Chirac, Sarkozy, Hollande : qui a été le meilleur président ?

Publié Par Claude Robert, le dans Économie, Pushmobile

Par Claude Robert.

N’oublions jamais ceci : 70% des exportations françaises sont écoulées en Europe. De  même que 69% des importations françaises en proviennent (INSEE 2009). L’économie française est donc fortement tributaire de celle de nos voisins européens.

Ainsi, pour juger de l’efficacité de la politique des gouvernements français successifs, ne pas comparer les résultats de notre pays au reste de l’Europe serait une grossière erreur de jugement. Comment en effet se prononcer en valeur absolue alors que nos économies sont imbriquées ? Comment se satisfaire de chiffres bruts alors que croissance et taux de chômage dépendent avant tout :

  • de la santé économique de nos principaux clients : plus nos clients sont en forme et plus ils tirent notre économie,
  • des cours des matières premières (surtout pour des pays importateurs nets comme le nôtre),
  • du taux de change (qui détermine de façon significative les échanges entre pays de monnaies différentes),
  • de la stabilité politique.

Il faut garder en mémoire Lionel Jospin se targuant d’avoir relancé la croissance en France, lorsqu’il était Premier ministre. Alors que la forte hausse du dollar avait réveillé l’ensemble des économies européennes, et que la France avait moins su profiter de cette aubaine que la moyenne de nos voisins ! Comparer la croissance de son mandat avec la croissance des années précédentes était certes valorisant.

Mais cela ne résistait pas à une analyse comparée de la France et de son contexte européen et mondial. La première comparaison, en valeur absolue, uniquement par rapport au passé, constituait une erreur méthodologique. À l’inverse, la seconde comparaison, en valeur relative, était réellement révélatrice de la réalité, parce qu’établie selon la formule consacrée « toutes choses étant égales par ailleurs ».

Quatre ans se sont écoulés depuis l’élection de François Hollande. Les premières comparaisons effectuées ici même en janvier 2014 sur le taux de chômage ne lui étaient pas favorables mais la brièveté de l’historique ne permettait pas de se prononcer de façon définitive. La mise à jour de ces données début 2015 confirmait l’échec du gouvernement socialiste sur ce point. La comparaison effectuée en matière de croissance et de dette publique était également défavorable. Qu’en est-il aujourd’hui, avec les données mises à jour fin 2015 ?

Taux de chômage comparé entre Hollande, Sarkozy et Chirac

Ainsi que le mentionne le graphique ci-dessous, l’écart positif qui avait été généré par Sarkozy (en vert) a non seulement disparu, mais il est devenu négatif (en jaune) et a continué de s’accroître jusqu’à août 2015 (dernière donnée disponible source Statistiques Mondiales). Il s’est encore détérioré jusqu’à décembre 2015 (chiffres Eurostat) avec un taux de chômage français à 10,2% contre seulement 9,0% en Europe (UE 26). Le différentiel négatif s’est donc considérablement accru depuis la présidence Hollande, et ne s’améliore toujours pas.

Chômage

Croissance économique comparée

Le taux de croissance du Produit Intérieur Brut est une donnée tout aussi essentielle. Car ce taux ne peut pas se dégrader indéfiniment sans que le taux de chômage ne finisse à son tour par monter. Inversement, un taux de croissance élevé facilite la réduction du chômage : les entreprises produisent de plus en plus de biens et de services, et (sauf décalage total entre la demande et l’offre de main d’œuvre ou sauf nouvelles contraintes fiscales ou juridiques) embauchent plus.

