Pénurie alimentaire et travail forcé : le Venezuela au régime socialiste [Replay]

Publié Par Baptiste Créteur, le dans Amérique latine, Pushmobile

Certaines préoccupations peuvent raisonnablement être considérées comme des « problèmes de riche ». La mobilisation contre l’obésité ou pour les droits des animaux en font partie ; s’ils deviennent des sujets de société dans un pays donné, c’est que la plupart de ses habitants ne s’y inquiètent pas d’avoir un toit et de quoi manger (ou qu’ils ont un drôle de sens des priorités).

Les Vénézuéliens n’étaient peut-être pas si loin d’avoir ces problèmes. Mais aujourd’hui, l’obésité et les droits des animaux provoqueraient chez eux un rire nerveux : pour survivre, ils sont réduits à chasser les chiens, chats et pigeons dans la rue, et jusqu’aux animaux rares des zoos. Si ce ne sont pas des gens affamés qui les tuent, ces animaux succomberont eux-mêmes à la faim.

Partout, les gens font la queue devant des supermarchés désespérément vides : plus de papier toilette, plus de bière, plus de lait, et maintenant plus rien à manger. Les médecins pleurent le manque de médicaments et de matériel médical ; la visite d’un hôpital local est une plongée dans le 19ème siècle. Les pénuries s’étendent à l’électricité et au carburant, dans le pays qui dispose des plus grandes réserves mondiales de pétrole.

Comment en est-on arrivé là ?

Vous n’avez pas raté la nouvelle d’un tsunami, d’un ouragan ou d’un tremblement de terre. Le cataclysme qui s’est abattu sur le Venezuela n’a rien de naturel : c’est un cataclysme humain. Sur tous les plans.

Face aux pénuries, le gouvernement a récemment poussé un peu plus loin l’abolition de la liberté en décrétant le travail forcé aux champs, pour des périodes allant de 6 mois à un an, dans une tentative désespérée de sauver la situation et sa peau.

Le Venezuela d’aujourd’hui a de quoi rappeler les pires heures de l’URSS. Il vit la version moderne des lendemains qui chantent : le socialisme du 21ème siècle. Et comme au 20ème siècle, beaucoup ont initialement applaudi son avènement et salué les responsables.

En France aussi, le socialisme du 21ème siècle avait ses admirateurs béats. Profondément émus à la mort de leur idole Chavez, indignes quelques jours plus tard à la mort de Thatcher.

Que pensent Jean-Luc Mélenchon, et les autres partisans de Chavez puis Maduro, de la misère qui se généralise au Venezuela ? Des pénuries ? De la réintroduction de l’esclavage dans ce qu’ils espéraient voir devenir un paradis socialiste ?

On pouvait encore comprendre hier l’aveuglement qui les aurait poussés à trouver des excuses au régime. Qui a besoin de plus de temps. Qui a trop d’ennemis, à l’étranger, dans le pays et jusqu’à l’appareil du pouvoir. Qui est confronté à des profiteurs qui détournent ses efforts et alimentent le marché noir.

Mais rien dans le « rêve socialiste » [sic] ne peut justifier de réduire la population au travail forcé. L’esclavage réel vaut-il mieux qu’une subjective exploitation ?

Quand trouver des excuses au régime ne sera plus possible, on le reniera. Il faut sauver l’essentiel : il faut sauver l’idéologie. Le Venezuela ne sera plus le fer de lance du socialisme du 21ème siècle, mais une expérience inspirée par le socialisme, imparfaite et mal mise en oeuvre comme toutes les précédentes.

Il n’y a pas de socialisme. Il n’y a que des expériences socialistes, qui échouent les unes après les autres de façon très prévisible. Sans que ça ne serve de leçon.

Les économistes qui avaient anticipé et expliqué l’échec de l’expérience socialiste en URSS ont eu le tort de penser qu’une fois cet échec manifeste, le socialisme serait compris, vu pour ce qu’il est et abandonné. Cette « présomption fatale » coûte cher aux Vénézuéliens, qui pour beaucoup ont sans doute cru au « socialisme du 21ème siècle » et pour certains y croient peut-être encore.

L’idéologie socialiste est robuste. Elle résiste au temps, inchangée. Pour lutter contre la misère et rendre les hommes égaux, elle prétend avoir une recette miracle. Les hommes ne sont pas égaux parce qu’ils n’ont pas tous les mêmes chances, pas tous les mêmes cartes en main : les dés sont pipés, au profit du capital et au détriment du travail. Le capitalisme, auquel les socialistes ont donné son nom, serait une idéologie au service du capital, réductible à la propriété privée des moyens de production. Mais c’est bien plus que ça : le « capitalisme », c’est la propriété de soi.

