L’État-providence, principal frein à l’intégration

Publié Par Jacques Garello, le dans Nation et immigration

Par Jacques Garello.

Nicolas Sarkozy est un miraculé. Né dans une famille composée de Hongrois et de Grecs, il s’est découvert des ancêtres Gaulois. Descendant d’Astérix plutôt que d’Obélix, il a bu la potion magique de l’assimilation. La décoction, c’est l’Histoire de France, apprise sur les bancs de l’école de la République. L’assimilation est affaire de culture.

Certes l’assimilation est une belle chose. C’est un vœu salutaire pour parvenir à une société policée où la diversité des origines se fond dans le creuset de la nation. Mais c’est un vœu pieux si l’on adopte les recettes de Sarkozy, parce que ces recettes sont celles que l’on a pratiquées, consciemment ou inconsciemment, jusqu’à présent.

Elles ont échoué parce qu’il est impossible de bâtir une culture nationale dans un pays où l’État et la politique tiennent une place démesurée. On n’impose pas une culture d’en haut, par décret. Et une culture n’a de valeur que si elle mène à la civilisation.

Le rêve américain

Ce n’est un secret pour personne : si les États-Unis ont durant deux siècles attiré des millions d’hommes venus de la Terre entière c’est que les immigrants rêvaient à deux choses, l’enrichissement, l’épanouissement personnel. Ils venaient chercher fortune, mais ils espéraient aussi développer leurs talents, entreprendre, travailler. Et les États-Unis pouvaient répondre à ce rêve parce qu’ils étaient la patrie de la liberté, de toutes les libertés : religieuse, politique, économique.

Certes, quelques vagues d’immigrés pouvaient ressembler à celles qui vont aujourd’hui vers l’Europe : des gens qui fuyaient la dictature, l’oppression, la ségrégation. Les Juifs chassés d’Europe par le communisme et l’hitlérisme, les Cubains fuyant pour la Floride, etc. Mais quelle qu’en soit la raison, l’immigration pose toujours un problème d’acclimatation des nouveaux venus aux communautés existantes, aux nations d’accueil.

Or, dès maintenant, le rêve américain lui-même se brise, et la raison en est simple : comme la France, les États-Unis de Clinton et Obama sont pervertis par l’État Providence.

Comment se fait l’intégration

L’intégration aux États-Unis se faisait facilement, dit-on, parce que ce pays est multiculturel. On entend par là que les ancêtres américains n’étaient visiblement pas Gaulois, les autochtones ont accepté les nouveaux venus de toutes origines, toutes races et toutes religions. Ils n’étaient pas assimilés au sens de Sarkozy. Et pourtant ils se sentaient égaux, capables d’accéder à tous les métiers, à toutes les positions, même les plus prestigieuses.

Pourquoi ce ressenti d’égalité ? Parce qu’il y a un grand respect de la Constitution et de la loi (Statue de la Liberté). Mais surtout parce que pour survivre aux États Unis et pour progresser il fallait travailler dur, accepter d’être mal logé un certain temps, s’accommoder des accidents de la vie. En moins d’une génération l’ascenseur social montait des immigrés misérables au rang de classe moyenne, parfois plus haut. Ce n’est pas la culture, c’était le travail, le mérite, la propriété qui étaient les garants de l’harmonie sociale.

L’État Providence détruit tout espoir d’intégration

J’écris à l’imparfait, car il ne reste plus grand-chose de ce rêve américain. Il y a trente ans déjà Thomas Sowell dans Ethnics America avait démontré que les communautés qui avaient le mieux réussi étaient celles qui avaient été le moins aidées par les pouvoirs publics : Juifs russes, Japonais. À l’inverse, le drame de Harlem a été celui des allocations versées aux Noirs de ce quartier par la ville de New York.

L’État Providence fait croire que la richesse et le succès sont des droits sociaux, définitivement acquis pour tout immigrant. Le chômeur assisté est déraciné, il n’est plus membre de la communauté humaine que l’on appelle entreprise, où il peut apprendre ce qu’est la solidarité, le respect des autres, et l’épanouissement personnel. Il est sensible à la propagande de la lutte des classes, il se considère d’emblée comme déclassé.

Donc il ne sert à rien d’apprendre l’histoire de France dans des écoles qui tuent la personnalité et déforment la réalité. Il ne sert à rien de chercher du travail quand il n’y en a pas à cause du dirigisme socialiste, et quand on peut compter sur des allocations substantielles. Les immigrés apprennent très vite les leçons de l’État Providence bien apprises des Français de souche.

