Une Allemagne sans charbon en 2040 ? C’est mal parti…

Publié Par The Conversation, le dans Énergie et matières premières

Par Patrick Criqui.1

Une Allemagne sans charbon en 2040

Centrale à charbon désaffectée à Soweto-by Martine(CC BY-NC 2.0)

Été 2015 : une rencontre entre la chancelière Angela Merkel, Sigmar Gabriel (ministre de l’Économie et de l’Énergie et président du SPD) et Horst Seehofer (président de la CSU bavaroise) tente de jeter les bases d’une sortie du charbon pour l’Allemagne.

Celle-ci est envisagée de manière très progressive : il faut concilier les objectifs de la transition énergétique (Energiewende) – et notamment la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon de 2020 – avec les intérêts des industriels et des puissants syndicats de l’énergie et des mines.

Juillet 2016 : Sigmar Gabriel fait passer au parlement la nouvelle loi sur les énergies renouvelables, qui diminue les aides publiques et est interprétée par la plupart des observateurs comme un coup de frein à leur développement. Or c’est ce développement rapide qui avait été considéré jusque-là comme le plus grand succès de l’Energiewende.

Les Verts ne s’y sont pas trompés qui ont tiré le signal d’alarme et soumis fin août 2016 un plan détaillé pour la sortie du charbon d’ici à 2040. Mais rien ne garantit que ce plan sera accepté et rapidement mis en œuvre par les partis de la grande coalition actuellement au pouvoir.

Une Allemagne sans charbon en 2040

Développement des renouvelables dans la production d’électricité allemande. www.erneuerbare-energien.de

Une transition en trois temps

La sortie du charbon et du lignite constitue aujourd’hui l’épreuve cruciale pour la transition allemande. Il sera en effet impossible d’atteindre les objectifs climatiques sans une « régression charbonnière » rapide, à l’image de celle que la France a connu dans les années 1960, au moment du tout pétrole.

La transition énergétique allemande s’inscrit dans la profondeur historique et politique du pays. Les années 1970-1980 sont celles de la contestation de la croissance et du mouvement antinucléaire, avec l’émergence du parti des Verts. Les années 1990 voient les premières politiques de développement des énergies renouvelables. En 1998, l’accession au pouvoir de la « coalition rouge-vert » marque, pour la première fois, l’inscription de l’objectif de sortie du nucléaire dans la politique énergétique.

Au fil des coalitions politiques qui se succèdent au pouvoir, l’idée s’est transmise par contagion, des Verts au SPD, puis du SPD à la CDU. Après la catastrophe de Fukushima en 2011, ce mot d’ordre de la sortie du nucléaire est retenu par Angela Merkel. La date de 2022 pour la fermeture des dernières centrales est fixée.

L’Energiewende se pense comme une fusée à trois étages : d’abord la sortie du nucléaire, puis le déploiement des énergies renouvelables, et enfin la régression du charbon et du lignite pour répondre aux impératifs climatiques. Aujourd’hui, seuls les deux premiers étages de la fusée ont été allumés.

Un puissant soutien populaire

De fait, la sortie du nucléaire est en bonne voie, avec des changements massifs dans le « mix électrique » : depuis 2005, la production nucléaire est passée de 163 à 91 TWh, alors que celle des énergies renouvelables augmentait de 62 à 196 TWh.

Les succès remportés en matière d’énergies renouvelables sont incontestables, puisque prises ensemble, éolien, solaire, biomasse et hydraulique représentent maintenant 30 % de la production d’électricité.

Ce résultat a été obtenu grâce notamment à une politique généreuse de prix garantis pour le rachat de la production renouvelable, qui est financé par les consommateurs domestiques. C’est aussi le cas en France avec la Contribution au service public de l’électricité (CSPE), mais en Allemagne cette contribution est plus élevée et représente aujourd’hui près de 25 % du prix moyen de l’électricité, qui s’élève à 30 ct/kWh, soit le double du prix français.