Le graphique ci-dessous est basé sur les chiffres Statistiques mondiales à la fin 2015. Ce graphique fait apparaître les constats suivants :

  • Le mandat de Chirac s’est terminé sur un écart négatif de croissance.
  • Au-delà du changement ponctuel généré pendant la crise bancaire, le mandat de Sarkozy a supprimé cet écart négatif et a rétabli un léger écart positif (en vert), ce qui constitue une amélioration significative.
  • À l’inverse, le gouvernement actuel a détruit cet avantage puis a accru le retard (en jaune). Ce retard a atteint son maximum en 2014 et s’est légèrement réduit depuis. Mais il reste conséquent, avec une croissance annuelle de l’UE26 à +1,8% contre +1,1% dans l’Hexagone à la fin 2015. Ainsi, depuis 2013, en matière de progression du PIB, la France accuse un retard important par rapport à l’Union Européenne.

CroissanceComparée

 

Dette en pourcentage du Produit Intérieur Brut

Après avoir comparé le taux de chômage et le taux de croissance, une troisième analyse permet de compléter le tableau : celle du taux d’endettement public1 en pourcentage du PIB. Comme chacun sait, lorsque le niveau de la dette devient trop important, il impose au gouvernement un coût qui limite considérablement ses marges de manœuvres et qui se répercute sur les agents économiques. Cette double comparaison est intéressante pour les raisons suivantes :

  • C’est une très bonne façon de juger du niveau d’une dette et de la ramener au PIB de l’année correspondante. Ainsi, lorsque la dette atteint par exemple 100% du PIB de l’année en cours, cela signifie que cette dette nécessite une année de production du pays pour la rembourser.
  • Comparer la France et la zone euro en termes de niveau d’endettement permet de comparer le niveau de rigueur ou de laxisme de chacun, toutes choses étant égales par ailleurs. Lorsque le contexte mondial l’exige (par exemple lors de la crise bancaire), le niveau d’endettement s’élève sur l’ensemble des pays et la comparaison tient compte de cet effet systémique. Par contre, quand un écart apparaît sur un pays par rapport au reste, cet écart lui est imputable.

Sur le graphique ci-dessous (source INSEE pour la dette française et Union Européenne pour la zone euro), force est de constater que :

  • Avec Sarkozy, la France a perdu son avantage par rapport à la zone euro (couleur verte), sur la fin de son mandat, la dette de l’Hexagone s’est accrue plus vite.
  • Sous Hollande, l’écart à peine positif s’est transformé en un écart négatif important qui s’est aggravé à partir de la fin 2014 du fait de la poursuite de la courbe française et de l’amélioration de la dette européenne. Tandis que la dette de la zone euro diminue nettement (en pourcentage du PIB) depuis fin 2012, la France n’est toujours pas parvenue à maîtriser son augmentation. Tout au plus réussit-elle à en ralentir la progression dans un contexte pourtant favorable à sa réduction. Actuellement, elle représente 95,7% du PIB, celle de la zone euro étant revenue à 91,6%.

Dette

Conclusion

L’évolution comparée du taux de chômage, de la croissance et de la dette publique de la France et de l’Europe (ou de la zone euro pour ce dernier indicateur) permet de se prononcer d’une manière autrement plus fiable que par le biais de jugements à l’emporte-pièce tirés de chiffres en valeur absolue.

Or, ces comparaisons démontrent maintenant de façon formelle, parce que continue, le décrochage français. Du fait que ces comparaisons intègrent les données de l’environnement économique direct de notre pays, elles confirment la cause de ce décrochage. Celui-ci ne peut être imputable qu’à la politique de la présidence actuelle.

La Présidence Hollande, un bilan très mauvais sur tous les plans

Très mauvais parce qu’il combine hausses d’impôts et absence de résultats. Ce qui est particulièrement un comble, de la part d’une équipe gouvernementale, c’est d’avoir en effet fortement accru la pression fiscale tout en étant à la fois incapable :

  • de relancer la croissance,
  • de diminuer le taux de chômage,
  • d’empêcher l’endettement d’augmenter !

