Donald Trump, élu grâce au politiquement correct ?

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Amérique du Nord, Pushmobile

Par Baptiste Créteur

Donald Trump sera le 45ème président des États-Unis. L’impensable s’est produit, précisément parce que c’était impensable.

Les démocrates déçus ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont soutenu Hillary Clinton envers et contre tout – malgré les révélations de Wikileaks sur ses négligences et possibles méfaits en tant que Secrétaire d’État, sur le financement de sa fondation et de sa campagne, sur les manipulations entourant son investiture pour le parti démocrate. Ils sont les premiers responsables de leur défaite : Hillary était une mauvaise candidate. Mais tout de même : perdre l’élection est un coup dur, surtout si le vainqueur est Donald Trump.

Au point de descendre dans la rue et manifester contre le résultat du scrutin, de proposer la sécession de la Californie, et sur certains campus universitaires de décaler les sessions d’examens et organiser des sessions thérapeutiques (avec chiots mignons et coloriages) pour permettre aux étudiants de se remettre de leurs émotions. Sans oublier, bien entendu, les rumeurs (infondées, voire inventées de toutes pièces) de violences racistes, sexistes et homophobes « provoquées » par l’élection.

Le politiquement correct des campus américains

Ces réactions ne sont pas anecdotiques. Elles révèlent une importante force à l’œuvre dans la culture américaine, qui pourrait être en grande partie responsable de l’élection de Trump : le politiquement correct. Les campus américains en sont une bonne illustration.

Depuis plusieurs années, les étudiants « progressistes » américains exigent que les campus soient des safe spaces, des espaces ne risquant pas de heurter leur sensibilité, où la liberté d’expression n’est pas garantie par la Constitution mais encadrée par la susceptibilité des plus vocaux. Susceptibilité exacerbée au point que des comédiens pourtant populaires renoncent à la manne des événements universitaires et dénoncent publiquement la vague « PC » sur les campus américains, qui les oblige à éliminer de leurs spectacles tout ce qui pourrait présenter le moindre risque de choquer tel ou tel groupe ou minorité.

Les progressistes autoproclamés, prétendant lutter contre l’oppression sociale, se sont fait oppresseurs – préférant la censure au débat, le shaming à l’argumentation, la calomnie à la logique. Face à l’intransigeance du Camp du Bien, un nombre croissant de dissidents à la bien-pensance se lève par principe en défense de la liberté d’expression. En réaction au politiquement correct tous azimuts, le politiquement incorrect est devenu une revendication.

Sur les campus, les étudiants anti-politiquement correct se sont mis à inviter des personnalités de plus en plus controversées comme Milo Yannopoulos, pas vraiment pour leurs opinions, mais pour la capacité à être politiquement incorrectes dont certains ont fait leur marque de fabrique.

La victoire d’un candidat politiquement incorrect

Il en va probablement de même des électeurs : Donald Trump fait (désormais) partie de ces hommes politiques « populistes » dont les électeurs apprécieraient le franc-parler au moins autant que les idées.

Il y a beaucoup d’explications possibles à l’élection de Donald Trump. Républicains et démocrates se sont transmis la Maison Blanche après 2,5 mandats en moyenne le siècle dernier, et un peu moins de 2 mandats depuis la Seconde Guerre Mondiale. Rien d’étonnant à ce que les républicains succèdent aux démocrates après 2 mandats d’Obama.

Hillary était peut-être une mauvaise candidate, les démocrates ont peut-être été dégoûtés de leur propre parti, Trump a peut-être capitalisé sur les peurs de certains Américains concernant la mondialisation et l’immigration, et peut-être les Américains sont-ils fondamentalement racistes et misogynes. Aucune de ces explications à elles seules, ou toutes mises bout à bout, ne suffisent à expliquer le vote de plus de 100 millions de personnes. Pas plus que la montée du politiquement correct des dernières années ne saurait suffire à expliquer la victoire d’un candidat politiquement incorrect.

Mais nous pouvons en tirer des leçons, et elles s’appliquent aussi largement de notre côté de l’Atlantique.

