Comment le prochain président pourra-t-il mener des réformes politiques efficaces ?

Publié Par Erwan Le Noan, le dans Politique

Par Erwan Le Noan et Matthieu Montjottin.
Un article de Trop Libre

Partie d’un surprenant élan réformiste et créateur, la loi travail s’échoue dans un marécage de tripatouillages politiciens, réussissant l’extraordinaire performance de se muer en texte contre-productif. Engagée par un gouvernement dont la légitimité est fragile, n’ayant jamais reçu de mandat pour la mettre en œuvre, elle restera longtemps dans les annales des projets avortés. Elle est surtout la preuve qu’une bonne réforme n’aboutit pas sans une solide méthode pour la mettre en œuvre.

Comment réussir les réformes politiques ?

Depuis vingt ou trente ans, les rapports s’entassent : tout le monde sait ce qu’il faut faire. Le véritable enjeu, qu’aucun prétendant réformateur n’a résolu en France jusqu’à maintenant, est celui de la méthode : comment réussir une réforme ? Trop souvent, nos gouvernants ont privilégié la piste du « despotisme éclairé » : les réformes sont imposées parce qu’elles sont supposées bonnes, conçues par de brillants aréopages technocratiques. Elles échouent le plus souvent.

Les candidats à la primaire de la droite et du centre ont visiblement compris que cet enjeu de méthode constituait un point central pour leur crédibilité. Pour garantir qu’ils feront ce qu’ils n’ont cessé de promettre, certains proposent de gouverner par ordonnances, d’autres par référendum, un dernier jure qu’il ne fera qu’un mandat. Ces propositions sont une première étape, mais elles ne sont pas suffisantes : la réforme n’est pas un acte de toute-puissance législative découlant d’une volonté politique miraculeuse. Le candidat qui sera désigné devra aller beaucoup plus loin dans la préparation de son mandat. S’il n’existe probablement pas de recette unique pour réussir une réforme, l’examen attentif des exemples passés, en France et à l’étranger, montre que réformer ne s’improvise pas.

La première étape des réformes réussies se situe très en amont de leur mise en œuvre. Pendant les campagnes, les candidats devraient préparer l’opinion publique à leur réalisation en dessinant un projet et non se contenter d’énumérer un programme. Ce travail ne peut être le seul fruit d’une réflexion en chambre : il doit être ouvert sur la réalité.

La piste des Think tanks pour conseiller les bonnes réformes politiques

L’intervention d’institutions comme les « think tanks » en amont de l’élection constitue une piste pour introduire des propositions nouvelles et précises dans le débat public et leur permettre de mûrir dans l’opinion. La préparation de l’élection doit aussi inclure l’élaboration d’une stratégie de communication fine sur la réforme, « produit politique » qui doit être proposé de manière attrayante, plutôt que sur le réformateur. La deuxième étape se situe au moment de l’élection : le candidat doit tenir un discours constant pour réduire le biais d’incertitude qui risquerait d’alimenter des angoisses légitimes. Il doit surtout obtenir un mandat explicite pour la politique qu’il mettra en œuvre, ce qui implique qu’il l’ait clairement énoncée avant son élection. Les maigres efforts réformistes de François Hollande étaient condamnés dès l’origine par un candidat élu sur la base du programme gauchisant du Bourget.

La dernière étape de la réforme vient en aval de l’élection, où se décident les enjeux du calendrier (le président élu doit voir bien au-delà de la fenêtre des cent jours), du véhicule législatif ou des relations avec les partenaires sociaux. Le réformateur doit aussi savoir comment il mobilisera les gagnants et ce qu’il proposera aux perdants – car c’est un mythe de prétendre que la réforme bénéficie à tous.

Le succès des réformes de 2017 se prépare maintenant. Le président élu ne pourra s’improviser réformateur en mai. Il doit préparer son mandat dès maintenant : il pourra assurer ainsi non seulement le changement dont la France a besoin mais aussi sa réélection. Car le principal enseignement politique de l’étranger est celui-ci : les réformateurs sont réélus !

Sur le web – article initialement publié dans Les échos le 10 mai 2016.

  1. Assez cocasse comme façon de vendre « sa soupe » : taper sur la technocratie (là je suis assez d’accord pour dire qu’on les a assez vus, entendus, laissés agir impunément) et les remplacer par des think tanks dont les participants sont pour une bonne part issus des mêmes moules, formatés intellectuellement de la même manière, n’est bien entendu que pur hasard…

    Une autre façon de prendre les citoyens pour des demeurés…

    1. Il y a de la diversité et de la liberté dans les think tanks. On ne peut pas les réduire à Terra Nova.

    2. Tu n’as pas compris ? Vu que tu es complètement idiot il faut bien que quelqu’un pense à ta place……..Pour ton bien. -)
      Moi ce que je souhaite c’est qu’on me laisse m’assurer ou je veux pour ma maladie et ma retraite ca serait déjà une bonne partie de liberté gagnée. Ceux qui veulent rester à la sécu sont libres d’y rester si ca leur chante.

