François Fillon soutient la liberté de l’enseignement [Replay]

Publié Par Jean-Baptiste Noé, le dans École & éducation

Par Jean-Baptiste Noé.

François Fillon (Crédits Andrew Newton licence Creative Commons)

Je découvre un peu tard ce discours sur l’éducation prononcé par François Fillon le 10 avril 2014. Celui-ci résume sa pensée sur le sujet. Il en a une compréhension de l’intérieur puisqu’il fut ministre de l’Éducation nationale sous Jean-Pierre Raffarin. Son discours est évidemment important puisqu’il est candidat à la présidentielle de 2017, au moins par l’intermédiaire des primaires de l’UMP. C’est pourquoi il est heureux de voir qu’il se prononce en faveur de la liberté, qu’il désigne même comme étant la principale voie de succès de l’éducation.

Ses propositions de réforme du lycée vont dans le bon sens, ainsi que sa réforme du baccalauréat. De même, il faut effectivement donner plus d’autonomie et de liberté aux directeurs d’établissements et aux professeurs.

Un regret toutefois : à aucun moment il n’évoque les modes de fonctionnement ni la question du rapport entre les écoles d’Etat et les écoles libres.

Je cite ici plusieurs extraits de son discours.

« Les pays qui ont les meilleurs résultats scolaires ont une organisation différente, qui donne plus de libertés aux établissements scolaires et plus de cohérence aux équipes pédagogiques. Chez nous, la centralisation et la verticalité restent dominantes. »

Sur la question des règles et de la discipline :

« C’est aussi au collège qu’il faut apprendre à l’élève le sens de l’effort qui ne va pas sans discipline. L’enquête PISA 2012 explique les résultats très moyens de la France par le fait que les élèves y sont plus dissipés qu’ailleurs.

Dans chaque établissement, les règles disciplinaires doivent être claires, connues et accompagnées d’un système de sanctions adaptées et effectivement prises dès que ces règles ont été enfreintes.

Il faut permettre aux chefs d’établissement d’exclure les élèves les plus perturbateurs et de les confier à des établissements chargés de rectifier leur comportement et de les remettre sur la voie des apprentissages scolaires fondamentaux.

Je propose de rétablir la note de vie scolaire – supprimée en janvier 2014 par le gouvernement socialiste – afin de prendre en compte l’assiduité en classe, la politesse, la prise de responsabilité, le respect des autres et d’abord des professeurs et éducateurs. »

Sur la réforme du lycée :

« Pour le lycée, la question est de préparer vraiment les jeunes à leur avenir, que celui-ci soit professionnel ou qu’il se déroule dans l’enseignement supérieur.

Il faut une vraie revalorisation de la voie professionnelle.

En France la dispersion de l’organisation des voies de formation professionnelle nuit à leur lisibilité par les familles et à leur attractivité pour les élèves : nous avons des lycées professionnels, des lycées agricoles, des lycées maritimes et des centres d’apprentissage, chacun avec ses spécificités mais sans aucune vue d’ensemble. Il est nécessaire d’organiser une plus grande cohérence entre les voies de formation mais aussi entre les lieux de formation et les bassins d’emploi.

C’est pourquoi, comme dans la plupart des pays voisins, la responsabilité de la totalité de l’enseignement professionnel scolaire devrait être confiée aux régions et non plus aux rectorats. »

Cela me semble une très bonne idée, la voie professionnelle doit être rendue plus lisible, plus cohérente afin d’être plus attractive.

Pour les lycées généraux :

« Comme c’est le cas dans de nombreux pays, un élève de première et de terminale doit pouvoir se concentrer davantage sur les matières dominantes de sa série (littéraire, économique, scientifique, technologique) qui lui permettront de préparer la prochaine étape de son parcours : il doit être capable de parler correctement une langue étrangère en fin de lycée.

L’élève de terminale doit acquérir plus d’autonomie dans la gestion de l’apprentissage des savoirs ; on pourrait organiser le programme de terminale autour de travaux dirigés, les cours magistraux regroupant plusieurs classes. »

fillon liberté scolaire rené le honzecPourquoi pas, c’est une idée intéressante sur laquelle on peut réfléchir, et c’est surtout une vraie réflexion pédagogique.

« Et puis il y a le baccalauréat. En 2005, j’ai voulu, mais je n’ai pas pu, traiter cette question. Je persiste et signe. Je propose de réduire à 4 le nombre d’épreuves en renforçant les exigences de chacune d’entre elles pour permettre la réussite dans l’enseignement supérieur.
Chacun sait que le baccalauréat actuel est marqué par une dispersion des savoirs exigés ; au fil des années, le nombre d’épreuves a augmenté parallèlement à un déclin des exigences attachées à chacune d’entre elles.

Le baccalauréat doit comprendre une épreuve de français passée à la fin de la première début juillet et trois épreuves en terminale portant sur les matières dominantes de la série passées début juillet, afin de rendre au baccalauréat une valeur qu’il n’a plus et de mieux préparer aux études supérieures. Les disciplines ne faisant pas l’objet d’épreuve pourront être notées dans le cadre du contrôle continu. »

Excellente chose : c’est un point que je soutiens complètement.