Les leçons de l’élection américaine

  • Les partis politiques tels que nous les connaissons ne fonctionnent pas. Ou plus. Des deux candidats investis par les principaux partis, l’une a volé l’investiture, l’autre a gagné contre son camp. Hillary se serait permis quelques latitudes avec les règles de financement des campagnes, Trump a en grande partie financé sa campagne lui-même. En France, le parcours des candidats à la candidature est jonché de bassesses, et le financement des partis et des campagnes est plus que douteux (Kaddhafi, les emplois fictifs, la MNEF, la réserve parlementaire…).
  • Les partis ont trop de poids par rapport aux personnes. Pour être visible, il faut un appareil de campagne et de l’exposition dans les médias. Les petits candidats américains n’ont pas eu accès au débat et n’ont clairement pas les mêmes moyens que les autres. Il en va de même en France, ou le temps de parole est arbitrairement divisé entre les représentants des principaux partis plutôt qu’entre tous les candidats et où les partis sont des machines à gagner les élections, au moins depuis le RPR. Et pour avoir une chance de candidater, il faut rassembler 500 signatures de maires qui ont intérêt à être en bons termes avec leur parti.
  • Les personnes ont trop de poids par rapport aux idées. La campagne américaine a porté bien plus sur Hillary et Donald que sur leurs positions et programmes. Serons-nous mieux lotis dans les prochains mois ?
  • Les médias sont trop partisans et ne remplissent plus leur rôle. Avoir un avis, même marqué, sur les candidats est leur droit le plus légitime (en France, dans le contexte de médias subventionnés, la question se pose). Mais leur premier rôle demeure l’information ; en étant ouvertement biaisés, ils perdent en crédibilité. Il n’y aurait rien d’incroyable à ce qu’une partie de l’électorat de Donald Trump ou Marine Le Pen porte son choix sur eux, précisément en opposition au biais médiatique auquel elle fait face.
  • Les réseaux sociaux ne sont pas un espace d’échange neutre. Au contraire, ils constituent plutôt des caisses de résonance où les avis similaires se font écho. Les Démocrates échangent entre Démocrates, toujours plus convaincus de leurs opinions et déconnectés de celles de leurs opposants. Voyez-vous beaucoup d’avis dissonnants sur votre fil Facebook ? Pour échanger, encore faut-il rencontrer le point de vue divergent.

Mais il faut bien l’admettre : le problème vient aussi de nous. Vous et moi, les citoyens. Notre problème est systémique, et puisque nous faisons partie du système, nous aussi sommes responsables. Collectivement, et donc individuellement.

  • Les citoyens ont perdu la recette de la société civile. Bien sûr, nous agissons. Nous votons (ou pas), nous nous mobilisons avant, pendant, et désormais après les élections pour un candidat ou l’autre. Mais sommes-nous aussi mobilisés quand il s’agit de faire la critique de nos propres partis, ou de faire entendre notre opinion ? Où étaient les Américains qui descendaient dans la rue contre la guerre en Irak sous George W. Bush quand Barack Obama envoyait ses drones ? Où étaient les inquiets de l’immigration quand l’administration Obama séparait des familles en déportant certains clandestins ? Les partis parviennent à mobiliser, mais il semble bien difficile pour les citoyens de se mobiliser eux-mêmes. Il y aurait pourtant fort à faire : si on admet que notre système politique actuel n’est pas satisfaisant, et que les politiciens d’aujourd’hui ont plutôt intérêt à ce qu’il se maintienne, nous ne pouvons pas attendre d’eux le changement dont nous avons grand besoin, même s’ils nous le promettent.

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. » – Isaac Newton

  • Les citoyens ont perdu la recette d’une société harmonieuse. C’est humain : nous avons une opinion, et nous la défendons. Pire, nous sélectionnons les faits qui vont dans notre sens et éliminons les autres, inconsciemment (biais de confirmation). Nous écoutons pour répondre plus que pour comprendre. Pourtant, nous ne sommes fondamentalement pas si différents. Les hétérosexuels qui participent à la gay pride ne sont pas si différents des défenseurs de la liberté d’expression qui soutiennent Dieudonné ou Yannopoulos sans être d’accord avec eux : ils revendiquent pour les autres un droit dont ils ne font pas le même usage.

Ce n’est pas la faute de ceux qui ont mal voté si Trump a été élu. Comme ce ne serait pas la faute de ses électeurs si Marine Le Pen était élue en 2017. Le résultat d’un scrutin et plus généralement l’état d’un pays ou du monde tiennent à beaucoup de facteurs qu’il est dangereux de réduire à « la bêtise des autres ».

