USA : les inégalités ne sont pas le problème

Publié Par Bernard Zimmern, le dans Amérique du Nord

Par Bernard Zimmern et Valérie Pascale.
Un article d’Emploi2017

USA : les inégalités ne sont pas le problème

Justice By: Chris PotterCC BY 2.0

Voici les faits tirés de cette enquête :

I. Les deux tiers des revenus du 1%, le centile le plus riche, sont le fait non d’héritiers ou de capitalistes fainéants, mais d’entrepreneurs actifs dans des entreprises privées.

Les entrepreneurs actifs sont des ménages américains qui possèdent des titres dans des entreprises non cotées et y travaillent en y jouant un rôle actif.

Le Survey of Consumer Finances de la Banque Fédérale permet de calculer le nombre d’entrepreneurs dans le centile des revenus les plus élevés et d’évaluer leurs revenus ; en les comparant avec le total des revenus de ce centile publié par l’IRS, le Département des impôts, on découvre que ces entrepreneurs représentent les deux tiers des revenus de ce centile si honni.

II. Le 1%, le centile le plus riche, est celui qui crée tous les emplois américains de long terme, ceux qui donnent naissance aux entreprises mondiales, le plus souvent cotées.

Création d’emploi à partir des hauts revenus

emploi2017

 

Comment lire ce graphique : le point cerclé indique que le total des emplois créés par les créateurs d’entreprises appartenant aux centiles de revenus au-dessus du 82ème centile est de 15 millions. Les emplois créés par le centile le plus élevé sont de 19 millions. Chiffres enquête 2013.

Nous avons reproduit l’emploi en fonction des centiles de revenu, cumulé à partir du centile de revenu le plus élevé et en séparant en vert clair les emplois créés par des entrepreneurs du 1% (dont nous avons montré qu’ils recouvraient les emplois de long terme, ceux qui débouchent sur des grandes entreprises), en vert foncé les emplois créés par les 99% (les 99 centiles en dessous), qui sont essentiellement des emplois de services de proximité, en bleu les emplois couverts par des entrepreneurs qui ont acheté leur entreprise, en rouge ceux qui en ont hérité.

On voit que 19 millions d’emplois ont été créés par le 1% des revenus les plus élevés et, comme l’a montré l’article en référence1, il ne s’agit pas de riches qui ont subitement voulu investir leur fortune dans un emploi mais d’entrepreneurs partis souvent de zéro et qui ont lentement accumulé leurs investissements pour aboutir, en moyenne en une vingtaine d’années, à entrer dans ce 1% tant honni des égalitaristes.
Le SCF est l’une des enquêtes mondialement les plus respectées pour la qualité des résultats.

Nous sommes parmi les premiers à avoir exploité une question sur l’emploi (réponse X 3111) qui permet de croiser emploi et revenu. Il y a de nombreux pièges à éviter comme les écarts produits par les valeurs anormales associées avec les distributions dites de Pareto mais nous pensons les avoir surmontées pour en tirer des résultats répétitifs et robustes.

  1.  Ibid.
  1. On ne sait pas si la thèse est juste, car ien n’est démontré… 🛏 1- il y a un parti pris important (chef d’entreprise = créateur d’emploi) pour les start-up oui, pour les autres on peut être simplement bon gestionnaire. 🛏 2- il faudrait nous montrer que ce centile provient de niveaux sociaux variés (égalité des chances) ce qui n’est vraiment pas le cas aux US 🛏 3- ne faut-il pas regarder aussi au bas de l’échelle pour faire cette démonstration ? Quel écart de revenus entre le premier décile et le dernier?.

    1. Vous avez raison, mais l’égalité des chances est une autre question.
      L’égalitarisme ne peut mener qu’à un nivellement par le bas, qu’il s’agisse d’égalité de revenu ou d’égalité de quoi que ce soit.
      Oui, il est injuste que le fils de quelqu’un de riche puisse financer des études longues et coûteuses. Injuste pour celui qui n’en a pas les moyens. Mais pour l’étudiant en question, il n’y a rien a reprocher. D’autant moins s’il réussit les études en question.
      Nous ne sommes pas égaux, hormis en droit : il y a des gros, des jaunes, des idiots, des genies, des râleurs, des empathiques, des manuels, des mélomanes, des altruistes, des égoïstes, des libéraux, des socialistes : il y a de tout dans la société.
      Vouloir en réduire les inégalités revient à réduire une biodiversité nécessaire à notre évolution.
      Vouloir légiférer sur le systeme et l’égalitarisme revient à imposer la vision d’une partie de la population a l’autre : la route de la servitude est toute tracée.

      1. Pierre Kirool (émigré)

        Dans le vrai monde, l’égalité n’existe que dans la pauvreté et la mort. À ce titre, le socialisme partout où il a été et est encore appliqué est une totale réussite.

        La seule égalité défendable est celle devant la loi.

  2. D’abord un entrepreneur crée de l’activité pas uniquement pour avoir un salaire 300 fois plus élevé que le salaire moyen de son entreprise, dire le contraire c’est vraiment prendre l’entrepreneur pour un abruti. Surtout, la plupart des créateurs du 1% ont créé leur entreprise dans les 30 glorieuses, à une époque où il y avait pas autant d’accumulation, l’écart de salaire n’était que 1/30… qu’en est-il de la jeune génération, qui ont fait fortune ces 20 dernières années. Sont ils partis de rien ? À vous entendre on a l’impression que l’Amérique est peuplé de mark Zuckerberg. Or c’est pas franchement le profil des trumpistes.

