Cannabis : nouvelles avancées aux USA

Publié Par Auteur invité, le dans Libertés publiques

Un article du parti libertarien de Belgique.

Vingt-cinq États (plus le district de Washington) ont désormais légalisé le cannabis à des fins médicales aux USA. La Californie fut le premier État à légaliser le cannabis médical par voie de referendum, en 1996. Un programme de recherche sur l’usage médical du cannabis fut mis en place dans l’État du Nouveau-Mexique dès 1978, fournissant légalement du cannabis aux patients autorisés jusqu’à l’arrêt du programme en 1987. Plus récemment, la Pennsylvanie et l’Ohio sont les deux derniers États à avoir légalisé le cannabis en 2016. Les conditions d’accès varient considérablement d’un État à l’autre, et le cannabis demeure illégal au niveau fédéral. Toutefois, la situation évolue de façon spectaculaire : d’après un sondage de l’organisation Gallup en 2015, 58% des américains seraient ainsi favorables à la légalisation du cannabis, contre à peine 12% en 1969.

Ces changements législatifs relativement récents permettent enfin de faire des analyses rigoureuses sur l’impact de la légalisation du cannabis. Voici quelques études scientifiques riches d’enseignements

Baisse de la consommation d’opiacés

Dans un article publié en juillet 2015 dans The National Bureau of Economic Research, des chercheurs ont montré que l’accès à des dispensaires de cannabis médical était associé à une baisse significative (15 à 35%) de la prescription d’antalgiques opiacés, ainsi que du nombre d’overdoses. Ces résultats corroborent une étude précédente, publiée en 2014, selon laquelle la baisse de mortalité, loin d’être temporaire, est au contraire plus marquée avec le temps, passant de -20% en moyenne la première année à -33% au bout de 6 ans. Dernièrement, un article de juillet 2016 confirme le lien entre légalisation du cannabis médical et chute de la consommation d’antalgiques opiacés, mais aussi, dans une moindre mesure, de médicaments contre l’anxiété, les psychoses, les nausées, l’épilepsie, les désordres du sommeil ou encore la dépression.

Au-delà de ces chiffres, il s’agit avant tout de vies humaines que la légalisation du cannabis médical a permis de sauver : aux USA, plus de 14.000 personnes sont décédées suite à la consommation d’opiacés obtenus sur prescription en 2014, et près de 2.000.000 Américains en seraient désormais dépendants [http://www.cdc.gov/drugoverdose/data/overdose.html].

Diminution de la criminalité 

Dans un article publié en avril 2016 dans le Journal of Drug Issues, des chercheurs expliquent avoir observé une baisse significative des crimes violents dans les États ayant légalisé le cannabis médical. Selon une étude de 2013 publiée dans The Journal of Laws and Economics, la légalisation du cannabis médical était associée à une chute de la mortalité au volant, première cause de mortalité chez les 5-34 ans, de 8 à 11% après la première année. La légalisation du cannabis médical est également liée à une baisse importante de la consommation d’alcool. La Drug Policy Alliance a publié un rapport à la suite de la légalisation du cannabis au Colorado soulignant une baisse de la criminalité ainsi que de la mortalité sur les routes.

En 2014, un article analysant la légalisation du cannabis médical n’a pas détecté de lien de cause à effet entre celle-ci et le taux de criminalité, mais a observé qu’elle pouvait par contre être corrélée à une baisse du taux d’homicide et d’agression. Enfin, il semblerait que le trafic de cannabis en provenance des cartels de la drogue mexicains soit en baisse (jusqu’à 40%) suite à la vague de sa légalisation dans certains États des USA.

Conclusion 

Ces études sont une nouvelle confirmation des bienfaits parfois inattendus de la fin de la prohibition, déjà démontrée par la décriminalisation des drogues au Portugal. Ainsi, la baisse de consommation d’opiacés et d’alcool est un pied de nez aux partisans de la théorie de la porte d’entrée qui prétendent que le cannabis favoriserait la transition vers des drogues plus dures. Il pourrait bien se révéler au contraire être une porte de sortie pour toute une série de personnes dépendantes.

