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	<title>Contrepoints &#187; Histoire</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>L&#039;économie, qu&#039;est-ce que c&#039;est ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 05:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vladimir Vodarevski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Smith]]></category>
		<category><![CDATA[Carl Menger]]></category>
		<category><![CDATA[École autrichienne]]></category>
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		<description><![CDATA[Pourquoi y a-t-il tant de débats entre économistes ? L'économie mérite-t-elle le qualificatif de science ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi y a-t-il tant de débats entre économistes ? L'économie mérite-t-elle le qualificatif de science ?</strong></p>
<p><strong>Par Vladimir Vodarevski.</strong><br />
<span id="more-125192"></span><br />
<em>En contrepoint de l'article de Guy Sorman</em> : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3dwLm1lL3AxNEVybS13emg=">Dessine-moi un économiste !</a></p>
<div id="attachment_125193" class="wp-caption alignleft" style="width: 240px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMjMvMTI1MTkyLWxlY29ub21pZS1xdWVzdC1jZS1xdWUtY2VzdC9hZGFtLXNtaXRoXzM1ODgtcGpwZWc=" rel=\"attachment wp-att-125193\"><img class=" wp-image-125193 " title="Adam-Smith_3588.pjpeg" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Adam-Smith_3588.pjpeg_.jpg?16fe88" alt="" width="230" height="280" /></a><p class="wp-caption-text">Adam Smith</p></div>
<p>Tout le monde parle d'économie. Tous les éditorialistes assènent leur vérité. Le citoyen lambda entend tout et son contraire, et, s'il cherche à se faire une opinion en dehors de toute idéologie, il est bien désorienté. Pourquoi autant de divergences dans cette matière ? En fait, la méthode, et l'objet même de l'étude, sont sujets à débats. Et même en suivant une méthodologie identique, les économistes peuvent arriver à des conclusions opposées. Cet article se propose de montrer sur quelles bases se sont construites les théories économiques. Ceci afin de mieux comprendre pourquoi il y a tant de débats. Et, aussi, de s'interroger : l'économie mérite-t-elle le qualificatif de science ? L'approche choisie est historique. Voir comment se sont construites les théories est le meilleur moyen de comprendre leur fonctionnement. C'est ce qui finalement permettra de répondre à la question : qu'est-ce que l'économie ?</p>
<p>Adam Smith est considéré comme le père, ou au moins le précurseur, de la science économique. Même si cette question, comme toujours en économie, est discutée, notamment par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMS8xMy9qdWFuLWRlLW1hcmlhbmEtZXQtbGVzLXNjb2xhc3RpcXVlcy1lc3BhZ25vbHMtcGFyLWplc3VzLWh1ZXJ0YS1kZS1zb3RvLw==" target=\"_blank\">Jesus Huerta De Soto</a>, nous suivrons ici l'opinion dominante, par souci de simplification. Adam Smith est l'auteur de l'ouvrage intitulé <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLnNjcmliZC5jb20vZG9jLzU4MjI2NTMxL0NvcmVudGluLWRlLVNhbGxlLUxhLVRyYWRpdGlvbi1kZS1MYS1MaWJlcnRl" target=\"_blank\">Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations</a>, publié en 1776, qui est donc largement considéré comme fondateur de la science économique. Adam Smith constate qu'une nation est plus prospère quand elle laisse ses citoyens suivre leurs propres intérêts. Et qu'il n'est nul besoin d'interventionnisme de la part de l’État (la fameuse "Main invisible", qui n'est en fait pas beaucoup citée par Smith comme l’explique <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLnNjcmliZC5jb20vZG9jLzU4MjI2NTMxL0NvcmVudGluLWRlLVNhbGxlLUxhLVRyYWRpdGlvbi1kZS1MYS1MaWJlcnRl" target=\"_blank\">Corentin de Salle</a>). Recherchant la source de la valeur, Smith conclut que c'est le travail incorporé au produit. Ce qui est une évolution par rapport aux physiocrates français, qui considéraient que seule l'agriculture produisait. Mais ce concept de la valeur travail restait insatisfaisant, car il n'expliquait pas les différences de valeurs, indépendantes du travail.</p>
<p>Au grand dam des puristes et des connaisseurs en théorie économiques, nous passerons <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGF2aWRfUmljYXJkbw==" target=\"_blank\">David Ricardo</a> et irons directement aux marginalistes, qui constituent la rupture par rapport à la tradition héritée d'Adam Smith. Le marginalisme est découvert de manière indépendante par trois auteurs. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvV2lsbGlhbV9TdGFubGV5X0pldm9ucw==" target=\"_blank\">William Stanley Jevons</a>, en 1871, dans <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lY29ubGliLm9yZy9saWJyYXJ5L1lQREJvb2tzL0pldm9ucy9qdm5QRS5odG1s" target=\"_blank\">The theory of political economy</a></em>. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTCVDMyVBOW9uX1dhbHJhcw==" target=\"_blank\">Léon Walras</a>, dans <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2dhbGxpY2EuYm5mLmZyL2FyazovMTIxNDgvYnB0NmsxMTE3NTJi" target=\"_blank\">Éléments d'économie politique pure</a></em>, en 1874. Et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ2FybF9NZW5nZXI=" target=\"_blank\">Carl Menger</a>, dans <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21pc2VzLm9yZy9ldGV4dHMvbWVuZ2VyL3ByaW5jaXBsZXMuYXNw" target=\"_blank\">Principes d'économie politique</a></em> en 1871.</p>
<p>Les marginalistes élaborent une nouvelle théorie de la valeur. Ce n'est plus la valeur travail. Pour Jevons et Walras, c'est la valeur utilité, pour Menger, la valeur subjective. Ces deux notions sont finalement très proches, même si, nous le verrons, elles n'ont pas conduit aux mêmes développements. Pour les marginalistes, rien n'a de valeur intrinsèque, ou valeur incorporée, aucun produit, aucun service. Il n'y a pas de valeur travail incorporée à un produit ou un service. La valeur est différente selon chacun. Chacun donne une valeur à un produit, ou un service. Pour Jevons et Walras, c'est en fonction de l'utilité. Une notion subjective selon chaque individu. Menger parle directement de subjectivité. Ce qu'on appellera le subjectivisme. C'est chaque individu qui détermine la valeur d'un produit ou d'un service. Celui-ci s'échangeant en fonction de l'offre et de la demande. C'est le principal point de la révolution marginaliste.</p>
<p>Cette révolution est qualifiée de marginaliste en raison de sa théorie de la fixation des prix. Selon ces auteurs, et bien qu'ils l'expriment de manières différentes, c'est l'utilité marginale qui fixe la valeur d'un produit ou d'un service. Par exemple, dans le désert, l'eau est rare. Donc, chaque unité d'eau est utilisée pour des besoins vitaux. Le prix de l'eau est donc très élevé. Par contre, dans un endroit où l'eau est abondante, les besoins vitaux seront servis en premier, puis des besoins moins importants, comme le nettoyage du lieu de vie, et ensuite des besoins sans grande importance, comme remplir le pistolet à eau du petit dernier. Le prix de l'eau correspondra à cette dernière utilité. Ce qu'on appelle l'utilité marginale, car c'est l'utilité de la dernière unité d'eau utilisée dans l'ordre d'importance (besoins vitaux, nettoyage, pistolet à eau). D'où le nom de marginalisme.</p>
<p>Le marginalisme marque également une rupture, et une division, dans la manière d'appréhender l'économie. Jusqu'alors, dans la lignée d'Adam Smith, l'économie était une science morale, qui suivait un raisonnement littéraire. William Jevons et Léon Walras la font entrer dans l'ère mathématique. Pour eux, l'économie traite de quantités : production, travail, offre, demande. Ce sont des chiffres. Donc, des mathématiques. Ils raisonnent en termes d'équilibre des données. Walras a ainsi créé le modèle d'équilibre général. L'adoption des mathématiques doit faire de l'économie une science dure, à l'égale de la physique.</p>
<p>A contrario, Carl Menger reste littéraire. Il est considéré comme le fondateur de ce qui sera appelé l'école autrichienne. C'est <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVkd2lnX3Zvbl9NaXNlcw==">Ludwig Von Mises</a> qui a développé les concepts de cette école. À travers le subjectivisme. Adam Smith a constaté que les nations se développaient mieux quand on laissait les gens suivre leurs intérêt. Ensuite, les marginalistes ont constaté que la valeur était subjective. L'école autrichienne en tire les conséquences. Elle considère que les individus sont libres de leurs objectifs. Selon Mises, l'économie s'inscrit dans le cadre de l'agir humain. Chacun agit en poursuivant ses propres buts. L'économie ne consiste pas à traiter des objectifs. Mais des règles d'organisation de la société qui permettent à chacun de suivre ses objectifs sans nuire à autrui. La méthode d'étude est dite axiomatico-déductive. On déduit des raisonnements à partir d'axiome. Par exemple, l'être humain agit. C'est un axiome.</p>
<p>L'opposition entre les autrichiens et les autres marginalistes, qui constituent l'école néoclassique, est souvent résumée au refus des mathématiques par les premiers. Mais ce refus des mathématiques n'est qu'une conséquence de la différence d'approche de l'économie. Les néoclassiques raisonnent en termes d'équilibre générale de quantités : quantité de travail, de produits, de consommation, etc. Les autrichiens raisonnent en termes de comportements humains : l'agir.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMjMvMTI1MTkyLWxlY29ub21pZS1xdWVzdC1jZS1xdWUtY2VzdC9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy0yMDEzODM2LWVjb25vbWll" rel=\"attachment wp-att-125263\"><img class="alignright  wp-image-125263" title="imgscan contrepoints 2013836 économie" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/imgscan-contrepoints-2013836-économie-1024x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="300" /></a>L'approche néoclassique a continué d'évoluer. Il y a eu la révolution keynésienne. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvS2V5bmVz">John Maynard Keynes</a> raisonnait lui aussi en termes d'équilibre général. Donc, en termes quantitatifs, comme les néoclassiques. Selon lui, l'équilibre, situation stable et durable de l'économie, pouvait être un équilibre de sous emploi. Selon Keynes, pour atteindre le plein emploi, il faut soutenir la demande. Quand la demande est soutenue, les producteurs investissent. Ils embauchent, et versent des salaires. Ce qui, à nouveau, soutient la demande. C'est le multiplicateur keynésien [<sup class='footnote'><a href='#fn-125192-1' id='fnref-125192-1' onclick='return fdfootnote_show(125192)'>1</a></sup>].</p>
<p>On remarque que Keynes s'inscrit dans le cadre de l'équilibre général, en faisant intervenir l’État cette fois-ci. L'équilibre de plein emploi ne pouvant être atteint sans soutien de la demande par l’État.</p>
<p>Les concepts keynésiens sont très vite mathématisés. Avec les néoclassiques, c'était la microéconomie qui était à l'honneur. Avec Keynes, c'est la macroéconomie, dans le sens où la mathématisation raisonne en termes d'agrégats : offre globale, demande globale, dépense publique, etc. La macroéconomie keynésienne étudie ce qui se passe si on augmente la dépense publique, par exemple. Elle a besoin pour cela de fondements microéconomiques. Par exemple, l'étude du salarié quand son revenu augmente : dans quelle mesure il dépense ou épargne le supplément de revenu.</p>
<p>Cette mathématisation du keynésianisme a été nommée la synthèse, car elle reprend les concepts keynésiens et la mathématisation néoclassique. Elle inaugure la nouvelle méthodologie de l'économie. Cette méthodologie se veut scientifique : on émet des hypothèses, qui sont ensuite vérifiées empiriquement, à partir d'études économétriques. Ou on tire des hypothèse directement de l'observation statistique. Plus rien à voir avec Adam Smith, ni même les néoclassiques, qui se basaient sur la mathématisation de raisonnements littéraires. L'économétrie n'étant pas si développée à l'époque. William Stanley Jevons faisait par exemple explicitement référence à l'économiste français <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMi8xMS8wMS9qZWFuLWJhcHRpc3RlLXNheS11bi1mcmFuY2Fpcy1hdS1wYW50aGVvbi1kZXMtZWNvbm9taXN0ZXMv" target=\"_blank\">Jean-Baptiste Say</a>.</p>
<p>Cette méthode empirique mène à des résultats opposés selon les écoles de pensées. Les keynésiens démontrent l'utilité indispensable du soutien à la demande. Leurs opposants, comme par exemple <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlsdG9uX0ZyaWVkbWFu">Milton Friedman</a>, que l'intervention de l’État est inefficace. Ludwig Von Mises, de l'école autrichienne, qui elle n'adhère pas à cette méthodologie empirique, écrivait, en substance, que l'on pouvait toujours trouver une justification statistique à tout.</p>
<p>Nous avons donc une école dominante, qui est empirique. Elle valide ses hypothèses par des études économétriques. Cela concerne la macroéconomie, qui étudie les grands agrégats, comme la dépense publique, l'inflation, etc. Et la microéconomie, qui concerne aujourd'hui le comportement des acteurs de l'économie, comme les consommateurs, les entreprises [<sup class='footnote'><a href='#fn-125192-2' id='fnref-125192-2' onclick='return fdfootnote_show(125192)'>2</a></sup>]. Cette méthode empirique, basée sur des études économétriques, est utilisée par un large spectre d'économistes, des plus interventionnistes aux contempteurs de l'interventionnisme, qui, avec les mêmes méthodes, démontrent et démontent leurs théories.</p>
<p>À l'écart, se tient l'école autrichienne, qui, il faut le reconnaître, est marginale et restée fidèle à une démonstration plus littéraire, et non mathématique. Elle n'étudie pas des quantités, mais l'agir humain.</p>
<p>C'est ainsi que l'on peut avoir tout et son contraire en économie. Par exemple, la théorie de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Kb3NlcGhfU3RpZ2xpdHo=" target=\"_blank\">l'asymétrie d'information</a>, soutenue notamment par Joseph Stiglitz. Celle-ci met en cause le fonctionnement des marchés. Ceux-ci ne peuvent fonctionner que dans des conditions d'information parfaite. Or, l'information n'est pas parfaite, dans le sens où tous les acteurs ne disposent pas de la même information. Le vendeur d'une voiture d'occasion connaît ainsi mieux son état que l'acheteur. Le marché ne peut donc pas fonctionner correctement. Ce qui donc remet en cause l'efficacité des marchés.</p>
<p>Mais, faut-il l'intervention de l’État ? Milton Friedman soutient, méthode empirique à l'appui, que le marché peut se tromper, mais l’État encore plus. De son côté, l'école autrichienne a toujours rejeté l'équilibre général, et a toujours raisonné en termes d'information imparfaite des acteurs. Ludwig Von Mises a ainsi démontré que l’État ne pouvait pas gérer l'économie, et que le communisme ne pouvait pas fonctionner, car il ne pouvait jamais disposer de toute l'information nécessaire. Et cela bien avant Stiglitz. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGF5ZWs=">Friedrich August Hayek</a>, toujours de l'école autrichienne, a présenté une théorie d'élaboration des règles de conduite, qui tient compte de l'information imparfaite. Les règles adoptées sont celles qui se révèlent efficaces pour tout le monde à l'usage. Ce qui permet de compenser l'information imparfaite.</p>
<p>On peut ajouter <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9kdV9DaG9peF9QdWJsaWM=" target=\"_blank\">l'école du choix public</a>, que j'ai toujours du mal à situer, qui démontre que les politiciens suivent leur propre intérêt. Une régulation qui viendrait d'eux ne serait donc pas dans l'intérêt général.</p>
<p>Il est donc possible de contester le statut scientifique de l'économie. Il n'y a pas de méthodologie reconnue qui mène au même résultat pour tout le monde. Il y a toujours un débat épistémologique sur ce qu'est l'économie. Au final, elle est une boîte à outil, dans laquelle puisent les politiciens pour justifier leurs programmes et leurs actes. Mais il s'agit là d'une autre histoire. Car il y a la théorie économique, et la politique économique, qui sera abordée dans un autre article.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Vjb25vbWllLWFuYWx5c2VzLWFjdHVhbGl0ZXMtb3BpbmlvbnMub3Zlci1ibG9nLmNvbS9hcnRpY2xlLWwtZWNvbm9taWUtcXUtZXN0LWNlLXF1ZS1jLWVzdC0xMTc3MjU5MDEuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-125192'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-125192-1'>Sur la critique de l'argumentation keynésienne, voir l'article <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Vjb25vbWllLWFuYWx5c2VzLWFjdHVhbGl0ZXMtb3BpbmlvbnMub3Zlci1ibG9nLmNvbS9hcnRpY2xlLWtleW5lc2lhbmlzbWUtZXQtbGliZXJhbGlzbWUtY29tcGFyYWlzb24tMTAxNzc0MTY3Lmh0bWw=" target=\"_blank\">Keynésianisme et libéralisme, comparaison</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125192-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-125192-2'>Sur la signification du terme microéconomie, cf. l'article <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Vjb25vbWllLWFuYWx5c2VzLWFjdHVhbGl0ZXMtb3BpbmlvbnMub3Zlci1ibG9nLmNvbS9hcnRpY2xlLW1pY3JvZWNvbm9taWUtZXQtbWFjcm9lY29ub21pZS0xMTMyNzQ5NDAuaHRtbA==" target=\"_blank\">Microéconomie et macroéconomie</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-125192-2'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
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		<title>Les espoirs frustrés des anticapitalistes</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/15/124423-les-espoirs-frustres-des-anticapitalistes</link>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 06:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fabio Rafael Fiallo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Liberticides & Co]]></category>
		<category><![CDATA[anticapitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[crise de l'Euro]]></category>

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		<description><![CDATA[Régulièrement les anticapitalistes prennent leurs désirs pour des réalités et nous annoncent une « crise terminale » du capitalisme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Régulièrement les anticapitalistes prennent leurs désirs pour des réalités et nous annoncent une « crise terminale » du capitalisme.</strong></p>
<p><strong>Par Fabio Rafael Fiallo.</strong><br />
<span id="more-124423"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDQyNQ==" rel=\"attachment wp-att-124425\"><img class="alignleft size-full wp-image-124425" title="anticapitalisme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/anticapitalisme.jpg?16fe88" alt="" width="254" height="185" /></a>Tâche ingrate que celle des anticapitalistes, de constater que le système qu’ils haïssent parvient à surmonter chacune de ses crises, sortant même renforcé de celles-ci. La crise de 1873, la Grande Panique bancaire de 1907, la Grande Dépression des années 1930, la stagflation (stagnation avec inflation) des années 1970, autant d’occasions pour les anticapitalistes d’annoncer avec fracas la « crise finale » ; et pourtant, à chaque fois, rebelote, le système s’est remis à fonctionner.</p>
<p>Après chaque déception, nos anticapitalistes ont-ils daigné remettre en question leurs certitudes et leurs espoirs ? Que dalle ! Ils se sont, certes, repliés, circonscrivant leurs attaques à telle ou telle faille du système, ou proposant des projets alternatifs de société, mais tout en continuant à attendre l’arrivée d’une nouvelle crise qui, espèrent-ils, marquera la fin définitive du système.</p>
<p>Ainsi, après la crise de 1873, l’heure était à former et consolider le mouvement communiste international. Après la Grande Panique de 1907, on se battait pour construire le socialisme en Allemagne ou en Russie. Après la Grande Dépression des années 30, on vantait la « résilience » et les « bienfaits » du modèle soviétique en même temps qu’on misait sur les mouvements « tiers-mondistes » de Mao, Kadhafi, Mugabe, Castro et autres despotes qui prétendaient œuvrer pour un nouvel ordre économique mondial plus juste et socialiste. Après la stagflation des années 70, on présentait le réchauffement climatique comme étant la preuve irréfutable que le capitalisme porte atteinte à la survie même du genre humain. En attendant à chaque fois, répétons-le, cette foutue crise finale qui tarde à se produire.</p>
<p>Ce fut dans ce contexte que la crise des « subprimes » aux USA en 2007, et plus tard celle de la dette souveraine des pays de l’Europe du Sud, donnèrent un nouveau souffle aux espoirs d’une toute proche « crise terminale » du capitalisme – comme la qualifia le célèbre marxiste latino-américain Leonardo Boff [<sup class='footnote'><a href='#fn-124423-1' id='fnref-124423-1' onclick='return fdfootnote_show(124423)'>1</a></sup>].</p>
<p>Mais voilà que l’économie américaine, bastion par antonomase du système capitaliste mondial, donne des signes de redressement. Le chômage ne cesse de reculer, se trouvant actuellement au niveau le plus bas depuis 2007. La reprise économique américaine est sans doute poussive, fragile aussi. Assez significative, tout de même, pour refroidir les espoirs des anticapitalistes dans l’imminence de l’effondrement du système.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMTUvMTI0NDIzLWxlcy1lc3BvaXJzLWZydXN0cmVzLWRlcy1hbnRpY2FwaXRhbGlzdGVzL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM4MDgtY29jaG9uLWRlLWNhcGl0YWw=" rel=\"attachment wp-att-124446\"><img class="alignright  wp-image-124446" title="imgscan contrepoints 2013808 cochon de capital" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/imgscan-contrepoints-2013808-cochon-de-capital-1024x869.jpg?16fe88" alt="" width="330" height="279" /></a>Alors ? Eh bien, comme après chaque « crise finale », on se résigne à s’attaquer à des cibles ponctuelles (la crise de la zone euro) ou à mettre en relief telle ou telle évolution (cette fois-ci le poids croissant de la Chine dans l’économie mondiale), présentant les unes et les autres comme des signes avant-coureurs du collapse prochain et inéluctable de l’ordre capitaliste mondial.</p>
<p>En misant sur la crise de l’euro et le poids économique croissant de la Chine, nos anticapitalistes prennent encore une fois leurs désirs pour des réalités.</p>
<p>Il n’est pas nécessaire ici d’épiloguer pour savoir si l’euro pourra être sauvé ou si, au contraire, il finira par disparaître. L’important, c’est que, contrairement aux espoirs des anticapitalistes, la disparition éventuelle de la monnaie unique ne saurait en rien mettre en danger le capitalisme mondial. En effet, tout au long de son histoire, le capitalisme a broyé des dizaines de mécanismes et d’arrangements monétaires différents. Ni l’arrêt de l’étalon or en 1914 ni la fin de la convertibilité dollar-or en 1971 (pour ne citer que deux cas saillants) ne sonnèrent le glas du capitalisme. De la même façon, la fin éventuelle de l’euro ne serait qu’un épisode de plus dans la longue histoire des systèmes monétaires nés et disparus sous le capitalisme.</p>
<p>En fait, le premier à mettre en doute la viabilité de la monnaie unique ne fut autre que l’un des économistes les plus détestés par les anticapitalistes, c’est-à-dire Milton Friedman, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMzEvOTIxOTgtbWlsdG9uLWZyaWVkbWFuLWF2YWl0LXByZXZ1LWxhLWNyaXNlLWRlLWxldXJv">qui voyait en l’euro une construction artificielle</a> non conforme à des critères économiques élémentaires. S’il y a une thèse qui serait validée par la disparition de l’euro, ce serait donc celle de l’« ultralibéral » Friedman.</p>
<p>Quant au poids croissant de la Chine dans l’économie mondiale, les anticapitalistes atteignent là le paroxysme de l’aberration. Entendre le président bolivien Evo Morales claironner avec joie que bientôt la Chine colonisera l’Amérique a de quoi faire sourire. Jusqu’alors on pensait qu’Evo Morales était contre toute forme de colonisation ; mais voilà que celle-ci trouve grâce à ses yeux pour autant qu’elle s’exerce contre les USA.</p>
<p>L’aberration est d’autant plus insolite que le modèle chinois n’a en principe rien pour plaire aux anticapitalistes (si ce n’est qu’il fait pendant aux USA). Les inégalités acquièrent en Chine des proportions inouïes. La protection sociale y brille par son absence – ce qui oblige les Chinois à consacrer une part substantielle de leurs revenus à l’épargne afin de pouvoir financer eux-mêmes leurs frais de santé, leurs études et leurs retraites. Puis la dérèglementation bancaire est telle qu’un système bancaire informel se met en place, faisant courir le risque d’une crise financière plus grave encore que celle des subprimes aux États-Unis [<sup class='footnote'><a href='#fn-124423-2' id='fnref-124423-2' onclick='return fdfootnote_show(124423)'>2</a></sup>]. Est-ce ce à quoi aspirent les anticapitalistes ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, la montée en puissance de l’économie chinoise ne saurait aucunement mettre en question l’ordre capitaliste mondial, car le système chinois est un capitalisme, certes d’État, mais capitalisme tout de même.</p>
<p>L’euro peut s’écrouler. L’économie chinoise peut continuer à élargir son périmètre d’action. Mais on n’en serait pas pour autant à l’orée de l’embrasement tant attendu du capitalisme.</p>
<p>Cela n’empêchera pas pour autant les anticapitalistes de continuer à ruminer, avec des arguments divers et variés, leurs frustrations idéologiques et leurs espoirs contrariés.</p>
<p>---<br />
Lire aussi : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMzEvOTIxOTgtbWlsdG9uLWZyaWVkbWFuLWF2YWl0LXByZXZ1LWxhLWNyaXNlLWRlLWxldXJv">Milton Friedman avait prévu la crise de l'euro</a></p>
<p>Notes :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-124423'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-124423-1'>"Is the crisis of capitalism terminal?" – leonardoBOFF.com, 26-06-2011. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-124423-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-124423-2'>Voir sur ce dernier point Marc Ladreit de Lacharrière (président de la Revue des Deux Mondes), « Quand le dragon s’essoufflera, le monde toussera », <em>Le Figaro</em>, 10-05-2013. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-124423-2'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>« Mes logiciels m’ont tuer ! » ou les logiciels de l&#039;étatisme français</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 05:27:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Caillot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<description><![CDATA[L'étatisme français se nourrit de trois logiciels nationaux élaborés sur plusieurs siècles : le colbertisme, le jacobinisme et les ordonnances de 1946.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'étatisme français se nourrit de trois logiciels nationaux élaborés sur plusieurs siècles : le colbertisme, le jacobinisme et les ordonnances de 1946.</strong></p>
<p><strong>Par Bernard Caillot.</strong><br />
<span id="more-124388"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDM5NA==" rel=\"attachment wp-att-124394\"><img class="aligncenter size-full wp-image-124394" title="Marianne" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/Marianne1.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="358" /></a></p>
