Le CIGEO sera-t-il le prochain Notre-Dame des Landes ?

Publié Par Michel Gay, le dans Sciences et technologies

Par Michel Gay et Gérard Petit.

L’interminable feuilleton « Notre Dame des Landes », dont plusieurs « saisons » restent encore à écrire, a passionné les médias. Ils ont aussi suivi avec gravité l’assèchement tempétueux de la flaque d’eau de Sivens. Selon toute vraisemblance, ils se passionneront pour le prochain avatar de ce type de convulsion en Lorraine, où ont démarré les travaux préliminaires du Centre industriel de stockage géologique des déchets nucléaires (CIGEO).

En matière d’entraves à ce projet, plusieurs galops d’essais ont déjà eu lieu qui augurent bien des batailles à venir.

L’enjeu sera présenté comme dépassant largement le vocable « ZAD » (zone à défendre). En effet, le conflit sera déplacé vers le champ philosophique de la mise en péril des générations futures qui sera brandie sans ciller. De quoi mobiliser et « ratisser » large.

Offensive supplémentaire contre le nucléaire

Déjà malmené par la mandature en cours qui s’échine à vouloir le réduire sous la pression des « Verts », le nucléaire va subir là une offensive supplémentaire. Convenir que, pour les déchets nucléaires, existe une solution rationnelle dans son principe et robuste dans sa mise en œuvre conduirait en effet à concéder des atouts au nucléaire. Une horreur impensable !

Un cheval de bataille des opposants réside dans l’affirmation que la France a cédé à la facilité en choisissant le nucléaire qui, pour eux, est une impasse. Les opposants radicaux ne peuvent donc pas, par principe, accepter une réponse satisfaisante au démantèlement et à la gestion des déchets.

Autrement dit, ils ne peuvent pas accepter que puisse exister une solution pour se protéger de la radioactivité. Imaginer un confinement pérenne compatible avec la durée d’élimination naturelle de la nocivité de son contenu, saperait les fondements de leur combat. Or c’est bien ce que propose CIGEO avec l’entreposage en couches géologiques profondes.

La volonté de ne pas laisser de déchets (quels qu’ils soient) aux générations futures est de nature à entraîner des adhésions. Et justement, CIGEO se propose d’y parvenir pour le nucléaire.

Les coûts de ce projet, estimés par l’ANDRA, sont conséquents. Cependant, ces dépenses s’étalent sur des décennies et, en valeur relative, elles ne pèseront guère sur le prix de l’électricité produit par les réacteurs. Des provisions prévues par la loi sont déjà constituées à cet effet. Elles pourront être revues à la hausse, ou à la baisse, sans incidence importante sur le coût de production.

Le nucléaire, tant décrié par les écologistes antinucléaires, fournit en abondance une électricité pilotable et décarbonée et CIGEO permettra le traitement définitifs de ses déchets ultimes.

Ces arguments seront malheureusement balayés lorsqu’il faudra défendre rationnellement CIGEO. Toute la gamme des raisons éthiques, morales, pseudo-scientifiques… suscitera l’opposition, y compris par la violence.

La ZAD CIGEO a un bel avenir. Les gouvernements successifs se montreront-t-ils suffisamment fermes pour défendre sur le long terme un nucléaire que des « ONG indépendantes », et mêmes certains organismes d’état, s’emploient à discréditer ?

  1. bah , ce projet est dingue, pour une fois les écolos vont nous aider a bloquer cette stupidité pharaonique pour ne mauvaises raisons mais qu’importe ,seul le résultat compte

    1. En quoi ce projet est-il dingue ?

      1. enfouir des dechets a coup de milliards , ce n’est pas dingue ?

        1. Stocker des produits (pas tous des déchets) à un coût. D’autant qu’on peut difficilement les laisse à l’air libre, et qu’une partie pourrait servir de combustible à des centrales plus récentes en termes de Techno.
          Je ne sais pas si ça se chiffre en milliards : si vous avez une source sur le sujet, je suis preneur.
          Maintenant on peut arrêter les centrales, les laisser dans leur jus durant une éternité, et rejoindre le moyen-âge dès demain…

    2. vous avez bien évidemment travailler à l’ANDRA? Non.
      Alors sur quelles bases jugez vous ce projet dingue?

      avez vous lu ne serais que la tonne de contributions scientifiques que le projet a généré?
      savez vous les quantités d »études et de thèses que ce projet a financé?

