontière, etc.).</li>
<li><em></em>L’encouragement de cultures inadaptées localement. Par exemple le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2dlbS5zY2llbmNlcy1wby5mci9jb250ZW50L3B1YmxpY2F0aW9ucy9wZGYvYWdyaWN1bHR1cmUvQm91bGFuZ2VyX0lycmlnYXRpb25QQUNfR0VNUEJfRlIwNzA5MDcucGRm" target=\"_blank\">maïs</a>, plus subventionné que d’autres cultures, mais grand consommateur d’eau notamment. Maïs subventionné dont le prix sur le marché baisse naturellement, ainsi que ses produits dérivés dont le glucose de maïs.</li>
<li><em></em>La dégradation des relations entre pays membres, la PAC représentant des enjeux colossaux, chaque pays tente de l’orienter à son profit et au détriment du voisin.</li>
</ul>
<p>Bien sûr, il ne faut surtout pas oublier de mentionner son coût direct : plus de 40% du budget de l’Union européenne, soit largement plus de 50 milliards d’euros. Évidemment cela ne fait « que » 100€ par an par habitant. Avec 100€, vous pouvez tout de même commander environ 10 paniers de fruits et légumes (bio !) pour 2-3 personnes, ce qui permet donc de tenir plus de 2 mois sur ces denrées. En faisant attention et en tenant compte d’un panier alimentaire plus varié (viande, épices), avec ce même 100€ il est possible de nourrir une personne pendant un mois environ.</p>
<p><strong>Conséquences de la suppression de la PAC</strong></p>
<p>Si nous considérons que la PAC est un succès et a permis de remplir ses objectifs, alors sa suppression entraînerait naturellement une situation opposée, à savoir :</p>
<ul>
<li><em></em>une baisse de la productivité dans le secteur,</li>
<li><em></em>une baisse du niveau de vie des agriculteurs,</li>
<li><em></em>l’instabilité des marchés,</li>
<li><em></em>l’insécurité des approvisionnements,</li>
<li><em></em>l’explosion des prix pour le consommateur,</li>
<li><em></em>un environnement détruit et un monde rural anéanti,</li>
<li><em></em>100€ qui restent dans la poche de chaque contribuable européen, chaque année.</li>
</ul>
<p>Ceci est parfaitement théorique. Mais cela semble communément accepté, en tout cas c’est une position largement défendue par la France. Généralement, lorsque vous émettez l’idée de supprimer la PAC, on vous répond avec vigueur : «Mais vous êtes fou ! Le marché sera plus concentré, les petits producteurs se feront bouffer par l’industrie agro-alimentaire, la qualité baissera, la diversité en prendra un coup, les pauvres ne pourront plus se nourrir, etc.».</p>
<p>Nous avons tellement été abreuvé par l’État que nous n’imaginons plus nous en sortir sans lui ! C’est dramatique : nous faisons plus confiance en l’État qui organise la production agricole, qu’au marché, c’est-à-dire vous, moi et les autres !</p>
<p>Alors sortons un instant de ce cadre théorique. Prenons un exemple concret.</p>
<h3>La Nouvelle-Zélande</h3>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L1N1YnZlbnRpb25zLcOgLWxhZ3JpY3VsdHVyZS1DcsOpZGl0cy1PQ0RFLnBuZw=="><img class="aligncenter  wp-image-125556" title="Subventions à l'agriculture (Crédits OCDE)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Subventions-à-lagriculture-Crédits-OCDE.png?16fe88" alt="" width="586" height="354" /></a></p>
<p>La Nouvelle-Zélande avait et a encore un secteur agricole occupant une grande place dans son économie. Dans les années 1980, ce secteur était particulièrement subventionné (3ème rang de l’OCDE). Confronté à une grave crise budgétaire, l’État néo-zélandais coupa massivement dans ces aides, au point qu’aujourd’hui <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vZWNkLm9yZy9mci9ub3V2ZWxsZXplbGFuZGUvMzk1ODUyNTIucGRm" target=\"_blank\">la Nouvelle-Zélande est le pays de l’OCDE qui subventionne le moins son secteur agricole</a>. Certes de nombreuses exploitations ont fermé, incapables de vivre par leurs propres moyens. Le secteur agricole a simplement été assaini, pour le plus grand bien du secteur lui-même, mais également pour celui des consommateurs.</p>
<p>Plutôt que de détailler les multiples bénéfices de la suppression quasi-totale des aides (restent des aides en cas de catastrophes naturelles, par exemple), citons simplement les Fermiers Fédérés de Nouvelle-Zélande qui transmettent aux pays et agriculteurs du monde entier <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5uemVtYmFzc3kuY29tL2ZyL2ZyYW5jZS9saWVucy1lbnRyZS1sYS1ub3V2ZWxsZS16JUMzJUE5bGFuZGUtZXQtbGEtZnJhbmNlL2FmZmFpcmVzLWV0LWNvbW1lcmNlL3ZpdnJlLWFwciVDMyVBOHMtbGEtc3VwcHJlc3Npb24t" target=\"_blank\">un message rassurant via leur ambassade</a> :</p>
<blockquote><p>L’expérience des quinze dernières années de réformes en Nouvelle-Zélande a complètement détruit le mythe que le secteur agricole ne pouvait prospérer sans aides gouvernementales ; et que l’environnement ne pouvait pas rester sain.</p>
<p>[...]</p>
<p>La suppression des subventions agricoles s’est révélée être un catalyseur pour les gains de productivité.</p>
<p>[...]</p>
<p>La diversification de l’utilisation des terres, introduite par la suppression des subventions, a été bénéfique pour les exploitants et a augmenté la taille et l’éventail du secteur agricole néo-zélandais ; alors que de nouveaux produits innovants ont été développés.</p>
<p>Exploiter en Nouvelle-Zélande continue à offrir un revenu assez conséquent afin d’assurer un retour sur capital similaire à d’autres pays et un bon standard de vie.</p>
<p>Les agriculteurs ne sont plus à la recherche de subventions, cherchant une production maximale à n’importe quel coût. Les agriculteurs maintiennent des structures de coûts, reflétant les capacités réelles des revenus de leurs fermes. Ils investissent dans la protection de leur environnement, et la valeur de leurs terres est basée sur leur capacité de revenus sur le marché.</p>
<p>Avec l’arrêt des subventions, les pratiques agricoles sont désormais menées par les demandes du marché et des consommateurs.</p>
<p>[...]</p>
<p>La Nouvelle-Zélande a également profité de bénéfices environnementaux. La qualité de l’eau s’est améliorée ; de plus, les gâchis dus aux subventions ont stoppé.</p>
<p>[...]</p>
<p>Des prédictions annonçant qu’une grande proportion des agriculteurs quitteraient leurs terres ne se sont pas réalisées.</p>
<p>[...]</p>
<p>Une grande majorité des coûts de production agricoles sont désormais plus bas. Des réformes introduites dans d’autres domaines économiques ont réduit les coûts agricoles et accru la compétitivité de l’économie du pays en général. Des exemples à citer incluent la dérégulation des marchés de l’emploi et des transports ; ainsi que la réduction des taxes d’importation sur les charges agricoles.</p>
<p>[...]</p>
<p>il n’y a pas eu d’effort substantiel de la part du gouvernement afin de soulager les conséquences de la transition.</p>
<p>[...]</p>
<p>Sur le long-terme, les dommages apportés à l’agriculture néo-zélandaise par les subventions furent importants. Les subventions restreignaient l’innovation, la diversification et la productivité en corrompant les signaux et nouvelles idées des marchés. Cela amena un gaspillage des ressources et un impact négatif sur l’environnement. Une grande part des agriculteurs de pâture avait une exploitation, en effet, dans le seul but d’obtenir les subventions.</p>
<p>L’arrêt des subventions en Nouvelle-Zélande a donné naissance à une économie rurale vibrante, diversifiée et durable. Les agriculteurs néo-zélandais sont fiers de leur indépendance et sont décidés à ne jamais plus être soumis aux subventions gouvernementales.</p></blockquote>
<p>Cela semble clair. Alors on nous rétorquera que la Nouvelle-Zélande est un petit pays… Mais l’agriculture de ce petit pays est excessivement tributaire de ses exportations vers le monde entier ! Et il a conclu de multiples accords de libre-échange… Ce qui n’est pas sans rappeler notre Zone Schengen qui créé un environnement similaire.</p>
<p><strong>Qu’attendons-nous pour supprimer la PAC ?</strong></p>
<p>Nous attendons que nos parlementaires gagnent leur indépendance vis-à-vis des lobbies de Bruxelles (un siège permanent à Strasbourg aiderait).</p>
<p>Nous attendons que la France cesse de défendre mordicus cette maudite politique agricole commune, qu’elle fasse son deuil de Colbert.</p>
<p>Nous attendons que les responsables politiques aient le courage de dire la vérité aux Européens (la PAC ne sert a rien, est coûteuse et nuisible) et admettent que nous n’avons pas besoin d’eux dans ce domaine (notamment !).</p>
<p>Nous attendons que l’Union européenne respecte le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9mci53aWtpcGVkaWEub3JnL3dpa2kvUHJpbmNpcGVfZGVfc3Vic2lkaWFyaXQlQzMlQTk=" target=\"_blank\">principe de subsidiarité</a> (la responsabilité d’une action publique, lorsqu’elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même) et acte le fait que cette politique n’est clairement pas nécessaire.</p>
<p>Bref. Nous allons attendre longtemps. Et ce d’autant plus que les fédéralistes ne luttent pas avec force contre les mauvaises politiques de l’Union européenne.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy54YXZpZXJjaGFtYm9sbGUuY29tL3dwLzIwMTMvMDUvc3VwcHJpbW9ucy1sYS1wb2xpdGlxdWUtYWdyaWNvbGUtY29tbXVuZS8=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=125555" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Les mains de France : Chartreuse de Valbonne</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 05:10:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise et management]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[ardèche]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA[La chartreuse de Valbonne se targue de 800 ans d’histoire. Elle en a fait un atout décisif en matière de marketing.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La chartreuse de Valbonne </strong><strong>se targue de 800 ans d’histoire. Elle en a fait un atout décisif en matière de marketing.</strong><strong></strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-123174"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzE3Ng==" rel=\"attachment wp-att-123176\"><img class="alignleft  wp-image-123176" title="chartreuse-de-Valbonne" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/chartreuse-de-Valbonne.jpg?16fe88" alt="" width="305" height="267" /></a>Les mains ont d’abord taillé les pierres. Puis les mêmes mains ont taillé les vignes. Ce faisant, ces mains ont taillé l’histoire. En Ardèche, dans ce qui est encore les contreforts du Massif Central, la chartreuse de Valbonne se dresse, et avec elle l’ensemble de son héritage. En face d’elle, c’est le Rhône, et encore en face, les Alpilles. Pont Saint-Esprit assure le passage entre ces deux mondes, entre la Provence et l’Ardèche. C’est le sud, ce sont les Côtes du Rhône, avec autant de variétés que le Rhône peut en présenter, lui qui coule des Alpes jusqu’à la Méditerranée. La chartreuse a un air bourguignon, avec son toit de tuiles peintes, façon ville de Beaune et hospices bourguignons. L’histoire raconte que ce sont des moines bourguignons qui ont aidé leurs confrères à construire la toiture en leur faisant un don, à condition qu’ils en confient la construction à des intervenants de Bourgogne. La philanthropie ne se dépareille jamais des affaires.</p>
<p>La chartreuse a été fondée en 1203. La date est facile à retenir, elle figure sur les étiquettes des cuvées. C’est plus de huit cents ans d’histoire que nous pouvons boire. 800 ans, plus que beaucoup de pays dans le monde. Si le goût du vin peut être moderne et adapté aux goûts des consommateurs actuels, la façon de faire, les rites traditionnels s’ancrent dans une très longue histoire. Voilà de quoi mettre en accord les liens entre culture et commerce. Un ami, producteur de vins à Bandol, essaye de percer le marché chinois. Il a compris que pour cela il lui fallait faire l’historique de son appellation, et remonter le plus loin possible, car la transparence historique est un gage de ventes. Les Chinois, visiblement, sont attirés par ce qui est ancien, ce qui peut présenter des origines lointaines. Pour une civilisation plurimillénaire, cela peut se comprendre. Voilà un point sur lequel les Américains ne pourront pas nous concurrencer. Notre patrimoine culturel et historique est un des meilleurs atouts de notre développement économique. On aurait tort de s’en passer ou de l’ignorer. On aurait tort aussi de vouloir copier les autres, non pour s’en inspirer, mais pour faire des produits similaires. La similitude joue forcément en notre défaveur quand les autres savent faire mieux que nous. Vendre notre histoire, ce n’est pas brader nos châteaux ou nos abbayes pour les vendre à la découpe et remonter les pièces détachées au Japon. Ce n’est pas disperser un patrimoine qui part aux quatre vents, et qui disparaît de France. Vendre notre histoire, ce n’est pas non plus nous plonger dans le formol en essayant de conserver telles quelles, sans apporter aucune modification, nos traditions et nos cultures. Comme si nous devions vivre selon la mode XVIIe ou XVIII e siècle. Vendre notre histoire, c’est s’appuyer sur notre culture, sur l’attrait que celle-ci véhicule à travers le monde, pour en faire l’élément performatif de nos produits et de notre économie. Pour la chartreuse de Valbonne, la présence des moines, jusqu’à la Révolution, est un atout décisif en matière de marketing. Comme cela l’est aussi pour le Clos Vougeot.</p>
<p>Nous assistons peut-être à ce que l’on pourrait appeler une relocalisation culturelle et historique. Après avoir voulu bâtir un style international, qui est particulièrement visible dans l’architecture, les entreprises et le monde économique en général semblent comprendre que le business ne se développe pas forcément en hors-sol. L’activité économique est faite par des hommes. Et l’homme est un être de culture. Le patrimoine historique peut devenir un véritable atout, pas simplement folklorique ou touristique, mais comme preuve de la réussite et du développement de l’entreprise. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir se targuer de 800 ans d’histoire, comme la chartreuse de Valbonne, ou même de trois siècles, comme Wendel. Cette relocalisation culturelle est visible dans de nombreux secteurs économiques, comme PPR qui, le 18 juin prochain, s’appellera officiellement Kering. François Pinault a expliqué, lors de la présentation à la presse du changement de nom, qu’il voulait ancrer l’entreprise dans ses racines bretonnes, le fameux ker. Certes il y a le jeu de mots, en anglais, entre kering et care, mais il y a aussi la Bretagne, qui ainsi peut faire flotter sa culture à travers les rues huppées de la mode et du monde. L’appellation d’origine protégée devient une nouvelle valeur d’entreprise. L’affirmation de son identité n’est plus ni obsolète ni dérisoire, mais peut faire office de point fort. Comme dans un vin, comme ceux des Côtes du Rhône par exemple, on peut chercher la profondeur, le velouté du corps, la tenue en bouche, qu’indique sa densité culturelle et historique. C’est, appliquée à l’économie, le concept d’indigénisation défendu par Samuel Huntington. Cette réappropriation de sa culture, ce refus de se fondre dans une masse uniforme et équivalente, à travers le monde. Cela n’empêche pas de penser global, comme on doit dire dans le jargon ésotérique de l’entreprise, cela n’empêche pas d’avoir une vision mondiale, au contraire. Pour penser global, il faut penser différemment, c’est-à-dire être capable de se différencier des autres. La culture est le meilleur atout de la différenciation. Ce phénomène est-il passager ? Va-t-il être un des éléments moteurs des tendances économiques du futur ? L’histoire nous l’apprendra ; l’histoire qui en sera peut-être le moteur. Les mains, attachées à la tête, en sont toujours le principe.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZXMtbWFpbnMtZGUtRnJhbmNlLUNoYXJ0cmV1c2UtZGU=">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXM=">Les mains de France : Le vignoble de Gigondas</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMDIvMTA2NTI5LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1kYXJsYXk=">Les mains de France : Le Château d’Arlay</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTMvMTExMTYyLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1teXJhdA==">Les mains de France : Le Château Myrat</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMDkvMTE3NjQ1LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGEtbWFpc29uLWJvdWNoYXJk">Les mains de France : La maison Bouchard</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzEvMTIwMDg5LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtZHJvdW90">Les mains de France : Drouot</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>De la complexité de la simplification administrative</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/15/121611-de-la-complexite-de-la-simplification-administrative</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/15/121611-de-la-complexite-de-la-simplification-administrative#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 05:25:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thibault Doidy de Kerguelen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Simplification administrative]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mille-feuilles administratif et l'Europe rendent complexe toute simplification administrative. Commençons par tailler dans le mille-feuilles ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le mille-feuilles administratif et l'Europe rendent complexe toute simplification administrative. Commençons par tailler dans le mille-feuilles ?</strong></p>
<p><strong>Par Thibault Doidy de Kerguelen.</strong><span id="more-121611"></span></p>
<div id="attachment_121612" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L0Nyb3plcy1IZXJtaXRhZ2UuanBn"><img class="size-medium wp-image-121612" title="Dégustation dans les vignobles de Crozes-Hermitage (Crédits : le vin parfait, Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Crozes-Hermitage-200x300.jpg?16fe88" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Dégustation dans les vignobles de Crozes-Hermitage</p></div>
<p>Le Président veut un « choc de simplification » ? Parfait, voici un cas concret.</p>
<p>Les Vignerons indépendants de France (VIF), qui réunissent quelques 6.000 adhérents, réclament une simplification des procédures fiscales qui entravent la vente directe et les expéditions de leurs vins aux particuliers au sein de l’Union Européenne.</p>
<p>Actuellement, les taxes, différentes d’un pays à l’autre, peuvent être particulièrement élevées dans certains pays du nord de l’Europe. D’autre part, le système oblige les petites maisons à avoir des correspondants fiscaux dans les pays destinataires. Résultat, « <em>Quand un client Belge qui nous a découvert en été demande qu’on lui réexpédie une caisse en hiver, la plupart laissent tomber car trop compliqué et trop coûteux</em> », argumente M. Jean Jacques Jarjanette, directeur général de VIF.</p>
<p>L’association propose de supprimer le droit d’accises pour les ventes de moins de 60 bouteilles ou, au minimum, de simplifier les procédures coûteuses et surtout hétérogènes d’un État membre à l’autre. L’idée serait de permettre d’acquitter les droits, harmonisés si possible au niveau européen, en France, les douanes se chargeant ensuite, via une chambre de compensation, de restituer les taxes au pays destinataire. Bref, sortir le marché du vin du régime d’exception pour le faire accéder (enfin) au marché unique.</p>
<p>« <em>Cela va complètement dans l’esprit du « choc de simplification » prôné par le Président </em>» fait valoir, mi-sérieux mi-amusé, M. Jarjanette.</p>
<p>Il est clair que si cette proposition de simplification était suivie de faits, ce sont les petits domaines qui en seraient les principaux bénéficiaires, les grands réseaux ayant déjà leurs circuits et leurs correspondants fiscaux. D’autant plus bénéficiaires que l’oenotourisme est de plus en plus à la mode.</p>
<p><strong>C’est là que cela se complique</strong></p>
<p>C’est au pied du mur qu’on voit le maçon et c’est face à ce genre de problème qu’on va voir le simplificateur…</p>
<p>Le ministère de l’Agriculture, <a title=\"contact\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vY29udGFjdC8=">contacté</a> par l’AFP sur le sujet, se dit « favorable à ce qu’une mesure de simplification soit trouvée ». Bon, c’est déjà pas mal, pas de blocage politique. « <em>Les services du ministère ont d’ailleurs saisi les Douanes à ce sujet, puisqu’il s’agit de leur compétence</em>» précise-t-on. Aïe aïe aïe, les douanes, c’est Bercy ! On voit là tout l’esprit simplificateur. « Nous sommes intellectuellement d’accord, mais il faut voir cela avec Bercy… ». Vieille technique administro-politicienne de l’enterrement de première classe. D’autant qu’en fait, la demande des viticulteurs concernant l’Europe, il va falloir monter un dossier auprès de Bruxelles. Dossier qui devra obtenir l’aval de cinq directions différentes, ECFIN (Direction Économique et Financière), AGRI (Agriculture et Développement Durable), TRADE (Commerce), COMP (Concurrence), TAXUD (Fiscalité et Union Douanière) et encore, à condition que la commission SANCO (Santé et Consommateurs) ne s’en mêle pas au nom de la protection de la santé contre les abus d’alcool, même si très probablement le projet sera piloté par TAXUD… Sûr que le lobbying de nos petites vignerons ne va pas suffire et qu’il va leur falloir tout le soutien d’un grand État, en plus de celui, désormais doublement concerné de Gérard Depardieu…</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTUvMTIxNjExLWRlLWxhLWNvbXBsZXhpdGUtZGUtbGEtc2ltcGxpZmljYXRpb24tYWRtaW5pc3RyYXRpdmUvaW1nc2Nhbi1jb250cmVwb2ludHMtMjAxMzcyNC12aWduZXJvbnMtYWRtaW5pc3RyYXRpb24=" rel=\"attachment wp-att-121625\"><img class="alignright  wp-image-121625" title="imgscan contrepoints 2013724 vignerons administration" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/imgscan-contrepoints-2013724-vignerons-administration-981x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="313" /></a>Mais ce n’est pas tout, même si le projet fait l’objet d’une directive, encore faudra-t-il qu’elle soit approuvée par le Parlement Européen, les 27 membres à l’unanimité (c’est une mesure à caractère fiscal) et que l’organe de compensation se mette en place (quoique, celui de la TVA peut prendre cette taxe en charge..).</p>
<p><strong>Bruxelles est source de complexification</strong></p>
