Les inégalités sont un mythe et l’égalitarisme est une injustice

Publié Par Nicolas Lecaussin, le dans Économie générale

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Les inégalités sont un mythe et l’égalitarisme est une injustice

Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Selon un Rapport de la Banque Mondiale rendu public le 2 octobre dernier, les inégalités dans le monde ont baissé depuis la fin de la crise financière et économique. Entre 2008 et 2013, le nombre de pays qui ont connu une baisse des inégalités a été multiplié par deux.

De même, l’extrême pauvreté (personnes qui vivent avec moins de 2 dollars par jour) dans le monde est en chute et se concentre uniquement dans les pays de l’Asie du Sud et de l’Afrique sub-saharienne.

Les pauvres se sont enrichis

Environ 800 millions d’individus vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour en 2013, soit 100 millions de personnes de moins qu’en 2012. Dans 60 des 83 pays couverts par ce nouveau rapport pour suivre l’évolution de la prospérité partagée, le revenu moyen des 40 % les plus pauvres de la population a augmenté entre 2008 et 2013, malgré la crise financière. Un résultat significatif puisque ces pays représentent 67 % de la population mondiale.

« Contrairement à une idée répandue, les inégalités dans le monde sont en recul constant depuis 1990 et, bien souvent, les inégalités au sein de la population d’un même pays refluent depuis 2008 », écrivent les auteurs du rapport. Très intéressant est le fait que, parmi les pays où les inégalités ont baissé le plus entre 2008 et 2013, figurent le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne. Des pays qui ont beaucoup réformé durant cette période…

Les conclusions de la Banque mondiale sont confirmées par les derniers chiffres du Census Bureau (l’équivalent de l’INSEE aux États-Unis) qui montrent une hausse du revenu médian aux États-Unis de 5,2% en termes réels, tenant compte de l’inflation, entre 2014 et 2015.

Du jamais vu depuis 1967, date à laquelle le Census Bureau a commencé à publier cette statistique. À ce rythme-là, le revenu médian doublerait en seulement 14 ans. De même, le taux de pauvreté aux États-Unis s’est également réduit considérablement en un an. En 2015 on comptait 3,5 millions de personnes de moins qu’en 2014 vivant sous le seuil de pauvreté, soit une baisse de 1,2 point. Bizarrement, toutes ces bonnes nouvelles n’ont pas fait la Une des médias. Les inégalités restent un dogme pour tous les chercheurs et autres commentateurs marxisants en commençant avec Thomas Piketty.

La lutte contre les inégalités brise le mythe américain

Dans un essai intitulé « America’s misguided fight against income inequality. Equal is unfair » (St. Martin’s Press, 2016), les auteurs (Don Watkins et Yaron Brook) mettent en garde contre cette obsession anti-inégalitaire.

À force de clamer que les inégalités augmentent, on a détruit le rêve américain qui aurait été impossible sans les inégalités. Oui, l’Amérique a donné la possibilité à beaucoup de gens de s’enrichir. Certains ont réussi, d’autres non. Aux États-Unis, si certains sont devenus riches c’est parce qu’ils le méritent. La possibilité d’entreprendre et la mobilité sont les facteurs qui ont le plus contribué à leur enrichissement.

Inégalité n’est pas synonyme de pauvreté, continuent les auteurs, tous les deux chercheurs au sein du Ayn Rand Institute. Les Américains n’ont jamais été aussi riches qu’aujourd’hui et ce qui compte c’est de pouvoir sortir de la pauvreté. Les pays les plus inégalitaires sont justement les pays où l’on empêche les gens de s’enrichir. Oui, les individus naissent égaux mais certains sont plus intelligents et plus talentueux que d’autres. Les empêcher de réussir représente une atteinte aux droits fondamentaux de l’homme.

La réalité du 1%

Enfin, les auteurs rappellent les vrais chiffres et la vision erronée de tous ceux qui crient au scandale concernant les inégalités. En réalité, les 1 % les plus riches détiennent 19 % des revenus aux États-Unis mais payent 37.8 % du total des impôts. Après impôts, taxes et redistribution, les inégalités se réduisent significativement. Piketty et les autres ne tiennent pas compte de ces calculs.

Comme ils ne tiennent pas compte du risque encouru par les entrepreneurs qui sont les riches dénoncés par les chercheurs égalitaristes. Seulement 2.2 % des plus riches restent 5 ans dans les 1 % ! Les autres 97.8 % c’est beaucoup moins, ce qui démontre le côté aléatoire des richesses obtenues, très loin de l’image du riche à vie.