Le capital n’est pas qu’économique ; il est aussi intellectuel, artistique, scientifique, humain. Quand le socialisme lutte contre le capital, il ne se contente pas de confisquer le capital économique ; il entend contrôler toute forme de capital.

Il n’est de richesse que d’hommes.

Bien sûr, il est important que les gens aient les clés de leur destin. Mais c’est impossible si chacun n’a pas les clés de son propre destin, si les individus ne sont que des moyens au service d’une fin, fût-elle la volonté du peuple ou son émanation.

Bien sûr, il est souhaitable, important, que chacun puisse accéder à l’éducation et à la santé. Mais ce ne sont pas des concepts qu’on peut décréter ; avec toute la bonne volonté du monde, on ne transplante pas un organe à mains nues sur une table de cuisine, et on n’apprend pas aussi bien sous la pluie et sans rien.

Il faut des mathématiques pour faire de la physique et de la biologie, il faut des ingénieurs pour faire de l’architecture. Il y a des lois indépassables, comme les lois de la physique, dont on ne peut pas dévier, mais qu’on peut comprendre et appliquer. Il en va de même des lois de l’action humaine. On ne peut pas les faire plier, mais on peut essayer de faire plier les hommes pour qu’ils n’agissent plus dans leur intérêt.

Certains pensent que cet intérêt est égoïste, que les hommes ne peuvent agir dans leur intérêt qu’au détriment des autres, et qu’il faudrait plutôt qu’ils agissent dans l’intérêt du plus grand nombre ou une forme d’intérêt collectif. Et qu’en employant toutes les ressources de façon cohérente, les résultats seront meilleurs qu’en se faisant concurrence. Heureusement, ça ne marche pas comme ça.

Heureusement, parce que penser ainsi, c’est nier l’individualité, nier la diversité ; c’est considérer que Bill Gates et Steve Jobs n’étaient mus que par le profit et ont choisi l’informatique par hasard comme ils auraient pu se lancer dans la production de saucisses. Heureusement, parce que sinon le capitalisme et l’entrepreneuriat ne pourraient jamais sortir des milliards de gens de la pauvreté. Heureusement, parce qu’il faudrait sinon se résigner à choisir entre agir au détriment des autres ou au détriment de soi-même.

Heureusement, parce que la réalité, c’est qu’on peut s’enrichir en enrichissant les autres, agir par intérêt et qu’ils en bénéficient, être responsable sans se sacrifier. Espérons que les Vénézuéliens ne seront pas plus longtemps sacrifiés par des irresponsables prisonniers de leur idéologie.

 

  1. le Venezuela est un pays ayant appliqué le RUB , plus personne ne produit de biens de consommation à acheter , la valeur travail étant égale a zéro.
    vous parlez d’idéologie..rien de tout cela , il suffit de porter au pouvoir des pauvres dans le but d’une exploitation maximale de la richesse du pays . un pauvre ne sait pas compter alors il donne et il croit qu’il a raison de donner.
    comme quoi , il n’est pas bon du tout de vivre a coté d’un riche voisin aux ressources limitées alors que les vôtres sont sous exploitées.

    1. Les pauvres savent mieux compter que les autres: leur survie en dépend.
      Les voleurs en revanche s’en fichent.

      1. Et oui Réactitude comme d’habitude est dans la carricature du vieux beauf au bistro. Il n’a effectivement rien dans le cylindre.

  2. On aurai pu s’attendre à ce qu’un pays ayant d’énormes réserves naturelles atteigne un niveau de vie équivalent à la Norvège (qui possède ce genre de ressource) voir dépasse la Norvège vu sa situation géographique (la Norvège c’est pas top pour faire pousser des légumes en hiver)

    1. Une des différences entre la Norvège et le Venezuela c’est que la Norvège n’a pas distribué 100% de la manne des ressources naturelles.
      1- Les autres activités n’ont donc pas été cannibalisées (maladie hollandaise : voir wiki)
      2- La baisse des prix des marchés mondiaux n’a pas d’impact sur l’activité générale mais uniquement sur les fonds alimentés par les bénéfices du pétrole.

      L’Alaska avait aussi distribué 100% des revenus du pétrole sous forme d’un revenu de base (dividende comme disent les socialistes). A cause de la baisse des prix du pétrole cette allocation était dernièrement proche de zéro et il était même question de l’abroger. Voilà comment on créé de la pauvreté : la subvention (allocation, aide) dirige le comportement des individus (c’est logique) mais les laisse sans solution de remplacement le jour où elle disparaît (pas de formation professionnelle, pas d’expérience, pas de travail).