<p>Chaque pays est construit sur un ou sur des « logiciels » qui, tels des gènes, codent pensée et actions. Souvent, le logiciel est unique, connu et accepté. Ce logiciel peut être immémorial : le Japon s’appuie sur l’Empereur que même les bombes atomiques de 1945 n’ont pas voulu renverser ; la Reine reste la clef de voûte de l’Angleterre. D’autres pays ont des logiciels construits sur un projet intellectuel et politique ; rares sont les logiciels qui perdurent lorsqu’ils sont fruit d’une volonté politique.</p>
<p>L’exemple <em>le plus chimiquement pur</em> d’un « logiciel » intellectuellement pensé est donné par les États-Unis et le respect que les Américains ont de LA Constitution. Celle-ci, élaborée par un Comité de Sages démocratiquement désignés, est érigée sur des principes qui n’ont jamais été fondamentalement remis en cause. Adoptée le 17 septembre 1787, elle a traversé plus de deux siècles sans modification brutale. Les 10 premiers amendements, votés le 25 septembre 1789, protègent tous la liberté de l’individu face aux risques – prévisibles – d’empiétement de l’État fédéral sur la liberté de l’Homme. Les pires soubresauts de l’histoire – de la guerre civile aux guerres mondiales – n’ont jamais cassé cette référence appuyée sur une valeur simple « la Liberté de chacun à la poursuite de son bonheur ». Cette valeur est renforcée par un principe promulgué avant la révolution américaine par James Otis Jr. « <em>Not Taxation Without Representation</em> ». Cette formulation est consubstantielle de l’origine de l’État américain, elle inscrit dans le marbre <strong>le droit du payeur à connaître la justification du bien-fondé de la dépense avant d’y consentir</strong>.</p>
<p>En anglais, contribuable se dit <em>Taxpayer</em> ; la précision cruelle du terme est en soit une limitation à « l’acceptabilité de l’impôt » dont la France est championne.</p>
<p>En démocratie, les limites de « l’acceptabilité de l’impôt » sont la seule garantie contre l’extension de la dépense publique par des bénéficiaires (actuels et putatifs / directs et indirects) des « largesses de l’État » rendus irresponsables par leur situation. Seule la conceptualisation de ce qu’est la « <em>non-acceptabilité » </em> fait que les payeurs présents et à venir peuvent être en situation de stopper le cannibalisme de l’État sur le pays. Or, en France, nous ne possédons pas ces anticorps cérébraux limitateurs de contributions. Au contraire, nous avons un logiciel <em>unique et indivisible</em> – paradoxalement construit sur un triptyque  – facilitateur de libéralités avec les moyens d’autrui. Les termes de « Liberté, Égalité, Fraternité » sont ceux que la III<sup>e</sup> République a conceptualisés et fait inscrire sur le fronton des mairies à partir de 1880. Au quotidien, sa pratique <em>met ses pas</em> (si j’ose dire !) dans le vieil adage monarchique « une foi, un roi, une loi » ; celui-la même contre lequel les Américains ont conquis leur indépendance. En 2013, nous devons avoir la foi dans ce que les grands prêtres médiatiques disent être « les valeurs de la république » (remplaçant le catholicisme monarchiste), nous avons un monarque (élu) pour maintenir la foi (en l’État) par le recours à la Loi (répété voire abusif).</p>
<p>Le schéma français se nourrit de trois logiciels nationaux élaborés sur plusieurs siècles, le colbertisme, le jacobinisme et les ordonnances de 1946. Au pays d’Alexandre Dumas, ces 3 mousquetaires ne seraient pas complets si on n’y avait pas adjoint un quatrième larron : « le principe de précaution ». Ensemble, ils constituent l’exemple parfait d’un système pervers qui ne peut que s’auto-entretenir. Ils sont les bases de ce que le psychiatre Paul-Claude Racamier définit comme « <em>une organisation durable caractérisée par la capacité à se mettre à l'abri des conflits internes, [..] en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir.</em> » [<sup class='footnote'><a href='#fn-124388-1' id='fnref-124388-1' onclick='return fdfootnote_show(124388)'>1</a></sup>]</p>
<p>Séparément, ces trois logiciels sont constitutifs de notre histoire, collectivement, via le <em>cercle vicieux bureaucratique, </em>ils détruisent la Liberté, la Richesse et le Progrès.</p>
<p>Reprenons rapidement tout cela.</p>
<p>Le <strong>Colbertisme </strong>est sans conteste le plus ancien de nos logiciels. Il imprègne la pensée et les actions de « nos politiques » en leur donnant en « <em>prêt à mâcher</em> » un schéma économique dans lequel – dans un monde clos, parfait et ordonné – l’État, dirigé par des hommes « bons et dévoués à sa grandeur », décrète le besoin d’autres hommes, construit l’usine, embauche le personnel, définit les règles et fait payer la note par les hommes qui fabriquent et doivent consommer la production correspondant au besoin décrété. L’acteur économique autonome n’a pas de raison d’être ; pour progresser et s’enrichir il peut et doit s’intégrer à la Cour ou à l’État dans le respect des privilèges et contraintes de son Ordre. Même si, au XVII<sup>e</sup> siècle, ce système économique est marginal dans la création de richesse, il n’en devient pas moins l’alpha et l’oméga de l’organisation idéale fantasmée. Du « plan calcul » à la « nationalisation provisoire », il reste notre premier marqueur, celui qui permet de vanter la « Politique Industrielle d’État » ou le nationalisme de la marinière bretonne.</p>
<p>Le <strong>Jacobinisme </strong>s’inscrit dans la suite économique du Colbertisme mais – surtout  – il transfère vers l’organisation politique et sociale ce que le Colbertisme a ébauché dans l’économie. Rien ne doit exister entre l’État et l’individu [<sup class='footnote'><a href='#fn-124388-2' id='fnref-124388-2' onclick='return fdfootnote_show(124388)'>2</a></sup>] ; l’individu doit être seul face à l’État qui, représentant le Tout, décide de la forme du bonheur de chacun. L’individu est au service de l’État, il n’existe que par l’État et doit tout à l’État ; les réactions face à Depardieu en sont l’illustration. Nous sommes très loin du logiciel américain ! Seuls des crimes et des massacres (d’État) permettent d’<em>apurer </em>la société pour répondre au « <em>seul désir : nous perdre dans un grand tout</em> » (Adresse de la Commune de Paris de 1789), pour « <em>se saisir de l’imagination des hommes et la gouverner</em> » (Fabre d’Églantine en 1793) car « <em>il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté</em> » (St Just). Néanmoins, les questions sur cet héritage ne doivent pas être posées et elles ne le seront plus. Depuis 1891, Clemenceau nous a intimé de nous taire en vertu d’un grand principe : «<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hc3NlbWJsZWUtbmF0aW9uYWxlLmZyL2hpc3RvaXJlL0NsZW1lbmNlYXVfMTg5MS5hc3A="> <em>la Révolution française est un bloc dont on ne peut rien distraire</em></a>. » Fermez le ban ! Nous devons nous taire devant des crimes pensés pour le bien ; depuis la Terreur jusqu’à Staline nous le faisons. Parallèlement pour qu’il n’y ait pas de corps intermédiaires efficaces entre l’État et l’individu, le jacobinisme a systématiquement haché les provinces historiques en près de 100 départements découpés avec un soin extrême pour qu’ils ne représentent rien de cohérent sur les plans humain et économique et qu’ils ne soient que des agrégats sans mémoire. Au XXI<sup>e</sup> siècle, le logiciel jacobin continue de hanter les âmes et les régions, de construire les fantasmes de courants politiques respectés.</p>
<p>Les « <strong>Ordonnances de 1946</strong> » étaient le dernier né de nos logiciels. Fruits des amours improbables d’un Parti Communiste triomphant et de Gaullistes tout aussi triomphants ; produit d’un <em>deal historique</em> dans lequel les Staliniens échangeaient les fusils du maquis contre un peu de l’or des palais de la République et où les rêves de la Libération acceptaient des collectivisations démilitarisées contre les promesses sociales de la Démocratie Chrétienne transformées en contraintes juridiques puis en murs de dettes. Ce logiciel surréaliste permet de donner des droits sans moyens ni devoirs et de poser les nécessités auto-proclamées comme une évidence à leur satisfaction par l’État. Maintenant hors des temps, il est la réponse pavlovienne d’indignés auto-déclarés à la recherche d’une couleur historique utilisable dans toute situation propre à cristalliser les mécontentements.</p>
<p>L’inventaire des programmes installés ne serait pas complet sans le dernier produit du génie corrézien. « <strong>Le principe de précaution inscrit dans la constitution</strong> ». Ce chef d’œuvre chiraquien permet de transformer en discours « <em>politiquement correct »</em> ce qu’un autre corrézien, Henri Queuille, avait énoncé : <em>«Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».</em> On confine au sublime quand, face à des décisions difficiles et électoralement dangereuses, le politicien se tire d’un embarras (immédiat) en sauvant la planète (pour plus tard). Durant cette pirouette les cerveaux s’exilent, la recherche s’effondre et la production se localise vers des cieux plus bleus.</p>
<p>Tous ces logiciels fonctionnent en boucle, et du haut en bas de l’échelle de décision, ils se renforcent les uns les autres dans un <em>cercle vicieux bureaucratique. </em>Celui-ci explique pourquoi, quand les règles ne résolvent pas sur un point le problème qu’elles étaient destinées à traiter, il en résulte un <em>impératif</em> (sic) besoin d’en édicter de nouvelles afin de combler un « vide juridique ». Ce <em>vide</em> n’est souvent qu’une <em>baisse de rendement</em> de l’action ou la perte de sa finalité dans les méandres des règles existantes. Au mieux (<em>si j’ose dire!)</em> ces règles privent les acteurs de leur pouvoir d’agir, au bénéfice d’ayants droit légitimes au regard de la finalité affichée et/ou de sanctionner des bénéficiaires abusifs voire indus. Systématiquement, ces règles génèrent un cycle de démotivations accentuées par l’absence de récompenses et de sanctions internes.</p>
<p>Pour saisir le fonctionnement d’un <em>cercle vicieux bureaucratique</em>, regardons le schéma ci-dessous. Il montre comment les efforts vers un « nouveau règlement » (présupposé <em>meilleur que le précédent</em>) sont par avance condamnés à l’échec si le nouveau fonctionnement ne s’appuie pas sur la Liberté et la Responsabilité des acteurs pour obtenir des résultats qualitatifs et quantitatifs.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNDM4OQ==" rel=\"attachment wp-att-124389\"><img class="aligncenter size-full wp-image-124389" title="figure1" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/figure1.png?16fe88" alt="" width="626" height="243" /></a></p>
<p>Pour corriger une dérive, il faut – parfaitement – définir l'objectif, peu les moyens et surtout pas le chemin. Si au contraire on choisit de « <em>définir le chemin</em> <em> le mieux possible </em>», on contraint les moyens et on finit par oublier l’objectif. En organisation, la réponse à cette situation de blocage est la conduite d’une politique de reeingenering. Afin d’obtenir une amélioration rapide des principales performances, celle-ci remet fondamentalement en cause la logique de fonctionnement et redéfinit radicalement les processus opérationnels. <strong>Le reeingenering ne répare pas, il remplace.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMTUvMTI0Mzg4LW1lcy1sb2dpY2llbHMtbW9udC10dWVyLW91LWxlcy1sb2dpY2llbHMtZGUtbGV0YXRpc21lLWZyYW5jYWlzL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM4MDYtbG9naWNpZWwtc29jaWFsaXN0ZQ==" rel=\"attachment wp-att-124444\"><img class="alignright  wp-image-124444" title="imgscan contrepoints 2013806 logiciel socialiste" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/imgscan-contrepoints-2013806-logiciel-socialiste.jpg?16fe88" alt="" width="319" height="330" /></a>Au niveau national, existe-t-il une possibilité de corriger notre situation en remplaçant nos logiciels au fonctionnement « <em>pervers »</em> par une logique vertueuse ?</p>
<p>Au-delà des velléités de <em>feu</em> la RGPP nous ne voyons ni programme, ni personnalité qui propose de repenser notre ancienne organisation en remplaçant nos logiciels. Programmes et personnalités veulent, au pire, maintenir le statu quo, au mieux essayer de réparer voire d’optimiser un ensemble qu’ils savent ne plus pouvoir fonctionner.</p>
<p>Intellectuellement, changer de logique est concevable et l’expérience montre que ce n’est pas impossible. Les Canadiens l’ont fait, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zZW5hdC5mci9yYXAvcjA1LTE1Mi9yMDUtMTUyMi5odG1s">même nos sénateurs en sont informés</a> ; mais les Canadiens sont canadiens et leurs logiciels sont britanniques et américains.</p>
<p>En France, « changer de logique » ne demande qu’une chose : que chacun – <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pZnJhcC5vcmcvUmVmb3JtZXMtYS1sLWV0cmFuZ2VyLUxhLXJhaXNvbi1kdS1zdWNjZXMtY2FuYWRpZW4sNTU5Lmh0bWw=">y compris les politiques et les fonctionnaires des trois fonctions publiques</a> – entre dans la culture <em>« Destroy Yourself Your Business »</em>. Cette formulation trouve son origine dans une très grande entreprise américaine en réadaptation permanente donc en adaptation sans rupture excessive. Cette maxime ne signifie pas « <em>se licencier soi-même</em> » mais s’interroger sur l’obligatoire moment où le <em>job que l’on exécute</em> disparaîtra avec une nouvelle technologie ou innovation voire avec le dernier client. Cette conduite permet d'anticiper collectivement, via des interrogations individuelles, les modifications structurelles qui surviendront obligatoirement. Cela conduit à abandonner des tactiques de « défense de l’emploi » dignes de la ligne Maginot et – surtout – de faire une croix sur notre aphorisme collectif  mais inconscient : « <em>Pourvu que Ça tienne jusqu'à ma retraite</em> ».</p>
<p>Cela revient à demander à chaque Français ce qu’il considère comme impossible, impensable voire indicible : remplacer leur inatteignable étoile – un « <em>statut de la fonction publique pour tous</em> » – par Schumpeter. Cela revient simplement à accepter la réalité : le monde n’est pas clos et nos logiciels ne l’organiseront jamais. Cela revient à admettre que grâce à la Liberté, à la possibilité d’entreprendre pour notre « <em>plus grand bien et profit </em>», à la flexibilité, à la mobilité et à l’adaptation rapide de tous, en France – ou n’importe ailleurs si cela se révélait impossible sur notre territoire – nous pouvons saisir les extraordinaires possibilités offertes par les incessantes innovations et ruptures technologiques qui apparaissent chaque jour. Cela revient à comprendre qu’à chaque fois, ces mutations s’accompagnent de nouveaux marchés solvables mis à la portée de chacun par ce monde global qui existe déjà.</p>
<p>----<br />
Article publié initialement dans <em>La Forge</em>, n°52, avril 2013.</p>
<p><strong>Notes</strong> :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-124388'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-124388-1'><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9QZXJ2ZXJzaW9uX25hcmNpc3NpcXVl">http://fr.wikipedia.org/wiki/Perversion_narcissique</a> et  <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9QYXVsLUNsYXVkZV9SYWNhbWllcg==">http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Claude_Racamier</a>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-124388-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-124388-2'>Lisez <em>Le modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours</em> de Pierre Rosanvallon. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-124388-2'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>La lutte contre l&#039;esclavage demande moins de CRAN</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/12/124094-la-lutte-contre-lesclavage-demande-moins-de-cran</link>
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		<pubDate>Sun, 12 May 2013 05:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Créteur</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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		<category><![CDATA[Conseil Représentatif des Associations Noires]]></category>
		<category><![CDATA[CRAN]]></category>
		<category><![CDATA[esclavage]]></category>

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		<description><![CDATA[Le CRAN demande réparation à la CDC pour avoir financièrement tiré profit de l'esclavage. Mais qui offrira réparation aux esclaves d'aujourd'hui ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le CRAN demande réparation à la CDC pour avoir financièrement tiré profit de l'esclavage. Mais qui offrira réparation aux esclaves d'aujourd'hui ?</strong></p>
<p><strong>Par Baptiste Créteur.</strong><span id="more-124094"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA1L2xvZ28tY3Jhbi0zMDB4MTM5LmpwZw=="><img class="alignleft size-full wp-image-124127" title="logo-cran" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/logo-cran-300x139.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="139" /></a>Le CRAN, Conseil Représentatif des Associations Noires, a <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJlcmF0aW9uLmZyL3NvY2lldGUvMjAxMy8wNS8xMC9lc2NsYXZhZ2UtaG9sbGFuZGUtcmVmdXNlLXRvdXRlLXJlcGFyYXRpb24tbWF0ZXJpZWxsZV85MDIwNDg=">demandé réparation financière à la CDC</a>, qui aurait bénéficié de l'esclavage en <em>"empochant les sommes versées par Haïti en contrepartie de son indépendance"</em>.</p>
<p>Lors des débats sur l'abolition de l'esclavage, les gouvernements des pays esclavagistes demandaient en effet des compensations pour les bénéficiaires de l'esclavage - principalement pour des raisons politiques, c'est-à-dire pour rendre l'abolition de l'esclavage "acceptable" - alors que le bon sens voudrait (et les libéraux, déjà, demandaient) que soient indemnisés non les esclavagistes, mais les esclaves.</p>
<p>Pour un libéral, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMjkvMTA2MTA3LWZsb3JhbmdlLWxhLXByb3ByaWV0ZS1wcml2ZWUtY2V0dGUtcmVsaXF1ZS1iYXJiYXJl">la propriété privée est inaliénable</a>, et la première d'entre elle est la propriété de chaque individu sur lui-même. Ce qui est aujourd'hui une évidence ne l'était apparemment pas à l'époque, mais quelle que soit sa couleur, sa religion ou son sexe, tout individu est propriétaire de lui-même, de son propre corps et des fruits de son travail.</p>
<p>Quand le CRAN demande réparation, il n'a donc pas complétement tort. Les esclaves auraient dû être indemnisés, bien que le mot soit faible ; il est impossible d'estimer la valeur du consentement d'un individu, et, dans la même logique, on ne peut pas "indemniser" une victime de viol. En revanche, demander réparation aujourd'hui revient à faire payer l’État - donc, les contribuables français.</p>
<p>Or, dans quelle mesure les contribuables français sont-ils responsables de l'esclavage ? À titre personnel, je ne suis responsable ni de la colonisation, ni de l'esclavage, ni des nombreuses folies décidées par des gouvernements à travers l'histoire, quand bien même ils l'auraient fait en mon nom ; la responsabilité collective n'existe pas, encore moins sur plusieurs générations. Donc, chers amis du CRAN, je trouve votre demande illégitime : non pas parce que les esclaves ne devraient pas être indemnisés, mais parce que vous demandez réparation aux mauvaises personnes.</p>
<p>Ceux qui devraient indemniser les esclaves, ce ne sont pas les contribuables français qui, à titre collectif, ne doivent rien aux esclaves - le titre collectif n'existant pas - et, à titre individuel, sont rares à leur devoir quoi que ce soit. Si vous parvenez à identifier des descendants d'esclaves et les descendants de leurs propriétaires, vous pourrez légitimement demander réparation.</p>
<p>Mais, si vous êtes sensibles à la question de l'esclavage, et qu'on considère un esclave comme un individu privé de tout ou partie des fruits de son travail, alors vous avez sans doute un combat plus ample à mener : les contribuables, aujourd'hui, sont privés d'une partie considérable des fruits de leur travail. Les prélèvements de l’État représentent près de la moitié du PIB, donc de la richesse créée par les individus (bien que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTMvMTE4MDcwLWRlLXF1b2ktbGUtcGliLWVzdC1pbC1sYS1tZXN1cmU=">le PIB en soit un mauvais indicateur</a>).</p>
<p>Les contribuables créent de la richesse, et la moitié de celle-ci est prélevée par l’État. Ils sont donc, si on s'en tient à la définition donnée plus haut, des esclaves [<sup class='footnote'><a href='#fn-124094-1' id='fnref-124094-1' onclick='return fdfootnote_show(124094)'>1</a></sup>]. Les fruits de leur travail dont ils ne peuvent pas jouir servent à financer le train de vie de l’État, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTEvMTIxMTk1LWZyYW5jb2lzLWhvbGxhbmRlLXZldXQtbW9yYWxpc2VyLWxhLXBvbGl0aXF1ZS1xdWlsLW1vbnRyZS1sZXhlbXBsZQ==">de madame Trierweiller</a> et de tous les Français auxquels l’État offre des garanties économiques.</p>
<blockquote><p>Dans la mesure où les choses dont l'homme a besoin pour survivre doivent être produites, et où la nature ne garantit le succès d'aucune entreprise humaine, il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de garantie d'une sécurité économique. L'employeur qui vous donne un emploi n'a aucune garantie que son entreprise va rester en activité, que ses clients vont continuer à acheter ses produits ou services. Les clients n'ont aucune garantie qu'ils auront toujours la capacité et l'envie d'échanger avec lui, aucune garantie de ce que leur besoins, choix et revenus seront dans le futur. Si vous vous retirez dans une ferme autonome, vous n'avez aucune garantie vous protégeant des conséquences d'une inondation ou d'un ouragan sur vos terres et vos cultures. Si vous laissez tout aux mains du gouvernement et lui donnez tout pouvoir pour planifier l'économie dans son ensemble, cela ne garantira aucunement votre sécurité économique, mais garantira l'abaissement de la nation entière à un niveau de pauvreté misérable – le résultat pratique que toutes les économies totalitaires, communistes ou fascistes, ont démontré.</p>
<p>Moralement, la promesse d'un impossible "droit" à la stabilité économique est une infâme tentative d'abrogation du concept de droits. Elle ne peut signifier et ne signifie qu'une seule chose : la promesse de réduire en esclavage tous les hommes qui produisent au bénéfice de ceux qui ne travaillent pas. "Si certains hommes ont le droit de bénéficier des fruits du travail des autres, cela signifie que ces autres sont privés de droits et condamnés à travailler en esclaves."* Il ne peut y avoir de droit de réduire en esclavage, i.e. de droit de détruire les droits.</p>
<p>Ayn Rand,<em> "The Ayn Rand Letter" ; </em>*Ayn Rand,<em> "Capitalism: The Unknown Ideal".</em></p></blockquote>
<p>Je vous encourage donc, chers membres du Conseil Représentatif des Associations Noires, à lutter contre l'esclavage aujourd'hui. Il semble désormais admis en France que la traite des noirs était une abomination ; mais que les citoyens sont esclaves de l’État est bien moins compris, et la condition d'esclave prévaudra tant que l'individu sera considéré <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMjMvMTE1NzU3LXN1aXMtamUtbGUtZ2FyZGllbi1kZS1tb24tZnJlcmU=">comme le gardien de son frère plutôt que comme son égal</a>.</p>
<p>Luttons ensemble pour libérer l'homme de ses chaînes. Défendons ensemble les idéaux de liberté. Combattons l'esclavage. Mais avant cela, essayons d'être crédibles. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL2ZhaXRlcy11bi1kb24v"><em>Contrepoints</em> ne reçoit aucune subvention et n'en recevra jamais</a> ; si vous prétendez défendre la liberté, chers amis du CRAN, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5vYnNlcnZhdG9pcmVkZXNzdWJ2ZW50aW9ucy5jb20vMjAxMy9lbnF1ZXRlLXN1ci1sZS1zY2FuZGFsZS1kZXMtc3VidmVudGlvbnMtYXV4LWFzc29jaWF0aW9ucy8=">renoncez-y également</a>. Sinon, vous ne ferez que perpétuer l'esclavage dont vous prétendez défendre la mémoire.</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-124094'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-124094-1'>Bien que la définition donnée semble difficilement contestable, on pourrait en donner une autre : "Individu soumis à un pouvoir arbitraire". La condition d'esclave serait alors autrement plus répandue. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-124094-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Les Présidents et l’art culinaire</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/07/123721-les-presidents-et-lart-culinaire</link>
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		<pubDate>Tue, 07 May 2013 05:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[art culinaire]]></category>
		<category><![CDATA[flamby]]></category>
		<category><![CDATA[flanby]]></category>
		<category><![CDATA[François Hollande]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>

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		<description><![CDATA[Que l’actuel locataire de l’Élysée soit associé au flanby est finalement une façon de rendre hommage à la tradition culinaire française.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Que l’actuel locataire de l’Élysée soit associé au flanby est finalement une façon de rendre hommage à la tradition culinaire française.</strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-123721"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzcyMw==" rel=\"attachment wp-att-123723\"><img class="alignleft  wp-image-123723" title="flanby" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/flanby.jpg?16fe88" alt="" width="296" height="274" /></a>Nous n’avons pas attendu le classement du repas gastronomique français au patrimoine mondial de l’UNESCO pour savoir qu’en France le pouvoir entretien des liens étroits avec la gastronomie. Si l’on peut passer à la postérité en donnant son nom à une loi, à une bataille, à une construction, rien ne vaut de laisser son nom à un plat. Rois et présidents s’en délectent bien sûr ; et en rêvent. Personne n’a encore réussi à battre Henri IV et sa célèbre poule au pot. Louis XI, qui avait le porc-épic pour emblème, n’a guère laissé de recette pour l’accompagner. Louis XIV, célébré de toutes parts, n’a néanmoins pas pu laisser de plat à son nom. Mais son siècle fut fameux en la matière. Le grand prédicateur jésuite Louis Bourdaloue a donné son nom à une tarte aux poires, et Bossuet, figure de l’aigle prédicateur, est associé pour jamais à un fromage, grâce à la ville de Meaux dont il était l’évêque. Louis-Philippe, après eux, fut caricaturé en poire, un fruit si proche du peuple. Napoléon III a popularisé le camembert en mangeant ce fromage à la descente d’une gare normande, même si l’on a du mal à déloger la légende de la réalité.</p>
<p>Au XXe siècle, brille le grand aristocrate Valéry Giscard d’Estaing qui, pour faire peuple, a commandé une soupe à son nom au cuisiner Paul Bocuse. Ce qui aurait pu être une charmante potée auvergnate revisitée, comme l’on disait à l’époque de la nouvelle cuisine, ou une soupe de lentilles du Puy, fut un velouté VGE, c’est-à-dire à la truffe. Le naturel était revenu à l’Élysée. C’était oublier que la truffe est célèbre pour sa poularde demi-deuil, c’est-à-dire lardée de truffes. De fait, le septennat c’est achevé dans le deuil jamais terminé de la défaite humiliante.</p>
