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Le rapport Delevoye sans pitié pour l’administration

jeudi 11 mars 2010 - Jacques Garello - 0 message(s)

Jean Paul Delevoye est le « médiateur de la République », « une autorité indépendante qui met gracieusement ses compétences au service des citoyens pour améliorer leurs relations avec l’administration et les services publics ». Le médiateur reçoit des doléances de la part des particuliers et des entreprises, donne des informations, peut faciliter des démarches, et remet enfin un rapport annuel. Le rapport concernant l’année 2009 vient d’être publié, il n’a malheureusement pas reçu l’écho qu’il méritait, car tous les vices non seulement de l’administration française, mais aussi du fonctionnement de l’Etat y ont été dénoncés avec pertinence et sévérité, dans un style mesuré mais ferme.

Premier vice : la complexité croissante de la loi, qui la rend incompréhensible pour le citoyen et difficile à appliquer pour le fonctionnaire. Il y a surproduction législative. De plus, la loi est instable, et l’angoisse de la loi s’ajoute à celle de la crise.

Deuxième vice : les politiques dites de solidarité « font montre d’une efficacité déclinante ». Les solutions proposées par l’Etat providence (Ra, CMU, loi Dalo) accentuent pauvreté et précarité.

Troisième vice : la mauvaise utilisation des deniers publics. Il y a des fraudes, mais les contrôles mis en place touchent les gens honnêtes, toujours présumés coupables, plus que les fraudeurs. Il y a de la gabegie, mais au prétexte de rationalisation on pratique le culte du chiffre, et on donne aux dossiers un « traitement de masse appuyé par l’informatique », l’usager devient un numéro de dossier et il n’y a plus aucune place pour la personnalisation.

Jean Paul Delevoye élargit (et noircit) le tableau de la société française. Trois citations méritent d’être relevées : « Le système légal n’étant plus le calque d’un système juste, la tentation est grande soit de se diriger vers les systèmes illégaux… soit de laisser libre cours à sa colère et son exaspération contre le système établi, dans les accès de violence que nous ne connaissons désormais que trop bien ». « Le service public a fini par davantage défendre la pérennité des structures, le confort de système aux intérêts des administrés. …Sous couvert de principe de précaution, nous avons fini par entretenir l’illusion d’une société sans risque et ainsi un certain immobilisme ». Jean Paul Delevoye en appelle à la promotion du respect mutuel, à la défense et la promotion des droits de l’homme. Appel auquel les hommes de l’Etat resteront sourds à notre avis ; pour notre part réduire la taille de l’Etat est plus réaliste que spéculer sur sa conversion.

Sur le Web Le rapport Delevoye sans pitié pour l’administration

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Texte repris de la Nouvelle Lettre, avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.


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Jacques Garello

Jacques Garello est détenteur d’une licence en Droit et diplômé de l’Institut d’Études Politiques. Il soutient sa thèse de Doctorat ès sciences économiques en 1964. Agrégé en 1966, il est nommé Maître de Conférences à l’Université de Nice. A partir de 1968, il devient Professeur d’économie à l’Université Aix-Marseille III. En 1992, il est nommé Professeur de Classe Exceptionnelle. Il accumule d’ailleurs les récompenses. Il obtient le Prix Yves Rocher en 1980, le Prix Renaissance de l’économie en 1992, le Grand Prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques en 1994 et la Legion of Liberty en 1997.

Il a fondé en 1977 le groupe des Nouveaux économistes qui comprenaient entre autres les économistes libéraux suivants (Florin Aftalion, Henri Lepage, Jean-Jacques Rosa, Pascal Salin). En 1978, il crée l’Université d’Eté de la Nouvelle Economie à Aix-en-Provence.

Son ouverture intellectuelle est internationale. En effet, il préside depuis 1989 l’Institut Européen d’Etudes Humaines, (organisateur des rencontres internationales d’étudiants et d’universitaires, et éditeur du Journal des Économistes et des Études Humaines et de la Revue des Etudes Humaines). Il est membre de la Société du Mont-Pèlerin, de la Philadelphia Society et de l’European Constitutional Group.

Il est rédacteur en chef de la Nouvelle Lettre (hebdomadaire) depuis Janvier 1981 et il préside l’ALEPS depuis 1980.

Sur sa table de chevet, plusieurs livres sont entassés dont ceux de Frédéric Bastiat et ceux de Friedrich Hayek.

Il a enseigné l’analyse économique des institutions, celle des systèmes économiques, l’histoire de la pensée économique et la théorie monétaire.

Jacques Garello a aussi dirigé de 1971 à 1986 un institut de formation économique en entreprise, IPFOP (Institut Pédagogique de Formation Permanente).

Derniers ouvrages parus : Abécédaire de Sciences Economiques, en collaboration avec Jean Yves Naudet (Albatros, Paris) ; L’économie en questions (éd. IEEH, Paris).

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