La tant décriée présidence Sarkozy avait certes gonflé la dette de l’État, mais au moins l’avait-elle fait à bon escient. Cet endettement s’était opéré au bénéfice de la croissance et du taux de chômage (puisque ces indicateurs avaient évolué plus favorablement que chez nos voisins européens). À l’inverse, depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, la France semble avoir été victime d’un trou noir financier considérable. Un trou noir qui a volatilisé les sommes gigantesques qui étaient censées nous aider à diminuer notre dette ou au minimum notre taux de chômage. Il n’y a hélas aucun domaine où le gouvernement actuel a obtenu le moindre résultat. Les contraintes engendrées par l’accroissement des impôts n’ont servi strictement à rien.

Un tel ratage, de par son aspect systématique, constitue même un mystère. Comment avoir réussi une telle gageure sans l’avoir fait exprès, c’est-à-dire en essayant d’obtenir l’effet contraire ? Plusieurs hypothèses, qui hélas ne s’excluent aucunement l’une l’autre, sont régulièrement avancées.

D’une part, la pression fiscale est allée au-delà de l’effet positif : ainsi que l’a démontré Laffer, il arrive un moment où la contrainte fait fuir les agents économiques les plus capables et dissuade la prise de risque et l’investissement, et ce de façon d’autant plus violente dans les contextes économiques difficiles. D’autre part, l’argent récolté a été alloué de façon inefficiente, pour des recrutements de fonctionnaires et des aides sans retour. Les mauvaises langues diront que ce sont des dépenses de confort, dont la seule fonction est de permettre au gouvernement de durer…

Très mauvais parce qu’aucune réforme d’envergure n’a été engagée pendant ces quatre années socialistes. Il semble d’ailleurs que le gouvernement se soit tout d’abord caché derrière le rideau de fumée sécuritaire pour finir par se noyer dans la réforme (pourtant très édulcorée) du droit du travail et les blocages qu’elle a générés. Il est à se demander si la nomination d’un Premier ministre et d’un ministre de l’Économie « relativement libéraux » n’aura été qu’un trompe-l’œil à l’usage de l’UE et des marchés financiers. N’est-il pas troublant de voir un Premier ministre et un ministre de l’Économie minoritaires voire marginalisés dans leur propre gouvernement ?

Pendant combien de temps encore l’Hexagone va-t-il reculer par rapport à ses voisins, dans une économie européenne qui a repris des couleurs depuis maintenant près de trois ans ? Jusqu’aux présidentielles de 2017 ?

Sur le web

  1. Selon la Documentation française, la dette publique est la dette de l’État, c’est-à-dire l’ensemble des emprunts contractés par l’État (exemple des obligations d’État ou des bons du Trésor), ainsi que celles des collectivités territoriales et des organismes de Sécurité sociale.
  1. comme il est dit au début la France dépend du reste de l’Europe…tout ces chiffres n’indique qu’une perte d’influence de la France en Europe , il n’y pas de gvt français comme on le constate depuis 2012., Hollande ne fait rien que des moulinets pour donner le change
    il ne faut pas oublier que tous les pays européens sont confrontés aux même problèmes et que chacun essaie de tirer son épingle du jeu aux dépens des autres !

    1. Aux dépens des autres ? C’est plutôt l’inverse : la France qui aurait dû couler depuis longtemps surnage au dépens de ceux qui se réforment et travaillent. La France est gérée comme la Grèce, elle ne survit que grâce à des emprunts à taux ridiculement bas.

  2. Très bon article de fond. Merci.

  3. Merci pour cet article objectif. Il est plus difficile de mesurer l’influence de notre pays sur la scène internationale par rapport à ses voisins, mais quelque chose le dit que le résultat serait aussi déplorable pour le quinquennat actuel…

  4. Cette tentative de faire passer le bilan de Sarkozy pour un bilan positif…

    Rappelons que non Sarkozy n’a pas fait mieux : La crise aura été pour lui l’occasion de mettre en place un plan de relance de 35 milliards d’euros, d’augmenter la dépense publique en général et surtout il a bénéficié des plans de relance mis en place dans le reste de l’Europe ainsi que des dépenses massives aux USA et en Chine.