  3. Les communistes russes, minorité parmi les minorités, ne représentant qu’eux-même, ont pris le pouvoir par la force en attaquant nuitamment le palais d’hiver et liquidant ses opposants. Des criminels habillés en idéologues, qui n’arrêteront pas de massacrer le peuple et de vouloir l’asservir pendant des décennies.
    Chavez était de son côté un pur démagogue qui a pu se maintenir au pouvoir en tapant dans les caisses de l’Etat abondées par cette rente qu’est le pétrole.
    Distribution d’appartements, de vivres dans les quartiers par l’intermédiaire de ses cellules chavistes, et grands discours.
    Et en Europe, les médias adoraient ce clone de Fidel Castro, maniant habilement dans ses discours les vieilles lunes socialistes.
    C’est probablement le populisme amplifié par les moyens modernes de communication qui explique ce phénomène tout à fait incroyable ; malgré les génocides internes de la Russie communiste, du Cambodge et de la Chine et l’échec systématique des expériences socialistes, nous avons toujours ici des relais d’opinion pour être d’une coupable tolérance à l’égard de ces tyrans au discours populiste.
    Ainsi des Mélenchon, mais aussi des membres du PS jusqu’à la droite molle, continuent ici de manier des concepts archaïques, gobés il est vrai par des français particulièrement immatures en matière politique.

    1. Il est en effet bon de rappeler que les bolcheviques étaient minoritaires, qu’ils ont volé la révolution au sociaux démocrates. La majorité des révolutionnaires étaient proches de l’idéal libéral, c’était les héritiers des mouvements occidentalistes russes des décennies précédentes. Aujourd’hui, alors que l’on est à un peu plus d’un an de fêter le centenaire de ce coup d’état macabre, les amoureux de la liberté russes sont encore persécutés, emprisonnés, abattus, empoisonnées…

    2. Immaturité politique et économique parfaitement entretenu par l’ednat dont je suis un pur produit.
      N’ayant pas fait d’études supérieures et vivant dans une famille ouvrière, je n’ai pas eu accès à autre chose que ce que m’a fourni l’EN et la télé. Mes parents peu cultivés bossaient dur et croyaient aux valeurs du collectivisme, je n’ai pas eu l’ouverture d’esprit permettant la remise en question de l’idéologie dans laquelle je fus élevé que jusqu’a récemment. Ayant découvert, par le biais du site de H16, de contrepoints et pleins d’autre sites sur le net, du libéralisme et de la réalité du socialisme, je comprend mieux le monde tel qu’il est et me suis débarrassé de cette idéologie aveuglante.
      Je m’apercois maintenant à quel point l’ignorance est une force pour les politiques.
      Je bosse sur des chantiers aux contacts de gens ayant eu le même parcours que moi voire pire et je constate que malgré la pression fiscale et la privation des libertés qu’ils subissent et dénoncent, aucun ou presque ne remet en question « le rêve » socialiste comme cause de leurs problèmes. Je pense que c’est une grosse difficulté à surmonter que ce « rêve » pour faire admettre que la responsabilisation des personnes est la solution à nos problèmes. Et vu ce que font des gens comme Najat Vallaud-Belkacem, vu le niveau intellectuel et culturel des jeunes, je suis pessimiste sur une prise de conscience dans la douceur des français.

      1. Un peu comme vous de mon coté, c’est le livre La greve de Ayn Randt, souvent cité sur ce site qui m’a definitivement fermé à toute sorte de socialisme et surtout à en reconnaitre le discours. La communication est égalemnt très puissante et séduisante.

    3. Les moteurs du socialismes sont le jalousie et l’envie. Ces deux « pulsions » sont si fortes chez une grande partie des être humains que le socialisme, qui base toute sa rhétorique sur celles ci, n’est pas près de s’éteindre

      1. Ce sont aussi des moteurs « liberaux » pourquoi pas?
        Le marqueur serait plutot la paresse… D’où la tendance des politiciens, même libéraux, à se socialiser: dans un milieu où banqueter aux frais des contribuables ( c’est gratuit!) est considéré comme du travail c’est naturel.

      2. Jalousie et envie sont des motivations indépendantes du régime politique, elles sont présentes chez à peu près tout le monde.

        La différence réside dans la façon de canaliser la jalousie et l’envie. Le socialisme consiste à faire croire aux jaloux et envieux que quelle que soit la nature des échanges ils subissent une injustice s’ils ont un outcome inférieur. Le libéralisme consiste à prétendre que tant que les échanges sont libres et volontaire, il n’y a pas d’injustice dans l’apparition d’outcomes différents, il n’y a injustice que si elle procède de l’usage de la contrainte et du vol.

        La réponse du socialisme est donc la mise en place d’une contrainte contre les tiers pour leur prendre leur bien de force en institutionnalisant le vol. Dans le libéralisme, la réponse consiste précisément au contraire à protéger les tiers de ces atteintes. Et c’est là que réside toute la différence: le socialisme nourrit la jalousie en la confortant dans l’idée qu’elle doit affecter les tiers pour se résorber, tandis que le libéralisme la désigne comme un mal qu’il faut affamer en ne lui permettant pas d’affecter quelqu’un d’autre que celui qui en souffre.

