Chers candidats, comment sauver notre système de santé ?

Publié Par Bernard Kron, le dans Pushmobile, Social

Par Bernard Kron.

Chers candidats, comment sauver notre système de santé ?

bouée credits yozine (licence creative commons)

Après chaque élection, les décisions tardent car les résultats ne se verront qu’avec le temps. Faute de marges financières, les politiques accumulent les contraintes car deux dogmes contradictoires  paralysent nos dirigeants :

  1. Offrir un accès à des soins de qualité à tous ;
  2. Diminuer les dépenses de santé.

Ils ont donc choisi d’encadrer les tarifs et les pratiques des médecins, ce qui va à l’inverse du but recherché, l’efficience !

La simplification administrative permettrait seule de dégager les budgets nécessaires et de libérer le dynamisme médical. Il s’agira d’une mission impossible sans un réel tournant libéral, mais y a-t-il encore des libéraux dans le monde politique ?

Il faut donc attaquer le mal à la racine c’est-à-dire aux organes de l’État et à son rôle omnipotent depuis les Ordonnances de 1996 et les Lois santé !

Je propose 5 axes d’attaque :

1. La réforme des études de médecine

L’entrée en faculté est libre mais elle est suivie d’une hyper sélection qui élimine de futurs bon médecins. C’est un énorme gâchis !

À l’inverse l’ECN de fin d’étude reçoit tout le monde et reste ouvert à toute l’Europe, même aux plus mauvais.

C’est ubuesque.

2. Les organismes de l’État 

On ne peut même plus les compter ! Ils se contredisent et secrètent leurs propres dépenses avec l’hypertrophie des personnels administratifs.

Les mutuelles au nombre de plus de 450 offrent des contrats illisibles.

Les malades pris en charge à 100% consomment sans compter au détriment du remboursement de l’optique et des soins dentaires mal pris en charge et de la tarification des actes médicaux irréalistes !

3. Les hôpitaux

Sauver le système de santé

Sauver le système de santé

Malgré les déficits, ils continuent de se multiplier aggravant la désertification. Ils donnent trop de soins courants au détriment du temps médical disponible pour les vraies urgences.

Il faudra en diminuer la taille tout en les dotant de toutes les technicités

Stopper le désertification est à ce prix.

4. Le post-internat et la réforme du 3ème cycle

Elle vient d’acter la fin du clinicat, c’est une erreur.

On ne peut pas former un chirurgien en 6 ou 7 ans sauf des ultras spécialistes !

Il faudra d’une façon ou d’une autre être réactionnaire pour retrouver l’élitisme qui a fait la grandeur de la chirurgie Française !

5. La médecine générale 

Le médecin généraliste ne doit pas être un officier de santé, mais contrairement à l’hôpital trop coûteux, il doit être au centre du dispositif. Pour cela il doit être libéré des tâches administratives et formé dès le 2éme cycle, à l’occasion de son externat.

Tels sont les 5 axes de réformes que je développe dans mon livre Chirurgie, chronique d’une mort programmée (Éditions L’Harmattan Paris).

  1. Oui l’hôpital pèse trop lourd et de plus en plus lourd ,trop centralisé parfois trop gros ,mal organisé car trop administré mais non managé.
    Redescendre le niveau de décision plus près du terrain au niveau des services permettrait une évaluation permanente et une plus grande réactivité .Les pays qui ont réforme leurs hôpitaux ont: réduit le ne de lits et obligé à filtrer les entrées selon la pertinence . Cette réduction du nb de lits a permis de réduire les coûts sans réduire l’efficacité ,elle permet de réduire le nombre d’administratifs par lit ,elle responsabilise y compris le chef de service élu par ses pairs et par le personnel du service , il est alors obligé de manager et de gérer un budget . Je suis part il y a trente an de l’hôpital car cette réforme efficace faite en Suede et au canada n’a pas été appliqué malgré l’arrivée au pouvoir de la gauche en 1981 .. En 2016 rien n’a été fait et l’hôpital est toujours en crise et ne répond. Absolument pas à l’organisation ambulatoire et décentralisée qui devrait être l’alpha et l’oméga de la réforme à faire ..
    un Medecin sans illusion sur la vision étatique centralisée de la gauche et de la droite .. pas l’ombre d’un projet qui pourrait donner de l’espoir au marasme actuel ..

