Startup : Faciligo aide les personnes en perte d’autonomie

Publié Par Farid Gueham, le dans Technologies

Par Farid Gueham.
Un article de Trop Libre

Récompensée par la « YESS Académie » de l’entrepreneuriat social en 2014, la startup Faciligo a lancé sa plate-forme de mise en relation de voyageurs, dont la mission est de faciliter le voyage des personnes en perte d’autonomie, de la personne âgée aux personnes à mobilité réduite. Pour Hind Emad et Moussa Bouasba, fondateurs de Faciligo, les récompenses s’enchaînent : ils remportent, en février 2015, le 2e prix du concours d’application Open data de la SNCF.

Un succès porté par un vrai besoin, comme le souligne Hind Emad « l’objectif est de mettre en relation les voyageurs à chaque étape de leurs déplacements ou de leurs voyages. Nous sommes partis du constat que les personnes à mobilité réduite, c’est-à-dire les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes en situation de handicap ou les enfants, dépendent à plus de 90% de proches, lors de leurs voyages et de leurs déplacements ». L’objectif est donc de rendre de l’indépendance vis-à-vis des cercles de la solidarité familiale. La mise en relation permet d’entrer en contact avec une personne pour partager un trajet, mais aussi des affinités et des centres d’intérêts communs, ou des compétences, en fonction d’un handicap et de besoins particuliers.

Les personnes âgées : cible privilégiée de la plateforme

Le projet d’Hind Emad et Moussa Bouasba replace la confiance au cœur de la démarche d’accompagnement. Les voyages de personnes âgées ou de jeunes enfants génèrent beaucoup d’inquiétude chez les proches. Des services sont déjà proposés par les grands transporteurs tels que la SNCF ou Air France, mais la startup croit en sa valeur ajoutée : « nous laissons faire le service existant déjà dans les trains et nous proposerons plutôt l’accompagnement d’adolescents. Notre cible principale reste les personnes âgées. Quant à la problématique d’un accompagnateur qui ferait faux bond au dernier moment, nous avons prévu qu’un 2e accompagnateur potentiel et même un 3e et un 4e, puissent s’inscrire. À terme, nous envisageons la possibilité de recruter des gens pour répondre à une urgence de dernière minute, mais bien entendu, ce sera conditionné à un volume suffisant d’activité », précise Hind Emad.

La confiance : pierre angulaire de la relation entre le voyageur et l’accompagnant

Faciligo veut être un facilitateur, une aide dans la recherche du bon compagnon de voyage. La plateforme permet aux voyageurs à mobilité réduite ou leurs proches de trouver, en précisant la date et le lieu du déplacement, l’accompagnant qui effectuera le même trajet. Ce dernier assurera sa présence à la montée et à la descente du train. L’usager et l’accompagnant pourront enfin donner leurs avis sur le déroulement du voyage et se recommander auprès d’autres utilisateurs.

Pour fournir ce service, Faciligo s’appuie sur un moteur de calcul d’itinéraire en open source, déjà utilisé par les usagers des transports en commun pour définir leur parcours. Les seniors de plus de 75 ans représentent déjà plus de 9% de la population (un chiffre qui devrait doubler d’ici à 2060). Quant aux accompagnants des personnes à mobilité réduite, ils ont, une fois sur deux, eux-mêmes plus de 60 ans. Le besoin est réel.

Pour Hind Emad, Faciligo est une solution gagnant-gagnant : le voyageur ne paye qu’un billet et un forfait d’accompagnement, qui est versé à l’accompagnant, lequel est ensuite libre de récupérer l’argent sur son compte bancaire ou d’en faire un don à une association. La somme est fixée à 2,50 euros pour un trajet en bus, en tramway ou en covoiturage et six euros de l’heure en train. « Sur les sites existants aujourd’hui, il faut payer deux billets, un pour soi et l’autre pour un proche ou l’accompagnant.

Avec Faciligo, on peut payer son billet et une participation forfaitaire. C’est le moyen de faire des économies par le biais d’une rencontre intergénérationnelle, pour être aidé à la montée et à la descente du train, dans des escales d’aéroport si l’on ne parle pas la langue du pays, d’être rassuré, autant que d’être aidé ». Une alternative sociale et solidaire de « smartmobility », qui permet davantage de contrôle et de suivi que la demande d’accompagnement postée sur un site d’annonces en ligne entre particuliers par exemple.

Des perspectives de développement et de partenariats encourageantes

Hind Emad et Moussa Bouasba croient au potentiel de développement de leur réseau d’utilisateurs, mais également au soutien de souscripteurs et de partenaires, pour atteindre leurs différentes cibles : « nous sommes partenaires SNCF.

Un partenariat naturel, puisqu’il y a entre 6 et 8 millions de voyageurs qui ne prennent plus le train par manque de solution d’accompagnement. Il faudra donc communiquer auprès de ces usagers pour leur faire connaître nos services et instaurer un système de confiance par les notations et les avis ».

Le projet des jeunes entrepreneurs séduit, comme en témoigne une nouvelle récompense en mai dernier, à l’occasion du Forum Smart city organisé à Montpellier. L’avenir de Faciligo ? Probablement l’accompagnement de santé, mais aussi de loisir : la plate-forme pourrait à terme promouvoir l’accompagnement de personnes sur des déplacements lors de sorties culturelles, de virées shopping ou de courses en grandes surfaces. Un service qui pourrait prochainement être expérimenté en partenariat avec les sociétés de transports publics dans plusieurs agglomérations.

Pour aller plus loin :

– « Mairies 4.0 : Montpellier facilite les déplacements des personnes à mobilité réduite avec Faciligo », l’Usine Digitale.
– Vidéo de présentation de Faciligo.
– « Faciligo : une plateforme d’entraide sur les bons rails », Objectif Languedoc-Roussillon.
– « Challenge SNCF/ projet Faciligo », SNCF.
– « Faciligo : une appli pour ne plus se déplacer seul », Faire face.

Sur le web

  1. J’adore ce genre d’initiatives, elles vont au delà du simple gain d’argent, en associant un valide et un moins ou non valide, une humanité se crée, une solidarité.
    A titre perso, j’ai voulu monter un système local d’aide à la mobilité auprès de personnes âgées.
    J’ai reçu un courrier de la préfecture me l’interdisant… l’aide à la mobilité est réglementé, car il faut un agrément (charte qualité, diplôme « médico-sociaux », locaux adaptés au handicap, standard téléphonique, continuité du service, etc)
    Bref vous l’avez compris, vous avez un enfant handicapé, nul ne se posera la question si vous êtes agrée ou apte à vous en occuper
    Vous voulez exercer un métier dans ce cadre, le milieu professionnel (ambulancier, taxi (qu’ont ils de plus que moi)
    Je me demande ce qu’il va advenir de cette initiative…elle met en relation des particuliers non agrée
    Un peu comme uber avec les taxis, ils n’ont ni l’agrément ni de licence…

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