Bientôt une tempête sur les taux ?

Publié Par Simone Wapler, le dans Bourse et investissements

Par Simone Wapler.

Les rendements obligataires remontent un peu partout dans le monde depuis deux semaines. Si ce mouvement s’intensifie, les intérêts des dettes deviendraient vite insupportables. Les Allemands se préparent au pire et préparent un Gold-euro.

La marée ne monte plus

La quantité d’obligations à rendement négatif diminue. En juin 40% des obligations émises par les pays étaient dans ce cas. Aujourd’hui ce n’est que 34% selon le Financial Times. Mais ce niveau est encore le double de celui du début de l’année. La marée ne monte plus (elle avait atteint 12 600 milliards de dollars) mais va-t-elle maintenant descendre vite ?

Sur ce graphe du Financial Times, en rouge les obligations à rendement négatif. En rose celles qui ne rapporte rien et en vert celles qui offrent un rendement positif.

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Comme vous le voyez, la proportion du marché obligataire souverain en rendement négatif reste encore importante.

Et comme vous le savez, dans le créditisme, les obligations souveraines sont le pivot du système monétaire. Les titres en dollar, yen, euro, livre et franc suisse sont les « monnaies » les plus sûres, le dollar étant le maître.

Pour expliquer ce mystère moderne, que des investisseurs puissent vouloir payer pour prêter, deux explications sont habituellement avancées : le pessimisme quant à l’avenir et la réglementation. Cette dernière pousse les institutionnels à investir leurs fonds propres (l’argent qui leur sert de garantie) dans les actifs sûrs que sont supposés être les emprunts d’État.

Ajoutons aussi qu’acheter une obligation souveraine est un moyen de spéculer sur les variations monétaires. Par exemple, un investisseur admet de parquer son argent en euros en payant 1% par an s’il pense que sa monnaie d’origine peut se déprécier par rapport à l’euro de plus de 1%.

Mais depuis juin, donc, la gangrène des taux négatifs semble vouloir reculer et les rendements remontent à nouveau.

La normalisation se ferait-elle sans que Janet Yellen de la Fed, Shinzo Abe au Japon ou Mario Draghi aient leur mot à dire ? Le marché serait-il toujours vivant ?

Le monde ne peut supporter une tempête sur les taux

Pour Jens Weidmann, le président de la Bundesbank allemande, « si les taux remontent, les dettes ne seront plus supportables ».

Les contribuables ne pourront pas payer les intérêts dus sur la dette publique. Les banques qui se sont lestées d’emprunts de leurs propres pays seront à nouveau en difficulté.

Que vont faire nos banquiers centraux ? Vont-ils tout racheter ? Mais dans ce cas, les peuples conserveraient-ils leur confiance dans la monnaie qu’on leur impose ?

Un Euro-Or allemand ?

Est-ce pour cela que l’Allemagne prépare un « euro-or »  comme le révélait le journal Handesblatt la semaine dernière ? Les Allemands n’entendent pas se faire “japoniser” ni par les taux négatifs ni par une inflation provoquée par le décollage des helicopters money.

Leur plan A consiste donc à créer une monnaie, pour l’instant privée, utilisable en paiement et unité de compte. Cet euro-or aurait pour objectif de protéger les épargnants allemands contre l’inflation ou les taux négatifs. Ils pourraient ouvrir des comptes Gold-euro adossé à de l’or physique.

En cas d’explosion de l’inflation ou d’implosion de l’euro : basculement vers le Gold-euro qui deviendrait une monnaie officielle, contenant 1 gramme d’or et frappée du sceau allemand. C’est le plan B.

Oui, il semble bien que les Allemands se préparent à une tempête sur les taux.

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  1. C’est du délire complet. Je veux bien admettre que les Allemands essaient de se protéger des rendements négatifs mais revenir à l’or serait revenir à la préhistoire. Il y a pour eux une méthode bien plus efficace qui est simplement d’investir dans leurs points forts industriels exportateurs. Ils peuvent même pour cela émettre (et bien sur ne pas acheter) des obligations à taux négatifs !