<p>Voilà un bon et beau test pour notre « grand simplificateur ». Ce n’est pas gagné, mais c’est aussi la démonstration que la « surcouche » bruxelloise au millefeuille administratif est en soit une complexification monstrueuse. L’ancienne démarche européenne qui consistait, dès lors que deux ou trois États se mettaient d’accord pour créer une solution commune à avancer en appelant ou invitant les autres ou ceux qui voulaient à s’y joindre était beaucoup plus fonctionnelle. Le rêve d’uniformisation, outre qu’il induit un totalitarisme des instances européennes est aussi source de blocage et de gaspillage des deniers publics.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21hdmllbW9uYXJnZW50LmluZm8vMjAxMy9kZS1sYS1jb21wbGV4aXRlLWRlLWxhLXNpbXBsaWZpY2F0aW9uLw==" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121611" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Vers une carte viande pour en réduire la consommation</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/01/120192-vers-une-carte-viande-pour-en-reduire-la-consommation</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Apr 2013 05:45:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Benard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Sujets de société]]></category>
		<category><![CDATA[viande]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux sénateurs, PS &#038; EELV, ont déposé une proposition de loi pour introduire une carte viande. Le but, taxer la "surconsommation" de viande.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Deux sénateurs, PS &amp; EELV, ont déposé une proposition de loi pour introduire une carte viande. Le but, taxer la "surconsommation" de viande. </strong></p>
<p><strong>Par Vincent Bénard.</strong><span id="more-120192"></span></p>
<p>[<em>Maj: 2 avril 2013 - Voir notes de bas de page</em>]</p>
<p>Vous avez tous entendu parler de la tarification progressive de l’énergie (“loi Brottes”) que vient de voter, après pas mal de vicissitudes, le parlement, ce 11 mars.  Pour une présentation sérieuse de cette loi, vous pouvez par exemple<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1vbml0ZXVyLmZyLzEzNy1lbmVyZ2llL2FydGljbGUvYWN0dWFsaXRlLzIwNDY5NTE4LWxhLWxvaS1icm90dGVzLWluc3RhdXJlLXVuZS10YXJpZmljYXRpb24tcHJvZ3Jlc3NpdmUtZXQtbGliZXJlLWwtZW5lcmdpZS1lb2xpZW5uZQ=="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1vbml0ZXVyLmZyLzEzNy1lbmVyZ2llL2FydGljbGUvYWN0dWFsaXRlLzIwNDY5NTE4LWxhLWxvaS1icm90dGVzLWluc3RhdXJlLXVuZS10YXJpZmljYXRpb24tcHJvZ3Jlc3NpdmUtZXQtbGliZXJlLWwtZW5lcmdpZS1lb2xpZW5uZQ==">lire “le moniteur”</a>, publication certes peu distrayante mais professionnelle. Pour une critique ô combien sérieuse et argumentée, mais malgré tout joyeuse, de<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2gxNmZyZWUuY29tLzIwMTMvMDMvMTQvMjE4MTEteW91cGktbGVzLXRhcmlmcy1wcm9ncmVzc2lmcy1kZS1sZW5lcmdpZS1hcnJpdmVudA=="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2gxNmZyZWUuY29tLzIwMTMvMDMvMTQvMjE4MTEteW91cGktbGVzLXRhcmlmcy1wcm9ncmVzc2lmcy1kZS1sZW5lcmdpZS1hcnJpdmVudA==">la débilité de cette loi, rien ne vaut H16</a>.</p>
<p><strong>Quand l’État décide ce que vous avez le droit de consommer.</strong></p>
<p>Pour faire court : l’État va, grâce à des armées de bureaucrates chargés de recueillir des données sur le nombre de personnes de votre foyer et votre lieu d’habitation, déterminer ce que devrait être votre niveau de consommation d’électricité si vous étiez un bon citoyen éco-responsable qui n’épuise pas les ressources de la planète. Et si, espèce de salaud, vous consommez plus, parce que, par exemple, vous n’avez pas fait isoler votre maison correctement, ou vous aimez chauffer votre chambre à 21° plutôt que 19, alors l’état forcera votre vendeur d’électricité à vous appliquer un tarif plus lourd. Accessoirement, la loi va accélérer le déploiement d’éoliennes, dont vous savez sans doute qu’elles sont financées par la “contribution au service public de l’électricité”, une petite ligne en bas de vos factures qui a vocation à prendre beaucoup d’ampleur dans les années qui viennent.</p>
<p>Cette loi est évidemment votée officiellement pour des motifs environnementaux: plus nous produisons d’énergie, plus nous sommes supposés épuiser les ressources de la planète, et détraquer notre climat. Le député Brottes et ses confrères (et soeurs) n’est sans doute pas au courant, si j’ose dire, des avancées décisives en train de se produire dans tous les secteurs de l’énergie, qui nous garantiront, si les socialistes n’y mettent pas leurs sales pattes, une électricité produite de façon peu polluante très abondante et bon marché, qu’il ne sera absolument pas nécessaire de rationner. Il n’a sans doute jamais entendu parler des doutes exprimés par un nombre croissant de scientifiques de très haut niveau sur la validité de la thèse liant nos rejets de CO2 (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vYmplY3RpZmxpYmVydGUuZnIvMjAwOS8xMi9sZS1jbzItbmVzdC1wYXMtdW4tcG9sbHVhbnQuaHRtbA==">gaz non polluant, faut il le rappeler</a>) à un très surestimé réchauffement climatique, dont le caractère dramatique est lui aussi de plus en plus sujet à caution. Il réédite l’erreur de tous les catastrophistes de toutes les époques,<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vYmplY3RpZmxpYmVydGUuZnIvMjAwOC8wNS9oeW1uZS1hdS1wcm9ncnMuaHRtbA=="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vYmplY3RpZmxpYmVydGUuZnIvMjAwOC8wNS9oeW1uZS1hdS1wcm9ncnMuaHRtbA==">rappelée par le défunt Michael Crichton</a>: imaginer les solutions à d’hypothétiques problèmes de demain uniquement  au travers des seules solutions existantes aujourd’hui.</p>
<p>Bref, au nom d’une certaine conception de l’écologie qui oublie soigneusement d’évaluer la qualité de ses fondements scientifiques, les députés socialistes et leurs amis verts vont progressivement transformer le quotidien de nombreuses familles françaises en cauchemar, notamment financier. Et ce n’est pas une vue de l’esprit: en Grande Bretagne, où la folie des “renouvelables” est paroxystique,<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50aGVnd3BmLm9yZy9icml0YWluLXRvcHMtZnVlbC1wb3ZlcnR5LWxlYWd1ZS10YWJsZS8="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50aGVnd3BmLm9yZy9icml0YWluLXRvcHMtZnVlbC1wb3ZlcnR5LWxlYWd1ZS10YWJsZS8=">20% des familles</a> n’arrivent plus à régler leurs factures énergétiques. En Allemagne, elle fait l’objet de débats... enflammés, et plus de 600 000 ménages se sont vus privés de courant faute de pouvoir payer leurs arriérés. Et le renchérissement induit du coût de l’énergie menace la<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL25vdHJpY2tzem9uZS5jb20vMjAxMy8wMi8xOS9ldXJvcGVhbi1pbnN0aXR1dGUtZm9yLWNsaW1hdGUtYW5kLWVuZXJneS13YXJucy1nZXJtYW55cy1mZWVkLWluLWFjdC13aWxsLWxlYWQtY291bnRyeS10by1lY29ub21pYy1ydWluLw=="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL25vdHJpY2tzem9uZS5jb20vMjAxMy8wMi8xOS9ldXJvcGVhbi1pbnN0aXR1dGUtZm9yLWNsaW1hdGUtYW5kLWVuZXJneS13YXJucy1nZXJtYW55cy1mZWVkLWluLWFjdC13aWxsLWxlYWQtY291bnRyeS10by1lY29ub21pYy1ydWluLw==">sacro-sainte compétitivité des entreprises du pays</a>.</p>
<p><strong>Si ça marche pour l’énergie, pourquoi pas la viande ?</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAzL1ZpYW5kZS5wbmc="><img class="alignright size-medium wp-image-120193" title="Viande" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Viande-238x300.png?16fe88" alt="" width="238" height="300" /></a>Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?</p>
<p>Deux sénateurs, M. Kiembach (PS, Moselle) et Mme Rougié (EELV, Bouches du Rhône), s’avisant que la consommation excessive de viande pouvait également, selon les dires d’organisations parfaitement officielles, provoquer de graves désordres écologiques, ont décidé de transposer le principe de la loi Brottes à nos consommations carnées, et proposent, tenez vous bien, d’imposer un tarif progressif sur la viande de bœuf et de mouton, pour commencer.</p>
<p>Avant de détailler les modalités ahurissantes que nos deux grosses légumes ont imaginées pour nous forcer à végétaliser nos repas, voyons à quels terribles problèmes nos deux don quichotte des boucheries s’attaquent courageusement.</p>
<p><strong>La viande, une menace pour la planète. Si, si...</strong></p>
<p>Un rapport de la très officielle FAO, “Food and Agriculture Organization” des nations unies, intitulé “l’élevage dans un paysage changeant”, tente une analyse prospective des contraintes liées à l’élevage avec une consommation de viande par habitant qui augmente dans un monde où la population augmente aussi. Si vous ne voulez pas passer votre week-end à lire<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mYW8ub3JnL2FncmljdWx0dXJlL2xlYWQvbGVhZC1yZXNvdXJjZXMvZW4vP25vX2NhY2hlPTE="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mYW8ub3JnL2FncmljdWx0dXJlL2xlYWQvbGVhZC1yZXNvdXJjZXMvZW4vP25vX2NhY2hlPTE=">les deux volumes PDF de cette publication</a>, quelques ONG bien vertes se chargent de vous<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb25zb2dsb2JlLmNvbS9yYXBwb3J0LWVmZnJheWFudC12aWFuZGUtNDAxNy1jZw=="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb25zb2dsb2JlLmNvbS9yYXBwb3J0LWVmZnJheWFudC12aWFuZGUtNDAxNy1jZw==">établir un résumé “orienté peur”</a>, pour bien “éveiller votre conscience”. Et que vous dit on ? Extrait, faute d’orthographe incluse:</p>
<blockquote><p>“En 2050, il y aura +34% de bouches à nourrir par rapport à 2009. L’évolution des comportements alimentaires est inéluctable, poussée par des hausses de revenus et l’urbanisation croissante, impliquant des changements dans la production.</p>
<p>Entre 1970 et 2009 la consommation de viande est passée de 25 kg par personne et par an à 38 kg. Or il faut  :</p>
<ol start="1">
<li>4 calories végétales pour produire 1 calorie animale de porc ou de poulet,</li>
<li>11 calories végétales pour le bœuf ou le mouton.</li>
</ol>
<p>Dans les pays qui s’enrichissent rapidement (Inde, Chine), les nouveaux riches s’empressent de se mettre à manger de la viande régulièrement, y compris quand ce n’est pas conforme à leur cuisine traditionnel. L’élevage d’animaux destinés à la consommation représente 1,7 milliard de têtes.</p>
<p>Ces animaux d’élevage sont la cause de :</p>
<ul>
<li>18% des émissions de gaz à effet de serre,</li>
<li>9 fois plus de pollution à l’azote (par les excréments) que celle causée par toute la population humaine sur Terre,</li>
<li>l’utilisation d’un tiers des terres arables de la planète,</li>
</ul>
</blockquote>
<p>Bref, vous l’avez compris: (1) les riches mangent plus de viande que les pauvres (2) toute calorie “viande” mangée par les riches détourne à leur profit une part disproportionnée des ressources arables (3) le surcroît de pollution chimique et climatique (!) engendré par les besoins supplémentaires en élevage menace la planète.</p>
<p>Il faut donc freiner d’urgence la consommation de viande des méchants riches (nous) pour mieux répartir les ressources agricoles de notre planète !</p>
<p>Les sénateurs Kiembach et Rougié proposent donc, sur le modèle de la loi Brottes, de définir un volume de viande  annuel admissible en fonction du nombre d’adultes et d’enfants de votre foyer (50 kg/adulte<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9WaWFuZGUjQ29uc29tbWF0aW9u"> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9WaWFuZGUjQ29uc29tbWF0aW9u">contre 74 actuellement</a>, un peu moins par enfant), et d’appliquer une surtaxe à lorsque votre consommation dépassera cette limite.</p>
<p><strong>Mais comment faire pour tracer nos achats de viande ?</strong></p>
<p>La question vient immédiatement à l’esprit : “comment mesurer la quantité de viande achetée par chaque ménage ?”</p>
<p>C’est là que nos deux édiles font dans le génie diabolique: ils envisagent tout simplement de doter tout adulte d’une “carte viande” à puce, version moderne des tickets de rationnement, forçant tous les commerçants vendant du bœuf ou du mouton, y compris les grandes surfaces, à s’équiper de terminaux de lecture d’ici 2016. Au moment où vous passeriez en caisse, vous devriez d’abord faire scanner votre carte viande, puis tout produit comprenant du bœuf (y compris une lasagne au cheval ?) étant lui même scanné, un “compte de consommation” serait... alimenté, c’est le cas de le dire, dans les ordinateurs du ministère des finances.</p>
<p>Pourquoi des finances ? Parce que lorsque vous dépasseriez votre quota, vous recevriez en fin d’année une notification du fisc vous forçant à payer une “taxe pour surconsommation annuelle de viande à forte empreinte écologique”, étalée sur les 10 premiers mois de l’année suivante et additionnée à votre prélèvement automatique (ou votre tiers provisionnel) d’impôt sur le revenu. La surtaxe serait de 5€/kilo pour la consommation comprise entre 50 et 75 kilos, soit la moyenne actuelle, et de... 15€/kilo au dessus de cette limite !</p>
<p>La taxe elle même serait appelée Taxe pour la Réduction de l’Empreinte Écologique de l’Élevage, ou TREEE... Voilà qui sonne bien vert, pour qui connaît l’anglais. Je suggère pour ma part que l’abréviation conserve le “A” de “TAxe”.</p>
<p>Mais évidemment, toujours sur le modèle de la loi Brottes, le projet Kiembach-Rougié propose d’instaurer un... “Tarif social de la viande” pour les familles modestes. Autrement dit, tant qu’elle restera dans son quota, une famille modeste recevra un avis de taxation négative, évidemment financé par la surtaxe TREEE... De cette façon, toutes les oppositions politiques au projet seront critiquées sous l’angle du “défaut de solidarité”, accusation gravissime qui suffit généralement à amadouer tout politicien de droite qui aurait quelque velléité de contester la marche inexorable vers un monde socialement ultra-égalitaire.</p>
<p>Les mots manquent pour qualifier ce projet, que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIwNzAzNjgyMlgvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIwNzAzNjgyMlgmYW1wO2FkaWQ9MDI1MU00MlJUM1NTTVkyVjNURVcmYW1wOw==" target=\"_blank\">George Orwell n’aurait pas pu imaginer</a> dans ses anticipations les plus extravagantes. Aurélien Véron, président du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5wYXJ0aWxpYmVyYWxkZW1vY3JhdGUuZnIv" target=\"_blank\">Parti Libéral Démocrate</a>, prévient que “si toutes nos consommations deviennent ainsi pistables au nom du sauvetage de la planète, il ne s’écoulera pas longtemps avant que quelque khmer rouge-rose-vert n’en vienne à utiliser les données collectées pour définir des comportements non seulement surtaxables, mais aussi criminalisables”.<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy8="> </a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy8=">L’institut Molinari</a> promet de sortir rapidement une analyse complète des effets économiques pervers d’un tel rationnement, notamment sur la filière française de l’élevage.</p>
<p>Mais à gauche, l’accueil semble enthousiaste, notamment au cabinet du ministre de la consommation, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9iZW5vaXQtaGFtb24=" target=\"_blank\">Benoît Hamon</a>. Toutefois, on laisse entendre que les produits issus d’une filière d’élevage biologique pourraient être partiellement exemptés de la surtaxe TREEE.</p>
<p><strong>Quelques effets pervers... et un peu plus d’Orwell en perspective</strong></p>
<p>Naturellement, le projet de loi n’ignore pas que ce qu’il appelle, doux euphémisme, un “changement d’habitudes citoyen et maîtrisé” risque de susciter quelques résistances. Tout d’abord, comment éviter que commerçants et clients ne s’entendent pour ne pas enregistrer toutes les consommations des clients ? Et bien, c’est simple: L’administration fiscale, utilisant les données sur la traçabilité des viandes rendues obligatoires pour des raisons de sécurité alimentaire, connaîtra précisément le volume de viande entrant chez chaque détaillant, et, si le volume de viande comptabilisé sur les cartes viande des clients en sortie n’est pas égal à ce qui est entré, et bien, le détaillant paiera la surtaxe sur la différence ! Une fois de plus, notre obsession sécuritaire passée fait le lit des pulsions liberticides d’aujourd’hui.</p>
<p>Les sénateurs envisagent également de créer un délit de “trafic de viande” pour, selon eux, éviter que ne se mettent en place des filières parallèles de contrebande visant à contourner la taxe. Faudra-t-il adjoindre à la brigade des stups, des unités de lutte contre le trafic de viande ? De la came à la carne, voilà une belle perspective de diversification pour toutes les mafias qui vivent de nos surtaxations et prohibitions.</p>
<p>En outre, s’il venait à certaines familles modestes l’idée saugrenue de revendre en douce leur viande subventionnée à des familles plus riches désireuses d’éviter la surtaxe, un délit spécifique de “spéculation alimentaire” serait inscrit dans le code pénal.</p>
<p>Le Bœuf et le Mouton seront seront les premières viandes ciblées car ce sont celles dont le rapport “calorie végétale nécessaire par calorie viande commercialisable” est le plus défavorable. Mais le porc ou les volailles pourraient suivre rapidement.</p>
<p><strong>Serons nous des moutons ?</strong></p>
<p>L’absence de réaction populaire après le vote de la loi Brottes sur le tarif progressif de l’électricité semble donner des ailes à la faction la plus idéologue et liberticide de la gauche au pouvoir. De Gaulle disait que les français sont “des veaux”, citation fort à propos aujourd’hui. Et apparemment, Kiembach, Rougié et leurs amis pensent que nous ne réagirons pas plus pour la viande, la droite la plus dure ayant gaspillé ses cartouches mobilisatrices avec le mariage gay, et le centre étant prisonnier de ses dissensions internes.</p>
<p>Serons nous des moutons ? Ou bien la folie socialo-écologiste réveillera-t-elle le mangeur de viande rouge qui sommeille en chacun de nous ? Si ce projet venait à être discuté en séance, espérons que nous saurons nous mobiliser pour le démolir.</p>
<p>----------</p>
<p>Lien : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2oubXAvSGFmU1Zo">la proposition de loi Kiembach-Rougié, “Loi pour l’instauration d’une consommation carnée responsable”</a>, sur le site du sénat</p>
<p>[<strong>Mise à Jour, 2 avril 2013</strong> : <em>Mes lecteurs les plus sagaces ont évidemment remarqué que l'article était daté du 1er avril, et les plus méticuleux auront vérifié qu'il n'y avait pas de sénateurs "Khmer" et "Rouge", pardon, Kiembach et Rougié. Mais ce canular pourrait hélas, sous cette forme ou une autre, devenir réalité. Non pas parce que ce post aura donné des idées aux abrutis qui nous gouvernent, mais parce que, avec à peine moins de raffinement, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qb3VybmFsZGVsZW52aXJvbm5lbWVudC5uZXQvYXJ0aWNsZS9zdWVkZS12ZXJzLXVuZS10YXhlLWNhcmJvbmUtc3VyLWxhLXZpYW5kZSwzMjg3MA==" target=\"_self\">le gouvernement suédois a commencé à discuter une taxe carbone sur la viande</a>, et quand les cons du nord ont une mauvaise idée, il se trouve souvent des cons du sud pour la trouver bonne. Et cette fois, non, ce n'est pas un poisson d'avril</em>]</p>
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		<title>Les mains de France : La maison Bouchard</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 06:38:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgogne]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA[La Maison Bouchard peut se targuer d’une histoire plus longue, plus profonde, plus riche que beaucoup d’États ou d’institutions. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ici aussi, en Bourgogne, ce sont les hommes qui font les paysages, ce sont les mains qui font le vin. La Maison Bouchard peut se targuer d’une histoire plus longue, plus profonde, plus riche que beaucoup d’États ou d’institutions. </strong><br />
<span id="more-117645"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMDkvMTE3NjQ1LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGEtbWFpc29uLWJvdWNoYXJkL2JvdWNoYXJk" rel=\"attachment wp-att-117646\"><img class="size-full wp-image-117646 aligncenter" title="bouchard" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/bouchard.jpg?16fe88" alt="" width="424" height="237" /></a></p>
<p>La Bourgogne se bat depuis plusieurs années pour être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Avant elle, le Val de Loire et Saint-Émilion ont été distingués. La Champagne, son voisin du nord qui lui a repris ses cépages (Chardonnay et Pinot noir) est en concurrence contre elle. La France devra choisir de porter l’une ou l’autre candidature, et pour l’instant elle n’a choisi ni l’une ni l’autre, d’autres sites ont sa préférence. Bernard Pivot s’est engagé dans ce dossier, nul ne sait quand il aboutira.</p>
<p>Ici aussi, en Bourgogne, ce sont les hommes qui font les paysages, ce sont les mains qui font le vin. La Bourgogne n’adhère pas au concept de terroir, lui préférant celui de climat, plus spirituel, ou de finage, plus géographique. La variété des sols, des exploitations, des mises en valeur, l’extrême richesse des propriétaires, ont engendré des vins de qualité et de natures somptueusement différentes. Avec un même cépage, Chardonnay pour les blancs, Pinot noir pour les rouges, les gammes jouées sont multiples, sans assemblage, sans mélange. La Bourgogne n’est pas plus monacale que les autres régions viticoles de France, qui elles aussi doivent tout aux monastères et aux évêchés. Mais sur ces terres les grandes abbayes de Cluny et Cîteaux ont régné, pôles spirituel, intellectuel, culturel et économique. C’est notre Silicon Valley française, un concentré de matière grise qui a œuvré pour le développement de l’humanité. C’est le chapelet des monastères. Négociants et vignerons cohabitent. Et même les négociants se veulent vignerons. C’est le cas de la maison Bouchard, fondée en 1731 à Volnay par Michel Bouchard ; une entreprise qui fête cette année ses 282 ans. Bouchard est plus âgé que la plupart des États de ce monde. Né avant les États-Unis, avant les pays d’Amérique Latine, avant les pays d’Afrique, et avant même de nombreux pays asiatiques, Bouchard peut se targuer d’une histoire plus longue, plus profonde, plus riche que beaucoup d’États ou d’institutions. On ne parle pas de ses mains-là, quand le travail de la vigne se fait en silence, en humilité, en sérénité. 282 vendanges ou à peu près. 282 millésimes, et les propriétaires seuls savent s’il reste quelques bouteilles des siècles passés dans les caves du château de Beaune. Mais Bouchard est né avant la généralisation de la bouteille, avant les notes Parker, avant les modes du bio et du vin de terroir. Une telle longévité fait regarder le monde autrement. Quand, héritier de la maison, on a presque trois siècles d’histoire sur les épaules, on y sent la main du temps et de la transmission.</p>
