Dossier : apprendre l’économie autrement, c’est possible !

Publié Par Emmanuel Martin, le dans École & éducation

Par Guillaume Thomas et Emmanuel Martin.
Contrepoints en partenariat avec l’école de la liberté

En cette période de rentrée, les étudiants vont retourner sur les bancs de l’Université et vont découvrir le programme pour l’année qui vient. Comme chaque année, les amphis vont se vider au fur et à mesure des semaines qui passent, tandis qu’une partie importante des étudiants va renoncer à valider l’année soit par déception, soit par manque de motivation, aux frais du contribuable.

Les principes de l’économie

Les étudiants en science économique vont apprendre pour une majorité d’entre-eux l’économie mathématisée et expérimentale. Cela les éloigne d’une compréhension de notre société basée sur des principes, et notamment le principe de liberté et de responsabilité.

On débouche ainsi sur une forme de pragmatisme dans lequel l’analyse débouche sur une technique sociale désincarnée. Malheureusement en face de cette orthodoxie, les étudiants n’ont accès qu’à une hétérodoxie anti-capitaliste qui rejette ces principes.

Les étudiants en sociologie apprendront le déterminisme social des théories de Pierre Bourdieu, les étudiants en science politique le fait que le néo-libéralisme ait imprégné tous les secteurs des politiques publiques depuis les années 1980. Bref, ils vont subir les effets de l’hégémonie d’une certaine gauche anti-capitaliste sur de larges pans de l’Université.

Par-delà les critiques anti-capitalistes

Comme une étude récente l’a montré, seulement 24 % des universitaires français considèrent que la concurrence est positive, la moitié est favorable à la nationalisation des entreprises, tandis que 73 % se positionnent à gauche, soit deux fois plus que les Français en général (36 %).

Même si une enquête de ce type n’existe pas sur les enseignements de Sciences Economiques et Sociales au lycée, une simple lecture des manuels, et du programme de Terminale, suffirait à convaincre le lecteur de l’existence de tous ces biais.

Moyens publics pour assurer la justice sociale (concept fourre-tout justifiant tous les égoïsmes sectoriels…), conflictualité sociale en passant par les types de politiques d’emploi à mener (mais rien sur leur légitimité), l’élève aura toutes les clefs en main pour devenir un véritable militant socialiste.

Une alternative au gauchisme institutionnel, l’école de la liberté

Le monopole de la gauche anti-capitaliste sur l’enseignement est-il une fatalité ? Non. A côté d’autres initiatives, l’équipe de l’Ecole de la Liberté s’est lancée dans une démarche constructive : proposer une offre d’enseignement alternative permettant à tout un chacun d’accéder à des savoirs en sciences humaines en échappant à ces biais.

L’objectif est aussi noble qu’ambitieux. Il s’agit ni plus ni moins de réhabiliter deux concepts qui sont à la base du progrès économique et social : l’individu et sa liberté.

Le site internet de l’Ecole, en ligne depuis janvier 2016, propose des centaines de ressources sur différents supports pour apprendre par soi-même le fonctionnement de nos sociétés contemporaines et les fondements d’une société libre. Mais surtout, l’Ecole de la Liberté a lancé ses Moocs (enseignements en ligne 100% gratuits) !

Apprendre par soi-même l’économie

Les cours proposés diffèrent de l’offre dominante à la fois sur le contenu et la manière de transmettre le savoir. Sur le fond, ils proposent des enseignements divers, mais qui ont pour point commun de se baser sur approche libérale des différentes disciplines explorées. Sur la forme, l’accent est mis sur l’auto-apprentissage, stimulé par l’interface du site et l’échange avec d’autres étudiants.

Ce dossier de Contrepoints vous propose un aperçu de quelques séquences vidéos, dont nous montrons l’originalité et l’intérêt. Présentons, avant toute chose, l’intitulé des cours et leurs problématiques :

Qui était Frédéric Bastiat ? Quel est son apport à la théorie politique et économique ? Longtemps négligé et absent des manuels scolaires, ce cours propose un voyage à travers la vie et la pensée de Bastiat en l’ancrant dans son contexte historique tout en montrant la pertinence de ses réflexions pour penser le monde aujourd’hui.

Emmanuel Martin, enseignant et rockeur invétéré, nous propose de traiter d’une question aussi fondamentale qu’ambitieuse de la science économique : comment faire reculer la pauvreté ?

Comment expliquer l’accroissement du poids de l’Etat dans nos sociétés ? François Facchini, qui a beaucoup écrit et traduit sur la question, nous propose de présenter la forme qu’a pris l’extension de l’Etat avant de nous offrir un panorama des théories existantes pour en expliquer les causes.

Serge Schweitzer, enseignant et conférencier expérimenté, nous propose un voyage passionnant à travers l’histoire de la pensée économique en conservant un fil directeur clair : ce sont les idées qui mènent le monde. Il est donc impératif de savoir déceler par le raisonnement logique celles qui nous aident à le comprendre et celles qui nous en éloignent.

Beaucoup de manuels négligent un bouleversement intervenu dans les années récentes : la révolution numérique. Comment y faire face ?  Comment nos sociétés vont-elles s’adapter aux changements induits par le numérique ?

