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	<title>Contrepoints &#187; Cinéma</title>
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	<description>Le nivellement par le haut</description>
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		<title>Festival de Cannes : Vous reprendrez bien un peu de parité ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 05:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Créteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Liberticides & Co]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Aurelie Filippetti]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[Najat Vallaud-Belkacem]]></category>
		<category><![CDATA[parité]]></category>

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		<description><![CDATA[Peu de femmes dans le cinéma, la culture et les plateaux télé ? Imposons la parité, subventionnons les femmes et censurons les hommes ! Garanti 100% Najat.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Trop peu de femmes dans la sélection du festival de Cannes, dans les commissions de financement et sur les plateaux télé. Vous reprendrez bien un peu de parité ?</strong></p>
<p><strong>Par Baptiste Créteur.</strong><br />
<span id="more-124903"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyNTIwOQ==" rel=\"attachment wp-att-125209\"><img class="aligncenter  wp-image-125209" title="festival-cannes-2013" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/festival-cannes-2013.jpg?16fe88" alt="" width="522" height="293" /></a></p>
<p>Une fois que le mot est lancé et le concept affuté, il n'y a plus de limites. Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, trouve qu'il faudrait une égale répartition entre hommes et femmes à peu près partout, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzAvMTE5Nzk4LW5hamF0LXZhbGxhdWQtYmVsa2FjZW0tcGFyaXRlLWltcG9zZWUtZXQtZWdhbGl0ZS1yZWVsbGU=">peu importe s'il faut pour cela faire de la discrimination envers les hommes</a>.</p>
<p>C'est aujourd'hui au Festival de Cannes qu'elle s'attaque. Aucune réalisatrice en course l'an dernier, une seule cette année : malgré cette fulgurante progression de la parité, il faut <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5saWJlcmF0aW9uLmZyL2N1bHR1cmUvMjAxMy8wNS8xOS91bi1kaWFnbm9zdGljLWRlcy1pbmVnYWxpdGVzLWhvbW1lcy1mZW1tZXMtZGFucy1sZS1jaW5lbWFfOTA0MDYz">fixer des règles pour renforcer la place des femmes dans le cinéma</a>. Il s'agit aujourd'hui d'un état des lieux, qui permettra de faire toute leur place aux femmes dans le cinéma en revoyant notamment les mécanismes de subventionnement :</p>
<blockquote><p>Un diagnostic sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans le cinéma a été commandé au Centre national du Cinéma, a annoncé dimanche à Cannes la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. <em>«Cet état des lieux a été commandé pour y voir plus clair d’ici l’automne sur ces inégalités hommes-femmes et sur les mécanismes de subventionnement des films»</em> par rapport à ces inégalités, a précisé Mme Vallaud-Belkacem qui a précisé avoir agi en accord avec sa collègue de la Culture, Aurélie Filippetti.</p></blockquote>
<p>S'il est bien un endroit où les femmes ont toute leur place, c'est sur <em>Contrepoints</em> : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9uYWphdC12YWxsYXVkLWJlbGthY2VtLw==">Najat</a> et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9hdXJlbGllLWZpbGlwZXR0aS8=">Aurélie</a> sont régulièrement mentionnées ici pour la grande qualité de leurs interventions trollesques, l'impressionnante constance de leurs penchants liberticides et le rythme élevé de leur production d'idées aussi farfelues que dangereuses. En clair, on va ici proposer des subventions à géométrie variable selon la tête du client – ou plutôt selon son sexe.</p>
<p>Évidemment, l'idée de subventionner un film est, en soi, grotesque, puisque <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMDYvMTEwNDIxLWNvbW1lLXBvdXItbGEtcHJlc3NlLWxhLXN1YnZlbnRpb24tYS1tYXNzYWNyZS1sZS1jaW5lbWEtZnJhbmNhaXM=">contraire à l'encouragement de la qualité et au choix des individus</a>. Mais afficher avec une telle décontraction un objectif de subventionner plus massivement les films réalisés par des femmes que les films réalisés par des hommes relève du constructivisme à niveau olympique, de la même façon que des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTIvMjUvMTA5MTk1LW5hamF0LXZhbGxhdWQtYmVsa2FjZW0tZmVtbWVzLWplLXZvdXMtYWlkZQ==">aides ciblées destinées aux femmes désireuses de créer une entreprise</a> – les aides à la création d'entreprise étant au moins aussi efficaces que les subventions au cinéma.</p>
<p>Mais attention, il ne faudrait pas se contenter de donner aux femmes réalisatrices de pleines poignées d'argent du contribuable – qui ne manqueront pas de susciter des vocations – mais aussi de pré-sélectionner les films lors des festivals pour que les femmes y soient dignement représentées.</p>
<blockquote><p>Mme Vallaud-Belkacem a également lancé l’idée d'<em>«une réflexion sur les processus de sélection des festivals avant même que les œuvres ne soient soumises au jury».</em></p></blockquote>
<p>Évidemment, évoquer ici la censure ou un art d’État serait une preuve évidente de misogynie. Comment serait-il envisageable en effet que, dans le monde actuel, les réalisateurs les plus talentueux soient plus souvent des hommes ? Qu'une femme plutôt qu'un homme ait réalisé un film ne le rend-il pas meilleur ?</p>
<p>On le voit bien ici, la liberté, la compétition et l'égalité des droits ne sont pas compatibles avec la parité ni avec <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMjAvMTE1NDI4LWxhLWx1dHRlLXBvdXItbGEtZGlzY3JpbWluYXRpb24tb3UtbGEtbGliZXJ0ZS1vdWJsaWVl">quelque forme de discrimination positive que ce soit</a>. Espérons qu'aucun réalisateur masculin écarté d'une compétition pour laisser la place qu'elle mérite à une femme n'avait pour rêve de décrocher un jour la palme d'or ; mais après tout, il ne l'aurait pas vraiment méritée :</p>
<blockquote><p>Selon le porte-parole du gouvernement, <em>«il est extrêmement important de se demander si des réflexes ou des habitudes plus ou moins inconsciemment à l’œuvre ne conduisent pas à creuser les inégalités».</em></p></blockquote>
<p>Voilà, ce n'est ni le talent ni la persévérance dans la réalisation d'un film (ou, en France, la course aux subventions) qui expliquent son succès et sa qualité, mais – peut-être – <em>des réflexes plus ou moins inconsciemment à l'œuvre</em>. Ce qui amène le jury à rappeler des évidences qui seraient presque amusantes si elles n'étaient pas sur le point de changer :</p>
<blockquote><p>Lors de la présentation de la compétition, le sélectionneur du festival de Cannes, Thierry Frémaux, avait assuré que <em>«les œuvres ne sont pas jugées à priori selon qu’elles sont réalisées par des hommes ou par des femmes»</em></p></blockquote>
<p>En plus du cinéma, la sympathique ministre souhaite voir hommes et femmes en quantités égales partout :</p>
<blockquote><p>La ministre des Droits des femmes a par ailleurs annoncé un projet de loi <em>«poussant très loin le principe de parité pour qu’il s’applique dans les établissements publics».</em> Une réflexion sera lancée aussi sur la mise en place de l’anonymat des candidats dans les commissions de financement, particulièrement dans le milieu culturel.</p></blockquote>
<p>En quantités égales, mais pas en qualités égales ; les critères de sélection jusqu'à présent méritocratiques ne sont plus de mise si on considère, comme Najat Vallaud-Belkacem, que <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMjYvMTIyNzA2LWxlcy1pbmVnYWxpdGVzLXNvY2lhbGVzLW5lLXNvbnQtcGFzLWRlcy1pbmp1c3RpY2Vz">les femmes sont par essence incompétentes et ne pourraient pas réussir d'elles-mêmes</a>. À toutes les femmes talentueuses que compte la France, j'exprime mon plus profond regret ; une ministre, censée me représenter, souhaite faire en sorte que votre compétence soit systématiquement remise en question lorsque vous parviendrez à un poste convoité.</p>
<blockquote><p>Le conseiller en charge de l’audiovisuel et du cinéma de la ministre de la Culture, Kim Pham, a pour sa part indiqué que la ministre souhaitait faire mieux respecter la parité homme-femme en ce qui concerne les experts qui participent à des émissions de télévision.</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDUvMjMvMTI0OTAzLXZvdXMtcmVwcmVuZHJlei1iaWVuLXVuLXBldS1kZS1wYXJpdGUvaW1nc2Nhbi1jb250cmVwb2ludHMtMjAxMzgzNC1mZXN0aXZhbC1kZS1jYW5uZXM=" rel=\"attachment wp-att-125261\"><img class="alignright  wp-image-125261" title="imgscan contrepoints 2013834 festival de cannes" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/05/imgscan-contrepoints-2013834-festival-de-cannes-952x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="322" /></a>Tant qu'à faire, autant que soit aussi remise en cause la compétence des experts féminins présents sur les plateaux télé. La liste des champs d'application de la parité devrait continuer de croître ; avant qu'il ne soit trop tard, j'aimerais proposer une idée à madame Vallaud-Belkacem qui simplifiera les choses.</p>
<p>Il suffirait en effet d'imposer que chacun soit, dans toutes ses interventions professionnelles, en binôme avec une personne du sexe opposé. Les réalisateurs primés seraient alors systématiquement hommes et femmes dans les mêmes proportions ; les experts des plateaux télé ne pourraient que bénéficier de cet apport de compétence et de diversité ; la fonction publique, particulièrement dans le milieu culturel, serait un magnifique exemple de parité. Sans oublier que cela doublerait mathématiquement le nombre de salariés en France, rétablissant presque instantanément le plein-emploi – ce qui n'est pas négligeable dans le contexte actuel. Alors, heureuse ?</p>
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		<item>
		<title>La liberté de critique cinématographique</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/05/01/123163-la-liberte-de-critique-cinematographique</link>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 05:41:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roseline Letteron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[critique cinématographique]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rose Bosch]]></category>

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		<description><![CDATA[Une récente décision de la Cour d'appel de Paris incite à refuser la pression du "politiquement correct" en matière de critique cinématographique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une récente décision de la Cour d'appel de Paris incite à refuser la pression du "politiquement correct" en matière de critique cinématographique.</strong></p>
<p><strong>Par Roseline Letteron.</strong><br />
<span id="more-123163"></span><br />
Sous l'angle des libertés publiques, le cinéma est généralement évoqué à travers la libre expression cinématographique, celle des scénaristes, des dialoguistes et, bien entendu, des réalisateurs. La Cour d'appel de Paris, dans une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0YXRpYy5wY2lucGFjdC5jb20vbWVkaWFzL2NhLXBhcmlzLWxhLXJhZmxlLXZzLW92ZXJibG9nLTQtYXZyaWwtMjAxMy5wZGY=">décision du 4 avril 2013</a>, vient précisément de rappeler que la liberté d'expression est aussi garantie à la critique cinématographique, même sévère.</p>
<p><strong>Un échange un peu vif...</strong></p>
<p>La requérante, madame B., est la réalisatrice du film <em>La Rafle</em>, qui proteste contre une critique de son film, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5zZWxlbmllLmZyL2FydGljbGUtcm9zZS1ib3NjaC1kZXZyYWl0LWZlcm1lci1nLTgyMzcyNjg4Lmh0bWw=">parue sur le blog Sélénie.fr</a>, blog consacré à la critique cinématographique. Au moment de la sortie du film,  le critique voyait dans le film "<em>une leçon de morale flagrante et appuyée, avec une dose de démagogie importante"</em> qui nuisait à sa qualité intrinsèque. En réponse, la réalisatrice affirmait : "<em>Je me méfie de toute personne qui ne pleure pas en voyant le film. Il lui manque un gène, celui de la compassion</em>". Et en réponse à un journaliste, elle ajoutait : "<em>On pleure pendant La Rafle parce que... on ne peut que pleurer. Sauf si on est un enfant gâté de l'époque, sauf si on se délecte du cynisme au cinéma, sauf si on considère que les émotions humaines sont une abomination ou une faiblesse. C'est du reste ce que pensait Hitler : que les émotions sont de la sensiblerie. Il est intéressant de voir que ces pisse-froid rejoignent Hitler en esprit, non ?</em>" L'auteur du blog a alors écrit que les propos de la réalisatrice étaient "<em>d'une connerie affligeante</em>", avant de lui recommander, sans précaution de langage excessive, de "<em>fermer sa g</em>.." Ce sont précisément ces propos, plus virulents que conteste l'intéressée.</p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEyMzE2Ng==" rel=\"attachment wp-att-123166\"><img class="aligncenter size-full wp-image-123166" title="la rafle-0" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/la-rafle-0.jpg?16fe88" alt="" width="597" height="395" /></a></strong></p>
<p><strong>Recours contre l'hébergeur</strong></p>
<p>Son recours vise, non pas l'auteur, mais l'hébergeur du blog, auquel elle demande non seulement la suppression de l'article qui lui déplait, mais aussi celle du site <em>Selenie.fr</em> dans son ensemble, le tout sous une astreinte de 1000 € par jour. Comme fondement juridique, elle invoque la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Mb2lfcG91cl9sYV9jb25maWFuY2VfZGFuc19sJTI3JUMzJUE5Y29ub21pZV9udW0lQzMlQTlyaXF1ZQ==">loi sur la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004,</a> plus précisément son article 6. Il énonce que les fournisseurs d'accès à internet ne sont pas civilement responsables des propos illicites tenus par un utilisateur du service, tant qu'ils n'ont pas effectivement connaissance de ce caractère illicite. <em>A contrario,</em> lorsque cette connaissance est avérée, et qu'ils n'ont pas fait preuve de promptitude pour supprimer ces données, leur responsabilité peut être engagée.</p>
<p>Pour demander le retrait des propos qu'elles jugent blessants et la fermeture du blog, la requérante ne s'appuie pas sur la loi de 1881 sur la presse, car son action serait alors prescrite, mais sur l'article 1382 du code civil. Elle doit donc démontrer que les propos tenus par l'auteur du blog lui causent un "<em>trouble manifestement illicite</em>". Dans ce but, elle affirme que la critique du site <em>Sélénie.fr</em> s'inscrit dans une "<em>campagne de désinformation</em>" comportant des "<em>propos outrageants</em>", et qu'elle est victime de dénigrement et d'atteinte à sa réputation.</p>
<p><strong>Absence de trouble manifestement illicite</strong></p>
<p>La Cour d'appel rappelle que pour que la mise en ligne d'un article constitue un trouble manifestement illicite, il faut évidemment que le contenu de cette publication présente un caractère manifestement illicite. Sur cette question, la Cour répond par la négative, en s'appuyant sur deux arguments.</p>
<p>Le premier repose sur l'analyse, en quelque sorte textuelle, des échanges. La Cour fait observer la "radicalité" des propos de la réalisatrice, qui a créé un "<em>rapprochement douloureux" "en ce qu'elle prétend que ceux qui considèrent les émotions humaines comme une abomination ou une faiblesse rejoignent Hitler</em>". Dans ces conditions, les réponses du critique ne sont pas dirigées contre la personne de madame B., mais s'analysent comme un "<em>désaccord sur la position de l'appelante, en termes certes vulgaires, mais demeurant dans le champ de la liberté de critique</em>". Le trouble manifeste n'est donc pas constitué, puisque l'appelante s'était elle-même livrée à des excès de langage.</p>
<div>
<p>Bien que le recours ne se situe pas dans le droit de la presse, on trouve là un raisonnement assez analogue de celui qui existe en matière d'injure, avec l'excuse de provocation. Le juge la reconnaît, par exemple dans une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUp1ZGkuZG8/b2xkQWN0aW9uPXJlY2hKdXJpSnVkaSZhbXA7aWRUZXh0ZT1KVVJJVEVYVDAwMDAwNzY0MDQwMiZhbXA7ZmFzdFJlcUlkPTY4NTQyOTc0MSZhbXA7ZmFzdFBvcz0x">décision de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 10 mai 2006</a>, lorsque l'injure a été proférée comme une "<em>réaction immédiate et irréfléchie aux propos de la victime</em>". Dans ce cas cependant, l'excuse de provocation n'a pas pour effet de supprimer la culpabilité de l'auteur des propos injurieux, mais peut fonder une décision le dispensant de peine. De la même manière, dans la décision du 4 avril 2013, la cour d'appel ne nie pas que l'auteur du blog a commis un excès de langage en demandant à la réalisatrice de "<em>fermer sa g...</em>", mais cet excès était une réaction un peu vivre contre des propos jugés eux-même particulièrement radicaux par le juge.</p>
<p>Le second argument, implicite cette fois, repose sur la prééminence de la liberté d'expression, et plus particulièrement de la liberté de critique cinématographique. Le juge reconnaît qu'un échange peut être vif lorsqu'il s'agit de donner son opinion sur une œuvre de l'esprit et que le débat d'idées peut parfois se déployer dans un style pamphlétaire. On sait que la Cour européenne considère déjà que les journalistes et les hommes politiques doivent bénéficier, sur ce point, d'une indulgence particulière. Le débat auquel ils participent peut quelquefois être si vif qu'il serait considéré comme injurieux dans un autre contexte. Dans son <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2h1ZG9jLmVjaHIuY29lLmludC9zaXRlcy9lbmcvcGFnZXMvc2VhcmNoLmFzcHg/aT0wMDEtNTc5MjY=">arrêt Pragger et Oberschlick c. Autriche du 26 avril 1995</a>, rendu à propos d'un article traitant d'"<em>imbécile</em>" le responsable d'un parti politique, la Cour européenne reconnaît que ce type de débat peut parfois comporter "<em>une certaine dose d'exagération, voire de provocation</em>". Aux journalistes et aux hommes politiques, il faut peut-être ajouter les critiques de cinéma qui ont aussi besoin de liberté de ton pour susciter le débat.</p>
<p>La décision de la Cour d'appel a quelque chose de rafraichissant, car elle constitue une sorte d'incitation à refuser la pression du "politiquement correct". Pour les lecteurs, c'est même une excellente nouvelle, car les débats sur les œuvres de l'esprit ont toujours été percutants, voire insolents. On imagine ce que deviendrait la critique cinématographique s'il n'était plus possible d'écrire qu'un film est mauvais, quand bien même, ou parce que, il fait étalage de bons sentiments. On se trouverait alors tout simplement dans un régime de censure.</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEzLzA0L2xhLWxpYmVydGUtZGUtY3JpdGlxdWUtY2luZW1hdG9ncmFwaGlxdWUuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Exclusif - Interview de Marc Missonnier : &quot;La mobilisation ne faiblira pas&#160;!&quot;</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/04/03/120391-exclusif-interview-avec-marc-missonnier-la-mobilisation-ne-faiblira-pas</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Apr 2013 06:30:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Avot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[contestation]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Missonnier]]></category>

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		<description><![CDATA[Producteur, Marc Missonnier a pris la tête du mouvement de contestation qui s’oppose au projet d’adoption de la nouvelle convention collective régissant le cinéma indépendant, qui pourrait tout simplement mener à sa disparition.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Producteur, Marc Missonnier a pris la tête du mouvement de contestation qui s’oppose au projet d’adoption de la nouvelle convention collective régissant le cinéma indépendant, qui pourrait tout simplement mener à sa disparition. <em>Contrepoints</em> a publié sur ce sujet <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjgvMTE5NzIyLWJyZWFraW5nLW5ld3MtbGUtY2luZW1hLWZyYW5jYWlzLWluZGVwZW5kYW50LWVzdC1tb3J0">un article</a> que vous avez été très nombreux à lire. Marc Missonnier donne aujourd’hui une interview exclusive à <em>Contrepoints </em>pour expliquer sa démarche.</strong><br />
<span id="more-120391"></span><br />
<strong>Entretien réalisé par Pascal Avot, pour <em>Contrepoints.</em></strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDQvMDMvMTIwMzkxLWV4Y2x1c2lmLWludGVydmlldy1hdmVjLW1hcmMtbWlzc29uaWVyLWxhLW1vYmlsaXNhdGlvbi1uZS1mYWlibGlyYS1wYXMvbWFyYy1taXNzb25uaWVy" rel=\"attachment wp-att-120406\"><img class="alignleft  wp-image-120406" title="marc missonnier" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/04/marc-missonnier.jpg?16fe88" alt="" width="239" height="240" /></a>De Molière au Petit Nicolas, en passant par Renoir, l'Enfant de Kaboul, 8 Femmes et tant d'autres, Marc Missonnier est un des producteurs les plus talentueux et les plus renommés du cinéma français. Faire un bon film à succès est son expertise. Il est également une des figures de proue du "Non" à la nouvelle convention collective imposée aux métiers du cinéma. La révolte grandit, Marc Missionnier explique. Interview exclusive d'un homme qui sait ce qu'il dit, et ne mâche pas ses mots.</p>