Sortir de notre bulle

Je n’ai pas de leçons à donner, ni aux Américains, ni aux Français, ni à personne d’autre d’ailleurs. Comme nous tous, je suis faillible, limité, biaisé. Mais je pense sincèrement que nous pouvons faire mieux qu’aujourd’hui. Notre seul espoir ne réside pas dans la colonisation de Mars : après quelques siècles seulement, les problèmes du Nouveau Monde n’ont rien à envier à ceux du Vieux Monde.

Dans son article sur le Politiquement Correct sur les campus américains, Caitlin Flanagan (The Atlantic, septembre 2015) explique avoir constaté, outre la répression sociale décrite par les comédiens, une évolution de l’étudiant américain :

« Quand j’ai assisté à la convention [nationale des animations sur les campus] de Minneapolis en février, j’ai pu constater par moi-même l’atmosphère de répression décrite par Rock et Seinfeld, ainsi qu’un autre phénomène : l’infantilisation de l’étudiant [undergraduate] américain, et son statut en pleine évolution dans le monde de l’éducation supérieure : moins un étudiant qu’un consommateur, dont les caprices et affectations (politiques, sexuelles, et pseudo-intellectuelles) doivent constamment être soutenues et défendues. Pour comprendre cette évolution, il est utile de penser à l’université comme non pas un lieu d’apprentissage, mais comme le resort all-inclusive qu’elle est devenue ces dernières années ; et de penser à l’étudiant qui quitte l’université comme à un départ précoce. Garder ce jeune pour les quatre ans qu’il est censé y passer est devenu une préoccupation centrale du complexe industrialo-universitaire. »

Pour elle, ces évolutions sont indépendantes. Je ne suis pas du même avis. Nous pouvons choisir d’être acteurs ou consommateurs, nous pouvons prendre la défense de nos idées ou exiger des autres qu’ils ne disent jamais rien qui s’y oppose. Les problèmes ne disparaissent pas parce qu’on arrête d’y penser. Le racisme ne disparaît pas parce qu’on censure les propos racistes. Si nous voulons changer les choses, nous devons sortir de notre bulle et accepter les opinions des autres. Nous ne pouvons légitimement refuser qu’ils nous les imposent que si nous ne nous obligeons à ne pas leur imposer les nôtres.

Que les campagnes électorales divisent autant est avant tout le signe que la politique a trop d’influence sur nos vies : l’enjeu de voir son candidat remporter le scrutin est considérable. Nos sociétés ne pourront être plus unies et harmonieuses que si elles permettent la diversité des opinions, croyances et comportements, si les choix des citoyens sont limités par la liberté des autres et pas par leur opinion. N’attendons pas trop de la politique, nous ne serons pas trop déçus ; mais ça ne peut marcher qu’à condition que nous soyons capables de nous organiser sans elle.

 

 

 

 

 

  1. Le politiquement correct aurait expliqué une victoire de clinton. Marre des procès d intention

    1. Ce n’est pas un procès d’intention puisque le déni de démocratie est à l’oeuvre chez la gauche américaine!

      1. @ Virgile

        Non, ne prenez pas les événements actuels (ces gens qui voudraient changer le RÉSULTAT des élections: stupides!): Ils avaient une « mauvaise » candidate », lit-on ici ou là qui aurait fait une « mauvaise campagne » (ibidem)!

        Pour quelqu’un qui « aurait fait élire son mari », se tromper entre nombre de voix (qu’elle gagne) et nombre de grands électeurs (où elle perd), ce n’est que ballot!

        Les médias comme les sondages se sont tellement trompés que leur gueule de bois est aujourd’hui historique!

        Qui a eu l’humilité de dire: « 2 candidats, 1 vainqueur: résultat: 1 chance sur 2 de gagner ou de perdre »; c’est pourtant la réalité scientifique qui ne tient pas compte du tas de facteurs subjectifs, prétendument déterminés d’avance par des « connaisseurs », des « journalistes informés » ou des « experts »: cette humiliation-là, il faudra bien trouver une victime expiatoire: « l’électeur » (« Haro sur le baudet! »).

        L’échec du bloc « politico-médiatique » est, cette fois, total.

