L’angoisse des éoliennes

Publié Par Michel Gay, le dans Énergie et matières premières

Par Michel Gay et Jean-Pierre Riou.

Les sensations d’angoisse sont récurrentes parmi les symptômes de souffrance des riverains d’éoliennes. La modulation du bruit éolien, liée au rythme du passage des pales devant le mât, semble le principal critère de gêne selon le rapport du groupe d’experts INWG. Sa perception dépend de nombreux facteurs dont la distance d’éloignement entre les éoliennes et les habitations.

En état d’alerte

Une étude1 d’Alec Salt montrait en 2006 que la réception des infrasons par le cerveau entraînait un état d’attention et d’alerte physiologique. C’est cette perception qui permet au monde animal de fuir un tremblement de terre, un incendie, la charge d’un troupeau ou l’arrivée d’un orage.

En effet, les infrasons, qui accompagnent les mouvements du sol ou le grondement du ciel se propagent à des dizaines de kilomètres sans qu’aucun obstacle ne puisse les atténuer. Ils entraînent des réactions physiologiques (accélération du cœur, dilatation des pupilles, élévation de la température…) qui permettent de favoriser la fuite, ou l’évanouissement qui est une forme de fuite.

Des riverains exposés

Ces comportements réflexes archaïques pourraient probablement justifier les réveils nocturnes brutaux, accompagnés de suées et de bouffées d’angoisse régulièrement rapportés par les riverains d’éoliennes.

L’origine des sensations d’angoisse ne viendrait donc pas de l’intensité du signal sonore, mais de l’immersion dans un environnement perçu inconsciemment comme hostile. Ces désagréments sont d’autant plus difficiles à gérer que ces vibrations et infrasons semblent provenir de la structure de la maison (qui les amplifie) et même de son propre corps.  Les riverains d’éoliennes évoquent souvent un « avion qui ne se pose jamais » ou des vibrations plus ressenties qu’entendues.

Un avion qui ne se pose jamais

Selon le  Professeur Allan Hedge de l’Université de Cornell : « Les vibrations entre 0,5 et 80 Hertz ont des effets significatifs sur le corps humain. Celles entre 2,5 et 5 Hertz ont une forte résonance dans les vertèbres avec une amplification supérieure à 240 %. Elles peuvent créer un stress chronique et parfois un dommage permanent aux organes. » 

En juillet 2015, dans le cadre du « Programme européen en recherche et métrologie », les principales conclusions des travaux d’un groupe international d’experts sur les effets sanitaires de ces « sons inaudibles » ont été publiées par la revue d’acoustique « The Hearing Review ».

Après avoir procédé à des IRM et Magnétoencéphalographies les chercheurs ont mis en évidence que la perception humaine de sons se situait bien en dessous (une octave complète) de ce qui était admis.

Des sons perçus par le cerveau

Des sons, considérés inaudibles jusqu’alors, sont bien perçus par le cerveau et génèrent des émotions liées à leurs fréquences. Selon l’acousticien responsable du projet (Christian Koch), les éoliennes provoqueraient ces sons « inaudibles » perçus par le cerveau. La modulation d’amplitude de leur signal, lié au passage des pales en exacerbe la perception.

Ces « sons inaudibles » seraient d’autant mieux perçus que le signal sonore audible est faible, comme Alec Salt l’avait mis en évidence dans son étude de 2006.

Les riverains d’éoliennes sont donc d’autant plus gênés que le milieu ambiant est calme. La sensation d’angoisse peut être plus grande à 1000 mètres qu’à 500 mètres du fait qu’à grande distance le cerveau ne perçoit plus que les infrasons débarrassés des autres fréquences qui les masquaient.

Ambrose et Rand en ont d’ailleurs fait le constat radical dans l’étude Mc Pherson en ces termes : « les niveaux sonores audibles étaient inversement corrélés avec les effets sanitaires ressentis ».

Il semble donc que l’anxiété des riverains d’éoliennes soit liée à des critères géologiques, topographiques et, plus encore, à l’absence de bruit résiduel, comme dans les campagnes.