Sur l’autonomie des établissements :

« Je le dis, même si cela doit provoquer des réactions diverses : l’État doit libérer les initiatives locales. Il faut que les écoles primaires aient de vrais directeurs et que les directeurs d’école et les chefs d’établissement disposent de réels pouvoirs de décision dans l’établissement et la promotion des enseignants. »

« Il faut que le chef d’établissement du second degré puisse choisir les personnels enseignants et non enseignants qui viennent travailler avec lui en partageant le projet de l’établissement. Auparavant, il établit et publie un profil des postes. »

« Dans les missions du professeur doivent être inscrits l’accompagnement personnalisé des élèves et la formation des jeunes enseignants. C’est pourquoi, il faudra augmenter progressivement le temps de présence des enseignants du second degré dans l’établissement – comme d’ailleurs le temps de travail de tous les fonctionnaires : dans les collèges et lycées, le temps de présence passerait de 648 à 800 heures par an ; mais le temps de cours serait inchangé. »

Les professeurs peuvent effectivement passer plus de temps dans leur établissement, pour faire du préceptorat, pour animer des activités, et pas seulement pour faire ou préparer des heures de cours. Mais je réponds d’avance à ceux qui ne connaissent pas ce métier : dispenser 18h de cours par semaine, ce n’est pas travailler 18h. Quand les professeurs disent qu’il faut du temps pour préparer les cours, et que les copies à corriger sont aussi très prenantes, ils ont parfaitement raison. À titre d’exemple, la correction d’une dissertation au lycée, c’est entre 10 et 20 mn de correction, selon la classe, le sujet et la copie. Quand il y a une classe de 35 copies, le compte est vite fait.


Sur le web

  1. Fillon défend de bonnes idées. Dommage qu’il ait perdu sa crédibilité en ne le faisant pas plus tôt et en n’assumant pas une rupture franche avec son passé.

  2. J’avoue être de plus en plus intéressé par les idées de Fillon. Cependant n’oublions pas qu’il a été 5 ans à la tête du gouvernement sans mettre en place ces idées là. Wait and see.

  3. Entre ce qu’il soutient (aujourd’hui) et ce qu’il fera s’il était élu en 2017… hummmm… les idées c’est bien, les actes c’est mieux… on a vu les siens pendant qu’il était premier ministre… miser sur lui c’est miser sur un tocard; cela dit, tous ceux qui aujourd’hui prétendent au »trône » sont des tocards, hélas !

  4. Effectivement, Fillon semble être le moins pire (sur le papier au moins) de tous les politiciens professionnels qui se pressent pour recevoir « l’onction du suffrage universel » en 2017.
    Mais s’il n’a pas eu les cojones d’imposer ses vues quand il était PM, en aura-t-il quand il faudra faire face à « la rue » (qui d’évidence s’opposera à quasiment tout ce qu’il propose).

  5. Je suis la même longueur d’onde que MichelO, Henri et Franz.

    Ce qu’il dit est souvent séduisant, mais on ne peut pas dire qu’il ait brillé par son courage politique jusqu’à présent.
    Soyons honnête quelques réformes quand même.

    De toute façon, qui d’autre ?

    2017 va être dur….

    1. C’est plus ou moins le seul à avoir reconnu à son arrivé à Matignon que les caisses étaient vides … Rendons à Ceasar, etc.

      C’est pas pour autant que je le soutiens, mais forcé de constater qu’à part François Fillon et Denis Payre : il n’y a strictement rien à se mettre sous la dent.

      1. « … il n’y a strictement rien à se mettre sous la dent. »

        Il vous en reste une de dent ? vous avez de la chance par rapport aux sans-dents. j’ai aussi une dent mais contre tous ces politicards !

        1. Laissez le bénéfice du doute à Denis Payre au moins.
          Ce n’est pas un politicien professionnel.

          1. Denis Payre ne fait pas partie des politicards dont je parle.

  6. François qui ?

    Ah… celui qui dans un éclair de lucidité avoua que le pays étaient en faillite… et qui ensuite est resté bien sagement premier ministre pendant des années, en ne faisant rien, peu ou prou.

    Ce François là ?

    Clown un jour, clown toujours.

    Dehors, avec tous les autres.

  7. Fillon serait peut etre un des moins mauvais a défaut d’etre le meilleur; Le problème avec lui , comme avec les autres : ils connaissent tous l’origine des maux de ce pays mais n’ont pas, constitutionnellement le pouvoir d’y apporter les réponses.La seule issue est une parenthèse a cette simili démocratie, le prise de pouvoir par un homme fort de l’armée et l’application par la force si besoin des solutions bien connues de tous ,nécessaires au redressement pour revenir a un état cantonné aux seules fonctions régaliennes( Les Allemands l’ont bien fait avec leur loi fondamentale après la guerre)

    1. Le problème est de ramener les médias à la neutralité, et pour ça l’armée ne sert à rien.

      1. Suffit de fermer le robinet à pognon. Et c’est tout.

        Le problème : Celui qui promet de fermer le robinet à pognon qui alimente les médias ne sera jamais soutenu par ces mêmes médias (sont pas complètement cons quand même). Et donc jamais élu.
        Tout le truc est donc de ne surtout pas en parler avant ! Surtout pas ! Et de faire le coup, une fois élu seulement.

        Le poids d’internet n’est pas encore suffisant pour faire élire quelqu’un. Mais en revanche, internet peut suffire à ne pas faire élire quelqu’un.

    2. Un dictateur libéral ? C’est une idée originale, à défaut d’être souhaitable…

  8. « François Fillon soutient la liberté de l’enseignement », dit le titre de l’article.
    À la lecture duquel il s’avère qu’il est quelque peu disposé à desserrer très légèrement l’emprise étatique sur l’instruction …

    Je suis toujours éberlué de voir un postulant aux plus hautes fonctions de l’État proposer des dispositions précises quant au règlement intérieur des écoles, ou aux programmes.
    N’est-pas trop de subsidiarité ?
    Ne serait-il pas préférable que ce point soit statué au niveau européen ? Ou mondial, à l’Onu ?
    Pour le système solaire, la galaxie ?

    Mais je vois trop petit, nos politiciens cherchent rien que la règle universelle et intemporelle.
    La perfection absolue.
    Modestes, ils désigneront un aréopage de « sages », des surhommes comme eux intellectuellement et moralement si supérieurs à vous et moi qu’il serait infiniment prétentieux de ma part d’émettre un doute quant à leur loi et à son universalité, idéale pour St Denis comme pour Limoges, de Louis Le Grand jusqu’au plus obscur lycée de banlieue.

    Je devrais au contraire me soumettre avec une reconnaissance et une admiration éperdues devant cet océan de sagesse et de bienveillance.