        Dans le libéralisme on ne nie pas la jalousie et l’envie, la nécessité de protection de la propriété privée provient précisément du fait qu’on anticipe que certains jaloux et envieux voudront prendre les biens de force.

  4. Ma synthèse est que dans les faits, la doxa socialiste est « si les résultats ne sont pas conformes à nos attentes, c’est parce que nous ne sommes pas allés assez loin ni assez fort, si cela fait mal quand on se tape dans le mur, c’est parce que nous n’allons pas assez vite ».

  5. « Les économistes qui avaient anticipé et expliqué l’échec de l’expérience socialiste en URSS ont eu le tort de penser qu’une fois cet échec manifeste, le socialisme serait compris »

    Et ils avaient raison, mais cela n’est pas arrivé à cause de la lâcheté de l’occident. Il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme, il n’y a pas eu de repentance de la Russie comme il y a eu une repentance de l’Allemagne. Les crimes du communisme n’ont jamais été dénoncés comme les crimes du nazisme, l’appareil oppressif russe n’a pas été démonté, on a pas osé affirmer la supériorité morale de l’occident sur le totalitarisme russe comme on l’a fait pour le nazisme…

    Aujourd’hui encore, 30 ans après la chute de l’URSS, ceux qui osent dénoncer les méfaits du KGB sont vilipendés. C’est cela qui doit stopper pour qu’il y ait enfin une critique du socialisme. Vous dites que pour les socialistes, il n’y a pas de socialisme, juste des expériences socialistes. Je dirais que l’on est dans le travers inverse, on pense pouvoir critiquer le socialisme sans critiquer ceux qui l’on mit en place. Le procès du socialisme sera aussi le procès de la Russie, puisqu’elle fut le leader incontesté de cette idéologie.

    Une idéologie ne commet pas de crimes, seuls les individus le font…

  6. Je n’avais pas vu passer cette information d’Amnesty International (qui mériterait toutefois d’être plus précise). Merci.

  7. en réponse à Réactitude : vous avez été la seule personne a introduire le RUB que par exemple la France songe à instituer et légaliser. Le RUB fut installé par Chavez et c’est la cause de tous les maux actuels du Vénézuela (hormis l’embargo économique américain que tout le monde nie honteusement) car la population entière a cru qu’elle allait devenir rentière grâce au pétrole. L’expérience chaviste n’a pas servi d’exemple puisque les Grecs (Siryza) et les Espagnols (Podemos) s’en inspirent directement notamment avec le RUB.
    En France « il n’y a pas de pétrole » mais il n’y a pas non plus d’idées politiques et le pays va droit à la catastrophe car la tentation démagogique va battre son plein lors de la campagne électorale qui se profile. Le socialisme c’est aussi la situation provoquée quand l’Etat s’occupe de l’économie alors que ce n’est pas son rôle.
    Je viens de passer quelques jours en France et j’a été stupéfait de remarquer que les transports publics sont merdiques, il n’y a pas un ascenseur dans une station de train ou de métro qui fonctionne. L’aéroport d’Orly est un foutoire innommable pour ne citer que ces deux exemples : quand l’Etat se mêle d’économie c’est immédiatement voué à l’échec. La France est un pays socialiste depuis longtemps et va en mourir si ce n’est déjà le cas. Alors avec le RUB, un promesse électorale qui sera certainement servie sur un plateau aux électeurs, ce sera la fin …

    1. https://en.wikipedia.org/wiki/United_States_embargoes
       » Venezuela Government officials linked to the 2014–15 Venezuelan protests and those who the US government alleges have committed human rights violations »

      Il n’y a pas d’embargo américain sur le Venezuela, seulement un gèle des avoir de certains hommes politiques. Vous pensez que c’est ça qui met à terre le pays ?