C’est d’ailleurs le sens de la motion du 118ème congrès des médecins allemands qui a attiré l’attention sur les effets potentiels sur la santé des infrasons éoliens dans un rayon de… dix kilomètres.

En tout état de cause, même si à grande distance les bruits audibles disparaissent, les infrasons des éoliennes constituent une nuisance pour la santé et le confort de vie des riverains.

  1.  A. Salt « Responses of the Inner Ear to Infrasound » (2006).
  1. Les riverains d’éoliennes évoquent souvent un « avion qui ne se pose jamais » .

    Oui, c’est ainsi que les habitants d’un petit village aveyronnais, avant l’arrivée d’éoliennes la vie y était paisible , et maintenant c’est l’enfer pour les habitants.

    http://agirpourlelevezou.midiblogs.com/archive/2009/01/10/bouloc-l-enfer-des-eoliennes.html

    1. Si cet avion se pose et même trop souvent, voir le taux de charge médiocre des éoliennes, autour de 23%.

  2. pour se convaincre de la porté des perturbations d’une éolienne, cherchez des images des effets de traines des éoliennes offshore 😉
    c’est très jolie cependant pris par un bon photographe.

  3. existe t’il des relations simples de la distance jusqu’à laquelle on perçoit l’effet de ces infra son ? du style par exemple « 10 fois le diamètre de l’éolienne » ?

  4. Association Psychofleuveassociation contre-courant val de besbre

    Au lieu de monter des éoliennes, on pourrait aussi poser des rames de TGV dans les bois.

    1. Association Psychofleuveassociation contre-courant val de besbre

      Tout ça pour dire que dans les régions de France réputées sans vent il se monte un nombre impressionnant de projets. La cause est que la hausse naturellement induite des prix du KWh augmente de beaucoup la rentabilité promoteur après 15 ans. Utilité? Zéro.

      1. Association Psychofleuveassociation contre-courant val de besbre

        Dans ces régions, l’absence de nuisance du bruit (heureusement) est néanmoins odieuse…

  5. Même les animaux en souffrent :

    La production laitière d’un fermier français est divisée par deux après l’installation d’un champ éolien près de chez lui :

    « Yann Joly poursuit CSO Energy pour 356.900 Euros » [Champs éolien Nouvion-St Riquier de 48MW]

    « M. Joly a enregistré que sa production laitière est passée de 10.000 litres par an à 7000 litres après l’installation des premières turbines en 2011, puis à 5000 litres après que le projet fut étendu en 2013. »

    Pour les détails :
    http://www.windpowermonthly.com/article/1366310/turbines-blamed-milk-production-drop
    http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/11875989/French-farmer-sues-energy-giant-after-wind-turbines-make-cows-sick.html

    Et pourquoi en France, ne parle-t-on pas de la grande et ruineuse panne d’électricité qui vient de se produire à Adélaïde en Australie, due au grand nombre d’éoliennes qui ont surchargé le réseau et empêché la resynchronisation ?
    Tout le réseau s’est écroulé en 12 secondes.

    « «Il est indéniable que l’utilisation croissante de l’énergie intermittente a un impact sur le système, en laissant les États plus vulnérables à des pannes de courant, »

    http://joannenova.com.au/2016/10/sa-blackout-three-towers-six-windfarms-and-12-seconds/
    http://www.thegwpf.com/aussie-government-warns-wind-farms-undermine-energy-security/
    http://www.thegwpf.com/33456/