        Si jamais, comme un Reagan (moqué aussi lors de son accession au pouvoir!) devenant un président laissant de très bons souvenirs, Donald Trump se révèle meilleur que la piètre considération qu’on lui accorde, alors les U.S.A. y auront gagné mais la presse qui l’aura critiqué « à mort » ne reconnaitra son erreur que du bout des lèvres!

        Si Donald.J.Trump était vraiment stupide: 60 millions d’Américains n’auraient pas voté pour lui! Un fait vaut mieux qu’un Lord-Maire!

        Cette rébellion politico-médiatique qui veut faire croire que ce sont de petits Américains incultes, racistes et revanchards qui l’ont élu: c’est faux en plus d’être méprisant et totalement anti-démocratique.

        En France, vous n’aurez pas cette chance!
        Un homme « Nouveau », non sorti du magma « administrativo-politico-médiatique », cela n’existe pas, parmi les candidats actuels!
        Les exigences « politiquement correctes » seront encore bien prégnantes dans la campagne (cfr les considérations « bavardes » de S.Royal, jeudi-soir sur France2)
        Les « loups du sérail » ne se mangeront pas entre eux, respectant le droit de chaque candidat de lever de nouveaux impôts et taxes, à sa guise, sans remettre en cause le système dont, tous, ils profitent et que le peuple alimente!

        La France n’est pas les U.S.A. Et il n’y a guère de comparaison qui tienne! Ces pays ne jouent pas dans la même cour! Et ce qui se passera aux U.S.A. ne sera pas déterminé ni influencé à Paris! À votre avis, en Europe, quelle entité pourra dialoguer d’égal à égal avec les U.S.A.?

        Que cela n’empêche personne de s’interroger sur cet événement, qui hors « ron -ron habituel » va redistribuer les cartes, moins qu’il ne l’a dit, en campagne (conçue pour gagner), mais, cette fois, en concrétisation nouvelle.

  2. Je partage en gros pas mal d’idées qui sont exprimées ici, toutefois, pour aller plus loin, on devrait commencer par préciser ce qu’est le politiquement correct, ce n’est pas la défense des idées politiques « correctes » car sinon( à l’instar du gastronome qui se pose en personne aimant la bonne chère), il faudrait être bien retord pour ne pas défendre des idées que l’on pense incorrectes ou (apprécier la mauvaise chère)…
    Le politiquement correct est la prétention de savoir ce qui est correct ou non, c’est donc de la simple intransigeance, c’est donc l’affirmation de l’inutilité du débat sur les idées « correctes ».
    Un refus absurde quand on pense savoir ce qui est correct!
    C’est si absurde qu’on peut se demander pourquoi des gens »intelligents , éduqués ou entraînés au débat le pratique! A mon avis , il s’agit du signe que le politiquement correct n’est qu’un acte d’allégeance parmi d’autres à une caste qui s’affirme comme une élite et qui refuse le questionnement sur sa position élitiste. Il participe à l’indifférenciation qui se fait entre fait et opinion.

    Alors que pour savoir ce qui est correct on doit avancer des arguments pour connaitre le politiquent correct on doit simplement savoir qui le dit.

    Il faut dire à ce niveau que la stratégie élitiste doit déborder de l’élite pour avoir un l’intérêt « social » et politique… Il me semble sans trop y avoir réfléchi que les promoteurs du politiquent corrects on été des gens qui faisaient partie d’une élite intellectuelle passée …
    On peut se rappeler  » je refuse de débattre avec le pen »…c’est du politiquement correct à la française…

    Toutefois le politiquement correct a une fin…le jour où la conviction que vous appartenez à une élite, n’est plus partagée que par les membres de votre élite , la peur de l’excommunion du camp du bien ne fait plus peur à personne en dehors de votre camp .

