Rama Yade, candidate naturelle des libéraux ?

Publié Par Nathalie MP, le dans Politique

Par Nathalie MP.

Rama Yade

Rama Yade(CC BY-NC-ND 2.0)

Combien sommes-nous à soupirer, mi-résignés, mi-désespérés, devant l’étroitesse et l’impression de « déjà vu » du choix électoral qui se profile à l’horizon pour l’élection présidentielle de l’an prochain ? Qui n’a envie de voir le paysage politique français se renouveler, les candidats parler vrai et leurs propositions apporter le vent de liberté dont notre pays a cruellement besoin ? Au premier rang des candidats plus ou moins déclarés, voici François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Alain Juppé et François Bayrou. Au second rang, voici Nicolas Hulot, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Cécile Duflot. Je vous épargne les rangs 3, 4 et 5, tout en y repêchant une candidate officiellement déclarée, Rama Yade, afin de l’examiner de plus près. 

Beaucoup de candidats de droite, après avoir fait tout l’inverse, ne jurent plus que par la mise en œuvre d’une politique libérale, et la presse, « hallucinée » par tant d’ultra-libéralisme, s’en alarme. Mais Rama Yade a fait beaucoup mieux ! Elle a trouvé moyen de se faire adouber par le seul parti libéral existant en France !

En ce qui me concerne, Rama Yade était entrée dans le paysage politique français en 2007 à la faveur de l’élection de Nicolas Sarkozy, et elle avait quitté mes écrans radars en 2010 en même temps qu’elle quittait le gouvernement Fillon II, faute d’être renommée dans le gouvernement suivant, après avoir exercé des fonctions de Secrétaire d’État chargé des Droits de l’Homme puis des Sports.

La France qui ose

C’est donc avec beaucoup de surprise que je l’ai vue revenir sur la scène politique nationale avec un projet de candidature indépendante à la présidentielle. Le 21 avril dernier, date anniversaire de l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002, Rama Yade a en effet annoncé ses projets pour 2017 aux Français ainsi que la création du mouvement « La France qui ose » destiné à soutenir sa candidature (vidéo 1′ 51″) :

 

Il se trouve qu’elle fait le même constat que nous autres, les mi-résignés mi-désespérés, en observant que depuis la semonce de 2002 face au Front national, la France n’a pratiquement pas avancé :

« On rejoue toujours la même pièce de théâtre, avec les mêmes mauvais acteurs. (…) Je lance aujourd’hui une coopérative politique, au sens de coopération, avec plusieurs mouvements citoyens et politiques, dans l’objectif d’incarner cette nouvelle offre politique. »

Et justement, si sa candidature a de quoi surprendre, ce n’est rien par rapport aux « mouvements politiques et citoyens » qu’elle a trouvés pour l’accompagner ! Sur son site de campagne, sont cités :

Laissons tomber les petites formations hétéroclites, certainement très glorieuses et vertueuses mais passablement inconnues et fort peu cohérentes entre elles, pour ne retenir que le Parti libéral démocrate. Quelle histoire ! Le seul parti politique ouvertement libéral en France, le seul parti organisé en vue de faire triompher les idées libérales lors des élections, a décidé de participer au grand choix de 2017 sous la bannière de Rama Yade ! Que peut-on espérer ? Que le PLD entraîne Rama Yade dans son sillage, ou, à l’inverse, qu’il soit entièrement décrédibilisé sur son axe libéral par le rassemblement de bric et de broc que la candidate a bizarrement coagulé autour d’elle, voire par la personnalité et le parcours de la candidate elle-même ? La question se pose. Tentons d’y répondre.

Qui est Rama Yade ?

Rama Yade est née à Dakar en 1976 dans un milieu aisé proche du Président Léopold Sédar Senghor. Son père étant diplomate, sa famille s’installe en France en 1987. Bien que de confession musulmane à l’origine, elle suit les cours d’une école privée catholique de Colombes. En 1990, ses parents se séparent et son père rentre au Sénégal. Elle reste à Colombes avec sa mère et ses sœurs, mais déménage dans un quartier plus populaire et ses conditions de vie matérielles deviennent plus tendues. Elle obtient la nationalité française en 1997 et sort diplômée de Sciences Po Paris en 2000.

