<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Contrepoints &#187; Lecture</title>
	<atom:link href="http://www.contrepoints.org/category/cuturen/lecture/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.contrepoints.org</link>
	<description>Le nivellement par le haut</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 May 2013 12:11:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.4.2</generator>
		<item>
		<title>Interview de Drieu Godefridi pour la sortie du livre Climat : 15 vérités qui dérangent</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/20/124909-interview-de-drieu-godefridi-pour-la-sortie-du-livre-climat-15-verites-qui-derangent</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/20/124909-interview-de-drieu-godefridi-pour-la-sortie-du-livre-climat-15-verites-qui-derangent#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 May 2013 05:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Drieu Godefridi]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124909</guid>
		<description><![CDATA[Contrepoints a interviewé Drieu Godefridi pour la sortie du livre Climat : 15 vérités qui dérangent (sous la dir. scientifique du Pr. Istvan E. Marko, Texquis, 30 mai 2013)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Contrepoints</em> a interviewé Drieu Godefridi pour la sortie du livre <em>Climat : 15 vérités qui dérangent</em> (sous la dir. scientifique du Pr. Istvan E. Marko, Texquis, 30 mai 2013).</strong></p>
<p><strong>Par la rédaction de Contrepoints.</strong><span id="more-124909"></span></p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2RnMTIxMi5qcGc="><img class="alignleft size-medium wp-image-124913" title="Drieu Godefridi" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/dg1212-231x300.jpg?16fe88" alt="" width="231" height="300" /></a>Vous êtes l’un des huit auteurs de « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI5MzA2NTAwNTIvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTI5MzA2NTAwNTImYW1wO2FkaWQ9MTM2SlFNWDBITTJQMldBRE5SQ1cmYW1wOw==" target=\"_blank\">Climat : 15 vérités qui dérangent</a> », un ouvrage qui paraît ces jours-ci. Quel est votre objectif en publiant ce livre ?</strong></p>
<p>Notre objectif est de rouvrir le débat sur le rôle de l’homme dans l’évolution du climat. Depuis vingt ans, le groupe d’experts des Nations unies sur le climat — le GIEC — certifie que la Terre se réchauffe. « Depuis dix-sept ans, la Terre ne se réchauffe pas », vient pourtant de concéder le président du GIEC, au détour d’une interview (<em>The Australian</em>, 22 février 2013). Aucune organisation soumise au principe de réalité ne survivrait à un tel aveu. Imperturbable, le GIEC poursuit ses travaux.</p>
<p><strong>Une étude vient d’être publiée, qui indique que 97% des scientifiques sont convaincus par la thèse du réchauffement anthropique...</strong></p>
<p>Cet échange régulier de statistiques et de pétitions au sein de la communauté scientifique du climat, où l’on se canarde à coup de prix Nobel, en dit long sur l’état du débat. Il existe des centaines de scientifiques de haut niveau qui approuvent, quels que soient leurs motifs, les conclusions du GIEC ; et des milliers qui les rejettent.</p>
<blockquote>
<h1 align="center">Quelle est cette vérité qui a besoin de tant de vilénies ?</h1>
</blockquote>
<p><strong>Conclusion ?</strong></p>
<p>Il faut admettre que la science du climat est balbutiante et que les conclusions définitives relèvent, à ce stade, de l’idéologie. Combien, parmi les modèles du GIEC, avaient prédit l’arrêt du réchauffement que nous connaissons depuis une quinzaine d’années ? Aucun, pas un seul. Et nous parlons pourtant de prédictions à 5 ou 10 ans, dans le même temps que le GIEC vous parle tranquillement du climat qu’il fera dans 100 ans. La modestie s’impose. Quand un débat ne peut être tranché en raison, c’est qu’il manque en fait.</p>
<p><strong>La cinquième vérité de votre livre collectif stipule : « Le GIEC dénigre, calomnie et entrave la liberté d’expression de ceux qui ne partagent pas ses thèses ». Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?</strong></p>
<p>Prenons le cas de la Belgique. Le TECLIM, centre de recherche du vice-président belge du GIEC, ne supporte pas que sa parole soit contestée. Aucune contradiction publique ne peut être portée aux travaux du GIEC, en Belgique, sans que le TECLIM n’intervienne pour disqualifier son auteur. Tous les moyens sont bons pour faire taire les critiques : courrier de dénonciation aux employeurs, délation, pétition contre l’un de leurs collègues au seul motif de son scepticisme (voir la pétition en bas de cet article), « spamming » du secrétariat d’un prof sceptique, intimidation d’un autre pour le dissuader de participer à une conférence, etc. La mise en œuvre de tels procédés, la plupart en fraude de la loi pénale, révèle à la fois le sentiment d’impunité des mandarins du TECLIM, et leur manque de confiance intellectuelle : quelle est cette vérité qui a besoin de tant de vilénies ?</p>
<blockquote>
<h1 align="center">Quand un débat ne peut être tranché en raison, c’est qu’il manque en fait.</h1>
</blockquote>
<p><strong>Y a-t-il d’autres exemples, dans l’histoire, de cette instrumentalisation de la science par le politique ?</strong></p>
<p>Assurément le lysenkisme, qui désigne la soumission, en URSS, de la science biologique à la vision politique que s’en faisaient le savant T.D. Lysenko et ses acolytes. Cette soumission eut pour résultat l’effondrement de la science biologique et de l’agriculture soviétiques. Des dizaines de scientifiques « dissidents » furent écartés de leurs fonctions, au seul motif qu’ils s’étaient opposés à la science officielle. Comme l’explique le biologiste russe Z.A. Medvedev dans son livre <em>The Rise and Fall of T.D. Lysenko</em> (New York, Anchor Books, 1971), il est normal que surgissent en science de fausses théories, qui ne sont que l’autre nom de nouvelles hypothèses, en attente d’être confrontées à l’expérience. Toutefois, pour que de telles théories s’imposent durablement, deux conditions doivent être réunies, poursuit Medvedev : le fanatisme de leurs partisans, et le monopole public dont ils jouissent. Le lysenkisme prospéra tant que dura le soutien d’État dont il bénéficiait. Il en ira de même de la science du GIEC.</p>
<p><strong>Quel conseil donneriez-vous aux scientifiques sceptiques qui hésitent encore à « sortir du bois » ?</strong></p>
<p>De le faire sans attendre, en ne s’abaissant pas aux attaques personnelles, tout en se montrant intransigeants sur le respect de la légalité et des libertés académiques à leur égard.</p>
<p><strong>Votre douzième vérité est la suivante : « La presse ne traite pas de la problématique du réchauffement climatique avec tout le recul critique, l’objectivité et l’impartialité qu’on est en droit d’attendre ». Un exemple ?</strong></p>
<p>Un exemple personnel : après un débat télévisé sur le climat, un caricaturiste était venu me trouver pour m’expliquer à quel point il était consterné par ma prestation. L’avait affligé le fait que j’ose mettre en doute la parole du vice-président du GIEC, qui n’avance pas le plus petit fait qui n’ait été dûment pesé et mesuré. Moi qui ne suis même pas scientifique. Que j’ai pu tenter d’avancer maladroitement quelques arguments relevant de ma compétence éventuelle en épistémologie ne l’intéressait absolument pas : la Science avait parlé, il ne restait qu’à applaudir. De nombreux journalistes sont face à la science comme dans l’expérience de Stanley Milgram : l’apparence de la science suffit à leur faire perdre leurs moyens critiques. Si l’on vous dit que la Terre se réchauffe, puis le contraire, il y a un problème.</p>
<p><strong>Ne craignez-vous pas de subir vous-même des attaques, de la part des partisans du GIEC ?</strong></p>
<p>Inévitablement. Dans son livre sur les « Marchands de doute », l’universitaire américaine Naomi Oreskes explique que les sceptiques sont soit financés par l’industrie, soit en recherche de publicité personnelle, soit des scientifiques âgés, soit des idéologues ultralibéraux, soit dans l’erreur, soit qu’ils ont été façonnés par la Guerre froide, soit qu’ils ont déjà défendu les cigarettiers, etc. Il est difficile pour de ne pas choir dans l’une de ces catégories. Pour ma part, et dans l’attente qu’un chèque d’EXXON ou de la CIA ne me parvienne enfin, ce sera probablement « ultralibéral ».</p>
<p><strong>Votre critique du GIEC est-elle liée à votre « ultralibéralisme » ?</strong></p>
<p>Tout d’abord, je récuse <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVWx0cmFsaWIlQzMlQTlyYWxpc21l" target=\"_blank\">cette étiquette</a>. Je suis un libéral critique, plus proche dans de nombreux domaines des gauches anglo-saxonnes ou scandinaves que de la plupart des droites continentales. De plus, ces considérations sont radicalement étrangères à mon analyse du GIEC, qui procède d’un désir de vérité.</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI5MzA2NTAwNTIvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTI5MzA2NTAwNTImYW1wO2FkaWQ9MTM2SlFNWDBITTJQMldBRE5SQ1cmYW1wOw==" target=\"_blank\">Le livre sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMTgvMTI0NzQ0LXNvcnRpZS1kZS1jbGltYXQtMTUtdmVyaXRlcy1xdWktZGVyYW5nZW50LW1hbGFpc2UtcG91ci1sZXN0YWJsaXNobWVudA==" target=\"_blank\">Présentation du livre sur Contrepoints</a></li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L3DDqXRpdGlvbi0xLmpwZw=="><img class="aligncenter  wp-image-124916" title="pétition 1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/pétition-1.jpg?16fe88" alt="" width="733" height="367" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L3DDqXRpdGlvbi0yLmpwZw=="><img class="aligncenter  wp-image-124917" title="pétition 2" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/pétition-2.jpg?16fe88" alt="" width="754" height="374" /></a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124909" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/20/124909-interview-de-drieu-godefridi-pour-la-sortie-du-livre-climat-15-verites-qui-derangent/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>24</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cahors : le roman du vin noir, de Jean-Charles Chapuzet</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/19/124849-cahors-le-roman-du-vin-noir-de-jean-charles-chapuzet</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/19/124849-cahors-le-roman-du-vin-noir-de-jean-charles-chapuzet#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 May 2013 05:30:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Cahors]]></category>
		<category><![CDATA[oenologie]]></category>
		<category><![CDATA[vin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124849</guid>
		<description><![CDATA[Dans Cahors : le roman du vin noir, Jean-Charles Chapuzet retrace avec talent l'histoire des vins de Cahors.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans <em>Cahors : le roman du vin noir</em>, Jean-Charles Chapuzet retrace avec talent l'histoire des vins de Cahors.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><span id="more-124849"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2NhaG9ycy1sZS1yb21hbi1kdS12aW4tbm9pci5qcGc="><img class="alignleft size-medium wp-image-124850" title="Cahors : Le Roman du vin noir" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/cahors-le-roman-du-vin-noir-300x300.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="300" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIzNTE1NjAyNDgvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIzNTE1NjAyNDgmYW1wO2FkaWQ9MUVOSjVGUlNSNEdRSko1S1k3TkgmYW1wOw==" target=\"_blank\"><em>Cahors : Le roman du vin noir</em></a> présente un nouveau millésime. L’auteur, Jean-Charles Chapuzet, décrit l’histoire du vin de Cahors, de l’antiquité à nos jours, de façon romancée. Le livre respecte la réalité historique, le nom des personnes importantes dans l’histoire du Cahors, il cite des chiffres et des faits marquants de l’histoire de l’appellation. Mais cela est fait dans un style romanesque qui rend la lecture du livre agréable et aisée.</p>
<p>L’auteur s’interroge sur l’origine du vin noir et sa particularité. Il montre comment le vin de Cahors est apprécié depuis longtemps à travers l’Europe, il décrit ses heures de gloire, notamment au début du XIXe siècle, et ses heures de déroute, notamment dans la deuxième partie du vingtième siècle. La lutte avec Bordeaux sert un peu de fil conducteur à cette histoire. Bordeaux qui bloque l’accès des vins de l’arrière-pays à son port, qui impose des taxes et des fûts de plus petite quantité, mais qui achète aussi du Cahors en abondance quand il s’agit de renforcer ses vins, de robe un peu trop claire.</p>
<p>On y découvre aussi le travail de vignerons attentifs au respect de la vigne et des territoires. L’élément central du Cahors reste le Lot. La rivière bâtit les paysages, elle permet le transport des barriques et la venue des capitaux. Le Lot est l’élément invariant de Cahors, quand les cépages ont pu changer, les styles et les goûts se modifier, la terre se transformer. À la lecture de ce livre, on s’aperçoit une nouvelle fois que le vin est plus affaire d’hommes et de clients que de terre. Le terroir s’apparente davantage aux hommes qui peuplent le sol qu’aux roches qui composent le sous-sol.</p>
<p>Cahors fait des émules, notamment avec son malbec. Si le cépage n’est guère plus présent à Bordeaux, on le trouve au large, entre autres en Argentine. Si bien que ce pays revendique à son tour l’appellation vin noir, et que des contacts sont pris entre chaque rive de l’Atlantique pour développer des stratégies commerciales communes.</p>
<p>Notons aussi le beau travail éditorial : l’objet livre est aussi agréable à manier que de belles bouteilles de Cahors à regarder. La couverture souple donne un aspect très attirant au livre, le format est bien choisi, le papier, de couleur ivoire, rend la lecture très aisée. Cela pourra paraître anecdotique, mais avec l’avènement du livre numérique il devient essentiel pour le contenant de proposer un beau support au contenu. Dans la dégustation d’un vin, la forme du verre est essentielle. Dans la lecture d’un ouvrage, la belle réalisation du livre prend aussi une grande importance.</p>
<p>À tous les amateurs de vin, et pas seulement de Cahors, Jean-Charles Chapuzet offre donc un beau voyage à travers les Causses et le Quercy. Un voyage à travers l’histoire du vin, et ici de ce vignoble mythique de Cahors.</p>
<p><iframe style="width: 120px; height: 240px;" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=000000&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=liberauxorg-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as4&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;ref=ss_til&amp;asins=2351560248" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" width="320" height="240"></iframe></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9DYWhvcnMtbGUtcm9tYW4tZHUtdmluLW5vaXI/dXRtX3NvdXJjZT1mZWVkbHk=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124849" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/19/124849-cahors-le-roman-du-vin-noir-de-jean-charles-chapuzet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Sortie de Climat : 15 verités qui dérangent, malaise pour l&#039;establishment</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124744-sortie-de-climat-15-verites-qui-derangent-malaise-pour-lestablishment</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124744-sortie-de-climat-15-verites-qui-derangent-malaise-pour-lestablishment#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 May 2013 06:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[GIEC]]></category>
		<category><![CDATA[Istvan Marko]]></category>
		<category><![CDATA[lobbys]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124744</guid>
		<description><![CDATA[Un nouveau livre choc vient de sortir, rédigé par un collectif sous la direction d'Istvan Marko, qui analyse la nature et le rôle réels du GIEC dans le débat -ou plutôt son absence- sur le rôle de l'homme dans le climat de la Terre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un nouveau livre choc vient de sortir, rédigé par un collectif sous la direction du chimiste Istvan Marko, analysant la nature du GIEC et son influence dans le débat – ou plutôt son absence – sur le rôle de l'homme dans le climat de la Terre.</strong></p>
<p><span id="more-124744"></span></p>
<p>Trouver une information claire, juste et accessible sur le climat, son évolution, et le rôle qu'y jouerait l'homme, relève de la gageure.</p>
<p><a href="www.amazon.fr/Climat-15-vérités-qui-dérangent/dp/2930650052"><img class="alignleft size-full wp-image-124758" title="climat : 15 vérités qui dérangent" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/climat-15-vérités-qui-dérangent.jpg?16fe88" alt="climat : 15 vérités qui dérangent" width="300" height="300" /></a>Une raison en est que trop peu d'attention est accordée à ce qu'est le GIEC. À survoler la presse et les médias, et leur traitement des nouvelles sur ce "groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat", on pourrait facilement le prendre pour une organisation scientifique. Est-ce bien le cas ?</p>
<p>De fait, non. De par ses structures et sa composition, et comme son nom, d'ailleurs, ne le cache pas, il s'agit bien d'une organisation politique.</p>
<p>Pour mettre à jour sa vraie nature, son influence et ses interactions avec l'ensemble des individus et institution vivant des questions climatiques, un collectif sous la direction d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTIvMTAvNTk3NjItZWNoZWMtZHUtc29tbWV0LWNsaW1hdGlxdWUtZGUtZHVyYmFuLWludGVydmlldy1leGNsdXNpdmUtZHUtY2hpbWlzdGUtaXN0dmFuLW1hcmtv">Istvan Marko</a> a pris sur lui, malgré l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMTkvMTA0ODc0LWNsaW1hdG9sb2dpZS1jb21tZW50LWxlLWdpZWMtc29yZ2FuaXNlLXBvdXItZXRvdWZmZXItbGVzLW9waW5pb25zLXNjZXB0aXF1ZXM=">atmosphère hostile</a> à la discussion et au débat sur ce sujet, d'asséner 15 vérités qui dérangent, sur la nature du GIEC, sur les rapports "scientifiques" qu'il publie, et leur réception.</p>
<p>On y apprendra que le GIEC est comme un astre autour duquel gravitent de façon désintéressée ou non, universités, entreprises, dont certaines des plus grandes multinationales du monde, États, ONGs – souvent appelées ainsi en dépit de fortes subventions publiques, médias, instituts et partis politiques.</p>
<p>Les relations, mutuellement fertilisantes, entre le soleil GIEC et ses satellites sont minutieusement décortiquées par les auteurs.</p>
<p>Cet ouvrage s'annonce décidément aussi fracassant que passionnant et <em>Contrepoints</em>, toujours soucieux d'information sur ce sujet, ne manquera pas de vous en donner la primeur dans les jours qui viennent.</p>
<p>----<br />
Climat, 15 vérités qui dérangent - sortie le 30 mai<br />
274 pages<br />
Disponible sur <a href="www.amazon.fr/Climat-15-vérités-qui-dérangent/dp/2930650052" target=\"_blank\">Amazon.fr</a> pour 23.75€</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124744" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124744-sortie-de-climat-15-verites-qui-derangent-malaise-pour-lestablishment/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>47</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vive la protection sociale, de Bertrand Fragonard</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124793-vive-la-protection-sociale-de-bertrand-fragonard</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124793-vive-la-protection-sociale-de-bertrand-fragonard#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 May 2013 05:45:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Bichot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Social]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Fragonard]]></category>
		<category><![CDATA[protection sociale]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité sociale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124793</guid>
		<description><![CDATA[Dans Vive la protection sociale, ﻿Bertrand Fragonard livre un ouvrage décevant qui montre surtout pourquoi la France traîne le boulet d’un État providence archaïque.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans <em>Vive la protection sociale, </em>Bertrand Fragonard livre un ouvrage décevant qui montre surtout pourquoi la France traîne le boulet d’un État-providence archaïque.</strong></p>
<p><strong>Par Jacques Bichot.</strong><span id="more-124793"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L1ZpdmUtbGEtcHJvdGVjdGlvbi1zb2NpYWxlLmpwZw=="><img class="alignleft size-full wp-image-124795" title="Vive la protection sociale" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Vive-la-protection-sociale.jpg?16fe88" alt="" width="150" height="222" /></a>La quatrième de couverture de <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI3MzgxMjc4MTkvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGVibG9naGFycnlwby0yMSZhbXA7Y2FtcD0yOTEwJmFtcDtjcmVhdGl2ZT0xOTQ4MiZhbXA7bGlua0NvZGU9YXM0JmFtcDtjcmVhdGl2ZUFTSU49MjczODEyNzgxOSZhbXA7YWRpZD0wMVJYVkdHMkRHNjdROFZHWFFOTSZhbXA7" target=\"_blank\">Vive la protection sociale</a></em> présente Bertrand Fragonard comme « l’un des meilleurs experts de la protection sociale ». Il y est précisé que « pendant près de quarante ans, il a conseillé les ministres qui en avaient la charge (…) et géré ses principales institutions ». Il y est rappelé que ce conseiller à la Cour des comptes est Président du Haut conseil de la famille et qu’il a présidé durant 6 ans le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie. Le lecteur s’attend donc à un ouvrage de grande qualité. Las ! Sa lecture nous éclaire plutôt sur les raisons pour lesquelles la France traîne le boulet d’un État providence archaïque : les princes qui nous gouvernent ne se sont pas forcément entourés de conseillers à la hauteur !</p>
<p>Bien entendu, Bertrand Fragonard ne souscrirait pas à l’usage de l’adjectif « archaïque » pour qualifier notre système de protection sociale. Dès l’introduction, nous sommes prévenus : « La ligne directrice que je défends, c’est que notre protection sociale est cohérente, intelligemment pensée et plutôt équitable ». Pour convaincre le lecteur, l’ouvrage « vise à la faire mieux connaître et, pour cela, il en appelle à la rigueur d’analyse et à la description objective ». Programme séduisant. Mais est-il suivi ?</p>
<p><strong>Des affirmations peu  fiables</strong></p>
<p>Question description objective, regardons pages 104 à 108 la section intitulée « La situation des femmes à l’âge de la retraite ». Le Président du Haut conseil de la famille devrait normalement pouvoir décrire sans erreur grossière « les majorations des retraites des parents qui ont élevé au moins trois enfants ». Or on lit sous sa plume que « dans le régime général, la majoration est de 10 % pour trois enfants élevés et 5% par enfant supplémentaire », alors que dans ce régime elle est de 10 % quel que soit le nombre d’enfants supérieur ou égal à trois. En revanche la progression en fonction du nombre d’enfants (qui s’arrête d’ailleurs à sept) est en vigueur dans le régime des fonctionnaires. Ce qui, soit dit en passant, signifie qu’un fonctionnaire père ou mère de 7 enfants bénéficie d’une majoration de 30 %, alors qu’un salarié du privé, ayant également 7 enfants, n’a que 10 % de majoration sur sa retraite du régime général, soit trois fois moins. Et sur sa retraite ARRCO, exception faite des points acquis depuis la réforme de 2011, cette personne n’a droit qu’à une majoration de 5 %. De quoi jeter un léger doute sur l’affirmation de B. Fragonard selon laquelle « il n’y a pas d’inégalité majeure entre régimes ». Et quand il affirme également, en parlant de l’ensemble des régimes : « Les caractéristiques de la majoration sont simples : l’aide croît avec la taille ; elle est mise en œuvre dans les régimes de base comme dans les régimes complémentaires », le lecteur croit rêver : en réalité il n’y a pas de croissance du taux de majoration en fonction du nombre d’enfants pour les salariés non cadres du secteur privé, c’est-à-dire pour la majorité des assurés sociaux. De plus, les accords de 2011 suppriment pour l’avenir cette croissance de la majoration avec le nombre d’enfants pour ceux des salariés du privé qui en bénéficiaient, à savoir les cadres.</p>
