Non, il n’y a pas un déclin de l’Occident !

Publié Par Yves Montenay, le dans Philosophie

Par Yves Montenay.

Non, il n'y a pas un déclin de l'Occident !

Autumn leef by C Schwedhelm(CC BY-ND 2.0)

Les échecs américains au Moyen-Orient, succédant aux considérations sur le poids de la Chine dans le monde, ont relancé l’idée d’un déclin occidental. À tort, car cette formule cache l’évolution réelle du monde.

Précisons d’abord que l’Occident est un ensemble intellectuel, économique et militaire rassemblant l’Europe occidentale et centrale, la plus grande partie des deux Amériques, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Israël. Et maintenant le Japon.

Discutons les arguments démographiques, économiques et culturels qui sont en général avancés.

La démographie

Certes, la proportion de la population occidentale dans le monde décroît. Mais c’est également le cas pour la Chine et la Russie. Ce sera après-demain le cas de l’Inde, où s’étendent les zones de faible fécondité.

Donc, démographiquement, l’Occident n’est pas remplacé par l’Asie, mais l’Asie et l’Occident sont bousculés par l’Afrique. Or cette dernière n’est pas un rival économique, militaire ou culturel de l’Occident. Sa poussée démographique n’est en rien un déclin de l’Occident.

L’économique et le militaire

Le déclin occidental serait-il économique ? Après s’être inquiété de la croissance, maintenant terminée, du Japon et autres tigres asiatiques, on craint maintenant celle de la Chine. Or son rattrapage, très réel mais facile, se termine et l’étape suivante sera lente et difficile. Son régime autoritaire freinera inévitablement les innovations au bénéfice de grands travaux permettant de bonnes affaires entre relations politiques, d’où la masse des infrastructures et industries en partie inutiles. Rajoutons qu’avec 22 % de la population mondiale, il est normal que la Chine retrouve une certaine place dans l’économie mondiale : ce n’est pas non plus, au contraire, une cause de déclin économique pour l’Occident.

N’oublions pas que tous les pays copient systématiquement l’Occident pour se développer. Pas seulement en lui prenant, voire en lui volant, des recettes techniques, mais aussi des formes d’organisation juridiques, managériales et éducatives. Ce n’est pas un signe de déclin.

Alors l’Inde ? Elle est profondément paralysée ethniquement, religieusement, socialement et bureaucratiquement. La retraite des vaches y est mieux assurée que celle des paysans, les frontières fiscales entre États fédérés compliquent le commerce, les routes et l’électricité manquent… Elle va enfin mieux, sera probablement un client prenant de l’importance, mais est très loin d’être une nouvelle Chine.

L’Afrique ? Ce futur géant démographique a un poids économique extrêmement faible, malgré quelques signes encourageants.

En face, l’Occident reste très créatif et économiquement attirant pour les investisseurs et les entrepreneurs du reste du monde. Son niveau de vie est de très loin le plus élevé. Les États-Unis y puisent les ressources d’un budget militaire qui est 4 fois celui de la Chine et 10 fois celui de la Russie. Les erreurs de gestion économique ou de stratégie militaire le font parfois oublier.

Le culturel

Reste le domaine culturel, qui nous paraît déterminant, y compris économiquement, par la liberté individuelle, politique et religieuse qu’il permet, l’effervescence intellectuelle qui en découle, et notamment son autocritique permanente qui est une grande force.

Il ne s’agit pas seulement des industries culturelles des médias et du divertissement. C’est certes important, notamment pour les États-Unis et leurs champions (Hollywood, Facebook, Amazon …) à qui cela apporte une influence certaine. Pas de déclin occidental dans ce domaine.

Il s’agit de bien davantage : l’Occident est un produit unique et complexe. Philippe Nemo l’a bien décrit dans son ouvrage Qu’est-ce que l’Occident ? : la combinaison de la Grèce classique, du juridisme romain, d’une vision du monde bouleversée par le christianisme des premiers temps, puis par la révolution papale, la Renaissance, le protestantisme et les Lumières, tout cela menant à la démocratie libérale, cadre permettant une vie intellectuelle libre et innovante. L’Occident n’aurait pas eu besoin du colonialisme pour s’implanter, il est choisi par les populations dès lors que le contact avec l’étranger est possible. Il est symétriquement honni par les dictateurs ou les traditionalistes, et notamment les islamistes. Les accusations d’impérialisme et de décadence leur sont commodes pour tenter de contrer cette influence.

