7 façons de faire de la politique pourrie. La 5ème va vous écœurer !

Publié Par h16, le dans Édito

Parce que, quoi qu’en disent certains, la campagne électorale pour la présidentielle de 2017 a bel et bien commencé, parce que, sans vergogne, je n’hésite pas, de temps en temps, à m’aventurer sur les terres gluantes de la titraille putassière et du sujet bassement clicogène, parce qu’enfin, il faut toujours rappeler les évidences pour que personne, à force d’habitude, ne les perde de vue, voici ma liste de quelques-unes des façons les plus pourries de faire de la politique, telle qu’actuellement pratiquée en France.

1. Faire monter le FN

françois hollande fait l'andouilleC’est une vieille méthode, mais ne dit-on pas que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ? Dans les années 80 et à force de SOS Racisme, Mitterrand avait remarquablement réussi a éparpiller la droite en faisant monter le Front National. Il n’est pas dit que Hollande, avec la maestria qui le caractérise jusqu’à présent (Remember Syria ?), obtienne finalement, avec des procédés similaires, le même résultat… à gauche : à mesure que le Front National grimpe en se positionnant de plus en plus comme la seule alternative électorale crédible, le Parti Socialiste apparaît de plus en plus loin des aspirations des classes moyennes et ouvrières, et ses dissensions internes se font plus fortes. Tiraillé entre le désir de renouer avec la moindre victoire électorale (qui nécessite donc un discours assez différent de celui actuellement tenu) et la nécessité de ratisser aussi large que possible pour ne pas disparaître complètement, le parti du Secrétaire devenu Président est en état de mort cérébrale et de décomposition avancée.

Dans ce cadre, la montée du FN ressemble à un jeu dangereux où le président sortant, pour être réélu, semble prêt à sacrifier son cavalier, son fou et ses pions.

2. Pratiquer le déni

Lorsque rien ne se passe comme prévu, ou, plus exactement, que les scénarios outrageusement optimistes et roses bonbon s’envolent en fumée et que tout ce qui était prévu de pire advient inexorablement, politiquement la première des choses à faire est de nier le problème. Ce dernier n’existant plus par décret, les choses vont immanquablement mieux : le chômage, qui n’a jamais été aussi haut, se résorbe moyennant quelques torsions aisées des chiffres ; le déficit budgétaire n’est qu’une péripétie amusante, une passade sans lendemain qu’on nous pardonnera facilement (ou presque).

Et comme l’a largement montré l’école de pensée soviétique, un bobard suffisamment répété finit toujours par devenir une vérité. La courbe du chômage s’inversera donc, soyez-en absolument certains, ce qui donnera toute latitude au Président François de redevenir le Candidat Hollande.

3. Être dur avec les mous et mous avec les durs

hollande et sa banane rock n rollEn France, pour durer en politique, il faut savoir se ménager des voies de compromis et des parachutes dorés. Il faudra donc faire preuve de la plus grande souplesse avec les puissants ou ceux qui, médias aidant, font et défont les réputations. Inversement, il faudra se montrer intraitable avec les petits, les sans-grades. D’une part parce qu’ils le méritent, ils sont sans-grades, voire sans-dents, et d’autre part parce qu’ils sont si nombreux que leur montrer des égards serait bien trop coûteux et interprété comme une faiblesse. Surtout pas !

Alors, même en plein état d’urgence, on fera très attention lors de l’emploi de la force. Surtout, surtout pas de bavures et tant pis si cela ressemble, de loin, à une faillite complète de l’État républicain.

4. Utiliser les trucs et astuces de la constitution

Si les méthodes précédentes ne donnent pas toujours les meilleurs résultats, on peut toujours se réfugier dans la procédure et la Constitution. C’est du solide, ça, la Constitution ! Pensez donc, elle n’a pas changé plus d’une dizaine de fois en deux cents ans, et son texte est respecté dans sa lettre et son esprit depuis des lustres. Utilisons-la donc dès que l’occasion se présente. Bon, certes, il faudra faire preuve d’un peu de doigté pour que, par exemple, une révision qu’on envisageait pour elle ne se termine pas en jus de boudin. Mais prenez son article 49.3, il est très intéressant : il permet par exemple d’offrir une vraie bouée de sauvetage à nos députés actuellement malmenés par une politique désastreuse en matière d’emploi.