<p>Jetons maintenant un coup d’œil sur la description du financement de ces majorations de pension pour famille nombreuse. L’auteur affirme : « Le financement de ces majorations est assuré par les régimes eux-mêmes ». Pour l’assurance vieillesse du régime général, de très loin le plus important, c’est faux : des lois de financement de la sécurité sociale successives ont mis progressivement des pourcentages croissants du coût de ces majorations à la charge  de la branche famille, et désormais ce pourcentage est égal à 100 %.</p>
<p><strong>Une analyse un peu courte : deux exemples</strong></p>
<p>1/ Page 158, on lit qu’il existe des « zones à très forte densité médicale dans lesquelles les professionnels [médecins] libéraux sont en forte concurrence », et que « les conséquences de telles situations sont d’une part (…) et d’autre part une propension à développer les dépassements d’honoraires. » Or les manuels d’économie enseignent qu’en général la concurrence est un facteur de baisse des prix. Si les médecins font exception à la règle, si pour eux il se passe exactement l’inverse de ce qui se passe en général, voilà quelque chose d’intéressant, qui mériterait une explication !</p>
<p>2/ Le chapitre sur les retraites comporte une section intitulée « un principe souple de proportionnalité entre cotisations et retraites ». Mais il n’aborde pas, ni dans cette section ni ailleurs, le problème posé par ce lien entre cotisations et retraites, qui est le problème essentiel des retraites par répartition. À cause de ce lien dépourvu de justification économique, beaucoup d’économistes américains expliquent que les retraites par répartition constituent un système de Ponzi, autrement dit une escroquerie digne de Bernard Madoff. La <em>Social Security</em> américaine (la retraite par répartition aux États-Unis) prend cette analyse au sérieux au point qu’elle essaye de la réfuter sur son site. En France, déjà dans les années 1960 Alfred Sauvy expliquait que nous ne préparons pas nos retraites par nos cotisations, mais par nos enfants. Comment peut-on faire l’impasse sur ce problème crucial du fonctionnement réel de la retraite par répartition dans un ouvrage qui « en appelle à la rigueur d’analyse » ?</p>
<p><strong>Un bon diagnostic pour les frais de gestion</strong></p>
<p>Une section montre comment la superposition des dispositifs pour réaliser un même objectif renchérit le coût de la gestion : devoir cumuler plusieurs régimes de retraite pour arriver à un revenu de remplacement correct, ainsi que l’assurance maladie et une complémentaire pour la prise en charge des soins, « c’est superposer les frais de gestion ». B. Fragonard en déduit que « seules des réformes systémiques pourraient conduire à de fortes économies : l’intégration des régimes de retraite dans un régime unique, la suppression des copaiements en assurance maladie. » Le bon sens a parlé. Resterait à proposer des pistes pour réaliser ces réformes systémiques auxquelles aucun gouvernement ne s’est encore attaqué.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124793" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/18/124793-vive-la-protection-sociale-de-bertrand-fragonard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/17/124629-le-petit-dictionnaire-incorrect-mais-vaillamment-illustre</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/17/124629-le-petit-dictionnaire-incorrect-mais-vaillamment-illustre#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 May 2013 08:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>h16</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[dictionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[H16]]></category>
		<category><![CDATA[Les Belles Lettres]]></category>
		<category><![CDATA[néologisme]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Vitri]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124629</guid>
		<description><![CDATA[Pour comprendre les politiciens de nos jours il faut un lexique : Le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré est paru !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour bien comprendre les médias et les politiciens, de nos jours, il faut un lexique affûté. C'est l'objet que s'est fixé Le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré paru chez Les Belles Lettres.</strong></p>
<p><strong>Par h16.</strong><br />
<span id="more-124629"></span></p>
<p>Le 16 mai, le président Hollande aura décidé d'achever les Français en les anesthésiant définitivement dans une conférence de presse dormitive, après avoir enfilé l'an I de son quinquennat avec la vigueur d'un boxeur alcoolique en fin de match. Seul l'individu armé d'un nécessaire outil de décodage aura compris l'épaisse langue de bois dont aura usé le chef de l'Etat. Et c'est de cet outil que je veux vous faire profiter maintenant.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyNTEzOTAzMzIvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyNTEzOTAzMzImYW1wO2FkaWQ9MDk3UlZOOFhLSEZRQ05FUFExWkcmYW1wOw==" target=\"_blank\"><img class="aligncenter wp-image-23597" src="http://h16free.com/wp-content/uploads/2013/05/petit-dico.gif" alt="Le petit dico" width="550" height="68" /></a></p>
<p>En effet, pendant cette longue année de démission présidentielle complète, j'ai rassemblé quelques énergies dans un nouvel ouvrage qui vient de paraître. Grâce à l'immense travail de mon ami <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly90d2l0dGVyLmNvbS9PbGl2aWVyVml0cmk=" target=\"_blank\">Olivier Vitri</a>, qui m'aura épaulé pour illustrer et mettre en forme cette réalisation, nous avons pu aboutir à ce résultat indispensable à tout lecteur lucide qui veut enfin comprendre quelque chose au charabia politique actuel.</p>
<p>Eh oui : il faut bien le dire, la France s'est installée dans une nouvelle dynamique, et ce changement, ce n'est vraiment pas du flan ! Tout d'un coup, avec les difficultés qui s'accumulent, les choses s'emballent et les discours se bousculent, et ce d'autant plus qu'un capitaine de pédalo n'est pas toujours un communicant hors pair (les journalistes, nombreux, tombés au champ d'honneur le jeudi 16 mai en soirée en savent quelque chose). Pour l'individu lambda, noyé dans une information au ratio signal/bruit toujours plus faible, il faut une grande expérience pour percevoir toutes les finesses du sabir des politiciens et des médias, dont la langue de bois rugit à pleine puissance.</p>
<p>Entre paronymes, néologismes et antonomases, <strong>le Petit Dictionnaire Politiquement Incorrect et Vaillamment Illustré</strong> agrège quelques mots plutôt pimentés qui permettront de décrypter la parole politicienne et les joutes verbales du petit monde politico-médiatique français. Il est aussi destiné à tous ceux qui se sont vu, jadis, reprocher leurs termes peu amènes ou qui auront, un jour, à manier la fine métaphore pour éviter les foudres du qu'en dira-t-on consensuel.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2gxNmZyZWUuY29tL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2Fic3VyZGlzdGFuLmpwZw=="><img class="aligncenter size-medium wp-image-23619" src="http://h16free.com/wp-content/uploads/2013/05/absurdistan-300x109.jpg" alt="absurdistan" width="300" height="109" /></a></p>
<p>Ce Petit Dictionnaire s'étale sur 166 pages de bonheur en quadrichromie, en passant en revue les définitions d'Absurdistan à Zoocialiste, et vous procure un ensemble de mots-clefs faciles à replacer dans une conversation de haute tenue ; ce glossaire a l’ambition de devenir l’allié lexical de vos dîners mondains, débats politiques, discours d'investiture et de tout article journalistique anti-polémique. Car oui, il faut comprendre qu'avec ce dictionnaire, le but est ici d'appeler un chat un lolcat, puisque dans ce monde mettre des étiquettes et décrire ce qu'on voit est maintenant pénalisé, criminalisé, et que toute prise de parole publique, répétée à l'envi sur tous les réseaux, se doit d'être encadrée, policée et égalisée comme une frange farouche chez un capillicuteur bio-cosméticien.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2gxNmZyZWUuY29tL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L3pvb2NpYWxpc21lLmpwZw=="><img class="aligncenter size-medium wp-image-23618" src="http://h16free.com/wp-content/uploads/2013/05/zoocialisme-300x109.jpg" alt="zoocialisme" width="300" height="109" /></a></p>
<p>On le comprend : détenir un tel ouvrage n'est pas du domaine du loisir, mais bien de la survie. C'est d'ailleurs la raison principale qui aura vu sa production optimisée dans les moindres détails pour vous permettre, à tous, de détenir le Graal de la connaissance xyloglotte à un prix absolument ridicule, dans des conditions de luxe inouï et d'un démocratisme qui frise l'affront devant toutes ces autres productions coûteuses mais sans intérêt (et qui ne déclenchent, au mieux, qu'un sentiment de vacuité au niveau du portefeuille) - et non, je ne me moquerai pas à nouveau de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2gxNmZyZWUuY29tLzIwMTMvMDUvMDYvMjMyMjQtZHJhbWUtdW4tam91cm5hbGlzdGUtZGVjb3V2cmUtbGUtbW9uZGUtZHUtdHJhdmFpbA==" target=\"_blank\">l'ouvrage du pauvre Jean-Baptise Malet</a> qui, au moins, fait rire.</p>
<p>Bien évidemment, c'est à vous que je fais confiance, chers lecteurs habitués, pour relayer la nouvelle : le pouvoir en place fera tout, soyez-en sûr, pour empêcher la diffusion de ce décodeur ultime de leur langage cryptique ! Vous aussi, n'ayez plus peur de faire claquer les mots-valises au repas dominical pour fermer, enfin, le clapet d'une belle-mère irascible et confuse ! Achetez pour vous avant que Le Petit Dictionnaire Incorrect Mais Vaillamment Illustré soit saisi ! Achetez-le pour les autres, offrez-le et subvertissez autour de vous ! Ne vous laissez plus faire ! Le xyloglotte nouveau est arrivé et il est bien parti pour rester.</p>
<p>Vous le trouverez chez <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZXNiZWxsZXNsZXR0cmVzLmNvbS9saXZyZS8/R0NPST0yMjUxMDEwMDE5NjcxMA==" target=\"_blank\">Les Belles Lettres</a> et dans la plupart des libraires encore dignes de ce nom. Et pour faire bonne mesure, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyNTEzOTAzMzIvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyNTEzOTAzMzImYW1wO2FkaWQ9MDk3UlZOOFhLSEZRQ05FUFExWkcmYW1wOw==" target=\"_blank\">chez Amazon</a>, bien sûr.</p>
<h1>Le Petit dictionnaire incorrect mais vaillamment illustré</h1>
<p>- H16 &amp; Olivier Vitri<br />
- Broché, 166 pages<br />
- 16.62€<br />
- <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZXNiZWxsZXNsZXR0cmVzLmNvbS9saXZyZS8/R0NPST0yMjUxMDEwMDE5NjcxMA==">Les Belles Lettres</a><br />
- <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyNTEzOTAzMzIvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyNTEzOTAzMzImYW1wO2FkaWQ9MDk3UlZOOFhLSEZRQ05FUFExWkcmYW1wOw==" target=\"_blank\">Amazon</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124629" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/17/124629-le-petit-dictionnaire-incorrect-mais-vaillamment-illustre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/16/124537-configuration-du-dernier-rivage-de-michel-houellebecq</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/16/124537-configuration-du-dernier-rivage-de-michel-houellebecq#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 May 2013 05:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Houellebecq]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124537</guid>
		<description><![CDATA[Le dernier livre de Michel Houellebecq est un recueil inattendu de poèmes inédits.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le dernier livre de Michel Houellebecq est un recueil inattendu de poèmes inédits. Une centaine, regroupés en cinq parties.</strong></p>
<p><strong>Par Francis Richard.</strong><br />
<span id="more-124537"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDUzOA==" rel=\"attachment wp-att-124538\"><img class="aligncenter  wp-image-124538" title="Houellebecq" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Houellebecq.jpeg?16fe88" alt="" width="510" height="262" /></a></p>
<p>Dans ce recueil, Michel Houellebecq dit en vers ce qu'il dit d'habitude en prose. Et ce n'est pas triste, enfin, façon de parler, parce que c'est tout de même Houellebecq qui parle et que le dernier rivage du titre est celui de la mort qui se profile.</p>
<p>On sait que ce misanthrope de Houellebecq ne croit en rien, qu'il habite l'absence et que son "chemin se résume à une étendue grise". On sait que, pour cet ours, "rien ne subsiste après la mort", qu'il ne veut pas trop savoir si des réincarnations seraient possibles.</p>
<p>Pourtant il est une chose qui lui reste, l'amour :  "La sentimentalité améliore l'homme, même quand elle est malheureuse. Mais, dans ce dernier cas, elle l'améliore en le tuant."</p>
<p>Il crève. Il s'achemine vers la fin de partie, surpris d'être poussé, par une force improbable, à continuer, alors qu'à l'évidence il diminue :</p>
<blockquote><p>C'est la face B de l'existence,<br />
Sans plaisir et sans vraie souffrance<br />
Autre que celles dues à l'usure,<br />
Toute vie est une sépulture</p>
<p>Tout futur est nécrologique<br />
Il n'y a que le passé qui blesse,<br />
Le temps du rêve et de l'ivresse,<br />
La vie n'a rien d'énigmatique.</p></blockquote>
<p>Il ne se fait guère d'illusions sur les hommes et leur virilité, en connaissance de cause puisqu'il aimait "beaucoup le cul des filles" et qu'au fond il n'aimait guère que ça :</p>
<blockquote><p>Quand on ne bande plus, tout perd peu à peu de son importance ;<br />
Tout devient peu à peu optionnel.<br />
Demeure un vide orné, empuanti de plaies et de souffrances<br />
Qui affligent le corps. Le monde est d'un seul coup plus réel.</p></blockquote>
<p>Mais avant de mourir il a toujours su qu'il connaîtrait l'amour avec un "tendre animal aux seins troublants" :</p>
<blockquote><p>Lorsqu'il faudra quitter ce monde<br />
Fais que ce soit en ta présence<br />
Fais qu'en mes ultimes secondes<br />
Je te regarde avec confiance.</p></blockquote>
<p>En dehors de cette inconnue, il y a Joséphine à la peau couleur du miel, Delphine aux sentiments pudiques, Lise qui le rend heureux rien que de penser à elle...</p>
<p>La vie du poète, "sorte de résidu perceptif", se poursuivra à Alicante :</p>
<blockquote><p>Quelques années encore<br />
En compagnie de mon petit chien<br />
Et des joies (de plus en plus brèves)<br />
Et de l'augmentation régulière des souffrances<br />
En ces années qui précèdent immédiatement la mort.</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDUzOQ==" rel=\"attachment wp-att-124539\"><img class="alignright size-full wp-image-124539" title="Dernier-rivage-HOUELLEBECQ" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Dernier-rivage-HOUELLEBECQ.jpg?16fe88" alt="" width="190" height="298" /></a>Peut-être aurait-il dû se marier, avoir des gosses ou quelque chose : "Les chiens ont beau être gentils, un chien reste un chien."...</p>
<p>La <strong><em>Configuration du dernier rivage</em></strong> est donc rien moins que joyeuse. Pourtant elle n'est pas vraiment morose. Sans doute l'art poétique opère-t-il cette transfiguration. Car la musique des mots rend supportable bien des pensées lucides et Michel Houellebecq connaît indéniablement cette musique-là.</p>
<p>La plupart des poèmes de son recueil sont écrits en vers, qui pourraient passer pour classiques si le poète ne s'accordait pas quelque licence avec leur longueur et, surtout, avec leurs rimes, dont les consonances n'empêchent pas, parfois, le mélange des genres, féminin et masculin.</p>
<p>Mais cela a-t-il de l'importance, puisque la magie poétique est là, puisque ce poète désabusé, attendant la mort avec résignation, entrevoit, toutefois, grâce à l'amour, la possibilité d'une île ?</p>
<p><strong>• Michel Houellebecq,<em> </em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDgxMzAzMTY3P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Configuration du dernier rivage</em></a>, Flammarion, avril 2013, 104 pages.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mcmFuY2lzcmljaGFyZC5uZXQvYXJ0aWNsZS1jb25maWd1cmF0aW9uLWR1LWRlcm5pZXItcml2YWdlLWRlLW1pY2hlbC1ob3VlbGxlYmVjcS0xMTc3Njc2OTYuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124537" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/16/124537-configuration-du-dernier-rivage-de-michel-houellebecq/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La mondialisation de l’inégalité</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/15/124403-la-mondialisation-de-linegalite</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/15/124403-la-mondialisation-de-linegalite#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 15 May 2013 04:41:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[faire payer les riches]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[mondialisation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124403</guid>
		<description><![CDATA[Avec un titre sous forme de conclusion, François Bourguignon reprend la plupart des clichés à la mode sur les inégalités. Et si les réalités (et les solutions) étaient bien différentes ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avec un titre sous forme de conclusion, François Bourguignon reprend la plupart des clichés à la mode sur les inégalités. Et si les réalités (et les solutions) étaient bien différentes ?</strong></p>
<p><strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><span id="more-124403"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDQwNA==" rel=\"attachment wp-att-124404\"><img class="alignleft  wp-image-124404" title="050313_bourguignon_inegalite" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/050313_bourguignon_inegalite.jpg?16fe88" alt="" width="241" height="356" /></a>Ancien économiste de la Banque Mondiale, François Bourguignon apparaît comme le « spécialiste » des inégalités dans le monde. Son essai fait le tour du sujet mais n’apporte pas des réponses originales. Oui, il a raison de faire la différence entre les inégalités au sein d’un pays et celles d’un pays à l’autre. Il existe des inégalités entre les Américains mais on ne peut pas les comparer avec celles entre un Américain et un Somalien. L’auteur reconnaît aussi que le monde s’est enrichi, surtout depuis les années 1990. L’Inde et la Chine sont beaucoup plus riches qu’il y a 30 ans. La mondialisation a eu donc des effets bénéfiques. Néanmoins, il conclue à l’aggravation des inégalités depuis environ 30 ans. Et la mondialisation en est responsable. Au sein des pays, le phénomène inégalitaire se serait accru comme aux États-Unis. Et l’auteur de citer – inévitablement – les études des Thomas Piketty. Pour Bourguignon, « nos sociétés seraient de plus en plus inégalitaires et il faut corriger les injustices sociales ». Il faut « combattre la mondialisation des inégalités ». Vaste programme qui sent la hausse des impôts (même si l’auteur sait qu’elle peut avoir des effets néfastes sur l’économie) et du nombre de fonctionnaires, le clientélisme électoral et la redistribution aveugle. Cette politique interventionniste risque d’être faussée par la concurrence internationale. Bourguignon a la solution : il faut une « concertation internationale en matière de politiques redistributives ». Ça sent le gouvernement mondial…</p>
<p>Et si la réalité était différente ? D’abord, le monde s’est considérablement enrichi ces 20 dernières années. L’Amérique latine, l’Asie ont connu un développement économique impressionnant grâce à la mondialisation. En fait, les pays à la traîne sont surtout les pays qui ont fermé la porte à la mondialisation : la Corée du Nord, Cuba, la Bolivie, plusieurs pays africains… À moins d’être de (très) mauvaise foi, il est faux de dire que la mondialisation a accentué les inégalités. Elle a, au contraire, rendu les pays encore plus riches. Regardons les chiffres. Au début du XXe siècle, la différence moyenne entre les revenus les plus bas et les revenus les plus élevés étaient de 300. À la fin des années 2000, cette différence est de 50. C’est encore beaucoup mais c’est 6 fois moins qu’il y a un siècle. Il est vrai qu’il existe des salaires mirobolants comme ceux de certains footballeurs mais ce sont des exceptions. Oui, il existe des milliardaires. Mais il faudrait plus de Bill Gates et plus de Steve Jobs pour que les autres s’enrichissent et non pas l’inverse. Le système le plus « juste » c’est celui dans lequel les pauvres peuvent devenir riches et non pas l’inverse. Si les 1% des plus riches détiennent une très grosse fortune c’est qu’ils ont réussi. Et il faut rajouter que ces 1% payent 70% du total de l’impôt sur le revenu. Oui, on peut considérer que certaines inégalités se sont creusées, beaucoup plus dans des pays en développement rapide comme la Chine. Mais c’est aussi parce que les gens peuvent s’enrichir plus vite grâce aux opportunités économiques.</p>
<p>L’arme la plus efficace contre les inégalités n’est pas la redistribution mais la possibilité de s’enrichir. Les États-Unis montrent l’exemple. Dans le classement des milliardaires actuels, seulement 24% y figuraient en 1987. Le reste ce sont des entrepreneurs qui ont réussi et cela montre que la mobilité sociale est extrêmement importante car ça change tous les ans. C’est pareil pour les classes moyennes. La part des individus appartenant à la classe moyenne n’a cessé d’augmenter. La lutte contre les inégalités est devenue un véritable fonds de commerce qui ne tient pas compte des réalités économiques. Réduire les inégalités c’est d’abord offrir les opportunités pour réussir.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8yMzctbGEtbW9uZGlhbGlzYXRpb24tZGUtbGluZWdhbGl0ZS5odG1s">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124403" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/15/124403-la-mondialisation-de-linegalite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le chômage est-il une &quot;course contre les machines&quot; ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/13/124165-le-chomage-est-il-une-course-contre-les-machines</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/13/124165-le-chomage-est-il-une-course-contre-les-machines#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 May 2013 05:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Le Minarchiste</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[machines]]></category>
		<category><![CDATA[robots]]></category>
		<category><![CDATA[Technologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=124165</guid>
		<description><![CDATA[Quelle rôle la technologie joue-t-elle dans le chômage ? Progresse-t-elle trop lentement ? Trop Vite  ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel rôle la technologie joue-t-elle dans le chômage ? Progresse-t-elle trop lentement ? Trop vite  ?</strong></p>
<p><strong>Un article du Minarchiste, depuis Montréal, Canada.</strong><span id="more-124165"></span></p>
<p><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMTMvMTI0MTY1LWxlLWNob21hZ2UtZXN0LWlsLXVuZS1jb3Vyc2UtY29udHJlLWxlcy1tYWNoaW5lcy9yYWNlYWdhaW5zdHRoZW1hY2hpbmU=" rel=\"attachment wp-att-124245\"><img class="alignleft size-full wp-image-124245" title="raceagainstthemachine" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/raceagainstthemachine.jpg?16fe88" alt="" width="201" height="300" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwL0IwMDVXVFI0WkkvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPUIwMDVXVFI0WkkmYW1wO2FkaWQ9MFhRMVNRWThORUhaUks1OUY4WkEmYW1wOw==" target=\"_blank\">Race Against The Machine: How the Digital Revolution is Accelerating Innovation, Driving Productivity, and Irreversibly Transforming Employment and the Economy</a>, Erik Brynjolfsson and Andrew McAfee.</em></p>