<p><strong> </strong><br />
<strong>Contrepoints (CP) : Quelle est, à cette heure, la situation sur la ligne de front opposant les "pour" et les "contre" de la nouvelle convention collective ?</strong><strong></strong></p>
<p>Marc Missonnier (MM) : Nous attendons la première rencontre avec le médiateur, M. Hadas-Lebel, afin de reprendre le dialogue avec les organisations de salariés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<h1 align="center">15.000 emplois vont disparaitre chaque année</h1>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>CP : J</strong><strong>eudi dernier, le journaliste Denis Robert annonçait que la Ministre de la Culture Aurélie Filippetti faisait marche arrière. Depuis, aucune source fiable n'est venue confirmer cette information. Y croyez-vous ?</strong><strong></strong></p>
<p>MM : La nomination d'un médiateur est le signe concret que le gouvernement s'est rendu compte qu'il allait dans le mur avec l'extension programmée d'un texte, signé – je le rappelle – par les grands groupes d'exploitation uniquement, c'est-à-dire quatre sociétés (Pathé, UGC, Gaumont et MK2) qui ne produisent que 5% des films français. La mobilisation des producteurs et des cinéastes a permis une prise de conscience politique du problème. Nous n'avons pas, à l'heure où je parle, d'indication claire sur l'attitude du Gouvernement et nous attendons d'en savoir un peu plus.</p>
<p><strong>CP : Considérez-vous que la nouvelle convention collective va empêcher des films de se faire ? Si oui, seront-ils nombreux ?<br />
</strong></p>
<p>MM : Oui. Parmi les raisons qui empêcheront certains films de se faire, il y a bien sûr la question des rémunérations qui pèseront très lourd pour certains films fragiles, mais aussi l'obligation d'employer des équipes complètes, alors même que la technologie nous permet des tournages de plus en plus légers. Nous avons réalisé une étude d'impact – disponible sur le site <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb252ZW50aW9ucG91cmxlbXBsb2kuZnIv" target=\"_blank\">www.conventionpourlemploi.fr</a> – qui montre que l'application brutale du texte en question aboutira à la disparition de 70 films et plus de 15 000 emplois intermittents par an en France. Je précise également que les producteurs sont POUR une convention collective. Nous avons d'ailleurs signé un texte en janvier dernier avec la CFDT et négocié avec FO, qui offre à tous les salariés du cinéma des garanties en revalorisant les pratiques salariales. Ce texte, le gouvernement s'obstine à ne pas en tenir compte.</p>
<p><strong>CP : Si la nouvelle convention collective est adoptée, va-t-on voir le chômage augmenter dans le cinéma français ?</strong></p>
<p>MM : Forcément. Moins de films signifie moins d'emplois, donc plus de chômage.</p>
<p><strong>CP : </strong><strong>Si le nouveau dispositif est adopté, les contribuables français vont-ils payer plus ou moins ?</strong></p>
<p>MM : Les contribuables n'ont rien à voir là-dedans. Cela n'affecte en rien les comptes de l’État, sauf à considérer l'augmentation des indemnités chômage des intermittents moins employés. Mais cela pèsera sur les cotisants, et non les contribuables stricto sensu.</p>
<p><strong>CP : Si le nouveau dispositif est adopté, les films seront-ils moins nombreux ?</strong></p>
<p>MM : Les films seront moins nombreux comme je l'ai dit précédemment, mais ce sont surtout les films fragiles ou de budget intermédiaire qui seront touchés. Nous donnons quelques exemples de ces films à cette adresse : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy55b3V0dWJlLmNvbS93YXRjaD92PWJDSlEyMjdyeFBN" target=\"_blank\">http://www.youtube.com/watch?v=bCJQ227rxPM</a> .</p>
<p><strong>CP : Si le nouveau dispositif est adopté, les films français seront-ils de moins bonne qualité ?</strong></p>
<p>MM : La qualité étant une notion subjective, je ne me risquerai pas à entrer dans ce débat.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<h1 style="text-align: center;" align="center">C’est un pan entier du cinéma qui est menacé</h1>
</blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>CP : Quels seront les travailleurs du cinéma les plus favorisés par cette nouvelle convention collective ? Et les moins favorisés ?</strong></p>
<p>MM : Ce texte est une prime aux techniciens installés et constitue une barrière à l'entrée pour ceux qui débutent. Le but sous-jacent est qu'il y ait moins de films en France, avec moins de techniciens et mieux payés. C'est une conception qui se défend. Ce n'est pas celle des producteurs indépendants et des plus de 600 réalisateurs qui les ont rejoint, qui considèrent que le nombre de films garantit la diversité, cette diversité que le monde entier nous envie. A-t-on envie d'un cinéma formaté, organisé par les grands groupes d'exploitation, ou veut-on conserver cette vitalité essentielle ?</p>
<p><strong>CP : Quelle incidence peut avoir la nouvelle convention collective sur le statut des intermittents du spectacle ?</strong></p>
<p>MM : Moins de films = moins d'emplois = moins d'intermittents. De ce point de vue, on réduit le problème du déficit du régime des intermittents, mais à quel prix…</p>
<p><strong>CP : Quelle incidence peut avoir la nouvelle convention collective sur les choix de scenarii ?</strong></p>
<p>MM : C'est tout un pan du cinéma français qui sera affecté, les films fragiles et les films au budget intermédiaire.</p>
<p><strong>CP : Avez-vous encore bon espoir que ce projet soit abandonné ? </strong></p>
<p>MM : Le gouvernement a fait un pas dans la bonne direction avec la nomination d'un médiateur. Nous attendons la suite.</p>
<p><strong>CP : Pour soutenir votre cause, quelle mobilisation attendez-vous, de la part de qui ?</strong><strong> </strong></p>
<p>MM : Les réalisateurs sont tous mobilisés par ce combat et nous sommes rejoints aujourd'hui par beaucoup de techniciens, qui se rendent compte que la situation n'est pas aussi caricaturale qu'un classique affrontement employeurs/employés. Cette affaire touche à la diversité culturelle et à l'emploi. La mobilisation ne faiblira donc pas, elle est au contraire en train de prendre de l'ampleur.</p>
<p><strong>CP : Question subsidiaire. Qu'aurait pensé Michel Audiard de tout cette affaire ?<br />
</strong></p>
<p>MM : Il aurait certainement fait un bon mot en renvoyant tout le monde dans les cordes, mais je n'ai pas son talent de dialoguiste. Je sais par contre de quel côté il aurait penché…</p>
<p>---<br />
Entretien réalisé par Pascal Avot, pour <em>Contrepoints.</em></p>
<p><strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjgvMTE5NzIyLWJyZWFraW5nLW5ld3MtbGUtY2luZW1hLWZyYW5jYWlzLWluZGVwZW5kYW50LWVzdC1tb3J0">Breaking News : Le cinéma français indépendant est mort</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzAvMTE5OTkwLWV4Y2x1c2lmLXJlcG9uc2UtZHVuLXByb2R1Y3RldXItYS1sYXJ0aWNsZS1kZS1wLWF2b3Qtc3VyLWxhLWZpbi1kdS1jaW5lbWEtaW5kZXBlbmRhbnQ=">Exclusif : réponse d'un membre du Parti Socialiste sur la fin du cinéma indépendant</a></li>
</ul>
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		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Exclusif : réponse d&#039;un membre du Parti Socialiste sur la fin du cinéma indépendant</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/30/119990-exclusif-reponse-dun-producteur-a-larticle-de-p-avot-sur-la-fin-du-cinema-independant</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2013/03/30/119990-exclusif-reponse-dun-producteur-a-larticle-de-p-avot-sur-la-fin-du-cinema-independant#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2013 10:26:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoit Ameil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[controverse]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Socialiste]]></category>
		<category><![CDATA[PS]]></category>

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		<description><![CDATA[En contrepoint de l'article sur la fin du cinéma indépendant, un membre de la Commission Nationale aux médias du PS réagit.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette semaine, <em>Contrepoints</em> a publié un article affirmant la fin du cinéma indépendant. Celui-ci a connu un important retentissement dans le monde du cinéma français. Un membre de la Commission Nationale aux médias du Parti Socialiste a tenu à réagir. Nous vous livrons ici sa réponse.</strong></p>
<p><strong>Par Benoît Ameil, Membre de la commission médias du PS.</strong><br />
<span id="more-119990"></span><br />
<em> À suivre également dans </em>Contrepoints <em>en début de semaine prochaine, des révélations exclusives (et explosives !) d'un des leaders de la contestation.</em></p>
<p>Parce que j'ai lu <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjgvMTE5NzIyLWJyZWFraW5nLW5ld3MtbGUtY2luZW1hLWZyYW5jYWlzLWluZGVwZW5kYW50LWVzdC1tb3J0">l'article de Pascal Avot</a> ; parce ce que j'ai trouvé son analyse parcellaire ; parce qu'il se place du côté de ceux qui pensent qu'une convention collective peut tuer la création ; parce qu'il prend un parti pris supra-romantique : « faisons du cinéma par amour sans considération financière » ; parce que les techniciens ne choisissent pas forcément les films sur lesquelles ils travaillent et que par conséquent baisser son salaire n'est pas nécessairement un choix ; parce que les jeunes techniciens entrant sur le marché du travail ne sont pas les seuls concernés par la remise en cause de leur salaire ; parce qu'il ignore dans son article les disjonctions internes de l'industrie du cinéma ; parce qu'il n'aborde cette convention collective que de manière isolée ; parce qu'il ignore le contexte ; et parce qu'il me semblait nécessaire d'apporter un contrepoint, une analyse complémentaire et plus globale, je reprends ici l'analyse que j'ai partagée, il y a un peu plus d'un mois sur <em>Rue89</em>.</p>
<p>Les récompenses, la forte fréquentation des salles ces dernières années, le succès en salles à l’étranger en 2012... : ces bons indicateurs pour le cinéma français sont pourtant fragiles. Il en est ainsi pour les résultats hors des frontières en 2012, 65% des entrées se sont faites sur trois films seulement ! Surtout, en période de crise, il ne faut pas s’étonner du succès du cinéma en France ces dernières années : c’est l’un des loisirs les moins chers.</p>
<p><strong>Symptômes du problème, les cachets</strong></p>
<p>A la fin de l'année, Vincent Maraval, abordait dans une tribune,la question du salaire des acteurs. Le problème a pourtant été évacué trop facilement lors des assises du cinéma organisées par le président du CNC, ancien conseiller culture de Nicolas Sarkozy. Pourtant les cachets des acteurs de premier plan engendrent régulièrement des disjonctions entre les différents postes dans les budgets des films.</p>
<p>Cela a des conséquences, d’abord, sur les budgets dédiés aux scénarios. Même si la situation a évolué, ils sont sous-financés alors que l’écriture est le secteur recherche et développement de l’industrie cinématographique. Curieuse industrie que celle qui néglige les investissements dans ce qui peut faire son originalité, sa force et, à terme, sa richesse...</p>
<p>Mais ces problèmes de sous-financement touchent aussi les embauches, celles des ouvriers et des techniciens. Il est courant de leur demander une ristourne sur salaire « car il n’y a pas d’argent », alors que les premiers rôles ont des cachets bien fournis.</p>
<p>Les entreprises techniques du secteur sont fragilisées. C’est ce qu’a essayé d’aborder Thierry de Segonzac, président de TSF, l’un des plus important loueurs de matériel caméra et lumières en France, lors des Assises du cinéma :  « Quand on vient nous voir, on nous dit qu’il n’y a plus de budget à cause des acteurs. »  Las, le problème a été balayé.</p>
<p><strong>La chute du français Technovision en pleine transition numérique</strong></p>
<p>En 2005, j’étais stagiaire chez Technovision, l’un des loueurs de caméras les plus réputés de France. L’équipe caméra du film <em>Incontrôlable</em> opérait les essais préparatoires en amont du tournage. La production était assurée par Pathé – cent ans d’expérience de cinéma – pour un budget de 13,5 millions d’euros, dont 50% étaient destinés à la distribution.</p>
<p>Mais le film est tourné en studio – donc plus cher – et, de fait, pour accorder à l’équipe technique le matériel nécessaire, le loueur a dû consentir une réduction commerciale. Le délégué syndical m’expliquait alors que ces situations étaient courantes.  Ironie du sort, à l’époque, le loueur devait opérer le passage aux caméras numériques et avait besoin de fonds pour effectuer la transition. Les banques se refusant à tout prêt et les fonds propres de l’entreprise ne permettant pas de soutenir la migration, l’entreprise a été vendue au concurrent direct, la filiale française de l’américain Panavision.</p>
<p>Technovision était pourtant une entreprise de référence de cette industrie. À l’heure où l’on parle de réindustrialisation et de combler le déficit commercial français, le sort de cette entreprise a de quoi faire réfléchir.</p>
<p><strong>La question des fonds publics</strong></p>
<p>Autre sujet à aborder de front, la question des fonds publics et celle de l’efficacité du système du soutien opéré par le CNC. On le présente généralement comme vertueux, car redistributif. C’est vrai. Mais il ne devrait pas échapper à l’évaluation des politiques publiques : est-il si efficace ?</p>
<p>Les aides au cinéma ne sont pas prélevées sur le budget de l’État. Elles sont le fruit d’une taxe affectée : 10,72% des recettes issues des salles de cinéma de tous les films français et étrangers est reversé au CNC, via un compte à la Banque de France, séparé de celui de l’État.  Les montants correspondant aux films étrangers sont utilisés par le CNC pour les différents fonds de soutien sélectif.  Quand il s’agit de films français, le CNC redistribue le produit de la taxe issue de chaque film aux producteurs, via ce qu’on appelle le compte de soutien automatique, qui est mis à leur disposition pour de prochains films, selon différents critères.  Ce système permet de prélever 10,72% des recettes de la culture dominante et de les mettre à disposition de la création française ; il permet aussi une redistribution au sein du cinéma français.</p>
<p>Mais le cinéma français n’assume pas le fait qu’il s’agit de fonds publics. Du coup, il n’y a ni évaluation ni transparence du système, ce qui entraîne des dérives régulières.   Le film <em>Le code a changé</em> (2009), par exemple, a été produit avec 13 millions d’euros de budget, dont 7 millions étaient consacrés aux cachets des acteurs, soit 55% du budget. L’apport du compte de soutien est ici nécessairement inférieur aux coûts d’interprétation.</p>
<p>De fait, ce film, comme d’autres, aurait pu être produit sans le soutien du CNC, à condition de réduire le cachet des acteurs et de leur allouer un pourcentage des recettes brutes, comme c’est le cas pour les droits musicaux.  Par conséquent, sur ces films-là, ce système de soutien comme les aides régionales qui s’y ajoutent, ne servent qu’à payer plus cher les acteurs.</p>
<p>Éric Garandeau, président du CNC, explique que dans le financement des films, le soutien automatique représente 5% environ des budgets, et que les cachets des comédiens s’établissent à 7,6%. Pour lui, cet apport est donc négligeable, et il n’est pas nécessaire de s’alarmer.</p>
<p>Est-ce pour autant le rôle d’une politique culturelle publique de permettre l’augmentation du montant des cachets des comédiens ?  C’est une évaluation des politiques publiques qu’il serait nécessaire de mener. Il faudrait ainsi comparer sur plusieurs années, et film par film :  le montant des aides accordées au titre du soutien du CNC ; le montant des principaux coûts d’interprétation.  Il est difficile d’avoir un accès public à toutes les données : les cachets des acteurs, bien que connus du CNC, sont pour la majorité confidentiels ; les données des montants versés aux producteurs au titre du compte de soutien ne sont pas non plus rendues publics.</p>
<p><strong>Une refonte du système de soutien au cinéma</strong></p>
<p>Ce n’est pas normal. Seule la transparence peut permettre d’évaluer les politiques publiques et donc de pérenniser le système, en s’assurant de son efficacité.  Nous devons établir un système d’aide qui ne puisse pas être happé par les hauts salaires. Il ne faut plus qu’un film puisse recevoir de soutien du CNC (sélectif ou automatique) si la somme totale des hauts salaires est supérieure à celui-ci.  Cela permettrait de réallouer ces subventions à d’autres films en ayant plus besoin.  À moins que les producteurs choisissent de baisser les salaires des célébrités auquel cas les budgets des films diminueraient et ce sont les fonds privés qui seraient réaffectés. Dans les deux cas, cela permettrait de mieux financer les techniciens, les industries techniques et les investissements dans les travaux d’écriture. Soutenir uniquement les producteurs qui ont la charge des coûts d’écriture, en échange d’une obligation d’investissement dans ce domaine, est le seul moyen de développer l’originalité et la créativité du cinéma français.  Malgré l’exception culturelle et les perles qu’elle a permis de révéler, il souffre des mêmes maux que les autres industries françaises : il doit monter en gamme.</p>
<p><strong>Paupérisation et perte de savoir-faire</strong></p>
<p>C’est par de meilleurs scénarios que nous améliorerons la qualité des films. Mais c’est aussi par ce biais que l’on pourra, naturellement, diminuer les cachets des acteurs. Car ils accepteront plus facilement des salaires réduits pour des films de meilleure qualité.   Enfin, avec un scénario plus abouti, plus créatif et apportant une réelle valeur ajoutée par rapport aux autres productions, il sera plus facile de trouver des financements, tout en en respectant une convention collective. On pourrait à ce titre réformer les obligations des chaînes de télévision sur leur investissement dans le cinéma. Actuellement un faible nombre de films ont des budgets particulièrement élevés – notamment à cause des cachets – alors que la moitié des films ont des budgets inférieurs à 3 millions d’euros, ce qui pousse à la paupérisation des équipes techniques. C’est la perte d’un savoir-faire qui se joue là.</p>
<p>Pour une telle redéfinition de notre écosystème, il n’est pas besoin d’augmenter les dépenses publiques : il faut procéder à une évaluation des politiques publiques, définir une priorité et cibler les investissements stratégiques.</p>
<p>Une politique publique, c'est un but, des moyens – ceux du CNC sont assurés par une surtaxe, et une évaluation. Cela passe par une volonté politique forte, par un « Moi, ministre de la Culture, j'assume mon rôle... ». L’enjeu est de taille : dans une économie mondialisée, le cinéma fait partie des domaines industriels stratégiques.</p>
<p>---<br />
<strong>Lire aussi :</strong></p>
<ul>
<li>L'article de Pascal Avot : <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjgvMTE5NzIyLWJyZWFraW5nLW5ld3MtbGUtY2luZW1hLWZyYW5jYWlzLWluZGVwZW5kYW50LWVzdC1tb3J0">Le cinéma français indépendant est mort</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDkvMjUvOTgzMzAtbGUtY2VudHJlLW5hdGlvbmFsLWR1LWNpbmVtYS11bmUtdXNpbmUtYS1nYXotcXVpLWVuJUMyJUFEcmljaGl0LWRlcy1uYWJhYnM=">Le Centre national du cinéma : une usine à gaz qui en­richit des nababs</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMDYvMTEwNDIxLWNvbW1lLXBvdXItbGEtcHJlc3NlLWxhLXN1YnZlbnRpb24tYS1tYXNzYWNyZS1sZS1jaW5lbWEtZnJhbmNhaXM=">Comme pour la presse, la subvention a massacré le cinéma français</a></li>
</ul>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=119990" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
		<item>
		<title>Breaking News : Le cinéma français indépendant est mort</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2013/03/28/119722-breaking-news-le-cinema-francais-independant-est-mort</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Mar 2013 06:54:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Avot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma indépendant]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement Ayrault]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Sapin]]></category>
		<category><![CDATA[Smic]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.contrepoints.org/?p=119722</guid>
		<description><![CDATA[Le coup est parti tout seul : François Hollande et le gouvernement Ayrault ont tué le cinéma indépendant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le coup est parti tout seul : </strong><strong>François Hollande et le gouvernement Ayrault ont tué le cinéma indépendant.</strong></p>
<p><strong>Par Pascal Avot.</strong><br />
<span id="more-119722"></span><br />