Professionnellement, elle devient administratrice du Sénat en 2002, puis elle est détachée à la chaîne parlementaire auprès de Jean-Pierre Elkabbach qui devient en quelque sorte son « mentor dans les hautes sphères de la droite sarkozyste. » En 2005, elle adhère à l’UMP, par fascination pour la personnalité de Nicolas Sarkozy et par adhésion à ses projets de promotion de la discrimination positive.

Dès l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, et jusqu’en 2010, elle intègre les gouvernements Fillon successifs, ainsi que je l’ai dit plus haut. Si Rama Yade, faisant référence au candidat de droite favori des sondages, peut déclarer à juste titre : « J’ai le souvenir qu’Alain Juppé a été Premier ministre de la France et qu’au bout de 3 mois, la France était ingouvernable », on a cependant envie de lui dire qu’elle a elle-même exercé des fonctions gouvernementales dont on peine à se rappeler les fabuleux résultats.

En réalité, Rama Yade a principalement brillé par ses déclarations toujours intempestives et rarement alignées sur la position gouvernementale. L’indiscipline et la provocation, toujours médiatiques, ne sont jamais loin. On se rappelle surtout qu’elle s’est fortement opposée à la venue du chef d’État libyen Kadhafi à Paris en soulignant que « notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. » Non pas que Kadhafi fût un saint, mais dans un tel cas de désaccord, quand on est secrétaire d’État chargé des Droits de l’Homme, on démissionne. Mais non. On se souvient également qu’après le Discours de Dakar dont elle réprouvait la fameuse phrase « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », formule pourtant empruntée à Aimée Césaire, elle se voyait, ou plutôt se voyait mal sauter sur la tribune et « gifler » Sarkozy !

Peu de projets réalisés

On a plus de mal à trouver des éléments tangibles du côté des réalisations. Elle n’accompagne pas Sarkozy en Chine et reste donc silencieuse sur la question des Droits de l’Homme dans ce pays. En Tunisie, elle est du voyage mais ne s’exprime pas plus. Il semblerait que ses hauts faits en ce domaine ont essentiellement concerné les réfugiés climatiques dont elle aurait cherché à s’occuper, mais elle a manqué de temps ainsi que d’espace en raison de la personnalité assez envahissante de son ministre de tutelle Bernard Kouchner. De toute façon, les « réfugiés climatiques » forment une cohorte séduisante du point de vue de la propagande des Conférences climat telle que la COP21, mais personne n’en a jamais rencontré. Jusqu’à aujourd’hui, je croyais que les libéraux, y compris dans les rangs du PLD, n’y voyaient rien d’autre qu’une fable destinée à faire pleurer Magdelon et à accélérer sa prise de conscience climatique. Idem pour l’opposition à l’exploitation des gaz de schiste.

Aux sports, elle n’est guère plus opérationnelle, mais n’oublie pas, selon ses bonnes habitudes, de critiquer les conditions d’hébergement luxueuses de l’équipe de France de Football en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde 2010. Une remarque un peu hâtive, puisque la presse a révélé dans la foulée que sa propre chambre était encore plus chère. Déçus et lassés, Sarkozy et Fillon l’ont écartée du remaniement ministériel de 2010.

Logiquement, Rama Yade quitte l’UMP en 2011 pour rejoindre le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo, s’attendant à ce que ce dernier se présente à la présidentielle de 2012. Non seulement il ne sera pas candidat, mais il abandonne la vie politique en 2014, ce qui entraîne des élections internes pour le remplacer à la tête du Parti radical. Rama Yade échoue, mais engage alors une procédure de contestation pour fraude contre le vainqueur. Son recours en justice est rejeté.

