La révolution automobile arrive !

Publié Par Auteur invité, le dans Technologies

Par Régis André.

La révolution automobile arrive !

Il faut sauver le soldat Heetch By: Simon_seesCC BY 2.0

La révolution automobile va essentiellement se baser sur l’explosion et la convergence de deux technologies :

Même si beaucoup imaginaient que les voitures automatiques sans chauffeur ne seraient commercialisées qu’à l’horizon 2030, il s’avère que celles-ci sont déjà au point. Ainsi, par exemple, Uber est en train de déployer aux États-Unis son service de VTC…sans chauffeur.

Concernant le covoiturage, celui-ci va incroyablement se développer dans les prochaines années entre autres grâce aux futures mises à jour d’applications de cartographie comme Google Maps ou Waze qui sont en train de se transformer du jour au lendemain en applications de covoiturage courte et longue distance, concurrençant ainsi les applications de covoiturage connues à ce jour telles que Blablacar, Heetch ou encore Uber. Les constructeurs automobiles sont également très bien placés pour se lancer sur le marché du covoiturage en intégrant de tels systèmes dans les ordinateurs de bord de leurs voitures qui pourront être mis en service très vite et très fort lorsque des millions de véhicules disposant de ces systèmes seront en circulation.

On s’aperçoit donc que le covoiturage courte et longue distance va exploser dans les années à venir de manière concomitante avec la généralisation des voitures automatiques sans chauffeur. Ce cocktail est explosif !

Les villes fourmilières de voitures automatiques

Les villes vont devenir des fourmilières de voitures automatiques, de toutes les tailles, avec des nombres variés de places disponibles pour les passagers. Ces voitures seront appelées grâce à nos smartphones et se déplaceront selon des trajets optimisés en temps réel en fonction des personnes qui monteront ou descendront le long du trajet.

Les conséquences sont énormes :

  1. presque plus personne ne sera propriétaire d’une voiture pour son usage personnel
  2. chacun pourra par contre investir, seul ou à plusieurs (apparition de SCA : Sociétés Civiles Automobiles !), dans une ou plusieurs voitures automatiques qui seront mises à disposition à la location sur les plateformes de covoiturage ; cela deviendra une sorte de nouveau type de placement (im)mobilier permettant aux propriétaires de voitures de percevoir des revenus réguliers
  3. le nombre de voitures en circulation sera drastiquement réduit en raison du fort taux de remplissage permis par le covoiturage optimisé en temps réel
  4. il y aura très peu de voitures stationnées le long des trottoirs de nos villes, sauf peut-être la nuit, car toutes rouleront 24 heures sur 24 : le paysage urbain s’en trouvera transformé car presque plus encombré de voitures garées avec une possibilité d’élargir les trottoirs
  5. les voitures automatiques iront se garer la nuit dans les parkings sous-terrains, y compris ceux des immeubles d’habitation ; la disponibilité des places de parking sera gérée informatiquement en temps réel : chaque voiture saura dans quel immeuble une place de parking est disponible
  6. les voitures ne seront peut-être pas tant que cela sous-utilisées la nuit car de nombreuses personnes les utiliseront pour effectuer les trajets longue distance pendant leurs heures de sommeil dans des voitures parfaitement adaptées pour dormir confortablement ; cela évitera de perdre 8 heures précieuses d’une journée pour faire un Lille-Marseille ; les trains de nuit disparaîtront et les trajets en avion sur des distances inférieures à 1000 km (distance approximative qu’une voiture automatique peut parcourir en une nuit) perdront de leur intérêt
  7. vu la réduction du parc automobile, il est probable qu’il y ait trop de places de parkings dans nos sous-sols et que beaucoup d’entre elles soient transformés en caves pour stocker nos affaires et bouteilles de vin ! La disponibilité de ces caves sera mutualisée via des applications de partage…
  8. les lignes de bus ou de car disparaîtront puisqu’il n’y aura plus que des voitures, vans, bus et cars automatiques sans chauffeur à trajet optimisé en temps réel qui rendront obsolètes les lignes de bus ou car à trajets et horaires fixes
  9. vu que les voitures rouleront presque H24, leur kilométrage parcouru chaque année sera élevé ; leur durée de vie sera donc atteinte en quelques années et nous roulerons donc essentiellement dans des voitures récentes !
  10. les lignes de train dans les zones faiblement urbanisées deviendront obsolètes car elles seront beaucoup trop coûteuses par rapport au covoiturage et moins attrayantes, ne proposant pas de trajets porte à porte à horaire variable ; les lignes de train autres que TGV ou en zone très urbanisée ne présenteront plus aucun intérêt et seront donc fermées
  11. les camions seront également sans chauffeur et transporteront les marchandises sans pause (sauf les pauses de ravitaillement en carburant ou électricité) vers leur destination
  12. étant donné la fiabilité des systèmes automatiques de pilotage, il n’y aura presque plus d’accidents de la route ; la mortalité routière sera drastiquement réduite
  13. le prix des assurances auto deviendra dérisoire ce qui sera d’ailleurs susceptible de poser des problèmes de réductions drastiques de revenus aux assureurs trop spécialisés sur les assurances automobiles
  14. la fiabilité des systèmes de pilotage automatique permettra sans doute aux voitures de rouler à au moins 180 km/h sur autoroute sans aucun risque, autre élément réduisant l’intérêt du transport aérien sur les distances inférieurs à 1000 km, mais aussi du TGV qui n’effectue pas de trajets porte-à-porte à horaires variables…
  15. les constructeurs automobiles qui ne parviendront pas à mettre au point des technologies avancées de pilotage automatique 100% automatique compétitives (fiables et permettant des vitesses de déplacement élevées) disparaîtront ; il est possible qu’une grande partie des constructeurs disparaisse…