<p>Pour les « stagnationnistes » comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9UaGVfR3JlYXRfU3RhZ25hdGlvbg==">Tyler Cowen</a>, le revenu médian des ménages américains a cessé de croître en raison d’un ralentissement de l’innovation technologique. Pour Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, les auteurs de <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3JhY2VhZ2FpbnN0dGhlbWFjaGluZS5jb20v">Race Against the Machine</a></em>, c’est plutôt en raison <strong>d’une accélération de l’innovation,</strong> à un rythme que bon nombre de travailleurs ne sont pas capables de suivre. Selon l’économiste <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9KZXJlbXlfUmlma2lu">Jeremy Rifkin</a>, nous serions présentement dans une phase de l’histoire de l’humanité dans laquelle de moins en moins de travailleurs seront nécessaires à la production de biens et services. En fait, la croissance de la productivité aux États-Unis a été de 2,5% en moyenne durant les années 2000, ce qui est plus élevé que dans les années 1970, 1980 et même 1990 : rien à voir avec une stagnation de l’innovation. Cependant, les années 2000 furent la première décennies depuis celle de la Grande Dépression où aucune création nette d’emploi ne fut observée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/malemedianincome.png?w=500&amp;h=363" alt="MaleMedianIncome" width="500" height="363" /></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS9wcm9kdWN0aXZpdHktYnktZGVjYWRlLmpwZw=="><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/productivity-by-decade.jpg?w=500&amp;h=341" alt="productivity-by-decade" width="500" height="341" /></a></p>
<p>Pas de création nette d’emploi aux États-Unis entre 2000 et 2010 :</p>
<p><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/us-lost-decade.jpg?w=500&amp;h=259" alt="US lost decade" width="500" height="259" /></p>
<p>Cela ne signifie pas que l’humain est devenu obsolète. Au contraire, certaines compétences humaines sont devenues plus demandées que jamais. Cependant, d’autres compétences ont perdu beaucoup de valeur alors que certaines sont devenues inutiles. Cela fait en sorte que certaines personnes considérées comme compétentes par le passé ont dorénavant bien peu à offrir aux employeurs. Le progrès technologique a créé énormément de richesse, mais une portion de la population y a plutôt perdu au change. Et on ne parle plus seulement de l’automatisation robotique, qui a révolutionné les chaînes de montage.</p>
<p>Les exemples sont nombreux :</p>
<ul>
<li>Les guichets automatiques réduisent la demande de caissiers dans les banques, tout comme les transactions bancaires sur internet.</li>
<li>Les appareils automatisés dans les aéroport et dans les épiceries font de même.</li>
<li>Des logiciels comme Impôts Rapide de Intuit réduise la demande de services fiscaux.</li>
<li>Le commerce sur internet réduit les visites en magasin.</li>
<li>On peut maintenant acheter de l’assurance-auto en ligne, des hypothèques, et bien d’autres services financiers.</li>
<li>Les blogs gratuits sur internet concurrencent les journalistes pour l’information et les opinion éditoriales.</li>
<li>Les clubs vidéos et la télévision conventionnelle sont moins nécessaires avec le cinéma à domicile, Netflix, Bit Torrent et même YouTube.</li>
<li>Les grandes places boursières du monde sont dorénavant informatisées et le courtage se fait de plus en plus sur internet.</li>
<li>Même chose au niveau des agents immobiliers, alors que les gens peuvent maintenant s’afficher sur des sites où ils peuvent vendre leur maison facilement eux-mêmes.</li>
<li>Il ne serait pas surprenant que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy93aWtpcGVkaWE=" target=\"_blank\">Wikipedia</a> fasse baisser les ventes d’ouvrages de référence, de dictionnaires et d’encyclopédies.</li>
</ul>
<p>Ce progrès est loin d’être terminé ; il s’accélère. La robotique continue d’avancer. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3Npbmd1bGFyaXR5aHViLmNvbS8yMDExLzEyLzEzL2NoaW5lc2UtY29tcGFueS1jb250aW51ZXMtcGxhbi10by1yZXBsYWNlLXdvcmtmb3JjZS13aXRoLTUwMDAwMC1yb2JvdHMv">Foxconn</a>, qui fabrique les produits Apple en Asie, prévoit de remplacer 500.000 de ses employés par des robots. L’intelligence artificielle est de plus en performante, alors que l’ordinateur Watson a écrasé les plus grands champions du jeu Jeopardy!, sans parler du monde des échecs, alors qu’en 2013, un téléphone cellulaire peut battre Gary Kasparov. Google a réussi à concevoir une voiture qui se conduit toute seule (pensez à l’impact potentiel pour les chauffeurs de taxis et d’autobus). Le logiciel GeoFluent de la compagnie Lionbridge permet de répondre à un client dans n’importe quelle langue, donc une téléphoniste indienne peut répondre à une cliente espagnole dans sa langue. Ce genre de logiciel permettra d’éliminer le métier de traducteur. Des logiciels permettent maintenant de chercher des références automatiquement dans des archives judiciaires, éliminant des emplois de commis juridiques. Pensez aussi aux turbulences que causera l’impression 3D au niveau de l’industrie manufacturière et du transport.</p>
<p>Ainsi, il semblerait que le phénomène nommé « chômage technologique » (nommé ainsi par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSm9obl9NYXluYXJkX0tleW5lcw==" target=\"_blank\">John Maynard Keynes</a> en 1930) continue de progresser dans les années qui viennent. Alors que la technologie remplace le travail humain de faible et moyenne compétence, il n’est pas surprenant de constater que le rendement du capital augmente comparativement aux salaires des travailleurs. Les profits des entreprises représentent dorénavant une part record du PIB américain, alors que la part des salaires des travailleurs est très basse, tout comme le taux de participation de la main d’œuvre. <strong>Le capital a gagné énormément de terrain comparativement au travail humain.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS91cy1nZHAtdHJlbmRzLnBuZw=="><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/us-gdp-trends.png?w=500&amp;h=338" alt="US GDP trends" width="500" height="338" /></a> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS91cy1wcm9maXRzLWFzLWEtc2hhcmUucG5n"><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/us-profits-as-a-share.png?w=500&amp;h=270" alt="us-profits-as-a-share" width="500" height="270" /></a></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS9jaGFuZ2UtaW4tcmVhbC13YWdlcy5qcGc="><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/change-in-real-wages.jpg?w=500&amp;h=291" alt="Change in Real Wages" width="500" height="291" /></a></p>
<p>L’autre impact de la technologie est qu’elle a accentué le phénomène de « <em>winner-take-all </em>» dans l’économie. La technologie a agi tel un effet de levier sur le talent des entrepreneurs, présidents d’entreprises et vedettes du divertissement et du sport, qui ont pu capturer des primes de revenu globales. Les travailleurs à haut niveau de compétence en bénéficient aussi : les ingénieurs qui conçoivent ces technologies, les programmeurs informatiques qui transforment les ordinateurs en simili-cerveaux, les financiers qui lèvent les capitaux visant à faire ces investissements, les avocats et comptables qui s’occupent de la paperasse. Cependant, la demande pour ces gens augmente plus vite que l’offre. Le système d’éducation ne réussit pas à former suffisamment de ces gens, ce qui fait en sorte de faire monter les enchères.<strong> Nous avons donc observé une forte augmentation de la prime au diplôme au cours des dernières décennies (voir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMi8xMS8wNy9sZXMtaW5lZ2FsaXRlcy1tb25kaWFsZXMtc29udC1lbi1iYWlzc2Uv">ceci</a>).</strong></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2012/11/bachelorpremium.png?w=500&amp;h=290" alt="Bachelorpremium" width="500" height="290" /></p>
<p>De nos jours, à moins d’être un entrepreneur brillant ou une vedette sportive ou artistique, un simple diplôme d’étude secondaire ne vous mènera pas loin. Pourquoi ? Parce que la robotisation et l’informatique ont délogé le bas de l’ancienne « classe moyenne », qui s’est fait couper l’herbe sous le pied et qui fait maintenant gonfler le nombre de travailleurs à faible compétence. Il y a donc trop de gens cherchant ce type d’emplois, ce qui pousse les salaires à la baisse, si bas qu’il ne permet pas à quelqu’un de gagner sa vie et vivre décemment. Il est fini le temps où on pouvait gagner un bon salaire en vissant des boulons à l’usine GM ou en vendant des meubles chez Tanguay.</p>
<p>Donc, nous avons à la fois des salaires qui augmentent plus vite au haut de l’échelle et une masse de gens qui stagnent au bas de l’échelle ; et le bas de l’échelle est dorénavant bien plus haut qu’auparavant. Il n’est donc pas surprenant de constater que les inégalités de revenus augmentent. Selon <em>The Economist</em>, pour les pays de l’OCDE, un décrocheur du secondaire a deux fois moins de chance de se trouver un emploi quelconque qu’un diplômé universitaire.</p>
<p>Le coefficient Gini mesure les inégalités de revenus :</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMi8xMS9iYWNoZWxvcnByZW1pdW0ucG5n"><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/gini-coefficient-us-1967-2010.png?w=500&amp;h=364" alt="Gini-coefficient-US-1967-2010" width="500" height="364" /></a></p>
<p><strong>Quelles sont les solutions ?</strong></p>
<p>L’une des raisons d’être optimiste, selon les auteurs, est qu’il y a énormément de potentiel d’amélioration au niveau de l’éducation, qui a jusqu’à maintenant peu innové et qui n’a pas pris avantage de l’innovation technologique pour faire évoluer les modes d’apprentissage. Les cours magistraux et les examens basés sur la mémorisation sont inadaptés à l’économie du 21<sup>e</sup> siècle, qui valorise davantage la créativité et le savoir-faire pratique. L’échec de l’interventionnisme étatique dans l’éducation est clairement à blâmer ; ayant transformé l’école en une institution bureaucratique, inflexible, élitiste et déconnectée de la réalité du marché.</p>
<p>Contrairement à certains (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMS8xMC8yNS9tYXRoaWV1LXJveS1sZS1zcGVjdHJlLWRlLW1hbHRodXMv">ici</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2plYW5uZWVtYXJkLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMi8xMC8wMi9sYS1kZWNyb2lzc2FuY2UtZXQtbGEtcmVjaGVyY2hlLXNjaWVudGlmaXF1ZS8=">ici</a>), les auteurs ont la lucidité de ne pas blâmer l’innovation technologique comme telle ; qu’il ne faut absolument pas freiner. Ils sont aussi conscients que la redistribution de la richesse par l’État n’est pas une solution durable puisqu’elle ne rendra pas les chômeurs technologiques plus compétents et employables. Les auteurs proposent une vingtaine de solutions à cette problématique, dont certaines avec lesquelles je suis plutôt en accord :</p>
<ul>
<li>Il faudrait significativement réduire les barrières à la création d’entreprises, telles que la règlementation, laquelle favorise les grandes entreprises établies. Ce n’est définitivement pas dans cette direction qu’on se dirige présentement (voir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbnRhZ29uaXN0ZS5uZXQvMjAxMy8wNC8xNi9sZS1jbGltYXQtZXN0LXBvdXJyaS1sYS1nYXVjaGUtZXN0LWNvbnRlbnRlLw==">ceci</a>).</li>
<li>Préserver la flexibilité du marché du travail (voire l’augmenter), pour qu’il soit facile d’embaucher et de licencier un employé. Les pays où le marché du travail est flexible ont des taux de chômage plus bas que ceux où il est moins flexible (voir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAwOS8xMS8xNy9sYS1mbGV4aWJpbGl0ZS1kdS1tYXJjaGUtZHUtdHJhdmFpbC1ldC1sZXMtcmVjZXNzaW9ucy8=">ceci</a>).</li>
<li>Rendre la main d’œuvre plus concurrentielle versus les machines en réduisant les taxes sur la masse salariale.</li>
<li>Désarrimer les avantages sociaux de la rémunération pour augmenter encore plus le dynamisme du marché du travail (j’en parlais justement <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wMy8yOC9sYXNzdXJhbmNlLXNhbnRlLXByaXZlLXZzLXB1YmxpYy8=">ici</a>). De cette façon, certaines personnes hésiteront moins à quitter leur emploi (perdant ainsi leur assurance-santé) pour démarrer une entreprise.</li>
<li>Éliminer les subventions visant à favoriser l’accession à la propriété, qui réduisent la mobilité et n’accomplissent rien de bon.</li>
<li>Réduire les avantages dont bénéficient l’industrie financière, comme par exemple le statut de « <em>too-big-to-fail </em>», et j’ajouterais aussi la banque centrale qui a le monopole de la monnaie.</li>
<li>Réformer le système des brevets, qui nuit à l’innovation plutôt que de l’encourager (voir <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMS8wOC8yMy9sYS1wcm9wcmlldGUtaW50ZWxsZWN0dWVsbGUtdW5lLXN5bnRoZXNlLw==">ceci</a>). Les auteurs proposent de réduire la durée et la portée des brevets, tout comme des droits d’auteurs ; j’opterais plutôt pour l’élimination de la propriété intellectuelle dans son ensemble.</li>
</ul>
<p>Je termine avec cette excellent citation tirée du livre, que je recommande fortement :</p>
<blockquote><p><em>Man is the lowest-cost, 150-pound, nonlinear, all-purpose computer system which can be mass-produced by unskilled labor.</em></p>
<p>From  a 1965 NASA report advocating manned space flight.</p></blockquote>
<p>Autre article sur le sujet par H16 <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMTUvMTE0NzM3LXJpc2Utb2YtdGhlLXJvYm90cw==">ici</a>.</p>
<p>Je vous invite aussi à lire cet <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMC8wOS8wNi9zYWxhaXJlcy1yZWVscy1ldC1wcm9kdWN0aXZpdGUv">article</a> que j’ai publié en 2010 qui démystifie le découplage entre la productivité et les salaires.</p>
<p>---<br />
<strong>Addendum : Implications macroéconomiques récentes</strong></p>
<p>La « course contre les machines » a débuté il y a plusieurs décennies, mais elle s’est accélérée durant les années 1990, suite à l’utilisation grandissante des ordinateurs, à l’apparition de l’internet et à la robotisation. La mondialisation des échanges a aussi contribué, puisque le commerce est une technologie non-négligeable. On constate donc que le taux de participation de la main d’œuvre a plafonné aux États-Unis vers le milieu des années 1990. Les années 2004-2007 ont bénéficié d’une embellie grâce à la bulle immobilière engendrée par le gouvernement américain, qui a mis au travail une grande quantité de travailleurs à faible compétence dans la construction et toutes les industries reliées. Puis, suite à l’implosion de cette bulle, ces travailleurs sont retournés dans le pool de gens inemployables.</p>
<p>Selon vous, quel est l’impact de la politique monétaire actuelle à ce niveau ? Est-ce que la Federal Reserve peut régler ce problème en générant des taux d’intérêt réels négatifs ? Bien sûr que non ! Au contraire, les bas taux d’intérêt permettent aux entreprises d’investir dans le capital et d’augmenter leur productivité en utilisant moins de main d’œuvre, c’est pourquoi nous avons vu les profits corporatifs augmenter fortement depuis la fin de la récession (phénomène surnommé « <em>jobless recovery </em>» ou reprise économique sans emploi). De plus, ces bas taux d’intérêts favorisent les fusions/acquisitions financées par endettement, lesquelles favorisent les mises à pieds. <strong>La politique monétaire de la Fed a donc accentué le phénomène décrit dans le livre mentionné ci-haut.</strong></p>
<p><strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLmZpbGVzLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS9sYWJvci1mb3JjZS1yYXRlLmpwZw=="><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/labor-force-rate.jpg?w=500&amp;h=321" alt="Labor Force Rate" width="500" height="321" /></a></strong></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://minarchiste.files.wordpress.com/2013/05/job-wages-recession.jpg?w=500&amp;h=334" alt="Job wages recession" width="500" height="334" /></p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pbmFyY2hpc3RlLndvcmRwcmVzcy5jb20vMjAxMy8wNS8wOS9sYS1jb3Vyc2UtY29udHJlLWxlcy1tYWNoaW5lcy1ldC1sZS1jaG9tYWdlLXRlY2hub2xvZ2lxdWUvI21vcmUtMzUzNg==">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=124165" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/13/124165-le-chomage-est-il-une-course-contre-les-machines/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>28</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une vie au Goulag</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/01/123170-une-vie-au-goulag</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/01/123170-une-vie-au-goulag#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 May 2013 05:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Communisme]]></category>
		<category><![CDATA[goulag]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=123170</guid>
		<description><![CDATA[C’est un document inédit et inestimable que publient les Éditions Belin. Il s’agit du récit de Dimitri Vitkovski, ingénieur russe, qui a passé la moitié de sa vie au Goulag.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est un document inédit et inestimable que publient les Éditions Belin. Il s’agit du récit de Dimitri Vitkovski, ingénieur russe, qui a passé la moitié de sa vie au Goulag.</strong></p>
<p><strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><span id="more-123170"></span><br />
<em>Un article de l'aleps.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzE3MQ==" rel=\"attachment wp-att-123171\"><img class="alignleft  wp-image-123171" title="042913_vitkovsky_goulag" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/042913_vitkovsky_goulag.jpg?16fe88" alt="" width="209" height="300" /></a>L’histoire de Dimitri Vitkovski est mentionnée par Soljenitsyne au début de l’<em>Archipel du goulag</em>. Elle est restée inconnue en URSS jusqu’au début des années 1990 lorsqu’elle fut publiée, 25 ans après la mort de l’auteur. La traduction française vient d’être publiée. Pourtant, nous avons affaire à l’un des plus terribles et complets témoignages sur l’univers concentrationnaire soviétique. Le récit n’a rien à envier à ceux laissés par Soljenitsyne, Guinzbourg ou Chalamov. Tout y est. La description détaillée et « neutre » du système de répression et d’emprisonnement, la vie au Goulag, la profondeur des personnages, le talent du narrateur et aussi les clefs de la survie…</p>
<p>Vitkovski est arrêté pour la première fois en 1926 lorsqu’il a 25 ans. C’est seulement 28 ans plus tard, en 1954, qu’il sera autorisé à rejoindre les siens à Moscou. Condamné pour des raisons complètement farfelues (comme tous les condamnés politiques à l’époque), il sera envoyé dans les profondeurs de la Sibérie où il travaillera comme bagnard sur les îles Solovki tout en subissant des interrogatoires interminables, des tortures et toutes sortes d’humiliations. Cet homme qui venait de finir ses études à l’Institut des sciences et rêvait de devenir un scientifique, n’a jamais pu l’être. Ce qui est impressionnant dans son récit – au-delà des souffrances quotidiennes – c’est l’extraordinaire force morale qui l’aide à survivre. Il voit autour de lui de nombreux autres prisonniers (des zeks) se laisser mourir ne pouvant plus supporter les travaux forcés ou les interrogatoires. Ou d’autres mourir de faim ou de froid. Vitkovski trouve les raisons pour se battre en espérant une vie meilleure. Même le fait d’être arrêté plusieurs fois n’arrive pas à le briser. Une fois, lors d’un interrogatoire et soumis à la torture (il est obligé de rester debout pendant deux jours et deux nuits), il se compare à l’arbre qu’il aperçoit à travers la fenêtre.</p>
<p>Plus le temps passe, plus les conditions de vie au Goulag empirent. La catastrophe économique en URSS, les famines, les délires de Staline rendent la vie des prisonniers de plus en plus terrible. Face à ces souffrances, Vitkovski arrive même à avoir pitié de ses bourreaux : « L’enquête est conduite par une équipe de jeunes hommes aux questions incisives sous la direction d’un chef aux cheveux blonds, grand et beau comme un viking. Je suis pris de pitiés à le voir dans l’atmosphère rance de son cabinet de juge d’instruction. Il gâche sa vie à chasser des fantômes alors qu’il devait chasser les baleines et les morses dans les brouillards des mers du Nord. »</p>
<p>Aux îles Solovki (petit archipel isolé de la mer Blanche transformé en camp de travail forcé) surnommées aussi les « îles de la mort », on accueille les nouveaux venus avec ces mots : « Vous êtes ici non pas pour être rééduqués mais pour être exterminés ». Des conditions de travail épouvantables (les détenus étaient forcés à travailler même à -50°C sinon ils ne recevaient pas leur morceau de pain noir) et des humiliations effrayantes caractérisaient cet endroit. On obligeait par exemple les prisonniers à transvaser de l’eau dans des seaux, d’un trou pratiqué dans la mer gelée à un autre « jusqu’à ce que toute l’eau soit transvasée ».</p>
<p>Après avoir tant enduré, avec sa vie brisée, Dimitri Vitkovski arrive, les dernières années de son existence à avoir une petite famille et à travailler. Il pardonne même à ses bourreaux qui le convoquent à nouveaux dans la période du « dégel » idéologique et lui signifient sa liberté définitive car ils ont finalement compris, après 28 ans de Goulag qu’« il n’était pas un ennemi de l’État soviétique ».</p>
<p><strong>• Dimitri Vitkovski, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yNzAxMTY0NDE5P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Une vie au Goulag</em>, Belin</a>, 2012, 164 pages.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8yMzYtdW5lLXZpZS1hdS1nb3VsYWcuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=123170" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/05/01/123170-une-vie-au-goulag/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>60 milliards d&#039;économies ! d&#039;Agnès Verdier-Molinié</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/29/122998-60-milliards-deconomies-dagnes-verdier-molinie</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/29/122998-60-milliards-deconomies-dagnes-verdier-molinie#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 05:50:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Agnès Verdier-Molinié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=122998</guid>
		<description><![CDATA[Personne ne conteste que l’État doit réduire massivement la voilure, pour revenir à des niveaux de dépense et de prélèvements qui n'obèrent plus la croissance. Mais rares sont ceux qui disent comment y arriver. Dans 60 milliards d'économies !, Agnès Verdier-Molinié le fait avec talent.  Par Francis Richard. La machine administrative française est bien un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Personne ne conteste que l’État doit réduire massivement la voilure, pour revenir à des niveaux de dépense et de prélèvements qui n'obèrent plus la croissance. Mais rares sont ceux qui disent comment y arriver. Dans <em>60 milliards d'économies !, </em>Agnès Verdier-Molinié le fait avec talent.</strong></p>
<p><strong> Par Francis Richard.</strong><span id="more-122998"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0LzYwLW1pbGxpYXJkcy1WRVJESUVSLU1PTElOSUUuanBn"><img class="alignleft size-full wp-image-122999" title="60-milliards d'économies Verdier-Molinié" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/60-milliards-VERDIER-MOLINIE.jpg?16fe88" alt="" width="193" height="299" /></a>La machine administrative française est bien un mammouth, qu'il conviendrait d'urgence de dégraisser pour reprendre l'expression célèbre de Claude Allègre. De combien de matières grasses faudrait-il l'alléger ? Dans son dernier livre, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWduJUMzJUE4c19WZXJkaWVyLU1vbGluaSVDMyVBOQ==" target=\"_blank\">Agnès Verdier-Molinié</a>, directrice de l'<em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZnJhcC5vcmcv">iFRAP</a></em>, <em>Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques</em>, répond qu'il faudrait faire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyMjYyNDU0NDgvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyMjYyNDU0NDgmYW1wO2FkaWQ9MEtOSFlRNzdWS1E0OUtSTkoxV1omYW1wOw==" target=\"_blank\"><em>60 milliards d'économies ! Oui... mais tous les ans</em></a>. Comment dégraisser le mammouth de 60 milliards d'euros ? C'est la grande question. Pour ce faire il faut examiner le mammouth sous toutes les coutures. Et cet examen opéré par l'auteur n'est pas sans surprises.</p>
<p>Depuis Alain Peyrefitte et son <em>Mal français</em>, on sait que, face à l'administration, les ministres français sont sans pouvoir. Cela ne s'est guère amélioré et cela perdure, "parce que les ministres passent et que les fonctionnaires campent à vie dans leurs bureaux et sur leurs positions"... On est loin de ce qui se passe aux États-Unis où des milliers de fonctionnaires de l'administration fédérale valsent à chaque changement de président... Le statut actuel de la fonction publique, qui date de 1945, et de la présence de ministres communistes au gouvernement, ne le permet pas... et s'avère être un véritable boulet.</p>