    Pourtant je suis affligé de pathologies mentales qui me font vomir l’école publique.
    Je rêve d’une école libre, un marché de l’instruction, où l’offre soit aussi diverse que les besoins, où les familles n’aient pas à payer pour endoctriner leurs propres enfants contre leurs convictions – pardon, pour qu’ils soient soustraits à leur déterminisme.
    Où l’économie de l’instruction se mêle à l’économie en général, de sorte que celle-ci soit à même d’employer les moins capables, et celle-là à même de fournir les compétences les plus utiles.
    Où la promotion sociale soit propulsée par la recherche du talent, ressource rare, pour le mettre en valeur au service de l’économie.

    Pire, je considère l’école publique obligatoire comme un enjeu de pouvoir monstrueux, obscène, de nature à pervertir tout être humain, à attirer toutes les perversions.
    Et comme la négation de la laïcité.
    En effet je ne connais qu’une définition objective de la religion: Ce qui porte une anthropologie.
    L’existence de Dieu n’est pas la question: Certes s’il existe l’anthropologie lui revient.
    Mais ceux qui le nient n’en ont pas moins une religion !
    Qu’ils n’hésitent pas à imposer par la force de l’État, au prétexte hypocrite que leur religion n’en est pas une.

    Il est facile de démonter cet argument:
    Comment se fait-il que leur laïcité impose une limite non pas à eux-mêmes, mais à leurs concurrents par eux désignés ?
    Alors que le christianisme, d’où le concept de laïcité provient, le définit comme une limitation pour lui-même, selon le principe évangélique de distinction entre l’ordre de ce qui revient à Dieu et l’ordre de ce qui revient à César ?
    Ce qui est en jeu est rien moins que le totalitarisme.

  9. Malheureusement F. Fillon dit pas mal d’âneries :

    (a) « Les pays qui ont les meilleurs résultats scolaires ont une organisation différente, qui donne plus de libertés aux établissements scolaires et plus de cohérence aux équipes pédagogiques. Chez nous, la centralisation et la verticalité restent dominantes. » Il lui suffit de consulter le livre 4 du rapport PISA. Il trouvera à la page 257 un tableau montrant qu’il n’existe pas de corrélation significative entre autonomie des établissements en matière de gestion de ressources et performance au test PISA. Il existe par contre un faible corrélation entre autonomie des établissements en matière de choix de programmes et d’évaluation et performance au test PISA. Ce qui est d’ailleurs clairement dit p. 53 : « le fait que les établissements aient plus ou moins de responsabilités dans le domaine de la gestion des ressources semble sans rapport avec la performance globale des systèmes d’éducation ». Page 57, le rapport PISA porte aussi un coup à la croyance que la concurrence est efficace en matière d’éducation : « Les corrélations de niveau Système faites dans l’enquête PISA ne révèlent pas de relation entre le degré de concurrence et la performance des élèves » et plus loin : « Par ailleurs, les résultats montrent que la relation entre le degré de concurrence et l’équité est faible et négative. Parmi les pays de l’OCDE, le milieu socio-économique des élèves tend a avoir plus d’impact sur leur performance en mathématiques dans les systèmes ou les établissements se font davantage concurrence ».

    (b) « Je propose de rétablir la note de vie scolaire – supprimée en janvier 2014 par le gouvernement socialiste – afin de prendre en compte l’assiduité en classe, la politesse, la prise de responsabilité, le respect des autres et d’abord des professeurs et éducateurs. » Problème l’étude PISA dont il parle s’est faite alors que la note de vie scolaire étant en place depuis déjà de nombreuses années. On voit donc son inefficacité. C’est être loin de la réalité de l’enseignement que de croire qu’il suffit de mettre en place une note pour changer des comportements. Déjà que noter des devoirs posent d’énormes problème d’ordre méthodologiques bien connus, alors noter un comportement….

    (c) « Il faut que les écoles primaires aient de vrais directeurs ». Autrement dit, il veut créer davantage de bureaucratie. « et que les directeurs d’école et les chefs d’établissement disposent de réels pouvoirs de décision dans l’établissement et la promotion des enseignants. ». Question : quelles compétences en pédagogie et didactique ont ces chefs d’établissements pour évaluer le travail d’un enseignant ? Tout le monde est d’accord pour dire que le mode d’évaluation actuel est à revoir, mais ce n’est certainement pas en centralisant le pouvoir d’évaluation dans les mains d’un unique individu qu’il s’améliorera. Il faut une évaluation plus régulière, certes, mais menée par une équipe mêlant : inspecteurs, chercheurs en didactique et pédagogie et enseignants (l’évaluation par ses pairs étant souvent très bénéfique).

    (d) « Il faut que le chef d’établissement du second degré puisse choisir les personnels enseignants et non enseignants qui viennent travailler avec lui en partageant le projet de l’établissement. Auparavant, il établit et publie un profil des postes. » Mais le projet d’établissement est le même pour tous : appliquer les programmes et permettre la réussite des élèves. C’est bien pour cela qu’on parle d’éducation nationale ! A moins que Fillon ne veuille revenir sur l’universalité de l’Ecole. Quant à publier un profil de postes, cela signifie très clairement fin des concours de recrutement. Les concours de recrutement sont certes eux-aussi à revoir, mais les supprimer me semble dangereux, ceux-ci étant un gage de qualité de recrutement.