<em>Lire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzAvMTE5OTkwLWV4Y2x1c2lmLXJlcG9uc2UtZHVuLXByb2R1Y3RldXItYS1sYXJ0aWNsZS1kZS1wLWF2b3Qtc3VyLWxhLWZpbi1kdS1jaW5lbWEtaW5kZXBlbmRhbnQ=">ICI </a>la réponse d'un professionnel membre de la Commission Nationale aux Médias du Parti Socialiste</em>.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMjQvNzQ0NDYtdW5lLXBvbGl0aXF1ZS1jdXR1cmVsbGUtcG91ci12aWRlci1sZXMtc2FsbGVzLWRlLWNpbmVtYS9zYWxsZV9kZV9jaW5lX3ZpZGVfcmVmZXJlbmNl" rel=\"attachment wp-att-74452\"><img class="aligncenter  wp-image-74452" title="salle_de_cine_vide_reference" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/salle_de_cine_vide_reference.jpg?16fe88" alt="" width="496" height="344" /></a></strong></p>
<p><strong>Une ville sur roues</strong></p>
<p><strong></strong><em>Quand une excellente amie productrice m'a appelé pour me lancer avec une voix paniquée "Hollande vient de flinguer le cinéma français !", l'espace d'un instant, j'ai imaginé le Président en imper mastic et chapeau mou, vidant son chargeur dans le poitrail de Catherine Deneuve. Et puis je me suis dit qu'il y avait forcément une autre explication.</em></p>
<p>Le cinéma est une économie en soi. Une quantité impressionnante de métiers se croisent sur la production d'un film : des chauffeurs de camions et de limousines aux cuisiniers en passant par les stars, les maquilleuses, les habilleuses, les coiffeuses, les peintres, les décorateurs, les preneurs de son, les musiciens, les scénaristes, les cascadeurs, les spécialistes des effets spéciaux, les machinistes, les gardes du corps, etc. : la liste est sans fin. Un tournage est une ville qui se déplace au gré du scénario. Sans compter les investisseurs du film : les banques, les distributeurs, les chaînes de télévision, qui donnent leur avis sur tout et pleurnichent au moindre courant d'air. Ajoutez à cela le fait de gérer les hôtels, les avions, les caprices des stars, les urgences, les dépassements de coûts, et la nécessité de tenir une comptabilité au centime près de cette hydre faite de professions absolument disparates, et vous saurez pourquoi les producteurs finissent souvent gros et chauves : c'est un job de fou, difficile à tenir avec talent si vous n'êtes pas alcoolique de naissance et insomniaque par vocation.</p>
<p><strong>L'autre cinéma</strong></p>
<p>Mais tout cela n'est possible que s'il y a beaucoup d'argent pour produire. Quand tel n'est pas le cas, on se débrouille, on bricole, on réduit tous les frais et on paye les gens le moins possible. C'est tout à fait logique. Car une carrière dans le cinéma, comme dans tous les métiers d'art authentiques, se juge au mérite. On commence très bas, stagiaire même pas payé, mais on est fier d'être là. On montre que l'on sait se rendre utile pour être rappelé au tournage suivant. On avance pas à pas, en commençant jeune et humble, et en se glissant sur les plateaux, à porter les cafés.</p>
<p>Nombre de grands films à petits budgets, souvent les premiers films de futurs grands réalisateurs, ont ainsi bénéficié du bénévolat intéressé de braves jeunes gens ambitieux, de copains, de membres de la famille, rémunérés en sandwiches sous plastique et en sourires reconnaissants. On peut faire un tabac en salle avec moins de moyens qu'il n'en faut à MacGyver pour sauver une blonde à forte poitrine – ce n'est jamais de gaité de cœur, mais c'est à la portée des volontés les mieux inspirées. Le cinéma débutant, ou expérimental, ou dissident, ou simplement modeste, est le fruit du système D et du désintéressement. Et c'est tout à son honneur : on ne pourra pas lui reprocher, plus tard, de gagner beaucoup d'argent.<em></em></p>
<p><strong><em>"Bang, Bang, Baby, You're Dead"</em> (Bruce Springsteen)</strong></p>
<p>Eh bien, Mesdames et Messieurs, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50ZWxlcmFtYS5mci9jaW5lbWEvbGUtY2luZW1hLWZyYW5jYWlzZS1lbi1jcmlzZS1zdWl0ZS1sZXMtcHJvZHVjdGV1cnMtaW5kZXBlbmRhbnRzLWJveWNvdHRlbnQtbGUtY25jLDk0OTk1LnBocA==">Ayrault et Sapin viennent de tuer ce cinéma sans moyens</a>. Comment ? Le plus simplement du monde. Je ne vous ferai pas ici l'offense d'entrer dans le détail : seul le résultat compte. Au terme d'une négociation légiférante comme seul l'État français sait en produire (le genre de tour de table qui ne finit jamais, avec des syndicats comme s'il en pleuvait), nos deux amis ont officialisé la création d'un SMIC par métier dans le cinéma.</p>
<p>Qu'est-ce que cela signifie ? Donnons la parole à un professionnel témoignant sur son wall Facebook : <em></em></p>
<blockquote><p><em></em>Technicien pour le cinéma, c'est un boulot très précaire. J'ai été intermittent du spectacle pendant très, très longtemps, mais j'étais libre de faire les films que je voulais avec qui je voulais au prix que j'acceptais, car je considérais et je considère toujours que ma liberté n'a pas de prix. Ça, c'est terminé. Comme il sera interdit de "s'arranger" et que le risque encouru par le producteur sera fatal, il n'y aura plus de possibilités de faire le film de potes à l'arrache.</p></blockquote>
<p><em></em>Voilà, je n'invente rien. Je me contente de vous résumer en langage humain une décision idéologique. Tout est dit : il n'y aura plus que les gros budgets, suffisants pour déclarer tout le monde au Fisc, et payer tout le monde aux néo-Smic. Attendez-vous à en bouffer, du <em>Camping</em> et du <em>Turf</em>. Attendez-vous à toujours plus de démagogie, d'inesthétisme, de copinage et de fils-de.</p>
<p><strong>La fin des idéologies DTC</strong></p>
<p>Il existe mille manières de commenter cette funeste loi, toutes confirmant les thèses libérales. Je vous laisse les dérouler à votre gré. L'essentiel me semble de la faire connaître autour de nous. Nous y tenions, quoi, à notre cinéma indépendant. Il va nous manquer. Quitte à le perdre, autant savoir pourquoi, et en informer nos proches. Pour ma part, je souhaite conclure sur une note fermement anti-Hollande, si vous le voulez bien. Savez-vous ce qu'a déclaré Sapin au sujet de cette Opération Anti-Système D ? "C'est la fin de la récré." Voilà. Ils ne sont pas maladroits, non, ils sont idéologues. C'est bien pire. <em>The collectivist show must go on.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Lire <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzAvMTE5OTkwLWV4Y2x1c2lmLXJlcG9uc2UtZHVuLXByb2R1Y3RldXItYS1sYXJ0aWNsZS1kZS1wLWF2b3Qtc3VyLWxhLWZpbi1kdS1jaW5lbWEtaW5kZXBlbmRhbnQ=">ICI </a>la réponse d'un professionnel membre de la Commission Nationale aux Médias du Parti Socialiste</em></p>
<p>Lire aussi :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMzAvMTE5OTkwLWV4Y2x1c2lmLXJlcG9uc2UtZHVuLXByb2R1Y3RldXItYS1sYXJ0aWNsZS1kZS1wLWF2b3Qtc3VyLWxhLWZpbi1kdS1jaW5lbWEtaW5kZXBlbmRhbnQ=">Exclusif : réponse d'un membre du Parti Socialiste sur la fin du cinéma indépendant</a></li>
<li><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMDkvMTEwMTgwLWZhdXQtaWwtYXVnbWVudGVyLWxlLXNtaWM=" target=\"_blank\">Réformer le SMIC ou le supprimer ?</a></li>
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</ul>
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		<item>
		<title>Escroquerie à l&#039;argent public au Royaume-Uni: la France largement touchée</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 06:20:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Baptiste Créteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Économie générale]]></category>
		<category><![CDATA[L'argent des autres]]></category>
		<category><![CDATA[Argo]]></category>
		<category><![CDATA[subventions à la presse]]></category>
		<category><![CDATA[subventions au cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[subventions aux entreprises]]></category>

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		<description><![CDATA[Un faux film créé pour toucher des subventions émeut la presse subventionnée d'un pays sous perfusion.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les médias français semblent s'émouvoir de la création d'un faux film pour frauder le fisc britannique. C'est ce qu'il se passe chaque année en France, où des équipes entières sont financées par l'argent du contribuable pour le tournage de films non rentables. Le cinéma n'est pas le seul secteur touché ; l'ensemble de l'économie s'apparente à une véritable escroquerie.<br />
</strong></p>
<p><strong>Par Baptiste Créteur.</strong><span id="more-119555"></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMjQvNzQ0NDYtdW5lLXBvbGl0aXF1ZS1jdXR1cmVsbGUtcG91ci12aWRlci1sZXMtc2FsbGVzLWRlLWNpbmVtYS9zYWxsZV9kZV9jaW5lX3ZpZGVfcmVmZXJlbmNl" rel=\"attachment wp-att-74452\"><img class="aligncenter  wp-image-74452" title="salle_de_cine_vide_reference" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/salle_de_cine_vide_reference.jpg?16fe88" alt="" width="409" height="284" /></a></p>
<p>Le film Argo relate la création d'un faux film pour tromper les autorités iraniennes et évacuer le personnel de l'ambassade américaine en Iran. L'histoire semble avoir inspiré des arnaqueurs anglais, qui ont touché 800 000 livres de TVA et espéraient également engranger de nombreux crédits d'impôt. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWZpZ2Fyby5mci9mbGFzaC1hY3R1LzIwMTMvMDMvMjUvOTcwMDEtMjAxMzAzMjVGSUxXV1cwMDY4MS1nYi11bi1mYXV4LWZpbG0tcG91ci1mcmF1ZGVyLWxlLWZpc2MucGhw"><em>Le Figaro</em> s'émeut d'un tel scandale</a>, où l'argent du contribuable finance une opération frauduleuse ; le film n'était jamais destiné à voir le jour, et seules quelques minutes de film ont été réalisées pour crédibiliser l'escroquerie.</p>
<p>Le journal ferait bien de s'émouvoir, plus largement, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMDYvMTEwNDIxLWNvbW1lLXBvdXItbGEtcHJlc3NlLWxhLXN1YnZlbnRpb24tYS1tYXNzYWNyZS1sZS1jaW5lbWEtZnJhbmNhaXM=">d'une immense escroquerie se déroulant chaque année en France dans le milieu du cinéma</a> : des centaines de films sont produits et financés en grande partie par l'argent du contribuable pour ne jamais atteindre le seuil de rentabilité. Des équipes et acteurs sont rémunérés, souvent grassement, pour des films que peu de spectateurs plébiscitent ; l'argent du contribuable sert donc à financer des films qu'il ne voit pas.</p>
<p>D'autres milieux sont touchés. Des expositions, des concerts et des médias sont également subventionnés, financés par le contribuable, au motif qu'ils revêtent un caractère spécifique – liberté de la presse, exception culturelle, information de qualité sont autant de justifications à des arnaques de grande ampleur. Il est d'ailleurs étonnant qu'un journal s'émeuve <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMzEvMTAxOTM0LXBldGl0aW9uLXBvdXItbGEtZmluLWRlcy1zdWJ2ZW50aW9ucy1hLWxhLXByZXNzZQ==">d'un tel montage</a>, alors qu'il semble lui-même toucher des subventions chaque année sans parvenir à convaincre ses lecteurs.</p>
<p>Que les consommateurs décident de payer pour un produit ou service est on ne peut plus normal. Qu'on oblige le contribuable à payer pour un produit ou service qu'on lui propose ensuite "gratuitement" a tout du mécanisme mafieux, mais semble largement accepté de nos jours. Mais qu'on impose au contribuable de financer des produits ou services qu'il a ensuite la possibilité d'acheter pour un prix qu'il semble encore juger trop élevé – puisqu'il ne les achète pas – revient à lui imposer de payer une fois pour quelque chose dont il ne veut pas ou deux fois pour quelque chose dont il veut.</p>
<p>Les contribuables financent donc la consommation de ceux qui font l'acquisition de ces biens et services subventionnés ou la survie de ceux qui les proposent si les consommateurs ne sont pas en nombre suffisant. Certes, la fin de la distribution d'argent public à des entreprises non rentables entrainerait sans doute leur disparition ; mais aujourd'hui, elles fonctionnent en pure perte, ne parvenant pas à convaincre les consommateurs d'une valeur ajoutée justifiant qu'ils y mettent le prix, et leur coût pour le contribuable semble être ignoré dans les différentes analyses d'efficacité de ces subventions.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTEvMDcvMTAzNDkzLWxhLWN1bHR1cmUtc2Vsb24tZmlsaXBwZXR0aQ==">Subventionner les canards boiteux est devenu une habitude dans tout ce qui touche de près ou de loin à la culture</a>. L'argent du contribuable serait plus utile dans les caisses d'escrocs accrocs aux perfusions d'argent public que dans la sienne. Mais rien ne dit qu'il y serait resté. Combien de projets potentiellement rentables, dans le milieu culturel ou ailleurs, auraient pu être financés par le contribuable qui aurait choisi de consommer ou d'investir ?</p>
<p>La logique de subvention s'étend au-delà du monde culturel. Des entreprises en difficultés sont subventionnées, aidées, assistées pour leur permettre de survivre. L'intention de sauver l'emploi est louable, mais, de la même façon, ces subventions n'ont aucune légitimité – elles reviennent à récompenser les moins performants en spoliant le contribuable d'une partie des fruits de son travail – et <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMjEvMTE4OTMyLWxlcy1haWRlcy1hLWxhLWNyZWF0aW9uLWRlbnRyZXByaXNlLXNlcm9udC10b3Vqb3Vycy1pbmVmZmljYWNlcw==">empêchent la création d'emplois plus nombreux car générés dans des secteurs plus rentables</a>. Arnaud Montebourg peut se féliciter de quelques emplois sauvés, sans qu'on puisse bien savoir dans quelle mesure le sauvetage est réellement de son fait ; mais qui comptabilise les emplois détruits et non créés à cause des prélèvements trop élevés qui frappent entreprises et individus ?</p>
<p>L'intervention de l’État dans l'ensemble des secteurs économiques n'est pas sans conséquences ; elle n'est pas non plus sans dangers. Lorsqu'un journal est subventionné, on peut s'interroger sur son impartialité quant à l'utilisation de l'argent public – <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMjQvMTE2MDA2LWRlLWxpbmRlcGVuZGFuY2UtZGVzLWpvdXJuYWxpc3Rlcw==">les journalistes ont déjà largement démontré leur manque d'indépendance et d'objectivité</a>. Mais l'argent du contribuable que l’État distribue à qui tend la main avec assez d'insistance lui donne aussi une occasion inespérée d'intervenir, orienter, décider, s'immiscer dans une économie qui se porterait bien mieux en son absence.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDIvMDgvMTE0MzIyLXBzYS1sZS10aWdyZS1ldC1sZXMtbW91dG9ucy11bmUtZmFibGUtY29udGVtcG9yYWluZQ==">L'argent du contribuable a sauvé PSA ?</a> Il devient crucial que l’État surveille les décisions prises par l'entreprise. La faillite des banques a été évités grâce à l'argent public ? Encadrons les rémunérations des banquiers, il ne faudrait pas qu'ils profitent de l'occasion pour s'en mettre plein les poches. Et profitons-en pour <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWpkZC5mci9Qb2xpdGlxdWUvQWN0dWFsaXRlL0xlcy1zYWxhaXJlcy1kZXMtZ3JhbmRzLXBhdHJvbnMtZHUtcHJpdmUtZW5jYWRyZXMtYXZhbnQtbC1ldGUtNTk3NjIy">encadrer toutes les rémunérations des dirigeants</a> ; après tout, toutes les entreprises sont aujourd'hui touchées, de près ou de loin, par l'un des tentacules de la pieuvre étatique.</p>
<p>Et c'est ainsi que s'est progressivement mise en place cette escroquerie généralisée qu'on appelle "économie mixte", au sein de laquelle la propriété privée a de moins en moins de sens. L'entreprise privée perd, elle aussi, de son sens ; accompagnée lors de sa création, subventionnée pour créer des emplois, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMTAvMzEvMTAyNjc2LXRheGVzLWxhdmFsYW5jaGUtY29udGludWU=">écrasée de taxes</a>, assommée de réglementations, sauvée lorsqu'elle fait faillite, les rémunérations qu'elle verse à ses salariés ne représentent qu'une infime partie de leur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvU2FsYWlyZV9jb21wbGV0">salaire complet</a> et celles de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUiVDMyVBOW11biVDMyVBOXJhdGlvbl9kZXNfZGlyaWdlYW50cw==">ses dirigeants</a> seront <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTQvMTE4MTc2LWxpYmVyZXItbGVzLXNhbGFpcmVz">bientôt plafonnées</a>. La constante, c'est l'intervention étatique, qui taxe de façon de plus en plus opaque et imprévisible et redistribue de façon non moins opaque et imprévisible. Le risque disparaît, la création aussi.</p>
<p>L'économie dans son ensemble est aujourd'hui dépendante des innombrables ramifications de l’État, qui représente en outre <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTMvMTE4MTI3LXBlcnRlLWRlLTk5LTUwMC1lbXBsb2lzLW1hcmNoYW5kcy1lbi1mcmFuY2UtZW4tMjAxMg==">une part significative de l'emploi</a> – au point qu'il devient difficile de s'en passer. Les entrepreneurs sont de plus en plus amenés à réfléchir en termes d'optimisation fiscale, de maximisation des aides reçues et de connivence avec les hommes politiques plutôt qu'en termes de création de richesse et de valeur ; et il est devenu évident aux yeux des Français que le contribuable doit payer sans savoir pourquoi ni pour quoi et financer des activités dont il ne veut pas sans même en être informé.</p>
<p>Un jour proche, pourtant, les citoyens devront apprendre à vivre leur vie par et pour eux-mêmes. <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMjgvMTEyODU2LXJvY2FyZC1ldC1zYXBpbi1sZXMtZGV1eC1taWNoZWxzLWR1bi1ldGF0LXBsdXMtcXVlbi1mYWlsbGl0ZQ==">L’État n'a plus les moyens des ambitions de ceux qui le gouvernent</a> ; la spoliation de plus en plus légale est aussi <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDMvMTkvMTE4Njc3LWNlLXF1b24tdm9pdC1jZS1xdW9uLW5lLXZvaXQtcGFzLWV0LWNlLXF1b24tc2VudC1wYXNzZXI=">de plus en plus visible</a> et de moins en moins acceptée au sein de la population. Ils devront apprendre à jouer eux-mêmes le rôle de société civile et ne plus confier à quelque institution que ce soit le pouvoir de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9tYXJpYWdlLWdheS8=">réguler leur vie</a>. Ils devront apprendre à vivre comme ils n'auraient jamais dû cesser de le faire. Ils devront apprendre à vivre en hommes libres.</p>
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		<title>&quot;Django Unchained&quot; de Tarantino : entre éclats de rire et gravité</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 06:20:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Reason</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[esclavage]]></category>
		<category><![CDATA[Quentin Tarantino]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[Le western spaghetti de Quentin Tarantino, qui vient de recevoir deux Golden Globes pour son scénario et pour la performance de Christoph Waltz, sortira dès demain dans les salles françaises.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le western spaghetti de Quentin Tarantino, qui vient de recevoir deux Golden Globes pour son scénario et pour la performance de Christoph Waltz, sortira dès demain dans les salles françaises.</strong><br />
<span id="more-110191"></span><br />
<strong>Par Kurt Loder, depuis New York, États-Unis.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTMvMDEvMTUvMTEwMTkxLWRqYW5nby11bmNoYWluZWQtZGUtdGFyYW50aW5vLWVudHJlLWVjbGF0cy1kZS1yaXJlLWV0LWdyYXZpdGUvZGphbmdvX3VuY2hhaW5lZA==" rel=\"attachment wp-att-111394\"><img class="aligncenter  wp-image-111394" title="django_unchained" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/01/django_unchained.jpeg?16fe88" alt="" width="536" height="302" /></a></p>
<p>Avec <em>Django</em> <em>Unchained</em>, Quentin Tarantino atteint enfin la maturité comme réalisateur. Que Tarantino ait été brillant comme auteur et comme artisan a toujours été clair. Mais même son dernier film, sa revanche fantaisiste sur l'Holocauste <em>Inglourious Basterds</em>, était submergée par son obsession maladive des genres classiques (dans ce cas, les vieux films de guerre). Ainsi, quand il nous montre un groupe de Juifs poussés dans une cave et se faisant tirer dessus au travers du parquet au-dessus, en refusant de descendre et de nous les montrer mourir pour de bon (ceci ayant pu amoindrir l'aspect comédie du film), il nous floue du sujet putatif du film.</p>
<p>Avec <em>Django</em>, le réalisateur a réussi le mariage parfait du style et de l'histoire. Il s'est approprié l'univers d'un autre genre qu'il affectionne, le western spaghetti (en particulier le film culte et brutal de Sergio Corbucci <em>Django</em>, de 1966), et y a introduit une histoire détaillée d'esclavage américain. Le film est scandaleusement drôle, mais n'hésite en rien à détailler toutes les horreurs de son sujet. Là où beaucoup d'autres films sur l'esclavage noir sont dilués dans l'émotivité, ce film-ci semble alimenté par la rage noire qui mijote encore de nos jours. Cela pourrait être la représentation cinématographique la plus sauvage de l'esclavage jamais réalisée. Quelques critiques ayant vu le film en avant-première ont exprimé leur consternation devant l'emploi systématique du mot "nègre" ("C'est un nègre sur un cheval", dit ainsi un crétin s'émerveillant au passage d'un Noir sur sa monture). C'est difficile de savoir quoi répondre devant une telle réaction, mis à part pointer que, eh bien, c'est un film sur <em>l'esclavage</em>.</p>