Le Japon a rejoint l’Occident car c’est une démocratie libérale où les individus, et pas seulement les techniques s’y sont occidentalisés. En Chine, régime autoritaire, le pouvoir fait tout pour éviter l’occidentalisation des individus, notamment en filtrant Internet, et en envoyant les « contaminés » en prison.

Les langues contribuent à diffuser l’Occident : l’anglais, le français, l’espagnol, le portugais sont pratiqués dans une très grande partie du monde, tandis que le mandarin et le hindi, malgré leur grand nombre de locuteurs, restent des langues régionales. Et rappelons que si l’Afrique prend un poids démographique croissant, ses capitales culturelles sont Paris, Londres ou New York. Ce n’est pas du néocolonialisme, ce sont des opportunités que nous apportons à ce continent.

Bref, peut-on parler d’un déclin de l’Occident alors que c’est le monde qui s’occidentalise ?

Sur le web

  1. « L’Occident n’aurait pas eu besoin du colonialisme pour s’implanter, il est choisi par les populations dès lors que le contact avec l’étranger est possible. Il est symétriquement honni par les dictateurs ou les traditionalistes, et notamment les islamistes. Les accusations d’impérialisme et de décadence leur sont commodes pour tenter de contrer cette influence. »

    Et c’est cela qui est formidable. L’occident a bel et bien découvert quelque-chose d’universel puisque l’occidentalisation s’impose par elle même pourvu que les peuples soient libres, ce qui fait contraste à ceux qui ne peuvent s’étendre que par la force, la Russie et ses deux cents millions de morts en premier.

    L’occident a bel et bien gagné dans le domaine des valeurs, de la culture et de la philosophie. Malheureusement la promesse des libertés individuelles pousse beaucoup à vouloir oublier qu’au final ce qui garantit ces libertés est notre capacité à résister à l’envahisseur, ce qui explique un recul militaire de l’occident face à une Russie de plus en plus conquérante, dominatrice et impérialiste.

    L’occident a une grande histoire, des succès spectaculaires dans tout les domaines, une richesse culturelle remarquable et des valeurs qui inspirent tout les hommes souhaitant être libres sur terre, ne nous laissons pas faire face au revanchisme russe !

    1. @ un lecteur : Plus un point #FauteàlaRussie ! De la manipulation à l’obsession, et réciproquement, la distance est courte. Mais merci de nous rappeler que la France et quelques autres pays ont été envahis par des millions de Russes voulant soumettre les autochtones à leur totalitarisme. Que deviendrions-nous sans votre éclairage et votre lucidité !

      1. Heureusement, grâce à l’OTAN, la fureur meurtrière de la Russie a été stoppée, continuons comme cela. Et oui je parle de la Russie car c’est bel et bien la Russie qui semble se présenter comme le plus grand ennemi de l’occident, la Chine et les islamistes manquant respectivement de détermination et de moyens.

        1. Calmez vous, la guerre froide est terminée.
          Et ouvrez les yeux, la Chine qui manque de détermination est une énormité. Je vous invite à lire. Sur les 10 dernières années au moins, la progression de la Chine (qui n’a pas vocation a rester fournisseur de chaussures) à été fulgurante.

          1. « Calmez vous, la guerre froide est terminée. »

            Oublier surtout pas d’en informer Poutine…

            Pour ce qui est de la Chine, je maintient le manque de volonté, où au moins la présence d’une stratégie sur le très long terme qui a pour but d’éviter la confrontation. La Russie continue avec la stratégie de conquête et de pillage de l’URSS, elle est donc plus dangereuse à court terme.

  2. La grandeur de l’occident est due pour partie importante à sa vision de l’homme et à la liberté. Le rôle croissant des Etats ressemble à une balle qu’il se tire dans le pied.