<p>Mitterrand avait ses ortolans. Oiseaux interdits de consommation, braconnés et achetés fort chers au marché noir. La morale socialiste semble s’arrêter à la teneur de la table. Chirac fut envié pour la tête de veau. C’était retrouver le plaisir des nourritures canailles, c’était amener le terroir à Paris, et faire croire que l’on était proche de la terre. Sarkozy a voulu rompre avec tout cela. Abstème, il ne boit jamais de vin, alors que la cave de l’Élysée est une des plus belles de France. Sa passion pour les laitages n’était guère propice aux enchantements. Quand le président normal est arrivé, nous sommes revenus à la normalité de la gastronomie élyséenne. De ses goûts culinaires peu de choses ont percé, sauf qu’il a dû s’astreindre à un régime sévère pour se donner l’image d’un président. Les kilos en moins lui ont permis de gagner des voix en plus.</p>
<p>François Hollande est arrivé à l’Élysée auréolé de surnoms gastronomiques de haut vol, attribués à lui-même par ses camarades socialistes. Ce fut d’abord le fruit, avec l’appellation fraise des bois, car, disaient les socialistes, il n’y a pas d’éléphants derrière les fraises des bois. Chacun à son humour. Puis, quand il fallut durcir les attaques, on prit une comparaison plus molle ; vint le tour du flanby. Voilà notre président associé à un dessert enfantin, un flan, écrit avec un n, non un m comme l’exige normalement l’orthographe française. Dans l’association avec le flanby on a retenu la mollesse quand il fallait surtout y voir le hiatus avec la règle.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMDcvMTIzNzIxLWxlcy1wcmVzaWRlbnRzLWV0LWxhcnQtY3VsaW5haXJlL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTIwMTM3ODgtZmxhbmJ5" rel=\"attachment wp-att-123750\"><img class="alignright  wp-image-123750" title="imgscan contrepoints 2013788 Flanby" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/imgscan-contrepoints-2013788-Flanby-813x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="377" /></a>Le flanby a bercé la jeunesse d’une génération désormais en âge de voter. Il y avait la fameuse publicité télévisée, sur le mode de blague potache, où des enfants étaient invités à tirer une languette pour faire tomber le flan dans l’assiette. Les surveillants d’internat se remémorent surement les horribles batailles de flanby que les élèves ne manquaient pas de provoquer quand ceux-ci étaient servis en dessert. Il fallait alors rappeler que l’on ne joue pas avec la nourriture, et que l’on ne dégrade pas les bâtiments, même à coup de flan. Les plus sportifs ont pu s’exercer au concours de gobage de flanby, avec des records impressionnants à la minute. De nombreuses vidéos sont visibles sur Dailymotion. On comprend qu’Arnaud Montebourg ait interdit l’entrée de capitaux américains dans l’entreprise. Là-bas ils ont le concours du plus grand nombre de hamburgers mangés en cinq minutes. Entre le gobage et l’ingurgitation, il y a une concurrence dont nous ne sommes pas certains de sortir vainqueurs.</p>
<p>Pur produit de l’industrie agroalimentaire, aliment flasque et sans saveur, si ce n’est un léger arôme vanillé, le flanby est le produit type du mélange de la publicité, du marketing et de la consommation de masse. Ce faisant, s’il n’apporte aucune gloire sur le plan culinaire, il est bien un témoin de son époque, compagnon idéal d’enfants au palais immature et non éduqué. Le flanby est sucré et mou, il est à la gastronomie ce que la langue de bois est à la politique. Consensuel, il convient à tout le monde puisqu’il n’a pas d’aspérité, sans pour autant susciter l’adhésion. Il n’est pas clivant, comme on dirait en bon style sociologique.</p>
<p>Que l’actuel locataire de l’Élysée soit associé au flanby est finalement une façon de rendre hommage à la tradition culinaire française, et montre que celui-ci répond bien à la culture de son époque, gavée de télévision et de publicité, et ignorante des splendeurs de la table. S’il veut lui faire plaisir pour fêter les un an de son entrée au Château, le cuisiner du palais pourra concocter un dessert à la Hollande : un flanby fourré aux fraises des bois. Ce serait une façon charmante de détourner l’attaque en fierté, et de pouvoir laisser quelque chose de positif à la postérité.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZS1mbGFuYnktdW4tZGVzc2VydC1mcmFuY2Fpcw==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Interview de Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/05/122828-interview-de-alexander-mccobin-fondateur-de-students-for-liberty</link>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 05:45:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Boris Navio</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Alexander McCobin]]></category>
		<category><![CDATA[Students for Liberty]]></category>

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		<description><![CDATA[Contrepoints a rencontré le fondateur de Students for Liberty, l'association qui fait découvrir les idée de liberté sur les campus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Du 8 au 10 mars 2013 s'est tenue la 2ème Conférence Européenne de l'association Students For Liberty à Louvain en Belgique.  Près de 400 jeunes venus de tout le continent s'étaient donné rendez-vous autour des idées de liberté. <em>Contrepoints </em>était sur place pour recueillir les impressions de son président et fondateur, l'Américain Alexander McCobin, forcément heureux devant le succès si rapide de sa branche européenne.</strong><span id="more-122828"></span></p>
<p>En moins de 5 ans McCobin a transformé une petite association universitaire en une véritable entreprise florissante dédiée aux idées de liberté. "A Free Academy, A Free Society", telle est la devise de Students For Liberty. Désormais bien installée dans le paysage américain, SFL est en passe de réussir son pari d'investir les universités européennes et bientôt celles du monde entier en encourageant les étudiants à monter une franchise de l'association dans leur établissement. Grand costaud dans un joli costume, le jeune homme de 26 ans est un éternel enthousiaste qui a su, par son charisme, s'entourer d'une équipe dynamique à l'efficacité redoutable.</p>
<div id="attachment_123559" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L01jQ29iaW4tSGVhZHNob3QtTWVkaWEucG5n"><img class="size-medium wp-image-123559" title="Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/McCobin-Headshot-Media-200x300.png?16fe88" alt="" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Alexander McCobin, fondateur de Students for Liberty</p></div>
<p><strong><em>Contrepoints</em> : Alexander, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre association ?</strong></p>
<p><em>Alexander McCobin</em> : Je suis Alexander McCobin, j’ai 26 ans et je suis le président de « Students For liberty ».</p>
<p><strong>Quelles ont été vos sources d'inspiration pour créer ce mouvement ? Avez-vous pris exemple sur d'autres associations du même type ?</strong></p>
<p>Pas exactement. Cette organisation est avant tout le fruit de ma propre expérience et de celle d'autres étudiants. Nous avons en effet remarqué qu'il manquait fondamentalement une association comme celle-ci. J'ai commencé à être sensibilisé à ces idées le jour où pour mon anniversaire j'ai reçu de mon père <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIyNTE0NDQxNzMvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIyNTE0NDQxNzMmYW1wO2FkaWQ9MUIyTVFBWFI3WDhBOVlBTkdFWFAmYW1wOw==" target=\"_blank\">Atlas Shrugged</a></em> d’Ayn Rand, j’ai eu l’impression que ce livre était une transcription de tout ce que j’avais toujours pensé ! J’ai alors passé le reste du lycée à étudier l’objectivisme et le libéralisme.</p>
<p>Ainsi, lorsque je suis arrivé à l'université, j'étais un libertarien convaincu. Pendant les deux premières années, je n'ai trouvé personne avec qui partager ces idées. Au bout d'un moment je me suis dit : « Alex si tu penses comme ça, c'est que tu es fou ! Tu ferais mieux d'adopter la pensée socialiste, comme tous tes camarades ». Au lieu de ça, j'ai décidé de créer un groupe pour faire mieux connaître ces idées. Dès la première année, plus de 200 membres nous ont rejoints. J'ai alors compris qu'il y avait toujours eu des libertariens sur le campus mais qu’ils ne se connaissaient pas entre eux.</p>
<p>L’année suivante j’ai été pris en stage à Reason Foundation <em>(ndj : think-tank américain majeur, avec lequel travaille Contrepoints)</em>. Ceci m'a permis de rencontrer d'autres groupes libertariens et nous avons commencé à échanger sur nos différentes expériences pour faire émerger les meilleures pratiques.</p>
<p>À partir de là nous avons décidé d'organiser une conférence pour 30 personnes à New York, mais celle-ci a regroupé plus d'une centaine d'étudiants venus de 42 universités de trois pays différents. Nous avons réalisé qu'il existait une véritable demande de la part des étudiants qui souhaitaient obtenir des conseils pour monter leur propre mouvement et le faire prospérer. De là est donc né le mouvement Students For Liberty. Il n'a depuis jamais cessé de grandir.</p>
<p><strong>Est-ce pour vous une activité à temps plein ou avez-vous un métier par ailleurs ?</strong></p>
<p>Pendant les trois premières années, je me suis consacré à cette association en tant que bénévole. Ensuite j’en suis devenu un salarié à temps plein tout en continuant par ailleurs mon doctorat de philosophie à l'université de Georgetown.</p>
<p><strong>D'après vous, en quoi Students For Liberty est-elle différente des autres organisations du même type ?</strong></p>
<p>À vrai dire, lorsque nous avons démarré il n'y avait pas d'autre organisation libertarienne de ce type aux États-Unis, du moins au niveau national, pour nous aider. C'est pourquoi nous avons voulu endosser ce rôle avec Students for Liberty. Les seules associations comparables seraient les Jeunes Démocrates et les Jeunes Républicains, mais celles-ci sont très politiquement liées au Parti Républicain ou au Parti Démocrate. C'est la différence avec nous, puisque notre association se revendique apolitique, destinée uniquement à diffuser des idées économiques et philosophiques. Il n’existe donc pas véritablement d’association comparable, et surtout pas avec une croissance aussi rapide que nous, en cela on peut dire que SFL est à part. En Europe, vous avez des organisations similaires, que nous essayons d’ailleurs d’épauler en leur fournissant des ouvrages gratuits et des sessions de formation. Notre seul et unique but est d'éduquer, de sensibiliser les gens aux idées qui défendent les libertés.</p>
<p><strong>Justement croyez-vous que la politique soit un complément de votre action, ou pensez-vous qu'il ne faut compter que sur la société civile pour faire émerger les idées de liberté ?</strong></p>
<p>Nous pensons que de toute manière on ne peut pas ignorer la politique. Si l'on veut véritablement que la société change, la politique est un passage obligé. Pour changer un système et les règles sur lesquelles il repose, il faut un moment ou à un autre l'intégrer.</p>
<p><strong>Pensez-vous que c'est à vous même de le faire à l'avenir, ou n’êtes-vous ici que pour influencer les partis politiques ?</strong></p>
<p>Ce qui est certain c'est qu'avant de parler d'engagement politique, il faut d'abord avoir conquis le champ des idées, les cœurs et les esprits des citoyens. N'oublions pas que les partis politiques comme les entreprises – les théoriciens du « <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9kdV9DaG9peF9QdWJsaWM=" target=\"_blank\">public choice</a> » nous le rappellent – répondent avant tout à une demande. Si avec Students For Liberty nous arrivons à convaincre de plus en plus de gens que les idées libérales sont les idées d'avenir, alors nous influencerons tous les partis politiques, pas seulement les républicains et/ou démocrates. C'est pourquoi nous cherchons d'abord avant tout à développer des idées, les faire connaître, pour faire émerger une nouvelle génération d'hommes et de femmes aptes à défendre les libertés. Certains d'entre eux feront de la politique, et d'autres non. Et c'est justement une bonne chose : il faut de futurs leaders politiques qui défendront nos idées. Mais il en faut également dans toutes les couches de la société, dans toutes les professions. Ils seront les relais d'opinion du futur.</p>
<p><strong>Quelle est la plus grande réussite de Students for Liberty jusqu'à présent ? De quoi êtes-vous le plus fier ?</strong></p>
<p>Pour être honnête, toute l’association ! Je suis impressionné par la rapidité de son développement. Je le suis à chaque nouvel événement, comme aujourd'hui, à la seconde conférence européenne de SFL.</p>
<p><strong>Que pensez-vous justement de ces trois jours de débats et de conférences ? Êtes-vous satisfait de la manière dont l'événement s'est déroulé ?</strong></p>
<p>Je suis plus que satisfait, cela a dépassé toutes nos attentes ! Il y avait plus de 350 participants qui ont parlé du futur de l'Europe et du reste du monde. Il y a à peine trois ans nous mettions en place la toute première équipe européenne et nous n'étions pas du tout sûrs que le mouvement prendrait. Aujourd'hui, l'organisation grandit encore plus vite en Europe qu'aux États-Unis.</p>
<p><strong>N'est-ce pas parce que l'expérience que vous avez acquise en développant votre mouvement aux États-Unis vous a permis d'aller plus vite en Europe ?</strong></p>
<p>Cela a pu jouer, en effet.</p>
<p><strong>Quels sont les prochains objectifs de votre mouvement ? Visez-vous d'autres continents, comme l’Asie, l’Océanie, etc. ?</strong></p>
<p>Il est clair que notre organisation a pour vocation d'être mondiale, et d'aider les étudiants où qu'ils soient. Nous sommes ainsi en train de monter d'autres équipes à travers le monde, qui sont en train de créer leurs propres programmes locaux, comme au Brésil. Il faut également mentionner le lancement d'un mouvement destiné aux pays hispanophones d'Amérique du Sud.</p>
<p>Nous allons également lancer notre première conférence en Afrique d'ici à la fin 2013, peut-être au Nigeria. En Asie et en Australie, nous en sommes encore à l'étape de la recherche des meilleurs dirigeants possibles pour les futures structures.</p>
<p>Je dois dire que nous ne faisons pas ça uniquement dans le but de nous qualifier d'organisation internationale. Nous voulons vraiment créer les structures adaptées pour répondre aux besoins du plus grand nombre d'étudiants possibles à travers tous les continents. C'est pourquoi d’ailleurs nous sommes venus en Europe. Nous ne sommes pas venus en nous disant « étendons-nous à tout prix, allons conquérir l’Europe ! ». Nous sommes venus parce que nous nous sommes rendu compte qu'il y avait une véritable attente exprimée par les étudiants européens. Je suis très optimiste pour l'avenir dans la mesure où nous recevons des demandes partout à travers le monde pour que nous venions nous y implanter.</p>
<p><strong>Avez-vous entendu parler de mouvements libéraux en France ?</strong></p>
<p>Assez peu, pour être franc. Principalement à travers les antennes locales de SFL. <em>(<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS1wYXJpcy5mci8=" target=\"_blank\">Paris</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuZmFjZWJvb2suY29tL3NmbC5haXgubWFyc2VpbGxl" target=\"_blank\">Aix-Marseille</a> notamment, ndj)</em></p>
<p><strong>Qu’avez-vous à dire aux étudiants français intéressés par votre association ?</strong></p>
<p>Que nous faisons tous partie du même mouvement. Nous avons tous à cœur la défense des libertés ; c'est un combat qui ne connaît pas de frontières. Nous sommes là pour vous aider et espérons que vous allez nous rejoindre !</p>
<p>---</p>
<p>La page Facebook de ESFL: <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuZmFjZWJvb2suY29tL0V1cm9wZVNGTA==" rel=\"nofollow\" target=\"_blank\">http://www.facebook.<wbr>com/EuropeSFL</wbr></a></p>
<p>Pour rejoindre l'antenne la plus proche de chez vous ou pour démarrer la votre, rendez-vous ici: <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0dWRlbnRzZm9ybGliZXJ0eS5vcmcvZXVyb3BlYW4tc3R1ZGVudHMtZm9yLWxpYmVydHkvam9pbi10aGUtZXNmbC1uZXR3b3JrLw==" rel=\"nofollow\" target=\"_blank\">http://<wbr>studentsforliberty.org/<wbr>european-students-for-liberty/<wbr>join-the-esfl-network/</wbr></wbr></wbr></a></p>
<p>---</p>
<p><strong>Propos recueillis par Boris Navio, t</strong><strong>raduction-transcription par PLG.</strong></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=122828" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>La subjectivité chez Frédéric Bastiat</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/04/123434-la-subjectivite-chez-frederic-bastiat</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/05/04/123434-la-subjectivite-chez-frederic-bastiat#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 May 2013 05:10:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick de Casanove</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Bastiat]]></category>
		<category><![CDATA[subjectivité]]></category>

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		<description><![CDATA[Frédéric Bastiat s'est montré un fin analyste de la subjectivité en économie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Frédéric Bastiat s'est montré un fin analyste de la subjectivité en économie.</strong></p>
<p><strong>Par Patrick de Casanove.</strong><span id="more-123434"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDExLzAzL0ZyZWRlcmljLUJhc3RpYXQucG5n"><img class="aligncenter size-full wp-image-15909" title="Frederic Bastiat" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/03/Frederic-Bastiat.png?16fe88" alt="" width="250" height="295" /></a></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jhc3RpYXQub3JnL2ZyL2Nxb3ZlY3FvbnZwLmh0bWw=" target=\"_blank\"><em>Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas </em></a>est une des plus importantes œuvres de Bastiat. On y lit :</p>
<blockquote><p><em>« Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n'engendrent pas seulement un effet, mais une série d'effets. <strong>De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, </strong></em><em><strong>on le voit</strong></em><strong><em>. Les autres ne se déroulent que successivement, </em><em>on ne les voit pas</em><em>; </em></strong><em>heureux si on les </em><em>prévoit</em><em>. »</em></p></blockquote>
<p>Les individus appréhendent différemment la réalité parce que leur perception en est subjective. La perception est relative, l’interprétation est variable, les décisions diverses, les conséquences différentes parce que cela dépend du référentiel de chacun.</p>
<p>C’est flagrant pour la manière dont le politique approche et appréhende une situation. Ainsi un étatiste, qui est tout en constructions artificielles, sera dans le « ce qu’on voit », voire le « ce qu’on veut voir ». Force est de constater que « ce qu’on voit » est toujours lié à l’État ou à la puissance publique. L’erreur spécifique de toute politique économique étatique est qu’elle privilégie les effets visibles : les dépenses publiques appelées à tort investissements, les impôts, taxes et charges dont les produits attendus sont tout aussi artificiels que les taux de croissance prévisionnels ! Un médecin dirait qu’il s’agit d’un délire ! (croyance inébranlable en une perception fausse de la réalité.). La politique publique non seulement néglige les effets invisibles mais elle les nie. Elle appelle ça le « volontarisme ». Elle croit plier le monde réel à sa volonté.</p>
<p>Le marché est l’ensemble des échanges libres et harmonieux entre les hommes. Il s’appuie sur l’initiative individuelle. L’entrepreneur, qui vit dans le réel, doit anticiper les besoins et désirs des consommateurs aussi bien que les effets inattendus des offres nouvelles et des choix libres. Il tient compte de « ce qu’on ne voit pas ». S’il ne les a pas anticipées il doit s’adapter rapidement sous peine de disparaître. Seul le marché est très réactif et adaptatif. L’État ne l’est pas. L’État n’est pas soumis au marché libre mais au <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFyY2glQzMlQTlfcG9saXRpcXVl" target=\"_blank\">marché politique</a>. Il prend ses décisions en fonction de l’intérêt des gens au pouvoir. L’État agit par voie législative et réglementaire. À supposer que cela soit un bon moyen, à supposer que cela soit son rôle, à supposer que la loi prévue pour répondre à une situation donnée soit pertinente, entre le moment où un fait nouveau apparaît, celui où une loi le concernant est votée, celui où les décrets d’applications sont publiés, celui où la loi est appliquée, il s’écoule tant de temps qu’elle n’est plus en rapport avec la situation réelle. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUGxhbl9kZV9yZWxhbmNlI01pbHRvbl9GcmllZG1hbg==" target=\"_blank\">Elle est obsolète avant d’être appliquée</a>. L’économie fonctionne dans un monde de relativité, de mouvement et de changements permanents. La vie remet sans cesse les acquis en question, de là vient le progrès. L’économie dépend de l’Homme. L’attitude de l’être humain dépend de sa subjectivité, de ses référentiels, des circonstances. Elle ne peut être mise en équation. Même avec les logiciels mathématiques les plus robustes. Il ne faut pas oublier la Loi du Chaos. Néanmoins pour Bastiat l’économie politique est une science parce qu’elle repose sur l’observation des faits :</p>
<blockquote><p><em>« L’économie politique  <strong>conduit à renoncer de manière absolue à la découverte de toutes les combinaisons artificielles,</strong> (…). Elle conduit à cela sans effort,<strong> par la seule révélation de cet ordre naturel</strong> qu’elle met en lumière ».</em> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ2hhcmxlc19Db3F1ZWxpbg==" target=\"_blank\">Charles Coquelin</a> <em>Dictionnaire de l’économie politique.</em></p></blockquote>
<p>Et :</p>
<blockquote><p><strong><em>« L’économie politique est une science toute d’observation et d’exposition.</em></strong><em> (…) elle constate que le feu brûle, elle le proclame, elle le prouve, et fait ainsi pour tous les autres phénomènes analogues de l’ordre économique ou moral »</em> Frédéric Bastiat, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2RwLzIwMTI3NTY3MTkvcmVmPWFzX2xpX3NzX3RpbD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjEmYW1wO2NhbXA9MjkxMCZhbXA7Y3JlYXRpdmU9MTk0ODImYW1wO2xpbmtDb2RlPWFzNCZhbXA7Y3JlYXRpdmVBU0lOPTIwMTI3NTY3MTkmYW1wO2FkaWQ9MFozNTA5N1hYSlZUM1YzWjZCWFkmYW1wOw==" target=\"_blank\">Harmonies économiques</a>. </em></p></blockquote>
<p>Donc elle obéit à un certain nombre de lois simples tirées du comportement humain.</p>
<p>Peut-être le premier, Frédéric Bastiat a mis en évidence celle-ci : « La valeur, c'est le rapport de deux services échangés » :</p>
<p>Si l’on considère l’école anglaise, pour <a title=\"David Ricardo\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9EYXZpZF9SaWNhcmRv">Ricardo</a>, pour <a title=\"Adam Smith\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9BZGFtX1NtaXRo">Smith</a>, et pour Locke avant eux, la valeur est liée au travail. Pour les marxistes il en est de même. Or le travail ne fait pas la valeur.  La rareté non plus.</p>
<p><em>« Au point de vue économique, la Société c'est Échange. <strong>La première création de l'échange, c'est la notion de </strong></em><em><strong>valeur</strong></em><em> » Harmonies économiques. De la valeur.</em></p>
<p><em>« Or une analyse complète de la valeur démontre que chaque service </em><em><strong>vaut</strong></em><strong><em> d'abord en raison de son utilité intrinsèque, ensuite en raison de ce qu'il est offert dans un milieu plus riche</em></strong><em>, c'est-à-dire au sein d'une communauté plus disposée à le demander, plus en mesure de le payer. (…) </em><em>L'homme a d'autant plus de chances de prospérer qu'il est dans un milieu plus prospère »</em> <em>Harmonies économiques, Echanges.</em></p>
<p>Pour Bastiat <strong>la valeur est subjective</strong>.</p>
<p><em>« Sa pertinence et son importance ont par la suite été reconnues, notamment par Charles Gide à la fin du XIX° siècle. Plus près de nous Jacques Garello a soutenu qu’en raison de la richesse de sa théorie de la valeur, Bastiat méritait d’être considéré comme un auteur de première importance dans l’histoire de la pensée économique « Si un doute subsistait sur la qualité de son œuvre, écrit-il, la théorie de la valeur de Bastiat démontrerait que non seulement il était un véritable scientifique, un grand économiste, mais davantage encore : que sa théorie  de la valeur surpasse toutes les théories de la valeur proposées à son époque en science économique. Il faudra ensuite attendre Carl Menger pour trouver une vision aussi rigoureuse de ce qui est la valeur d’un bien » (…) il est indéniable que la pensée de Bastiat  s’agissant de la théorie de la valeur trouve écho dans l’école autrichienne. C’est le caractère subjectif de la valeur qui le rend très proche des économistes autrichiens. » </em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Sb2JlcnRfTGVyb3V4Xyhzb2Npb2xvZ3VlKQ==" target=\"_blank\">Robert Leroux</a> <em>Lire Bastiat</em></p>
<p>Comme ceux-ci Bastiat voyait dans l'Économie "La science des échanges".</p>
<p><em>«Les hommes échangent. L'échange, nous l'avons vu, implique la séparation des occupations. Il donne naissance aux professions, aux métiers. Chacun s'attache à vaincre un genre d'obstacles au profit de la Communauté. Chacun se consacre à lui rendre un genre de </em><em>services</em><em>. » </em><em>Harmonies économiques, Échanges.</em></p>
<p><em> « Besoin, effort, satisfaction </em>: voilà l'homme, au point de vue économique. »</p>
<p>Les besoins et les satisfactions sont subjectifs. Ils ne peuvent donc être mesurés ou comparés.</p>
<p><em>« C'est donc l'</em><em>Effort</em><em> qui s'échange, et cela ne peut être autrement, puisque échange implique activité, et que l'Effort seul manifeste notre principe actif. </em><em>(…) Mais nous pouvons nous entraider, travailler les uns pour les autres, nous rendre des </em><em>services</em><em> réciproques, mettre nos facultés, ou ce qui en provient, au </em><em>service</em><em> d'autrui, à charge de revanche. C'est la société. Les causes, les effets, les lois de ces échanges constituent l'économie politique et sociale. Harmonies économiques, Echanges.</em></p>
<p>La valeur est subjective et la seule façon d'appréhender les préférences des individus est à travers leurs comportements sur un marché libre. Le <a title=\"Marché\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9NYXJjaCVDMyVBOQ==">marché</a> est révélateur des préférences individuelles, et régulateur de la société.</p>
<p><em>« George Lane dans sa préface à la réédition des Harmonies économiques écrit. « En plaçant les concepts d’harmonie au centre de ses analyses, Bastiat épouse une vision de la science qui s’accorde avec celle du début du XX° siècle. Il y a eu la loi de Say<strong> </strong>(</em>l'offre crée sa propre demande)<em> </em> <em>mais <strong>il nous faut maintenant considérer aussi « la loi de Bastiat »</strong> celle-ci repousse par avance le keynésianisme, s’articule autour de l’idée que <strong>« les services s’échangent contre des services » </strong></em>Robert Leroux <em>Lire Bastiat</em></p>
