Ouverture des commerces le dimanche : mythes et réalité [Replay]

Publié Par Vincent Benard, le dans Travail & emploi

Par Vincent Bénard.
Un article de l’Institut Turgot.

Cactus de la jardinerie by Sunny Ripert (CC BY-SA 2.0)

Ouverture des commerces le dimanche-Cactus de la jardinerie by Sunny Ripert (CC BY-SA 2.0)

 

La question du travail dominical a connu de nombreux rebondissements liés à la guerre commerciale que se livrent les enseignes de bricolage, certaines ayant obtenu le droit d’ouvrir le dimanche, d’autres pas. Les magasins de certaines enseignes peuvent rester ouverts parce qu’ils sont implantés dans des périmètres d’usages de consommation exceptionnelle (PUCE), tandis que d’autres, qui ont choisi de répartir des magasins plus petits selon un maillage plus fin, mais hors zones privilégiées par l’administration, se le voient interdire.

D’autres discriminations intersectorielles existent : l’ameublement dispose d’une dérogation permanente dans certaines zones, ainsi que le jardinage, mais pas le bricolage ou l’électroménager, alors que les articles des seconds sont souvent aussi en vente dans les enseignes des premiers…

Pour sortir de ces incohérences, certains commentateurs estiment que la loi devrait ajouter le bricolage, ou l’équipement électrique, parmi les exceptions à l’obligation de fermeture dominicale des commerces, au même titre que le jardinage. D’autres estiment qu’il faudrait augmenter le nombre de « dimanches exceptionnels » que les maires seraient en droit d’accorder. Tel est le sens de la plupart des propositions du rapport Bailly, remis fin 2013 au gouvernement, qui propose des aménagements assouplissant la loi actuelle, mais sans en modifier la philosophie.

Mais cette façon de procéder ne fait que… bricoler des lois mal faites en leur ajoutant de nouvelles exceptions. Allons au-delà des desiderata sectoriels : ce sont tous les magasins qui devraient être autorisés à ouvrir le dimanche, selon les souhaits de leurs propriétaires. En effet, les bénéfices économiques de l’ouverture généralisée des commerces le dimanche seraient indiscutables, quand bien même cela ne serait pas intuitif de prime abord.

Les bénéfices de l’ouverture dominicale

Les sceptiques affirment que l’extension des plages d’ouverture ne créera pas de demande supplémentaire et que le chiffre d’affaires des magasins, réparti sur plus de jours, fragilisera les petits commerces, incapables de rémunérer plus de force de vente pour un volume d’affaires identique.

C’est oublier que la valeur ajoutée des commerces réside autant dans les produits qu’ils vendent que dans leur capacité à les mettre à la disposition des acheteurs. Autrement dit, la mise à disposition elle-même crée une valeur à laquelle les consommateurs sont sensibles. Sans quoi, pourquoi ne pas ouvrir les magasins seulement sur trois ou quatre jours, puisque le chiffre d’affaires serait soi-disant insensible à la durée d’ouverture des magasins ?

Les grandes enseignes rechignent à donner des chiffres de ventes trop précis pour leur activité dominicale. Tout au plus, le dirigeant d’une grande chaîne d’ameublement a récemment déclaré aux Échos que ce jour représentait 23% de ses ventes1, alors que le dimanche ne représente que 16 % du temps d’ouverture. Caroline Hupin, secrétaire générale de la Fédération des magasins de bricolage, a déclaré au même journal que le dimanche représentait à peu près 20 % des ventes de ses mandants, et que lorsqu’une enseigne avait dû fermer des magasins précédemment ouverts, le chiffre d’affaires perdu le dimanche ne s’était pas reporté sur les autres jours2.

Le surcroît de chiffre d’affaires apporté par l’ouverture dominicale présente l’intérêt de ne pas requérir d’investissement complémentaire en surfaces de ventes : de même qu’une usine tournant en trois-huit rentabilise mieux ses équipements qu’une autre qui ne fonctionne que huit heures par jour, rentabiliser une installation commerciale sur sept jours au lieu de six permet de réduire certains coûts fixes liés à l’acte de vente.