<p>L'histoire se déroule juste avant la Guerre de Sécession. Elle commence au Texas, avec un groupe d'esclaves emmené dans un pays aride par des gardes blancs odieux. Tarantino nous montre les marques fraîches de fouet sur les dos des hommes, et nous pouvons ressentir toute leur lassitude. C'est alors qu'un petit coche à cheval approche. Sur son toit est monté une énorme dent vacillante. Il est conduit par Dr. King Schultz (Christoph Waltz, qui a gagné un Oscar pour son jeu d'acteur comme Nazi sinistre dans <em>Inglourious Basterds</em> et qui est parfait dans ce film). Schultz est un immigrant allemand et un dentiste itinérant d'avant-garde. Il explique aux gardes perplexes qu'il veut acheter un esclave, mais ils apprennent rapidement qu'il a quelque chose d'autre en tête. L'autre job de Schultz est chasseur de prime — attraper des criminels recherchés et les ramener morts ou vivants. Souvent morts, d'ailleurs. Après s'être rapidement débarrassé des gardes, il choisit l'un des esclaves (Jamie Foxx, magnétique pendant tout le film) pour qu'il se joigne à lui dans sa quête d'un gang de fugitifs appelés les Brittle Brothers. L'esclave estime que cette offre est alléchante : tuer des oppresseurs blancs et se faire payer pour ? Excellent ! Schultz en profite pour le rebaptiser Django.</p>
<p>Le film est un peu long, avec ses deux heures et 45 minutes, mais Tarantino l'a rempli de scènes mémorables et de dialogues géniaux, et le temps passe vite. Django a lui-même une quête à mener : retrouver sa femme, Broomhilda (Kerry Washington), dont il a été séparé par son précédent maître sadique qui l'a vendu exprès à un autre esclavagiste (Broomhilda fut ainsi nommée par un propriétaire immigrant, qui en profita pour lui apprendre l'allemand, ce qui servira plus tard dans le film). Pendant leurs différentes missions, Schultz et Django auront plusieurs aventures rebondissantes, la plupart présentées avec un côté comique inventif à couper le souffle.</p>
<p>En traversant une ville frontière, Schultz amène Django au saloon — une grave violation des règles raciales en vigueur. Le shérif est appelé, mais avant qu'il ne puisse gérer les fauteurs de trouble, Schultz le révèle comme un fuyard avec une généreuse prime sur sa tête. Voilà qui est vraiment trop bête pour le shérif.</p>
<p>Leur voyage continue. Il y a un arrêt à la plantation d'un propriétaire d'esclaves aux cheveux blancs nommé Big Daddy (Don Johnson) avant que Schultz et Django arrivent finalement à Candie Land, un fief géré par un certain Calvin Candie (Leonardo DiCaprio, à l'aise dans ce rôle savoureux). Candie s'amuse lui et ses hôtes des "combats Mandingo" — un passe-temps vicelard dans lequel deux esclaves mâles sont amenés dans l'élégant salon de leur maître pour se cogner dessus sans retenue pendant que les blancs les regardent avec délectation. Pour compliquer le tout, la maisonnée est complétée du manager des esclaves et  majordome Stephen (Samuel L. Jackson, qui fait merveille derrière un épais maquillage d'homme âgé). Stephen a une relation complexe avec Candie, qu'il connaît depuis l'enfance de son maître, et les machinations sournoises qu'il mène pour son tendre maître se transforment en menaces mortelles pour les deux nouveaux arrivants.</p>
<p><iframe src="http://www.premiere.fr/jwplayer/embed/3532208/external" frameborder="0" width="613" height="380"></iframe></p>
<p>C'est assez particulier de se retrouver à tant rire d'un film qui montre des choses aussi horribles : des Noirs se faisant fouetter et attaquer par des chiens, enfermer dans des cabines métalliques pendant des jours sous un soleil de plomb. Cela permet de mesurer le talent féroce de Tarantino tant cela ne paraît pas exagéré. Pendant tout le film, le personnage de Foxx agit comme un ange du châtiment, qui remet violemment d'équerre les travers, et que nous encourageons.</p>
<p>La distribution est typiquement remplie de visages classiques : Michael Parks, Bruce Dern, Russ Tamblyn — et même Franco Nero, qui avait joué dans le <em>Django</em> d'origine. J'ai toujours pensé que c'était une erreur que Tarentino fasse un caméo — cette fois, avec un accent britannique. Cela reste une distraction, mais comme reproche, c'est plutôt mineur.</p>
<p>Le film est en outre enrichi par la bande originale particulièrement éclectique, qui va des vétérans du western spahetti comme Ennio Morricone et Luis Bacalov (le compositeur du <em>Django</em> de 1966) jusqu'à Jim Croce, Rick Ross, et John Legend. Seul Tarantino, je pense, peut arriver à mélanger ainsi ces différents styles et les faire fonctionner — saluant au passage autant la gloire des vieux western italiens et les pulsations électriques d'une rage noire persistante. L'iniquité de l'esclavage n'a rien de comique, ce qui explique pourquoi le sujet est habituellement traité avec gravité. Le génie de Tarantino, ici, aura été de permettre à son héros de se venger des pratiquants de l'esclavage, et, en même temps, de nous réveiller (ainsi que les deux Noirs qui étaient assis à côté de moi lors de la projection) avec un grand éclat de rire.</p>
<p>---<br />
<em> Article paru initialement <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3JlYXNvbi5jb20vYXJjaGl2ZXMvMjAxMi8xMi8yNC9kamFuZ28tdW5jaGFpbmVk">sur reason.com</a>.</em></p>
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		<title>Royal Affair, régal cinématographique</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jan 2013 05:48:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc Crapez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Royal Affair]]></category>

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		<description><![CDATA[Royal Affair, ou quand le 7ème art titille l’intelligence du spectateur au lieu de l’esbaudir par une surenchère technologique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Royal Affair, ou quand le 7<sup>ème</sup> art titille l’intelligence du spectateur au lieu de l’esbaudir par une surenchère technologique.</strong></p>
<p><strong>Par Marc Crapez.</strong><span id="more-109960"></span></p>
<p><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzEyL2FmZmljaGUtYS1yb3lhbC1hZmZhaXIuanBn"><img class="alignleft size-medium wp-image-109962" title="Affiche du film A Royal Affair" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/affiche-a-royal-affair-212x300.jpg?16fe88" alt="" width="212" height="300" /></a>Royal Affair</em> est l’un des meilleurs films en costumes depuis <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2dwL29mZmVyLWxpc3RpbmcvQjAwMDA1TkRSWC9yZWY9YXNfbGlfc3NfdGlsP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMSZhbXA7Y2FtcD0yOTEwJmFtcDtjcmVhdGl2ZT0xOTQ4MiZhbXA7bGlua0NvZGU9YW0xJmFtcDtjcmVhdGl2ZUFTSU49QjAwMDA1TkRSWCZhbXA7YWRpZD0xNDA3NE1WR0NWTTFLTjNSMVY2MiZhbXA7" target=\"_blank\">Barry Lyndon</a>, de Kubrick. C’est l’histoire de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvQ2hyaXN0aWFuX1ZJSQ==" target=\"_blank\">Christian VII</a>, souverain du Danemark, ami de Johann Friedrich Struensee, médecin libre-penseur féru des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTHVtaSVDMyVBOHJlcw==" target=\"_blank\">Lumières</a>.</p>
<p>Histoire d’une forte amitié donc. Mais « <em>affair </em>» signifie liaison. Adultère. Entre l’ami du roi et l’épouse du roi. Fâcheuse posture. On sent rapidement le drame se nouer. Qu’ils vont coucher ensemble. Que ça va mal finir. Que le roi ne sera pas content du tout.</p>
<p>Deux heures et demie sans longueurs. Un exploit du réalisateur Nicolaj Arcel. Du travail d’orfèvre. Ce film est l’antithèse de son concurrent à l’affiche Anna Karenine (4<sup>ème</sup> remake de l’adaptation au cinéma du roman de Tolstoï). Épouvantable mélo filmé en dépit du bon sens. L’illustration de l’impasse de la nouvelle grammaire cinématographique qui domine depuis vingt ans. Plus aucun plan large donnant une perspective d’ensemble. À la place, des plans syncopés, des images vibrionnantes, des tournoiements de caméra.</p>
<p>Dans <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cHM6Ly93d3cuYW1hem9uLmZyL2dwL29mZmVyLWxpc3RpbmcvQjAwQUNYTllEQS9yZWY9YXNfbGlfc3NfdGlsP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMSZhbXA7Y2FtcD0yOTEwJmFtcDtjcmVhdGl2ZT0xOTQ4MiZhbXA7bGlua0NvZGU9YW0xJmFtcDtjcmVhdGl2ZUFTSU49QjAwQUNYTllEQSZhbXA7YWRpZD0xQ1FWVkZWUDEwTVk5SE5XOVA3OSZhbXA7" target=\"_blank\"><em>Royal Affair</em></a>, quand deux amants galopent, ils galopent. On voit un homme et une femme chevauchant avec un paysage à l’arrière-plan. Et c’est beaucoup plus difficile à filmer qu’une série de plans saccadés et furtifs montrant une crinière, une botte, un sabot, une paire d’yeux, des naseaux et ainsi de suite, comme dans le cinéma conformiste.</p>
<p><em>Royal Affair</em> n’est donc pas une superproduction bourrée d’effets spéciaux. Ni une narration par flash-back avec flash-back dans le flash-back. C’est d’abord une belle histoire bien racontée. Au-delà du divertissement, c’est un spectacle qui communique émotion et intelligence. Une œuvre marquée du sceau de la complexité et de l’ambivalence. Le récit est lumineux de clarté, mais l’interprétation est libre. Récit d’un amour fou ou banale histoire de fesses ? Souverain capricieux ou criant de vérité ? Réformateur calamiteux ou précurseur du libéralisme ?</p>
<p>Une méditation sur la condition humaine. Sur la politique. Sur l’échec du despotisme éclairé. Car le médecin des Lumières se saisit des rênes du pouvoir. Mais ses réformes désordonnées et utopiques rendent inévitable un retour de bâton. Le valeureux réformateur finit par rétablir la censure contre des écrits qui clament pourtant la vérité. Il a cru que l’art de gouverner consistait à faire reculer « la bêtise et l’obscurantisme ». Se sentant visés, ceux qui incarnent la forme contemporaine de la censure et de la bêtise ont voué ce film néo-classique aux gémonies.</p>
<p>---<em><br />
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</strong></p>
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		<title>Le Seigneur des Anneaux, épopée libertarienne</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/12/17/108280-le-seigneur-des-anneaux-epopee-libertarienne</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 07:05:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Wenceslas Balyre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Lecture]]></category>
		<category><![CDATA[étatisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tolkien]]></category>

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		<description><![CDATA[La sortie au cinéma de "Le Hobbit, un voyage inattendu" est l'occasion de se repencher sur l’œuvre de Tolkien. Contrepoints vous en propose une lecture libérale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La sortie au cinéma d<em>e "Le Hobbit, un voyage inattendu"</em> est l'occasion de se repencher sur l’œuvre de Tolkien. <em>Contrepoints</em> vous en propose une lecture libérale.</strong><br />
<span id="more-108280"></span><br />
<strong>Par Wenceslas Balyre.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwODI4NQ==" rel=\"attachment wp-att-108285\"><img class="aligncenter  wp-image-108285" title="le-hobbit" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/le-hobbit.jpg?16fe88" alt="" width="535" height="307" /></a></p>
<p>Note préalable de l’auteur : cet article <em>spoile</em> les grandes lignes de l’ouvrage de Tolkien.</p>
<p>J.R.R Tolkien, l’auteur du <em>Seigneur des Anneaux</em>, n’aimait guère que l’on cherche à établir des interprétation de son œuvre ; à l’époque où elle fut publiée, au mitan des années 1950, il était tentant de voir dans l’opposition des Peuples Libres, vivant à l’Ouest, contre le diabolique Mordor de l’Est allié aux Orientaux et aux Suderons, une allégorie de la Guerre Froide opposant le monde démocratique capitaliste occidental à un Empire soviétique qui risquait d’être le grand gagnant du processus de décolonisation, avec l’apparition de la Chine maoïste et des socialismes arabes.</p>
<p>On sait qu’un auteur, même sans s’en rendre compte, est nécessairement influencé par son environnement. Tolkien n’a sans doute pas échappé à cette règle : ce n’est certainement pas un hasard si <em>Bilbo le Hobbit</em>, publié en 1937, fut moins sombre que le <em>Seigneur des Anneaux</em>, marqué par les souvenirs apocalyptiques de la Seconde guerre mondiale. En revanche Tolkien réfuta catégoriquement l’idée selon laquelle la guerre de l’Anneau fût une allégorie de cette Seconde guerre mondiale.</p>
<p>Ce qui fait problème, dans ces diverses interprétations qui ont été soulevées, c’est l’élément pourtant central de ce monument d’<em>heroic fantasy</em> : l’Anneau. L’Anneau de pouvoir, redoutable, maléfique.</p>
<p>Bien que l’on dise Tolkien influencé par les diverses mythologies nordiques, la légende tolkienienne de l’Anneau est totalement originale sur un point : la quête de l’Anneau est une anti-quête : il ne s’agit pas, contrairement à ce genre d’histoires, de trouver et de s’emparer d’un objet magique pour s’en servir d’arme miracle contre le mal, mais au contraire d’un objet que les héros connaissent dès le début et qu’il s’agit de détruire pour sauver le monde.</p>
<p>Et pourquoi le détruire ?</p>
<p>L’Anneau a des caractéristiques assez mystérieuses. Dans l’œuvre de Tolkien il rend invisible, mais ce n’est finalement qu’accessoire. Ce qui le caractérise, en réalité, c’est qu’il donne le pouvoir suprême. Celui qui l’a peut se rendre maître du monde. Tolkien n’explique pas comment, c’est seulement ce que l’on comprend à son sujet.</p>
<p>Cet Anneau, c’est donc le Pouvoir. En tant que tel, il est extrêmement séduisant pour tout individu, même généreux et vertueux. Gandalf, le sage magicien, qui est l’un des principaux « gentils » du roman, et qui a l’idée du plan pour le détruire, refuse lui-même de s’en charger par peur de succomber à la tentation d’en user.</p>
<p>Dans le <em>Seigneur des Anneaux</em>, on trouve tout un tas de personnages divers et variés qui désirent ou ont peur de désirer l’Anneau. Un seul lui est indifférent : Tom Bombadil, qui représente la Nature, j’y reviendrai.</p>
<p>Tous, donc, convoitent ou sont tentés par l’Anneau : savants, princes, intendants, soldats. Et seule sa destruction doit les délivrer de cette tentation et anéantir la menace de la réduction du monde en esclavage ; sachant qu’il est bien expliqué que qui que ce soit qui s’emparerait de l’Anneau, le sage Gandalf, l’orgueilleux Saroumane, la douce Galadriel ou le diabolique Sauron, le résultat serait le même, l’usage de l’Anneau changeant les meilleures intentions en monstruosités.</p>
<p>Tolkien insiste lourdement sur ce point : il ne peut rien sortir de bon de l’usage de l’Anneau. Chercher à s’en servir pour lutter contre le mal ne ferait que le remplacer par un autre mal tout aussi terrible ; c’est pourquoi il ne faut surtout pas s’en servir, mais le détruire. C’est l’unique salut de l’humanité.</p>
<p>Les lecteurs auront sans doute déjà compris où nous voulons en venir, le message étant limpide : l’Anneau, c’est bel et bien le Pouvoir, l’État. Cet État dont la puissance le rend désirable par tous : réactionnaires, conservateurs, progressistes, révolutionnaires, hommes soucieux du bien de l’humanité ou seulement de leur propre ambition, intellectuels ou brutes, hommes pieux ou impies, vertueux ou vicieux, et qui dans la main de n’importe lequel d’entre eux amène au même résultat : conduire le monde à la servitude universelle. Le seul à ne pas être tenté par l’État, à n’en avoir aucun besoin, c’est encore ici Tom Bombadil, c’est-à-dire, pour le coup, le Droit naturel, qui n’a pas besoin d’État et d’une législation positiviste.</p>
<p>Tout usage de l’État, même par des gens vertueux et pour établir un monde meilleur, ne produit que troubles, pauvreté, arbitraire, esclavage. La seule solution pour vaincre ces malheurs, ce n’est pas de s’emparer de l’État et de se servir de son pouvoir pour instaurer un nouvel ordre à l’image du nouveau Porteur de l’Anneau, mais de le détruire.</p>
<p>Et dans l’œuvre de Tolkien, ce n’est pas un hasard si cette tâche est finalement dévolue à des gens du commun, Frodon Sacquet et son jardinier Sam, des individus simples qui n’ont aucune prétention à la domination, ce qui les rend extraordinairement résistants à l’attraction de l’Anneau. Quand on ne veut rien faire du Pouvoir, pourquoi le désirer ? Frodon et Sam, incarnations des libéraux prêts à faire de la politique et à ne s’emparer de l’État que pour le détruire, à l’image de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher.</p>
<p>Voilà, me semble-t-il, la juste interprétation du Seigneur des Anneaux. Et pour cause : ce n’est finalement pas une interprétation, mais bien une lecture littérale.</p>
<p>Nous sommes, nous libéraux, engagés dans la véritable guerre de l’Anneau. Et nous voyons, sur l’Anneau de Pouvoir moderne, inscrite en lettres de feu l’effrayante devise du Mordor :</p>
<p style="padding-left: 60px;">Un État pour les gouverner tous,</p>
<p style="padding-left: 90px;">Un État pour les trouver,</p>
<p style="padding-left: 120px;">Un État pour les amener tous</p>
<p style="padding-left: 150px;">Et dans les ténèbres les lier.</p>
<p style="text-align: center;"> <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTEwODI4MQ==" rel=\"attachment wp-att-108281\"><img class="aligncenter  wp-image-108281" title="Un_Etat_Pour_les gouverner_tous" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/12/Un_Etat_Pour_les-gouverner_tous.png?16fe88" alt="" width="512" height="298" /></a></p>
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		<title>The Dark Knight Rises au crible libéral</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/08/01/92321-the-dark-knight-rises-au-crible-liberal</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Aug 2012 07:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Batman]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Nolan]]></category>
		<category><![CDATA[Etat policier]]></category>
		<category><![CDATA[Indignés]]></category>
		<category><![CDATA[pignouferie de presse]]></category>
		<category><![CDATA[réactionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Telerama]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon Telerama, un "sous texte politique douteux" alimenterait le récit de The Dark Knight Rises, le dernier film de Christopher Nolan, sorti dans les salles françaises le 25 juillet 2012. L'hebdomadaire a-t-il raison de qualifier le réalisateur de "réac" ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Selon Telerama, un <em>"sous texte politique douteux"</em> alimenterait le récit de <em>The Dark Knight Rises</em>, le dernier film de Christopher Nolan, sorti dans les salles françaises le 25 juillet 2012. L'hebdomadaire a-t-il raison de qualifier le réalisateur de "réac" ?</strong><br />
<span id="more-92321"></span><br />
<strong>Par l'auteur du site Bobo libéral.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDgvMDEvOTIzMjEtdGhlLWRhcmsta25pZ2h0LXJpc2VzLWF1LWNyaWJsZS1saWJlcmFsL3RoZS1kYXJrLWtuaWdodC1yaXNlcw==" rel=\"attachment wp-att-92327\"><img class="aligncenter size-full wp-image-92327" title="The-Dark-Knight-Rises" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/The-Dark-Knight-Rises.jpg?16fe88" alt="" width="532" height="421" /></a></p>
<p>Il n'est pas dans mes habitudes de vouloir à tout prix extirper au forceps un message politique dans une œuvre populaire. Libre à chacun d'en faire sa propre lecture. Et d'ailleurs, en reprenant Tolkien, ce qui détermine la qualité d'un récit n'est pas de dominer le spectateur/lecteur par une allégorie marquée au fer rouge, mais au contraire de pouvoir y exercer en toute liberté son propre imaginaire. Toutefois, après <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50ZWxlcmFtYS5mci9jaW5lbWEvZmlsbXMvdGhlLWRhcmsta25pZ2h0LXJpc2VzLDQzMTgwNi5waHA=">la critique de <em>Telerema</em></a> de <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbGxvY2luZS5mci9maWxtL2ZpY2hlZmlsbV9nZW5fY2ZpbG09MTMyODc0Lmh0bWw=">The Dark Knight Rises</a></em>, j'ai quand même voulu rentrer dans l’arène des interprétations politiques et philosophiques, histoire de me confronter au journal populiste du socialo-bobo des centre-villes. Et pour le coup je vais me faire plaisir. Mais attention nulle référence au drame qui a marqué le lancement du film ; ce serait hors de propos et indécent. Je préviens aussi le lecteur que ce que je vais écrire par la suite dévoile des éléments clefs de l'intrigue.</p>
<p>Selon Telerama, un <em>"sous texte politique douteux"</em> alimenterait le récit, ce qui a valu à Nolan, le réalisateur, d’après la démonologie gauchiste du journal, le titre de réac'. On lui reproche <em>"son culte d'un État policier droit dans ses bottes"</em>, issu d'une <em>"obsession sécuritaire inhérente à la BD d'origine"</em>, mais, pire encore, une représentation des Indignés peu glorieuse dépeinte comme une<em> "foule  déchaînée, effrayante, prête à acclamer le premier forcené venu pourvu qu'il prône le partage des richesses"</em>. Alors que l'on sait les Indignés les héros des temps modernes pour ce journal bien pensant.</p>