    (e) « Dans les missions du professeur doivent être inscrits l’accompagnement personnalisé des élèves et la formation des jeunes enseignants. C’est pourquoi, il faudra augmenter progressivement le temps de présence des enseignants du second degré dans l’établissement – comme d’ailleurs le temps de travail de tous les fonctionnaires : dans les collèges et lycées, le temps de présence passerait de 648 à 800 heures par an ; mais le temps de cours serait inchangé. » Que les enseignants puissent participer activement à la formation des nouveaux enseignants est une excellent chose. Le problème c’est que Fillon veut qu’ils le fassent en plus de leurs heures de cours. Or transmettre son expérience à un nouvel enseignant, cela demande énormément de travail. Il conviendrait bien mieux de permettre à certains enseignants (une forme d’ailleurs de promotion, de reconnaissance du bon travail effectué) de participer à la formation des enseignants en intervenant dans leur cursus théorique mais aussi de prendre un nouvel enseignant dans sa classe et lui laisser faire cours pendant un certain nombre d’heures, de manière progressive avec l’enseignant référent en classe pour ensuite l’évaluer et le conseiller. Mais encore une fois, Fillon préfère une réforme engendrant des économies plutôt qu’une réforme efficace. Concernant l’accompagnement individualisé des élèves, Fillon n’a toujours pas compris que cet accompagnement doit avoir lieu dans la classe elle-même et non pas ajouter des heures de travail à des élèves qui souvent ont déjà du mal à rester en classe et qui le voient comme une punition. Mais bien sûr pour permettre un accompagnement personnalisé des élèves en classe, il ne faut pas des classes de 35 ! Ensuite parlons du temps de présence. Visiblement Fillon ne sait pas qu’en plus du nombre d’heures d’enseignement, la présence des enseignants est aussi requise pour de nombreuses réunions (et dire que ce guignol a été ministre de l’éducation….). Je rappelle au passage que les enseignants du collège sont 12ème sur 32 (OCDE) en ce qui concerne le nombre d’heures d’enseignement et au lycée 20ème sur 33. On peut donc demander encore davantage aux enseignants (faire autre chose qu’enseigner, rester plus longtemps au sein des établissements, etc) mais il faudra peut-être revoir leurs salaires qui ils sont 21ème sur 34 en début de carrière au collège et 15ème en fin de carrière s’ils atteignent l’échelon maximum. Au lycée toujours 21ème en début de carrière et 16ème en fin de carrière.

    1. « Il faut une évaluation plus régulière, certes, mais menée par une équipe mêlant : inspecteurs, chercheurs en didactique et pédagogie et enseignants (l’évaluation par ses pairs étant souvent très bénéfique). »

      Pourquoi voulez-vous imposer cela ?
      Si les écoles étaient privées, libérées du joug bureaucratique, les bonnes solutions seraient adoptées pour leurs qualités et non par soumission à l’autorité étatique, donc par peur de la violence.

      Il me semble effectivement fort probable que des sociétés de conseil en pédagogie verraient le jour et interviendraient sous la forme d’équipes constituées comme vous le dites.

      Cela se ferait dans un vrai respect de toutes les parties prenantes, y compris financier.
      L’étatisation de l’école déshumanise les rapports et dilapide les ressources, à commencer par la bonne volonté.

      1. « Si les écoles étaient privées, libérées du joug bureaucratique, les bonnes solutions seraient adoptées pour leurs qualités et non par soumission à l’autorité étatique, donc par peur de la violence. » Sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela ? la croyance dans l’efficacité du marché ? regardez le rapport PISA et vous verrez que les faits démontent cette croyance.

        Ce qui dilapide la bonne volonté dans l’EN c’est justement les critiques incessantes des enseignants de toute part (parents, hiérarchie, société en général), le fait de les rendre responsables de tous les maux imaginables (alors que justement le rapport PISA et d’autres montrent l’influence du milieu socio-économique sur les résultats scolaires), les faibles salaires, les conditions de travail dégradées, etc.

        1. La croyance en l’efficacité du marché n’est pas vraiment une croyance. Partout où le marché est, même approximativement, libre il donne effectivement la meilleure efficacité (allocation des ressources). Ce n’est d’ailleurs pas seulement un résultat empirique, mais également un résultat théorique solide sous des hypothèses bien plus réalistes que celles de n’importe quelle théorie d’allocation des ressources non basée sur le marché.

          Le rapport PISA n’infirme en rien cette « croyance », d’ailleurs. Il n’y a nulle part de système d’éducation de masse qui soit même un peu en libre marché. La concurrence et la liberté ça implique également le système des prix (c’est le mécanisme par lequel le marché fonctionne pour centraliser et traiter l’information). Et ça personne ou presque ne l’accepte.

          Les enseignants sont responsables à la hauteur de leur liberté, par définition. Et vu qu’ils ne sont pas en situation concurrentielle, personne ne peut dire qu’ils sont bien (ou mal) payés. Mais en tant qu’électeurs socialistes de référence, ils sont statistiquement, les artisans principaux de leurs maux.

          1. le marché efficace empiriquement ? Vous voulez rire ? Citons donc les PPP, la libéralisation du rail bien évidemment au RU mais également en Allemagne, les frais de gestion des assurances privées (mutuelles ou assurances à but lucratif comparé à la sécu), la santé aux USA, encore plus pragmatique, les syndics immobilier, les télécoms, l’énergie, si vous voulez en en discutera plus longuement.

            Quant à l’aspect théorique, cela bien longtemps qu’il est détruit même si on continue à l’enseigner. je vous invite à lire »L’Imposture économique » de Steve Keen.

            Finalement, j’ai l’impression que vous tenez le discours similaire aux soviétiques : si cela ne fonctionne pas, et s’il n’y a pas de preuves de l’efficacité, c’est qu’on est pas allé assez loin. Position qui se défend mais loin d’être logiquement convaincante.

            Vous semblez également prétendre que le prix du marché libre serait le juste prix, mais cela relève simplement de la croyance. personne n’a jamais pu le démontrer (même si beaucoup se sont contentés de l’affirmer), si vous le pouvez présentez-vous au prix Nobel !

            1. Heum. Vous avez conscience que vous répétez un discours déconnecté de toute réalité économique, théorique et empirique ?