<p>La richesse vient des hommes et de l’échange de services. Elle est relative. Cela est nouveau. Pour les tenants du<em> « mercantilisme le développement économique vient de l'enrichissement des nations au moyen d'un commerce extérieur convenablement organisé en vue de dégager un excédent de la balance commerciale. Pour ce faire l'État se trouve investi de la responsabilité de développer la richesse nationale, en adoptant des politiques pertinentes de nature</em><em> </em><em>défensive</em><em> </em><em>(protectionnisme) mais aussi</em><em> </em><em>offensive</em><em> </em><em>(Exportation et Industrialisation).</em><em></em></p>
<p><em>Pour les physiocrates la richesse d'un pays consiste en la richesse de tous ses habitants et non seulement celle de l'État. Cette richesse est formée de tous les biens qui satisfont un besoin et non de métaux précieux qu'il faudrait thésauriser. La richesse doit être produite par le travail.</em></p>
<p><em>Pour les physiocrates, la seule activité réellement productive est l'agriculture. La terre multiplie les biens. L'industrie et le commerce sont considérés comme des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par l'agriculture</em>. » (Wikipédia)</p>
<p>Pour Frédéric Bastiat :</p>
<p><em>« Les services s'échangent contre des services.</em></p>
<p><em>L'équivalence des services résulte de l'échange volontaire et du libre débat qui le précède.</em></p>
<p><em>En d'autres termes, chaque service jeté dans le milieu social vaut autant que tout autre service auquel il fait équilibre, pourvu que toutes les offres et toutes les demandes aient la liberté de se produire, de se comparer, de se discuter.</em></p>
<p><em>On aura beau épiloguer et subtiliser, il est impossible de concevoir l'idée de valeur sans y associer celle de liberté.</em></p>
<p><em>Quand aucune violence, aucune restriction, aucune fraude ne vient altérer l'équivalence des services, on peut dire que la justice règne ».</em> Frédéric Bastiat<em> Services privés, service public.</em></p>
<p>L’équivalence des services n’est pas l’égalité des services. Si les services étaient égaux ils ne s’échangeraient probablement pas. Dans l’échange il y a bien inégalité. Ce sont les efforts qui s’échangent mais l’estimation de l’effort est soumise à la perception de chacun. Pour chaque individu elle est subjective. Malgré cela l'échange volontaire à lieu et il ne peut être que mutuellement avantageux, sans cela il ne se ferait pas. « Alors <strong>même qu'ils ne sont mus que par leur intérêt personnel, les hommes cherchent à se rapprocher, à combiner leurs efforts, à unir leurs forces, à travailler les uns pour les autres, à se rendre des services réciproques, à <em>socier</em> ou s'associer.</strong> Il ne serait pas exact de dire qu'ils agissent ainsi <strong>malgré</strong> l'intérêt personnel ; non, ils agissent ainsi <strong>par</strong> intérêt personnel. <strong>Ils <em>socient</em>, parce qu'ils s'en trouvent bien. S'ils devaient s'en mal trouver, ils ne socieraient pas. »</strong> Bastiat <em>Harmonies économiques, Les deux devises. </em>On touche là toute la complexité du comportement humain que les étatistes, tout dans le « ce qu’on voit », n’arrivent pas à appréhender. C’est étranger à leur mode de penser.</p>
<p>Pour Bastiat « chaque individu bénéficie intrinsèquement de l’échange parce que non seulement chacun évalue différemment les choses échangées, chacun préférant ce qu’il reçoit à ce qu’il donne »<em>. </em>Pour Bastiat non seulement l’échange implique bien deux gains, il y a bien une double inégalité, mais il y a aussi et surtout « plus à échanger » grâce à la division du travail.</p>
<p>« La vraie puissance de l'échange. Ce n'est pas (…) qu'il implique <em>deux gains</em>, parce que chacune des parties contractantes estime plus ce qu'elle reçoit que ce qu'elle donne. Ce n'est pas non plus que chacune d'elle cède du superflu pour acquérir du nécessaire. C'est tout simplement que, lorsqu'un homme dit à un autre: « Ne fait que ceci, je ne ferai que cela, et nous partagerons, » il y a meilleur emploi du travail, des facultés, des agents naturels, des capitaux, et, par conséquent, il y a <em>plus</em> à partager. » Frédéric Bastiat <em>Harmonies économiques. Échanges.</em> « Ne fait que ceci, je ne ferai que cela » c’est la division du travail. Si chaque partie « estime plus » cela traduit bien la subjectivité de l’échange.</p>
<p>Ce point de vue subjectiviste précède l’école autrichienne. Le fait qu’il y ait « plus à échanger » explique la création de richesse grâce au génie humain qui s’épanouit dans le capitalisme qui a permit de sortir l’humanité de la misère. A partir de là on constate que la société libre est première. Parce que la société libre est une société d’échange, d’innovation, de création de richesses, d’offre de services anticipés rendus de manière adaptée et sans gaspillage. On constate qu’au début de l’Humanité la société d’échange libre, soit de liberté économique, était la seule possible. Au départ nous n’avions rien. La liberté économique permet la création, l’innovation à partir de rien et la multiplication des richesses à partir de rien. Tout le monde en tire profit grâce à l’échange.</p>
<p>Par contre l’État ne crée rien. Non seulement il est prédateur de richesses crées par d’autres mais il est un destructeur. Il s’appuie sur de fausses valeurs qui ne sont plus subjectives et liées à l’échange, mais règlementaires et arbitraires liées à la subjectivité des hommes de l’État. L’État vit coupé de la réalité et à partir de là il met en marche un grand « n’importe quoi » des plus néfastes. Nous en subissons chaque jour les conséquences.</p>
<p><em> « Ces transactions libres sont harmoniques, c'est-à-dire si elles tendent à améliorer et à égaliser les conditions, nos efforts doivent se borner à laisser agir la nature et à maintenir les droits de la liberté humaine. » </em>Frédéric Bastiat <em>Harmonies économique. Échanges.</em></p>
<p><em>« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. » </em>Frédéric Bastiat <em>Harmonies économiques. À la jeunesse française.</em></p>
<p>Les comportements humains sont subjectifs, variables et complexes. Ils dépendent des référentiels de chacun. Le but de l’économie politique est de les observer, d’en tenir compte et d’en tirer des lois. Frédéric Bastiat en a tiré celle-ci : l’harmonie économique repose sur l’échange libre, la valeur est relative et dépend du service échangé.</p>
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		<title>Les mains de France : Chartreuse de Valbonne</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 05:10:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Noé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise et management]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[ardèche]]></category>
		<category><![CDATA[les mains de France]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[vins]]></category>

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		<description><![CDATA[La chartreuse de Valbonne se targue de 800 ans d’histoire. Elle en a fait un atout décisif en matière de marketing.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La chartreuse de Valbonne </strong><strong>se targue de 800 ans d’histoire. Elle en a fait un atout décisif en matière de marketing.</strong><strong></strong></p>
<p><strong>Par Jean-Baptiste Noé.</strong><br />
<span id="more-123174"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzE3Ng==" rel=\"attachment wp-att-123176\"><img class="alignleft  wp-image-123176" title="chartreuse-de-Valbonne" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/chartreuse-de-Valbonne.jpg?16fe88" alt="" width="305" height="267" /></a>Les mains ont d’abord taillé les pierres. Puis les mêmes mains ont taillé les vignes. Ce faisant, ces mains ont taillé l’histoire. En Ardèche, dans ce qui est encore les contreforts du Massif Central, la chartreuse de Valbonne se dresse, et avec elle l’ensemble de son héritage. En face d’elle, c’est le Rhône, et encore en face, les Alpilles. Pont Saint-Esprit assure le passage entre ces deux mondes, entre la Provence et l’Ardèche. C’est le sud, ce sont les Côtes du Rhône, avec autant de variétés que le Rhône peut en présenter, lui qui coule des Alpes jusqu’à la Méditerranée. La chartreuse a un air bourguignon, avec son toit de tuiles peintes, façon ville de Beaune et hospices bourguignons. L’histoire raconte que ce sont des moines bourguignons qui ont aidé leurs confrères à construire la toiture en leur faisant un don, à condition qu’ils en confient la construction à des intervenants de Bourgogne. La philanthropie ne se dépareille jamais des affaires.</p>
<p>La chartreuse a été fondée en 1203. La date est facile à retenir, elle figure sur les étiquettes des cuvées. C’est plus de huit cents ans d’histoire que nous pouvons boire. 800 ans, plus que beaucoup de pays dans le monde. Si le goût du vin peut être moderne et adapté aux goûts des consommateurs actuels, la façon de faire, les rites traditionnels s’ancrent dans une très longue histoire. Voilà de quoi mettre en accord les liens entre culture et commerce. Un ami, producteur de vins à Bandol, essaye de percer le marché chinois. Il a compris que pour cela il lui fallait faire l’historique de son appellation, et remonter le plus loin possible, car la transparence historique est un gage de ventes. Les Chinois, visiblement, sont attirés par ce qui est ancien, ce qui peut présenter des origines lointaines. Pour une civilisation plurimillénaire, cela peut se comprendre. Voilà un point sur lequel les Américains ne pourront pas nous concurrencer. Notre patrimoine culturel et historique est un des meilleurs atouts de notre développement économique. On aurait tort de s’en passer ou de l’ignorer. On aurait tort aussi de vouloir copier les autres, non pour s’en inspirer, mais pour faire des produits similaires. La similitude joue forcément en notre défaveur quand les autres savent faire mieux que nous. Vendre notre histoire, ce n’est pas brader nos châteaux ou nos abbayes pour les vendre à la découpe et remonter les pièces détachées au Japon. Ce n’est pas disperser un patrimoine qui part aux quatre vents, et qui disparaît de France. Vendre notre histoire, ce n’est pas non plus nous plonger dans le formol en essayant de conserver telles quelles, sans apporter aucune modification, nos traditions et nos cultures. Comme si nous devions vivre selon la mode XVIIe ou XVIII e siècle. Vendre notre histoire, c’est s’appuyer sur notre culture, sur l’attrait que celle-ci véhicule à travers le monde, pour en faire l’élément performatif de nos produits et de notre économie. Pour la chartreuse de Valbonne, la présence des moines, jusqu’à la Révolution, est un atout décisif en matière de marketing. Comme cela l’est aussi pour le Clos Vougeot.</p>
<p>Nous assistons peut-être à ce que l’on pourrait appeler une relocalisation culturelle et historique. Après avoir voulu bâtir un style international, qui est particulièrement visible dans l’architecture, les entreprises et le monde économique en général semblent comprendre que le business ne se développe pas forcément en hors-sol. L’activité économique est faite par des hommes. Et l’homme est un être de culture. Le patrimoine historique peut devenir un véritable atout, pas simplement folklorique ou touristique, mais comme preuve de la réussite et du développement de l’entreprise. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir se targuer de 800 ans d’histoire, comme la chartreuse de Valbonne, ou même de trois siècles, comme Wendel. Cette relocalisation culturelle est visible dans de nombreux secteurs économiques, comme PPR qui, le 18 juin prochain, s’appellera officiellement Kering. François Pinault a expliqué, lors de la présentation à la presse du changement de nom, qu’il voulait ancrer l’entreprise dans ses racines bretonnes, le fameux ker. Certes il y a le jeu de mots, en anglais, entre kering et care, mais il y a aussi la Bretagne, qui ainsi peut faire flotter sa culture à travers les rues huppées de la mode et du monde. L’appellation d’origine protégée devient une nouvelle valeur d’entreprise. L’affirmation de son identité n’est plus ni obsolète ni dérisoire, mais peut faire office de point fort. Comme dans un vin, comme ceux des Côtes du Rhône par exemple, on peut chercher la profondeur, le velouté du corps, la tenue en bouche, qu’indique sa densité culturelle et historique. C’est, appliquée à l’économie, le concept d’indigénisation défendu par Samuel Huntington. Cette réappropriation de sa culture, ce refus de se fondre dans une masse uniforme et équivalente, à travers le monde. Cela n’empêche pas de penser global, comme on doit dire dans le jargon ésotérique de l’entreprise, cela n’empêche pas d’avoir une vision mondiale, au contraire. Pour penser global, il faut penser différemment, c’est-à-dire être capable de se différencier des autres. La culture est le meilleur atout de la différenciation. Ce phénomène est-il passager ? Va-t-il être un des éléments moteurs des tendances économiques du futur ? L’histoire nous l’apprendra ; l’histoire qui en sera peut-être le moteur. Les mains, attachées à la tête, en sont toujours le principe.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5qYm5vZS5mci9MZXMtbWFpbnMtZGUtRnJhbmNlLUNoYXJ0cmV1c2UtZGU=">Sur le web</a>.</p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
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		<title>L&#039;inspiration religieuse de Margaret Thatcher</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 05:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel Furfari</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[protestantisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher était libérale mais aussi habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, qui l'a inspirée.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Margaret Thatcher était libérale mais aussi habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, qui l'a inspirée.</strong></p>
<p><strong>Par Samuel Furfari, depuis la Belgique.</strong><span id="more-122843"></span><br />
<em>Un article de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9GdXJmYXJpLVRoYXRjaGVyJmFtcDt1dG1fc291cmNlPWZlZWRseQ==" target=\"_blank\">Institut Turgot</a>.</em></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEzLzA0L1RoYXRjaGVyXzE2NzA4MDdjLmpwZw=="><img class="alignleft size-medium wp-image-121017" title="Margaret Thatcher" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher_1670807c-300x187.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="187" /></a>Les nombreuses évocations de la carrière de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==" target=\"_blank\">Margaret Thatcher</a> mettent l’accent sur l’aspect économique, la guerre des Falklands, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjUvMTIyNjM0LXRoYXRjaGVyLWV0LWxhLWdyZXZlLWRlcy1taW5ldXJzLXJlbWV0dHJlLWxoaXN0b2lyZS1hdS1jZW50cmU=">la grève des mineurs</a> et son opposition à une certaine forme d’Europe, voire son féminisme.</p>
<p>Elle était connue pour être intensément libérale mais on ignore trop qu’elle était habitée par une profonde spiritualité, une foi biblique, sans doute la source d’inspiration d’un grand nombre de ses actions politiques.</p>
<div>
<p>À l’instar de presque tous les Premiers ministres britanniques, elle a affirmé sa croyance en Dieu ; tout au long de sa carrière, elle a constamment fait référence à l’importance du christianisme, tant dans un contexte social que personnel.</p>
<p>Cette foi lui vient de son père. À force de l’entendre répéter, nous savons tous qu’il était épicier et un éminent politicien local, mais qui sait que c’était un prédicateur méthodiste laïc populaire (ce qu’ici on appellerait un pasteur évangélique) ? Lors de son entrée en fonction comme Premier ministre, tandis qu’elle se tenait sur les marches du 10 Downing Street, elle s’est tournée vers les caméras et a déclaré : "<em>Je dois presque tout à mon père</em>." Chrétien engagé, celui-ci, loin de s’enfermer dans sa sphère religieuse, s’est montré un homme "<em>dans le monde</em>" avec même un certain libéralisme doctrinal.</p>
<p>En droite ligne du protestantisme, <ins>le père et la fille avaient la conviction profonde que le but de la vie n’était pas le plaisir, mais le travail pour le bien commun.</ins> Enfant, Margaret Thatcher faisait partie des scouts méthodistes et fréquentait "<em>l’école du dimanche</em>" où les enfants apprennent les histoires bibliques pendant que les parents assistent au culte. Pendant ses études à Oxford, elle a participé aux études bibliques des étudiants, ce qui lui fait dire plus tard que "l<em>a religion était importante dans ma vie à Oxford</em>". Ceci explique aussi pourquoi sa carrière politique est jonchée de discours, d’interviews et de déclarations qui font référence à l’enseignement de Jésus et de l’Ancien Testament.</p>
<p>Cela ne signifie pas pour autant qu’elle mélangeait politique et religion. Son principe était précisément l’enseignement du Christ qui a dit : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu." <ins>Elle a d’ailleurs reproché aux Églises leur immixtion dans la politique, arguant qu’elles devaient plutôt se préoccuper de la rédemption spirituelle plutôt que de réformes sociales</ins>. Le rôle de l’Église est de prêcher l’Évangile du Christ et d’apporter réconfort et conseil aux hommes et femmes dans les diverses épreuves de la vie.</p>
<p>En véritable laïque et chrétienne, elle a su appliquer le principe fondamental du christianisme, hélas historiquement si peu suivi par les Églises. Dans son discours à l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse en 1988, elle déclare :</p>
<blockquote><p>Je repense aux discussions de mon enfance lorsque nous étions tous d’accord que si on tente de prendre les fruits du christianisme sans ses racines, ceux-ci se flétriront.</p></blockquote>
<p><ins>Elle croyait que la force d’une personnalité provient de l’intérieur et qu’une religion doit toujours être enracinée dans l’intériorité spirituelle.</ins></p>
<p><ins>Son action politique se base sur la "parabole des talents", qui enseigne que la volonté de Dieu pour l’humanité est d’être économiquement efficace</ins>, le Christ s’attendant à plus de la part du plus compétent, mais aussi à la mobilisation de celui qui peut moins, le devoir de l’individu étant de tirer le meilleur parti de ce que Dieu lui donne.</p>
<p>Margaret Thatcher a aussi fait sien l’avertissement de St-Paul aux Thessaloniciens (3:10) que<em> "si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus</em>".</p>
<p><ins>Elle était convaincue que la création de la richesse n’était pas mauvaise en soi, tandis que l’amour de l’argent était mauvais</ins>. Un article intitulé "<em>César reparle</em>" paru dans "<em>The Economist</em>" la fustige en spécifiant que, pendant 20 siècles, les dirigeants mondiaux ont utilisé la Bible pour justifier la guerre, la torture, la chasse aux sorcières, le marxisme, les impôts et l’abstinence pour passer maintenant en faveur du gain d’argent. Thatcher a évoqué le bon Samaritain en disant que "<em>personne ne se souviendrait de lui s’il avait eu de bonnes intentions, mais la bourse vide</em>".</p>
<p>En complément à cette responsabilité personnelle dans l’économie de la société, <ins>Thatcher croyait dur comme fer que la création de richesses allait de pair avec le service envers les autres et envers Dieu à travers la philanthropie</ins> – l’amour du prochain – car, ajoute-t-elle, "<em>nous sommes tous membres les uns des autres</em>", reprenant ainsi la doctrine chrétienne de l’Eglise en tant que Corps du Christ. <ins>Dans la lutte contre la pauvreté, ce service à autrui est le devoir de l’individu et non de l’État dont l’intervention devrait rester minimale.</ins> Donner à l’instar du Christ, car pour Thatcher la crucifixion était "<em>l’acte suprême d’un choix</em>" puisque "<em>personne n’a ôté la vie de Jésus, il a choisi de la donner</em>".</p>
<p>On a beaucoup critiqué son manque de solidarité mais ce n’est pas lui rendre justice. <ins>Thatcher croyait en la justice sociale mais celle induite par la responsabilité personnelle et non déléguée à l’État</ins>. Citant de nouveau l’Évangile, elle rappelle que lorsque Jésus dit à ses disciples "<em>Vous avez toujours les pauvres avec vous</em>", elle précise qu’il s’agit d’un extrait de l’Ancien Testament (Deutéronome 15:11) : "<em>C’est pourquoi je te donne ce commandement : Tu ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et à l’indigent dans ton pays."</em></p>
<p><ins>Non, la dame de fer n’avait pas un cœur de fer</ins>. Puisqu’elle croyait que pour redonner du cœur à nos villes, nous devons redonner espoir à la population, que notre société a grandement besoin d’altruisme, elle était convaincue que l’enseignement chrétien avait sa place dans les programmes scolaires car <em>:</em></p>
<blockquote><p>Nous sommes une nation dont les idéaux sont fondés sur la Bible et il est tout à fait impossible de comprendre notre histoire ou la littérature sans saisir ce fait, et très concrètement il faut veiller à ce que les enfants en classe reçoivent une formation adéquate de la tradition judéo-chrétienne qui a forgé nos lois, nos mœurs et nos institutions. Comment pouvons-nous donner un sens à Shakespeare, sans une telle connaissance fondamentale ?</p></blockquote>
<p>Au moment où l’enseignement de la religion chrétienne est remis en cause en Belgique, il est bon de se rappeler que si les idées de Thatcher défendant l’engagement personnel, la liberté et l’altruisme – idées qui ont reformé le Royaume-Uni et l’Europe – sont si populaires dans le monde, c’est parce qu’elle a été instruite selon la tradition judéo-chrétienne.</p>
<p>La dame de fer était très ferme dans ses convictions sur Dieu et la morale. C’est pourquoi elle était intransigeante en suivant le principe du Christ "<em>que votre oui soit oui et que votre non soit non</em>". Pour elle, l’enseignement de la foi était la pierre angulaire et immuable dans la fondation d’un état libre. Nos politiciens seraient bien inspirés de suivre l’exemple de cette grande dame.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2cudHVyZ290Lm9yZy9pbmRleC5waHA/cG9zdC9GdXJmYXJpLVRoYXRjaGVyJmFtcDt1dG1fc291cmNlPWZlZWRseQ==" target=\"_blank\">Sur le web</a>.</p>
<p>Samuel Furfari est Maître de conférences à l’ULB, Président de l’Association des églises protestantes évangéliques de Belgique. L’auteur s’exprime à titre privé.</p>
</div>
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		<title>Thatcher et la grève des mineurs : remettre l&#039;histoire au centre</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 05:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel Furfari</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Arthur Scargill]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[mines de charbon]]></category>
		<category><![CDATA[syndicats]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi Thatcher voulait-elle fermer les mines de charbon de son pays ? Certainement pas dans le but de mater les syndicats !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pourquoi Thatcher voulait-elle fermer les mines de charbon de son pays ? Certainement pas dans le but de mater les syndicats ! Mais tout simplement pour des raisons économiques et géologiques.</strong><br />
<span id="more-122634"></span><br />
<strong>Par Samuel Furfari.</strong></p>
<div id="attachment_121665" class="wp-caption aligncenter" style="width: 378px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTYvMTIxNjY0LWxlcy1taW5lcy1kZS1jaGFyYm9uLWNldGFpdC1iaWVuLWxlcy1jZW50cmFsZXMtYS1jaGFyYm9uLWNlc3QtbWFsLXBhcmRvbi9sb2FkaW5nLWNvYWw=" rel=\"attachment wp-att-121665\"><img class=" wp-image-121665 " title="Loading-Coal" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Loading-Coal.jpg?16fe88" alt="" width="368" height="290" /></a><p class="wp-caption-text">Est-ce qu'ils voulaient réellement que leurs petits-fils les suivent ?</p></div>
<p>Le décès de Margaret Thatcher a suscité une forte réaction populaire même si toutes les voix ne se sont pas exprimées. Comme souvent, ceux qui crient le plus fort ne sont que minoritaires. Margaret Thatcher a souvent été critiquée pour ses initiatives, entre autres celle concernant sa gestion de la grève des mineurs de 1984-1985. Puisqu'il s'agissait de houilleurs et que le charbon a figuré dans mon domaine d'activités professionnelles, peut-être qu’un témoignage personnel sur cet événement majeur dans l'évolution de l'économie européenne apportera un peu de clarté à ces critiques qui ne connaissent pas nécessairement le dossier.</p>
<p>Comme dans tous les pays de l'UE, une grande partie des charbonnages britanniques étaient fortement déficitaires lors de l’arrivée au pouvoir de Thatcher : les mines du Limbourg néerlandais avaient déjà toutes fermé, tout comme celles de la Wallonie hormis celle du charbonnage Ste Catherine du Roton à Farciennes (Charleroi) qui leur a emboîté le pas en septembre 1984. La page d'histoire glorieuse des houilleurs wallons (et italiens… dont mon père) était définitivement tournée. Sans grève et sans heurts.</p>
<p>Au Royaume-Uni, cela s'est déroulé dans un mémorable bras de fer avec le tout puissant syndicat des mineurs, la National Union Mineworkers (NUM). Son leader Arthur Scargill, surnommé Arthur le Rouge, était tout aussi puissant. À l'époque, je travaillais dans le domaine de la politique charbonnière et mon directeur était chargé personnellement du dossier de cette mémorable grève. J’ai pu ainsi, bien que n'étant pas directement impliqué, suivre de très près l'évolution du dossier.</p>
<p>Pourquoi M. Thatcher voulait-elle réformer les houillères de son pays ? Certainement pas dans le but de mater les syndicats ! C'était tout simplement pour suivre l’exemple des Belges, des Français avec Charbonnages de France, des Allemands dans la Sarre et ensuite dans la Ruhr. La raison en était géologique. Les mines de charbon européennes avaient un sens aussi longtemps que les pays étaient ceints par des frontières économiques. Dès l’ouverture de l’économie, il devint clair que le coût du transport était devenu dérisoire par rapport à celui du produit transporté et que la géologie européenne conditionnait négativement la production charbonnière de l'UE.</p>
<p>En vertu de l'article 55 du Traité CECA (dont je m'occupais à l'époque), l'UE avait pourtant accompli d'énormes efforts en matière de sécurité et de productivité des houillères européennes. Après le traumatisme de la catastrophe de Marcinelle de 1956 et grâce à la recherche financée par la CECA, le nombre d'accidents avait fortement chuté et la mécanisation des mines était d'avant-garde. Mais la géologie, elle, n’avait pas changé : les veines de charbon étaient peu épaisses (même si les britanniques étaient meilleures), et le sous-sol fortement faillé ne permettaient pas aux mineurs européens de survivre face à la concurrence du charbon international, et ce malgré les progrès accomplis. Le charbon australien qui avait traversé une partie de l'océan Pacifique, tout l'océan Indien et remonté tout l'Atlantique arrivait au port d'Anvers et coûtait moins cher que celui qui se produisait chez nous. Les décisions adoptées étaient donc justifiées et l'histoire nous a donné amplement raison puisque les houillères belges et la majorité de celles des autres États membres sont fermées à tout jamais.</p>