<p>Le reproche de magnifier l’État policier est de mauvaise foi. Il nous est plutôt dépeint souvent comme inefficace, corrompu, à peine distinguable des organisations criminelles qu'il combat. Il fonde son succès par un mensonge ; les crimes d'Harvey Dent, l'ancien procureur et héros de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Hb3RoYW1fQ2l0eQ==">Gotham</a>, sont portés par Batman pour ne pas entacher l'image de ce chevalier blanc. Mais cette stratégie montre ses limites, et se révèle désastreuse quand l'imposture est dévoilée en plein jour. Le mensonge ne paie pas ! Le prometteur sergent Blake, prénommé Robin, quitte la police, écœuré par ses méthodes et suit les traces de son idole. On ne peut pas dire que cet État policier est représenté comme droit dans ses bottes ; il y est plutôt vacillant, embourbé dans une fange de corruption inexpugnable. Et Nolan ne semble pas atteint d'une obsession sécuritaire où il verrait la force comme l'ultime recours. Il questionne sans cesse les buts de Batman, qui tente de pallier les déficiences de cet État. Aussi bien notre héros que la police s’interrogent sur les limites de leurs actions et la légitimité morale de leurs moyens. C'est en fait un thème qui sous-tend l'ensemble des trois films. Comment faire respecter le droit et la justice ?</p>
<p>Ce que réprouve <em>Telerama</em>, ou n'apprécie guère, c'est l'usage de la force pour faire respecter ce Droit (du moins en filigrane). J'imagine bien que pour le journal, la force n'a de légitimité que quand elle est dans les mains des opprimés et des sans-grades qui, dans un élan romantique révolutionnaire, veulent mettre à bas l'oppressant système capitaliste. Et c'est d'ailleurs la deuxième remontrance faite au film par <em>Telerama</em>.</p>
<p>Non pas que Christopher Nolan, soucieux d'ancrer son film dans le réel, par authenticité, nous montre Gotham non plus comme Chicago, mais comme New-York, la Mecque de la finance. La crise est passée par là. Il dénote le contraste entre la classe riche des financiers et la misère de la majorité. Déséquilibre qui selon Selina Kyle, alias Catwoman, incarnée par <a title=\"Anne Hathaway (actrice)\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Bbm5lX0hhdGhhd2F5XyUyOGFjdHJpY2UlMjk=">Anne Hathaway</a>, mènera à la tempête, dont on imagine des lendemains chantants lugubres. Nolan n'accuse personne et ne fait que poser le décor.</p>
<p>Mais ce qui agace <em>Telerama</em> (jusque-là il devait être plutôt d'accord), c'est quand Nolan filme cette fameuse tempête comme une simagrée de révolution, menée par un effroyable personnage, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9CYW5lXyUyOERDX0NvbWljcyUyOQ==">Bane</a>, à la tête de mercenaires fanatiques, aux allures de Guevaristes endiablés, et qui clairement, mais implicitement, proclame l'abolition des droits de propriétés privées. On assiste à des scènes de pillages et d'expropriations, mais aussi à l'établissement d'un tribunal populaire aux jugements expéditifs, dont la mise en scène m'a rappelé l'adaptation du <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9MZV9Qcm9jJUMzJUE4c18lMjhmaWxtLF8xOTYyJTI5">Procès d'Orson Welles</a> et dont l'absurdité m'a évoqué celle de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9CcmF6aWxfJTI4ZmlsbSxfMTk4NSUyOQ==">Brazil</a> de Terry Gilliam. Au sommet d'une pile de paperasserie trône le psychiatre <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Kb25hdGhhbl9DcmFuZQ==">Jonathan Crane</a>, qui se délecte de son rôle de juge et qui ne se prive pas de rappeler qu'il prononce ses jugements, ni au nom de Bane, ni au nom de quiconque, mais uniquement au nom du peuple. On comprend mieux l’exaspération du journal devant cette critique à peine voilée des idéologies collectivistes.</p>
<p>Et Nolan en rajoute une couche. Cette fièvre révolutionnaire, aux spasmes meurtriers, est doublée d'un nihilisme profond, marque de notre époque. Car pour Bane, nulle utopie en vue, aucun paradis sur terre à réaliser, il a le mérite de ne pas être dupe. Il poursuit le but de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9MZWFndWVfb2ZfQXNzYXNzaW5z">League of  Shadows</a><em> </em>de purifier le monde de cette scorie, qu'est Gotham, comme elle l'avait faite pour Rome par le passé. Le monde renaîtra de ses cendres, et le cycle recommencera jusqu'à la prochaine purification. Nul espoir pour le genre humain, condamné à répéter les erreurs du passé et à ne jamais sortir de ses vilaines ornières ; à l'exception des membres de la League of  Shadows, qui eux seuls, en bons millénaristes, sont les élus initiés d'un savoir inaccessible au commun des mortels et qui rétabliront la balance des choses par une nouvelle purification massive. Cela résonne avec notre époque, où l'homme semble être condamné pour beaucoup à rester un loup pour lui-même, et trop souvent devant cette impasse morale, qui n'offre aucune perspective réjouissante, la destruction serait la seule issue envisageable.</p>
<p>Bane, cette masse de muscle, devient alors l'incarnation de la force et de la violence, brute et crue, seule véritable agent de la coercition et du pouvoir, et non pas l'argent, comme on aime trop à le croire. C'est ce qu'apprend au prix de sa vie Dagget, un financier véreux qui croyait avoir autorité par sa fortune sur le méchant du film.</p>
<p>Voilà pour les exégèses.</p>
<p>Plus généralement, j'ai trouvé la réalisation du film bonne, et là où je suis d'accord avec <em>Telerama</em>, c'est que Nolan a le don d'alterner scènes d'actions de grandes envergures - la première scène est époustouflante - et scènes plus intimistes. Toutefois je trouve qu'il n'a pas su réitérer l'exploit du précédent opus, où cette alternance se faisait sans anicroche, avec harmonie, et qui avait rendu ce film si singulier. Dans ce troisième volet, et probablement le dernier, il y a comme une dissonance qui se dégage. Nolan s'est contenté de faire du Nolan a minima. La succession des scènes est plus chaotique et moins fluide. Et l'ensemble au final est paradoxalement trop lisse et trop carré.</p>
<p>Et enfin, dernier point, on peut à nouveau se délecter de cette sempiternelle odyssée, que l'on retrouve dans les films américains, et qui fait écho à l'optimisme de ce peuple, où notre héros, broyé, écrasé, n'abandonne pas, et retrouve l’énergie nécessaire et l'espoir pour se surpasser et accomplir sa quête. Toute cela baigné, culture chrétienne oblige, dans une atmosphère de repentance, Gotham doit expier pour ses péchés, Bruce Wayne souffrir, symbolisée pour ma part par ce sigle enflammé de Batman, visible par tous, sur la façade d'un pont, signalant son retour (sa résurrection) et qui m'a fait furieusement penser au christ sur la croix (je force un peu : plaisir personnel de l'interprétation).</p>
<p>Mais on se doute bien que notre héros aux oreilles de chauve-souris, après s'être fait déplacer une vertèbre par Bane et jeter dans une fosse, ne va pas tendre l'autre joue, au grand dam de <em>Telerama</em>.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2JvYm9saWJlcmFsLmJsb2dzcG90LmZyLzIwMTIvMDcvdGhlLWRhcmsta25pZ2h0LXJpc2VzLWF1LWNyaWJsZS1saWJlcmFsLmh0bWw=">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Le Lorax et l&#039;écologisme capitaliste</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jul 2012 08:00:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Guy Veer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[le Lorax]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Lorax montre ce qui se produit quand les règles fondamentales du capitalisme ne sont pas respectées.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les libéraux auront vite compris que <em>Le Lorax</em> (film dans les salles françaises à partir d'aujourd'hui) montre clairement ce qui se produit quand les règles fondamentales du capitalisme - propriété privée, investissement à long terme, non-intervention du gouvernement dans l'économie - ne sont pas respectées. Pour les autres, laissez-moi vous exposer sa vraie nature.</strong></p>
<p><strong>Par Pierre-Guy Veer.</strong><span id="more-74543"></span><br />
<em>Article publié en collaboration avec le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWJsb2d1ZWR1cWwub3JnLzIwMTIvMDMvbGUtbG9yYXgtZXQtbGVjb2xvZ2lzbWUtY2FwaXRhbGlzdGUuaHRtbA==" target=\"_blank\">Québécois Libre</a>.</em></p>
<p><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL20yLnR5cGVwYWQuY29tLy5hLzZhMDBkODM0MWNiNDRhNTNlZjAxNjc2M2JjZjM3OTk3MGItcGk="><img class="alignleft" title="Lorax12b" src="http://m2.typepad.com/.a/6a00d8341cb44a53ef016763bcf379970b-250wi" alt="Lorax12b" /></a>Le Lorax</em>, le plus récent film d'Illumination Entertainment, est basé sur une histoire du Dr. Seuss (<em>The Grinch Who Stole Christmas</em>, notamment). N'ayant pas lu l'histoire originale, je ne saurais dire si l'adaptation est fidèle. Mais une chose est sûre : les producteurs du film ont voulu faire passer le message (pas subtil du tout) que, laissé à lui-même, le capitalisme amène la destruction, la pollution et la misère. Et pourtant, pour qui possède un esprit perspicace, le film montre exactement le contraire...</p>
<p>Le film commence avec un numéro musical où les personnages de Thneedville chantent leur joie de vivre dans une ville qui n'a pas d'arbres vivants ni d'animaux sauvages. Tout est fait de plastique et les gens consomment de l'air en bouteille, gracieuseté de la compagnie O'Hare.</p>
<p>Ted, un adolescent ordinaire, tente de gagner le cœur d'Audrey, une fille qui rêve, plus que tout au monde, de posséder un vrai arbre. Alors commence sa quête, qui l'emmènera hors de la ville, là ou tout est désolation et air irrespirable. Il rencontrera Once-ler - dont la plaque d'immatriculation se lit presque comme «Oiler» -, homme qui, de son propre aveu, est responsable de la destruction de l'environnement autour de Thneedville. Celui-ci racontera alors son histoire : il voulait vendre son Thneed, espèce de morceau de tissu très polyvalent, fait à partir des feuilles des arbres (qui ressemble à de la barbe à papa). Mais dès qu'il a coupé un arbre, le Lorax, esprit de la forêt, a fait tout ce qu'il pouvait pour l'empêcher de «détruire» la forêt où vivent tous les animaux.</p>
<p>Ça fonctionne pour un temps... jusqu'à ce que la famille de Once-ler, au très fort accent du Sud, arrive et commence la production en série du Thneed - elle qui ne croyait pas du tout aux chances de Once-ler. Ainsi commence la destruction de la forêt et l'enrichissement de Once-ler. «How bad can it be?» chante-t-il jusqu'à ce que le dernier arbre soit rasé...</p>
<div>
<p><strong>Festival des clichés</strong></p>
<p>Les clichés anticapitalistes de ce film sont presque innombrables. Outre ceux énumérés dans le résumé du film, notons - et je ne me concentrerai que sur trois - celui qui concerne O'Hare, le président de la compagnie d'embouteillage d'air.</p>
<p>Au début du film, deux employés de sa compagnie lui suggèrent de construire une nouvelle usine hyper polluante, ce qui fera ainsi grimper son chiffre d'affaires. En prenant connaissance des escapades de Ted, O'Hare l'avertit sévèrement de ne pas sortir de la ville. Quand il apprend que Ted a en sa possession la dernière graine d'arbre, il s'acharne à la capturer. Après tout, les arbres sont mauvais pour les affaires parce qu'ils produisent de l'air pur gratuit.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3dwLWNvbnRlbnQvdXBsb2Fkcy8yMDEyLzA3L2xlLWxvcmF4LWFuaW1hdGlvbi5qcGc="><img class="aligncenter size-full wp-image-79338" title="Le Lorax" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/le-lorax-animation.jpg?16fe88" alt="Le Lorax" width="300" height="400" /></a></p>
<p>Il y a également la famille de Once-ler, un ramassis de tous les clichés imaginables sur les gens du Sud des États-Unis : accent rural, manières primitives et surtout dédain de l'éducation et de l'avancement. Elle croit que Once-ler sera incapable de vendre son Thneed et se moque abondamment de lui lorsqu'il part à l'aventure. Mais dès qu'elle apprend que le produit est un succès, elle se précipite, avec sa maison mobile, auprès de Once-ler pour faire partie de sa compagnie. Évidemment, parce que c'est une famille sudiste ignare, elle va complètement raser la forêt, pour ensuite renier Once-ler parce qu'il a fait faillite.</p>
<p>Enfin, le Lorax représente le fantasme par excellence des écologistes : c'est l'esprit de la forêt, le défenseur des animaux et le protecteur de l'air pur. Il apparaît magiquement quand Once-ler coupe le premier arbre de la forêt, tentant de l'empêcher de poursuivre sa «destruction». Il tente même de noyer Once-ler en déposant son lit dans la rivière pour qu'il parte à la dérive. Mais comme un des animaux était sur le lit, Once-ler sera sauvé, probablement à son grand regret.</p>
<p><strong>Le vrai capitalisme est écologique</strong></p>
<p>Les libertariens auront vite compris que <em>Le Lorax</em> montre clairement ce qui se produit quand les règles fondamentales du capitalisme - propriété privée, investissement à long terme, non-intervention du gouvernement dans l'économie - ne sont pas respectées. Pour les autres, laissez-moi vous exposer sa vraie nature...</p>
<p>Quand Once-ler arrive dans la forêt, personne n'en est légalement propriétaire. Oui, les animaux sont très mignons, mais dans la vraie vie, ils n'ont pas de droits de propriété. Si Once-ler était devenu le propriétaire légal de cette terre, alors il aurait (fort probablement) tout fait pour utiliser les arbres intelligemment. Après tout, ce qui fait le succès du capitalisme, c'est l'investissement, PAS la consommation. D'ailleurs, l'investissement (privé) explique presque, à lui seul, pourquoi «l'Occident» (Europe, É.-U., Canada, Australie, etc.) était jusqu'à récemment tellement plus riche que le reste du monde [<sup class='footnote'><a href='#fn-74543-1' id='fnref-74543-1' onclick='return fdfootnote_show(74543)'>1</a></sup>].</p>
<p>Le comportement de Once-ler n'a donc rien à voir avec le capitalisme. Au contraire, on pourrait dire que ce type de comportement est encouragé dans notre monde interventionniste. Un très bel exemple est <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21ldGVvcG9saXRpcXVlLmNvbS9QbGFuL0ZpY2hlcy9lbnZpcm9ubmVtZW50L2VhdS9wcml2YXRpc2F0aW9uL1RoZW1hdGlxdWUvZm9yZXN0L3JldnVlLzIwMDYvYTAwMjEuaHRt" target=\"_blank\">le sort de la Seigneurie du Triton</a> dans le Nord du Québec. Sous pression populaire, le gouvernement Charest avait décidé, en 2005, de déclarer cette zone aire protégée, empêchant ainsi toute exploitation forestière, même de la part des compagnies qui s'y trouvaient déjà. Naturellement, se sachant évincées sous peu, les compagnies présentes ont rationnellement cherché à maximiser leurs profits... en coupant à blanc. La moralité de cette action est discutable, mais elle facilement compréhensible : puisque la propriété sera publique, à quoi bon préserver les arbres pour le futur ?</p>
<p>Le même concept s'applique pour la pollution. Si c'est une plaie dans notre monde moderne, c'est que l'air, le sol et l'eau appartiennent à tous, et donc à personne. Derrière le Rideau de fer des régimes communistes, là où les lois économiques étaient presque toutes ignorées, la pollution était effarante, certaines forêts sont devenues irrécupérables et beaucoup de gens <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5lY29ubGliLm9yZy9saWJyYXJ5L0VuYy9GcmVlTWFya2V0RW52aXJvbm1lbnRhbGlzbS5odG1s" target=\"_blank\">en mouraient prématurément</a>. Si des droits de propriété privée avaient été appliqués sur ces territoires, ces problèmes n'auraient probablement jamais existé.</p>
<p>Dans les années 1950, Hooker, une compagnie de produits chimiques dans l'État de New York, avait en sa possession un canal dans lequel elle déversait ses déchets. Il était très bien construit et aucune fuite n'a été rapportée. C'était tout à son avantage, sinon elle aurait dû dédommager ses victimes pour la pollution causée. Mais dès que le gouvernement local a décidé d'acheter des terrains en bordure dudit canal, les problèmes ont commencé : désintégration de la structure du canal, fuites, construction en bordure du canal... Comme le secteur public n'est généralement responsable de rien, nul besoin de dire que la compagnie <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Mb3ZlX0NhbmFs" target=\"_blank\">a reçu tout le blâme</a>.</p>
<p>C'est donc ce qui peut expliquer le je-m'en-foutisme de O'Hare quant à la pollution engendrée par ses activités. Comme il n'y a pas de propriété de l'air ou de l'eau, il s'en fiche; il en profite même. Et son comportement face aux arbres - ils offrent une concurrence «déloyale» quant à la production d'air pur - n'est pas sans rappeler <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lzb3VyY2Uub3JnL3dpa2kvU29waGlzbWVzXyVDMyVBOWNvbm9taXF1ZXMvUyVDMyVBOXJpZV8xL0NoYXBpdHJlXzc=" target=\"_blank\">la pétition des marchands de chandelles</a> présentée par Frédéric Bastiat. Tout comme O'Hare, ils protestaient contre la concurrence déloyale... du soleil et exigeaient des pouvoirs publics que l'on bloque toutes les fenêtres afin de faire augmenter les affaires. Force est de constater que O'Hare, lui, a eu gain de cause, ce qui aurait été impossible dans un libre marché. En effet, la majorité des gens serait portée à vouloir profiter d'air pur gratuit produit par les arbres.</p>
<p>En conclusion, malgré ses qualités techniques évidentes, <em>Le Lorax</em> n'est qu'un vulgaire film de propagande écologiste qui fait fi d'à peu près toute la logique économique. Et comme il s'adresse principalement aux enfants, je conseille fortement aux parents libertariens de bien expliquer à leurs rejetons que ce film montre ce qui se passe quand on ne respecte PAS l'esprit du capitalisme.</p>
</div>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWJsb2d1ZWR1cWwub3JnLzIwMTIvMDMvbGUtbG9yYXgtZXQtbGVjb2xvZ2lzbWUtY2FwaXRhbGlzdGUuaHRtbA==" target=\"_blank\">Sur le web<br />
</a>Avec l'aimable autorisation du <em>Québécois Libre</em>.<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWJsb2d1ZWR1cWwub3JnLzIwMTIvMDMvbGUtbG9yYXgtZXQtbGVjb2xvZ2lzbWUtY2FwaXRhbGlzdGUuaHRtbA==" target=\"_blank\"><br />
</a></p>
<div class='footnotes' id='footnotes-74543'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-74543-1'>Mises, Ludwig Von.<em> Marxism Unmasked, From Delusion to Destruction</em>, Foundation for Economic Education, Irvington-on-Hudson, NY, 2006. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-74543-1'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<item>
		<title>&quot;Antichrist&quot; de Lars von Trier : zoom sur la police du cinéma</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/07/05/89316-antichrist-de-lars-von-trier-zoom-sur-la-police-du-cinema</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Jul 2012 06:16:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Roseline Letteron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Lars von Trier]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie]]></category>
		<category><![CDATA[visa d'exploitation]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un arrêt du 29 juin 2012, Association Promouvoir, le Conseil d’État annule une nouvelle fois le visa d'exploitation accordé au film de Lars von Tier, "Antichrist", visa assorti d'une interdiction aux mineurs de moins de seize ans.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans un arrêt du 29 juin 2012, <em>Association Promouvoir</em>, le Conseil d’État annule une nouvelle fois le visa d'exploitation accordé au film de Lars von Tier, <em>"Antichrist",</em> visa assorti d'une interdiction aux mineurs de moins de seize ans.</strong><br />
<span id="more-89316"></span><br />
<strong>Par Roseline Letteron.</strong></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTg5MzE3" rel=\"attachment wp-att-89317\"><img class="alignright  wp-image-89317" title="antichrist_affiche" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/antichrist_affiche.jpg?16fe88" alt="" width="253" height="344" /></a>Dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUFkbWluLmRvP29sZEFjdGlvbj1yZWNoSnVyaUFkbWluJmFtcDtpZFRleHRlPUNFVEFURVhUMDAwMDI2MDg5OTAxJmFtcDtmYXN0UmVxSWQ9NjYwMzQxNDk1JmFtcDtmYXN0UG9zPTE=" target=\"_blank\">arrêt du 29 juin 2012, <em>Association Promouvoir</em></a>, le Conseil d’État annule une nouvelle fois le visa d'exploitation accordé au film de Lars von Tier, <em>"Antichrist",</em> visa assorti d'une interdiction aux mineurs de moins de seize ans. Une nouvelle fois, car une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUFkbWluLmRvP29sZEFjdGlvbj1yZWNoSnVyaUFkbWluJmFtcDtpZFRleHRlPUNFVEFURVhUMDAwMDIxMzQ1NDIzJmFtcDtmYXN0UmVxSWQ9Njk0NTkzMzYzJmFtcDtmYXN0UG9zPTE=" target=\"_blank\">première décision, du 25 novembre 2009, </a>rendue à la demande de la même association requérante, avait déjà prononcé une telle annulation. Dès le lendemain, le ministre de la Culture avait accordé un nouveau visa, suscitant derechef un second recours. L'histoire va montrer qu'il aurait été mieux inspiré de reprendre la procédure à son début.</p>
