L’industrie du sucre sape notre santé

Publié Par Charles Boyer, le dans Santé

Par Charles Boyer.

Coup de tonnerre ces derniers temps, des preuves sont apparues démontrant que l’industrie du sucre a joué un rôle actif et douteux dans les conseils de santé que donnent les autorités au public, en particulier ceux qui recommandent de manger peu de gras.

Depuis quelques années, ces recommandations elles-mêmes sont sous le feu de critiques de plus en plus pressantes. De fait, celles des États-Unis sont depuis peu revenues sur les restrictions qu’elles contenaient contre les graisses saturées et le cholestérol. Scientifiquement, cela se comprend car les maux qu’on a longtemps prêtés à ces graisses ne sont pas rigoureusement fondés.

Manger maigre

En fait, plus le public a suivi les recommandations de manger maigre, des aliments à faible teneur en graisses, plus des problèmes de santé majeur ont augmenté, tels l’obésité, le diabète de type 2 et les troubles cardiovasculaires.

Quel serait l’intérêt des industries sucrières dans cette affaire ? En fait, l’organisme humain ayant besoin d’énergie, quand on vend des produits et préparations dites maigres, pauvres en graisses, alors on compense en y ajoutant davantage de glucides, et souvent davantage de sucre, apparaissant sous diverses appellations dans la composition tels sucrose, fructose, maltose, dextrose, sirop de maïs ou autre. De toutes façons, tout composant dont le nom se termine par -ose ou tout sirop.

L’inverse est également vrai : le sucre peut lui même être cause de maladies graves et, en orientant le blâme sur le gras, les sucriers ont pu obtenir que l’attention du public soit détournée dans cette direction-là. Pour l’écrire simplement, l’ingestion de sucre provoque un pic de glucose dans le sang. Pour le réguler, il s’ensuit un pic d’insuline, une hormone. À force de répétition, il peut en résulter une résistance à l’insuline, et un grand nombre de dérèglement hormonaux et autres phénomènes néfastes. Ce sont bien là des causes de maladies que nous avons citées plus haut. Notons que c’est vrai pour tous les glucides digestibles, et pas seulement pour les sucres. Les grains et les pommes de terre, par exemple, ont donc un effet proche du sucre. En consommant du gras, on ne provoque pas de tels pics d’insuline et les problèmes qui en découlent. Encore faut-il consommer de bonnes graisses et non des mauvaises.

Que devrions-nous y faire ?

Pour les consommateurs cette situation est inquiétante et il convient d’y réagir selon quatre axes principaux.

  1. Remettre en cause les autorités. Une recommandation provenant des USA et ayant ensuite été largement adoptée par le reste de la planète s’avère avoir été faussée par des industriels, aux dépens de notre santé. On peut débattre jusqu’à plus soif pour savoir si la faute en revient plutôt à l’industrie ou plutôt aux autorités, dont le biologiste Ancel Keys, qui fut particulièrement influent, mais pour notre santé ce débat est entièrement académique. Notre santé est notre responsabilité, et si nous sommes malades et que nous souffrons, les autorités n’en ont cure. Prendre soin de soi ce n’est pas suivre les instructions venant d’en haut, telle la campagne « manger-bouger ».
  2. Le docteur n’a pas d’autorité. Il possède une immense expertise amassée, que l’individu normal ne s’est pas donné la peine d’acquérir, et peut donc être un contributeur essentiel, voire nous sauver la vie. Cependant, deux choses encore : premièrement il n’est pas non plus omniscient, et deuxièmement, il suit, lui aussi, des recommandations officielles, dont certaines sont fausses. Là encore, chacun doit se rappeler que la responsabilité de sa santé est entre ses mains et non pas entre celles de son médecin. Et là aussi, si nous tombons malades et que nous souffrons, ce sont nous qui subissons, pas le médecin.
  3. La diabolisation du gras et, par opposition, le laisser-passer donné aux glucides, est une erreur. Recourir au gras plutôt qu’aux glucides comme principale source d’énergie permet d’éviter des pics d’insuline et les problèmes de santé qui en découlent. Encore faut-il consommer du bon gras.
  4. Si les autorités instaurent un monopole ou quasi monopole public sur la santé, tout en émettant, à la source, des recommandations incorrectes et responsables de maladies, alors les problèmes se multiplient, les recommandations de départ entraînant des dépenses massives de traitements, et qui plus est souvent incorrects. À titre d’exemple, actuellement on assiste à une réelle guerre – qui n’est pas entièrement sans lien avec la surconsommation de sucre et des mauvaises graisses – entre deux des plus grands journaux scientifiques de médecine, sur les traitements anticholestérol, qui représentent des milliards d’euros de dépenses. Pour notre santé, se posent donc sérieusement les questions de savoir s’il revient aux autorités d’émettre des normes ou recommandations, s’il est bon de leur confier un monopole ou quasi monopole des soins de santé, et enfin s’il n’est pas nocif de leur confier carrément les deux en même temps.

