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	<title>Contrepoints &#187; Histoire du libéralisme</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>Interview de Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 05:45:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Boris Navio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Alexander McCobin]]></category>
		<category><![CDATA[Students for Liberty]]></category>

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		<description><![CDATA[Contrepoints a rencontré le fondateur de Students for Liberty, l'association qui fait découvrir les idée de liberté sur les campus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Du 8 au 10 mars 2013 s'est tenue la 2ème Conférence Européenne de l'association Students For Liberty à Louvain en Belgique.  Près de 400 jeunes venus de tout le continent s'étaient donné rendez-vous autour des idées de liberté. <em>Contrepoints </em>était sur place pour recueillir les impressions de son président et fondateur, l'Américain Alexander McCobin, forcément heureux devant le succès si rapide de sa branche européenne.</strong><span id="more-122828"></span></p>
<p>En moins de 5 ans McCobin a transformé une petite association universitaire en une véritable entreprise florissante dédiée aux idées de liberté. "A Free Academy, A Free Society", telle est la devise de Students For Liberty. Désormais bien installée dans le paysage américain, SFL est en passe de réussir son pari d'investir les universités européennes et bientôt celles du monde entier en encourageant les étudiants à monter une franchise de l'association dans leur établissement. Grand costaud dans un joli costume, le jeune homme de 26 ans est un éternel enthousiaste qui a su, par son charisme, s'entourer d'une équipe dynamique à l'efficacité redoutable.</p>
<div id="attachment_123559" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L01jQ29iaW4tSGVhZHNob3QtTWVkaWEucG5n"><img class="size-medium wp-image-123559" title="Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/McCobin-Headshot-Media-200x300.png?16fe88" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty</p></div>
<p><strong><em>Contrepoints</em> : Alexander, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre association ?</strong></p>
<p><em>Alexander McCobin</em> : Je suis Alexander McCobin, j’ai 26 ans et je suis le président de « Students For liberty ».</p>
<p><strong>Quelles ont été vos sources d'inspiration pour créer ce mouvement ? Avez-vous pris exemple sur d'autres associations du même type ?</strong></p>
<p>Pas exactement. Cette organisation est avant tout le fruit de ma propre expérience et de celle d'autres étudiants. Nous avons en effet remarqué qu'il manquait fondamentalement une association comme celle-ci. J'ai commencé à être sensibilisé à ces idées le jour où pour mon anniversaire j'ai reçu de mon père <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyNTE0NDQxNzMvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyNTE0NDQxNzMmYW1wO2FkaWQ9MUIyTVFBWFI3WDhBOVlBTkdFWFAmYW1wOw==" target=\"_blank\">Atlas Shrugged</a></em> d’Ayn Rand, j’ai eu l’impression que ce livre était une transcription de tout ce que j’avais toujours pensé ! J’ai alors passé le reste du lycée à étudier l’objectivisme et le libéralisme.</p>
<p>Ainsi, lorsque je suis arrivé à l'université, j'étais un libertarien convaincu. Pendant les deux premières années, je n'ai trouvé personne avec qui partager ces idées. Au bout d'un moment je me suis dit : « Alex si tu penses comme ça, c'est que tu es fou ! Tu ferais mieux d'adopter la pensée socialiste, comme tous tes camarades ». Au lieu de ça, j'ai décidé de créer un groupe pour faire mieux connaître ces idées. Dès la première année, plus de 200 membres nous ont rejoints. J'ai alors compris qu'il y avait toujours eu des libertariens sur le campus mais qu’ils ne se connaissaient pas entre eux.</p>
<p>L’année suivante j’ai été pris en stage à Reason Foundation <em>(ndj : think-tank américain majeur, avec lequel travaille Contrepoints)</em>. Ceci m'a permis de rencontrer d'autres groupes libertariens et nous avons commencé à échanger sur nos différentes expériences pour faire émerger les meilleures pratiques.</p>
<p>À partir de là nous avons décidé d'organiser une conférence pour 30 personnes à New York, mais celle-ci a regroupé plus d'une centaine d'étudiants venus de 42 universités de trois pays différents. Nous avons réalisé qu'il existait une véritable demande de la part des étudiants qui souhaitaient obtenir des conseils pour monter leur propre mouvement et le faire prospérer. De là est donc né le mouvement Students For Liberty. Il n'a depuis jamais cessé de grandir.</p>
<p><strong>Est-ce pour vous une activité à temps plein ou avez-vous un métier par ailleurs ?</strong></p>
<p>Pendant les trois premières années, je me suis consacré à cette association en tant que bénévole. Ensuite j’en suis devenu un salarié à temps plein tout en continuant par ailleurs mon doctorat de philosophie à l'université de Georgetown.</p>
<p><strong>D'après vous, en quoi Students For Liberty est-elle différente des autres organisations du même type ?</strong></p>
<p>À vrai dire, lorsque nous avons démarré il n'y avait pas d'autre organisation libertarienne de ce type aux États-Unis, du moins au niveau national, pour nous aider. C'est pourquoi nous avons voulu endosser ce rôle avec Students for Liberty. Les seules associations comparables seraient les Jeunes Démocrates et les Jeunes Républicains, mais celles-ci sont très politiquement liées au Parti Républicain ou au Parti Démocrate. C'est la différence avec nous, puisque notre association se revendique apolitique, destinée uniquement à diffuser des idées économiques et philosophiques. Il n’existe donc pas véritablement d’association comparable, et surtout pas avec une croissance aussi rapide que nous, en cela on peut dire que SFL est à part. En Europe, vous avez des organisations similaires, que nous essayons d’ailleurs d’épauler en leur fournissant des ouvrages gratuits et des sessions de formation. Notre seul et unique but est d'éduquer, de sensibiliser les gens aux idées qui défendent les libertés.</p>
<p><strong>Justement croyez-vous que la politique soit un complément de votre action, ou pensez-vous qu'il ne faut compter que sur la société civile pour faire émerger les idées de liberté ?</strong></p>
<p>Nous pensons que de toute manière on ne peut pas ignorer la politique. Si l'on veut véritablement que la société change, la politique est un passage obligé. Pour changer un système et les règles sur lesquelles il repose, il faut un moment ou à un autre l'intégrer.</p>
<p><strong>Pensez-vous que c'est à vous même de le faire à l'avenir, ou n’êtes-vous ici que pour influencer les partis politiques ?</strong></p>
<p>Ce qui est certain c'est qu'avant de parler d'engagement politique, il faut d'abord avoir conquis le champ des idées, les cœurs et les esprits des citoyens. N'oublions pas que les partis politiques comme les entreprises – les théoriciens du « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9kdV9DaG9peF9QdWJsaWM=" target=\"_blank\">public choice</a> » nous le rappellent – répondent avant tout à une demande. Si avec Students For Liberty nous arrivons à convaincre de plus en plus de gens que les idées libérales sont les idées d'avenir, alors nous influencerons tous les partis politiques, pas seulement les républicains et/ou démocrates. C'est pourquoi nous cherchons d'abord avant tout à développer des idées, les faire connaître, pour faire émerger une nouvelle génération d'hommes et de femmes aptes à défendre les libertés. Certains d'entre eux feront de la politique, et d'autres non. Et c'est justement une bonne chose : il faut de futurs leaders politiques qui défendront nos idées. Mais il en faut également dans toutes les couches de la société, dans toutes les professions. Ils seront les relais d'opinion du futur.</p>
<p><strong>Quelle est la plus grande réussite de Students for Liberty jusqu'à présent ? De quoi êtes-vous le plus fier ?</strong></p>
<p>Pour être honnête, toute l’association ! Je suis impressionné par la rapidité de son développement. Je le suis à chaque nouvel événement, comme aujourd'hui, à la seconde conférence européenne de SFL.</p>
<p><strong>Que pensez-vous justement de ces trois jours de débats et de conférences ? Êtes-vous satisfait de la manière dont l'événement s'est déroulé ?</strong></p>
<p>Je suis plus que satisfait, cela a dépassé toutes nos attentes ! Il y avait plus de 350 participants qui ont parlé du futur de l'Europe et du reste du monde. Il y a à peine trois ans nous mettions en place la toute première équipe européenne et nous n'étions pas du tout sûrs que le mouvement prendrait. Aujourd'hui, l'organisation grandit encore plus vite en Europe qu'aux États-Unis.</p>
<p><strong>N'est-ce pas parce que l'expérience que vous avez acquise en développant votre mouvement aux États-Unis vous a permis d'aller plus vite en Europe ?</strong></p>
<p>Cela a pu jouer, en effet.</p>
<p><strong>Quels sont les prochains objectifs de votre mouvement ? Visez-vous d'autres continents, comme l’Asie, l’Océanie, etc. ?</strong></p>
<p>Il est clair que notre organisation a pour vocation d'être mondiale, et d'aider les étudiants où qu'ils soient. Nous sommes ainsi en train de monter d'autres équipes à travers le monde, qui sont en train de créer leurs propres programmes locaux, comme au Brésil. Il faut également mentionner le lancement d'un mouvement destiné aux pays hispanophones d'Amérique du Sud.</p>
<p>Nous allons également lancer notre première conférence en Afrique d'ici à la fin 2013, peut-être au Nigeria. En Asie et en Australie, nous en sommes encore à l'étape de la recherche des meilleurs dirigeants possibles pour les futures structures.</p>
<p>Je dois dire que nous ne faisons pas ça uniquement dans le but de nous qualifier d'organisation internationale. Nous voulons vraiment créer les structures adaptées pour répondre aux besoins du plus grand nombre d'étudiants possibles à travers tous les continents. C'est pourquoi d’ailleurs nous sommes venus en Europe. Nous ne sommes pas venus en nous disant « étendons-nous à tout prix, allons conquérir l’Europe ! ». Nous sommes venus parce que nous nous sommes rendu compte qu'il y avait une véritable attente exprimée par les étudiants européens. Je suis très optimiste pour l'avenir dans la mesure où nous recevons des demandes partout à travers le monde pour que nous venions nous y implanter.</p>
<p><strong>Avez-vous entendu parler de mouvements libéraux en France ?</strong></p>
<p>Assez peu, pour être franc. Principalement à travers les antennes locales de SFL. <em>(<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS1wYXJpcy5mci8=" target=\"_blank\">Paris</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuZmFjZWJvb2suY29tL3NmbC5haXgubWFyc2VpbGxl" target=\"_blank\">Aix-Marseille</a> notamment, ndj)</em></p>
<p><strong>Qu’avez-vous à dire aux étudiants français intéressés par votre association ?</strong></p>
<p>Que nous faisons tous partie du même mouvement. Nous avons tous à cœur la défense des libertés ; c'est un combat qui ne connaît pas de frontières. Nous sommes là pour vous aider et espérons que vous allez nous rejoindre !</p>
<p>---</p>
<p>La page Facebook de ESFL: <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuZmFjZWJvb2suY29tL0V1cm9wZVNGTA==" rel=\"nofollow\" target=\"_blank\">http://www.facebook.<wbr>com/EuropeSFL</wbr></a></p>
<p>Pour rejoindre l'antenne la plus proche de chez vous ou pour démarrer la votre, rendez-vous ici: <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS5vcmcvZXVyb3BlYW4tc3R1ZGVudHMtZm9yLWxpYmVydHkvam9pbi10aGUtZXNmbC1uZXR3b3JrLw==" rel=\"nofollow\" target=\"_blank\">http://<wbr>studentsforliberty.org/<wbr>european-students-for-liberty/<wbr>join-the-esfl-network/</wbr></wbr></wbr></a></p>
<p>---</p>
<p><strong>Propos recueillis par Boris Navio, t</strong><strong>raduction-transcription par PLG.</strong></p>
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		<title>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, trente ans plus tard</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 05:51:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Lemieux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[anarcho-capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Pierre Lemieux revient sur son ouvrage publié il y a trente ans, devenu un classique pour les libertariens francophones. Il nous propose une analyse critique de l’anarcho-capitalisme et un regard rétrospectif sur l’évolution des libertés dans nos social-démocraties.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pierre Lemieux revient sur son ouvrage publié il y a trente ans, devenu un classique pour les libertariens francophones. Il nous propose une analyse critique de l’anarcho-capitalisme et un regard rétrospectif sur l’évolution des libertés dans nos social-démocraties.</strong><br />
<span id="more-122505"></span><br />
<strong>Par Pierre Lemieux.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjQvMTIyNTA1LWR1LWxpYmVyYWxpc21lLWEtbGFuYXJjaG8tY2FwaXRhbGlzbWUtdHJlbnRlLWFucy1wbHVzLXRhcmQvZHUtbGliZXJhbGlzbWUtbGVtaWV1eA==" rel=\"attachment wp-att-122508\"><img class="alignleft size-full wp-image-122508" title="Du liberalisme Lemieux" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Du-liberalisme-Lemieux.jpg?16fe88" alt="" width="177" height="258" /></a>Il y a déjà trente ans cette année que paraissait mon <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2NsYXNzaXF1ZXMudXFhYy5jYS9jb250ZW1wb3JhaW5zL2xlbWlldXhfcGllcnJlL2R1X2xpYmVyYWxpc21lX2FfYW5hcmNob19jYXBpdGFsaXNtZS9kdV9saWJlcmFsaXNtZV9hbmFyY2hvLnBkZg=="><em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em></a> dans la collection « Libre Échange » dirigée aux Presses Universitaires de France par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRmxvcmluX0FmdGFsaW9u">Florin Aftalion</a> et Georges Gallais-Hamonno. On a fait beaucoup de chemin depuis et on peut se demander ce qu’il faut retenir de ce livre, un des tout premiers à présenter l’anarcho-capitalisme en français. Le grand précurseur avait évidemment été <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR3VzdGF2ZV9kZV9Nb2xpbmFyaQ==">Gustave de Molinari</a> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-1' id='fnref-122505-1' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>1</a></sup>]. Henri Arvon m’a battu de quelques mois avec <em>Les libertariens américains</em>, publié dans la même collection que <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGVucmlfTGVwYWdl">Henri Lepage </a>avait déjà consacré quelques pages à l’anarcho-capitalisme dans <em>Demain le capitalisme</em> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-2' id='fnref-122505-2' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>2</a></sup>].</p>
<p>La principale thèse de mon livre de 1983 est résumée dans sa conclusion : « le rôle de l’État est de protéger l’anarchie ».</p>
<p>État ou anarchie ? Le livre joue sur les deux tableaux, et pour cause. L’anarchie est l’idéal. On peut démontrer que, dans l’économie, l’anarchie fonctionne, au sens où elle coordonne efficacement les actions individuelles. La démonstration exige une compréhension minimum de la science économique, ce pourquoi les anciens anarchistes, qui n’y comprenaient rien, furent incapables d’expliquer comment les individus peuvent vivre en société tout en faisant chacun ce qu’il lui plaît. Les marchés jouent précisément ce rôle de coordination tout en maximisant les possibilités de consommation. Unissant l’idéal de l’anarchie et la compréhension de l’économie, les anarcho-capitalistes ont fait cette découverte capitale que l’anarchie fonctionne. Même poussée à sa limite, disais-je, « la liberté engendre un ordre efficace ». La question est de savoir jusqu’où.</p>
<p>Contrairement au marché et aux autres interactions libres des individus, l’État est fondé sur la force, la contrainte, la violence. L’État donne des ordres et impose à certains les préférences d’autres individus. La souveraineté réclamée par l’État démocratique est absurde puisque fondée sur un territoire arbitraire. Et l’histoire démontre à l’envie les dangers de la tyrannie, démocratique ou non. L’État est toujours susceptible verser dans la tyrannie. En vérité, comme celle-ci est une question de degré, l’État est toujours plus ou moins tyrannique. Mais le « plus ou moins » a son importance.</p>
<p>La question est de savoir si l’idéal de l’anarchie pure est atteignable, jusqu’où peut aller l’anarchie. En écrivant ce livre il y a trois décennies, je m’étais demandé s’il y aurait un aller-retour dans ma démarche et peut-être même dans le titre de l’ouvrage : « Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, aller-retour » ? Doit-on revenir au libéralisme après avoir exploré l’anarcho-capitalisme, ou est-ce qu’on reste à destination ? J’avais finalement rejeté le projet de construire le livre sur un aller-retour, mais l’idée est demeurée en sourdine. Elle est visible dans le texte.</p>
<p>J’en suis un peu plus certain maintenant : il faut revenir au libéralisme ou quelque part à mi-chemin parce que l’idéal anarchiste ne semble pas réalisable. La théorie et l’histoire suggèrent qu’une société anarchique représente un équilibre instable : ou elle sera conquise par un État étranger, ou un État indigène y sera recréé, ou elle sera la proie de bandes de pillards – les « bandits nomades » de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFuY3VyX09sc29u">Mancur Olson</a>.</p>
<p>La première difficulté concerne la défense de la société anarchique contre les prédateurs étatiques étrangers. Cette défense territoriale représenterait un véritable bien public, du moins pour les anarchistes (des non-anarchistes pourraient évidemment vivre dans la société anarchique). Il est douteux que des solutions réalistes existent pour contourner le problème des passagers clandestins et assurer un niveau suffisant de production privée de ce bien public. Devant la puissance armée des tyrans étrangers, qui enrégimentent leurs sujets et réquisitionnent leurs biens, une société anarchiste aurait peu de chance de survie, comme l’histoire l’atteste. Le pronostic serait sans doute différent si l’anarchie couvrait la planète entière, mais il faudrait pour y arriver qu’elle s’installe partout en même temps.</p>
<p>Même si on néglige la menace de tyrannie étrangère, un deuxième problème mine l’idéal anarchiste : la sécurité publique intérieure relève vraisemblablement d’un monopole naturel. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9iZXJ0X05vemljaw==">Robert Nozick </a>soutient que la concurrence entre agences ou associations privées de sécurité mènera à la domination de l’une d’entre elle [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-3' id='fnref-122505-3' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>3</a></sup>]. L’anarchie déboucherait tôt ou tard sur la création d’un nouvel État. L’État apparaît inévitable [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-4' id='fnref-122505-4' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>4</a></sup>]. Or, n’en déplaise à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTXVycmF5X1JvdGhiYXJk">Murray Rothbard</a>, cette éventualité comporte un risque car le nouvel État pourrait fort bien être encore plus insupportable que l’ancien. Tous les États ne sont pas également tyranniques.</p>
<p>Une troisième forme d’instabilité apparaît si l’état de nature se caractérise par une anarchie hobbienne plutôt que lockéenne. Contrairement à ce que supposent <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSm9obl9Mb2NrZQ==">John Locke</a> et Robert Nozick, les gens ne respectent pas nécessairement les droits d’autrui ; sans État, ils se livrent plutôt à une « guerre de tous contre tous » à la Hobbes. C’est dans ces termes que, dix ans après la publication de <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>, Mancur Olson a posé le problème [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-5' id='fnref-122505-5' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>5</a></sup>]. Dans l’anarchie, soutient Olson, des bandits nomades ratissent le territoire, volant, pillant et tuant ceux qui résistent. Ils n’ont aucune raison de se retenir puisque ce que chaque chef de guerre ne vole pas, le bandit nomade suivant qui passera par là le volera à sa place. L’accumulation du capital (des instruments aratoires, par exemple) est donc impossible et le niveau de subsistance est tout ce que les victimes peuvent espérer.</p>
<p>Le processus nous ramène au monopole de la sécurité. Les victimes se rallieront derrière un des bandits nomades pour obtenir sa protection contre les autres. Ce bandit nomade vaincra ses concurrents, établira son règne, et deviendra bandit sédentaire. Ses sujets étant désormais protégés d’autres bandits que lui-même, le bandit sédentaire comprendra qu’il est dans son intérêt de les exproprier en partie seulement afin qu’ils continuent d’investir, de produire et de payer l’impôt année après année. Les sujets du bandit sédentaire paieront plus d’impôt mais sur un revenu plus élevé, de sorte qu’il leur en restera davantage une fois le percepteur passé. Aujourd’hui même, les gens font écho à cette intuition quand ils préfèrent, tout en bougonnant, payer l’impôt sur des revenus qu’ils croient qu’ils n’obtiendraient pas sans l’État pour les protéger.</p>
<p>Cette intuition n’est pas sans danger. L’État qui sort de l’anarchie combat la violence par la violence. Dans son propre intérêt, le bandit sédentaire exerce contre ses propres sujets plus de violence qu’il ne serait nécessaire pour empêcher la gestation de concurrents et le retour des bandits nomades. Il exploite ses sujets de manière optimale. Mancur Olson voit la démocratie comme la solution du problème : quand le bandit solitaire se confond avec l’ensemble de ses sujets, il aura intérêt à les exproprier du seul minimum nécessaire pour les protéger contre les bandits intérieurs et les tyrans étrangers. Le bandit sédentaire démocratique ne s’exploitera pas lui-même si on peut parler ainsi. Telle est, en tout cas, la théorie olsonienne.</p>
<p>Mettre en doute la possibilité d’une anarchie pacifique, admettre que la violence de l’État est nécessaire pour limiter celle qui résulterait de l’anarchie, est-ce légitimer la violence ? Pas nécessairement, mais cela revient à accepter la violence inévitable. Il faut se réconcilier avec la violence, qui a toujours existé parmi les hommes et les autres animaux et dont on ne voit pas comment elle cessera jamais d’exister. Il n’y a pas d’état de nature lockéen ni d’État nozickien, où la plupart des gens respectent la morale et renoncent spontanément à la violence. Il faut donc encadrer l’inévitable violence pour la minimiser. Cette vieille idée libérale rejoint la solution de Olson, en y ajoutant l’idée essentielle que la démocratie elle-même a besoin d’être limitée de peur que la majorité n’exploite systématiquement les minorités.</p>
<p>Le « principe de non-agression » me fait penser au « principe de non-gravité ». Un monde sans agression est aussi souhaitable qu’un monde où on pourrait vaincre la pesanteur à volonté. Ni l’un ni l’autre n’est possible. Quand je réfléchis à cette question, je me rappelle toujours l’extraordinaire incipit du <em>Libéralisme</em> d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5bWlsZV9GYWd1ZXQ=">Émile Faguet</a> :</p>
<blockquote><p>« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Cet axiome, qui est à peu près aussi juste que ne serait celui-ci : « Le mouton est né carnivore et partout il mange de l’herbe », est, comme on sait, la première ligne du <em>Contrat social</em>, ouvrage destiné à prouver que l’homme est né libre, à montrer qu’il ne l’est nulle part, à assurer qu’il doit le redevenir et à organiser une société où il serait plus opprimé qu’en Turquie [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-6' id='fnref-122505-6' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>6</a></sup>].</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMTAvODk3OTktbXVycmF5LXJvdGhiYXJkLWRhdmlkLWZyaWVkbWFuLWV0LWxhbmFyY2hvLWNhcGl0YWxpc21lL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTM2OC1hbmFyY2hvLWNhcGl0YWxpc21l" rel=\"attachment wp-att-89840\"><img class="alignright  wp-image-89840" title="imgscan contrepoints 368 anarcho-capitalisme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/imgscan-contrepoints-368-anarcho-capitalisme-824x1024.jpg?16fe88" alt="" width="270" height="336" /></a>À l’idée que l’État est nécessaire pour minimiser la violence, il est trop facile de répondre par une entourloupette logique. L’État, soutiennent certains, s’identifie avec la violence, il n’y a pas de violence sans État. Les bandits nomades de même que toute bande criminelle sont des États <em>par définition</em>. « État » et « violence » étant identiques, il s’ensuit que l’abolition de l’État supprimerait la violence <em>par définition </em>[<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-7' id='fnref-122505-7' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>7</a></sup>]. Ce raisonnement est tautologique. Il est plus utile d’admettre que l’État implique la violence mais que la violence n’implique pas nécessairement l’État. Même sans État, la violence existerait.</p>
<p>La minimisation de la violence se présente alors comme une fonction de l’État qui satisfait l’intérêt, et donc emporte le consentement, sinon de tous les individus, du moins de leur vaste majorité. « L’État est nécessaire comme lieu où le pouvoir peut être limité », écrivais-je dans <em>Du libéralisme…</em>. Et encore : « L’État minimal protège l’anarchie. » Comme le disait si bien Raymond Ruyer, le libéralisme est « l'anarchisme véritable, réalisable et réalisé, et non resté à l'état de déclaration sentimentale » [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-8' id='fnref-122505-8' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>8</a></sup>].</p>
<p>Pour échapper et à la guerre hobbienne de tous contre tous et à l’État, il est une autre solution : les traditions étouffantes de la tribu, où toute incartade ou initiative individuelle est tuée dans l’œuf. Les théoriciens anarcho-capitalistes invoquent le cas de l’Irlande et de l’Islande médiévales, qui ont survécu des siècles sans le pouvoir politique organisé que nous appelons État. Mais le fait que les sociétés de ce genre n’aient pas été des pépinières de savants, d’artistes et d’entrepreneurs, ni brillé par les possibilités de consommation offertes à leurs membres, suggère que la vaste majorité des gens rejetteraient ce mode de vie.</p>
<p>Le monde actuel est très différent de celui de 1983. « Le grand problème de notre époque, écrivais-je alors, est de sortir de l’étatisme. » Mission ratée. Depuis les années 1980, la tyrannie a connu une progression foudroyante. Des écrans de fumée le cachent. L’empire soviétique s’est effondré et une liberté accrue s’en est suivie pour ses anciens sujets. Le risque de guerre nucléaire mondiale a été supprimé (pour le moment, en tout cas), mais remplacé par un risque terroriste que nos propres États ont su, pour attaquer nos libertés, exploiter encore mieux que le vieux prétexte de la guerre. La progression de la tyrannie a également été occultée par la suppression du contrôle des changes (jusqu’à Chypre…) et l’établissement de la liberté de circulation en Europe de l’Ouest. Certes, il y a eu des progrès, mais la liberté a reculé partout ailleurs.</p>
<p>Le phénomène marquant des deux ou trois dernières décennies réside dans la montée constante du contrôle et de la surveillance étatiques. Aidés par les technologies de l’information, les États ont acquis des moyens insoupçonnés de surveiller et d’espionner les gens et, par conséquent, une capacité inédite de les contrôler. Des papiers d’identités biométriques au monitoring continu des transactions financières en passant par les caméras de surveillance et les fouilles devenues routine, on n’échappe plus à l’État. Devant l’État de Surveillance actuel, George Orwell et Aldous Huxley n’en croiraient pas leurs yeux. Le terminal d’aéroport préfigure ce monde nouveau, mais le phénomène ne date pas du 11 septembre 2001, qui n’a servi que de prétexte aux États pour ajouter un autre motif de surveillance et de contrôle. Ils nous surveillaient et nous contrôlaient déjà pour notre propre bien, pour nous ouvrir le Meilleur des Mondes. Les terroristes islamistes, qui détestaient ce qui nous restait de liberté, leur ont donné un fier coup de pouce.</p>
<p>L’État qui nous espionne et nous contrôle semble doux, mais c’est surtout pour ses favoris et ceux qui partagent ses valeurs ; il est particulièrement vicieux contre ceux dont le mode de vie contredit les diktats officiels : fumeurs, consommateurs de drogue, chasseurs et tireurs, entrepreneurs indociles, et tous autres inadaptés sociaux – que l’on devrait plutôt appeler « inadaptés étatiques ». Ces inadaptés sociaux sont parfois différents d’un pays à l’autre : par exemple, la peur irrationnelle du sexe et de l’alcool remplace aux USA la frousse hystérique qu’éprouvent les Européens devant les armes à feu aux mains des simples citoyens. À plusieurs égards, les États qui nous gouvernaient il y a 30 ans étaient beaucoup moins menaçants.</p>
<p>L’Amérique a cessé d’être un phare de la liberté, une tragédie dont on ne mesure pas encore toute l’ampleur. Dans ce pays, le droit de porter des armes est à peu près le seul qui ait progressé depuis <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Dans les autres pays, le droit d’auto-défense a suivi le déclin, déjà consommé, du droit pour les simples citoyens d’être armés comme leurs soi-disant protecteurs.</p>
<p>La montée de l’étatisme, qui a également marqué presque tous les secteurs de l’économie, ne pouvait que provoquer des crises. La Grande Récession de 2008-2009, née aux USA, en a fourni une démonstration éclatante. De 1960 à la veille de la Grande Récession, la réglementation fédérale américaine a été multipliée par 11 si on la mesure par le budget des bureaux de réglementation ; le facteur est de 14 si on inclut les budgets des bureaux fédéraux chargés de la sécurité. La Grande Récession a pris sa source dans le marché de l’immobilier résidentiel, dont la stimulation artificielle découlait de la politique sociale américaine, et dans le marché des hypothèques résidentielles, dont l’État américain occupait la moitié. Ajoutez à cela une politique monétaire laxiste, et vous avez tous les ingrédients nécessaires pour provoquer une crise économique. L’État monstrueux que nous connaissons est devenu la source première de « risque systémique » [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-9' id='fnref-122505-9' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>9</a></sup>].</p>
<p>On oublie également que la crise des dettes souveraines n’est pas une crise du capitalisme ou du libéralisme – et encore moins, est-il besoin de l’ajouter, une crise de l’anarcho-capitalisme. Si on mesure la dette publique des principaux pays de la zone euro en 2010, on constate que les trois-quarts de cette dette avaient été accumulés avant 2008 [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-10' id='fnref-122505-10' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>10</a></sup>]. La crise économique de 2008-2007 n’a fait que révéler et aggraver le gouffre de la dette et des déficits publics, qui se creusaient depuis longtemps. Pour éviter le problème, il aurait fallu sortir de l’étatisme.</p>
<p>J’apporterais aujourd’hui quelques modifications à <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Certaines concernent des détails. La société General Motors a quitté Sainte-Thérèse au Canada et y a même rasé son usine ; le terrain est maintenant occupé par un centre d’achats, autre exemple de la « destruction créatrice » dont parlait Joseph Schumpeter. Un funambule a finalement réussi à traverser les chutes du Niagara le 15 juin 2012, près de 30 ans après que j’eus conclus que cela était désormais impossible. Parfois, l’État relaxe son emprise, surtout quand il peut renflouer ses coffres (comme dans ce cas-là) en donnant du pain et des jeux au bon peuple.</p>
