Corée du Nord : que faire face au dernier État totalitaire ?

Publié Par Auteur invité, le dans Asie

Par Pierre Rigoulot.

La Corée du Nord vient donc d’effectuer son cinquième essai nucléaire. Les condamnations ne manquent pas dans le monde entier. Mais quelle importance ? Dans son délire obsidional, la Corée du Nord trouvera dans sa posture «seule contre tous» de quoi justifier de nouveaux appels à la mobilisation, à la résistance, au combat contre l’impérialisme américain et ses marionnettes de Séoul, etc.

Le Conseil de Sécurité va se réunir, et il décidera de nouvelles sanctions qui ne seront pas appliquées ou qui le seront en les assortissant de divers moyens de les détourner.

Ne pas fâcher l’allié chinois

La vérité est que l’Occident n’a guère envie d’adopter des mesures de contrainte qui fâcheraient l’allié chinois, le seul – mais il est de taille – dont puisse se targuer la Corée du Nord. Pour des raisons stratégiques, qui touchent à sa sécurité, telle qu’elle la voit, la Chine continentale ne veut pas que disparaisse la verrue nord-coréenne de son environnement géopolitique.

Les risques engendrés par la prolifération nucléaire et la perspective de missiles porteurs de bombes miniaturisées par un État hors de tout contrôle sont pourtant clairs. Et ce régime est d’autant plus dangereux qu’il est le plus totalitaire du monde et qu’il ne tient aucun compte de l’opinion du peuple sur lequel il exerce une terrible tyrannie.

Il ne suffit donc pas de réagir au seul danger nucléaire que ce régime fait courir au reste du monde, en laissant de côté son caractère totalitaire. La simple realpolitik commande que la communauté internationale dénonce dans le même temps le danger nucléaire et la terreur que la dynastie Kim exerce sur son peuple. Sans cette tyrannie, sans l’imposition d’une vie misérable pour la quasi totalité des habitants du pays, vitrine de Pyongyang excepté, sans l’exploitation honteuse de ses travailleurs, qu’elle «vend» en Chine, en Russie et au Moyen-Orient, pour ne rien dire des divers trafics qu’elle dirige en sous-main, pas de réalisation du programme nucléaire.

Le régime concentrationnaire coréen

Tous les États sont ainsi placés devant leurs responsabilités, à commencer par la Chine communiste : peuvent-ils se contenter de blâmer rituellement, après chaque essai nucléaire, tout en tolérant dans les faits l’existence de ce régime concentrationnaire et familier des exécutions, publiques ou non ? Faut-il être à ce point paralysé par le principe de la souveraineté des États, alors que la Corée du Nord terrorise son propre peuple ?

C’est pourquoi, au-delà des sanctions qu’elle a prises et qu’elle prendra, l’ONU doit engager des mesures concrètes en faveur des droits de la population nord-coréenne, notamment l’accès à la libre information.

Sans doute, comme l’a dit Mme Park, la Présidente de la Corée du Sud, à l’annonce du récent essai, le régime du Nord travaille-t-il à propre destruction, tant il lui est impossible de mener de front ses objectifs militaires et d’assurer le minimum vital à sa population. Celle-ci n’en peut plus d’être nourrie à coups de slogans et de rêves de puissance. Comme l’Union soviétique, le régime nord-coréen totalitaire tombera, malgré son arsenal nucléaire. Certes, cette chute sera d’abord l’œuvre des Nord-Coréens eux-mêmes. Mais pourquoi ne pas donner notre coup de pouce ? On y gagnerait en prime plus de sécurité internationale et la conscience d’aider, enfin vraiment, près de 25 millions d’êtres humains victimes du totalitarisme.

Pierre Rigoulot est directeur de l’Institut d’Histoire Sociale. Auteur de nombreux livres de référence, Pierre Rigoulot a notamment collaboré à l’ouvrage collectif Le Livre noir du communisme (éd. Robert Laffont). Il est le rédacteur en chef d’Histoire et Liberté.