  3. « Bref, peut-on parler d’un déclin de l’Occident alors que c’est le monde qui s’occidentalise ?  »
    Bien sûr qu’on peut. Exactement comme on peut parler de déclin de la Grèce au moment même, où soumise par Rome, sa culture se répandait et s’imposait à Rome et dans l’empire romain.

  4. La force de l’occident provient de son approche unique de la Liberté.
    Le sentiment de déclin provient du recule de la Liberté.
    Mais les autres cultures n’offrent pas d’alternative non plus.

    1. La liberté, que dis-je, la Liberté, c’est bien, mais il faut aussi et surtout un modèle économique fort pour l’armée, l’école, etc… C’est cela qui permet de rayonner sur le monde.

  5. « N’oublions pas que tous les pays copient systématiquement l’Occident pour se développer. Pas seulement en lui prenant, voire en lui volant, des recettes techniques, mais aussi des formes d’organisation juridiques, managériales et éducatives. Ce n’est pas un signe de déclin »… hum wishful thinking amha
    Sans oublier que pour nombre de ce que vous citez comme copié, il s’agirait plutôt d’imposé.
    Sans pour autant que la spécificité de l’Occident, à savoir l’émergence d’une société d’individus responsables et libres soit patent. Quant à l’Occident lui-même il est clairement en déclin à ce titre, par une réaffirmation du primat des conventions sociales, fussent-elles imposées et iniques, de la dépendance vis à vis d’un pouvoir tutélaire qui s’accapare pour accorder ses faveurs et la perversion d’un capitalisme muté en économie de connivence imposant collectivisation des risques mais confiscation des bénéfices.
    Je ne vois là rien que la satisfaction d’une idéation et bien peu de concret.
    L’espoir réside pour moi dans ce que nous ayons suffisamment essaimé pour qu’en quelque sorte le libéralisme puisse prendre racine ailleurs et nous rappeler plus tard à nos racines…
    Je passerai sur les ressources alimentant le budget militaire (comme d’autres) américain, la dette n’étant pas à proprement parler une ressource.

  6. Montenay , dont j’apprécie généralement les articles , me semble ici un brin optimiste …j’ai la trouble certitude que nous ne sommes pas des warriors mais plus des cibles du reste monde ou un objectif de destruction / réduction à atteindre….

  7. Le Japon, c’est l’Extrême-Orient, et insulaires qu’ils sont comme les Anglais, ils sont encore différents des continentaux du coin. Merci de ne pas le classer dans l’Occident.
    Israël, pareil … c’est le Moyen-Orient, sémite bien que fort occidentalisé.

    Pour ce qui est du déclin de l’Occident.

    Son écart s’est réduit, sa démographie faiblit mais ça les autres aussi. Le G7-8 est passé à 20.

    Mais comme vous le dites, les émergents resteront sans doute piégés dans les revenus intermédiaires. La Corée du Sud a un PIB/hab inférieur à celui de l’Espagne …

  8. Il faudrait déjà définir ce qu’on entend par « occident ».
    La civilisation chrétienne? Le monde capitaliste? Les héritiers de l’empire romain d’occident?
    C’est ce dernier point que semble adopter « un-lecteur », qui place la Russie en dehors du monde occidental (Dostoievsky, Tolstoï ou Tchaïkovsky seraient des orientaux). Mais dans ce cas Grèce, Roumanie, Bulgarie, Serbie ne sont pas en occident. Quant aux Allemand, ce sont des « barbares » comme tous les gens qui sont au delà de la ligne Rhin-Danube!

    1. « C’est ce dernier point que semble adopter « un-lecteur », qui place la Russie en dehors du monde occidental »

      Je pense que la Russie ainsi que l’Amérique latine ont leur place dans l’occident. Mais si ils ne souhaitent pas se considérer comme occidentaux, qu’y pouvons nous ?

      Pour ce qui est de la Russie l’histoire est justement dramatique. Au 19e siècle existait en Russie le mouvement libéral des occidentalistes, qui souhaitent instaurer un état de droit similaire à ceux que connaissaient les pays de l’ouest et à aller sur la voie du développement par la protection des libertés individuelles.