              Que la libéralisation du rail au RU a bien marché, contrairement aux bobards des médias Français, que les assurance santé privées, partout dans le monde, sont meilleurs qu’en France pour des prix bien inférieurs (la France, avec sa super sécu est le pays de l’OCDE où le plus de gens renoncent à des soins médicaux pour raisons financières), que les télécoms dérégulés tout méchants, c’est le forfait free à 19.99€ tout compris, c’est des centaines de chaines, contre l’ORTF et les P&T super chers (l’abonnement téléphone fixe, hors communication c’était plus de 15€ par mois) et inefficaces au possible. Qu’aux US, l’immobilier dans les zones dérégulées du centre du pays n’a pas connu de bulle et est accessible et permet à tous d’être plus que correctement logés, alors que dans les zones régulées c’est comme en France, prix très élevés, bulles et difficultés pour se loger dans un truc minuscule ?

              A la différence du communisme et du keynesianisme, l’introduction de liberté, même homéopathique, l’usage du marché, même très restreint, améliore les choses. Tellement d’ailleurs qu’on est obligé d’utiliser la pravda et la puissance de l’Education nationale pour expliquer aux gens que « ça ne marche pas » avec des exemples faux comme ceux que vous citez. Mentir pour expliquer que les autres doivent mentir pour expliquer leurs échecs qui n’existent pas, c’est assez fort pour marcher… un peu.

              Sinon le « juste prix unique » est une hérésie « débunkée » en économie depuis… hum, Menger, Von Mises ? Le seul « juste prix » est celui que l’acheteur et le vendeur acceptent sans contrainte. S’il y a transaction c’est que les deux trouvaient dans la transaction, au prix où elle a eu lieu, des avantages. Le prix était donc juste pour eux. Donc oui, si on veut parler de « juste prix » en ce sens, par construction le marché libre offre le « juste prix » et par construction aussi il offre le « juste prix » qui le sera pour le plus grand nombre.

              Et rassurez vous, Hayek l’a déjà eu, le prix Nobel, en disant cela, et Friedman, et plein d’autres. Dommage qu’ils ne m’aient pas attendu. Cela dit, le prix Nobel on ne s’y présente pas…

              1. « la libéralisation du rail au RU a bien marché » si on met de côté les accidents et le retards (vous ne connaissez pas le blague britannique ? Si votre train est à l’heure c’est que c’est le précédent…)

                Concernant les assurances, les frais de gestion des mutuelles et assurances privées varient entre 20-30% des sommes versées contre 5% pour la sécu, pas tellement le signe d’une meilleure gestion. Ensuite, j’ai regardé les données de pays de l’OCDE : le Canada, la Norvège, l’Australie, l’Allemagne, les USA ont un taux de « besoins en soins insatisfaits pour raisons financières » supérieur à celui de la France.

                A vous entendre, il n’y avait pas de marché concurrentiel avant free ! D’autre part, nous sommes plutôt dans un mouvement de concentration (cf. l’affaire bouygues, sfr, numéricable). Enfin, parler de baisse des prix est une chose, mais si c’est pour avoir une baisse du service rendu…. Bizarrement, lorsque je parle avec mes amis, quel que soit l’opérateur il y a toujours des problèmes (prélèvements, changement d’opérateurs, hot line, etc). Lorsqu’existait un monopôle, vous aviez un opérateur dans la journée, à une heure précise et non un intervalle entre 8h et 18h !

                Je parlais de syndics pour les copropriétés. Leur inefficacité est patente, vous pouvez en parler à n’importe qui. Facturation de prestations d’entreprises pour maintenance alors que celle-ci est comprise dans le contrat (mais pourquoi le syndic le contrôlerait, en plus il touche une commission sur les travaux….), double prélèvement, retard pour payer les artisans qui de fait rechignent à venir travailler pour la copropriété…. Et pourtant les tarifs augmentent et pour tous les syndics….

                A le fameux juste prix issu d’un accord « libre » entre acheteur et vendeur. Cela marche très bien dans le monde de bisounours des auteurs que vous citez mais dans la réalité ce n’est pas le cas. Un individu pour survivre a des besoins physiologiques comme se nourrir. Ainsi, quel que soit le prix de sa nourriture il est bien contraint d’accepter pour survivre. Votre raisonnement pourrait même conduire cyniquement à justifier l’esclavage, en arguant que si un esclave ne se révolte pas, c’est parce qu’il y trouve un avantage : être nourri pas exemple. Difficile à accepter non ?

                On peut parler des prix Nobel : Krugman, Stiglitz, par exemple, pas sûr que vous soyez d’accord avec eux…. Votre argument ne vaut pas grand-chose.

                1. Peuuuu, peuuu, peuu…
                  Vous êtes amusant, vous savez ? En dix lignes, même pas, on voit qui vous êtes : petit fonctionnaire français vivant, même pas grassement, du travail des autres et du libre marché, ne le comprenant pas (c’est tellement loin…) et le craignant terriblement du fait de ses lectures saines. On vous jurerait abonné à alternatives économiques. Stiglitz est crédible quand il parle d’asymétrie d’information, formalisme un poil bidon mais parfois intéressant. Krugman est compétent quand il parle de l’apport du commerce international (de marché libre… faut lire ses vrais travaux, pas les billets de blog). Pour le reste, ce sont des clowns, mais étrangement les deux seuls parmi tous les récipiendaires du «Nobel» qui soient écoutés dans les médias français (et gauche U.S.)… parce que tous les autres disent le contraire, préférant la vérité aux honneurs ?
                  Sinon pour l’Angleterre, mort de rire de vos citations sentant soit AE, soit courrier international. J’y ai vécu, j’y suis trois mois par an, et le train est bien plus fiable qu’en France.
                  Pour les mutuelles plus chères, elles sont en France, plus soumises à la loi locale qu’à la concurrence de libre marché, mais vos chiffres sont peu crédibles vu le résultat final.