L’égalitarisme est un fléau qui empêche les individus d’entreprendre et nos économies de croître. Le combattre devrait être la mission de la plupart des candidats politiques.

Sur le web

  1. Le problème du dernier paragraphe est qu’il parle en richesse relative et non absolue. Sortir des 1% car de nouveaux sont plus riches que vous n’est pas un drame.
    C’est la problème de ces marquants relatifs.

  2. lol
    Une étude émanant de la Banque Mondiale ne peut qu’être au service de la dictature des marchés qui œuvrent c’est bien connu pour le bien être de tous.
    Faut être fort pour dire que la mondialisation est heureuse quand un gamin d’Afrique meurt toutes les 6 secondes.
    Triste propagande.

    1. Selon vous, les marchés sont une «dictature» ?! Vous êtes donc un dictateur quand vous allez acheter des tomates sur votre marché ??
      Mais soyons réalistes : les pays d’Afrique sont pauvres, et vous proposez le communisme pour les sortir de la pauvreté ??
      Pourtant la Chine a expérimenté le communisme, le résultat fut des dizaines de millions de morts de faim durant le «Grand Bond en avant» ! Et des millions de morts durant la «Révolution culturelle»! Depuis 1980 et le passage au capitalisme avec Deng Xiao Ping, le revenu par habitant des chinois a été multiplié par 15 ! Allez donc critiquer le marché à Shanghai,vous les ferez bien rire !!

    2. Vous dénoncez la propagande mais en faites vous même en voulant nous choquer avec un enfant africain qui meurt tous les six secondes.
      D’ailleurs… qui en est responsable ? Quels sont les causes ? Quel etaitle taux de mortalité avant la mondialisation ?

    3. « un gamin d’Afrique meurt toutes les 6 secondes » : rien d’étonnant à ce triste constat. En effet, l’Afrique est précisément le continent qui est le moins entré dans la mondialisation, celui qui en bénéficie le moins, celui où l’ignoble dictature de la politique, avec son cortège de guerres, de morts, de pauvres, d’injustices et de corruptions, n’a pas encore été remplacée par la bienveillante et bienfaisante dictature des marchés.

      Les marchés, c’est nous tous.

      La dictature des marchés, c’est la protection des sans grades, des sans dents, contre l’inextinguible soif de pouvoir des politiques, peu importe que ces derniers se réclament de la noblesse, de la bourgeoisie, de Marx ou des inégalités, de Dieu ou de Gaïa, de la morale ou de la religion, du parti ou du peuple. La dictature des marchés, c’est la certitude que les puissants illégitimes ne peuvent plus nous nuire. La dictature des marchés, c’est la garantie de notre liberté.

      1. Il n’existe pas de solution miracle. Le marché libre et sans entrave n’est absolument pas la garantie d’une société heureuse. Vous parlez de puissants illégitimes, mais combien de patrons du CAC40 sont nés fils d’ouvriers ? La transmission filiale des richesses, directe ou indirecte (éducation, réseaux, etc) maintient une injustice constante au sein de notre société. Mais je m’égare. Le marché libre, c’est Martin Shkreli, qui a pu faire décoller le prix d’un médicament vital à de nombreuses personnes en toute légalité, dans un pays, les USA, ou justement le domaine de la santé est soumis à la concurrence, et ou des gens se déclarent en faillite parce qu’ils tombent malades.

        Le marché libre a ses avantages, mais il nécessite une régulation. Le but de toute société est d’assurer des conditions de vies correctes pour tout le monde, et le niveau de régulation actuel ne le permet pas: les allocations sociales baissent dans un contexte de chomage en hausse, lorsque des sommes astronomiques quittent nos pays vers les paradis fiscaux. Il ne faut pas détruire le marché, juste le réguler plus pour rétablir l’équilibre qu’il permet -en théorie- de maintenir.

        1. « Le marché libre a ses avantages, mais il nécessite une régulation.  »

          C’est ce raisonnement erroné qu’il convient de combattre, parce qu’il est au cœur du mensonge politique. En effet, le marché n’a pas besoin d’être régulé. Le marché est lui-même LA régulation.

          En revanche, la politique a grand besoin d’être régulée pour qu’on puisse espérer limiter ses effets, et c’est précisément le marché qui offre cette régulation. Prétendre réguler la régulation, c’est le projet des classes politiques et jacassantes afin de lever toute barrière à la perpétuation de leurs crimes, vol fiscal, mensonge éditorial, menace de meurtre si nécessaire, le tout pour affermir leur pouvoir, dominer la population et piller tranquillement le pays.