      Alors plutôt que d’être technophobe, trouvez des arguments réel et scientifique, merci.

      1. il ne manque pas de gros trous dans le monde ou en France a boucher avec des déchets fussent ils nucléaires . je reproche la fuite en avant avec le principe de précaution , un sécurité de toute façon illusoire .qui ne tiendra jamais compte de l’improbable .

        1. ce n’est pas des gros trous qu’il faut…. les strates géologiques sont étudié depuis déjà un bon moment à tel point que leur comportement est connue, par ailleurs, des tunnels créer et préparer sont plus sur que de balancer les déchets dans un gros trou comme ces braves allemand ont fait avec les mines d’Asses 😉
          un pays nordique, la Suède, lui, a préféré enfouir ses déchets dans le granite, choix contestable pour les ouvriers à mon goût sachant que cette roche est radioactive. Mais personne n’a moufté, la solution a fait consensus, et le site de Forsmark est retenu (et les travaux ont déjà d’ailleurs commencer)

          Faut arrêter d’être réactionnaires aux avancés. Le nucléaire, c’est 2kg/an/personne en france de déchets, dont 800g non électronucléaire. même si on arrête les centrales, il y’en aura encore.

  2. Ils ont fait fermer Superphœnix, et en catimini médiatique ça signe du Astrid.
    C’est certainement pas l’incohérence qui les étouffent.
    Pratique électoraliste de Puants.
    Et ces masses beuglantes qui suivent, occupent, protestent, s’indignent, défilent et se répandent sur et sous eux-mêmes.
    Ecœurants !

  3. Entreposer des déchets nucléaires d’une durée de vie de plus de 100 000 ans (une éternité à l’échelle humaine) dans des conditions de sécurité tellement faibles et relatives ( garantie 100 ans, cf l’ANDRA) avec des infrastructures qui ne seront plus accessibles d’ici là… et de toute évidence dégradées pour pouvoir accéder à ces matières entreposées sans pouvoir les récupérer. HONTE du business pro-nucléaire dont ce journal semble se féliciter (sic) et incohérent sous couvert de scientifiques influencés ou financés par le lobby nucléaire (il suffit d’observer les divergences de point de vue scientifique dans ce domaine). Soyons réalistes, ne cachons pas sous un tapis instable des déchets millénaires issus de la médiocrité humaine qui dépassent l’ensemble de l’humanité. Le nucléaire n’est pas l’avenir, il est décadent et polluant au même titre que la pétrochimie. L’alternative n’a de sens que dans la modération de l’utilisation centralisée électrique. Soutenons les populations pour qu’elles puissent utiliser le moins possible d’électricité (solaire pour l’eau chaude avec complément mineur, financement des isolations à très haut rendement dans l’ensemble des logements, …). Ne pas le savoir, c’est être novice dans le domaine ou manipulateur pour de intérêts spéculatifs industriels. NON c’est NON!

    1. Bonjour gravouil

      Je suis pour le nucléaire, et pour l’enfouissement des déchets sous terre qui me parait être une solution simple, pérenne et sans danger. La terre est radioactive et l’ajout de qq déchet radioactif me parait négligeable.

    2. Et à part pousser des cris, vous proposez quoi? Le nucléaire est une source d’énergie beaucoup plus propre, fiable et sûre que le solaire que vous citez. Les « déchets » représentent des quantités ridiculement faibles et il faut bien les stocker quelque part en attendant de pouvoir les recycler.

      1. Ok pour le nucléaire. Mais les déchets nucléaires sont DEJA stockés quelque part. Et pour pouvoir les recycler ou les éliminer de toute autre façon à laquelle nous n’aurions pas encore pensé, il ne faut surtout pas les enfouir. Commencer l’enfouissement, c’est baisser les bras, c’est abandonner, c’est renoncer à vaincre un jour la nocivité de ces déchets, c’est aussi faire prendre un risque grave aux générations futures
        La démarche de l’ANDRA discrédite la filière nucléaire; hélas !
        Les opposants à Bure proposent le maintien en surface près des lieux de production et de faire travailler la science: voilà qui est constructif et sensé!
        défendre l’enfouissement, c’est faire en sorte que les citoyens détestent encore plus le nucléaire. C’est du suicide organisé pour la filière.