                  M’enfin bon, vous avez décidé que le libre marché ne marchait pas, j’espère que vous avez votre billet pour Cuba ou la Corée du Nord, ce sont des endroits encore meilleurs que la France pour vous en protéger. Et Cuba est d’un très bon niveau éducatif, il paraît…

                  1. « Vous êtes amusant, vous savez ? En dix lignes, même pas, on voit qui vous êtes : petit fonctionnaire français vivant, même pas grassement, du travail des autres et du libre marché, ne le comprenant pas (c’est tellement loin…) et le craignant terriblement du fait de ses lectures saines. » Propos d’un type qui du haut de ses certitudes contraires à la réalité se permet d’affirmer même si encore une fois il est dans l’erreur. Bon, passons sur la vacuité de vos premiers propos, ici on nivelle par le haut. Je rappellerai simplement que prétendre qu’un fonctionnaire vit du travail des autres est aussi tautologique que de dire qu’un travailleur du privé vit du travail des autres (ben oui, la loi de Say vous connaissez, toute production s’échange contre une autre production, en gros c’est ce que vous dites, mais vous n’en avez pas conscience ! ).

                    je passerai également sur le fait que vous choisissez arbitrairement sur quel sujet qui est compétent, alors que vous-même comme prouvé ci-dessus vous êtes incompétent en matière d’économie.

                    je peux vous dire que la comparaison donne avantage à la France même si depuis 10 ans, la qualité se dégrade (trop de types issus d’écoles de commerce dans le management et pas assez d’ingénieur). Sinon allez voir les données de l’OCDE sur le sujet (accidents par exemple).

                    Le summun tombe quand comme tout bon sectaire vous en arrivez à nous parler de Cuba ou de la Corée du Nord; Voilà bien qui montre que vous êtes un sophiste (quel rapport avec ce qui est dit précédemment) mais qu’en plus vous êtes un ignorant car mettre Cuba et Corée du Nord dans le même sac montre bien que vous ne connaissez rien à ces deux pays.

                    Vous avez vécu au RU ? Très bien, maintenant, allez voyager un peu dans ces pays et on en reparlera.

                  2. « Vous êtes amusant, vous savez ? En dix lignes, même pas, on voit qui vous êtes : petit fonctionnaire français vivant, même pas grassement, du travail des autres et du libre marché, ne le comprenant pas (c’est tellement loin…) et le craignant terriblement du fait de ses lectures saines. » Voilà le Baratin d’un type qui du haut de ses certitudes contraires à la réalité se permet d’affirmer même si encore une fois il est dans l’erreur. Bon, passons sur la vacuité de vos premiers propos, ici on nivelle par le haut. Je rappellerai simplement que prétendre qu’un fonctionnaire vit du travail des autres est aussi tautologique que de dire qu’un travailleur du privé vit du travail des autres (ben oui, la loi de Say vous connaissez, toute production s’échange contre une autre production, en gros c’est ce que vous dites, mais vous n’en avez pas conscience ! ).

                    je passerai également sur le fait que vous choisissez arbitrairement sur quel sujet qui est compétent, alors que vous-même comme prouvé ci-dessus vous êtes incompétent en matière d’économie.

                    je peux vous dire que la comparaison donne avantage à la France même si depuis 10 ans, la qualité se dégrade (trop de types issus d’écoles de commerce dans le management et pas assez d’ingénieur). Sinon allez voir les données de l’OCDE sur le sujet (accidents par exemple).

                    Le summun tombe quand comme tout bon sectaire vous en arrivez à nous parler de Cuba ou de la Corée du Nord; Voilà bien qui montre que vous êtes un sophiste (quel rapport avec ce qui est dit précédemment) mais qu’en plus vous êtes un ignorant car mettre Cuba et Corée du Nord dans le même sac montre bien que vous ne connaissez rien à ces deux pays.

                    Vous avez vécu au RU ? Très bien, maintenant, allez voyager un peu dans ces pays et on en reparlera.

                    1. Vous aussi vous êtes drôle. Comme votre camarade de jeu vous semblez avoir grand mal à lire. Et plus encore à comprendre.
                      Si vous êtes pour le socialisme, et que pour vous le vilain marché à tort, il est logique d’aller s’installer là où il est le moins présent non ?
                      Mais bon, même ça vous ne comprenez pas. Vous voulez le beurre du socialisme et l’argent du beurre du marché.
                      Et pour allumer une étincelle de réflexion dans votre tête farcie de connaissances en économie et en ingénierie (non, on ne manque pas d’ingénieurs, réflexion débile… ), si le fonctionnaire apporte de la valeur et ne vit pas de l’argent des autres, alors il doit pouvoir être payé au moins autant par des clients libres de lui apporter ou non leur clientèle. S’il est payé par l’argent des impôts et taxes, qui ne sont pas payés volontairement, je rappelle, alors oui, il vit de l’argent volé aux autres. S’il est payé par des clients qui lui apportent librement l’argent qu’ils ont obtenus par de libres transactions alors tout va bien. Mais ce n’est pas un fonctionnaire.

                    2. Je ne pensais pas vous acculé aussi facilement. Vous êtes à court d’arguments pour faire des procès d’intention, me faire tenir des propos que je n’ai jamais tenu ? Où ai-je dit que le marché devait être banni ? C’est toujours le problème avec les sectaires ils utilisent toujours le sophisme du faux dilemme, ils sont manichéens.

                      Je vous conseille d’aller voyager à Cuba et en Corée du Nord, vous verrez la différence entre les deux régimes. Comme je le dis, ici on nivelle par le haut, il est donc essentiel de faire preuve de rigueur intellectuelle, mais visiblement ce n’est pas possible pour tout le monde….

                      Visiblement vous n’avez pas bien compris. Tout individu vit de l’argent des autres, ce sont bien les autres qui lui donnent de l’argent en échange d’un service. C’est le b-a-ba de l’économie, mais visiblement même cela vous ne maîtrisez pas….