<p>Autre exemple : j’ai sans doute été un peu dur avec Jacques Attali, qui avait entrevu la montée de l’État de Surveillance, et proposait maladroitement la solution d’un État socialiste qui, par miracle, éviterait d’utiliser ses nouveaux pouvoir pour surveiller et contrôler ses sujets. Attali proposait que l’État contrôle le crédit et (je vous le donne en mille !) « l’industrie de l’habitat », c’est-à-dire précisément le genre de politiques qui ont mené à la crise des dettes publiques et à la Grande Récession. En réalité, la gauche et la droite ont continué d’apporter chacune ses propres pierres à la construction de l’État policier, et sans jamais renverser les mesures liberticides adoptées par les prédécesseurs au pouvoir.</p>
<p>Depuis 1983, les questions relatives au libéralisme et à l’anarcho-capitalisme ont intéressé un nombre croissant d’universitaires et on fait l’objet d’un foisonnement de recherches. Ces recherches m’amèneraient à proposer de nouveaux arguments et à reformuler ou infléchir ceux que je présentais alors. La théorie des jeux a servi à expliquer la formation des règles de comportement de même que la production privée de biens publics. Les théoriciens de la banque libre ont amélioré la théorie hayekienne de la monnaie. La théorie des choix publics a montré qu’il y a davantage à dire sur l’irrationalité de l’État – irrationalité par rapport à quoi et à qui ? – que ce que j’en dis dans <em>Du libéralisme…</em> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-11' id='fnref-122505-11' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>11</a></sup>]. J’ai expliqué plus haut comment je suis devenu plus critique envers l’anarchie, mais on constatera que ces doutes figuraient déjà dans mon livre d’il y a trente ans.</p>
<p>Un point qui est moins mineur qu’il n’y paraît concerne la question des armes à feu. J’ai été un peu trop prudent en écrivant : « Le résultat net des effets pervers et des effets désirés du contrôle des armes à feu sur la criminalité est pour le moins discutable. » Je n’avais pas le bénéfice de toute la recherche qui s’est faite depuis. On sait maintenant que l’effet net du contrôle des armes à feu est d’augmenter la criminalité [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-12' id='fnref-122505-12' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>12</a></sup>], sans compter ses conséquences sur la relation entre le supposé maître, le citoyen désarmé, et son soi-disant serviteur, l’État armé – et de plus en plus puissamment armé.</p>
<p>D’un point de vue méthodologique, j’établirais maintenant une distinction plus nette entre l’analyse économique et les considérations éthiques. Je serais plus critique envers l’état de nature lockéen, pour le fonctionnement duquel la morale nécessaire est présumée exister <em>a priori</em>. Je serais plus critique également envers la théorie du droit naturel. On ne peut comprendre la loi naturelle sans la biologie évolutionniste et la théorie des jeux [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-13' id='fnref-122505-13' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>13</a></sup>]. Il me semble également clair que toute théorie éthique doit prendre en considération les conséquences des actions et institutions humaines. Un cas extrême servira d’illustration : une moralité qui entraînerait des conséquences que <em>tout le monde</em> déteste serait indéfendable quelle que soit sa beauté ou sa rigueur logique.</p>
<p>Je me suis écarté du rationalisme aride à la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHlzYW5kZXJfU3Bvb25lcg==">Lysander Spooner</a> et à la Murray Rothbard pour me rapprocher davantage du rationalisme critique et évolutionniste de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnJpZWRyaWNoX0hheWVr">Friedrich Hayek</a>. La raison est indispensable, mais il faut être conscient de ses limites, comme Bertrand Russell et Kurt Gödel l’ont montré de manière si éclatante dans le domaine même de la logique pure. <em>Contra</em> Spooner, la plus grande partie de l’interaction humaine repose sur des règles tacites plutôt qu’explicites et il est illusoire de rejeter tout ce qui ne relève pas d’un contrat écrit. <em>Contra</em> Rothbard, faire sortir de la cuisse de Jupiter des institutions imaginaires comme la « règle des deux tribunaux » n’explique pas grand-chose.</p>
<p>Cela étant, contre l’État monstrueux qui continue d’engraisser, je crois que mon livre de 1983 demeure un antidote utile. Il s’inscrit dans une lignée maintenant longue de critiques des idées étatistes reçues. Quelque part sur le continuum entre le libéralisme et l’anarcho-capitalisme se trouve la solution aux problèmes actuels.</p>
<p>---<br />
<strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-122505'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-122505-1'>Gustave de Molinari, « De la production de la sécurité », <em>Journal des Économistes</em>, vol. 22, n° 15 (février 1849), p. 277-290. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-2'>Henri Lepage, <em>Demain le capitalisme,</em> Paris, Librairie Générale Française, 1978. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-3'>Robert Nozick, <em>Anarchy, State and Utopia</em>, New York, Basic Books, 1974; traduit en langue française sous le titre <em>Anarchie, État et utopie</em>, Presses Universitaires de France, 2008. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-4'>Voir Randall G. Holcombe, « Government : Unnecessary but Inevitable », <em>The Independent Review</em>, vol. 8, n° 3 (hiver 2004), p. 325-342; et, du même auteur, « Is Government Really Inevitable », <em>Journal of Libertarian Studies</em>, vol. 21, n° 1 (printemps 2007), p. 41-48. Pour les arguments contraires, on consultera Peter T. Leeson et Edward P. Stringham, « Is Government Inevitable ? Comment on Holcombe’s Analysis », <em>The Independent Review</em>, vol. 9, n° 4 (printemps 2005), p. 543-549, et Walter Block, « Governmental Inevitability : Reply to Holcombe », <em>Journal of Libertarian Studies</em>, vol. 19, n° 3 (été 2005), p. 71-93. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-5'>Mancur Olson, « Dictatorship, Democracy and Development », <em>American Political Science Review</em>, vol. 87, n° 3 (septembre 1993), p. 567-576. Martin C. McGuire et M. Olson, « The Economics of Autocracy and Majority Rule : The Invisible Hand and the Use of Force », <em>Journal of Economic Literature</em>, vol. 34, n° (mars 1996), p. 72-96. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-6'>Émile Faguet, <em>Le Libéralisme</em>, Paris, Société française d’Imprimerie et de Librairie, 1902, p. 1. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-7'>Voir Walter Block, <em>op. cit.</em>, p. 85 et <em>passim</em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-7'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-8'>Raymond Ruyer, <em>Éloge de la société de consommation</em>, Paris, Calmann-Lévy, 1969, p. 267. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-8'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-9'>Voir<em> </em>Pierre Lemieux, <em>Somebody in Charge : A Solution to Recessions ?</em>, New York, Palgrave Macmillan, 2011, p. 75 et <em>passim</em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-9'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-10'>Pierre Lemieux, <em>The Public Debt Problem : A Comprehensive Guide</em>, New York, Palgrave-Macmillan, 2013. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-10'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-11'>Pierre Lemieux, « The Public Choice Revolution », <em>Regulation</em>, vol. 27, n° 3 (automne 2004). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-11'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-12'>Voir notamment John Lott, <em>More Guns, Less Crime: Understanding Crime and Gun Control Laws</em>, Chicago et Londres, University of Chicago Press, 1998. Joyce Lee Malcolm, <em>Guns and Violence: The English Experience</em>, Cambridge et Londres, Harvard University Press, 2002. Pierre Lemieux, <em>Le droit de porter des armes</em>, Paris, Les Belles Lettres, 1993. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-12'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-13'>Voir, par exemple, Robert Sugden, <em>The Economics of Rights, Cooperation and Welfare</em>, deuxième edition, New-York, Palgrave Macmillan, 2004. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-13'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Raymond Boudon, un sociologue libéral perdu chez les holistes</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:40:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc Floury</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le père de la rationalité est décédé quelques jours à peine après Margaret Thatcher. Si l'on peut parler de fatalisme, cette triste nouvelle est avant tout l'occasion de rappeler l'héritage conséquent de ce grand intellectuel quasiment inconnu en France, et pourtant si réputé à l'étranger.</strong><br />
<span id="more-121402"></span><br />
<strong>Par Loïc Floury.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMTgvNTYyNTEtbGEtc29jaW9sb2dpZS1jb21tZS1zY2llbmNlLWRlLXJheW1vbmQtYm91ZG9uL3JheW1vbmQtYm91ZG9u" rel=\"attachment wp-att-56253\"><img class="aligncenter size-full wp-image-56253" title="Raymond Boudon" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/11/Raymond-Boudon.jpeg?16fe88" alt="" width="427" height="259" /></a></p>
<p><strong>Boudon et les Français : l'individualisme à la trappe</strong></p>
<p>Si Boudon avait parfaitement su analyser le problème, force est de constater qu'il n'a jamais su le résoudre au vu de sa quasi-absence de la scène médiatique : faisant partie de ses intellectuels français « mondialement inconnu à Paris », ce sociologue réputé sur le plan académique est toujours resté inconnu du grand public. Sa mort n'y change d'ailleurs pas grand chose : une brève dans <em>Libération, </em>un article dans <em>Le Monde, Le Figaro </em>et dans<em> Contrepoints</em>. Pourtant, l'homme avait tout pour être connu médiatiquement : rare opposant à Pierre Bourdieu (1930-2002), il figurait avec Philippe Bénéton et quelques autres dans la lutte inégale contre le holisme méthodologique encensé par les médias. Son premier ouvrage, <em></em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjAxMDEwNTQ0Mz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>L'Inégalité des chances</em></a><em> </em>(Éditions Armand Colin ; 1973) passe alors comme une réponse inaperçue aux <em>Héritiers</em> paru en 1964.</p>
<p>Ce voile médiatique n'empêche cependant pas Boudon d'obtenir la reconnaissance de ses pairs sur le plan scientifique : professeur à la Sorbonne, il accumule rapidement les postes de directeur de rédaction au sein de nombreuses et prestigieuses revues : <em>L’Année sociologique</em>, tout d'abord, puis <em>Quality and Quantity,</em> la <em>Revue française de sociologie</em> ou encore <em>The American Journal of Sociology, Theory and Decision.</em> Membre de nombreuses sociétés savantes, Boudon s'illustre notamment auprès de l’Académie des sciences morales et politiques, de l'<em>Academia europaea</em>, de l<em>'American Academy of Arts and Sciences</em>, de la <em>British Academy</em>, de la société Royale du Canada, de l'<em>European Academy of sociology</em>, de l'Académie des Sciences Humaines de Saint-Petersbourg, de l'Académie des sciences sociales d'Argentine, de l'Académie des arts et des sciences d'Europe Centrale, de l'Académie de Philosophie et des Sciences. Non content d'une renommée internationale, l'homme rédige notamment quelques articles pour l'édition française de <em>l'</em><em>Encyclopædia Universalis. </em>Intellectuel reconnu, Boudon s'illustre alors par un prosélytisme rare de par sa diversité.</p>
<p><strong>Boudon : un auteur prolifique</strong></p>
<p>Sociologue, Boudon est tout de suite qualifié « d'empêcheur de tourner en rond » (Jean Cazeneuve) : son importante bibliographie le démontre, cet anti-Bourdieu possède un champ de recherche presque encyclopédique. Philosophe, il se démarque dans le courant épistémologique avec trois ouvrages majeurs : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49Mjc1NzgyMzYxMj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>L’Idéologie, ou l’Origine des idées reçues </em></a>(Éditions Fayard, 1986), <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjAxMjc5NDE3Mz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Le juste et le vrai : Études sur l'objectivité des valeurs et de la connaissance </em></a>(Éditions Fayard, 1995) et enfin, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU5Mjk0NT90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE=">Croire et savoir : penser le politique, le moral et le religieux</a></em> (Éditions PUF, 2012).<em> </em>Politiste, il écrit notamment sur l'héritage contemporain tocquevillien (<em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjczODExNTQ5Nz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE=">Tocqueville aujourd'hui</a>,</em> Éditions Odile Jacob, 2005) mais également sur les limites et les réformes nécessaires au système démocratique actuel (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjczODExODUyNj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Renouveler la démocratie. Éloge du sens commun</em></a>, Éditions Odile Jacob, 2006) ou encore le relativisme.</p>
<p>S'inscrivant dans la lignée des auteurs s'intéressant à la question de la popularité du libéralisme en France, Boudon écrit <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDgvMTkvNDEzNjMtcG91cnF1b2ktbGVzLWludGVsbGVjdHVlbHMtbiVFMiU4MCU5OWFpbWVudC1wYXMtbGUtbGliZXJhbGlzbWU="><em>Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme</em></a> (Éditions Odile Jacob, 2004), complétant les articles d'Alain Wolfelsperger sur le sujet, à savoir « L'attitude des médias de masse à l'égard du libéralisme économique » (<em>Journal des économistes et des études humaines</em>, Vol 12, n°4, décembre 2002) et <em>« L’ultra-antilibéralisme ou le style paranoïde dans la critique »</em> (Revue<em> Commentaire</em>, N°116, Hiver 2006). Partisan de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSW5kaXZpZHVhbGlzbWVfbSVDMyVBOXRob2RvbG9naXF1ZQ==">individualisme méthodologique</a>, Boudon contribue alors à forger une solide théorie de la rationalité, laquelle s'avère être le véritable axiome de la pensée libérale. On le sait, l'économie n'est pas la simple étude des faits économiques mais l'étude de « l'action humaine » (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVkd2lnX3Zvbl9NaXNlcw==">Ludwig Von Mises</a>), soit le comportement humain individuel dans sa tentative de répondre à des besoins individuels en vertu d'un contexte donné.</p>
<p><strong>Boudon et la rationalité : l'idole libérale et le modèle Brunner-Meckling</strong></p>
<p>Si Boudon était très prisé par les milieux libéraux, c'est incontestablement en raison de sa contribution majeure à la théorie de la rationalité, notamment grâce à son modèle rationnel général.</p>
<p>Boudon a écrit plusieurs ouvrages récents sur le sujet, tels que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU2NDgzNj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Essais sur la théorie générale de la rationalité</em></a> (Éditions PUF, 2007) ou encore <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU3MTYzOD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>La Rationalité</em></a> (Éditions PUF, Coll. « Que sais-je ? », 2009), mais le plus abordable sur ce sujet demeure sans doute<em> </em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDUyNjY0MD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Raison, bonnes raisons</em></a> (Éditions PUF, 2003) dans lequel Boudon résume l'intégralité de la théorie de la rationalité de la manière suivante à l'aide d'un certain nombre de postulats (P) : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTIvMTIxNDAyLXJheW1vbmQtYm91ZG9uLXVuLXNvY2lvbG9ndWUtbGliZXJhbC1wZXJkdS1jaGV6LWxlcy1ob2xpc3Rlcy90YWItcmF0aW9uYWxpdGU=" rel=\"attachment wp-att-121408\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121408" title="tab rationalité" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/tab-rationalité.jpg?16fe88" alt="" width="625" height="453" /></a></p>
<p>Autrement dit, la théorie du choix rationnel connait son paroxysme dans le célèbre modèle développé par Karl Brunner et William Meckling dans un de leur article désormais célèbre [<sup class='footnote'><a href='#fn-121402-1' id='fnref-121402-1' onclick='return fdfootnote_show(121402)'>1</a></sup>] : l'individu est alors dit <strong>évaluateur</strong> (l’individu prévoit les conséquences de ses actes futurs et est transitif : l'individu change sans cesse d’avis car classe continuellement ses préférences en fonction de ses expériences ; pour les libertariens, cette irréductible subjectivité doit cependant avoir un obstacle : le droit naturel), <strong>inventif </strong>(l’individu est capable de calculer le lendemain et se donne donc inconsciemment les moyens d’arriver à ses fins) et <strong>maximisateur </strong>(en fonction du coût d’opportunité, l’individu recherche au maximum des flux de satisfaction : préférant plus à moins, il se doit d’éprouver plus d’utilités que de désutilités). Si la maximisation est inhérente à la théorie des choix rationnels, une limite apparaît avec la théorie de la rationalité limitée, où la satisfaction prime : nous recherchons plus à moins jusqu’à ce que le coût d’opportunité lié à la recherche de l’information (et donc à la satisfaction de l’utilité) soit plus élevé que la satisfaction recherchée. En réalité, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR2FyeV9CZWNrZXI=">Gary Becker</a> apportera une nouvelle limite à la théorie de la rationalité en affirmant que si l'individu est par principe rationnel, il l'est dans la limite de l'information dont il dispose. Autrement dit, le problème de l'individu qui agit est de voir à sa manière tout en voyant juste au moment où il agit. Si l'individu peut paraître irrationnel, c'est justement parce que le jugement que nous portons sur son action est anachronique.</p>
<p>De par sa simplicité, la théorie de la rationalité s'avère robuste : l'apport de Boudon en la matière est conséquent et gagnerait à être entendu. Les médias français, les manuels d'économie mais également bon nombre d'économistes ont su lui préférer les sophismes bourdieusiens et/ou marxistes. Si Boudon est mort dans l'indifférence médiatique, bon nombre de libéraux ne l'oublieront pas de sitôt. Son héritage intellectuel est conséquent, il nous appartient de le préserver : la compréhension de l'action humaine du point de vue libéral en dépend.</p>
<p>---<br />
Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-121402'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-121402-1'><em>« The Perception of Man and the Conception of Government » Journal of Money, Credit, and Banking, </em>n°9 (février 1977). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-121402-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Thatcher et l&#039;Europe : un héritage politique méconnu</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 06:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc Floury</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Oui, l'Europe aurait pu être libérale, et Thatcher avait su le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entendait conférer aux institutions communautaires, mais telle n'est pas la voie que l'UE empruntât.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Oui, l'Europe aurait pu être libérale, et Thatcher avait su le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entendait conférer aux institutions communautaires, mais telle n'est pas la voie que l'UE empruntât.</strong></p>
<p><strong>Par Loïc Floury.</strong><br />
<span id="more-121073"></span></p>
<div id="attachment_121122" class="wp-caption aligncenter" style="width: 556px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnUvdGhhdGNoZXJfb2JpdA==" rel=\"attachment wp-att-121122\"><img class=" wp-image-121122 " title="thatcher_obit" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/thatcher_obit.jpg?16fe88" alt="" width="546" height="350" /></a><p class="wp-caption-text">Thatcher lors d'un sommet économique mondial en 1985.</p></div>
<p>La Reine du libéralisme décédée, les hommages ne tardèrent pas, et les insultes non plus. En tant que thatchériste convaincu, j'aurais pu, comme nombre de mes pairs libéraux, écrire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">un vibrant hommage à Maggie</a> en la remerciant d'avoir su montrer ce qu'était la politique et notamment le fait d'avoir des convictions et de les assumer. J'aurais pu également, en bon nostalgique, me replonger dans ses <em>Mémoires</em>, soit deux conséquences tomes publié (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjI2MDY1OTAzP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>10 Downing Street </em></a>et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjI2MDc4MzU1P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Les chemins du pouvoir</em></a> aux Éditions Albin Michel) ou relire son excellente biographie écrite par Jean-Louis Thiériot (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjYyMDM1MDkxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Margareth Thatcher : de l'épicerie à la Chambre des Lords </em></a>aux Éditions Perrin). Au lieu de cela, j'eus le plaisir de redécouvrir un texte quasiment méconnu de la Dame de Fer : son discours tenu à La Haye le 5 mai 1992 sobrement intitulé « <em>L’architecture politique de l’Europe</em> ».</p>
<p>Peu conséquent (une vingtaine de pages), le discours est cependant toujours d'actualité et gagnerait à être d'avantage connu, pour la bonne et simple raison qu'on ne peut comprendre l'Europe d'aujourd'hui sans l'avoir lu et compris. À lui tout seul, ce monologue résume l'intégralité des problèmes européens et propose des solutions concrètes, franchement empreintes du libéralisme. L'idée est la suivante : oui, l'Europe peut être libérale (et Thatcher saura le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entend conférer aux institutions communautaires), mais telle n'est pas la voie que nous empruntons.</p>
<p><strong>Thatcher et la PAC : au-delà du « <em>I want my money back </em>»</strong></p>
<p>On retrouvera notamment dans ce discours, la critique de l'interventionnisme maladif en matière agricole et leurs conséquences : le combat contre la Politique Agricole Commune contre laquelle Lady Thatcher se montra particulièrement virulente n'était pas seulement justifié pour des raisons financières (on se souviendra longtemps de son célèbre «<em> I want my money back </em>» prononcé lors du Sommet de Dublin le 30 novembre 1979) mais bien en raison de l'entrave que cette politique désastreuse constitue au libre-échange. Thatcher dira ainsi : «<em> Nous avons constaté, à maintes reprises, que des institutions conçues pour régler un ensemble de problèmes ponctuels peuvent devenir des obstacles face aux problèmes nouveaux – et qu’elles peuvent d’ailleurs en elles-mêmes constituer des problèmes. La Politique agricole commune en est un exemple. À l’origine, ses objectifs modestes étaient loin d’être déraisonnables. Nous savons pourtant tous que la Politique agricole commune constitue à présent une coûteuse source de problèmes, susceptible de faire échouer les négociations de l’Uruguay Round. Au nom de la protection de l’agriculture, nous avons cessé d’importer des produits alimentaires en provenance des pays les plus pauvres (…) Pourtant, dans la partie industrialisée du monde, le contribuable et le consommateur doivent allonger 270 milliards de dollars, en additionnant subventions et coûts plus élevés. Et la Banque mondiale a calculé que si les tarifs douaniers étaient diminués de moitié, les pays les plus pauvres y gagneraient tout de suite 50 milliards de dollars </em>» avant de poursuivre malicieusement : « <em>Au cas où vous trouveriez cette opinion quelque peu anti-européenne, je dois préciser qu’elle a été exprimée dans un éditorial des pages économiques du Frankfurter Allgemeine Zeitung du 4 mai dernier </em>».</p>
<p>Affirmer que Thatcher est une anti-européenne convaincue relève de l'ignorance totale : non seulement Maggie aura su par exemple reconnaître les mérites du vieux continent tant pour résoudre les problèmes de l'après-guerre que pour sa lutte contre le Bloc de l'Est durant la Guerre Froide (<em>« L’Europe occidentale s’est (...) unie contre la menace soviétique et, adoptant les préceptes anglo-saxons, elle est devenue libre et très prospère. Cette prospérité, dont furent privés les peuples d’Europe orientale et de Russie, a fini par démobiliser les dirigeants communistes et par pousser la base à la révolte »).</em> Au-delà de ces compliments, Thatcher ira plus loin et analysera comme personne les principaux problèmes européens avant même que ceux-ci ne surviennent et en profite pour donner sa vision de l'Europe autour de trois questions phares : comment faire face au déséquilibre engendré par la réunification et la résurrection de l’Allemagne ? Comment réformer les institutions européennes afin qu’elles reflètent la diversité de l’Europe post-communiste et soient véritablement démocratiques ? Comment s’assurer que la nouvelle Europe contribue à la prospérité économique du monde et à sa stabilité politique, au lieu de les menacer ?</p>
<p><strong>Thatcher et la question allemande </strong></p>
<p><em>« La puissance de l’Allemagne est un problème – autant pour les Allemands que pour les autres Européens. L’Allemagne est trop grande pour n’être qu’un partenaire comme les autres du jeu européen, mais elle n’est pas assez grande pour établir une suprématie absolue sur ses voisins ». </em>De par cette citation, Thatcher démontre qu'elle a parfaitement compris le point suivant : l'Europe se fera avec l'Allemagne ou ne se fera pas. Et l'Histoire lui a parfaitement donné raison, notamment en matière monétaire, puisque la BCE que nous connaissons n'est qu'une pâle copie de la célèbre <em>Bundesbank</em>. Ayant parfaitement bien compris l'héritage historique des années noires de l'Allemagne, Thatcher avait d'ailleurs anticipé cette construction et ses conséquences (<em>« </em><em>L’Allemagne est bien placée pour encourager une (…) prudence financière. J’accorderais certainement plus de confiance à la Bundesbank qu’à toute autre Banque centrale européenne pour ce qui est de combattre l’inflation – car les Allemands ont conservé le souvenir, pas si lointain, du chaos et de l’extrémisme politique qu’engendre l’hyper-inflation. Les Allemands ont donc raison de s’inquiéter des conditions de l’Union économique et monétaire qu’ils ont approuvées. Si j’étais allemande, je préférerais que ce soit la Bundesbank qui fournisse l’équivalent moderne de l’étalon or plutôt qu’un regroupement des Banques centrales européennes »</em>) mais ne l'approuvait pas pour autant. Non pas que l'euro soit un échec parce que « Maggie » l'avait prédit, mais bien parce que l'Europe n'est pas une zone monétaire optimale au sens de Robert Mundell.</p>
<p>Au-delà du problème monétaire européen, Thatcher combattait un potentiel fédéralisme européen calqué sur le modèle allemand. Elle résuma d'ailleurs le problème en deux questions : l'Europe doit-elle devenir un État fédéral, strictement réglementé et bureaucratiquement centralisé, imposant des normes uniformes à tout le continent ? Ou doit-elle au contraire, constituer une Europe des États souverains, décentralisée et libérale, fondée sur la concurrence, au sein d’une zone de libre-échange, entre systèmes fiscaux et sociaux propres à chaque pays ? Si Thatcher se méfiait de l'Europe, c'est bien en raison de ses fondements mêmes (<em>« </em><em>Lorsque les fondateurs de la Communauté européenne rédigèrent le traité de Rome, ils y mêlèrent des ingrédients provenant de deux traditions économiques très différentes. Au libéralisme, ils empruntèrent la liberté du commerce, de la concurrence et des marchés. Le socialisme (sous des habits aussi divers que le catholicisme social ou le corporatisme) leur inspira la réglementation et l’interventionnisme. Et, pendant trente ans – jusqu’à la signature de l’Acte unique européen –, ces deux traditions ont cohabité au milieu de tensions latentes permanentes »</em>) et non par principe.</p>
<p><strong>Thatcher et l’Europe : un plaidoyer pour un continent libre et démocratique </strong></p>
<p>Comme le démontre la formulation de deux questions, Thatcher a su croire en une certaine vision de l'Europe. Cette même vision, le continent s'en est écarté, et les conséquences que la Reine du libéralisme avait su prévoir se sont effectivement réalisées : la bureaucratie (<em>« Les meilleurs cerveaux de l’Europe (…) ont commis une erreur intellectuelle fondamentale, ils ont estimé que le mode de gouvernement idéal consisterait en une bureaucratie centralisée destinée à faire remonter l’information vers le haut, puis à décider au sommet pour faire redescendre ensuite les ordres vers la base. Ce qui passait pour le summum de la sagesse en 1945 était en fait une illusion grossière. La bureaucratie hiérarchisée peut être une bonne méthode de gestion pour une petite entreprise exposée à une concurrence féroce, mais c’est un facteur de stagnation et d’inefficacité dans presque tous les autres contextes »</em>) et donc, le caractère non démocratique de l'Union (<em>« Notre choix est clair. Soit nous exerçons un contrôle démocratique de l’Europe grâce à la coopération entre les gouvernements et les Parlements nationaux qui disposent d’une légitimité et d’une expérience réelles, et qui sont en outre proches des populations. Soit nous transférons nos pouvoirs de décision à un Parlement polyglotte, n’ayant de compte à rendre à aucune opinion publique européenne véritable et donc appelé à se soumettre toujours davantage à une bureaucratie omnipotente. Aucun propos trompeur sur la souveraineté collective n’y pourra rien changer »</em>).</p>
<p>Thatcher décédée, les libéraux sont en deuil. Ils ne devraient cependant pas oublier son héritage politique : la pensée plus que cohérente de cette grande dame est sans conteste une des clés permettant à l'Europe de sortir de la crise actuelle.</p>
<p>---</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mort de Thatcher : point de vue britannique</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 05:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Hannan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher a pris en main une Grande-Bretagne ruinée et déshonorée et l'a laissée prospère, assurée et libre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Margaret Thatcher a pris en main une Grande-Bretagne ruinée et déshonorée et l'a laissée prospère, assurée et libre.</strong></p>
<p><strong>Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.</strong><br />
<span id="more-121117"></span></p>
<div id="attachment_121118" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVlL3RoYXRjaGFuZG1l" rel=\"attachment wp-att-121118\"><img class="size-full wp-image-121118" title="Thatchandme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatchandme.jpg?16fe88" alt="" width="400" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Ma dernière rencontre avec notre meilleur chef de parti.</p></div>
<p>Je ne suis pas sûr qu'on puisse apprécier l'ampleur de l'exploit de Margaret Thatcher sans une certaine connaissance de la calamité qui l'a précédée. La plupart des Britanniques ne se rappellent plus des années 70. Je suis juste légèrement au dessus de l'âge national médian, étant né en septembre 1971, et mes souvenirs sont flous. Je me rappelle cependant du sentiment de désespoir. Encore et encore, j'entendais des adultes dire avec désinvolture "La Grande-Bretagne est finie". Ayant passé ma jeunesse au Pérou, où la Grande-Bretagne était encore considérée comme un grand pays, j'étais choqué.</p>