<p>À propos de président, les électeurs de Nicolas Sarkozy seront ravis d'apprendre que : <em>"Contre la promesse de tuer dans l’œuf les éventuelles grèves, le gouvernement avait promis de rétrocéder la moitié des économies réalisées à l'occasion de la réduction du rythme de renouvellement des effectifs (le principe de ne remplacer qu'un départ sur deux). Et seulement la moitié ! C'est là que les choses dérapent, confirmées à l'euro près par l'IGF [Inspection générale des finances]. En 2011, par exemple, l'économie sur les suppressions de postes a été de 820 millions d'euros, mais 610 millions ont été immédiatement reversés aux agents."</em></p>
<p>Au lieu de tailler dans les dépenses publiques, le gouvernement actuel, lui, cédant à la facilité, se livre à un véritable matraquage fiscal, contre-productif : <em>"La fiscalité et l'ensemble des cotisations obligatoires ont atteint de tels niveaux que la France flirte déjà depuis 2010 en termes d'imposition du capital et du travail avec la (fameuse) courbe de Laffer, qui montre qu'il existe un niveau maximal de taxation, au-delà duquel le produit de l'impôt diminue."</em> À ce sujet, l'auteur rend à César ce qui revient à César : <em>"L'économiste américain, qui a formalisé cette courbe spectaculaire à la fin des années 1970, n'a fait qu'expliciter les règles avancées au XIXe siècle par le Français Jean-Baptiste Say, célèbre théoricien qui répétait qu'un impôt exagéré détruit la base qui le porte."</em></p>
<p>Nul n'est prophète en son pays... et l'usager n'est pas roi. Car <em>"le désir secret de bon nombre d'agents publics [est] de voir disparaître les usagers comme par enchantement"</em>. Ils n'ont pas envie de leur être confrontés. Heureusement que : <em>"L'usager a un statut à part dans les services publics. Il n'est pas client : il ne peut pas faire jouer la concurrence s'il n'est pas satisfait du service."</em> De plus, en l'absence de concurrence, l'usager en paye le prix, exorbitant :</p>
<blockquote><p>Ces services publics, que les autres pays nous envient de moins en moins, nous ont en partie ruinés et une bonne part de notre dette est imputable au fait que nous "surpayons" ces services. Ce surcoût peut être évalué à 60 milliards d'euros par an : 18,5 milliards d'euros au niveau de l’État, 11,6 à l'échelon local et 29,9 sur le social.</p></blockquote>
<p>Agnès Verdier-Molinié, optimiste, pense qu'il est possible de réduire les dépenses publiques <em>"sans avoir à toucher aux prestations sociales distribuées aux Français"</em> :</p>
<blockquote><p>Quand notre pays dépense 27,7% de sa richesse nationale à produire ses services publics, les pays de l'Union européenne dépensent 24,9%, sans différence notable en termes de qualité du service public et de niveau de prestations. La différence entre ces deux chiffres ? 60 milliards d'euros, qui pourraient donc être économisés chaque année à un horizon de sept ans si l'effort commençait dès 2013.</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjkvMTIyOTk4LTYwLW1pbGxpYXJkcy1kZWNvbm9taWVzLWRhZ25lcy12ZXJkaWVyLW1vbGluaWUvaW1nc2Nhbi1jb250cmVwb2ludHMtMjAxMzc2My1yZWdpbWUtaG9sbGFuZGU=" rel=\"attachment wp-att-123010\"><img class="alignright  wp-image-123010" title="imgscan contrepoints 2013763 régime hollande" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/imgscan-contrepoints-2013763-régime-hollande-1005x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="305" /></a>Deux questions se posent cependant, l'une entraînant l'autre :</p>
<ul>
<li>60 milliards d'économies à l'horizon de 2021, est-ce bien suffisant quand on sait que le modèle social et les service publics français génèrent plus de "100 milliards d'euros de déficit public annuel" ?</li>
<li>Ne faut-il vraiment pas toucher aux "prestations sociales distribuées aux Français" ?</li>
</ul>
<p>Poser ces deux questions c'est y répondre et faire apparaître qu'Agnès Verdier-Molinié est encore bien en dessous de ce qu'il faudrait faire pour que la France échappe à la ruine. Et la comparaison avec les autres pays de l'UE n'est pas non plus raison...</p>
<p>C'est dire l'étendue du problème... de l’État providence.</p>
<p><iframe style="width: 120px; height: 240px;" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=000000&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=liberauxorg-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as4&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;ref=ss_til&amp;asins=2226245448" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" width="320" height="240"></iframe></p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mcmFuY2lzcmljaGFyZC5uZXQvYXJ0aWNsZS02MC1taWxsaWFyZHMtZC1lY29ub21pZXMtZC1hZ25lcy12ZXJkaWVyLW1vbGluaWUtMTE3Mzk2NzgwLmh0bWw/dXRtX3NvdXJjZT1mZWVkbHk=" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122998" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/29/122998-60-milliards-deconomies-dagnes-verdier-molinie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>41</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Faut-il avoir peur de la liberté, de Thierry Falissard</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/27/122826-faut-il-avoir-peur-de-la-liberte-de-thierry-falissard</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/27/122826-faut-il-avoir-peur-de-la-liberte-de-thierry-falissard#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 05:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Falissard]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=122826</guid>
		<description><![CDATA[Faut-il avoir peur de la liberté, un petit livre de Thierry Falissard pour répondre aux 21 questions les plus courantes sur la liberté et le libéralisme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Faut-il avoir peur de la liberté</em>, un petit livre de Thierry Falissard pour répondre aux 21 questions les plus courantes sur la liberté et le libéralisme.</strong></p>
<p><strong>Par Francis Richard.</strong><span id="more-122826"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjcvMTIyODI2LWZhdXQtaWwtYXZvaXItcGV1ci1kZS1sYS1saWJlcnRlLWRlLXRoaWVycnktZmFsaXNzYXJkL2ZhbGxpc3NhcmQx" rel=\"attachment wp-att-122854\"><img class="alignleft  wp-image-122854" title="Fallissard1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Fallissard1-725x1024.jpg?16fe88" alt="" width="240" height="339" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTGliw6lyYWxpc21l" target=\"_blank\">Le libéralisme</a> n'a pas bonne presse. Certains médias en font même un fléau qui menacerait la planète. Rien de moins. Le mot de Talleyrand – "tout ce qui est excessif est insignifiant" – ne peut trouver meilleure application en la circonstance. De deux choses l'une : dans le meilleur cas ces médias sont ignares, dans le pire ils sont de mauvaise foi. Ce qui n'exclut pas, après réflexion, qu'ils soient les deux. Ignares et de mauvaise foi...</p>
<p>Thierry Falissard a fait le pari de répondre à toutes les principales questions que vous vous posez sur le libéralisme sans recevoir de réponses justes, sinon honnêtes. Dans un compendium de quelque 70 pages, qui se lisent en un peu plus d'une heure, il pose 21 bonnes questions sur le libéralisme et donne 21 bonnes réponses... Ce texte d'initiation ne suffit évidemment pas pour bien connaître le libéralisme, qui est "multiforme tout en ayant sa propre cohérence", mais au minimum il remet les choses à l'endroit, avec l'espoir que le lecteur pris au jeu de la connaissance se laissera tenter par de plus amples développements. À la fin de l'ouvrage, Thierry Falissard dresse d'ailleurs une liste de 31 livres de référence qui pourront satisfaire la curiosité du lecteur. Ce sera d'autant plus facile pour lui qu'un certain nombre d'entre ces livres sont en libre accès sur Internet.</p>
<p>Résumer un texte aussi synthétique relève de la gageure. Mais, comme il faut enfoncer le clou, remettre cent fois l'ouvrage sur le métier pour contrecarrer la toute-puissante propagande anti-libérale, il n'est pas inutile de rappeler avec l'auteur quelques vérités.</p>
<p>Les libéraux sont pluriels, mais leurs nombreuses écoles de pensées ont un socle commun :</p>
<blockquote><p>"Le concept de <em>liberté</em> est central, le <em>consentement</em> de l'individu est une exigence morale, et tout pouvoir de quelque espèce qu'il soit qui s'impose sans ce consentement est suspect si ce n'est illégitime."</p></blockquote>
<p>Quelle liberté ? "Pour un libéral, la liberté positive, contrepartie de la liberté négative [ne pas nuire à autrui ou ne pas l'agresser], est la possibilité d'agir comme on l'entend dans le respect de la liberté d'autrui." L'éthique libérale ? Elle aboutit à l'énoncé de droits, "qu'on qualifie de "naturels", car ils ne tiennent qu'au fait qu'on soit un être humain", qui s'appliquent à tous les hommes, sans distinction – c'est l'égalité en droit –, et dont la liste est courte : droit à la vie, liberté, droit de propriété. Quel pouvoir est légitime ? Celui dont la seule fonction est de protéger le droit. Qu'importe la nature de ce pouvoir, pourvu qu'il assure justice et sécurité.</p>
<p>Les deux droits de liberté et de propriété ont pour corollaire la responsabilité :</p>
<blockquote><p>Chacun est responsable de ses actions, des décisions qu'il a prises, des obligations qu'il a contractées volontairement, des dommages (même involontaires) causés par lui-même ou sa propriété [...]. Liberté, propriété, responsabilité forment les trois piliers indissociables du libéralisme.</p></blockquote>
<p>Quand la démocratie ne respecte pas les droits naturels, elle est critiquable du point de vue libéral, de même que le collectif : "L'égoïsme bien compris de chacun le porte à coopérer avec autrui, ce qui rend <em>inutile et incertaine</em> (si ce n'est nuisible au plus haut point) toute théorie collectiviste." Ainsi est-il liberticide de vouloir faire le bonheur des gens malgré eux.</p>
<p>Le droit de propriété est la seule limite à la liberté d'expression:</p>
<blockquote><p>Les idées et leur expression ne lèsent personne, sauf à admettre l'existence d'un improbable <em>délit moral</em> qui irait contre un "ordre moral" encore plus improbable.</p></blockquote>
<p>Comme on vient de le voir, le libéralisme ne se réduit pas au libéralisme économique, il est avant tout une éthique : "L'économie libérale découle des principes de liberté et de propriété, et de la possibilité d'échange libre dans le respect de ces principes : le <em>laissez-faire</em> ou libre-échange. On échange ce qu'on possède avec qui le veut bien." Pour le libéral, le marché n'est pas la réponse à tous les problèmes de société, "en revanche, le marché, expression de la liberté et de la propriété, est pour lui ce qu'il y a de plus juste, dès lors qu'il n'est pas faussé par une intervention extérieure."</p>
<p>Les interventions extérieures qui faussent le marché?</p>
<ul>
<li>le protectionnisme</li>
<li>les subventions à l'exportation</li>
<li>les commandes publiques réservées aux nationaux</li>
<li>les aides de toutes sortes aux entreprises</li>
<li>les monopoles de droit imposés par un pouvoir etc.</li>
</ul>
<p>Le capitalisme est-il libéral ? "Dans un certain sens, tout le monde est capitaliste, car chacun dispose de son popre capital humain." Mais le capitalisme qui ne respecte pas le principe de non-agression n'est pas libéral. Il en est ainsi du capitalisme d’État, du capitalisme d'économie mixte (où prospère le capitalisme de connivence) et du capitalisme mafieux. La propriété publique n'a pas de propriétaire précis ni de responsabilité. Pour un libéral, le seul moyen d'avoir un propriétaire réel et responsable est de désétatiser : "Désétatiser ne signifie pas qu'on remplace un monopole public par un monopole privé. Cela signifie qu'on libère le marché, c'est-à-dire l'initiative privée, éventuellement par étapes, en commençant par une déréglementation."</p>
<p>Aux dernière questions du livre (sur la monnaie, la propriété intellectuelle, les dispositifs étatiques de protection sociale, les inégalités et la pauvreté, l'écologie), l'auteur donne les réponses libérales, toujours à la lumière des principes énoncés précédemment. Le lecteur intéressé par ces questions les lira avec profit...</p>
<p>Alors, faut-il avoir peur du libéralisme ?</p>
<blockquote><p>Ce n'est peut-être pas tant le libéralisme qui fait peur, que la façon dont la société évolue, vers plus de complexité et d'incertitude, sans possibilité pour quiconque de la régenter, de la diriger autoritairement vers un objectif défini. Il ne sert à rien de regretter les servitudes rassurantes du passé. La peur de la liberté est-elle autre chose qu'une peur de soi-même ?</p></blockquote>
<p>Même pas peur !</p>
<p><em>Faut-il avoir peur de la liberté?, Thierry Falissard, 70 pages, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xhbWFpbmludmlzaWJsZS5vcmcv">Collectif La Main Invisible</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv">Institut Coppet</a>.</em></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvd3AtY29udGVudC91cGxvYWRzLzIwMTMvMDQvRmF1dC1pbC1hdm9pci1wZXVyLWRlLWxhLUxpYmVydGUtSW5zaWRlLTEzMDIwOS5wZGY=" target=\"_blank\">Disponible en PDF</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzE0ODI3OTcyNDAvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTE0ODI3OTcyNDAmYW1wO2FkaWQ9MFpBVFNHVEU3SjRWMjlETjhNNEsmYW1wOw==" target=\"_blank\">Sur Amazon</a> en version papier ou kindle</li>
</ul>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mcmFuY2lzcmljaGFyZC5uZXQvYXJ0aWNsZS1mYXV0LWlsLWF2b2lyLXBldXItZGUtbGEtbGliZXJ0ZS1kZS10aGllcnJ5LWZhbGlzc2FyZC0xMTcyMzU3NjQuaHRtbD91dG1fc291cmNlPWZlZWRseQ==" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122826" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/27/122826-faut-il-avoir-peur-de-la-liberte-de-thierry-falissard/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Qu’est-ce que la méthodologie économique ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122622-quest-ce-que-la-methodologie-economique</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122622-quest-ce-que-la-methodologie-economique#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 04:50:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[École autrichienne]]></category>
		<category><![CDATA[économie mathématique]]></category>
		<category><![CDATA[épistémologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=122622</guid>
		<description><![CDATA[Le dernier ouvrage de Benoît Malbranque présente de façon concise et abordable la méthodologie économique. Un livre dense, bien écrit et érudit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le dernier ouvrage de Benoît Malbranque présente de façon concise et abordable la méthodologie économique. Un livre dense, bien écrit et érudit.</strong></p>
<p><strong>Par Pierre François.</strong><br />
<span id="more-122622"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMjYyNA==" rel=\"attachment wp-att-122624\"><img class="alignleft  wp-image-122624" title="Benoit-Malbranque-Introduction-à-la-méthodologie-économique" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Benoit-Malbranque-Introduction-à-la-méthodologie-économique.jpg?16fe88" alt="" width="202" height="286" /></a>Quel rôle l’étude de l’histoire joue-t-elle dans le progrès des connaissances économiques ? Quelle relation les jugements de valeur doivent-ils entretenir avec les énoncés scientifiques ? Qu’est-ce qu’une théorie économique et comment en évaluer la validité ? Quelle doit être la place des mathématiques dans la recherche en économie ?</p>
<p>Toutes ces questions relèvent de la <em>méthodologie économique</em>, une branche de la science économique souvent négligée en France par les étudiants, voire par les économistes eux-mêmes. Et pour cause : il n’existait jusqu’à présent aucun ouvrage en français présentant de manière synthétique, et dans un langage clair, cette discipline.</p>
<p>La parution d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8xMi9iZW5vaXQtbWFsYnJhbnF1ZS1pbnRyb2R1Y3Rpb24tYS1sYS1tZXRob2RvbG9naWUtZWNvbm9taXF1ZS0yMDEzLw=="><em>Introduction à la méthodologie économique</em></a>, le dernier ouvrage de Benoît Malbranque, vient récemment de pallier ce manque. L’auteur, chercheur à l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmc=">Institut Coppet</a>, expose dans cet ouvrage l’histoire des idées en méthodologie économique et présente les débats contemporains qui agitent cette discipline.</p>
<p>Le livre est composé de six chapitres. Les trois premiers sont historiques. Ils décrivent l’évolution de la pensée méthodologique en économie depuis les premières réflexions sur ce sujet à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle. Les trois derniers sont davantage argumentatifs. Ils traitent de la place des mathématiques, du rôle des statistiques et de l’histoire, de la relation entre les énoncés de théorie économique et les jugements de valeur.</p>
<p>Les premières réflexions sur la méthodologie économique apparaissent à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, et sont l’œuvre d’économistes classiques français : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5dGllbm5lX0Jvbm5vdF9kZV9Db25kaWxsYWM=">Condillac</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGVzdHV0dF9kZV9UcmFjeQ==">Destutt de Tracy</a>, et surtout <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmVhbi1CYXB0aXN0ZV9TYXk=">Jean-Baptiste Say</a> (chapitre 1). Dans son <em>Traité d’Économie Politique</em> de 1803, Say pose les fondements de la méthodologie économique déductiviste et axiomatique. Selon lui, l’économiste doit partir de « principes généraux incontestables », puis procéder par déductions, afin de parvenir à la découverte de lois économiques.</p>
<p>Cette conception est ensuite développée et précisée en Angleterre au XIX<sup>e</sup> siècle, par des économistes comme Nassau Senior et John Cairnes. Le raisonnement économique, selon Cairnes, doit être bâti sur des faits ultimes, « dont l’existence et le caractère sont aisément vérifiables, qui sont d’une importance primordiale au regard des questions de la production et de la distribution des richesses, et qui offrent ainsi une base stable à partir de laquelle il est possible de déduire les lois guidant ces phénomènes » ( J. Cairnes, cité et traduit par B. Malbranque). C’est la publication de <em>The Scope and Method of political economy</em>, un ouvrage de John Neville Keynes, qui parachève en 1891 l’évolution de cette tradition méthodologique.</p>
<p>À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, l’orthodoxie méthodologique déductiviste est menacée par la montée en puissance de l’école historique allemande (chapitre 2). Les économistes de l’école historique allemande remettent en cause l’universalité des lois économiques. Ils prétendent qu’ « aucune politique économique n’est valable de manière universelle et intemporelle ; au contraire, elle dépend de l’état d’avancement et des conditions historiques de chaque économie nationale. » Ce sont les économistes de<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9hdXRyaWNoaWVubmU="> l’école autrichienne</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ2FybF9NZW5nZXI=">Carl Menger</a> en tête, qui défendent l’orthodoxie classique face à l’école historique allemande. Cet affrontement intellectuel est connu sous le nom de « bataille des méthodes » (<em>Methodenstreit</em>).</p>
<p>L’approche méthodologique qui enlève l’adhésion des économistes après la Seconde Guerre mondiale n’est toutefois ni le déductivisme, ni l’historicisme, mais le  « falsificationnisme popperien » (chapitre 3). « Le falsificationnisme soutient qu’une théorie économique, pour être scientifique, doit pouvoir être testée à des fins d’information ultérieure. En somme, l’économiste doit produire des théories qui pourront être invalidées par les faits. », explique l’auteur.</p>
<p>Au chapitre 4, Benoît Malbranque aborde l’épineuse question de la relation entre la science économique et les mathématiques, à travers la présentation, entre autres, des œuvres d’Augustin Cournot et de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTCVDMyVBOW9uX1dhbHJhcw==">Léon Walras</a>. B. Malbranque défend dans ce chapitre la conception méthodologique de l’école autrichienne, selon laquelle l’usage des mathématiques est inapproprié en économie. La modélisation mathématique, nous dit-il, n’est féconde qu’à condition qu’il existe une régularité dans les faits économiques. Or, « l’environnement économique que l’économiste veut exprimer ne peut pas être exprimé en termes de constantes ». La modélisation mathématique a, en outre, des conséquences néfastes. Elle pousse les économistes à entretenir une croyance erronée « en l’existence d’un équilibre général », et à « faire abstraction des choix humains et de la capacité qu’ont les individus à prendre des risques. »</p>
<p>Benoît Malbranque n’est guère plus indulgent avec la pratique visant à utiliser l’économétrie et l’histoire économique pour tester la validité des théories (chapitre 5). Selon lui, l’histoire économique ne peut qu’illustrer une théorie, elle ne peut pas l’infirmer ou en prouver la véracité. Quant à l’économétrie, elle peut, au mieux, établir l’existence d’une corrélation entre deux phénomènes, mais elle ne peut pas prouver l’existence d’une relation causale, et encore moins fournir des prédictions fiables. L’étude des données empiriques ne permet pas de trancher entre deux théories concurrentes, comme c’est le cas dans les sciences de la nature. L’étude des faits, en somme, ne permet pas d’apporter de « connaissances véritables ».</p>
<p>La présentation que l’auteur fait de l’économétrie ne rend toutefois pas entièrement justice à cette discipline. D’une part, les chercheurs en économétrie ont dépensé beaucoup d’énergie à développer des méthodes permettant d’isoler empiriquement des relations causales entre les phénomènes économiques (méthode des variables instrumentales et expériences randomisées en microéconométrie, causalité à la Granger en économétrie des séries temporelles). D’autre part, l’économétrie permet la quantification, et en cela, elle est complémentaire de la théorie. C’est une chose de dire, par exemple, que la croissance économique prend sa source dans l’accumulation du capital par tête et dans l’augmentation de la productivité totale des facteurs, mais c’en est une autre de quantifier l’importance respective de ces deux variables.</p>
<p>Au chapitre 6, « Science et recommandation », l’auteur défend la pertinence de la distinction entre les énoncés « de fait » (<em>ce qui est</em>), et  les énoncés « de valeur » (<em>ce qui devrait être</em>). En partant de cette distinction, l’auteur soutient que les économistes ne devraient se préoccuper que de l’étude de <em>ce qui est</em>, et non de l’étude de <em>ce qui devrait être, </em>car les jugements de valeur relèvent de la philosophie, et non de la science : « l’économiste peut et doit considérer les mesures économiques hors de tout jugement moral ».</p>
<p>Il faut toutefois souligner que la recommandation de Benoît Malbranque ne s’applique qu’aux jugements de valeur politiques et moraux. Elle ne s’applique pas aux jugements de valeur <em>épistémiques. </em>En effet, affirmer, comme le fait l’auteur, que « les chercheurs <em>devraient</em> poursuivre objectivement la vérité » revient à énoncer un jugement de valeur épistémique [<sup class='footnote'><a href='#fn-122622-1' id='fnref-122622-1' onclick='return fdfootnote_show(122622)'>1</a></sup>].</p>
<p>Outre le fait qu’il soit, en France, le seul ouvrage sur le marché à présenter de façon concise et abordable la méthodologie économique, <em>Introduction à la méthodologie économique</em> a bien d’autres qualités. C’est un livre dense, bien écrit et érudit (le nombre de notes en fin d’ouvrage en témoigne). Par ailleurs, toutes les affirmations sont étayées par des arguments et des références à la littérature économique (qu’elle soit en français, en anglais, ou en allemand). Autant de bonnes raisons de se procurer cet ouvrage.</p>