    2. ce n’est pas parce que vous êtes anti américain que vous devez raconter n’importe quoi. Quel embargo ? Bien que les chavistes tiennent des discours anti américain, ils n’ont jamais hésité à faire des affaires avec les USA. D’ailleurs, aujourd’hui, le Venezuela est obligé d’importer 550’000 barrils de brut de pétrole des USA (alors qu’à la base, ce pays possède parmi les plus grandes ressources de pétrole au monde). http://atodomomento.com/pdvsa-importo-un-embarque-de-550-000-barriles-de-crudo-de-estados-unidos/
      Le pétrole vénézuélien est raffiné au Texas. Une bonne partie des revenus du Venezuela viennent des USA (PDVSA est par exemple propriétaire d’une chaine de stations service aux USA). Aujourd’hui, le Venezuela tient justement grâce aux USA. Je m’explique: aujourd’hui, personne ne veut prêter à l’état vénézuélien car il est clair que la situation économique est trop mauvaise. Donc, les chavistes ont mis en place un montage financier est simple : PDVSA (compagnie nationale de pétrole) emprunte en USD sur le marché américain via sa filiale Citgo Petroleum Corporation. Comme les obligations émises sont en droit américain, et non en droit vénézuélien, ce qui offre des voies de recours plus aisées pour les investisseurs en cas de non-paiement, les taux d’emprunt sont plus abordables. Les montants levés sont transférés ensuite à PDVSA et permettent de financer le budget de l’Etat.
      N’oublions pas que pas de chavistes ont des villas à Miami et que les enfants des dirigeants chavistes sont envoyés dans des universités américaines. Vu toutes les affaires entre le Venezuela et les USa, on peut difficilement parler d’embargo. Je ne sais pas où vous avez sorti votre histoire d’embargo sans doute d’un de vos sites complotistes

    3. « Le RUB fut installé par Chavez et c’est la cause de tous les maux actuels du Vénézuela (hormis l’embargo économique américain que tout le monde nie honteusement) »

      J’ai toujours adoré l’argument de l’embargo pour justifier la misère économique des pays socialistes. Sans même avoir besoin de discuter s’il y a effectivement embargo ou pas, on peut déjà réduire à néant l’argument en mettant le doigt sur l’incohérence qu’il implique.

      En somme, on a des socialistes qui nous disent que l’échange libre entre personnes c’est mal et que c’est la cause de la misère des pauvres, et qu’en empêchant les échanges libres on va donc avoir l’abondance et les lendemains qui chantent. Ensuite les mêmes viennent se plaindre de ce que le résultat qu’on obtient est dû à un embargo. Or, pour être cohérents ils devraient se réjouir de l’embargo: cela consiste précisément à empêcher les gens d’échanger librement.

      En conséquence, il faudrait savoir ce qu’on dit: si l’échange libre c’est la cause de la misère et qu’on veut comme solution l’empêcher, comment peut-on ensuite de plaindre de ce que la cause de la misère c’est un embargo, c’est-à-dire précisément une stratégie ayant empêché l’échange libre.

      C’est ridiculement contradictoire.

  8. Voila un article qui va me convaincre de voter Mélenchon.
    Avant la fin de son mandat de 5 ans, la France finira d’être ruinée, et nous serons tous égaux, dans la misère. Vive le socialisme triomphant.
    Et je prends le pari qu’on ne verra plus affluer les cohortes de migrants. Et même que beaucoup repartiront.

    1. Il a vraiment raté sa carrière. Plus je le vois plus je me dit qu’il aurait fait un grand acteur de cinéma. On pleure presque avec lui dans cette vidéo.

  9. «Que pensent Jean-Luc Mélenchon, et les autres partisans de Chavez puis Maduro, de la misère qui se généralise au Venezuela ? Des pénuries ? De la réintroduction de l’esclavage dans ce qu’ils espéraient voir devenir un paradis socialiste ?»

    Oh c’est très simple : c’est la faute des USA ! Comment ? Sortez la panoplie complotiste des USA, pays impérialiste, avec la CIA, etc. Enfin reprenez le discours communiste de base, c’est du pré-mâché et ça sert absolument pour tout échec socialiste ou marxiste. C’est toujours la faute de l’étranger, de l’Américain en particulier.

    1. les USA… faut dire que comme boucs émissaires on ne fait pas mieux , ils sont partout et il est hors de question de faire quoique ce soit sans leur accord !

    2. vous oubliez les « sionistes ». C’est aussi la faute des méchants  » sionistes ».

      1. Le juif est la cible rêvée pour les cas désespérés.
        Indispensables boucs émissaires des cousines socialo-communiste et islamique …

  10. J’ai beaucoup ri. Merci pour la blague. Tu devrais songer à faire un « one man show ».

    1. Ah, le commentaire sous lequel je mettais le mien a disparu?

      1. Je trouve assez anti-libéral la politique du site qui consiste à censurer assez systématiquement tout ce qui ne vas pas dans son sens. Là c’est un communiste illuminé qui s’est fait censurer. C’est dommage. En plus c’était tellement absurde que j’ai ri aux éclats.

        Plus sérieusement -message pour les détenteurs du site- si vous vous prétendez libéraux, la première chose à faire pour être crédible c’est de tolérer la contradiction, même celle qui vous choque ou vous gêne.

        1. Petit rappel : Fausses idées sur la liberté d’expression : http://www.wikiberal.org/wiki/Libert%C3%A9_d%E2%80%99expression#Fausses_id.C3.A9es_sur_la_libert.C3.A9_d.27expression

          Les commentaires qui contreviennent à la bienséance en usage sur les forums de discussion sont supprimés.