Dans certaines enseignes de bricolage très attractives ouvertes seulement six jours sur sept, le samedi représente jusqu’à 45 % du chiffre d’affaires3. Autrement dit, les cinq autres jours ne représentent que 11% chacun en moyenne. Cela n’est pas sans poser de gros problèmes de logistique aux enseignes concernées : ou bien elles augmentent la capacité de leurs magasins pour faire face à la pointe du samedi, mais alors leur investissement est très sur-dimensionné pour les jours ordinaires, ou bien elles imposent à leurs clients du samedi un sous-dimensionnement préjudiciable à la qualité du service. Dans les enseignes des mêmes groupes ayant obtenu l’autorisation de commercer le dimanche, la part du samedi dans le CA tombe à 30%, celle du dimanche s’établissant, nous l’avons vu, autour de 20%. Ce relatif lissage permet de réduire l’allocation de ressources à la période de pointe et favorise donc une meilleure utilisation des facteurs de production.

Concernant les conditions d’emploi de leurs salariés, une meilleure répartition des heures ouvrables sur le weekend permet aux enseignes de mieux planifier le travail des équipes. En effet, pouvoir répartir la main-d’œuvre du week-end sur deux jours permet de diminuer l’effectif maximal nécessaire en pointe d’activité et d’augmenter le nombre d’heures payées à chaque salarié le week-end. Par conséquent, les enseignes peuvent à la fois réduire le recours à de la main-d’œuvre précaire employée uniquement quelques heures, ce qui n’est jamais simple à gérer en termes de motivation et de compétences. En outre, l’augmentation globale du nombre d’heures ouvrées pour un même magasin permet d’abaisser le coût du capital par poste de travail, ce qui est favorable à l’emploi.

Il en résulte que les commerçants concernés, sous réserve que leur offre soit attractive, peuvent distribuer plus de revenus à leurs salariés sous forme d’heures supplémentaires majorées et limiter l’embauche de salariés « exclusivement week-end » à des étudiants et autres profils particulièrement intéressés par ce type d’emploi circonscrit dans le temps et de ce fait motivés pour acquérir les compétences et le savoir-faire nécessaires à la vente dans un temps limité. Cette majoration de rémunération n’empêche pas les magasins ouverts le dimanche d’être plus rentables en moyenne que ceux situés dans des zones où elle n’est pas autorisée, pour une même enseigne.

En contrepartie, les magasins dont l’offre séduit moins la clientèle trouveront moins d’avantages à l’ouverture dominicale. N’est-ce pas finalement sain qu’une telle possibilité soit la plus bénéfique vis à vis des offres les plus susceptibles de rencontrer un public ?

Enfin, il convient de rappeler que le commerce électronique ne connaît aucun horaire de fermeture, et que celui-ci a encore augmenté son chiffre d’affaires de 16 % en 2013. Certes, une partie de ces ventes est captée par des enseignes historiques qui ont su prendre le virage du commerce en ligne, et qui, globalement, pourraient compenser en ligne leur fermeture physique, encore que la correspondance entre les deux clientèles ne soit pas établie. Mais une autre partie des ventes est le fait d’entreprises présentes exclusivement sur Internet, qui sont donc, de fait, bénéficiaires d’un avantage octroyé par le législateur. Est-ce équitable ?

Des acheteurs en meilleure position vis-à-vis des vendeurs

Nous avons vu que gagner 16% de temps d’ouverture se traduisait par une part supérieure en termes de chiffre d’affaires pour les enseignes concernées. Mais ce surcroît de ventes ne s’opère-t-il pas au détriment des magasins qui ne peuvent s’aligner sur ces horaires ?

C’est oublier que l’ouverture dominicale constitue un gain bien plus important pour les acheteurs. Du point de vue d’une personne travaillant du lundi au vendredi (soit environ 65 % de la population active employée) et disposant donc d’un temps théorique de une à deux heures par jour de semaine, et de 12 heures le samedi, pour effectuer ses achats, soit 22 au total, le fait d’ajouter une plage d’ouverture de 12 heures le dimanche augmente son temps de chalandise de plus de 50 % (34 heures au lieu de 22). Pour nombre de ménages, voilà qui crée une sérieuse opportunité d’optimiser leurs achats en fonction de leurs goûts et de leur budget. Si le terme n’avait été réduit à sa connotation financière, on pourrait parler d’augmentation du pouvoir d’achat, au sens de « pouvoir mieux acheter ».

