Impôts et racket, quelle est la différence ?

Publié Par Simone Wapler, le dans Fiscalité

Par Simone Wapler.

Monnaie et impôt sont étroitement liés. Les “politiques monétaires” sont avant tout des “politiques” ; celles actuellement menées par les banques centrales conduisent en réalité à un impôt non consenti. Elles relèvent par conséquent du racket.

« En tant que président de la Fed d’Atlanta, la première chose que je ferai serait de ramener mon salaire à zéro. Cela enverrait un signal clair de la vraie valeur de ce travail.

Ensuite, je saisirai chaque opportunité d’exprimer publiquement pourquoi la Fed devrait être démantelée. Je pointerai toutes les erreurs que la Fed a commises et à qui elles ont profité. J’attaquerai les théories économiques des autres gouverneurs et présidents de la Fed à chaque occasion qui se présenterait.

Cette mission serait certainement plus utile que tous les services prodigués par n’importe quel membre actuel de la Fed. Mais je l’assumerai gratuitement. »

Mike “Mish” Shedlock, Sitka Pacific Capital Management, réagissait ainsi le 13 septembre à la démission de Dennis Lockhart, président de la Fed d’Atlanta.

La politique monétaire est en réalité fiscale

Il existe un lien étroit entre impôts et monnaie. Pour assurer son train de vie, un État a besoin de prélever des taxes. Une monnaie a un “cours légal” sur un territoire donné et elle ne peut alors être refusée en règlement d’une dette et notamment des impôts. En prenant le contrôle de la monnaie, un État simplifie le recouvrement de ses impôts. C’est pourquoi les gouvernements détestent les monnaies privées et la concurrence monétaire.

Depuis le sixième siècle avant Jésus-Christ (date de l’avènement de la première monnaie étatique), les gouvernants ont toujours été tentés de manipuler la monnaie pour recouvrer plus d’impôts. Autrefois, le pouvoir avilissait les pièces (en mettant moins de métal précieux) ou les rognait. Désormais, il baisse les taux.

Dans nos démocraties modernes, en principe, l’impôt est débattu et voté. Les débats parlementaires et le vote sont supposés assurer le consentement à l’impôt des populations qui y sont soumises.

Mais dans la vraie vie, il y a les jolis principes et la réalité.

Par exemples, les dettes publiques ne sont qu’un empilage de déficits, des dépenses qui n’ont pas été financées en levant immédiatement l’impôt. Instinctivement, les gens ont bien compris que la dette publique est de l’impôt en devenir et c’est pourquoi plus elle grossit, plus ils épargnent.

L’impôt est impopulaire. Le jeu politique consiste donc à ce qu’il soit le moins visible possible ou à faire payer le plus possible au plus petit nombre possible. Le jeu politique consiste, comme l’explique Bill Bonner, « à s’emparer de la valeur, pas à la créer ».

La politique monétaire vise à rendre l’impôt sournois et transparent. Les taux bas ou nuls taxent les épargnants en transférant leur argent sans qu’ils reçoivent les intérêts auxquels ils pourraient prétendre vers les emprunteurs. Mais qui sont actuellement les plus gros emprunteurs, les plus puissants ? Les États.

Mais ce n’est pas tout…

Les taux bas ou nuls et les rachats de titres financiers par les banques centrales permettent aussi de faire monter les prix des choses que convoitent ceux qui ont accès au crédit : immobilier, foncier, actifs financiers…

L’impôt non consenti n’est que du racket

Les politiques monétaires sont donc un impôt non consenti et non voté sur les épargnants et les gens les plus modestes qui ne bénéficient pas d’un accès facile au crédit.

Ces politiques monétaires favorisent les plus riches, ceux qui sont près de la source de crédit : industrie financière, multinationales, insiders. On ne prête qu’aux riches ou à ceux qui ont le privilège de la “force légale”.

Pour défendre ces politiques iniques, leurs promoteurs assurent qu’elles nous protègent contre d’abominables dangers : déflation (baisse des prix), krach immobilier ou boursier. Pourtant, ces mêmes politiques de taux bas sont à l’origine de hausses des prix injustifiées.

Dans la vraie vie comment appelez-vous quelqu’un qui vous demande de l’argent pour vous protéger d’une menace dont il est lui-même à l’origine ? Un gros type à costume noir, et lunettes de soleil, qui vous explique que, même si vous avez tous les extincteurs qu’il faut, pour écarter tout risque d’incendie il va falloir lui donner de l’argent tous les mois ?

Oui, c’est ça : un racketteur !

Évidemment, nos racketteurs sont plus difficiles à identifier que le gros type à lunettes de soleil, en costume noir avec une bosse.

Ils se servent d’équations compliquées pour justifier leurs coupables agissements.

Mais leur orgueil peut les perdre…

Ainsi, la Fed a osé mettre en ligne un jeu vidéo qui vous propose de devenir président de la Fed et de fixer les taux directeurs en fonction de l’inflation et du taux de chômage.

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Pour les amateurs, c’est ici.

Ce “jeu” nous démontre ainsi l’extraordinaire prétention de cet établissement qui prétend réguler l’activité économique de milliards d’individu par quelques paramètres.

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La révolte des cobayes ?

Heureusement, il reste un peu de bon sens en ce bas monde. En Allemagne, on se prépare déjà à la déconfiture des banques centrales. Selon le Handesblatt du 14 septembre, les Allemands étudient la mise en place d’un euro-or.

Les Allemands n’ont aucune envie de se faire “japoniser” par les taux négatifs ou une inflation provoquée par le décollage des helicopters money.

