Créateurs d’entreprises : quel impact sur l’emploi ?

Publié Par Bernard Zimmern, le dans Entreprise et management

Par Bernard Zimmern.

Les entrepreneurs sont définis aux USA comme les personnes physiques détenant des titres dans les quelque 13 millions d’entreprises non cotées. Le présent dossier exclut donc les 8 000 entreprises cotées qui, d’après nos évaluations, représentent environ 40% de l’emploi américain.

Mais ces entreprises cotées perdent régulièrement des emplois et ne conservent leur rôle que par introduction en bourse ou rachat d’entreprises non cotées, où se trouve le « naissain » de la ruche économique.

C’est ce « naissain » que nous allons analyser en ventilant l’emploi qu’il a créé en fonction de la qualification de l’entrepreneur.

La qualification de l’entrepreneur

La première distinction se trouve entre les propriétaires de part d’entreprises qui n’y sont pas actifs et ne sont que des investisseurs et ceux qui les animent, les « entrepreneurs actifs ».

La seconde divise les entrepreneurs actifs en deux groupes : ceux qui ont créé l’entreprise à gauche et ceux devenus propriétaires par héritage, achat ou promotion interne.

La troisième distinction divise les entrepreneurs actifs ayant créé leurs entreprises en deux groupes : ceux que leurs revenus classe dans le premier centile de l’ensemble des revenus des ménages, le 1 % des revenus, et les autres, les entrepreneurs actifs qui ne sont pas dans le 1% : les 99 %.

Les surfaces sont à peu près proportionnelles aux emplois en 2012.

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Entreprises de proximité et entreprises de long terme

Toutes les études antérieures que nous connaissons ont décrit les caractéristiques des entrepreneurs américains sans marquer que cette population recouvre en fait deux populations très différentes :

• la population des petites entreprises de proximité, les plombiers, serruriers, blanchisseries, cafés, petits commerces
• la population des entreprises de long terme, créées avec la vision d’un service ou d’un produit manquant sur le marché comme l’Air liquide, Microsoft ou plus anciennement le Métropolitain ou les Frères Lumière.

Les deux sont créées par des entrepreneurs qui prennent des risques mais avec des objectifs très différents. Suivant une distinction faire par le Global Entrepeneurship Monitoring (GEM) qui réunit Babson College, la London School of Economics et la Kauffman Foundation, il faut séparer ceux qui créent une entreprise avec l’objectif de se trouver un travail, de se faire vivre eux-mêmes et leur famille, qui trouvent leur solution dans la création ou la reprise d’entreprise de proximité ; et les entrepreneurs comme Bill Gates ou Steve Jobs, qui ont la vision à long terme d’un produit ou d’un service et créent une entreprise pour réaliser cette vision.

La séparation se fait assez facilement sur le SCF1 car pratiquement, seules les secondes permettent aux entrepreneurs qui les créent d’entrer dans le 1% des revenus les plus élevés.

En sélectionnant les entreprises par le revenu de leurs propriétaires, on sélectionne en pratique les entreprises de long terme, même si quelques-unes de celles qui permettront à leur propriétaire d’entrer plus tard dans le 1% restent dans les 99%.

Les différences sont en effet extrêmement marquées entre les deux populations avec 25 employés de moyenne pour les entrepreneurs du 1% et seulement 3 pour ceux qui ne sont pas dans le 1%, les 99%.

Voici les profils des deux types d’entrepreneurs, créateurs d’entreprises :

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Les créateurs d’entreprises de long terme dans le 1%

Pour les entrepreneurs actifs, leur revenu total est 2,948 trillions soit 33% du revenu total américain et ils sont en 2012 13,3 millions sur 136 millions de foyers.

Il est intéressant de situer les entrepreneurs de long terme dans le 1% des plus hauts revenus américains, accusés d’être des héritiers ou des riches qui profitent de salaires injustifiés.

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On voit que sur le 1% des plus hauts revenus des ménages américains, 1% mesuré par l’IRS, la direction des impôts, 94% seraient des entrepreneurs actifs. Mais nous allons nous livrer à une investigation complémentaire (voir prochain article) car il est fort possible que ce résultat très élevé soit simplement la conséquence des distributions de revenu qui suivent une loi de Pareto, loi qui comporte d’énormes variations dans les valeurs élevées des distributions.

