Le lait artificiel fera-t-il disparaître les vaches bientôt ?

Publié Par Jacques Henry, le dans Sciences

Par Jacques Henry.

Le lait artificiel fera-t-il disparaître les vaches bientôt ?

alkainel – vache-agriculture(CC BY-NC-ND 2.0)

Dans la rubrique « renouvelable » (sustainability en anglais) il y a de quoi s’étonner. Les recherches s’activent pour s’affranchir des vaches laitières pour produire, cela va de soi, du lait. Les bêtes à cornes ça pollue, ça dégage du méthane, un vilain gaz à effet de serre, et c’est fauteur de crises, il n’y a qu’à observer ce qui se passe en France en ce moment, encore que l’essentiel de la crise du lait a été provoquée par les sanctions stupides décrétées par la Maison-Blanche contre la Russie que les toutous européens ont appliqué à la lettre.

La crise climatique exploitée à toutes les sauces a donc eu des retombées inattendues dans le domaine laitier. La société de biotech californienne Perfect Day, basée à Berkeley, a réussi la prouesse de produire du lait totalement artificiel à l’aide de levures génétiquement modifiées pour littéralement vomir dans leur milieu de culture les principales protéines du lait de vache. À ce jus blanc il suffit ensuite de rajouter quelques vitamines, quelques corps gras végétaux, un peu de sucre et le tour est joué !

Les arguments sans appel de Perfect Day

Les arguments de Perfect Day sont sans appel. La consommation d’eau pour produire un litre de ce lait artificiel est diminuée de 98 %, il faut 91 % de surface de terrain arable (ou broutable) en moins pour cette production et les émissions de gaz à effet de serre sont réduites de 84 %. En comparant ce lait de levure, si on peut appeler ce produit ainsi, avec l’ersatz de lait fabriqué avec des amandes, il faut pas moins de 5 litres d’eau pour produire UNE amande. Pour ma part je suis un grand consommateur de lait entier de pure vache et je réserverais le lait d’amande pour me relaxer dans une baignoire pleine de ce jus blanc relativement coûteux. Le souci est que je n’ai pas de baignoire chez moi… Pour en terminer avec les amandes, la culture des amandiers en Californie utilise 10 % de toute l’eau que cet État consomme.

Mais revenons au lait produit avec des levures. Il ne contient pas de lactose et se trouve de surcroît être parfaitement adapté pour les nourrissons et c’est tout bénéfice pour la planète. Et enfin, cerise sur le gâteau ce lait animal-free (illustration Perfect Day) ne contient pas de résidus de pesticides, d’antibiotiques ou d’hormones puisque sa production est assurée dans des fermenteurs parfaitement sous contrôle.

Source : fastcoexist.com

Sur le web

  1. j’attends impatiemment de voir l’étiquette du bon lolo de bactéries , un petit monstre avec une boucle de nez , y aura t il des bactéries françaises et des terroirs ?
    comme on est deja en surproduction l’interet du truc devient risible ..bah avec tout ces végétariens…mais ils n’aiment pas trop la chimie , ouille pour l’avenir de cette création pharmaceutique

    1. Ragnar D. Anskool

      Pas sûr que le monde soit prêt pour ce genre de révolution. a part les Russes peut être pour s’affranchir des USA? Un jour les éleveurs comprendront peut être qu’ils peuvent peut être faire quelque chose de plus utile avec leurs ressources.
      Ainsi va l’évolution, on augmente les choix disponibles.
      Et puis c’est pas facile de produire du lait quand on vit dans un désert ou dans l’espace…

  2. Cargill produit déjà du lygomme qui permet de fabriquer du fromage , des glaces … des tas de produits laitiers sans lait.
    c’est super , c’est vegan , c’est hallal , c’est kasher …. et c’est moins cher que du vrai lait.

    moi, ça me fait pas envie 🙂

    1. Sans doute que vous-même n’avez pas été produit sans mère, mais vous et moi sommes des dinosaures incapables d’apprécier la saveur du sans goût et la beauté sublime de l’individu à empreinte écologique nulle.

    2. corrigez moi si je me trompe, mais le lygomme c’est ~100% glucide, non ? Alors que le lait (et le fromage) c’est plein de protéines.