    Ceci dit, je suis d’accord avec le fait que le politiquement a joué un rôle non négligeable dans l’élection de trump. mais combien et comment??
    Un autre point, dans l’élection d’un président, la personne compte toujours plus qu’un programme, la preuve en est que les institutions ne sanctionnent pas la non application d’un programme qui a permis une élection, sinon on signerait un contrat de gouvernement on ne voterait pas pour une personne..
    Choisir un président est bien choisir un « chef » d’abord et avant tout et ça reste un acte de foi sur ce qui se passe après l’élection…

    Encore un autre point, l’étudiant est bien un consommateur face à une université, le tout est de savoir ce qu’il achète, ça peut être en grande partie du politiquement correct ou bien ( et) des compétences précises, l’étudiant achète cela car la société semble en vouloir…si la société est politiquent correcte, alors l’université le sera sinon en fera la promotion au risque de devenir schizophrène voire de risquer un schisme avec la science.
    Je ne dis pas qu’une université au nom prestigieux n’est pas à la pointe de la recherche de la science ou de l’enseignement, je dis que le nom est déjà quelque chose pour un étudiant, parce que le nom est déjà quelque chose pour la société, il peut falloir du temps à la société pour se rendre compte d’un bouleversement de la hiérarchie quant aux éléments objectifs qui portent sur les compétences.

    1. Je vous suggère cette video de Youri Bezmenov. Il y décrit les opérations et méthodes de subversions utilisées lors de la guerre froide. C’est vieux et pourtant tellement d’actualité.

      1. je n’ai pas beaucoup réfléchi à ça, c’est juste un bric à brac de trucs qui passent par la tête après avoir lu l’article je déplore qu’il n’ait pas commencé par une précision du politiquement correct, dont on se fait chacun sa propre idée…

  3. En tout cas, c’est plutôt le politiquement incorrect qui a amené à la victoire de Trump. Mais peut être que d’autres vont nous nous faire entendre une autre « voie ».

    1. @ gebe

      Oui, on peut dire que D.J.Trump s’est montré assez agressif contre beaucoup de « nouveautés » que le « politiquement correct » (et ses « susciteurs-créateurs ») faisait passer sous des prétextes divers et variés, assez « smart » en apparence, bien moins acceptables dans la « vraie vie »!

      Un serveur, à la frontière du Mexique, dans l’horeca, qui se voit « viré » du jour au lendemain pour se faire remplacer par une Mexicaine « illégale » (« sans papier ») payée une fraction de son salaire, pendant que son mari travaille dans les mêmes conditions sur un chantier de construction, brusquement, ça lui donne des arguments contre « l’ouverture large des frontières, bien accueillante aux immigrés!

      Là, évidemment, on commence à voir qu’il y a un libéralisme théorique, parfait, à la française, qui se heurte à la réalité d’une équité « sociale » ou « politique », qui bien que restant campée sur un fond libéral (indéniable aux U.S.A.), a l’assentiment de la population pour qu’au moins chacun puisse se battre sur le terrain du travail à armes égales. L’avantage au tricheur n’est plus libéral, il devient néo (nouveau) ou ultra (au-delà) libéral, notions existant bien dans la réalité mais niées ( à cause d’un « libéralement » correct!), sur ce site!

      Dénoncer ce genre de chose est-il « politiquement incorrect » (« donc interdit sous peine d’opprobre »)? Si oui, votez Clinton, si non, votez Trump!

      (Je ne suis pas naïf au point de croire qu’un D.Trump n’a jamais employé un ouvrier « pas en ordre avec ses papiers » sur ses chantiers! Mais au « faites ce que je dis, pas ce que je fais », peu de politiciens ou d’autres, résistent!)

      Donald J.Trump a quand même mis le doigt là où ça fait mal! C’est indispensable pour déceler les priorités, si éloignées des nouvelles théories « de genre » à imposer dès la maternelle, dans l’enseignement! (exemple ridicule mais qui a quand même fait partie de l’écran de fumée organisé dans certains médias!).

      Pour finir, c’est au peuple américain de désigner son président, et au reste du monde de l’accepter et à se taire: personne aux U.S.A. ne demande la bénédiction de la France! Donc pas de comparaison idiote à faire, pas de leçon à donner, simplement prendre acte de la réalité. Vous avez déjà un ambassadeur qui a dérapé! On arrête les frais?

      1. j’ai un peu l’impression que quand un pays commence à collectiviser.. il est, à court terme, plus facile de continuer dans cette voie que de faire marche arrière…La sortie de la collectivisation effraye tout ceux qui en dépende..et ça fait beaucoup de monde.

  4. Le politiquement correct est un racisme intellectuel… Le règne des minorités est à l’opposé de la démocratie qui au contraire est celui de la majorité. C’est le pouvoir donné à la minorité repris par Platon qui a condamné Socrate qui était un bien pensant bien malfaisant.
    Le populo est de loin le plus sage, vive la démocratie suisse qui a su trouver un bon équilibre entre pouvoir délégué et pouvoir repris quand cela paraît plus proche de la volonté populaire.