                      Ah, enfin, voilà le robardthien qui se réveille, la fameuse volonté ! On va enfin rigoler. Je vous fais simplement remarquer que lorsque vous allez acheter du pain, vous êtes obligé de payer pour le pain. C’est le cas dans n’importe quel échange marchand ! Il est donc assez curieux de reprocher à l’Etat de faire payer les citoyens pour des services dont ils bénéficient alors que dans le privé, c’est ce qui se passe.

    2. Même s’il n’y a pas de corrélation entre liberté/concurrence/autonomie et performance PISA (ce qui n’est pas forcément étonnant vu le type de l’évaluation) il n’en reste pas moins qu’en soi plus de liberté et de concurence est souhaitable.

      -Si je me plante par ma faute, je ne suis pas content mais je peux ajuster. Et je n’ai pas grand chose à redire.
      -Si je me plante par la faute des autres, je ne suis pas plus content mais je ne peux pas réagir, ajuster, changer les choses et j’ai beaucoup à y redire.

      Les parents n’étant pas idiots, les enseignants non plus… du moins en moyenne… ils partiront peut-être sur des trucs mauvais, ou médiocres, mais ils pourront ajuster.

      Ce qui amène à la remarque intéressante ici : il n’existe pas de système vraiment libre, ou même moyennement libre, et pour autant généralisé. Nulle part. Il y a toujours soit rien du tout (mais dans des pays sous développés avec sous-scolarisation) soit un corps principal étatique plus ou moins centralisé et financé publiquement. Le « privé » n’étant qu’une double peine pour ceux qui y vont, il ne peut se développer plus que ça.

      Par ailleurs, un système vraiment libre n’amènerait sans doute pas à une éducation standardisée mesurable à la PISA. Comme faisait remarquer je ne sais plus quel collègue américain : « On a une des pires écoles du monde libre, d’après PISA, d’après nous même, d’après tout ça… Alors que les finlandais c’est top. Mais on a les meilleurs facs du monde, le plus grand nombre de prix Nobel, et plus de start ups et autres entreprises innovantes que tous les autres. Et l’économie la plus puissante du monde. C’est peut-être que notre système pourri n’est pas si mauvais, non ? Alors que passé Nokia, racheté par Microsoft, d’ailleurs, les finlandais…  » Je pense qu’il n’a pas tort.

      1. Mais la liberté pédagogique des enseignants est actée depuis longtemps, le problème c’est que plus le temps passe plus cette liberté est piétinée par davantage de contrôles (paperasserie administrative, tests standardisés, par exemple). On n’encourage pas les enseignants à innover, s’ils le font, les chefs d’établissement, les inspecteurs le voient d’un mauvais œil. On veut caporaliser les enseignants, et les propos de Fillon vont dans ce sens.

        Votre collègue américain devrait se poser la question du nombre d’étudiants qui proviennent de l’étranger dans leurs universités et leurs centres de recherche. Ceci dit, je vous approuve entièrement sur le fait que les tests PISA (j’ai lu plusieurs critiques tant sur la forme (notation) que sur le fond (évaluation par compétence) ne sont pas le Graal et n’évaluent un certain type d’ « éducation », d’enseignement, de système scolaire. Mais j’en parle car F. Fillon en parle, mais visiblement il n’ pas lu le rapport, ni même les grandes lignes. J’en parle également car on se sert souvent de PISA pour critiquer l’En française (qui mérite d’être critiquée mais pour les bonnes raisons).

        1. C’est vrai que face à l’enseignant qui geint qu’on lui fait faire ça ou ci, une des réponses est de leur proposer de (re) lire le discours de la servitude volontaire de La Boëtie. S’ils voulaient enseigner correctement et qu’ils avaient le courage d’envoyer paître inspecteurs et autres, leur statut leur permettrait de continuer tranquillement. Mais ne pas suivre le troupeau demande plus de travail (il faut faire ses cours soi même et ne pas suivre simplement le bouquin officiel). Cela dit, vous avez raison, la pression des parents (un peu) et des gouvernants de toute sorte (politiques et haut fonctionnaires de l’EdNat en tête) vont vers une caporalisation croissante de l’enseignement… Une uniformisation de la médiocrité pour ne pas affronter la réalité de différences entre élèves (et entre enseignants).

          Il y a pas mal d’étrangers dans les universités US. Mais plus que de dire que c’est leur présence qui rend l’université bonne, il me semble que la position la plus juste est que c’est parce que l’université est bonne (et donc que ses étudiants et le gros de ses enseignants-chercheurs, américains, sont bons) que ces chercheurs étrangers veulent y aller. De même que les entreprises US performantes sont pleines de cadres français… Mais pour la plupart, ces créateurs sont américains (plus ou moins récents, certes… ).

          1. « ne pas suivre simplement le bouquin officiel » de quel « bouquin » parlez-vous ?

            Concernant les universistés US, vous avez un raisonnement trop liénaire qui n’appréhende pas la complexité notamment les rétroactions : l’université américaine attire des étudiants étrangers. Certes, mais c’est aussi parce que de brillants étudiants étrangers viennent dans ces universités que celles-ci gagnent en prestiges et attirent d’autres étudiants étrangers. N’oubliez pas non plus que ce sont certains centres universitaires qui attirent mais pas toutes les universités.

  10. Dans « Le Point » de la semaine dernière Fillon a clairement exprimé un point de vue qui doit inquiéter plus que rassurer.
    Il est très réticent vis à vis du référendum, qu’il considère même parfois dangereux d’utiliser dans certains cas.
    Donc , on a compris qu’il n’écoutera pas les Français !
    Il mènera une politique de compromis à l’écoute des notables et des parlementaires.
    Concernant ses positions sur l’école, on sait très bien qu’il est un farouche partisan des écoles catholiques et qu’il fera tout pour les aider; sur le plan financier entre autre.

    1. Le référendum ne vaut que si le peuple est suffisamment éduqué et responsable pour émettre une opinion. Il y a des pays, comme la Suisse, où on est assez proche de cette situation pour qu’on puisse utiliser le référendum. En France, certainement pas. Quelles questions peut-on imaginer poser ? « Faut-il faire payer les 10% les plus riches ? » ?