Ainsi, la loi El Khomri qui, selon tous les analystes un peu lucides, est vraiment inoffensive, génère pas mal de pressions de la part de certains électeurs vis-à-vis de leurs députés en les menaçant de les abandonner aux prochaines élections si il leur prenait la fantaisie d’adouber le gouvernement de leur vote. Évidemment, avec un 49.3, ces mêmes députés pourront arguer de ne vouloir faire tomber le gouvernement, et d’être donc obligés de voter pour cette loi, la mort dans l’âme.

Il ne restera que la ministre-stagiaire à convaincre, mais cela n’est pas la chose la plus délicate…

5. Ne pas tenir compte de son casier judiciaire

petit juppéEt si des méthodes existent pour ceux qui sont au pouvoir, il en reste quelques-unes pour ceux qui aspirent à les remplacer, à condition bien sûr que ces derniers ne tiennent absolument pas compte de leur passé, à commencer par celui dans lequel ils se font condamner et n’ont donc pas un casier vierge, normalement indispensable pour exercer des fonctions dans le service public.

Et à bien y réfléchir, à quoi diable peut bien servir un casier vierge ? Ne faut-il pas en être passé par la Justice de son pays pour pouvoir ensuite crâner qu’on est confiant en elle ? Est-on vraiment un homme politique si on n’a jamais été inquiété pour ses actions ou ses omissions ? Un politicien au casier vierge, c’est au mieux qu’il a trop corrompu autour de lui, juge compris, au pire qu’il est incorruptible et qu’alors, l’enfer sur Terre nous est promis s’il parvient aux plus hautes marches de l’État ! Non, décidément, un petit repris de justice a toutes ses chances pour exercer la plus haute magistrature du pays.

Bonus supplémentaire : au moins, le candidat ne pourra pas nous refaire le coup de la République irréprochable, dont on a tous vu ce qu’il signifie en pratique.

6. Distribuer les cadeaux avant les élections, même quand on n’a pas un rond pour les payer

Bien évidemment, ce n’est pas parce que tout va de mieux en mieux ou que vous pouvez toujours utiliser les astuces constitutionnelles qu’il faut se passer de huiler un peu les rouages.

De nos jours, quoi de mieux qu’un peu d’argent (celui des autres — ce n’est pas cher, c’est l’État qui paye) pour justement huiler ces nombreux rouages ? Quoi de mieux que distribuer 1,6 milliard d’euros pour un plan pour l’emploi et la formation, 825 millions pour un plan de soutien aux agriculteurs, 2,4 milliards pour augmenter l’indice des fonctionnaires, 200 millions pour « les jeunes », 265 millions pour « les instituteurs » ? Quoi de mieux que prolonger d’un an pour 400 millions d’euros le dispositif de suramortissement des investissements en entreprises ?

Là encore, pourquoi se priver puisque tout ceci sera payé grâce à de la bonne dette fraîche, elle-même noyée tôt ou tard dans une injection massive de monnaie neuve imprimée à la demande ?

7. Revenir encore et encore, même après s’être fait jeter

Et de toute façon, quoi qu’il arrive, quoi qu’on puisse vous dire ou vous faire, toujours, restez persuadé que le peuple veut de vous, qu’il vous aime et que vous, seul, saurez le sauver en dépit des immenses dangers dans lesquels les autres, tous les autres, l’y auront conduit. Et même si vous vous êtes fait jeter comme un malpropre lors de votre précédente tentative, retentez le coup, sans abandonner.