Rama Yade traîne également avec elle une réputation persistante de plagiat. Elle a l’art d’aller chercher des paragraphes entiers chez les autres sans mettre de guillemets et sans citer ses sources.

Pour les élections régionales de décembre 2015, les militants de l’UDI (regroupement centriste comprenant le Parti radical) lui préfèrent Chantal Jouanno, tandis que Valérie Pécresse, candidate des Républicains ne lui propose aucune place sur sa liste en raison d’une brouille antérieure entre elles. Rama Yade, conseillère régionale jusqu’alors, se retrouve sans mandat électif. Et elle se retrouve aussi sans parti politique car elle a été exclue du Parti radical en raison de déclarations diffamatoires à répétition et de l’utilisation illicite des fichiers du parti.

Rama Yade chez les libéraux

Qu’est-ce que le PLD a bien pu trouver chez Rama Yade pour lui confier ainsi les clefs de la crédibilité libérale ? J’avoue que ça me renverse. Entre autres points de divergence, on peut ajouter que Rama Yade a pris position contre la libéralisation du cannabis alors que le PLD publiait dernièrement dans Contrepoints un article pour stigmatiser l’absurdité de sa prohibition.

Probablement un peu surpris par cet incroyable mariage politique entre la carpe et le lapin, sans compter tous les petits lapereaux cités plus haut, Contrepoints a justement cherché à éclairer l’affaire en interrogeant Aurélien Véron, le Président du PLD. Cet entretien n’apporte cependant pas grand chose. Le PLD est lié par son accord électoral et n’a guère d’autre choix que d’en vanter l’opportunité et le bien-fondé. Le parcours préalable de Rama Yade n’entre pas en ligne de compte. Aurélien Véron évacue cette question, qui a pourtant de l’importance quand on parle de Fillon, Sarkozy, Juppé et les autres, par le biais d’une pirouette un peu facile :

« Trouvez-moi une seule personnalité qui n’a pas commis de faux pas, de bourde. »

Seules ses déclarations d’intention pour l’avenir semblent devoir être retenues, ainsi que sa personnalité courageuse, c’est du moins l’avis d’Aurélien Véron :

« Avec le recul des dernières années, elle a ouvert les yeux sur la faillite de l’État-providence et l’explosion d’initiatives privées réussies. C’est sur la base de ce sentiment que nous avons commencé à travailler ensemble sur un projet de société substituant à l’État-providence une société de liberté et de confiance (…) »

Pour un petit parti comme le PLD, la question du « plafond de verre médiatique » se pose. Et il est vrai que Rama Yade jouit d’une bonne notoriété et qu’elle a de plus des caractéristiques de minorité visible assez séduisantes pour la sortir du lot des candidats en costume-cravate. Je suis cependant très sceptique sur le fond. Si le PLD tient à son indépendance, il doit travailler à faire émerger petit à petit en son sein un candidat présidentiel et le présenter aux élections pour qu’il se fasse connaître.

Je doute que la candidature de Rama Yade donne de la visibilité au PLD en tant que tel, mélangé qu’il est avec d’autres groupes insignifiants et animés parfois d’intérêts complètement opposés. Et je doute encore plus qu’elle lui apporte une reconnaissance positive. Le risque est grand de voir le libéralisme une fois de plus déformé et incompris, et le risque est encore plus grand de voir un parti libéral perdre tout crédit en faisant porter ses idées par une personnalité versatile, capricieuse et indisciplinée, surtout préoccupée de se faire sa place au soleil, plutôt que bosseuse, cohérente et sincèrement libérale.

Article en contrepoint : Pourquoi je soutiens Rama Yade avec le PLD

Sur le web

  1. Verron a le chic pour choisir les bonnes têtes de perdants recurants.
    Apres avoir detruit Alternative Liberale en choississant « Bayrou » le voici en train de tuer dans l’oeuf le PLD.
    Verron c’est un peu le Bayrou nouveau.
    Une carriere de responsable de plusieurs partis qui font tous faillites les un derriere les autres.
    N attendons pas un mea-culpa de l’impasse auquel il entraine le PLD.
    C’est pas avec Yade que le liberalisme va avancer.