Comme dans tout processus de réallocation de ressources, les ménages profitant de l’aubaine achèteront mieux, détournant une part de leur budget de consommation vers des producteurs plus efficaces, et les ressources qu’ils économiseront de ce fait pourront leur permettre d’envisager des consommations supplémentaires ou de l’épargne qu’ils n’auraient pu espérer sinon. L’ouverture dominicale, du point des vue des consommateurs que nous sommes tous, est indiscutablement un choix gagnant.

Les arguments économiques en faveur de l’ouverture dominicale, et, plus largement, des ouvertures en horaires non usuels, incluant les sessions nocturnes, sont bien établis. Ceci dit, il convient de comparer à ces gains les objections courantes qui sont opposées à l’ouverture dominicale.

Le petit commerce est-il menacé ?

Il est souvent affirmé que le petit commerce, qui pourra moins facilement s’adapter à l’ouverture dominicale que les grandes enseignes, serait le grand perdant d’une libéralisation de l’ouverture dominicale. C’est méconnaître leur capacité d’adaptation : les petits commerces qui ont survécu aux grandes surfaces sont ceux qui ont su démarquer leur offre de celles des hypermarchés. Beaucoup de ces petits commerces ont d’ailleurs migré dans les allées des galeries commerciales de ces grandes surfaces, offrant à nombre de salariés des opportunités d’emploi qui n’auraient pas été possibles sans cela : ces commerces là ont tout intérêt à l’ouverture dominicale.

Certains affirment que les commerces de centre ville pâtiront de cette concurrence des grandes galeries périphériques : c’est déjà le cas dans de nombreuses villes, et il faut sans doute en chercher les causes dans la stagnation des revenus disponibles après taxes que connaît notre pays, ou dans les politiques « autophobes » menées par nombre de municipalités – no parking, no business… Ainsi, les travaux de l’économiste Rémy Prud’homme démontrent les conséquences négatives des politiques défavorisant l’automobile pour l’économie des centres-villes4. On peut également pointer du doigt la fuite des classes moyennes des centres des grandes agglomérations, devenus trop chers, principalement du fait de politiques publiques mal pensées (restrictions foncières, normes de construction toujours plus sévères, report des surcoûts de la loi SRU sur les aménageurs privés). Accuser systématiquement la concurrence des grandes surfaces d’être le seul problème que vit le petit commerce est éminemment discutable.

Bien au contraire, plusieurs économistes (Kramarz et Bertrand5, notamment) ont montré que le petit commerce tire mieux son épingle du jeu dans les zones où la concurrence entre plusieurs enseignes de grandes surfaces fait baisser les prix, laissant aux ménages plus d’argent à consacrer au « commerce de niche ». Ces mêmes économistes ont montré que la création globale d’emploi dans le commerce de détail s’était ralentie après la promulgation des lois Royer (années 1970), puis Galland (1996). Il semble donc que tout ce qui contribue à augmenter la concurrence entre grands diffuseurs de produits de grande consommation soit profitable aux petits commerces sachant se démarquer, et à l’emploi global.

L’ouverture dominicale est-elle inflationniste ?

Il existe un risque que certains commerces soient enclins à augmenter leurs prix, tout simplement parce que leurs coûts variables (salaires, énergie) augmenteraient plus vite que ne diminueraient leurs coûts fixes du fait de l’allongement des durées d’utilisation des locaux : il faut bien payer le personnel qui travaille le dimanche ! De fait, le travail dominical, dans certains pays (Canada, Suède, Pays Bas), s’est révélé marginalement inflationniste au début, avant que la nouvelle concurrence générée par la redistribution des cartes ne force un retour à la normale.

