Donald Trump : Marine Le Pen ou Berlusconi ?

Publié Par Bruno Levy, le dans Amérique du Nord

Par Bruno Levy.

Ceux qui voient en Trump un fasciste ou une sorte de Marine Le Pen se trompent complètement. Le nouveau président américain devrait plutôt être vu comme un mélange de deux personnages historiques très connus : Herbert Hoover et Sylvio Berlusconi (en Italie).

Herbert Hoover, la plupart des gens oublient ce point, a été l’un des plus grands hommes d’affaires américains. Il a été élu sur la conviction que, étant le grand homme d’affaires qu’il était, il conduirait l’Amérique à la prospérité. C’était en 1928…

Le mauvais goût de Berlusconi

marine-trump-rene-le-honzecMême chose pour Berlusconi dont le sexisme, le mauvais goût, l’extravagance et les déclarations tonitruantes sont très semblables à celles de Trump. De plus, comme Trump, Berlusconi était aussi un milliardaire de télé-réalité sans expérience officielle du gouvernement au moment de sa première élection. Berlusconi, lui aussi, a été élu, et réélu, sur la base qu’étant devenu riche lui même il saurait rendre plus riches les Italiens.

Mais l’analogie ne s’arrête pas là, car Trump partage avec ces deux personnages un même pragmatisme qui consiste à ne suivre aucun principe qui risquerait de ne pas se faire ré-élire …

Pourquoi la présidence de Hoover a-t-elle été un tel échec ? Parce qu’il a raté le sens de la crise de 1929 en prenant toutes les mesures politiques et économiques possibles pour amplifier les impacts négatifs du crash. Au nom du pragmatisme il s’est permis d’oublier tous les principes libéraux appliqués par exemple lors du crash de 1920, parce que ces principes ne semblaient pas opportuns électoralement…

Opportunisme et faillite

Les gens oublient que la gestion d’un pays ne peut reposer sur l’opportunisme. Hoover savait être expédient comme tous les bons PDG le sont, mais il a totalement raté sa présidence.

Dans le cas de Berlusconi, celui-ci a conduit son pays à la faillite, confondant son intérêt commercial personnel avec celui du pays ; il est trop tôt pour dire si nous verrons le même genre de comportement chez Trump.

Franchement, dire que Donald Trump est un nouveau Mussolini et voir dans son élection la fin du monde est faux, voire dangereux. La seule chose que la gauche et ses sympathisants font en exprimant cela est de stimuler leur ego en diabolisant leurs adversaires. Voir en Trump un fasciste, voir l’émergence d’un nouveau totalitarisme dans son élection ne fait pas de vous un nouveau résistant. En revanche, cela vous rend juste plus inefficace en tant qu’adversaire politique.

En Italie, l’opposition s’est suicidée en personnalisant son opposition à Berlusconi, en en faisant le diable ; le résultat étant que Berlusconi a été élu, et réélu, menant son pays à la paralysie, lentement mais sûrement.

Savez-vous pourquoi il a été réélu ? Parce qu’une élection ne se gagne pas en proclamant une fatwa contre un adversaire politique, elle se gagne en éprouvant seulement du mépris pour les électeurs du candidat auquel vous êtes opposé ; on ne gagne pas en considérant que les partisans de son programme sont des imbéciles.

Quand l’opposition se résume à diaboliser et déprécier ses adversaires, elle concentre toute son énergie sur les façons de faire perdre l’autre, au lieu de comprendre comment elle doit changer pour gagner.

L’Italie a perdu près de 15 ans à cause de Berlusconi et de la vanité du gauchisme qui a constitué son mode d’opposition principale pendant toutes ces années. C’est ce qu’il faut craindre pour l’Amérique : de longues années de Berlusconisme et de paralysie politique.

  1. Les gens ne confondent pas Trump et Le Pen. Ils font un parallèle saisissant entre : la grogne populaire qui n’est pas écoutée, l’absence de cohérence dans le programme, et un positionnement similaire sur l’échiquier politique. Quand on voit que Trump a été donné perdant pendant presque toute la campagne, on ne peut que penser que le plafond de verre n’est peut-être pas 40%… mais plus.