      Ce sont les héritiers des occidentalistes qui ont mené la révolte de 1917, les sociaux démocrates représentaient la majorité des révolutionnaires. Malheureusement leur manque d’organisation a permit aux bolchéviques minoritaires mais hargneux de leur voler la révolution. La répression a été terrible, tout ce qui ramenait la Russie à l’occident a été détruit, la propagande de haine contre l’occident, présenté comme étranger à la Russie, était omniprésente.

      A la chute de l’URSS les occidentalistes avaient de nouveau leur chance, la « fin de l’histoire » semblait être arrivé et les individus rêvaient d’obtenir leur émancipation. Malheureusement, un concours de tristes circonstances associant le besoin qu’avait Yeltsin de se couvrir, celui des oligarques se sécuriser leurs monopoles et l’envie des revanchards du KGB de retrouver leur aura de la guerre froide aura aboutit à « l’élection » de Poutine. On ne va pas dire prise de pouvoir, sa première mesure a été d’accorder l’immunité à Yeltsin puis d’accorder des privilèges à ses amis. Poutine était, au moins au début, une marionnette.

      Et la propagande guerrière du KGB a reprit, les occidentalistes une foi de plus trop désorganisés et l’occident trop naïf (et il l’est encore) pour voir le danger représenté par Poutine ont permit à ceux qui renient l’occident de reprendre le pouvoir. Voilà où l’on en est, avec une pays qui a historiquement sa place en occident mais qu la refuse à cause de l’incapacité de quelques chefs à accepter qu’ils sont du mauvais coté de l’histoire depuis 1917.

      1. Un-lecteur dit: « tout ce qui ramenait la Russie à l’occident a été détruit, la propagande de haine contre l’occident, présenté comme étranger à la Russie, était omniprésente. »
        Cela n’est pas exact. Il n’y avait aucune haine contre « l’occident », il y avait la haine du « capitalisme » et de la religion considérée comme « opium du peuple ». Le communisme était internationaliste, voulait s’exporter, mais ne haïssait pas la culture occidentale, qu’il voulait convaincre politiquement et non pas détruire.
        Ceci étant posé, si vous pensez que l’occident, c’est le capitalisme, alors oui, le communisme le haïssait.Si vous pensez que l’occident, c’est la civilisation chrétienne, même chose.
        Mais si vous pensez que l’occident, c’est une culture, alors non.
        C’est pourquoi je parlais de définir ce qu’est l’occident.
        En ce qui me concerne, qu’elle soit tsariste, communiste ou poutinienne, la Russie me paraît être partie pleine de la culture occidentale.

        1. ArchiducIl faudrait déjà définir ce qu’on entend par « occident ».
          La civilisation chrétienne? Le monde capitaliste? Les héritiers de l’empire romain d’occident?

          La définition existe et il y a même une carte:

          « L’Occident au sens strict en bleu foncé »
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Occident#/media/File:Clash_of_Civilizations_map.png
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Occident

          Archiduc: si vous pensez que l’occident, c’est le capitalisme, alors oui, le communisme le haïssait.Si vous pensez que l’occident, c’est la civilisation chrétienne, même chose.

          Les deux effectivement à l’époque.
          Pendant des siècles l’horizon, le ciment social c’était l’église au centre du village, jusqu’en 1950 les Français, les Allemands, les Anglais étaient encore très croyants. La bourgeoisie, la propriété terrienne sont des choses séculaires et la mise en commun massive et libre des capitaux a commencé très tôt dès le siècle des Lumières.
          Sinon autant dire qu’à part l’appartenance des Tutsis à l’ethnie Tutsis, les Huttus ne les détestaient pas.

        2. « Cela n’est pas exact. Il n’y avait aucune haine contre « l’occident », il y avait la haine du « capitalisme » et de la religion considérée comme « opium du peuple ». »

          Le capitalisme occidental est basé sur la protection des libertés individuelles et le christianisme est un élément fondateur de notre culture et de notre civilisation. Haïr cela c’est haïr l’occident.

          « ne haïssait pas la culture occidentale, qu’il voulait convaincre politiquement et non pas détruire. »

          C’est assez compliqué, le communisme est évidemment issus de la culture occidentale mais il prône la destruction de la civilisation tel que l’occident la connaît. Je dirais que le communisme voulait convaincre les occidentaux de se retourner contre l’occident.