Dans ce cas, il conviendra pour les magasins de savoir si leurs clients sont prêts à payer plus cher pour pouvoir faire leurs achats à un moment qui leur convient mieux, et de moduler leurs horaires en fonction de leurs analyses. En outre, la concurrence, si elle existe, les forcera à trouver les moyens de ne pas faire supporter la facture à leurs clients, en augmentant leur productivité, ou celle de leur chaîne d’approvisionnement. Toutefois, les limitations actuelles de cette concurrence sous notre législation actuelle (cf. supra) pourraient réduire cet avantage à néant. L’ouverture dominicale sera d’autant plus efficace qu’elle s’inscrira dans un cadre concurrentiel amélioré.

Les salariés du dimanche seront-ils volontaires ou contraints ?

Ceci dit, les arguments de nature sociale de certains opposants au texte ne sont pas à négliger. Il est évident que même en intégrant des garde-fous à un éventuel texte de loi, une partie des salariés travaillant le dimanche le fera contrainte et forcée par la peur d’être mal vue de sa hiérarchie et d’en souffrir professionnellement, ou de perdre son emploi. En période de crainte du chômage, le risque de « flexibilité subie » est réel.

Mais ces comportements d’employeurs peu respectueux des contraintes de leurs salariés existent déjà en semaine : pressions au résultat excessives, harcèlement, ne sont hélas pas limités aux questions relatives au travail dominical ou nocturne. Le risque de voir ces comportements étendus au dimanche doit-il servir de prétexte à empêcher le travail dominical sur une base volontaire ? Les peurs des uns doivent-elles brider les opportunités des milliers d’autres qui seraient heureux de trouver un job de fin de semaine, ou de toucher de confortables heures supplémentaires ? Certainement pas. D’ailleurs, la réaction des employés des grandes enseignes touchés par une interdiction de travail en dehors des heures « habituelles » (le dimanche ou en session nocturne) témoigne en grande majorité d’une large acceptation de ces horaires élargis, compte tenu des compensations généralement proposées par les employeurs.

Le meilleur moyen de lutte contre les quelques employeurs aux tendances abusives est de créer les conditions d’un marché du travail dynamique, dans lequel les salariés s’estimant mal traités ont l’opportunité de changer facilement d’emploi.

Malgré leurs difficultés actuelles, les économies anglo-saxonnes ont su plus que la nôtre développer une culture du respect mutuel entre employeurs et salariés, parce qu’il est plus difficile pour un mauvais patron de conserver ses employés. L’ouverture dominicale, à elle seule, ne saurait suffire à créer une telle dynamique. Mais en augmentant le besoin de main-d’œuvre dans les commerces, elle participera au développement de nouvelles opportunités d’emploi qui permettront d’améliorer la position des salariés par rapport à leurs employeurs.

Le dimanche ne doit-il pas rester le jour du football et du seigneur ?

Enfin, certains arguent que l’ouverture dominicale sonnerait le glas de nombreuses activités familiales actuellement fortement concentrées sur le dimanche. Outre que cela ne devrait pas être perçu comme un problème si cela résulte de libres choix des familles, l’argument est d’une insigne faiblesse : en étendant la plage accessible aux ménages pour le shopping, l’ouverture dominicale permet aux ménages qui le souhaitent de redistribuer sur d’autres jours de la semaine des activités actuellement plus concentrées sur le dimanche. La liberté crée des opportunités, elle n’en supprime pas.

La question du culte relève clairement de cette logique. Tout d’abord, les croyants du dimanche trouveraient des magasins moins remplis le samedi, une partie de la clientèle, moins attachée au culte, se reportant sur le lendemain. En outre, rien n’empêche une église de s’adapter aux évolutions des populations et de répartir ses activités sur d’autres plages, comme cela est déjà fréquemment le cas en milieu rural où des messes se tiennent le samedi, faute d’officiers du culte en nombre suffisant. Enfin, en terre laïque, l’immense majorité de non pratiquants que compte la France n’a pas à supporter des contraintes législatives imposées par quelque groupe religieux que ce soit – et ce débat dépasse d’ailleurs très largement le cadre du seul travail dominical.

Comment cela se passe-t-il ailleurs ?