    C’est quand ces dépenses se sont terminées, fin 2011 / début 2012 que les choses ont commencé à se dégrader. Et même avec tout ça la croissance française n’a pas explosé, restant modeste.

    Certes Hollande aura été pire mais Sarkozy aura été à peine meilleur

    1. Oui et non. C’est un problème de relativité.
      Un bilan aura toujours des côtés positifs et négatifs.
      Dans le cas de Sarkozy, le résultat est nettement meilleur que Hollande, mais ce n’est pas très difficile.
      Ensuite il faut prendre en compte le fait que les français ne veulent pas de libéralisme qu’ils assimilent à la jungle, au far west dans leurs pires aspects.
      Donc demander à un politique d’appliquer une politique dont ses électeurs ne veulent pas est tout de même compliqué et dans ce contexte le bilan Sarko est positif 😉

      1. Il a été élu sur la « rupture », il avait la légitimité pour agir mais n’a pas eu le courage de ses convictions. ça reste une grosse déception, la France serait très différente aujourd’hui s’il avait été courageux !

    2. Je ne crois pas que ce soit ainsi qu’il faille lire cet article; le fait qu’Hollande fasse pire que Sarkozy ne rend pas le bilan de Sarkozy appréciable pour autant. Le fait que Sarkozy fasse mieux relativement que le reste de l’Europe ne rend pas son bilan souhaitable non plus.
      Tout simplement, Hollande est pus nul que Sarkozy, ça n’empêche pas Sarkozy d’être nul lui aussi.

  5. « Chirac, Sarkozy, Hollande : comparons leur efficacité ! »

    Parler d’efficacité me semble être un abus de langage … vous auriez pu ajouter Mitterand
    Nous ne pouvons que constater les dégâts de tous ces génies de la politique de haut vol …
    Et nous allons continuer comme ça jusqu’à quand ?
    Jusqu’à ce que le pays soit dans l’état de la Grèce, voire pire ??
    France pays industriel …. sans industrie …
    France pays maritime … sans ports ni pêche
    France pays agricole ….. sans agriculture
    Destruction …. pardon lire: réforme de l’enseignement, de l’hôpital, etc …. la liste est trop longue sans oublier la recherche ….
    Sans recherche c’est l’avenir du pays dans 15 à 20 ans qui suivent …
    Comme bilan de tous ces charlatans ça se pose là … le seul rôle dans lequel ils se sont investis avec réussite c’est de refiler la patate chaude au successeur.

    ET

    « ON » continue ???
    Jusqu’à où ????

  6. Peut-être eut-il été (encore plus ?) pertinent de comparer la France avec ses « grands voisins » l’Allemagne et le Royaume Uni, bine que ce dernier ne fasse pas partie de la zone Euro ?
    Je crains que les courbes n’en seraient que plus défavorables à le France (mais ça va « mieux »).

  7. Merci pour cet article plus éloquent que de grands discours.

  8. Il n’y a pas de différences énormes entre les trois bilans. Ce n’est pas avec des différentiels de 1 ou 2% que l’on est nettement meilleur ou pire que les autres !

    1. Et pourtant, « bizarrement », il m’est bien plus agréable d’avoir une augmentation de salaire de 1% plutôt qu’une baisse du même niveau. Et effectivement, une croissance de 1% du PIB en France par rapport à la stagnation, ça ne fait jamais que 20 milliards. Ca ne change pas grand-chose, bien sûr -_-‘

  9. Philippe du Penhoat

    Il est abusif d’attribuer la période 1997-2002 à Chirac. Du fait de la cohabitation, c’est Jospin qui était aux manettes. Chaque fois que Chirac à été aux manettes, comme premier ministre ou comme président, la dette a dérapé

  10. Pour la croissance, ne faudrait-il pas plutôt comparer sur une série partant de 100 en 2004 et en appliquant le taux de croissance année après année pour France vs Europe ?