          « Ceci étant posé, si vous pensez que l’occident, c’est le capitalisme, alors oui, le communisme le haïssait.Si vous pensez que l’occident, c’est la civilisation chrétienne, même chose.
          Mais si vous pensez que l’occident, c’est une culture, alors non. »

          Définir une civilisation c’est plus compliqué que de tracer des lignes sur une carte. Il me parait normal qu’il y ait des zones de flou. Toutefois il me parait pas fou de dire que l’occident est une civilisation dont la culture se base sur le christianisme et l’émancipation de l’individu par la protection de ses libertés. Le communisme était une idéologie occidentale qui considérait ce système comme injuste et non-fonctionnel.

          « En ce qui me concerne, qu’elle soit tsariste, communiste ou poutinienne, la Russie me paraît être partie pleine de la culture occidentale. »

          La Russie est un pays occidental mais qui renie son identité, et il n’y a rien de plus dangereux que cela…

          « La Russie, un autre monde ? Vraiment ? »
          http://www.historionomie.com/archives/2015/03/05/31648674.html

          1. Quoi qu’on dise du communisme, les Russes l’ont subi, s’en sont débarrassé, et n’en veulent plus. En quelque sorte, ils ont rendu service à ce que vous voulez appeler « occident », en démontrant à leurs propres dépens que ce système est une erreur grossière.
            Cela n’enlève rien à l’apport de ces derniers à la culture, même pendant la période du communisme (Soljenitsine, Shostakovitch, etc)

            1. « Quoi qu’on dise du communisme, les Russes l’ont subi, s’en sont débarrassé, et n’en veulent plus. En quelque sorte, ils ont rendu service à ce que vous voulez appeler « occident », en démontrant à leurs propres dépens que ce système est une erreur grossière. »

              Il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme, les russes ne s’en sont pas débarrassé, le KGB est encore au pouvoir et les fondamentaux qui mènent au totalitarisme sont bien là. La fin du communisme arrivera avec l’après Poutine, le régime étant personnalisé comme la caricature d’une république bananière il est très peu probable qu’il y ait une transition réussie après la mort de Poutine.

              « Cela n’enlève rien à l’apport de ces derniers à la culture, même pendant la période du communisme (Soljenitsine, Shostakovitch, etc) »

              Il est intéressant de noter que la plupart des intellectuels russes étaient des opposants au régime et furent oppressés par le tsarisme, le communisme et maintenant le poutinisme. La culture russe est une culture de souffrance et aimer les intellectuels russes c’est pour commencer ne pas soutenir les régimes oppresseurs contre lesquels ils se sont battus.

              1. Vous êtes à côté du problème, entraîné par vos sentiments personnels contre le régime de ce pays. La question était: « la Russie fait-elle partie de ce qu’on nomme occident? ». Parler du régime politique, c’est être hors sujet. L’Allemagne a eu Hittler, l’Italie Mussolini, l’Espagne Franco, la Grèce le régime des colonels, la France Napoléon, oserai-je ajouter, et ces pays font partie de l’occident.

                1. Non, je pose justement le problème de la bonne façon.

                  La Russie fait théoriquement partie de l’occident mais le régime de ce pays préfère nier cela et abhorrer l’occident ainsi que tout ce qu’il représente. Hors on ne peut pas forcer quelqu’un ou un pays à être ce qu’il ne veut pas être, aussi absurde que soit sa position présente.

                  Quand l’Allemagne était hitlérienne, puisque vous avez choisi cet exemple, il y avait clairement un reniement de l’occident car l’occident était associé à tout ce qui est juif. C’est la même chose aujourd’hui avec la Russie, ce pays décide se s’extraire artificiellement de l’occident car le régime ne se reconnaît pas dans les valeurs de libertés portées par le monde occidental.

                  Quand les occidentalistes arriveront enfin, après temps de souffrances, au pouvoir en Russie, la Russie redeviendra pleinement occidentale, pas avant. C’est le choix du régime actuel, c’est comme ça, et ce n’est pas en l’encourageant que ça va s’arranger.