D’une façon générale, le gain économique du travail dominical est réel mais pas spectaculaire. C’est plutôt un petit pas dans une bonne direction. Mais un petit pas statistique n’en reste pas moins une grande bouffée d’oxygène pour ceux qui peuvent améliorer leurs revenus ou leur condition salariale de cette façon.

Il existe peu d’études exhaustives des effets de l’ouverture dominicale, car la méthodologie de telles études est difficile à établir. Dans des pays de culture comparable aux nôtres, en voici deux :

  • En 1996, les Pays-Bas ont laissé les municipalités décider d’autoriser ou non l’ouverture du dimanche. La mesure, analysée dix ans après par le ministère néerlandais de l’économie (Dijgraf Gradus, 2005), a été jugée favorable à la croissance, et aucune cannibalisation réellement significative des commerces des zones fermées par les zones ouvertes n’a été observée.
  • Une étude allemande portant sur les disparités réglementaires géographiques et dans le temps (Kirchner – Painter, 1999), montre qu’économiquement parlant, les meilleurs résultats sont atteints lorsque commerçants et salariés sont libres de négocier l’ouverture dominicale sur des bases contractuelles individualisées. Toutefois, lorsque politiquement, une telle liberté est difficile à faire voter, la décentralisation au niveau des aires communales de la réglementation de l’ouverture dominicale donne tout de même de bons résultats, car la souplesse permise alors permet aux communes de s’adapter aux évolutions de leur électorat, et d’évaluer la pertinence de leurs décisions à l’aune des performances des collectivités voisines ou plus lointaines.

Comment gérer politiquement une libéralisation des ouvertures commerciales ?

Ces deux exemples du Nord de l’Europe nous montrent qu’à défaut d’unicité territoriale de la loi, de bons résultats peuvent être obtenus en laissant chaque collectivité locale décider démocratiquement de ce qui lui conviendra le mieux.

Même si une libéralisation générale du droit de l’ouverture dominicale serait la meilleure solution, car plus respectueuse des libertés de travailler et d’entreprendre, un pis-aller, en cas d’opposition politique incontournable de notre parlement, consisterait à mettre en concurrence les collectivités et de leur laisser décider localement de la règlementation applicable, pour que les bonnes expériences puissent à la longue s’imposer.

Une telle méthode dans la réforme est évidemment contraire à notre tradition jacobine centralisatrice, et il est plus probable qu’il faille, en France, en passer par une loi nationale pour voir la situation évoluer. Pour atténuer les peurs qu’une loi de libéralisation de l’ouverture des commerces pourrait engendrer, un texte de loi national pourrait définir des plages d’ouverture donnant lieu obligatoirement à des compensations salariales pour les employés qui les accepteraient, et consacrer l’obligation de recourir au volontariat dans ces plages horaires sous peine de fortes pénalités.

Un tel compromis permettrait de ne pas obérer des opportunités d’emploi dont certains ont désespérément besoin en ces temps difficiles, tout en augmentant la probabilité que cette libéralisation s’effectue dans des conditions de travail socialement acceptables.


Sur le web.

  1. Interview de Thierry Guibert, Directeur général de Conforama, Les Échos, 13 décembre 2013.
  2. Interview de Caroline Hupin, Fédération des Magasins de bricolage, Les Échos.
  3. Source : blog économique de M. Verel, « Pourquoi ouvrir le dimanche », 7 octobre 2013.
  4. Prudhomme R. (2010), « Le recul de la mobilité urbaine en France ».
  5. Kramarz F. et Bertrand M. (2002), “Does Entry Regulation Hinder Job Creation? Evidence from the French Retail Industry”, Harvard Quarterly Journal of Economics, MIT Press, vol. 117, n° 4.
  1. Marie de St Amour

    Bfm ce matin, sur le tourisme: le touriste fait du shopping et il ne s’arrête pas à 21h ou le dimanche.
    Je vis dans une région très touristique où les boutiques sont ouvertes le dimanche depuis plus de 20 ans, chacun a le choix, si elles restent ouvertes il y a forcément une raison… Mystère?!

  2. Hippolyte Canasson

    Tout repose sur le fait que le pouvoir tient les horloges, mais quand il ne tient plus que ça….