<p>Le premier Bouchard, Michel, est un négociant installé à Volnay qui achète du vin et le revend. C’est le travail classique du négociant. Nous sommes à l’époque de Louis XV. Son fils lui succède, puis son petit-fils, qui vit plus de cent ans. La maison achète des terres, les plante, elle achète aussi des vignes. Survient la révolution. Par décision de l’État, les propriétés ecclésiastiques sont nationalisées. Les biens spoliés sont revendus. L’État espère ainsi réduire ses dettes et solder son déficit. Créant une nouvelle monnaie, les assignats, l’opération se révèle désastreuse. Cette loi ouvre une guerre civile, elle crée une monnaie de singe et brûle la confiance que les investisseurs pouvaient porter dans le nouveau régime. La démagogie et le vol ne payent pas. Comme de nombreux domaines installés, la maison Bouchard profite de ses ventes pour agrandir son territoire. En 1791 elle achète les terres de l’abbaye de Maizières, puis les vignes de l’Enfant Jésus, situées à Beaune. Le négoce modeste s’étend de cette façon au long de la Bourgogne, appelée Côte d’Or depuis 1790 et la création des départements.</p>
<p>En 1820, sous la Restauration, la famille achète le château de Beaune, une forteresse médiévale dont la fonction militaire est depuis longtemps obsolète. Elle s’y installe et en fait le siège de son entreprise. Désormais, Bouchard n’est plus de Volnay mais de Beaune. D’autres parcelles fameuses sont acquises au cours de ce long siècle : Chassagne Montrachet, Pommard, des arpents à Volnay. La maison doit aussi adapter son vin aux nouvelles modes, aux nouveaux goûts, aux exigences changeantes du consommateur. La Bourgogne n’est pas encore monocépale, on y trouve gamay et melon. La destruction du phylloxera fut pour cela utile : comme il fallut replanter les vignes détruites par l’insecte, les vignerons en profitèrent pour ne mettre que du Chardonnay et du Pinot noir, même si les autres cépages ont demeuré, dans les parcelles moins nobles, jusque dans les années 1950. Beaucoup de choses que l’on veut faire croire immuables et antiques sont en fait assez récentes. Le marketing ne fait pas toujours un bon allié de l’histoire. En 1939, avant l’étrange défaite, Bouchard possède 50 hectares de vignes, réparties sur 35 climats. Et c’est toujours la même famille qui dirige la maison, depuis deux siècles. Le changement a lieu en 1995. La maison est achetée par une autre grande famille, mais champenoise cette fois, la famille Henriot ; Joseph Henriot en est toujours le directeur. Le domaine poursuit ses acquisitions et ses extensions, notamment à Meursault. En 2012, Bouchard pèse 130 hectares de vignes, dont 12 en Grand Cru et 74 en Premier Cru. La maison est réputée en France et à l’international. Ses vins reçoivent de bonnes critiques dans la grande presse viticole mondiale, comme le <em>Decanter</em> ou le <em>Wine Spectator</em>.</p>
<p>Preuve de son internationalisation, le site internet est accessible en anglais et en espagnol, et aussi en japonais. Une fois encore la France montre qu’elle sait tirer parti de la mondialisation et que le vin, boisson fille de ce mouvement d’échange international, s’adapte très bien aux goûts mondiaux, aux palais culturellement différents, aux exigences variées de consommateurs forts différents. Bouchard reste Bouchard, avec ses crus propres, avec les exigences de la maison et la richesse de ses climats et de ses finages. L’ouverture mondiale ne signifie pas la standardisation du goût, ni son nivellement. Les maisons de trois siècles peuvent en apprendre beaucoup aux oiseaux d’une pluie.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MYS1tYWlzb24tQm91Y2hhcmQ=">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXM=">Les mains de France : Le vignoble de Gigondas</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMDIvMTA2NTI5LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1kYXJsYXk=">Les mains de France : Le Château d’Arlay</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTMvMTExMTYyLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1teXJhdA==">Les mains de France : Le Château Myrat</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Mémoires d’une vache</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Mar 2013 05:40:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Garello</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[salon de l'agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[vie politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Témoignage des belles heures du Salon de l'agriculture : il semble que l’on veuille que les Français soient des veaux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Témoignage des belles heures du Salon de l'agriculture : il semble que l’on veuille que les Français soient des veaux.</strong></p>
<p><strong>Un billet d'humeur de Jacques Garello.</strong><span id="more-117086"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNzA4Nw==" rel=\"attachment wp-att-117087\"><img class="alignleft size-full wp-image-117087" title="030113_agriculture" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/030113_agriculture.jpg?16fe88" alt="" width="266" height="399" /></a>Je termine ce soir mon séjour au Salon International de l’Agriculture. Je m’appelle Marianne, un nom qui me convient bien parce qu’il fait penser à ce qu’il y a de plus beau et de plus constant dans votre République Française : les subventions, le corporatisme et surtout l’immobilisme. Parce que nous, les vaches, n’aimons pas bouger. Nous ne faisons d’exception que pour les trains, mais nous commençons à nous inquiéter de voir de plus en plus de trains étrangers circuler sur des rails français et les grèves de cheminots nous chagrinent.</p>
<p>Je m’adresse à vous parce que j’ai un devoir de mémoire (j’ai compris que c’est l’acte civique par excellence). Je veux témoigner des belles heures de ce Salon, et je veux que les leçons de 50 ans ne soient pas perdues.</p>
<p>Mon témoignage, c’est d’abord celui de la continuité politique de notre pays. Depuis 1870, avec le Concours Général Agricole, ancêtre du Salon, tous les présidents, premiers ministres, ministres et secrétaires d’État, bref tout ce qui fait la grandeur de la France, ont défilé ici. En ce qui me concerne je n’ai eu le plaisir d’accueillir que VGE et les suivants, j’ai beaucoup aimé Jacques Chirac qui me caressait la croupe (un peu coquin), mais François Hollande a préféré tapoter mon museau, heureux de voir dans mon regard les lueurs d’intelligence dont il est hélas privé dans son entourage. De plus il aime faire des vacheries, comme celle qui a consisté à annoncer la mort politique de Sarkozy : « Tu ne le verras plus », a-t-il répondu à un enfant qui lui demandait où était Sarkozy.</p>
<p>Autre témoignage important : devant moi il n’y a plus ni gauche ni droite, ni parti majoritaire ni opposition : tout le monde vient, se fait photographier avec moi et proclame son amour pour l’agriculture, les paysans, les veaux, les vaches et les cochons, promet de tenir tête à ces cochons d’Anglais et Européens qui veulent la fin de la PAC. Mon paysan a l’air heureux, et j’en beugle d’aise. Le Salon est réellement le creuset de la France profonde, de la France enfouie, des promesses bovines.</p>
<p>Dernier témoignage : cette année le salon a été « au goût du cheval » et mon éleveur peste parce que des bovins de qualité se trouvent associés à des équidés roumains. Ici mon intelligence a été prise exceptionnellement en défaut parce que le Président Hollande, peut-être épuisé après dix heures de visite, a promis un étiquetage de traçabilité qui existe déjà.</p>
<p>Je ne passe que quelques jours à Paris, on veut que je sois la plus belle pour aller parader, mais derrière les apparences, voyez les leçons que la société française a pu tirer de ces Salons successifs. Il semble en effet que l’on veuille organiser la France comme un troupeau.</p>
<p>D’abord c’est le triomphe de la médiatisation, avec ce qu’il faut pour éblouir le téléspectateur : les enfants qui découvrent les lapins, les moutons noirs (que l’on connaît pourtant bien dans la vie politique), les bananes subventionnées, les produits bios.</p>
<p>Ensuite, c’est l’occasion de recevoir des messages forts. Le ministre de l’agriculture Le Foll (aucun rapport bien sûr avec un triste épisode pour les vaches) a expliqué que l’avenir de l’agriculture est dans l’écologie. Inquiétant tout de même pour moi : il est l’ennemi des herbicides. Les animaux et la nature faisant bon ménage : enfin ! On a beaucoup parlé aussi de la nécessité d’avoir une agriculture « made in France », ce qui m’a un peu gênée parce que je suis de race Salers, dont les ancêtres, à ce qu’on dit, sont espagnols, et parce que tout ce qui m’entoure, à commencer par la machine à traire qui est importée de Suisse, ou le van qui me transporte de marque allemande, ou le chien de garde qui est un collet d’Écosse, a souvent une origine étrangère douteuse.</p>
<p>L’organisation en troupeau est aussi le rêve de tout dirigeant politique, notamment à gauche où l’on aime bien le collectif. Ainsi les citoyens français, à ce qu’on m’a dit, sont-ils conditionnés au point de suivre aveuglément les éleveurs qui les dirigent. Ils rentrent périodiquement à l’étable, qui est en forme de bureau de vote. Ils ne savent pas qu’ils sont à terme menés à l’abattoir.</p>
<p>Mais la trace la plus visible d’animalité dans la société française est la transposition au genre humain de ce que l’on a réalisé pour les bestiaux. L’insémination artificielle, les manipulations génétiques et l’eugénisme sont à l’ordre du jour. L’euthanasie ne sera plus réservée aux vétérinaires, elle pourra être pratiquée par des médecins.</p>
<p>Ainsi me devais-je de vous rappeler pourquoi le Salon de l’Agriculture est durablement au cœur de la République et entend y rester. Quand la stabulation sera terminée, quand vous verrez à nouveau les bêtes dans les prés, ayez une pensée pour moi, Marianne, songez à tout ce que j’ai gardé en mémoire. Je ne suis pas aussi douée que l’éléphant, mais j’ai pu vous rappeler l’essentiel. Vachement bien à vous.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Locavore, une bonne idée ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/26/116021-locavore-une-bonne-idee</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/02/26/116021-locavore-une-bonne-idee#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 06:20:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>MasterResource</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[locavore]]></category>
		<category><![CDATA[nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[production locale]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-il avantageux d'adopter la philosophie locavore, consistant à ne manger que des aliments produits à proximité de notre domicile ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Est-il avantageux d'adopter la philosophie locavore, consistant à ne manger que des aliments produits à proximité de notre domicile ?</strong></p>
<p><strong>Par Pierre Desrochers et Hiriko Shimizu pour Master Resource.</strong></p>
<p><span id="more-116021"></span></p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExNjAzNg==" rel=\"attachment wp-att-116036\"><img class="alignright" title="Rayon boucherie supermarché" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/Rayon-boucherie-supermarché-300x225.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="225" /></a></strong>Dans un discours de 1875, l'entrepreneur australien Thomas Sutcliffe Mort observait que l'émergence du chemin de fer, du navire à vapeur, et de la réfrigération artificielle, avait ouvert la voie à un âge nouveau où :</p>
<ul>
<li>diverses parties de la Terre allaient chacune proposer leurs productions alimentaires pour la jouissance de toutes et de chacune,</li>
<li>la surabondance dans un pays allait être compensée par une carence dans un autre,</li>
<li>et la surabondance une année, par de faibles récoltes l'année suivante.</li>
</ul>
<p>La longue histoire des famines et des malnutritions chroniques de l'humanité, méditait-il, n'était pas tant le résultat du fait que Dieu ne fournissait pas suffisamment de nourriture, ni de quoi en mettre de côté, mais plutôt la conséquence inévitable du fait que "là où est la nourriture, les gens ne sont pas, et là où sont les gens, la nourriture n'est pas". Il était désormais "du pouvoir de l'homme d'ajuster ces choses", observait-il [<sup class='footnote'><a href='#fn-116021-1' id='fnref-116021-1' onclick='return fdfootnote_show(116021)'>1</a></sup>].</p>
<p><strong>"Foodsheds", une leçon récente</strong></p>
<p>L'âge de prospérité annoncé par Mort n'a pas tardé à se réaliser, et même le spectre de la famine à disparaître rapidement de la mémoire collective des citoyens des pays avancés. En fait, dès la fin du XIXème siècle, même l'organisation des secours en cas de désastre était devenue complètement mondialisée.</p>
<p>Un problème mineur, créé par cette fiabilité et cette sécurité inégalées de notre chaîne d'approvisionnement mondialisée, portée par les combustibles fossiles, est que trop de gens ont complètement perdu la trace des risques inhérents à la production alimentaire. Ceci ne serait pas si problématique si les soi-disant "locavores" n'avaient pas, avec tant de succès, popularisé l'idée d'augmenter de façon drastique le fait de dépendre de "<em>foodsheds</em>", c'est-à-dire de "garde-manger" locaux (dans un rayon de par exemple 160 kilomètres de leur lieu de résidence).</p>
<p>L'année dernière a cependant servi de piqûre de rappel bien utile des risques inhérents à mettre tous les œufs de sa sécurité alimentaire dans le même panier régional. Rien que dans le Nord-est des États-Unis, un gel tardif a dévasté les vergers. Cela a été suivi ensuite par ce qui a été la pire sécheresse depuis 50 ans dans de nombreuses régions. Et comme si ça ne suffisait pas, l'ouragan Sandy a détruit une grande partie des infrastructures.</p>
<p>Toutefois, heureusement pour les locavores du Nord-Est, ils ne vivaient pas encore dans leur utopie, et par conséquent, dans la plupart des cas, ils n'ont même pas eu à sauter un repas. Malgré cela, peu d'entre eux ont remercié les gens qui ont développé de nouvelles variétés de maïs résistant à la sécheresse, et des variétés de soja qui en diminuaient les effets, ou remercié les producteurs d'autres régions qui avaient eu de bonnes saisons de récoltes, et étaient contents de leur vendre une partie de leurs produits, ou encore les salariés de l'industrie de la logistique qui ont été capables de les livrer.</p>
<p><strong>Oublier l'Histoire</strong></p>
<p>La diversité de nos sources d'approvisionnement via des transports à bas coûts, à grande échelle, et sur de grandes distances, est un des grands miracles mal appréciés de notre âge, mais ce développement n'avait pas échappé à ses premiers bénéficiaires.</p>
<p>Quand il écrivait en 1856, l'historien britannique George Dodd observait qu'"à l'époque des échanges limités, une pénurie de produits alimentaires avait des conséquences terribles ; les gens n'avaient rien vers quoi se replier ; ils étaient dépendants d'agriculteurs vivant à proximité ; et si ceux-ci n'avaient pas grand chose à vendre, la possibilité de souffrir de la faim devenait douloureusement vive" [<sup class='footnote'><a href='#fn-116021-2' id='fnref-116021-2' onclick='return fdfootnote_show(116021)'>2</a></sup>].</p>
<p>Dans son classique <em>The Annals of Rural Bengal</em>, publié en 1871, un autre historien britannique, William Wilson Hunter, relevait qu'un ensemble important de mesures pour empêcher les famines incluaient "toute mesure allant dans le sens de l'extension du commerce et la croissance du capital, toute mesure qui augmente les capacités de transport et de distribution et [quoi que ce soit qui tende à] rendre chaque part [d'un pays] moins dépendante d'elle-même" [<sup class='footnote'><a href='#fn-116021-3' id='fnref-116021-3' onclick='return fdfootnote_show(116021)'>3</a></sup>].</p>
<p>Par contraste, pour un locavore, la sécurité alimentaire se réalise au mieux en abandonnant les monocultures à grande échelle et en embrassant les polycultures (le fait de faire pousser ou d'élever au même endroit plusieurs sortes de plantes ou d'animaux). Si une production ne rend rien, vous disent-ils, vous aurez toujours autre chose vers quoi vous replier.</p>
<p>Cependant, ils ne semblent pas être au courant que c'était la stratégie de sécurité alimentaire suivie par les agriculteurs de subsistance (à qui il manquait de bonnes infrastructures de transport) dans toute l'Histoire. Malheureusement pour les paysans presqu'autosuffisants d'autrefois, non seulement les polycultures ne livraient-elles que des rendements médiocres, mais en plus elles ne fournissaient que peu de protection contre les catastrophes naturelles telles que les sécheresses, le gel et les ouragans.</p>
<p>En fait, quels que soient l'endroit ou l'époque, les agriculteurs de subsistance diversifiés étaient typiquement mal-nourris et souffraient périodiquement de la faim. Et quand ils échappent aujourd'hui à des famines récurrentes, c'est parce que les efforts de secours sont capables de leur livrer les fruits de la surabondance de régions de monocultures bien plus productives, situées à de grandes distances.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><strong></strong>Notre espoir est que subsiste comme une des principales leçons (ré)apprises en 2012 le fait que la meilleure manière d'améliorer la sécurité alimentaire de l'humanité est d'aller de l'avant dans le sens de la production spécialisée à grande échelle, dans les endroits les mieux adaptés du monde, en s'appuyant sur toujours plus de recherche scientifique, et en usant davantage de transport de longue distance utilisant des carburants (pour le futur prévisible) à base de carbone.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5tYXN0ZXJyZXNvdXJjZS5vcmcvMjAxMy8wMi9iZXlvbmQtbG9jYXZvcmlzbS1mb29kLWRpdmVyc2l0eS1mb3ItZm9vZC1zZWN1cml0eS1jYXJib24tZnVlbC10cmFuc3BvcnQtcmVtYWlucy1lc3NlbnRpYWwv">Article original publié sur <em>MasterResource</em></a>. Traduction <em>Contrepoints</em>.</p>
<p>----<strong><br />
Lire aussi :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDQvMTkvMjE4OTAtYmlvLXVuLWNob2l4LWRpc2N1dGFibGU=">Bio, un choix discutable</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjMvMTAxODI1LXBhcy1kZS1iZW5lZmljZS1kZW1vbnRyZS1kZS1sYWxpbWVudGF0aW9uLWJpbw==">Pas d'avantages démontrés de l'alimentation bio</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDcvMDYvMzM4MDMtbGF2ZXVnbGVtZW50LWlkZW9sb2dpcXVlLWZhY2UtYXV4LXJpc3F1ZXMtc2FuaXRhaXJlcy1kdS1iaW8=">L'aveuglement idéologique face aux risques sanitaires du bio</a></li>
</ul>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-116021'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-116021-1'>Thomas Sutcliffe Mort, Speech delivered on September 2, 1875, Lithgow Valley Works (Australia). Quoted in “Mort, Thomas Sutcliffe (1816-1878)” in David Blair. 1881. <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jvb2tzLmdvb2dsZS5jYS9ib29rcz9pZD1JSHJPQUFBQU1BQUo=">Cyclopaedia of Australasia</a>. </em>Fergusson and Moore, Printers and Publishers, pp. 245-247, p. 247.  <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-116021-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-116021-2'>George Dodd. 1856. <em></em><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jvb2tzLmdvb2dsZS5jYS9ib29rcz9pZD13bFVaQUFBQVlBQUomYW1wO3NvdXJjZT1nYnNfbmF2bGlua3Nfcw==">The Food of London: A sketch of the chief varieties, sources of supply, probable quantities, modes of arrival, processes of manufacture, suspected adulteration, and machinery of distribution, of the food for a community of two millions and a half</a></em>. Longman, Brown, Green and Longmans, p. 27. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-116021-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-116021-3'>William Wilson Hunter. 1871. <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jvb2tzLmdvb2dsZS5jYS9ib29rcz9pZD15RW9PQUFBQVFBQUomYW1wO2RxPXJlbGF0ZWQ6T0NMQzE5MjI3OTQwJmFtcDtzb3VyY2U9Z2JzX25hdmxpbmtzX3M=">The Annals of Rural Bengal</a>, fourth edition</em>. Smith, Elder and Co, p. 55. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-116021-3'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<item>
		<title>Les aides à la production des biocarburants</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/02/11/114509-les-aides-a-la-production-des-biocarburants</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Feb 2013 09:47:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marian Eabrasu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[biocarburants]]></category>
		<category><![CDATA[biodiesel]]></category>
		<category><![CDATA[éthanol]]></category>
		<category><![CDATA[PAC]]></category>
		<category><![CDATA[politique agricole commune]]></category>
		<category><![CDATA[subventions aux entreprises]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelles sont les causes de l'augmentation soudaine de la production des biocarburants ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quelles sont les causes de l'augmentation soudaine de la production des biocarburants ?</strong><br />
<span id="more-114509"></span><br />
<strong>Par Marian Eabrasu<br />
</strong><em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy9sZXMtYWlkZXMtYS1sYS1wcm9kdWN0aW9uLWRlcywxNDc2Lmh0bWw=">Institut économique Molinari</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMDIvMTEzNDc1LWxlcy1iaW9jYXJidXJhbnRzLXVuZS1wcmlzZS1kZS1jb25zY2llbmNlLXRhcmRpdmUvYmlvY2FyYnVyYW50cw==" rel=\"attachment wp-att-113491\"><img class="alignleft  wp-image-113491" title="biocarburants" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/02/biocarburants.jpg?16fe88" alt="" width="297" height="225" /></a>Dans un précédent article, nous <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy9sZXMtYmlvY2FyYnVyYW50cy11bmUtcHJpc2UtZGUsMTQ3My5odG1s">faisions état</a> d’une augmentation exponentielle de la production de biocarburants au cours des trois dernières décennies et avons montré comment cette augmentation a pu modifier la structure de production agricole. Dans cet article, je propose de nous pencher sur les causes de cette augmentation soudaine de la production des biocarburants.</p>