      1. MichelO: « ne vaut que si le peuple est suffisamment éduqué et responsable pour émettre une opinion. »

        Non, les médias sont très à gauche et on bouffe beaucoup de solidaire aussi en suisse et à l’école ou les profs sont aussi très, très à gauche. (toute ma famille est prof quasiment)

        La différence c’est que choisir et déléguer a un papa ou une maman issu de l’état n’a rien à voir avec signer [u]en vrai[/u] les différentes factures (lois) sur un bulletin dans un isoloir. Question de psychologie, de vitesse législative, de corporatisme etc. etc.

        Les démocraties participatives sont toutes incomparablement plus libérales que la France (économiquement et civilement) les démocraties représentative finissent toutes avec des oligarchies corporatiste surendettées.

        L’histoire marxiste de la france est un facteur mais je vous parie milles euro qu’un référendum sur « voulez vous limiter les fonctionnaires/ déficits/ financements aux corporations/syndicats etc » passera sans problème et ça c’est un coin dans l’étatisme. Plus la bête s’affaiblit, plus c’est la curée.

        C’est mur de chez mur pour le pouvoir au peuple qui hait les élites et ce système mais les libéraux français ne croient majoritairement pas à la responsabilité et au « marché » législatif. Bizarre pour des gens en général bien plus informés que la population mais bon… !??

        Un sondage Ifop pour Le Figaro confirme le ras-le-bol fiscal éprouvé par les Français, partisans à 61% d’économies budgétaires, quitte à fermer certains services publics.
        http://www.lefigaro.fr/politique/2013/12/02/01002-20131202ARTFIG00522-les-francais-reclament-moins-de-fonctionnaires.php

        Réformer la retraite des fonctionnaires? Les Français sont pour à 75%
        http://www.challenges.fr/patrimoine/20130607.CHA0508/retraite-des-fonctionnaires-75-des-francais-favorables-a-la-reforme.html

        Trois quarts des Français hostiles au cumul des mandats local et parlementaire selon un sondage
        http://www.20minutes.fr/societe/1227667-20130925-75-francais-hostiles-cumul-mandats-local-parlementaire-selon-sondage

        78 % des Français jugent que le nombre d’élus est excessif.
        http://www.contribuables.org/2012/11/05/78-des-francais-jugent-que-le-nombre-delus-est-excessif-sondage-exclusif-csa-le-cri-du-contribuable/

        En l’absence de DD ce sera donc un Xeme petit roitelet issu de l’état, critiqué par des médias payés par l’état, qui fait la politique d’une minorité corporatiste aussi cliente de l’état. Et quand la faillite arrivera, tout ce beau monde critiquera la finance, l’allemagne, les riches, les juifs etc. etc.

        1. J’envie votre optimisme. Il me semble que les sondages que vous évoquez sont comme ceux qui affirment que les Français pensent qu’Arte est meilleure que TF1. Le plus caractéristique est que 75% des Français sont hostiles au cumul des mandats, mais élisent néanmoins les cumulards. Commençons par aligner le statut des enseignants sur celui des militaires en ce qui concerne les activités politiques et syndicales, et dans 30 ans on pourra instituer la démocratie directe. Mais aujourd’hui, les Français n’ont aucune éducation économique, aucun sens des responsabilités, aucune conscience des conséquences des choix qu’ils pourraient faire. Une grosse minorité n’associe pas la faillite de Hollande à celle du socialisme, si on ajoute ceux qui pensent que les initiatives individuelles sont égoïstes et néfastes, et que la collectivité est nécessairement bienfaisante, on a une majorité indéboulonnable.

          1. MichelO: « Les Français n’ont aucune éducation économique, aucun sens des responsabilités, aucune conscience des conséquences des choix qu’ils pourraient faire »

            A quoi sert de savoir jouer du violon si vous avez le choix entre un pain de C4 et un bâton de dynamite pour votre concert ?

            MichelO: « aucune conscience des conséquences des choix »

            A ce que je sache il n’y a aucun bon choix en France, l’état est en roue libre, juge et partie.

            MichelO: « Commençons par aligner le statut des enseignants »

            Vous n’aurez le commencement de rien voyons, tous ceux qui ont du pouvoir mangent dans la gamelle, ils ne sont pas suicidaires quand même.

            Je ne suis pas « optimiste », je regarde simplement ce que ça donne en vrai ailleurs…

            CLASSEMENT DEMOCRATIE VS LIBERTE VS DETTE
            ———————————————————————-
            Indice de démocratie vs liberté économique

            Démocratie participative (« Démocratie » )
            1-Norvège – Classement liberté économique: 32eme – Dette: 33%
            2-Islande – Classement liberté économique: 23eme – Dette: 99% (crise bancaire)
            3-Danemark – Classement liberté économique: 10eme – Dette: 46%
            4-Suède – Classement liberté économique: 20eme – Dette 37%
            5-Nouvelle-Zélande – Classement liberté économique: 5eme – Dette: 25%
            6-Australie – Classement liberté économique: 3eme – Dette: 22%
            7-Suisse – Classement liberté économique: 4eme – Dette 40%
            8-Canada – Classement liberté économique: 6eme – Dette 48%
            9-Finlande – Classement liberté économique: 19eme – Dette 38%



            Démocratie représentative (« Démocratie Imparfaite » )
            29-France – Classement liberté économique: 70eme (« Modérément libre » )

  11. Assez curieusement, les différentes propositions de Fillon n’ont reçu quasiment aucun écho dans la presse, et encore moins à la télévision…

  12. Denis Payre a laissé Nous citoyens! orphelins. Il est inaudible depuis. Son parti, qui a des idées plutôt intéressantes et progressistes est piloté par Nicolas Doucerain, peu médiatique. Il semble que ce parti ou mouvement s’intéresse particulièrement à Macron, peut-être un soutien?

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