    1. Entièrement d’accord avec vous. Ce que n’a toujours pas compris le PLD, c’est que avec des choix grotesques comme Rama Yade, ils se discréditent de plus en plus… Non mais qui peut un instant prendre Rama Yade au sérieux, réellement, sans rigoler pour défendre le libéralisme ?

      « Le pire pour le libéralisme n’est pas d’être attaqué, mais d’être mal défendu. »

      Pourquoi ne pas tenter quelque chose à l’américaine, du genre trouver un McAfee qui se présente et fasse parler de lui ?

  2. vraiment très déçu par le pld. il serait temps de créer un 2ème parti et à droite de façon à écarter de fait les collectivistes forcenés qui forment la majeure partie de la gauche. ce pourrait être le plr: parti libéral républicain, avec par exemple une personnalité type mariton, en attendant de trouver un autre madelin.

  3. Merci pour ce rappel des faits!
    N’est ce cher Vladimir Illitch qui disait… les faits sont têtus!

  4. Rama Yade…elle ferait mieux de tenter sa chance chez les écolos, la voiture poubelle de la république, il y a des places libres à prendre et ils ne sont pas trop exigeant sur les qualités morales !

  5. Je trouve significatif que vous ne citiez pas Fillon ni au premier, ni au deuxième rang des candidats… Est-ce parce qu’il ne cherche pas â être médiatique? Pourtant il a été le premier à se mettre au travail, à avancer l’idée de liberté, à insister sur la méthode pour réformer, au point que beaucoup à droite ont repris ses idées depuis.

    1. Liberté adorée

      Elle ne parle pas de Fillon… car étonnement… ce n’est pas le sujet… on parle ici de Rama Yade et le PLD.
      Sur le fond, en effet Fillon avance des pions assez intéressant, mais ce n’est pas le sujet de l’article.

      1. J’aurais pu aussi m’étonner que N. Hulot soit cité (alors qu’il n’est pas candidat) et pas B. Le Maire. Mais vous avez raison, ce n’est pas l’objet de l’article.

        1. Les amis, dans mon intro, j’ai dû faire un tri, mais j’ai donné en lien un article du JDD qui recense les candidatures fermes, potentielles ou soumises à primaires. Ca fait du monde. L’idée, c’était de montrer qu’on a globalement « les mêmes acteurs » pour la « même pièce de théâtre. »

  6. Un problème qui n’est pas soulevé clairement concerne les 500 signatures pour se présenter à l’élection présidentielle + la couverture médiatique. Peut être que Yade peut offrir les deux? N’oublions pas que les gros partis ont un nombre incalculable de casseroles concernant leur financement. Les détournements d’argent public par le truchement d’inutiles administrations aux activités illicites rappellent ce à quoi se confronte les petites formations type PLD. Ça donne une perspective plus realiste que la discussion de savoir si les idées sont respectées… Si les idées étaient respectés avec nos politicards, ça se saurait en commençant par en avoir…

  7. Liberté adorée

    Entièrement d’accord avec cet article… rien a ajouté pour ma part, on en est là.

    Il faudra sans doute qu’un nouveau VRAI parti libéral se créé, libre et indépendant, sans concession avec personne…. car si c’est pour s’allier avec des gens qui se foutent royalement du libéralisme et je dirais meme plus, autant s’allier a Fillon, Macron,…. pourrait avoir un interet pour le PLD et pour le libéralisme, autant on sait tous que Rama Yade n’arrivera jamais à dépasser les 2% à la présidentielle, donc le PLD ne sera pas mis au devant de la scène… et sera décridibilisé pour beaucoup… dont moi.

    1. un vrai parti libéral est un parti qui n’imposera pas le libéralisme par la force à un pays profondément marqué par le socialisme , et pour cela la France est déjà équipée : Les Républicains et le PS.
      bien sur , ils ont tous leurs brebis galeuses mais même un pays libéral en a des tonnes !