        1. Oui il y a probablement mieux à faire avec ces déchets que de les enfouir. Le recyclage est une piste sympathique, mais à quel prix?

  4. Incroyable comment l’article arrive à faire passer une facture de plusieurs milliards pour indolore.

    Affaire à suivre dans un article un peu plus fourni.

  5. Il faut bien avouer que les « zécologistes » sont totalement schizophrènes !!!
    Ils sont contre les centrales nucléaires et pour leurs arrêts / démantèlement… Et en même temps ils sont contre les solutions fiables et sures de stockages des produits issus de l’arrêt des centrales actuelles !!!
    Vraiment ces gens sont totalement idiots !!!!

  6. J’en vois ici qui ont le mépris facile, et notamment Gian et Daniel, mais qui n’argumentent pas beaucoup.
    Perso je suis pour le nucléaire, mais radicalement contre le projet de Bure car
    1/ C’est un exemple sans précédent de capitulation philosophico-scientifique. Renoncer aussi vite et sans combat à l’espoir d’éliminer les déchets est une première dans l’histoire de la science. Préférer les enfouir au prétexte qu’on « ne trouvera jamais rien pour éliminer ce poison » dixit un responsable de l’Andra entendu de mes oreilles lors de ma visite du site en 2015, c’est vraiment pitoyable et indigne d’un scientifique.
    Et quelle étroitesse de vue dans les réponses qui m’ont été faites à ce sujet : la transmutation ne marche que pour une infime partie des déchets, la valorisation ou le recyclage ne seront jamais rentables… j’en passe et des meilleures;
    Enfin quoi ce n’est pas parce qu’aucune solution n’existe à ce jour qu’il en sera de même dans 100 ans; c’est nier toute l’histoire de la science que de geindre de cette façon. Les déchets nucléaires, il faut s’en occuper. Donc il ne faut pas les enfouir ! Si Cigeo est lancé, plus personne ne cherchera dans une autre direction, réversibilité garantie ou pas.
    2/ Oser avancer l’argument bateau « on ne laisse pas le problème aux générations futures car c’est immoral » relève du sophisme le plus éhonté. Il est évidemment préférable de léguer un problème scientifique à résoudre aux générations futures plutôt qu’un risque et une perte de contrôle.
    3/ Last but note least, les 2 seuls exemples connus d’enfouissement de DR, le WIPP aux Etas Unis (dont s’inspire Cigeo) et ASSE en Allemagne, sont 2 échecs retentissants et graves et devraient faire réfléchir ceux qui s’expriment ici.
    Je ne travaille pas dans ce domaine, mais en tant que scientifique, je suis profondément indigné par la démarche de Cigeo, et j’envisage très sérieusement d’aller rejoindre les opposants antinucléaires, moi qui n’ai jamais milité de ma vie.

    1. Appeler enfouissement du stockage en couches géologiques profondes témoigne de votre manque de connaissances du sujet et donc effectivement vous pouvez aller manifester, vous ne serez pas dépaysé.

      1. @Sam player: C’est du stockage sur la forme, mais sur le fond, c’est de l’enfouissement.
        Il est vrai que le déchet est précautionneusement placé, identifié, enregistré et emballé pour être conservé, mais le produit ne sera plus jamais utilisé.
        L’emplacement après remplissage sera fermé, comblé et condamné définitivement. Soit de l’enfouissement, certes très bien fait.

        Stockage implique récupération. L’expression « stockage définitif » est un oxymore…

        1. Entièrement d’accord avec vous amike

      2. C’est un peu court jeune homme! Argumentez je vous prie. Pour ce qui est de connaître le sujet, je serais étonné que comme moi, vous ayiez pris la peine de lire les 5 derniers rapports de la Commission nationale d’Evaluation sur les travaux de l’Andra sinon vous ne discuteriez guère sur la sémantique, mais sur le fond.
        https://www.cne2.fr/index.php/fr/cne-2-2007-a-aujourdhui

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