     » Certains affirment que les commerces de centre ville pâtiront de cette concurrence  » ( ce qui est faux )

    Pourquoi les commerces de centre ville devraient-ils bénéficier d’une attention spéciale ? Le nombrilisme centrevillesque tient sur quoi ?

  3. Gaz de schistes, ouverture des magasins le dimanche …

    Les répercutions sur l’économie et l’emploi sont à mon avis parfaitement quantifiables et positives. Il y a bien sur des inconvénients, mais il faut savoir ce que l’on veut et quelles sont les priorités en temps de crise.

    La question est de savoir qui gouverne et pour qui ils gouvernent. Sont-ils représentatifs et agissent-ils en fonction de l’attente de la population dans sa majorité ?

  4. Pour moi, tout cet argumentaire est un peu superflu.
    La où il y a un employeur et un employé qui sont d’accord pour un prix payé pour un dimanche travaillé, il n’y a rien a redire de la part de qui que se soit – gouvernement, syndicat sa mère sa soeur etc, etc… – personne !!

    1. @bobomede : Certes, moralement, votre argument est le plus fort. Mais en France, il faut en passer par des arguments de type utilitaristes, parce que ce qui tient lieu de « morale » au camp d’en face n’a que faire de la liberté contractuelle…

  5. Afin de corriger les inégalités des employés obligés de travailler le samedi, je propose que le samedi devienne comme le dimanche un jour non travaillé. Comme le dimanche, tous les magasins devront rester fermés le samedi. Plus d’inégalités, tout le monde travaille du lundi au vendredi, point barre. 😉

    1. @ Karizoc,

      Qu’Est-ce que la lutte contre les inégalités vient faire là. On doit pouvoir laisser le libre choix à chacun de travailler les jours désiré. Quand j’entend les syndicalistes et les socialistes dire pour s’opposer d’ouvrir le dimanche que la vie de famille prime sur le travail; montre que les socialistes vont jusqu’à obliger les individus à organiser leurs dimanches. La vie de famille c’est personnel. Celui qui veut travailler le dimanche ça vie de famille ne le regarde que lui c’est pas le problème des socialistes.

      D.J

      1. DJ, le commentaire de Karizoc était du second degré…

  6. Excellent article.

    Un article qui nivelle vers le haut.

    Pour autant j’ai envie de dire : « Fucking arguments utilitaristes ! »
    Si des individus libres autonomes et responsables ont envie de travailler le dimanche, PERSONNE n’a à les en empêcher !

    Mais merci à l’auteur, les arguments sont hyper pertinents, très bien déroulés.

  7. Il ne faut pas libéraliser », il faut LIBERER !

  8. guigui didi feifei meimei

     » pourquoi il faut libéraliser l’ouverture des magasin le dimanche ?  »

    pour faire chier les syndicats !!

    1. guigui didi feifei meimei

      vous avez vu blondel ??

      y a t-il des volontaires pour faire un car ? vous savez ou il est enterré ?

      comme disait le capitaine haddock:  » vengeance ! « 

  9. Le dimanche c’est depuis très longtemps un jour de repos.
    pourquoi donc? Nos ancêtres étaient stupides?
    Non.
    C’est pour avoir un peu de sociabilité, de dialogue, d’échange, des repas de familles, d’amis…

    Nos sociétés se dehumanisent.
    _ Acheter devient plus important que parler.
    _ Nos grands parents finissent seuls.
    _ on s’insulte, on se critique…

    Autoriser le travail le dimanche est une boite de Pandore qu’il serait stupide d’ouvrir.

    1. @ Tycer,

      Le dimanche jour de repos? Combien sont les gens comme vous qui nous la sortent pour s’opposer aux ouvertures des commerces mais qui ne se gêne pas d’aller bouffer au resto le dimanche? A croire que les serveurs sont une catégorie à part qui n’auraient pas le droit d’avoir congé le dimanche.