L’impact du covoiturage et des voitures automatiques

Les voitures automatiques associées aux systèmes de covoiturage vont donc avoir des impacts majeurs :

  • sur nos paysages urbains : disparition des voitures garées en surface, possibilité d’élargir les trottoirs, réductfion de la pollution et des embouteillages
  • sur nos paysages de banlieue et de campagne : disparition des lignes de train dans les zones à faible densité de population
  • sur les emplois : disparition des métiers de chauffeur de taxi, bus, car, train, camion…
  • sur les compagnies aériennes : moins d’intérêt de prendre l’avion pour les trajets inférieurs à 1000 km
  • sur la SNCF/RATP/régies de transports en commun : disparition de la totalité des lignes secondaires ; conservation uniquement des lignes de métro ou train en zones urbaines et des lignes TGV à haute valeur ajoutée (et encore… En effet, quel est l’intérêt du TGV sur un Paris-Lyon qui peut être fait en 3 heures porte-à-porte, en covoiturage (faible coût), avec un véhicule automatique roulant à 180 km/h ?)

Nos dirigeants ont-ils pris la mesure de ces changements ? Ne serait-il pas temps d’arrêter de subventionner des lignes de train qui ne sont plus rentables depuis des années ? D’arrêter des projets extrêmement coûteux comme la ligne de métro-train Grand Paris Express qui risque d’être obsolète avant même sa mise en service ? De cesser la construction de lignes de TGV, ruineuses à la construction et en entretien, entre n’importe quelles villes de France et de Navarre ?

Il est en tous cas absolument clair qu’il nous faut libérer l’innovation dans le secteur privé français (et européen) afin que cette révolution automobile ne soit pas intégralement raflée par des entreprises américaines.

N’hésitez pas à consulter mon programme pour avoir une idée sur la manière de libérer les énergies dans notre formidable pays.

  • Régis André est candidat pour 2017 sur LaPrimaire.org

Sur le web

  1. et quid de la nouvelle Ford T ?

  2. > Et bien, nous n’avons encore rien vu !

    Eh bien, bon sang, pas ‘Et bien’, ‘et bien’ n’a aucun sens en français ici.

  3. Ah, c’est beau d’être jeune, on peut faire semblant d’ignorer et de réinventer les utopies d’il y a un siècle !
    La voiture sans chauffeur respectera le règlement public, qui lui imposera de ne pas dépasser la vitesse d’un homme au pas et de s’arrêter jusqu’à nouvel ordre en l’absence de paiement des taxes qui iront bien… Arrêtez de nous focaliser sur ces panneaux publicitaires ambulants dont le coût, rien qu’en capteurs, dépasse celui de la limousine blindée avec chauffeur et garde du corps, l’avenir est à rendre la conduite d’un véhicule plus facile, sûre, et économique pour l’individu, responsable et libre de ses choix !
    Je ne changerai d’avis que lorsque vous aurez convaincu les parents d’enfants de maternelle et de primaire, qui dans mon quartier font 95% de la circulation à certaines heures et 100% des encombrements, de confier le trajet domicile-école leur progéniture à des voitures sans chauffeur.