<p>En fait, ces sentiments étaient compréhensibles. C'était les années de la semaine de trois jours, du contrôle des prix et salaires, de l'inflation à deux chiffres, de grèves constantes, de coupures d'électricité. Tout au long des années 1960 et 1970, le Royaume-Uni avait été surclassée par toutes les économies européennes. "La Grande-Bretagne est une tragédie, elle a coulé dans l'emprunt, la mendicité, le vol jusqu'à ce que le pétrole de la mer du Nord rentre en jeu" disait Henry Kissinger. Le <em>Wall Street Journal</em> était plus brutal : "Au revoir, la Grande-Bretagne ; c'était bien de vous connaître".</p>
<p>Margaret Thatcher, presque seule, a refusé d'accepter la fatalité du déclin. Elle était déterminée à retourner la situation, et elle a réussi. L'inflation chuta, les grèves stoppèrent, l'esprit d'entreprise latent des gens libres fut réveillé. Ayant pris du retard depuis une génération, nous avons dépassé tous les pays européens au cours des années 1980, à l'exception de l'Espagne (qui rebondissait d'encore plus bas). Alors que les revenus affluaient, les impôts furent réduits et la dette remboursée, alors que les dépenses publiques (contrairement à la croyance quasi universelle) augmentaient.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9kYW5pZWxfaGFubmFuL2Jsb2cvMjAwNy8wNC8wMy9pcmFuc19saW5rX3RvX3RoZV9mYWxrbGFuZHNfd2Fy">Aux Malouines</a>, Margaret Thatcher montra au monde qu'un grand pays ne recule jamais. Et en mettant fin à la misérable politique de détente unilatérale qui avait permis aux Soviétiques d'avancer en Europe, en Corée et en Afghanistan, elle a mis en route les événements qui allaient libérer des centaines de millions de personnes de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9kYW5pZWxfaGFubmFuL2Jsb2cvMjAwOC8wMy8zMS90aGVfYmFzaWNfY2FzZV9mb3JfY29uc2VydmF0aXNt">l'idéologie la plus meurtrière</a> que l'humanité ait connue – d'un strict point de vue algébrique.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Comme tout le monde</a>, je me rappelle où j'étais quand elle a démissionné. C'était l'équivalent pour ma génération de l'assassinat de John F. Kennedy, un événement qui a<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2RhbmllbGhhbm5hbi8xMDAwMTEwOTYvd2hhdC1jb25uZWN0cy1qb2huLWYta2VubmVkeS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlci1hbmQtam9obi1nYWx0Lw=="> curieusement aussi eu lieu un 22 novembre</a>. Après trois élections victorieuses, la Dame de Fer fut destituée par un ensemble de députés euro-fanatiques – les "criminels de novembre", comme l'un des présidents locaux du parti [NdT : le <em>Conservative Party</em> auquel appartient Daniel Hannan] les appelle sombrement. Il est vrai qu'il y avait plusieurs facteurs d'impopularité, à commencer par l'impôt par tête. Pourtant, on ne pourra jamais assez le répéter : la cause immédiate du renversement de Margaret Thatcher est son opposition à l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'euro. Qui avait raison ?</p>
<p>Selon toute mesure normale, elle a été une politicienne couronnée de succès. J'irai plus loin en la qualifiant de plus grand Premier ministre que nous ayons jamais connu. Pourtant, elle a suscité chez beaucoup une haine si intense que même le jour de la mort de cette grand-mère fragile, l'internet a été remplie d'une joie venimeuse (si vous avez l'estomac solide, jetez un œil à mes réponses sur Twitter ou au hashtag #dingdongthewickedwitchisdead).</p>
<p>D'où vient cette haine grossière ? Les anti-thatchériens vous diront que c'est parce qu'elle a fermé les vieilles industries – elle ne l'a pas fait bien sûr, elle a juste arrêté d'obliger tout le monde de les soutenir. Pourtant, il devrait désormais être évident que rien n'aurait pu sauver les chantiers navals, les mines de charbon et les aciéries. Un processus similaire de désindustrialisation s'est déroulé dans les autres pays d'Europe occidentale et les seuls partis qui parlent toujours de "faire revivre notre industrie" sont <em>Respect</em> [NdT : parti socialiste anglais], les socialistes écossais et le BNP [NdT : <em>British National Party</em>, parti nationaliste anglais].</p>
<p>Non, ce que les gauchistes (avec des exceptions honorables) trouvent si difficile de pardonner, c'est le succès même de cette femme : le fait qu'elle ait secouru un pays qu'ils avaient déshonoré et appauvri. Elle a hérité d'une Grande-Bretagne sclérosée, endettée et en déclin, et elle l'a laissé fière, riche et libre. Enfin, elle n'a jamais perdu une élection contre eux. Leur rage, en vérité, ne peut être apaisée car c'est la rage de Caliban.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2RhbmllbGhhbm5hbi8xMDAyMTExOTYvbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXItdG9vay1hLXJ1aW5lZC1kaXNob25vdXJlZC1hbmQtYmFua3J1cHQtYnJpdGFpbi1hbmQtbGVmdC1pdC1wcm9zcGVyb3VzLWNvbmZpZGVudC1hbmQtZnJlZS8=">Sur le web</a>.<br />
Traduction : Cthulhu/<em>Contrepoints</em>.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>La révolution de Margaret Thatcher</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 05:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie générale]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[hiver du mécontentement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisation]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher a restauré l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avant Thatcher, l'économie était sclérosée et dominée par les syndicats, les milieux d'affaires étant recroquevillés sur eux-mêmes. Margaret Thatcher a restauré l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme. </strong></p>
<p><strong><span id="more-121057"></span></strong></p>
<p><strong>Par John Blundell [*]</strong></p>
<p>Les mois qui ont précédé ont été nommés « l'hiver du mécontentement », comme dans <em>Richard III</em> de Shakespeare – et c'était sombre, très sombre en effet. Il y avait des piquets de grève dans les ports, dans les raffineries de pétrole et devant les fabricants de biens de première nécessité ; l'approvisionnement en gaz était interrompu et les stations-service fermées. Les ambulanciers étaient en grève – ne répondaient pas aux appels d'urgence dans beaucoup de zones. Le personnel administratif hospitalier (non médical) décidait qui devait être admis et si des gens mourraient, ainsi soit-il. Les éboueurs et les fossoyeurs se mettaient en grève, et les ordures comme les cercueils s'entassaient. Il y avait pénurie alimentaire. British Rail publiait le communiqué de presse le plus court de l'histoire : « Il n'y a pas de train aujourd'hui. » Les femmes enceintes se voyaient refuser des services médicaux. Des foyers pour personnes handicapées étaient bloqués. Des chariots transportant les repas aux personnes âgées étaient brisés.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXIvcG9zdGVyMTJtYXI3OV82Mjk=" rel=\"attachment wp-att-121058\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121058" title="Élections UK 1979" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/poster12mar79_629.jpg?16fe88" alt="" width="629" height="454" /></a></p>
<p>La Grande-Bretagne gisait au 19e rang sur 22 dans le tableau de l'OCDE. L'ambassadeur français déclarait que l'on souffrait d'une « dégringolade » ou d'une chute vers la maladie ; l'ambassadeur de l'Allemagne de l'Ouest disait que nous avions l'économie de l'Allemagne de l'Est. Nous avions joui d'une inflation à deux chiffres pendant cinq des six dernières années, avec une moyenne de 16% et un maximum de 24%.</p>
<p>Cela a duré du 3 janvier 1979 jusqu'au 28 mars 1979, lorsque le gouvernement socialiste est tombé. L'élection qui a suivi, le 3 mai 1979, a propulsé Margaret Thatcher au 10, Downing Street le lendemain. Elle devait y vivre pendant 11 ans et demi, suivis de six ans de John Major. Alors que s'est-il passé entre 1979 et l'avènement de Tony Blair en 1997 ?</p>
<p>La première initiative audacieuse de Mme Thatcher a été de suspendre le contrôle des changes, afin de libérer la livre. Les Britanniques n'avaient plus à mendier, passeport en main, auprès de leur agence de banque de la monnaie étrangère. Elle a aboli le contrôle des prix et des dividendes, les limites dans la location, les permis de développement, les contrôles de paiement et les certificats de développement industriel. Vingt-et-une zones sinistrées – victimes de la socialisation municipale menée par les deux partis – ont été transformées en « zones d'entreprises » – avec une régulation et une fiscalité beaucoup plus légères.</p>
<p>La politique économique a évolué en prenant appui sur les taux d'intérêt et la politique monétaire pour maîtriser l'inflation et les dépenses publiques plutôt que sur la taxation des revenus. Mme Thatcher a dû faire face à 364 économistes qui voulaient qu'elle relance à plus grande échelle et qu'elle restaure les contrôles des salaires et des prix. Quand l'archisocialiste Michael Foot a agité les 364 noms devant son visage à la Chambre des Communes et l'a mis au défi d'en citer deux qui la soutenait, elle a répondu sèchement : « Patrick Minford et Alan Walters ». Mais dans la voiture qui se dirigeait vers le 10 Downing Street, elle a confié : « Dieu merci, il n'en a pas demandé trois ! »</p>
<p>Elle a convaincu de nombreuses villes de sous-traiter à des entreprises privées la prestation de services « publics ». Ce qui a créé une nouvelle industrie de 30 milliards de livres (45 milliards de dollars) qui a permis d'épargner au contribuable 20 milliards de livres (30 milliards de dollars) chaque année. Morceau par morceau, elle a réformé le mouvement syndical, l'a ramené dans l'État de droit et l'a rendu à ses membres, à l'écart des extrémistes. Grâce à son franc-parler, elle a transformé la vision de la nation à l'égard de l'économie de marché. Entreprise par entreprise, elle a dénationalisé les fleurons de l'économie, transformant ainsi leur destinée, et déclenchant un mouvement mondial. Elle a enseigné à la nation la nécessité des restrictions monétaires et l'importance de vivre selon ses moyens. Trois millions de familles sont passés d'une situation de servage en tant que locataires de logements publics à la liberté de devenir propriétaires de leur propre maison grâce sa brillante « stratégie de droit d'achat ». Mme Thatcher a réduit les taux d'imposition des tranches supérieures de 83% à 60% sur les revenus, et de 98% à 75%, et plus tard à 40%.</p>
<p>Les Britanniques ont pu de nouveau marcher la tête haute grâce à son approche ferme et forte des relations étrangères. Au péril de sa vie, elle a enclenché le processus qui a mené à la paix en Irlande du Nord. Mme Thatcher et le président Reagan se sont serrés les coudes pour abattre ensemble le Mur sans un coup de feu, détruisant ainsi l'Empire du Mal. Et surtout, elle a veillé à ce que tous les futurs gouvernements britanniques voient dorénavant les marchés d'un bon œil.</p>
<p>Alors, quels ont été les résultats ?</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXIvaW5mbGFjaW9uX3BpYl91a19oaXN0b3J5" rel=\"attachment wp-att-121061\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121061" title="Inflation PIB UK" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/inflacion_pib_uk_history-e1365515469876.jpg?16fe88" alt="" width="640" height="484" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les exilés fiscaux tels que Michael Caine sont revenus. La réputation et la fuite des cerveaux se sont inversées. Le Royaume-Uni a bondi du 19e rang au 2e sur la liste de l'OCDE. Le nombre de travailleurs indépendants a doublé, passant de 7% à 14% de la population active. Quasi inexistante en 1979, l'industrie capitaliste à risque britannique a dépassé, en six ans, deux fois la taille de l'ensemble du secteur de la communauté économique européenne. La classe moyenne a progressé de 33% à 50% de la population et les propriétaires de 53% à 71%. Les actionnaires sont passés de 7% de la population à 23%, et, parmi les personnes syndiquées, de 6% à 29%. Le pourcentage de salariés syndiqués a chuté de plus de 50% à moins de 20%. Et les pertes pour cause de grève sont passées de 29,5 millions par an à 500.000.</p>
<p>Ç’a été une transformation étonnante. Avant Thatcher, l'économie sclérosée et dominée par les syndicats proposait des produits médiocres et des service de mauvaises qualités, avec un milieu d'affaires recroquevillé sur lui-même. Depuis l'ère Thatcher, même l'extrême-gauche institutionnelle que représente la BBC s'est mise à couvrir l'information concernant l'entreprise privée, tant est devenu grand l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme. Services et qualités ont été améliorés au-delà des rêves les plus fous. C'est pourquoi nous saluons aujourd'hui une grande dame qui a redonné ses lettres de noblesses à la Grande-Bretagne.</p>
<p><em>Article publié à l'occasion des 30 ans de l'arrivée de Margaret Thatcher au 10 Downing Street.</em></p>
<p>---<br />
<a title=\"BLUNDELL: Margaret Thatcher’s revolution\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53YXNoaW5ndG9udGltZXMuY29tL25ld3MvMjAwOS9tYXkvNC9tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcnMtcmV2b2x1dGlvbi8/cGFnZT1hbGw=" target=\"_blank\">Traduit de l'anglais</a>.</p>
<p><strong>[*] John Blundell</strong> fut directeur général de l’<a title=\"Institute of Economic Affairs\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTAvMDQvMjc4NS1pbnN0aXR1dGUtb2YtZWNvbm9taWMtYWZmYWlycw==" target=\"_blank\">Institute of Economic Affairs</a>, considéré comme le laboratoire d’idées le plus prestigieux au Royaume-Uni, de 1993 à 2009. M. Blundell a participé à la création et au développement de nombreux organismes de recherche aux quatre coins du monde.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
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		<title>Margaret Thatcher, apôtre de l&#039;anticommunisme</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 06:12:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marian Tupy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[anticommunisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse de la liberté. Témoignage.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Margaret Thatcher était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse de la liberté. Témoignage.<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Marian L. Tupy, depuis les États-Unis.</strong><br />
<span id="more-121014"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWUvdGhhdGNoZXJfMTY3MDgwN2M=" rel=\"attachment wp-att-121017\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121017" title="Thatcher_1670807c" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher_1670807c.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="288" /></a></p>
<p>Pour beaucoup de gens, la démission de Margaret Thatcher (et maintenant sa mort) sera l'un de ces moments qu'ils n'oublieront jamais. Comme l'assassinat de Kennedy pour la génération précédente, beaucoup se souviendront toujours de ce qu'ils faisaient quand ils ont entendu la triste nouvelle.</p>
<p>C'était le 22 novembre 1990 et j'étais sur le point de quitter l'appartement de mes parents à Zilina, en Tchécoslovaquie, pour rencontrer un ami. En sortant, j'ai entendu la radio annoncer la brutale nouvelle – Margaret Thatcher avait démissionné. Comment cela se pouvait-il ? N'était-elle pas très populaire chez elle et un titan sur la scène mondiale ? Pour nous (les peuples d'Europe de l'Est qui profitaient de leur première année de liberté ), elle était beaucoup plus que la première femme britannique au poste de Premier ministre.</p>
<p>Elle était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse du marché libre. Les médias communistes d'Europe de l'Est (et les médias socialistes d'Angleterre pourrait-on ajouter) vomissaient leur poison contre elle de façon régulière. Pour nous, cela était rassurant : s'ils la détestaient, elle devait être bien.</p>
<p>Ayant grandi derrière le rideau de fer, je n'aurais jamais pensé quitter ma ville natale, encore moins voyager à l'étranger et la rencontrer. Mais ce fut le cas. C'était le 5 octobre 2002 et j'étais sur une escale à Londres. Le lendemain, je prenais l'avion pour Washington et commençais mon travail au <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy8=">Cato Institute</a>.</p>
<p>Mes amis (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hZWkub3JnL3NjaG9sYXIvcm9nZXItYmF0ZS8=">Roger Bate</a>, maintenant à l'AEI et Richard Tren, maintenant à la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zZWFybGVmcmVlZG9tdHJ1c3Qub3JnL2NvbnRhY3R1cy5odG1s">Fondation Searle</a>) m'avaient invité à un diner célébrant le lancement du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cucmVhc29uLm9yZy9iYXN0aWF0Lw==">prix Frédéric Bastiat</a> pour le journalisme défendant le marché libre. L'un des gagnants était Amity Shlaes que j'aurai le plaisir de vous présenter à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ldmVudHMvdGF4LWN1dHRpbmctZWNvbm9taWMtZ3Jvd3RoLWxlc3NvbnMtY29vbGlkZ2UtdGF4LXJlZm9ybQ==">un événement</a> du Cato Institute ce jeudi. Lorsque Margaret Thatcher arriva, descendant les escaliers avec Denis [NdT : son mari], il y eut un silence soudain suivi d'applaudissements. À ce moment, elle ne faisait plus de discours et ses apparitions publiques se faisaient de plus en plus rares. Pourtant, sa présence ajoutait de la gravité au lancement de ce grand prix qui existe encore aujourd'hui.</p>
<p>Mon amie <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21lcmNhdHVzLm9yZy92ZXJvbmlxdWUtZGUtcnVneQ==">Véronique de Rugy</a> était assise à côté de Mme Thatcher lors du dîner et ainsi, je suis allé la saluer à un moment. Thatcher m'a serré la main et m'a demandé d'où je venais. Lorsque je lui dis que je venais de Tchécoslovaquie, elle fut ravie. Je lui rappelais que les personnes d'Europe de l'Est avaient une véritable affection pour elle et lui étaient reconnaissants de ce qu'elle avait fait pour provoquer la chute du communisme. "Vous savez" lui dis-je "les communistes vous ont vraiment détesté". "Bien, bien" rit-elle "J'en suis heureuse". Puis elle m'a donné un de ses regards perçants et m'a dit "Nous avons gagné à la fin".</p>
<p>Oui, vous avez gagné Margaret.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ibG9nL21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWJyaWVmLXBlcnNvbmFsLXJlY29sbGVjdGlvbg==">Sur le web</a>.<br />
<em>Traduction : Cthulhu/Contrepoints.</em></p>
<p><strong>Notre édition spéciale Margaret Thatcher :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
</ul>
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		<title>Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 06:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cato Institute</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Animée par un esprit vif, Margaret Thatcher était aussi une mine de citations.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Animée par un esprit vif, Margaret Thatcher était aussi une mine de citations.</strong></p>
<p><strong>Par Walter Olson, depuis les États-Unis.</strong><span id="more-120953"></span><br />
<em>Un article du Cato Institute.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmUvbWFyZ2FyZXRfdGhhdGNoZXJfODA2MzM5NzlfbGxfMTIxMjIxX3dn" rel=\"attachment wp-att-120954\"><img class="aligncenter  wp-image-120954" title="margaret_thatcher_80633979_ll_121221_wg" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/margaret_thatcher_80633979_ll_121221_wg.jpg?16fe88" alt="" width="512" height="288" /></a></p>
<p>Son talent de leader politique mis à part, ainsi que ses critiques percutantes de la morale du socialisme et du communisme (qui vont clairement de pair avec le premier point), <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVGhhdGNoZXI=">Margaret Thatcher</a> était aussi une mine de citations. Sur la stupidité économique qu’elle combattait sans relâche : « <em>Le problème avec le socialisme est qu’on finit toujours par tomber à court de l’argent des autres</em> ». Sur la popularité : « <em>Si votre seul objectif est d’être aimé, vous serez prêt à tous les compromis à chaque instant et vous n’arriverez à rien</em> ». Sur la productivité et la charité : « <em>Personne ne se souviendrait du Bon Samaritain s’il n’avait eu que de bonnes intentions ; il avait aussi de l’argent</em> ». Sur l’hostilité de la presse : « <em>Si mes critiques me voyaient marcher sur la Tamise, ils diraient que je suis incapable de nager</em> ». Et tant d’autres, dont certaines des meilleures ont été recueillies <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnNwZWN0YXRvci5jby51ay9jb2ZmZWVob3VzZS8yMDEzLzA0L21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWluLXF1b3Rlcy8/ZmJfYWN0aW9uX2lkcz0xMDE1MTU4OTMyODA3MDQyMQ==">par le<em> U.K. Spectator</em></a>.</p>
<p>Si vous avez le temps de lire un article de plus sur Thatcher aujourd’hui, je vous conseille<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy52YW5pdHlmYWlyLmNvbS9wb2xpdGljcy9mZWF0dXJlcy8yMDExLzEyL21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLTIwMTExMg=="> le texte excellent et plein d’anecdotes</a> écrit en 2011 pour <em>Vanity Fair</em> par son biographe Charles Moore. Comme bien d’autres, Moore est fasciné par la force de personnalité de Thatcher qui lui a souvent valu des qualificatifs tels que « dure comme l’acier » et « indomptable ». Thatcher, comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX1JlYWdhbg==">Ronald Reagan</a>, a été capable de se réinventer plus d’une fois, telle la figure du « <em>self made man</em> » qu’on associe surtout à l’Amérique. Ainsi, lorsqu’elle s’est attaquée à la scène mondiale, elle a pris des cours (suivant les conseils de Sir Laurence Olivier) sur la bonne manière de s’habiller et de parler auprès du professeur de diction du National Theater.</p>
<p>Thatcher défendait aussi les intellectuels et fut l’une des premières à voir le potentiel des <em>think tanks</em> :</p>
<blockquote><p>Son plus grand mentor politique, Sir Keith Joseph, était presque parfait à ses yeux : intellectuel, beau, juif et aristocrate [quatre catégories chères à son cœur]. Il a diagnostiqué après la guerre (et s’en rendait responsable) une crise de socialisme en Grande Bretagne se manifestant par de l’interventionnisme, une mauvaise politique monétaire et sociale et des syndicats trop puissants. Il accusait les Tories d’avoir été complices de tout cela. Selon lui, il était temps de mettre au point une nouvelle stratégie, et il créa un <em>think tank</em> nommé le Center for Policy Studies pour ce faire. Margareth Thatcher en devint vice-présidente et son disciple.</p></blockquote>
<p>Thatcher a fait beaucoup d’erreurs, mais avait le mérite d’en tirer des leçons et de réviser ses jugements, comme lorsqu’elle pensa avoir été trop enthousiaste pour le projet d’intégration européenne : «<em> Nous n’avons pas aboli les frontières au sein de la Grande Bretagne pour les voir ré-établies à un niveau européen, par un super-État européen exerçant sa nouvelle domination depuis Bruxelles.</em> »</p>
<p>« <em>Je sais être extrêmement patiente à condition que les choses finissent par aller dans mon sens</em> » est une autre remarque mémorable de Thatcher. Elle s’y est tenue la plupart du temps, au bénéfice du Royaume-Uni et du monde.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ibG9nL3RoYXRjaGVyLWFuZWNkb3Rlcy1iaW9ncmFwaGVy">Sur le web</a>.<br />
Traduction : Lancelot/<em>Contrepoints</em>.</p>
<p><strong>Notre édition spéciale Margaret Thatcher :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
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</ul>
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		<title>Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 05:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Bouchat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Friedrich Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Il est vrai qu'elle fut l'un des meilleurs avocats de la Liberté, l'instaurant dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, et moral.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Friedrich Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Il est vrai qu'elle fut l'un des meilleurs avocats de la Liberté, l'instaurant dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, et moral.</strong><br />
<span id="more-120974"></span><br />
<strong>Par Philippe Bouchat.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRlL3RoYXRjaGVyLW1hcmdhcmV0" rel=\"attachment wp-att-120979\"><img class="aligncenter size-full wp-image-120979" title="Thatcher Margaret" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher-Margaret.jpg?16fe88" alt="" width="480" height="334" /></a></p>
<p>Ainsi donc la Dame de Fer n’a pas survécu à l’oxydation du temps : elle s’en est allée à 87 ans, frappée par la maladie, comme on dit pudiquement. Au-delà de l’émotion – elle est la personnalité politique qui m’a le plus marqué avec Ronald Reagan –, quel héritage nous laissera-t-elle ?</p>
<p><strong>Une persévérance en tant que premier ministre</strong></p>
<p>Margaret Thatcher a été élue premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, suite à sa détermination à faire tomber le gouvernement travailliste de James Callaghan. Le vote, à la Chambres des Communes, fut étroit : 310 voix pour le maintien du gouvernement contre… 311 voix pour sa destitution. C’était le 28 mars 1979. Dès cet instant, Margaret Thatcher, premier ministre du <em>Shadow Cabinet</em> devient, virtuellement, le nouveau premier ministre de Sa gracieuse Majesté au moment où le Royaume-Uni est considéré par ses pairs comme « l’homme malade de l’Europe ». À plusieurs reprises, on prédit sa chute, mais à chaque fois, elle fut réélue haut la main (en 1983 et en 1987) ; elle devait également l’être encore une fois fin 1990 si elle n’avait pas été trahie par les siens et, en particulier, par John Major. Elle est donc restée presque 12 ans au pouvoir, ce qui constitue un bel exercice de longévité !</p>
<p><strong>Une révolution économique</strong></p>
<p>Dès sa première <em>Loyal Address </em>(Discours du Trône), elle a donné le ton de ce qu’allait être ses 3 mandats. La priorité serait désormais donnée à l’élargissement du choix (donc de la liberté) et de l’accès à la propriété. Concrètement, celle qui ne fut encore surnommée <em>The Iron Lady</em>, annonçait la réduction drastique des activités du <em>National Enterprise Board </em>(NEB), homologue britannique du Commissariat au Plan et la restitution au secteur privé des entreprises et capitaux d’État. À cette époque où le monde ne jure que par les propositions de Keynes, son programme choque et sonne le tocsin du socialisme ambiant. Mais les décisions les plus symboliques de son début de 1<sup>er</sup> mandat sont, d’une part, la suppression de la Commission de contrôle des prix et, d’autre part, sa lutte contre les grévistes du secteur minier. De manière générale, elle cassa le traditionnel <em>closed shop</em> selon lequel seuls les travailleurs syndiqués peuvent trouver un job, supprimant ainsi enfin le monopole syndical de l’embauche. La loi sur l’emploi de 1980 instaura une véritable révolution salariale : à l’avenir, les salaires dépendraient de l’état de chaque secteur industriel et non d’un alignement automatique sur ce qu’obtenaient les autres secteurs.</p>
<p>Dès son premier exercice budgétaire, elle se montra intraitable dans sa lutte contre l’inflation (10% en 1979) et décida de réduire massivement la masse monétaire, appliquant ainsi les théories de l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTW9uJUMzJUE5dGFyaXNtZQ==">école monétariste</a> de Chicago de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlsdG9uX0ZyaWVkbWFu">Milton Friedman</a>, par l’adoption de taux d’intérêt élevés. Elle décida aussi de réduire le plafond de l’impôt sur le revenu de 83% à 60% maximum et de diminuer le taux de base de 33 à 30%. Pour financer cette diminution de l’imposition directe, elle augmenta l’imposition indirecte (TVA) de 8 et 12% à un taux unique de 15%. Elle décida également d’opérer des coupes dans les dépenses de tous les ministères (6,5 milliards de £) et n’hésita pas à qualifier les ministres réticents de <em>wets</em> (poules mouillées).</p>
<p>En un mot, on passa du socialisme le plus poussé au véritable libéralisme appliqué en économie, ce qui fut une véritable révolution ! Les résultats ne se firent pas attendre : en mai 1983, l’inflation était redescendue à un taux de 3,7% ; le chômage fondit ; les dépenses furent maîtrisées.</p>
<p><strong>Une révolution sociale</strong></p>
<p>Elle fut une des premières à comprendre que le chômage structurel n’était pas seulement le fait des rouages de la macro-économie, mais aussi de l’inadéquation entre les demandes des entreprises en termes de profils d’embauche et l’offre d’emplois à l’issue du cursus scolaire et académique. Elle réforma donc la formation des enseignants, l’accessibilité à l’université et ouvrit l’enseignement au monde de l’entreprise. Elle instaura une nouvelle politique de logement pour faciliter l’accès à la propriété (sous sa mandature, le nombre de logements possédés par leurs habitants passa de 57 à 68%).</p>
<p><strong>Une réforme de l’administration</strong></p>
<p>Le nombre de fonctionnaires diminua de 100.000 unités lors du 1<sup>er</sup> mandat (passant de 732.000 à 630.000). Corollairement, les salaires des <em>civil servants</em> restants furent liés à la compétence. Cette culture du résultat et d’une administration amaigrie constitua également une véritable rupture avec les années travaillistes qui avaient vu le nombre de fonctionnaires considérablement augmenter. C’est également elle qui informatisa l’administration et simplifia les procédures.</p>
<p><strong>Une chef de guerre intraitable</strong></p>
<p>Quinze jours à peine après son entrée en fonction, elle dut affronter les actes révoltants des terroristes irlandais dont l’assassinat de Lord Mountbatten et de dix-huit soldats britanniques le même jour (le 27 août 1979). Jamais, elle ne pactisa avec l’IRA et monta souvent (physiquement) au front pour soutenir la population nord-irlandaise. Le peuple britannique lui en sera toujours reconnaissant. Malgré les attentats et les grèves de la faim, elle parvint à conclure plusieurs accords avec les Irlandais (83, 85, 87) pour changer le statut de l’Ulster et lui transférer de nombreuses compétences. Faut-il encore rappeler qu’elle remporta, en 1982, la guerre des Falklands (Malouines) contre l’Argentine au terme de 2 mois intenses où elle ne fléchit à aucun moment.</p>
<p><strong>Une diplomatie au service de la grandeur du Royaume-Uni et de la Liberté</strong></p>
<p>On connaît tous l’épisode de <em>"I want my money back"</em> où elle obtint une réduction structurelle du chèque britannique dans le cadre du budget européen. Les Français et les Allemands lui en veulent toujours d’ailleurs… Au-delà de cet acte apparemment égoïste, Margaret Thatcher fondait ses relations européennes sur une forte conviction. Relisons-là sur le sujet : <em>« Nous croyons en une Europe libre et non en une Europe uniformisée. (…) Nous insistons pour que les institutions de la Communauté européenne soient gérées de façon à accroître, partout sur le continent, la liberté individuelle. On ne doit pas permettre à ces institutions de sombrer dans la bureaucratie. » </em>De Gaulle n’aurait pas désavoué un tel discours !</p>
<p>Avec <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX1JlYWdhbg==">Ronald Reagan</a>, elle se fit l’apôtre de l’atlantisme au sein de l’OTAN et fut le véritable « découvreur » de Gorbatchev en Occident. Elle imposa la dérégulation au menu des réunions du G7 et anima avec passion le Commonwealth. Elle prépara avec maestro la rétrocession d’Hong-Kong à la Chine tout en insistant auprès des autorités chinoises pour que le capitalisme y demeure. La Chine y fit son laboratoire et sauva la face en créant le principe du pays unique (la Chine dont HK fait partie intégrante) avec deux statuts (communisme et capitalisme).</p>