Si l’on détaille l’origine des revenus du 1% créateur d’entreprises par importance décroissante :

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Comment entre-t-on dans le 1% ?

La publicité médiatique donnée aux fortunes rapidement accumulées grâce au numérique comme celle de Mark Zuckerberg (Facebook) ou celle de Pierre Omidyar fondateur d’Ebay ont pu laisser penser qu’accéder au top des revenus et des fortunes se fait très rapidement.

Les médias sont pleins de ces « licornes », ces start-up dont la capitalisation boursière dépasse rapidement le milliard.

Mais croire que les entrepreneurs arrivent rapidement à la fortune est une vision complètement fausse.

Les statistiques du Département américain de l’emploi sont là pour rappeler que les emplois créés dans la « hitech » depuis 10 ans, ou prévus dans les dix prochaines années, ne sont pas dans ce domaine, couvrant le numérique, les transmissions et la biologie qui au total représentent moins de 10% des emplois créés aux USA.
Les postes où se créent les emplois sont beaucoup plus trivialement dans la réparation automobile, la santé, la nourriture comme les crèmes glacées, etc.

Ceci se retrouve dans la durée nécessaire pour accéder au cénacle du 1%.

Il suffit de reprendre l’âge des entreprises des entrepreneurs créateurs et de totaliser leur nombre en fonction de l’âge pour retrouver un résultat que David Birch, le créateur de la démographie des entreprises, annonçait déjà vers 1980, qu’il faut plus d’une dizaine d’années en moyenne pour qu’une entreprise décolle. Voici le résultat pour 2013 :

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Création d’emploi : comment se différencient les entreprises de proximité et les entreprises de long terme ?

On voit ci-dessous pour l’enquête 2013 l’emploi cumulé en fonction de l’âge de l’entreprise en séparant les entreprises du 1% et celles du 99%.

Ces dernières voient leur emploi croître dès leur naissance et atteindre une moyenne de 3 emplois.

Celles du 99% ont des difficultés à démarrer mais l’emploi s’envole vers la 23ème année et atteint en moyenne 25 employés.

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Sur le web

  1. « Survey of Consumer Finances », l’enquête triennale de la Banque fédérale.
  1. De toute façon, quelque soit le type d’entrepreneur en lice, la plupart d’entre eux finiront mangés par l’Etat tout puissant. C’est mon expérience réelle à moi. Et j’ai connu des entrepreneurs qui y ont laissé, leurs chemises et leurs familles. Alors, mesdames et messieurs, avant de vous lancer dans l’aventure, sachez que votre principal concurrent prédateur, c’est l’Etat et son armada de règlementations délirantes avec ses légions de fonctionnaires qu’il faut rétribuer sur le dos de la « bète ».
    Et la question qui fâche est : Avez vous vu un « socialiste » créer une entreprise?. Réponse : NON
    Et la deuxième question qui fâchera certains est: Avez vous vu un responsable de la Droite de gouvernement, créer une entreprise?. Réponse : OUI.
    Et c’est qui me direz vous? Réponse: C’est Nicolas Sarkozy quant il a signé les document pour créer un société au Luxembourg pour faire transiter les paiements du contrat d’armement avec le Pakistan. Cela, afin de financer la campagne de monsieur Baladur le premier ministre du président Chirac. Et c’était pour ce que la justice a nommé: l’affaire Karachi.
    Donc, monsieur Sarkozy, a bien été créateur d’entreprise, puisque les statuts de cette société ont bien été signé par celui-çi. Bien entendu, deux actionnaires minoritaires, sont venus l’épauler pour récupérer ce que l’on appelle pudiquement des « rétro-commissions ».
    Mais, peut être qu’après l’attentat qui a couté la vie à onze coopérants français à Karachi, la société a t-elle été dissoute, afin d’effacer toute trace administrative de son existence juridique si courte.

  2. Il me semble que le dernier paragraphe concerne le 1% et pas le 99%…
    Sinon, article très intéressant, qui mériterait une étude de même ordre dans notre pays, et une large publication tant les impacts sont nombreux.

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