<p>Pour défendre l'emploi des mineurs, Arthur le Rouge n'a rien voulu entendre et s'est opposé à l'indispensable restructuration des charbonnages nationalisés pensant même que « les pertes peuvent être illimitées » et qu'un puits ne se ferme que quand il est vide. Il fit même appel à Kadhafi pour lui demander de l’argent pour financer sa grève. Il pensait répéter l'exploit du NUM qui, en 1974, avait fait chuter le gouvernement conservateur d'Edward Heath. Mais cette fois, il avait à faire à plus déterminé que lui. C’est d’ailleurs ce refus inébranlable de céder à la grève qui valut à la Dame de fer son surnom. Elle obtint victoire le 3 mars 1985, presque une année après le début de la grève. Ce fut un bras de fer avec le syndicat dont les instances dirigeantes, et non la base, avaient pris la décision. Elle fit le nécessaire pour renverser cet ordre, et ce fut finalement la base qui choisit d’accepter la restructuration des charbonnages. Fidèle à ses convictions politiques, Arthur Scargill forma le Parti socialiste du travail en 1996, en réaction contre Tony Blair qu'il accusait d'abandonner l'engagement socialiste.</p>
<p>La victoire de Thatcher a marqué un tournant dans la mentalité britannique et ailleurs. Aujourd'hui, il est communément admis qu'il n'est ni acceptable, ni rationnel, ni éthiquement correct que les citoyens payent des taxes pour maintenir des industries déficitaires en survie artificielle. Ce bras de fer entre la Dame de fer et Arthur le Rouge a effectivement résulté en une forte diminution des impôts au Royaume Uni et a donné un nouveau souffle à un pays alors en plein marasme économique.</p>
<p>Le combat était d'autant plus d'arrière-garde qu'au même moment l'aubaine des hydrocarbures de la mer du Nord venait assurer le remplacement des centrales électriques fonctionnant au charbon cher et polluant par du gaz naturel propre et bon marché. Ce fut un boom pour l'économie. Étrangement, ceux qui jugent sévèrement Margaret Thatcher feignent d'ignorer ou ignorent que c'est à elle qu’on doit la forte chute de pollution au Royaume-Uni. À l'époque un fameux fabriquant d'engrais annonçait dans sa publicité que son produit contenait du soufre, élément indispensable pour la croissance des plantes, que malheureusement (!) les fumées des centrales au charbon ne crachaient plus. Certaines mines rentables sont encore en exploitation au Royaume Uni.</p>
<p>Farouchement convaincue de la nécessité de cesser de ponctionner les Britanniques pour financer une industrie qui, malgré toute sa bonne volonté, produisait un charbon trop cher, elle alla même jusqu'à utiliser l'argument de la peur du changement climatique. En effet, Margaret a été l’une des premières politiques européennes à accorder de la crédibilité à cette théorie. Plus tard, elle s'est ravisée et a reconnu son erreur. Personne n'est parfait…</p>
<p>---<br />
Samuel Furfari est Maître de conférences à l'ULB. L'auteur s'exprime à titre personnel.</p>
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		<item>
		<title>Qu’est-ce que la méthodologie économique ?</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/25/122622-quest-ce-que-la-methodologie-economique</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 04:50:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire de l'économie]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[École autrichienne]]></category>
		<category><![CDATA[économie mathématique]]></category>
		<category><![CDATA[épistémologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le dernier ouvrage de Benoît Malbranque présente de façon concise et abordable la méthodologie économique. Un livre dense, bien écrit et érudit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le dernier ouvrage de Benoît Malbranque présente de façon concise et abordable la méthodologie économique. Un livre dense, bien écrit et érudit.</strong></p>
<p><strong>Par Pierre François.</strong><br />
<span id="more-122622"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMjYyNA==" rel=\"attachment wp-att-122624\"><img class="alignleft  wp-image-122624" title="Benoit-Malbranque-Introduction-à-la-méthodologie-économique" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Benoit-Malbranque-Introduction-à-la-méthodologie-économique.jpg?16fe88" alt="" width="202" height="286" /></a>Quel rôle l’étude de l’histoire joue-t-elle dans le progrès des connaissances économiques ? Quelle relation les jugements de valeur doivent-ils entretenir avec les énoncés scientifiques ? Qu’est-ce qu’une théorie économique et comment en évaluer la validité ? Quelle doit être la place des mathématiques dans la recherche en économie ?</p>
<p>Toutes ces questions relèvent de la <em>méthodologie économique</em>, une branche de la science économique souvent négligée en France par les étudiants, voire par les économistes eux-mêmes. Et pour cause : il n’existait jusqu’à présent aucun ouvrage en français présentant de manière synthétique, et dans un langage clair, cette discipline.</p>
<p>La parution d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8xMi9iZW5vaXQtbWFsYnJhbnF1ZS1pbnRyb2R1Y3Rpb24tYS1sYS1tZXRob2RvbG9naWUtZWNvbm9taXF1ZS0yMDEzLw=="><em>Introduction à la méthodologie économique</em></a>, le dernier ouvrage de Benoît Malbranque, vient récemment de pallier ce manque. L’auteur, chercheur à l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmc=">Institut Coppet</a>, expose dans cet ouvrage l’histoire des idées en méthodologie économique et présente les débats contemporains qui agitent cette discipline.</p>
<p>Le livre est composé de six chapitres. Les trois premiers sont historiques. Ils décrivent l’évolution de la pensée méthodologique en économie depuis les premières réflexions sur ce sujet à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle. Les trois derniers sont davantage argumentatifs. Ils traitent de la place des mathématiques, du rôle des statistiques et de l’histoire, de la relation entre les énoncés de théorie économique et les jugements de valeur.</p>
<p>Les premières réflexions sur la méthodologie économique apparaissent à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle, et sont l’œuvre d’économistes classiques français : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5dGllbm5lX0Jvbm5vdF9kZV9Db25kaWxsYWM=">Condillac</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRGVzdHV0dF9kZV9UcmFjeQ==">Destutt de Tracy</a>, et surtout <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSmVhbi1CYXB0aXN0ZV9TYXk=">Jean-Baptiste Say</a> (chapitre 1). Dans son <em>Traité d’Économie Politique</em> de 1803, Say pose les fondements de la méthodologie économique déductiviste et axiomatique. Selon lui, l’économiste doit partir de « principes généraux incontestables », puis procéder par déductions, afin de parvenir à la découverte de lois économiques.</p>
<p>Cette conception est ensuite développée et précisée en Angleterre au XIX<sup>e</sup> siècle, par des économistes comme Nassau Senior et John Cairnes. Le raisonnement économique, selon Cairnes, doit être bâti sur des faits ultimes, « dont l’existence et le caractère sont aisément vérifiables, qui sont d’une importance primordiale au regard des questions de la production et de la distribution des richesses, et qui offrent ainsi une base stable à partir de laquelle il est possible de déduire les lois guidant ces phénomènes » ( J. Cairnes, cité et traduit par B. Malbranque). C’est la publication de <em>The Scope and Method of political economy</em>, un ouvrage de John Neville Keynes, qui parachève en 1891 l’évolution de cette tradition méthodologique.</p>
<p>À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, l’orthodoxie méthodologique déductiviste est menacée par la montée en puissance de l’école historique allemande (chapitre 2). Les économistes de l’école historique allemande remettent en cause l’universalité des lois économiques. Ils prétendent qu’ « aucune politique économique n’est valable de manière universelle et intemporelle ; au contraire, elle dépend de l’état d’avancement et des conditions historiques de chaque économie nationale. » Ce sont les économistes de<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5Y29sZV9hdXRyaWNoaWVubmU="> l’école autrichienne</a>, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ2FybF9NZW5nZXI=">Carl Menger</a> en tête, qui défendent l’orthodoxie classique face à l’école historique allemande. Cet affrontement intellectuel est connu sous le nom de « bataille des méthodes » (<em>Methodenstreit</em>).</p>
<p>L’approche méthodologique qui enlève l’adhésion des économistes après la Seconde Guerre mondiale n’est toutefois ni le déductivisme, ni l’historicisme, mais le  « falsificationnisme popperien » (chapitre 3). « Le falsificationnisme soutient qu’une théorie économique, pour être scientifique, doit pouvoir être testée à des fins d’information ultérieure. En somme, l’économiste doit produire des théories qui pourront être invalidées par les faits. », explique l’auteur.</p>
<p>Au chapitre 4, Benoît Malbranque aborde l’épineuse question de la relation entre la science économique et les mathématiques, à travers la présentation, entre autres, des œuvres d’Augustin Cournot et de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTCVDMyVBOW9uX1dhbHJhcw==">Léon Walras</a>. B. Malbranque défend dans ce chapitre la conception méthodologique de l’école autrichienne, selon laquelle l’usage des mathématiques est inapproprié en économie. La modélisation mathématique, nous dit-il, n’est féconde qu’à condition qu’il existe une régularité dans les faits économiques. Or, « l’environnement économique que l’économiste veut exprimer ne peut pas être exprimé en termes de constantes ». La modélisation mathématique a, en outre, des conséquences néfastes. Elle pousse les économistes à entretenir une croyance erronée « en l’existence d’un équilibre général », et à « faire abstraction des choix humains et de la capacité qu’ont les individus à prendre des risques. »</p>
<p>Benoît Malbranque n’est guère plus indulgent avec la pratique visant à utiliser l’économétrie et l’histoire économique pour tester la validité des théories (chapitre 5). Selon lui, l’histoire économique ne peut qu’illustrer une théorie, elle ne peut pas l’infirmer ou en prouver la véracité. Quant à l’économétrie, elle peut, au mieux, établir l’existence d’une corrélation entre deux phénomènes, mais elle ne peut pas prouver l’existence d’une relation causale, et encore moins fournir des prédictions fiables. L’étude des données empiriques ne permet pas de trancher entre deux théories concurrentes, comme c’est le cas dans les sciences de la nature. L’étude des faits, en somme, ne permet pas d’apporter de « connaissances véritables ».</p>
<p>La présentation que l’auteur fait de l’économétrie ne rend toutefois pas entièrement justice à cette discipline. D’une part, les chercheurs en économétrie ont dépensé beaucoup d’énergie à développer des méthodes permettant d’isoler empiriquement des relations causales entre les phénomènes économiques (méthode des variables instrumentales et expériences randomisées en microéconométrie, causalité à la Granger en économétrie des séries temporelles). D’autre part, l’économétrie permet la quantification, et en cela, elle est complémentaire de la théorie. C’est une chose de dire, par exemple, que la croissance économique prend sa source dans l’accumulation du capital par tête et dans l’augmentation de la productivité totale des facteurs, mais c’en est une autre de quantifier l’importance respective de ces deux variables.</p>
<p>Au chapitre 6, « Science et recommandation », l’auteur défend la pertinence de la distinction entre les énoncés « de fait » (<em>ce qui est</em>), et  les énoncés « de valeur » (<em>ce qui devrait être</em>). En partant de cette distinction, l’auteur soutient que les économistes ne devraient se préoccuper que de l’étude de <em>ce qui est</em>, et non de l’étude de <em>ce qui devrait être, </em>car les jugements de valeur relèvent de la philosophie, et non de la science : « l’économiste peut et doit considérer les mesures économiques hors de tout jugement moral ».</p>
<p>Il faut toutefois souligner que la recommandation de Benoît Malbranque ne s’applique qu’aux jugements de valeur politiques et moraux. Elle ne s’applique pas aux jugements de valeur <em>épistémiques. </em>En effet, affirmer, comme le fait l’auteur, que « les chercheurs <em>devraient</em> poursuivre objectivement la vérité » revient à énoncer un jugement de valeur épistémique [<sup class='footnote'><a href='#fn-122622-1' id='fnref-122622-1' onclick='return fdfootnote_show(122622)'>1</a></sup>].</p>
<p>Outre le fait qu’il soit, en France, le seul ouvrage sur le marché à présenter de façon concise et abordable la méthodologie économique, <em>Introduction à la méthodologie économique</em> a bien d’autres qualités. C’est un livre dense, bien écrit et érudit (le nombre de notes en fin d’ouvrage en témoigne). Par ailleurs, toutes les affirmations sont étayées par des arguments et des références à la littérature économique (qu’elle soit en français, en anglais, ou en allemand). Autant de bonnes raisons de se procurer cet ouvrage.</p>
<p><strong>• Benoit Malbranque, Introduction à la méthodologie économique (2013)</strong>, à télécharger gratuitement <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbnN0aXR1dGNvcHBldC5vcmcvMjAxMy8wMy8xMi9iZW5vaXQtbWFsYnJhbnF1ZS1pbnRyb2R1Y3Rpb24tYS1sYS1tZXRob2RvbG9naWUtZWNvbm9taXF1ZS0yMDEzLw==">sur le site de l'Institut Coppet</a>.</p>
<p>---<br />
Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-122622'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-122622-1'>Sur cet argument, voir Hilary Putnam, « For Ethics and economics without the dichotomies », <em>Review of Political Economy</em>, Vol. 15, No. 3, 2003. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122622-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
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		<title>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, trente ans plus tard</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 05:51:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Lemieux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pierre Lemieux revient sur son ouvrage publié il y a trente ans, devenu un classique pour les libertariens francophones. Il nous propose une analyse critique de l’anarcho-capitalisme et un regard rétrospectif sur l’évolution des libertés dans nos social-démocraties.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pierre Lemieux revient sur son ouvrage publié il y a trente ans, devenu un classique pour les libertariens francophones. Il nous propose une analyse critique de l’anarcho-capitalisme et un regard rétrospectif sur l’évolution des libertés dans nos social-démocraties.</strong><br />
<span id="more-122505"></span><br />
<strong>Par Pierre Lemieux.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjQvMTIyNTA1LWR1LWxpYmVyYWxpc21lLWEtbGFuYXJjaG8tY2FwaXRhbGlzbWUtdHJlbnRlLWFucy1wbHVzLXRhcmQvZHUtbGliZXJhbGlzbWUtbGVtaWV1eA==" rel=\"attachment wp-att-122508\"><img class="alignleft size-full wp-image-122508" title="Du liberalisme Lemieux" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Du-liberalisme-Lemieux.jpg?16fe88" alt="" width="177" height="258" /></a>Il y a déjà trente ans cette année que paraissait mon <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2NsYXNzaXF1ZXMudXFhYy5jYS9jb250ZW1wb3JhaW5zL2xlbWlldXhfcGllcnJlL2R1X2xpYmVyYWxpc21lX2FfYW5hcmNob19jYXBpdGFsaXNtZS9kdV9saWJlcmFsaXNtZV9hbmFyY2hvLnBkZg=="><em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em></a> dans la collection « Libre Échange » dirigée aux Presses Universitaires de France par <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRmxvcmluX0FmdGFsaW9u">Florin Aftalion</a> et Georges Gallais-Hamonno. On a fait beaucoup de chemin depuis et on peut se demander ce qu’il faut retenir de ce livre, un des tout premiers à présenter l’anarcho-capitalisme en français. Le grand précurseur avait évidemment été <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR3VzdGF2ZV9kZV9Nb2xpbmFyaQ==">Gustave de Molinari</a> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-1' id='fnref-122505-1' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>1</a></sup>]. Henri Arvon m’a battu de quelques mois avec <em>Les libertariens américains</em>, publié dans la même collection que <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSGVucmlfTGVwYWdl">Henri Lepage </a>avait déjà consacré quelques pages à l’anarcho-capitalisme dans <em>Demain le capitalisme</em> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-2' id='fnref-122505-2' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>2</a></sup>].</p>
<p>La principale thèse de mon livre de 1983 est résumée dans sa conclusion : « le rôle de l’État est de protéger l’anarchie ».</p>
<p>État ou anarchie ? Le livre joue sur les deux tableaux, et pour cause. L’anarchie est l’idéal. On peut démontrer que, dans l’économie, l’anarchie fonctionne, au sens où elle coordonne efficacement les actions individuelles. La démonstration exige une compréhension minimum de la science économique, ce pourquoi les anciens anarchistes, qui n’y comprenaient rien, furent incapables d’expliquer comment les individus peuvent vivre en société tout en faisant chacun ce qu’il lui plaît. Les marchés jouent précisément ce rôle de coordination tout en maximisant les possibilités de consommation. Unissant l’idéal de l’anarchie et la compréhension de l’économie, les anarcho-capitalistes ont fait cette découverte capitale que l’anarchie fonctionne. Même poussée à sa limite, disais-je, « la liberté engendre un ordre efficace ». La question est de savoir jusqu’où.</p>
<p>Contrairement au marché et aux autres interactions libres des individus, l’État est fondé sur la force, la contrainte, la violence. L’État donne des ordres et impose à certains les préférences d’autres individus. La souveraineté réclamée par l’État démocratique est absurde puisque fondée sur un territoire arbitraire. Et l’histoire démontre à l’envie les dangers de la tyrannie, démocratique ou non. L’État est toujours susceptible verser dans la tyrannie. En vérité, comme celle-ci est une question de degré, l’État est toujours plus ou moins tyrannique. Mais le « plus ou moins » a son importance.</p>
<p>La question est de savoir si l’idéal de l’anarchie pure est atteignable, jusqu’où peut aller l’anarchie. En écrivant ce livre il y a trois décennies, je m’étais demandé s’il y aurait un aller-retour dans ma démarche et peut-être même dans le titre de l’ouvrage : « Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, aller-retour » ? Doit-on revenir au libéralisme après avoir exploré l’anarcho-capitalisme, ou est-ce qu’on reste à destination ? J’avais finalement rejeté le projet de construire le livre sur un aller-retour, mais l’idée est demeurée en sourdine. Elle est visible dans le texte.</p>
<p>J’en suis un peu plus certain maintenant : il faut revenir au libéralisme ou quelque part à mi-chemin parce que l’idéal anarchiste ne semble pas réalisable. La théorie et l’histoire suggèrent qu’une société anarchique représente un équilibre instable : ou elle sera conquise par un État étranger, ou un État indigène y sera recréé, ou elle sera la proie de bandes de pillards – les « bandits nomades » de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFuY3VyX09sc29u">Mancur Olson</a>.</p>
<p>La première difficulté concerne la défense de la société anarchique contre les prédateurs étatiques étrangers. Cette défense territoriale représenterait un véritable bien public, du moins pour les anarchistes (des non-anarchistes pourraient évidemment vivre dans la société anarchique). Il est douteux que des solutions réalistes existent pour contourner le problème des passagers clandestins et assurer un niveau suffisant de production privée de ce bien public. Devant la puissance armée des tyrans étrangers, qui enrégimentent leurs sujets et réquisitionnent leurs biens, une société anarchiste aurait peu de chance de survie, comme l’histoire l’atteste. Le pronostic serait sans doute différent si l’anarchie couvrait la planète entière, mais il faudrait pour y arriver qu’elle s’installe partout en même temps.</p>
<p>Même si on néglige la menace de tyrannie étrangère, un deuxième problème mine l’idéal anarchiste : la sécurité publique intérieure relève vraisemblablement d’un monopole naturel. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9iZXJ0X05vemljaw==">Robert Nozick </a>soutient que la concurrence entre agences ou associations privées de sécurité mènera à la domination de l’une d’entre elle [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-3' id='fnref-122505-3' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>3</a></sup>]. L’anarchie déboucherait tôt ou tard sur la création d’un nouvel État. L’État apparaît inévitable [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-4' id='fnref-122505-4' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>4</a></sup>]. Or, n’en déplaise à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTXVycmF5X1JvdGhiYXJk">Murray Rothbard</a>, cette éventualité comporte un risque car le nouvel État pourrait fort bien être encore plus insupportable que l’ancien. Tous les États ne sont pas également tyranniques.</p>
<p>Une troisième forme d’instabilité apparaît si l’état de nature se caractérise par une anarchie hobbienne plutôt que lockéenne. Contrairement à ce que supposent <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSm9obl9Mb2NrZQ==">John Locke</a> et Robert Nozick, les gens ne respectent pas nécessairement les droits d’autrui ; sans État, ils se livrent plutôt à une « guerre de tous contre tous » à la Hobbes. C’est dans ces termes que, dix ans après la publication de <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>, Mancur Olson a posé le problème [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-5' id='fnref-122505-5' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>5</a></sup>]. Dans l’anarchie, soutient Olson, des bandits nomades ratissent le territoire, volant, pillant et tuant ceux qui résistent. Ils n’ont aucune raison de se retenir puisque ce que chaque chef de guerre ne vole pas, le bandit nomade suivant qui passera par là le volera à sa place. L’accumulation du capital (des instruments aratoires, par exemple) est donc impossible et le niveau de subsistance est tout ce que les victimes peuvent espérer.</p>
<p>Le processus nous ramène au monopole de la sécurité. Les victimes se rallieront derrière un des bandits nomades pour obtenir sa protection contre les autres. Ce bandit nomade vaincra ses concurrents, établira son règne, et deviendra bandit sédentaire. Ses sujets étant désormais protégés d’autres bandits que lui-même, le bandit sédentaire comprendra qu’il est dans son intérêt de les exproprier en partie seulement afin qu’ils continuent d’investir, de produire et de payer l’impôt année après année. Les sujets du bandit sédentaire paieront plus d’impôt mais sur un revenu plus élevé, de sorte qu’il leur en restera davantage une fois le percepteur passé. Aujourd’hui même, les gens font écho à cette intuition quand ils préfèrent, tout en bougonnant, payer l’impôt sur des revenus qu’ils croient qu’ils n’obtiendraient pas sans l’État pour les protéger.</p>
<p>Cette intuition n’est pas sans danger. L’État qui sort de l’anarchie combat la violence par la violence. Dans son propre intérêt, le bandit sédentaire exerce contre ses propres sujets plus de violence qu’il ne serait nécessaire pour empêcher la gestation de concurrents et le retour des bandits nomades. Il exploite ses sujets de manière optimale. Mancur Olson voit la démocratie comme la solution du problème : quand le bandit solitaire se confond avec l’ensemble de ses sujets, il aura intérêt à les exproprier du seul minimum nécessaire pour les protéger contre les bandits intérieurs et les tyrans étrangers. Le bandit sédentaire démocratique ne s’exploitera pas lui-même si on peut parler ainsi. Telle est, en tout cas, la théorie olsonienne.</p>
<p>Mettre en doute la possibilité d’une anarchie pacifique, admettre que la violence de l’État est nécessaire pour limiter celle qui résulterait de l’anarchie, est-ce légitimer la violence ? Pas nécessairement, mais cela revient à accepter la violence inévitable. Il faut se réconcilier avec la violence, qui a toujours existé parmi les hommes et les autres animaux et dont on ne voit pas comment elle cessera jamais d’exister. Il n’y a pas d’état de nature lockéen ni d’État nozickien, où la plupart des gens respectent la morale et renoncent spontanément à la violence. Il faut donc encadrer l’inévitable violence pour la minimiser. Cette vieille idée libérale rejoint la solution de Olson, en y ajoutant l’idée essentielle que la démocratie elle-même a besoin d’être limitée de peur que la majorité n’exploite systématiquement les minorités.</p>
<p>Le « principe de non-agression » me fait penser au « principe de non-gravité ». Un monde sans agression est aussi souhaitable qu’un monde où on pourrait vaincre la pesanteur à volonté. Ni l’un ni l’autre n’est possible. Quand je réfléchis à cette question, je me rappelle toujours l’extraordinaire incipit du <em>Libéralisme</em> d’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvJUMzJTg5bWlsZV9GYWd1ZXQ=">Émile Faguet</a> :</p>
<blockquote><p>« L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Cet axiome, qui est à peu près aussi juste que ne serait celui-ci : « Le mouton est né carnivore et partout il mange de l’herbe », est, comme on sait, la première ligne du <em>Contrat social</em>, ouvrage destiné à prouver que l’homme est né libre, à montrer qu’il ne l’est nulle part, à assurer qu’il doit le redevenir et à organiser une société où il serait plus opprimé qu’en Turquie [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-6' id='fnref-122505-6' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>6</a></sup>].</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMTAvODk3OTktbXVycmF5LXJvdGhiYXJkLWRhdmlkLWZyaWVkbWFuLWV0LWxhbmFyY2hvLWNhcGl0YWxpc21lL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTM2OC1hbmFyY2hvLWNhcGl0YWxpc21l" rel=\"attachment wp-att-89840\"><img class="alignright  wp-image-89840" title="imgscan contrepoints 368 anarcho-capitalisme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/imgscan-contrepoints-368-anarcho-capitalisme-824x1024.jpg?16fe88" alt="" width="270" height="336" /></a>À l’idée que l’État est nécessaire pour minimiser la violence, il est trop facile de répondre par une entourloupette logique. L’État, soutiennent certains, s’identifie avec la violence, il n’y a pas de violence sans État. Les bandits nomades de même que toute bande criminelle sont des États <em>par définition</em>. « État » et « violence » étant identiques, il s’ensuit que l’abolition de l’État supprimerait la violence <em>par définition </em>[<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-7' id='fnref-122505-7' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>7</a></sup>]. Ce raisonnement est tautologique. Il est plus utile d’admettre que l’État implique la violence mais que la violence n’implique pas nécessairement l’État. Même sans État, la violence existerait.</p>