Ils envisagent de créer une monnaie privée, euro-or, utilisable en paiement et unité de compte. Les Allemands pourraient alors ouvrir des comptes Gold-€ adossés à de l’or physique.

En cas d’explosion de l’inflation, le Gold-€ deviendrait une monnaie officielle circulante frappée du sceau allemand contenant un gramme d’or.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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  1. a monnaie or…….ha ha ha , c’est du foutage de gueule ce retour au passé alors qu’on parle maintenant de cryptomonnaie …on parle en grammes d’or devra t on diviser l’or physique en atome puis …en dessous il n’y a rien !

    1. Certes, certes, mais quand tu n’auras plus d’électricité ou d’accès au réseau ou que le réseau sera complètement contrôlé par l’état tu feras quoi avec ta crypto-monnaie? L’informatique coco, c’est pas fiable. La pièce d’or à l’abri derrière mon fusil semi-automatique 7.62 c’est plus sur…….C’est certes plus archaïque et moins pratique sous certains aspects, mais c’est plus sur.

  2. Absolument !
    Cette idée du retour à l’or c’est n’importe quoi !
    De surcroit, c’est juste une idée de 3 ou 3 députés allemands …
    donc rien à voir avec une position officielle de l’Allemagne !
    L’or est une matière première pas une monnaie !
    Et pourquoi une double monnaie ?
    une monnaie reflête la puissance économique d’un pays ou d’une zone économique … pas l’or !
    Vous voulez vous/nous faire peur : il suffit que l’Allemagne sorte de l’Euro et reprenne la DM !
    Elle la seule de la zone à pouvoir reprendre sa monnaie d’origine sans sombrer !
    Et en pareille hypothèse, je ne donne pas cher de l’Euro et de certains de ses membres (France, Italie, Grèce … le club des surendettés)
    Bien cordialement !

    1. Et pourquoi le monopole de la monnaie, que vous semblez prendre comme paradigme indépassable ?

  3. les maffieux ne s’y prennent pas autrement ; ils font peur aux commerçants puis leur imposent une solution ; ma protection contre ton pognon …..sinon , gare aux représailles…..

  4. Le jeu de la FED existe déjà , cela s’appelle les plateformes de trading des marchés des devises et des taux interbancaires , en fonction du chômage et de l’inflation ( par exemple la parité euro-dollar ).
    Aucune différence entre impôts et racket , de même qu’il n’y a aucune différence entre sécu et collectivisme totalitaire .

  5. C’est exactement ça : le politique ( quel que soit le parti ) est le gros type aux lunettes noires ,,au costume noir avec une bosse à la poche intérieure gauche .Il n’y a plus que les niais pour aller voter pour ces gens là ( mais il y a encore 50% de moutons à l’âme d’esclave qui aiment , voire réclament leur servitude , comme disait A.Huxley dans  » le meilleur des mondes  » .)
    En allant voter , vous choisissez seulement celui qui aura le droit de vous enlever toutes vos libertés et de vous racketter .Si vous préférez vous faire surveiller , opprimer et racketter par la droite , votez à droite , si vous préférez vous faire surveiller , opprimer et racketter par la gauche , votez à gauche . ( les pires fachos mafieux étant les soi-disant écolos , voir le fasciste écolo De Rugy qui rêve d’imposer le vote obligatoire avec son pote le socialo-fasciste Bartelone .)
    Avec eux , vous devrez élire Al Capone de force !

  6. Je trouve cette idée d’€-or interessante. Monnaie corrélée au stock d’or allemand (donc sorte de nouveau DM), plutôt qu’à un concept fumeux de PIB, de dette nationale, de taux directeur ou que sais-je.
    Il fut un temps où les stocks d’or détenu par les États variant en directe proportion avec le PIB. Époque où dans le PIB il y avait peu ou pas de dette et moins de redistribution. Avoir coupé ce cordon a ouvert l’accès au bar à tous les alcooliques dirigeant nos pays. Fermer le bar et reprendre un étalon or n’est pas plus idiot qu’autre-chose.
    Et tout comme le nombre de Bitcoins est limité dans le temps, la quantité d’or disponible l’est.
    Dans tous les cas, la question me semble intéressante…

  7. J’ai une question un peu théorique. Le taux d’intérêt est supposé être le résultat de la confrontation entre l’offre d’épargne et la demande du crédit. Nous avons un gouvernement allemand qui ne consomme plus cherchant à tout prix un excédent budgétaire, des ménages vieillissant et qui épargnent plus qu’ils ne consomment (pas le plus haut taux d’épargne d’Europe mais proche des 10% quand même) et une politique de « compétitivité » qui s’est voulue déflationniste au moins jusqu’à très récemment. Est-ce que si l’Allemagne avait sa propre monnaie et n’était pas dans l’euro la situation ne serait-elle pas exactement la même et les taux aussi bas qu’ils le sont actuellement? Est-ce que ce n’est pas justement la politique allemande de déflation qui empêche ces taux de remonter. En gros les allemands voudraient le beurre et l’argent du beurre…

  8. « Impôts et racket, quelle est la différence ? »

    Le premier c’est un type à casquette ou képi, le second c’est exactement le même type mais il porte un panama à feutre? Si c’est pas ça je sèche.

    Blagues mises à part, si le sujet c’est de comparer la politique monétaire à la politique fiscale un petit livre intéressant pour une première approche c’est « Monetary vs Fiscal policy », par Friedman et Heller. C’est un débat entre eux sur l’importance de chacune des deux. Heller, puis Friedman, puis la réponse de chacun à l’autre.