<p>Souvent utilisés durant les premières décennies du XXème siècle (avant la découverte des énergies fossiles) les biocarburants ont commencé à être produits à grande échelle à partir des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb25zdW1lcmVuZXJneXJlcG9ydC5jb20vMjAxMi8wNy8wOS9yZW5ld2FibGUtZW5lcmd5LWZhY3RzLWFuZC1maWd1cmVzLyNtb3JlLTExMjM3">années 1990</a>, essentiellement propulsés par l’avènement des préoccupations environnementales.</p>
<p>En Europe, par exemple, leur production a notamment été relancée par la disponibilité d’un certain nombre de terres mises en jachère en 1992, dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC). Cette politique avait consisté à demander aux agriculteurs de ne pas utiliser une partie de leurs terres destinées à certaines cultures, notamment les céréales, en échange d’une rémunération visant à maintenir élevés les prix de produits agricoles. L’usage de ces terres agricoles (implicitement subventionnées par la PAC) pu alors facilement être redirigé vers la production de biocarburants.</p>
<p>La même année aux États-Unis, dans l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Rob21hcy5sb2MuZ292L2NnaS1iaW4vcXVlcnkvej9jMTAyOkguUi43NzYuRU5SOi0lM0V4eHg=">Energy Policy Act</a>, le gouvernement a donné suite à un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL25lcGlzLmVwYS5nb3YvRXhlL1p5TkVULmV4ZS8wMDAwMEZTUy5UWFQ/WnlBY3Rpb25EPVp5RG9jdW1lbnQmYW1wO0NsaWVudD1FUEEmYW1wO0luZGV4PTE5ODYrVGhydSsxOTkwJmFtcDtEb2NzPSZhbXA7UXVlcnk9NDIwUjkwMTAyJTIwb3IlMjBldGhhbm9sJTIwb3IlMjBmdWVsJmFtcDtUaW1lPSZhbXA7RW5kVGltZT0mYW1wO1NlYXJjaE1ldGhvZD0xJmFtcDtUb2NSZXN0cmljdD1uJmFtcDtUb2M9JmFtcDtUb2NFbnRyeT0mYW1wO1FGaWVsZD1wdWJudW1iZXIlNUUlMjI0MjBSOTAxMDIlMjImYW1wO1FGaWVsZFllYXI9">rapport</a> de l’Agence pour la protection de l’environnement en mettant en œuvre une série de mesures visant à encourager la production de biocarburants.</p>
<p>De toute évidence, les choix d’investissement dans cette production n’ont pas été stimulés par les préférences attendues des consommateurs mais ont surtout été poussés par des mesures politiques qui ont mis en place un système complexe d’incitations afin de relayer l’absence de profits.</p>
<p>Ainsi, au niveau international, les biocarburants sont très peu taxés : le biodiesel par exemple est entièrement exempté de droits de douane, tandis que l’éthanol reste comparativement très peu taxé dès lors qu’il est mélangé à de l’essence. Le fait que les plus grands producteurs de biocarburants soient les pays qui soutiennent le plus leur propre production ne relève pas du hasard. Bien que ces réglementations évoluent d’une année à l’autre et que la plupart des incitations (comme les réductions d’impôts) soient difficilement quantifiables, plusieurs instituts et rapports surveillent ce phénomène et produisent régulièrement des estimations.</p>
<p>Concrètement, les aides aux biocarburants (essentiellement l’éthanol) fournies par les États-Unis ont été <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5paXNkLm9yZy9nc2kvc2l0ZXMvZGVmYXVsdC9maWxlcy9Ccm9jaHVyZV8tX1VTX1VwZGF0ZS5wZGY=">estimées</a> en 2006 à environ 7 milliards $. Le gouvernement chinois, un producteur beaucoup plus modeste à l’échelle mondiale, avait, quant à lui, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5paXNkLm9yZy9nc2kvc2l0ZXMvZGVmYXVsdC9maWxlcy9DaGluYV9CaW9mdWVsc19TdWJzaWRpZXMucGRm">aidé leur production</a> de seulement 115 millions $, soit 0,40 $ par litre d’éthanol produit.</p>
<p>Le coût des aides accordées aux biocarburants au sein de l’Union européenne <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5paXNkLm9yZy9nc2kvc2l0ZXMvZGVmYXVsdC9maWxlcy9iZl9ldW5pb25fMjAxMHVwZGF0ZS5wZGY=">sont estimées</a> entre 3 et 4 milliards d’euros par an. Par exemple, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5paXNkLm9yZy9nc2kvc2l0ZXMvZGVmYXVsdC9maWxlcy9TdWJzaWRpZXNfdG9fYmlvZnVlbHNfaW5fdGhlX0VVX2ZpbmFsLnBkZg==">en 2006</a> le litre d’éthanol produit était subventionné à hauteur de 0,74 € tandis que celui de biodiesel l’était à hauteur de 0,50 €.</p>
<p>Il faut cependant préciser que les calculs ci-dessus sont difficiles à produire. Dans le cas de l’Union européenne, par exemple, la production de biocarburant y est en effet soutenue depuis plusieurs décennies à travers différents types de mesures qui évoluent rapidement.</p>
<p>Il s’agit d’abord de subventions directes : entre 2004 et 2009, l’UE a par exemple fourni une aide aux cultures énergétiques, ACE, de 45 €/ha.</p>
<p>Une autre forme de soutien à l’industrie des biocarburants sont les aides fiscales encouragées par l’Union européenne. Par exemple en France, les biocarburants profitent depuis 2003 d’une défiscalisation partielle de la taxe intérieure de consommation (TIC), d’un montant qui en 2011 a été de 14 €/hl pour le biodiesel et 8€/hl pour l’éthanol.</p>
<p>Enfin, une autre manière de stimuler l’industrie de biocarburants, et peut-être la plus importante et la plus efficace, consiste à exiger l’incorporation des biocarburants dans les combustibles fossiles. En France, par exemple, ce pourcentage en constante augmentation avait été fixé à 7% en 2010 et s’il était inférieur le distributeur devait payer une taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).</p>
<p>Somme toute, il est crucial de comprendre que la surproduction des biocarburants (et implicitement le détournement des ressources alimentaires et des terrains agricoles) n’est ni un hasard, ni le résultat de la volonté des entrepreneurs mais en premier lieu la conséquence inévitable d’incitations politiques soutenues au cours des trois dernières décennies et manifestées sous différentes formes de subventions et aides.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dG1vbGluYXJpLm9yZy9sZXMtYWlkZXMtYS1sYS1wcm9kdWN0aW9uLWRlcywxNDc2Lmh0bWw=">Sur le web</a>. Publié initialement par 24hGold.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMTAvMTY0MzEtaGF1c3NlLWRlLWxlc3NlbmNlLWJpb2NhcmJ1cmFudHMtZXQtcmVnaW9ucw==">Essence, biocarburants et régions.</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=114509" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<item>
		<title>Le mutuellisme, clef d’un développement agricole durable en Côte d’Ivoire</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/30/113117-le-mutuellisme-clef-dun-developpement-agricole-durable-en-cote-divoire</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Jan 2013 06:15:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audace Institut Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[coopératives]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mutuellisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le mutuellisme, forme d'organisation des agriculteurs entre eux, pourrait être la clef du développement agricole de la Côte d'Ivoire. Par Nicolas Madelénat di Florio. Un article d'Audace Institut Afrique. L’aide internationale publique, versée sur l’agriculture ivoirienne, n’a jamais rien fait pousser sauf, peut être, la mauvaise herbe de la corruption. Celle-ci, si elle engraisse quelques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le mutuellisme, forme d'organisation des agriculteurs entre eux, pourrait être la clef du développement agricole de la Côte d'Ivoire.</strong></p>
<p><strong>Par Nicolas Madelénat di Florio.</strong> <span id="more-113117"></span><br />
Un article d'<em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQv">Audace Institut Afrique</a>.</em></p>
<p>L’aide internationale publique, versée sur l’agriculture ivoirienne, n’a jamais rien fait pousser sauf, peut être, la mauvaise herbe de la corruption. Celle-ci, si elle engraisse quelques hommes de l’État, n’aide ni l’agriculture à se développer, ni les paysans à sortir de la misère.</p>
<p><strong>Situation agricole de la Côte d’Ivoire.</strong></p>
<p>La <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9jb3RlLWRpdm9pcmUv">Côte d’Ivoire</a>, pourtant, est le pays des bons et des mauvais records. Bon record pour le cacao, dont elle est le premier producteur mondial, et bon record pour le café, dont elle est le troisième producteur au monde. Mauvais record puisque ses paysans y ont un niveau de vie particulièrement bas, y compris si on le compare à celui d’autres pays non-émergents.</p>
<p>Néanmoins, l’État a décidé de conserver l’habitude coloniale de contrôle des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMjIvNTY4NTctZmlsaWVyZS1jYWZlLWNhY2FvLWVuLWNvdGUtZCVFMiU4MCU5OWl2b2lyZS11bmUtcmVmb3JtZS1hdXgtYW50aXBvZGVzLWR1LWxpYmVyYWxpc21l">filières café-cacao</a> tant sur les modalités globales de production que sur les prix.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMjIvNTY4NTctZmlsaWVyZS1jYWZlLWNhY2FvLWVuLWNvdGUtZCVlMiU4MCU5OWl2b2lyZS11bmUtcmVmb3JtZS1hdXgtYW50aXBvZGVzLWR1LWxpYmVyYWxpc21lL2NhY2FvLWNpXzUwMF8zMzM=" rel=\"attachment wp-att-56858\"><img class="alignleft size-full wp-image-56858" title="cacao-ci_500_333" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/11/cacao-ci_500_333.jpg?16fe88" alt="" width="500" height="333" /></a>Pourtant, depuis l’indépendance, le pouvoir politique semblait s’être engagé dans diverses grandes campagnes d’intervention publique visant à améliorer la production et à diminuer la misère du secteur agricole : la mesure clef étant l’entrée en application du « Code foncier rural », autrement appelé loi de 1998.</p>
<p>Ce code était sensé sécuriser la propriété foncière, fixant les modalités de délivrance des certificats puis des titres fonciers, lesquels permettent d’accéder à la possession de sa terre et donc, aussi, aux hypothèques, mesure indispensable pour emprunter de l’argent à une banque.</p>
<p>Le code, toutefois, est d’une application presque impossible soit pour des raisons directement financières (pas de possibilité pour le paysan de payer les frais) soit pour des raisons de conflits de normes (opposition droit foncier rural-droits coutumiers) soit pour des raisons purement pratiques (inadaptation de la loi aux usages et traditions ivoiriennes d’occupation et de partage de la terre).</p>
<p>A ces problèmes structurels fondamentaux pour la filière s’ajoutent un taux de bancarisation, en Côte d’Ivoire, très faible ainsi que des taux d’intérêt extrêmement élevés, tout comme des frais bancaires parfois disproportionnés vis-à-vis des sommes confiées.</p>
<p>La situation agricole peut donc se résumer ainsi : une insécurité sur les routes rendant le transport presque impossible (qui pénalise largement la filière anacarde), une grande instabilité et pas de sécurité sur la possession des terres ni sur les prix qui dépendent non pas du marché libre, rencontre vraie de l’offre et de la demande, mais simplement des décisions et arrangements politiques.</p>
<p>Le mutuellisme, clef du développement agricole.</p>
<p>L’économie sociale et solidaire fait reposer son système sur l’individu, sur son épanouissement durable, et sur son rôle fondamental dans la société. Le mutuellisme s’inscrit dans cette ligne : il prône l’égalité de parole des individus et l’adhésion libre et volontaire à des groupements organisés. Ces groupements, par exemple, sont les coopératives agricoles et les banques mutuellistes de producteurs.</p>
<p>Les coopératives agricoles, en Côte d’Ivoire, assurent la représentativité des planteurs et, plus largement, des exploitants. Elles permettent de trouver information et conseils mais aussi des moyens d’action commune : elles peuvent, par exemple, garantir le stockage en sécurité des récoltes en mutualisant le coût du gardiennage (chaque producteur donne une petite partie de sa récolte à la coopérative qui paye un ou plusieurs gardiens).</p>
<p>Les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDMvMDEvMTU0MTAtbCVFMiU4MCU5OWVjb25vbWllLW4lRTIlODAlOTllc3QtZWxsZS1wYXMtbGUtY2hhbXAtZGUtYmF0YWlsbGUtZGVzLWludGVyZXRz">coopératives agricoles</a> peuvent, aussi, devenir des lieux d’expérimentation. C’est ce qui se passe, par exemple, en France et dans les pays d’Europe où les producteurs, groupés en coopératives puissantes, cherchent ensemble, en faisant appel à des experts qu’ils rémunèrent comme les gardiens, cités plus haut, des solutions pour améliorer et développer leurs filières tant en terme de qualité, que de pénibilité du travail, de rendements, mais aussi de débouchés.</p>
<p>Les coopératives agricoles, en Côte d’Ivoire, devraient s’inspirer de ce modèle et exiger plus de libertés auprès des pouvoirs publics. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMDMvOTYwNDYtbGEtcmVndWxhdGlvbi1saWJlcmFsZS1kZS1sYS1zb2NpZXRl">Qui, mieux que les producteurs, peut décider pour les producteurs ?</a> Les producteurs ivoiriens ne sont-ils pas capables de se grouper et d’organiser, en fonction de leurs besoins et de leurs attentes, leur propre filière ?</p>
<p>Le mutuellisme, réalisé au sein des coopératives, est un gage de sécurité et de stabilité pour les producteurs qui y trouveront un lieu de formation pratique, par l’échange d’expériences précieuses accumulées par des générations de planteurs, mais aussi des informations sur les débouchés, sur les innovations, sur le potentiel de telle ou telle culture.</p>
<p>Le mutuellisme repose sur la mise en commun des savoir-faire, et d’une partie des instruments nécessaires à la production, à la conservation, voire à la transformation et au transport. Dans un pays où la valeur ajoutée des produits agricoles, qui fait toute la richesse des nations développées, est donnée par des usines non-ivoiriennes implantées à l’étranger, le mutuellisme est une clef fondamentale du développement pour changer les choses.</p>
<p>La coopérative agricole peut être un lieu où entreposer ses fèves de cacao ou son café avant la vente. Mais elle peut aussi, si elle est bien administrée, proposer des formations à ses membres pour apprendre à mieux travailler le sol et donc en tirer de meilleures et de plus grandes récoltes. Elle peut aussi assurer la sécurité du fruit de la terre et garantir aux planteurs de ne plus jamais être volés.</p>
<p>À cela peut s’ajouter la création d’une caisse commune de solidarité pour les planteurs âgés qui, après une vie de dur labeur, savent qu’ils ne trouveront pas dans les retraites de misère versées par l’État de quoi survivre. Si, durant toute une vie, à chaque récolte, ils versent un ou deux sacs de cacao ou de café sur un compte de prévoyance, ils trouveront, une fois trop usés pour travailler encore, les fruits de leurs efforts passés.</p>
<p>Ces sacs épargnés seront vendus, et la valeur obtenue pourra être prêtée, à des taux très faibles, à d’autres planteurs, plus jeunes, qui rembourseront sur chaque récolte la somme mise à disposition par leurs anciens. Le travail de l’épargnant permettra donc et de lui garantir une retraite complémentaire sûre, mais aussi de venir en aide aux jeunes générations, pour garantir et son futur, et leur futur.</p>
<p>Le mutuellisme n’est pas qu’une affaire d’argent, il est avant tout une économie sociale et solidaire, garante de liens humains durables, mais aussi d’une filière agricole forte, organisée autour de sa plus grande richesse : la liberté des hommes et des femmes qui la composent.</p>
<p><em>---</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQvaW5kZXgucGhwP29wdGlvbj1jb21fY29udGVudCZhbXA7dmlldz1hcnRpY2xlJmFtcDtpZD00MTQlM0FsZS1tdXR1ZWxsaXNtZS1jbGVmLWR1bi1kZXZlbG9wcGVtZW50LWFncmljb2xlLWR1cmFibGUtZW4tY290ZS1kaXZvaXJlJmFtcDtjYXRpZD00MiUzQWxpcmUtYXVzc2kmYW1wO0l0ZW1pZD0xOCZhbXA7bGFuZz1mcg==">Sur le web<em><br />
</em></a></p>
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		<item>
		<title>Les mains de France : Le Château Myrat</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jan 2013 06:50:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[Londres]]></category>
		<category><![CDATA[Sauternes]]></category>
		<category><![CDATA[vignerons]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA[Les mains de France, troisième épisode. Ce mois ci, Château Myrat, cru classé de Sauternes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les mains de France, troisième épisode. Ce mois ci, Château Myrat, cru classé de Sauternes.</strong><br />
<span id="more-111162"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTMvMTExMTYyLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1teXJhdC9teXJhdA==" rel=\"attachment wp-att-111163\"><img class="aligncenter  wp-image-111163" title="MYRAT" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/MYRAT.jpg?16fe88" alt="" width="490" height="326" /></a></p>
<p>Quand les brumes d’un matin enrobent des pieds de vigne. Quand l’humidité joue son indispensable partition. Quand la pourriture atteint le degré de noblesse. Quand les champignons se font artisans de vin. Alors, ensuite, viennent les mains expertes pour cueillir les grappes par tries successives. Alors se font les vinifications lentes, les maturations soignées, les élevages de millésimes, les ouillages de componction. D’abord la nature, et ensuite les mains.</p>
<p>Il faut cette rivière, ce coteau, ce calcaire, ce sémillon majoritaire, ce sémillon en contrepoint, pour faire Barsac, pour faire Sauternes. Il faut cette conjonction de facteurs naturels et de génie humain pour produire ces ors et ces dorures, ces sucrosités et ces amertumes, ces soyeux et ces droitures. Voilà comment on peut aboutir à Château Myrat, un des grands de Sauternes.</p>
<p>Cette appellation vit encore son purgatoire. Elle a produit tant de vins sirupeux, indigestes, lourds, confits, que le palais désormais y répugne. Et puis on ne sait pas comment boire ce vin, ni avec quoi l’accompagner. On a cru trouver dans le foie gras la solution au problème du Sauternes ; comme si le gras se mariait au doux. Dans ce ton sur ton de jaune et de lourdeur le foie s’est empesé, le vin s’est dilué. De nouveau, depuis presque une décennie, les vignerons de Sauternes nous proposent des produits classiques, droits, amples, profonds. Des vins que l’on médite, que l’on découvre au fur et à mesure de la dégustation. Oubliant le foie gras, l’imagination trouve les bons accords. Un repas au Sauternes, c’est un repas de fête. Prenez un millésime jeune en apéritif, bouteille qui accompagnera aussi l’entrée, notamment une salade de mâche aux gésiers assaisonnée de vinaigre balsamique. L’acidité se marie bien avec la douceur tonique du vin.</p>
<p>En plat, pour les fêtes, des coquilles Saint-Jacques à la crème, une oie rôtie, des topinambours en purée. Pour accompagner, un millésime mûr. Avec le fromage du vin blanc bien sûr. Un roquefort fait, un comté d’hiver. Puis, une tarte aux fruits, ou un fondant au chocolat. Ouvrez à ce moment un millésime d’une dizaine d’année, que vous pouvez continuer en digestif. Voilà votre repas au Sauternes. Et voilà trois heures de voyage et d’émotion.</p>
<p>Dans le domaine de l’art, il n’y a rien de plus grand qu’un opéra. C’est véritablement l’art supérieur par excellence. Seul le vin peut rivaliser avec lui, car lui seul joue sur la pluralité des sensations et des émotions. En dégustant un grand vin, on touche au génie suprême de l’homme, à sa capacité à générer le temps, à faire fi de l’instant, de la saison, pour toucher l’excellence de l’intemporalité. C’est pourquoi seul le vin peut nous faire autant homme, car il nous sort de la glaise pour nous aspirer vers les rivages célestes. Regardez à Sauternes, ce botrytis cinerea qui gobe l’eau, rapetisse les grains, enduit de poussière des grappes autrefois belles. Ce champignon est la ruine du vin. Il détruit tout. Il aspire tout. Ce sont les vignerons de Bordeaux qui ont su en faire le moteur de leur vin, l’âme de leur produit. Voilà comment on peut retourner une situation catastrophique en position avantageuse. La profondeur liquoreuse des Sauternes émane de ce coup de génie. L’esthétique y a aussi sa part. Qu’il est beau ce jus dans la bouteille, en verre blanc bien clair. Dans une carafe en cristal, les reflets de lumière se jouent de la profondeur de la robe. Dans le verre, c’est un chatoiement délicieux, un kaléidoscope de reflets et de contre-pieds.</p>
<p>Le château de Myrat, situé sur l’appellation Barsac, appartient depuis 1937 à la famille Pontac. C’est dans cette famille que fut lancée la révolution marketing et commerciale du vin de Bordeaux, à partir du XVIIe siècle.</p>
<div id="attachment_111165" class="wp-caption alignright" style="width: 230px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTMvMTExMTYyLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1teXJhdC9hcm5hdWRfZGVfcG9udGFj" rel=\"attachment wp-att-111165\"><img class=" wp-image-111165 " title="arnaud_de_pontac" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/arnaud_de_pontac.jpg?16fe88" alt="" width="220" height="289" /></a><p class="wp-caption-text">Arnaud de Pontac (1660)</p></div>
<p>En 1533, Jean de Pontac fonde le domaine Haut-Brion, qui figure encore aujourd’hui parmi les grands crus classés des Graves. Au siècle suivant, un de ses descendants, Arnaud de Pontac, dirige à son tour l’exploitation familiale. Il se rend compte de la difficulté de la vente de vin, et notamment de la concurrence des autres crus. Il opère donc une révolution commerciale majeure, qui sera suivie par la suite par presque l’ensemble des vignerons, mais qui lui a donné, au début, un avantage comparatif exceptionnel. En 1660, Arnaud de Pontac est nommé Premier président du Parlement de Bordeaux. Cette haute position juridique et politique lui permet de connaître beaucoup de monde, ce qui facilite l’ouverture des marchés. Mais surtout, en 1663, Pontac décide de vendre son vin sous son propre nom, et non plus en vrac, comme le faisait les autres vignerons. Ce faisant, il peut s’assurer de la qualité de ses produits, en évitant que les négociants ne mélangent son vin avec d’autres. Il acquiert aussi une large visibilité sur la place bordelaise, puisque son nom devient une marque, et il peut ainsi se faire plus facilement reconnaître en Angleterre, et notamment à Londres, où le nom de son domaine va être propulsé parmi les plus grands vins. Pontac se rend même à Londres pour développer son portefeuille de clients. Il vend directement aux tavernes et crée ensuite une cave dans la capitale anglaise pour y vendre son vin sous le nom de son étiquette. Haut Brion prononcé à l’anglaise devient ainsi Ho Bryan, ce qui lui assure un effet publicitaire important. Le nom est vanté ; le terroir aussi. Et effectivement, le terroir de Haut-Brion est merveilleux : c’est un des plus pauvres de France, des sols de graves froides et humides, du sable et de la silice. Pour faire du vin sur cette terre, il a d’abord fallu drainer le sol, ôter les pierres et amener de la terre, bref créer un terroir artificiel. Pontac ne s’est pas limité à un développement marketing de son vin, avec un nom qui sonne bien, il a aussi travaillé la production. S’il vend son vin à Londres trois à quatre fois le prix d’un Bordeaux ordinaire, c’est aussi parce qu’il a accentué la qualité intrinsèque de son produit.</p>