<p>La minimisation de la violence se présente alors comme une fonction de l’État qui satisfait l’intérêt, et donc emporte le consentement, sinon de tous les individus, du moins de leur vaste majorité. « L’État est nécessaire comme lieu où le pouvoir peut être limité », écrivais-je dans <em>Du libéralisme…</em>. Et encore : « L’État minimal protège l’anarchie. » Comme le disait si bien Raymond Ruyer, le libéralisme est « l'anarchisme véritable, réalisable et réalisé, et non resté à l'état de déclaration sentimentale » [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-8' id='fnref-122505-8' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>8</a></sup>].</p>
<p>Pour échapper et à la guerre hobbienne de tous contre tous et à l’État, il est une autre solution : les traditions étouffantes de la tribu, où toute incartade ou initiative individuelle est tuée dans l’œuf. Les théoriciens anarcho-capitalistes invoquent le cas de l’Irlande et de l’Islande médiévales, qui ont survécu des siècles sans le pouvoir politique organisé que nous appelons État. Mais le fait que les sociétés de ce genre n’aient pas été des pépinières de savants, d’artistes et d’entrepreneurs, ni brillé par les possibilités de consommation offertes à leurs membres, suggère que la vaste majorité des gens rejetteraient ce mode de vie.</p>
<p>Le monde actuel est très différent de celui de 1983. « Le grand problème de notre époque, écrivais-je alors, est de sortir de l’étatisme. » Mission ratée. Depuis les années 1980, la tyrannie a connu une progression foudroyante. Des écrans de fumée le cachent. L’empire soviétique s’est effondré et une liberté accrue s’en est suivie pour ses anciens sujets. Le risque de guerre nucléaire mondiale a été supprimé (pour le moment, en tout cas), mais remplacé par un risque terroriste que nos propres États ont su, pour attaquer nos libertés, exploiter encore mieux que le vieux prétexte de la guerre. La progression de la tyrannie a également été occultée par la suppression du contrôle des changes (jusqu’à Chypre…) et l’établissement de la liberté de circulation en Europe de l’Ouest. Certes, il y a eu des progrès, mais la liberté a reculé partout ailleurs.</p>
<p>Le phénomène marquant des deux ou trois dernières décennies réside dans la montée constante du contrôle et de la surveillance étatiques. Aidés par les technologies de l’information, les États ont acquis des moyens insoupçonnés de surveiller et d’espionner les gens et, par conséquent, une capacité inédite de les contrôler. Des papiers d’identités biométriques au monitoring continu des transactions financières en passant par les caméras de surveillance et les fouilles devenues routine, on n’échappe plus à l’État. Devant l’État de Surveillance actuel, George Orwell et Aldous Huxley n’en croiraient pas leurs yeux. Le terminal d’aéroport préfigure ce monde nouveau, mais le phénomène ne date pas du 11 septembre 2001, qui n’a servi que de prétexte aux États pour ajouter un autre motif de surveillance et de contrôle. Ils nous surveillaient et nous contrôlaient déjà pour notre propre bien, pour nous ouvrir le Meilleur des Mondes. Les terroristes islamistes, qui détestaient ce qui nous restait de liberté, leur ont donné un fier coup de pouce.</p>
<p>L’État qui nous espionne et nous contrôle semble doux, mais c’est surtout pour ses favoris et ceux qui partagent ses valeurs ; il est particulièrement vicieux contre ceux dont le mode de vie contredit les diktats officiels : fumeurs, consommateurs de drogue, chasseurs et tireurs, entrepreneurs indociles, et tous autres inadaptés sociaux – que l’on devrait plutôt appeler « inadaptés étatiques ». Ces inadaptés sociaux sont parfois différents d’un pays à l’autre : par exemple, la peur irrationnelle du sexe et de l’alcool remplace aux USA la frousse hystérique qu’éprouvent les Européens devant les armes à feu aux mains des simples citoyens. À plusieurs égards, les États qui nous gouvernaient il y a 30 ans étaient beaucoup moins menaçants.</p>
<p>L’Amérique a cessé d’être un phare de la liberté, une tragédie dont on ne mesure pas encore toute l’ampleur. Dans ce pays, le droit de porter des armes est à peu près le seul qui ait progressé depuis <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Dans les autres pays, le droit d’auto-défense a suivi le déclin, déjà consommé, du droit pour les simples citoyens d’être armés comme leurs soi-disant protecteurs.</p>
<p>La montée de l’étatisme, qui a également marqué presque tous les secteurs de l’économie, ne pouvait que provoquer des crises. La Grande Récession de 2008-2009, née aux USA, en a fourni une démonstration éclatante. De 1960 à la veille de la Grande Récession, la réglementation fédérale américaine a été multipliée par 11 si on la mesure par le budget des bureaux de réglementation ; le facteur est de 14 si on inclut les budgets des bureaux fédéraux chargés de la sécurité. La Grande Récession a pris sa source dans le marché de l’immobilier résidentiel, dont la stimulation artificielle découlait de la politique sociale américaine, et dans le marché des hypothèques résidentielles, dont l’État américain occupait la moitié. Ajoutez à cela une politique monétaire laxiste, et vous avez tous les ingrédients nécessaires pour provoquer une crise économique. L’État monstrueux que nous connaissons est devenu la source première de « risque systémique » [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-9' id='fnref-122505-9' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>9</a></sup>].</p>
<p>On oublie également que la crise des dettes souveraines n’est pas une crise du capitalisme ou du libéralisme – et encore moins, est-il besoin de l’ajouter, une crise de l’anarcho-capitalisme. Si on mesure la dette publique des principaux pays de la zone euro en 2010, on constate que les trois-quarts de cette dette avaient été accumulés avant 2008 [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-10' id='fnref-122505-10' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>10</a></sup>]. La crise économique de 2008-2007 n’a fait que révéler et aggraver le gouffre de la dette et des déficits publics, qui se creusaient depuis longtemps. Pour éviter le problème, il aurait fallu sortir de l’étatisme.</p>
<p>J’apporterais aujourd’hui quelques modifications à <em>Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme</em>. Certaines concernent des détails. La société General Motors a quitté Sainte-Thérèse au Canada et y a même rasé son usine ; le terrain est maintenant occupé par un centre d’achats, autre exemple de la « destruction créatrice » dont parlait Joseph Schumpeter. Un funambule a finalement réussi à traverser les chutes du Niagara le 15 juin 2012, près de 30 ans après que j’eus conclus que cela était désormais impossible. Parfois, l’État relaxe son emprise, surtout quand il peut renflouer ses coffres (comme dans ce cas-là) en donnant du pain et des jeux au bon peuple.</p>
<p>Autre exemple : j’ai sans doute été un peu dur avec Jacques Attali, qui avait entrevu la montée de l’État de Surveillance, et proposait maladroitement la solution d’un État socialiste qui, par miracle, éviterait d’utiliser ses nouveaux pouvoir pour surveiller et contrôler ses sujets. Attali proposait que l’État contrôle le crédit et (je vous le donne en mille !) « l’industrie de l’habitat », c’est-à-dire précisément le genre de politiques qui ont mené à la crise des dettes publiques et à la Grande Récession. En réalité, la gauche et la droite ont continué d’apporter chacune ses propres pierres à la construction de l’État policier, et sans jamais renverser les mesures liberticides adoptées par les prédécesseurs au pouvoir.</p>
<p>Depuis 1983, les questions relatives au libéralisme et à l’anarcho-capitalisme ont intéressé un nombre croissant d’universitaires et on fait l’objet d’un foisonnement de recherches. Ces recherches m’amèneraient à proposer de nouveaux arguments et à reformuler ou infléchir ceux que je présentais alors. La théorie des jeux a servi à expliquer la formation des règles de comportement de même que la production privée de biens publics. Les théoriciens de la banque libre ont amélioré la théorie hayekienne de la monnaie. La théorie des choix publics a montré qu’il y a davantage à dire sur l’irrationalité de l’État – irrationalité par rapport à quoi et à qui ? – que ce que j’en dis dans <em>Du libéralisme…</em> [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-11' id='fnref-122505-11' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>11</a></sup>]. J’ai expliqué plus haut comment je suis devenu plus critique envers l’anarchie, mais on constatera que ces doutes figuraient déjà dans mon livre d’il y a trente ans.</p>
<p>Un point qui est moins mineur qu’il n’y paraît concerne la question des armes à feu. J’ai été un peu trop prudent en écrivant : « Le résultat net des effets pervers et des effets désirés du contrôle des armes à feu sur la criminalité est pour le moins discutable. » Je n’avais pas le bénéfice de toute la recherche qui s’est faite depuis. On sait maintenant que l’effet net du contrôle des armes à feu est d’augmenter la criminalité [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-12' id='fnref-122505-12' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>12</a></sup>], sans compter ses conséquences sur la relation entre le supposé maître, le citoyen désarmé, et son soi-disant serviteur, l’État armé – et de plus en plus puissamment armé.</p>
<p>D’un point de vue méthodologique, j’établirais maintenant une distinction plus nette entre l’analyse économique et les considérations éthiques. Je serais plus critique envers l’état de nature lockéen, pour le fonctionnement duquel la morale nécessaire est présumée exister <em>a priori</em>. Je serais plus critique également envers la théorie du droit naturel. On ne peut comprendre la loi naturelle sans la biologie évolutionniste et la théorie des jeux [<sup class='footnote'><a href='#fn-122505-13' id='fnref-122505-13' onclick='return fdfootnote_show(122505)'>13</a></sup>]. Il me semble également clair que toute théorie éthique doit prendre en considération les conséquences des actions et institutions humaines. Un cas extrême servira d’illustration : une moralité qui entraînerait des conséquences que <em>tout le monde</em> déteste serait indéfendable quelle que soit sa beauté ou sa rigueur logique.</p>
<p>Je me suis écarté du rationalisme aride à la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHlzYW5kZXJfU3Bvb25lcg==">Lysander Spooner</a> et à la Murray Rothbard pour me rapprocher davantage du rationalisme critique et évolutionniste de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRnJpZWRyaWNoX0hheWVr">Friedrich Hayek</a>. La raison est indispensable, mais il faut être conscient de ses limites, comme Bertrand Russell et Kurt Gödel l’ont montré de manière si éclatante dans le domaine même de la logique pure. <em>Contra</em> Spooner, la plus grande partie de l’interaction humaine repose sur des règles tacites plutôt qu’explicites et il est illusoire de rejeter tout ce qui ne relève pas d’un contrat écrit. <em>Contra</em> Rothbard, faire sortir de la cuisse de Jupiter des institutions imaginaires comme la « règle des deux tribunaux » n’explique pas grand-chose.</p>
<p>Cela étant, contre l’État monstrueux qui continue d’engraisser, je crois que mon livre de 1983 demeure un antidote utile. Il s’inscrit dans une lignée maintenant longue de critiques des idées étatistes reçues. Quelque part sur le continuum entre le libéralisme et l’anarcho-capitalisme se trouve la solution aux problèmes actuels.</p>
<p>---<br />
<strong>Notes :</strong></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-122505'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-122505-1'>Gustave de Molinari, « De la production de la sécurité », <em>Journal des Économistes</em>, vol. 22, n° 15 (février 1849), p. 277-290. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-2'>Henri Lepage, <em>Demain le capitalisme,</em> Paris, Librairie Générale Française, 1978. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-3'>Robert Nozick, <em>Anarchy, State and Utopia</em>, New York, Basic Books, 1974; traduit en langue française sous le titre <em>Anarchie, État et utopie</em>, Presses Universitaires de France, 2008. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-3'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-4'>Voir Randall G. Holcombe, « Government : Unnecessary but Inevitable », <em>The Independent Review</em>, vol. 8, n° 3 (hiver 2004), p. 325-342; et, du même auteur, « Is Government Really Inevitable », <em>Journal of Libertarian Studies</em>, vol. 21, n° 1 (printemps 2007), p. 41-48. Pour les arguments contraires, on consultera Peter T. Leeson et Edward P. Stringham, « Is Government Inevitable ? Comment on Holcombe’s Analysis », <em>The Independent Review</em>, vol. 9, n° 4 (printemps 2005), p. 543-549, et Walter Block, « Governmental Inevitability : Reply to Holcombe », <em>Journal of Libertarian Studies</em>, vol. 19, n° 3 (été 2005), p. 71-93. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-4'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-5'>Mancur Olson, « Dictatorship, Democracy and Development », <em>American Political Science Review</em>, vol. 87, n° 3 (septembre 1993), p. 567-576. Martin C. McGuire et M. Olson, « The Economics of Autocracy and Majority Rule : The Invisible Hand and the Use of Force », <em>Journal of Economic Literature</em>, vol. 34, n° (mars 1996), p. 72-96. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-5'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-6'>Émile Faguet, <em>Le Libéralisme</em>, Paris, Société française d’Imprimerie et de Librairie, 1902, p. 1. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-6'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-7'>Voir Walter Block, <em>op. cit.</em>, p. 85 et <em>passim</em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-7'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-8'>Raymond Ruyer, <em>Éloge de la société de consommation</em>, Paris, Calmann-Lévy, 1969, p. 267. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-8'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-9'>Voir<em> </em>Pierre Lemieux, <em>Somebody in Charge : A Solution to Recessions ?</em>, New York, Palgrave Macmillan, 2011, p. 75 et <em>passim</em>. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-9'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-10'>Pierre Lemieux, <em>The Public Debt Problem : A Comprehensive Guide</em>, New York, Palgrave-Macmillan, 2013. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-10'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-11'>Pierre Lemieux, « The Public Choice Revolution », <em>Regulation</em>, vol. 27, n° 3 (automne 2004). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-11'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-12'>Voir notamment John Lott, <em>More Guns, Less Crime: Understanding Crime and Gun Control Laws</em>, Chicago et Londres, University of Chicago Press, 1998. Joyce Lee Malcolm, <em>Guns and Violence: The English Experience</em>, Cambridge et Londres, Harvard University Press, 2002. Pierre Lemieux, <em>Le droit de porter des armes</em>, Paris, Les Belles Lettres, 1993. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-12'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-122505-13'>Voir, par exemple, Robert Sugden, <em>The Economics of Rights, Cooperation and Welfare</em>, deuxième edition, New-York, Palgrave Macmillan, 2004. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-122505-13'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Raymond Boudon, un sociologue libéral perdu chez les holistes</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 08:40:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc Floury</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le père de la rationalité est décédé quelques jours à peine après Margaret Thatcher. Si l'on peut parler de fatalisme, cette triste nouvelle est avant tout l'occasion de rappeler l'héritage conséquent de ce grand intellectuel quasiment inconnu en France, et pourtant si réputé à l'étranger.</strong><br />
<span id="more-121402"></span><br />
<strong>Par Loïc Floury.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMTEvMTgvNTYyNTEtbGEtc29jaW9sb2dpZS1jb21tZS1zY2llbmNlLWRlLXJheW1vbmQtYm91ZG9uL3JheW1vbmQtYm91ZG9u" rel=\"attachment wp-att-56253\"><img class="aligncenter size-full wp-image-56253" title="Raymond Boudon" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2011/11/Raymond-Boudon.jpeg?16fe88" alt="" width="427" height="259" /></a></p>
<p><strong>Boudon et les Français : l'individualisme à la trappe</strong></p>
<p>Si Boudon avait parfaitement su analyser le problème, force est de constater qu'il n'a jamais su le résoudre au vu de sa quasi-absence de la scène médiatique : faisant partie de ses intellectuels français « mondialement inconnu à Paris », ce sociologue réputé sur le plan académique est toujours resté inconnu du grand public. Sa mort n'y change d'ailleurs pas grand chose : une brève dans <em>Libération, </em>un article dans <em>Le Monde, Le Figaro </em>et dans<em> Contrepoints</em>. Pourtant, l'homme avait tout pour être connu médiatiquement : rare opposant à Pierre Bourdieu (1930-2002), il figurait avec Philippe Bénéton et quelques autres dans la lutte inégale contre le holisme méthodologique encensé par les médias. Son premier ouvrage, <em></em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjAxMDEwNTQ0Mz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>L'Inégalité des chances</em></a><em> </em>(Éditions Armand Colin ; 1973) passe alors comme une réponse inaperçue aux <em>Héritiers</em> paru en 1964.</p>
<p>Ce voile médiatique n'empêche cependant pas Boudon d'obtenir la reconnaissance de ses pairs sur le plan scientifique : professeur à la Sorbonne, il accumule rapidement les postes de directeur de rédaction au sein de nombreuses et prestigieuses revues : <em>L’Année sociologique</em>, tout d'abord, puis <em>Quality and Quantity,</em> la <em>Revue française de sociologie</em> ou encore <em>The American Journal of Sociology, Theory and Decision.</em> Membre de nombreuses sociétés savantes, Boudon s'illustre notamment auprès de l’Académie des sciences morales et politiques, de l'<em>Academia europaea</em>, de l<em>'American Academy of Arts and Sciences</em>, de la <em>British Academy</em>, de la société Royale du Canada, de l'<em>European Academy of sociology</em>, de l'Académie des Sciences Humaines de Saint-Petersbourg, de l'Académie des sciences sociales d'Argentine, de l'Académie des arts et des sciences d'Europe Centrale, de l'Académie de Philosophie et des Sciences. Non content d'une renommée internationale, l'homme rédige notamment quelques articles pour l'édition française de <em>l'</em><em>Encyclopædia Universalis. </em>Intellectuel reconnu, Boudon s'illustre alors par un prosélytisme rare de par sa diversité.</p>
<p><strong>Boudon : un auteur prolifique</strong></p>
<p>Sociologue, Boudon est tout de suite qualifié « d'empêcheur de tourner en rond » (Jean Cazeneuve) : son importante bibliographie le démontre, cet anti-Bourdieu possède un champ de recherche presque encyclopédique. Philosophe, il se démarque dans le courant épistémologique avec trois ouvrages majeurs : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49Mjc1NzgyMzYxMj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>L’Idéologie, ou l’Origine des idées reçues </em></a>(Éditions Fayard, 1986), <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjAxMjc5NDE3Mz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Le juste et le vrai : Études sur l'objectivité des valeurs et de la connaissance </em></a>(Éditions Fayard, 1995) et enfin, <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU5Mjk0NT90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE=">Croire et savoir : penser le politique, le moral et le religieux</a></em> (Éditions PUF, 2012).<em> </em>Politiste, il écrit notamment sur l'héritage contemporain tocquevillien (<em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjczODExNTQ5Nz90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE=">Tocqueville aujourd'hui</a>,</em> Éditions Odile Jacob, 2005) mais également sur les limites et les réformes nécessaires au système démocratique actuel (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjczODExODUyNj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Renouveler la démocratie. Éloge du sens commun</em></a>, Éditions Odile Jacob, 2006) ou encore le relativisme.</p>
<p>S'inscrivant dans la lignée des auteurs s'intéressant à la question de la popularité du libéralisme en France, Boudon écrit <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTEvMDgvMTkvNDEzNjMtcG91cnF1b2ktbGVzLWludGVsbGVjdHVlbHMtbiVFMiU4MCU5OWFpbWVudC1wYXMtbGUtbGliZXJhbGlzbWU="><em>Pourquoi les intellectuels n'aiment pas le libéralisme</em></a> (Éditions Odile Jacob, 2004), complétant les articles d'Alain Wolfelsperger sur le sujet, à savoir « L'attitude des médias de masse à l'égard du libéralisme économique » (<em>Journal des économistes et des études humaines</em>, Vol 12, n°4, décembre 2002) et <em>« L’ultra-antilibéralisme ou le style paranoïde dans la critique »</em> (Revue<em> Commentaire</em>, N°116, Hiver 2006). Partisan de l'<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvSW5kaXZpZHVhbGlzbWVfbSVDMyVBOXRob2RvbG9naXF1ZQ==">individualisme méthodologique</a>, Boudon contribue alors à forger une solide théorie de la rationalité, laquelle s'avère être le véritable axiome de la pensée libérale. On le sait, l'économie n'est pas la simple étude des faits économiques mais l'étude de « l'action humaine » (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVkd2lnX3Zvbl9NaXNlcw==">Ludwig Von Mises</a>), soit le comportement humain individuel dans sa tentative de répondre à des besoins individuels en vertu d'un contexte donné.</p>
<p><strong>Boudon et la rationalité : l'idole libérale et le modèle Brunner-Meckling</strong></p>
<p>Si Boudon était très prisé par les milieux libéraux, c'est incontestablement en raison de sa contribution majeure à la théorie de la rationalité, notamment grâce à son modèle rationnel général.</p>
<p>Boudon a écrit plusieurs ouvrages récents sur le sujet, tels que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU2NDgzNj90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Essais sur la théorie générale de la rationalité</em></a> (Éditions PUF, 2007) ou encore <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDU3MTYzOD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>La Rationalité</em></a> (Éditions PUF, Coll. « Que sais-je ? », 2009), mais le plus abordable sur ce sujet demeure sans doute<em> </em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=IGh0dHA6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2V4ZWMvb2JpZG9zL0lTQk49MjEzMDUyNjY0MD90YWc9bGliZXJhdXhvcmctMjE="><em>Raison, bonnes raisons</em></a> (Éditions PUF, 2003) dans lequel Boudon résume l'intégralité de la théorie de la rationalité de la manière suivante à l'aide d'un certain nombre de postulats (P) : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTIvMTIxNDAyLXJheW1vbmQtYm91ZG9uLXVuLXNvY2lvbG9ndWUtbGliZXJhbC1wZXJkdS1jaGV6LWxlcy1ob2xpc3Rlcy90YWItcmF0aW9uYWxpdGU=" rel=\"attachment wp-att-121408\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121408" title="tab rationalité" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/tab-rationalité.jpg?16fe88" alt="" width="625" height="453" /></a></p>
<p>Autrement dit, la théorie du choix rationnel connait son paroxysme dans le célèbre modèle développé par Karl Brunner et William Meckling dans un de leur article désormais célèbre [<sup class='footnote'><a href='#fn-121402-1' id='fnref-121402-1' onclick='return fdfootnote_show(121402)'>1</a></sup>] : l'individu est alors dit <strong>évaluateur</strong> (l’individu prévoit les conséquences de ses actes futurs et est transitif : l'individu change sans cesse d’avis car classe continuellement ses préférences en fonction de ses expériences ; pour les libertariens, cette irréductible subjectivité doit cependant avoir un obstacle : le droit naturel), <strong>inventif </strong>(l’individu est capable de calculer le lendemain et se donne donc inconsciemment les moyens d’arriver à ses fins) et <strong>maximisateur </strong>(en fonction du coût d’opportunité, l’individu recherche au maximum des flux de satisfaction : préférant plus à moins, il se doit d’éprouver plus d’utilités que de désutilités). Si la maximisation est inhérente à la théorie des choix rationnels, une limite apparaît avec la théorie de la rationalité limitée, où la satisfaction prime : nous recherchons plus à moins jusqu’à ce que le coût d’opportunité lié à la recherche de l’information (et donc à la satisfaction de l’utilité) soit plus élevé que la satisfaction recherchée. En réalité, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvR2FyeV9CZWNrZXI=">Gary Becker</a> apportera une nouvelle limite à la théorie de la rationalité en affirmant que si l'individu est par principe rationnel, il l'est dans la limite de l'information dont il dispose. Autrement dit, le problème de l'individu qui agit est de voir à sa manière tout en voyant juste au moment où il agit. Si l'individu peut paraître irrationnel, c'est justement parce que le jugement que nous portons sur son action est anachronique.</p>
<p>De par sa simplicité, la théorie de la rationalité s'avère robuste : l'apport de Boudon en la matière est conséquent et gagnerait à être entendu. Les médias français, les manuels d'économie mais également bon nombre d'économistes ont su lui préférer les sophismes bourdieusiens et/ou marxistes. Si Boudon est mort dans l'indifférence médiatique, bon nombre de libéraux ne l'oublieront pas de sitôt. Son héritage intellectuel est conséquent, il nous appartient de le préserver : la compréhension de l'action humaine du point de vue libéral en dépend.</p>
<p>---<br />
Note :</p>
<div class='footnotes' id='footnotes-121402'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-121402-1'><em>« The Perception of Man and the Conception of Government » Journal of Money, Credit, and Banking, </em>n°9 (février 1977). <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-121402-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Cahuzac, les déclarations de patrimoine et le Cocker de Richard Nixon</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 06:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Acrithene</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Checkers Speech]]></category>
		<category><![CDATA[François Fillon]]></category>
		<category><![CDATA[Jérôme Cahuzac]]></category>
		<category><![CDATA[Nixon]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>

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		<description><![CDATA[La démarche du déballage du patrimoine personnelle sur les antennes de télévision est une tactique politique aussi vieille que la télévision elle-même.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La démarche du déballage du patrimoine personnel sur les antennes de télévision est une tactique politique aussi vieille que la télévision elle-même.</strong></p>