Il faut arrêter de parler de culture ; parlons plutôt de liberté et de dignité, c’est-à-dire de civilisation. Il est temps.

Sur le web

  1. Je sais pas s il auteur connait un peu la situation des USA dans les annees 50 par ex (ou avant mais il ne doit pas etre né). Il n y avait pas d aides sociale dans le sud des USA et une différentiation claire noir/blanc. Travailler dur mais etre noir limitait singulièrement votre horizon (mais vous permettait d etre l invite surprise a une neck party ;-( ).
    Si on revient a la France de 2016, il y a évidemment des detournement d aides soicales qui genere de l assistanat. Mais penser que les supprimer va regeler le probleme est au mieux une illusion. Nous ne sommes plus au XIX ou l economie manquait de bras et ou travailler dur et longtemps suffisait. SI vous etes un bac -5 venu d un pays sous developpe, vous n aurez simplement pas de travail en France car les emplois que vous pouvez faire ont ete soit delocalise soit remplacé par des robots

    1. Vous avez raison dans le sens où supprimer les aides sans libérer les énergies créatrices du travail (par une fiscalité faible et des règles simples), vous risquez de retrouver une économie parallèle dévastatrice.
      Par contre, si vous permettez aux gens de se hisser par le travail et le mérite, en resserrant le rôle des pouvoirs publics au régalien (Justice, Défense, Diplomatie), alors il y a des chances pour que l’ascenseur social redémarre.

      Pour les emplois « sous-qualifiés », on manque cruellement de bras dans la restauration, le commerce et les services à la personne, à l’heure actuelle.
      De plus qui vous dit qu’avec le numérique justement, la société civile ne sera pas capable de former les nouveaux venus? Ou même qu’en libérant l’économie, de nouveaux emplois ne seront pas disponible?

      1. « qui vous dit qu’en libérant l’économie, de nouveaux emplois ne seront pas disponible? »

        Non seulement il y aura de nouveaux emplois, mais il y aura également de nouveaux métiers.

    2. « SI vous etes un bac -5 venu d un pays sous developpe, vous n aurez simplement pas de travail en France car les emplois que vous pouvez faire ont ete soit delocalise soit remplacé par des robots »
      Peut-être pour les ingénieurs industriels.
      Mais dans les branches commerciales, financières de services, informatiques, la demande est considérable.
      Au lieu de former des Master 2 en psychologie appliquée des gallinacés ou en socio-politique des peuples primitifs, former des Master2 en développement informatique (au sens le plus large), en économie appliquée (pas théorique, mais appliquée), en techniques avancées de commercialisation, en marketing opérationnel, en services à la personne (branche fourre-tout aux applications infinies), on aurait moins de problèmes.

      1. vous croyez vraiment qu une personne ayant le niveau CM2 (voir soyons fou 3 em) soit capable de faire de l informatique ou de la finance ?
        Vous parlez de gens qui maitrisent a grand peine les % la !!
        Penser en faire des financier ou des informaticiens (c est mon metier, je vois mal quelqu un ne sachant pas ce qu est la programmation objet ou une base de donnee faire quoique ce soit d utile)
        meme pour etre commercial il faut deja parler francais correctement et souvent avoir un minimum de bagage afin de comprendre le besoin du client (ou alors on est le call center qui vous appelle pour vous vendre je ne sais quelle merde)

  2. on nous parle toujours de l’état providence , jamais du peuple providence ; il me semble pourtant que les zélus , les dirigeants ne créent eux même absolument rien , à part des loies qui emmerdent tout le monde , et pourtant ces gens là vivent bel et bien de l’argent de ceux qui travaillent , comme n’importe quel lambda qui touche des allocations diverses sans se fatiguer ;et je ne parle pas de nos trois ex présidents qui nous coutent la peau des fesses…..

  3. L’auteur se méprend quelque peu sur les immigrants aux Etats-Unis : la diversité n’était pas si grande, la plupart étant des Européens, généralement chrétiens ou juifs. L’intégration pour les africains et les amérindiens d’origine a par contre assez mal fonctionné. Ceci ne remet pas en cause un certain nombre d’arguments de l’auteur, mais les conclusions sont un peu trop simplifiées. Peut-on généraliser à n’importe quel population moins homogène ?

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