  3. Ce que les pourfendeurs du lait de ruminants oublient (en fait, ils ignorent), c’est que le ruminant est le seul animal à même de valoriser (ou d’utiliser) la cellulose des plantes, grâce à son système digestif très particulier.
    De produits très basiques, inutilisables en l’état (tiges des plantes i.e. cellulose), le ruminant le tranforme en produit complexe (lait, laine, et viande).
    Supprimez les ruminants d’élevage et vous devrez oublier les paturages des campagnes, des montagnes.
    C’est un peu le même phénomène avec la réapparition du loup dans nos contrées: il fait disparaître le pastoralisme, donc abandon des alpages. Une nature certe plus « naturelle » mais pas franchement plus glamour.

    L’idée de substitut de lait n’est pas nouvelle: je me rappelle d’avoir entendu, il y a déjà 30 ans, que le tofu (base soja) devait remplacer le fromage, ou au moins, prendre une bonne part de marché. On en est très très loin.

  4. « À ce jus blanc il suffit ensuite de rajouter quelques vitamines, quelques corps gras végétaux »

    Haha, mais bien sûr. « Yaka » remplacer tout ça, après tout il n’y a vraiment que les protéines qui comptent comme « vraie nutrition », dans le lait, hein ? C’est du marketing, voire du scientisme.

  5. Pourquoi faudrait-il faire disparaître les vaches plutôt que les humains ?

  6. A quand la suppression totale de l’homme naturel grand consommateur d’eau et de matières premières, producteur de méthane et autres déchets en tous genres. Des robots suffiraient, ou des clones de Cécile Duflot ou Vincent Placé…

  7. Bon… disons que c’est de la bière, sans l’alcool.
    Il faudrait quand-même savoir quel est ce milieu de culture, et ensuite comment on obtient les vitamines qu’on y ajoute.

  8. Le jour où on arrivera à faire un aussi bon fromage que le beaufort d’alpage affiné 36 mois avec cet ersatz, alors effectivement les vaches seront menacée. En attendant elles ont de beaux jours devant elles.

  9. Et pour le reblochon?

    1. A mon avis le BON reblochon artificiel, c’est pas pour demain.

  10. En plus, le lait issu de vaches nourries à l’ensilage est alcoolisé, et ces vaches sont expédiées à l’abattoir au bout de trois ans pour leur éviter de développer des cancers, elles souffrent aussi de cirrhoses.

    1. Merci de donner une référence à vos affirmations parce que de l’alcool dans du lait, ce serait une première (un nouveau marché qui sait ;)).
      Si des vaches peuvent développer des cirrhoses, c’est avant tout quand il y a eu des problèmes de conservation d’ensilage (fermentation des sucres issus du maïs ou de l’herbe). Ce sont des choses qui peuvent arriver mais c’est bien sûr à éviter.
      Quand aux « vaches expédiées à trois ans » paske elles ont un cancer, c’est du domaine de l’élucubration. Trois ans, ça signifie qu’elles ont fait seulement une lactation, si le premier vêlage est à 24 mois (moyenne française, entre 28 et 30 mois). Quel éleveur serait assez stupide pour que ses vaches ne produisent que pendant une année, alors qu’elles auront été improductives pendant plus de deux ans (de la naissance au premier vêlage: rappel, une vache ne commence à donner son lait qu’après avoir mis bas). Envoyer une vache au bout d’une lactation à l’abattoir, ça arrive, mais c’est accidentel, et surtout pas le fait d’un quelconque cancer. L’intérêt d’un éleveur, c’est de faire vieillir ses vaches pour baisser ses coûts de production. Mais ça, c’est un métier

      1. Merci d’avoir fait ce debunking. PR balance vraiment des âneries sur ce coup là…

    2. Super, plus besoin de mettre du vin dans le bourguignon !

    3. @PR, vous devez confondre avec le lait de poule.

  11. on n’arrive toujours pas a produire du lait pour les enfants équivalent au lait maternel.
    En fait déjà toutes sortes de substituts au lait (de riz, d’amandes,etc) dont on ne prétend pas qu’ils sont équivalent. Rien de neuf, encore du marketing pour gogos.

  12. Ça m’énerve l’argument « La consommation d’eau pour produire un litre de ce lait artificiel est diminuée de 98 % »
    Jacques Henry ne devrait pas oublier que la prétendue « consommation » d’eau est, soit une simple évaporation (dans laquelle l’eau reste de l’eau et finira toujours par retomber sous forme liquide), soit un résultat de la photosynthèse produisant oxygène et aliments qui seront eux même consommés en produisant l’eau de départ. De sorte qu’au terme du cycle la consommation d’eau est toujours ZERO. Et ne peut donc pas diminuer, a fortiori pas de 98%.

    Et j’aimerai bien savoir surtout à partir de quoi ce lait est produit, et combien il coute.

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