<p>Il ne travaille pas d’ailleurs que le sol, en créant un terroir favorable à son vin. Il s’attache aussi à la culture du raisin et au travail de la cave. Les rendements sont diminués, les grappes impropres et non mûres sont retirées, les fûts en usage sont neufs et propres. Les vins de Haut Brion sont donc plus corsés, plus gouteux et plus concentrés que les antiques clairets de Bordeaux, qui ont pu faire la fortune de quelques vignerons, mais qui se trouvent, en ce XVIIe siècle, désormais dépassés par des vins plus mûrs venant de Champagne et de Bourgogne, ou des vins plus corsés, venant de Porto, d’Espagne ou de Sicile. Bref, c’était la crise, une crise viticole majeure qui a emporté certains vignerons et qui a provoqué le déclassement de parcelles bordelaises. En travaillant sa vigne et son vin, Pontac a créé un nouveau goût, plaisant aux clients anglais, et capable de rivaliser avec les saveurs des autres régions viticoles. Ce goût, c’est celui des <em>new french claret</em>. Haut-Brion a soutenu le gant du défi commercial, et il l’a remporté. À tel point que ce vin est désormais une légende et un modèle pour de nombreux vignerons.</p>
<p>En 1666, année du grand incendie de Londres, Arnaud de Pontac demande à son fils, François-Auguste, de se rendre à Londres pour y ouvrir un restaurant, le Pontack’s head. En table, il sert une cuisine plus fine et plus élaborée que celle des simples tavernes. Dans les verres, le Haut-Brion est bien sûr présent. C’est bien évidemment un moyen de jouer sur l’amélioration de gamme, et de se démarquer des clairets simples et futiles. Dans ce restaurant se côtoient les grands écrivains de l’époque, un peu comme le Procope à Paris (même si ce dernier est un café, et non pas un restaurant). John Locke évoque ainsi le Haut-Brion dans ses écrits philosophiques. De nos jours, la gloire commerciale est plutôt atteinte quand un vin est vu au cinéma ou à la télévision. Les temps changent. Le domaine Haut-Brion fut un temps la possession de Talleyrand, plus connu pour son goût pour le vin que pour sa capacité à travailler la terre. L’aristocratie de la fourberie a voulu se couler dans les habits de l’aristocratie du bouchon.</p>
<p>Cette belle réussite française, cette capacité à percer les marchés étrangers et à y conquérir des clients grâce au coup de génie lucide d’un homme, à sa volonté de fer de redresser le vignoble familial, et dans sa capacité à conjuguer trois éléments essentiels de la réussite : le savoir, l’avoir et le vouloir. Le savoir, c’est-à-dire la capacité à faire apprécier le bon vin chez ces clients, bourgeois, commerçants et financiers de la place londonienne. L’avoir, c’est-à-dire les capitaux nécessaires à l’investissement pour la transformation des sols et l’achat de matériel technique adéquat. Le vouloir, c’est-à-dire la volonté d’investir et de conquérir des marchés. Cet exemple d’histoire viticole peut s’appliquer à bien des domaines de l’histoire économique. Conjuguer savoir, avoir et vouloir se retrouve dans la chimie, l’industrie, l’internet et les services. La capacité à créer de nouveaux produits, à avoir l’idée qui permet à une boisson banale de devenir supérieure à une autre, c’est le propre du chef d’entreprise novateur et hardi. Ensuite, les autres vignerons ont suivi, et se sont engouffrés dans le sillon tracé par Pontac. Il a voulu se démarquer des autres vignerons et, réussissant, il a permis à ses concurrents de se développer à leur tour, en copiant sa méthode. Une fois le verrou londonien percé, les autres vins ont eu plus de facilité à entrer. Puis de Londres il est parti à Paris, et ensuite dans les grandes capitales européennes, puis les grandes capitales mondiales. Haut-Brion se trouve désormais dans les belles caves de Moscou, de Hong-Kong, de New York et de Brasilia. Cet exemple montre donc qu’il n’est pas nécessaire de jalouser la réussite des concurrents : pour peu que l’on sache s’y prendre, elle peut engendrer une réussite en cascade.</p>
<p>La famille Pontac n’a donc plus Haut-Brion, mais ils ont Myrat. Le nouveau clairet français a cédé le pas au liquoreux de Barsac. Goût différent, autre esthétique, mais savoir-faire permanent. Château Myrat témoigne de la permanence de l’artisanat d’art, du particularisme français pour le luxe, et à quel point les mains de France peuvent tisser des mélodies vineuses envoutantes.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZXMtbWFpbnMtZGUtRnJhbmNlLDM3Ng==">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXM=">Les mains de France : Le vignoble de Gigondas</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMDIvMTA2NTI5LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1kYXJsYXk=">Les mains de France : Le Château d’Arlay</a></li>
</ul>
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		<title>La malédiction du château Yquem</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/22/108946-la-malediction-du-chateau-yquem</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Dec 2012 06:53:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Arnault]]></category>
		<category><![CDATA[Château Yquem]]></category>
		<category><![CDATA[LVMH]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

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		<description><![CDATA[Pierre Lurton, le gérant du château Yquem, a annoncé à la presse que le millésime 2012 d'Yquem ne sortirait pas. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pierre Lurton, le gérant du château Yquem, a annoncé à la presse que le millésime 2012 d'Yquem ne sortirait pas. </strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><span id="more-108946"></span></p>
<div id="attachment_108947" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzEyL0Now6J0ZWF1LWRZcXVlbS5qcGc="><img class="size-medium wp-image-108947" title="Château d'Yquem (Crédit : Benjamin Zingg/Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Château-dYquem-300x186.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="186" /></a><p class="wp-caption-text">Château d'Yquem</p></div>
<p>La nouvelle dramatique de ce week-end nous est venue de Bordeaux où Pierre Lurton, le gérant du château Yquem, a annoncé à la presse que le millésime 2012 d'Yquem ne sortirait pas. La faute aux mauvaises conditions climatiques qui n'ont pas permis à la pourriture noble de s'épanouir. Le brouillard du Ciron ne fut pas à bonne température, l'humidité des coteaux fut trop sèche, les grappes pas assez pourries ici, trop là. Le botrytis cinerea n'a pas pu jouer sa partition. Il faut un certain courage pour ne pas produire de millésime. Cela signifie une absence de rentrée d'argent pendant une année, alors que les charges continuent de courir. Ce n'est pas la première fois que cela arrive dans l'histoire d'Yquem, le domaine estimant que ses produits doivent être parfaits, auquel cas le vin n'est pas produit.</p>
<p>Avant de prendre cette décision Pierre Lurton a sollicité l'accord du propriétaire d'Yquem, qui n'est autre que le groupe de luxe franco-international LVMH. Le PDG de LVMH ayant acquiescé, la vendange fut reportée.</p>
<p>Derrière la brume du Ciron, les masques tombent. C'est donc Bernard Arnault qui a donné son accord à une telle décision. Lui, le patron stipendié et attaqué de la rentrée scolaire 2012, celui qui gère désormais sa fortune de l'autre côté de Quiévrain, intervient encore de ce côté-ci de la Gironde. Ce millésime serait donc une histoire de rivières. Pour avoir fait couler trop d'encre sur son départ, <em>Libération</em> a sûrement empêché notre chef d'entreprise de s'épancher sur les problèmes hydrologiques d'Yquem. Le résultat est là : pas de millésime 2012. Le vin aurait eu un goût aqueux.</p>
<p>Mais peut-être est-ce aussi une vengeance de la part de notre homme. Il sait qu'à Paris, la gauche caviar ne dédaigne pas accompagner son esturgeon du précieux liquoreux. Les gourmets du PS ne pourront pas collectionner dans leurs caves le millésime de la victoire 2012. À l'Élysée, le sommelier se verra dans l'impossibilité de servir à ses hôtes la bouteille victorieuse de François Hollande. Et ce jusqu'à la fin des temps. Les rois, les présidents, les émirs et les dictateurs pourront apprécier le 1958 avec une tarte Tatin aux pommes de Colombey. Le 1969 accompagne prestement les vieux cantals de Montboudif. Le 1974 conserve une fraîcheur volcanique. Le 1995 est à boire rapidement. Quant au 2007, il rivalise avec les plus grands Tokay de Hongrie. Même le comte de Lur-Saluces, ancien gérant de l'esprit Yquem, avait vinifié le 1981. Millésime un peu oublié de nos jours, il se déguste non sans une certaine nostalgie. Mais point de 2012 pour accompagner les tartes corréziennes ou les vieux goudas secs et ténébreux de Hollande. Arnault est un grand vigneron. Il sait vendanger à point. Il sait aussi déguster le vin quand il est à son optimum. En gastronome averti, il consomme le plat de la vengeance à froid, quand la température de dégustation est à son paroxysme.</p>
<p>Les Belges n'ont pas de vignes, mais ils ont des vignerons. Bernard Arnault donc. Et Gérard Depardieu, propriétaire de plusieurs domaines en France. On connaissait leur talent pour la chanson de variété, voici que les Belges vont maintenant apprendre aux Français à vinifier.</p>
<p>Ils leur apprennent aussi le commerce, car ce millésime avorté est un coup de génie marketing. Il y a eu des précédents, et ils viennent tous à heures fixes : 1952, 1972, 1992 et 2012. Tous les vingt ans, Yquem ne produit pas. Pierre Lurton, non sans malice, a averti les journalistes qu'il n'y a pas de malédiction Yquem. Que c'est le hasard seul qui fait que, tous les vingt ans, depuis 1952, le millésime ne sort pas. On a du mal à y croire. La technologie viticole s'est tellement améliorée ces dernières années, pour le meilleur, n'en déplaise à ceux qui pleurnichent sur l'uniformisation du goût, que même un millésime médiocre peut donner de grands vins. Le château de Fargues, nouvelle propriété d'Alexandre de Lur-Saluces depuis son éviction d'Yquem, sortira un vin cette année, et ce sera un grand.</p>
<p>Mais grâce à cela Yquem vient renforcer le mythe de la malédiction calendaire. C'est une subtile façon de renforcer son image de marque, de rétrécir le marché pour provoquer une augmentation des prix sur le 2011, désormais en vente, et sur le 2013 à venir. LVMH, en maison du luxe, sait très bien gérer la pénurie pour augmenter ses marges. Depuis quelques mois les rumeurs bruissaient sur la place bordelaise : le millésime 2012 d'Yquem allait-il avoir lieu ? La malédiction allait-elle de nouveau frapper ? Oui. Ainsi est lancée la machine infernale pour l'année 2032, et le suspens d'une attente de vingt années.</p>
<p>---<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50YWsuZnIvbGEtbWFsZWRpY3Rpb24teXF1ZW0v" target=\"_blank\"><br />
Sur le web</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Étiquetage des OGM aux USA : les bobos ont perdu face aux ruraux</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/17/108227-etiquetage-des-ogm-aux-usa-les-bobos-ont-perdu-face-aux-ruraux</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 06:30:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Californie]]></category>
		<category><![CDATA[concurrence déloyale]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Inf'OGM]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que la Californie a rejeté par référendum l'étiquetage obligatoire des OGM, dans le Dakota du Nord, le droit des agriculteurs de s'engager dans des pratiques modernes d'agriculture a été renforcé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que la Californie a rejeté par référendum l'étiquetage obligatoire des OGM, dans le Dakota du Nord, le droit des agriculteurs de s'engager dans des pratiques modernes d'agriculture a été renforcé.</strong><br />
<span id="more-108227"></span><br />
<strong>Par Wackes Seppi.<br />
</strong><em>Publié en collaboration avec le site <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ltcG9zdGV1cnMub3Zlci1ibG9nLmNvbQ==">Imposteurs</a>.<strong><br />
</strong></em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwODIyOQ==" rel=\"attachment wp-att-108229\"><img class="size-full wp-image-108229 alignright" title="étiquetage OGM" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/étiquetage-OGM.jpg?16fe88" alt="" width="237" height="213" /></a>Aux États-Unis d'Amérique, le grand rendez-vous de l'élection présidentielle est aussi l'occasion de soumettre au peuple des initiatives locales, 172 au total cette année.  Il en est deux d'importance majeure pour l'agriculture et l'alimentation.</p>
<h2><strong>Californie : non à la concurrence déloyale !</strong></h2>
<p>Les médias ont bruissé, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1vbmRlLmZyL3BsYW5ldGUvYXJ0aWNsZS8yMDEyLzExLzA3L2xhLWNhbGlmb3JuaWUtcmVqZXR0ZS1wYXItcmVmZXJlbmR1bS1sLWV0aXF1ZXRhZ2Utb2JsaWdhdG9pcmUtZGVzLW9nbV8xNzg3MDM4XzMyNDQuaHRtbA==">assez faiblement du reste</a>, au début de ce mois-ci sur l'échec, en Californie, de la « proposition 37 » qui tendait à rendre obligatoire l'étiquetage des OGM. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JhbGxvdHBlZGlhLm9yZy93aWtpL2luZGV4LnBocC9DYWxpZm9ybmlhX1Byb3Bvc2l0aW9uXzM3LF9NYW5kYXRvcnlfTGFiZWxpbmdfb2ZfR2VuZXRpY2FsbHlfRW5naW5lZXJlZF9Gb29kXyUyODIwMTIlMjkjUG9sbGk=">Celle-ci a été rejetée</a> par 53,1 % des voix contre 46,9 %.</p>
<p>La presse pour bobos en a surtout retenu deux aspects :</p>
<ul>
<li>c'était l'échec du « droit de savoir » ce que l'on mange face à l'argument de la « stigmatisation » des OGM ;</li>
</ul>
<ul>
<li>c'était la victoire de 45,6 millions de dollars contre 8,7 millions, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xleHBhbnNpb24ubGV4cHJlc3MuZnIvZWNvbm9taWUvbGEtY2FsaWZvcm5pZS1yZWpldHRlLXBhci1yZWZlcmVuZHVtLWwtZXRpcXVldGFnZS1vYmxpZ2F0b2lyZS1kZXMtb2dtXzM1OTA0Ny5odG1s">des « géants de l'agrochimie et de l'agroalimentaire »</a> contre <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ub3ZldGhpYy5mci9ub3ZldGhpYy9lY29sb2dpZSxlbnZpcm9ubmVtZW50LG9nbSxldGF0c191bmlzX2V0aXF1ZXRhZ2VfZGVybmllcl9yZWNvdXJzX2NvbnRyZV9wcm9ncmVzc2lvbl9pbmZs">« des associations de protection des consommateurs et des organisations écologistes »</a>.</li>
</ul>
<p>Les choses ne sont pas aussi simples !</p>
<p>Sur le fond, la proposition aurait eu pour effet :</p>
<ul>
<li>certes d'exiger l'étiquetage, comme « génétiquement modifié », des produits alimentaires bruts ou transformés issus de plantes ou d'animaux génétiquement modifiés ;</li>
</ul>
<ul>
<li>mais aussi d'interdire l'étiquetage de tels produits, ainsi que la publicité, comme « naturels » ;</li>
</ul>
<ul>
<li>et également d'exempter de l'étiquetage les produits alimentaires : certifiés biologiques ; élaborés fortuitement à partir de produits génétiquement modifiés ; issus d'animaux non modifiés génétiquement mais nourris avec des produits génétiquement modifiés ou ayant reçu de tels produits en injection ; élaborés à partir de petites quantités d'ingrédients génétiquement modifiés, ou en contenant ; administrés comme traitements thérapeutiques ; vendus pour la consommation immédiate, comme dans un restaurant ; les boissons alcooliques.</li>
</ul>
<p>Cette description de l'objet de la proposition dévoile en partie l'identité de ses initiateurs : outre la <em>Organic Consumers Association</em>, qui serait forte de 850.000 membres sur l'ensemble des États-Unis d'Amérique, il s'agit de producteurs et de marchands de produits alimentaires biologiques ou non-OGM, d'intervenants de la médecine « alternative », etc., auxquels se sont adjoints des groupes politiques (notamment le Parti démocrate californien), religieux, etc. [<sup class='footnote'><a href='#fn-108227-1' id='fnref-108227-1' onclick='return fdfootnote_show(108227)'>1</a></sup>].</p>
<p>Elle dévoile aussi des motivations qui ne sont pas innocentes : créer des conditions de concurrence – que nous estimons déloyales – qui favorisent leurs activités ou promeuvent leurs conceptions.</p>
<p>Les opposants ont donc eu tout à fait raison de dénoncer la « stigmatisation ».  Leurs arguments principaux étaient de cinq ordres :</p>
<ul>
<li>C'est un système d'étiquetage trompeur, très imparfait qui – ici on entre dans la rhétorique électorale américaine – augmenterait la bureaucratie gouvernementale et les coûts pour les contribuables ;</li>
</ul>
<ul>
<li>C'est bourré d'exceptions en faveur d'intérêts particuliers ;</li>
</ul>
<ul>
<li>Cela créerait des possibilités de poursuites judiciaires frivoles (harcèlement judiciaire) ;</li>
</ul>
<ul>
<li>Cela ajouterait quelque 400 dollars aux dépenses alimentaires des ménages ;</li>
</ul>
<ul>
<li>Cela n'apporte rien en termes de santé et de sécurité.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTcvMTA4MjI3LWV0aXF1ZXRhZ2UtZGVzLW9nbS1hdXgtdXNhLWxlcy1ib2Jvcy1vbnQtcGVyZHUtZmFjZS1hdXgtcnVyYXV4L2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIyNDgtb2dt" rel=\"attachment wp-att-108349\"><img class="wp-image-108349 alignleft" title="imgscan contrepoints 2248 OGM" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/imgscan-contrepoints-2248-OGM-816x1024.jpg?16fe88" alt="" width="240" height="301" /></a>La filière agro-alimentaire dominante a donc mis des moyens importants dans la campagne du « non ». Il y avait de quoi. Les partisans du « oui » partaient de 61% contre 25% (et 14% d'indécis) selon un sondage effectué dans la semaine du 17 septembre 2012. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JhbGxvdHBlZGlhLm9yZy93aWtpL2luZGV4LnBocC9DYWxpZm9ybmlhX1Byb3Bvc2l0aW9uXzM3LF9NYW5kYXRvcnlfTGFiZWxpbmdfb2ZfR2VuZXRpY2FsbHlfRW5naW5lZXJlZF9Gb29kXygyMDEyKSNQb2w=">Ballotpedia donne le détail</a> des principaux contributeurs. Monsanto a dépensé presque autant (8,1 millions de dollars) que tous les partisans du « oui » réunis (8,7 millions).</p>
<p>Pour les déçus du résultat, ce seraient donc les dollars qui l'auraient emporté. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbmZvZ20ub3JnL3NwaXAucGhwP2FydGljbGU1MjUy">Inf'OGM, par exemple</a>, écrit : « La pression des entreprises, très forte, a donc réussi à faire basculer le vote par un déferlement de publicité via télé et radio ».</p>
<p>Ce n'est exact que sur le plan comptable. Dans la réalité de terrain, il est facile d'argumenter en faisant appel à l'émotion et la démagogie, et les partisans du « oui » ne s'en sont pas privé ; il en coûte beaucoup plus en temps, énergie et moyens pour contrer ces arguments fallacieux (y compris par des arguments faisant aussi appel à l'émotion) et pour convaincre par la raison [<sup class='footnote'><a href='#fn-108227-2' id='fnref-108227-2' onclick='return fdfootnote_show(108227)'>2</a></sup>].</p>
<p>Et c'est aussi une analyse avec des œillères. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JhbGxvdHBlZGlhLm9yZy93aWtpL2luZGV4LnBocC9DYWxpZm9ybmlhX1Byb3Bvc2l0aW9uXzM3LF9NYW5kYXRvcnlfTGFiZWxpbmdfb2ZfR2VuZXRpY2FsbHlfRW5naW5lZXJlZF9Gb29kXygyMDEyKSNQb2xs">Une recension des avis de la presse</a>montre que celle-ci a été très majoritairement en faveur du « non », avec des arguments de raison. Des sociétés savantes sont aussi venues à la rescousse (mais leur influence a probablement été faible) [<sup class='footnote'><a href='#fn-108227-3' id='fnref-108227-3' onclick='return fdfootnote_show(108227)'>3</a></sup>].</p>
<p>Les électeurs californiens ne se sont pas laisser abuser.</p>
<h2><strong>Dakota du Nord : touche pas à mon agriculture !</strong></h2>
<p>Passer de la Californie au Dakota du Nord, c'est passer fondamentalement des bobos consommateurs (encore que l'agriculture soit loin d'être négligeable en Californie) aux ruraux producteurs. Dans le deuxième État, les électeurs avaient à se prononcer sur la Mesure 3 d'amendement pour l'agriculture et l'élevage du Dakota du Nord (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JhbGxvdHBlZGlhLm9yZy93aWtpL2luZGV4LnBocC9Ob3J0aF9EYWtvdGFfRmFybWluZ19hbmRfUmFuY2hpbmdfQW1lbmRtZW50LF9NZWFzdXJlXzNfJTI4MjAxMiUyOQ==">North Dakota Farming and Ranching Amendment, Measure 3 (2012)</a>).</p>
<p>Texte simple.  Il s'agissait d'ajouter le paragraphe suivant à l'article XI de la Constitution du Dakota du Nord : « Le droit des agriculteurs et des éleveurs de s'engager dans des pratiques modernes d'agriculture et d'élevage sera garanti à perpétuité dans cet État. Aucune loi ne sera promulguée qui limite le droit des agriculteurs et des éleveurs d'employer des techniques agricoles, des pratiques modernes de production animale et d'élevage. »</p>
<p>La proposition avait été lancée par le North Dakota Farm Bureau. C'était essentiellement une réaction préventive face aux mouvements des droits des animaux, notamment la <em>Humane Society of the United States.</em> Elle a été adoptée à une très large majorité (66,9 %).</p>
<p>On pourra laisser aux juristes le soin d'examiner si cet amendement empêcherait la promulgation d'une loi sur l'étiquetage des OGM. En tout cas, dans le match entre bobos et ruraux, le score est de 0 – 1.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ltcG9zdGV1cnMub3Zlci1ibG9nLmNvbS9hcnRpY2xlLWV0aXF1ZXRhZ2UtZGVzLW9nbS1hdXgtdXNhLWJvYm9zLWNvbnRyZS1ydXJhdXgtMC0xLXBhci13YWNrZXMtc2VwcGktMTEzMjg4NTA3Lmh0bWw=">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-108227'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-108227-1'>Pour une liste complète : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXJpZ2h0dG9rbm93Lm9yZy9lbmRvcnNlbWVudHM=">http://www.carighttoknow.org/endorsements</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-108227-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-108227-2'><em>Le Monde</em> a mis <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1vbmRlLmZyL3BsYW5ldGUvYXJ0aWNsZS8yMDEyLzExLzA1L2JhdGFpbGxlLWVuLWNhbGlmb3JuaWUtc3VyLWwtZXRpcXVldGFnZS1vYmxpZ2F0b2lyZS1kZXMtYWxpbWVudHMtb2dtXzE3ODU3ODNfMzI0NC5odG1s">des vidéos en lien</a>.