      1. bien d’accord, faire parti des 2 partis bien installé est surement un moyen plus efficace d’avancer des cartes libérales. Un des 2 est lui même complètement antilibéral dans son intitulé et ces idées( même si parfois les journalistes ou une petite mesurette font croire l’inverse). Il n’y a donc plus que le recours aux républicains, et espérer l’émergence d’une mouvance libérale effective.

    2. Ce qui serait intéressant de savoir c’est comment cette décision a été prise. est-ce collégial ou Aurélien Véron s’est-il réuni avec lui-même ?
      Si Nathalie MP pouvait nous apporter des éléments à ce sujet, grâce éternelle lui soit rendue !

        1. Ouche… comme la quasi totalité du bureau du PLD… wah
          Comme quoi, hein, les représentants… hum !

      1. Aucune idée. J’allais vous répondre comme jesuisunhommelibre. Lisez le texte de Vincent Bénard.

  8. Rama Yade mdr.

    A part vivre sur le dos de l’Etat, Rama Yade a-t-elle déjà fait autre chose de sa vie ?

    1. elle a servi le café et chouchouté de vieux sénateurs des années , un sacré boulot de gérer une maison de retraite !

    2. De se coté là (travail dans le privé) Macron a des références lui au moins !

  9. C’est le 1er avril? En lisant Rama Yade candidate libérale, j’ai pensé à son ex-patron JL Borloo, et j’ai été très sceptique sur son libéralisme. Les arguments de Nathalie MP et le manque d’accomplissements de Rama Yade sont solides. Mais c’est le problème de toute la classe politique française, l’absence de résultats tangibles. C’est normal, vu qu’ils font tous une politique étatiste et clientéliste. Par contre, à bien y réfléchir, Rama Yade a un atout majeur: elle a réussi à se faire connaitre et apprécier des Français. Et pour gagner une élection, c’est important, voire essentiel. (Cf. les USA aux Trump).

    L’autre point qui joue pour elle, c’est qu’elle se convertit au libéralisme! Ne demandons pas qu’elle récite son catéchisme Hayekien par coeur! Sa jeunesse joue pour elle. Elle est plus crédible à devenir libérale que Juppé ou Sarkozy. Ouvrons-lui les bras comme nous ouvrons les bras à tous les Français qui remarquent que la solution à nos problèmes passe par plus de liberté, moins de contraintes et moins d’impôts.

    C’est vrai que de la propulser à la tête du libéralisme est risqué, mais le libéralisme français n’a plus grand chose à perdre. Et puis si des divergences trop grandes apparaissent, le PLD peut toujours lui retirer son soutien. Mais le mieux est de faire grandir le mouvement en additionnant les forces, pas en les soustrayant. Quelqu’un qui veut se réclamer du libéralisme en France mérite qu’on l’accueille chaleureusement.

  10. C’est un non événement, elle n’est candidate de rien

  11. Rama Yade avait appelé les joueurs de l’équipe de France à « la décence en temps de crise ». « J’attends que l’équipe de France nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant des hôtels ».
    les joueurs français dorment dans des chambres doubles à 589 euros par nuit. La secrétaire d’Etat aux sports, elle, bénéficie d’une « junior suite » dans un cinq étoiles de Georgetown, à 667 euros la nuit.
    Rama Yade aurait eu conscience du risque d’être prise dans une chambre plus luxueuse que celles qu’elle avait critiquées et a cherché à annuler la réservation. Mais la facture était réglée et non remboursable. Pour ne pas y passer la nuit, la jeune secrétaire d’Etat aurait donc passé deux nuits dans la résidence du consul de France, et une troisième dans une chambre d’hôte à 120 euros.
    Le Canard révèle enfin la facture totale du séjour de Rama Yade : au minimum 45 000 euros, dont 37 000 pour les billets d’avion en classe affaires de la secrétaire d’Etat et de son équipe.