<p><strong>• Benoit Malbranque, Introduction à la méthodologie économique (2013)</strong>, à télécharger gratuitement <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8xMi9iZW5vaXQtbWFsYnJhbnF1ZS1pbnRyb2R1Y3Rpb24tYS1sYS1tZXRob2RvbG9naWUtZWNvbm9taXF1ZS0yMDEzLw==">sur le site de l'Institut Coppet</a>.</p>
<p>---<br />
Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-122622'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-122622-1'>Sur cet argument, voir Hilary Putnam, « For Ethics and economics without the dichotomies », <em>Review of Political Economy</em>, Vol. 15, No. 3, 2003. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122622-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122622" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122622-quest-ce-que-la-methodologie-economique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>On entend l’arbre tomber mais pas la forêt pousser</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/24/122497-on-entend-larbre-tomber-mais-pas-la-foret-pousser</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/24/122497-on-entend-larbre-tomber-mais-pas-la-foret-pousser#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 04:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[croissance économique]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Bouzou]]></category>
		<category><![CDATA[progrès technique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=122497</guid>
		<description><![CDATA[Non, il ne s’agit pas d’une crise mais d’une transition. Notre économie change et il faut s’adapter. Certains l’ont compris, d’autres pas. Ce sont les conclusions du dernier ouvrage de l’économiste Nicolas Bouzou.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Non, il ne s’agit pas d’une crise mais d’une transition. Notre économie change et il faut s’adapter. Certains l’ont compris, d’autres pas. Ce sont les conclusions du dernier ouvrage de l’économiste Nicolas Bouzou.</strong></p>
<p><strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><span id="more-122497"></span><br />
<em>Un article de l'aleps.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjQvMTIyNDk3LW9uLWVudGVuZC1sYXJicmUtdG9tYmVyLW1haXMtcGFzLWxhLWZvcmV0LXBvdXNzZXIvMDQyMDEzX2JvdXpvdV9tdXRhdGlvbnNfZWNvbm9taXF1ZXM=" rel=\"attachment wp-att-122498\"><img class="alignleft size-full wp-image-122498" title="042013_bouzou_mutations_economiques" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/042013_bouzou_mutations_economiques.jpg?16fe88" alt="" width="203" height="300" /></a>Le titre et le sous-titre (« Croire en l’économie de demain ») sont révélateurs. Notre pays met sur le dos de la crise tout changement. Surtout lorsqu’il est accompagné de transformations importantes qui l’obligent à s’adapter avec intelligence. Nous vivons une fois de plus la peur des Anciens face aux Modernes. Le tsunami du changement nous effraie même si la vague des innovations nous excite. Au lieu de nous plaindre de la crise, nous devrions regarder devant : les nanotechnologies, les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle, la biologie vont changer notre vie plus que ne l’ont fait la machine à vapeur ou l’électricité. Il est vrai que certains en tireront profit, d’autres non. Mais peut-être pas ceux auxquels on s’attend le plus. Pour Bouzou, « les riches de demain seront les pauvres d’hier ». Très probable, à condition de saisir les opportunités qui s’annoncent… Il est néanmoins très clair que certains États, banques, grandes entreprises et autres organisations feront faillite… S’opposer aux bouleversements qui s’annoncent, c’est disparaître.</p>
<p>Pour donner un avant-goût de ce qui nous attend, l’auteur propose un retour dans le passé. Il décortique d’autres grandes transformations qui ont eu lieu dans l’Histoire. C’est par exemple la ville de Venise entre le XIVe et le XVIe siècle. Quelques îlots et plusieurs maisons sont devenus le centre du monde. Économie puissante, banques, commerce, mondialisation… La « cité miraculeuse », symbole de l’intelligence et des persévérances humaines a résisté à travers les siècles. Car la ville a été construite sur l’eau à partir du VIe siècle… Avec le temps, la ville est devenue un exemple même pour l’économie d’aujourd’hui. L’État assure sa sécurité, les banques son financement et l’épargne dirigée vers les investissements, son développement économique.</p>
<p>Non, la croissance n’est pas notre ennemie. Aussi inimaginable que cela puisse paraître, on est encore obligés de le rappeler… Nicolas Bouzou redonne les arguments. C’est la croissance et non pas la décroissance qui protège la planète. Pour sortir de la pauvreté, on a bien besoin d’une économie développée, c’est la raison pour laquelle certains pays du tiers-monde ne cessent de s’enrichir. Il est vrai, il faut des sacrifices. Il existe aussi des inégalités, certains s’en sortent mieux que les autres. Mais l’important c’est de donner la chance à chacun et de stimuler le progrès technique. C’est celui-ci la clé de notre développement. Mais l’innovation ne peut être efficace sans un cadre propice, sans les financements nécessaires à sa réussite. Excellent l’exemple de l’inventeur de l’imprimerie, Gutenberg, qui meurt ruiné et dont l’invention se développera plus rapidement en Italie (à Venise) qu’en Allemagne où les princes et les banques ont vite saisi l’importance de cette invention.</p>
<p>Nicolas Bouzou nous promène à travers des siècles. Pour renforcer sa démonstration, il cite Adam Smith, von Mises, Zweig, Hayek, Marx, Darwin et des dizaines d’autres écrivains, philosophes, économistes, juristes, mathématiciens, etc.. Il le fait avec justesse (sauf pour Marx auquel il accorde beaucoup trop de place) mais, finalement, toute cette démonstration ne devrait-elle pas tenir du simple bon sens ? Pourquoi sommes-nous obligés de défendre l’innovation, le progrès technique et la croissance économique ? C’est peut-être le sujet d’un autre livre…</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8yMzUtb24tZW50ZW5kLWxhcmJyZS10b21iZXItbWFpcy1wYXMtbGEtZm9yZXQtcG91c3Nlci5odG1s">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122497" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/24/122497-on-entend-larbre-tomber-mais-pas-la-foret-pousser/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#039;inégalité des chances</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/16/121686-linegalite-des-chances</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/16/121686-linegalite-des-chances#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 05:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[égalité des chances]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Boudon]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=121686</guid>
		<description><![CDATA[Raymond Boudon est décédé. L’occasion de revenir sur l’un de ses ouvrages dans lequel il dénonce les inepties sur la « reproduction des conditions sociales ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Raymond Boudon est mort. Il faisait honneur à une discipline infestée par le virus du marxisme. C’est donc l’occasion de revenir sur l’un de ses ouvrages dans lequel il dénonce les inepties sur la « reproduction des conditions sociales ».</strong><br />
<span id="more-121686"></span><br />
<strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMTY4OA==" rel=\"attachment wp-att-121688\"><img class="alignleft  wp-image-121688" title="04 1113_boudon_inegalit_chances" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/04-1113_boudon_inegalit_chances.jpg?16fe88" alt="" width="232" height="380" /></a>Raymond Boudon c’est l’anti-Bourdieu par excellence. Celui qui dissout les idées reçues sur les inégalités, ce mot clé, utilisé à satiété (aujourd’hui encore) par une gauche érigée en donneuse de leçons. Rarement un sujet a été autant déformé et dévoyé. Et, le comble, les inégalités n’ont cessé de diminuer, justement grâce à l’économie capitaliste.</p>
<p>Avec une démonstration étayée et des arguments très solides, Boudon montre d’abord que l’école n’est pas l’endroit où l’on fabrique les inégalités. Il n’y a pas de liaison simple et mécanique entre inégalités scolaires et inégalités sociales. Plusieurs facteurs interviennent. Les données empiriques prouvent que dans la plupart des sociétés industrielles, l’inégalité des chances devant l’enseignement à décru de manière régulière ces dernières décennies. Autrement dit, un fils d’ouvrier a eu, avec le temps, de plus en plus de chances d’accéder aux études universitaires. Toutefois, cette baisse des inégalités face à l’ascension scolaire n’a eu que des effets modestes sur l’héritage social. Ce ne sont pas les politiques publiques égalitaristes qui ont fait diminuer les différences entre les conditions sociales mais le travail et l’égalité des chances. Dans ses démonstrations, Raymond Boudon s’appuie sur des études empiriques réalisées dans plusieurs pays dont les États-Unis, la Suède, la Norvège ou l’Angleterre. De même, Boudon a pu constater que les inégalités scolaires – qui sont inévitables dans toute société libre – ne sont pas le facteur déterminant des autres inégalités. Il a aussi observé que, contrairement aux clichés, il n’y a pas plus d’inégalités dans les pays anglophones…</p>
<p>Les inégalités sont déterminées par plusieurs facteurs et non pas seulement par l’école comme essaient de le suggérer les sociologues marxisants. Pour Bourdieu, dans le domaine des inégalités, il existe un mécanisme de répétition : un fils d’ouvrier aura – toujours – de très faibles chances d’entrer à l’Université. Pire encore, ses chances ne changeront pas avec le temps. Raymond Boudon dénonce cette théorie de la répétition mécanique de l’inégalité. Dans nos sociétés modernes et démocratiques, les enfants d’ouvriers peuvent très bien accéder aux études supérieures s’ils le souhaitent. Certains le font, d’autres pas. Et ce n’est pas simplement à cause de leur héritage social. Ce qui compte c’est bien le désir de mobilité sociale. Il ne suffit pas de créer les conditions d’une ascension sociale à travers l’école, il faut aussi une volonté. Bien entendu, cette volonté est beaucoup plus présente chez les enfants qui proviennent des familles plus aisées. Mais la fameuse « reproduction sociale » n’est pas prouvée empiriquement.</p>
<p>Raymond Boudon démontre aussi que les réformes pédagogiques visant à compenser les disparités culturelles et sociales n’atténuent pas les inégalités devant l’enseignement. Au contraire, on peut très bien le constater aujourd’hui, à force de « victimiser » l’enfant et de déconsidérer le travail individuel, on a provoqué encore plus d’échec scolaire. La politique égalitariste ne diminue pas les inégalités.</p>
<p>Raymond Boudon a été la cible de ses pairs bien pensants. Ses travaux sont d’une actualité criante et il est très important de ne pas les oublier et les faire connaître sans cesse.</p>
<p><strong>• Raymond Boudon, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yODE4NTAyMTI4P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>L'inégalité des chances</em></a>, Fayard/Pluriel, 2011, 352 p. Édition originale : 1973.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8yMzQtcmF5bW9uZC1ib3Vkb24tZXN0LW1vcnQtaWwtZmFpc2FpdC1ob25uZXVyLWEtdW5lLWRpc2NpcGxpbmUtaW5mZXN0ZWUtcGFyLWxlLXZpcnVzLWR1LW1hcnhpc21lLWNlc3QtZG9uYy1sb2NjYXNpb24tZGUtcmV2ZW5pci1zdXItbHVuLWRlLXNlcy1vdXZyYWdlcy1kYW5zLWxlcXVlbC1pbC1kZW5vbmNlLWxlcy1pbmVwdGllcy1zdXItbGEtcXJlcHJvZHVjdGlvbi1kZXMtY29uZGl0aW9ucy1zb2NpYWxlc3EuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121686" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/16/121686-linegalite-des-chances/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le modèle français dans l&#039;impasse de Jean-Louis Caccomo</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/15/121609-le-modele-francais-dans-limpasse-de-jean-louis-caccomo</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/15/121609-le-modele-francais-dans-limpasse-de-jean-louis-caccomo#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 06:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Francis Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Louis Caccomo]]></category>
		<category><![CDATA[Modèle français]]></category>
		<category><![CDATA[modèle social Français]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=121609</guid>
		<description><![CDATA[Dans Le Modèle français dans l'impasse, ﻿Jean-Louis Caccomo s'interroge sur les limites du modèle social français et les façons de l'améliorer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans <em>Le Modèle français dans l'impasse, </em>Jean-Louis Caccomo s'interroge sur les limites du modèle social français et les façons de l'améliorer.</strong></p>
<p><strong>Par Francis Richard.</strong><span id="more-121609"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L0xlLW1vZMOobGUtZnJhbsOnYWlzLWRhbnMtbGltcGFzc2UuanBn"><img class="alignleft size-medium wp-image-120298" title="Le modèle français dans l'impasse (Jean-Louis Caccomo, Tatamis)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Le-modèle-français-dans-limpasse-202x300.jpg?16fe88" alt="" width="202" height="300" /></a>Au commencement étaient deux voies, le socialisme et le libéralisme. Il n'y en avait pas de troisième. Puis le socialisme prit la forme de l’État-providence et l’État-totalitaire apparut comme la troisième voie possible après le refus du socialisme et du libéralisme. Celui-ci devint alors la vraie troisième voie, celle qui marche, alors que les deux autres produisent toujours misère et désolation. Dans son dernier livre, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzI5MTc2MTc1OTQvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTI5MTc2MTc1OTQmYW1wO2FkaWQ9MDlUR0NWTkdNRjBUVjg5MFQ0UDcmYW1wOw==" target=\"_blank\"><em>Le modèle français dans l'impasse</em></a>, Jean-Louis Caccomo explique pourquoi le modèle français, dans l'impasse totale, est gros d’État-totalitaire. L’État-providence est le problème et le libéralisme la solution, si l'on entend bien sûr par libéralisme ce qu'il est vraiment et non pas la caricature qui en est faite par les ignares et ceux qui les écoutent.</p>
<p>Dans le modèle français l’État se proclame infaillible. Il est le seul – miracle ! – à être parfait dans un monde qui, comme la condition humaine, est imparfait. Le marché est de ces imperfections que seul l’État infaillible peut corriger. Il le fait donc, détruisant par là même la concurrence (qui n'existerait pas si le marché était parfait) et, dans le même temps, les effets bénéfiques qu'elle produit en permettant à tout un chacun de faire l'apprentissage de ce qui marche et de ce qui ne marche pas.</p>
<p>Pour les ignares d'experts, l’État infaillible peut intervenir partout – santé, éducation, études, retraite etc. – parce qu'il détient un trésor caché, inépuisable. En réalité, les contribuables sont la source de ce prétendu trésor, et elle n'est pas intarissable. Car, quand la coupe est pleine, l'économie parallèle et l'émigration des personnes qualifiées se développent : "Pour rendre artificiellement rare une ressource, il suffit d'en faire une matière fiscale."</p>
<p>Cette réalité, les ignares d'experts ne veulent pas la voir. Ils croient au Père Noël. Ils croient que l’État peut perdurer, même s'il est un panier percé:</p>
<blockquote><p>Qui serait assez fou pour continuer à remplir avec un liquide précieux une baignoire percée ? Les plus sensés couperaient le robinet pour pouvoir réparer ou même changer la baignoire. C'est ce qu'on appelle la réforme. D'autres plus inconscients vous diraient qu'il suffit d'ouvrir encore plus le robinet pour maintenir le niveau et compenser ainsi les fuites. C'est précisément ce que disent les "experts" quand ils nous invitent à dépenser plus, à consommer plus pour soutenir la croissance !</p></blockquote>
<p>L’État régulateur infaillible, en imposant un contrôle des prix, des loyers, des salaires, en partageant autoritairement le travail, organise en fait la pénurie des produits, des logements, des qualifications, des emplois. L’État, en voulant éradiquer toutes les inégalités, conduit en fait à la ruine générale et à la misère. Qu'est-il pourtant préférable : d'être tous pauvres ou qu'une partie toujours plus grande ne le soit plus, même si c'est de manière inégale ?</p>
<p>Les "experts", et ceux qui les écoutent, dans le meilleur des cas, ont oublié les lois économiques, sinon ils les ignorent, tout simplement. Ainsi, apparemment, ils ne savent pas – confondant l'effet et la cause – que c'est le travail de l'homme qui transforme des ressources naturelles en richesses économiques et que, si l'homme cesse de travailler, les richesses s'épuisent. Elles ne sont jamais acquises pour toujours. Une partie des richesses est détruite dans la consommation, une autre est disponible pour l'investissement, qui va permettre de créer d'autres richesses. Or, tous ces beaux esprits incitent les Français à ne pas travailler en leur accordant des droits sociaux, qui sont de faux droits, et en leur garantissant par là-même un minimum de subsistance : "La génération de 68 a hérité de l'effort accumulé par les précédentes générations durant les trente glorieuses, lesquelles ont rempli le grenier du pays, grenier dilapidé pendant les trente "piteuses" par les générations qui ont cru pouvoir consommer et jouir des droits sociaux sans produire et sans travailler."</p>
<p>Maintenant que le grenier est dilapidé, les Français, encouragés par leurs soi-disant élites, croient qu'ils sont les victimes du fonctionnement injuste de l'économie et persévèrent dans l'erreur – qui, à force, en devient diabolique – que l’État est la panacée de tous leurs maux et qu'il détient ce fichu trésor caché :</p>
<blockquote><p>Tout le monde est pour le maintien, voire l'extension du service public mais personne ne veut payer d'impôts. Tout le monde aspire à toucher des retraites correctes mais personne n'est prêt à supporter de nouvelles augmentations de charges. Tout le monde veut une école de qualité et une université de haut niveau mais personne ne veut mettre la main à la poche.</p></blockquote>
<p>Pour justifier l'intervention de l’État infaillible, la droite et la gauche invoquent les défaillances du marché. Ils font du marché un "être mystique qui manipule les hommes". Ils se fourvoient complètement : "Le marché, c'est ce qui émerge spontanément si on laisse les gens libres d'agir. Et les gens veulent être libres d'agir. C'est pourquoi ceux qui se battent contre le marché se battent en vain, car ils se battent contre eux-mêmes."</p>
<p>Les gens se trompent. Et alors ? Ils apprennent. Tout choix comporte un risque. C'est dans la nature du choix. Il est impossible de faire un choix sans faille. S'ils vont trop loin dans l'erreur, la sanction c'est la faillite. Ils évoluent. Ils sont obligés d'évoluer. Rien de tel avec l’État : "Les responsables politiques sont sans doute les seules personnes qui peuvent prendre des décisions sans se demander, par avance, si on pourra les financer, si on pourra en supporter les conséquences." D'où la nécessité de limiter leurs responsabilités. De plus : "Le contrôle et la planification ont pour effet de bloquer généralement toute évolution. C'est ce qui rend le changement dans la fonction publique très difficile sinon impossible. La planification est soucieuse d'ordre social et de contrôle social parce que l'on ne peut planifier que ce qui se répète immuablement."</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTUvMTIxNjA5LWxlLW1vZGVsZS1mcmFuY2Fpcy1kYW5zLWxpbXBhc3NlLWRlLWplYW4tbG91aXMtY2FjY29tby9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy0yMDEzNzIzLWltcGFzc2U=" rel=\"attachment wp-att-121622\"><img class="alignright  wp-image-121622" title="imgscan contrepoints 2013723 impasse" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/imgscan-contrepoints-2013723-impasse-981x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="313" /></a>C'est l'impasse, totale. Alors, pour en sortir, il faut rappeler d'où viennent croissance et prospérité.</p>
<p>La croissance suppose que tous les individus aient les mêmes droits et les mêmes devoirs – ce qui est remis en cause par la multiplication des faux droits que sont les droits sociaux, "fondés sur la défense d'intérêts prétendus collectifs" : "C'est [...] la possibilité de bénéficier de droits sociaux sans aucun effort en contrepartie, et donc sans avoir nullement cotisé, qui constitue un attracteur sans pareil dans le monde aux yeux de millions d'individus qui vivent dans des conditions misérables chez eux." Le résultat est mirifique : "Les actifs [qui sont de moins en moins nombreux], découragés, quittent le territoire tandis que les assistés du monde entier trouvent un refuge inespéré en France."</p>
<p>La prospérité ne tombe pas du ciel. Elle vient de l'épargne et de l'accumulation de capital, de l'échange et de l'innovation, "tous ces phénomènes étant liés entre eux dans une dynamique qui est précisément l'objet d'étude principal de la science économique." Or, l’État-providence s'y oppose : "L'augmentation des charges réduit l'intérêt d'embaucher pour les entreprises, et l'intérêt d'aller travailler pour celui qui perçoit des aides sociales."</p>
<p>Cette impasse du modèle français fait le jeu des extrémismes de droite comme de gauche et la tentation totalitaire reprend du poil des bêtes immondes que furent le national-socialisme et le communisme. Alors la seule voie qui reste possible est la troisième, le libéralisme, après l’État-providence et l’État-totalitaire. Alors le seul ordre possible est l'ordre spontané, qui n'est ni l'ordre naturel des conservateurs ni l'ordre construit des révolutionnaires :</p>
<blockquote><p>La prospérité est aussi fragile que les droits individuels sur lesquels elle repose. Mais elle est encore plus fragile et toujours plus hypothétique quand l’État, oubliant sa mission originelle et ses devoirs essentiels, devient lui-même le fossoyeur de notre liberté.</p></blockquote>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mcmFuY2lzcmljaGFyZC5uZXQvYXJ0aWNsZS1sZS1tb2RlbGUtZnJhbi1haXMtZGFucy1sLWltcGFzc2UtZGUtamVhbi1sb3Vpcy1jYWNjb21vLTExNzA1MTA0Ni5odG1s" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121609" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/15/121609-le-modele-francais-dans-limpasse-de-jean-louis-caccomo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Retour sur L&#039;empire du moindre mal de Michéa</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121338-retour-sur-lempire-du-moindre-mal-de-michea</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121338-retour-sur-lempire-du-moindre-mal-de-michea#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 04:57:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Claude Michéa]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme culturel]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme économique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=121338</guid>
		<description><![CDATA[Pour J.-C. Michéa, le projet philosophique du libéralisme politique conduit à une fuite en avant dans la libéralisation de comportement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pour J.-C. Michéa, le projet philosophique du libéralisme politique conduit à une fuite en avant dans la libéralisation de comportement.</strong></p>
<p><strong>Par Émilien Halard.</strong><br />
<span id="more-121338"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMTMzOQ==" rel=\"attachment wp-att-121339\"><img class="alignleft size-full wp-image-121339" title="michéa" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/michéa.jpeg?16fe88" alt="" width="175" height="287" /></a>En lisant la quatrième de couverture de ce livre, je croyais que son auteur Jean-Claude Michéa entendait démontrer que le <strong>système économique libéral</strong> (libre échange, marché concurrentiel etc.) et le libéralisme culturel (la libération des mœurs) allaient de pair, l’un engendrant nécessairement l’autre et réciproquement.</p>
<p>En réalité, la thèse de l’auteur est bien plus modeste. Elle consiste à affirmer que les <strong>doctrines</strong> du libéralisme économique et du libéralisme culturel sont contenues en germe dans le <strong>projet philosophique</strong> du libéralisme politique né en réaction des guerres de religion des XVI et XVIIème siècle.</p>