<p>Voir aussi :<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXJpZ2h0dG9rbm93Lm9yZy8=">http://www.carighttoknow.org/</a><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ub3Byb3AzNy5jb20v">http://www.noprop37.com/</a> <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-108227-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-108227-3'>En particulier la <em>American Association for the Advancement of Science</em> (AAAS) avec <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hYWFzLm9yZy9uZXdzL3JlbGVhc2VzLzIwMTIvbWVkaWEvQUFBU19HTV9zdGF0ZW1lbnQucGRm">une déclaration qui présente aussi un intérêt pour l'Europe</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-108227-3'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=108227" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Subventions agricoles : quel gros gâchis !</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/02/106453-subventions-agricoles-quel-gros-gachis</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/02/106453-subventions-agricoles-quel-gros-gachis#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 Dec 2012 07:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Open Europe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Cour des comptes européenne]]></category>
		<category><![CDATA[PAC]]></category>
		<category><![CDATA[politique agricole commune]]></category>
		<category><![CDATA[subventions agricoles]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[La Cour des comptes européenne épingle les mauvaises allocations de la Politique Agricole Commune.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Cour des comptes européenne épingle les mauvaises allocations de la Politique Agricole Commune.</strong><br />
<span id="more-106453"></span><br />
<strong>Un article d'Open Europe.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMDIvMTA2NDUzLXN1YnZlbnRpb25zLWFncmljb2xlcy1xdWVsLWdyb3MtZ2FjaGlzL3BvbGl0aXF1ZS1hZ3JpY29sZS1jb21tdW5lLXBhYw==" rel=\"attachment wp-att-106454\"><img class="alignleft size-full wp-image-106454" title="Politique Agricole Commune PAC" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Politique-Agricole-Commune-PAC.jpg?16fe88" alt="" width="275" height="183" /></a>Les derniers jours ont été assez occupés sur le front du budget de l’Europe avec les peu concluants <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9maW5hbmNlL21hdHNwZXJzc29uLzEwMDAyMTQ3Mi9kb250LWJsYW1lLWNhbWVyb24tZm9yLXRoZS1icmVha2Rvd24taW4tZXUtYnVkZ2V0LXRhbGtzLw==" rel=\"nofollow external\">sommets des leaders européens</a> sur le budget à long terme, et la <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vcGVuZXVyb3BlYmxvZy5ibG9nc3BvdC5jby51ay8yMDEyLzExL2luc2FuaXR5LWlzLWRvaW5nLXNhbWUtdGhpbmctb3Zlci1hbmQuaHRtbA==" rel=\"nofollow external\">nouvelle proposition</a> de la Commission pour le budget annuel de 2013 (très peu modifiée de la version des députés européens que les États membres n’ont pas voulu ratifier). Le débat sur les chiffres dans l’absolu était plus suivi que le débat sur le fond. C’est pourquoi le <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VjYS5ldXJvcGEuZXUvcG9ydGFsL3Bscy9wb3J0YWwvZG9jcy8xLzE4NzMwNzQ2LlBERg==" rel=\"nofollow external\">rapport</a> de la Cour des comptes européenne sur le régime de paiement unique – comptant pour environ un tiers du budget de l’Union européenne - est très intéressant. La Cour des comptes comptabilise le coût de la Politique Agricole Commune comme un tout (y compris le composant développement rural et le reste des subventions déformant les marchés) soit environ 40% des dépenses - € 58,6 milliards d’euros pour cette année uniquement.</p>
<p>Spécifiquement, le rapport regarde l’efficacité du ‘Régime de Paiement Unique à la Surface’ (RPUS) qui est simplement la masse des subventions agricoles aux 12 nouveaux membres de l’Union européenne connue sous le nom de Politique Agricole Commune. (Les 15 anciens États de l’Union ont un support différent de régime appelé le Régime de Paiement Unique. Un régime unifié pour les 27 pays devrait démarrer en 2014. Le terme générique pour les deux sera appelé le ‘paiement unique des fermes’).</p>
<p>Comme d’habitude, le propos est prudent, mais il est assez clair que, dans les standards de l’Union européenne, la Cour des comptes dénonce violemment les subventions. Dans la synthèse du rapport, nous lisons que :</p>
<ul>
<li>La définition d'"agriculteurs" entraîne inévitablement le paiement de subventions à des "bénéficiaires pas ou seulement peu impliqués dans l’agriculture". Dans quelques États membres concernés, l’aide RPUS est payée à des organisations non impliquées dans l’agriculture, comme des structures publiques gérant les terres de l’État, des associations de chasse, des clubs de pêche et des clubs de ski. Ainsi, la farce continue.</li>
</ul>
<ul>
<li>Les subventions n’arrivent pas à prendre en considération les caractéristiques régionales spécifiques de l’agriculture, ni la contribution des agriculteurs à la production de biens publics.</li>
</ul>
<ul>
<li>Les paiements sont disproportionnés aux grands propriétaires terriens (qui sont probablement relativement plus riches) tandis que la majorité des agriculteurs perçoivent de petites sommes.</li>
</ul>
<ul>
<li>Il n’y a pas de possibilités de différencier les paiements entre les États membre pour prendre en compte le potentiel agricole des régions ou des critères environnementaux. En d’autres termes, ceux qui disent que la PAC dans sa forme actuelle est le meilleur outil pour assurer la ‘sécurité alimentaire’ ou tenir des objectifs environnementaux (y compris la biodiversité) ne savent pas de quoi ils parlent.</li>
</ul>
<ul>
<li>La Commission n’a pas analysé les effets des subventions RPUS sur la restructuration de l’agriculture – une énorme ‘zone d’ombre’ sachant que la modernisation de l’agriculture est l’un des objectifs affichés de la PAC, et sachant que donner aux gens des revenus sans contrepartie a un effet dissuasif sur le changement.</li>
</ul>
<ul>
<li>La Commission n’a également pas analysé les effets des subventions sur les prix des terres. Encore une fois, une grande zone d’ombre sachant que le Régime subventionne effectivement les propriétaires terriens.</li>
</ul>
<p>Ainsi, en d’autres termes, le Régime de Paiement Unique est une  subvention mal ciblée sans aucun lien clair vers la fourniture de biens publics ou vers une réforme économique. Dans le climat économique actuel, maintenir une telle politique si irrationnelle doit être considéré comme un accomplissement.</p>
<p>Que devrions-nous avoir à la place ? Comme nous le soutenons à travers notre rapport dédié à ce sujet, il pourrait y avoir un raisonnement large pour la mise en place d’un système de subventions publiques pour délivrer des biens publics comme la biodiversité. Un moyen pour obtenir quelque chose d’enfin plus intelligent serait de réduire drastiquement la PAC (nous avions proposé une baisse de 30% des subventions directes ce qui aurait économisé 12 milliards d’euros cette année) et aurait permis de se recentrer sur la livraison de bénéfices environnementaux à travers un système d’allocations agricoles transférables (si cela vous intrigue, plongez-vous dans <a title=\"Lien externe\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vcGVuZXVyb3BlLm9yZy51ay9Db250ZW50L0RvY3VtZW50cy9QZGZzL0NBUF8yMDEyLnBkZg==" rel=\"nofollow external\">l'étude complète</a>).</p>
<p>Mais le système actuel continue.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29wZW5ldXJvcGVibG9nLmJsb2dzcG90LmJlLzIwMTIvMTEvZXUtZmFybS1zdWJzaWRpZXMtbW90aGVyLW9mLWFsbC5odG1s">Sur le web</a>.<br />
Traduction : Nicolas B. pour <em>Contrepoints</em>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=106453" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Les mains de France : Le  Château d’Arlay</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/02/106529-les-mains-de-france-le-chateau-darlay</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/12/02/106529-les-mains-de-france-le-chateau-darlay#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 Dec 2012 07:10:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Jura]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[vigneron]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

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		<description><![CDATA[Au  Château d’Arlay, le comte de Laguiche a fait preuve d'un vrai travail de vigneron : il a planté un goût, et a récolté au bout de quelques années.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au  Château d’Arlay, le comte de Laguiche a fait preuve d'un vrai travail de vigneron : il a planté un goût, et a récolté au bout de quelques années.</strong><br />
<span id="more-106529"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMDIvMTA2NTI5LWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtY2hhdGVhdS1kYXJsYXkvYXJsYXkzMDE=" rel=\"attachment wp-att-106531\"><img class="aligncenter size-large wp-image-106531" title="Arlay301" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Arlay301-1024x821.jpg?16fe88" alt="" width="500" height="400" /></a></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXM=">Après le Gigondas</a>, je vous propose d’autres mains, œuvrant dans d’autres vignes, proposant d’autres vins, nées dans d’autres terroirs, mariant une autre histoire. Découvrons le Jura, aux confins de la France, de l’Empire, de la Lotharingie. Le Jura est un continent à lui seul, entre les Vosges et les Alpes, entre la France et la Suisse. Le Jura est un continent géologique avec, à l’Est, ses plis et sa structure en touches de piano et, à l’Ouest, ses plateaux, qui descendent plus doucement vers la Saône. Il y a le Jura plissé et le Jura tabulaire. Le Jura du sillon rhodanien, si proche de la Bourgogne, et le Jura montagneux, si proche des Alpes.</p>
<p>C’est peut être parce que c’est une des régions les plus froides de France, avec sa petite Sibérie, une des régions les plus pluvieuses aussi, la verdeur de son herbe en été en témoigne, que le Jura est aussi une des régions de France les plus gastronomiques, tout en étant assez discrètes. On y trouve du sel gemme, dans des villes qui doivent leur nom à cette matière, comme Lons-le-Saunier ou Salins-les-Bains. On y trouve la forêt, le travail des sapins, ses bois si recherchés, y compris dans des outils de haute précision. On y trouve bien sûr son fromage, le comté, et ses fruitières. On y trouve aussi sa charcuterie. Et pour accompagner tout cela, il faut de grands vins bien sûr ; et ces vins le Jura sait aussi les procurer.</p>
<p>Parmi la multitude des vignerons jurassiens, la justice me commandait de parler de Château d’Arlay, situé à Arlay à quelques kilomètres au nord de Lons-le-Saunier. C’est son exploitant actuel, Alain de Laguiche, qui m’a initié, avec des amis, à la complexité des vins jurassiens, et notamment du vin jaune. Pour cela il a fallu prendre du temps durant un salon des vins, il y a quelques années, pour expliquer à des étudiants forcément désargentés comment déguster ses produits. Le vin fut apprécié, mais la bourse plate des étudiants ne permit pas d’acheter le moindre flacon. En nous enseignant, le comte de Laguiche a fait preuve de vrai travail de vigneron : il a planté un goût, et a récolté au bout de quelques années. Nous sommes désormais des accros aux vins jurassiens, et aux vins d’Arlay en particulier.</p>
<p>Un peu d’histoire d’abord pour ce domaine d’exception. Depuis le IXe siècle, il a toujours été dans les mains de la même famille, même si les branches de cousins ont pu le faire passer des aînés aux cadets. Au XVe siècle, l’héritière de la principauté d’Orange épousa Jean III de Chalon-Arlay, la lignée prenant ainsi le titre de Prince d’Orange. Au XVIe siècle, par le jeu des héritages et des testaments, le domaine passe dans le giron de Guillaume de Nassau, dit Guillaume le Taciturne, stathouder de Hollande. Il est l’ancêtre à la fois de la famille royale d’Angleterre et de celle des Pays-Bas. La reine de Hollande est encore aujourd’hui Baron van Arlay. Après plus de dix siècles d’histoire, le domaine est toujours resté dans les mains de la même famille, fait remarquable pour un bâtiment classé aux monuments historiques. C’est aussi cela les mains de France.</p>
<p>Ce vignoble jurassien des confins de la France et de l’Empire, ce vignoble terrien accroché à sa montagne granitique, sait aussi voyager. Comme de nombreux crus français ses vins s’exportent, en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Russie. Preuve supplémentaire que dans le grand jeu de la mondialisation, c’est en restant soi-même, en développant sa typicité et sa culture, que l’on peut conquérir des marchés étrangers. Ce que les autres recherchent, c’est nous-mêmes, nullement un clone amoindri de l’uniformité internationale.</p>
<p>Passons aux vins. La plus ancienne mention du vignoble est du XIe siècle, ce qui correspond au développement moderne du vignoble jurassien, même si la vigne est présente en ces lieux depuis des temps beaucoup plus anciens. C’est aujourd’hui 21 hectares de vignes, 80 000 bouteilles par an, et cinq cépages dominants, qui sont les cinq cépages présents dans le Jura : pinot noir, trousseau et poulsard pour les rouges, chardonnay et savagnin pour les blancs. Chardonnay et pinot noir viennent de la Bourgogne voisine ; c’est l’influence du puissant duché qui a tenté de dominer cette comté franche, contrôlée au moins de façon culturelle par ses cépages. Déjà une présence du pouvoir culturel.</p>
<p>Les autres cépages sont typiquement jurassiens. Eux seuls savent donner ces goûts rustiques et profonds propres aux rouges de poulsard et trousseau. Seul le savagnin procure ses arômes de noix et de rancio, son tannin charnel, aux blancs secs et au vin jaune, le trésor viticole de la région. Il serait stupide de réduire la palette viticole jurassienne au vin jaune, et à son accord avec le comté ou le coq au vin. Le Jura est bien plus que cela. Et en même temps, il serait tout aussi stupide de s’en passer, au prétexte que c’est trop commun.</p>
<p>L’initiation au vin jaune, pour l’amateur, fait partie des grandes découvertes de la viticulture. C’est un vin unique, pétri dans sa propre histoire, aux méthodes de fabrication complexes et délicates. Le vin jaune reste le vin du temps, de la patience. Il lui faut six années en fût avant d’être mis en bouteille. Et dans ce clavelin de 62 cl, bouteille unique qui ne se trouve qu’en Jura, il peut reposer là des décennies avant d’être ouvert et de se laisser conquérir par les amateurs. Avec le porto, c’est un des vins qui peut vieillir le plus longtemps. Le vin jaune peut accompagner toute une vie d’homme. Il est un des rares vins qui peut être bu dans la vieillesse d’un homme, quand lui atteint l’apothéose de sa maturité. C’est un vin pour palais bien bâti, pour langue mûre et pour bouche affermie.</p>
<p>Parmi les autres perles du domaine, Château d’Arlay propose une cuvée Corail. C’est un type de vin qui se pratiquait beaucoup dans le Jura jusque dans les années 1950, mais qui a pratiquement disparu aujourd’hui. Le vin Corail est produit à partir de la macération de grappes issues des cinq cépages du domaine, aussi bien rouge que blanc, ce qui donne un produit fini légèrement rosé. Il est ensuite élevé trois ans en fût de chêne. C’est un vin curieux, car il se veut à la fois simple et facile, et en même temps son élaboration est complexe, et sa palette aromatique riche. Le château d’Arlay est un des rares domaines jurassien à produire encore ce type de vin. Sa rareté et sa typicité en font un peu l’équivalent jurassien du rosé des Riceys en Champagne : un vin confidentiel, méconnu, et qui provoque la joie des amateurs qui le dégustent.</p>
<p>Terminons notre balade dans le domaine d’Arlay et dans sa palette viticole par la mention des eaux-de-vie du domaine. La France a une véritable tradition des eaux-de-vie ; elles forment la richesse gustative du pays, chaque région a sa spécialité qui lui confère saveur et émotion. Cognac et armagnac bien sûr, calvados et poire williams, eau-de-vie d’Alsace, mirabelle de Lorraine, eau-de-vie de Franche Comté. Cette bibliothèque de fins produits est en train d’être brulée par manque d’amateurs. Si la France est aujourd’hui la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9Db2duYWMtbGUtc29sZWlsLWphdW5lLWRlLWwtT3JpZW50">première consommatrice mondiale de whisky</a>, les eaux-de-vie sont délaissées. Plusieurs raisons peuvent être invoquées. Le fait que l’on ait l’habitude de les prendre en digestif, et que la mode du digestif soit passée. Le fait aussi que l’on ait produit beaucoup de mauvaises eaux-de-vie. Chaque famille qui possédait le droit de bouilleur de crue faisait la sienne, qui était souvent un tord-boyau infect. Cette médiocrité a disqualifié le produit. Pourtant, quand elles sont bien distillées, quelle finesse et quelle subtilité d’arôme. Il faut prendre l’habitude de les consommer en apéritif, avec de la glace pilée. Cela vaut bien tous les whiskies du monde. Château d’Arlay propose notamment un marc de raisin de vin de paille, qui évoque quelques arômes de ce vin puissant. C’est une belle manière d’achever une balade jurassienne, après avoir traversé des sapinières sombres, des lacs profonds et des paysages calmes et ténébreux.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9JTUcvcGRmL0dlbmVhbG9naWVfQXJsYXlfMjAxMi5wZGY=">En PJ</a> vous trouverez la liste des propriétaires de Château d’Arlay, établie par Alain de Laguiche.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9Db2duYWMtbGUtc29sZWlsLWphdW5lLWRlLWwtT3JpZW50">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXM=">Les mains de France : Le vignoble de Gigondas</a></p>
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		<title>Le vin et la mondialisation</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Nov 2012 07:40:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[concurrence]]></category>
		<category><![CDATA[mondialisation]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA["La guerre des vins" est un petit précis de mondialisation, façon pratique de comprendre ce phénomène à la fois économique et humain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>"La guerre des vins" est un petit précis de mondialisation, une façon pratique de comprendre ce phénomène à la fois économique et humain.</strong><br />
<span id="more-104778"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMTgvMTA0Nzc4LWxlLXZpbi1ldC1sYS1tb25kaWFsaXNhdGlvbi9ndWVycmVkZXN2aW5z" rel=\"attachment wp-att-104779\"><img class="alignleft  wp-image-104779" title="guerredesvins" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/11/guerredesvins.jpg?16fe88" alt="" width="233" height="307" /></a>Le vin n’échappe pas à la mondialisation, on pourrait même dire qu’il en est un marqueur, tant la vigne ne cesse de voyager, depuis son Caucase natal, et tant la boisson qui en est issue est présente sur l’ensemble des continents, quelle que soit la culture des pays.</p>
<p>C’est pour mieux comprendre la place du vin dans la mondialisation que les deux auteurs, Aymeric Mantoux et Benoist Simmat, ont entrepris un périple mondial sur les routes du vin, enquêtant dans les pays qui comptent, ou qui espèrent compter : France, États-Unis, Espagne, Inde, Chine, Amérique Latine. Ils y ont trouvé des lignes de front de la guerre que se mènent les magnats du vin, pour ouvrir des <em>wineries</em>, pour contrôler des parts de marché, pour planter des cépages internationaux ou locaux, pour détecter de bons terroirs.</p>
<p>Le livre nous conduit donc sur les routes internationales du vin, loin des clos bourguignons, des parcelles alsaciennes ou des chais du val de Loire. Il permet aux lecteurs de prendre conscience des enjeux actuels du vin. On y voit ainsi comment sont stockés, vendus et revendus des bouteilles de Bordeaux, sans forcément changer de lieu, on y apprend comment Hong-Kong est devenue la plaque tournante mondiale du marché du vin, comment les Américains et les Indiens veulent rivaliser avec les vins français, tout en essayant de trouver leur spécificité.</p>
