Et s’il n’y avait PAS de salaire minimum ?

Publié Par Michel Kelly-Gagnon, le dans Canada

Par Michel Kelly-Gagnon, depuis le Canada.
Un article de l’Institut économique de Montréal

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Et s’il n’y avait PAS de salaire minimum ?

Le débat sur le salaire minimum continue de faire jaser. Le professeur Pierre Fortin, notamment, a démontré avec éloquence les risques que comporterait une hausse importante du salaire minimum au Québec.

Ce n’est donc pas mon propos d’en rajouter sur ce type d’argumentaire, l’IEDM ayant déjà fait un travail d’éducation économique sur la question depuis plusieurs années. J’aimerais plutôt profiter de cette tribune pour ajouter un élément d’information au débat, et qui surprend toujours mes interlocuteurs lorsque je leur en fais part.

Prospère social-démocratie

Les gens d’une certaine gauche qui aiment citer en exemple les modèles de prospérité et de social-démocratie que sont les pays d’Europe comme la Suède, le Danemark ou la Norvège seraient surpris d’apprendre que là-bas… il n’y a pas de salaire minimum !

Eh oui, au-delà de savoir si le salaire minimum doit être à 11$, 15$ ou même 30$, imaginez-vous qu’il existe des pays où il n’y en a pas du tout. Est-ce qu’en conséquence, les travailleurs y sont exploités par les capitalistes et payés 2$ de l’heure ? Non. En fait, dans plusieurs de ces pays les travailleurs gagnent encore plus que les travailleurs canadiens.

Les employés, par l’entremise de leur syndicat, négocient des conventions collectives qui fixent un plancher salarial, mais les gouvernements n’ont pas à intervenir avec une loi. Les salaires varient ainsi d’une industrie à l’autre, puisque chaque industrie est différente et a des besoins de main-d’œuvre différents. C’est le cas par notamment en Suède, au Danemark, en Islande, en Norvège et en Suisse.

Pas de restriction à l’embauche ou au licenciement

Oui, dans ces pays la main-d’œuvre y est fortement syndiquée, mais cela démontre que des ententes peuvent être négociées au cas par cas, entre représentant d’entreprises et représentant de travailleurs, sans que l’État intervienne, ni impose une réglementation mur-à-mur. Notons aussi que dans la plupart de ces pays, il y a peu de restrictions sur l’embauche et le licenciement, favorisant ainsi une plus grande flexibilité pour les entreprises et des emplois plus faciles d’accès pour les travailleurs.

Si l’on est favorable à un débat portant sur le niveau auquel devrait être fixé le salaire minimum, ce serait peut-être l’occasion de penser « hors de la boîte », de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’évaluer toutes les solutions possibles, notamment celles qui fonctionnent bien ailleurs.

Sur le web

  1. Le salaire minimum est un faux problème. Même s’il n’existait pas (ce qui devrait être le cas, nous sommes bien d’accords), je ne pense pas que beaucoup d’entreprises s’amuseraient à payer des gens en dessous du salaire horaire minimum actuel. Vu la motivation des salariés payés au minimum, je n’ose pas imaginer ce qu’elle serait en dessous. Qu’on ne vienne pas me parler des soit disant altruistes qui travaillent pour rien si ce n’est le plaisir de travailler. Ce genre de propos est ridicule et risible. Premièrement, parce que les gens payés au minimum (dans leur écrasante majorité) font des boulots sans intérêts et peu qualifiés du type : serveurs au fast-food du coin ou femmes de ménage. Boulots dont je peux parler puisque les ayant déjà fait contrairement à certains beaux parleurs déconnectés des réalités. Deuxièmement, en dessous d’un certain salaire et pour certains postes : oui, il y a proportionnalité entre motivation, qualité du travail et salaire. On parle, ici, de jobs alimentaires pas du poste de cadre dans la super start-up où même si les horaires seront impossibles, le travail très dur et le salaire minable : la reconnaissance personnelle et l’intérêt seront au maximum. Troisièmement, on ne parle pas non plus ici du chef d’entreprise qui accepte de se payer pas du tout ou en dessous du salaire minimum actuel. Celui-là travail pour rien aujourd’hui dans le but de toucher le jackpot demain. On retrouvera aussi ici, les stagiaires qui acceptent des salaires faibles puisqu’ils entendent se payer en réseau et en compétences. Dans tous les cas, ces situations sont censées être temporaires.

    Le problème est celui de la difficulté d’embaucher et de renvoyer des salariés. Le problème est celui des impôts confiscatoires et des charges sociales encore plus confiscatoires.

    Bref, tout ce ramdam autour du salaire minimum est inutile. Même si celui-ci ne devrait pas exister, il y a des problèmes bien plus urgents en France.

    1. Juste analyse que la votre. L’auteur ne dit rien sauf à agiter un épouvantail, absence totale d’arguments et propos truffés de conditionnel.
      En fait, ce n’est pas un article mais de la propagande.

  2. Le cout de la vie étant très différent d’une région l’autre, le salaire minimum uniforme ne réponds pas à la réalité économique.

  3. Petit rappel, en France depuis le 1er janvier 2016, le Smic mensuel est de 1 143,72 euros net par mois pour 35 heures hebdomadaires. C’est très peu, mais si les patrons veulent donner plus, ils peuvent le faire, aucune lois ne l’interdit.

    1. Mais si, pour certains jobs non qualifiés, sans pénibilité, le patron (en fait, le client, qui est celui qui paie tout en définitive), ne peut pas donner autant, il,fait comment ?
      Eh bien c’est simple : il ne fait pas.
      La précarité de certains emplois est tellement décriée par les médias et les syndicats qu’avec un salaire minimal,et une quasi contrainte de recruter en CDI, il y a d’innombrables jobs non pourvus en France.
      Une partie notable du chômage de masse vient de la…

    2. Soit 1467 euros (smic brut) déboursés par l’employeur.
      Et si la valeur du travail produit par la personne n’atteint pas ces 1467E (cas I) ou si la productivité de la personne payé au smic n’atteint pas ce seuil (cas II), que se passe-t-il?
      Cas 1: il n’y a pas de création d’emploi pour ce type de travail
      Cas 2: la personne est licenciée ou elle n’est même pas engagée si la réglementation rend trop coûteux de se séparer d’un salarié ne répondant pas aux exigences demandées (en gros, on ne tente même pas de lui laisser une chance d’y arriver)

      Conséquences: chômage (longue durée), RSA pour les personnes à faible productivité
      « Avantages »: de nouveaux électeurs pour les partis de gauche.

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