<p>Que l'on ne s'y trompe pas. Les requérants ne sont pas des fervents partisans de la liberté d'expression cinématographique qui contestent l'interdiction aux moins de seize ans, et désireraient un visa d'exploitation accordé sans aucune réserve. Ils veulent au contraire l'annulation du visa pour essayer d'obtenir le classement du film comme œuvre pornographique, voire son interdiction pure et simple.</p>
<p>L'association "<em>Promouvoir</em>" se donne pour objet, selon les termes figurant sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZW1lZGlhdGV1ci5uZXQvcHJvbW91dm9pci9pbmRleC5odG0=" target=\"_blank\">son site</a>, <em>"la promotion des valeurs judéo-chrétiennes, dans tous les domaines de la vie sociale"</em>. Particulièrement orientée sur la lutte contre la pornographie, elle a déjà obtenu du Conseil d’État, dans un <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUFkbWluLmRvP29sZEFjdGlvbj1yZWNoSnVyaUFkbWluJmFtcDtpZFRleHRlPUNFVEFURVhUMDAwMDA4MDU3Njk2JmFtcDtmYXN0UmVxSWQ9MTk1Mjk4OTEwNSZhbXA7ZmFzdFBvcz0x" target=\"_blank\">arrêt du 30 juin 2000</a>, l'annulation du visa accordé au film de Virginie Despentes, <em>"Baise-moi"</em>. À l'époque, le visa d'interdiction aux mineurs de moins de seize avait été annulé au motif qu'il <em>"contenait un message pornographique et d'incitation à la violence"</em>. Le film avait ensuite été autorisé avec un classement d'interdiction aux moins de dix huit ans, sans pour autant être classé comme pornographique.</p>
<p><strong>Le visa d'exploitation, expression d'un régime d'autorisation</strong></p>
<p>Ce visa d'exploitation s'analyse comme une autorisation administrative de mise sur le marché, témoignage du traitement juridique tout à fait particulier dont le cinéma fait l'objet. Il ne relève pas du droit commun de la liberté d'expression, qui permet à chacun de s'exprimer librement, sauf à rendre compte de différents excès devant le juge pénal. L'expression cinématographique, au contraire, est soumise à un régime d'autorisation, dont la Cour européenne admet la conformité à la Convention, depuis une décision <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL21lcmxpbi5vYnMuY29lLmludC9pcmlzLzE5OTcvMS9hcnRpY2xlOC5mci5odG1s" target=\"_blank\">Wingrove c. Royaume Uni du 25 novembre 1996</a>.</p>
<p>Considéré, à sa naissance, comme un <em>"spectacle de curiosité"</em> dépourvu de toute ambition culturelle, il avait alors semblé naturel de soumettre le cinéma aux mêmes contraintes que les attractions foraines. Organisé par l'ordonnance du 1er juillet 1945, désormais intégrée dans le code du cinéma et de l'image, la police du cinéma repose sur une autorisation délivrée par le ministre, précisément ce visa d'exploitation. Celui-ci est attribué après avis d'une Commission de classification, qui a le choix entre six propositions possibles : autorisation du film pour <em>"tous publics"</em>, interdiction aux mineurs de moins de 12, de 16, ou de 18 ans, inscription sur la liste des œuvres pornographiques ou enfin interdiction générale et absolue de toute diffusion.</p>
<p><strong>Contrôle normal sur le visa d'exploitation</strong></p>
<p>L'essentiel des contestations, et donc de la jurisprudence, porte évidemment sur ce visa. Les enjeux financiers sont immenses, car un film qui n'est pas autorisé pour "tous publics" fait l'objet d'une exploitation commerciale plus réduite, et celui qui est qualifié de pornographique ne peut circuler que dans un réseau spécial.</p>
<p>Le juge opère un contrôle normal sur le visa d'exploitation, s'assurant notamment du caractère pornographique, ou non, de l’œuvre. Si le film de Virginie Despentes a effectivement été qualifié de pornographique dans l'arrêt du 30 juin 2000, le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5sZWdpZnJhbmNlLmdvdXYuZnIvYWZmaWNoSnVyaUFkbWluLmRvP29sZEFjdGlvbj1yZWNoSnVyaUFkbWluJmFtcDtpZFRleHRlPUNFVEFURVhUMDAwMDA4MDc4NTMwJmFtcDtmYXN0UmVxSWQ9NzMyMzEzODYxJmFtcDtmYXN0UG9zPTE=" target=\"_blank\">visa du film "<em>Fantasmes</em>"</a>, également contesté par l'association "Promouvoir", a été seulement considéré comme érotique, et soumis à une interdiction aux moins de seize ans.</p>
<p><strong>Un avis motivé</strong></p>
<p>Le film de Lars von Trier donne au juge administratif l'occasion de donner quelques précisions sur l'exercice de ce pouvoir d'autorisation conféré au ministre. En principe, ce dernier n'est pas lié par l'avis donné par la Commission de classification. Les deux arrêts rendus à propos d'<em>Antichrist</em>, aussi bien le 25 novembre 2009 que le 29 juin 2012, affirment que l'avis de la Commission doit être suffisamment motivé pour permettre au ministre de prendre une décision éclairée. La simple référence au <em>"climat violent"</em> du film n'est pas suffisante. La Commission doit préciser en quoi cette violence justifie l'interdiction proposée. Autrement dit, l'avis doit expliquer pourquoi la Commission choisit d'interdire un film aux moins de seize ans, plutôt qu'aux moins de douze ou de dix-huit ans, pourquoi ce film ne doit pas être considéré comme pornographique etc.</p>
<p>En cas de motivation insuffisante, comme c'est le cas en l'espèce, le visa d'exploitation est annulé pour vice de procédure. Le Conseil d’État estime en effet que le ministre n'était pas suffisamment informé pour prendre une décision éclairée. Certains esprits simples pourraient penser qu'il suffirait que le ministre voie le film pour savoir ce qu'il en pense. Certains esprits chagrins et procéduriers pourront alors se demander si le fait d'infliger un Lars von Trier à un ministre relève, ou non, du traitement inhumain et dégradant, au sens de l'article 3 de la Convention européenne. Mais c'est un autre débat.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYmVydGVzY2hlcmllcy5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEyLzA3L2FudGljaHJpc3QtZGUtbGFycy12b24tdHJpZXItem9vbS1zdXIuaHRtbA==">Sur le web</a>.</p>
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		<title>The Dictator de Sacha Baron Cohen</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/07/02/89040-the-dictator</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Jul 2012 06:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>J. Sedra</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Khadafi]]></category>
		<category><![CDATA[Sacha Baron Cohen]]></category>

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		<description><![CDATA[Revue critique de The Dictator (2012), la dernière comédie de Sacha Baron Cohen, sortie dans les salles françaises depuis le 20 juin.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Revue critique de <em>The Dictator</em> (2012), la dernière comédie de Sacha Baron Cohen, sortie dans les salles françaises depuis le 20 juin.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Par J. Sedra.</strong><br />
<span id="more-89040"></span><br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMDIvODkwNDAtdGhlLWRpY3RhdG9yL3RoZS1kaWN0YXRvcg==" rel=\"attachment wp-att-89041\"><img class="aligncenter  wp-image-89041" title="the-dictator" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/the-dictator.jpg?16fe88" alt="" width="458" height="347" /></a><br />
N’ayant vu ni Borat ni Brüno, les films précédents de Sacha Baron Cohen, j’ai décidé de guérir ma curiosité et mon ignorance en regardant son dernier film, The Dictator, dans lequel il campe une caricature poussée de Khadafi, l’amiral-guide-suprême Aladeen de la Wadiyah.</p>
<p>J’ai ri du début à la fin, il y a une telle densité de bons mots, de remarques pertinentes, de références qui mettent l’antiracisme et le féminisme en face de leurs propres racisme et sexisme inhérent, qu’on ne s’ennuie pas une seconde. Il y a déjà des répliques cultes parsemées un peu partout.</p>
<p>L’histoire suit un déroulement prévisible mais avec des péripéties inattendues. Initialement, la fin extrêmement convenue m’a déçu… jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, elle prend le contrepied total des attentes des spectateurs ordinaires, d’une façon très subtile, et subvertit une dernière fois le social-démocratisme de notre époque.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDcvMDIvODkwNDAtdGhlLWRpY3RhdG9yL2ltZ3NjYW4tY29udHJlcG9pbnRzLTM0MC1sZS1kaWN0YXRldXI=" rel=\"attachment wp-att-89089\"><img class="alignright  wp-image-89089" title="imgscan contrepoints 340 le dictateur" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/07/imgscan-contrepoints-340-le-dictateur-891x1024.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="344" /></a>Car, ce que dit Aladeen dans son discours à l’ONU, fondamentalement, c’est ni plus ni moins que la démocratie à l’occidentale n’est qu’une dictature dont la seule différence est que ses chefs se préoccupent d’être aimés de leurs citoyens (ou tout du moins, d’une courte majorité de ceux d’entre eux qui votent). Le monde d’Aladeen et le monde de Zoé torturent pareil, musellent leurs opposants aussi efficacement, piétinent les intérêts des citoyens ordinaires avec le même dédain. En somme : Zoé-Démocratie, je t’aime, car tu es finalement comme moi, une dictature brutale et égotiste, derrière ton masque de féminisme, ta lutte superficielle pour les libertés civiles, ton égalitarisme intolérant, ton écologisme appauvrissant, ton politiquement correct censeur, ton sécuritarisme étouffant et surtout, surtout, ton incapacité à te rendre compte des horreurs que j’ai commises en ton nom. Mais rase-toi les aisselles quand même !</p>
<p>Bref, le spectateur gauchiste lambda verra ce film de l’œil de l’antiracisme-féminisme-écolo, et applaudira une fin où le méchant dictateur se réforme par amour. Et le spectateur intelligent y verra une critique complète et probablement excessive de tous les travers de l’autre spectateur, et de leurs conséquences brutales qui font de la “démocratie” républicaine une véritable dictature n’ayant pas grand chose à envier à la Wadiyah.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2plc3JhZC53b3JkcHJlc3MuY29tLzIwMTIvMDcvMDEvdnUtdGhlLWRpY3RhdG9yLTIwMTIv">Sur le web</a>.</p>
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		<title>Forbidden Voices</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/06/22/88003-forbidden-voices</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Jun 2012 06:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yoani Sánchez</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[blogs]]></category>
		<category><![CDATA[droit des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Farnaz Seifi]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[liberté individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Yoani Sánchez]]></category>
		<category><![CDATA[Zeng Jinyan]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans son film « forbidden Voices », la réalisatrice suisse Barbara Miller a réuni des images et des interviews de Farnaz Seifi, Zeng Jinyan et Yoani Sanchez, trois blogueuses admirables qui utilisent le clavier et les réseaux sociaux comme moyen de dénonciation]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans son film « Forbidden Voices », la réalisatrice suisse Barbara Miller a réuni des images et des interviews de Farnaz Seifi, Zeng Jinyan et Yoani Sanchez, trois blogueuses admirables qui utilisent le clavier et les réseaux sociaux comme moyen de dénonciation.</strong><br />
<span id="more-88003"></span><br />
<strong>Par Yoani Sánchez, depuis La Havane, Cuba.</strong></p>
<div class="myvideotag" style="width: 480px;"><iframe width="480" height="295" src="http://www.youtube.com/embed/hIRlvQ0ItSg" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></div>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMjIvODgwMDMtZm9yYmlkZGVuLXZvaWNlcy9mYXJuYXotc2VpZmk=" rel=\"attachment wp-att-88004\"><img class="alignright  wp-image-88004" title="Farnaz Seifi" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/Farnaz-Seifi.jpg?16fe88" alt="" width="240" height="160" /></a></p>
<p>Elle demandait seulement d’avoir les mêmes droits qu’un homme dans son pays. Elle a fait de la technologie un porte-voix pour dénoncer ces lois qui en Iran la laissent sans défense et désavantagée par rapport aux hommes. Blogueuse et féministe, Farnaz Seifi s’est exilée en Argentine après avoir été arrêtée et menacée plusieurs fois sur la terre qui la vit naître. Elle a dû se mettre à écrire sous un pseudonyme face aux pressions croissantes dont sa famille a été victime. Le drame qu’elle vit est millénaire, mais elle sait que l’absurde peut se terminer un jour et cesser subitement. Ce petit espoir l’a conduite à ne pas se résigner et à intégrer le mouvement « Changement pour l’égalité », créé par une vingtaine d’activistes. Elle utilise le clavier pour arrêter les coups, les réseaux sociaux comme moyen de dénonciation des outrages que tellement de femmes n’osent pas raconter.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMjIvODgwMDMtZm9yYmlkZGVuLXZvaWNlcy8yMjBweC16ZW5nX2ppbnlhbg==" rel=\"attachment wp-att-88006\"><img class="alignleft  wp-image-88006" title="220px-Zeng_Jinyan" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/220px-Zeng_Jinyan.jpg?16fe88" alt="" width="154" height="222" /></a>De son côté, c’est l’amour qui soutient Zeng Jinyan. Cette affection qui l’unit à Hu Jia, le célèbre défenseur des droits de l’homme en Chine. Son mari a systématiquement dénoncé la maltraitance des malades du SIDA et les dommages provoqués par le milieu ambiant dans un pays où un parti unique impose une  version unique de la réalité. Zeng a raconté sur Internet les moments les plus difficiles de ses années récentes, la détention et la prison de son mari, les longues journées de réclusion à domicile, auxquelles elle a été elle-même soumise avec son bébé, et les tendres embrassades au retour de son mari lorsqu’il a été libéré. Curieux paradoxes que ceux qu’apporte la technologie : on l’empêchait de sortir de chez elle et pourtant le cyberspace réduisait les distances entre elle et ses lecteurs.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDYvMjIvODgwMDMtZm9yYmlkZGVuLXZvaWNlcy9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy0yOTQtZm9yYmlkZGVuLXZvaWNlcw==" rel=\"attachment wp-att-88022\"><img class="alignright  wp-image-88022" title="imgscan contrepoints 294 forbidden voices" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/06/imgscan-contrepoints-294-forbidden-voices.jpg?16fe88" alt="" width="222" height="204" /></a>On m’a placée, moi aussi, entre ces deux femmes admirables, dans un documentaire qui analyse l’utilisation des nouveaux media de communication comme arme contre la censure. Sous le titre « Forbidden Voices », la réalisatrice suisse Barbara Miller a réuni des images, des interviews et des scènes domestiques qui viennent compléter la personne humaine qu’il y a derrière un compte Twitter, celle dont la présence virtuelle est beaucoup plus libre que la réelle. De sorte qu’il s’agit bien de l’histoire de quatre femmes, trois d’entre elles désireuses de trouver respect et espace dans leurs sociétés respectives et une quatrième, l’auteur du film, qui équipée d’un objectif et de beaucoup de patience, exprime visuellement sa propre rébellion.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kZXNkZWN1YmEuY29tL2dlbmVyYWNpb255Lz9wPTYzNTk=">Sur le web</a>.<br />
<em>Traduction : Jean-Claude Marouby.</em></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=88003" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		<title>The Hunger Games</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/04/13/79060-the-hunger-games</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/04/13/79060-the-hunger-games#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 06:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Damien Theillier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[collectivisme]]></category>
		<category><![CDATA[contre-utopie]]></category>
		<category><![CDATA[dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[individualisme]]></category>

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		<description><![CDATA[The Hunger Games est une contre-utopie, qui décrit un monde totalitaire ou en tout cas cauchemardesque. Dans la tradition des dystopies, le film met en valeur l'individu contre la masse, valorise le héros solitaire contre l'abrutissement collectiviste]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>The Hunger Games</em> est une contre-utopie, qui décrit un monde totalitaire ou en tout cas cauchemardesque. Dans la tradition des dystopies, le film met en valeur l'individu contre la masse, valorise le héros solitaire contre l'abrutissement collectiviste.</strong><br />
<span id="more-79060"></span><br />
<strong>Par Damien Theillier.</strong></p>
<p><em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTc5MDYx" rel=\"attachment wp-att-79061\"><img class="alignleft size-full wp-image-79061" title="The-Hunger-Games-movie-poster-12162011" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/04/The-Hunger-Games-movie-poster-12162011.jpg?16fe88" alt="" width="218" height="320" /></a>The Hunger Games</em> est une trilogie écrite par l'Américaine Suzanne Collins qui s'est vendue à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde, dont 400 000 en France aux éditions Pocket Jeunesse. Aux États-Unis, le premier tome de <em>The Hunger Games</em> est resté près de deux ans en tête des meilleures ventes. Le film a fait un véritable carton.</p>
<p>Ce n'est pas non plus un grand film, dont on ressort avec une forte émotion. Mais c'est un film qui sort de l'ordinaire, qui ouvre des perspectives, dans la tradition des dystopies classiques : <em>Un bonheur insoutenable</em> d'Ira Levin (1970, avec son héros Copeau), <em>1984</em> de George Orwell (1949), <em>Fahrenheit 451</em> de Ray Bradbury (1953), <em>Nous Autres</em>, de Zamiatine (1920) ou <em>La Grève</em>, d'Ayn Rand (1957), dont <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL25pY29tYXF1ZS5ibG9nc3BvdC5mci8yMDExLzA0L2F0bGFzLXNocnVnZ2VkLXBhcnRpZS1pLXBvdXItbGVzLW51bHMuaHRtbA==" target=\"_blank\">la première partie est sortie sur les écrans</a>..</p>
<p>Une dystopie est une contre-utopie, qui décrit un monde totalitaire ou en tout cas cauchemardesque. En général, la dystopie met en valeur l'individu contre la masse, elle valorise le héros solitaire contre l'abrutissement collectiviste.</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTc5MDYy" rel=\"attachment wp-att-79062\"><img class="alignright size-full wp-image-79062" title="hg" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/04/hg.jpg?16fe88" alt="" width="320" height="214" /></a>Dans <em>The Hunger Games</em>, imaginez un âge sombre, futuriste, où l'humanité est gouvernée par une classe dominante qui réprime toute rébellion du peuple par le sacrifice de quelques enfants, choisis au hasard et obligés de lutter les uns contre les autres jusqu'à la mort, devant les caméras. La jeune héroïne Katniss, 16 ans, se distingue par son courage et sa détermination à survivre. Elle se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés, prêts à tout. L’auteur, Suzanne Collins, revient sur la création de ce monde dystopique : "L'univers de Katniss (jouée par Jennifer Lawrence) m'a initialement été inspiré par la fascination que j'éprouve pour le mythe grec de Thésée qui, tous les neuf ans, envoyait une phalange de jeunes garçons et filles dans un labyrinthe mortel afin de combattre le monstrueux Minotaure."</p>
<p>J'ai lu quelques critiques fort intéressantes, rapprochant notamment le film de thèmes libertariens. Voici par exemple un extrait d'article (traduit), écrit sur <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Zyb212aWVubmF3aXRobG92ZS5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEyLzA0L2xpYmVydGFyaWFuLXJldmlldy1vZi1odW5nZXItZ2FtZXMuaHRtbA==" target=\"_blank\">un blog ami</a> :</p>
<blockquote><p>Je ne vais pas complètement vous gâcher l'intrigue mais pour ceux qui ont vu le film, je voudrais faire quelques commentaires sur les thèmes libertariens récurrents dans le film. Ceci est très intéressant à noter, parce que la culture populaire de Hollywood a toujours été anti-marché et anti-liberté au cours des dernières décennies : le vilain homme d'affaires capitaliste, avec une moustache frisée, tente de raser une forêt et de mettre à sa place un parc de stationnement (comme Avatar), le monde a été sur-pollué et abandonné par des américains gras, obèses et consumériste (Wall-E), etc. Les médias, la culture pop et Hollywood, s’intéressent au "collectivisme", à "l'environnement" ou à "la diversité", plutôt qu’à la non-violence ou à la conquête de la liberté humaine. The Hunger Games jette tout cela par la fenêtre."</p></blockquote>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTc5MDYz" rel=\"attachment wp-att-79063\"><img class="alignright size-full wp-image-79063" title="hg2" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/04/hg2.jpg?16fe88" alt="" width="400" height="226" /></a>Cela dit, j'ai lu aussi de grosses stupidités à propos de ce film : certains parlent d'une dénonciation du capitalisme et d'un hommage aux Indignés. Cette analyse est ridicule. Le capitalisme n'est pas un régime politique, encore moins un régime policier. C'est un mode de production et d'échange, fondé précisément sur le libre consentement. Mais certains ne font pas la différence...</p>