      La sociabilité, le dialogue et les repas de famille c’est une affaire privée qui doit rester un choix individuel. C’est aux individus de décider eux-mêmes quand dialoguer et faire des repas de famille et C’est pas aux socialistes et aux syndicalistes de décider à leur place. Vous n’avez pas à imposer votre mode de vie à ceux qui en ont rien à foutre des dimanches en famille.

      Les suisses par votation refusent sans cesse les ouvertures des commerce le dimanche, mais par contre ils remplissent les parkings des supermarchés français frontalier le dimanche. Il suffi de voir le nombre de voiture à plaque suisses pour ses rendre compte.

      D.J

    2. Tycer: « Autoriser le travail le dimanche est une boite de Pandore qu’il serait stupide d’ouvrir. »

      Vous êtes à mourir de rire Tycer :mrgreen:

      Avec 8 millions de pauvres, 4 millions de smicards, 5 millions de chômeurs, 5000 milliards de dette et 40 année de déficit continu malgré les impôts quasi les plus élevés du monde, 120’000 lois et un code du travail qui fait 3600 pages le pays crève de la sur-régulation et des interdictions dans tous les domaines.

      Et une régulation, une interdiction en moins ce serait « ouvrir la boite de pandore » !??

      MUAHAHAHA !

    3. Le travail le Dimanche est déjà autorisé dans beaucoup de secteurs professionnels et géographiques.

      On peut soutenir que le Dimanche soit un jour chômé. Mais alors il ne faudra pas faire les choses à moitié et se montrer intraitable là-dessus.

      Une loi interdisant le principe universel d’un dimanche chômé ne devront autoriser à travailler que les professions vitales (sécurité, urgences médicales, défense…).

      Pas de « resto », de café… de musée, de ciné, aucune activité culturelle ou sportive impliquant des professionnels, intermittents salariés… artistes amateurs (au sens qu’il n’en font pas leur profession) seulement autorisés à égayer nos dimanches…etc… et la télé ? Un jour sans J.T. ne nous fera pas de mal. Beaucoup de « direct » sont des enregistrés.

      Pas de foot, de rugby, aucun sport professionnel. Mais On ira voir jouer les amateurs sur les stades municipaux des petites villes.

      Pas de buralistes, d’éditions du Dimanche (ou vendu la veille, le Samedi), pas de boulangerie, d’épicier… Soyez prévoyant lorsque vous faites vos courses le Samedi.

      Vous voulez vous ballader au parc un Dimanche ? Nous y irons tous, ce sera animé, joyeux mais pas de marchand de glace pour les petits ! Ce qui n’ira pas contrarier les parents… Pas de manège, de zoos, de jolis châteaux à visiter… Les Dimanches ne seraient pas plus tristes ou plus joyeux…différents…

      Je « respecte » votre idée, mais serait-elle si populaire ? L’emporterait-elle à un référendum ?

  10. Concernant les salariés : Il est une bonne chose de rappeler que la majorité est en faveur du travail dominical avec contreparties. Que la minorité y étant opposée, est d’abord « victime » d’un véritable malaise lié au monde du travail en général. Cette question du travail soulève cette « névrose » d’un travail subi, dégradant…
    Le seul rôle de nos politiciens devrait tout simplement d’autoriser le travail le Dimanche dans tout les secteurs. Ce seront aux partenaires sociaux (patrons et salariés) de négocier des compensations (financières ou récupérations) ainsi qu’un quota de Dimanche travaillable par employé. (Principe de ne pas voir sa vie familiale et sociale mis en péril).
    Travaillant dans le secteur de l’hôtellerie, je chôme que très exceptionnellement durant mes dimanches. Et même mes samedis. C’est un choix professionnel, étant célibataire, gagnant pour moi.

    En attendant une société meilleure où on pourra concilier plus intelligemment et plus librement sa vie professionnelle et sa vie privée (Nous n’avons pas par la loi à décider que l’une est plus importante que l’autre), je remercie l’auteur pour cet excellent exposé clair et complet sur le sujet.