      1. Tu es libre de t’expatrier aussi…

        1. Quand on en vient à écrire ça, c’est que le pays est bien malade. big bug, effectivement …

  2. ProduireEduquerRedistribuer

    Hollande a du « gauchiser » son programme au Bourget pour éviter de se faire « jospiniser » par Mélenchon et les sectes d’extrême-gauche et de ne pas figurer au deuxième tour. Qui peut prétendre passer le premier tour de la présidentielle en annonçant à l’avance les réformes dont le pays a vraiment besoin ? Annoncer à l’avance les efforts et les sacrifices que toutes les catégories de français devront accepter, c’est offrir un boulevard aux populistes de tous bords. La France est un pays ingouvernable surtout en période de croissance ralentie qui ne permet pas de « dédommager » les perdants des réformes. Un fort taux de croissance est nécessaire pour faire accepter ces réformes mais ces réformes sont la condition nécessaires et pas forcément suffisantes pour retrouver un fort taux de croissance ! Le prochain président ne sera pas élu sur son programme mais sur le rejet de son adversaire au deuxième tour. Ce pays de sans-culottes, de corporations, de statuts, de droits acquis, de castes, de haine de l’autre est ingouvernable. La plupart des préconisations du Rapport Rueff-Armand des années 60 sont restées lettre morte, Raymond Barre en remettait une couche il y a 35 années et on a eu le programme commun, la Commission pour la Croissance d’Attali a été ignorée pour des raisons électorales, les Gracques, le rapport gallois, Tirole, etc… Difficile de croire que les réformes seront acceptées grâce au travail préparatoire de Think-tanks.
    « On se fait élire, après on verra » aurait déclaré Chirac. Ils se sont fait élire et, pour ce qui est des réformes, on n’a pas vu grand chose ?

    1. à « ProduireEduquerRedistribuer  » je crois, malheureusement, que vous avez raison !!

    2. Un peu pessimiste quand même. Je ne crois pas à un « grand soir réformateur », mais on ne peut pas dire que rien n’a été fait ni que rien n’est possible. Il y a eu des nationalisation en 81, et puis des privatisation qui ont défait plus, des trucs qui datait de 45. Renault était un boulet, c’est devenu un moteur. L’administration des PTT a donner naissance à Orange, avec une concurrence active dont tous le monde voit les avantages. Avec les c***** de Peillon et NVB on a une chance de renverser fortement la barre et de libérer l’enseignement. Internet sape la Pravda, Franc Sphincter est un repère de vieux et mourra avec eux, etc.
      Bref : le pire n’est pas certain, sauf si on part avec l’idée que rien n’est possible et qu’on peut suivre la politique du rat crevé au fil de l’eau car ça ne changera rien…

  3. Regardez l’histoire Française;s’il avait un moyen faire des réformes par consensus ça se saurait .Le candidat les plus honnête serait celui qui dirait : voila mon programme si vous m’élisez, en démocratie, cela veut dire que la majorité du pays considère que c’est le meilleur et comme je sais que la nouvelle opposition sera contre bien qu’elle ait perdue, je prendrais immédiatement dés la mise en place du gouvernement par 49/3 toutes les réformes essentielles de mon programme;je veux qu’ un an après mon élection nous soyons en ordre de bataille pour affronter le monde ;l’opposition pourra toujours se préparer pour le nouvelles élections.

  4. ceux qui sont élus devraient césser de penser à leur réelection ; et prendre à coeur l’avenir du pays au lieu du leur ; les vrais réformes , les plus urgentes , c’est en début de mandat qu’il faut les faire ; hollande ne l’a pas fait , il était beaucoup plus urgent de mettre en place le mariage pour tous n’est ce pas ….. et autres conneries de même accabit ; son mandat a débuté avec la division des français ; le prochain président ne devra pas faire la même érreur ;

  5. Le prochain président sera élu comme les précédents sur des promesses utopistes et mensongères. N’espérons pas de vraies réformes car il y aura toujours quelques gamins, syndicalistes, retraités, anarchistes et autres pour descendre dans la rue … jusqu’à la chute finale.
    Il faudra toucher le fond pour pouvoir remonter… ou mourir !

    1. j’ai oublié dans le premier mois du quinquennat tenir un referendum national modifiant la constitution éventuellement si nécessaire juridiquement pour pouvoir casser les syndicats politisés et marxisant;des grèves ?oui pour défendre une situation particulière à une entreprise , des grèves politiques jamais.. des grève interdite dans le service publics bénéficiant de la stabilité de l’emploi ou de monopoles avec des sanctions radicales suppression des syndicats réfractaires et saisies de leurs biens ( modéle métro new yorkais )
      Thatcher les avaient-;) qui aura les « cojones  » de le faire chez nous ?
      quant aux casseurs va falloir mettre au point des fusils avec cameras et cartouches hypodermiques ;seule façon pour le juge de faire son boulot correctement ;le système actuel est dévoyé et les voyous casseurs se marrent comme des bossus .ces gens nous font la guerre ,;très bien alors la guerre comme la guerre et encore aux Etats unis il y a longtemps que démocrates ou pas la garde nationale aurait fait le boulot à balle réelles
      Sincèrement comment cela peut il continuer avec l’euro de foot en ligne de mire?on est chez les fous

      1. voir ma réponse en dessous !