<p>On connaissait le livre d’Erik Orsenna sur la mondialisation vue à travers le marché du coton (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjUzMTIxOTQwP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Voyage au pays du coton. Petit précis de mondialisation</em></a>, 2007). Ce livre-ci est un petit précis de mondialisation, dans un voyage au pays du vin. C’est une façon pratique de comprendre ce phénomène à la fois économique et humain. C’est une façon aussi de comprendre l’évolution de certaines entreprises, de mesurer leur développement et leurs objectifs. On comprend aussi que la mondialisation est également culturelle, et que c’est finalement la culture qui en est un des moteurs principaux. Dans ce jeu de l’amour du vin et de l’économie, la France est encore au centre. Le livre a le mérite de montrer les atouts du pays, et aussi de dévoiler à quel point la concurrence est rude. Mais une forte concurrence est toujours nécessaire pour progresser et se perfectionner.</p>
<p>L'ouvrage nous conduit à faire plusieurs réflexions, sans chercher un fil conducteur précis, si ce n’est une réflexion sur la mondialisation et la culture, où le vin a une place éminente.</p>
<p>Premièrement, à la lecture de l’ouvrage on s’aperçoit que l’Europe est toujours le continent moteur du monde. Oui, il y a un réveil de l’Asie. Oui, les États-Unis sont la grande puissance mondiale, mais c’est toujours l’Europe qui est le cœur, le centre de la mondialisation. L’Asie, l’Amérique, l’Océanie veulent du vin. Ils sont attirés par le monde du vin, c’est-à-dire par un certain mode de vie européen. Ce ne sont pas les Européens qui diffusent chez eux du saké, ou qui se prennent de passion pour la cuisine traditionnelle des Aborigènes. Non, ce sont les Asiatiques qui veulent intégrer le monde du vin, donc le monde européen. On constate aussi dans les pays asiatiques, en parallèle de la diffusion du vin, une diffusion du pain, et une augmentation de sa consommation, au détriment du riz. Là aussi, c’est la diffusion de la culture européenne. Or l’alimentation est extrêmement importante : on devient ce que l’on mange. Si on mange européen, on devient Européen. Ce qu’avaient d’ailleurs très bien compris les empereurs japonais du XVIIe siècle qui, pour protéger leur pays de l’inculturation européenne, avaient prohibé les aliments venus d’Europe, y compris le vin.</p>
<p>Deuxièmement, la mondialisation se joue principalement dans le domaine de la culture. Certes il y a l’économie, la finance, l’ingénierie, les progrès techniques, mais il y a surtout la culture. Cette guerre du vin, avant d’être une guerre commerciale et financière, est d’abord une guerre culturelle. L’attrait du vin, c’est l’attrait du mode de vie, l’attrait de l’ambiance et du style qu’il véhicule : la façon de le déguster et de le boire, la vaisselle et la verrerie, liées au vin, les moments de partage et de convivialité, le culte du banquet. Tant d’éléments grecs qui se diffusent, comme un hellénisme contemporain.</p>
<p>Troisièmement, dans cette mondialisation en marche, la France a des cartes en main qui sont de puissants atouts. Les magnats mondiaux du vin sont essentiellement des Français : Bernard Magrez, Stéphane Derenoncourt, Jean-Michel Willmotte, Michel Rolland, sans oublier les chefs cuisiniers. Ces entrepreneurs se développent sans l’aide de l’État, sans subvention, avec même des contraintes importantes. Et ils réussissent. Ils sont de beaux exemples du savoir-faire industriel français.</p>
<p>Quatrièmement, le pouvoir culturel est très important. Il ne peut y avoir de puissance sans puissance culturelle. Celle-ci peut pallier une déficience militaire, économique, technique même. En revanche, aucune des autres puissances ne peut contrebalancer le manque de puissance dans le domaine de la culture. Et dans ce domaine-là, la France est encore la première. Les autres pays veulent copier la France, surtout dans le domaine du vin. Le vocabulaire du vin est français, les cépages sont français, dont le chenin qui est en train de devenir le grand blanc mondialisé, le terroir, concept si français, est en train de gagner l’ensemble des autres pays. Dans le domaine du vin, la France est l’horizon à atteindre, et à dépasser.</p>
<p>Cinquièmement, la mondialisation rapproche les hommes, les cultures, les modes de vie. En un sens, elle uniformise. Toutefois, il y a aussi des distinctions importantes qui se font. Les nouveaux pays du vin cherchent d’abord à atteindre un goût international, comme preuve de leur bon niveau, puis, dans un second temps, ils veulent développer un goût local, comme preuve de leur excellence. Il s’agit donc de faire des vins de terroir. La distinction entre vin de marque et vin de terroir, vin du Nouveau Monde et vin de l’Ancien Monde n’est plus de mise. Partout, c’est le terroir qui triomphe. Non pas le terroir cailloux, qui n’existe pas, qui est une invention de paysans pour faire monter le prix de leur terre, mais le terroir culture, qui allie recherche des meilleures parcelles, histoire du lieu et travail des hommes. La mondialisation contribue donc à réaffirmer les identités, à les promouvoir, à les fortifier. La mondialisation, loin d’uniformiser les hommes, est la grande flamme qui ravive les identités des peuples. Or là aussi la France, pays à l’identité forte, puissante et lointaine, à de grands atouts devant elle.</p>
<p><strong>- Aymeric Mantoux, Benoist Simmat, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDgxMjcwMzgyP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>La guerre des vins</em></a>, Éditions Flammarion, 283 pages, septembre 2012.</strong></p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZS12aW4tZXQtbGEtbW9uZGlhbGlzYXRpb24=">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Le Beaujolais Nouveau est arrivé !</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/11/16/104568-le-beaujolais-nouveau-est-arrive</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Nov 2012 06:50:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Beaujolais]]></category>
		<category><![CDATA[Bourgogne]]></category>
		<category><![CDATA[exportations agricoles]]></category>
		<category><![CDATA[réglementation]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

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		<description><![CDATA[Derrière le côté festif de ce Beaujolais traditionnel, si évocateur de l’âme de la France, se camoufle une autre spécialité française, celle des normes et des réglementations.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Derrière le côté festif de ce Beaujolais traditionnel, si évocateur de l’âme de la France, se camoufle une autre spécialité française, celle des normes et des réglementations.</strong><br />
<span id="more-104568"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwNDU3MQ==" rel=\"attachment wp-att-104571\"><img class="aligncenter  wp-image-104571" title="beaujolais-nouveau-paris" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/11/beaujolais-nouveau-paris.jpeg?16fe88" alt="" width="510" height="262" /></a></p>
<p>Hier était le troisième jeudi de novembre, donc l'arrivé du Beaujolais Nouveau. L’engouement des années 1980 pour le breuvage bourguignon est un peu retombé, la faute à des arômes de banane ou de noix de coco trop poussés. Non pas à cause de produits chimiques introduits, ou d’exhausteurs de goût, mais par l’introduction de levures, lors de la fermentation du vin, qui développent ce type d’arômes. On ne se pressera pas dans les bistrots, on ne mangera pas sa charcuterie sur les nappes à carreaux rouges. Depuis quelque temps l’apéro saucisson pinard n’est plus bien vu, lui dont le Beaujolais est le roi. Le discours aseptisé de certains médecins complète à merveille la langue de bois politique : finis les apéros au boulot, et les verres de vin au comptoir. La langue de bois tue le vin, tout comme la gueule de la même essence, ou les copeaux de bois versés dans les barriques.</p>
<p>Alors que reste-t-il du Beaujolais Nouveau ? C’est, malgré tout, une partie de l’identité rurale de la France, le retour à une boisson simple et sans prétention, l’intrusion de la campagne dans les milieux urbains. Le Nouveau, c’est la fête de la fin des vendanges, qui a ponctué des générations de Français, à travers les régions et à travers les siècles.</p>
<p>C’est encore en Île-de-France que l’on consomme le plus de Beaujolais Nouveau, avec 1,3 million de bouteilles en 2011. C’est encore en France que ce vin est le plus bu : 55% des volumes produits. Mais depuis quelque temps le Japon se pique de folie pour ce vin : en 2011 il a acheté pour 47,5% des volumes totaux exportés, mais seulement 18,8% de la valeur. Ce cru quelque peu dénigré chez nous est un des plus connus à l’étranger, avec la triade Bordeaux, Bourgogne, Champagne. Voilà une belle opération marketing de l’interprofession du Beaujolais. Ce jeudi 15 novembre, dans les bars à vin de la planète, on a bu du Beaujolais Nouveau, et non pas de la Napa nouvelle ou de l’Australien nouveau. Beau succès de l’entreprise France.</p>
<p>Le prochain James Bond pourrait d’ailleurs s’inspirer du processus de vente de ce vin, tant la ligne commerciale est sujette à embargo et à maîtrise des flux. Les commandes pour le millésime 2012 ont été passées début août. La mise en circulation des vins dans l’UE n’est possible qu’à partir du 8 octobre, et dès le 26 octobre pour les pays non communautaires. Enfin, la vente n’est autorisée qu’à partir du 15 novembre. Ce processus n’est pas le fruit d’une opération marketing orchestrant l’attente du client et la pénurie, mais de la réglementation française qui interdit de le vendre avant. C’est en 1985 que fut fixé le troisième jeudi de novembre comme jour de vente, auparavant c’était le 15 novembre, quel que soit le jour. Derrière le côté festif de ce Beaujolais traditionnel, si évocateur de l’âme de la France, se camoufle donc une autre spécialité française, qui est celle des normes et des réglementations. Hélas pour les comptes publics, nous n’arrivons pas à les exporter aussi bien que notre vin et nos objets de luxe.</p>
<p>Le Nouveau a permis le renouvellement du Beaujolais dans les années 1970-1980. Avec lui, ce sont des hectolitres de cassis, de framboise et de banane qui se sont vendus dans les bars et les bistrots. Aujourd’hui, le Nouveau est son fardeau. Ces arômes outranciers et galvaudés ont décrédibilisé l’image de la région. Le Beaujolais est perçu comme une appellation trop facile à boire, ou trop artificielle. Quel dommage, car par delà ses mamelons festonnés du mont du Beaujolais, car au-delà de la ville de Beaujeu, se cachent des pépites gourmandes et délicieuses. Arrêtez le Nouveau et rendez-vous du côté de Saint-Amour et de Chiroubles. Le gamay y est enchanteur. Les dix crus du Beaujolais, tous situés au nord, sont des merveilles, à prix imbattables. Depuis quelques années certains vignerons se sont lancés dans le Beaujolais blanc. Encore confidentiel c’est lui aussi une pépite, par sa fraîcheur et son tonus. Le blanc est nouveau, mais c’est un nouveau solide, que l’on a envie de voir se développer et s’installer. La mauvaise image du Beaujolais Nouveau, souvent à juste raison, ne doit pas camoufler la belle tenue de cette région. Mettez-le à votre table, et renvoyez aux calendes les bouteilles de comptoirs.</p>
<p><em>PS : tous les chiffres cités dans cet article sont fournis par l’interprofession du Beaujolais. </em></p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZS1CZWF1am9sYWlzLU5vdXZlYXUtZXN0LWFycml2ZQ==">Sur le web</a>. Article publié initialement dans le magazine <em>Tak</em>.</p>
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		<title>Alimentation : sacrifier des vies pour gagner des votes</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Nov 2012 07:47:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nathalie Elgrably-Lévy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[émissions de CO2]]></category>
		<category><![CDATA[éthanol]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[maïs]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce sont les politiques gouvernementales qui causent l’inflation alimentaire, et non Mère Nature. Le maïs devrait d’abord servir à nourrir ceux qui ont faim et non à faire rouler des véhicules]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce sont les politiques gouvernementales qui causent l’inflation alimentaire, et non Mère Nature. Le maïs devrait d’abord servir à nourrir ceux qui ont faim et non à faire rouler des véhicules</strong><br />
<span id="more-104061"></span><br />
<strong>Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec.</strong><br />
<em>Publié en collaboration avec l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZWRtLm9yZy9mci9l">Institut économique de Montréal</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwNDA2Mw==" rel=\"attachment wp-att-104063\"><img class="alignleft  wp-image-104063" title="maïs" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/11/maïs.jpg?16fe88" alt="" width="308" height="248" /></a>Au Québec comme partout ailleurs dans le monde, les prix des denrées alimentaires sont en hausse et devraient continuer à grimper au cours des mois à venir. Plusieurs organismes internationaux appréhendent le pire, surtout pour les populations défavorisées dans les pays en développement.</p>
<p>La sécheresse qui a frappé les États-Unis l’été dernier, la pire qu’ait connue ce pays depuis les cinquante dernières années, serait en cause. Certes, la perte d’une partie de la production entraîne des hausses de prix. Mais si une partie du problème est d’origine naturelle, l’autre est d’origine humaine.</p>
<p>Dans les faits, l’inflation alimentaire gruge notre pouvoir d’achat depuis plusieurs années déjà. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les divers indices des prix des aliments, qui avaient peu fluctué de 1990 à 2005, enregistrent depuis une croissance exceptionnellement forte, indépendamment des conditions climatiques. En sept ans, l’indice des prix des produits alimentaires a connu une hausse de 84%, l’indice du prix des céréales a augmenté de 152%, et celui du sucre, de 102%.</p>
<p>Que s’est-il donc produit en 2005 ? Il s’avère que c’est l’année où Washington a adopté le <em>Renewable Fuel Standard</em> (RFS), un règlement qui oblige l’ajout d’éthanol dans l’essence, et où il a bonifié les subventions à la production de maïs destinée à la filière des biocarburants. Depuis, une cinquantaine de pays ont emboîté le pas aux Américains. Pour 2012, la production mondiale d’éthanol imposée par les gouvernements devrait atteindre 85,2 milliards de gallons. À eux seuls, les États-Unis produiront 15,2 milliards de gallons, ce qui nécessitera plus de 40% de leur récolte annuelle de maïs.</p>
<p>Or, on ne peut détourner une importante proportion de la production de maïs sans influencer les marchés. D’une part, plus on produit de l’éthanol, moins il reste de maïs pour l’alimentation. D’autre part, plus on subventionne la culture du maïs à des fins de production d’éthanol, plus les fermiers abandonnent les autres cultures maintenant relativement moins rentables. Comme l’affirme Gary Becker (lauréat Nobel d’économie, 1992), ce sont les politiques gouvernementales qui causent l’inflation alimentaire, et non Mère Nature.</p>
<p>On pourrait penser que c’est là le prix à payer pour réduire notre consommation d’énergie fossile et préserver l’environnement… mais ce serait une erreur ! Les études ont montré que, si l’on tient compte de l’énergie nécessaire pour produire le maïs et les fertilisants, transporter les grains, procéder à la distillation etc., l’éthanol ne permet pas de réduire les émissions de CO2. Même les groupes environnementaux qui vantaient jadis l’éthanol ont changé de discours.</p>
<p>Comme il est politiquement rentable de plaire au lobby de l’éthanol, la classe politique continue de présenter ce produit comme la panacée et de subventionner sa production, en dépit de l’inflation alimentaire et des famines que cela provoque dans les sociétés les plus démunies.</p>
<p>Or, sacrifier du maïs pour produire de l’éthanol, c’est sacrifier des vies pour gagner quelques votes. La classe politique a perdu tout sens moral. Ne nous laissons pas entraîner dans cette logique interventionniste aux conséquences funestes. N’oublions jamais que le maïs devrait d’abord servir à nourrir ceux qui ont faim et non à faire rouler des véhicules !</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZWRtLm9yZy9mci80MTQzNS1zYWNyaWZpZXItZGVzLXZpZXMtcG91ci1nYWduZXItZGVzLXZvdGVz">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=104061" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>Les mains de France : Le vignoble de Gigondas</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Oct 2012 08:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[vignerons]]></category>
		<category><![CDATA[vignoble]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA[Les vignerons de Gigondas sont fiers de leurs vins, et ils ont bien raison. Si fiers qu’ils viennent de publier un magnifique ouvrage sur l’appellation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les vignerons de Gigondas sont fiers de leurs vins, et ils ont bien raison. Si fiers qu’ils viennent de publier un magnifique ouvrage sur l’appellation.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-102310"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXMvYmFsYWRlX29lbm9sb2dpcXVlX2dpZ29uZGFz" rel=\"attachment wp-att-102313\"><img class="aligncenter size-full wp-image-102313" title="balade_oenologique_Gigondas" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/balade_oenologique_Gigondas.jpg?16fe88" alt="" width="400" height="300" /></a></p>
<p>Voici une sonate à plusieurs mains, pour des pinces rêches, calleuses, rougies par le jus du raisin. Gigondas n’est pas la plus connue des appellations de Côtes-du-Rhône ; elle vit, ne lui en déplaise, dans l’ombre de Chateauneuf-du-Pape et d’Avignon. Mais c’est une ombre salutaire, car dans ce pays provençal où le soleil est si brûlant, où le vent est si cuisant, l’ombre protège, défend, et assure le développement. Ces mains de France sont celles de vignerons qui cultivent la vigne dans une des plus anciennes régions viticoles de France, dans le long couloir rhodanien, sous la protection, et parfois aussi sous l’attaque, des dentelles de Montmirail. Chaque paysage de vignes est particulier et unique. Ici, c’est la montagne qui ombrage la plaine, pour étendard immaculé. Gigondas est né des Romains, des Gaulois, des évêques, des papes, longtemps situés tout près, et aujourd’hui du goût rafraichi des consommateurs d’outre-Atlantique et d’outre-monde.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjgvMTAyMzEwLWxlcy1tYWlucy1kZS1mcmFuY2UtbGUtdmlnbm9ibGUtZGUtZ2lnb25kYXMvZ2lnb25kYXM=" rel=\"attachment wp-att-102311\"><img class="alignleft  wp-image-102311" title="Gigondas" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/Gigondas.jpg?16fe88" alt="" width="226" height="320" /></a>Les vignerons de Gigondas sont fiers de leurs vins, et ils ont bien raison. Si fiers qu’ils le défendent avec des mots et des photos. L’interprofession des vins de Gigondas vient de publier un magnifique ouvrage sur l’appellation. Un ouvrage de la catégorie « beaux livres » avec des textes touchants et charmants d’amoureux du vignoble, de vignerons, de journalistes du vin, d’historiens. Avec des photos sublimes, de paysages, de ceps, dans la neige, la glace, la chaleur, de vignerons ; avec des photos de mains de vignerons au travail. Cet ouvrage se veut une défense du vignoble, un objet de promotion et, faisant fi de l’objet, il devient une œuvre de référence sur ce que peuvent faire des passionnés pour assurer la défense et la promotion de leur terre. Puissent d’autres appellations, d’autres régions viticoles, prendre exemple sur ce qu’a fait Gigondas.</p>
<p>Dès la superbe couverture, qui propose une vue plongeante sur le village, le lecteur amateur est invité à entrer dans la complexité du terroir, dans l’ardeur du travail des vignerons. Cet ouvrage d’art se veut aussi une somme. Un chapitre est consacré à l’histoire du vignoble, un autre à l’étude presque exhaustive du sol, une troisième à la présentation des domaines. Tout le parcours, et l’on pourrait même dire tout le voyage, est ponctué de photos sublimes, en pleine page ou en double page. C’est un livre qui présente avec justesse le village, sans superlatifs inutiles, sans immodestie exacerbée. C’est un livre que l’on appréciera d’autant plus si on le lit, si on le regarde, un verre de Gigondas à la main. Ainsi les paysages, les mots, peuvent-ils entrer en relation avec les effluves charnels du corps du vin, avec les robes chatoyantes, avec les palettes rythmées du palais. Cet ouvrage est un travail de mains qui rencontrent d’autres mains : des mains vigneronnes qui tendent leurs menottes vers les mains à stylo et les mains à photos.</p>