          En l’espèce, il s’agissait ici d’un message négationniste qui expliquait notamment que les goulags n’avaient pas existé. Il est hors de question qu’une telle désinformation soit publiée sur Contrepoints. Non seulement ce message a été supprimé, mais son auteur a été aussi banni.
          Et nous sommes bien sûr pour la liberté d’expression : que ce fanatique crée son propre blog pour répandre son idéologie liberticide ailleurs.

          1. Si vous m’aviez dit que vous avez peur de poursuites parce que l’état français punis les détenteurs du site de ce que disent les internautes quand c’est illicite, j’aurai pu comprendre.

            Mais votre argument revient à dire que vous censurez parce que l’internaute nie une évidence factuelle. Cet argument implique que vous devrez alors censurer à peu près tous les messages socialistes. Pire, comme l’évidence de l’un ne l’est pas pour l’autre, cet argument est très exactement celui que donnent les totalitaires fascistes pour faire taire leurs détracteurs qui bien évidemment se trompent sur la réalité. D’ailleurs, on considère qu’ils se trompent tellement qu’on les perçoit même comme fous. En union soviétique on envoyait les dissidents en asile psychiatrique.

            Votre argument c’est celui qui consiste à mettre le pied dans l’engrenage permettant au bout d’interdire tout ce qui ne nous convient pas en prétendant que c’est factuellement faux ou simplement parce qu’on considère que cela l’est.

            Pour revenir à ma première phrase, si l’état français poursuit les négationnistes, cela relève précisément du problème qui consiste à vouloir interdire ce que l’on juge factuellement faux. Cela constitue la base pour étendre l’interdiction et la pénalisation successive de toutes les idées ou d’affirmations qui posent problème à celui qui dispose du pouvoir, parce qu’on finit toujours par décréter factuellement faux ce qui nous dérange. Sur cette route, au bout on a la servitude et la dictature de la pensée.

            Vous êtes sans cesse à vous plaindre des tentatives d’interdiction des climatosceptiques. Cela repose pourtant très exactement sur le même argument que le votre: on prétend que les climatosceptiques ont factuellement tort, à coup de grand renforts de « 97% des scientifiques pensent que » et on veut leur interdire l’expression de leur idée ou de leurs affirmations contradictoires.

            Que des libéraux usent du même argument qui conduit à ce dont ils se plaignent me sidère.

            On ne combat pas les inepties par l’interdiction, on les combat par la contradiction.

            1. Instruisez-vous sur la notion de liberté d’expression : http://www.wikiberal.org/wiki/Libert%C3%A9_d%E2%80%99expression#Fausses_id.C3.A9es_sur_la_libert.C3.A9_d.27expression

              « On ne combat pas les inepties par l’interdiction, on les combat par la contradiction. »
              De nombreuses personnes investissent chaque jour du temps bénévolement et de l’argent pour que Contrepoints existe et apporte la contradiction dans le débat public. Nous faisons comme bon nous semble sur notre propriété privée. Nous préférons des espaces de commentaires respectueux et dignes. Les commentaires qui contreviennent à la bienséance en usage sur les forums de discussion sont supprimés.

              Vous aimeriez vous étriper avec un extrémiste fanatique aux idées fallacieuses. L’internet est grand, vous trouverez certainement un lieu pour cela. Chez Contrepoints, ce n’est pas notre conception du débat.

              « Votre argument est très exactement celui que donnent les totalitaires fascistes pour faire taire leurs détracteurs »
              C’est la première et dernière fois que vous traiterez de fascistes les gens qui travaillent bénévolement pour que Contrepoints existe. Premier avertissement avant bannissement.

              xkcd

              1. MODÉRATION CONTREPOINTS :
                Message supprimé et commentateur banni.

                Vous pouvez aller expliquer ailleurs (c’est ça la liberté d’expression !) que nous sommes de méchants fascistes parce que nous refusons de publier les commentaires indigents et sans intérêt de trolls communistes.

  11. Quand les vénézuéliens seront sortis du socialisme version 100%, on peut espérer pour eux qu’ils seront définitivement vaccinés.
    Pour que les français se sortent du socialisme à 56%, faudra-il en passer par les 100% ?