    1. @ Monceaux

      Vous avez vu qu’U.B.S. refusait de livrer l’identité de ses clients « secrets » à la rage taxatoire française, sous le prétexte, réellement fondé, que c’était illégal! Y aurait-il encore des banquiers de confiance?

  5. « Les partis ont trop de poids par rapport aux personnes » et « Les personnes ont trop de poids par rapport aux idées. »

    C’est assez étrange de lire ça (même si ça se comprend très bien après les explications) : un parti est pourtant, par essence, une association à but politique de rassembler autour des mêmes idées, des mêmes sensibilités.

    Et c’est le défaut des élections où on élit des individus et non des partis (proportionnelle) : un homme peut renier toutes ses promesses et changer d’avis.
    Un parti ne peut renier ses status.

    Pourquoi ne pas passer directement à une élection 100% proportionelle, au moins pour l’assemblée ? Plus aucun risque de voter pour des individus qui nous trahiront peut etre, on a la garantie que les partis élus respecteront leur orientation.

    1. @ AxS

      Là, vous abordez un système que vous ne pratiquez pas: il y a plusieurs façons de voter dans un système « proportionnel »: (exemple vécu dans 2 pays)

      les candidats sont dans des listes, munie ou non d’une « case de tête », au-dessus de la liste
      (premier danger: la tentation de donner sa voix à un parti, non à des personnes: en votant « en tête de gondole », on approuve l’ordre établi sur la liste)

      le vote « nominal » (on vote alors pour des personnes: nombre limité et souvent réduit ( 1 coche de trop = vote nul), soit obligatoirement sur 1 liste soit sur plusieurs (« panachage »)

      Avantages: comptage « partisan » + comptage personnel « des voix de préférence ».

      On voit bien que plus c’est compliqué, plus c’est finement démographique.

      En revanche, je ne sache pas que comme aux U.S.A. On ait le droit d’inscrire (dans 10 États, là-bas) le nom d’une personne pas officiellement candidate: Respect!
      Ça ne sert sans doute à rien mais c’est un beau respect de la liberté personnelle (imaginez un vote « spontané » pour Coluche, à l’époque!). Coluche, un autre Trump, de l’époque?

      Sur le « politiquement correct: 2 « exploseurs »: aucun doute! Il aurait recueilli un vote « populaire », sans pouvoir être considéré comme « populiste », puisque même pas candidat! « À nos actes manqués! »

    2. @ AxS

      Je ne crois pas à votre naïveté!

      En France, un parti est devenu comme une « intendance à l’armée »: un outil indispensable mais méprisé: un parti peut investir sans limite dans la campagne de son candidat! Ailleurs on limite très raisonnablement les sommes dépensées! Pas de campagne inéquitable sur le facteur « argent ». Ëtre le président du parti est évidemment un atout de plus (caché dans sa manche) N.Sarkozy en sait quelques jolies choses!

      Mais il est politiquement incorrect de parler d’argent, en France, c’est « vulgaire » »! Qu’a-t-on caché, en masse, derrière cela? Alors que c’était un sujet obsessionnel très largement répandu mais couvert de secrets!

      En France, il est politiquement correct de dire qu’on a « plaisir à payer ses impôts », mais comme partout, chacun cherche à en payer le moins possible!
      Aux U.S.A.?, on est fier d’être devenu riche, en France, c’est la « honte »! D.Trump n’a pas honte de ne pas avoir payé d’impôt: il en est fier!

      Et un G.Depardieu qui va mettre à l’abri ce qui lui reste de son travail, pour ses enfants et la gestion de ses affaires, c’est « minable »! Cet artiste immense mais aussi un entrepreneur (et pas en Chine!)?
      « Depardieu a dit (fait? réagi?) la vérité, je vais l’exécuter »: dit J.M.Ayrault, en ridiculisant la France quand Fr.Hollande s’en occupait déjà très bien!