    1. attendez un peu, il ne faut pas inverser les rôles, dans un monde normal le constat d’inégalité de revenus ne présente aucun interet…c’est le résultat de l’économie… c’est scandaleux et injuste à la seule condition que l’injustice qui la causerait soit démontrée! or un constat statistique n’est en rien une démonstration de causalité ou d’injustice…

      Je peux me tromper mais dans la plus grande généralité la dénonciation des inégalités n’est que le propos introductif de « et DONC il faut redistribuer. »..

      Ben NON pas DONC ; si il y a une injustice ou un mécanisme injuste qui CAUSE l’inégalité des revenus… il ne s’agit pas de redistribution mais d’indemnités! compensant une inégalité et la chose à faire ensuite est de supprimer la cause de l’injustice!!! mais si il n’y a pas de démonstration de l’injustice la redistribution au nom de la justice est une ESCROQUERIE sinon du vol.. On peut avancer d’autres arguments pour aider les pauvres mais pas des arguments sans fondements…
      La majeure partie d’entre nous éprouve un sentiment d’injustice face à la naissante et effectivement mieux vaut naître dans une famille riche… Des tas de gens considèrent que tout enfant a droit à une chance qui doit dépasser les conditions de sa naissance pour lesquelles il ne serait être tenu responsable…Pour cela des gens sont tout à fait prêts à donner aux pauvres enfants… …

      et puis après quoi, quelle inégalité sera t il urgent de « compenser »??
      navré mais inégalité de revenu. ..ouais et alors? voila tout le commentaire que ça vaut…

      1. @ lemiere jacques

        Oui, « la vie est injuste », c’est un truisme qui ne dit en rien qu’une « vie juste » serait plus fertile en bonheur à vivre ou partager!

        Mais le concept de vie injuste et inégalitaire est à assimiler le plus tôt possible!

        Matériellement, il faut évidemment un minimum mais nous abandonnons assez à l’état pour sauver ceux qui sont en danger de mort, ce qui ne nous interdit pas du tout de « faire le bien » pour d’autres, autour de nous!

        En France, il est très mal élevé de parler d’argent, à table, dans les « dîners », même si tous les convives sont des « obsédés du pognon »! (Ce n’est pas le seul paradoxe que j’ai observé dans ce pays).

        Il me revient une histoire (présentée comme « vraie » et je n’ai aune référence pour la confirmer) sur les G.I.’s venus en 1944 en Grande Bretagne pour le débarquement du 6 juin 1944: ils seraient tous partis avec la même somme d’argent mais durant la traversée atlantique, certains se seraient très enrichis quand d’autres se seraient ruinés: comment? Par le jeu, d’abord, « l’habile » accumulant les mises perdues des « naïfs » qui, bien sûr, allaient « se refaire »! D’autres ciraient les bottes de leurs camarades ou nettoyaient leur fusil ou cédaient peut-être la viande des « rations » contre des « beans » aussi nourrissants!

        « Se non è vero, è molto ben trovato. If it is not true it is very well invented ».

        Cela se répète tous les jours, interdisant, de facto, « l’égalité » matérielle et financière des humains. D’où l’importance et la richesse de ne pas attacher de prix aux critères habituels et hiérarchisés « classiques » et théoriques de « valeur humaine » aussi diversement appréciable, par contre, dans la vie courante.

        1. bien sur…

  3. Pas besoin de chercher bien loin, il y a des éléments de réponse ici : http://www.contrepoints.org/2016/04/03/245418-classement-des-200-americains

  4. Je trouve que l’article ne démontre rien :/
    les inégalités ne sont pas le problème ? non, et tout le monde est d’accord pour le dire.
    mais à la vue des chiffres, on peut en déduire qu’il y contribue.

    on voit que le centille le plus riche ne créé que 19 millions d’emplois alors qu’au 82ieme centile, il en créé tout de meme 15 millions. pour qu’il n’y ait aucune incidence au niveau des inégalit », il faudrait que le centile le plus riche ne gagne que 30% de plus que le 82ieme centille.
    C’est une blague, vu que la répartition de richesse suit une courbe exponentielle.
    En prenant ces données mais avec une une autre représentation, on verrait que par tranche de 100.000$ par exemple, chaque 100.000$ complémentaire génère moins d’emplois que les 100.000 $ précédents.

    Et vu que les ecarts se creusent (que certains empochent encore plus de 100.000$ qu’avant), j’en déduis qu’il y a un ralentissement du nombre d’emplois créés.
    que l’on ne me parle pas de la creation d’emplois de ces dernieres annees, ils ne parviennent à peine à récupérer la grande chute des annees 2007-2010, sans compter qu’ils ont exploité la compta « ala francaises » : ils n’ont jamais retirés autant de monde du décompte.
    http://data.bls.gov/timeseries/LNU04000000?years_option=all_years&periods_option=specific_periods&periods=Annual+Data

    cqfd

  5. Ce n’est pas parce que le socialisme français est endoctriné contre l’entreprise et la liberté d’entreprendre qu’il faut jeter l’idée de solidarité avec l’eau du bain.🛏🛏🛏. Celui qui dit que la « pauvreté est injuste mais, bon, c’est le marché », n’a pas vécu de près ou de loin ce qu’est la pauvreté (c’est vraiment une posture idéologique d’adhésion à une idée de perfection du marché) 🛏🛏🛏. Au nom de quoi peut-on dire que le marché s’occupe d’équité ?🛏🛏🛏 le socialisme est une manière bien compliquée d’appliquer un semblant d’équité, il faut tout remettre à plat, simplifier nos règles et mettre en place un impots négatif ou revenu universel flat tax – niches fiscales ( formidables machines à inégalités fiscales). Vous verrez qu’on aura beaucoup moins besoin de l’état quand cela sera fait. 🛏🛏🛏il faudrait aussi diminuer nos réglementations et lois pléthoriques !!! Ce n’est dans aucun programme pour le moment, et ÇA, c’est une vrai idée libérale.

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