                  « La Russie, un autre monde ? Vraiment ? »
                  http://www.historionomie.com/archives/2015/03/05/31648674.html

                  1. Vous vous trompez: le régime russe n’abhorre pas « l’occident », mais hait la politique américaine et l’OTAN.
                    Et puis, quoique cela soit hors sujet, n’oubliez pas que les dernières guerres ont opposé des occidentaux entre eux. Cela ne veut pas dire que les uns étaient restés « occidentaux » et pas les autres….
                    L’occident, ce sont des valeurs culturelles, ce ne sont pas des régimes politiques.

                    1. « Vous vous trompez: le régime russe n’abhorre pas « l’occident », mais hait la politique américaine et l’OTAN. »

                      La Russie abhorre l’occident, et hait donc l’Amérique, symbole des valeurs de liberté occidentales, et l’OTAN, garant de la liberté des peuples occidentaux face à ses désirs de domination.

                      « Et puis, quoique cela soit hors sujet, n’oubliez pas que les dernières guerres ont opposé des occidentaux entre eux. Cela ne veut pas dire que les uns étaient restés « occidentaux » et pas les autres…. »

                      Oui, mais cela n’est plus valable depuis le 20ème siècle qui a vu l’émergence d’idéologies constructivistes dont le but était de substituer un modèle de civilisation par un autre. La Russie poutiniste d’aujourd’hui et le fruit de cette substitution. Elle redeviendra occidentale quand elle fera comme les autres pays d’Europe de l’est et reniera l’idéologie socialiste qu’elle a défendue.

                      Il y a une fête de la Tchéka en Russie, y a t’il une fête de la Gestapo en Allemagne ? Notons que l’Allemagne, après le nazisme, en bon pays chrétien, est passé par une phase salutaire de repentance qui lui a permit d’avancer et de redevenir un pays occidental comme un autre. Ou est la repentance des crimes du communisme en Russie ? La Russie peut elle réellement prétendre être un pays chrétien sans cette repentance ? Est ce normal que le patriarcat de Moscou soit encore contrôlé par des membre du KGB, alors que Staline disait lui même que l’URSS était du coté de Satan ?

                      « L’occident, ce sont des valeurs culturelles, ce ne sont pas des régimes politiques. »

                      Des valeurs culturelles sans cesse rejetées par la Russie, mais peut être que vous allez m’expliquer que l’Holocauste ou les goulags sont le fruit des valeurs occidentales…

                      Encore une foi, vous ne voulez pas imaginer deux secondes la Russie autrement que comme la bien-pensance de droit nous la montre actuellement.

                      « La Russie, un autre monde ? Vraiment ? »
                      http://www.historionomie.com/archives/2015/03/05/31648674.html

    2. Comme vous, je pense que la Bosnie, la Serbie, l’Albanie, le Kosovo, la Grèce, l’Ukraine, la Russie, la Roumanie, la Bulgarie … ce n’est pas l’Occident mais l’Europe Orientale.

  9. Mhoui, mais nous sommes nos pires ennemis.

    Le bombardement constant de mauvaises nouvelles et des idéologues oisifs accrochés à leurs prébendes donnent des générations qui ne souhaitent plus que l’interventionnisme, la protection étatique, la fin de nos modes de vie et de la liberté.

    Sauf en de rares endroits, dans tous le monde occidental, les états grossissent, deviennent étouffant et la jeunesse revendicatrice en demande encore plus et déteste la liberté des autres.

  10. 1-pour ce qui est de la dimension économique.
    La dette augmente, atteint des proportions inquiétantes, sans que l’on puisse apercevoir un renversement de tendance… Alors comment l’histoire pourrait-elle bien finir ?