Corentin de Salle, philosophe engagé dans le débat public et auteur d’une somme en plusieurs tomes sur le libéralisme, nous propose de revenir sur les fondements de cette doctrine souvent caricaturée. En quoi les auteurs libéraux peuvent-ils nous fournir une clef d’analyse pour comprendre l’économie, la politique, et la société en général ?

Qu’est-ce que l’analyse économique du droit ? Le jeune enseignant et auteur d’un manuel sur la question nous propose de revenir sur les fondements théorique de cette discipline, avant d’en montrer la fécondité pour comprendre les origines de phénomènes comme la criminalité ou le chômage, ainsi que les effets de mesures comme le port d’arme ou la légalisation des drogues.

Pour suivre les cours, c’est simple, l’inscription se fait en 2 minutes ici

Pour soutenir la démarche de l’école de la liberté, vous pouvez faire une donation ici (L’Ecole accepte même le paiement en bitcoins !)

  • Par Guillaume Thomas, doctorant en sciences sociales, vice-président de l’École de la Liberté et Emmanuel Martin, Docteur en économie, délégué Général de l’École de la Liberté.

 

  1. C’est très curieux, les hétérodoxes s’accordent à dire qu’ils sont sous-représentés à l’université ainsi que dans les programmes qui font la part belle aux théories générales classiques. Qui dit vrai ? Quant aux lycées, on y apprend davantage une histoire des faits économiques que des travaux sur les théories, le fonctionnement, les pensées et philosophies économiques.

    1. « Quant aux lycées, on y apprend davantage une histoire des faits économiques que des travaux sur les théories, »

      l’histoire est écrite par les vainqueurs, et en france, c’est le socialisme et ses dérives qui sont vainqueurs (57% du PIB pour le publique pour rappel)
      Ouvrir les manuels des écoles publique permettra de voir la propagande détendue de l’éducation nationale, propagande déjà dénoncé par h16 il 3 ou 4 ans et qui ne fait qu’empirer.
      la france, de part le formatage des ses enfants, a creusé sa tombe.
      Il n’y aura de mouvement que lorsque la situation de Caracas se retrouvera dans des grandes villes de france, je plein les citadins qui seront restés.

    2. Jean-Gilles Mongendre

      @tigrou777 Concernant la présence des « théories générales classiques » à l’université et dans les écoles, l’article se montre plus nuancé que ce que vous avancez, je ne peux que vous renvoyer à la sous-partie « Les principes de l’économie ».

      Le tableau qu’elle dépeint tout à fait conforme à la réalité : de manière générale, les enseignements d’économie sont soit inconsistants, soit caricaturaux, souvent les deux. Et pour les étudiants dans des cursus pluridisciplinaires (Sciences Po en tête), c’est carrément un ensemble de matières plus ou moins connexes (sociologie, histoire, sciences politiques) qui installent une toile de fond largement biaisée, ressassant toujours les mêmes poncifs (le Grand Kapital, les vilaines multinationââââles, l’ultra-libéralisme occidental…).

  2. Il est inexact de dire que les enseignements marxistes dominent à la faculté. Dans le secondaire oui, avec des enseignants en majorité socialistes, enseignant leur catéchisme gauchiste, mais pas à l’université.

    1. Les enseignants d’université sont également en grande majorité des idéologues gauchistes et sont sans doute plus dangereux que ceux du secondaire, car plus écoutés et beaucoup plus convaincants. Crypto-marxisme, structuralisme et « au mieux » keynésianisme restent la norme. Tous sont persuadés que la France est soumise à un système ultralibéral « dominé par les idées de Friedman ».

  3. Wow vous faites peur les gars…Avoir un doctorat et être capable de balancer tant d’images d’Épinal dénuées d’analyse et tant éloignées de la réalité…
    Lisez le programme de SES en terminales où l’on parle de salaire d’efficience, de marché du travail, de vision libertarienne de la justice sociale, de mondialisation, de tous les auteurs classiques…
    Je sais que vous êtes dans une démarche propagandiste mais respectez vous et essayez d’avoir un minimum de cohérence dans vos propos! Ce n’est pas parce que quelqu’un dit à ses élèves que la plus belle période économique et sociale correspond à la seule période où l’économie était Keynésianiste qu’il est marxiste, il énonce juste une vérité.
    Puis pire dire que la pensée « marxiste » domine dans les enseignements alors qu’en France la pensée de gauche n’existe plus depuis 30ans, que l’économie n’a jamais été aussi libéralisée avec chaque année des dividendes records, que les « vainqueurs » sont depuis longtemps friedmann et ses « exécutants » Thatcher et Reagan , qu’en France les partis d’extrême gauche peinent à atteindre 5%…Bref si tous les profs sont de gauches ils font bien le boulot des adversaires…
    Parce que pour l’instant on est bien plus prêt de Budapest ou Vienne que de Caracas tant l’idéologie communiste est faible en France mais bon vous ne voyez la France qu’à travers votre prisme de petit étudiant parisien qui aiment se battre entre extrêmes les samedi soir…

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