Deutsche Bank : 38 millions de dollars pour avoir manipulé les cours

Publié Par Anthony Alberti, le dans Économie générale

Par Anthony Alberti.
Un article de L’Or et l’Argent.com

Deutsche Bank

Deutsche Bank By: Tony WebsterCC BY 2.0

On le savait depuis deux ans déjà, un certain nombre d’acteurs majeurs sur les marchés financiers internationaux ont été rattrapés par la justice pour avoir sciemment manipulé les cours de l’or et de l’argent pendant une quinzaine d’années. Parmi eux, la Deutsche Bank, encore elle, qui a finalement préféré payer une amende de 38 millions de dollars plutôt que de devoir répondre à ces accusations lors d’un procès. Pour certains, il s’agit tout simplement de l’aveu définitif de sa participation.

30 milliards de dollars de pertes chaque année

Pour rappel, ce qui est en cause ici, c’est une entente malhonnête entre quelques gros groupes financiers pour maintenir les cours des métaux précieux artificiellement bas afin d’engranger de confortables bénéfices (jusqu’à 100% de rendement pour certains). Plus spécifiquement, concernant l’argent métal, la justice considère que, depuis 1999, ces banques ont empêché les prix d’augmenter de 30 milliards de dollars… chaque année ! Et les investisseurs lésés ont donc vu leurs griefs officiellement pris en compte dans l’acte d’accusation porté à l’encontre d’un consortium de banques au nombre desquelles on retrouve non seulement la Deutsche Bank, mais aussi HSBC et Bank of Nova Scotia.

Pour ne parler que de la première d’entre elles, la Deutsche Bank, déjà malmenée par un certain nombre de litiges, dont la récente amende record de 14 milliards de dollars (ou seulement 5, on verra) n’est pas la moindre des conséquences,  elle a préféré botter en touche et accepter un accord qui la dispensera de devoir répondre aux différentes accusations de « trucage d’offres et enrichissement illégitime, « manipulation des prix », « complot » et autres « restrictions illégales sur les transactions ». Pour cela, il restait juste à fixer le montant de l’amende et c’est désormais chose faite : 38 millions de dollars. Une somme symbolique diront certains, tant il est vrai que les sommes détournées sont considérablement plus élevées.

La Deutsche Bank signe un accord qui fera jurisprudence

En réalité, si la Deutsche Bank échappe ainsi aux poursuites, le procès n’en continuera pas moins pour les autres acteurs de cette affaire, et le cas de la banque allemande va surtout servir de jurisprudence autant que de curseur pour les prochaines condamnations à venir. Surtout que cette transaction assène un coup fatal à la défense des établissements mis sur la sellette, puisqu’elle sonne comme un aveu qui emporte avec lui la culpabilité désormais fortement présumée d’HSBC et de Scotiabank (pour ne citer que ceux-là), tout au moins pour la période allant de janvier 2007 à décembre 2013 au cours de laquelle il a été prouvé que ces banques (comme la Deutsche Bank) ont sciemment déprécié le « fix » de l’argent.

Les prochains travaux publics préparatoires dans le cadre de cette accusation se tiendront le 28 octobre 2016 et, maintenant que la Deutsche Bank a plus ou moins reconnu sa participation, on s’attend donc à de nouvelles transactions financières de la part des autres responsables. Surtout qu’après la  décision de la justice américaine ayant frappé leur consœur allemande le mois dernier, les banques ont bien compris qu’on ne leur ferait plus de cadeau.

Sur le web

  1. « Combien pouvez-vous payer dans l’immédiat, sans que ça gêne ? »

    *conciliabule étouffé, puis:* « Je pense qu’on peut faire 38 millions de dollars, M. le juge »

    « Très bien, alors je vous colle une amende de 38 millions de dollars. Et que je ne vous y reprenne plus. »

  2. Une amende ? Il semblerait qu’il s’agisse d’une transaction pour mettre fin aux poursuites. Beaucoup d’imprécisions dans cet article, qu’on pourrait soupçonner de mélanger à dessein millions et milliards, infraction vénielle et péché mortel, etc.
    Appliquez le même raisonnement à un PV de stationnement à 38 Euros, et vous verrez…

  3. Stéphane Lallement

    Ces banques sont-elles accusées seulement d’avoir enfreint les désirs des pouvoirs publics ?
    Ou ces banques sont-elles accusées d’avoir commis des actes qui seraient punissables dans un monde libéral où s’appliquerait le principe de libre entreprise ?

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