Les grimaces de Sarkozy

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Sur le web

  1. Article qui a un goût d’inachevé, le FN étant curieusement épargné…

    1. C’est juste parce qye le FN n’a jamais gouverné

      1. Certes, mais le FN fait de la politique, et le populisme exacerbé de celui-ci aurait pu constituer un 8ème point.

        Enfin je me rappelle pas avoir vu l’auteur, dont j’adore les articles bien sûr, faire des articles tapant durement sur le FN comme ce fut le cas avec les socialistes, LR, écolos et extrême gauche.
        L’auteur dont les propos sont souvent acerbes et aiguisés semble voir le FN avec une certaine bienveillance j’ai l’impression. Rien de mal à ça c’est sa liberté si c’est le cas, c’est juste que ça casse un peu son côté électron libre :/

        1. Croyez-vous que cela soit très malin de taper sur le FN pour le faire monter? (Voir le point n°1)

          1. Je ne crois pas au mythe que taper sur le FN le fait monter. C’est l’incompétence des politiques des 40 dernières années qui le fait monter.

            Le FN doit être critiqué et son programme décortiqué, sinon comment les gens sauront ils pour quoi ils votent ? Il y a là un devoir d’information.

            Bref, Contrepoints est plutôt indulgent avec ce parti malgré un programme communiste à l’opposé total des valeurs libérales qu’il prône.

            1. Bon, la bonne grosse ficelle qui consiste à faire passer les libéraux pour des gens d’extrême-droite, ça va bien 5 mn, hein…
              Faites donc une recherche sur le site : on ne compte plus les articles de Contrepoints qui ont taper sur le FN.
              En moins de 2 secondes, on peut par exemple trouver 2680 articles qui critiquent le parti d’extrême droite, parti aux antipodes des idées libérales : http://www.contrepoints.org/page/2?s=Front+national

              Allez troller ailleurs, merci.

            2. le FN n’est absolument pas notre tasse de thé , c’est un parti collectiviste comme les autres.
              mais bon .. si ça peut servir à flinguer les autres politiciens je me demande si je ne finirai pas par voter pour eux , juste pour mettre des grands coup de pieds dans le panier de crabes.

              1. Voter fn « juste pour mettre des grands coup de pieds dans le panier de crabes. »
                Ha ha ha; la galéjade ! ! !
                D’autres comme ça, s’il vous plait!

                1. c’est exactement ce que je « pratique » depuis quelque temps et je ne cesse de rigoler à les voir s’agiter autant du côté du « front républicain » qui pour essayer de gagner, ne pratique même plus l’argumentation, mais la manipulation grossière des informations et des textes électoraux. Lorsque le FN sera au pouvoir, j’aurai tout le loisir de voir s’il me faut arrêter ou continuer de rigoler. Si ça n’ira pas, il ne pourra pas sévir pendant 40 ans et repointer sa tronche avant 40 autres ans !

            3. @Gilgamesh: H16 est cohérent : Critiquer le parti FN reviendrait promouvoir les habituels partis au pouvoir, et non pas une alternative…

        2. Le FN n’a pas l’exclusivité du populisme. Le danger qu’il représente peut seulement sembler plus évident – et il devient moins évident (mais non moins réel) au fur et à mesure que la fille parvient à mettre le Père Ubu au placard.

        3. C’est a peu près le même argumentaire que vous nous avez déjà infligé concernant un article (encore un, ca cache quelque chose) sur Trump.
          Votre mépris des lecteurs devient lassant. Descendez donc de votre piédestal, a l’instar d’un Manolo, vous vous êtes fait la courte échelle tout seul pour y grimper.
          Et les procès d’intention sont a la portée du premier venu. H16 ne parle assez du FN. Ca cache quelque chose. Précieux et ridicule.

      2. Je trouve que taper sur le FN ça a une gueule de « trop facile ». On remarquera que H16 n’a pas non plus tapé sur Mélanchon dans cet article… S’il avait passé tous les politiques en revue il lui faudrait une oeuvre en plusieurs tomes.

        1. +1. Pas de critiques sur Mélenchon. Pas de doute, H16 est un mélenchoniste.

  2. En politique, la fin justifie les moyens.
    En politique, la fin c’est de se faire élire et réélire et réréélire …, car la fin est sans fin.

  3. rien ne dit que les ceusses qui vont palper l’argent des contribuables généreusement distribué par les glands au pouvoir vont voter ps en 2017 ;

    1. Jospin a été l’homme politique le plus généreux depuis Adam et Eve avec le monde enseignant qui s’est pourtant abstenu de voter pour lui en 2002.
      Mais bon c’est l’argent de personne, seulement du contribuable, et qui ne tente rien n’a rien.