    1. je ne partage pas votre point de vue concernant une supposée absence de cohérence dans le programme de MLP vraisemblablement vous ne l’avez pas consulté . Je ne parlerai pas de celui de Trump que je n’ai pas approfondi n’étant pas américaine. Le programme du FN est quand à lui très bien construit, il s’appuie sur des bases solides. Que « l’échiquier politique » redoute ce programme remettant en cause les graves erreurs accumulées se comprend entièrement, qu’il se coalise pour faire croire que ce programme est vide tentant d’effrayer les électeurs s’explique aussi. Dites vous bien qu’Ils feront tout pour dénigrer Marine Le Pen et l’écarter, car droite et gauche confondues – et ils le savent – sont complices dans le naufrage français.

  2. trump n’est pas plus dangeureux que ne l’est la clinton , cette va t’en guerre ;le pen n’est pas pire qu’un sarkozy ou un hollande ; si trump est au pouvoir , c’est de la resposabilité des démocrates ; si le pen est élue , droite et gauche française en porteront la responsabilité ; on nous dit que trump n ‘a pas de connaissances du monde politique et qu’il ne sait pas ce qui l’attend ; la belle affaire ! en france nous avons des dirigeants qui sont plongés dans le monde politique depuis leur jeunesse , est ce pour cela qu’ils font du bon travail ? au vu de l’état de notre pays , il est permis d’avoir de trés gros doutes ;

    1. « on nous dit que trump n ‘a pas de connaissances du monde politique » Bien sur que si, ils sont tous venu lui manger dans la main….

  3. La crise de 1929 et des années 30 n’a t-elle pas été ourdie par les sieurs Hjalmar Schacht (président de la banque centrale allemande), Benjamin Strong (Pt de la FED) et Montagu Norman (pt Bq Angleterre) ? Le pauvre Hoover n’était qu’une marionnette dans les mains de ces tristes banquiers qui ne pensaient qu’à la prochaine guerre mondial en aidant l’avènement de Hitler.

    1. N’est ce pas Herbert Hoover qui avait dit que « la prospérité est au coin de la rue », bref, un laisser faire dans un pur libéralisme ?
      Trump semble plutôt proposer ce qu’a fait son successeur Roosevelt avec les grands travaux.

      La conclusion de l’auteur à propos de la gauche qui refuse la légitimité du vote démocratique majoritaire (la majorité) se retrouve aussi en France.

    2. La crise de 1929 et des années 30 n’a t-elle pas été ourdie par les sieurs

      Non. La crise de 29 résulte de la congruence de centaines de facteurs impossible à planifier.

      Les grands banquiers et les dirigeants quand ils manipulent l’économie font toujours preuve de courte vue, d’aveuglement, d’imbécillité ou tout à la foi, ce que le Nobel F.A. Hayek appelait « The Pretence of Knowledge ».

      En bref, les puissants croient qu’ils ont les connaissances et les informations nécessaires pour planifier la société, mais l’économie résultant de l’action de millions d’acteurs économiques va systématiquement dans toutes les directions possibles, sauf celles prévues par ces « planificateurs ».

    3. +10. Peu de rapport entre Hoover et Trump ou 1929. La seule chose qui aurait pu éviter 1929 c’est que la FED ne finance pas la 1ere guerre mondiale puis la reconstruction européenne. Les USA n’avaient aucunes dettes extérieure en 1928. La déflation de la bulle de dettes en 29, enterrait les dettes des obligations souveraines mondiales toutes en déshérence, qui servaient entre autres joyeusetés, à la remilitarisation de l’Allemagne. Cela n’a rien à voir avec 2008, ni même 1921. Politiquement, ces dettes ne DEVAIENT jamais être remboursées. Dire que la crise de 1921 fut vaincue sans mesure interventionnistes n’est d’ailleurs pas exact. En 1928 Hoover était déjà au gouvernement depuis 8 ans – avec la même politique relativement interventionniste que sous Harding.

    4. Ben non, il n’y a pas eu de complot entre l’Allemagne,la Fed et la banque d’Angleterre, c’est du délire !
      Personne ne pouvait prévoir la seconde guerre mondiale,même pas Hitler, qui n’avait alors que 2% des voix !