  1. Il semblerait que l’auteur ait oublié la France et Kim Jong Holland…

    1. Devancé ! Bon, accordons à l’auteur la qualité de sa vision sélective et une volonté de diabolisation propre à une politique hégémonique dont chacun connaît la source. Et ce n’est pas un plaidoyer pour l’instauration de la démocratie (à l’exemple de la Suisse). Sers l’oligarchie qui veut se corrompre.

      Sinon, toujours aucun auteur dans Contrepoints pour expliquer rigoureusement et objectivement pourquoi la France, petit pays si bien classé mondialement au niveau économique, patauge entre la vingtième et la cinquantième place dans et pour la quasi-totalité des autres indicateurs ?

      Ce qui mériterait d’ailleurs autre chose que de courts articles suivis de commentaires rapidement clos. Contrepoints tient ici, avec ce thème, une opportunité qualitative de développement de son lectorat.

      Pour mémoire : les déclassements français dans l’enseignement, en matière de corruption, dégringolade dans la liberté d’expression et de la presse, stagnation de l’indice démocratique du  »pays des lumières », etc. Ou, à contrario, ce taux aberrant de prélèvements fiscaux, à comparer avec celui de la Corée du Nord, justement ! Ce ne sont pourtant pas des bagatelles.

      1. Merci pour votre développement. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Je pense que l’un des nombreux problèmes auxquels nous sommes confrontés tient à notre capacité à prendre la mesure réelle de l’état de notre pays et, ce, à tous égards.
        Concernant Contrepoint, il existe quelques chroniqueurs clairvoyants (dont H16 (sauf en matière environnementale, qu’il me pardonne)), mais le compte n’y est pas selon moi.
        Pour entrevoir la Réalité et se détourner enfin des ombres que l’on nous projette depuis si longtemps devant les yeux, entre autres nombreuses choses, je crois qu’il serait nécessaire de se réapproprier le langage confisqué par l’empire du bien pour asservir les individus et emprisonner les idées.
        Ensuite, il faudrait beaucoup de courage pour dire ce qui est, pour désigner ce qui en est la cause et pour donner à la Liberté la place qui devrait être la sienne dans une démocratie glorieuse.

        Bien à vous.

    2. En attendant Kim Jong Juppé ou le retour de Kim Jong Sarkozy?

  2. Je ne suis pas sûr que la Chine soit un soutien aussi inconditionnel de la CdN qu’il y a encore quelques années.
    Et attendre une révolution de l’intérieur du pays, je n’y crois pas…

  3. C’est une blague cet article?

    Aucune critique de nos propres démocraties et comment elles sont en train de tourner vers la dictature tant économique que de la pensée; aucune prise en compte du fait que les américains sont les seuls à avoir lancé une bombe atomique (en fait deux) sur des populations civiles; on parle de camps de concentration et de la Chine qui pourrait les critiquer sans aucune mention du fait que la Chine elle-même a des prisonniers politique et tue les prisonniers par paquets de douze (elle prélève même les organes de gens encore vivants), etc., etc.

    Je suis le premier à descendre en flamme la Corée du nord, mais cela n’interdit pas un minimum de recul sur notre propre système et les actions de nos propres dirigeants. Là c’est complètement à sens unique sans aucun propos nuancé ou mesuré.

  4. Il est faux de dire que kim jong-un s’enfout de son peuple car il est triste et aimerait une vie digne pour chacun et je comprends son combat contre l’impérialisme américain qui détruit des pays entiers et des centaines de milliers de vies et ce sont eux qui ont crée daesh juste pour sa soif de domination et c’est les etats-unis qu’il faudrait comdaner après j’admets qu’il devrait y avoir des négociations pour les droits humains mais avec les sanctions on ne fait qu’irriter plus kim jong-un et ne donnent rien

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