<p><strong>Le libéralisme comme mode de vie</strong></p>
<p>Dans la mesure où la politique économique menée par les gouvernements Thatcher successifs fut couronnée de succès, la gauche décida à partir de 1986 de l’attaquer sous l’angle moral : le libéralisme prôné par la Dame de Fer serait criminogène et déliterait la cohésion sociale. La qualité de vie serait gravement menacée selon les travaillistes. Face à ces accusations, elle commença par saper les bases du socialisme en affirmant : <em>« Il y a des individus, des femmes et des hommes et il y a des familles. (…) Les gens doivent d’abord s’occuper d’eux-mêmes. C’est notre devoir d’être responsables de nous-mêmes, puis de nous soucier de notre voisin. »</em> En aucun cas, la société, notion abstraite, ne peut être responsable ni victime. Elle construisit ensuite une politique familiale forte en responsabilisant les parents par la réduction des aides en cas de comportements irresponsables. De manière générale, elle diminua la dépendance à l’État et instaura les mesures propices à encourager l’autonomie. Elle compliqua le recours au divorce, afin d’encourager les parents à rester soudés. Pour le reste, elle estima que l’État, hormis ces tâches, n’avait pas à intervenir dans la sphère familiale. Elle libéra encore les arts et l’audiovisuel et la recherche scientifique.</p>
<p><strong>En conclusion</strong></p>
<p>Quel homme politique peut donc se targuer d’un tel bilan ? Elle instaura la Liberté dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, etc. Elle fut le meilleur avocat de la Liberté et n’oublia jamais que le libéralisme authentique a un volet moral indispensable ! C’est en ce sens que Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Je voudrais pour conclure reprendre la devise de son mari, Dennis, qu’elle fit sienne et qui, pour moi, la résume à merveille : <strong><em>« Le <span style="text-decoration: underline;">désir</span> de vaincre est inné chez la plupart d’entre nous ; la <span style="text-decoration: underline;">volonté</span> de vaincre est une question d’entraînement ; la <span style="text-decoration: underline;">manière</span> de vaincre est une question d’honneur ! » </em></strong>Quel panache !  Thanks so much Lady Thatcher and God bless you !</p>
<p>---<br />
Note : Pour la rédaction de cet article, je me suis librement inspiré de ses mémoires, intitulées en français<em> 10, Downing Street</em>, publiées chez Albin Michel en 1993.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>10 leçons apprises de Margaret Thatcher</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 05:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
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		<description><![CDATA[L’ère Thatcher est une histoire extraordinaire de changement à propos d’un pays qui arrive à se sauver lui-même au sein d’un monde turbulent]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’ère Thatcher est une histoire extraordinaire de changement à propos d’un pays qui arrive à se sauver lui-même au sein d’un monde turbulent.</strong><br />
<span id="more-120884"></span><br />
<strong>Par John Blundell [*]</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMDgvMTE3NDgyLW5rbS1hZG1pcmF0cmljZS1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlci90aGF0Y2hlci1ieS1uZXd0b24=" rel=\"attachment wp-att-117484\"><img class="aligncenter size-full wp-image-117484" title="thatcher-by-newton" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/thatcher-by-newton.jpg?16fe88" alt="" width="414" height="700" /></a></p>
<p>Margaret Thatcher nous a laissé un héritage influent. Elle fut la personne ayant le plus longtemps occupé le poste de premier ministre britannique au cours du 20e siècle et a donc eu onze ans et demi pour accomplir son travail. Mais quel travail !</p>
<ul>
<li>Elle a tenu tête au mouvement syndical en entier, l’a ramené sous le régime de la primauté du droit et l’a redonné à ses membres.</li>
<li>Elle a transformé la perspective du pays quant aux avantages d’une économie de marché.</li>
<li>Elle a privatisé des industries clés au sein de l’économie, ce qui a amélioré radicalement leur sort et a provoqué un mouvement d’imitation à l’échelle mondiale.</li>
<li>Elle nous a appris la nécessité de faire preuve de prudence sur le plan monétaire afin de maintenir l’inflation à un faible niveau.</li>
<li>Elle a permis à des millions de personnes de devenir indépendantes des administrations locales en leur donnant un droit d’achat de leur logement social.</li>
<li>Elle a permis aux Britanniques de garder la tête haute en adoptant une approche de principe, ferme et robuste en matière de relations internationales.</li>
<li>Elle a amorcé le processus qui a mené à la paix en Irlande du Nord.</li>
<li>Elle a aidé Ronald Reagan à démanteler le rideau de fer sans un coup de feu et à détruire l’« Empire du mal ».</li>
<li>Elle a fait en sorte que tous les gouvernements britanniques à l’avenir devraient être bien plus favorables au capitalisme qu’ils ne l’avaient été avant 1979.</li>
</ul>
<p>Aujourd’hui, trois décennies après son arrivée au pouvoir et deux après son départ, il est intéresser de se demander : que devra accomplir la prochaine ou le prochain « Thatcher » pour rivaliser avec elle ? Voici une liste de suggestions :</p>
<ul>
<li>Déréglementer et mettre un terme au tsunami de nouveaux règlements.</li>
<li>Renégocier la situation du pays par rapport à l’Union européenne.</li>
<li>Combattre la criminalité.</li>
<li>Réformer le système de santé.</li>
<li>Améliorer la qualité de l’éducation.</li>
<li>Réduire le recours à l’aide sociale.</li>
<li>Équilibrer le budget.</li>
</ul>
<p>Un futur Premier ministre qui atteindrait ces objectifs mériterait la même réputation que celle de Margaret Thatcher.</p>
<p>Laissez-moi essayer de résumer les dix leçons stratégiques que Margaret Thatcher m’a permis de développer.</p>
<p><strong>1.</strong> Avant tout, Margaret Thatcher possédait une « boussole » personnelle très forte sur les plans moral et politique. Elle pouvait s’adresser à une salle remplie d’hommes puissants et déclarer simplement : « Je sais que c’est la bonne chose à faire, vous savez que c’est la bonne chose à faire, il reste seulement à déterminer comment y arriver. »</p>
<p>Il ne s’agissait pas tant du caractère autoritaire dépeint par les caricatures que d’une conviction absolue. Cela aidait à bâtir l’esprit d’équipe. Si le chef a une série de principes clairs, bien articulés et cohérents, les petits Indiens savent exactement quoi faire… s’ils désirent rester dans le wigwam.</p>
<p>Elle a déjà dit que « se discipliner à faire ce que vous savez juste et important, même si c’est difficile, est la voie royale vers la fierté, l’estime de soi et la satisfaction personnelle. » Une occasion d’appliquer cette philosophie s’est vite présentée à peine un an après son arrivée à Downing Street, en avril 1980. Un groupe de six terroristes iraniens a attaqué l’ambassade iranienne au centre de Londres, assiégé les lieux et pris 26 personnes en otage. Les terroristes ont réclamé la libération des prisonniers politiques en Iran. Thatcher a ordonné que les terroristes soient vaincus et a demandé la participation des forces spéciales du Special Air Service (SAS). L’affaire s’est étirée pendant près d’une semaine jusqu’à ce que les terroristes abattent soudainement un otage et jettent le corps par la porte d’entrée. Le Premier ministre a alors donné l’autorisation d’intervenir aux forces spéciales. En direct à la télévision, lors d’une heure de grande écoute, le pays a regardé les hommes du SAS descendre jusqu’aux fenêtres de la façade du bâtiment, jetant des grenades à percussion devant eux. Cinq des six terroristes ont été tués et 19 des 20 otages sauvés. Il n’y a eu aucun mort parmi les policiers ou les membres des forces spéciales.</p>
<p><strong>2.</strong> Elle savait comment s’attaquer au cœur d’un enjeu, le simplifier et le communiquer, en écartant les sottises, les balivernes et les enjolivements frivoles. Plusieurs livres à propos d’elle ont été publiés et ils mentionnent tous une même chose : sa capacité de simplifier et de communiquer ses messages clairement et avec conviction. Je l’associe toujours à Newt Gingrich dans un sens, soit que ni l’un ni l’autre n’était du type « en ce moment-ci dans le temps », mais plutôt du type « maintenant ». De bons mots courts et anglo-saxons. Comme elle l’a déjà dit à mon ami Simon Jenkins : « Laissez-faire ? Laissez-faire ? Ne fais pas ton Français ! »</p>
<p>C’est une personne très brillante. Elle a étudié la chimie et travaillait comme chimiste industrielle avant d’étudier le droit et de pratiquer en droit fiscal et en droit des brevets. Mais en plus de son intelligence, elle avait le don de savoir simplifier et communiquer efficacement ses messages, allant au fond des choses et s’exprimant dans des mots simples qui avaient du sens.</p>
<p>Certains affirment cruellement qu’elle n’a jamais eu d’idée originale de son propre chef. Ces gens sous-estiment sa capacité de synthèse.</p>
<p><strong>3.</strong> Elle dirigeait et s’attendait à beaucoup de la part de ceux qui l’entouraient, mais elle savait aussi écouter. Peu après l’élection générale de 1987, un député conservateur nouvellement élu marchait dans la Chambre des communes et a soudainement observé un vieil ami. Ce dernier avait été élu en 1983 et était désormais un ministre « junior ». Il courait, littéralement, échevelé et transportant non seulement sa mallette et une boîte, mais aussi un paquet de feuilles.</p>
<p>« Prends ton temps », lui dit le nouveau député. « Rome ne s’est pas construite en un jour. »</p>
<p>« En effet », cria le jeune ministre par-dessus son épaule. « Mais Margaret Thatcher n’était pas le contremaître sur ce chantier. »</p>
<p>C’est une histoire vraie. La suite est 100 % non authentique, mais est tout de même instructive.</p>
<p>L’histoire veut qu’en 1989, son cabinet et les membres haut placés de son personnel aient organisé un souper privé à l’occasion du 10e anniversaire de son élection comme premier ministre. Au Café Royal, Margaret Thatcher était assise au bout de la table avec environ 20 hommes en complet de chaque côté. Un serveur entre dans la salle et se dirige vers elle :</p>
<p>Serveur : Madame le premier ministre, voudriez-vous un apéro ?<br />
Mme Thatcher : Cocktail de crevettes, s.v.p.<br />
Serveur : Comme repas principal ?<br />
Mme Thatcher : Un steak s.v.p.<br />
Serveur : Quel genre de steak ?<br />
Mme Thatcher : Une escalope, s.v.p.<br />
Serveur : Quelle cuisson ?<br />
Mme Thatcher : Saignant, s.v.p.<br />
Serveur : Désirez-vous des pommes de terre ?<br />
Mme Thatcher : Rôties, s.v.p.<br />
Serveur : Et pour les légumes ?<br />
Mme Thatcher : Oh, ils prendront du steak également !</p>
<p>Il s’agissait de la perception qu’on avait d’elle, dans ce cas fondée sur l’émission de télévision satirique Spitting Image. En réalité, elle était plus attentive à ce qu’on lui disait que ce qu’on reconnaît généralement. Elle écoutait surtout ses ministres et ses bonnes idées ne vinrent pas toutes de ses collègues « de droite », comme dans le cas de la vente des logements sociaux qui vint de collègues à sa gauche comme Peter Walker et Michael Heseltine. Et elle ne fut pas toujours radicalement en faveur du libre marché même si c’est souvent ainsi qu’on la dépeint aujourd’hui. Elle craignait les effets de l’abolition du contrôle des changes, hésitait à propos de la vente au rabais des logements sociaux de peur que les citoyens ayant déjà accédé à la propriété se rebellent, et certaines privatisations la rendaient un peu nerveuse.</p>
<p>Un autre aspect de sa vision du leadership est révélé dans cette citation : « Je gardais un contrôle personnel sur les décisions ayant trait à l’Initiative de défense stratégique et à notre réaction face à celle-ci… Je fus aussi passionnément intéressée par les développements techniques et les implications stratégiques. Il s’agissait d’un de ces domaines qui nécessitaient une solide compréhension des concepts scientifiques en jeu afin de prendre les bonnes décisions de politiques. On ne pouvait se fier ni sur les généralistes désinvoltes du ministère des Affaires étrangères, ni sur les esprits brouillons qui les supervisaient. Contrairement à eux, je me trouvais dans mon élément. »</p>
<p><strong>4.</strong> Elle favorisait des politiques qui « flattaient la nature humaine dans le sens du poil » plutôt que le contraire. Elle a déjà dit que « le capitalisme populaire n’est rien de moins qu’une croisade pour libérer la majorité dans le cadre de la vie économique du pays. Nous, les conservateurs, redonnons le pouvoir au peuple. »</p>
<p>Prenons les logements sociaux, par exemple. À la fin des années 1970, je lui ai conseillé de les donner aux locataires actuels. Postez-leur les titres de propriété, dis-je. « Non », répondit-elle, « les gens ne les valoriseront pas à moins qu’ils paient quelque chose en échange ». Quelques années plus tard, elle a mis en place le droit d’achat. Cette mesure a donné à tous les locataires de logements sociaux un rabais de 33% à l’achat, plus 1% pour chaque année de location, jusqu’à un maximum de 50% de la juste valeur marchande du logement. L’accession à la propriété a explosé : près de trois millions de logements ont été transférés en vertu de ce programme. Même chose pour les privatisations, les actions des anciennes sociétés d’État ayant été distribuées très largement et ayant rapidement pris de la valeur.</p>
<p>Le taux d’actionnariat parmi la population en général est passé de 7 à 23%. Parmi les syndiqués, la proportion est passée de 6 à 29%. Toutes les grandes privatisations comprenaient des offres spéciales pour le personnel, ce qui explique la hausse disproportionnée chez les syndiqués.</p>
<p>Chacune fut différente, mais afin de contrer l’opposition et de générer des réactions globalement positives, elles comprenaient : des offres d’actions gratuites ; des programmes de récompense (« achetez-en une et recevez-en une autre gratuitement ») ; des programmes qui réservaient une certaine proportion des actions pour le personnel et les retraités de l’entreprise ; des rabais ; des incitations à conserver les actions à long terme ; et aucune limite au nombre d’actions préférentielles pouvant être achetées (sauf une exception).</p>
<p>De 19 à 99% des employés ont acheté des actions, dépendamment de la société d’État privatisée. Cette proportion, comme on pouvait s’y attendre, fut fortement proportionnelle à la générosité de l’offre.</p>
<p><strong>5.</strong> Beaucoup de réflexion stratégique a été effectuée longtemps à l’avance.</p>
<p>Ted Heath, lors de sa confrontation hivernale avec les mineurs en 1973-1974, a été mis au pied du mur en raison d’un manque de réserves de charbon. Il ne restait pas assez de charbon pour que l’industrie puisse fonctionner plus de trois jours par semaine. Étrangement (pour certains), la production globale n’a pas diminué, ce qui montre le manque d’efficacité du secteur industriel. Thatcher a accumulé des réserves très importantes de charbon avant de s’attaquer aux mineurs.</p>
<p>Prenez aussi l’exemple de la suspension du contrôle des changes. Guidé par une publication de l’<a title=\"Institute of Economic Affairs\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTAvMDQvMjc4NS1pbnN0aXR1dGUtb2YtZWNvbm9taWMtYWZmYWlycw==" target=\"_blank\">Institute of Economic Affairs</a> (IEA), Geoffrey Howe, le chancelier, a découvert qu’il n’avait pas besoin de l’approbation du Parlement. Il a donc décidé de le suspendre, tout simplement.</p>
<p><strong>6.</strong> Elle pouvait compter sur les talents de gens intelligents, dévoués et engagés. Lord Donoghue avait l’habitude de souligner dans ses cours à la LSE que le Parti conservateur était le « parti stupide ». Il y avait un fond de vérité dans cette remarque – un fond. Mais les conservateurs devenaient rapidement « infectés » par des idées et des intellectuels. Par exemple, des idées de l’IEA : « les marchés fonctionnent – les gouvernements échouent », les réformes du marché du travail ; les privatisations et le combat contre l’inflation.</p>
<p>Pendant ce temps, des intellectuels – de l’industrie (John Hoskyns), du milieu universitaire (Alan Walters) et des jeunes hommes provenant des universités comme Peter Lilley, John Redwood, Michael Forsyth, David Davis et Michael Portillo – changeaient le visage du Parti conservateur.</p>
<p>Un parti qui dans les années d’après-guerre avait accepté le « butskellisme » (une forme modérée de socialisme qu’on appelle parfois la « troisième voie ») avait trouvé en Mme Thatcher sa base intellectuelle. Comme elle l’a dit elle-même, « se tenir entre deux voies est très dangereux, vous risquez d’être happé par la circulation des deux côtés. »</p>
<p><strong>7.</strong> L’impression de se trouver dans le train de la dernière chance était très forte. L’hiver 1978-1979 avait été terrible. Mme Thatcher elle-même le reconnaissait : « Peu de gens en Grande-Bretagne n’ont pas senti que notre société était malade – moralement, socialement et économiquement. Monsieur Bill Dunn, dirigeant syndical, a bien exprimé l’esprit qui régnait en janvier 1979, quand il affirma, à propos des exigences salariales des ambulanciers : Si des vies doivent être perdues, eh bien c’est ainsi que les choses doivent être. »</p>
<p>Des grèves éclataient à profusion. Les montagnes de déchets s’accumulaient et on n’enterrait plus les défunts. Soit nous agissions maintenant, soit nous devenions, par exemple, la nouvelle Argentine – un pays autrefois prospère devenu taré. Et la quasi-totalité des économistes s’opposaient à elle.</p>
<p>Le pays avait besoin d’un redressement majeur – justement ce qu’elle offrait avec son leadership.</p>
<p><strong>8.</strong> Nous ne devons pas oublier Ronald Reagan et leur partenariat. En effet, il fut exceptionnel, beaucoup plus que celui entre Bush et Blair.</p>
<p>Certaines personnes croyaient encore que le communisme constituait la voie de l’avenir, d’autres se fiaient encore aux statistiques soviétiques. Ronald Reagan et Margaret Thatcher sentaient instinctivement qu’il s’agissait d’un régime trompeur et malfaisant.</p>
<p>Dès 1950 elle disait : « Nous croyons au mode de vie démocratique. Si nous travaillons fidèlement au service de cette idée, avec ténacité, nous n’avons rien à craindre du communisme russe. »</p>
<p>Il semble qu’elle ait fait preuve d’une prévoyance extraordinaire.</p>
<p><strong>9.</strong> Préparation – Les politiciens au pouvoir sont trop occupés pour penser, en plus d’être entourés de bureaucrates et harcelés par ceux qui veulent défendre leurs intérêts particuliers. Margaret Thatcher a utilisé ses trois à quatre ans dans l’opposition pour se préparer à diriger le gouvernement.</p>
<p>À ce sujet, voir les ouvrages <em>Just In Time</em> de John Hoskyns et <em>Thinking the Unthinkable</em> de Richard Cockett.</p>
<p>Ses idées à propos du marché du travail, du contrôle des changes, de l’inflation, du droit d’acheter des logements sociaux, des privatisations, de la sous-traitance et des « zones d’entreprises » ont toutes été discutées avant 1979. Et elle faisait savoir assez clairement ce en quoi elle croyait à son personnel de recherche et de soutien.</p>
<p><strong>10.</strong> Elle n’a pas essayé de tout faire en même temps. Elle s’attaquait à un problème une étape à la fois, particulièrement en ce qui concerne les réformes du marché du travail et les privatisations. Chaque année, les syndicats furent lentement, mais sûrement ramenés sous le règne de la primauté du droit. Chaque année, des progrès furent réalisés en matière de privatisation et petit à petit une dynamique s’est créée.</p>
<p>Par exemple, dans le Employment Act de 1980 elle a : aboli le processus de reconnaissance statutaire ; étendu le droit de refuser de se joindre à un syndicat ; limité le piquetage.</p>
<p>Ensuite, dans le Employment Act de 1982 elle a : interdit les actions visant à imposer des contrats avec des employés syndiqués ; affaibli les clauses d’atelier fermé ; retiré certaines immunités syndicales.</p>
<p>Dans le Employment Act de 1984, elle a : affaibli les immunités syndicales ; rendu obligatoire un vote des membres du syndicat préalablement à une grève ; renforcé le pouvoir des employeurs d’obtenir une injonction.</p>
<p>Finalement, dans Employment Act de 1988, elle a : retiré d’autres immunités syndicales ; étendu le droit pour un individu de travailler sans être membre d’un syndicat.</p>
<p>Bref, les leçons sont les suivantes :</p>
<ol>
<li>Posséder une « boussole » forte.</li>
<li>Simplifier et communiquer.</li>
<li>Diriger, mais toujours écouter.</li>
<li>Développer des politiques qui « flattent dans le sens du poil ».</li>
<li>Réfléchir à sa stratégie d’avance.</li>
<li>Bâtir une bonne équipe.</li>
<li>Se servir des circonstances.</li>
<li>Se trouver des alliés fidèles.</li>
<li>Se préparer avant d’accéder au pouvoir.</li>
<li>Être patient.</li>
</ol>
<p>En conclusion, l’ère Thatcher (de 1979 à 1997 – elle quitta en 1990, mais il n’y eut pas d’ère Major) est une histoire extraordinaire de changement à propos d’un pays qui arrive à se sauver lui-même au sein d’un monde turbulent.</p>
<p>Nous ne devons pas non plus oublier son impact sur ses opposants. Mentionnons en particulier le Parti travailliste qui a abandonné la Clause 4 de son programme, soit l’engagement envers la nationalisation, ainsi que le Parti libéral-démocrate, au sein duquel certains jeunes hommes et femmes s’inspirent aujourd’hui de politiques thatchériennes, étonnamment.</p>
<p>Sur la scène internationale, plusieurs développements positifs ont eu lieu : la propagation mondiale des privatisations ; le tournant capitaliste de la Chine ; les réformes en Europe centrale et en Europe de l’Est.</p>
<p>L’influence de Margaret Thatcher s’observe partout et mon institut, l’IEA, est très fier d’avoir contribué à une petite partie de son éducation !</p>
<p><em>Cet article est la traduction du chapitre 26 du livre </em>Margaret Thatcher : A Portrait of the Iron Lady<em>. L’auteur de ce livre, M. John Blundell, a été décrit par Mme Thatcher elle-même comme l’une des personnes les plus efficaces dans le monde à diffuser les idées à la base du modèle économique de la libre entreprise.</em></p>
<p>___<br />
<strong>Sur le web</strong> : "<a title=\"Dix leçons apprises de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZWRtLm9yZy9mci82NTYtZGl4LWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==" target=\"_blank\">Dix leçons apprises de Margaret Thatcher</a>", une publication hors série de l'Institut économique de Montréal.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
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<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
<p><strong>[*] John Blundell</strong> fut directeur général de l’<a title=\"Institute of Economic Affairs\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTAvMDQvMjc4NS1pbnN0aXR1dGUtb2YtZWNvbm9taWMtYWZmYWlycw==" target=\"_blank\">Institute of Economic Affairs</a>, considéré comme le laboratoire d’idées le plus prestigieux au Royaume-Uni, de 1993 à 2009. M. Blundell a participé à la création et au développement de nombreux organismes de recherche aux quatre coins du monde.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La méthodologie en économie, une intuition française</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/22/119077-la-methodologie-en-economie-une-intuition-francaise</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 06:25:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[école française]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Baptiste Say]]></category>
		<category><![CDATA[méthodologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les libéraux français ont été de grands précurseurs du libéralisme, mais aussi et avant tout de la méthodologie économique. Par Benoît Malbranque. Un article de l'Institut Coppet Nous avons mille raisons d’être fiers des réalisations des économistes français. Ils ne dominèrent pas seulement la science de l’économie politique : ils en furent les principaux initiateurs et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les libéraux français ont été de grands précurseurs du libéralisme, mais aussi et avant tout de la méthodologie économique.<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Benoît Malbranque.</strong><span id="more-119077"></span></p>
<p>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmc=">Institut Coppet</a></p>
<p>Nous avons mille raisons d’être fiers des réalisations des économistes français. Ils ne dominèrent pas seulement la science de l’économie politique : ils en furent les principaux initiateurs et leur nourricière la plus généreuse. Sur les questions monétaires ou sur la théorie de la valeur, c’est à l’Ecole française que nous devons les principaux éclaircissements. Cet article s’intéresse à un point sur lequel ils ont aussi brillé.</p>
<p>C’est dans l’école française d’économie que nous trouvons les traces d’une « préhistoire » de la méthodologie économique, et c’est cette même école qui fournira également le premier écrit de cette discipline. Au XVIII<sup>e</sup> siècle, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGVzdHV0dF9kZV9UcmFjeQ==">Destutt de Tracy</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ29uZGlsbGFj">Condillac</a> mirent en application de manière consciente la méthodologie déductive et aprioriste qui resta l’orthodoxie jusqu’au milieu du vingtième siècle.</p>
<p>La déduction est la méthode qui consiste à partir de prémisses données et d’en faire découler des conclusions logiques. L’induction, à l’inverse, est la méthode qui consiste à produire des généralisations à partir de données spécifiques. L’othodoxie en économie fut le déductivisme : les grands méthodologistes, dont les anglais Nassau Senior, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSm9obl9TdHVhcnRfTWlsbA==">John Stuart Mill</a>, John E. Cairnes, et John Neville Keynes, expliquèrent inlassablement que les économistes devaient faire découler leurs théories de données fondamentales de la nature humaine, comme la motivation pour le gain et l’aversion pour l’effort, et que telle était la méthodologie appropriée pour la science économique.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-39282" title="Jean-baptiste_Say" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/08/Jean-baptiste_Say.jpg?16fe88" alt="" width="220" height="236" />Afin d’expliquer pourquoi ce fut en France que la méthodologie économique en économie prit véritablement naissance, nous pouvons citer Dow, qui explique que la méthode aprioriste et déductive se rattache à un mode de raisonnement d’abord et avant tout cartésien. [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-1' id='fnref-119077-1' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>1</a></sup>] Alliée au haut niveau de développement qu’avait l’économie politique en France à cette époque, cette disposition intellectuelle a certainement avantagé les économistes français, en comparaison des autres, pour initier cette discipline.</p>
<p>Les économistes français furent fondateurs, initiateurs, mais l’impulsion qu’ils donnèrent fut loin d’être insignifiante. Leur engagement pour la méthodologie déductive était sincère et profond. Selon les mots d’un historien de la pensée économique, les travaux de Condillac, notamment, fournissent « l’un des plus purs exemples de déduction dans la science sociale ». [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-2' id='fnref-119077-2' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>2</a></sup>]</p>
<p>Ce penchant méthodologique ne fut pas moins sensible chez Destutt de Tracy. Naissant quarante ans après Condillac, il eut l’avantage de pouvoir se nourrir des travaux de James Steuart et d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWRhbV9TbWl0aA==">Adam Smith</a>. Se servant de leurs exemples, il approfondira le positionnement déductiviste de Condillac et « cultiva un traitement profondément déductif de l’économie » ainsi que l’affirmera Daniel Klein. [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-3' id='fnref-119077-3' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>3</a></sup>]</p>
<p>Tant Condillac que Destutt de Tracy insistèrent également sur le fait que tout corps de connaissance dérive nécessairement d’un nombre réduit de grands principes fondamentaux. [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-4' id='fnref-119077-4' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>4</a></sup>]</p>
<p>Malgré ces brillants initiateurs, c’est de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmVhbi1CYXB0aXN0ZV9TYXk=">Jean-Baptiste Say</a>, sans doute le plus grand économiste français, que nous devons la première véritable contribution à la méthodologie économique.  Selon les mots de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTXVycmF5X1JvdGhiYXJk">Rothbard</a>, Say fut « le premier économiste à réfléchir profondément sur la méthodologie appropriée pour sa discipline, et à baser ses travaux, pour autant qu’il le pouvait, sur cette méthodologie. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-5' id='fnref-119077-5' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>5</a></sup>]</p>
<p>Il écrivait après Adam Smith, qui avait traité de la méthodologie économique avec une légèreté déconcertante. Dans sa <a href="www.amazon.fr/exec/obidos/ISBN=2717840346?tag=liberauxorg-21"><em>Richesses des Nations</em></a>, il ne prêtait à peu près aucune attention aux questions méthodologiques. Il utilisa la statistique et les digressions historiques mais sans expliquer la pertinence de leur utilisation ni les défendre contre les critiques habituelles formulées à leur égard. « La méthodologie d’Adam Smith était éclectique, dira <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVGhvbWFzX1Nvd2VsbA==">Thomas Sowell</a>. Les éléments empiriques, théoriques, institutionnels, philosophiques, statiques, et dynamiques étaient tous entremêlés. »[<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-6' id='fnref-119077-6' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>6</a></sup>] De la même façon, et bien que son écrit resta purement littéraire, il ne rejeta jamais l’usage des méthodes calculatoires sur la base de raisonnements méthodologiques.</p>
<p>Jean-Baptiste Say reprit cette critique et s’inscrivit en opposition aux pratiques de l’économiste écossais. Ainsi qu’il l’écrira fermement, « l’ouvrage de Smith n’est qu’un assemblage confus des principes les plus sains de l’économie politique, appuyés d’exemples lumineux et des notions les plus curieuses de la statistique, mêlées de réflexions instructives ; mais ce n’est un traité complet ni de l’une ni de l’autre : son livre est un vaste chaos d’idées justes, pêle-mêle avec des connaissances positives. »</p>
<p>C’est dans le discours préliminaire de son <a href="www.amazon.fr/exec/obidos/ISBN=1421236184?tag=liberauxorg-21"><em>Traité d’économie politique</em></a> paru en 1803, qu’il posa les bases de la méthodologie économique. Dans son souhait de faire reposer sa science sur des bases inébranlables, il mit en avant la possibilité, et plus encore, la nécessité de l’agencer à partir de « faits généraux » nécessairement vrais, et de procéder ensuite par déduction. « L’économie politique, expliqua-t-il, de même que les sciences exactes, se compose d’un petit nombre de principes fondamentaux et d’un grand nombre de corollaires, ou déductions de ces principes. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-7' id='fnref-119077-7' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>7</a></sup>]</p>