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<p style="text-align: center;"><strong>Les mains de France</strong></p>
<p><em>Je vous propose cette nouvelle série, qui suivra le cours de mes études d’entreprise et de mes rencontres. Il s’agit d’une série sur « Les mains de France », c’est-à-dire sur l’artisanat, le commerce de bouche, sur les entreprises performantes, qui font la grandeur et la richesse de l’artisanat et de l’économie française. Comme il est courant, en ce moment et en bien d’autres, de ne parler que des entreprises qui ferment, je me propose d’évoquer celles qui réussissent, celles qui se développent, celles qui innovent et investissent.</em></p>
<p><em>Avant les grands principes et les études au sommet, l’économie reste la compréhension des phénomènes locaux, l’analyse des réussites et des échecs des entreprises. Ce sont ces réussites que je vous propose d’étudier. Non pour oublier que la France a de nombreux points faibles, mais pour rappeler qu’elle a aussi de très nombreux points forts. Car nul pays, nul homme, ne peut sortir de l’abîme sans s’appuyer sur ses richesses.</em></p>
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<p>L’alcool, la beauté des lieux, la fête hédoniste peuvent facilement faire oublier que le métier de vigneron est un métier dur. Le climat d’abord, et Gigondas n’y échappe pas. Très chaud l’été, il peut être très froid l’hiver. Le cagnard sait laisser sa place au vent glacial qu’est le mistral. Le climat se joue aussi de la patience : dans cette région méditerranéenne la pluie peut manquer cruellement, et tomber d’un coup, par gros orage, emportant la terre, voire apportant la grêle et la désolation. L’eau est source de vie, elle peut aussi se faire maîtresse de mort. Le vigneron travaille dehors, c’est-à-dire sous le climat. Et il doit aussi être dedans, c’est-à-dire face aux cours du raisin, face au marketing, face au client, face au marché. Il ne suffit pas d’être un très bon cultivateur de raisin, voire même un excellent vinificateur, il faut aussi savoir vendre, savoir se faire connaître, donc savoir se vendre. Le paysan est aussi commerçant. Et il n’est pas toujours simple d’associer les deux.</p>
<p>Il faut supporter la critique, c’est-à-dire supporter la mauvaise critique. Les médailles et les notes perdues, quand le temps passé à la vigne n’a pas été compté, c’est tout autant de ventes perdues aussi. Les mains ne travaillent pas que pour la beauté du geste, mais aussi pour danser sur la caisse et pour remplir les comptes. Le métier de vigneron est un métier dur et pénible. Un beau métier, oui, mais dur et pénible. Quand on déguste un vin, de Gigondas ou d’ailleurs, on pense à la richesse du vignoble, à l’histoire du domaine, on se laisse bercer par l’alcool, par la fête galante, et l’on oublie que derrière cette danse de la dive bouteille se cache parfois aussi le tragique d’un Pierrot aux yeux de phosphore. Il n’y a pas que de la joie à Gigondas, il y a aussi de la sueur, de la peine, de l’angoisse. Le monde viticole français est beau. Il est varié et multiple. Il est conquérant et renommé. Il est aussi frêle et fragile, et soumis à des aléas nombreux et à une concurrence féroce. Au-delà de l’étiquette, au-delà du goût, au-delà des paysages grandioses, se trouvent des artisans passionnés, des mains chevronnées, qui arrachent les pierres, taillent et émondent les ceps, mettent en cuve et en bouteille, arraisonnent les marchés mondiaux. Ce livre débute par de beaux témoignages de cavistes australiens, américains, anglais et français, témoignant ainsi de la renommée internationale du vignoble de Gigondas. Voilà comme la France profite de la mondialisation, quand des amateurs comme Kermit Lynch depuis la Californie ou Ned Goodwin depuis le Japon, boivent et vantent les charmes d’un vignoble français méconnus des Français eux-mêmes. Voilà comme la France profite de la mondialisation, quand des amateurs de Tokyo ou de New York dégustent un vin inconnu de certains amateurs de Paris. Ces mains-là, plongées dans le terroir de Gigondas, nous rappellent que c’est en étant arrimé à ses racines que l’on parvient le mieux à s’exporter au-delà des mers.</p>
<p>- <strong>Collectif, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMzYwNDkwMTI1P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Gigondas, Ses vins, sa terre, ses hommes</em></a>, Bottin Gourmand, 256 pages, 2012.</strong><br />
- <strong>Kermit Lynch, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjI4OTAyODI5P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Mes aventures sur les routes du vin</em></a>, Payot, 343 pages, 2008.</strong></p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9HaWdvbmRhcw==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=102310" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>Lutter contre la faim dans le monde sans OGM&#160;?</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Oct 2012 07:05:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Créteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[faim dans le monde]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans une tribune publiée par Libération, des agronomes et des "spécialistes" affirment que les OGM ne sont pas une solution pour nourrir l'humanité. Vraiment ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans une tribune publiée par <em>Libération</em>, des agronomes et des "spécialistes" affirment que les OGM ne sont pas une solution pour nourrir l'humanité. Vraiment ?</strong><br />
<span id="more-101361"></span><br />
<strong>Par Baptiste Créteur.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMjAvMTAxMzYxLWx1dHRlci1jb250cmUtbGEtZmFpbS1kYW5zLWxlLW1vbmRlLXNhbnMtb2dtL2xhX2ZhaW1fZGFuc19sZV9tb25kZQ==" rel=\"attachment wp-att-101370\"><img class="alignleft  wp-image-101370" title="la_faim_dans_le_monde" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/la_faim_dans_le_monde.jpg?16fe88" alt="" width="288" height="206" /></a>Les débats suscités par une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMjcvOTg1NzItbGV0dWRlLW9nbS1kZS1zZXJhbGluaS1uZS1wYXNzZS1wYXMtbGUtdGVzdC1zdGF0aXN0aXF1ZQ==">étude fallacieuse</a> ravivent les débats sur les OGM comme solution potentielle à la faim dans le monde. Ils sont également <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJlcmF0aW9uLmZyL21vbmRlLzIwMTIvMTAvMTgvbGEtZmFpbS1kYW5zLWxlLW1vbmRlLWFsaWJpLXBvdXItbGUtZGV2ZWxvcHBlbWVudC1kZXMtb2dtXzg1Mzg5Mg==">l'occasion pour des scientifiques de chercher des réponses alternatives à la faim dans le monde</a>, si possible longues et couteuses, pour faire de leur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMTAvMTAwMDY3LW9nbS1ldC1wc2V1ZG8tc2NpZW5jZS11bi1tYXV2YWlzLW1lbGFuZ2U=">rejet des OGM</a> un alibi pour préserver la faim dans le monde.</p>
<p>Pour résumer le point de vue de nos quatre compères, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJlcmF0aW9uLmZyL21vbmRlLzIwMTIvMTAvMTgvbGEtZmFpbS1kYW5zLWxlLW1vbmRlLWFsaWJpLXBvdXItbGUtZGV2ZWxvcHBlbWVudC1kZXMtb2dtXzg1Mzg5Mg==">publié dans une tribune de <em>Libération</em></a>, trois questions sont posées :</p>
<p><em>1. Le problème de la faim dans le monde est-il un problème de production ?</em></p>
<p>Selon eux, non : la production végétale, qui suffirait à nourrir l'humanité, est utilisée pour l'élevage, les biocarburants ou gaspillée. En réalité, c'est un peu simpliste : à l'échelle mondiale, on produit peut-être assez, mais localement, ce n'est pas vrai. On produit beaucoup dans certains pays, et on en profite pour nourrir des animaux qu'on mangera ensuite. Dans les autres, on ne produit pas assez. La faim dans le monde est donc bien un problème de production, ou de répartition de cette production. Mais soyons réalistes : cela coutera plus cher à un paysan africain d'acheter des céréales américaines que de consommer celles qu'il produit.</p>
<p><em>2. Les OGM sont-ils une solution pour produire davantage dans les pays concernés par l’insécurité alimentaire ?</em></p>
<p>Selon eux, non : si les champs des agriculteurs des pays en voie de développement font peine à voir, c'est parce qu'ils n'utilisent pas assez de fertilisants et pesticides : "<em>les rendements obtenus ne sont pas limités par les caractéristiques des espèces et des variétés qu’ils cultivent, mais d’abord par leur faible recours aux fertilisants organiques et minéraux".</em> Mais pour être bien sûr d'apporter une réponse claire, on peut aussi creuser du côté <em>"des synergies qui peuvent exister entre espèces biologiques, au service d’une production économe en fertilisants et pesticides".</em> Donc plus de pesticides et de fertilisants, ou se passer de pesticides et de fertilisants, permettrait de résoudre la faim dans le monde.</p>
<p><em>3. Si des technologies existent déjà pour augmenter les rendements dans ces régions, pourquoi ne sont-elles pas mises en œuvre dès maintenant par les agriculteurs pauvres ?</em></p>
<p>L'explication des "scientifiques" : <em>"Parce qu’ils sont pauvres, justement, et qu’ils ne disposent pas du minimum de moyens pour investir dans la fertilité de leurs sols, dans des aménagements pour mieux tirer parti de l’eau, dans des moyens de stockage plus performants." </em>Voilà comment les OGM sont pourtant une réponse potentielle : ils s'accommodent de sols moins fertiles, requièrent moins d'eau, s'accommodent mieux de la sécheresse, résistent à certaines maladies, champignons et nuisibles, subissent moins les outrages du temps... Les possibilités sont virtuellement infinies, ce qui permettrait d'adapter les cultures aux besoins locaux.</p>
<p>On peut aussi avoir recours à des <em>"variétés de plantes améliorées, mais là encore, d’autres techniques que les OGM sont disponibles. Des variétés améliorées par sélection et/ou hybridation «classiques», qui peuvent être associées à des changements des systèmes de culture, peuvent permettre d’augmenter la production. Bien qu’elle paraisse démodée aux yeux de certains, l’amélioration semencière classique présente un double avantage : elle est plus accessible à la plupart des pays du monde et plus flexible pour adapter les plantes cultivées à la multitude des contextes locaux." </em>Niveau flexibilité, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMTMvOTcxOTAtZXRpcXVldGFnZS1vZ20tb3JnYW5pc21lcy1nZW5ldGlxdWVtZW50LW1vZGlmaWVz">entre des milliers de reproductions et une manipulation génétique</a>, il semblerait que le choix soit vite fait. Mais non : <em>"Rien n’indique donc que nous ayons besoin des OGM pour alimenter le monde. En revanche, nous avons besoin de prendre le temps de la recherche pour en peser les avantages, les inconvénients et les risques, et de poser plus clairement la question des contextes économiques, politiques et sociaux dans lesquels ces nouvelles technologies sont mobilisées."</em></p>
<p>Voilà donc le choix qui se présente aux paysans des pays en voie de développement : d'un côté, investir de l'argent qu'ils n'ont pas dans des fertilisants et pesticides, des projets d'irrigation et des moyens de stockage, en plus de nouvelles semences qu'il faudra un certain temps avant de mettre au point ; de l'autre, des OGM. Mais quand il s'agit des OGM, il faut <em>"prendre le temps de la recherche"</em>, financée si possible par des militants anti-OGM et l’État, pour se prémunir de tous les risques, et <em>poser plus clairement la question des contextes économiques, politiques et sociaux dans lesquels ces nouvelles technologies sont mobilisées.</em> Effectivement, la question mériterait d'être clarifiée…</p>
<p>La décision d'accepter ou refuser la mise en œuvre de technologies dont il n'existe aucune preuve de la nocivité ne vous appartient pas, pas plus qu'elle n'appartient à l'opinion publique ou aux politiques. C'est aux paysans des pays en développement de décider s'ils veulent mourir de faim pendant que vous faites vos petites recherches en laboratoire ou s'ils veulent prendre le risque incommensurable d'adopter une technologie qui ne pose aucun risque connu. Vous pouvez aussi chercher des moyens de financer des projets dispendieux et risqués d'accès à l'eau, aux pesticides et fertilisants partout dans le monde, mais attention : taxer, c'est tricher.</p>
<blockquote><p>Les ennemis de la Révolution Industrielle – ceux qu'elle dérange – étaient de ceux qui ont combattu le progrès humain des siècles durant, par tous les moyens à leur disposition. Au Moyen-Âge, leur arme était la crainte de Dieu. Au 19<sup>ème</sup> siècle, ils invoquaient encore la crainte de Dieu – par exemple, ils étaient opposés à l'anesthésie au motif qu'elle défiait la volonté divine, car Dieu a voulu que les hommes souffrent. Quand cette arme s'est émoussé, ils ont invoqué la volonté de la collectivité, du groupe, de la tribu. Mais dans la mesure où cette arme s'est brisé dans leurs mains, ils sont maintenant réduits, comme des animaux pris au piège, à montrer leurs dents et leurs âmes, et à proclamer que l'homme n'a pas le droit d'exister – par la volonté divine de la matière inanimée.</p>
<p>Demander qu'on "restreigne" la technologie, c'est demander qu'on restreigne l'esprit humain. C'est la nature – id est, la réalité – qui rend ces deux objectifs impossibles à atteindre. La technologie peut être détruite, et l'esprit peut être paralysé, mais aucun des deux ne peut être restreint. Toujours et partout, quand on tente de mettre en œuvre de telles restrictions, c'est l'esprit – pas l'état – qui dépérit."<br />
(Ayn Rand, "Return of the Primitive: The Anti-Industrial Revolution")</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Alimentation : pas de vraie agriculture sans droits de propriété</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Oct 2012 05:40:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Libre Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[agriculteurs]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[droits de propriété]]></category>
		<category><![CDATA[propriété foncière]]></category>
		<category><![CDATA[Zimbabwe]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que le continent africain est très largement doté en terres fertiles et jouit d’un climat approprié pour la culture, il est toujours victime de pénuries.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que le continent africain est très largement doté en terres fertiles et jouit d’un climat approprié pour la culture, il est toujours victime de pénuries.</strong></p>
<p><strong>Par Hillary Kundishora, depuis le Zimbabwe.</strong><span id="more-101263"></span><br />
<em>Publié en collaboration avec <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3VubW9uZGVsaWJyZS5vcmc=">UnMondeLibre</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwMTI2Ng==" rel=\"attachment wp-att-101266\"><img class="wp-image-101266 alignright" title="zimbabwe" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/zimbabwe.jpg?16fe88" alt="" width="306" height="204" /></a>Les crises alimentaires font partie de la longue liste des maux de l’Afrique, entre guerres, maladies et pauvreté extrême. Les pénuries alimentaires actuelles au niveau mondial devraient donner l’opportunité aux décideurs du tiers monde de revoir les modèles de propriété foncière actuellement en vigueur. Cette révision contribuera sans doute enfin à une réelle stratégie économique. Il est en effet temps d’arrêter de ressasser les discours obsolètes selon lesquels les Américains devraient faire le régime pour réduire la consommation alimentaire et ainsi garder de la nourriture pour l’Afrique.</p>
<p>La situation actuelle qui représente un danger pour l’Afrique peut être aussi une opportunité. Alors que notre continent est très largement doté en terres fertiles et jouit d’un climat approprié pour la culture, il est toujours victime de pénuries. Or la sécurité alimentaire devient primordiale du fait de son lien avec la pauvreté, la santé et le développement.</p>
<p>Au Zimbabwe par exemple, même si le système colonial pratiquait un système agraire dualiste qui reposait sur une forme d’apartheid, ce système avait réussi à générer une richesse et à émuler la libre entreprise, ce qui fonctionnait de manière efficace. Le miracle de ce système était fondé sur un régime foncier viable dans lequel - il est vrai - seule une minorité jouissait de droits de propriété. Mais cela avait permis de bâtir une structure productive et financière dynamique qui était le pilier du système colonial.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwMTI2NA==" rel=\"attachment wp-att-101264\"><img class="wp-image-101264 alignleft" title="farmlands_0" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/10/farmlands_0.jpg?16fe88" alt="" width="371" height="291" /></a>Si au cœur de la doctrine des droits de propriété pratiquée par le système colonial résidait une sérieuse discrimination à l’encontre de la majorité noire, ce système permettait néanmoins une propriété individuelle de la terre basée sur des titres de propriété bien définis. Les tribunaux reconnaissaient ces titres et résolvaient les conflits y afférant. Surtout, il était possible d’échanger la terre, comme tout autre bien marchand. Cela avait permis à la population du système colonial de regarder bien au-delà de l’agriculture de subsistance, vers une agriculture commerciale. De même le secteur agricole avait pu s’engager vers des productions plus efficaces mais aussi plus respectueuses de l’environnement. Du fait de ce système foncier bien défini et relativement sûr, les agriculteurs avaient facilement accès à des financements privés locaux et extérieurs.</p>
<p>Les agriculteurs étaient certains de récupérer leurs bénéfices si l’affaire marchait. C’est un facteur – on l’a sans doute oublié – fondamental pour le succès d’une entreprise. Cela permettait aux investisseurs de faire fonctionner et grandir leurs entreprises agricoles sans devoir craindre que l’État n’intervienne pour les déposséder et ré-allouer leurs terres.</p>
<p>Une possible réforme foncière donnerait l’opportunité au Zimbabwe de résoudre le problème des pénuries alimentaires et de bénéficier des retombées des hausses mondiales de prix. Nous sommes aujourd’hui un importateur net de produits alimentaires. C’est donc une différence importante avec il y a encore quelques années lorsque le Zimbabwe était le grenier à grains de l'Afrique australe. Aujourd’hui le Zimbabwe est redevenu une contrée où des terres fertiles se voient assigner une valeur nulle. Du fait d’une banqueroute politique, les autorités n’ont pas voulu reconnaître que le succès du système colonial était très largement dû aux droits de propriété.</p>
<p>Plus généralement en Afrique, il nous faut donc changer de paradigme et regarder au-delà du système communal de propriétés foncières pour aller vers un système de titres fonciers individuels. Cela permettrait à plus d’acteurs privés de la filière agricole – inquiets de la gestion du risque – de prendre part au développement agricole. Cette réforme aurait pour effet une industrialisation basée sur l’agriculture en liant l’industrie alimentaire aux agriculteurs.</p>
<p>Pour que nous puissions réaliser le rêve africain de prendre notre destin en main et de créer des richesses pour nos populations, il nous faut générer de la valeur en retournant la terre à son statut initial de marchandise qui peut être échangeable et transférable.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy51bm1vbmRlbGlicmUub3JnL0t1bmRpc2hvcmFfcHJvcHJpZXRlX2FncmljdWx0dXJlXzE2MTAxMg==">Sur le web</a>.</p>
<p><em>Hillary Kundishora est spécialiste en management stratégique. Cet article est paru originellement sur AfricanExecutive.com. Adaptation par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3VubW9uZGVsaWJyZS5vcmc=">UnMondelibre.org</a>.</em></p>
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