      Je suis d’un pays qui n’impose la fortune que lors d’une transaction: le citoyen est assez imposé en acquérant le prix de son travail, ce qui lui reste devient intouchable, tant qu’il n’en acquière ni dividende ni intérêt (= transaction). Taxer 2 fois le prix de son travail est évidemment illogique donc injuste! Surtout quand on voit les exceptions arrangeant bien un jeune ministre, fils d’antiquaire, perdant déjà ses cheveux!

      Vous rendez-vous compte de cette vaste supercherie, sans aucune transparence, où votre éternel discours ne parvient plus du tout à renverser la vapeur d’une hypocrisie sans nom étalée dans la presse, partout dans le monde?

      Arriver à 3% de déficit budgétaire, cette année? Pas possible! Vous savez, les attentats, la guerre sur 3 fronts, bla bla bla!

      Comprenez-vous mieux qu’un homme, hors de la nébuleuse de ces pouvoirs « confits », est sans doute un choix risqué alors que « l’establishment » est la garantie que rien ne changera?

  6. « il semble bien difficile pour les citoyens de se mobiliser eux-mêmes »
    N’est-ce pas justement la chape du politiquement correct qui empêche cette mobilisation? Et qui explique aussi l’abstention de ceux qui « n’y croient plus »? Quand le débat est encadré, que les « déviants » sont conspués au lieu que leurs idées soient discutées, il ne faut pas s’étonner que la société soit figée. L’élection de Trump bouscule ce système qui existe de part et d’autre de l’Atlantique. Entrevoir la fin d’un totalitarisme « soft » n’a rien de déprimant…

  7. A en croire les médias et les coups bas de la campagne, les américains avaient le choix entre un clown raciste et une politicienne corrompue et sénile. Peut-être. Ou pas. Dans tous les cas, rien n’empêche d’élire un(e) président(e) qui se révèle être mauvais, avoir menti, être aussi catastrophique que prévu ou le devenir après son élection – ne serait-ce que pour cause médicale.

    L’important est donc à mon avis que la constitution limite les pouvoirs du président, permette de le révoquer et empêche un coup d’état de l’intérieur. Et il est important que l’on travaille sur cette constitution dans ce but quand tout va bien – et non quand il est trop tard – et que l’on prévienne les manipulations de la constitution à d’autres fins.

    1. @ pragma

      Vous avez évidemment raison!

      Quand j’ai vu votre président, désormais « à jeter » en vraie démocratie quand il flirte avec les 15 % de popularité, mais, pour finir, laissé en place, pour que son mandat arrive à son terme et qu’il puisse conserver son droit d’ex-président, « indégommable », membre automatique du Conseil Constitutionnel, avec ticket de présence (pas besoin de parler), heureux usufruitier d’un bureau dans un immeuble parisien, avec collaborateurs, valet, chauffeur, voiture et protection sécuritaire, aux frais de la princesse: un monarque, façon européenne, vous aurait (à la nation), coûter bien moins cher, mais passons: ce sont vos affaires!

      Bien sûr que ces prérogatives sont aussi coûteuses qu’excessives avec 3 et bientôt 4 membres de cette caisse de retraite de platine doré dans la masse, mais si c’est votre plaisir de leur offrir, je n’ai rien contre! Et vous croyez que le « remplaçant de circonstance » n’aura pas le même degré d’exigences?

      Mais franchement, je vous souhaite: « bonne réussite »!

  8. Quel que soit le pays la gauche est aussi intolérante, anti-démocratique et fasciste. Ce n’est pas par hasard si le fascisme a été inventé par les socialistes italiens! Ceux de nos jours se comportent exactement de la même manière, déniant aux autres leurs droits fondamentaux!

  9. Si Trump était réellement « politiquement incorrect » il n’aurait jamais obtenu autant de votes de la part des femmes. Ce qui a permis a Trump de ne pas complètement s’aliéner l’électorat féminin c’est le fait que c’est un viriliste. Certes, les virilistes combattent le politiquement correct, cependant ils sont incapables d’éviter l’avènement d’une nouvelle forme de politiquement correct.

    J’avais expliqué tout ça en détail en mars puis en septembre dernier :

    « Quand vous êtes face à un soi-disant « rebelle politiquement incorrect », après lui avoir demandé ce qu’il pense du libéralisme, essayez de voir s’il a une vision large ou étriquée de la masculinité, en lui demandant par exemple ce qu’il pense des hommes créateurs de vêtements féminins, des maïeuticiens, des pères au foyer, ou des hommes qui, dans leur couple, acceptent que leur femme ait d’autres partenaires sexuels (exactement comme dans le passé certaines épouses japonaises acceptaient publiquement, sans la moindre jalousie, que leurs maris partent avec d’autres femmes durant le week-end.)