Si nous pouvons tirer quelque enseignement de cette sale affaire de lobbying à mauvais escient, c’est la prise de conscience que notre santé est avant tout notre affaire et relève de notre propre responsabilité. Il ne faut pas prendre pour argent comptant les solutions toutes faites venant d’en haut. Avouons-le, cela passe, pour chacun d’entre nous, par un très gros effort pour nous informer correctement plutôt que de penser que cette information viendra sans peine des autorités.

À lire aussi : Pourquoi je mange très gras 

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  1. Parfaitement d’accord !

    Perso, j’en ai inventé le régime « 103PR » (http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/05/le-sucre.html) et depuis presque un an maintenant, j’ai perdu 25 kg sans aucun effort, ai retrouvé des teneurs de sucre à jeun de l’ordre d’1 g/l (alors que je frôlais les 3 g « avant », mais ça, c’était avant : 0,97 ce matin), une tension de 13/8 (alors que je plafonnais autour de 23/24 risquant l’AVC à n’importe quel moment sans le savoir) sans pour autant me priver de manger et tout en restant « sans-bouger » pendant toutes mes longues journées de labeur-laborieux…

    Le sucre, un vrai poison (que j’en mets les nerfs en pelote de mon entourage dès que je vois une patate dans mon assiette ou qu’on me sert un morceau de pain que je délaisse, ce qui a d’ailleurs été le plus difficile de se passer…), que tout le monde ignore !
    En revanche, j’ai toujours les pieds comme du carton, même s’ils retrouvent un peu de sensibilité et ne saigne plus (ce qui m’avait alerté, parce que ça ne cicatrisait plus) que j’en ai donc fréquenté un toubib qui se rattrape depuis après avoir évité la corporation pendant 35 ans (même les toubibs du travail…).

    Ce n’est pas qu’on se sent mieux, mais au moins on apprend à lire les étiquettes sur tous les produits proposés à la vente (et que de surprises !) et on laisse dans les gondoles ce qui n’est pas étiqueté correctement, sauf à savoir que toutes les viandes, charcuteries et autres concentrés de protéines sont quasiment sans sucre (en général moins de 4 %, y compris la bière et le vin : j’ai mesuré avec mes « languettes » électroniques) : Bref, que du bonheur au point que mon toubib n’en revient pas lui-même.
    C’est pourtant un nutritionniste-diplômé qui va devoir réapprendre ses canons à lui !

    Bien à toutes et tous !

    I-Cube

    1. le sucre un poison???? dit comme ça…

      1. à vous lire vous aviez d’abord un problème de surpoids…en fait c’est le gras qui comme le sucre n’est pas un poison… mais bien sur tout dépend de la définition que vous donnez au mot poison..
        dans des tas de pays, les féculents représentent une partie importante de l’alimentation et pourtant les gens ne sont pas obèses…

        l’idée est que pour un mode de vie donné, pour une personne donnée, il y a sans doute une alimentation « meilleure » qu’une autre,mais il faut avoir la chance de pouvoir choisir son alimentation..
        .
        Le passage à « trop de sucre » c’est pas bon à » le sucre est un poison » est difficile à suivre.