<p>Pour d'autres, ce film viserait l'avènement glaçant de la société du spectacle. L'hypothèse est déjà plus plausible. Le nom choisi pour désigner cette société futuriste est : "Panem", du latin, pain. L'expression latine "panem et circenses" ("du pain et des jeux"), décrit le système social de l'empire romain. Le pouvoir distribuait du pain aux pauvres tous les jours tandis que les jeux du cirque (dans lesquels des chrétiens ou des esclaves étaient sacrifiés) permettaient de maintenir une apparence de paix, par le divertissement. Le rapprochement avec la démocratie de masse et l’État providence n’est pas interdit…</p>
<p>Karin Westman, enseigne l’anglais à l'Université du Kansas en s’appuyant sur cette trilogie ainsi que sur d'autres séries telles que Harry Potter. Il soutient que <em>The Hunger Games</em> est un puissant outil de débats au sein des familles, parce qu'il se rapporte à des questions primordiales telles que la loyauté fraternelle et la survie de la famille.</p>
<p>Le film surfe aussi sur la vague du survivalisme, véritable phénomène de société aux États-Unis. Les survivalistes se préparent à survivre aux guerres, aux catastrophes ou à l’effondrement économique en apprenant des techniques de survie et des rudiments de notions médicales, en stockant de la nourriture, en construisant des abris, ou en apprenant à se nourrir en milieu sauvage. Le survivalisme aujourd’hui est devenu une véritable culture présente dans le cinéma, la littérature ou la bande-dessinée.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL25pY29tYXF1ZS5ibG9nc3BvdC5mci8yMDEyLzA0L3VuLWZpbG0tdm9pci1odW5nZXItZ2FtZXMuaHRtbA==">Sur le web</a></p>
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		<title>Une politique culturelle pour vider les salles de cinéma</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/03/24/74446-une-politique-cuturelle-pour-vider-les-salles-de-cinema</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Mar 2012 08:11:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Nicoulaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[étatisme]]></category>
		<category><![CDATA[films]]></category>
		<category><![CDATA[Ministère de la Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Le manque d’ "éducation à l’image" d’un public incapable de juger de la "qualité" des films et dont le "degré de connaissance" ne cesse de décliner nécessite le retour de la vengeance du commissaire du peuple à l'instruction publique]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le manque d' "éducation à l’image" d’un public incapable de juger de la "qualité" des films et dont le "degré de connaissance" ne cesse de décliner nécessite le retour de la vengeance du commissaire du peuple à l'instruction publique...</strong><br />
<span id="more-74446"></span><br />
<strong>Par Georges Kaplan.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTc0NDUy" rel=\"attachment wp-att-74452\"><img class="aligncenter  wp-image-74452" title="salle_de_cine_vide_reference" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/salle_de_cine_vide_reference.jpg?16fe88" alt="" width="446" height="310" /></a></p>
<p>Si j’en crois <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jYXVzZXVyLmZyL2NpbmVtYS1mcmFuY2Fpcy1sJUUyJTgwJTk5aWxsdXNpb24tY29taXF1ZSwxNjYzMQ==">le portrait</a> que nous brosse Monsieur Déniel, une bonne partie de l’industrie cinématographique française produit des films qui peinent manifestement à remplir les salles obscures alors même que la fréquentation globale desdites salles se porte mieux que jamais. Je n’ai aucune raison de remettre en cause la véracité des faits mais il me semble, en revanche, utile de m’appesantir quelques instants sur leur interprétation.</p>
<p>Ne prenons pas de pincettes : si ces "grands et beaux films ne rencontrent pas leur public", c’est principalement parce que ce public n’existe pas ; ou si peu. Nous parlons de films qui, pour le peuple vulgaire dont j’ai l’honneur de faire partie, sont en général classés dans la catégorie des "pensums pour intellos, emmerdants comme la pluie, à réserver aux troisièmes parties de soirée sur Arte". Très clairement : si l’on exclu Monsieur Déniel et quelques spécialistes, les gens n’ont tout simplement pas envie de voir ces films et ce, d’autant plus qu’ils devraient s’acquitter du montant d’un billet de cinéma pour s’infliger cette souffrance.</p>
<p><strong>Je sais, je ne suis pas gentil.</strong></p>
<p>Nous parlons de films qui rencontrent un public si restreint qu’ils ne pourraient tout simplement pas être produits s’ils n’étaient pas maintenus sous perfusions par le Centre National du Cinéma [1], qu’ils n’auraient aucune chance d’être projetés ailleurs que dans des salles subventionnées et qu’ils ne seraient vraisemblablement jamais diffusés sur aucune chaine de télévision si l’État français n’était pas propriétaire d’un des plus vastes services publics télévisuel du monde. Rappelons une évidence : un film commercial c’est un film qui vous plait assez ou porte en lui suffisamment de promesses de vous plaire pour que vous ayez envie de vous offrir une séance ; un film qui n’est pas commercial c’est un film que personne n’a envie de voir – ou du moins pas en payant son entrée – et que nous finançons de force au travers de diverses taxes et réglementations [2] parce que le producteur a des amis au ministère ou qu’un obscur fonctionnaire a validé le dossier de demande de financement.</p>
<p>Disons les choses telles qu’elles sont : voilà une industrie cinématographique qui a été organisée de façon à pouvoir exister et prospérer dans des salles vides. Voilà une industrie cinématographique, soumise au bon vouloir de celles et ceux qui décident de notre politique culturelle, où tous en sont réduits à tout attendre d’un geste du ministre ou d’une décision administrative. Voilà une industrie cinématographique où l’on se congratule entre artistes subventionnés et pourvoyeurs de deniers publics à l’occasion de cérémonies glaciales dûment relayées par la télévision d’État.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMjQvNzQ0NDYtdW5lLXBvbGl0aXF1ZS1jdXR1cmVsbGUtcG91ci12aWRlci1sZXMtc2FsbGVzLWRlLWNpbmVtYS9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy05MDctY2luZQ==" rel=\"attachment wp-att-74527\"><img class="aligncenter  wp-image-74527" title="imgscan contrepoints 907 Ciné" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/imgscan-contrepoints-907-Ciné-1024x821.jpg?16fe88" alt="" width="315" height="252" /></a></p>
<p><strong>L’éducation à l’image</strong></p>
<p>L’avis du public ? L’avis des masses incultes qui s’agglutinent bêtement dans les multiplex où ils consomment du "blockbuster américain" et des "comédies télévisuelles françaises souvent vulgaires" ? Vous n’y pensez pas ! La culture est une affaire bien trop sérieuse pour être abandonnée à de vulgaires consommateurs ; c’est une affaire de spécialistes dûment appointés par les autorités compétentes. Au mieux, si le film remplit les salles, on louera le bienfondé des décisions de l’administration culturelle ; au pire, s’il n’attire que les journalistes de Télérama, on fustigera le manque d' "éducation à l’image" d’un public incapable de juger de la "qualité" des films et dont le "degré de connaissance" ne cesse de décliner. Bref, nous explique Monsieur Déniel, il faut que l’État intervienne.</p>
<p>Nous y voilà. Les subventions, réglementations et autres quotas n’ayant finalement – ô surprise – pas produit les effets escomptés [3], voilà qu’on en conclut qu’il nous faut des commissaires du peuple à l'instruction publique. Cela ne fait jamais que cinq décennies [4] que nos gouvernants se piquent d’éduquer nos goûts ; cinq décennies de politiques culturelles qui aboutissent aujourd’hui à des résultats pour le moins contrastés. Après tout, si ça ne marche pas c’est sans doute qu’on n’en a pas assez fait.</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL29yZHJlc3BvbnRhbmUuYmxvZ3Nwb3QuZnIvMjAxMi8wMy9wb2xpdGlxdWUta3VsdHVyZWxsZS5odG1s">Sur le web</a></p>
<p><strong>Notes :</strong><br />
<div class="note"><div class="noteclassic">[1] Et l’assurance chômage – rappelons un ordre de grandeur : les intermittents du spectacle, c’est 3% des cotisants et 30% des déficits.</p>
<p>[2] Taxe spéciale additionnelle sur le prix des billets, taxe sur les diffuseurs télévisuels et taxe sur l'édition vidéo perçues par le CNC pour financer le soutien de la filière, obligations d'investissement et quotas de diffusion imposés aux chaînes de télévision… J’en passe.</p>
<p>[3] Anecdote : saviez-vous pourquoi on entend autant de rap sur les ondes radios françaises ? Eh bien parce que l’administration culturelle a jugé bon d’imposer des quotas de chansons francophones : pour éviter de perdre leurs jeunes auditeurs qui goutent peu les Sardou et autres Souchon, les chaines ont programmé du rap <em>francophone</em>…</p>
<p>[4] Le ministère de la culture a été créé en 1959. Avant cette date, la France devait souffrir d’un grave déficit en la matière.</div></div></p>
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		<title>The Artist ? C&#039;est du cinéma !</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/03/06/71985-the-artist-jean-dujardin-oscars-cinema-film</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 07:20:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Garello</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Dujardin]]></category>
		<category><![CDATA[The Artist]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment expliquer la consécration de The Artist lors de la cérémonie des Oscars aux États-Unis ? Qu'y a-t-il de plus profond dans l'engouement général pour ce film ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment expliquer la consécration de <em>The Artist</em> lors de la cérémonie des Oscars aux États-Unis ? Qu'y a-t-il de plus profond dans l'engouement général pour ce film ?</strong></p>
<p><strong>Par Jacques Garello.</strong><span id="more-71985"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTcxOTg2" rel=\"attachment wp-att-71986\"><img class="alignleft size-medium wp-image-71986" title="the-artist-jean-dujardin" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/the-artist-affiche-225x300.jpg?16fe88" alt="" width="225" height="300" /></a>Les Oscars ont récompensé une œuvre et des comédiens de grand talent – du moins à mon goût. C’est sans doute la raison majeure du succès du film <em>The Artist</em> et de Jean Dujardin, qui en est la vedette.</p>
<p>Il était normal que cette consécration enthousiasme les Français. Mais s’agit-il d’un simple réflexe franchouillard, ou encore d’une quelconque nostalgie ? Ce serait dommage d’en rester là, et je m’interroge au contraire sur ce qu’il y a de plus profond dans cet engouement général.</p>
<p>Franchouillard ? Il est vrai que les discours "patriotiques" fleurissent dans le cadre de la campagne actuelle. Voilà un succès que nous pourrions opposer à tous ces pays étrangers qui ne cessent de nous humilier. C’est la revanche de la France.</p>
<p>Mais, à mon sens, il n’y a pas de film ni d’acteurs plus ouverts que ceux-ci. Titre, couronnement à Hollywood, interventions en anglais, et surtout thème : on est en plein dans la culture américaine, celle que tant de nos nationalistes haïssent avec MacDo, Coca et… Hollywood. Les États-Unis que présente le film ne sont pas ceux des drogués, des dépravés, des séries criminelles, mais ceux du rêve américain, de l’innovation, du travail et de la réussite. La réussite de <em>The Artist</em> n’est pas celle d’une France repliée sur son Hexagone, mais celle d’une France ouverte, acceptant la mondialisation intellectuelle et artistique au même titre que la mondialisation commerciale. Depuis quelques semaines, le cœur des Français était Outre-Atlantique, on l’a perçu même au moment de la remise des César quelques heures auparavant.</p>
<p>Alors, nostalgique ? Le thème, en effet, est celui de la fin du cinéma muet. Mais qui l’a connu ? Bien que muet le film nous dit bien des choses : la musique, la danse et le mime sont là pour exprimer avec justesse les sentiments et l’humour des acteurs. Dujardin, c’est Fred Astaire – tout le monde l’aura compris.</p>
<p>Si l’on doit regarder vers le passé, le film rappelle que les États-Unis n’ont pas toujours été ceux des <em>Temps Modernes</em> et des <em><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5hbWF6b24uZnIvZXhlYy9vYmlkb3MvSVNCTj0yMDcwMzYwODMwP3RhZz1saWJlcmF1eG9yZy0yMQ==" target=\"_blank\">Raisins de la Colère</a></em>, décrivant misère sociale et crise de civilisation. Ces avatars ont été surtout ceux de la période de Roosevelt. <em>The Artist</em>, c’est l’Amérique heureuse, celle du jazz, des grands orchestres, des grosses voitures, débordante de richesse méritée, bien qu’ostentatoire. C’est celle qui incarne la prospérité et la liberté (jusqu’à préserver les nôtres au cours des deux guerres mondiales) et qui pour l’essentiel l’incarne encore, en dépit des erreurs récentes. Le film n’exprime pas une nostalgie, mais une permanence. "L’Amérique est de retour", slogan de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvUm9uYWxkX1JlYWdhbg==" target=\"_blank\">Reagan</a>.</p>
<p>Alors quoi ? Je me risquerai d’abord à avancer que c’est la dimension sentimentale et morale et du film et des acteurs qui séduit aujourd’hui une grande partie des Français, comme il a séduit le peuple américain. Dans le film, on voit de jolies choses, on entend de la bonne musique, on apprécie de bons acteurs. Le beau est un premier pas vers le bien, on le sait. Jean Dujardin a une personnalité simple et directe. Dans ses interviews, il entonne volontiers l’hymne à la famille, à l’amitié. Il est sympathique parce que modeste, comme l’étaient par exemple Gabin, Montand, de Funès ou Bourvil. On est loin du monde sophistiqué ou mal éduqué qui occupe nos émissions de télévision, de ces prophètes de l’immoralité et de la violence qui nous infligent leur médiocrité.</p>
<p>On est loin également du quotidien médiatique et politique, et c’est finalement cela que les Français ont, consciemment ou inconsciemment, plébiscité. Nous sommes soumis depuis des années à la sinistrose. Les candidats actuels parlent et partent toujours de "la crise" et se présentent en protecteurs contre la crise, voire même en explorateurs d’un monde sans crise.</p>
<p>La crise n’existe pourtant que par leurs maladresses, leur ignorance, leurs mensonges, leur obstination à refuser le chemin de l’espoir. Ils nous engagent au contraire sur la route de la servitude.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLzIwMTIvMDMvMDYvNzE5ODUtdGhlLWFydGlzdC1qZWFuLWR1amFyZGluLW9zY2Fycy1jaW5lbWEtZmlsbS9pbWdzY2FuLWNvbnRyZXBvaW50cy04MTctdGhlLWFydGlzdA==" rel=\"attachment wp-att-72038\"><img class="aligncenter  wp-image-72038" title="imgscan contrepoints 817 The Artist" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/03/imgscan-contrepoints-817-The-Artist-1024x802.jpg?16fe88" alt="" width="400" height="313" /></a></p>
<p>Les Français ont besoin de répit, et de véritables détentes. Ils les trouvent sans doute dans la pratique de plus en plus intense du sport et des loisirs, mais ils retrouvent la France délétère dès qu’ils se remettent à l’écoute des élites et de leurs hauts parleurs. Les peuples, on le sait, ont besoin de pain et de jeux. Mais le pain est mangé par les stupidités du dirigisme, et les jeux sont télévisés. Les Français ont été réduits au rang de spectateurs impuissants.</p>
<p>Quelle libération quand ils peuvent de temps en temps s’amuser ! Quel soulagement de chanter, danser, espérer, aimer. N’est-ce pas la vocation même du cinéma ? Le cinéma n’est pas "l’opium du peuple" parce qu’il a gardé, à la différence d’autres médias, une certaine pluralité, une certaine indépendance. Son financement vient des consommateurs – sauf en France où le "cinéma d’essai", appelé encore "cinéma d’auteur", est subventionné, ce qui donne des essais sans lendemain et des auteurs sans spectateur. Avec <em>The Artist</em>, les Français retrouvent sans doute quelque chose qui parle à leur cœur, une joie profonde, une bouffée de cet air frais qui leur manque tant. Bref, je crois avoir trouvé la clé de la popularité de ce film : c’est du cinéma !</p>
<p>---<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2xpYnJlcy5vcmcvZnJhbmNhaXMvZWRpdG9yaWFsLzAzMDUxMl9jaW5lbWEuaHRt" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
<p><strong><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnL3RhZy9UaGUtQXJ0aXN0" target=\"_blank\">Voir nos autres articles sur <em>The Artist</em></a></strong></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=71985" width="1" height="1" style="display: none;" />
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		</item>
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		<title>La dinde de fer</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/02/29/71121-la-dinde-de-fer</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/02/29/71121-la-dinde-de-fer#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 07:25:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stephane Montabert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Meryl Streep]]></category>

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		<description><![CDATA[Les deux tiers du long-métrage s'appesantissent péniblement sur la période post-2003, après la mort de son mari, mais ratent l'essentiel de l'héritage que laissera derrière elle la dame de fer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les deux tiers du long-métrage s'appesantissent péniblement sur la période post-2003, après la mort de son mari, mais ratent l'essentiel de l'héritage que laissera derrière elle la dame de fer.</strong></p>
<p><strong>Par Stéphane Montabert, de Renens, Suisse.</strong><span id="more-71121"></span></p>
<p>La cérémonie des Oscars s'est achevée. Bien qu'au second plan face à l'agitation autour de l'Artiste Jean Dujardin, Meryl Streep a réussi à décrocher une statuette pour son interprétation de Margaret Thatcher - ou plutôt, pour une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbWRiLmNvbS90aXRsZS90dDEwMDcwMjkv">adaptation</a> de la vie de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvTWFyZ2FyZXRfVGhhdGNoZXI=" target=\"_blank\">Margaret Thatcher</a> jugée plaisante auprès du jury d'Hollywood. La formulation est un peu ampoulée mais nettement plus proche de la vérité.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTcxMTQ5" rel=\"attachment wp-att-71149\"><img class="aligncenter size-medium wp-image-71149" title="Margaret Thatcher Meryl Streep" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/02/Margaret-Thatcher-Meryl-Streep-300x165.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="165" /></a></div>
<div style="text-align: center;"><em><em>Pour incarner Margaret Thatcher, le brushing ne fait pas tout.</em><br />
</em></div>
<p>Comme le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy50ZWxlZ3JhcGguY28udWsvbmV3cy9wb2xpdGljcy9tYXJnYXJldC10aGF0Y2hlci84ODkyMTMwL05vcm1hbi1UZWJiaXQtVGhpcy1pcy1ub3QtdGhlLU1hcmdhcmV0LVRoYXRjaGVyLUkta25ldy5odG1s">dit</a> Norman Tebbit, qui fut un des plus fervents supporters de Margaret Thatcher et un membre du cabinet entre 1981 et 1987:</p>
<blockquote><p>Elle était toujours ouverte à la persuasion, mais seulement par des arguments et des faits convenablement rassemblés et présentés, et elle pouvait être rude - parfois même exagérément - envers des collègues qui n'atteignaient pas son niveau d'exigence. Mais, de ma propre expérience, elle n'a jamais été la femme à moitié hystérique, trop émotive et surjouant son rôle qu'incarne Meryl Streep.</p></blockquote>
<p>Sans surprise, ni le réalisateur du film Phyllida Lloyd ni son scénariste Abi Morgan ne firent appel à lui pour le moindre conseil:</p>
<blockquote><p>Vous auriez pu penser que si vous étiez en train de mettre en place un de ces "biopic" au sujet d'une figure politique dominante de la fin du 20e siècle, vos biographes auraient cherché à contacter ceux qui étaient le plus proche d'elle en ces années-là et leur demander. Je ne sais pas à qui ceux qui ont fait le film ont fait appel. (...) Certainement pas à moi.</p></blockquote>
<p>L'ancien porte-parole de Margaret Thatcher Tim Bell défaussa lui aussi le film, le qualifiant de "non-événement". Il est vrai que pour quelqu'un cherchant à comprendre pourquoi Margaret Thatcher est passée à la postérité au point qu'on lui <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5wYXJsaWFtZW50LnVrL3Zpc2l0aW5nL2V4aGliaXRpb25zLWFuZC1ldmVudHMvZGlzcGxheXMvdGhhdGNoZXItc3RhdHVlLw==">érige une statue</a> au Parlement britannique, le film ne répond guère à la demande.</p>