    2-pour ce qui est de la dimension culturelle.
    Que trouve-t-on aux fondements de notre civilisation?
    Il est un pari, un a priori, un choix, une direction qui porte en elle-même ce que sera la fin : le choix de la raison (expression consacrée). La pensée, la pure abstraction, est, par définition même, un imaginaire dont l’adéquation a ce qui est est inconnue (c’est ainsi qu’il devrait nous apparaître si notre sincérité est forte ou profonde). Nous entendons ici par « ce qui est », non pas la supposée réalité objective, mais ce qui est, vraiment, et tel que cela est, en amont de toutes nos projections mentales. Je veux dire que la dualité objectif/subjectif est une façon pratique de se représenter, dans le monde imaginaire pensant, ce que l’on vit et qui est la seule réalité (première et dernière) que nous connaissions. Personne ne connaît autre chose (ou non-chose) que ce qu’il vit (de la naissance a la mort) et ce que nous en pensons dans l’imaginaire pensant c’est SEULEMENT (et précisément) ce que nous en pensons dans l’imaginaire pensant… Autrement dit, penser notre expérience sous (ou dans le cadre de) la dualité objectif/subjectif est une projection mentale de (et dans) l’imaginaire pensant, une façon particulière de se représenter ce que l’on vit. Mais ce qui est, vraiment, n’a strictement rien à voir avec les pures abstractions, ce que l’on pense, ce monde imaginaire. Ce qui est vécu se connaît de lui-même, par expérience-conscience. Et c’est ainsi pour nos émotions, nos sensations, … et nos pures abstractions elles-mêmes : c’est par expérience-conscience que l’on connaît ce que l’on pense, comme tout le reste de ce que l’on vit. L’expérience-conscience est le mode fondamental de la conscience celui qui contient tout, pures abstractions comprises.La fin de la civilisation occidentale est inévitable pour de multiples raisons, l’un d’entre elles étant que lorsque le cercle se refermera, lorsqu’on se retournera pour voir en face le choix fondateur de la civilisation occidentale (le choix de la raison et du monde des pures abstractions, le monde imaginaire en lequel on vit) alors on s’apercevra qu’il n’a aucune autre fondation que ce choix lui-même !… Et si l’on comprend alors que ce choix fut restrictif, une mutilation du possible, alors il faudra tomber le mur.
    Un « déclin » pourrait précéder la fin de la formule… avant la naissance d’une nouvelle vision fondatrice de la civilisation future (avec une autre définition de l’homme).

  11. Cessez la méthode Coué s’il vous plaît !
    Si votre question est est-ce que l’Occident va laisser une place dans l’histoire, c’est oui.
    Pour le reste, c’est nettement moins sûr.
    Très amusant votre définition de l’Occident, effectivement si on agrandit à outrance  »l’Occident », le déclin n’est plus aussi flagrant.
    Le passage sur le manque d’envie de la Chine m’a bien fait rire aussi. Si je suis votre raisonnement, la Chine n’avance plus démographiquement, mais au vu de sa population elle doit prendre la place qui lui revient… je n’ai pas besoin de vous rappeler que le monde est en concurrence : si un pays  »prend » la place qui lui revient, c’est autant d’influence en moins pour les autres – et donc l’Occident.
    Arrêtez s’il vous plaît de constamment sous-estimer la Chine : le despotisme  »eclairé » dans certains domaines l’a fait progresser à pas de géant.
    En général, de forts capitaux, des universités qui sortent des millions de personnes qualifiées et une volonté d’expansion ne sont pas de mauvais ingrédients pour s’imposer. Regardez le nombre de brevets par exemple.
    L’Histoire ne garantit rien en économie, c’est l’envie et le capital qui sont au coeur de tout.

    Pour reprendre point par point l’article :
    1) démographiquement, le rapport population/influence de l’Europe diminue : c’est un déclin.
    2) économiquement, cf ci-dessus
    3) militairement, la Chine entre autres est expansionniste, ce qui n’est plus le cas de l’Occident, ou l’on cherche à se mettre sous la protection des USA, qui ne veut plus assurer ce rôle : la encore, déclin.
    4) la culture est le dernier rempart. La culture occidentale à été imposée avant le déclin de l’Occident justement (les gens ne veulent pas spontanément un bigmac).
    Mais les grandes civilisations ont été une source d’inspiration pour les suivantes, cela ne leur a pas permis  »de ne pas décliner  ».
    Et pour répondre à votre dernière question : le monde s’occidentalise, et c’est pour cela que l’Occident décline puisqu’il n’est plus que la norme sur laquelle se développe maintenant le reste du monde.

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