Vu de France, le plus extraordinaire est sans doute que, malgré ce prix élevé, la transition énergétique bénéficie d’un large soutien populaire ; plus de 90 % de la population la considèrent comme importante ou très importante, selon le laboratoire d’idées Agora.

Cette adhésion s’explique d’une part par l’enracinement du sentiment antinucléaire dans de larges fractions de la société allemande, d’autre part par le fait que les énergies renouvelables sont avant tout perçues comme des énergies nationales.

Il faut ici rappeler que les capacités renouvelables sont à 55 % la propriété de particuliers, notamment à travers un ensemble de coopératives citoyennes, beaucoup plus nombreuses qu’en France.

Des émissions qui ne baissent plus depuis 2009

Sur le front des émissions de CO2 du secteur énergétique, les résultats sont au contraire décevants. Après une réduction de 20 % dans la décennie de la réunification, les émissions ont encore baissé de 6 % au début des années 2000. Mais depuis les émissions sont stables et l’objectif de -40 % d’émissions par rapport à 1990 semble compromis.

Deux facteurs expliquent cette longue pause : les émissions des autres secteurs ont légèrement augmenté ; ensuite, bien que la production d’électricité renouvelable ait plus que compensé la baisse du nucléaire dans la production d’électricité, de nombreuses centrales à gaz ont été remplacées par des centrales au charbon ou au lignite. Or celles-ci émettent au moins deux fois plus de CO2 par kWh produit.

En raison du faible coût de ses centrales à charbon, anciennes et amorties, l’Allemagne est devenue le premier exportateur européen d’électricité… et largement d’électricité-charbon ! Face aux 30 % des renouvelables, l’ensemble charbon et lignite représente encore 42 % de l’électricité produite.

Le mix énergétique allemand en 2015. AGEB, CC BY

Le mix énergétique allemand en 2015. AGEB, CC BY

Mais la transition connaît d’autres difficultés, qui expliquent largement la révision des politiques entreprise cet été par Sigmar Gabriel.

Elles tiennent en particulier à la question des infrastructures de réseau : la poursuite de la montée des renouvelables suppose d’acheminer vers le Sud du pays, consommateur, la production future des grands parcs éoliens offshore de la mer du Nord.

Or les décisions dans ce domaine se heurtent à de fortes oppositions et les équipements prennent du retard. Cela sans mentionner la situation difficile des plus grandes compagnies électriques, qui doivent assurer ces investissements, alors même que leurs marges sont laminées par la baisse des prix de gros sur le marché européen… Au mois de juin 2016, Die Welt titrait : « Tournant énergétique, le pire est encore devant nous ».

À quand la sortie du charbon ?

La question se pose déjà concrètement et les contradictions apparaissent clairement dans le tableau de bord de la transition.

Ainsi, la centrale de Jänschwalde, près de la frontière polonaise, est avec ses 3 000 MWe, l’une des plus grandes centrales d’Europe et aussi l’une des plus polluantes ; elle émet chaque année 26 MtCO2 (soit l’équivalent de 6,5 % de toutes les émissions énergétiques en France). Deux de ses six unités de production devraient être arrêtées en 2018-2019. Or cette centrale représente dans cette région 8 000 emplois directs et 9 000 emplois indirects et les représentants des collectivités locales s’alarment.

Dans le même temps et dans la même région, des villages entiers disparaissent du fait de l’extension des mines de lignite à ciel ouvert. Pour résoudre ces difficultés, le gouvernement allemand a pour l’instant décidé d’indemniser massivement les entreprises : jusqu’à 1,6 milliard d’euros pour la centrale de Jänschwalde, par exemple.

Un plan en onze points, proposé par le laboratoire d’idées Agora, fournit les éléments pour des objectifs contraignants de sortie du charbon en 2040.

Il combine une feuille de route pour la fermeture des centrales à charbon ; l’interdiction des nouvelles mines de lignite et la création d’un fonds d’adaptation structurel pour la fermeture des mines existantes ; enfin, un volet économique et industriel pour limiter les impacts sur l’industrie allemande de la sortie du charbon. Mais c’est autour de cette question de la compétitivité industrielle que réside sans doute le talon d’Achille du modèle allemand de transition énergétique.