<p>Si l’on s’en tient à cette thèse ainsi réduite, je dois dire que j’ai été en grande partie convaincu par l’auteur. Michéa explique en effet très bien comment les premiers penseurs libéraux, en cherchant à éviter l’horreur des guerres civiles idéologiques, ont choisi d’exclure la définition des valeurs morales  de la sphère politique. M. Duchmol n’a pas forcément la même perception que M. Tartempion de ce qui est bien ou mal. Dès lors, si l’on veut éviter que Duchmol et Tartempion se fassent la guerre au nom du Bien, la seule solution semble en effet de garder à l’État le rôle le plus neutre possible. Dans cette optique, l’État se doit donc de ne pas prendre partie sur les questions morales qui divisent ses citoyens.</p>
<p>Toutefois, il est dur de régler la vie de la Cité sans un minimum de principes moraux. Aussi, en pratique, l’État libéral obéit aux principes moraux qui demeurent partagés par la grande majorité de ses citoyens. L’important est que la minorité contrariée dans ses convictions ne dispose pas de moyens suffisants, et ne soit pas suffisamment contrariée, pour déclencher une guerre civile. La thèse de Michéa est que lorsqu’une personne adhère à ce système de pensée libéral, il lui est toujours plus difficile de refuser de se plier à l’objection d’une  minorité (minorité d’opinion morale ) et donc toujours plus difficile de reconnaître à un principe moral le droit d’animer l’action de l’État. L’auteur écrit ainsi : « Avec la configuration libérale du monde, (…) c’est la notion même de limite qui devient (…) philosophiquement impensable. »</p>
<p>Michéa donne l’exemple de la prostitution :</p>
<blockquote><p>On sait qu’en Allemagne, où grâce à la gauche la prostitution est déjà devenue un métier comme un autre, certaines ouvrières licenciées par le Capital se sont vu logiquement proposer par l’ANPE locale, au titre de leur reconversion, l’emploi d’hôtesses de charme dans les nouveaux Eros Center. (…)  Si (…) la prostitution est bien un métier comme un autre, il est logiquement inévitable que l’Éducation nationale prenne en charge, dès le collège, la formation des élèves désireux de s’orienter vers ce métier d’avenir (création des diplômes, définition des (…) épreuves d’examen destinées à valider les compétences acquises ; constitution enfin des corps d’enseignants et d’inspection (…).</p></blockquote>
<p>Bien entendu, le projet philosophique libéral ne nie pas l’existence de valeurs morales. Il nie simplement à l’État le droit de les définir. Dès lors, c’est la société civile qui définit pour elle ces valeurs, ou plutôt c’est chaque membre de cette société civile qui les définit. La société civile ne disposant pas de la puissance étatique, c’est l’argent qui permet à chacun de ses membres de promouvoir les idées auxquelles il croit. Ainsi, l’intervention de l’État dans la vie économique constitue une ingérence dans la liberté de la société civile, et conduit indirectement l’État à biaiser le système que sa neutralité idéologique rend justement nécessaire. C’est pourquoi, le libéralisme économique est également une conséquence logique du libéralisme politique.</p>
<p>J’ai donc été, je le répète, en grande partie convaincu par la thèse de l’auteur.</p>
<p>Pourtant, là où le bât blesse, c’est qu’au fond tout cela importe peu : certes Michéa décrit avec brio la fuite en avant qui risque d’entraîner un simple adhérent du libéralisme politique modéré (neutralité idéologique de l’État) à une forme extrême de ce libéralisme politique et au libéralisme économique. Mais quand je regarde autour de moi, le moins que je puisse dire c’est que <strong>le monde dans lequel je vis n’est pas dirigé par des personnes dotées des convictions libérales que Michéa décrit. </strong></p>
<p>En matière économique d’abord, si effectivement le libre échange progresse de plus en plus au plan international, dans le même temps les États ont des rôles plus que substantiels dans l’économie (poids fiscal, masse de fonctionnaires).</p>
<p>En matière culturelle ensuite, la libération des mœurs a pu apparaître en un premier temps comme un effet du libéralisme culturel (c’est-à-dire un approfondissement de la neutralité idéologique de l’État), aujourd’hui cependant elle se révèle être seulement un changement de l’idéologie animant l’État. Pour certaines valeurs, ce changement n’est d’ailleurs pas très surprenant, il n’est que la conséquence de l’évolution des valeurs portées par la majorité de la société civile. C’est ainsi que l’État français promeut ouvertement la contraception et la normalisation de l’homosexualité, à travers des subventions à des associations militantes, et à travers l’influence de l’Éducation nationale. Mais même sur des questions beaucoup moins consensuelles, telles la définition du racisme ou une certaine vision de l’Histoire de France, force est de constater que l’État sort sans complexe de sa soi-disant neutralité idéologique, au moyen encore une fois des armes de l’Éducation nationale et des subventions militantes .</p>
<p>En outre, même sur le simple plan des idées, de nombreuses personnes sont animées de convictions libérales en économie tout en étant clairement conservatrices sur les questions de société (songeons à la droite américaine), et réciproquement de nombreuses personnes « libérales » sur ces questions de société sont clairement interventionnistes en matière économiques. La fuite en avant décrite par Michéa n’est donc pas une fatalité, loin de là. Par ailleurs, il existe effectivement, en France et ailleurs, un courant de pensée libéral-libertaire (qui compte peut-être dans ses membres l’ancien député Alain Madelin). C’est ce courant de pensée qui est analysé dans ce présent livre, mais à ce jour ce courant est loin de représenter les convictions de la majorité de nos élites.</p>
<p>En définitive, la thèse de l’auteur (la fuite en avant dans la libéralisation de comportements autrefois considérés comme répréhensibles) ne me semble pertinente que pour expliquer certains moments historiques (libéralisation de la contraception par la loi Neuwirth, PACS etc.) ou pour certains comportements précis (la tendance actuelle de libéralisation de la drogue et de l’euthanasie), pas pour expliquer le mouvement global de notre société.</p>
<p>Enfin, il est dommage que Michéa n’ait pas plus cherché à analyser quelles sont les conséquences induites par le <strong>système économique</strong> libéral lui-même sur les principes moraux animant la société civile. Il aborde bien la question de l’impact négatif de la mobilité croissante des travailleurs (indispensable à un marché vraiment concurrentiel) sur la vie sociale de ces travailleurs et la cohésion sociale de la société dans son ensemble. Et cela est très intéressant. Mais il y aurait sans doute beaucoup plus à dire.</p>
<p>En 2008, Jean-Claude Michéa a publié un second livre intitulé <em>La double pensée. Retour sur la question libérale</em> pour compléter le présent <em>Empire du moindre mal.</em> Peut-être y trouverai-je les réponses que j’ai cherchées en vain dans ce livre…</p>
<p><strong>• Jean-Claude Michéa, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDgxMjIwNDMxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ==">L’empire du moindre mal</a>,</em> Flammarion, 2010, 205 pages.</strong></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121338" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121338-retour-sur-lempire-du-moindre-mal-de-michea/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>15</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Repenser l’économie. L’économie Bottom-Up</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121348-repenser-leconomie-leconomie-bottom-up</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121348-repenser-leconomie-leconomie-bottom-up#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 04:40:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[entrepreneuriat]]></category>
		<category><![CDATA[néolibéralisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=121348</guid>
		<description><![CDATA[C’est un essai très inégal que publie l’économiste Olivier Pastré. Nous partageons sa proposition pour une « nouvelle économie d’en bas » mais sommes moins d’accord sur les constats concernant la crise actuelle et ses vrais coupables.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>C’est un essai très inégal que publie l’économiste Olivier Pastré. Nous partageons sa proposition pour une « nouvelle économie d’en bas » mais sommes moins d’accord sur les constats concernant la crise actuelle et ses vrais coupables.</strong></p>
<p><strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><span id="more-121348"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMTM0OQ==" rel=\"attachment wp-att-121349\"><img class="alignleft size-full wp-image-121349" title="040813_pastre_sortir_crise" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/040813_pastre_sortir_crise.jpg?16fe88" alt="" width="196" height="300" /></a>L’auteur, en visionnaire optimiste, imagine une France en pleine croissance économique vers… 2021. Grâce à François Hollande, tout a redémarré. La recette ? Le président a compris que ce n’est pas à l’État de faire la politique économique mais aux vrais acteurs de terrain : entreprises, investisseurs… C’est la méthode « bottom-up » qui s’appuie sur l’environnement des entreprises afin de prendre les décisions nécessaires pour relancer la machine économique. C’est tout à fait souhaitable à condition que la puissance publique n’intervienne pas comme elle l’a fait dans le passé. Et à Pastré de rappeler l’échec – à coups de milliards – du Concorde (ou bien du Minitel ou du supergénérateur nucléaire). De même, l’échec du keynésianisme de Sarkozy qui s’était fait pourtant le chantre d’une autre économie, plus libérale. Sa politique économique a été profondément keynésienne avec les résultats que l’on connaît.</p>
<p>Jusque là on suit parfaitement l’auteur. C’est après que ça se gâte… Il commence à mélanger les politiques keynésiennes avec les recettes « néolibérales », ce dernier adjectif étant une sorte de passe-partout utilisé surtout par les économistes de gauche afin de désigner les échecs économiques de plusieurs pays. En quoi consiste réellement cette « politique néolibérale » ? S’il s’agit de surveiller les comptes de l’État et de faire confiance au secteur privé, toute politique conseillée aujourd’hui est néolibérale. Mais les dirigeants suivent-ils vraiment ce genre de politique ? Ensuite, comment partager avec l’auteur ce qu’il appelle « les causes profondes de la crise » ? Pour lui, elles sont au nombre de quatre : la désindustrialisation, la course folle au rendement, la titrisation et la procyclicité de la finance. Mais où sont passées les politiques suicidaires du crédit facile mises en place par les gouvernements américains ? Les connivences entre le secteur bancaire (l’auteur est administrateur de plusieurs banques…) et les institutions publiques ou para-publiques ? Quid des dérives budgétaires des États ? Comment se fait-il que la crise n’ait pas touché de nombreux pays riches comme le Canada, l’Allemagne, l’Australie, plusieurs pays nordiques, etc. ? A-t-on été victimes du moins d’État ou du trop d’État ? Difficile de comprendre comment une politique « top-down » peut « atteindre ses limites avec le libéralisme exacerbé qui a inspiré la politique économique depuis près de trois décennies ». Car c’est exactement le contraire qui s’est passé ! La France – un pays qui cultive le chômage de masse, crise ou pas crise – a explosé ses dépenses publiques et gonflé le secteur de l’État (ou des collectivités locales) depuis 30 ans !</p>
<p>L’auteur ne croit pas en la « concurrence parfaite » ou en la « rationalité des individus », deux caractéristiques qu’il attribue au libéralisme économique (en fait, il s’agit d’hypothèses empruntées aux modèles de l’école néo-classique) et défend ainsi l’intervention de l’État. Mais il n’y a aucun exemple de pays où l’État a laissé complètement libre le secteur privé. Tant que l’État taxera et réglementera les relations économiques, on ne peut pas parler de pays « néolibéral » ou « libéral » (par ailleurs, quels étaient les États libéraux dans les années 30 ?). Il y a eu des réformes dans certains pays, y compris dans des pays fortement étatisés comme la Suède. Il faut laisser les acteurs économiques s’exprimer sans interférer ! Faisons-le et ensuite critiquons – ou non – le libéralisme économique.</p>
<p>Finalement, ce qu’il faut retenir du livre d’Olivier Pastré c’est qu’on doit s’appuyer sur l’économie d’en bas pour s’en sortir. C’est déjà pas mal.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8yMzMtcmVwZW5zZXItbGVjb25vbWllLWxlY29ub21pZS1ib3R0b20tdXAuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121348" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/12/121348-repenser-leconomie-leconomie-bottom-up/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#039;arme fatale du libéralisme</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/09/120961-larme-fatale-du-liberalisme</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/09/120961-larme-fatale-du-liberalisme#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 06:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Avot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Soljénitsyne]]></category>
		<category><![CDATA[Besançon]]></category>
		<category><![CDATA[Brejnev]]></category>
		<category><![CDATA[Communisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Arendt]]></category>
		<category><![CDATA[Orwell]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Aron]]></category>
		<category><![CDATA[Revel]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>
		<category><![CDATA[soviétologie]]></category>
		<category><![CDATA[soviétologues]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=120961</guid>
		<description><![CDATA[Le rêve des soviétologues était de vaincre l'URSS par la force de la pensée. Certains, parmi les plus grands, étaient libéraux et français. Nous ferions bien de nous en inspirer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le rêve des soviétologues était de vaincre l'URSS par la force de la pensée. Certains, parmi les plus grands, étaient libéraux et français. Nous ferions bien de nous en inspirer.</strong></p>
<p><strong>Par Pascal Avot.</strong><span id="more-120961"></span></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMDk2Mg==" rel=\"attachment wp-att-120962\"><img class="aligncenter  wp-image-120962" title="18 Soljenitsyne" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/18-Soljenitsyne.jpg?16fe88" alt="" width="599" height="284" /></a></em></p>
<p style="text-align: center;"><em>J'ai affronté leur idéologie. Mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous le bras.</em><br />
— Alexandre Soljenitsyne.</p>
<p><strong>Interdit aux mauviettes</strong><strong></strong></p>
<p>Ils étaient les Forces Spéciales de la recherche anti-totalitaire. Ils se donnaient pour mission de comprendre le communisme, et ils voulaient le comprendre pour le détruire. Ils se glissaient dans les canalisations idéologiques les plus infectes, rampaient dans la boue léniniste au risque d'y périr étouffés, arrachaient un à un les barbelés théoriques en se faisant canarder par l'ennemi. Ils risquaient leurs nerfs, leurs réputations, parfois leurs vies. Car déclarer la guerre intellectuelle à une URSS au faîte de sa gloire, c'était attirer l'intérêt vengeur du PCF et du KGB, et il ne faisait pas bon avoir ces officines-là sur le dos. Ils avaient décidé de ne pas avoir peur, ou le plus tard possible. Ils écrivaient comme on appuie sur la gâchette, conféraient comme on requiert la peine maximale. Ils étaient libéraux, fréquentables et élégants pour la plupart, mais guerriers. On les appelait : les soviétologues. Leurs noms brillent au firmament du courage intellectuel, et particulièrement français. Il se pourrait que nous ayons de nouveau besoin d'eux à l'avenir – voire même tout de suite. Apprenons à les admirer – et à essayer leurs armes. Face au socialisme, si le libéralisme est un sabre, la soviétologie est une tronçonneuse.</p>
<p><strong>L'ombre du pire</strong><strong></strong></p>
<p>Qu'est-ce que la soviétologie ? L'étude raisonnée du système soviétique. Étudier le communisme, c'est étudier le Mal qui est au cœur du socialisme. Comme Lénine résume à lui seul toutes les figures possibles du pouvoir communiste, et que son disciple Staline porte ce pouvoir à son point de perfection, il est raisonnable de considérer que l'URSS de 1917 à 1945 est un champ d'exploration idéal : il contient, en acte ou en puissance, l'ensemble des folies qui marqueront la seconde moitié du XXème siècle. Mao, Castro, la Corée du Nord, les Khmers Rouges sont préparés à distance par les thèses et les expérimentations d'Oulianov et Djougatchvili. On peut s'intéresser à Brejnev ou à Mao, mais leurs biographies ne nous apprendront rien de fondamental qui ne soit le développement logique de la perspective Lénine-Staline. Le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjAvMTE4ODU2LXBvbC1wb3QtdW4tZGFyay12YWRvci1lY29ub21pcXVl">système suicidaire inventé par Pol Pot</a> diffère du soviétisme, mais il ne s'en éloigne jamais.</p>
<p>Qu'est-ce qu'étudier cette période pour comprendre le communisme et, au-delà, le socialisme ? C'est étudier un massacre. Le communisme a fait cent millions de morts. Qu'on nous permette de proposer une échelle de comparaison : cent millions égale dix-sept Shoah. La soviétologie observe à la loupe le plus grand charnier de tous les temps. Ce n'est pas de gaité de cœur. Mais il se trouve que, dès les premières heures de pouvoir communiste, en octobre 1917, le chaos s'installe, et avec lui la violence et la peur. La sauvagerie est inséparable de la naissance du collectivisme et de son parcours sur la surface de la Terre. Une sauvagerie qui n'a rien de naturel, qui semble comme mécanisée, fille des tranchées de 14-18 et de l'hypnose idéologique. Enfantée par la civilisation, elle se prétend moderniste. Pourtant, elle égorge à la chaîne, en transe, telle un prêtre maya un jour de sacrifices humains. Les bolchéviques blêmes et bavards à peine installés sur le trône, l'arbitraire prend ses aises et les cadavres s'entassent, les camps apparaissent, les wagons à bestiaux y mènent. Le soviétologue est un croque-mort. Il peut aimer la bonne chère, avoir de l'humour, cependant, il y a une ombre sur son front. Il écoute les victimes, il scrute leurs innombrables récits, car elles seules disent la vérité, elles seules connaissent le visage de la Bête.</p>
<p><strong>Le bourbier de bois</strong><strong></strong></p>
<p>La confrontation avec une violence aux dimensions planétaires est la première difficulté de la soviétologie. Le mensonge qui dissimule les fosses communes est la deuxième.</p>
<p>Car toute l'idéologie est un mensonge. Une erreur, si vous préférez, ou une crise de démence, peu importe : <em>in fine</em>, à peu près tout en elle est faux. Pour avoir bourlingué dans la langue de bois communiste pendant des décennies, nous croyons pouvoir affirmer qu'une phrase marxiste-léniniste sur cent environ peut être considérée comme ayant un rapport – même vague, même incertain – avec la réalité. Les quatre-vingt-dix-neuf autres sont pure invention <em>intello</em>, bavardage pseudo-scientifique et anti-littéraire – il n'y a pire logorrhée que l'idéologie : le style en est définitivement absent –, fable glaciale singeant Hegel, <em>heroic fantasy</em> prétendument prolétarienne. La langue de bois n'aurait jamais dû envahir le monde. Elle est la moins lisible de toutes les écritures. Le cerveau lui résiste comme le bétail à la boucherie. Hélas, pour notre malheur, un empire entier la parla et la proclama 24/365, soixante-dix ans durant. Cet empire occupait, au milieu des années 70, un cinquième des terres immergées. Jusqu'à Washington, on le redoutait, on en faisait des insomnies ; la crise des missiles de Cuba plaça l'humanité en apnée pendant des jours entiers. On peine à imaginer aujourd'hui le poids qu'a fait peser sur le siècle dernier la présence d'un espace soviétique, puis communiste chinois. Puisque la démocratie et le marché avaient été inventés précédemment, l'irruption du totalitarisme collectiviste, et sa montée en puissance au fil des années – au point de se lancer dans un spectaculaire duel avec les États-Unis – furent la grande affaire du siècle dernier. Jamais la liberté n'avait eu à affronter un adversaire aussi robotique, déterminé, brutal et coriace.</p>
<p>Or, cet <em>Alien</em> politique était également séducteur, désinformateur, flatteur, grand-maître de la dissimulation : le monde rouge influença sciemment et sournoisement les intellectuels des cinq continents. On leur promettait de diriger le destin des foules, ils signèrent tout de suite. Ils se mirent alors, à leur tour, à parler cette non-langue, par mode, par lâcheté, pour complaire à leurs modèles révolutionnaires. Ainsi se propagea-t-elle jusqu'à nous. Les Russes acceptèrent la langue de bois parce qu'ils avaient un canon sur la tempe, et l'on peut les comprendre. Il faut en revanche déplorer que les démocraties l'aient adoptée de leur plein gré, <em>via </em>leurs universitaires, leurs sociologues, leurs économistes, leurs philosophes et leurs artistes révoltés en tous genres. Si tant de journalistes et de professeurs contemporains s'expriment dans un <em>idéolecte </em>comparable à celui d'un bolchévique, c'est la conséquence d'une très ancienne volonté soviétique. L'URSS a disparu, mais pas son empire <em>intello</em>.</p>
<p><strong>Le labyrinthe de bois</strong><strong></strong></p>
<p>Seulement, il y a un problème. Troisième difficulté. La langue de bois est indispensable. Elle l'est au communisme, car elle constitue le corps de l'idéologie, l'hostie dogmatique. Et elle l'est au soviétologue, car, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, la langue de bois est la pensée du communisme dans la langue du communisme, exactement comme le Coran est la pensée d'Allah dans la langue d'Allah. En d'autres termes : une étude attentive, raisonnée, documentée, comparée, de la langue de bois permet d'entrer dans le cerveau du collectivisme, de visiter ses lobes et ses synapses, de disséquer ses circuits et de poser ses neurones sous le microscope. Aux yeux du soviétologue, lire la Pravda est la chose la plus utile qui soit, et les efforts que l'on fait pour espionner Brejnev ne vaudront jamais ceux pour quadriller Lénine.</p>
<p>La soviétologie estime que la langue de bois est la clé, parce que cette langue est systémique, tout comme l'empire soviétique, et qu'elle nous permet de voir clair dans les intentions, les fantasmes, les rêves et les secrets de l'idéologie. La langue de bois n'est pas une opacité, mais une transparence. Elle n'a aucun rapport avec la réalité, mais elle parle comme personne de l'irréalité collectiviste. Elle rend cohérente cette irréalité et, par-là, en dévoile les innombrables échafaudages cachés. La langue de bois n'est pas la forme de la Babel communiste : elle est la tour elle-même. Elle est l'idéologie, elle est la propagande, et elle est la terreur. Le soviétologue passe sa vie en sa compagnie.</p>
<p><strong>Liberté contre système</strong><strong></strong></p>
<p>La soviétologie voit un système, un seul, toujours le même, quand elle regarde le soviétisme et ses dérivés. Armé des thèses et des intuitions de Soljenitsyne (<em>l'Archipel du Goulag</em> reste, en 2013, indépassable en termes de vérité sur le communisme), d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR2VvcmdlX09yd2VsbA==">Orwell</a> (qui a fait voir par le roman ce que la philosophie était incapable de saisir), d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGFubmFoX0FyZW5kdA==">Arendt</a> (dont les constructions cauchemardesques constitueront pour longtemps encore un indispensable arsenal conceptuel), de Zamiatine (précurseur russe d'Orwell), de Chalamov (l'autre grand écrivain des camps après Soljenitsyne), d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUmF5bW9uZF9Bcm9u">Aron</a> (berceau de la meilleure pensée française de droite dans l'après-guerre) et de myriades de témoignages et de documents sous le manteau, le soviétologue cherche à esquisser le schéma le plus explicatif et le plus prédictif possible du communisme réel. Puisque ce Mal, le collectivisme, est une immense machinerie, conçue comme telle et fonctionnant comme telle, en découvrir le plan permettra de la démonter. La soviétologie est une science qui entend détruire son objet, mais en conservant son sang-froid. En joueuse d'échecs. Elle veut être la forme d'intelligence qui anéantira la forme l'intelligence nihiliste.</p>