  11. Alors quand la situation va mieux sous la gauche, c’est le contexte internationale mais sous la droite c’est grâce au super président. Il ne manque plus que http://www.republicains.fr/aider-les-republicains pour couronner cet article. Chacun de nos président ne peut que malheureusement qu’aggraver la situation, cela fait longtemps que l’on n’attend plus des politiques qu’ils résolvent les problèmes , qu’ils fassent le moins de bêtises possibles ce sera déjà une belle avancée. J’espère que vous ne convaincrez pas grand monde avec cet article , on juge une politique par les reformes faites pas sur les résultats à court-terme. Les politiques ont la capacité à court terme uniquement de faire des conneries , et on a bien vu que les deux derniers étaient des champions la-dessus. Le jour où un président fera les bonnes reformes , vous savez très bien que les résultats commenceront à se voir réellement sur les quinquennats d’après.

    1. Considérez-vous l’action du l’homme au scooter portant l’étiquette « pas sarko » comme efficace ? Je ne pense pas…

      Considérez-vous que l’action de la folle du poitou (celle qui a laissé la région qu’elle dirigeait exsangue et qui menace de procès tous ceux qui auraient l’audace de produire des éléments chiffrés corroborant ce constat) aurait été mieux que celle du sarko ? Je ne pense pas…Sarko était loin d’être le meilleur des président, mais au moins il n’a pas aggravé la situation en ne faisant rien ou en distribuant de l’argent gratuit pour tenter désespérément de s’assurer une réélection facile en comptant sur une base de fonctionnaires bien établie…

      Le pire des président de la 5ème république est sans conteste possible un certain…François…mais pas Hollande. Lui n’est que le produit du Mitterandisme dans sa forme la plus dégénérée. Le coup de la dissolution orchestrée par ce vichyste / résistant opportuniste a fait comprendre à la droite que désormais pour être élu, il suffisait de promettre plein de choses avec l’argent que l’on n’a pas, tout en recrutant un max de communistes pour formater l’esprit des jeunes et prendre le contrôle de toutes les administrations afin de s’assurer que son parti ou et son idéologie reste au pouvoir…résultat 30 ans après : la france est un pays d’assistés qui n’est plus que l’ombre du pays qu’il a été.

      1. Rares sont ceux qui ont la lucidité de désigner le principal auteur de ces résultats calamiteux, à savoir Mittrand.
        Il n’a fait que détruire sans construire.
        Traître à l’Esprit de la Veme (1ère cohabitation) tout en profitant à plein du pouvoir qu’elle donne.
        Un maître du cynisme, une parfaite ordure en somme…

  12. Pour comparer les présidents associés à la dégringolade de la France, il faut remonter à Giscard qui a donné le coup d’envoi du déclin de la France (collège unique, regroupement familial des étrangers, et j’en oublie ) , F. Mitterrand est passé largement à la vitesse supérieure (retraite à 60 ans, les 39h sans réduction de salaires, les préretraites, l’embauche massive de fonctionnaires, l’augmentation des prélèvements et l’arrivée massive d’immigrés etc.), Chirac continue sur la lancée et avec L. Jospin met en place les 35h sans diminuer les salaires. C’est le coup de grâce pour le secteur marchand et l’économie Française. Sarkozy malgré tous les signaux au rouge, fait semblant mais ne touche à rien. F. Hollande un incompétent notoire avec une gauche ayant un logiciel des années 70 finit par couler définitivement le pays. Dans ce match de nuls la palme du plus mauvais Président revient à François Mitterrand. Et nous n’avons pas fini de couler.

  13. Une remarque ou une question pour celles et ceux qui pourraient y répondre.
    La dette fait bien intégralement partie du PIB, si j’ai bien suivi jusqu’ici.
    Quand la dette augmente, le PIB augmente en valeur absolue.
    Quand le taux de dette rapporté au PIB ne baisse pas, et même continué d’augmenter, c’est bien que la « croissance » que l’on constate est financée par la dette, au-delà de la croissance productive du PIB.
    Ainsi donc, avec tous ces chiffres, le constat est bien que la France est en récession importante, masquée par la croissance du PIB elle-même financée intégralement et en excès par la dette.
    Avec un pays en récession, normal que le chômage ne s’améliore pas.
    Me trompe-je gravement quelque-part ?