  6. thatcher reviens !!

  7. il faut un vrai programme qui ne se contente pas d’aligner les promesses, mais d’expliquer les moyens à utiliser pour y parvenir.
    des choses toutes simples que ne propose aucun parti. D’abord que tous les élus aient l’obligation d’avoir un casier judicaire vierge (les trois quart de nos élus se retrouveraient au RSA) ! . ensuite, supprimer les subventions aux syndicats. Leur pouvoir de nuisance ne vient que grâce à l’argent que leur donne l’état (enfin, nous, contraints et forcés). Le jour où, comme dans les autres pays, leur argent ne viendra plus que de leur adhérents, ils ne se mêleront plus de politique, mais serons réellement au service des ouvriers. supprimer les subvention à tous les journaux et que les journalistes soient obligé de signer une charte éthique bien plus contraignante. Avoir de vraies informations est le premier point de la démocratie. Dès l’élection, faire trois référendum : un sur l’arrêt total de longue durée de l’immigration, un autre pour retrouver notre souveraineté et le troisième sur les valeurs fondamentales qui doivent représenter notre pays, en particulier que nous sommes un pays d’origine chrétienne. Bien sûr aucun parti ne s’engagera sur cette voie…
    Ce que je viens d’énumérer est simplement le programme électoral du Général Tauzin et de son association politique ( Rebâtir la France)
    Sur son site, il y a toutes les propositions, dans tous les domaines, mais le mieux, c’est qu’il site Alexis de Tocqueville et Frédéric Bastiat comme modèle pour changer la France.

  8. Referendum- Interdiction de toute manif ou grève une fois qu’un point a été voté- Police suffisamment efficace pour faire respecter ce dernier point.-Licenciement en cas de grève illégale.

  9. Vouloir réformer le pays me parait assez stupide en soi : comme s’il n’y avait qu’une solution, et qu’elle était pertinent pour tous, en tous lieux….

    Moi, je milite pour un droit à l’expérimentation .

    1- La possibilité de déroger aux lois, normes, etc… la possibilité d’expérimenter en France, une loi, norme, etc fonctionnant dans un pays occidental …
    à priori sans aucune restriction, et sur simple déclaration en mairie.
    2- A la liberté de déroger, une obligation : la transparence totale ( dire ce que l’on va s’autoriser, sa propre responsabilité que l’on engage et afficher clairement les résultats, le suivi des risques identifiés etc…)
    3- le budget public éventuellement économisé par l’état déchargé de sa responsabilité, serait intégralement reversé au profit de cette expérimentation,

    par exemple :

    –> création d’un établissement scolaire totalement indépendant (avec respect des objectifs de savoir définis par l’EN par cyle) = versement de l’équivalent du budget / élève
    –> maintien d’une classe dans un village = les parents et/ou la collectivité financent le budget par élève des élèves manquants…
    –> association d’entreprises /collectivité territoriale/ branche d’activité ET leurs salariés consultés par referendum décident d’appliquer le droit du travail SUISSE
    –> association d’entreprises / branche d’activité ET leurs salariés consultés par referendum, décident de verser le salaire complet à ses salariés, charge à eux de s’assurer socialement auprès de l’assureur de leur choix ==> la mise en concurrence s’impose aux régimes de sécu professionnelle ( cas de la retraite plus complexe à gérer)
    –> association /collectivité locale décide d’appliquer la loi SUisse sur l’euthanasie
    –> association type Social Cannabis Club expérimentent l’auto production et la consommation du cannabis
    –> une association de conducteurs auto propose d’expérimenter la transformation des limitations de vitesse en vitesse recommandée, en échange d’une boite noire et des moyens technologiques à partir d’un simple smartphone, et d’un suivi permanent de la conduite sereine, à la vitesse adaptée.

    En fait, la créativité des citoyens n’auraient plus de limite… et il ne s’agirait pas d’un monde de bisounours, car la transparence, l’évaluation et le suivi des risques exigent une approche sérieuse et rigoureuse.

    En tout cas, une vraie bouffée d’air frais

  10. Le peuple en délire est bien décidé à mettre la pagaille pour faire payer à Hollande ses réformettes. D’une part sa côte de popularité est en chute libre, mais le peu de reprise amenée par la conjoncture sera sabordé par les grèves. Dans ces conditions, quand le peuple sera bien las, il sera plus facile à son successeur (y compris La Pen) de taper très fort.

    Drôle de stratège le Père François ! Les mesures impopulaires, on les passent en début de mandat et pas à la veille des élections …

    1. @Pragmat

      Mettre le pays à feux et à sang pour une mesurette pseudo libérale qui « recueillerait » plus de 70% d’opposition … C’est plutot malin.

      Si elle passait, la droite s’en trouverait totalement ringardisée….
      Si elle ne passe pas, la course à l’échalote « pseudo libérale » des candidats de droite deviendrait tellement déconnectée…

      C’est mail pour se faire réélire…. Pas pour notre avenir…. Bien sur

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