    1. Tu dirais aussi quand on a quitté le communisme dans certains pays et qu’on est revenue en arrière que c’est un retour à la préhistoire.

      Cesse de penser que ce qui est plus récent est nécessairement mieux, comme s’il y avait une marche en avant obligatoire vers le progrès. Des idées, des contenus ou des inventions ultérieures peuvent aussi constituer une régression. Si c’était faux il n’y aurait jamais eu de moyen-âge, pas plus que les sociétés libérales issues des révolutions n’auraient donné naissance au communisme au fascisme ou au nazisme.

      Ce qui est mieux, c’est ce qui tient l’épreuve du temps et qui résiste aux chocs et aux problèmes. L’utilité étant subjective par définition ce qui est mieux pour les individus c’est ce qui est choisi par les individus. Les monnaies fiduciaires sans actif pour la garantir (ce que les anglo-saxons appellent des fiat currency) doivent souvent être imposées comme moyen de payement et finissent toujours par être rejetées .Fluctuat nec mergitur, n’est pas chose qu’on peu dire des monnaies fiduciaires.

      Aucune monnaie de ce type n’a tenu des siècles, et pourtant il en est apparu des centaines au cours de l’histoire. L’or par contre c’est la seule monnaie qui a réussit l’exploit de traverser les millénaires. Peu importe qu’on aime l’or ou pas qu’on le trouve pratique ou pas, il a une propriété que les monnaies fiduciaires n’ont pas: il n’est pas multipliable par les rois et les politiciens comme les petits pains par Jésus. Et cette propriété fait toute la différence.

      1. Peu importe qu’on aime l’or ou pas qu’on le trouve pratique ou pas, il a une propriété que les monnaies fiduciaires n’ont pas: il n’est pas multipliable par les rois et les politiciens comme les petits pains par Jésus. Et cette propriété fait toute la différence.

        +1000 et même bien plus.

        1. Et si un dictateur fou décidait de mettre tout ses moyens de production dans l’extraction d’or ? La quantité d’or augmenterait mais la production du reste s’effondrerait. Une masse monétaire liée à la quantité de projets productifs en cours me semble bien plus saine. C’est vrai que les politiciens ont toujours la tentation de manipuler le système mais il y a quand même eu des progrès, la France en particulier ne peut plus à volonté faire croitre sa masse monétaire et faire des dévaluations sauvages comme autrefois. L’euro, honni par certains est un progrès énorme et c’est justement parce qu’il permet aux pays les plus sérieux (l’Allemagne bien sur) d’empêcher les moins sérieux (Grèce, France…) de faire n’importe quoi.

          1. Et si un dictateur fou

            Vous pensez à François ou à Barack ❓ Ou à Hillary ❓ Ils ont autre chose à faire que de chercher de l’or. Par exemple susciter des guerres pour vendre des armes et rester au pouvoir… Autrement dit, vu qu’ils ont « les pieds sur terre », c’est extrêmement improbable. Et il n’y a pas que l’or. L’argent par exemple.
            Faire n’importe quoi, c’est se faire shooter par le premier petit caporal venu.
            Quant à la masse monétaire, laissez le choix aux entrepreneurs de commercer avec la monnaie de leur choix. Libre choix de la monnaie, et je serai d’accord avec vous.

            1. Il y aurait eu environ 170 000 tonnes d’or extraites au cours de l’histoire, et 50 000 tonnes encore à extraire (sur la seule planète Terre).

              1. Bah, juste 5000 km3 à déplacer, une paille 🙂
                Allez, au boulot, on attaque le premier km cube ❓

              2. Donc la totalité de l’or terrestre représente, au cours actuel de 40 millions d’euros la tonne, dans les 9 000 milliards d’euros. On rappelle que les dettes publiques des pays de l’UE s’additionnent à 12 500 milliards…

                1. Oui, 12 500 milliards est un chiffre qui sort du sens imaginable. Autrement dit remboursable avec des cacahuètes… ou jamais…
                  Dit encore autrement, c’est vivre en état de faillite permanente. Ou encore de mentir en permanence.