    1. Oui vous parlez de l’effet négatif sur les animaux et c’est très bien. Car un animal n’a aucun avis sur la question, ni philosophiquement, ni politiquement, ni écologiquement, ni économiquement parlant. Cependant, sans tous ces critères d’appréciation il en ressent des effets dommageables. Il est regrettable qu’il ne puisse s’exprimer sur le sujet, ce serait un cas intéressant, on ne pourrait l’accuser, comme c’est le cas pour les humains lorsqu’ils s’insurgent contre les nuisances, d’être pro nucléaire ! (ce qui résume la pauvreté d’analyse, quand les pros éoliens vous sortent cet argument, ils ont tout dit !) Il y a aussi des naïfs, crédules, gogos (rayez les mentions inutiles), pour vous répondre : « il en faut bien ! » ! Comme s’il s’agissait d’une recette de ratatouille dans laquelle il faudrait bien un poivron !
      On inculque, dans les écoles, aux enfants, sur des esprits frais et sans jugement, qu’il faut un mix énergétique, donc qu’il en faut bien, de l’éolien !
      Maintenant parlez à des victimes de ces turbines et vous pourrez commencer à vous poser des questions pour peu que vous soyez honnête intellectuellement. Pourquoi ces gens, souvent les plus modestes, vivant en rase campagne, qui ne bénéficient pas de tous les avantages colossaux de ce que l’on nomme de nos jours « les quartiers », devraient-ils subir cette torture constante au nom de cette inutilité.
      Déjà ces gens sont prisonniers, soit ils sont agriculteurs et ne vont pas implanter leur outil de travail en ville, soit ils ne peuvent fuir économiquement, les loyers ou les maisons étant trop chères en ville, mais surtout ils sont assez éduqués pour ne pas aller brûler des voitures, casser des vitrines, brûler des pneus sous les fenêtres des préfectures, incendier des routes, bref ce sont des gens respectueux du bien d’autrui, sachant ce que leur coûte le leur de pauvre bien, et de ce fait on peut leur imposer ce que d’autres ne pourraient supporter sous peine de dégradation.
      On appâte les maires de ce petits bleds avec trois-francs-six-sous, toujours bons à prendre étant donné l’état de leurs finances, on les baratine sur les bienfaits rendus à la collectivité et hop ! c’est dans le sac ! Bernés pour 20 ans !
      Ils veulent croire que l’éolien résoudra les problèmes du réchauffement climatique ! Qu’ils regardent un peu la circulation aérienne, la circulation automobile, et le transport par poids lourds !!! Sans compter cette aberration des courses automobiles. Je connais un petit village fier de ses éoliennes, qui résoudront le réchauffement climatique, cela va sans dire, mais qui participe activement, à un rallye automobile chaque année pendant 24 H de vroum-vroum à plein gaz ! Tout autour de ces totems écolos ! Chercher l’erreur ! Madame la Ministre de l’Ecologie aurait pu commencer par interdire ce gaspillage inutile, mais là n’est pas la question, n’est-ce pas ?
      Donc éolien indispensable dit-Elle ! Pour lutter contre le changement cli-ma-tic, c’est une décision pô-li-tic !
      Que supportent et paient les autres ! (pas Elle !)
      Si l’éolien était rentable (oui en effet le taux de charge est compris entre 20 et 25 %), il n’aurait nul besoin d’être perfusé de subventions, de prix de rachat exorbitant pour un courant superfétatoire. Or, sans tous ces avantages vous les verriez fuir ces « promoteurs » des installations dans le vent.
      Quant aux victimes, (oh que c’est mal d’être victimes, n’ont qu’à se sauver et voilà tout !) elles devront supporter non seulement les nuisances, oui l’effet des avions qui tournoient sans se poser, et les infrasons à la maison. De jour de nuit tout au long de l’année X 20 ans, dans leur baraque ayant perdu 30 à 40 % de sa valeur. Quand, par chance elle est vendable, mais c’est plutôt du domaine de l’utopie !
      Donc un sommeil de chien, de deux demi oreille, les réveils plusieurs fois par nuit, les maux de tête, les nausées, les vertiges, la fatigue, l’usure physique et mentale. Dommage que ces victimes ne deviennent pas vertes à pois mauves pour prouver leur état !
      Il est plus répréhensible aujourd’hui de critiquer tel ou tel, en raison d’une différence quelconque, que d’imposer la ruine et la torture aux ploucs !
      Remercions les « verts » d’outre-Rhin pour leur intelligence, surtout celle d’avoir su persuader les autres, (les nôtres) qui sont incompétents et inconséquents !

  6. Au nom du principe de précaution si cher aux écolos il faut a minima un moratoire sur l’installation des éoliennes, nous risquons un Fukushima en poison lent mais à la puissance 100.
    Souvenons-nous du scandale de l’amiante.

    1. Fukushima puissance 100 donc 0 puissance 100 = 0

Les commentaires sont fermés.