    1. Oui c’est l’avantage de ce genre d’expérience : elle vaccine les cobayes qu’elle ne tue pas; Et l’avantage du vaccin, c’est que c’est pour la vie. Ma femme est albanaise : les albanais sont vaccinés du communisme. Mais ils réclament tous le communisme sous son faux nez social-démocrate, et l’état, qui part de très loin là bas, entend chaque jour régenter un nouveau domaine, et se mêle de tout. On en est pas encore sorti…

  12. Oui … mais non …. pour merlu.chon, c’est la fôte des forces de la réaction du Grand Kapital qui, par jalousie, avec un travail de sape permanent, œuvrent sournoisement pour que la démocratie populaire ne puisse pas s’épanouir et inonder de ses bienfaits l’ensemble de la planète …. Sinon les peuples pourraient y prendre goût … et ça en serait fini de l’ultra-libéralisme …. C’est pour ça que les forces de la réaction font toutes les saloperies pour mettre à mal son avènement.

  13. « en attente de validation » ?
    Veuillez préciser les termes à ne pas utiliser …

  14. Un bon article sur la crise provoquée par le gouvernement chaviste. https://www.hrw.org/news/2016/08/08/venezuelas-deepening-crisis

  15. De toute façon le socialisme est bien une autre forme d’esclavage…

  16. Il manque un élément essentiel à cette analyse : l’aspect financier. Est-ce que ce pays manque de ressources ? Sûrement pas. Manque-t-il de main d’œuvre ? Sûrement pas davantage. Alors que manque-t-il ? Peut-être de la monnaie. Et qui dispense cette monnaie ? L’État ou des banquiers ? Si des gens ne travaillent pas, c’est peut-être parce qu’on n’a pas d’argent pour les payer. Accuser une idéologie d’être responsable, c’est détourner le problème.

    1. Entièrement d’accord.
      Où sont les banques ?

    2. C’est bien le socialisme qui est responsable. Le Venezuela n’est pas le premier pays à avoir pratiqué le socialisme et cela a tjs les mêmes effets. Je rappelle quand même qu’en Europe, pendant des années, le chavisme était le modèle à suivre de l’extrême gauche. L’extrême gauche a soutenu le chavisme et a profondément admiré Chavez. Les économistes hétérodoxes (qui ne sont rien d’autres que des charlatans d’extrême gauche) nous disaient que cela montrait que la gauche radicale pouvait réussir, que la politique de la gauche radicale était la bonne. Podemos, Mélenchon,…n’arrêtaient pas de vanter les succès de Chavez et de nous dire qu’il faut suivre la même politique. Alors, venez pas m’expliquer que ce n’est pas la défaite d’une idéologie. Marrant, les problèmes financiers du Venezuela datent depuis des années. Or, chaque fois que l’on disait à un gauchiste que le Venezuela allait mal, il nous traitait de menteur et nous disait que le Venezuela était un succès. A titre personnel, je connais des gens qui vivent au Venezueladonc jee sais de quoi je parle. Aujourd’hui, il est impossible à nier le désastre économique qu’est le Venezuela. Donc, les gauchistes ont changé de stratégie. Soit ils utilisent les USA comme boucs émissaires et se montrent complotistes. Si le Venezuela est un échec, c’est car il y a un complot contre le chavisme. Soit ils disent que c’est un échec à cause de l’incompétence de Maduro mais que cela ne serait pas le cas si Chavez était tjs là. Or, c’est aussi complètement faux. Maduro suit la même politique que Chavez ce qui différencie les deux c’est le charisme. Maduro contrairement à Chavez n’a aucun charisme. Mais au sinon, idéologiquement, c’est la même politique. D’ailleurs, les problèmes du Venezuela ont commencé quand Chavez était encore au pouvoir. Du temps de Chavez, il y avait déjà des pénuries.
      Ha, la troisième excuse des gauchistes c’est la baisse du cours de pétrole. Oui, la baisse du cours de pétrole a conduit à amplifier le désastre économique mais ce n’est pas ce qui l’a provoqué.
      Les nationalisations, les contrôles de prix,…ont mené le Venezuela vers la ruine. Le chavisme était basé sur un clientélisme extrême càd que Chavez achetait des voix. N’oublions pas qu’il a dépensé une fortune à financer l’extrême gauche dans les autres pays (notamment eu Europe où il a par exemple financé Podemos).
      En 2003, le chavisme a mis en place un sévère contrôle des prix et des changes à travers lequel il fixe la marge bénéficiaire et monopolise les devises. Cette situation, ajoutée à des importations massives, est devenue un obstacle pour le développement de l’industrie, dont l’accès aux devises est très limité.
      Le gouvernement a exproprié 1.200 entreprises, dont 300 de l’industrie alimentaire qui sont inopérantes. Les nationalisations ont détruit l’efficacité des entreprises
      Le contrôle des prix ne permet pas aux industriels de couvrir leurs coûts de production, ce qui accroit la pénurie.