Jusqu’à aujourd’hui, les coûts ont été essentiellement supportés par les ménages, alors même que l’industrie était exonérée des surcoûts liés aux renouvelables. Les grandes industries ont même pu profiter de la baisse des prix de gros sur le marché européen. Si, par son impact sur le budget de l’État ou par un renchérissement général des prix de l’électricité, la sortie du charbon devait remettre en cause la compétitivité industrielle, alors cela affecterait le cœur du modèle économique allemand. Les conséquences politiques pourraient être dévastatrices.

Sur le web

  1. Patrick Criqui est directeur de recherche au CNRS, Université Grenoble Alpes.
  1. Aujourd’hui, seuls les deux premiers étages de la fusée ont été allumés.
    Quel dommage ! Après la belle histoire de la transition énergétique allemande, cela commençait à devenir intéressant à partir de la conclusion.
    On aurait aimé en savoir plus sur « le lancement de la fusée à 3 étages » : un premier étage allumé trop vite, un second qui s’étouffe et un troisième qui refuse de s’allumer…

    Quand on utilise des analogies foireuses (la fusée !), il ne faudra pas s’étonner des commentaires critiques.

    les capacités renouvelables sont à 55 % la propriété de particuliers
    Qu’entend on par particulier ? Des foyers familiaux, des actionnaires dans une participation, ou tous ceux qui ne sont pas les grands producteurs d’énergie ? Je pense par exemple aux agriculteurs, éleveurs, qui ont trouvé un bon moyen de revenus en utilisant l’énorme surface des étables et bâtiments agricole. Difficile de les qualifier de particulier quand on sait la taille des exploitations allemandes…

    Quand à l’exemple fourni, on est loin des « wind farm » ou plutôt les tours d’aérogénérateurs gigantesques qui font le malheur du voisinage. Il s’agit plutôt d’une collaboration entre communes sur l’exploitation d’un réseau de chaleur, comme en France on gère les eaux usées.

    1. @ amike

      Je ne doute pas un instant que cet article ne plaira pas à la majorité « Tout Nucléaire » des lecteurs de Contrepoints, dont vous.

      Oui, les Allemands ont décidé de se passer du nucléaire, c’est leur choix qui n’est pas le vôtre. Et ils y parviendrons parce qu’ils le veulent de façon clairement majoritaire.

      Le « renouvelable » s’est considérablement développé passant de moins de 20 , en 1990, à près de 200 billions de KWh, sans doute, en 2016. Quant au propriétaires, c’est écrit en toutes lettres dans l’artcle, ce sont des particuliers souvent regroupés dans des coopératives:

      http://www.coopburo.be/fr/kalender/160317-coop-tour-duitsland-de-energietransitie-in-handen-van-burgercooperaties

      Personne n’a cru, en Allemagne que la transition énergétique serait facile et sans coût mais ce pays a encore les moyens de faire des choix démocratiques, des plans d’avenir et même de prévoir les conséquences des fermetures progressives d’entreprises avec plan sur 25 ans, soit exactement le contraire de ce qu’Alstom vient de démontrer, en France.

      Il faut reconnaitre que la gestion du bien public ne subit pas le même sort des 2 côtés de la frontière. Entre autres, le commerce extérieur technologique et le « know how » des énergies de l’avenir ne seront pas identiques. La fermeture programmée à long terme d’une centrale électrique à charbon et lignite permettra de reclasser progressivement le personnel, avec la collaboration des syndicats.

      Vos comparaisons avec ce qu se passe en France, entre des eaux usées et des éoliennes laissent rêveur sur la valeur de vos arguments!

      1. Je doute fortement de l’engagement des Allemands. Pour l’instant, ils sont dans l’illusion des promesses qu’on leur a faites. L’article ne nie pas la fierté tirée de la pseudo autonomie obtenue mais très relative. Sont-ils fières d’avoir arrêter leurs centrales mais utiliser les françaises et polluer l’air ?