    1. Vous surestimez le cout des capteurs, qui sont en fait DÉJÀ dans les véhicules récents (tous sont équipés de détecteurs de collision, radar de vitesse du véhicule devant, etc. ).
      La conduite d’un véhicule la plus facile, sûre, et économique pour l’individu c’est … l’absence de conduite, tout automatique !
      Inutile de chercher à convaincre les parents d’enfants actuels, ils ont leur voiture qu’ils useront jusqu’au bout, et ne changeront pas leurs habitudes. Les futurs parents qui n’ont pas encore de voiture et qui auront eux-même l’habitude de n’utiliser que des véhicules automatiques y mettront naturellement leurs enfants

      1. Les capteurs dans les véhicules récents sont a) des aides à la conduite et b) bon marché parce qu’il suffit de se signaler en panne et de demander au conducteur de reprendre la main. Enfin, « il suffit », à condition que le pilote ne sorte pas de bamboula à Rio et n’ait pas zappé le cours sur le rattrapage manuel du décrochage… Ici aussi, je vous conseille de relire le rapport d’enquête sur l’échec du lancement 501 d’Ariane 5, une exception dont n’importe quel humain de bon sens aurait compris dans la seconde qu’il convenait de l’ignorer, mais qu’un automatisme ne pouvait être programmé pour ignorer.
        Un automatisme est facile à mettre en échec, par malveillance, volonté de fraude, ou par bêtise, parce que les modes de dysfonctionnement sont innombrables.
        Avant que les parents n’aient des voitures et des loisirs, les enfants allaient sacoche au dos à pied à l’école. Aujourd’hui, les parents les mènent par la main jusque dans la cour après avoir laissé leur voiture à bloquer la rue : ils ont peur de ce qui pourrait arriver hors de leur vue à leurs chers bambins. Attendez donc qu’une centaine de gamins restent bloqués dans un embouteillage monstre un jour de canicule parce qu’un capteur aura fondu et que tous les véhicules se seront mis en blocage de sécurité !

  4. Point N°12: Je ne laisserai pas ma vie entre les mains d’un logiciel……et je suis developpeur informatique!!!

    http://www.nextinpact.com/news/100804-accident-mortel-tesla-model-s-roulait-trop-vite-enquete-se-poursuit.htm
    Il y a encore beaucoup trop de cas où le réflexe humian sera supérieur au diagnostic d’un ordi.
    Il y a aura bien des voitures automaitques mais sur des grands axes et sur des voies spécialisées….et pas avant 20 ans !!

    1. +1000 !
      Depuis plus de 40 ans les « académiques » rêvent de (et s’échinent à) trouver une fiabilité GLOBALE des programmes I.T. sur lesquels tous se penchent (industriels compris et surtout eux)… sans que la panacée leur soit visible. Alors, confier la vie de milliers de gens mobiles aux aléas et erreurs de réponse des « systèmes » restera un engouement ….jusqu’à ce que surviennent des drames sanglants. Le politique sous influence des lobbies retournera alors sa veste pour réfléchir en lieu et place de se laiser manipuler !!!
      L’esbroufe médiatique qui entourent ces conceptions fascinantes n’est cependant pas prêt de s’arrêter. Nos journalistes sont versatiles. Attendons donc qu’ils prennent conscience des réalités ?

    2. Combien d’accident mortel par km parcouru par des voitures en mode automatique par rapport a des voitures conduites par des humains?

      Personne n’a jamais dit que la conduite automatique ça sera 0 mort, mais de toute façon elle est déjà supérieure à la conduitote humaine.

      1. Combien de « near-misses », d’accidents graves évités de justesse par un conducteur humain qu’un automatisme n’aurait jamais évités ?

        1. Combien de « near-misses », d’accidents graves évités de justesse par un véhicule autonome qu’un humain n’aurait jamais évité?

          Les véhicules automatisés ont moins d’accident au km parcouru que les véhicules conduit par des humains.