<p>Introduisant là l’une des grandes tendances de la méthodologie économique, Say précisera son propos : « L’économie politique est établie sur des fondements inébranlables du moment que les principes qui lui servent de base sont des déductions rigoureuses de faits généraux incontestables. Les faits généraux sont, à la vérité, fondés sur l’observation des faits particuliers, mais on a pu choisir les faits particuliers les mieux observés, les mieux constatés, ceux dont on a été soi-même le témoin ; et lorsque les résultats en ont été constamment les mêmes, et qu’un raisonnement solide montre pourquoi ils ont été les mêmes, lorsque les exceptions mêmes sont la confirmation d’autres principes aussi bien constatés, on est fondé à donner ces résultats comme des lois générales, et à les livrer avec confiance au creuset de tous ceux qui, avec des qualités suffisantes, voudront de nouveau les mettre en expérience. »  [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-8' id='fnref-119077-8' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>8</a></sup>]</p>
<p>Il rejeta l’usage des statistiques, et ce pour la même raison : l’économie politique ne peut reposer que sur l’agencement de « faits généraux », et non sur l’empilement désordonné de données économiques. La tâche de l’économiste doit être de chercher des principes de causalité entre les phénomènes, de déceler l’existence de principes généraux irréfutables, et d’en déduire ensuite les applications spécifiques.</p>
<p>Avec une grande rigueur, Say appela ainsi à distinguer deux sciences qu’on a presque toujours confondues : l’économie politique, qui est une science expérimentale, et la statistique, qui n’est qu’une science descriptive. « La statistique ne nous fait connaître que les faits arrivés ; elle expose l’état des productions et des consommations d’un lieu particulier, à une époque désignée, de même que l’état de sa population, de ses forces, de ses richesses, des actes ordinaires qui s’y passent et qui sont susceptibles d’énumération. C’est une description très détaillée. Elle peut plaire à la curiosité, mais elle ne la satisfait pas utilement quand elle n’indique pas l’origine et les conséquences des faits qu’elle consigne ; et lorsqu’elle en montre l’origine et les conséquences, elle devient de l’économie politique. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-9' id='fnref-119077-9' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>9</a></sup>] Selon Say, si la statistique et l’étude des faits économiques peuvent fournir des éléments pour aider l’économiste, ni l’une ni l’autre ne constitue à proprement parler son sujet d’étude. Dans cette optique, ce n’est qu’en assignant à l’étude statistiques la tâche modeste mais importante de guider ses observations que l’économiste peut avancer de manière plus sûre vers les vérités de sa science.</p>
<p>Au final, l’exposé de la méthodologie économique par Jean-Baptiste Say fournit encore bien des pistes pour l’économiste contemporain. Ses positions méthodologiques, approfondies et systématisé par tous les méthodologistes du XIXe siècle, puis par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWVuZ2Vy">Menger</a> et l’Ecole Autrichienne d’économie, méritent bien des éloges. Car Jean-Baptiste Say eut une véritable influence de ce point de vue.</p>
<p>Say eut également le mérite de diriger ses nombreux disciples sur le bon chemin, et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQmFzdGlhdA==">Frédéric Bastiat</a> fut l’un d’entre eux. Celui qu’on a surnommé le « joyeux libertarien » n’était pas un méthodologiste, et à peine un théoricien. [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-10' id='fnref-119077-10' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>10</a></sup>] Pourtant, si l’on en croit <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFya19UaG9ybnRvbg==">Mark Thorton</a>, la méthode aprioriste et déductive fut suivie consciencieusement par Bastiat. 31 Interprétant ses écrits du point de vue méthodologique, le même Thorton distinguera une « leçon méthodologique » donnée par Bastiat : l’économiste doit se concentrer sur l’analyse théorique déductive (« ce que l’on ne voit pas ») et non sur l’histoire et les statistiques (« ce que l’on voit »). [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-11' id='fnref-119077-11' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>11</a></sup>]</p>
<p>Bastiat fut aussi très critique face à ce qui fut plus tard décrit comme le « monisme » : cette idée que l’économie doit être considérée comme une science au même titre que la chimie ou que la physique et adopter les mêmes usages. Bastiat était vigoureusement opposé à cette conception. Il l’écrira clairement, et en précisera les raisons : « L’économie politique n’a pas, comme la géométrie ou la physique, l’avantage de spéculer sur les objets qui se laissent peser ou mesurer ; et c’est là une de ses difficultés d’abord, et puis une perpétuelle cause d’erreurs ; car, lorsque l’esprit humain s’applique à un ordre de phénomènes, il est naturellement enclin à chercher un <em>criterium</em>, une mesure commune à laquelle il puisse tout rapporter, afin de donner à la branche de connaissances dont il s’occupe le caractère d’une science exacte. Aussi nous voyons la plupart des auteurs chercher la fixité, les uns dans la valeur, les autres dans la monnaie, celui-ci dans le blé, celui-là dans le travail, c’est-à-dire dans la mobilité même. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-119077-12' id='fnref-119077-12' onclick='return fdfootnote_show(119077)'>12</a></sup>]</p>
<p>Méthodologie aprioriste et déductive, et dualisme clair entre sciences sociales et sciences naturelles : tel fut le fruit de l’école française. A une époque où, malgré les travaux des grands méthodologistes du passé, les économistes semblent à ce point avoir succombé aux sirènes positivistes, rien n’est plus nécessaire qu’une réflexion sur les fondements de la science économique, et voilà bien ce que Jean-Baptiste Say et l’Ecole française nous ont fourni.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8xOC9sYS1tZXRob2RvbG9naWUtZW4tZWNvbm9taWUtdW5lLWludHVpdGlvbi1mcmFuY2Fpc2UtcGFyLWJlbm9pdC1tYWxicmFucXVlLw==">Sur le web</a></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-119077'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-119077-1'>S. Dow, <em>The Methodology of Macroeconomic Thought : A conceptual Analysis of Schools of Thought in Economics</em>, Edward Elgar, 1996, pp.10-13 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-2'>Hector Denis, <em>Histoire des systèmes économiques et socialistes</em>, 1904, p.153 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-3'>Daniel Klein, « Deductive Economic Methodology in the French Enlightenment : Condillac and Destutt de Tracy », <em>History of Political Economy</em>, 17:1, 1985, Duke University Press, p.54 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-4'>Voir notamment Condillac, <em>Le Commerce et le Gouvernement considérés relativement l’un à l’autre</em> (1776), in <em>Œuvres philosophiques de Condillac</em>, 1947, p.248 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-5'>Murray Rothbard, « Jean-Baptiste Say and the method of praxeology », in <em>An Austrian Perspective on the History of Economic Thought</em>, Volume II. <em>Classical Economics</em>, Ludwig von Mises Institute, 2006, p.82 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-6'>Thomas Sowell, <em>Classical Economics Reconsidered</em>, Princeton University Press, 1994, pp.112-113 Remarquant bien cet usage de la déduction et de l’induction dans le même ouvrage, et à l’intérieur même de raisonnements particuliers, Marx commentera de la même façon : « Chez Smith les deux méthodes d’étude ne font pas que marcher l’une à côté de l’autre, mais s’entremêlent et se contredise constamment. » (Karl Marx, <em>Theories of Surplus Value: Part II</em>, Lawrence &amp; Wishart, 1969, p.165) <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-7'>Jean-Baptiste Say, <em>Traité d’économie politique, ou simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses</em>, Guillaumin, 1861, p.3 ; Institut Coppet, 2011, p.9 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-7'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-8'><em>Ibid</em>., p.6 ; p.11 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-8'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-9'><em>Ibid</em>., p.11 ; p.14 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-9'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-10'>La formule vient de G.C Roche, <em>Frédéric Bastiat, A Man Alone</em>, Arlington House, 1971, p.231. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-10'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-11'>Mark Thornton, « Frédéric Bastiat was an Austrian Economist, »,  <em>Journal des Economistes et des Etudes Humaines,</em> 11, no. 2/3 (Juin/Septembre 2001), p.390 ; Cf. Frédéric Bastiat, <em>Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas</em>, Ed. Romillat, 1990 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-11'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-119077-12'>Frédéric Bastiat, <em>Œuvres Complètes</em>, Tome 6, pp.84-85 <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-119077-12'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Students For Liberty 2013 : l’avenir de la liberté se construit dans les campus</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/22/119096-students-for-liberty-2013-lavenir-de-la-liberte-se-construit-dans-les-campus</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/03/22/119096-students-for-liberty-2013-lavenir-de-la-liberte-se-construit-dans-les-campus#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2013 05:45:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien Theillier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[libertarianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Students for Liberty]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=119096</guid>
		<description><![CDATA[En seulement quelques années, Students for Liberty a permis la constitution d'un réseau libertarien très actif et organisé, qui commence déjà à porter ses fruits. Par Damien Theillier. Un article de l'Institut Coppet La 6e conférence internationale Students for Liberty (SFL) s'est tenue le 15 et 16 février dernier à Washington DC. Plus de 1300 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En seulement quelques années, Students for Liberty a permis la constitution d'un réseau libertarien très actif et organisé, qui commence déjà à porter ses fruits.<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Damien Theillier.</strong><span id="more-119096"></span></p>
<p>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmc=">Institut Coppet</a></p>
<p>La 6e conférence internationale <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9zdHVkZW50c2ZvcmxpYmVydHkub3JnL2V2ZW50LzIwMTMtaW50ZXJuYXRpb25hbC1zZmwtY29uZmVyZW5jZS8=" target=\"_blank\">Students for Liberty</a> (SFL) s'est tenue le 15 et 16 février dernier à Washington DC. Plus de 1300 étudiants (et non-étudiants) se sont réunis afin de discuter, d'apprendre et de se rencontrer autour d'un thème commun : la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTGliZXJ0JUMzJUE5">liberté</a>. J'ai donc assisté pour la première fois à cette conférence internationale SFL et j'ai été impressionné par la bonne tenue des étudiants.</p>
<p>D'abord, c'est un meeting professionnel, organisé comme tel, dans un grand hôtel en plein centre-ville. Les étudiants respectent un code vestimentaire strict (costume cravate, robe ou tailleur). En effet, dans ce type de réunion, le networking est une priorité. Ce n'est pas seulement un meeting sympa, mais l'occasion pour chacun de saisir des opportunités d'avenir, que ce soit pour sa vie associative ou professionnelle.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-119099" title="Students-For-Liberty" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/Students-For-Liberty-300x300.png?16fe88" alt="" width="300" height="300" />Par ailleurs, j'ai apprécié le bon esprit qui régnait dans les séances en petits groupes où les débats étaient parfois très animés. Jamais, je n'ai entendu de paroles déplacées, agressives, de méchancetés ou d'insultes. Et pourtant il y avait là tout ce que le mouvement comporte de chapelles, branches et identités diverses : des libertariens conservateurs sociaux, des libertariens libéraux sociaux, des anarcho-capitalistes, des minarchistes, des randiens, des austro-libertariens, des religieux, des athées, etc., etc.</p>
<p>Même <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMTkvMTE0OTE5LWV0YXRzLXVuaXMtbGFwcmVzLXJvbi1wYXVs">Justin Amash</a>, le jeune sénateur républicain, proche de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMDcvODYxNTctbWVzc2FnZS1kZS1yb24tcGF1bC1hLXNlcy1taWxpdGFudHM=">Ron Paul</a>, a été applaudi alors qu'il ne fait pas l'unanimité sur les questions sociales (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFyaWFnZQ==">mariage</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQXZvcnRlbWVudA==">avortement</a>). Amash est un chrétien d'origine palestinienne qui veut incarner l'avenir de l'aile libertarienne du GOP (Grand Old Party, le Parti républicain). Lors de son intervention, il a défendu la nécessité d'incarner le mouvement libertarien dans une trajectoire politique et pas seulement dans des cercles privés. Il est un des rares politiciens américains qui publie ouvertement et systématiquement tous ses votes, y compris sur sa page Facebook.</p>
<p>La soirée d'ouverture était animée par John Mackey, PDG de Whole Foods Market. Des séances en petits groupes étaient animées par des intervenants provenant de <em>think tanks</em>, d'organisations, d'associations et de fondations diverses : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy8=" target=\"_blank\">Cato Institute</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50aGVpaHMub3JnLw==" target=\"_blank\">Institute for Humane Studies</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mZWUub3JnLw==" target=\"_blank\">Foundation for Economic Education</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdGxhc3NvY2lldHkub3JnLw==" target=\"_blank\">Atlas Society</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hZWkub3JnLw==" target=\"_blank\">American Enterprise Institute</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbmRlcGVuZGVudC5vcmcv" target=\"_blank\">The Independent Institute</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy55YWxpYmVydHkub3JnLw==" target=\"_blank\">Young Americans for Liberty</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJlcnR5ZnVuZC5vcmcv" target=\"_blank\">Liberty Fund</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZmZi5vcmcv" target=\"_blank\">The Future of Freedom Foundation</a>, etc. Il y avait aussi, bien évidemment, le groupe <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS5vcmcv" target=\"_blank\">Students for liberty</a> (SFL).</p>
<p>Beaucoup de pays étaient représentés: le Mexique, la Colombie, le Venezuela, l'Équateur, le Chili, la France (Baptiste Favrot, étudiant de Strasbourg, fondateur d'un chapitre SFL et lauréat du prix Student of the Year), l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Norvège, la Pologne, la Grèce, l'Italie, la Lituanie et l'Australie.</p>
<p>L'une des discussions a porté sur la question de savoir comment porter les idées de liberté au-delà du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMjIvNDQ2MjItZGVzLWludGVsbGVjdHVlbHMtZXZvcXVlbnQtbGV1ci1sZWN0dXJlLWRlLWxhLWdyZXZl">monde intellectuel</a>, au-delà du monde de l'économie ou de la philosophie. Nous avons besoin de libertariens dans la culture populaire, sur Internet, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMDIvOTYwMTgtY2xpbnQtZWFzdHdvb2Qtbm91dmVhdS1kZXRlY3RldXItZGUtcGlnbm91ZnM=">dans le monde du showbiz et de la télé aussi</a>. Nous avons besoin de musiciens, d'artistes, de cinéastes. Et une grande partie de la conversation a consisté à explorer la façon dont les arts et les lettres peuvent à la fois contribuer à notre compréhension de la liberté et devenir des modes d'expression et de persuasion pour nos idées.</p>
<p>Beaucoup de gens sont venus à la liberté grâce <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9heW4tcmFuZC8=">aux romans d'Ayn Rand</a>. Et il suffit de voir le succès des clips Hayek-Keynes pour comprendre la puissance de l'expression artistique et de la culture populaire pour diffuser les idées, en particulier par Internet. Les représentations artistiques de la liberté, que ce soient celles des générations passées ou présentes, touchent les gens d'une autre manière qu'un livre sur l'économie ou la philosophie.</p>
<p>Il a aussi été question de leadership. À ce propos, voici un extrait du discours d'ouverture d'Alexander McCobin, le président-fondateur de SFL:</p>
<blockquote><p>Il y a deux choses qui changent le monde: les hommes et les idées. Une idée représente la façon dont le monde fonctionne et comment nous devons agir. Mais une idée ne se propage pas ou ne se met pas en oeuvre elle-même. Elle a besoin des bonnes personnes pour se diffuser dans les mentalités. Le mouvement pour la liberté est fort parce que ses idées sont fortes.</p>
<p>Nous avons eu quelques leaders exceptionnels pour la cause de la liberté, mais il nous en faudrait d'autres pour les générations futures. Nous avons besoin de plus de leaders pour la liberté, de gens qui puissent:</p>
<blockquote><p>1. Définir des normes de réussite.<br />
2. Trouver des moyens de réussir.<br />
3. Être une source d'inspiration pour de futurs leaders.</p></blockquote>
<p>Et franchement, il n'y a pas assez de libertariens capables d'incarner toutes ces qualités.</p></blockquote>
<p>Pour autant, en seulement cinq ans, Alexander McCobin et son équipe ont réussi l'exploit de créer un réseau mondial d'étudiants libertariens ‒ plus de 863 groupes SFL sont répertoriés dans le monde à l'heure actuelle. Ils organisent quinze conférences régionales aux États-Unis avec 2 072 participants et cinq conférences régionales européennes avec plus de 570 participants au total.</p>
<p>Ils ont 75 coordonnateurs de campus en Amérique du Nord et 21 coordonnateurs locaux de 15 pays en Europe. À cela s'ajoute la publication de 175 000 exemplaires du nouveau livre SFL édité par Tom Palmer: <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMi8wOC8wNC9hZnRlci10aGUtd2VsZmFyZS1zdGF0ZS10b20tcGFsbWVyLWFuZC1zdHVkZW50cy1mb3ItbGliZXJ0eS8=" target=\"_blank\">After the Welfare State</a></em> (Après l'État-providence).</p>
<p>Et ce n'est qu'un début. L'organisation SFL dispose déjà de trois antennes en France, à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS1haXhtYXJzZWlsbGUuYmxvZ3Nwb3QuZnIv" target=\"_blank\">Aix</a>, à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuZmFjZWJvb2suY29tL2dyb3Vwcy9TRkxTdHJhc2JvdXJnLw==" target=\"_blank\">Strasbourg</a> et à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS1wYXJpcy5mci8=" target=\"_blank\">Paris</a>, créées il y a un an à peine.</p>
<p>SFL est né aux États-Unis en 2008 lors d'une conférence qui réunissait une centaine d'étudiants à l'Université Columbia, à New York. Sa mission est de sensibiliser les étudiants aux avantages de la liberté et de la société civile. Il propose de très nombreuses activités, des programmes et du matériel pour soutenir ceux qui s'intéressent à la liberté. Les efforts de SFL peuvent être décomposés en deux grandes catégories:</p>
<ol>
<li>Formation et outils intellectuels: SFL est un leader dans le domaine de la formation. Il offre des conseils ciblant des groupes d'étudiants afin de les aider à se former et à fonctionner plus efficacement. L'organisation fournit des outils afin de promouvoir la liberté et le leadership. Il s'agit notamment d'une revue universitaire, de séminaires, de « webinars » (séminaires en ligne sur un réseau Internet privé) et de livres gratuits pour les étudiants qui se réunissent en groupes de lecture sur leurs campus.</li>
<li>Mise en réseau des étudiants intéressés par la liberté pour renforcer leurs liens et leur montrer qu'ils ne sont pas seuls. SFL offre aussi aux étudiants la possibilité de découvrir les nombreuses organisations qui existent pour promouvoir la liberté.</li>
</ol>
<p>L'organisation a connu une croissance rapide depuis sa création en 2008. Du 8 au 10 mars avait lieu, à Louvain (Belgique), <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly9zdHVkZW50c2ZvcmxpYmVydHkub3JnL2V2ZW50LzIwMTMtZXVyb3BlYW4tc3R1ZGVudHMtZm9yLWxpYmVydHktY29uZmVyZW5jZS8=" target=\"_blank\">la deuxième conférence européenne SFL</a>. L'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv" target=\"_blank\">Institut Coppet</a> était représenté par deux de ses jeunes chercheurs associés : Marc Lassort et Benoît Malbranque. À leur retour, ils ont pu nous parler de l'avenir de la liberté en Europe!</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8wNi9zdHVkZW50cy1mb3ItbGliZXJ0eS0yMDEzLWwlRTIlODAlOTlhdmVuaXItZGUtbGEtbGliZXJ0ZS1zZS1jb25zdHJ1aXQtZGFucy1sZXMtY2FtcHVzLw==">Sur le web</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=119096" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>La démocratie selon Rothbard, Rand et les pères fondateurs</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Mar 2013 05:55:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Ayn Rand]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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		<category><![CDATA[Pères fondateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui sont les principaux penseurs libertariens du passé qui ont réfléchi sur la démocratie authentique ? Qu’ont-ils vraiment dit ? Et que pensent Murray Rothbard et Ayn Rand de la démocratie ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qui sont les principaux penseurs libertariens du passé qui ont réfléchi sur la démocratie authentique ? Qu’ont-ils vraiment dit ? Et que pensent Murray Rothbard et Ayn Rand de la démocratie ?</strong></p>
<p><strong>Par Karel Beckman</strong><span id="more-117938"></span><em>Traduit par Mathieu Chauliac, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv">Institut Coppet</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTMvMTE3OTM4LWxhLWRlbW9jcmF0aWUtc2Vsb24tcm90aGJhcmQtcmFuZC1ldC1sZS1wZXJlcy1mb25kYXRldXJzL2RlcGFzc2VyLWRlbW9jcmF0aWUtMg==" rel=\"attachment wp-att-118099\"><img class="alignleft  wp-image-118099" title="dépasser-démocratie" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/dépasser-démocratie1.jpg?16fe88" alt="" width="195" height="302" /></a>Avant la publication par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGFucy1IZXJtYW5uX0hvcHBl">Hans-Hermann Hoppe</a> de sa critique sans précédent de la démocratie dans « <em>Democracy The God That Failed</em> » en 2001, les libertariens ne considéraient pas l’analyse de l’idée de démocratie comme prioritaire. Il est probablement juste de dire qu’ils avaient tendance à la concevoir comme un système politique « neutre », susceptible d’orienter une société dans la direction soit individualiste soit collectiviste. Les menaces représentées par le socialisme et le fascisme ont bien davantage préoccupé le XXème siècle.</p>
<p>Toutefois, avec l’effondrement de l’Union soviétique, et sous l’influence de Hoppe, les libertariens ont commencé à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTYvMTExNDc1LWxhLXByb21lc3NlLXRyb21wZXVzZS1kZS1sYS1kZW1vY3JhdGll">réfléchir davantage sur le système démocratique</a> qui est la forme politique dominante dans le monde en ce début de 21ème siècle. Hoppe affirme que la démocratie est par nature un système collectiviste, en d’autres termes, que la liberté individuelle et la démocratie sont par définition antinomiques. Dans un livre publié cette année avec mon associé Frank Karsten <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2RlcGFzc2VybGFkZW1vY3JhdGllLmZyLw==">Dépasser la démocratie</a></em>, j’en arrive à la même conclusion.</p>
<p>Dans un contexte de regain mondial d’intérêt pour la démocratie – et d’une énième soporifique campagne présidentielle (ne finissent-elles jamais ?) - vous vous demandez peut-être comment les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMTQvOTcwMzgtbGVzLXBlbnNldXJzLWxpYmVyYXV4">célèbres penseurs libertariens</a> du passé jugeaient l’idée de démocratie. Je ne prétends pas donner une réponse scientifique et exhaustive à cette question, mais je ne peux proposer quelques aperçus historiques étonnants. Commençons par les Pères fondateurs.</p>
<p><strong>Les Pères fondateurs et la démocratie</strong></p>
<p>Chose intéressante, il existe pléthore de citations critiques des Pères Fondateurs sur la démocratie facilement trouvables sur Internet. Thomas Jefferson est censé avoir déclaré : « La démocratie n’est rien de plus que la loi du plus grand nombre, où 51% de la population nie les droits de l’autre 49% ».</p>
<p>Benjamin Franklin est quant à lui cité sur de nombreux sites pour cette phrase : « La démocratie se compose de deux loups et d’un agneau votants pour le menu du déjeuner. La liberté est un agneau bien armé pour contester ce vote ». Franklin est aussi célébré pour ceci : « Lorsque les peuples comprendront qu’ils peuvent voter pour des subventions, alors sonnera le glas de la république. »</p>
<p>Surprenant et prémonitoire, n’est-ce pas ? Certes mais le problème est que ni Jefferson ni Franklin n’ont jamais dit ces choses ! Il s’agit de citations inventées. Par qui ? Je l’ignore.</p>
<p>D’autres falsifications semblables peuvent être trouvées sur le web. Par exemple, le célèbre John Marshall, juge à la Cour Suprême de 1801 à 1835, est souvent cité pour la phrase :  « La différence entre la République équilibrée et la démocratie est celle qui existe entre l’ordre et le chaos »</p>
<p>Même des auteurs très respectés comme Walter Williams reprennent cette citation. J’ai vérifié les écrits de John Marshall en ligne, or jamais cette citation n’apparait.</p>
<p>Mais n’est-il pas exact cependant que les Pères Fondateurs étaient très opposés à la démocratie comme l’ont affirmé de nombreux auteurs libertariens ? <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9zZV9XaWxkZXJfTGFuZQ==">Rose Wilder Lane</a>, par exemple, dans son célèbre ouvrage de 1943 « <em>La découverte de la liberté</em> », écrit que « Washington, Jefferson, Franklin, John Adams, Madison et Monroe avaient peur de la démocratie ». Selon Rose Wilder Lane : <strong></strong></p>
<blockquote><p><strong>« ils s’opposaient autant à la monarchie qu’à la démocratie. »</strong> (<em>The Discovery of Freedom</em>, 50th Anniversary Edition, 1993, p 176-179.)</p></blockquote>
<p>Pour illustrer sa thèse, elle cite cet extrait en apparence terrible de James Madison, le quatrième président des États-Unis :</p>
<blockquote><p>« Une pure démocratie ne peut céder à aucune revendication de l’opposition. Lorsqu’une orientation ou un intérêt commun est ressenti par la majorité, il n’y a plus qu’à sacrifier la partie la plus faible. De là vient que les démocraties ont toujours été jugées incompatibles avec la sécurité des personnes ou avec le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUHJvcHJpJUMzJUE5dCVDMyVBOQ==">droit de propriété</a>, et qu’elles ont, en général, connu des vies courtes et des morts violentes. » (p. 178)</p></blockquote>
<p>Pourtant, lorsque nous nous tournons vers les écrits véritables des Pères fondateurs, les choses ne semblent pas tout à fait aussi simples. Ainsi il s’avère, par exemple – chose plutôt surprenante – que Rose Wilder Lane a effectivement commis des erreurs en citant Madison. En outre elle a sorti les propos de leur contexte. Dans le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb25zdGl0dXRpb24ub3JnL2ZlZC9mZWRlcmExMC5odG0=" target=\"_blank\"><em>The Federalist Paper number 10</em></a><em>,</em> Madison avait écrit ceci :</p>
<blockquote><p>« De ce point de vue, on peut conclure que la pure démocratie, c’est à dire la société composée d’un petit nombre de citoyens qui forment et administrent le gouvernement, ne permet pas la réalisation des revendications de l’opposition. Lorsqu’une orientation ou un intérêt commun est ressenti par la majorité de la population, le résultat en est presque à chaque fois la formation d’un gouvernement d’union nationale et le sacrifice de la partie la plus restreinte ou d’une faction odieuse. De là vient que de telles démocraties ont toujours été le théâtre de turbulences et de discordes, et n’ont jamais été jugée compatibles avec la sécurité des personnes ou avec le droit de propriété, et ont eu en général des vies courtes et morts violentes. »</p></blockquote>
<p>En d’autres termes, pour Madison il est seulement question ici de la démocratie directe dans les petites collectivités. En fait, il plaide en faveur de la démocratie ou de son représentant. C’est un peu confusément qu’il nomme la démocratie représentative une « République » plutôt qu’une démocratie, comme on le voit dans le passage que suit immédiatement la citation ci-dessus :</p>
<blockquote><p>« Une république, c’est à dire un gouvernement dans lequel s’incarne un système représentatif, ouvre une perspective nouvelle et promet la solution tant recherchée, viable pour tous ».</p></blockquote>
<p>Pire, Madison prétend encore que la république avec un grand R (la démocratie représentative par exemple) est souhaitable, thèse qu’il étaye de divers arguments (pas très convaincants d’ailleurs). En d’autres termes, loin d’être un adversaire de la démocratie, Madison se révèle être un partisan d’un système centralisé : la démocratie représentative – <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDUvMDUvODE0MzctcXVhbmQtbGEtcmV2b2x1dGlvbi1lbmxldmFpdC1sZS1kcm9pdC1kZS12b3RlLWF1eC1mcmFuY2Fpcw==">système que nous avons aujourd’hui</a>.</p>
<p>John Adams, le deuxième président des États-Unis, constitue un autre cas intéressant. Dans ses <em>Lettres à John Taylor</em>, il se montre très disert sur la démocratie. Par exemple, il écrit :</p>
<blockquote><p>« Je ne dis pas que la démocratie a été plus pernicieuse dans l’ensemble et sur le long terme, que la monarchie ou l’aristocratie. La démocratie n’a jamais été et ne peut pas durer comme l’aristocratie ou la monarchie, mais lorsqu’elle est en vigueur, elle est la plus meurtrière qui soit. » (<em>Lettres à John Taylor</em>, publiées dans « <em>The Works of John Adams, second president of the United States</em> » vol. VI, (1851), XVIII, p. 483.)</p></blockquote>
<p>Plus loin, dans les mêmes lettres, il reprend le même argument un peu différemment :</p>
<blockquote><p>« Mon opinion est, et a toujours été, que le pouvoir absolu enivre aussi bien les despotes, les monarques et les aristocrates que les démocrates, les jacobins et les sans-culottes. Je ne peux pas dire que la démocratie soit plus pernicieuse dans l’ensemble que les autres systèmes. Ses atrocités ont été plus transitoires ; celles des autres systèmes ont été plus permanentes. L’histoire de tous les âges montre que l’instabilité, la cruauté, et les horreurs de la démocratie ont tôt fait de dégoûter, d’alarmer, et de terrifier. »</p></blockquote>
<p>En d’autres termes, Adams écrit que la démocratie était aussi mauvaise – et ni meilleure ni pire – que la monarchie ou l’aristocratie.</p>
<p>Adams est d’autre part célèbre pour cette citation qui figure aussi dans ses <em>Lettres à John Taylor</em> :</p>
<blockquote><p>« Souvenez-vous que la démocratie ne dure jamais longtemps. Elle gaspille les énergies, s’épuise rapidement et meurt. Il n’est point de démocratie qui ne se soit suicidée. Il est faux de dire que la démocratie est moins orgueilleuse, moins dispendieuse, moins égoïste, moins ambitieuse ou moins avare que l’aristocratie ou la monarchie. Cela est faux et ne se vérifie nulle part dans l’histoire. Ces passions sont les mêmes chez tous les hommes, dans toutes les formes de gouvernement, et lorsqu’elles ne sont pas régulées, elles produisent les mêmes effets : fraude, violence et cruauté. »</p></blockquote>