        2. Excellent exemple que cette affaire Shkreli, où l’on observe que ce sont bien des décisions politiques qui limitent le potentiel de régulation des marchés. En effet, il existe des génériques du principe actif du médicament en cause, génériques produits ailleurs dans le monde à un prix très inférieur qu’il serait simple d’importer. Mais voilà, les politiques ont décidé d’en limiter l’accès, d’encadrer les importations, toujours dans le but de « réguler » le marché. Criminelle prétention que de vouloir réguler la régulation !

  3. Article passionnant ! Les 1% les plus riches, toujours dénoncés aux États-Unis, représentent 19% des revenus et… 38% des impôts !! On est très, très loin de la propagande marxiste qui parle de… 80 % du revenu !!
    Surtout, l’égalité absolue est mathématiquement impossible, sauf dans la misère absolue, comme le démontre la Corée du Nord !

    1. 38% Et sans la participation de Trump !

  4. Ce qui est scandaleux, c’est la pauvreté tout court. Vous laissez entendre que ce n’est pas grave qu’il y ait des pauvres du moment que certains peuvent en sortir. Si c’est grave : une société riche comme la France ou les USA ne devrait laisser personne au bord du chemin. Il n’est pas normal qu’un job ne permette pas de se loger décemment et de faire vivre sa famille. Il n’est pas normal que l’allocation handicapés soit si ridicule pour les gens gravement atteints et définitivement inaptes au travail. Le raisonnement économique a ses limites. On parle d’humanité et de morale là. De plus vous savez bien que les chances de sortir de la pauvreté sont limitées aujourd’hui dans les pays riches (voir l’évolution du taux de pauvreté en Allemagne ou en GB, pourtant vantés pour leur faible taux de chômage). La problématique n’est absolument pas la même dans le tiers monde.

    1. Il y a deux pauvretés, absolue et relative. La pauvreté absolue peut et doit être combattue, non pas en volant les riches et, surtout pas, les classes moyennes, mais en créant un environnement favorable à l’effort individuel et à l’échange volontaire, source unique de toute richesse économique. C’est pourquoi il est parfaitement légitime d’aider les handicapés, dès lors qu’ils ne peuvent accéder à l’échange volontaire du fait de leur handicap. La pauvreté relative est quant à elle un état de fait, conséquence de la nature humaine, ni scandaleux ni immoral. Au contraire, l’inégalité économique est un bienfait pour l’humanité, l’indispensable aiguillon de l’action humaine mise au service d’autrui.

      Si vous espérez un jour abolir la pauvreté absolue, arrêtez de soutenir les gouvernements ou simplement les projets politiques idéologiques, socialistes, collectivistes et étatistes. C’est en effet dans ces idées fondées sur le vol et parfois le meurtre, fondées dans tous les cas sur le souverain mépris d’autrui, que se situe l’immoralité. En ce sens, la lutte contre les inégalités économiques prônée par les faux économistes est intrinsèquement immorale.

      Bien sûr que le raisonnement économique a ses limites. Mais laisser l’Etat obèse voler la population et piller la Nation avec ses impôts illégitimes est un raisonnement strictement économique, immoral certes, mais parfaitement économique quand même. Et précisément, il est plus nécessaire que jamais d’expulser l’Etat obèse de l’économie afin de réduire la pauvreté.

      Et enfin, à votre niveau, combien d’emplois avez-vous créés pour permettre à des pauvres « d’avoir la chance » de s’en sortir et de nourrir leur famille ? Ici, rien à voir avec la chance puisque tout dépend de vous, personnellement. Voilà la seule question qui devrait vous tenailler au lieu de nous jouer l’acte 2 scène 3 de l’indignée de service.

  5. « Aux États-Unis, si certains sont devenus riches c’est parce qu’ils le méritent ».

    Erreur classique qui amène d’ailleurs de l’eau au moulin des détracteurs du libéralisme.

    Si certains deviennent riches dans un système libre, c’est parce que le bien ou le service qu’ils proposent est largement plus utile que d’autres bien ou services que les gens pourraient obtenir avec le même argent dépensé ailleurs.Plus cela leur est utile en terme relatif, et plus ils achètent le bien ou le service considéré et plus celui qui le fournit s’enrichit.