<p>Et ça marche. Les soviétologues seront les premiers chercheurs et universitaires à pouvoir dire : "Nous savons comment pense l'ennemi, nous savons ce qu'il veut, comment il compte l'obtenir, et comment le contrer". Ce pour deux raisons. Ils sont les premiers à livrer de l'histoire soviétique une interprétation qui rende justice à l'effroyable complexité de la réalité communiste. Et ils sont les premiers à rendre l'URSS prévisible. Si, comme le pensent les soviétologues, la systèmie est telle que le Politburo, plus haut organe de commandement de l'empire, fonctionne exactement comme une cellule de base du Parti, suivant les mêmes règles, avec le même langage et les mêmes rites, alors, il devient possible de voir quelle direction prend le système soviétique avant même qu'il en prenne conscience. Il a sa logique propre, et les soviétologues la connaissent mieux que lui, car ils savent ce qu'il est ET ce qu'est la vérité, tandis qu'il ne connaît que sa propre nature : il s'intoxique. Victime d'<em>anosognosie</em>, il ne sait pas de quoi il est atteint. Il ignore quel virus idéologique pullule en lui, tandis que ce même virus est soigneusement scanné et disséqué par les microscopes électroniques de la soviétologie.</p>
<p><strong>Deux implacables font honneur au libéralisme </strong><strong></strong></p>
<p>Les heures de gloire de la soviétologue sont la seconde moitié des années 70, quand l'URSS mène la danse. Car, à ce moment précis, il y a vraiment le feu. Plus rien ne permet de prétendre que les USA sortiront vainqueurs du bras de fer contre Brejnev. Considérez ce dernier, bureaucrate débile et alcoolique, comme un des empereurs les plus puissants de tous les temps. En termes territoriaux, il n'a rien à envier à Alexandre, ni à César. Il est présent en Afrique, en Europe de l'Est, en Asie, en Amérique du Sud, à Cuba, allié idéologique à la menaçante Chine, et heureux propriétaire d'un tentaculaire réseau de partis communistes locaux, dont le PCF est un fleuron. Les soviétologues tirent la sonnette d'alarme : ils voient venir le point de rupture, où les territoires communistes deviendront majoritaires sur la planète ; si cela arrivait, la bataille serait peut-être irrémédiablement perdue. Orwell avait peut-être raison. Donc, tout le monde sur le pont, les soviétologues partent au casse-pipes. En France, deux hommes font honneur à la fonction, et méritent une place à part dans la mémoire libérale : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmVhbi1GcmFuJUMzJUE3b2lzX1JldmVs">Jean-François Revel</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWxhaW5fQmVzYW4lQzMlQTdvbg==">Alain Besançon</a>.</p>
<p>Revel est un blindé tactique, Besançon est un <em>sniper</em>. Leurs œuvres sont des festins pour l'intellect. Ils écrivent un français parfait, sont culturellement armés comme aucun intello de gauche, discrètement connectés aux réseaux de dissidents de l'Est, qu'ils aident. Ils déchiffrent la toxicité du communisme à tours de bras, prennent les risques nécessaires. Quiconque provoque le KGB, même hors de l'empire, sait que le prix à payer peut être infiniment élevé, car il n'est pas un lieu au monde où les agents de l'empire n'aient accès. Les deux auteurs sont insultés, surveillés, menacés par les communistes venus du froid, mais tiennent bon. Revel abat un travail herculéen en librairie et dans la presse, empilant les best-sellers<em> </em>antisoviétiques, mettant en garde à chaque page ses lecteurs contre la broyeuse idéologique. Il est admiré par tous ceux qui l'ont lu ou connu. <em>Comment les Démocraties Finissent</em> et <em>La Connaissance Inutile </em>sont des chocs : Revel est efficace, il cogne avec grand style et le plus fort possible, la France l'écoute. La droite intellectuelle et politique doit une fière chandelle à ce Cassius Clay du libéralisme. De son côté, Besançon, libéral lui aussi, perce à jour la nature profonde, essentielle, du communisme, qu'il développe puissamment dans <em>Les Origines Intellectuelles du Léninisme</em>, devenu depuis ouvrage de référence pour l'université mondiale.</p>
<p>Les offensives de Revel et les missions d'infiltration de Besançon participèrent réellement à la lutte contre le soviétisme. Ils firent la guerre à l'URSS, mais indépendamment de l'État, sans supérieurs ni ordres. Ils ne se contentaient pas de disserter sur Hayek – nous ne visons personne. Ils partaient à l'assaut du Mordor, chevaleresques. Qu'on nous permette de résumer la splendeur de la soviétologie en une vidéo de Jean-François Revel. Il vient de prouver que Georges Marchais est un ex-travailleur volontaire pour l'industrie de guerre en Allemagne nazie. Proposer à Marchais d'être jugé par une commission d'enquête composée d'anciens Résistants constitue une gifle de première grandeur<em>.</em></p>
<div class="myvideotag" style="width: 480px;"><iframe width="480" height="295" src="http://www.youtube.com/embed/atMO_zIgArk" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></div>
<p><strong>Et nous ?</strong><strong></strong></p>
<p>Il se trouve que la France de 2013 se socialise à vitesse grand H, et que nous voguons à fière allure vers un chaos étatique de première ampleur ; il n'est pas absurde de penser que ce chaos pourrait mener à un affaissement fatal de la démocratie. Il y a donc, comme au bon vieux temps de Darth Brejnev, le feu à la baraque. L'adversaire n'est pas le même, il est plus économique que militaire, il nous enterre vivants à coup de taxes françaises, de lois européennes et de crédits chinois plutôt qu'avec des missiles intercontinentaux, mais il est bien là, il marche sur nous, il s'appelle : la misère et l'extinction de nos libertés. Qatar, Chine, Russie : des dictatures nous regardent tomber, nous prêtent de l'argent, et songent à nous conquérir progressivement. L'État s'abandonne à eux. Le libéralisme français n'a plus le temps de comparer les deux mille sortes différentes de libertarianismes. Il doit impérativement entrer en ordre de bataille.</p>
<p>Il peut s'inspirer de la soviétologie, imiter sa démarche. Considérer que le socialisme contemporain est systémique, car il l'est. Considérer que ce n'est pas la faute des socialistes, qui sont atteints de somnambulisme, mais de l'idéologie qui les a endormis. Considérer que la compréhension de ce système est la clé de sa destruction. Considérer qu'expliquer ce système est la chose la plus importante au monde, et la plus sûre des dénonciations. Aussi me permettrai-je, avec toute l'humilité possible, de donner trois conseils aux néophytes, si d'aventure ils sont encerclés par une meute d'âmes de gauche.</p>
<p><strong>1. Ne partez jamais du principe qu'ils sont idiots.</strong> L'idéologie peut les rendre très niais, mais elle n'est pas niaise. Elle pense pour eux, elle sait où elle va et comment y aller, à travers eux. Elle n'a pas besoin de leur intelligence, mais de leur aveuglement. Ne croyez pas qu'ils se servent d'elle pour avoir l'air intelligent : elle se sert d'eux pour avoir l'air bête.</p>
<p><strong>2. Apprenez à penser comme eux.</strong> Tant que vous ne saurez pas exactement comment ils pensent, vous ne les arrêterez pas. Et vous ne pouvez le savoir que si vous faites l'effort de penser comme eux. Mon truc pour y parvenir : partez du principe qu'ils sont sincères. Non parce qu'ils pensent ce qu'ils disent, mais parce qu'à force de le dire, c'est devenu leur identité. Alain Besançon : "Il n'importe pas pour l'idéologie d'être crue, mais d'être parlée". L'hypnose n'a pas besoin de l'intime conviction pour contrôler le patient. Un soviétologue s'interdit de penser que le socialiste a inventé le socialisme : il sait que c'est tout l'inverse. <em>Le socialiste est victime de l'idéologie, quand bien même il en tire des bénéfices. </em>Et ce n'est pas Jérôme Cahuzac qui nous contredira. Dans l'étude du socialisme <em>hard</em>, l'empathie est reine. Il n'est pas hasardeux que la plupart des meilleurs soviétologues soient d'anciens communistes ou d'anciens socialistes : ils connaissent intimement les dégâts que fait l'idéologie dans le cerveau. Le socialisme est cette vitre qu'il faut briser de l'intérieur. Entrez dans la langue de bois et trouvez la systémie, elle vous mènera jusqu'au réacteur central. Restez prudents – il fait sombre, là-dedans, les marches sont glissantes.</p>
<p><strong>3. </strong><strong>Pour vaincre le crescendo socialiste, lisez sur le communisme. </strong>La soviétologie est l'arme fatale de l'antisocialisme : qui sait renverser le plus peut renverser le moins. Or, l'État français fonce tête baissée du moins vers le plus, et sous Hollande encore plus vite que sous Sarkozy (ce qui n'est pas rien). Le temps est venu de tourner contre l'État socialiste les canons soviétologiques. Et de les utiliser. Et il n'y a pas que la France, comme cible, vous savez. Nous sommes innombrables en Europe, à trouver que Bruxelles prend soudain des airs exagérément autoritaires. Face à cette systémie-là aussi, la soviétologie peut s'avérer d'un secours incomparable.</p>
<p>Les nouveaux venus en ces terres si inhospitalières trouveront ci-dessous une bibliographie la plus large possible et une vidéo Dailymotion d'anthologie – de quoi rire pour oublier. Bon voyage.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDcwNzM2MjI5P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Les Origines Intellectuelles du Léninisme</em> </a></strong>(Alain Besançon)<br />
Une percée décisive aux tréfonds de l'âme totalitaire, et un portrait métaphysique de l'idéologie. Le mot "chef-d'œuvre" n'est pas de trop, pour cet essai dense, sombre, intense et méticuleusement implacable.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjQ2Mjg2MzFYP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Comment les Démocraties Finissent</em></a></strong> (Jean-François Revel)<br />
Et si la civilisation occidentale telle que nous la connaissons n'était qu'une brève parenthèse historique, coincée entre la barbarie passée et la sauvagerie future ? Une mise en garde qui fit l'effet d'un tremblement de terre à sa sortie. Le raisonnement reste hautement valide, et le style est ébouriffant.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDIwNzk4OTA1P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Le Système Totalitaire</em></a></strong> (Hannah Arendt)<br />
Arendt écrit par moments de manière un peu trop étrange, mais on ne saurait se passer de sa pensée. Elle est le brise-glace de la réflexion sur le totalitarisme. N'hésitez pas à attraper une migraine : c'est le métier qui rentre.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDcwMzY4MjJYP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>1984 </em></a></strong>(George Orwell)<br />
Pour les <em>Principes de la Novlangue</em>, en appendice du roman, car c'est un diamant en soi. Et pour le roman lui-même, bien sûr.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>La Langue de Bois</em> </strong>(Françoise Thom)<br />
Le seul ouvrage d'esprit scientifique sur le sujet, et le meilleur.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em><strong>L'Archipel du Goulag</strong> (</em>Alexandre Soljenitsyne)<br />
Pour un libéral, se faire offrir les trois tomes d'un coup, pour Noël ou le jour de son anniversaire, devrait être un signe de savoir-vivre.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjY2MTkxODdYP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Le Livre Noir du Communisme </em></a></strong>(Stéphane Courtois, Nicolas Werth et contributeurs)<br />
La génération des soviétologues français majeurs s'éloigne doucement, Courtois et Werth assurent la relève : leurs livres, écrits ensemble ou séparément, sont de haut niveau. Leur Livre Noir est le document-clé pour se plonger dans les abimes du communisme. Il manque parfois de profondeur, mais faire tenir tant de drames dans un si petit espace est un exploit.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDcwNDQxMzkzP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Mao</em></a></strong> (Jun chang et Jon Hallyday)<br />
Un tsunami de mensonges et de crimes, en mille pages au grand galop. À couper le souffle.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yODQ1NDUxMTIxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Staline - À la Cour du Tsar rouge </em></a></strong>(Simon Sebag Montefiore)<br />
Un modèle de description de la folie communiste, abordée par le versant intime, quotidien, du leader totalitaire le plus intéressant. Le lecteur a le sentiment de vivre au Kremlin, en collocation avec Staline, et finit par avoir peur de lui. Envoûtant. Du même auteur, <em>Le Jeune Staline</em> dévoile le passé criminel du maître de l'empire.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>La Révolution Russe</em> </strong>(Richard Pipes)<br />
880 grandes pages écrites petit. Colossal et très lisible, par un libéral. N'existe hélas qu'en <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMTMwNDUzNzMyP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ==">un seul exemplaire sur Amazon</a>. Toutefois disponible en anglais.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>Revolutionary dreams : Utiopian Vision and Experimental Life in the Russian Revolution </em></strong>(Richard Stites)<br />
Concerts de sirènes d'usines, nudisme révolutionnaires, chronométrage de la vie individuelle et autres déliriums : une anthologie des expériences les plus aberrantes tentées par les bolchéviques au pouvoir. Les lecteurs de Philippe Muray adoreront.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Un DVD :<strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvUzIxLU1hY2hpbmUtbW9ydC1LaG1lcmUtcm91Z2UvZHAvQjAwMDJYTzJENi8="><em> S-21 - La Machine de Mort Khmer Rouge</em></a></strong><br />
Le grand classique du documentaire sur le communisme. Un moment d'humanité, parfois même de poésie, malgré l'horreur du sujet. Disponible sur Amazon.</p>
<p>Pour se détendre après toutes ces émotions, un reportage de haut vol et hilarant. Je ne vous dis rien : quand vous l'aurez vu, vous ne l'oublierez plus. Cet Ovni est un miracle. Vous noterez que le député libéral est le personnage le plus digne du groupe.</p>
<p style="padding-left: 30px;">1. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kYWlseW1vdGlvbi5jb20vdmlkZW8veDFucnhuX3N0cmlwdGVhc2UtY29yZWUtZHUtbm9yZC1wYXJ0aWUtMV90cmF2ZWw=" target=\"_blank\">http://www.dailymotion.com/video/x1nrxn_striptease-coree-du-nord-partie-1_travel</a></p>
<p style="padding-left: 30px;">2. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kYWlseW1vdGlvbi5jb20vdmlkZW8veDF1MnF6X2NvcmVlLWR1LW5vcmQtcGFydGllLTJfdHJhdmVs" target=\"_blank\">http://www.dailymotion.com/video/x1u2qz_coree-du-nord-partie-2_travel</a></p>
<p style="padding-left: 30px;">3. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kYWlseW1vdGlvbi5jb20vdmlkZW8veDF1cjF6X2NvcmVlLWR1LW5vcmQtcGFydGllLTNfdHJhdmVsIy5VV0hURTJnZE4zNA==" target=\"_blank\">http://www.dailymotion.com/video/x1ur1z_coree-du-nord-partie-3_travel#.UWHTE2gdN34</a></p>
<p>Et puisqu'il faut lire <em>du</em> communisme pour penser comme lui et le comprendre, les plus explorateurs d'entre vous, les aventuriers, pourront attaquer l'Everest par cette piste-ci, célèbre dans l'histoire du bolchévisme, et abordant un sujet qui vous intéresse toutes et tous depuis déjà longtemps. Un must, vous dis-je. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5tYXJ4aXN0cy5vcmcvZnJhbmNhaXMvbGVuaW4vd29ya3MvMTkxOS8wNy8xOTE5MDcxMS5odG0=">Bienvenue dans l'anti-monde</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=120961" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/09/120961-larme-fatale-du-liberalisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>96</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Oui, le libéralisme est social !</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/07/120782-oui-le-liberalisme-est-social</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/07/120782-oui-le-liberalisme-est-social#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Apr 2013 06:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques de Guenin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=120782</guid>
		<description><![CDATA[Dans l'esprit de la majorité, les libéraux sont des égoïstes ne pensant qu'à eux. Au delà des préjugés, est-ce vraiment le cas ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans l'esprit de la majorité, les libéraux sont des égoïstes ne pensant qu'à eux. Au-delà des préjugés, est-ce vraiment le cas ?</strong></p>
<p><strong>Par Jacques de Guénin.</strong><span id="more-120782"></span></p>
<p><em>Conférence délivrée aux Assises Libérales de Bretagne, en 2005.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDExLzA0L0xpYmVyYWxpc21lLnBuZw=="><img class="alignleft size-full wp-image-22290" title="Liberalisme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/04/Liberalisme.png?16fe88" alt="" width="200" height="150" /></a>De l'extrême gauche à une grande partie de la droite, les Français se disent "sociaux", et anti-libéraux. Ils veulent dire par là qu'ils s'intéressent au sort des plus défavorisés, alors que nous, les libéraux, qui défendons l'individu et l'économie de marché – <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTAvNDk5MjEtbGUtbGliZXJhbGlzbWUtY2VzdC1sYS1sb2ktZHUtcGx1cy1mb3J0">rebaptisée loi de la jungle</a> pour la circonstance – sommes des égoïstes, avides de profit. Or il se trouve que c'est exactement le contraire : c'est nous les généreux, et eux les prédateurs ! Mais il nous acculent toujours à la défensive en se plaçant sur le terrain de la morale. Il est grand temps de repasser à l'offensive, et d'occuper à notre tour ce terrain.</p>
<p>C'est l'objet de cet exposé. Je vous préviens tout de suite que c'est un exposé de combat, et qu'il a pour ambition de vous donner des armes. Ceux qui n'ont pas envie de se battre peuvent quitter la salle sans me vexer... Je n'en vois pas, je reprends le fil. Voici tout d'abord une arme tactique pour déstabiliser l'adversaire : faites l'innocent et demandez lui ce qu'il entend par libéralisme. Il y a toutes les chances pour qu'il bafouille des inexactitudes. Dites lui alors que vous n'êtes pas surpris qu'il n'aime pas le libéralisme, car il ne sait pas ce que c'est. Contrairement à ce qu'il croit, où feint de croire lorsqu'il sait mais que la vérité le gêne, les sociétés qui appliquent la morale libérale ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines.</p>
<p>Vous pourrez ensuite terrasser votre adversaire tout à loisir avec les armes que je vais maintenant vous donner.</p>
<p>Beaucoup de personnes voient dans le libéralisme seulement une doctrine économique, d'autres y voient aussi une doctrine politique. En réalité le libéralisme est avant tout une morale individuelle, ensuite une philosophie de la vie en société dérivée de cette morale, enfin seulement, une doctrine économique qui se déduit logiquement de cette morale et de cette philosophie.</p>
<p>Le libéralisme repose sur deux principes moraux : La liberté et la responsabilité individuelles.</p>
<ul>
<li>Être responsable, cela veut dire assumer soi-même les conséquences de ses propres actes. C'est un principe d'apprentissage par tâtonnement et d'auto perfectionnement.</li>
<li>La liberté individuelle, pour le libéral, ce n'est pas ma petite liberté égoïste, c'est la liberté de chacun. Ce n'est pas faire tout ce qui me plait sans me soucier des autres, car alors je risquerais de limiter la liberté d'autres personnes : si je me livre à la drogue au point de ne plus pouvoir assumer ma propre existence, je deviens une charge pour les autres.</li>
</ul>
<p>Cette idée est exprimée de façon remarquable par l'article 4 de la fameuse<em> Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789</em>, qui dit : « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. »</p>
<p>Je vous demande de bien noter au passage que cette fameuse Déclaration est l'œuvre de libéraux. Comme vous le savez, les jacobins, c'est-à-dire les socialo-communistes de l'époque, se sont assis dessus et ont institué la Terreur.</p>
<p>Les concepts de liberté et de responsabilité ne sont pas indépendants l'un de l'autre. Aucun des deux ne peut exister sans l'autre. En effet :</p>
<ul>
<li>on ne peut être responsable de ses actes que si on est libre de les commettre ou non. Réciproquement,</li>
<li>si l'on veut respecter la liberté des autres, il faut assumer soi-même les conséquences de ses propres actes.</li>
</ul>
<p>Pour assurer sa vie, l'homme doit produire, au prix d'un effort et en utilisant sa raison, des biens qu'il pourra consommer, stocker, ou échanger, ainsi que des services qu'il pourra échanger contre d'autres biens ou d'autres services. Celui qui n'a pas droit au produit de ses efforts n'a pas la certitude de pouvoir entretenir sa vie de la façon qu'il désire. L'homme qui produit alors que d'autres disposent de ce qu'il produit est un esclave. Celui qui produit alors que l’État lui en prend la moitié, est un demi esclave. La propriété acquise par l'effort et la raison est donc une condition impérative de l'exercice de la liberté.</p>
<p>Celui qui produit et échange gagne ce qu'il consomme. Il ne prend rien aux autres. Il ne s'attend pas à être payé sur ses plaintes ou sur l'expression passive de ses besoins, mais sur ses réalisations, sur ce qu'il a accompli. Réciproquement, la propriété acquise par la force, le vol ou la tromperie, est en contradiction totale avec la morale libérale. Si l'on veut que chacun jouisse de la liberté, on ne doit rien obtenir des autres par la coercition, mais seulement avec leur consentement.</p>
<p>L'individu peut obtenir les biens ou les services qu'il ne peut ou ne veut produire lui-même, grâce à l'échange. L'échange se fait avec un autre individu ou avec une société : par exemple l'échange d'un travail contre un salaire. Lorsque l'échange est libre, les deux parties y trouvent leur satisfaction, sans cela ils ne le feraient pas, et aucun tiers n'est lésé. Les échanges favorisent les rapports pacifiques entre les hommes et contribuent à la moralisation de ces rapports. Car pour que les échanges soient efficaces, ils doivent exclure le mensonge. Et l'on constate bien que la confiance règne dans les sociétés libérales. Ceux qui la trahissent sont l'objet d'opprobre. Si vous voulez vous en convaincre, je vous recommande la lecture du livre fondamental d'Alain Peyrefitte <em>La Société de Confiance</em>.</p>
<p>L'homme obtiendra des résultats d'autant meilleurs qu'il fera plus d'efforts et utilisera mieux sa raison. C'est la seule source d'inégalité cohérente avec la morale libérale. La morale libérale ne tolère pas l'inégalité devant la loi, quelles qu'en soient ses formes – l'esclavage, les castes, les privilèges – parce que ces inégalités sont obtenues par la coercition exercée par le pouvoir. Il faut que vous vous pénétriez bien de cette vérité historique : en France l'esclavage a été aboli une première fois en 1794 sous la pression inlassable de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ29uZG9yY2V0">Condorcet</a>, l'Abbé Grégoire, et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTGFfRmF5ZXR0ZQ==">La Fayette</a>, qui étaient tous des libéraux. Rétabli par Napoléon, il a de nouveau été aboli en 1848 grâce aux efforts non moins inlassables d'autres libéraux, en l'occurrence <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVG9jcXVldmlsbGU=">Tocqueville</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTW9udGFsZW1iZXJ0">Montalembert</a>, et Victor Schoelcher.</p>
<p>Les interactions volontaires avec les autres permettent à l'individu d'améliorer considérablement son efficacité dans sa recherche du bonheur par l'effort et la raison. D'abord, la comparaison de ses résultats avec ceux des autres permet de progresser – à condition que le jugement ne soit pas altéré par l'envie, péché capital pour un chrétien, mais moteur de l'action socialiste.</p>