<p>Toutefois, dans les mêmes lettres, il écrit :</p>
<blockquote><p>« La démocratie, toutefois, ne doit pas être déshonorée, la démocratie ne doit pas être méprisée. La démocratie doit être respectée, la démocratie doit être honorée, la démocratie doit être chérie, la démocratie doit être un élément essentiel faisant partie intégrante de la souveraineté pour exercer un contrepoids sur l’ensemble du gouvernement, sans quoi la liberté morale ne peut pas exister, ni aucune autre forme de liberté. J’ai toujours été affligé par les abus grossiers de ce mot respectable. »</p></blockquote>
<p>Alors oui, les Pères Fondateurs étaient fermement opposés à ce qu’ils appellent « démocratie directe » et à sa règle de la majorité absolue. Mais ils n’étaient pas opposés au système représentatif, ou « démocratie indirecte ». En dernière instance la vérité nous oblige à rappeler, comme certains libertariens l’ont fait remarquer, que le mot démocratie n’apparaît ni dans la Constitution ni dans la Déclaration d’Indépendance.</p>
<p>Alors que dire de Thomas Jefferson, qui – comme le note Hoppe – passe pour le plus « démocrate » des Pères fondateurs ? Fait intéressant, une recherche dans la <em>Online library of liberty</em> révèle que Jefferson a très peu utilisé le mot démocratie dans ses écrits. (Jefferson est le fondateur, avec James Madison du « Parti démocratique républicain », mais ce nom n’a été donné à ce parti que par les historiens postérieurs, Jefferson et ses partisans ont toujours utilisé le terme de « parti républicain »).</p>
<p><strong>La démocratie au 19ème siècle</strong></p>
<p>La démocratie a constitué un sujet âprement débattu par les penseurs politiques du 19e siècle. Évidemment, le mot recouvre des acceptions différentes selon les personnes. Prenez le chroniqueur et rédacteur en chef John Louis O’Sullivan (1813-1895), fondateur du <em>The United States Magazine and Democratic Review</em>, qui en son temps était un partisan déclaré de la démocratie. Fait intéressant, dans l’éditorial d’introduction de son nouveau périodique, qui consistait en une défense acharnée de la démocratie et de ce qu’il nomme « principe démocratique » ou « le droit du plus grand nombre », il a également inventé la fameuse expression libertarienne : « le meilleur des gouvernement est celui qui gouverne le moins » !</p>
<p>Cette expression a été rendue célèbre bien sûr par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMjIvMTEyMjEyLXRob3JlYXUtZXQtbGUtZGV2b2lyLWRlLWRlc29iZWlzc2FuY2UtY2l2aWxl">Henry David Thoreau</a> qui l’a utilisé en exergue de son texte très libertarien sur la <em>Désobéissance Civile</em>. Thoreau, d’ailleurs, ajoute qu’il croit personnellement que <strong>« le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout ».</strong></p>
<p>Selon Erik Ritter von Kuehnelt-Leddihn, dans son livre de 1951 <em>Liberté ou Égalité</em>, beaucoup d’intellectuels classiques, libéraux et conservateurs du XIXe siècle ont exprimé de grandes réserves quant à l’idée de démocratie, y compris des penseurs célèbres comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTG9yZF9BY3Rvbg==">Lord Acton</a>, Alexis de Tocqueville, Walter Bagehot, Edmund Burke, James Fenimore Cooper, John Stuart Mill et Thomas Macaulay.</p>
<p>Citant le célèbre écrivain conservateur Edmund Burke, Kuehnelt-Leddihn écrivait :</p>
<blockquote><p>« Je suis convaincu que dans une démocratie la majorité des citoyens est capable d’exercer l’oppression la plus cruelle sur la minorité… et que l’oppression de la minorité s’étend ensuite à des catégories plus larges et se propagent avec une fureur plus terrible encore, presque jamais appréhendable autrement que par la domination d’un seul sceptre (la monarchie) ».</p></blockquote>
<p>Thomas Macalauy, le grand penseur libéral classique britannique, émet un avis similaire :</p>
<blockquote><p>« Je suis depuis longtemps convaincu que les institutions purement démocratiques sont appelées tôt ou tard à détruire soit la liberté soit la civilisation, soit les deux. »</p></blockquote>
<p>Les nombreux exemples similaires donnés par Von Kuehnelt-Leddihn, corroborent l’intuition selon laquelle ce genre d’idée était répandu à l’époque.</p>
<p><strong>Rand et Rothbard</strong></p>
<p>Désormais tournons nous vers deux des plus grands penseurs libertariens du XXème siècle : Murray Rothbard et Ayn Rand. Tous deux étaient d’ardents militants politiques et d’attentifs observateurs des élections présidentielles américaines. Rand fit personnellement campagne pour le candidat républicain Wendell Willkie en 1940 et a toujours eu des opinions bien arrêtées sur les candidats. Par exemple, elle tenait en horreur Carter et Reagan. La vie politique de Rothbard est bien connue. Pourtant, les deux auteurs se montrent fort sceptiques sur la question de la démocratie, en particulier Rothbard.</p>
<p>Rand, en fait, n’a pas consacré beaucoup d’attention à l’idée de démocratie dans ses écrits. Dans le <em>Ayn Rand lexicon</em> (éditions Harry Binswanger, 1986), recueil exhaustif de sa pensée et de ses publications, on ne trouve que deux citations pour le mot clé « démocratie », et toutes deux sont critiques.</p>
<p>La première est la suivante :</p>
<blockquote><p>« La démocratie dans son sens originel renvoie à la règle de la majorité absolue… un système qui livre votre propre travail, vos biens, votre esprit et votre vie à la merci d’une faction capable de rassembler contre vous les votes de la majorité, et ce à tout moment et à tout propos. »</p></blockquote>
<p>Voilà une assertion limpide, mais curieusement répertoriée – surtout pour un recueil prétendant être un « lexique » – car lorsque nous allons à la source nous constatons que la citation est inexacte. Elle provient d’un article intitulé « Comment lire et ne pas écrire », paru dans <em>The Ayn Rand letter</em>. Dans cet article, Ayn Rand critique un éditorialiste du New York Times, et voici ce qu’elle écrit textuellement :</p>
<blockquote><p>« Il [l’éditorialiste] utilise le mot ‘démocratique’ dans son acception originelle, c’est-à-dire au sens d’une règle de majorité absolue, et il nous invite à accueillir un système dans lequel votre propre travail, vos biens, votre esprit et votre vie sont à la merci de toute faction capable de rassembler les votes de la majorité, et ce à tout moment et à tout propos. »</p></blockquote>
<p>En d’autres termes, Rand ne s’oppose pas à la démocratie en tant que telle comme le suggère <em>The Ayn Rand Lexicon</em>, mais à la règle de la majorité absolue.</p>
<p>La seconde citation du lexique est tirée d’un manuel de 1946 intitulé <em>Text book of Americanism</em> et s’oppose là encore à la règle de la majorité absolue, davantage qu’à la démocratie. Rand y écrit:</p>
<blockquote><p>« Si l’on supprime la morale et que l’on lui substitue la doctrine collectiviste de la majorité absolue, si l’on accepte l’idée que la majorité peut faire tout ce qu’elle veut, et que tout action entreprise par la majorité est bonne puisqu’elle est entreprise par cette même majorité (celle-ci décrétant la norme du bien et du mal), comment cela se traduit-il en pratique dans la vie réelle ? Qui est la majorité ? Par rapport à chaque homme en particulier, tous les autres hommes sont des membres potentiels d’une majorité capable de le détruire à son gré, et à tout moment. Il s’ensuit que chaque homme devienne alors l’ennemi de tous les autres, que tous se craignent et se suspectent  entre eux, que chacun essaye de voler et d’assassiner le premier, avant d’être lui-même volé et assassiné. »</p></blockquote>
<p>Le mot démocratie ne figure même pas dans cette citation. En fait, ce manuel (qui vaut le détour par ailleurs) est un pamphlet <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMzAvMTEyOTM1LWxhLWdhcmFudGllLXVuaXZlcnNlbGxlLWRlcy1yZXZlbnVzLWxvY2F0aWZzLWdhcmFudGllLTEwMC1jb2xsZWN0aXZpc21l">contre le collectivisme</a> et contre l’idée du « bien du plus grand nombre » plutôt que contre la démocratie. Il semble donc que, même si Rand se soit opposée à la règle de la majorité absolue et ait résolument pris parti en faveur des droits fondamentaux de l’individu, elle n’ait pas beaucoup réfléchi au concept de démocratie.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTMvMTE3OTM4LWxhLWRlbW9jcmF0aWUtc2Vsb24tcm90aGJhcmQtcmFuZC1ldC1sZS1wZXJlcy1mb25kYXRldXJzL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM2MjQtZGVtb2NyYXRpZQ==" rel=\"attachment wp-att-118104\"><img class="alignright  wp-image-118104" title="imgscan contrepoints 2013624 démocratie" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/03/imgscan-contrepoints-2013624-démocratie-752x1024.jpg?16fe88" alt="" width="270" height="367" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTXVycmF5X1JvdGhiYXJk">Murray Rothbard</a> avait davantage à dire sur ce sujet. Par exemple, son livre <em>Pouvoir et marché</em> (1970), comprend une dissertation détaillée et critique sur la démocratie. Il y explique que la démocratie peut se décliner depuis un « relatif laissez-faire à un « relatif interventionnisme », mais il ajoute que « la formation d’un gouvernement est un problème qui ne saurait être tout à fait séparé de la politique poursuivie par ce gouvernement ». Dans ce contexte, il appelle démocratie un « système truffé de contradictions internes ».</p>
<p>Ainsi, il note par exemple que « les différentes modes de scrutin, les différents découpages géographiques », sont arbitraires. Si quelqu’un prétend « que la majorité dans un pays X devrait gouverner alors on pourrait rétorquer sur le même mode en décrétant que la majorité d’un quartier devrait avoir le droit de s’autogouverner et de faire sécession jusqu’à étendre cette logique au village, au pâté de maisons, à l’immeuble et finalement à chaque individu, et l’on aboutirait ainsi à la fin de tout gouvernement démocratique par l’annihilation de l’autonomie individuelle. Mais si l’on dénie un tel droit de sécession, alors le citoyen démocrate doit accepter aussi que des pays étrangers à population plus nombreuse perçoivent son pays à lui comme une sorte de faction minoritaire au sein d’un gouvernement mondial régi par la majorité absolue. En bref, le démocrate défenseur d’un gouvernement national se trouve face à une contradiction : il doit prendre fait et cause pour l’émergence d’un gouvernement mondial ou alors pour la suppression de tous les gouvernements. »</p>
<p>Plus simplement, Rothbard réfléchit à la légitimité morale de la démocratie. Est-ce que la majorité est toujours juste moralement ? Rien ne le prouve, dit-il. Le meilleur argument en faveur de la démocratie, poursuit l’auteur, c’est que celle-ci peut assurer « un changement pacifique de gouvernement », mais il pose des objections à cet argument.</p>
<p>Néanmoins, en dépit des critiques, Rothbard conclut que la démocratie ne doit pas être entièrement abandonnée : elle peut être employée comme un moyen d’aboutir à une société libre ou pour faire passer des lois qui se rapprochent d’une société libre. Que cela soit chose possible, écrit-il, dépend des circonstances – ce qui explique la tendance de Rothbard à entrer dans la vie politique chaque fois qu’il y voyait une opportunité de faire avancer ses idéaux.</p>
<p>Dans son livre <em>Egalitarianism as a Revolt against Human Nature</em> (1974), Rothbard note qu’« avec l’avènement de la démocratie, l’emprise de l’État sur la société redouble de puissance jusqu’à faire naître des slogans contraires à toute raison et sens commun au premier rang desquels le célèbre « nous sommes le gouvernement. »</p>
<p>Dans <a href="www.amazon.fr/exec/obidos/ISBN=2251390537?tag=liberauxorg-21"><em>L’éthique de la liberté </em></a>(1982), Rothbard s’attaque encore à la démocratie, et spécifiquement à l’idée erronée selon laquelle un gouvernement démocratique agit au nom des individus – ce qui en d’autres termes revient à dire que le vote fait de chaque décision gouvernementale des décisions « voulues » par le peuple.</p>
<p>Bien que Rothbard soit par principe très critique sur la démocratie, il n’a pas jugé nécessaire d’écrire un traité de grande envergure à ce sujet. Là où ses sentiments envers la démocratie sont peut-être le mieux détaillés c’est dans le post-scriptum à <em>Making Economic Sense</em> (1995), dans lequel il écrit :</p>
<blockquote><p>« À quoi sert la démocratie de toute façon ? Lorsque l’on parcourt l’ensemble du spectre idéologique, depuis les socialistes aux libéraux en passant les néoconservateurs et jusqu’aux conservateurs ‘officiels’, la ‘démocratie’ est considérée comme un totem sacré, comme un horizon moral indépassable remplaçant presque tous les autres systèmes de valeur y compris les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. Mais malgré cette adhésion universelle et comme l’a souligné David Gordon du Mises Institute, pratiquement aucun argument n’existe pour soutenir la nécessité de…  la démocratie, et le peu qui soient disponibles apparaissent désespérément faibles. L’impératif absolu de la démocratie est considéré comme tellement évident et sacré qu’il ne mérite pas même une discussion entre simples mortels. Mais qu’y a-t-il de si formidable dans la démocratie ? Elle n’est guère qu’une vertu en soi, et même pas une vertu primordiale, certainement pas aussi importante que la liberté, le droit de propriété, le libre marché, ou le gouvernement aux pouvoirs limités. La démocratie est simplement un processus, un outil pour choisir les dirigeants et les politiques gouvernementales. Elle n’a qu’une seule vertu, qui constitue effectivement une chose importante : être un moyen pacifique du triomphe de la volonté populaire. »</p></blockquote>
<p>Ainsi pour Rothbard, comme pour Rand, la démocratie n’était pas une préoccupation majeure. Elle est considérée « simplement comme un processus. »</p>
<p>De toute évidence, à l’époque de Rothbard et de Rand, il y avait d’autres chats à fouetter : le communisme, le socialisme, le fascisme. Malgré l’effondrement des utopies du 20ème siècle, le collectivisme, comme Hoppe l’a montré, a pris une autre forme qu’on appelle la démocratie. Il s’agit là d’une petite chimère peut-être moins gloutonne – mais beaucoup plus difficile à vaincre. Telle est la noble tâche qui revient aux libertariens modernes.</p>
<p><em>Source</em> : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jaGFybGlldmlsbGUubmwv">http://www.charlieville.nl</a></p>
<p>*Karel Beckman est co-auteur, avec Frank Karsten, d’un essai limpide sur la démocratie analysée à la lumière libertarienne. Dans ce livre, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JleW9uZGRlbW9jcmFjeS5uZXQv"><em>Beyond Democracy</em></a>, les auteurs démontrent clairement à travers 13 mythes forts répandus, quels sont les problèmes posés par le système démocratique, et pourquoi l’idée de démocratie est fondamentalement opposée à l’idée de liberté. <em>Beyond Democracy</em> est disponible en français sous le titre <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2RlcGFzc2VybGFkZW1vY3JhdGllLmZyLw==">Dépasser la démocratie</a></em>.</p>
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<p><strong>À lire aussi sur le site de l'Institut Coppet :</strong></p>
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<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMi8wNC9hdHRlbnRpb24tYS1sYS1kZW1vY3JhdGllLWxpYmVydGljaWRlLXBhci1yaWNoYXJkLWViZWxpbmcv">Attention à la démocratie liberticide. Par Richard Ebeling</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMS8xNS9sYS1wcm9tZXNzZS10cm9tcGV1c2UtZGUtbGEtZGVtb2NyYXRpZS8=">La promesse trompeuse de la démocratie</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMS8wMy9oaXN0b2lyZS1kZS1sYS1saWJlcnRlLXBhci1kYXZpZC1ib2F6Lw==">Histoire de la liberté. Par David Boaz</a></li>
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</ul>
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<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8wNy9sYS1kZW1vY3JhdGllLXNlbG9uLXJvdGhiYXJkLXJhbmQtZXQtbGVzLXBlcmVzLWZvbmRhdGV1cnMtcGFyLWthcmVsLWJlY2ttYW4v">Sur le web</a></p>
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]]></content:encoded>
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		<title>Frédéric Bastiat sur la spoliation légale</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Feb 2013 06:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Bastiat, brillant économiste français du 19ème siècle, a théorisé au fil de ses ouvrages la spoliation de l’État, dénonçant avec brio les travers de l'action étatique et de ceux qui la dirigent. Par David Hart. Un article de l'Institut Coppet Si Frédéric Bastiat l’avait rédigée, son Histoire de la spoliation se serait rangée sans peine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bastiat, brillant économiste français du 19ème siècle, a théorisé au fil de ses ouvrages la spoliation de l’État, dénonçant avec brio les travers de l'action étatique et de ceux qui la dirigent.</strong></p>
<p><strong>Par David Hart</strong>.<span id="more-115004"></span></p>
<p><em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv">Institut Coppet</a><br />
</em></p>
<p>Si <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQmFzdGlhdA==">Frédéric Bastiat</a> l’avait rédigée, son <em>Histoire de la spoliation</em> se serait rangée sans peine parmi les plus grands ouvrages libertariens jamais écrits, aux côtés de l’<em>Histoire de la Liberté </em>de Lord Acton et du troisième volume de la <em>Perspective autrichienne sur l’histoire de la pensée économique</em> de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTXVycmF5X1JvdGhiYXJk">Murray Rothbard</a>. Si, de fait, il avait atteint un âge respectable plutôt que de mourir à 49 ans d’un cancer de la gorge, il aurait sans doute achevé sa grande œuvre, <em>Harmonies économiques</em>, une véritable histoire de la spoliation. Il faut noter que Marx publia le premier volume de son <em>magnum opus</em>, <em>Das Kapital </em>(1867), alors qu’il était âgé de 49 ans, mais qu’il vécut 16 ans de plus que Bastiat. En mettant à profit ce laps de temps, qui sait si Bastiat n’aurait pas réalisé son prodigieux potentiel en tant que théoricien de l’économie et historien, se hissant dès lors à la stature d’un Karl Marx du libéralisme classique.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMDgvNzIzMTctZGVzLWlkZWVzLXNpbXBsZXMtcG91ci11bi1tb25kZS1jb21wbGV4ZS9iYXN0aWF0Mi0yNDB4MzAw" rel=\"attachment wp-att-72326\"><img class="alignleft size-full wp-image-72326" title="Affiche Bastiat 2012" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/Bastiat2-240x300.jpg?16fe88" alt="" width="240" height="300" /></a>Durant les six brèves années où Bastiat fut actif en tant qu’écrivain et homme politique (1844-1850), il produisit pas moins de six grands volumes composés de correspondances, de pamphlets, d’articles, de livres, que le <em>Liberty Fund</em> s’emploie d’ailleurs actuellement à traduire sous le titre<em> Collected Works of Frédéric Bastiat (2011-2015)</em>. Ce qui émerge d’un examen chronologique de ses écrits, c’est sa compréhension graduelle que l’État (écrit le plus souvent L’ÉTAT) se résume à une vaste machinerie conçue délibérément dans le but de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMjkvMTA2MTA3LWZsb3JhbmdlLWxhLXByb3ByaWV0ZS1wcml2ZWUtY2V0dGUtcmVsaXF1ZS1iYXJiYXJl">s’emparer de la propriété de certaines personnes</a>, sans leur consentement, afin de la transférer à d’autres. L’autre mot qui revient sous sa plume avec une fréquence croissante durant cette période, toujours pour décrire l’action de l’État, c’est celui de spoliation. On retrouve aussi « parasite », « viol », « vol » et bien sûr « pillage », termes également sans ambages. Dans ses textes éparpillés traitant de l’État et remontant à la période précédant la Révolution de 1848, il identifie les groupes particuliers qui, lors de différentes périodes historiques, accédèrent à la puissance étatique afin de spolier les gens ordinaires. Il cite les guerriers, les esclavagistes, l’Église catholique, ainsi que les tout récents monopolistes industriels et commerciaux. Chacun de ces groupes, leur méthode spécifique d’utilisation du pouvoir étatique afin de tirer profit de l’exploitation de leurs contemporains, devait hériter de sa propre section au sein de l’<em>Histoire de la spoliation</em>. Si on lui avait demandé sa définition de l’État avant les journées de 1848, il aurait sans doute répondu : <em>« l’État est le mécanisme par lequel un petit groupe de privilégiés vit aux dépens de tous les autres ».</em></p>
<p>Mais l’irruption de la fièvre révolutionnaire dans les rues de Paris en février 1848 changea radicalement la donne, contraignant Bastiat à modifier substantiellement sa stratégie de lutte contre la spoliation étatique. Avant ces évènements, des petites minorités de privilégiés se trouvaient toujours en mesure de prendre le contrôle de l’État afin de se livrer au pillage de la majorité du peuple pour leur propre bénéfice : les esclavagistes exploitaient leurs esclaves ; les aristocrates exploitaient leurs serfs dans leurs domaines ; les monopolistes détenteurs de privilèges exploitaient leurs clients ; ainsi, d’une manière assez fruste, il semblait naturel à la minorité de s’emparer du fruit des efforts de la majorité si elle le pouvait. L’approche de Bastiat avant 1848 consistait donc principalement à identifier les intérêts particuliers qui profitaient de leur accès à l’État, puis de les exposer au public via des articles de presse tantôt acides tantôt satyriques. Il s’agissait, parmi l’élite, des propriétaires terriens bénéficiant de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTIvMTkvOTM3OS10b2RkLWxlLXByb3RlY3Rpb25uaXNtZS1wb3VyLW5vdXMtc29ydGlyLWRlLWxhLWNyaXNl">protections douanières</a>, des industriels jouissant de monopoles et de subventions, ainsi que des aristocrates liés à la monarchie, lesquels s’accaparaient les postes au gouvernement et dans l’armée.</p>
<p>La montée en puissance des mouvements socialistes à partir de 1848 signifiait que des groupes plus larges qu’auparavant, peut-être même une majorité des votants si les socialistes triomphaient, se mettraient à employer les mêmes méthodes que les anciennes élites, mais cette fois-ci pour le bénéfice de « tout le monde » plutôt que d’une seule petite élite. Le problème, tel que le perçut aussitôt Bastiat, résidait dans l’impossibilité pour la majorité de vivre aux dépens de la majorité. Puisque tôt ou tard quelqu’un doit régler les factures, la majorité se retrouverait à payer impôts et taxes tout en bénéficiant en même temps de « subventions » de la part de l’État, les fonctionnaires prélevant naturellement leur dîme en amont. Ce paradoxe lui inspira cette année-là sa fameuse définition : <em>« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »</em> Il lui fallait dorénavant s’adapter et tenter de convaincre les travailleurs séduits par le socialisme du caractère vain et impossible à satisfaire des promesses gouvernementales, en matière de postes dans la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMDkvMTE0Mzc3LWxlcy1mb25jdGlvbm5haXJlcy1tYXNzaXZlbWVudC1zdXJyZXByZXNlbnRlcy1hdS1wYXJsZW1lbnQ=">fonction publique</a>, comme d’assurance-chômage nationalisée et de contrôle des prix.</p>
<p>Bastiat ne fut pas en mesure de remporter ce débat aussi bien intellectuel que politique, du fait de son décès en décembre 1850, tandis que de leur côté, les forces socialistes furent vaincues, quoique temporairement, par une combinaison de répression militaire et policière, et ce alors que le « parti de l’ordre » se rangeait derrière Louis-Napoléon Bonaparte (qui allait bientôt s’auto-proclamer empereur Napoléon III). Néanmoins, Bastiat avait déjà clairement identifié les principales faiblesses de l’État-providence, et nous pouvons constater aujourd’hui les conséquences de ces contradictions économiques et l’effondrement possible, en portant notre regard sur les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTMvMTA3NzA5LWNyaXNlLWRlLWxldXJvLWNvcnJ1cHRpb24tZ3JlY2UtZXQtdWU=">rues d’Athènes</a> gagnées par l’émeute.</p>
<p>En gardant à l’esprit ce cadre historique, je souhaiterais à présent détailler cette théorie de la spoliation, afin que nous nous représentions plus clairement ce dont Bastiat avait pris conscience du fait de son impressionnante faculté d’analyse. Grâce à la douzaine d’articles et de chapitres éparpillés traitant du sujet, rédigés entre 1845 et l’été 1850, j’ai pu en effet la reconstruire telle qu’il l’aurait sans doute faite figurer dans son <em>Histoire de la spoliation</em>.</p>
<p>Il existe donc une philosophie morale absolue <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTG9pX25hdHVyZWxsZQ==">basée sur la loi naturelle</a>. Les lois naturelles sont découvertes en partie grâce à l’observation, empirique et scientifique, des sociétés humaines (au moyen de l’économie et de l’Histoire), et en partie par la révélation divine (car Bastiat puisait dans son déisme et sa morale chrétienne). Cette philosophie morale s’applique à tous les êtres humains sans exception (quoique tout spécialement aux rois et aux politiciens). Il n’y a que deux moyens par lesquels la richesse (la propriété) peut s’acquérir : en premier, au travers de l’activité individuelle et volontaire ainsi que de l’échange librement négocié avec ses pairs (« un service pour un service »), parmi des individus appelés les « producteurs » ; en second, par le recours au vol (coercition ou fraude), du fait d’une autre catégorie de personnes qu’il appelle les « spoliateurs ». L’existence de la spoliation est un fait scientifique, tout à fait empirique, mis en lumière par l’étude de l’Histoire. Les spoliateurs se sont historiquement organisés en tant qu’États, puis ont tenté de soustraire leurs activités aux principes moraux universels en introduisant des lois qui « sanctionnent» la spoliation, ainsi qu’un code moral qui « glorifie » cette dernière. Les spoliateurs trompent également leurs victimes en recourant à « la Ruse » et aux « sophismes » afin de se justifier et de déguiser ce qu’ils font réellement. Il incombe alors aux économistes politiques, tel Bastiat, de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTgvMTExNzE5LXByb21vdXZvaXItbGUtbGliZXJhbGlzbWUtb3UtY29tYmF0dHJlLWxlLXNvY2lhbGlzbWUtcHJvc3BlY3RpdmUtc3RyYXRlZ2lxdWUtcG91ci11bmUtYWN0aW9uLWRpcmVjdGU=">mettre au grand jour les procédés d’escrocs des spoliateurs</a> à l’égard de leurs « dupes » (les gens ordinaires), afin d’éradiquer pour de bon le pillage organisé au sein de la société.</p>
<p>Examinons plus en détail quelques éléments de cette théorie.</p>
<p>En tant qu’adhérent aux idées de loi naturelle et de droits naturels, Bastiat croyait en l’existence de principes moraux identifiables et formulables par tout être humain, donc d’application universelle. En d’autres mots, il ne saurait y avoir deux principes moraux en vigueur dans une même situation, un pour les gouvernants et le pouvoir souverain, l’autre pour le reste de l’humanité. Un de ces principes universels n’est autre que le droit d’un individu à posséder, d’où découle l’injonction de ne pas violer un tel droit par l’usage de la force ou le recours à la tromperie.</p>
<p>Pour citer Bastiat :</p>
<blockquote><p> « Il n’y a que deux moyens de se procurer les choses nécessaires à la conservation, à l’embellissement et au perfectionnement de la vie : la PRODUCTION et la SPOLIATION. »<em> </em>(<em>Physiologie de la Spoliation</em>,<em> </em>dans <em>Sophismes économiques</em> vol. II)</p></blockquote>
<p>Plus loin dans son essai il développe :</p>
<blockquote><p>« La véritable et équitable loi des hommes, c’est : Échange librement débattu de service contre service. La Spoliation consiste à bannir par force ou par ruse la liberté du débat afin de recevoir un service sans le rendre. La Spoliation par la force s’exerce ainsi : On attend qu’un homme ait produit quelque chose, qu’on lui arrache, l’arme au poing. Elle est formellement condamnée par le Décalogue : Tu ne prendras point. Quand elle se passe d’individu à individu, elle se nomme vol et mène au bagne ; quand c’est de nation à nation, elle prend nom conquête et conduit à la gloire. »</p></blockquote>
<p>Il invoque alors les Dix commandements, le Code pénal, ainsi que le dictionnaire de l’Académie française, afin de définir aussi clairement que possible <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMzAvMTA2MjU5LWxhLXJoZXRvcmlxdWUtZHUtdm9s">la nature du vol</a> d’autrui, dont il note l’interdiction en tous lieux et en tout temps. Conformément à cette définition, dans l’esprit de Bastiat les politiques du gouvernement français ne sont plus guère que du « vol à la prime », du « vol par les douanes », du « vol mutuel » de tous les Français via les subventions et protections diverses. Pris ensemble, cela forme un système entier dédié à la spoliation, en évolution depuis des siècles.</p>
<p>De ce fait, à cause de l’ubiquité de la spoliation au sein de l’histoire humaine, il devenait essentiel pour l’économie politique de la prendre en compte lors des débats sur le fonctionnement du marché et de ses « facteurs perturbateurs ».</p>
<p>Et Bastiat d’affirmer dans la foulée que :</p>
<blockquote><p>« Quelques personnes disent : La Spoliation est un accident, un abus local et passager, flétri par la morale, réprouvé par la loi, indigne d’occuper l’Économie politique. Cependant, quelque bienveillance, quelque optimisme que l’on porte au cœur, on est forcé de reconnaître que la Spoliation s’exerce dans ce monde sur une trop vaste échelle, qu’elle se mêle trop universellement à tous les grands faits humains pour qu’aucune science sociale, et l’Économie politique surtout, puisse se dispenser d’en tenir compte. »</p></blockquote>
<p>Un élément clef de la spoliation qui la distingue de l’acquisition de la richesse par l’échange volontaire, c’est l’usage de la violence conjointement à ce qu’il appelle « la Ruse ». À l’intérieur de la catégorie de la « spoliation », deux types principaux intéressaient Bastiat : la « spoliation illégale », entreprise par les voleurs de grands chemin et autres brigands, et la « spoliation légale », réalisée par l’État sous la protection du système juridique, lequel exempte les gouvernants comme leur administration de se soumettre à l’injonction morale de ne pas s’emparer par la force de la propriété d’autrui. La spoliation illégale suscitait moins d’intérêt chez Bastiat, du fait de sa condamnation générale ainsi que de sa bonne compréhension de la part des juristes et des économistes. À la place, il se concentra sur la seconde forme, car elle était à peine envisagée comme un problème par ses collègues, bien qu’elle ait existé à « une vaste échelle » tout au long de l’Histoire, au point de représenter l’une des forces motrices de cette dernière. Comme il note dans son « dernier et important aperçu », qui termine la « Conclusion » du premier volume des <em>Sophismes économiques</em> :</p>
<blockquote><p>« La force appliquée à la spoliation fait le fond des annales humaines. En retracer l’histoire, ce serait reproduire presque en entier l’histoire de tous les peuples : Assyriens, Babyloniens, Mèdes, Perses, Égyptiens, Grecs, Romains, Goths, Francs, Huns, Turcs, Arabes, Mongols, Tartares, sans compter celle des Espagnols en Amérique, des Anglais dans l’Inde, des Français en Afrique, des Russes en Asie, etc., etc. »</p></blockquote>
<p>Dans <em>Physiologie de la Spoliation</em>, Bastiat esquisse les principaux types de spoliation qui avaient émergé au cours des siècles : la guerre, l’esclavage, la théocratie et le monopole. Historiquement, les sociétés et leurs élites dirigeantes, lesquelles vivaient de la spoliation, avaient évolué au travers de périodes successives de conflit. Dans une lettre à Mme Cheuvreux, datée du 23 juin 1850, Bastiat prophétise que :</p>
<blockquote><p>« Notre histoire ne présentera que deux phases : les temps de luttes, à qui s’emparera de l’État ; et les temps de trêve qui seront le règne éphémère d’une oppression triomphante, présage d’une lutte nouvelle ».</p></blockquote>