    3. En nationalisant les entreprises, Chavez a fait fuir les investisseurs potentiels. Les entreprises nationalisées ont vu leur productivité baisser de 50% malgré hausse effectifs

      En 1999, lorsque Chávez s’empara du pouvoir, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, la PDVSA, avait 51 000 employés et produisait 63 barils de pétrole brut par jour et par employé. Quinze ans plus tard, la PDVSA compte 140 000 employés et produit 20 barils de pétrole brut par jour et par employé. Aujourd’hui, d’exportateur, le Venezuela est devenu importateur de pétrole. http://af.reuters.com/article/algeriaNews/idAFL5N0R33EC20140902
      La dette de PDVSA approcherait 114 milliards de dollars (105 milliards d’euros). Il faut bien comprendre que PDVSA est le bras armé du clientélisme chaviste. PDVSA mène de nombreux » programmes sociaux » (c’est surtout de l’achat de votes ) au détriment de ses investissements pétroliers.
      Je ne parle même pas des détournements de fonds au profit de proches du pouvoir chaviste. D’ailleurs, les nationalisations de 2007 ont été faites parce PDVSA commencait à devenir un très mauvais payeur vis à vis de ses sous-traitants car la gestion de PDVSA s’est fortement dégradée la suite du licenciement de tous les non chavistes et de leurs remplacements par des chavistes (incompétents)

    4. le chavisme a mené une politique socialiste (réglemtantions,…) qui a conduit à la destruction du secteur privé vénézuélien. Le chavisme a détruit plus de 58’000 entreprises en 2015 seulement!
      http://mundo24.net/modelo-destructor-58-000-empresas-cerraron-2015-asfixiadas-politicas-economicas/

    5. Quand on sait que justement Madura fait tourner la planche à billet comme un taré votre commentaire procède d’une ânerie monumentale. Par ailleurs si rareté monétaire il y a c’est forcément parce que l’Etat empêche la creation de monnaie alternatives par exemple. Donc dans tous les cas c’est toujours l’Etat qui crée le problème.

  17.  » La mobilisation contre l’obésité ou pour les droits des animaux  » Tiens, justement, au Venezuela, les gens ont tellement faim qu’ils font dans les zoos tuer des animaux pour avoir à manger http://www.dhnet.be/actu/monde/crise-alimentaire-au-venezuela-les-animaux-des-zoos-tues-pour-leur-viande-57b2e53735704fe6c1d95fa8#.V7LupBClDWU.twitter Pas sûr que les défenseurs des droits des animaux apprécient

  18. Une étude montre que la pauvreté atteinds 81 % de la population tandis que 87 % de la population souffre de faim :
    http://www.talcualdigital.com/Nota/124720/la-pobreza-alcanza-ya-a-81-de-los-venezolanos?platform=hootsuite

  19. Magnifique article ! Effectivement, la base, le socle même du socialisme, du communisme ou de l’anticapitalisme est l’idée fausse, absurde, que les entrepreneurs ne s’enrichissent qu’en volant les pauvres ! C’est exactement l’idiotie du dogme marxiste : les «capitalistes exploitent les prolétaires». Cette idée idiote provient d’une vision statique du monde : comme, selon Marx, il n’y a aucun progrès technologique, aucune hausse de la production et de la richesse, le seul moyen pour les capitalistes de s’enrichir serait d’accaparer la richesse des autres !
    Absurde, toute l’histoire depuis deux siècles le prouve : le prodigieux accroissement de la richesse produite, grâce au progrès technique, a formidablement augmenté le niveau de vie des terriens !
    Le problème central des socialistes est qu’ils croient vivre au Xeme siècle, quand, pour s’enrichir, un seigneur devait voler les terres du seigneur voisin ! Le socialisme, c’est l’économie selon Gengis Khan !

  20. Il faut se rappeler les commentaires dythirambiques de la gauche et des médias sur l’expérience chaviste!
    Chavez, un homme du et près du peuple, distribuant les richesses aux pauvres, victimes du capitalisme nord-américain.
    En réalité le pillage de la richesse nationale pour distribuer, via son réseau de militants, des biens de consommation à la population cible de son électorat.
    C’est toujours la même chose ; quand ce ne sont pas les pétro-monarchies qui endorment leur population avec leurs dollars, ce sont les pires populistes, comme par hasard de gauche, qui pillent la richesse nationale.
    Près de nous, l’Algérie a réussi le tour de force de régresser économiquement depuis son indépendance malgré des richesses énormes
    On peut cependant relever comme par exemple en Russie, qu’il est possible, même imparfaitement, d’essayer de répartir le moins mal la richesse liée aux matières premières. Mais là, les américains sont furieux, car ce pays ne se plie pas à ses oukases.
    Si le pays compose avec eux, comme par exemple en Angola avec son pétrole, la misère du peuple devient acceptable.
    On en viendrait presque à regretter l’interventionnisme américain en Amérique du Sud…

Les commentaires sont fermés.