        Le traitement des eaux usés représente un bon exemple d’une activité qui peut être pris en charge par les petites communes, et non sous traités aux Veolia et autre. Mais après le coté sympathique de la chose, je ne vois pas comment on peut affirmer que se sont les particuliers qui purifient l’eau de France ! C’est marginal. Idem pour les Allemands dont les familles chaufferaient la moitié du pays ; et il y a un coté totalitaire à la Mao demandant à chaque chinois d’avoir une fonderie dans le fond de sa cour…

        Je persiste : le mot « particulier » signifie en réalité « tout autre producteur d’électricité que les gros », et inclut donc les entreprises agricoles et leurs énormes surfaces de toiture dédiés au PV. D’autre part, les ressources de biomasse, l’effort « citoyen » décrite dans votre lien, sont limitées et en tout cas, ne peuvent pas satisfaire aux ambitions futures annoncées.

        Vous affirmez que les Allemands ont fait « le choix ». Je pense qu’ils se sont payés plutôt une préférence qui sied bien à leur coté « amoureux de la Nature », aussi loin que je me rappelle les textes de mes cours de langue. En réalité, l’Allemand de base subit assez peu ce choix, et le prix plus chère de l’électricité n’est pas un problème. Le climat local implique des investissements pour le chauffage et l’isolation, ce qui fait que le chauffage électrique est faible ; quant aux étés ils sont suffisamment courts pour éviter les climatisations à domicile. A l’inverse, en France, la géographie est totalement hétérogène, et un Sud Ouest n’est pas le Grand Est.

        Les conséquences selon vous seraient parfaitement connues et traitées avec justesse et progression ? D’abord, vous niez la conclusion même de l’article, ce qui est amusant.
        Qui a décidé de l’arrêt des centrales nucléaires ? Merkel, par opportunisme, et sans réflexion avec ses partenaires européens qu’elle a mis devant le fait accomplis.
        Comment va être payé le prix de l’intermittence ? Pour l’instant, ce sont les centrales à charbon. Les politiciens se sont basés sur les promesses soutirées aux ingénieurs pour accroire qu’on pourrait charger le réseau électrique d’EnR intermittentes. Pourtant les exemples récents de black Out en Australie du Sud montrent un phénomène de seuil. L’Allemagne pour l’instant s’en sort car elle force ses partenaires à éponger son surplus d’éolien et importe lors des pauses.

        Les imports / exports d’électricité semblent s’équilibrer. Or, il est totalement faux de croire que l’électricité intermittente à la même valeur qu’une électricité fournie à la demande. C’est un jeu de dupe auquel je ne comprend pas pourquoi la France accepte de jouer. Visiblement, les politiciens et hauts fonctionnaires français ne cherchent pas à défendre les intérêts de la France. Les coûts cachés de l’intermittence sont pourtant actuellement un véritable mur qu’on commence à peine voir, d’où les freins des responsables sous le silence des média.

        Vous avez une espérance très forte dans la politique de l’Allemagne pour les EnR. Libre à vous, mais vous semblez avoir une opinion plutôt idéologique que rationnelle, à lire votre insistance sur l’engagement définitifs des Allemands même contre les réalités.

  2. En somme l’accpetation d’un surcout par les consommateurs pour des raisons d’interet national représente des similarités avec du protectionnsime. SI les L’etape suivante sera sans doute d’acheter allemand pour compenser les pertes de marché à l’export dues à la perte de compétivité induites par un cour de production plus élévé.
    Mais du moment que les gens savent et acceptent que la transition énergetique conduit à un appauvrissement..je ne vois pas de problème..je doute simplement que l’appauvrissement ,passé un cert ain seuil et passé l’aspect sexy sobriété sauvetage de laplanete anticapalimse toussa, soit acceptable et accpeté par les populations appauvries.

    1. et si par dessus les marchés perdus à l ‘export le sont au profit de pays qui eux produisent leur jus au charbon mais de façon plus « sale » on a juste une « redistribution » de richesse avec un recul « écologique ».sympatoche.