  11. L’ouverture des magasins le dimanche ne peut créer de l’emploi et de la valeur ajoutée qu’à partir du moment où il y a une demande qui ne peut être satisfaite que ce jour d’ouverture. Autrement dit s’il y a une demande potentielle qui n’est pas satisfaite les autres jours. Dans le cas caricatural que vous donnez, magasins ouverts que 3 ou 4 jours dans la semaine, on comprend bien qu’il y a un risque qu’une demande ne soit pas satisfaite par manque de temps par exemple. C’est tout de même plus difficile à concevoir dans le cas d’une fermeture uniquement le dimanche. Une étude de la DREES sur le sujet conclue d’ailleurs à la quasi-nullité pour l’économie de l’ouverture le dimanche. C’est d’ailleurs assez aisé à comprendre. Etant donné qu’il est difficile de soutenir que fermer un jour dans la semaine, empêche les consommateurs d’acheter ce qu’ils ont besoin, pour qu’il y ait création d’emploie, il faut alors une demande supplémentaire. Mais en quoi ouvrir un magasin de bricolage le dimanche va changer quoi que ce soit à mon besoin de vis, de perceuses, de scies ? Difficile là aussi à concevoir. Mais admettons tout de même l’hypothèse. Pour qu’il puisse satisfaire son besoin, encore faut-il qu’il ait un revenu qui lui permette. Or s’il ne pouvait pas avant, ce n’est pas en ouvrant le dimanche que son revenu va augmenter pour lui permettre. Bien entendu vous pourrez m’objecter que si on ouvre le dimanche, les salaires étant plus élevés le dimanche ou encore les emplois créés par cette mesure, feront augmenter le pouvoir d’achat global. Certes, mais encore faut-il que ce que les travailleurs du dimanche gagnent en plus soit réinjecté dans l’économie et parvienne aux consommateurs qui ont ce besoin à satisfaire et qui justifieront ainsi et paieront les travailleurs du dimanche (boucler la boucle en somme). Mais là on s’aperçoit de quelque chose d’intéressant, c’est que le problème n’est pas l’ouverture le dimanche, mais le pouvoir d’achat. En fin de compte celui qui veut acheter mais n’a pas un revenu suffisant se fiche de l’ouverture le dimanche pour consommer, d’ailleurs rien n’indique que si les magasins sont ouverts le dimanche, que grâce à cela, par de multiples échanges économiques, son pouvoir d’achat augmente, il ira acheter ce dont il a besoin le dimanche ! la clé de ce cercle vertueux réside en dernière analyse, dans la hausse de salaires des travailleurs du magasin, ou de la création d’emplois dans ce magasin. Mais le jour d’ouverture n’a aucune importance !

  12. L’autre weekend, ici à Londres, il fallait voir comment Aurélie Filippetti et sa file appréciaient l’ouverture des magasins le dimanche! Et c’était pas des magasins de produits « culturels »!

  13. Et bien moi, commençante et ancienne salariée du commerce, je dois quand-même dire que je n’ai jamais trouvé de nourrice car les horaires dans le commerce sont trop « contraignants » alors ajoutés à ça le dimanche… de +, le dimanche est important pour moi, non pas pour une raison religieuse mais simplement parce que c’est le seul jour que je peux passer avec mes enfants, le reste de la semaine c’est 9h/19h au mieux et sans compter les trajets… Je comprends tout à fait les arguments en faveur de l’ouverture des commerces le dimanche mais niveau vie familiale c’est à pleurer!

  14. Je vie en Californie et ce genre de débat typiquement franco français plus kafkaesque que nature me rend perplexe quant au future économique Français. Quand vous pouvez faire votre shopping 24heure sur 24 et 7 jour sur 7 chez une enseigne comme Safeway l’équivalent d’Auchan ou Leclerc en France il n’y a pas de débat sur le sujet en particulier pour le consommateur.
    A+

    1. Qu est ce que tu achète à 3h du matin ?

  15. Au Portugal beaucoup d’enseignes sont ouvertes tous les jour. Par exemple à Lisbonne le centre commercial Colombo avec plusieurs centaines de commerces (grandes surfaces, meubles, restaurants, habillement, bricolage, parfumeries, etc.), est ouvert tous les jours jusqu’à minuit toute l’année. Le travail supplémentaire créé absorbe une partie du chômage et génère du revenu participant à la croissance.

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