    Je vous fais le pari que, d’une part, votre « rebelle politiquement incorrect » vous répondra qu’il est anti-libéral ou, dans le meilleur des cas, qu’il est « libéral mais » (exemples : libéral mais contre l’immigration, libéral mais contre la libéralisation des drogues), et que, d’autre part, il vous répondra qu’il est opposé à l’abominable-horrible-terrifiante « féminisation » des hommes.

    Autrement dit : votre « rebelle politiquement incorrect » n’a en réalité rien d’un rebelle, il ne fait que hurler avec les loups. Malgré les apparences il ne dérange personne réellement étant donné qu’il répète exactement ce que dit déjà l’écrasante majorité des gens : NON au libéralisme trop « extrême », et NON à la « féminisation » des hommes.

    Trump sera un rebelle le jour où il cessera de hurler avec la meute des loups anti-libéraux et virilistes. En attendant ce jour hypothétique, il faut considérer que l’ambition des gens comme Trump [et des femmes qui votent pour lui] est exactement la même que celle des gens comme Hillary Clinton : faire de vous des esclaves et de la chair à canon.»

    1. @ commando

      Je me sens incapable de vous suivre dans votre rhétorique, heureusement: le libéralisme qui a cette grandeur de célébrer la Liberté ne souffrirait pas la moindre faiblesse d’un de ses libres adeptes, pas le moindre entracte: cette dictature-là ne convient absolument pas à ma liberté et offusque, en plus, la sexologie (mon job, aussi, officiel) d’où viennent vos exemples.

      L’être humain est bien plus « souple » pour accepter la vie comme elle est ou les gens, comme ils sont, sans devoir faire du libéralisme, une « religion » hyper-exigeante telle que vous la présentée où la moindre faille conduirait à l’exclusion.

      Si la France avait un fifrelin de libéralisme parmi ses partis représentés à l’assemblée nationale, pour prendre un échantillon démocratique et que vous demandiez, 6 mois ou 1 an après a ce député (il n’y en aura pas plus avant … longtemps!), il vous dira d’abord qu’il a dû « composer »! Beaucoup de gens ne vous suivront pas dans « VOTRE » libéralisme, pur et dur, dictatorial, quasi! Et franchement, c’est mieux comme ça!

    2. Com-mando vous confondez libéralisme et échangisme !
      Un libéral n’est pas un être parfait, il n’em….bête juste pas les autres.

  10. Trump est un businessman: il a fait étudier ce qu’il fallait dire pour gagner des voix, et où il fallait le dire, et ensuite il a suivi les résultats de ses études. Il a balancé le politiquement correct aux orties, et a opté pour le maximum d’efficacité dirigé vers le gain de voix. Stratégie qui s’est révélée efficace.
    Que pense-t-il en réalité? Quelle sera sa politique? Nous n’en savons rien. La seule chose que nous savons, c’est qu’on a affaire à un homme efficace dans la réalisation de son but.
    Un libéral dirait: « le marché des idées a décidé »!

    1. @ archiduc

      Comme c’est bien dit: je crois que Donald.J.Trump doit être quelqu’un de « charismatique », comme un « coach » qui exige de vous le meilleur, organise son entourage, obtient ce qu’il veut.

      J’espère qu’il représentera bien cette « efficacité du privé » face à « l’appareil d’état », plus paralysant!

      J’aime qu’il « casse » avec le systèmes des »politiciens professionnels »: en cela, j’ai de l’espoir sur lui! Et je crois qu’il est parti pour 4 ans de combat!

      Donc « wait & see! » (heureusement, c’est un bourreau de travail! C’est déjà ça! Et pour « nous »

    2. +1 Il est super bon pour se faire élire, le reste wait and see

    3. je crois avoir vu (!) un petit reportage sur Georges bush candidat , dans une réunion qui s’apparentait à de la stratégie électorale, il avait comme une illumination sur le fait qu’il fallait gagner le vote de telle catégorie pour gagner…rien de nouveau sur le plan qualitatif en somme.

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