Mais au-delà de savoir dans quelle mesure la légalisation du cannabis est bénéfique pour la société, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : le cannabis doit être légalisé avant tout car dans une société libre et démocratique, chaque individu responsable doit pouvoir choisir ce qu’il consomme sans avoir de compte à rendre à l’État. Avec le recul dont nous disposons désormais, il est de plus en plus difficile d’occulter les effets néfastes de la prohibition organisée par ces mêmes États contre leur propre population ainsi que l’usage détourné qui en a été fait 

Les temps changent et les mentalités évoluent rapidement. Ainsi aux États-Unis, Gary Johnson, le candidat libertarien à la présidentielle, est un consommateur modéré de cannabis, et ancien CEO de la compagnie Cannabis Sativa Inc ! Nul doute que bientôt la prohibition du cannabis sera considérée avec la même incrédulité que ne l’est la prohibition de l’alcool des années 1930. C’est ce message résolument optimiste et tourné vers l’avenir que les mouvements libertariens, en Belgique comme ailleurs dans le monde, souhaitent  transmettre.

  1. mais oui ,mais oui ; les gens sont libres et responsables surtout quand ils prennent des substances qui altèrent leurs jugements et leurs réactions réflexes

    1. Entièrement d’accord avec vous.
      Comment être libre en détruisant son cerveau!

  2. Tout à fait José,
    Supprimons le rouge, le blanc et les alcools fort, marre de voir des jeunes et vieux ne plus savoir qui ils sont après quelques verres, et les rendant bien souvent bagarreurs, bruyants et totalement désinhibés.
    Supprimons le café, les gens sont déjà bien assez stressés. Sûr qu’indirectement ils sont responsables de bien nombreux maux, accidents, mauvaise ambiance entre chauffard …
    Et aussi il faudrait s’attaquer aux anxiolytiques et autres médicaments changeant grandement la conscience et les reflexes de nos concitoyens …

    Mais entres les lobbys pharmaceutiques pour ces derniers, notre passé nous poussant naturellement à aimer la culture des vignes et user de la fermentation sans y trouver quoique ce soit a redire. Continuons ainsi d’avancer avec nos œillères, restons cloitrer dans nos moeurs ne remettons rien en question, voila ce qui nous rendra encore meilleurs !

    Le problème pour les types fermés comme vous, d’ici peu avec le capitalisme omniprésent, le changement de direction des Stats en matière des drogues fait qu’inévitablement la légalisation arrivera ici sous les traits de la tendance, de la mode, d’une soit disant volonté de réductions des risques. La vérité sera tout simplement un manque à gagner par rapports a tous ces pays concurrents qui feront rentrer des royalties grâce a l’or vert et non du bon sens.

    Le bon sens n’est malheureusement pas de ce monde 😉

  3. Il est temps de décriminaliser toutes les drogues de les taxer et d’en faire un sujet de Santé public l’évidence des méfaits de la prohibition devrait être suffisant pour convaincre.

  4. quatres approches du probléme

    philosophique: je pense que l’homme doit être libre ET RESPONSABLE et si j’ai envie de fumer, boire ou me droguer c’est mon droit a condition de ne pas nuire a autrui et de ne pas demander a être soigné au frais du contribuable si ça me rend malade.

    marqueting: si vous retirez le parfun de l’interdit vous verrez baisser le nombre d’utilisateurs

    expérimentale: on n’a tenu aucun compte de l’experience de la prohibition au USA la prohibition a suscité le crime organisé ; sa suppression n’a pas entrainé de catastrophes

    planétaire: la drogue ne procure des benefices que parce qu’elle est illegale mais ces benefices sont tels qu’ils desorganisent certains pays ( ex : mexique colombie ) et finance des milices armées incontrolables.

    en definitive je suis pour la légalisation, tout en rendant l’acces pas trop facile

    par exemple vente en pharmacie avec une dose maxi a chaque achat, pas donné pour limiter la consommation; pas trop cher pour rendre ininteressant la contrebande

  5. Ah ! Si Pierre Bergé avait passé plus de temps à rouler des pétards avec YSL qu’à fêter la sainte Claude, nul doute qu’on l’aurait eue notre loi de dépénalisation.

  6. Merci pour cet article qui remet les choses dans leur contexte !

  7. Les gens sont libre de se faire sauter la cervelle, non?? Ça doit pas être trop bon pour la santé. 😉 De mémoire, le suicide était punissable de la peine de mort en Grande-Bretagne à une époque.

  8. Je me demande des fois si c’est logique de vouloir dépénaliser l’usage du cannabis quand ont sait qu’aux USA au point où ça va; fumer des cigarettes va bientôt devenir un crime? A titre d’info je suis pour toutes dépénalisation de l’usage des drogues et autres substance addictive come la clope ou l’alcool.

    Mais j’ai remarqué par exemple en suisse ceux qui sont pour dépénaliser l’usage du joint sont les mêmes qui se montrent de plus en plus liberticide en matière du droit de fumer la cigarette.

    D.J

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