  4. Admettons. Alors il faut en tirer les enseignements.
    Hollande est champion dans les catégories 1 2 3 4 6 et 7
    Sarko : 7 et tres possiblement 5
    Jupe : 5 et 7
    Hollande est donc à proscrire absolument et ce serait notre responsabilité s’il venait à être réélu. Si on n’y prend garde, c’est parfaitement plausible, la politique du chéquier qu’il pratique avec un art consommé étant tres efficace.
    Sarkozy est directement menacé par le point 5. La justice est aux ordres et le surgissement par hasard d’une vilaine affaire début 2017, s’il est le candidat de la droite, serait fatal
    Jupe a ete condamné mais cest de l’histoire ancienne et ce n’est pas un poulet de l’année. Alors, faute de mieux ! A moins que la droite désigne un candidat plus présentable. ..

    1. « Hollande est champion dans les catégories 1 2 3 4 6 et 7 »

      Oui, ça fait beaucoup pour un seul homme. Son absence de la catégorie 5 parait du coup comme une anomalie : trop malin, trop retors, pas encore repéré ?

  5. Pour au final, se faire élire avec peut être une voix sur dix.
    Le haut clergé s’est inventé une kermesse, amusante et festive. Celle dernière a lieu tous les 5 ans. Elle rassemble les chevaliers issus de la meilleure académie de gratte papiers, et seulement eux. Les courtisans prennent leurs paris. Et d’aventure, si ce n’est pas cette kermesse, ce sera certainement la prochaine. C’est d’autant plus heureux que les vainqueurs s’occupent toujours des perdants. C’est vrai que ces dernières décennies, le peuple vient moins nombreux. C’est l’occasion pour les scribouillards du haut clergé de s’en offusquer.
    Le point 1 en France, cette particularité reprise nulle part ailleurs, c’est laisser tout le pouvoir au politique fonctionnaire.
    Le point 2, c’est s’étonner du résultat du point 1.

  6. Dans la catégorie écœurante, il y a aussi le clientélisme, qui n’est pas toujours sous une forme sonnante et trébuchante…

  7. pour faire cet article vous avez passé la nuit debout ….
    on reste sur notre faim , qui sera assez courageux pour tenter de vivre tout nu 5 ans dans un panier de crabes en sachant que tout le monde autour lui taillera un costard et tricotera une cravate de chanvre , vous venez de dézinguer tous les prétendants !

    1. Les candidats ne manquent pas. Comme aurait dit je crois de Gaulle, ce serait plutôt le trop plein.

    2. Non, il a préservé Rama Yade…

  8. Two Curved Hollow Fangs

    Le titre putaclick, c’est de l’ironie ?

  9. Il en faut beaucoup en politique pour écoeurer.

  10. Juppé, le piège bio-compatible de la gauche pour les primaires (au cas où), pourrait, face à un nouvel « espoir » de gauche » voir resurgir ses ou des affaires pile poil avant, mettons, les présidentielles. Idem pour un autre gagnant de la primaire, quel qu’il soit. Sarkozy, éliminé de l’échiquier, n’implique pas que la même méthode ne serait utilisée pour son successeur. Après tout, cela a déjà fonctionné.

  11. Tout à fait d’accord, vraiment dommage pour un journal libéral comme Contrepoints de permettre des titres de ce type.
    Ça n’améliore pas la réputation du site, qui est déjà vu comme ayant un langage trop familier et décontracté… Ce qui me désole. Ça me donne de moins en moins l’envie de partager les articles.

  12. 8 : Utiliser à fond les médias et surtout les sondages qui font et défont l’opinion, même chez les « analystes » qui basent leurs conclusions dessus, même sur Contrepoint.
    9 : Ne pas sous-estimer les français dans leur capacité à croire tout ce qu’on leur assène, pour peu que cela soit répété suffisamment longtemps et avec force.
    Plus c’est gros et plus ça passe.
    Quant aux autres personnalités en lice mais passées sous silence, elles n’ont pour seul mérite, pour l’instant, que de n’avoir pas gouverné.

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