    1. Heu… oui, vous vous trompez (gravement, c’est à vous de voir..). vous vous trompez en ce sens que la dette n’est qu’une opération financière qui n’a, en soi, aucun impact sur le PIB. C’est juste un transfert, temporaire et réversible, de pouvoir d’achat entre l’emprunteur et le créancier.
      L’impact sur le PIB est indirect, il dépend de la comparaison de la situation sans et avec l’endettement, c’est à dire la production si le pouvoir d’achat était resté dans les mains d’origine comparé à celle dans la situation avec endettement. Et ça parait suffisamment compliqué à comparer pour qu’on puisse dire tout et son contraire.
      Ce qui est clair à peu près pour tous le monde, c’est que l’Etat distribue du pouvoir d’achat à des gens qui n’ont rien produit pour l’avoir, et ça correspond donc à autant de production manquante (*). Ce que la plupart des gens oublie en général, c’est que, en sens inverse, on peut dire exactement l’opposé en regardant la situation des créanciers : eux, ont produit des choses, et renoncé (à la date T) à les consommer pour laisser les bénéficiaires des emprunts le faire à leur place.
      Tout va donc dépendre de ce que les uns et les autres font ou auraient fait du pouvoir d’achat : consommer ou investir/produire, en France ou à l’étranger ? plus concrètement : est-ce que l’argent emprunté sert à construire des usines en France, ou à payer des biens de consommation importés ? acheter des machine -outils pour fabriquer des voitures, ou des voitures toutes montées ? tenir, le temps qu’un investissement produise enfin ses fruits (et permette de rembourser…) , ou se payer des vacances, avec comme seule perspective la banqueroute ou le pressurage fiscal du nanti ?
      Vu comme ça l’évidence pour moi, c’est que l’endettement est, ici et maintenant, une subvention à la non-production, il détruit le PIB.
      bref : l’endettement ne finance pas du faux PIB, il finance de la consommation sans production, il anesthésie les conséquences d’avoir une production inférieure à la consommation, et donc empêche de se dire qu’il faudrait se retrousser les manches pour produire ce qu’on consomme (ou d’autres choses qu’on pourrait échanger).

      (*) Ce qui laisse la place à deux interprétations opposées :
      * ce pouvoir d’achat « emprunté » permet à des producteur d’avoir encore des clients, activité qui cesserait sans cela, et donc la dette permet de sauver du PIB qui disparaitrait sans elle. C’est le point de vue : l’endettement est un remède à la récession.
      OU BIEN.
      * ce pouvoir d’achat emprunté permet à ces bénéficiaires d’avoir une consommation sans rien produire, alors qu’en l’absence de dette ils devraient produire pour obtenir ce pouvoir d’achat , et donc la dette réduit la production. C’est le point de vue : l’endettement aggrave la récession.
      Les deux peuvent être en partie vraies, d’ailleurs, et il est difficile de les distinguer.

      1. il détruit le PIB futur.

        deux interprétations opposées

        Si on introduit le temps, la première est à effet immédiat, la seconde à effet différé, non ❓
        Cela permet de comprendre l’ivresse des polytocards lorsqu’ils s’adonnent à ces jeux démagogiques.