<p><strong>Par Acrithène.</strong><br />
<span id="more-121354"></span><br />
Se souviendra-t-on du 8 avril 2013 comme l’on se souvient du 23 septembre 1952 ?</p>
<p>Sans doute avez-vous déjà oublié pourquoi vous devriez vous souvenir du 8 avril 2013 ? Ce lundi, un ancien premier ministre et peut-être prochain président de la République, François Fillon, a jugé utile de venir donner l’âge de ses deux voitures sur le plateau de la télévision d’État. N’en voulons pas trop à François Fillon, qui ne fait que suivre le mouvement de la gauche, avec l’intelligence d’émettre des réserves importantes.</p>
<p>Encore plus probablement peinez-vous à vous souvenir du 23 septembre 1952 ? Personnellement, je m’en souviens très bien, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xlcGx1cy5ub3V2ZWxvYnMuY29tL2NvbnRyaWJ1dGlvbi84MTA2NTUtcXVhbmQtYXVkcmV5LXB1bHZhci1zZS1yYWNvbnRlLWEtbGEtYmFzdGlsbGUtbGUtMTAtbWFpLTE5ODEtcG91ci1taWV1eC1lbmZvbmNlci1jYWh1emFjLmh0bWw=" target=\"_blank\">car j’étais dans les studios de la télévision américaine avec Audrey Pulvar</a>. Richard Nixon, alors candidat à la vice-présidence des États-Unis, était accusé d’avoir détourné à son profit personnel des frais de campagne électorale. Comme Nixon était un exemple de probité, il prit l’initiative de se rendre dans les studios de télévision et consacra 30 minutes à un inventaire de l’ensemble de son patrimoine, incluant le manteau peu onéreux de son épouse. 60 millions d’américains regardèrent ou écoutèrent Nixon ce soir-là.</p>
<p>Mais le futur président admit tout de même une forme d’enrichissement personnel grâce à sa carrière politique. Un supporter avait offert à sa famille un cocker américain, que sa fille de 6 ans avait nommé Checkers. Mais le candidat républicain annonça que quoi qu’il lui en coûte, il refuserait de rendre le chien de ses filles.</p>
<div class="myvideotag" style="width: 480px;"><iframe width="480" height="295" src="http://www.youtube.com/embed/EjHoH2m3iKA" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></div>
<p><strong>Traduction :<br />
</strong></p>
<blockquote><p>Une autre chose que je devrais probablement vous dire, sans quoi ils l’évoqueront probablement aussi contre moi, c’est que nous avons obtenu quelque chose – un cadeau – après l’élection. Un homme au Texas avait entendu à la radio Pat mentionner que nos deux enfants aimeraient avoir un chien. Et, croyez-le ou non, le jour précédant notre départ pour cette tournée de campagne, nous avons reçu un message de l’Union Station de Baltimore disant qu’ils avaient un colis pour nous. Nous sommes allés le chercher tous ensemble. Vous savez ce que c’était ?</p>
<p>C’était un petit cocker spaniel dans une caisse qu’il nous avait envoyé depuis le Texas. Noir avec des taches blanches. Et notre petite fille – Tricia, qui a 6 ans – l’a appelé Checkers. Et vous savez, les enfants, comme tous les enfants, adorent le chien et je dois vous dire dès maintenant, que quoiqu’ils en diront, nous le garderons.</p></blockquote>
<p>À l’issue de son intervention, Nixon, peut-être trop optimiste sur l’intelligence humaine, était convaincu de l’échec de sa performance. Et ce malgré les larmes du caméraman. Mais la convention républicaine reçut des millions de lettres et télégrammes de soutien, ce qui conduisit Eisenhower à maintenir le choix de son colistier, malgré les accusations de détournement.</p>
<p>La démarche de déballage du patrimoine personnel sur les antennes de télévision est donc une tactique politique aussi vieille que la télévision elle-même. Et si le <a title=\"Checkers speech\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9DaGVja2Vyc19zcGVlY2g=" target=\"_blank\"><em>Checkers Speech</em></a> reste l’un des discours les plus célèbres de l’histoire américaine récente, Richard Nixon reste l’unique président des États-Unis à avoir été démissionné pour obstruction à la justice.</p>
<p>Morale de l’histoire ? Observez les politiciens en première ligne pour étaler leur moralité à la face du monde, les moins scrupuleux sont parmi eux.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3RoZW9yZW1lLWR1LWJpZW4tZXRyZS5uZXQvMjAxMy8wNC8xMS9jYWh1emFjLWxlcy1kZWNsYXJhdGlvbnMtZGUtcGF0cmltb2luZS1ldC1sZS1jb2NrZXItZGUtcmljaGFyZC1uaXhvbi8=">Sur le web</a>.</p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=121354" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>Thatcher et l&#039;Europe : un héritage politique méconnu</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 06:00:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc Floury</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne]]></category>

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		<description><![CDATA[Oui, l'Europe aurait pu être libérale, et Thatcher avait su le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entendait conférer aux institutions communautaires, mais telle n'est pas la voie que l'UE empruntât.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Oui, l'Europe aurait pu être libérale, et Thatcher avait su le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entendait conférer aux institutions communautaires, mais telle n'est pas la voie que l'UE empruntât.</strong></p>
<p><strong>Par Loïc Floury.</strong><br />
<span id="more-121073"></span></p>
<div id="attachment_121122" class="wp-caption aligncenter" style="width: 556px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnUvdGhhdGNoZXJfb2JpdA==" rel=\"attachment wp-att-121122\"><img class=" wp-image-121122 " title="thatcher_obit" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/thatcher_obit.jpg?16fe88" alt="" width="546" height="350" /></a><p class="wp-caption-text">Thatcher lors d'un sommet économique mondial en 1985.</p></div>
<p>La Reine du libéralisme décédée, les hommages ne tardèrent pas, et les insultes non plus. En tant que thatchériste convaincu, j'aurais pu, comme nombre de mes pairs libéraux, écrire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">un vibrant hommage à Maggie</a> en la remerciant d'avoir su montrer ce qu'était la politique et notamment le fait d'avoir des convictions et de les assumer. J'aurais pu également, en bon nostalgique, me replonger dans ses <em>Mémoires</em>, soit deux conséquences tomes publié (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjI2MDY1OTAzP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>10 Downing Street </em></a>et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjI2MDc4MzU1P3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Les chemins du pouvoir</em></a> aux Éditions Albin Michel) ou relire son excellente biographie écrite par Jean-Louis Thiériot (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMjYyMDM1MDkxP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ=="><em>Margareth Thatcher : de l'épicerie à la Chambre des Lords </em></a>aux Éditions Perrin). Au lieu de cela, j'eus le plaisir de redécouvrir un texte quasiment méconnu de la Dame de Fer : son discours tenu à La Haye le 5 mai 1992 sobrement intitulé « <em>L’architecture politique de l’Europe</em> ».</p>
<p>Peu conséquent (une vingtaine de pages), le discours est cependant toujours d'actualité et gagnerait à être d'avantage connu, pour la bonne et simple raison qu'on ne peut comprendre l'Europe d'aujourd'hui sans l'avoir lu et compris. À lui tout seul, ce monologue résume l'intégralité des problèmes européens et propose des solutions concrètes, franchement empreintes du libéralisme. L'idée est la suivante : oui, l'Europe peut être libérale (et Thatcher saura le prouver en détaillant chaque rôle qu'elle entend conférer aux institutions communautaires), mais telle n'est pas la voie que nous empruntons.</p>
<p><strong>Thatcher et la PAC : au-delà du « <em>I want my money back </em>»</strong></p>
<p>On retrouvera notamment dans ce discours, la critique de l'interventionnisme maladif en matière agricole et leurs conséquences : le combat contre la Politique Agricole Commune contre laquelle Lady Thatcher se montra particulièrement virulente n'était pas seulement justifié pour des raisons financières (on se souviendra longtemps de son célèbre «<em> I want my money back </em>» prononcé lors du Sommet de Dublin le 30 novembre 1979) mais bien en raison de l'entrave que cette politique désastreuse constitue au libre-échange. Thatcher dira ainsi : «<em> Nous avons constaté, à maintes reprises, que des institutions conçues pour régler un ensemble de problèmes ponctuels peuvent devenir des obstacles face aux problèmes nouveaux – et qu’elles peuvent d’ailleurs en elles-mêmes constituer des problèmes. La Politique agricole commune en est un exemple. À l’origine, ses objectifs modestes étaient loin d’être déraisonnables. Nous savons pourtant tous que la Politique agricole commune constitue à présent une coûteuse source de problèmes, susceptible de faire échouer les négociations de l’Uruguay Round. Au nom de la protection de l’agriculture, nous avons cessé d’importer des produits alimentaires en provenance des pays les plus pauvres (…) Pourtant, dans la partie industrialisée du monde, le contribuable et le consommateur doivent allonger 270 milliards de dollars, en additionnant subventions et coûts plus élevés. Et la Banque mondiale a calculé que si les tarifs douaniers étaient diminués de moitié, les pays les plus pauvres y gagneraient tout de suite 50 milliards de dollars </em>» avant de poursuivre malicieusement : « <em>Au cas où vous trouveriez cette opinion quelque peu anti-européenne, je dois préciser qu’elle a été exprimée dans un éditorial des pages économiques du Frankfurter Allgemeine Zeitung du 4 mai dernier </em>».</p>
<p>Affirmer que Thatcher est une anti-européenne convaincue relève de l'ignorance totale : non seulement Maggie aura su par exemple reconnaître les mérites du vieux continent tant pour résoudre les problèmes de l'après-guerre que pour sa lutte contre le Bloc de l'Est durant la Guerre Froide (<em>« L’Europe occidentale s’est (...) unie contre la menace soviétique et, adoptant les préceptes anglo-saxons, elle est devenue libre et très prospère. Cette prospérité, dont furent privés les peuples d’Europe orientale et de Russie, a fini par démobiliser les dirigeants communistes et par pousser la base à la révolte »).</em> Au-delà de ces compliments, Thatcher ira plus loin et analysera comme personne les principaux problèmes européens avant même que ceux-ci ne surviennent et en profite pour donner sa vision de l'Europe autour de trois questions phares : comment faire face au déséquilibre engendré par la réunification et la résurrection de l’Allemagne ? Comment réformer les institutions européennes afin qu’elles reflètent la diversité de l’Europe post-communiste et soient véritablement démocratiques ? Comment s’assurer que la nouvelle Europe contribue à la prospérité économique du monde et à sa stabilité politique, au lieu de les menacer ?</p>
<p><strong>Thatcher et la question allemande </strong></p>
<p><em>« La puissance de l’Allemagne est un problème – autant pour les Allemands que pour les autres Européens. L’Allemagne est trop grande pour n’être qu’un partenaire comme les autres du jeu européen, mais elle n’est pas assez grande pour établir une suprématie absolue sur ses voisins ». </em>De par cette citation, Thatcher démontre qu'elle a parfaitement compris le point suivant : l'Europe se fera avec l'Allemagne ou ne se fera pas. Et l'Histoire lui a parfaitement donné raison, notamment en matière monétaire, puisque la BCE que nous connaissons n'est qu'une pâle copie de la célèbre <em>Bundesbank</em>. Ayant parfaitement bien compris l'héritage historique des années noires de l'Allemagne, Thatcher avait d'ailleurs anticipé cette construction et ses conséquences (<em>« </em><em>L’Allemagne est bien placée pour encourager une (…) prudence financière. J’accorderais certainement plus de confiance à la Bundesbank qu’à toute autre Banque centrale européenne pour ce qui est de combattre l’inflation – car les Allemands ont conservé le souvenir, pas si lointain, du chaos et de l’extrémisme politique qu’engendre l’hyper-inflation. Les Allemands ont donc raison de s’inquiéter des conditions de l’Union économique et monétaire qu’ils ont approuvées. Si j’étais allemande, je préférerais que ce soit la Bundesbank qui fournisse l’équivalent moderne de l’étalon or plutôt qu’un regroupement des Banques centrales européennes »</em>) mais ne l'approuvait pas pour autant. Non pas que l'euro soit un échec parce que « Maggie » l'avait prédit, mais bien parce que l'Europe n'est pas une zone monétaire optimale au sens de Robert Mundell.</p>
<p>Au-delà du problème monétaire européen, Thatcher combattait un potentiel fédéralisme européen calqué sur le modèle allemand. Elle résuma d'ailleurs le problème en deux questions : l'Europe doit-elle devenir un État fédéral, strictement réglementé et bureaucratiquement centralisé, imposant des normes uniformes à tout le continent ? Ou doit-elle au contraire, constituer une Europe des États souverains, décentralisée et libérale, fondée sur la concurrence, au sein d’une zone de libre-échange, entre systèmes fiscaux et sociaux propres à chaque pays ? Si Thatcher se méfiait de l'Europe, c'est bien en raison de ses fondements mêmes (<em>« </em><em>Lorsque les fondateurs de la Communauté européenne rédigèrent le traité de Rome, ils y mêlèrent des ingrédients provenant de deux traditions économiques très différentes. Au libéralisme, ils empruntèrent la liberté du commerce, de la concurrence et des marchés. Le socialisme (sous des habits aussi divers que le catholicisme social ou le corporatisme) leur inspira la réglementation et l’interventionnisme. Et, pendant trente ans – jusqu’à la signature de l’Acte unique européen –, ces deux traditions ont cohabité au milieu de tensions latentes permanentes »</em>) et non par principe.</p>
<p><strong>Thatcher et l’Europe : un plaidoyer pour un continent libre et démocratique </strong></p>
<p>Comme le démontre la formulation de deux questions, Thatcher a su croire en une certaine vision de l'Europe. Cette même vision, le continent s'en est écarté, et les conséquences que la Reine du libéralisme avait su prévoir se sont effectivement réalisées : la bureaucratie (<em>« Les meilleurs cerveaux de l’Europe (…) ont commis une erreur intellectuelle fondamentale, ils ont estimé que le mode de gouvernement idéal consisterait en une bureaucratie centralisée destinée à faire remonter l’information vers le haut, puis à décider au sommet pour faire redescendre ensuite les ordres vers la base. Ce qui passait pour le summum de la sagesse en 1945 était en fait une illusion grossière. La bureaucratie hiérarchisée peut être une bonne méthode de gestion pour une petite entreprise exposée à une concurrence féroce, mais c’est un facteur de stagnation et d’inefficacité dans presque tous les autres contextes »</em>) et donc, le caractère non démocratique de l'Union (<em>« Notre choix est clair. Soit nous exerçons un contrôle démocratique de l’Europe grâce à la coopération entre les gouvernements et les Parlements nationaux qui disposent d’une légitimité et d’une expérience réelles, et qui sont en outre proches des populations. Soit nous transférons nos pouvoirs de décision à un Parlement polyglotte, n’ayant de compte à rendre à aucune opinion publique européenne véritable et donc appelé à se soumettre toujours davantage à une bureaucratie omnipotente. Aucun propos trompeur sur la souveraineté collective n’y pourra rien changer »</em>).</p>
<p>Thatcher décédée, les libéraux sont en deuil. Ils ne devraient cependant pas oublier son héritage politique : la pensée plus que cohérente de cette grande dame est sans conteste une des clés permettant à l'Europe de sortir de la crise actuelle.</p>
<p>---</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mort de Thatcher : point de vue britannique</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 05:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Daniel Hannan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher a pris en main une Grande-Bretagne ruinée et déshonorée et l'a laissée prospère, assurée et libre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Margaret Thatcher a pris en main une Grande-Bretagne ruinée et déshonorée et l'a laissée prospère, assurée et libre.</strong></p>
<p><strong>Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.</strong><br />
<span id="more-121117"></span></p>
<div id="attachment_121118" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVlL3RoYXRjaGFuZG1l" rel=\"attachment wp-att-121118\"><img class="size-full wp-image-121118" title="Thatchandme" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatchandme.jpg?16fe88" alt="" width="400" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Ma dernière rencontre avec notre meilleur chef de parti.</p></div>
<p>Je ne suis pas sûr qu'on puisse apprécier l'ampleur de l'exploit de Margaret Thatcher sans une certaine connaissance de la calamité qui l'a précédée. La plupart des Britanniques ne se rappellent plus des années 70. Je suis juste légèrement au dessus de l'âge national médian, étant né en septembre 1971, et mes souvenirs sont flous. Je me rappelle cependant du sentiment de désespoir. Encore et encore, j'entendais des adultes dire avec désinvolture "La Grande-Bretagne est finie". Ayant passé ma jeunesse au Pérou, où la Grande-Bretagne était encore considérée comme un grand pays, j'étais choqué.</p>
<p>En fait, ces sentiments étaient compréhensibles. C'était les années de la semaine de trois jours, du contrôle des prix et salaires, de l'inflation à deux chiffres, de grèves constantes, de coupures d'électricité. Tout au long des années 1960 et 1970, le Royaume-Uni avait été surclassée par toutes les économies européennes. "La Grande-Bretagne est une tragédie, elle a coulé dans l'emprunt, la mendicité, le vol jusqu'à ce que le pétrole de la mer du Nord rentre en jeu" disait Henry Kissinger. Le <em>Wall Street Journal</em> était plus brutal : "Au revoir, la Grande-Bretagne ; c'était bien de vous connaître".</p>
<p>Margaret Thatcher, presque seule, a refusé d'accepter la fatalité du déclin. Elle était déterminée à retourner la situation, et elle a réussi. L'inflation chuta, les grèves stoppèrent, l'esprit d'entreprise latent des gens libres fut réveillé. Ayant pris du retard depuis une génération, nous avons dépassé tous les pays européens au cours des années 1980, à l'exception de l'Espagne (qui rebondissait d'encore plus bas). Alors que les revenus affluaient, les impôts furent réduits et la dette remboursée, alors que les dépenses publiques (contrairement à la croyance quasi universelle) augmentaient.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9kYW5pZWxfaGFubmFuL2Jsb2cvMjAwNy8wNC8wMy9pcmFuc19saW5rX3RvX3RoZV9mYWxrbGFuZHNfd2Fy">Aux Malouines</a>, Margaret Thatcher montra au monde qu'un grand pays ne recule jamais. Et en mettant fin à la misérable politique de détente unilatérale qui avait permis aux Soviétiques d'avancer en Europe, en Corée et en Afghanistan, elle a mis en route les événements qui allaient libérer des centaines de millions de personnes de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9kYW5pZWxfaGFubmFuL2Jsb2cvMjAwOC8wMy8zMS90aGVfYmFzaWNfY2FzZV9mb3JfY29uc2VydmF0aXNt">l'idéologie la plus meurtrière</a> que l'humanité ait connue – d'un strict point de vue algébrique.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Comme tout le monde</a>, je me rappelle où j'étais quand elle a démissionné. C'était l'équivalent pour ma génération de l'assassinat de John F. Kennedy, un événement qui a<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2RhbmllbGhhbm5hbi8xMDAwMTEwOTYvd2hhdC1jb25uZWN0cy1qb2huLWYta2VubmVkeS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlci1hbmQtam9obi1nYWx0Lw=="> curieusement aussi eu lieu un 22 novembre</a>. Après trois élections victorieuses, la Dame de Fer fut destituée par un ensemble de députés euro-fanatiques – les "criminels de novembre", comme l'un des présidents locaux du parti [NdT : le <em>Conservative Party</em> auquel appartient Daniel Hannan] les appelle sombrement. Il est vrai qu'il y avait plusieurs facteurs d'impopularité, à commencer par l'impôt par tête. Pourtant, on ne pourra jamais assez le répéter : la cause immédiate du renversement de Margaret Thatcher est son opposition à l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'euro. Qui avait raison ?</p>
<p>Selon toute mesure normale, elle a été une politicienne couronnée de succès. J'irai plus loin en la qualifiant de plus grand Premier ministre que nous ayons jamais connu. Pourtant, elle a suscité chez beaucoup une haine si intense que même le jour de la mort de cette grand-mère fragile, l'internet a été remplie d'une joie venimeuse (si vous avez l'estomac solide, jetez un œil à mes réponses sur Twitter ou au hashtag #dingdongthewickedwitchisdead).</p>
<p>D'où vient cette haine grossière ? Les anti-thatchériens vous diront que c'est parce qu'elle a fermé les vieilles industries – elle ne l'a pas fait bien sûr, elle a juste arrêté d'obliger tout le monde de les soutenir. Pourtant, il devrait désormais être évident que rien n'aurait pu sauver les chantiers navals, les mines de charbon et les aciéries. Un processus similaire de désindustrialisation s'est déroulé dans les autres pays d'Europe occidentale et les seuls partis qui parlent toujours de "faire revivre notre industrie" sont <em>Respect</em> [NdT : parti socialiste anglais], les socialistes écossais et le BNP [NdT : <em>British National Party</em>, parti nationaliste anglais].</p>
<p>Non, ce que les gauchistes (avec des exceptions honorables) trouvent si difficile de pardonner, c'est le succès même de cette femme : le fait qu'elle ait secouru un pays qu'ils avaient déshonoré et appauvri. Elle a hérité d'une Grande-Bretagne sclérosée, endettée et en déclin, et elle l'a laissé fière, riche et libre. Enfin, elle n'a jamais perdu une élection contre eux. Leur rage, en vérité, ne peut être apaisée car c'est la rage de Caliban.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2RhbmllbGhhbm5hbi8xMDAyMTExOTYvbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXItdG9vay1hLXJ1aW5lZC1kaXNob25vdXJlZC1hbmQtYmFua3J1cHQtYnJpdGFpbi1hbmQtbGVmdC1pdC1wcm9zcGVyb3VzLWNvbmZpZGVudC1hbmQtZnJlZS8=">Sur le web</a>.<br />
Traduction : Cthulhu/<em>Contrepoints</em>.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmU=">Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWU=">Margaret Thatcher, apôtre de l'anticommunisme</a></li>
<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>La révolution de Margaret Thatcher</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/10/121057-la-revolution-de-margaret-thatcher</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 05:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie générale]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
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		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher a restauré l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avant Thatcher, l'économie était sclérosée et dominée par les syndicats, les milieux d'affaires étant recroquevillés sur eux-mêmes. Margaret Thatcher a restauré l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme. </strong></p>
<p><strong><span id="more-121057"></span></strong></p>
<p><strong>Par John Blundell [*]</strong></p>
<p>Les mois qui ont précédé ont été nommés « l'hiver du mécontentement », comme dans <em>Richard III</em> de Shakespeare – et c'était sombre, très sombre en effet. Il y avait des piquets de grève dans les ports, dans les raffineries de pétrole et devant les fabricants de biens de première nécessité ; l'approvisionnement en gaz était interrompu et les stations-service fermées. Les ambulanciers étaient en grève – ne répondaient pas aux appels d'urgence dans beaucoup de zones. Le personnel administratif hospitalier (non médical) décidait qui devait être admis et si des gens mourraient, ainsi soit-il. Les éboueurs et les fossoyeurs se mettaient en grève, et les ordures comme les cercueils s'entassaient. Il y avait pénurie alimentaire. British Rail publiait le communiqué de presse le plus court de l'histoire : « Il n'y a pas de train aujourd'hui. » Les femmes enceintes se voyaient refuser des services médicaux. Des foyers pour personnes handicapées étaient bloqués. Des chariots transportant les repas aux personnes âgées étaient brisés.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXIvcG9zdGVyMTJtYXI3OV82Mjk=" rel=\"attachment wp-att-121058\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121058" title="Élections UK 1979" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/poster12mar79_629.jpg?16fe88" alt="" width="629" height="454" /></a></p>
<p>La Grande-Bretagne gisait au 19e rang sur 22 dans le tableau de l'OCDE. L'ambassadeur français déclarait que l'on souffrait d'une « dégringolade » ou d'une chute vers la maladie ; l'ambassadeur de l'Allemagne de l'Ouest disait que nous avions l'économie de l'Allemagne de l'Est. Nous avions joui d'une inflation à deux chiffres pendant cinq des six dernières années, avec une moyenne de 16% et un maximum de 24%.</p>
<p>Cela a duré du 3 janvier 1979 jusqu'au 28 mars 1979, lorsque le gouvernement socialiste est tombé. L'élection qui a suivi, le 3 mai 1979, a propulsé Margaret Thatcher au 10, Downing Street le lendemain. Elle devait y vivre pendant 11 ans et demi, suivis de six ans de John Major. Alors que s'est-il passé entre 1979 et l'avènement de Tony Blair en 1997 ?</p>
<p>La première initiative audacieuse de Mme Thatcher a été de suspendre le contrôle des changes, afin de libérer la livre. Les Britanniques n'avaient plus à mendier, passeport en main, auprès de leur agence de banque de la monnaie étrangère. Elle a aboli le contrôle des prix et des dividendes, les limites dans la location, les permis de développement, les contrôles de paiement et les certificats de développement industriel. Vingt-et-une zones sinistrées – victimes de la socialisation municipale menée par les deux partis – ont été transformées en « zones d'entreprises » – avec une régulation et une fiscalité beaucoup plus légères.</p>
<p>La politique économique a évolué en prenant appui sur les taux d'intérêt et la politique monétaire pour maîtriser l'inflation et les dépenses publiques plutôt que sur la taxation des revenus. Mme Thatcher a dû faire face à 364 économistes qui voulaient qu'elle relance à plus grande échelle et qu'elle restaure les contrôles des salaires et des prix. Quand l'archisocialiste Michael Foot a agité les 364 noms devant son visage à la Chambre des Communes et l'a mis au défi d'en citer deux qui la soutenait, elle a répondu sèchement : « Patrick Minford et Alan Walters ». Mais dans la voiture qui se dirigeait vers le 10 Downing Street, elle a confié : « Dieu merci, il n'en a pas demandé trois ! »</p>