    2. Certes, les actions des exportateurs allemands sont une valeur certaine.
      Mais celui qui à l’approche de la retraite veut du cash, celui-là il est bien embêté par les taux négatifs.
      Et rien n’empêche de diversifier.

      1. Le futur retraité a intérêt à accumule des actifs « réels » et s’il doit ensuite puiser dans son capital, il ne doit le vendre qu’au fur et à mesure de ses besoins sans avoir jamais plus de cash (et d’équivalents en obligations) que le nécessaire pour ses dépenses courantes. De cette façon il sera complètement imperméable aux soubresauts monétaires.

        1. Faux, il faut vendre avant d’en avoir besoin, au plus haut des cycles. On y est. Pas quand il en a besoin.
          En cas de crash, vous vendriez au plus bas ❓

          1. Actuellement, le problème est que vendre revient à arbitrer son bien tangible contre des monnaies, or on ne vend en haut de cycle que si on dispose d’un autre placement sans risque ou en bas de cycle pour réemployer les fonds.

            1. Exact, vendre pour consommer immédiatement se conçoit mais vendre pour acheter un actif de moins bonne qualité n’est pas recommandable. Et il faut rappeler que la vraie valeur d’un actif est ce qu’il permettra de consommer avec sa valeur de vente si on doit le vendre. Les adorateurs de l’or ont il conscience du fait que si la production mondiale diminue (grosse crise) , le pouvoir d’achat de leur or diminuera aussi ? A contrario, dans une économie en croissance, une masse monétaire en croissance raisonnable profitant à ceux qui ont des projets contribuant la croissance est beaucoup plus saine qu’une masse monétaire fixe. La liaison entre la production et la masse monétaire est complexe mais il est bien évident qu’une société riche a besoin de plus de monnaie en circulation qu’une société à la limite de la subsistance.

              1. Vous considérez l’Euro comme ayant déjà moins de valeur que du PQ ❓
                L’Euro n’est pas seul au monde. De même pour les banques, il n’y a pas que DB, SG ou CA. Et rien ne vous interdit de planquer vos avoirs chez vous, si vous savez faire de l’enduit, bien malin celui qui ira trouver votre liasse de billets de 500.- dans une cloison.
                Bien sur, si les banques centrales touillaient moins leurs monnaies, il y aurait moins de variations sur les actifs comme les actions ou l’immobilier.

                J’ai liquidé un paquet d’actions, et j’ai remboursé des dettes alors que j’aurai pu attendre comme vous le dites, ou transférer une partie sur des actifs en CHF,$ et £ avec un peu d’or.
                Si vous avez plus de 100k Euros, l’immobilier est envisageable, et il n’y a pas que la fRance.

                Quoi que vous fassiez, quelque soit l’actif, il existe un risque, ou au moins des variations de valeur, même dans les valeurs dites défensives. S’il existe un actif plus sûr, l’état saura le rendre moins sûr… Si vous craignez le risque, restez couchés. Mais ne fermez pas l’œil, on ne sait jamais.

                Vous faites comme vous voulez, mais je ne m’y prendrais pas au dernier moment pour vendre des actions ou de l’immobilier. Six mois à un an à l’avance, commencer à se renseigner.

                1. Moins de valeur que du PQ, non, mais plus de risque de se déchirer, oui 😉
                  La liasse de 500.-, ne vous inquiétez pas, le billet sera démonétisé. Pendant la guerre de 14, certains ont planqué leurs avoirs dans des caches murées, et soit ils ne sont jamais revenus pour en profiter, soit quelques obus sont tombés sur la maison et rien n’en subsistait.
                  Bon, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire des arbitrages, mais qu’il faut soigneusement étudier la chose pour éviter d’arbitrer la qualité moyenne contre la pas meilleure.