        Les sucre c’est bon , le gras c’est bon, et rester assis c’est cool….

      2. Vous avez raison : On ne peut pas se passer des sucres !
        C’est le carburant de nos cellules (en commençant par le cerveau).
        Ce sont les « sucres-cachés » qui sont empoisonnants !

        1. … et si le sucre c’est le carburant, le gras c’est le réservoir !
          L’un est lié à l’autre et réciproquement grâce au travail du foie.

  2. PS : Pour ma part, j’ai quand même pu noter que depuis ma perte de masse, je :
    – flotte moins bien (http://flibustier20260.blogspot.fr/2016/09/mes-estives-personnelles-2016.html) ;
    – mes os thoraciques me font mal plus souvent ;
    – la peau du bide (des bras et des jambes) est devenue toute fripée, que s’en est affreux-dégueulasse ;
    – et mes « plaquettes de chocolat » abdominales ne sont pas réapparues pour autant !
    En revanche, un point positif, de 115 de TP bonnet B, je suis passé à 110 sans bonnet, même si ça n’est pas très compatible avec mon « ex-genre » de beauté (de « double-quintal »)…

    C’était histoire d’en rire un peu !

    Bien à toutes et à tous !

    I-Cube

    1. Sauf que la plupart des gens ont la flemme de se prendre en charge et même si leur médecin leur dit quoi faire en matière de nutrition peu font l’effort de changer leurs habitudes c’est tellement plus facile de gober des pilules et en plus c’est remboursé par la sécu,..
      Sinon pour i-cube je n’ai pas encore lu votre blog mais je vous conseille de découvrir le jeune intermittent si vous voulez perdre du poids de manière efficace et sans risques de rechute.

      1. C’est gentil, mais j’ai déjà fait une grève de la faim à une époque reculée : 10 jours sans manger = 10 kgs en moins !
        Mais 6 mois après, j’avais repris 20 kgs…
        A proscrire !

  3. navré mais je vois surtout là une preuve de la faillibilité du système de validation scientifique… car si il suffit de payer des scientifiques pour qu’ils fournissent un résultats qui vous plaise , que ce résultats soit revu de façon cavalière par les pairs et que les autorités scientifique médicales fassent des recommandations là dessus, il n’y plus de science possible …et dès lors certains vont exiger que toute recherche doit être financée ou approuvée publiquement.. ce qui ne changera rien d’ailleurs…sauf que les résultats seront tout aussi possiblement erronés mais serviront la politique publique plutôt que des intérêts privés.

    L’établissement de résultats robustes dans le domaine biomédical prend du temps… les politiciens poussés par tel ou tel lobby sont enclins à justifier leur décisions sur une science non établie, avec la complicité par omission des chercheurs qui devraient rappeler la nature de résultats préliminaires.

    On a d’un coté un peer review qui permet à des tas de papiers douteux d’etre publiés et on a le principe de précaution…

    J’adore les propos de matt brigg qui critiquant des résultats sur les effets des particules sur la santé publique grâce à un certain combre d’arguments tout à fait valide se vit répondre…

  4. A rechercher soi-même l’info, on risque de plus en plus à trouver n’importe quoi. Les peurs irrationnelles, les théories du complot, les traitements « alternatifs », les régimes absurdes, les déviance sectaires …

    Donc être responsable de sa santé, oui en théorie. En pratique, la santé est une grande loterie : Terrain individuel + accès à l’information + accès aux soins = Beaucoup d’aléas.

    Donc très difficile d’avoir un avis péremptoire sur la meilleure pratique pour tous.

  5. Heureuse civilisation qui n’est pas d’abord préoccupée de manger à sa faim…
    Et si le problème essentiel était le « trop » compte tenu de la moindre activité moderne?
    Ma grand-mére qui n’était pas « docteur » disait qu’il faut manger de tout, en sirtabt de table avec une petite faim…