<p>Elle a convaincu de nombreuses villes de sous-traiter à des entreprises privées la prestation de services « publics ». Ce qui a créé une nouvelle industrie de 30 milliards de livres (45 milliards de dollars) qui a permis d'épargner au contribuable 20 milliards de livres (30 milliards de dollars) chaque année. Morceau par morceau, elle a réformé le mouvement syndical, l'a ramené dans l'État de droit et l'a rendu à ses membres, à l'écart des extrémistes. Grâce à son franc-parler, elle a transformé la vision de la nation à l'égard de l'économie de marché. Entreprise par entreprise, elle a dénationalisé les fleurons de l'économie, transformant ainsi leur destinée, et déclenchant un mouvement mondial. Elle a enseigné à la nation la nécessité des restrictions monétaires et l'importance de vivre selon ses moyens. Trois millions de familles sont passés d'une situation de servage en tant que locataires de logements publics à la liberté de devenir propriétaires de leur propre maison grâce sa brillante « stratégie de droit d'achat ». Mme Thatcher a réduit les taux d'imposition des tranches supérieures de 83% à 60% sur les revenus, et de 98% à 75%, et plus tard à 40%.</p>
<p>Les Britanniques ont pu de nouveau marcher la tête haute grâce à son approche ferme et forte des relations étrangères. Au péril de sa vie, elle a enclenché le processus qui a mené à la paix en Irlande du Nord. Mme Thatcher et le président Reagan se sont serrés les coudes pour abattre ensemble le Mur sans un coup de feu, détruisant ainsi l'Empire du Mal. Et surtout, elle a veillé à ce que tous les futurs gouvernements britanniques voient dorénavant les marchés d'un bon œil.</p>
<p>Alors, quels ont été les résultats ?</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXIvaW5mbGFjaW9uX3BpYl91a19oaXN0b3J5" rel=\"attachment wp-att-121061\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121061" title="Inflation PIB UK" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/inflacion_pib_uk_history-e1365515469876.jpg?16fe88" alt="" width="640" height="484" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les exilés fiscaux tels que Michael Caine sont revenus. La réputation et la fuite des cerveaux se sont inversées. Le Royaume-Uni a bondi du 19e rang au 2e sur la liste de l'OCDE. Le nombre de travailleurs indépendants a doublé, passant de 7% à 14% de la population active. Quasi inexistante en 1979, l'industrie capitaliste à risque britannique a dépassé, en six ans, deux fois la taille de l'ensemble du secteur de la communauté économique européenne. La classe moyenne a progressé de 33% à 50% de la population et les propriétaires de 53% à 71%. Les actionnaires sont passés de 7% de la population à 23%, et, parmi les personnes syndiquées, de 6% à 29%. Le pourcentage de salariés syndiqués a chuté de plus de 50% à moins de 20%. Et les pertes pour cause de grève sont passées de 29,5 millions par an à 500.000.</p>
<p>Ç’a été une transformation étonnante. Avant Thatcher, l'économie sclérosée et dominée par les syndicats proposait des produits médiocres et des service de mauvaises qualités, avec un milieu d'affaires recroquevillé sur lui-même. Depuis l'ère Thatcher, même l'extrême-gauche institutionnelle que représente la BBC s'est mise à couvrir l'information concernant l'entreprise privée, tant est devenu grand l'intérêt des salariés, des entrepreneurs et des actionnaires pour le capitalisme. Services et qualités ont été améliorés au-delà des rêves les plus fous. C'est pourquoi nous saluons aujourd'hui une grande dame qui a redonné ses lettres de noblesses à la Grande-Bretagne.</p>
<p><em>Article publié à l'occasion des 30 ans de l'arrivée de Margaret Thatcher au 10 Downing Street.</em></p>
<p>---<br />
<a title=\"BLUNDELL: Margaret Thatcher’s revolution\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53YXNoaW5ndG9udGltZXMuY29tL25ld3MvMjAwOS9tYXkvNC9tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcnMtcmV2b2x1dGlvbi8/cGFnZT1hbGw=" target=\"_blank\">Traduit de l'anglais</a>.</p>
<p><strong>[*] John Blundell</strong> fut directeur général de l’<a title=\"Institute of Economic Affairs\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTAvMTAvMDQvMjc4NS1pbnN0aXR1dGUtb2YtZWNvbm9taWMtYWZmYWlycw==" target=\"_blank\">Institute of Economic Affairs</a>, considéré comme le laboratoire d’idées le plus prestigieux au Royaume-Uni, de 1993 à 2009. M. Blundell a participé à la création et au développement de nombreux organismes de recherche aux quatre coins du monde.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
</strong></p>
<ul>
<li><a title=\"Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDczLXRoYXRjaGVyLWV0LWxldXJvcGUtdW4taGVyaXRhZ2UtcG9saXRpcXVlLW1lY29ubnU=" rel=\"bookmark\">Thatcher et l'Europe : un héritage politique méconnu</a></li>
<li><a title=\"Mort de Thatcher : point de vue britannique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMTE3LW1vcnQtZGUtdGhhdGNoZXItcG9pbnQtZGUtdnVlLWJyaXRhbm5pcXVl" rel=\"bookmark\">Mort de Thatcher : point de vue britannique</a></li>
<li><a title=\"La révolution de Margaret Thatcher\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDU3LWxhLXJldm9sdXRpb24tZGUtbWFyZ2FyZXQtdGhhdGNoZXI=" rel=\"bookmark\">La révolution de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
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<li><a title=\"Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMTAvMTIxMDUwLXRoYXRjaGVyLWxlLXBvdC1kZS1jaGFtYnJlLWNvbnRyZS1sYS1kYW1lLWRlLWZlcg==" rel=\"bookmark\">Thatcher : le pot de chambre contre la Dame de Fer</a></li>
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		<title>Margaret Thatcher, apôtre de l&#039;anticommunisme</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 06:12:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marian Tupy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[anticommunisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>

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		<description><![CDATA[Margaret Thatcher était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse de la liberté. Témoignage.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Margaret Thatcher était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse de la liberté. Témoignage.<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Marian L. Tupy, depuis les États-Unis.</strong><br />
<span id="more-121014"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIxMDE0LW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWFwb3RyZS1kZS1sYW50aWNvbW11bmlzbWUvdGhhdGNoZXJfMTY3MDgwN2M=" rel=\"attachment wp-att-121017\"><img class="aligncenter size-full wp-image-121017" title="Thatcher_1670807c" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher_1670807c.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="288" /></a></p>
<p>Pour beaucoup de gens, la démission de Margaret Thatcher (et maintenant sa mort) sera l'un de ces moments qu'ils n'oublieront jamais. Comme l'assassinat de Kennedy pour la génération précédente, beaucoup se souviendront toujours de ce qu'ils faisaient quand ils ont entendu la triste nouvelle.</p>
<p>C'était le 22 novembre 1990 et j'étais sur le point de quitter l'appartement de mes parents à Zilina, en Tchécoslovaquie, pour rencontrer un ami. En sortant, j'ai entendu la radio annoncer la brutale nouvelle – Margaret Thatcher avait démissionné. Comment cela se pouvait-il ? N'était-elle pas très populaire chez elle et un titan sur la scène mondiale ? Pour nous (les peuples d'Europe de l'Est qui profitaient de leur première année de liberté ), elle était beaucoup plus que la première femme britannique au poste de Premier ministre.</p>
<p>Elle était la voix spontanée contre l'oppression communiste et une promotrice courageuse du marché libre. Les médias communistes d'Europe de l'Est (et les médias socialistes d'Angleterre pourrait-on ajouter) vomissaient leur poison contre elle de façon régulière. Pour nous, cela était rassurant : s'ils la détestaient, elle devait être bien.</p>
<p>Ayant grandi derrière le rideau de fer, je n'aurais jamais pensé quitter ma ville natale, encore moins voyager à l'étranger et la rencontrer. Mais ce fut le cas. C'était le 5 octobre 2002 et j'étais sur une escale à Londres. Le lendemain, je prenais l'avion pour Washington et commençais mon travail au <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy8=">Cato Institute</a>.</p>
<p>Mes amis (<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hZWkub3JnL3NjaG9sYXIvcm9nZXItYmF0ZS8=">Roger Bate</a>, maintenant à l'AEI et Richard Tren, maintenant à la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zZWFybGVmcmVlZG9tdHJ1c3Qub3JnL2NvbnRhY3R1cy5odG1s">Fondation Searle</a>) m'avaient invité à un diner célébrant le lancement du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cucmVhc29uLm9yZy9iYXN0aWF0Lw==">prix Frédéric Bastiat</a> pour le journalisme défendant le marché libre. L'un des gagnants était Amity Shlaes que j'aurai le plaisir de vous présenter à <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ldmVudHMvdGF4LWN1dHRpbmctZWNvbm9taWMtZ3Jvd3RoLWxlc3NvbnMtY29vbGlkZ2UtdGF4LXJlZm9ybQ==">un événement</a> du Cato Institute ce jeudi. Lorsque Margaret Thatcher arriva, descendant les escaliers avec Denis [NdT : son mari], il y eut un silence soudain suivi d'applaudissements. À ce moment, elle ne faisait plus de discours et ses apparitions publiques se faisaient de plus en plus rares. Pourtant, sa présence ajoutait de la gravité au lancement de ce grand prix qui existe encore aujourd'hui.</p>
<p>Mon amie <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21lcmNhdHVzLm9yZy92ZXJvbmlxdWUtZGUtcnVneQ==">Véronique de Rugy</a> était assise à côté de Mme Thatcher lors du dîner et ainsi, je suis allé la saluer à un moment. Thatcher m'a serré la main et m'a demandé d'où je venais. Lorsque je lui dis que je venais de Tchécoslovaquie, elle fut ravie. Je lui rappelais que les personnes d'Europe de l'Est avaient une véritable affection pour elle et lui étaient reconnaissants de ce qu'elle avait fait pour provoquer la chute du communisme. "Vous savez" lui dis-je "les communistes vous ont vraiment détesté". "Bien, bien" rit-elle "J'en suis heureuse". Puis elle m'a donné un de ses regards perçants et m'a dit "Nous avons gagné à la fin".</p>
<p>Oui, vous avez gagné Margaret.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ibG9nL21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWJyaWVmLXBlcnNvbmFsLXJlY29sbGVjdGlvbg==">Sur le web</a>.<br />
<em>Traduction : Cthulhu/Contrepoints.</em></p>
<p><strong>Notre édition spéciale Margaret Thatcher :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
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		<title>Margaret Thatcher : une Dame de fer pleine de verve</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 06:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cato Institute</dc:creator>
				<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Animée par un esprit vif, Margaret Thatcher était aussi une mine de citations.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Animée par un esprit vif, Margaret Thatcher était aussi une mine de citations.</strong></p>
<p><strong>Par Walter Olson, depuis les États-Unis.</strong><span id="more-120953"></span><br />
<em>Un article du Cato Institute.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTUzLW1hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLXVuZS1kYW1lLWRlLWZlci1wbGVpbmUtZGUtdmVydmUvbWFyZ2FyZXRfdGhhdGNoZXJfODA2MzM5NzlfbGxfMTIxMjIxX3dn" rel=\"attachment wp-att-120954\"><img class="aligncenter  wp-image-120954" title="margaret_thatcher_80633979_ll_121221_wg" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/margaret_thatcher_80633979_ll_121221_wg.jpg?16fe88" alt="" width="512" height="288" /></a></p>
<p>Son talent de leader politique mis à part, ainsi que ses critiques percutantes de la morale du socialisme et du communisme (qui vont clairement de pair avec le premier point), <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvVGhhdGNoZXI=">Margaret Thatcher</a> était aussi une mine de citations. Sur la stupidité économique qu’elle combattait sans relâche : « <em>Le problème avec le socialisme est qu’on finit toujours par tomber à court de l’argent des autres</em> ». Sur la popularité : « <em>Si votre seul objectif est d’être aimé, vous serez prêt à tous les compromis à chaque instant et vous n’arriverez à rien</em> ». Sur la productivité et la charité : « <em>Personne ne se souviendrait du Bon Samaritain s’il n’avait eu que de bonnes intentions ; il avait aussi de l’argent</em> ». Sur l’hostilité de la presse : « <em>Si mes critiques me voyaient marcher sur la Tamise, ils diraient que je suis incapable de nager</em> ». Et tant d’autres, dont certaines des meilleures ont été recueillies <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnNwZWN0YXRvci5jby51ay9jb2ZmZWVob3VzZS8yMDEzLzA0L21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLWluLXF1b3Rlcy8/ZmJfYWN0aW9uX2lkcz0xMDE1MTU4OTMyODA3MDQyMQ==">par le<em> U.K. Spectator</em></a>.</p>
<p>Si vous avez le temps de lire un article de plus sur Thatcher aujourd’hui, je vous conseille<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy52YW5pdHlmYWlyLmNvbS9wb2xpdGljcy9mZWF0dXJlcy8yMDExLzEyL21hcmdhcmV0LXRoYXRjaGVyLTIwMTExMg=="> le texte excellent et plein d’anecdotes</a> écrit en 2011 pour <em>Vanity Fair</em> par son biographe Charles Moore. Comme bien d’autres, Moore est fasciné par la force de personnalité de Thatcher qui lui a souvent valu des qualificatifs tels que « dure comme l’acier » et « indomptable ». Thatcher, comme <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX1JlYWdhbg==">Ronald Reagan</a>, a été capable de se réinventer plus d’une fois, telle la figure du « <em>self made man</em> » qu’on associe surtout à l’Amérique. Ainsi, lorsqu’elle s’est attaquée à la scène mondiale, elle a pris des cours (suivant les conseils de Sir Laurence Olivier) sur la bonne manière de s’habiller et de parler auprès du professeur de diction du National Theater.</p>
<p>Thatcher défendait aussi les intellectuels et fut l’une des premières à voir le potentiel des <em>think tanks</em> :</p>
<blockquote><p>Son plus grand mentor politique, Sir Keith Joseph, était presque parfait à ses yeux : intellectuel, beau, juif et aristocrate [quatre catégories chères à son cœur]. Il a diagnostiqué après la guerre (et s’en rendait responsable) une crise de socialisme en Grande Bretagne se manifestant par de l’interventionnisme, une mauvaise politique monétaire et sociale et des syndicats trop puissants. Il accusait les Tories d’avoir été complices de tout cela. Selon lui, il était temps de mettre au point une nouvelle stratégie, et il créa un <em>think tank</em> nommé le Center for Policy Studies pour ce faire. Margareth Thatcher en devint vice-présidente et son disciple.</p></blockquote>
<p>Thatcher a fait beaucoup d’erreurs, mais avait le mérite d’en tirer des leçons et de réviser ses jugements, comme lorsqu’elle pensa avoir été trop enthousiaste pour le projet d’intégration européenne : «<em> Nous n’avons pas aboli les frontières au sein de la Grande Bretagne pour les voir ré-établies à un niveau européen, par un super-État européen exerçant sa nouvelle domination depuis Bruxelles.</em> »</p>
<p>« <em>Je sais être extrêmement patiente à condition que les choses finissent par aller dans mon sens</em> » est une autre remarque mémorable de Thatcher. Elle s’y est tenue la plupart du temps, au bénéfice du Royaume-Uni et du monde.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXRvLm9yZy9ibG9nL3RoYXRjaGVyLWFuZWNkb3Rlcy1iaW9ncmFwaGVy">Sur le web</a>.<br />
Traduction : Lancelot/<em>Contrepoints</em>.</p>
<p><strong>Notre édition spéciale Margaret Thatcher :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwODg0LTEwLWxlY29ucy1hcHByaXNlcy1kZS1tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlcg==">10 leçons apprises de Margaret Thatcher</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRl">Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDgvMTIwOTEzLXRoYXRjaGVyLXVuZS1zb3VyY2UtZGluc3BpcmF0aW9uLXBvdXItbGEtZnJhbmNl">Thatcher : une source d'inspiration pour la France ?</a></li>
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</ul>
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		<title>Hommage à Lady Maggie, « la seule politique libérale cohérente »</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 05:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Bouchat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire du libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Royaume Uni]]></category>

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		<description><![CDATA[Friedrich Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Il est vrai qu'elle fut l'un des meilleurs avocats de la Liberté, l'instaurant dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, et moral.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Friedrich Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Il est vrai qu'elle fut l'un des meilleurs avocats de la Liberté, l'instaurant dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, et moral.</strong><br />
<span id="more-120974"></span><br />
<strong>Par Philippe Bouchat.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDkvMTIwOTc0LWhvbW1hZ2UtYS1sYWR5LW1hZ2dpZS1sYS1zZXVsZS1wb2xpdGlxdWUtbGliZXJhbGUtY29oZXJlbnRlL3RoYXRjaGVyLW1hcmdhcmV0" rel=\"attachment wp-att-120979\"><img class="aligncenter size-full wp-image-120979" title="Thatcher Margaret" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/Thatcher-Margaret.jpg?16fe88" alt="" width="480" height="334" /></a></p>
<p>Ainsi donc la Dame de Fer n’a pas survécu à l’oxydation du temps : elle s’en est allée à 87 ans, frappée par la maladie, comme on dit pudiquement. Au-delà de l’émotion – elle est la personnalité politique qui m’a le plus marqué avec Ronald Reagan –, quel héritage nous laissera-t-elle ?</p>
<p><strong>Une persévérance en tant que premier ministre</strong></p>
<p>Margaret Thatcher a été élue premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, suite à sa détermination à faire tomber le gouvernement travailliste de James Callaghan. Le vote, à la Chambres des Communes, fut étroit : 310 voix pour le maintien du gouvernement contre… 311 voix pour sa destitution. C’était le 28 mars 1979. Dès cet instant, Margaret Thatcher, premier ministre du <em>Shadow Cabinet</em> devient, virtuellement, le nouveau premier ministre de Sa gracieuse Majesté au moment où le Royaume-Uni est considéré par ses pairs comme « l’homme malade de l’Europe ». À plusieurs reprises, on prédit sa chute, mais à chaque fois, elle fut réélue haut la main (en 1983 et en 1987) ; elle devait également l’être encore une fois fin 1990 si elle n’avait pas été trahie par les siens et, en particulier, par John Major. Elle est donc restée presque 12 ans au pouvoir, ce qui constitue un bel exercice de longévité !</p>
<p><strong>Une révolution économique</strong></p>
<p>Dès sa première <em>Loyal Address </em>(Discours du Trône), elle a donné le ton de ce qu’allait être ses 3 mandats. La priorité serait désormais donnée à l’élargissement du choix (donc de la liberté) et de l’accès à la propriété. Concrètement, celle qui ne fut encore surnommée <em>The Iron Lady</em>, annonçait la réduction drastique des activités du <em>National Enterprise Board </em>(NEB), homologue britannique du Commissariat au Plan et la restitution au secteur privé des entreprises et capitaux d’État. À cette époque où le monde ne jure que par les propositions de Keynes, son programme choque et sonne le tocsin du socialisme ambiant. Mais les décisions les plus symboliques de son début de 1<sup>er</sup> mandat sont, d’une part, la suppression de la Commission de contrôle des prix et, d’autre part, sa lutte contre les grévistes du secteur minier. De manière générale, elle cassa le traditionnel <em>closed shop</em> selon lequel seuls les travailleurs syndiqués peuvent trouver un job, supprimant ainsi enfin le monopole syndical de l’embauche. La loi sur l’emploi de 1980 instaura une véritable révolution salariale : à l’avenir, les salaires dépendraient de l’état de chaque secteur industriel et non d’un alignement automatique sur ce qu’obtenaient les autres secteurs.</p>
<p>Dès son premier exercice budgétaire, elle se montra intraitable dans sa lutte contre l’inflation (10% en 1979) et décida de réduire massivement la masse monétaire, appliquant ainsi les théories de l’<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTW9uJUMzJUE5dGFyaXNtZQ==">école monétariste</a> de Chicago de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWlsdG9uX0ZyaWVkbWFu">Milton Friedman</a>, par l’adoption de taux d’intérêt élevés. Elle décida aussi de réduire le plafond de l’impôt sur le revenu de 83% à 60% maximum et de diminuer le taux de base de 33 à 30%. Pour financer cette diminution de l’imposition directe, elle augmenta l’imposition indirecte (TVA) de 8 et 12% à un taux unique de 15%. Elle décida également d’opérer des coupes dans les dépenses de tous les ministères (6,5 milliards de £) et n’hésita pas à qualifier les ministres réticents de <em>wets</em> (poules mouillées).</p>
<p>En un mot, on passa du socialisme le plus poussé au véritable libéralisme appliqué en économie, ce qui fut une véritable révolution ! Les résultats ne se firent pas attendre : en mai 1983, l’inflation était redescendue à un taux de 3,7% ; le chômage fondit ; les dépenses furent maîtrisées.</p>
<p><strong>Une révolution sociale</strong></p>
<p>Elle fut une des premières à comprendre que le chômage structurel n’était pas seulement le fait des rouages de la macro-économie, mais aussi de l’inadéquation entre les demandes des entreprises en termes de profils d’embauche et l’offre d’emplois à l’issue du cursus scolaire et académique. Elle réforma donc la formation des enseignants, l’accessibilité à l’université et ouvrit l’enseignement au monde de l’entreprise. Elle instaura une nouvelle politique de logement pour faciliter l’accès à la propriété (sous sa mandature, le nombre de logements possédés par leurs habitants passa de 57 à 68%).</p>
<p><strong>Une réforme de l’administration</strong></p>
<p>Le nombre de fonctionnaires diminua de 100.000 unités lors du 1<sup>er</sup> mandat (passant de 732.000 à 630.000). Corollairement, les salaires des <em>civil servants</em> restants furent liés à la compétence. Cette culture du résultat et d’une administration amaigrie constitua également une véritable rupture avec les années travaillistes qui avaient vu le nombre de fonctionnaires considérablement augmenter. C’est également elle qui informatisa l’administration et simplifia les procédures.</p>
<p><strong>Une chef de guerre intraitable</strong></p>
<p>Quinze jours à peine après son entrée en fonction, elle dut affronter les actes révoltants des terroristes irlandais dont l’assassinat de Lord Mountbatten et de dix-huit soldats britanniques le même jour (le 27 août 1979). Jamais, elle ne pactisa avec l’IRA et monta souvent (physiquement) au front pour soutenir la population nord-irlandaise. Le peuple britannique lui en sera toujours reconnaissant. Malgré les attentats et les grèves de la faim, elle parvint à conclure plusieurs accords avec les Irlandais (83, 85, 87) pour changer le statut de l’Ulster et lui transférer de nombreuses compétences. Faut-il encore rappeler qu’elle remporta, en 1982, la guerre des Falklands (Malouines) contre l’Argentine au terme de 2 mois intenses où elle ne fléchit à aucun moment.</p>
<p><strong>Une diplomatie au service de la grandeur du Royaume-Uni et de la Liberté</strong></p>
<p>On connaît tous l’épisode de <em>"I want my money back"</em> où elle obtint une réduction structurelle du chèque britannique dans le cadre du budget européen. Les Français et les Allemands lui en veulent toujours d’ailleurs… Au-delà de cet acte apparemment égoïste, Margaret Thatcher fondait ses relations européennes sur une forte conviction. Relisons-là sur le sujet : <em>« Nous croyons en une Europe libre et non en une Europe uniformisée. (…) Nous insistons pour que les institutions de la Communauté européenne soient gérées de façon à accroître, partout sur le continent, la liberté individuelle. On ne doit pas permettre à ces institutions de sombrer dans la bureaucratie. » </em>De Gaulle n’aurait pas désavoué un tel discours !</p>
<p>Avec <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX1JlYWdhbg==">Ronald Reagan</a>, elle se fit l’apôtre de l’atlantisme au sein de l’OTAN et fut le véritable « découvreur » de Gorbatchev en Occident. Elle imposa la dérégulation au menu des réunions du G7 et anima avec passion le Commonwealth. Elle prépara avec maestro la rétrocession d’Hong-Kong à la Chine tout en insistant auprès des autorités chinoises pour que le capitalisme y demeure. La Chine y fit son laboratoire et sauva la face en créant le principe du pays unique (la Chine dont HK fait partie intégrante) avec deux statuts (communisme et capitalisme).</p>
<p><strong>Le libéralisme comme mode de vie</strong></p>
<p>Dans la mesure où la politique économique menée par les gouvernements Thatcher successifs fut couronnée de succès, la gauche décida à partir de 1986 de l’attaquer sous l’angle moral : le libéralisme prôné par la Dame de Fer serait criminogène et déliterait la cohésion sociale. La qualité de vie serait gravement menacée selon les travaillistes. Face à ces accusations, elle commença par saper les bases du socialisme en affirmant : <em>« Il y a des individus, des femmes et des hommes et il y a des familles. (…) Les gens doivent d’abord s’occuper d’eux-mêmes. C’est notre devoir d’être responsables de nous-mêmes, puis de nous soucier de notre voisin. »</em> En aucun cas, la société, notion abstraite, ne peut être responsable ni victime. Elle construisit ensuite une politique familiale forte en responsabilisant les parents par la réduction des aides en cas de comportements irresponsables. De manière générale, elle diminua la dépendance à l’État et instaura les mesures propices à encourager l’autonomie. Elle compliqua le recours au divorce, afin d’encourager les parents à rester soudés. Pour le reste, elle estima que l’État, hormis ces tâches, n’avait pas à intervenir dans la sphère familiale. Elle libéra encore les arts et l’audiovisuel et la recherche scientifique.</p>
<p><strong>En conclusion</strong></p>
<p>Quel homme politique peut donc se targuer d’un tel bilan ? Elle instaura la Liberté dans tous les secteurs économique, social, politique, diplomatique, etc. Elle fut le meilleur avocat de la Liberté et n’oublia jamais que le libéralisme authentique a un volet moral indispensable ! C’est en ce sens que Hayek vit en elle la seule politique libérale cohérente. Je voudrais pour conclure reprendre la devise de son mari, Dennis, qu’elle fit sienne et qui, pour moi, la résume à merveille : <strong><em>« Le <span style="text-decoration: underline;">désir</span> de vaincre est inné chez la plupart d’entre nous ; la <span style="text-decoration: underline;">volonté</span> de vaincre est une question d’entraînement ; la <span style="text-decoration: underline;">manière</span> de vaincre est une question d’honneur ! » </em></strong>Quel panache !  Thanks so much Lady Thatcher and God bless you !</p>
<p>---<br />
Note : Pour la rédaction de cet article, je me suis librement inspiré de ses mémoires, intitulées en français<em> 10, Downing Street</em>, publiées chez Albin Michel en 1993.</p>
<p><strong>Décès de Margaret Thatcher, notre dossier :<br />
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