          Google-car c’est 3.2Gm de conduite autonome pour un seul accident responsable et encore l’humain qui était au volant a commis la même erreur d’analyse que le logiciel en pensant que le bus allait céder le passage.

  5. il y a encore un aspect important : les radars perdront l’intérêt (à moins que l’on les recycle en équipement -enfin- de la vraie sécurité) et donc les amandes disparaitront. Mais nos gouvernants trouveront certainement un autre moyen pour remplacer leur cagnotte.

  6. Bref, le meilleur des mondes….

  7. Il est quand même dommage que pour une fois que nous avons un candidat plutôt libéral à une des primaires en cours, il paraisse se focaliser sur un buzz d’anticipation technologique plutôt que sur la résolution des problèmes économiques actuels !

  8. Quid de l’attachement de l’individu à l’image que lui confère son véhicule? Cela fait 50 ans que les constructeurs « éduquent » les consommateurs et différencient leur produits par segments de marché dans ce sens… Aujourd’hui et vraisemblablement pour encore deux générations de consommateurs le temps de se décontaminer des modèles marketing dominants, à part pour 5% de consommateurs novateurs qui doivent en plus avoir une sensibilité écologiste militante, socialement, le covoiturage est perçu comme une perte d’autonomie et une dépendance intermédiaire symbole de déclassement. Dans des sociétés anciennes comme la France qui carburent au symbolique, la mutation promet d’être lente. Pour quelqu’un qui se présente sur la primaire.org, il va falloir canaliser un peu plus l’oeuil du chef de projet technologue enthousiaste et faire preuve d’un peu plus de sensibilité sociologique. Un petit stage marketing et de travail social avant la prochaine primaire … en 2022 permettra d’acquérir un peu plus de maturité. Bien le bonsoir!

  9. Curieux de constater que sur un site liberal comm Contepoints certains sujets soient commentés essentiellement en mode « crainte », « méfiance », presque « idéologie rétrograde »…
    Ce petit article me semble plus de l’anticipation que de la science fiction, et j’en partage ainsi l’essentiel de la vision.
    Pour avoir commencé ma vie professionnelle et informatique l’année de la sortie de MS/DOS 2.0 (qui gérait désormais les énormes disques durs de 10Mo de l’IBM PC), j’ai vu naître et se déployer des techniques qui n’étaient même pas évoquées dans les bouquins de SF (Internet, en particulier). En une trentaine d’années nous avons et entourés et assistés par des outils, des objets, des machines, des logiciels qui auraient semblé utopique a l’épique.
    Une partie de ces avancées techniques ont fait l’objet de vifs débat de temps à autres. De peurs, de crantés pour l’emploi, la sécurité des biens et des personnes. Et pourtant leur usage est aujourd’hui évident.
    Songez par exemple à la ceinture de sécurité dans les voitures. « Je ne veux pas mourir brûlé vif en cas d’accident » disaient les spécialistes.

    Pour la voiture automatique il en ira de même.
    On confie bien sa vie au chauffeur de taxi humain inconnu, on confie bien celle de nos enfants à des chauffeurs de bus encore plus inconnus. Ils sont faillibles. Mais ce sont des humains, donc réputés par essence supérieurs aux machines. Ce n’est pas le cas.

    Toute technologie de pointe connaît des échecs, des phases d’apprentissage, de développement. La « voiture » automatique ne fera pas exception. La peur des risques est légitime. Mais elle devra être surmontée. Le fait que le risque de mort d’homme soit en jeu est à prendre en compte. Mais comme un facteur d’amélioration nécessaire, pas comme un facteur de blocage.

    Pour ma part je me sentirais mieux dans une ville aux transports intégralement automatisés que dans un véhicule conduit par un humain (moi compris) soumis à la présence d’autres véhicules conduits par des inconnus.

    Enfin, pour ce qui est du programme de l’auteur, j’aime beaucoup, ça mériterait d’été mieux développé sur Contrepoints…

  10. Pour ceux qui veulent un aperçu plus complet et précis des changements de paradigme induits par l’introduction des voitures autonomes, il y avait cet excellent article de forbes qui, il y a déjà 3 ans, prévoyait ce qui se passe actuellement :

    http://www.forbes.com/sites/chunkamui/2013/01/22/fasten-your-seatbelts-googles-driverless-car-is-worth-trillions/#449f1abf4e3f

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