  12. Je conçois qu’on puisse ne pas trouver Rama Yade la plus libérale des candidates possibles. Mais quand elle vient joindre notre équipe, c’est quand même l’occasion de se réjouir et de l’accueillir. Si on mesure sa popularité en Like chez Facebook, elle en a 360,000 environ. Le Parti Libéral Démocrate en a 3,920! Elle « pèse » donc 100x plus et dépasse Le Maire (101K) ou Juppé (135K)!

    Le fait que son programme est mince et qu’elle fait du plagiat n’est pas un problème, mais une opportunité! Elle a une excellente image, mais peu de contenu. Chez le PLD, c’est le contraire. Chacun apporte à l’autre ce qui lui manque. Le PLD peut lui offrir ses idées! Et elles ont un avantage sur les autres: elles marchent si on veut se donner la peine de les mettre en oeuvre. Mais ce n’est pas les idées libérales qui la porteront au pouvoir (Madelin, 3.91% en 2002, confirme). C’est l’envie des médias d’avoir un Obama à la Française. Jeune, noire et (jolie) femme en plus, elle a des facilités dans les médias que Mariton (qui?) ou d’autres n’ont pas.

    Note: Concernant le gaz de schiste, le problème ne se pose plus autant quand le baril de pétrole est sous les 50 USD, car le gaz de schiste n’est rentable qu’au dessus de 60/70 USD. Et puis l’opinion n’y est pas favorable. La priorité, c’est de réformer l’Etat, et pour cela il faut d’abord avoir une chance de gagner les élections. Avec Rama Yade, il y a petit espoir.

    1. Si elle peut se convertir si facilement aux idées libérales, elle peut se convertir à n’importe quoi et se laisser influencer par n’importe qui.
      Le libéralisme est avant tout un réflex presque inné face à l’étatisme, on n’apprend pas à être libéral, on le devient par la force des choses.

      1. Notre parti de seconde division vient de recruter un joueur de l’équipe de France à fort potentiel. Certes, il y a un risque qu’elle aille ailleurs, surtout si elle est mal accueillie ou qu’elle sent que les libéraux préfèrent avoir toujours raison dans l’opposition et la défaite, plutôt que de jouer pour gagner. Et pour gagner des voix, il faut savoir se montrer ouvert aux nouveaux venus.

        1. C’est vous qui la recrutez ou c’est elle qui vous recrute ? Pour ses 500 signatures notamment (question posée par Bouleau à laquelle elle répond par sa petite coopérative politique).

          NB : je vois que la vidéo que j’avais intégrée n’est plus dispo, c’est dommage, mais les propos de rama Yade ont été repris in extenso dans la presse.
          Il y a aussi cette vidéo, mais elle ne reprend que le début de son intervention au JT :
          http://www.dailymotion.com/video/x468yoe_rama-yade-sera-candidate-a-l-election-presidentielle-en-2017_news#tab_embed

        2. Mouais peut être un bon joueur de hockey… mais dans une équipe de foot ou inversement.

      2. Comme un vulgaire communiste en somme (par la force des choses) ..LOL

  13. Rama Yade n’est qu’une politicarde de plus, j’ai beau éplucher son CV, je ne vois pas la moindre trace d’expérience dans le privé, (peut-être a t-elle fait un peu de babysitting à 16 ans) c’est au mieux « étrange » pour une libérale, au pire une vaste blague.

    D’ailleurs, sans revenir sur son (absence de) bilan ministériel, nous en avons vu le résultat il n’y a même pas une semaine où elle trouvait normal que l’Etat lâche 150 K€ dans un concert de rap à Verdun.

    1. Il parait qu’elle aurait monté une société récemment 🙂
      Aurait-elle pris les 80% de taxe à potes dans les gencives ?

    2. @François: Cherchez à « Zimet » « Verdun »

  14. « plutôt que bosseuse, cohérente et sincèrement libérale. » Franchement ces étiquettes collent mieux sur le dos de Macron.