    Cela n’a donc rien à voir avec le mérite et tout à voir avec l’utilité apportée. Dans un système libre, la richesse c’est le signe qui montre que l’on a rendu davantage service aux autres.

    Dans un système libre, l’enrichissement n’a rien à voir avec le mérite, mais à avoir avec combien on apporte d’utilité aux autres. Si je prends un mineur qui travaille 12 heures par jour ou Zinedine Zidane, le premier est probablement plus méritant que l’autre, pourtant leur rémunération est sans commune mesure dans le sens inverse. Pourquoi? Parce que ce n’est pas une question de mérite. Il s’avère que les gens aimant le foot (personnellement je ne vois pas ce qu’il y a d’intéressant à voir des gugus pousser un objet sphérique derrière une ligne sur du gazon, mais et c’est cela qui est extraordinaire et que les gauchos n’arrivent pas à comprendre, l’utilité c’est complètement subjectif et il semble que le foot apporte beaucoup l’utilité à nombre de nos contemporains!), Zinedine Zidane leur amène une utilité que le mineur ne leur amène pas, c’est cela qui est déterminant.

    1. Moui enfin vous esquivez un peu le problème. Vous avez montré comment on créait de la richesse. Très bien. L’auteur pose la question de ce qu’on fait de cette richesse. Est-ce que celui qui gagne de l’argent parce qu’il a proposé un service plus efficace le mérite ou doit en redistribuer une partie. La question peut se poser comme est-ce que l’individu à réussi à fournir ce meilleur service de par son propre mérite ou pas?

      1. Il semble bien que l’auteur, non content de se la poser, répond à la question.

        « On » n’a rien à dire sur la redistribution de l’argent d’autrui, pour la bonne raison que ce n’est pas le sien. Que « on » s’occupe de redistribuer son propre argent, ça devrait déjà l’occuper à plein temps !

        Sinon, rappel utile sur la distinction entre effort (quantité de travail), mérite (qualité du travail) et utilité (valeur du travail) mais unifier les trois caractéristiques est un raccourci utile pour simplifier le propos.

        1. Une partie de la richesse que vous produisez résulte du fait que vous vivez dans une société ordonnée et de nombreux autres facteurs qui ne sont pas le résultat de votre travail ni de votre mérite. Elle n’est donc pas votre propriété et peut donc être redistribuée voilà pourquoi l’auteur insiste sur le fait que les riches le sont pas leur mérite, si c’est le cas alors l’argument de la défense de la propriété privée tient.

          1. La société, comme vous dites, ne sort pas de nulle part. La société résulte de ce qu’on produit et non l’inverse. Si les productifs arrêtent de produire les richesses, ce ne sont pas les faignasses de concours et les cigales professionnelles qui feront la moindre société. Elles se contenteront de dépérir en pleurnichant sur le monde injuste et deviendront les esclaves des plus violents.

            Quand bien même une partie devrait être redistribuée pour je ne sais quelle raison, personne n’est légitime à redistribuer, ni vous, ni moi, encore moins l’Etat obèse. Seul le producteur de la richesse est légitime à redistribuer ce qui lui appartient. Dans le cas contraire, c’est du vol pur et simple, avec mise en esclavage des producteurs. Vous nous proposez là une société foncièrement immorale et barbare qui, à l’instar de toute société collectivisée, est condamnée à disparaître dans la poubelle de l’histoire, ainsi que l’URSS nous en a fait la brillante démonstration. La France socialiste également, très prochainement…

            Donc, la propriété appartient bien à celui qui l’a produite dans le cadre de l’échange volontaire et elle ne peut pas être légitimement redistribuée de force par un tiers, jamais ni nulle part, même pas en rêve, pour quelque motif que ce soit. J’ajoute que ceux qui bénéficient de la redistribution sont ni plus ni moins des receleurs, aussi criminels que ceux qui redistribuent. Les receleurs sont d’autant plus coupables qu’ils ne peuvent pas ignorer bénéficier du larcin fiscal ou social.

            1. Françoise Revellat

              Cavaignac, la violence et l’excès de votre discours le discréditent. Ce qui est excessif est insignifiant.

              1. La violence consiste à voler autrui (soit directement, soit par le biais de l’Etat), pas à dénoncer le vol perpétré. Rendez l’argent, et il n’y aura plus de violence.

  6. @libertarien. Très juste remarque sur l’utilité !
    Cela étant, il y a aussi du mérite à chercher à se rendre le plus « utile » possible (c’est à dire à maximiser son revenu)

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