  3. On ne peut séparer la transition énergétique allemande des questions géopolitiques. Pour pallier l’intermittence, il faut soit du gaz, soit du charbon
    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-guerre-des-gazoducs-am-ricano-russe-en-syrie-pourrait-d-stabiliser-poutine-641207165

  4. « Après la catastrophe de Fukushima en 2011, … »
    Quelle indécence de ramener le séisme de 2011 et ses 16.000 victimes à Fukushima !

    1. il ne dit pas cela voyons

      1. @ lemiere

        Vous ne saviez pas qu’ « officiellement » Fukushima n’aurait fat que 3 morts (par accident: chute …) mais 0 perte humaine par les fuites radio-actives, pour les commentateurs de Contrepoints, défenseurs acharnés du tout nucléaire français? Maintenant vous savez!

        1. ben combien de victimes alors???je pense plutot pour un nombre faible sans rapport avec l’ampleur médiatique associée…

  5. Les dernières adjudications pour de l’éolien offshore viennent d’atteindre un pris de 72.5 EUR le MWh et 60 EUR le MWh.
    C’est très bas et risqué pour les constructeurs car des inconnues existent toujours sur de tels projet comme le degré d’oxydation des installations en mer.
    Par contre, de tels prix s’approche dangereusement du nucléaire amorti dont le tarif est fixé à 49,5 EUR le MWh.

    Le gros problème à mon avis maintenant c’est Uniper en Allemagne. Cela depuis la scission d’E.ON entre E.ON qui conserve les énergies renouvelables et donc des revenus assurés grâce au subventionnement de l’Etat et Uniper qui hérite des énergies non renouvelables et déficitaire à cause du prix de gros de l’électricité au plus bas.

    Les banques vont finir par lacher Uniper ce qui poussera l’Etat à subventionner les centrales à charbon pour éviter un black out en Allemagne. Ça en devient totalement ridicule.

  6. Il sera très intéressant de voir ce que va donner la perte de près de 100 TWh produit par les centrales nucléaires restantes d’ici leur arrêt en 2021-2022 et peut-être avant.
    Il est rigoureusement impossible pour l’Allemagne de remplacer ces 100 TWh nucléaire par des ENR intermittentes qui plus est localisées dans le Nord ouest quand la consommation industrielle est dans le sud.

    Au passage, la transition énergétique allemande a déjà coûté aux Allemands 400 Mds d’€ soit 40 EPR.

    Vouloir arrêter le charbon et le lignite pourquoi pas compte tenu de l’impact sur les rejets de gaz carbonique, mais il faudra remplacer le nucléaire et le charbon lignite par des centrales au gaz essentiellement russe. Cela fera le bonheur de Guérad Schrodër qui travaille pour Gazprom depuis qu’il n’est plus chancelier.

  7. je doute aussi qu’ils arrivent à bruler tout leur charbon d’ici 2040…

  8. bravo pour cet article complet!!
    pour ce qui est de mon ressenti:
    désolé!!! en 2040, il y aura longtemps que l’on n’utilisera plus de nucléaire et de charbon, même en France, sauf peut-être le train des pignes…. mais par tradition. 😉

  9. Si l’Allemagne exporte autant d’électricité, c’est en raison de l’intermittence de ses énergies renouvelables : en période de grand vent, sa multitude d’éoliennes produit bien plus d’électricité que le pays ne peut en consommer ; et le lobby Vert de Bruxelles a réussi à faire produire des Directives qui imposent aux autres pays de consommer ses surplus d’électricité, prioritairement à leur production nationale. Résultat pour la France : nous sommes obligés de baisser la puissance de nos centrales nucléaires, pourtant non productrices de CO2, quand les Allemands déversent leur surplus d’énergie éolienne sur le réseau européen.
    Si c’est stupide sur le plan environnemental, c’est suicidaire sur le plan économique pour nos parlementaires qui sont à la peine par rapport à ceux de nos voisins : car ce phénomène ne coûte rien aux Allemands (s’ils ne nous vendaient pas leur électricité ils ne sauraient qu’en faire, car elle ne se stocke pas), et nous coûte car il pénalise la rentabilité de notre parc de production.

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