<p>Les deux tiers du long-métrage s'appesantissent péniblement sur la période post-2003 (après la mort de son mari Dennis), longtemps après que la Dame de Fer a quitté le pouvoir. Elle traîne dans son appartement, parle à sa fille, souffre d'hallucinations...  Le spectateur est affligé de l'histoire ennuyeuse et pathétique d'une vieille femme à la santé mentale sur le déclin, ponctuée de <em>flashbacks</em> sur quelques événements qui ont donné forme à sa carrière. Que la vieille femme en question soit Margaret Thatcher semble presque un détail.</p>
<p>Les moments clés de son ministère à la tête de l'Etat anglais sont soit passés sous silence, soit réduits à leur plus simple expression. L'épisode de la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Qb2xsX3RheA==">poll tax</a> résume cinq minutes du film, <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9CcmlnaHRvbl9ob3RlbF9ib21iaW5n">l'attentat de l'hôtel Brighton</a> tout autant ; la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9HciVDMyVBOHZlX2Rlc19taW5ldXJzX2JyaXRhbm5pcXVlc19kZV8xOTg0LTE5ODU=">grève des mineurs</a>, moins de cinq ; le <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9JcmFuaWFuX0VtYmFzc3lfc2llZ2U=">siège de l'Ambassade d'Iran</a> n'est pas mentionné du tout; la <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9HdWVycmVfZGVzX01hbG91aW5lcw==">Guerre des Malouines</a> a droit à un quart d'heure et autant de répliques grotesques, alors qu'elle est si symbolique; la politique de privatisation est réduite à sa plus simple expression, et rien n'est dit de l'impact de sa personnalité sur l'état d'esprit du pays et la fierté qu'elle rendit à l'Angleterre... Et ne parlons même pas de son accession au pouvoir ou de ses années à l'université.</p>
<p>Les producteurs de cinéma ont choisi de faire un film sur la vieillesse plutôt que sur la vie de Margaret Thatcher. Bon choix pour ne pas rentrer dans les eaux mouvantes du film polémique - quoi que cela réussisse pour <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2VuLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS83NXRoX0FjYWRlbXlfQXdhcmRzI01pY2hhZWxfTW9vcmVfY29udHJvdmVyc3k=">d'autres</a>... - car certains positionnements passent mieux auprès des critiques professionnels, dira-t-on. Elle est ainsi passée à la moulinette du politiquement correct de gauche, réduite à une <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5ndWFyZGlhbi5jby51ay9maWxtLzIwMTIvZmViLzE1L2lyb24tbGFkeS1tZXJ5bC1zdHJlZXAtdGhhdGNoZXItZmVtaW5pc3Q/bmV3c2ZlZWQ9dHJ1ZQ==">icône du féminisme</a> (ce qu'elle n'a jamais voulu être), dépendante des autres, faible, vulnérable, et sur sa fin. A moins qu'il ne s'agisse d'une métaphore de son héritage politique?</p>
<p>Il y avait pourtant tellement à dire sur Margaret Thatcher! Les épisodes et les événements qui émaillèrent son passage au pouvoir furent si nombreux et si marquants qu'un seul film ne suffirait pas à tous les raconter. Mais sans tenter le récit exhaustif de son existence, il aurait été possible de se concentrer sur un ou deux instants cruciaux du personnage - un peu comme pour <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5pbWRiLmNvbS90aXRsZS90dDE1MDQzMjAv">George VI</a> - et insister sur le mode de pensée de celle qui reçut le surnom de Dame de Fer, une inflexibilité admirable qui, loin d'être inhumaine, se référait simplement à des principes moraux avec lesquels elle refusait de transiger. Comme le dit encore Norman Tebbit:</p>
<blockquote><p>Je compris qu'il y avait deux fils dans ses pensées, le premier étant un patriotisme romantique profondément enraciné dans son passé loin des villes. Elle détestait le cynisme urbain envers son pays et son peuple, et cette attitude était renforcée par une croyance religieuse passée de mode et non-conformiste sur ce qui était bien et ce qui était mal. L'autre fil venait de son éducation scientifique et de sa vie professionnelle, non au sein d'une académie mais dans le laboratoire d'une société alimentaire. (...)</p>
<p>Je la trouvais sûre d'elle-même sur les principes de sa politique, mais ouverte quant aux tactiques (...) Jamais, cependant, elle ne sacrifia ses principes pour des motifs tactiques, pas plus qu'elle n'acceptait d'aller le long de routes qu'elles qualifiait de façon méprisante de "trop malignes".</p></blockquote>
<p>Même la version française (!) de Wikipedia arrive à résumer ses accomplissements en quelques phrases:</p>
<blockquote><p>Attachée à ses convictions chrétiennes méthodistes, <a title=\"Conservatisme\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Db25zZXJ2YXRpc21l">conservatrices</a> et <a title=\"Libéralisme économique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9MaWIlQzMlQTlyYWxpc21lXyVDMyVBOWNvbm9taXF1ZQ==">libérales</a>, invoquant la souveraineté britannique, la protection de l'intérêt de ses administrés et les principes de droit, elle mena une politique étrangère marquée par l'opposition à l'<a title=\"Union des républiques socialistes soviétiques\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Vbmlvbl9kZXNfciVDMyVBOXB1YmxpcXVlc19zb2NpYWxpc3Rlc19zb3ZpJUMzJUE5dGlxdWVz">URSS</a>, la promotion de l'<a title=\"Atlantisme\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9BdGxhbnRpc21l">atlantisme</a>, la <a title=\"Guerre des Malouines\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9HdWVycmVfZGVzX01hbG91aW5lcw==">guerre des Malouines</a> en <a title=\"1982\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS8xOTgy">1982</a> ou la promotion d'une Europe libre-échangiste au sein de la <a title=\"Communauté économique européenne\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Db21tdW5hdXQlQzMlQTlfJUMzJUE5Y29ub21pcXVlX2V1cm9wJUMzJUE5ZW5uZQ==">Communauté économique européenne</a>. Sa politique économique, fortement influencée par les idées issues du <a title=\"Libéralisme économique\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9MaWIlQzMlQTlyYWxpc21lXyVDMyVBOWNvbm9taXF1ZQ==">libéralisme économique</a>, fut marquée par d'importantes <a title=\"Privatisation\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9Qcml2YXRpc2F0aW9u">privatisations</a>, par la baisse de la <a title=\"Pression fiscale\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9QcmVzc2lvbl9maXNjYWxl">pression fiscale</a>, la maîtrise de l'<a title=\"Inflation\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9JbmZsYXRpb24=">inflation</a> et du <a title=\"Déficit public\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9EJUMzJUE5ZmljaXRfcHVibGlj">déficit</a> et l'affaiblissement des syndicats.</p></blockquote>
<p>Margaret Thatcher se retrouva à la tête d'un pays ruiné et sclérosé. En 1976, le gouvernement travailliste fut contraint de solliciter l'aide du FMI à hauteur de 4 milliards de dollars, une somme colossale pour l'époque. En 1979, année de son accession au pouvoir, l'Angleterre perdit 30 millions de journées de travail en grèves. Toutes les embauches devaient recevoir l'aval des syndicats. La <a title=\"Fiscalité\" href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9GaXNjYWxpdCVDMyVBOQ==">fiscalité</a> était délirante: la tranche marginale d'imposition sur les revenus du capital atteignait alors 98%, celle sur les revenus de 83% (on est loin des <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5yZmkuZnIvZnJhbmNlLzIwMTIwMjI4LWZyYW5jb2lzLWhvbGxhbmRlLXByb3Bvc2UtdGF4ZXItNzUtcmV2ZW51cy1wbHVzLW1pbGxpb24tZXVyb3M=">modestes 75%</a> proposés par le candidat Hollande!)</p>
<p>Elle brisa le pouvoir des oligopoles légaux, permis aux plus démunis d'acheter leur logement social, libéralisa l'emploi, réduisit le périmètre de l'Etat, donna à la <em>City</em> la liberté financière pour prendre son envol, restaura la crédibilité internationale du Royaume-Uni et sa place dans le concert des nations... Simplement en refusant de transiger sur ses valeurs et ce qu'elle trouvait juste - des valeurs si pertinentes qu'on baptisa de son nom sa <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2ZyLndpa2lwZWRpYS5vcmcvd2lraS9UaGF0Y2glQzMlQTlyaXNtZQ==">doctrine politique</a>. Et son héritage est encore <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5kYWlseW1haWwuY28udWsvbmV3cy9hcnRpY2xlLTEwMzQ2MzQvTGFkeS1UaGF0Y2hlci1ob25vdXJlZC1TdGF0ZS1mdW5lcmFsLmh0bWw=">salué</a> aujourd'hui.</p>
<p>C'était peut-être un peu trop ambitieux pour Hollywood, finalement; mieux valait un film superficiel sur la déchéance mentale due à la vieillesse appliquée à une personnalité connue -  et un oscar à la clef pour Meryl Streep.</p>
<p>---</p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3N0ZXBoYW5lbW9udGFiZXJ0LmJsb2cuMjRoZXVyZXMuY2gvYXJjaGl2ZS8yMDEyLzAyLzE1L2xhLWRpbmRlLWRlLWZlci5odG1s" target=\"_blank\">Sur le web</a></p>
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		<item>
		<title>Gaz de schiste : donnez un dollar, devenez un géant du cinéma et sauvez la planète !</title>
		<link>http://www.contrepoints.org/2012/02/22/70240-gaz-de-schiste-donnez-un-dollar-devenez-un-geant-du-cinema-et-sauvez-la-planete</link>
		<comments>http://www.contrepoints.org/2012/02/22/70240-gaz-de-schiste-donnez-un-dollar-devenez-un-geant-du-cinema-et-sauvez-la-planete#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 07:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Contrepoints</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[FIlm]]></category>
		<category><![CDATA[Gasland]]></category>
		<category><![CDATA[gaz de schiste]]></category>

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		<description><![CDATA[FrackNation, un film pour contrer le très tendancieux Gasland est en préparation]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>FrackNation</em>, un film pour contrer le très tendancieux <em>Gasland</em> est en préparation.</strong></p>
<p><strong>Par James Delingpole, depuis le Royaume Uni.<br />
</strong></p>
<div id="attachment_70245" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTcwMjQ1" rel=\"attachment wp-att-70245\"><img class="size-full wp-image-70245" title="gaslandG" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/02/gaslandG.jpg?16fe88" alt="" width="460" height="344" /></a><p class="wp-caption-text">Trois des producteurs exécutifs de FrackNation à Long Beach.</p></div>
<p>Le gaz de schiste est le miracle qui transformera le monde. C’est déjà le cas aux États-Unis. Les Polonais en sont fous aussi. Pourquoi sommes-nous donc si réticents à exploiter cette ressource abondante ici ?</p>
<p>L’une des raisons principales est la désinformation semée par des films comme le très tendancieux <em>Gasland</em> (celui où le robinet prend le feu). Et c’est pourquoi il me tarde tant de voir le film indépendant qui contrera cette propagande et remettra les pendules à l’heure. Le film est de Phelim McAleer et Ann McElhinney, l’équipe qui nous a apporté <em>Not Evil Just Wrong</em> (ndlr : réfutation des thèses d’Al Gore sur le "réchauffement climatique"), et le titre est : <em>FrackNation</em>.</p>
<p>À ce moment précis, je devrais déclarer que cet article est intéressé. Non seulement j’apparais dans le film, mais je suis en fait aussi l’un de ses producteurs délégués. Le titre est très ronflant, mais il n’en est rien : pour le prix d’un dollar, vous pourriez aussi devenir un producteur délégué. Oui, tout ce que vous avez à faire pour avoir votre nom dans le générique et vous faire le porte-parole de la cause de la justice, de la vérité et de l’énergie pas chère par-dessus le marché, c’est de donner un dollar ou plus via kickstarter.com. Ils ont déjà levé presque 90 000 dollars, mais ils ont besoin d’un total minimum de 150 000 dollars dans les 45 prochains jours, sans quoi, l’argent engagé jusque là sera restitué aux donateurs.</p>
<p>C’est un pied de nez assez génial et vilain, assez typique d’eux, d’utiliser kickstarter. Kickstarter est habituellement le site où l’on irait pour les projets "trendy" de la gauche, mais pas pour des films dangereux sur les marchés libres et en faveur des énergies fossiles qui, dit-on, provoquent des tremblements de terre, polluent les nappes phréatiques et font brûler les robinets d’une couleur bleue (et elles ne font aucune de ces choses là, d’ailleurs).</p>
<p>----<br />
<a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL2Jsb2dzLnRlbGVncmFwaC5jby51ay9uZXdzL2phbWVzZGVsaW5ncG9sZS8xMDAxMzg0ODAvZnJhY2tuYXRpb24tcGF5LW9uZS1kb2xsYXItYmVjb21lLWEtbW92aWUtbW9ndWwtc2F2ZS10aGUtd29ybGQv">Sur le web</a><br />
<em>Traduction : Jacques Roberts pour Contrepoints.</em></p>
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		<title>V pour Vendetta, un film fasciste ?</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:56:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Rannou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Contrepoint]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[V pour Vendetta]]></category>

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		<description><![CDATA[Bref, V pour Vendetta, c'est un film fasciste sur le fascisme]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>V pour Vendetta est une référence récurrente, en particulier du mouvement Anonymous. Une référence vue comme positive par les intéressés, mais pas par tout le monde.</strong></p>
<p><strong>Par Nicolas Rannou</strong><span id="more-67017"></span></p>
<p><a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy5jb250cmVwb2ludHMub3JnLz9hdHRhY2htZW50X2lkPTY3MDE4" rel=\"attachment wp-att-67018\"><img class="alignleft size-full wp-image-67018" title="300px-V_vendetta_006" src="http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/01/300px-V_vendetta_006.jpg?16fe88" alt="" width="300" height="210" /></a><br />
Rappelez-vous du film. Dans une dictature vaguement futuriste, un homme mène la résistance. Il a subi des expériences scientifiques, perdu son visage, est devenu un surhomme et cherche sa vengeance. Il vit dans un lupanar, entouré d’œuvres somptueuses et se retrouve avec une belle minette sur les bras après l'avoir sauvée. En guise de dystopie on a en fait un fantasme d'ado.</p>
<p>Le méchant est un dictateur qui ressemble à Hitler pour que le spectateur soit bien sur d'être du bon côté. Ce qui n'est pas le cas, car contrairement aux apparences, dans V pour Vendetta ce sont bien les fascistes qui gagnent et il serait bon que le symbole du masque dont se sert le héros ne devienne  pas un symbole de contestation démocratique.</p>
<p><strong>Dystopie ou utopie ?</strong></p>
<p>Parler du film V pour Vendetta est fréquemment l'occasion d'employer le mot savant de dystopie, qui serait le pendant sombre d'une utopie. Ainsi V aurait-il lieu dans un monde dystopique, c'est-à-dire un lieu où les choses sont organisées pour rendre les gens malheureux.</p>
<p>Or V n'est pas une dystopie mais l'inverse : une utopie individuelle. Et oui.</p>
<p>Certainement pas parce que le régime et la société décrits par le film, une sorte de <a href="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-url=aHR0cDovL3d3dy53aWtpYmVyYWwub3JnL3dpa2kvRmFzY2lzbWU=" target=\"_blank\">fascisme</a>, seraient bons et souhaitables.</p>
<p>Non, V est une utopie en ce qu'elle dépeint les groupes politiques et sociaux ennemis réels comme des fascistes, le rêve ! Les bons connaissent un destin de martyr ou d'accession à des vérités supérieures, joie ! Le combat de résistance va aboutir, autrement dit la dynamique est favorable... C'est donc... l'extase et non le cauchemar.</p>
<p>Quel groupe politique réel est visé par le film et dépeint en fasciste ? Simple, c'est George W. Bush et les conservateurs et néoconservateurs américains.</p>
<p>Il est notable que la BD originale de V opposait les anarchistes aux fascistes mais le scénario a été modifié par les frères Wachowski (obstinés à exploiter les filons de la gnose moderne et du nanar) pour présenter un tout autre combat. Un des auteurs, Alan Moore, qui a pris ses distances, l'a d'ailleurs compris : le film met en présence le « système américain néo-conservateur contre le système américain libéral », libéral signifiant en langue américaine : de gauche. Au combat anarchiste/fasciste présent dans la BD originale, on a donc superposé le combat gauche/droite sous l'ère de Bush fils.</p>
<p>Le scénario ne fait pas dans la dentelle, et recouvre tous les fantasmes d'un camp contre l'autre. Ainsi le pouvoir fasciste en place dans le film, avec son chef hitlérien, ses camps de concentration, ses expériences sur les humains, assoit-il son pouvoir en jouant la sécurité contre la liberté. Or ce thème constitue une critique récurrente contre Bush. Ce thème est juste mais ne justifie pas pour autant un point Godwin.</p>
<p>Dans le film le gouvernement despotique est arrivé au pouvoir en profitant d'attentats dont il est en réalité l'instigateur – petit clin d’œil pas subtil du tout au conspirationnisme onzeseptembrien.</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Le présentateur démagogique de la télévision aux ordres est militariste et... évangéliste, soit l'équivalent d'un célèbre pundit conservateur américain. Notons encore que dans le monde de V on est exécuté pour avoir un Coran, on disparaît parce qu'on est lesbienne. Or Bush et son camp sont réputés par la plupart de leurs adversaires être défavorables aux musulmans et aux homosexuels.</p>
<p>Un tour sur la wikipédia anglaise abonde en notre sens :</p>
<blockquote><p>Many film critics, political commentators and other members of the media have also noted the numerous references in the film to events surrounding the then-current George W. Bush administration in the United States. These include the "black bags" worn by the prisoners in Larkhill that have been seen as a reference to the black bags worn by prisoners at Abu Ghraib in Iraq and in U.S.-administered Guantánamo Bay in Cuba, though the pre-Matrix draft of the screenplay also contains this reference to black bags. Also London is under a yellow-coded curfew alert, similar to the US Government's color-coded Homeland Security Advisory System. One of the forbidden items in Gordon's secret basement is a protest poster with a mixed U.S.–UK flag with a swastika and the title "Coalition of the Willing, To Power" which combines the "Coalition of the Willing" with Friedrich Nietzsche's concept of Will to Power. As well, there is use of the term "rendition" in the film, in reference to the way the regime removes undesirables from society. There is even a brief scene (during the Valerie flashback) that contains real-life footage of an anti-Iraq war demonstration, with mention of President George W. Bush. Finally, the film contains references to "America's war" and "the war America started" as well as real footage from the Iraq War.</p></blockquote>
<p>Qu'est-ce donc que le monde de V pour Vendetta ? Ce sont les USA de Bush tel que rêvé par ses opposants les plus hystériques c'est-à-dire mélangé avec Hitler.</p>
<p>Et c'est pourquoi il est injuste de se borner à dire que V pour Vendetta est un mauvais film quand c'est d'abord une utopie au message extrêmement simple : Bush est méchant, nous sommes des victimes et ceux qui ne sont pas comme nous sont des fascistes.</p>
<p><strong>Où est le fascisme ?</strong></p>
<p>Le fascisme est bien présent dans le film mais pas là où on le croit. Tout est fait pour dépeindre le pouvoir dictatorial contre lequel le héros lutte comme fasciste. Son chef ressemble à Hitler, le pouvoir a ses camps, il torture, il expérimente sur les êtres humains, il dés-humanise etc.</p>
<p>Mais comme dans tout bon film d'action qui se respecte, le mal prêté au méchant est en réalité le désinhibiteur de la violence dont on veut faire jouir le spectateur. Le méchant est violent ? On va le frapper avec bonne conscience. Il tue ? On peut le tuer. Il est sadique ? On va être sadique avec lui. Avec bonne conscience.</p>
<p>Le méchant est fasciste ? Le héros – et le spectateur qui se projette dans ce héros -, pourra être fasciste.</p>
<p>Que le spectateur fasse abstraction du méchant, ce prétexte au mal, et observe bien ce qui se passe dans le film et ce qu'il pourrait approuver à défaut de réfléchir. Concrètement, que fait V ? Il tue, il séquestre, il terrorise et fait sauter le Parlement.</p>
<p>Que se passe-t-il à la fin ? L'armée se refuse à tirer et laisse approcher le Parlement, qui explose, par une foule de personnes anonymisées par un masque : autrement dit les institutions subverties par la masse atomisée, en un mot le fascisme.</p>
<p>Bref, ce film :</p>
<ul>
<li>c'est une satire intolérante de la droite américaine, consistant à l'assimiler à un fascisme,</li>
<li>c'est un nanar,</li>
<li>c'est un film fasciste sur le fascisme.</li>
</ul>
<p>Bonne séance !</p>
<p>----<a href="hyperboree-apollon.blogspot.com/2012/01/v-pour-vendetta-un-film-fasciste.html" target=\"_blank\"><br />
Sur le web</a></p>
<p><a href="www.wikiberal.org/wiki/V_pour_Vendetta" target=\"_blank\">Lire aussi la fiche Wikibéral du film</a></p>
 <img src="http://www.contrepoints.org/?feed-stats-post-id=67017" width="1" height="1" style="display: none;" />
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