      1. Complot des imbéciles. En effet @ Justinien, la 1ere phrase de @goufio est absurde. Ces banquiers là n’ont rien vu venir… seulement leur commission sur émission de dettes. Ces dettes de reconstruction furent cependant la cause du krach.

        Hitler par contre, comme les groupements paramilitaires du type « SS », « casque d’acier » ou « noir rouge or », estimaient que la 1ere guerre mondiale n’aurait pas dû … ne s’était jamais …terminée à Versailles. Hitler n’a jamais caché son intention d’arriver au pouvoir par le biais de méthodes violentes et il amplifia brillamment la vague de frustration allemande à ce sujet, frustration coloniale à l’origine… la guerre était l’unique alternative au remboursement des dettes odieuses concédées par l’ancien vainqueur.

        Je ne vois toujours pas le rapport avec le rôle de Hoover ou Trump.

  4. J’ai oublié de dire à l’auteur qu’en qualité d’essayiste libéral, il devrait faire le procès des banques centrales qui manipulent constamment le prix du temps (taux d’intérêt) et que l’échange ne provient pas d’une manipulation du prix de l’échange mais de sa liberté consentie; Il faut arriver à faire disparaître ces banques centrales qui créent toutes ces crises modernes, dans l’unique intérêt des banquiers privés qui les composent

    1. La responsabilité des banques centrales et commerciales est évidemment écrasante et le fait que le client devient le payant, en cas de mauvaise gestion, est bien plus inquiétant qu’un D.Trump: ça, c’est le « hold up » de l’article précédent d’aujourd’hui!

  5. Franchement, dire que Donald Trump est un nouveau Mussolini et voir dans son élection la fin du monde est faux

    Clair, mais les socialistes ne savent plus faire que ça: traiter tout le monde de fasciste.

    1. non nazis aussi ,et ultraliberal..

  6. oui c;est juste, c’est un Hoover… excellent article, merci

  7. Très bonne analyse : je crois aussi que Trump n’est pas un «fasciste», et qu’il est inutile de le diaboliser. Par contre, il faut :
    – critiquer rationnellement son programme, qui ruinera les États-Unis
    – proposer un programme alternatif réaliste : équilibrer le budget de l’État, développer la formation et la qualification professionnelle des américains.
    Hillary, en se contentant de diaboliser Trump, n’a pas semblé proposer d’alternative, d’ailleurs son programme était aussi basé sur une relance keynésienne et du protectionnisme !
    Heureusement, en France, le programme de Juppé, par exemple, s’affirme clairement libéral, alors que le FN est encore protectionniste et keynésien. Le choix est clair : avec le FN : inflation, dette et dévaluation.

    1. critiquer rationnellement son programme, qui ruinera les États-Unis

      Ses mesures protectionnistes hilarantes étaient de la pure démagogie électorale qu’il n’a jamais eu l’intention d’appliquer. C’est l’Amérique, pas la France protocommuniste et c’est un entrepreneur, pas un parachuté de l’ENA.

      proposer un programme alternatif réaliste : équilibrer le budget de l’État

      Son keynésianisme est préoccupant par contre, plein de gens attendent cette « manne-gratuite ». La dette a doublé sous Obama, elle atteint des niveaux faramineux à 80% du PIB, il va y avoir une impossibilité. Wait and See.

      Heureusement, en France, le programme de Juppé, par exemple, s’affirme clairement libéral, alors que le FN est encore protectionniste et keynésien. Le choix est clair : avec le FN : inflation, dette et dévaluation.

      Je suis plus inquiet pour la France. L’économie est réellement dans un état désastreux, comme les services de l’état et les finances. Les institutions sont taillées de telle manière que le pouvoir réel se situe dans la bureaucratie et ses corporations, à la première mesure vaguement « libérale » la contestation corporatiste va exploser et rien ne sera fait.

      Et ça, c’est le meilleurs des cas, sinon ce sera un étatiste qui va accélérer la chute au lieu de la ralentir.

  8. Les actes de la présidence de Hoover sont aussi très instructifs, juste après le jeudi 24 octobre 1929 :
    – avril 1930 : relèvement massif des droits de douane américains
    -décembre 1930 : programme de grands travaux pour lutter contre le chômage
    – 1931 : endettement massif de l’État pour relancer l’économie
    Avec les résultats que l’on sait…

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