      2. Mercii pour la réponse : on a toujours raison de bosser des questions sur Contrepoints !
        Oui, il est très possible que je me trompe. Peut-être gravement, mais ça n’est pas un probleme : j’ai passé l’âge de m’offusquer de mes propres erreurs… Et c’est bien en cherchant une réponse à ces erreurs que l’on s’améliore avec le temps. Enfin, je l’espère 😉

        Je pense que ma confusion de base vient d’un souvenir déformé de cet article de Philippe Chevalier (http://www.contrepoints.org/2015/04/01/202847-pib-les-vrais-chiffres). J’avais alors du assimiler en effet une partie des dépenses de l’Etat à la dette, et donc à intégrer celle-ci au PIB.
        Elle en est une composante indirecte, en effet, puisque simple source de financement.
        Mais plus elle augmente, plus la partie du PIB étatique croit, masquant ainsi une partie de la croissance productive réelle. Voire masquant une décroissance du PIB privé.
        Et la dette finançant des dépenses de l’Etat qui (je me trompe peut-être encore) ne constituent pas forcément une « vraie » valeur ajoutée, la confusion s’accroît.
        Bon, je vais prendre mes deux Doliprane !

  14. Réponse à la question:
    Aucun des trois, aussi nuls les uns que les autres.
    Petite mention particulière pour Jacques Chirac qui a refusé de nous entrainer dans une guerre qui n’est pas la nôtre en Irak, un grand merci …
    Pour son successeur: honte de nous avoir fait réintégrer OTAN et être allé détruire la Libye … pardon « pacifier » et « démocratiser » … le caniche de Bush
    Quand au dernier: nul, parjure, pas d’autre commentaire.

  15. Un gros oubli dans l’article. Hollande massacre la natalité.
    https://twitter.com/PaulMaxit/status/763859546339172352?s=09

  16. No comment, Hollande est nul, ce n’est pas une découverte, le socialisme conduit à la décadence, c’est un fait;
    Une remarque, si la tendance amorcée les dernières années du mandat de NS avaient été poursuivies, on ne serait pas dans cet état de décrépitude, mais les insultes du PS ont laissé des traces dans tous les esprits.
    J’espère que demain on évitera un social démocrate consensuel de droite.

  17. Pourquoi cet article de Mai est-il maintenant daté d’aujourd’hui (16 Août) ? il me semblait bien l’avoir déjà lu…
    L’article est très pragmatique, mais il faudrait la légende dans le premier graphique et la source des 3 pour prendre totalement ces chiffres au sérieux et pouvoir partager l’article tel quel sur les réseaux sociaux.

  18. Toutes mes plus sincères félicitations pour un article qui a le mérite de la justesse, de la transparence et surtout de renvoyer les énarques socialistes sur les bancs de l’école ou mieux encore dans les usines et les bureaux. L’éloignement de la réalité économique est le pire des défauts des politiques et seuls
    Fillon et Sarkozy sont parvenus à tenir un équilibre précaire. Juppé au pouvoir ne m’a laissé qu’un seul souvenir : les Jupettes et leur éviction du gouvernement d’alors ne répondait à aucun critère objectif.

  19. 3 bricolos successifs élus par les français ont fait structurellement décliner notre pays, aucun d’entre eux n’ayant le courage d’entreprendre les réformes de fond (travail, santé, enseignement, équilibre budgétaire, fonction publique..) nécessaires à notre adaptation au monde moderne. Cet échec partagé est lisible dans les 3 indicateurs comparés dans l’article à nos voisins européens qui sont le taux de chômage, celui de la croissance économique et le taux d’endettement.
    Parmi ces bricolos, le dernier en date est le pire de tous ainsi que le démontre la comparaison, Hollande ayant de surcroit réussi à appauvrir les français en accroissant la collecte fiscale de 70 milliards et faisant définitivement fuir les investissements de notre pays trop lourdement taxés. La France se retrouve après 15 ans d’impéritie, de couardise et de démagogie à afficher à la fois le taux de dépenses publiques sur PIB (58%) le plus haut du monde, mais aussi le taux de prélèvement obligatoire le plus élevé avec 45,47% sur PIB alors qu’aucun des résultats pouvant justifier de telles records n’est atteint (logement, santé, éducation, insécurité, transports, richesse par habitant..).

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