                  1. La liasse de 500.-, ne vous inquiétez pas, le billet sera démonétisé.

                    Alors liasse de 100.-. Ou pièces d’or, ou lingotins si ces andouilles interdisent le cash…

                    Faire un arbitrage n’est jamais chose facile. Et vous risquez bien malgré tout de vous tromper.
                    Mais souvent vous êtes obligés d’en faire : pour la retraite, vendre un objet immobilier, même en viager.
                    Vous avez des fonds qui rentrent, mais qu’en faire? Acheter des actions, c’est prendre le risque d’acheter au mauvais moment et de voire son capital disponible réduit alors que vous en auriez besoin. Il restait les obligation d’état, mais avec des taux négatifs, ce n’est pas incitatif du tout. Les obligations de grandes entreprises peuvent aussi avoir des taux négatifs. Reste le cash si vous avez un coffre (parce que le sommier, lol), de l’or ou des bien liquides de ce genre.

              2. Le problème n’est pas que la valeur de l’or (ou de toute monnaie) fluctue mais qu’elle fluctue pour de bonne raisons et pas parce qu’une bande d’escrocs au pouvoir décide que la monnaie doit monter ou baisser afin de favoriser leurs propres intérêt et celui de leurs complices.

            2. Mais si vous vendez au dernier moment, la banque (DB) peut quand même faire faillite… Vous n’aurez pas le temps d’utiliser votre avoir.
              Si c’est la BCE, ce n’est pas mieux. Et vous ne savez pas quand cela va arriver. Pas de bol, ce n’est pas que pour Mou Président. D’autant qu’il est prêt à le partager ce bol…

              Si par contre vous avez réparti sur différentes devises, monnaies et actions défensives, dans des banques différentes dans des pays différents, l’Euro peut toujours clamser. A ce moment, vous vendez l’actif qui a le plus monté quand vous avez besoin de fonds. Pour rappel, dans les années 60, 1 franc suisse valait 1 franc français. Dans les années 90, c’était 4 franc français, et aujourd’hui, c’est près de 6. Mon avis, c’est qu’il faut être négligent pour tout avoir en Euro, et en actifs hors PEA (à faire dormir un moment et ce n’est pas normal d’être limité, on devrait être libre) parce que vous prenez le risque à votre charge, et que l’état encaisse plus de 60% des bénéfices.

              Ici, l’or c’est 10% de frais, et après six mois pas de plus-values 🙂 Pas comme en fRance 🙁

  2. « L’or par contre c’est la seule monnaie qui a réussit l’exploit de traverser les millénaires. »
    Euh, non !
    L’or est une matière première !
    Il y a eu des monnaies à base d’or (jamais pur), d’argent, de cuivre, on pourrait en faire à base de platine … (Sparte utilisait une monnaie à base de gros lingots en fer !)
    L’or pose un double problème en l’espèce :
    – il faudrait déjà que l’Allemagne récupère son stock d’or qui est quelque part aux USA mais on ne sait pas bien où !?! On n’est même pas sûr qu’il existe effectivement !!!! L’Allemagne a réussi à en récupérer 3 tonnes récemment avec beaucoup de difficultés !
    – on ne peut pas assurer des transactions internationales à base d’or, il en faudrait des quantités énormes et ce n’est pas manipulable (d’où la création des lettres de change au moyen age) sans compter qu’il faudrait « fixer » (par qui ?) la valeur de l’or à 100.000 $ l’once !!!
    Bien cordialement

    1. La monnaie or à bien traversée les millénaire puisqu’on en parle encore aujourd’hui. Ce n’est pas parce que d’autre type de monnaie on été utilisé (et la plupart abandonnée) qu’elles ont remplacé l’or. l’or à toujours été une référence même si des monnaies moins chères étaient utilisé en même temps.

      1. 1/ A l’ère d’internet et de l’ordinateur il est très facile de négocier des fraction d’or physique électronique sans que celui ci ne bouge d’1 mm
        2/ laissé le marché fixer le prix de l’or par rapport aux autre monnaies sera toujours le meilleure moyen

  3. « Parier contre l’or revient à parier sur les gouvernements. Celui qui parie sur les gouvernements et leur papier monnaie parie contre 6.000 années d’histoire de l’humanité !»
    Charles de Gaulle

    1. Il vous avait bien compris…

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