Police prédictive : l’algorithme au service de la police

Publié Par Lê Thi Mai Allafort, le dans Technologies

Par Lê Thi Mai Allafort.

Notre monde, aussi chaotique soit-il, va mieux : moins de vols, moins de meurtres, moins de viols, une seule guerre au centre de l’attention, celle contre le terrorisme.

Le logiciel Predpol fait parler. Vous pouvez consultez les articles très bien documentés du Monde ou de Rue89 sur le sujet, où sont détaillées les modalités (inquiétantes ?) de surveillance de la population : discrimination, racisme, ségrégation semblent surtout demeurer les principales sources de soupçon.
Rien de très moderne dans la démarche.

Un algorithme basé sur des a priori humains ne fournira-t-il pas des données a priori ?

Des suppositions sur des suppositions donnent… la tête à Toto.

Qui peut nous faire croire qu’un logiciel intelligent va améliorer le réseau de sécurité ?
Un système de cotes et de pronostics au service de notre sécurité, vraiment ?

C’est à partir de la base de données de criminalité de la ville de Chicago, publiée en accès libre par la police de la ville depuis 2001, que Predpol fonctionne :

C’est à coups de questionnements mathématiques et éthiques que l’on discute du concept de police prédictive : est-ce que le logiciel est fiable ?

Et, est-il vraiment besoin de répondre à cette question en réalité ?

Ce qu’il manque cruellement aujourd’hui, c’est sans doute le souci d’enrayer la cause de la criminalité.

Comme pour tous maux, la chasse aux symptômes n’est pas le soin. Reconnaître un délit ou un crime, anticipé par un logiciel, ne résout pas le problème profond de l’acte malveillant.

Pourquoi y-a-t-il de la criminalité ?

Si vous avez joué plus jeunes à des jeux de stratégie de construction de cités, on vous recommandait de prendre soin du bien-être de vos villageois : travail, nourriture, des zones attrayantes, des places de fêtes, etc. Sans cela, apparaissaient des figures noires représentant les criminels.

Certes, la police est et sera toujours nécessaire pour veiller à l’ordre.
Ce logiciel semble devenir un enjeu de quota, de chiffres destinés aux discours des politiques, mais rien n’évoque une réelle volonté d’enrayer la criminalité.
Parmi les causes sociales concrètes, et non plus celles d’un jeu vidéo, la criminalité aurait pour graines :

  • la détérioration du tissu social
  • la pauvreté
  • l’éclatement de la famille
  • l’isolement social et la perte de l’esprit communautaire
  • la déresponsabilisation collective
  • l’impact des médias
  • l’absence de célérité du système judiciaire, et de certitude de la peine

Surprise… Si nous pouvions donner notre avis sur la façon dont nous aimerions être sécurisés, si cela ne tenait qu’à un logiciel, ce serait sans doute celui qui repère les failles de notre gouvernement, de notre société et de notre monde.

Tous les ministères surveillés, l’environnement sous tableau de bord, failles des systèmes sociaux, urbains, économiques, soumis à l’analyse froide d’un algorithme. Quel serait le résultat ?

Sans compter les manœuvres politiques, vieilles de plusieurs siècles qui consistent à toujours laisser le marché noir exister pour faire fonctionner l’économie, à laisser les opposants politiques agir pour les utiliser comme coupables des moindres débordements qui servent la popularité du chef d’État en place.

La police corrompue a toujours été traitée par les films et les livres. Serait-ce notre algorithme personnel qui soupçonnerait qu’il est toujours utile pour les marionnettistes d’avoir ses souffre-douleur ? Dans quelle mesure la théorie du complot est-elle utilisée, si ce n’est par ce type d’algorithme de surveillance individuelle ?

Pour en savoir plus sur les manipulations politiques, emparez-vous de ce vieil ouvrage, maintes fois interdit à la publication.

 

  1. difficile de ne pas citer la loi même comme « cause » de la criminalité..pas de loi pas de crime..
    prohibition…fiscalité..abus de pouvoirs…
    les causes que vous donnez n’expliquent pas tout à fait le crime, le criminel potentiel doit mettre en balance les avantages et les inconvénients du passage à l’acte.
    On peut penser à la guerre de secession aussi, et la nouvelle perception de l’esclavage comme un crime..
    sur le logiciel, sans en connaitre les ressorts, on ne peut rien dire, mais bien sur il est fort douteux qu’on puisse prévoir UN crime.

    1. Ce qui est remarquable dans cet article c’est que la responsabilité DU, donc DES citoyens n’apparait nulle part, protégés qu’ils sont, de droit, par l’état-providence, donc « sous tutelle », infantiles et forcément irresponsables, comme au tribunal pour mineurs: les accusés ne peuvent être que des victimes de la société!

      Déjà là, aucun logiciel d’intelligence artificielle importé n’est plus adapté localement, pour intégrer ces non-sens!

      Il y a une contradiction fondamentale intrinsèque, irréductible, entre un algorithme et un verbillage à la française!! Donc il faudra attendre les versions autochtones: il n’y a pas le feu au lac!

      1. Il y a manifestement une confusion entre l’enquete de police et le jugement.

      2. Bonsoir, je ne souhaitais aucunement traiter du sujet de la justice ou de la responsabilité des citoyens au cas par cas des crimes ou délits commis, d’autres le feraient bien mieux que moi ; simplement souligner l’aberration (selon moi) qu’on puisse solutionner de l’humain par du logiciel « intelligent ».

Les commentaires sont fermés.