<p>Les origines historiques immédiates de l’État français moderne se trouvaient dans ses élites aristocratiques et théocratiques, lesquelles avaient atteint leur position sous l’Ancien Régime, et dont le contrôle de l’État avait été contesté par les premiers réformateurs d’inspiration socialiste, tel Robespierre durant la Terreur, puis par les militaires sous Napoléon. La défaite de ce dernier avait autorisé un retour temporaire de ces premières élites, jusqu’à ce qu’elles soient à nouveau renversées par une autre révolution, dans laquelle cette fois-ci Bastiat joua un rôle actif en tant qu’élu, journaliste, et théoricien de l’économie.</p>
<p>De son vivant, l’État moderne avait évolué de telle sorte qu’une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMzAvOTg4MjctcGF0cm9uLW91LWJ1cmVhdWNyYXRlLXF1aS1jcm9pcmU=">classe de bureaucrates professionnels</a>, nombreuse et permanente, s’occupe de transmettre la volonté du pouvoir souverain : soit le roi Louis-Philippe durant la monarchie de Juillet (1830-1848), puis le « Peuple » sous la Seconde république, consécutivement à la Révolution de février 1848. Tout cela afin de taxer, réglementer, et subventionner une part croissante de l’économie française. Vers la seconde moitié des années 1840, l’opposition de Bastiat à cette inflation étatique se concentra sur trois de ses aspects : les tarifs douaniers protectionnistes, la politique fiscale, et les Ateliers nationaux où en 1848 le gouvernement plaça des chômeurs, subventionnant leur emploi. Alors que le périmètre de l’État s’accroissait, ce dernier se mit à fournir un nombre toujours plus important de « services publics » financés par le contribuable.</p>
<p>Bastiat voyait d’un mauvais œil de tels développements, et considérait de fait tout « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDUvMzEvODUyMDktbGVudHJlcHJpc2UtcHJpdmVlLWxlLXNldWwtdnJhaS1zZXJ2aWNlLXB1YmxpYw==">service public</a> » au-delà du strict minimum régalien comme une « forme désastreuse de parasitisme » (les Intermédiaires décrits dans <em>Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas</em>). Par le biais de son personnage favori, Jacques Bonhomme, Bastiat compare la « vente forcée » d’un « service public » – c’est-à-dire le « parasitisme légal » de la bureaucratie française – aux actions d’un voleur de bas étage qui ne pratiquerait que le « parasitisme légal » ou « extra-légal » en cambriolant la maison de l’infortuné bourgeois (cf. « <em>L’impôt » </em>dans <em>Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas</em>).</p>
<p>Bastiat pensait également que l’État moderne, bureaucratique et régulateur, son contemporain, reposait d’un côté sur un mélange de violence brute et de coercition, et de l’autre sur un assortiment de tricheries et de mensonges, les fameux sophismes. La violence et la coercition résidaient pour l’essentiel dans l’impôt, les taxes et les règlementations, que devaient subir les contribuables, les commerçants et les producteurs, tandis que la dimension idéologique à l’appui de la classe actuelle de spoliateurs provenait d’un nouvel ensemble de « sophismes économiques » et « politiques », plus aptes à répandre la confusion parmi les « dupes », à les égarer et à les conduire à soutenir le système. La science de l’économie politique, selon Bastiat, consistait à dénoncer les sophismes économiques du présent, afin de les discréditer complètement, et ainsi dépouiller la classe spoliatrice de sa justification et de son pouvoir :</p>
<blockquote><p>« J’en ai dit assez pour montrer que l’Économie politique a une utilité pratique évidente. C’est le flambeau qui, dévoilant la Ruse et dissipant l’Erreur, détruit ce désordre social, la Spoliation. » (<em>Physiologie de la Spoliation</em>)</p></blockquote>
<p>Dans l’essai suivant, <em>Deux morales</em>, Bastiat contraste le rôle de la « moralité religieuse » et de la « morale économique » en apportant ce changement dans la pensée :</p>
<blockquote><p>« Que la morale religieuse touche donc le cœur, si elle le peut, des Tartuffes, des Césars, des colonistes, des sinécuristes, des monopolistes, etc. La tâche de l’économie politique est d’éclairer leurs dupes. » (Dans la pièce de Molière <em>Tartuffe ou l’Imposteur</em>, Tartuffe se révèle un hypocrite comploteur et Orgon un dupe bien intentionné).</p></blockquote>
<p>Il était dans l’intention de Bastiat, lorsqu’il écrivit les essais rassemblés dans les deux volumes de ses <em>Sophismes économiques</em>, d’entamer le long processus de la démolition de la confusion intellectuelle entretenue par l’élite privilégiée dans le cadre de la défense de ses intérêts particuliers et de la justification de son pillage systématique des braves gens.</p>
<p>Cependant, Bastiat éprouvait quelque scepticisme quant aux chances de succès, pour la morale religieuse, de changer les vues de ceux détenant le pouvoir. En effet, combien de fois dans l’histoire de l’humanité, se demandait-il, la classe dirigeante avait-elle délibérément renoncé <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTIvMTA3NjQ1LTIwMTItbGUtcmV0b3VyLWR1LXRpZXJzLWV0YXQ=">à son pouvoir et à ses privilèges</a> ? Son choix se porta par conséquent sur une stratégie par le bas, c’est-à-dire ouvrir les yeux des dupes et des égarés grâce aux vérités fournies par l’économie politique, tout en encourageant la défiance à l’égard de la prétendue justice des actions des dirigeants, sans rater une occasion de se moquer des excentricités de l’élite politique par le biais du sarcasme et de la « piqûre du ridicule ». Bastiat résuma ainsi le travail des économistes politiques, qui <em>« dessillent les yeux des Orgons, déracinent les préjugés, excitent de justes et nécessaires défiances, étudient et exposent la vraie nature des choses et des actions »</em>.</p>
<p>Ce qu’il accomplit brillamment dans les écrits des deux dernières années de sa vie, héritage toujours vivant de sa contribution à l’économie politique du libéralisme classique.</p>
<p><iframe style="width: 120px; height: 240px;" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=000000&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=liberauxorg-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as4&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;ref=ss_til&amp;asins=2251390383" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" width="320" height="240"></iframe><br />
---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMi8xMi9mcmVkZXJpYy1iYXN0aWF0LXN1ci1sYS1zcG9saWF0aW9uLWxlZ2FsZS1wYXItZGF2aWQtaGFydC8=">Sur le web</a></p>
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		<title>La Signification profonde de l’harmonie sociale selon L. von Mises</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Feb 2013 06:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[David Ricardo]]></category>
		<category><![CDATA[discorde]]></category>
		<category><![CDATA[harmonie]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ludwig von Mises]]></category>

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		<description><![CDATA[Mises démontre que la coopération est préférable au travail solitaire, le travail divisé est plus productif et l'homme en société est plus heureux. Par Daniel J. Sanchez. Un article de l'Institut Coppet. Dans la mythologie grecque, Éris, la déesse de la guerre, était souvent maléfique. C’est de son fait que la guerre de Troie s’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mises démontre que la coopération est préférable au travail solitaire, le travail divisé est plus productif et l'homme en société est plus heureux.</strong></p>
<p><strong>Par Daniel J. Sanchez.</strong><strong><br />
</strong><em>Un article de<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv"> l'Institut Coppet</a>.</em><span id="more-113898"></span></p>
<p>Dans la mythologie grecque, Éris, la déesse de la guerre, était souvent maléfique. C’est de son fait que la guerre de Troie s’est déclenchée, cette guerre qui, selon les mots d’Homère, a fait « de beaucoup de héros … la proie des chiens et des vautours. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-1' id='fnref-113898-1' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>1</a></sup>] Dans la Rome antique, Concordia, la déesse de l’harmonie sociale, était l’une des divinités les plus vénérées. Les Romains lui consacraient souvent un nouveau sanctuaire après la fin d’une guerre civile. Des deux, quelle est la déesse qui avait le plus d’emprise sur les faits et gestes des hommes ? Quel est l’état le plus naturel ? L’entente ou la discorde ? L’harmonie ou la lutte ?</p>
<p>À travers l’histoire, chacune des deux déesses a eu ses adeptes parmi les intellectuels. La longue tradition du camp de la « discorde » explique que les conflits sont une réalité inhérente à la vie économique. Selon <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlzZXM=">Ludwig von Mises</a>, la thèse centrale de cette tradition est que</p>
<blockquote><p>le gain d’un homme est la perte d’un autre : personne ne peut s’enrichir autrement qu’au détriment des autres. [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-2' id='fnref-113898-2' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>2</a></sup>]</p></blockquote>
<p>Mises appela cette proposition le « dogme de Montaigne », en référence à l’essayiste français Michel de Montaigne, qui ne fut pas à l’origine de ce dogme mais lui en fournit une défense retentissante. Mises écrivit que le dogme de Montaigne fut la « quintessence » du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWVyY2FudGlsaXNtZQ==">mercantilisme</a>, cette école de pensée économique qui défendait mesures protectionnistes et guerres commerciales.</p>
<p>Mais ces avocats de la « discorde » furent bravement contrés par les premiers libéraux qui, en se fondant sur les enseignements de la science de l’économie politique nouvellement formée, croyaient en une harmonie des intérêts dans une économie de marché. Mises appela leur croyance « la doctrine classique de l’harmonie » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-3' id='fnref-113898-3' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>3</a></sup>] et qualifia d’ « harmonistes » leurs propagandistes. [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-4' id='fnref-113898-4' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>4</a></sup>]</p>
<p>Par exemple, David Hume, que Mises appelle « le fondateur de l’Économie Politique britannique » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-5' id='fnref-113898-5' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>5</a></sup>] faisait remarquer que le commerce n’était pas un « jeu à somme nulle » au niveau international. Il conclura <em>Sur la Jalousie du Commerce</em>, l’un de ses essais les plus populaires, en proclamant que</p>
<blockquote><p>« non seulement comme homme, mais encore comme sujet anglais, je fais des vœux pour voir fleurir le commerce de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et de la France elle-même. Je suis certain, du moins, que la Grande-Bretagne et tous les pays que je viens de citer verraient s’accroître leur prospérité réciproque, si les souverains et les ministres qui les gouvernant adoptaient de concert des vues plus bienveillantes et plus libérées. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-6' id='fnref-113898-6' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>6</a></sup>]</p></blockquote>
<p>Dans le débat d’idées, les <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTYvMTExNDk1LWxhLWJhdGFpbGxlLXBvdXItbGVzLWlkZWVzLWEtcXVvaS1zZXJ2ZW50LWxlcy1lY29ub21pc3Rlcy1saWJlcmF1eA==">économistes libéraux</a> ont fini par vaincre les mercantilistes. Et la doctrine classique de l’harmonie a ainsi supplanté le « dogme de Montaigne » dans l’esprit de la plupart des hommes de premier plan, et ce dans une grande partie de l’Occident. Cela a abouti à ce que Mises a appelé « l’âge du libéralisme », lequel a ouvert la voie à la révolution industrielle et à ses effets sans précédent sur le bien-être humain. Nous devons notre niveau de vie, et le fait même que la plupart d’entre nous sont encore en vie, à la victoire de la doctrine classique de l’harmonie sur le « dogme de Montaigne ».</p>
<p>Malheureusement, les nouvelles doctrines antilibérales ont commencé à gagner du terrain dans les milieux intellectuels à partir de la seconde moitié du XIX<sup>e</sup> siècle. À la fin de la Première Guerre mondiale, la philosophie sociale du conflit était à nouveau dominante, et défendue avec plus de ferveur que jamais.</p>
<p>Les « anti-harmonistes » de droite, excellemment représentés par les Nazis, parlaient d’un conflit racial ou national inconciliable. Le seul chemin vers la paix était que la race ou la nation la plus forte subjugue ou détruise complètement toutes les autres.</p>
<p>Mises analysa cette tradition avec une grande précision :</p>
<blockquote><p>« Au sein de la philosophie des anti-harmonistes, des diverses écoles du nationalisme et du racisme, il faut distinguer deux lignes de raisonnement différentes. L’une est la doctrine de l’antagonisme irrémédiable entre les différents groupes, que ce soient les nations ou les races. Selon les anti-harmonistes, la communauté d’intérêts n’existe qu’entre les membres d’un même groupe. Les intérêts de chaque groupe et de chacun de ses membres s’opposent de manière implacable à ceux des autres groupes et de tous leurs membres. Il est donc “naturel” qu’il doive y avoir une guerre perpétuelle entre les divers groupes.</p>
<p>Le second dogme des philosophies nationalistes et racistes est considéré par ses partisans comme une conclusion logique découlant de leur premier dogme. De leur point de vue, les conditions humaines impliquent des conflits à jamais irréconciliables, d’abord entre les différents groupes luttant entre eux, puis, plus tard, après la victoire finale du groupe dominant, entre ce dernier et le reste de l’humanité mise en esclavage. »</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTUvMTA4MDIwLW1pc2VzLWF2YWl0LXJhaXNvbi1lbi0xOTg5LWNvbW1lLWF1am91cmRodWk=">Les marxistes furent également, à leur façon, des anti-harmonistes radicaux</a>. Au lieu de conflits ethniques ou raciaux, ces anti-harmonistes de gauche parlaient de conflits inconciliables entre classes sociales. Pour eux, la seule voie vers la paix devait être le renversement radical de la classe bourgeoise par la classe prolétarienne.</p>
<p>Dans la pratique, ces deux traditions de pensée antilibérale ont toutes deux été poussées par leur logique interne en direction du totalitarisme. Et même si elles sont souvent considérées comme diamétralement opposées l’une à l’autre, elles sont toutes les deux de la même plume, en ce que, fondamentalement, elles traitent de conflit et de division. Leurs lignes de partage suivent des axes différents.</p>
<p>Comme l’a écrit Ludwig von Mises : « L’idéologie nationaliste divise la société verticalement, l’idéologie socialiste horizontalement. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-7' id='fnref-113898-7' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>7</a></sup>].<br />
Mises est justement appelé « le dernier chevalier du libéralisme », parce que dans l’entre-deux guerres, au moment où la croyance en l’harmonie des intérêts dans l’économie de marché a complètement cédé le pas au militarisme, au protectionnisme, à l’interventionnisme et au socialisme — une époque où même ceux qui s’appelaient eux-mêmes « libéraux » prônaient la planification et l’État-Providence — il tenait bon et représentait la dernière voix forte en faveur de la doctrine classique de l’harmonie des premiers libéraux.</p>
<p>Les temps dans lesquels nous vivons aujourd’hui sont loin d’être aussi idéologiquement fiévreux qu’à l’époque. La philosophie sociale du conflit n’est plus aussi prégnante qu’elle l’était alors au sein de larges fractions de l’opinion. Mais vous pouvez encore l’observer aujourd’hui, bien qu’elle soit tempérée par le vague sentiment que le marché et les relations pacifiques sont d’une certaine façon bénéfiques. La philosophie sociale du conflit remontre son allure antique lors, par exemple, des colères populaires sur le mode <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMzAvMTAyNTY4LWxpYmUtdW4tcGFzLWRlLXBsdXMtZGFucy1sYS1kZW1hZ29naWUtY3Jhc3Nl">« attaquez les riches »</a> que vous entendez chez les progressistes en panique face à l’aggravation de la crise économique. Et ensuite il y a le « choc des civilisations » que vous entendez dans la rhétorique des néoconservateurs.</p>
<p>Pourquoi Mises croyait-il en l’harmonie des intérêts ?</p>
<p>D’abord, il a observé un intérêt commun universel découlant du fait que l’éternelle « multiplicité de la nature » (la diversité des ressources naturelles et des qualités personnelles) pousse nécessairement à l’accroissement de la productivité sous la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGl2aXNpb25fZHVfdHJhdmFpbA==">division du travail</a>.</p>
<blockquote><p>« L’effort humain exercé sous la division du travail et dans la coopération sociale réalise, toutes choses restant égales par ailleurs, une augmentation de la production par unité d’<em>input</em> par rapport aux efforts isolés d’individus solitaires. Par sa raison, l’homme est capable de reconnaître ce fait et d’adapter son comportement en conséquence. La coopération sociale devient ainsi pour presque tous les hommes le moyen pour la réalisation de toutes les fins. Un intérêt commun éminemment humain, la préservation et l’intensification des liens sociaux, est substitué à la concurrence biologique impitoyable, marque significative de la vie animale et végétale. »</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDUvMjIvODQxNDAtbGNvbGUtYXV0cmljaGllbm5lLWRjb25vbWllLXVuZS1wcnNlbnRhdGlvbi00LXJldG91ci12ZXJzLWxlLWZ1dHVyL2wtdm9uLW1pc2Vz" rel=\"attachment wp-att-84146\"><img class="alignleft size-medium wp-image-84146" title="L von Mises" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/05/L-von-Mises-295x300.jpg?16fe88" alt="" width="295" height="300" /></a>C’était cette intuition fondamentale qui a conduit les anciens libéraux à comprendre l’efficacité du commerce international libre et pacifique, car la spécialisation et le commerce sont tout simplement des moyens très efficaces de diviser le travail.<br />
Les mercantilistes ont tenté de contrer ce point en disant que l’accroissement de la productivité due à la division du travail n’était présent que lorsque chaque partie possédait un avantage à la production d’un certain produit. Ils ont fait valoir que l’argument ne tient pas lorsque, par exemple, l’une des deux parties est plus apte à produire tous les produits. James Mill et David Ricardo ont démonté cette objection « anti-harmoniste » avec leur « loi des avantages comparatifs. »</p>
<p>Cette loi a montré pourquoi même une nation « Superman » (permettez-moi de l’appeler <em>Supermania</em>) trouverait avantage à commercer librement avec une nation « Jimmy Olsen » (<em>Jimmyland</em>). La première peut être meilleure pour produire à la fois A et B. Mais si <em>Supermania</em> est meilleure pour produire A qu’elle ne l’est elle-même pour produire B, il y a encore un avantage pour elle à laisser <em>Jimmyland</em> se spécialiser sur B, tandis qu’elle se concentrera sur A, puis à ce que les deux commercent l’une avec l’autre.</p>
<p>Cette loi peut sembler un peu technique. Mais Mises a compris l’importance sociale de celle-ci. Il a montré comment le monde n’a pas besoin d’être scindé dans un conflit perpétuel entre les « <em>übermenschen</em> » et les « <em>untermenschen</em> ». Les « Jimmy Olsen » du monde n’ont pas besoin de chercher constamment autour d’eux des pierres Kryptonite pour détruire et exproprier les « Supermen » du monde dans le but de survivre. Et les surhommes n’ont pas besoin d’ignorer ou de dominer les « Jimmy Olsen » du monde.</p>
<p>Il y a un rôle et une place sous le soleil pour chacun d’eux. Et chacun a un intérêt naturel à créer et à préserver les liens sociaux. En raison de sa signification profonde, Mises a rebaptisé le théorème économique de Mill et de Ricardo en « loi de l’association ».</p>
<p>Mises croyait aussi que la doctrine classique de l’harmonie était basée sur une compréhension de la part de vérité qui se trouvait dans la théorie erronée de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFsdGh1cw==">Thomas Malthus</a> sur la population.</p>
<blockquote><p>« De la théorie de Malthus, on peut déduire qu’il y a, dans un état donné de la production des biens d’équipement et des connaissances sur les moyens de faire le meilleur usage des ressources naturelles, une taille optimale de la population. Tant que la population n’a pas augmenté au-delà de cette taille, l’ajout de nouveaux arrivants améliore plutôt que détériore les conditions de ceux qui s’y trouvent déjà. » [<sup class='footnote'><a href='#fn-113898-8' id='fnref-113898-8' onclick='return fdfootnote_show(113898)'>8</a></sup>]</p></blockquote>
<p>Malthus a surestimé la propension de l’homme à procréer, et a sous-estimé à la fois la fertilité de son esprit et la richesse de la terre. À cause de cela, il fut très pessimiste par rapport au niveau de vie dans le futur.</p>
<p>Si ses hypothèses étaient vraies, alors l’homme verrait presque tous les autres hommes comme des rivaux antagonistes dans la lutte pour l’obtention de moyens de subsistance rares et en quantité décroissante. La « concurrence sociale », au lieu d’être pacifique et généreuse, deviendrait une impitoyable et destructrice « compétition biologique ». Dans ces conditions, les anti-harmonistes auraient raison.</p>
<p>Mais cela ne serait vrai que si les hommes agissaient comme des bêtes, et ils n’ont pas à agir ainsi. Ils n’ont pas nécessairement à se multiplier dans les limites physiques de leur subsistance. Les hommes ont d’autres fins en dehors de leurs pulsions animales. Ils sont capables de limiter leur désir de procréer afin de vivre avec un certain niveau de raffinement, et dans le souci de permettre à leurs enfants de faire de même.</p>
<p>Parce qu’ils ne se reproduisent pas comme des lapins, il n’est pas nécessaire pour eux de se détester comme des meutes rivales de hyènes, ni de s’en prendre les uns aux autres dans ce cannibalisme économique qu’est la guerre. Et à cause de cela, la race humaine a toujours été caractérisée par un « optimum de population », en supposant l’existence du cadre juridique nécessaire pour libérer la puissance de la division du travail. Par conséquent, chaque homme peut voir tous les autres hommes non pas comme des bouches rivales, mais comme des mains généreuses, et même, s’il le désire, comme des amis très chers.</p>
<div id="attachment_65501" class="wp-caption alignleft" style="width: 272px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDEvMTkvNjU0OTktbGUtbGFuZ2FnZS1saW1waWRlLWRlLWxlY29sZS1hdXRyaWNoaWVubmUvbWlzZXMtMw==" rel=\"attachment wp-att-65501\"><img class="size-medium wp-image-65501" title="mises" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/01/mises-262x300.jpg?16fe88" alt="" width="262" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Ludwig von Mises</p></div>
<p>Les marxistes ont prêché le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMzEvMTEzMTc4LWxhLWx1dHRlLWZpbmFsZS11bi1wZXUtcGx1cy1jaGFxdWUtam91cg==">conflit irréconciliable entre les classes économiques</a>. D’abord il y a eu le conflit entre « terre » et « capital ». Ce conflit a abouti à la victoire du capital, la fin de la féodalité, et la montée du capitalisme. Ensuite, il y a eu le conflit entre « capital » et « travail ». Cela, pensait Marx, aboutirait à la victoire du travail, la fin du capitalisme et l’avènement du socialisme.</p>
<p>La science économique moderne a montré pourquoi tout cela était absurde. Eugen von Böhm-Bawerk a démoli la théorie de l’exploitation de Marx en montrant les services inestimables que les capitalistes fournissent aux ouvriers. Et la théorie moderne de la distribution a montré comment un investissement accru en capital mène à une augmentation des salaires réels. Tout comme la coopération entre les fonctions économiques, le commerce entre les nations n’est pas un jeu à somme nulle.</p>
<p>Par ailleurs, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFyeGlzbWU=">Marx a fait l’erreur de traiter les fonctions économiques comme si elles étaient des personnes à part entière</a>. Mais les fonctions de « travailleur », de « capitaliste », de « propriétaire » et, plus généralement, de « producteur » ne sont que des facettes d’un seul et unique individu. Chaque individu est aussi un consommateur. Et puisque la production se fait toujours pour la consommation, le plus important est toujours le sort du consommateur. Et William Hutt et Ludwig von Mises ont montré comment l’économie de marché fonctionne sous ce qui est essentiellement une « souveraineté du consommateur ».</p>
<p>« La tendance singulière du capitalisme est de fournir aux individus la satisfaction de leurs besoins en fonction de l’ampleur de leur contribution pour la satisfaction des besoins des autres. » Dans le cadre du processus du marché, les consommateurs ont tendance à récompenser chaque producteur en fonction de sa contribution à la satisfaction des consommateurs. Le capitalisme encourage donc les individus à ajuster sans cesse leurs choix de rôles et d’actions afin d’accroître continuellement leur contribution à la satisfaction des besoins humains.</p>
<p>Dans ce processus, l’importance relative des volontés de certains consommateurs est supérieure à celle des autres. Mais l’importance relative de tout désir de consommateur, pour autant que cette importance relative a été déterminée sur le marché, est fonction de sa contribution à la satisfaction des besoins des autres consommateurs, dans son rôle en tant que producteur.</p>
<p>Ainsi, sous le capitalisme, les choix humains, par leur interaction, coordonnent les individus de manière à assurer le bien-être humain le plus complet possible.</p>
<p>Chaque intervention de l’État dans la toile du marché – chaque impôt, réglementation, redistribution, ou expansion de la bureaucratie – ne fait que détendre les liens qui unissent la contribution et les revenus, ce qui entrave le fonctionnement du marché en rendant les producteurs moins sensibles aux besoins des consommateurs, et conduit ainsi à une satisfaction réduite des consommateurs. Et parce que, en ce qui concerne l’offre économique, nous sommes tous des consommateurs en premier lieu et des producteurs accessoirement, la satisfaction réduite du consommateur signifie la réduction du bien-être public.</p>
<p>Nous avons tous un intérêt commun, que nous en soyons conscients ou non, à préserver et à étendre le capitalisme et l’ordre libéral. Il existe véritablement une harmonie des intérêts. En dessous de toutes les erreurs et de la violence des millénaires, le beau visage de l’harmonie a toujours été là. Il appartient à l’économie et au libéralisme utilitariste, dans la tradition de Ludwig von Mises, de le dévoiler.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMS8zMC9sYS1zaWduaWZpY2F0aW9uLXByb2ZvbmRlLWRlLWwlRTIlODAlOTloYXJtb25pZS1zb2NpYWxlLXNlbG9uLWwtdm9uLW1pc2VzLw==">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-113898'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-113898-1'>Homer, <em>The Iliad</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2NsYXNzaWNzLm1pdC5lZHUvSG9tZXIvaWxpYWQuMS5pLmh0bWw=">Book 1</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-2'>Ludwig von Mises, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9yZXNvdXJjZXMvMzI1MC9IdW1hbi1BY3Rpb24="><em>Human Action</em></a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9odW1hbmFjdGlvbi9jaGFwMjRzZWMxLmFzcA==">Ch. 24, Sec. 1</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-3'>Mises, <em>Theory and History</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy90aC9jaGFwdGVyMi5hc3A=">Ch. 2</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-4'>Mises, <em>Theory and History</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy90aC9jaGFwdGVyMy5hc3A=">Ch. 3</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-5'>Mises, <em>Money, Method, and the Market Process</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9tbW1wL21tbXA1LmFzcA==">Ch. 5</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-6'>David Hume, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lY29ubGliLm9yZy9saWJyYXJ5L0xGQm9va3MvSHVtZS9obU1QTDI5Lmh0bWw="><em>On the Jealousy of Trade</em></a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-7'>Mises, <em>Socialism</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9ib29rcy9zb2NpYWxpc20vcGFydDNfY2gyMC5hc3B4">Part 3, Ch. 20</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-7'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-113898-8'>Mises, <em>Theory and History</em>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy90aC9jaGFwdGVyMy5hc3A=">Ch. 3</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-113898-8'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les think tanks sont-ils les maîtres de l&#039;univers ?</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jan 2013 06:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Audace Institut Afrique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Friedrich Hayek]]></category>
		<category><![CDATA[Ludiwig von Mises]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Milton Friedman]]></category>
		<category><![CDATA[néolibéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ronald Reagan]]></category>
		<category><![CDATA[think tank]]></category>

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		<description><![CDATA[En quoi les think tanks contribuent-ils à la production de résultats propices à une meilleure politique publique ? ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En quoi les <em>think tanks</em> contribuent-ils à la production de résultats propices à une meilleure politique publique ?</strong></p>
<p><strong>Par Alejandro Chafuen, États-Unis.<span id="more-112852"></span><br />
</strong><em>Texte traduit par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQ=">Audace Institut Afrique.</a><strong><br />
</strong></em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTExMjg1Mw==" rel=\"attachment wp-att-112853\"><img class="alignleft  wp-image-112853" title="master of the universe" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/master-of-the-universe.gif?16fe88" alt="" width="240" height="362" /></a>En quoi les <em>think tanks</em> contribuent-ils à la production de résultats propices à une meilleure politique publique ? Travaillant depuis plus de trois décennies dans ce domaine, j’ai développé un modèle simple basé sur des idées complexes. Les résultats de ce système sont le fruit de quatre facteurs : les idées, les incitations, le leadership, et la providence ou la chance. Une publication récente de Daniel Stedman Jones, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0wNjkxMTUxNTcxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Masters of the Universe: Hayek, Friedman, and the Birth of Neoliberal Politics</em> </a>(<em>Les Maîtres de l’Univers: Hayek, Friedman, et la naissance de la Politique Néolibéral</em>e. Princeton University Press, 2012), aborde tous ces facteurs.</p>