<p>Réciproquement, la recherche individuelle du bonheur par l'effort et la raison engendre des conséquences extrêmement positives pour les autres. S'il jouit de la liberté, l'homme peut créer, inventer de nouvelles voies. Ce faisant, il enrichira aussi les autres. La plupart des gens consomment à peu de choses près l'équivalent de la valeur qu'ils produisent. Mais l'homme qui produit une idée, une invention, ne reçoit qu'une infime partie de la valeur qu'il a ajoutée au patrimoine de l'humanité, et dont un nombre illimité de personnes bénéficiera.</p>
<p>Si aucune autorité n'intervient pour lui dicter ses choix, l'homme peut choisir le travail qu'il préfère, se spécialiser dans ce travail, et aller aussi loin dans la voie du succès que sa volonté et son talent le permettent. Mais à une condition : il faut que ce travail ait un intérêt pour d'autres. C'est ce que ne comprennent pas tous ceux qui considèrent que la Société doit leur fournir le genre de travail auquel ils aspirent, même s'il y a déjà beaucoup trop de gens qui font ce travail.</p>
<p>Quant à l'entreprise, elle meurt si elle n'est plus durablement en mesure d'assurer à ses clients le service qu'ils désirent. La plus grosse entreprise perd sa puissance et son influence dès qu'elle perd ses clients. Le profit va donc seulement à celui qui a compris ce que veulent les autres. Il n'en est pas de même pour les activités de l’État, qui ne connaissent aucune sanction.</p>
<p>Les théories de gauche et de la pseudo droite sur l'entreprise, généralement conçues et propagées par des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise, partent de l'idée qu'il existe une opposition irréductible entre les intérêts des travailleurs et ceux des patrons. Il n'y a rien de plus contraire à la réalité, au moins dans un marché libre. Car dans un marché libre, il n'y a pas de chômage permanent, et les patrons sont en concurrence les uns avec les autres pour attirer les meilleurs salariés. Et même en situation de sous emploi, les patrons conscients, qui pensent d'abord à la pérennité de leur entreprise avant même de penser au profit, savent qu'une entreprise ne peut être efficace que si les travailleurs s'y sentent bien. La préoccupation majeure de tout bon manager, est de faire en sorte que ce soit le cas. C'est très difficile, car chacun de nous croit volontiers que ses mérites ne sont jamais suffisamment reconnus, et les syndicats nous encouragent à le penser. Dans l'entreprise privée, on y parvient pourtant, puisqu'il n'y a que 5% de syndiqués, et il n'est pas rare de voir les syndicalistes eux-mêmes demander discrètement une place dans l'entreprise pour leurs enfants. Bien entendu, il y a des mauvais chefs d'entreprise, mais en moins grand nombre que ne le laisseraient croire le cinéma et la presse – qui sont à 80% au mains des gauchos – et s'il y en a peu, c'est pour une raison bien simple : les mauvais chefs d'entreprise ne survivent pas longtemps.</p>
<p>J'ai découvert un jour dans les archives du groupe Peugeot un petit livre datant de 1894 intitulé "Institutions patronales de la maison Les Fils de Peugeot Frères". Ce livre avait donc plus d'un siècle. Il contenait de manière très claire et très lisible les comptes des différentes institutions suivantes :</p>
<ul>
<li>une caisse de retraite</li>
<li>deux sociétés de secours mutuels (une par usine)</li>
<li>deux sociétés d'appui mutuel en cas de décès</li>
<li>une caisse d'assurance contre les accidents</li>
<li>des logements ouvriers</li>
<li>trois écoles</li>
<li>deux cercles ouvriers</li>
<li>un hôpital</li>
</ul>
<p>J'ai vainement cherché dans notre Sécurité Sociale totalitaire s'il existait des avantages que n'avaient pas déjà les salariés de la maison Peugeot. Je n'en ai trouvé aucun. En revanche j'ai trouvé trois avantages qu'avaient sur nous ces salariés il y a plus d'un siècle :</p>
<ul>
<li>leur participation n'était que de 5,5% du salaire, le reste étant couvert par l'entreprise</li>
<li>bien que la part patronale fut très supérieure, la gestion était paritaire</li>
<li>tous les salariés recevaient ce petit livre, clair, lisible et précis.</li>
</ul>
<p>Et ce petit livre se terminait ainsi :</p>
<p>"Les ouvriers de la Maison "Les Fils de Peugeot frères" ne se sont jamais mis en grève et une entente parfaite a toujours existé entre les patrons et les ouvriers"</p>
<p>"Un grand nombre de familles sont occupées dans les usines depuis 3 générations" J'ai découvert depuis que les Peugeot n'étaient pas les seuls. D'autres grandes familles industrielles, notamment les Michelin, avaient des institutions comparables.</p>
<p>Ce pan d'histoire a été masqué par la propagande gauchiste, ou tourné en dérision sous le vocable de "paternalisme".</p>
<p>Je ne peux pas m'étendre aussi longuement sur chacune des conquêtes sociales du libéralisme que je viens de le faire pour celle-ci, car je dépasserais très largement le temps pourtant raisonnable qui m'est imparti. Je me contenterai de les résumer brièvement.</p>
<p>Dès 1803,<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmVhbi1CYXB0aXN0ZV9TYXk="> Jean-Baptiste Say</a> déplorait le travail répétitif. Il pensait qu'il fallait donner plus d'initiative aux ouvriers, et se faisait pour cela l'apôtre de l'instruction primaire obligatoire, loi défendue par les libéraux et combattue par les marxistes avec Jules Guesde, qui y voyait une façon pour les capitalistes de se procurer une main d'œuvre plus rentable !</p>
<p>La loi du 28 mars 1841 interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans et limitant celui des enfants de 8 à 12 ans fut introduite à la Chambre par des libéraux. Le rapporteur était Charles Dupin.</p>
<p>Le 17 novembre 1849, à l'Assemblée, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnIlQzMlQTlkJUMzJUE5cmljX0Jhc3RpYXQ=">Frédéric Bastiat</a>, dans un discours très documenté, et très émouvant, soutint un amendement destiné à autoriser les syndicats ouvriers et la grève, la grève sans violence bien entendu. Il ne fut pas entendu.</p>
<p>Il faudra attendre la loi de 1864, pour que soit reconnu le droit de grève. Cette loi a été promulguée par Napoléon III sous l'influence du libéral <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5bWlsZV9PbGxpdmllcg==">Émile Ollivier</a>, premier ministre et ministre de la justice. Il faudra attendre vingt ans de plus pour que devienne légale l'existence des syndicats. Une loi avait été déposée en ce sens dès 1876 par le député libéral Édouard Lockroy. Mais elle fut combattue pendant 8 ans par les socialistes. Poussée par le ministre de l'intérieur libéral <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUGllcnJlX1dhbGRlY2stUm91c3NlYXU=">Waldeck-Rousseau</a>, elle devint la loi du 21 mars 1884. Mais quand en 1900 et 1901 Waldeck-Rousseau, devenu président du conseil, tenta de l'étendre en accordant la personnalité civile aux unions de syndicats, il se heurta à l'opposition des socialistes.</p>
<p>Le 2 juillet 1906, le député libéral Gaston Doumergue déposa un projet de loi autorisant la création de conventions collectives. Le congrès de la CGT prit parti contre cette proposition. À partir de 1908, c'est encore sous l'impulsion des libéraux que furent créées les premières caisses d'épargne. Comme elles étaient privées, elles ne rencontrèrent que sarcasmes de la part des socialistes.</p>
<p>Les socialistes, eux aussi, prétendent être motivés par une morale. Mais il y a une immense différence entre leur morale et la nôtre, sur laquelle je voudrais attirer votre attention. La morale libérale, comme la morale chrétienne, avec laquelle elle se confond d'ailleurs partiellement, s'adresse à l'individu. Elle s'adresse à l'individu pour lui faire assumer la responsabilité de ses actes, et ce faisant assurer la liberté de son prochain. La morale socialiste, elle, proclame certes qu'elle veut le bien de l'individu, mais elle ne cherche à établir ce bien que par l'intermédiaire de l'État et de ses lois, c'est-à-dire par la coercition. Le socialisme et ses avatars définissent ce bien a priori, ils l'inculquent aux enfants par l'éducation, et ils l'imposent par la gestion étatique de toutes les activités humaines.</p>
<p>Ce culte de l'État par des gens qui comprennent beaucoup d'intellectuels, c'est-à-dire des gens qui sont censés observer et réfléchir, a toujours été pour moi une source d'étonnement. Je veux bien qu'il faille une bonne connaissance des mécanismes économiques – qui n'est guère enseignée par l'éducation nationale – pour comprendre tout le mal que fait l'État à l'économie. Mais sur le plan social, qui est celui de cet exposé, il n'y a pas besoin d'être très savant pour constater que toutes les horreurs que l'on trouve dans l'actualité et les livres d'histoire sont le fait des États : les guerres, les massacres, les déplacements de population, les camps de concentration, les destructions, les enlèvements, les procès truqués, les détentions arbitraires, les tortures, les famines, les persécutions, les confiscations. C'est à chaque siècle et en de multiples endroits que ce culte de l’État aboutit aux mêmes dérives abjectes, comme la Terreur en France, le National Socialisme – c'est à dire le nazisme – en Allemagne, ou les exterminations méthodiques opérées au sein de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques.</p>
<p>Les libéraux, eux, en sont conscients, et c'est pour cela qu'ils ont toujours cherché à limiter le pouvoir des États. Ce sont eux qui ont inventé le principe de séparation des pouvoirs, si difficile à mettre en œuvre, même dans notre vieille démocratie. Ce sont eux qui ont inventé la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 pour protéger les individus contre l'État.</p>
<p>Mais le libéral est conscient que si l'homme peut acquérir des biens par l'effort et la raison, il peut aussi les acquérir aux dépens des autres par la ruse ou par la force. Le libéral accepte donc comme un moindre mal une autorité dont la seule vocation serait précisément de faire respecter les droits individuels. En pratique cela veut dire un État limité aux seules fonctions dites "régaliennes" : la Justice, la Police, et la Défense Nationale, ce qui implique une Diplomatie. Toutes les autres fonctions sont mieux accomplies par la libre association d'individus.</p>
<p>Les deux concepts de la morale socialiste dont on entend le plus parler sont l'égalité et la solidarité. Je voudrais vous montrer à quel point ces idéaux, a priori édifiants, sont dévoyés par les mécanismes même du socialisme.</p>
<p>L'égalité. Le libéral combat les inégalités vraiment injustes, c'est-à-dire celles qui profitent aux hommes politiques et aux fonctionnaires, et les inégalités qui résultent du vol ou de la coercition, qui sont souvent le fait de l’État, ou le fait que l’État ne fait pas son travail.</p>
<p>Le socialiste, lui, recherche l'égalité de résultat, et c'est ainsi que dans ce pays tout est fait pour encourager celui qui ne veut rien faire, et tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues à celui qui entreprend. C'est ainsi que l’Éducation Nationale, n'ayant pas réussi à uniformiser les résultats des élèves par le haut, s'est résigné à les uniformiser par le bas.</p>
<p>Je vous le demande, n'est-il pas profondément injuste de récompenser de la même façon le paresseux et celui qui se donne du mal ? Celui qui fait n'importe quoi et celui qui réfléchit ?</p>
<p>La solidarité. Pour le libéral, la solidarité, la sollicitude vis-à-vis de ses semblables, sont des vertus individuelles qui s'exercent directement ou au moyen de libres associations. La solidarité qui s'exerce par exemple dans les petites communautés, villages, quartiers, lieux de travail, où les gens se connaissent et s'impliquent. L'étude historique des sources de l'aide aux déshérités, montre qu'elle était plus importante, en pourcentage du niveau de vie moyen, lorsqu'elle était privée que depuis qu'elle est publique. On se doute qu'elle était aussi plus souplement adaptée aux besoins réels des individus et qu'elle laissait moins de place aux gaspillages et à la corruption. Je voudrais vous lire à ce sujet quelques lignes de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnIlQzMlQTlkJUMzJUE5cmljX0Jhc3RpYXQ=">Frédéric Bastiat </a>sur les sociétés de secours mutuels.</p>
<blockquote><p>Les sociétés de secours mutuels, [sont une] institution admirable, née des entrailles de l'humanité, longtemps avant le nom même de Socialisme. Il serait difficile de dire quel est l'inventeur de cette combinaison...Toujours est-il que j'ai vu surgir spontanément des sociétés de secours mutuel, il y a plus de vingt cinq ans parmi les ouvriers et les artisans les plus dénués, dans les villages les plus pauvres du département des Landes (écrit en 1848). Dans toutes les localités où elles existent, elles ont fait un bien immense. Les associés (...) sentent tous leur dépendance réciproque, l'utilité dont ils sont les uns pour les autres ; ils comprennent à quel point le bien et le mal de chaque individu ou de chaque profession deviennent le bien et le mal communs...</p>
<p>Ce qui a fait jusqu'ici le succès de ces sociétés, – succès lent, à la vérité, comme tout ce qui concerne les masses, – c'est la liberté, et cela s'explique...</p>
<p>Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n'est jamais sans créer pour l'avenir de grands dangers et de grandes difficultés, qu'on soustrait l'individu aux conséquences de ses propres actes. Le jour où tous les citoyens diraient : "nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d'ouvrage," il serait à craindre qu'on ne vit se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l'homme vers l'inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. Cette surveillance réciproque, qui est pour l'association une garantie d'existence, pour chaque associé une certitude qu'il ne joue pas le rôle de dupe, fait en outre la vraie moralité de l'institution. Grâce à elle, on voit disparaître peu à peu l'ivrognerie et la débauche, car quel droit aurait au secours de la caisse commune un homme à qui l'on pourrait prouver qu'il s'est volontairement attiré la maladie et le chômage, par sa faute, et par suite d'habitudes vicieuses ? C'est cette surveillance, qui rétablit la Responsabilité, dont l'association, par elle même, tendait à affaiblir le ressort.</p>
<p>Or, pour que cette surveillance ait lieu et porte ses fruits, il faut que les sociétés de secours soient libres, circonscrites, maîtresses de leurs statuts comme de leur fonds. Il faut qu'elles puissent faire plier leurs règlements aux exigences de chaque localité.</p></blockquote>
<p>Voila comment les libéraux conçoivent la solidarité, mais les socialistes baptisent cela "charité", et tournent le concept en dérision comme ils ont tourné le paternalisme en dérision. Pour eux, la solidarité consiste à faire redistribuer par l’État de l'argent pris à d'autres. Cela n'a évidemment aucune valeur morale mais donne bonne conscience. Pourquoi venir en aide directement à son prochain, lorsqu'on a déjà payé l’État pour le faire ?</p>
<p>En pratique, l'État tue la compassion. Mais cette fausse solidarité permet de faire mousser les hommes au pouvoir. En réalité, elle est devenue au fil des ans une toile d'araignée si complexe que personne ne la maîtrise plus, et elle laisse par conséquent le champ libre à toutes sortes d'iniquités, de gaspillage, et de corruption. Cela est encore plus vrai lorsque cette pseudo solidarité est exercée par des États par l'intermédiaire d'autres États. Que l'on ait besoin de rappeler de telles évidences en dit long sur le degré de pénétration de la pensée gauchiste.</p>
<p>En conclusion, le libéralisme s'intéresse à l'individu plus qu'à la société. Il considère que la société n'est qu'un ensemble d'individus libres et responsables, et que tout ce que chacun de nous fait pour les autres, il le fait librement, soit par raison, soit par inclination.</p>
<p>Les socialistes et leurs différents avatars, au contraire, mettent la société au dessus de l'individu. Pour eux, l'individu est une espèce d'animal sacrificiel qui ne compte pas devant la société. Ils la voient comme ayant une vie indépendante des éléments qui la constituent, ces éléments étant eux-mêmes des entités abstraites sans grande importance.</p>
<p>Quant aux hommes de pouvoir, tous les hommes de pouvoir, ceux de droite comme ceux de gauche, ils se donnent pour fonction de diriger la société, et toute action individuelle est pour eux potentiellement déviante et donc dangereuse.</p>
<p>Mais comme on ne peut convaincre, comme on ne peut diriger, sans un substratum moral minimum, les intellectuels de gauche et les hommes de pouvoir, qui ont les uns et les autres une mentalité de prédateurs, se sont accaparés la morale comme ils accaparent tout le reste.</p>
<p>Leur méthode est simple : il leur suffit de faire passer pour égoïste tout individu qui ose penser tout seul, pour exploiteur tout individu qui ose entreprendre, et pour ennemi du peuple tout individu qui met ses intérêts avant ceux de l’État. Ils prétendent qu'eux seuls possèdent les vertus d'altruisme et de solidarité.</p>
<p>Tant que vous n'aurez pas assimilé cela, vous serez à la merci des intellectuels de gauche, et vous serez à la merci des hommes de pouvoir de toutes tendances. Si nous, les libéraux, nous voulons sortir du ghetto où nous sommes, il nous faut nous battre sur le terrain de la morale, il nous faut récupérer la morale qu'on nous a volée. Les libéraux adorent les raisonnements économiques et dédaignent le combat politique. Mais les raisonnements ennuient la plupart des gens. En revanche beaucoup de gens sont prêts à se battre, voire à mourir, pour des principes moraux.</p>
<p>Ces principes sont universels. Ce sont les quatre principes du décalogue relatifs à la vie en société : tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu ne mentiras point, tu n'envieras point ce qui appartient à ton prochain, ainsi que le principe ajouté par le Nouveau Testament : "aimez et respectez votre prochain individu par individu" – je le formule à ma manière, mais j'en respecte le sens. Or le communisme tue, les gouvernements volent et mentent, les socialistes font reposer toute leur action sur l'envie, et tous ces gens confondent l'amour du prochain avec les faveurs accordées à tel ou tel groupe d'électeurs.</p>
<p>J'espère vous avoir démontré que les vrais libéraux, eux, respectent les principes moraux de notre civilisation chrétienne.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRhbGxheGlhLm9yZy93aWtpL0phY3F1ZXNfZGVfR3VlbmluOk91aSxfbGVfbGliJUMzJUE5cmFsaXNtZV9lc3Rfc29jaWFs" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTAvMTAvNDk5MjEtbGUtbGliZXJhbGlzbWUtY2VzdC1sYS1sb2ktZHUtcGx1cy1mb3J0">Le libéralisme, c'est la loi du plus fort</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDgvMDEvMzc3MTktbGUtcmVuYXJkLWxpYnJlLWRhbnMtbGUtcG91bGFpbGxlci1saWJyZQ==">Le renard libre dans le poulailler libre</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMDEvODUzMzUtaWRlZS1yZWN1ZS1sZS1saWJlcmFsaXNtZS11bi1hbmFyY2hpc21lLXNhdXZhZ2UtMg==">Idée reçue : le libéralisme, un anarchisme sauvage</a></li>
</ul>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=120782" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/07/120782-oui-le-liberalisme-est-social/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>18</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pathologie des élites</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/04/120537-pathologie-des-elites</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/04/04/120537-pathologie-des-elites#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 04:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Aleps</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[élites]]></category>
		<category><![CDATA[Etat-providence]]></category>
		<category><![CDATA[social-démocratie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=120537</guid>
		<description><![CDATA[Ils sont au pouvoir et ils s’occupent de tout. Ils savent mieux que personne ce que veut le peuple. Les élites qui nous dirigent profitent de l’État et de l’argent public pour nous faire croire qu’ils veulent notre bien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ils sont au pouvoir et ils s’occupent de tout. Ils savent mieux que personne ce que veut le peuple. Les élites qui nous dirigent profitent de l’État et de l’argent public pour nous faire croire qu’ils veulent notre bien.</strong></p>
<p><strong>Par Bogdan Calinescu.</strong><span id="more-120537"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmc=">aleps</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDQvMTIwNTM3LXBhdGhvbG9naWUtZGVzLWVsaXRlcy8wNDAyMTNfZGVlX2VsaXRlcw==" rel=\"attachment wp-att-120538\"><img class="alignleft size-full wp-image-120538" title="040213_dee_elites" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/040213_dee_elites.jpg?16fe88" alt="" width="203" height="300" /></a>L’auteur de <em>Pathology Of The Elites</em> est un essayiste renommé qui écrit régulièrement dans le <em>City Journal</em>, le magazine édité par le Manhattan Institute et aussi dans le <em>Wall Street Journal</em> ou la <em>National Review</em>. C’est un conservateur cultivé qui réfute toute forme d’idéologie. Il considère que ceux qui nous dirigent sont tout simplement des élites avides de pouvoir pour lesquelles nous ne sommes qu’un groupe social à satisfaire. Ces élites ne nous voient pas comme des individus (elles n’en ont aucun intérêt). Nous sommes un groupe, une masse qu’il faut conduire et satisfaire. Ceux au pouvoir ne voient que leur propre intérêt : profiter et se faire réélire. Pour cela, ils doivent nous satisfaire. Peu importe si c’est bien ou non. Ils font preuve de compassion à notre égard et accusent des bouc-émissaires imaginaires (les riches, le libéralisme, la mondialisation, les Chinois, les marchés financiers, les banquiers, etc.) d’être à l’origine de nos difficultés. Ils n’ont aucun mal à le faire car ils arrivent à manipuler une grande partie des médias. Ils sont présents à satiété sur les plateaux de télévision et ressassent le même discours. Ces élites ont remplacé nos parents et nos grands-parents. De toute façon, ils nous prennent en charge mieux que ne l’ont fait nos familles. Et ils nous font comprendre clairement qu’ils sont notre vraie famille.</p>
<p>Ils ne se rendent pas seulement maîtres de l’économie. La culture et l’éducation sont les autres secteurs qu’ils veulent maîtriser. Ils défendent les écoles publiques mais mettent leurs enfants dans les écoles privées. Ils se prononcent pour la culture subventionnée pour tous, mais le font pour faire profiter leurs copains. Ils créent un État au sein de l’État providence. Leur État qui s’appuie sur la bureaucratie et profite des richesses créées par le pays. Ces élites ne peuvent pas se passer de l’interventionnisme. C’est leur raison d’exister.</p>
<p>En s’appuyant sur les écrits de Hannah Arendt, d’Emerson, d’Isaiah Berlin, de Jefferson ou de Lincoln, l’auteur dénonce ce qu’il appelle la « tyrannie de l’imagination sociale ». Les classes dirigeantes sont persuadées d’avoir une mission historique à accomplir, celle d’assurer la « justice sociale ». En France, on la confond avec le modèle social français. Peu importe le niveau du chômage ou les vraies chiffres de la pauvreté malgré d’énormes dépenses publiques. Au nom de la « justice sociale » on entretient une armée de fonctionnaires – devenue une clientèle électorale – et un État obèse.</p>
<p><strong>• Michael Knox Beran, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0xNTY2NjM4NzQ3P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Pathology of the Elites: How the Arrogant Classes Plan to Run Your Life</em></a>, Ivan R Dee, Inc., 2010, 312 pages.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJyZXMub3JnL2NvbXBvbmVudC9hYm9vay9ib29rLzctYW5uZWUtMjAxMy8xNjQtcGF0aG9sb2d5LW9mLXRoZS1lbGl0ZXMuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=120537" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.contrepoints.org/2013/04/04/120537-pathologie-des-elites/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Page Caching using xcache
Database Caching 101/131 queries in 0.067 seconds using xcache
Object Caching 7395/7547 objects using xcache

 Served from: www.contrepoints.org @ 2013-05-23 15:44:15 by W3 Total Cache -->