    1. Cher confrère »c’est le coin du bon sens » J’ai démissionné de l’AP-HP à 31 ans!

  2. La suite la semaine prochaine:

  3. Je ne vois pas le rapport entre les propositions du docteur Kron, et la santé…

    Il n’évoque que le systeme de soins…

    Si j’étais candidat, je ne me batterais pas pour augmenter la rémunération du medecin qui opère de la cataracte un cancéreux de 80 ans en phase terminal… ni pour maintenir en survie nos aînés.. ou pour changer une hanche d’un quadragénaire en surpoids et qui s’y complaît . j’y penserais certes, avec beaucoup bienveillance…
    Et le ministre de la santé qui se sentirait concerné par celle de ses concitoyens n’aurait qu’un objectif : faire reculer l’âge moyen de vie en bonne santé…

    1. cap 2006: consternant! Vous voulez qu’un cancéreux de 80 ans passe les dernières années de sa vie aveugle, et qu’un quadragénaire de 40 ans soit puni de son surpoids par une mise en fauteuil roulant.Vous vous contenterez de penser à des soins possibles avec « beaucoup de bienveillance ». Bravo, cher humaniste.

      1. Vous n’avez pas lu ce que j’ai écris ( et je ne cite que ces deux exemples vécus dans mon entourage et avec les sentiments partagés par tous d’une totale inutilité pour les personnes concernées au dela du gaspillage d’argent nous appartenant à tous)

        Cela n’a rien de surprenant.

        Il suffit d’évoquer le souhait de pouvoir quitter la secu francaise que le,monde entier nous envie, pour entendre ou lire un commentaire comme le votre… mais nos voisins sont ils mal soignés ?

  4. « 1. La réforme des études de médecine
    L’entrée en faculté est libre mais elle est suivie d’une hyper sélection qui élimine de futurs bon médecins. C’est un énorme gâchis ! »
    En fait c’est un peu de que l’on trouve dans pas mal de filières, à commencer par les études d’ingénieur. 2 ans de prépa, 3 pour certains, concours et risque de devoir repartir à la case départ. La sélection est criticaille mais rien ne permet d’affirmer qu’elle éliminé de futurs bons médecins, ingénieurs, enseignants, etc.

    « 2. Les organismes de l’État 
    Les mutuelles au nombre de plus de 450 offrent des contrats illisibles. »
    C’est le propre d’un domaine concurrentiel. Si toutes ces complémentaires existent c’est aussi qu’elles ont des clients qui, pour la plupart, y trouvent leurs comptes et arrivent à en comprendre les contrats. Donc pour les usagers, pas de problème.
    Pour le professionnels de santé peut-être ?
    Les professionnels de santé libéraux disposent depuis longtemps de logiciels qui traitent la totalité de ces conventions, types de contrats et autres aspects techniques, de façon quasi automatique. Je sais de quoi je parle, je leur en fournis un depuis plus de 20 ans. Mais il est vrai que si une infirmière ou un kinésithérapeute arrive à gérer ces aspects administratifs facilement (les ordonnances Juppé de 1996 leur ont fait gagner entre 1 et 2h de temps administratif par jour en moyenne), les médecins restent arc-boutés sur des considérations purement politiques et refusent ces avancées techniques simples. Leurs arguments, largement médiatisés, sont ceux du 19e siècle sur ce point.

    « Les malades pris en charge à 100% consomment sans compter au détriment du remboursement de l’optique et des soins dentaires mal pris en charge et de la tarification des actes médicaux irréalistes ! »
    Curieusement, si les malades à 100% abusent (selon certains médias et certains syndicats médicaux), c’est oublier de dire qu’ils bénéficient toujours de prescriptions médicales pour ça. Du Junky ou du dealer, qui est vraiment le responsable ?
    L’usage du DMP, si mauvais soit-il, permettrait d’éviter une bonne partie du papillonnage médical de certains patients. Pas de bol, la plupart des médecins n’en veulent pas, allez comprendre !

    Bref, article après article je persiste à ne pas partager ces visions copropriétés, biaisées, partiales et mal argumentées. Un plombier liberal, un photographe liberal, un avocat liberal n’ont pas été formés aux exigences administratives. Mais les remplissent car c’est bien l’un des aspects essentiels de l’exercice d’une profession libérale.

    Là où je rejoins M. Kron, (désolé de ne pas faire référence à vos diplômes, je suis, tout comme vous, étranger à la « diplomite » évoquée dans votre lien) c’est que la seule solution est de salarier tous les médecins. Plus de CCAM, plus de RPPS, fini les évaluations, adieu la 2035 en fin d’année. Terminé les cadeaux des visiteurs médicaux ou les considérables aides d’Etat pour la télétransmission, l’informatisation, etc.
    Oui à la soviétisation de la santé !
    Oui à un avenir radieu !

    1. obvious troll is obvious!

  5. Pourquoi « sauver notre système de santé »? Qu’on l’enterre et un autre prendra sa place.

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