<p>Stedman Jones se concentre sur quatre éminentes figures à la source d’idées fondamentales : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVkd2lnX3Zvbl9NaXNlcw==">Ludwig von Mises</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUG9wcGVy">Karl Popper</a>, et les Prix Nobel <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGF5ZWs=">F.A. Hayek</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlsdG9uX0ZyaWVkbWFu">Milton Friedman</a>. La citation de Stedman Jones du 21 Avril 1978, tirée d’une apparition de Friedman dans un programme de la BBC de l’époque intitulé <em>The Money Programme</em>, décrit le rôle que ce lauréat du Prix Nobel de Sciences économiques estime que les intellectuels doivent jouer : « <em>Le rôle des penseurs, je crois, est essentiellement de garder toutes les options disponibles, d’avoir des alternatives, pour que lorsque la force des évènements provoque un changement inévitable, il y ait une alternative possible</em> ». Sur le plan du leadership politique, Stedman Jones se focalise sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVGhhdGNoZXI=">Margaret Thatcher </a>et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUmVhZ2Fu">Ronald Reagan</a>. Peu d’amis de la société libre critiqueront son choix. Ils sont largement reconnus pour leurs contributions à ce qui a permis de stopper l’avancée du socialisme. Quant au rôle des incitations, Stedman soutient que la vision de la libre entreprise est devenue dominante grâce au réseau transatlantique de <em>think tanks</em>, d’hommes d’affaires, de politiciens et de journalistes. Ce réseau a été structuré par la vision et le leadership intellectuel de Hayek, Friedman etc. Stedman Jones consacre aussi une place importante dans son livre à <em>La Bureaucratie</em> de Mises ainsi qu’à <em>La Société Ouverte et Ses Ennemis</em> de Karl Popper. Il mentionne que ce réseau a bénéficié de la générosité et du leadership d’hommes d’affaires et de leurs fondations, parmi lesquelles : La Fondation Richard Mellon Scaife, La Fondation Earhart, la Charles Koch, La Fondation John M. Olin, et Liberty Fund.</p>
<p>Bien qu’il dédie de nombreuses pages aux fondements intellectuels du néolibéralisme, qu’il définit comme «<em> l’idéologie du libre marché, basée sur la liberté individuelle et une intervention limitée de l’État, et qui met en relation la liberté humaine et les actions d’un sujet rationnel poursuivant ses intérêts personnels sur un marché concurrentiel </em>», Stedman affirme que «<em> la chance, l’opportunisme, et un ensemble de circonstances contingentes, jouèrent le rôle le plus crucial </em>». Mais quand la chance, la circonstance ou la providence créèrent ces conditions, le réseau était déjà prêt : « <em>d’une entreprise au caractère essentiellement transatlantique, le réseau avait déjà pris une ampleur internationale dans les années 1980, du fait des efforts d’organisations telles que la Fondation Atlas et la Société du Mont-Pèlerin</em> ». Je suis devenu membre de la Société du Mont-Pèlerin en 1980, et président d’Atlas en 1991, voilà pourquoi je lui donne crédit et j’apprécie son analyse.</p>
<p>Il cite par ailleurs une correspondance entre Hayek et Antony Fisher, dans laquelle ce dernier fait un réel effort pour convaincre Hayek que la création des think tanks n’était pas le résultat d’un pur hasard : «<em> Vous mentionnez la ‘chance’ !... Il ne fait aucun doute que la chance est importante... (cependant) n’y a-t-il pas eu une intention de nos deux parts ainsi qu’une action qui en a résulté [pour lancer un think tank] ? Quel est le poids de la chance ? </em>». Fisher fonda l’<em>Institute of Economic Affairs</em> en 1957 et Atlas en 1981.</p>
<p>Stedman consacre bien plus de pages, avec davantage de citations, à von Mises, Hayek et Friedman qu’à Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Son long exposé des idées partagées par ces remarquables économistes devrait en encourager plus d’un à prêter davantage attention à leurs travaux. Cela devrait aussi aider à équilibrer son analyse sur la crise de 2008 qui fut selon lui le résultat de libres marchés débridés. Le « club » Mises-Hayek-Friedman soutient que la crise a été le résultat d’un interventionnisme préalable.</p>
<p>Le livre conclut sur cette phrase : « <em>Les politiques publiques basées sur la raison doivent renaître</em> ». Pour Stedman, cela implique la règle du bureaucrate éclairé. Ceux dont le travail a conduit à un triomphe temporaire du néolibéralisme croient aussi en des politiques publiques fondées sur la raison. Mais c’est une raison influencée par leur compréhension empirique et théorique de la supériorité de règles simples comparativement à la réglementation minutieuse des entreprises et de la vie des gens. Hayek écrivait que «<em> probablement rien n’a fait autant de mal à la cause libérale que l’insistance rigide de quelques libéraux sur certaines règles ‘pratiques’, par-dessus tout le principe de laissez-faire</em> ». Il semblait avoir en tête ceux qui, face à n’importe quel problème politique, répondent en gros par : « <em>c’est la faute de l’État, le libre marché trouvera la solution </em>».</p>
<p>Le chemin de retour vers la libre entreprise, loin du capitalisme d’État et du capitalisme de connivence, nécessitera une nouvelle génération de dirigeants de <em>think tanks</em> qui se consacreront de nouveau aux recherches sérieuses et à la promotion adéquate de solutions en termes de politiques publiques.</p>
<p><strong>• Stedman Jones, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0wNjkxMTUxNTcxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Masters of the Universe: Hayek, Friedman, and the Birth of Neoliberal Politics,</em></a> Princeton University Press, 2012, 424 pages.</strong></p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQvaW5kZXgucGhwP29wdGlvbj1jb21fY29udGVudCZhbXA7dmlldz1hcnRpY2xlJmFtcDtpZD00MjklM0FsZXMtdGhpbmstdGFua3Mtc29udC1pbHMtbGVzLW1haXRyZXMtZGUtbHVuaXZlcnMmYW1wO2NhdGlkPTQyJTNBbGlyZS1hdXNzaSZhbXA7SXRlbWlkPTE4JmFtcDtsYW5nPWZy">Sur le web</a>.<strong><br />
</strong>Article original publié dans <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5mb3JiZXMuY29tL3NpdGVzL3JlYWxzcGluLzIwMTMvMDEvMTYvdGhpbmstdGFua3MtYXJlLXRoZXktdGhlLW1hc3RlcnMtb2YtdGhlLXVuaXZlcnNlLw==">Forbes Magazine</a></em>. Traduction : Anaïs Clément pour <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hdWRhY2UtYWZyaXF1ZS5uZXQvaW5kZXgucGhwP29wdGlvbj1jb21fY29udGVudCZhbXA7dmlldz1hcnRpY2xlJmFtcDtpZD00MjklM0FsZXMtdGhpbmstdGFua3Mtc29udC1pbHMtbGVzLW1haXRyZXMtZGUtbHVuaXZlcnMmYW1wO2NhdGlkPTQyJTNBbGlyZS1hdXNzaSZhbXA7SXRlbWlkPTE4JmFtcDtsYW5nPWZy">Audace Institut Afrique</a>.<strong><br />
</strong></p>
<p><strong>(*) Dr. Alejandro Chafuen</strong> est membre du Comité des Conseillers du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy52aXNpb25hbmR2YWx1ZXMub3JnLw==">Center for Vision &amp; Values</a>, membre du Conseil d’administration de Grove City College, et président d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2F0bGFzbmV0d29yay5vcmcv">Atlas Economic Research Foundation</a>. (Les opinions exprimées par l'auteur sont personnelles et ne reflètent pas nécessairement celles de Grove City College ou celles de son comité de conseillers.)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Il n’existe que deux systèmes politiques, par Frédéric Bastiat</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/27/112745-il-nexiste-que-deux-systemes-politiques-par-frederic-bastiat</link>
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		<pubDate>Sun, 27 Jan 2013 06:40:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Coppet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Bastiat]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>

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		<description><![CDATA["Il faut bien reconnaître que, si nous chargeons l’État de répandre partout l’abondance, il faut lui permettre d’étendre partout l’impôt."]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>"Il faut bien reconnaître que, si nous chargeons l’État de répandre partout l’abondance, il faut lui permettre d’étendre partout l’impôt."</strong><br />
<span id="more-112745"></span><br />
<strong>Introduction par Damien Theillier, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcv">Institut Coppet</a>.</strong></p>
<p><em>La révolution de février 1848, fit surgir des barricades un ennemi plus redoutable que le protectionnisme, avec lequel il avait pourtant de nombreuses affinités : le socialisme. Les socialistes voulaient organiser le travail et refaire la société. Ils voulaient s’occuper du rachat forcé de toutes les industries, de la remise, aux mains de l’État, de toutes les propriétés, de l’organisation des ateliers sociaux, de la création d’un ou de plusieurs milliards de papier-monnaie, etc. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnIlQzMlQTlkJUMzJUE5cmljX0Jhc3RpYXQ=">Bastiat</a> se tourna contre ce nouvel adversaire et ne cessa pas un seul jour de combattre ces rêveries. Ainsi, dès les premiers jours de la révolution, il apporta son concours à un journal éphémère nommé </em>La République Française<em>.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>----<br />
</em></p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDkvMjgvNDgxMzItbGVzLW1vZGVyZXMtbGVzLWV4dHJlbWlzdGVzLWV0LWxhLWxpYmVydGUvYmFzdGlhdC0yMDB4MzAw" rel=\"attachment wp-att-48133\"><img class="alignleft  wp-image-48133" title="Bastiat-200x300" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/09/Bastiat-200x300.jpg?16fe88" alt="" width="200" height="300" /></a>Il n’existe que deux systèmes politiques</strong></p>
<p><strong>Par Frédéric Bastiat</strong></p>
<p>Le bien général, la plus grande somme possible de bonheur pour tous, le soulagement immédiat des classes souffrantes — c’est l’objet de tous les désirs, de tous les vœux, de toutes les préoccupations.</p>
<p>C’est aussi la plus grande garantie de l’ordre. Les hommes ne sont jamais mieux disposés à s’entraider que lorsqu’ils ne souffrent pas, ou du moins quand ils ne peuvent accuser personne, ni surtout le gouvernement, de ces souffrances inséparables de l’imperfection humaine.</p>
<p>La révolution a commencé au cri de <em>Réforme.</em> Alors ce mot s’appliquait seulement à une des dispositions de notre constitution. Aujourd’hui c’est encore la <em>réforme</em> que l’on veut, mais la réforme dans le fond des choses, dans l’organisation économique du pays. (…)</p>
<p>Ainsi que nous l’avons dit, deux systèmes longtemps débattus par les polémistes sont en présence.</p>
<p>L’un aspire à faire le bonheur du peuple par des mesures directes.</p>
<p>Il dit : "Si quelqu’un souffre de quelque manière que ce soit, l’État se chargera de le soulager. Il donnera du pain, des vêtements, du travail, des soins, de l’instruction à tous ceux qui en auront besoin. Si ce système était possible, il faudrait être un monstre pour ne pas l’embrasser. Si l’État a quelque part, dans la lune par exemple, une source toujours accessible et inépuisable d’aliments, de vêtements et de remèdes, qui pourrait le blâmer d’y puiser à pleines mains, au profit de ceux qui sont pauvres et dénués ?"</p>
<p>Mais si l’État ne possède par lui-même et ne produit aucune de ces choses ; si elles ne peuvent être créées que par le travail ; si tout ce que peut faire l’État, c’est de les prendre par l’impôt aux travailleurs qui les ont créées, pour les livrer à ceux qui ne les ont pas créées ; si le résultat naturel de cette opération doit être, loin d’augmenter la masse de ces choses, d’en décourager la production ; si, sur cette masse réduite, l’État en garde forcément une partie pour ses agents ; si ces agents chargés de l’opération sont eux-mêmes soustraits au travail utile ; si, en définitive, ce système, tout séduisant qu’il est au premier abord, doit engendrer beaucoup plus de misères qu’il n’en guérit, alors il est bien permis de concevoir des doutes et de rechercher si le bonheur des masses ne peut pas naître d’un autre procédé.</p>
<p>Celui que nous venons de décrire ne peut évidemment être mis en œuvre que par l’extension indéfinie de l’impôt. À moins de ressembler à ces enfants qui se dépitent de ce qu’on ne leur donne pas la lune à la première réquisition, il faut bien reconnaître que, si nous chargeons l’État de répandre partout l’abondance, il faut lui permettre d’étendre partout l’impôt : il ne peut rien donner qu’il ne l’ait pris.</p>
<p>Or de grands impôts impliquent toujours de grandes entraves. S’il ne s’agissait de demander à la France que cinq à six cents millions, on peut concevoir, pour les recueillir, un mécanisme financier extrêmement simple. Mais s’il faut lui arracher quinze à dix-huit cents millions, il faut avoir recours à toutes les ruses imaginables de la fiscalité. Il faut l’octroi, — l’impôt du sel, l’impôt des boissons, la taxe exorbitante des sucres ; il faut entraver la circulation, grever l’industrie, restreindre le consommateur ; il faut une armée de percepteurs ; il faut une bureaucratie innombrable ; il faut empiéter sur la liberté des citoyens ; — et tout cela entraîne les abus, la convoitise des fonctions publiques, la corruption, etc., etc.</p>
<p>On voit que si le système de l’abondance puisée par l’État dans le peuple, pour être par lui répandue sur le peuple, a un côté séduisant, c’est néanmoins aussi une médaille qui a son revers.</p>
<p>Nous sommes convaincus, nous, que ce système est mauvais et qu’il en est un autre pour faire le bien du peuple, ou plutôt pour que le peuple fasse son propre bien : celui-ci consiste à donner à l’État tout ce qu’il faut pour qu’il remplisse bien sa mission essentielle, qui est de garantir la sécurité extérieure et intérieure, le respect des personnes et des propriétés, le libre exercice des facultés, la répression des crimes, délits et fraudes, — et après avoir libéralement donné cela à l’État, <em>à garder le reste pour soi.</em></p>
<p>Puisque enfin le peuple est appelé à exercer son droit, qui est de choisir entre ces deux systèmes, nous les comparerons souvent devant lui, sous tous leurs aspects politiques, moraux, financiers — et économiques.</p>
<p>---<br />
Article paru dans <em>La République Française, </em>Œuvres Complètes, vol. 7, 47. Article 6. Paris, 28 février 1848</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMS8yMy9pbC1uJUUyJTgwJTk5ZXhpc3RlLXF1ZS1kZXV4LXN5c3RlbWVzLXBvbGl0aXF1ZXMtcGFyLWZyZWRlcmljLWJhc3RpYXQv">Sur le web</a>.<br />
Voir aussi : le site de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kYXZpZG1oYXJ0LmNvbS9GcmVuY2hDbGFzc2ljYWxMaWJlcmFscy9CYXN0aWF0L0FydGljbGVzLzE4NDhSZXZvbHV0aW9uLmh0bWw=" target=\"_blank\">David Hart</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=112745" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Le socialisme vu par Tocqueville</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/20/111957-le-socialisme-vu-par-tocqueville</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Jan 2013 06:39:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Alexis de Tocqueville]]></category>
		<category><![CDATA[consumérisme]]></category>
		<category><![CDATA[Etat-nounou]]></category>
		<category><![CDATA[propriété privée]]></category>
		<category><![CDATA[socialisme]]></category>

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		<description><![CDATA[L’analyse des travers du socialisme opérée par Tocqueville se conjugue très bien au présent de notre génération.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’analyse des travers du socialisme opérée par Tocqueville se conjugue très bien au présent de notre génération.</strong><br />
<span id="more-111957"></span><br />
<strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTIvMTEvNTk5ODAtZGV1eC1wYXNzaW9ucy1lbm5lbWllcy90b2NxdWV2aWxsZS0y" rel=\"attachment wp-att-59981\"><img class="alignleft  wp-image-59981" title="Tocqueville" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/12/Tocqueville.jpg?16fe88" alt="" width="280" height="279" /></a><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQWxleGlzX2RlX1RvY3F1ZXZpbGxl">Alexis de Tocqueville</a> fut très marqué par la révolution de 1848, fondatrice d’une nouvelle génération que l’on a nommé les quarante-huitards. À la suite de ces événements, et dans la continuité de sa réflexion sur l’apparition de la démocratie, il s’est interrogé sur ce qu’est le mouvement socialiste. Le socialisme a de nombreuses racines françaises, avec des auteurs variés qui ont émis des idées sur la question sociale, avant de voir lesdites idées synthétisées et accaparées par Karl Marx. Mais comme toujours, Tocqueville a cette capacité à faire des analyses brillantes, réunissant ses réflexions en des phrases percutantes.</p>
<p>Il reconnaît ainsi dans le socialisme l’amour passionné de l’égalité, jusque dans la servitude. Si la passion égalitaire est le grand fait social de la démocratie, qu’il faut bien comprendre, dans la pensée tocquevillienne comme un état social, et non pas comme une forme de gouvernement, cette passion égalitaire atteint son acmé dans le socialisme, qui vibre pour la défense de cette idée. Le socialisme vise alors à une révolution sociale, et non pas à une révolution politique. S’il cherche à modifier le politique, c’est dans la mesure où celui-ci influe sur le social. L’action politique n’est donc qu’un chemin vers une transformation sociale qui est le véritable but visé par le socialisme. Cette visée sociale est encore opérante de nos jours. Même si les socialistes ont déserté la question économique pour se concentrer sur la question sociétale, entre autres avec le mariage homosexuel, c’est bien de la transformation de l’homme qu’il s’agit, et non pas d’une amélioration quelconque des conditions de vie.</p>
<p>Ainsi, pour Tocqueville, trois traits caractérisent le socialisme : il flatte les passions matérielles, il diminue le poids de l’individu face à l’État, réduit à un mineur sous tutelle, il détruit la propriété privée.</p>
<p>La flatterie des passions matérielles se retrouve de nos jours dans la thématique du pouvoir d’achat, qui est une thématique sans fin, car celui-ci peut toujours augmenter, et l’homme est toujours limité dans sa frénésie consumériste. C’est donc un but inatteignable, et source de perpétuelles rancœurs. La flatterie de cette passion sensualiste est un jeu gagné à coup sûr.</p>
<p>La mise sous tutelle de l’individu par l’État, déjà présente au XIXe siècle, est plus que jamais actuelle. L’édification d’un État maman, ou nourrice, qui se traduit notamment par la dévalorisation systématique du rôle du père, est le moyen optimal pour retirer tout sens de l’initiative à l’individu, pour l’enfermer dans un état d’asservissement béat face à la providence totale de l’État. On attend tout de lui : travail, retraite, loisir, aides sociales, culture. L’individu se trouve énervé, c’est-à-dire sans nerf, impuissant dans son action créatrice, incapable d’autonomie personnelle.</p>
<p>Enfin, l’attaque contre la propriété privée a de nos jours changé de substance. Il ne s’agit plus de nationaliser les entreprises, mais de retirer aux peuples la propriété qui leur est le plus chère, c’est-à-dire leur pays. La volonté de substitution de population et de culture, à l’œuvre en Europe, est le fruit de cette atteinte à la propriété privée. Comme autrefois l’État socialiste voulait retirer l’entreprise au patron, ou les terres aux paysans, aujourd’hui il veut retirer son pays au peuple, considérant que celui-ci est la propriété de tous, c’est-à-dire in fine la propriété de l’État, qui peut l’accorder à n’importe qui. Derrière cette atteinte à un bien fondamental on retrouve le même procédé d’émission de bons sentiments, qui a chaque fois ne font qu’engendrer pauvreté et misère.</p>
<p>Tocqueville va jusqu’au cœur de l’analyse du socialisme, en montrant que celui-ci engendre une guerre civile permanente en montant les classes les unes contre les autres. Cette guerre des classes ne produit que frustration et haine sociale, détruisant les liens fondamentaux d’un pays, provoquant une dissolution de celui-ci. Le socialisme se présente alors comme l’apôtre exclusif de la démocratie et de la liberté, alors que son action politique en est tout l’inverse. L’analyse passée du moraliste de la génération de 1848 se conjugue très bien au présent de notre génération.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZS1zb2NpYWxpc21lLXZ1LXBhci1Ub2NxdWV2aWxsZQ==">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9hbGV4aXMtZGUtdG9jcXVldmlsbGUv">Autres articles consacrés à Tocqueville sur <em>Contrepoints</em></a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=111957" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>James Buchanan : la pensée libérale en deuil</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/19/111862-james-buchanan-la-pensee-liberale-en-deuil</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/01/19/111862-james-buchanan-la-pensee-liberale-en-deuil#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 06:45:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Garello</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[École des choix publics]]></category>
		<category><![CDATA[James Buchanan]]></category>
		<category><![CDATA[théorie des choix publics]]></category>

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		<description><![CDATA[Nobel d’économie en 1986, James Buchanan, mort ce mois-ci, avait analysé avec lucidité la classe politique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nobel d’économie en 1986, James Buchanan, mort ce mois-ci, avait analysé avec lucidité la classe politique.</strong></p>
<p><strong>Par Jacques Garello.</strong><span id="more-111862"></span><br />
<em>Article publié en collaboration avec l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmcvYWN0dWFsaXRlLzI4NzEtamFtZXMtYnVjaGFuYW4tLWxhLXBlbnNlZS1saWJlcmFsZS1lbi1kZXVpbC5odG1s" target=\"_blank\">Aleps</a>.</em></p>
<div id="attachment_110858" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzAxL0phbWVzLU0uLUJ1Y2hhbmFuLWVuLTIwMTAuanBn"><img class="size-medium wp-image-110858" title="James M. Buchanan en 2010 (Crédits : Atlas Network / Creative Commons)" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/James-M.-Buchanan-en-2010-300x199.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">James M. Buchanan en 2010</p></div>
<p>Un grand économiste nous a quittés cette semaine. Un grand ami aussi, puisque j’ai eu l’occasion de côtoyer « Jim » pendant trente ans au sein de la Société du Mont Pèlerin, qu’il a présidée de 1984 à 1986. La timidité de Jim lui valait sa discrétion et son apparente raideur. Mais il se déridait volontiers dans la chaleur des échanges intellectuels, et il était d’une extrême amabilité. En 1990, il s’est réjoui de la décision d’organiser la réunion mondiale de la Société à Cannes, il aimait beaucoup la France.</p>
<p>L’apport scientifique de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmFtZXNfQnVjaGFuYW4=">James Buchanan</a> a été considérable. Il a été, avec son compère et ami <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR29yZG9uX1R1bGxvY2s=">Gordon Tullock</a>, le grand théoricien du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9kdV9DaG9peF9QdWJsaWM=">« public choice »</a>, qu’il ne faut pas traduire par « choix publics », mais par « analyse des décisions publiques ».</p>
<p>Comment se décident les hommes de la classe politique ? Ils sont des hommes comme les autres, et non pas des idoles, des prophètes ou des génies. Leur objectif premier est de prendre ou de conserver le pouvoir. Dans les pays démocratiques, une stratégie électorale doit donc être mise en place. Comment obtenir une majorité ? La recherche d’un « consensus » conduit à des compromis, voire des compromissions.</p>
<p>Buchanan a démasqué l’escroquerie de « l’intérêt général » qui serait censé sortir des urnes. Il a dénoncé le « miracle de l’isoloir » : comment des citoyens égoïstes et animés de leurs vils intérêts personnels se dépouilleraient-ils de leurs vices pour dire l’intérêt général lorsqu’ils passent dans l’isoloir pour voter ?</p>
<p>Buchanan démontrait donc que l’État et les décisions des hommes d’État ne résultent que d’intérêts privés, soigneusement présentés aux électeurs sous forme d’intérêt général. L’État est censé protéger les libertés. En fait, au prétexte de les garantir, il les dévore, comme le monstre Léviathan évoqué par Hobbes au XVIIème siècle. Quand le mur de Berlin est tombé, Buchanan a immédiatement réagi : « le communisme est mort, mais le Léviathan est toujours vivant ». Il avait raison : l’étatisation n’a cessé de progresser depuis trente ans.</p>
<p>Peut-on, nous Français, nous souvenir que nous avons eu aussi un grand théoricien des « public choice » ? Il s’appelait <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnIlQzMlQTlkJUMzJUE5cmljX0Jhc3RpYXQ=">Frédéric Bastiat</a> : « L’État est cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun essaye de vivre aux dépens de tous les autres ».</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmcvYWN0dWFsaXRlLzI4NzEtamFtZXMtYnVjaGFuYW4tLWxhLXBlbnNlZS1saWJlcmFsZS1lbi1kZXVpbC5odG1s" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTAvMTEwODU2LWRlY2VzLWRlLWphbWVzLWJ1Y2hhbmFuLXVuLWdlYW50LW5vdXMtYS1xdWl0dGU=">Décès de James Buchanan : un géant nous a quitté</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTEvMTEwOTYxLWxoZXJpdGFnZS1kZS1qYW1lcy1idWNoYW5hbg==">L’héritage de James Buchanan</a></li>
</ul>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=111862" width="1" height="1" style="display: none;" />
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La bataille pour les idées : à quoi servent les économistes libéraux ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/01/16/111495-la-bataille-pour-les-idees-a-quoi-servent-les-economistes-liberaux</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/01/16/111495-la-bataille-pour-les-idees-a-quoi-servent-les-economistes-liberaux#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Jan 2013 06:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Institut Turgot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[économistes libéraux]]></category>
		<category><![CDATA[Friedrich Hayek]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Ludwig von Mises]]></category>
		<category><![CDATA[Milton Friedman]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que les faits donnent raison aux économistes libéraux, la liberté recule. Quelles leçons en tirer pour la bataille des idées ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les défenseurs de la liberté ne peuvent que mesurer son recul depuis cinquante ans. Quelles leçons en tirer ?</strong></p>
<p><strong>Par Mario Rizzo.</strong> <span id="more-111495"></span></p>
<p><em>Article publié en collaboration avec l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/">Institut Turgot</a>.</em></p>
<p>Au cours du premier week-end de décembre, le Wall Street Journal a publié une très intéressante interview d'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29ubGluZS53c2ouY29tL2FydGljbGUvU0IxMDAwMTQyNDEyNzg4NzMyMzUwMTQwNDU3ODE2MzIxMDQ2OTg3MDM0Mi5odG1s">Ed Feulner</a>, le fondateur de la Fondation Heritage.</p>
<div>
<p>Cette interview m'a conduit à m'interroger sur les progrès réalisés dans la promotion des idées de liberté depuis le début des années 1960. Je prend cette date délibérément car c'est l'année où, en tant qu'adolescent, j'ai commencé à prendre conscience de ce qui relie la politique (Nixon-Kennedy) et l'économie (inflation/chômage). C'est alors que j'ai lu le célèbre livre d'Henry Hazlitt <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2hlcnZlLmRlcXVlbmdvLmZyZWUuZnIvSGF6bGl0dC9FUEwvRVBMX1RETS5odG0=">Economics in One Lesson</a></em>.</p>
<p>Qu'est-ce qui a changé depuis 1960 sur le plan de la liberté économique? Sur le plan intellectuel, il est clair que beaucoup plus de gens ont entendu parler de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMTUvMTA4MDIwLW1pc2VzLWF2YWl0LXJhaXNvbi1lbi0xOTg5LWNvbW1lLWF1am91cmRodWk=">Ludwig von Mises</a>, de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMTAvMTAzOTYwLWxhLXByZXNvbXB0aW9uLWZhdGFsZS1kZS1mcmllZHJpY2gtaGF5ZWstZGlzcG9uaWJsZS1lbi1saWduZQ==">Friedrich Hayek</a> et des auteurs non keynésiens. Les idées de Milton Friedman pour une politique économique libérale ont été largement répandues. Gràce à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTAvMTEwODU2LWRlY2VzLWRlLWphbWVzLWJ1Y2hhbmFuLXVuLWdlYW50LW5vdXMtYS1xdWl0dGU=">James Buchanan</a> et à Gordon Tullock nous avons redécouvert ce que les intellectuels avaient d'une certaine manière oublié depuis les leçons enseignées par James Madison et d'autres, à savoir la théorie des choix publics (Public Choice) et son concept jumeau de recherche de rentes (rent seeking). Les économistes sont enfin convaincus, pour la plupart, que c'étaient Mises et Hayek qui avaient raison dans le débat sur l'impossibilité du calcul économique en régime socialiste.</p>
<p>Pourtant l'intervention de l'Etat en matière économique est aujourd'hui infiniment plus large et plus présente que ce n'était le cas en 1960.</p>
<p>Oui, bien sûr, je suis parfaitement conscient de l'argument (cité par Feulner) que la taille du gâteau a si considérablement grossi que, malgré l'augmentation relative de ce que l'Etat nous prélève, il nous en reste néanmoins beaucoup plus, en valeur absolue, que ce n'était le cas à l'époque. Mais :</p>
<p>- 1. le véritable critère pour mesurer l'accroissement de l'Etat n'est pas tant la fiscalité, ce qu'il prélève en impôts, que ce qu'il dépense (le volume de la dépense publique, comme nous l'a enseigné Friedman) ;</p>
<p>- 2. même si le prélèvement fiscal de l'Etat fédéral américain n'est que 25 % du PIB, et le total des dépenses publiques de l'ordre de 40 %, il n'en reste pas moins qu'il s'agit là de chiffres beaucoup plus élevés qu'en 1960 ;</p>
<p>- 3. nous ne devons pas oublier l'extraordinaire expansion, au delà de la fiscalité, du domaine des interventions et réglementations publiques ;</p>
<p>- 4. enfin, je ne mesure pas ma liberté à ma seule capacité d'accéder à la fourniture de biens matériels.</p>
<p>Que faut-il en conclure ? Qu'il existe un énorme écart entre la manière dont les économistes comprennent le monde et ce que les hommes politiques font. Par ailleurs lorsque nous nous interrogeons sur le pouvoir des idées, quand nous disons que les idées comptent, de quoi s'agit-il exactement ? Quelles idées ? A propos de quoi ? Jusqu'à preuve du contraire, les hommes politiques n'ont aucune raison de rechercher « <em>l'intérêt général </em>». Les hommes politiques sont influencés par les idées – mais les idées sur les sujets qui intéressent les électeurs de leurs circonscriptions. L'intérêt général n'est représenté par personne en tant que tel.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMzEvOTIwMzYtbWlsdG9uLWZyaWVkbWFuLTE5MTItMjAwNi9mcmllZG1hbi1mcmVlZG9t" rel=\"attachment wp-att-92178\"><img class="alignleft size-medium wp-image-92178" title="Friedman Freedom" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/Friedman-Freedom-235x300.jpg?16fe88" alt="" width="235" height="300" /></a>Pour faire court : je crois que les intellectuels – y compris les économistes – se doivent de faire plus d'idéologie, et non pas moins. Ils doivent convaincre le grand public de l'intérêt de réfléchir en termes de grandes questions et de grandes décisions. L'idée de se limiter à juger chaque problème en fonction de ses seuls mérites est profondément non scientifique, comme l'enseignait Herbert Spencer. Nous sommes entourés de pentes glissantes. Chaque fois que les gens commencent à penser en termes de problèmes et de politiques particulières et étroitement définies on ne peut éviter qu'ils se mettent à réfléchir prioritairement en fonction de ce que sont leurs propres intérêts particuliers.</p>
<p>Il ne suffit pas de gagner la bataille pour les idées parmi les intellectuels. Nous devons la gagner d'une manière qui fasse une vraie différence pratique. Il importe de faire apparaître les limites d'une analyse des politiques au coup par coup. Les intérêts particuliers n'ont que faire des dommages que leur attitude cause au bien être général. Nous devons faire prendre conscience au grand public de ce que les politiques qui servent leurs intérêts particuliers produisent généralement des effets dont ils auront demain, eux aussi, à souffrir. Autrement dit, qu'il n'y a véritablement pas de repas gratuit – pour reprendre la formule de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlsdG9uX0ZyaWVkbWFu">Milton Friedman</a>.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9SaXp6by1pZCVDMyVBOWVzMg==">Sur le web</a></p>
</div>
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