  15. C’est une erreur stratégique grave qui va tuer ce parti. Rama Yade est incapable de leadership pour porter les idées libérales.Elle navigue à vue car fondamentalement elle n’a pas d’idées.Elle n’a même pas su profiter d’un de ses atouts ( couleur de peau, culture musulmane) pour faire avancer les choses en se placant au dessus des clivages: elle a même oser défendre Black M à Verdun ( il est vrai que son mari était dans le coup mais cela montre son incapacité à prendre des mesures sensées ).Sur l’échiquier politique elle ne sert à rien.

    1. Pour tuer un parti, il faut d’abord qu’il existe! Le moindre rappeur de quartier a plus de followers que le PLD… La controverse de Black M sert la gauche à mettre les ‘jeunes’ de son côté.
      Sinon, le manque d’idée n’est pas un défaut pour un leader libéral et démocrate. Au contraire, on peut résumer l’idée libérale à : « Laissez-nous faire ». Ce n’est pas au leader d’imposer ses idées pour la société. Son rôle libéral est de rendre le pouvoir aux Français pour qu’ils réforment eux-même la société, sur la base de la propriété, de la liberté et de la responsabilité. Or, cela fait parti du récent discours de Rama Yade au Talk du Figaro.

  16. L’abstention est le seul vote libéral en France.

    1. l’abstention n’est pas un vote !

  17. Rama Yade n’a probablement rien d’une libérale au sens où nous l’entendons. Et malgré la colonne de notre ami Vincent Bénard dont je respecte les avis très souvent justes et étayés, je ne suis pas convaincu du bien fondé de lui donner le parti en faire valoir.
    Je la crois avant tout ambitieuse et déterminée. Déterminée à obtenir ce que celles et ceux qu’elle a croisés et dont elle s’estime (à juste titre probablement) au moins l’égale politiquement. Mais pour cela, elle doit peser quelque chose de plus que son simple poids médiatique, ce d’autant que les nouvelles règles imposées iniquement pour la compagne feront des dégâts chez les petits candidats.
    Elle avait besoin donc d’une plateforme, et vu son parcours, elle ne pouvait la chercher qu’à droite. Les places étaient rares.
    Je la crois moins conservatrice que socialiste, moins libérale qu’intéressée par le pouvoir et donc le centralisme ou au moins l’étatisme minimal, je la crois enfin très habile et attendant son heure (à condition d’exister encore politiquement, d’où son choix) afin de dérouler ses atouts multiculturalistes.
    N’oublions pas qu’elle est musulmane, fille d’un ancien dignitaire africain, mariée à un socialiste activiste et juif et se revendique française jusqu’au bout des ongles et sortie d’une éducation politique « à la française ». Bref, le portrait rêvé de la future relève dont rêvent les américains et les élites européennes pour la France.
    Elle profère une adoration de l’Afrique, mais reste ici. Ses choix sont donc en ce sens clairs.
    Je crois enfin, qu’elle est capable, volontaire mais aussi très déterminée dans ses idées. Ce sont ces dernières qu’il conviendrait de bien (mieux) comprendre pour se faire une juste opinion de ce qu’elle pourra ou non apporter. Elle ne renoncera a rien (de ces convictions profondes), car c’est ce qui fait sa force et sa signature politique, et elle est jeune. Le temps joue pour elle, à condition de ne pas renier ce qui fera son futur politique. Il est d’ailleurs particulièrement intéressant de constater que renier socialisme, écologisme et sarkozisme ne lui font pas peur. Ce ne sont pas les marqueurs de son électorat ni de ses mandants futurs.
    Bref: que peut-elle apporter qu’elle ne reprendra pas? Est-il si important de présenter un candidat à l’élection présidentielle pour un parti comme le PLD qu’il en devienne le marche pied d’opportunistes purs de son calibre?
    Un article assez intéressant sur elle, écrit en 2009 par les anglais: http://www.independent.co.uk/news/world/europe/rama-yade-the-political-star-whos-eclipsing-sarko-1668272.html

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